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Résister par la pensée : Mouvements philosophiques et religions sous le joug nazi

Pour vous rendre compte de ce remarquable ouvrage Mouvements philosophiques et religions durant les années noires, commençons par rappeler que, le 15 mai dernier, le très respectable frère Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France a reçu, l’universitaire Florence Fabreton, professeur de droit public à l’Université de Guyane, venue lui remettre les actes du colloque « Mouvements Philosophiques et religions durant les années noires de l’Occupation (1940-1944) » qui s’est tenu, en 2022, à Clermont-Ferrand, capitale historique de l’Auvergne et chef-lieu du département du Puy-de-Dôme.

Thierry Zaveroni, GM de la GLDF, l’universitaire Florence Fabreton et Jean-Pierre Thomas

Ceux-ci renferment les communications des représentants, entre autres, du judaïsme, du protestantisme, du catholicisme, de la Libre Pensée, du Grand Orient de France, de Memphis-Misraïm et de la Grande Loge de France.

Une remise qui eut lieu en présence de l’historien, lauréat de l’Institut, Jean-Pierre Thomas, Délégué du Grand Maître à la Culture et contributeur à Point de Vues Initiatiques (PVI) et à 450.fm.

Comment explorer le concept de résistance tout en suggérant une lutte intellectuelle et spirituelle contre l’oppression ?

Julien Bouchet

C’est toute la thématique de Mouvements philosophiques et religions durant les années noires. Un ouvrage sous la direction de Julien Bouchet, Professeur agrégé et docteur en histoire contemporaine, chercheur associé au Centre d’histoire « espaces et cultures », chargé d’enseignement à l’Université Clermont Auvergne et de Florence Faberon, Professeure de droit public, Université de Guyane, membre de l’Unité de recherche Migrations, interculturalité et éducation en Amazonie (MINEA, UR 7485) et membre associé du Centre Michel de l’Hospital de l’Université Clermont Auvergne (CMH, UR 4232).

Florence Faberon

Mouvements philosophiques et religions durant les années noires est un ouvrage collectif qui analyse le rôle et l’évolution des mouvements philosophiques et religieux durant la Seconde Guerre mondiale. En adoptant une triple perspective historiographique, culturelle et mémorielle, les auteurs examinent comment ces mouvements influenceurs et ont aussi été influencés par les événements de cette période sombre. L’objectif est de mesurer la diversité des positionnements, les tournants majeurs des années noires, et la profondeur mémorielle de ces réalités. Le livre est structuré en deux parties principales : « Pensée libre et résistante » et « Les religions. »

Jean-Pierre Thomas

La première partie explore les différentes formes de résistance philosophique et maçonnique face à l’oppression nazie et vichyste. Sont traités notamment la Grande loge de France dans les années noires par Jean-Pierre Thomas qui présente les activités clandestines et la persistance de la fraternité maçonnique malgré la répression.

Aurore Duvoisin traite du Grand Orient de France et des Documents maçonniques, mettant en lumière l’importance des archives maçonniques pour comprendre les stratégies de résistance.

Côté Rites Égyptiens, Jean Iozia-Marietti analyse leur évolution pendant les heures sombres de l’Occupation.

Quant à Julien Bouchet dans son « Les loges puydomoises du Grand Orient de France sous l’Occupation », ce dernier étudie la résistance maçonnique dans le Puy-de-Dôme, qui était encore un terrain d’étude inachevé. « En 1940, ce département comptait une loge-mére, « Les Enfants de Gergovie », créée en 1868, et deux autres Orients situes dans les périphéries méridionales et orientales du département : « Raison et solidarité » à Issoire (1901 3 ) et « Justice » a l’Orient de Thiers (1923).

Benoît Parret – La Montagne agence Saint-Flour, détail

Un texte suivi de celui du journaliste Benoît Parret qui nous instruit quant aux « Francs-maçons dans le Cantal durant les heures sombres de l’Occupation ».

Quant à la seconde sur « Les religions » examen est fait des réactions et des actions des différentes confessions religieuses durant la Seconde Guerre mondiale. Philippe Boukara retrace les parcours de résistance spirituelle juive. Patrick Cabanel analyse la participation et les positions des protestants face au régime de Vichy et à la Shoah. Puis, avec « Les jeunesses catholiques en France sous le régime de Vichy », Vincent Flauraud explore la complexité des relations entre jeunesses catholiques et le gouvernement autoritaire et collaborationniste établi en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Traditionnaliste, xénophobe et antisémite, ce régime était dirigé par le maréchal Philippe Pétain, avec Pierre Laval comme chef du gouvernement en 1940, puis de 1942 à 1944, et un intérim assuré par l’amiral François Darlan. Le sinistre régime qui a gouverné la France du 10 juillet 1940 au 9 août 1944.

Puis, Christian Sorrel présente le parcours de l’abbé Glasberg, figure emblématique de la résistance spirituelle et humanitaire durant la Seconde Guerre mondiale, qui a mené un parcours exceptionnel marqué par son dévouement envers les plus vulnérables. Revenons sur le parcours d’un homme hors du commun.

Né en Ukraine, Victor Glasberg émigre en France où il est ordonné prêtre catholique. Son engagement pour les droits de l’homme et la justice sociale le conduit naturellement à s’opposer au régime de Vichy et à l’occupation nazie. En 1942, l’abbé Glasberg fonde plusieurs centres d’accueil pour les réfugiés et les persécutés, notamment les Juifs, à Chamalières et dans d’autres localités françaises. Utilisant son réseau de contacts ecclésiastiques et laïques, il parvient à organiser des filières d’évasion vers des zones sécurisées, fournissant des faux papiers et des cachettes.

Victor Glasberg – Source Tribune Juive

Malgré les risques, Glasberg continue ses activités clandestines, démontrant un courage et une détermination inébranlables. Il joue un rôle clé dans le sauvetage des enfants juifs lors de la rafle de Vénissieux, évitant leur déportation vers les camps de concentration. Sa contribution à la Résistance ne se limite pas à l’action humanitaire; il participe également à des opérations de renseignement et de soutien logistique aux groupes de résistants.

Après la guerre, l’abbé Glasberg poursuit son engagement social, œuvrant pour la réintégration des survivants et des déportés. Son parcours illustre la résistance spirituelle face à la barbarie, faisant de lui un symbole de courage et de solidarité humaine en des temps de profonde adversité.

Propagande du régime de Vichy

Enfin, Sylvie Bernay examine les positions et les actions des évêques français durant cette période.

L’ouvrage se conclut sur une réflexion sur la résistance des mouvements philosophiques et religieux face à l’oppression, mettant en évidence la « mise à l’épreuve de la fraternité » et de la dignité humaine. Il souligne également l’importance de ces mouvements dans la construction de la liberté et leur rôle dans l’armée de l’ombre.

1re de couv., détail

Mouvements philosophiques et religions durant les années noires est une contribution précieuse à l’historiographie de la Seconde Guerre mondiale. Les auteurs réussissent à articuler une analyse profonde et multidimensionnelle des divers mouvements de pensée et religieux en France durant cette période.

Situé à la croisée de l’histoire et de la littérature, cet essai examine comment les intellectuels de l’époque ont utilisé les écrits des Lumières pour soutenir ou appeler à la Résistance.

Les études de cas présentées sont très bien documentées et offrent une remarquable compréhension des stratégies de résistance face à l’Occupation et au régime de Vichy.

Mouvements philosophiques et religions durant les années noires

Julien Bouchet et Florence Faberon (dir.)

Réseau de recherches sur la cohésion sociale, N° 9, 2023, 234 pages, 23 €

La Rencontre : une issue contre les dogmes en franc-maçonnerie ? (partie 4)

Une fois « l’Universel » et le « Particulier » discernés que nous reste t-il à accomplir sinon notre « Travail d’individuation » ? Cette métamorphose du « Nous » en « Je(u) » est le véritable comburant de nos épiphanies espérées, revenues de par delà la Mort Symbolique, transmutées en « pulsion de Vi(e)(t) ».

Cet Engagement à exalter la « Gloire au Travail », librement contracté, est un présupposé nécessaire à la vitalité de notre Tradition, à la construction de notre édifice destiné à accueillir ce « Nous » en notre « for(e)(t) » intérieur.

Selon la Déclaration de principe du Convent de Lausanne du Rite Écossais Ancien et Accepté de 1875 il est écrit qu ‘« Elle [la Franc-Maçonnerie] n’impose aucune limite à la recherche de la vérité et c’est pour garantir à tous cette liberté qu’elle exige de tous la tolérance ».

Dans Ma vie, Carl Gustav Jung écrit : « J’emploie l’expression d’individuation pour désigner le processus par lequel un être devient un individu psychologique, c’est à dire une unité autonome et indivisible, une totalité ».

Résumé des épisodes précédents : dans le premier épisode de cette série de cinq articles illustrés explorant la Rencontre en Franc-maçonnerie, j’ai d’abord exploré une vision cartographique possible du territoire initiatique. Dans le second épisode, j’ai tenté d’approcher « l’Universel » et la Voie Royale qui permet de l’embraser après l’avoir embrasser. Dans le troisième épisode j’ai évoqué la Particulier et son questionnement comme Chemin de Vie. J’ai pu identifier les possibles raisons d’un masculin venant de l’Orient et d’un féminin venant de l’occident, dans l’espérance de leur Rencontre au Centre du Cercle.

La Loge comme lieu de « (re)création du Monde »

Acquarelle sur papier ©Stefan von Nemau

« Au Commencement » nous murmurerait la lettre Beth ב.

« Beth ב est la première lettre de la Bible et seconde de l’alphabet. Avec elle commence la création de l’univers. Sa valeur numérique est deux. La Création est ainsi marquée du sceau de la dualité … » nous raconte Frank Lalou dans son livre Les lettres sacrées de l’alphabet hébreux, de l’archéologie à la kabbale, page 53. La maison Beth ב exprime le besoin d’un lieu clos pour faire mûrir les rêves, les histoires des mondes à venir. Ce lieu clos est la Loge pour le franc-maçon. Cette Loge aux multiples noms change de situation, de géométrie, de forme et d’appellation selon les rites, rituels et degrés mais elle reste ce creuset où l’alchimie vivante se forme, s’informe, se déforme, se reforme, se transforme… Tout « Commencement » est aussi un espace, un appel.

« Au comme en semant » nous suggère la lettre Aleph א.

« Aleph א, symbole de force non violente, le Un de l’Absolu…/… le Un qui transcende, espace du mystère, la conscience de l’altérité » op. cit. page 46. Seulement avec « l’Aleph א, l’unité, le monde ne pouvait pas être créé » op. cit. page 53. C’est le sacrifice du Un qui rend la dualité possible et le monde « un-car-né »Tout « comme en semant » est une graine, une fleur non encore révélée.

« Au comme en s’aimant » nous révèle la morsure de la lettre Shin ש.

« [Shin ש symbolise la]transformation de la matière en esprit, mouvement et non mouvement dans la stabilité, c’est la dent qui mord la Vie. Elle broie menu les bonnes comme les mauvaises attitudes face aux bonnes comme aux mauvaises épreuves …/… dès lors que l’on comprend qu’elles furent les outils de l’individuation. » op. cit. page 276. C’est ici, au cœur de l’inaccompli, qu’Aleph א est séparée de Beth ב par Shin ש. C’est ainsi que de la « morsure » naît la « mort sure ».Mais c’est au cœur de Beth ב que « l’amor-sûr » renaîtra des cendres de cet accomplissement de la dualité en chemin vers son unité. Je reste convaincu que l’Amour est la Force qui transcende les paradoxes en oxymores, réunit ce qui a été séparé, « rassemble ce qui est épars ». Cette tessiture d’Amour est La seule Voi(e)(x) d’accès à l’Unité, au Tout. Le « comme en s’aimant » est le liant séminal du « Commencement » fécondant le « comme en semant ».

Porter au dehors l’Œuvre commencée dans le Temple suppose de s’aventurer au delà d’un cadre défini.

Notre envol libérateur « au delà du cadre » repose sur la confiance acquise en nos ailes. Ainsi pour réussir sa transmutation, le Franc-maçon initié devra s’affranchir de la « Mère symbolique », cette « Veuve à l’enfant » que représente la Loge ; du « Père symbolique » incarné par l’Obédience dispensatrice des règles et interdits ; et du regard qu’il a sur lui-même révélé par ses Frères et Sœurs de « lé », de « lai », de « laie » et de « lait » dont il est aussi le pair.

Aquarelle sur papier ©Stefan von Nemau

La Voie Initiatique comme itinéraire

L’initié aura ainsi franchit plusieurs étapes. Celle de l’impétrant ayant réussi l’épreuve de la Terre où il aura pris conscience de sa « personæ » et trouvé en lui la volonté du Chemin vers sa libération. Puis il plongera au Nadir de ses profondeurs et prendra conscience de l’Ombre. Il explorera ensuite les subtilités et la complexité de l’anima et de l’animus. Il sera alors à même d’entrer en contact avec sa propre altérité puis celle de l’autre.

L’individuation est l’ultime étape du Choix

Dans un dernier voyage il aura acquis les harmoniques nécessaires à sa rencontre avec la Lumière et son individuation sera accomplie. Cet individuation se fera grâce au sang du Pélican. Il est ici symbole de cette Sagesse où immanence et transcendance ne sont que points de vues intellectuels. Cette Sagesse, contenant la Lumière contenue dans le sang de l’Épreuve, nourrit ses sept enfants selon leurs besoins différents.

« L’Ignition » : lorsque le Pélican s’enflamme en Phénix et se sublime en Albatros

C’est uniquement une fois cet affranchissement réalisé, sa Liberté recouvré, que l’Initié sera « ignitié » et par là même retrouvera cette « majuscule perdue » qui ne l’avait pourtant jamais quitté. Ainsi, sans La Rencontre et son ternaire « intention – espace-temps – potentialité », la Loge ב aussi belle soit-elle restera inféconde comme la fleur oubliée ne donne jamais de fruit. C’est par notre Travail que notre Tradition perdurera et que la Gloire resplendira au cœur du Monde Imaginali des symboles découvrant le ternaire « Sens – Non-sens – Sur-sens » dans la liberté surréaliste de l’espace-temps contenu entre les mots : cette « Liberté de penser » absolue que nous offrent les poètes. Pour paraphraser le Mahatma Gandhi : « la Voie Initiatique est une expérience à vivre, non un problème à résoudre »

« Un, le Tout » : l’individuation comme apex de la maxime

Peut-être que l’apex de la maxime « Un, le Tout » s’élabore ici, à la conjonction de notre Tradition par la congruence de nos pensées et de nos actions.

Selon moi elle ne doit pas être confondue avec notre exigence sociétale de liberté, d’égalité et de fraternité, cet humanisme toujours en quête d’un « idéal/espoir » d’universalité. Cette posture est un véritable piège. Elle est héritée d’une modernité dépassée, délétère lorsqu’elle dénie au Sacré la préservation du vivant dans son équation. Elle enferme ainsi l’humain dans une quête de toute puissance qui le conduit inexorablement à sa perte en glorifiant l’or au détriment de l’Aur. Aujourd’hui cette posture se nomme aussi anthropocène.

Hérité du siècle des Lumières, ce legs empoisonné par l’avilissement de l’homme par l’homme reste une vision politique et une conception éphémère, fragile et dysfonctionnelle du monde glorifiant le fanatisme, l’ignorance et l’ambition dans ce qu’elles ont de plus déréglé et mortifère.

A l’ère du transhumanisme, l’humain algorithmique en quête de sa toute puissance se rêve et s’espère en démiurge, véritable symbiote homme-machine possédant et retenant l’éternité entre ses mains. Il erre aujourd’hui déjà en quête de son immortalité au cœur de « la vallée de l’étrange » amassant la globalité du savoir imaginable comme un sceptre symbole du pouvoir tout en étant incapable d’en tirer la moindre Connaissance en laissant, par exemple, un simple acte artistique de création entre les mains automatisées d’une affligeante imagination normalisée et insipide. L’« Humain trop humain » nietzchéen est devenu un « Parfait, trop parfait » altmanien.

Au cœur de cette nouvelle fabrique du Réel, j’ai le secret espoir que la Voie Initiatique et son processus d’Individuation resteront un rempart face à la barbarie silencieuse de la dictature commerciale du plus grand nombre.

Si c’est ici que le ternaire Franc-maçonnerie « symbolique – philosophique – sociétale » se discrimine, parfois jusqu’à l’obscurantisme du dogme, je garde l’espoir d’une Nouvelle Alliance permettant à la Lumière d’éclairer la Nuit.

Le cadre n’est pas l’ultime frontière

L'escalier - photographie - ©Stefan von Nemau
L’escalier de 6 – photographie – ©Stefan von Nemau

L’individuation délimite des frontières vivantes, mouvantes du « Je ». Paradoxalement et selon les lois de l’équilibre et de la réciprocité, tout ce qui est « au delà » est aussi une place sécurisée offerte à la véritable altérité de ce « Je » qui est aussi « mon Autre ». Tant que ce « Je » n’est pas clairement réalisé, la porosité incontrôlée de la limite « l’insécurise » en lui faisant perdre sa majuscule.

De cette insécurité naît la peur. De la peur jaillit le rejet, la violence, l’intolérance, le racisme, l’entre-soi, le dogme et l’exclusion interdisant « la Rencontre ».

Ainsi l’espoir du « je » devient « l’enfer-me-ment » du « moi / nous » et « l’autre » devient « lui / eux »… bien loin de l’Idéal maçonnique contenant Lumière, Connaissance, Liberté et Fraternité affiché au départ de notre « synchrétique » quête initiatique occidentalo-centrée. N’oublions jamais que tant d’autres Voi(es)(x) Initiatiques existent et fonctionnent par delà la nuit des Temps.

Selon mon expérience de l’ascèse de la Voie Royale, l’Initiation transmute les scories de nos différences en Aur philosophal ; comme Antoine de Saint Exupéry l’a écrit :« Tu es différent de moi mon Frère, loin de me léser tu m’enrichis ».

i – Pour le Monde imaginal voir « la charte de l’imaginal » dans le prélude à la deuxième édition de Corps spirituel et terre céleste d’Henry Corbin

La Rencontre, une issue contre les dogmes – Aquarelle et encres sur papier – 50 x 65 cm – ©Stefan von Nemau

Liens vers la série des 4 articles

Lire : l’Article 1l’Article 2l’Article 3l’Article 4

En Géorgie, les francs-maçons sont déjà devenus les principaux ennemis du gouvernement, protégés des agents étrangers

De notre confrère hongrois rtl.hu

En Géorgie, une loi sur les agents étrangers a été introduite sur le modèle de la Russie et de la Hongrie, les États-Unis envisagent déjà des sanctions et, selon l’UE, leur future adhésion est menacée.

Bidzina Ivanisvili, représentante du parti au pouvoir en Géorgie, a défendu la loi contre les « agents étrangers » sur le modèle de la Russie et de la Hongrie, écrit Politico . Le président du parti Rêve Géorgien a parlé de l’importance de préserver la souveraineté du pays contre les francs-maçons qui influencent la politique mondiale.

Ivanishvili – qui a déjà fait fortune en Russie – a déclaré dans un podcast qu’un « parti de la guerre mondiale » est responsable de l’entrée en guerre de plusieurs pays contre les Russes. Selon lui, ils ont provoqué la guerre entre la Géorgie et la Russie, ainsi que l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Il a ajouté que « les ONG et l’opposition radicale » les servent également.

Lorsqu’on lui a demandé à qui exactement il faisait référence, Ivanishvili a répondu aux francs-maçons. « Nous constatons qu’ils ont réellement une influence sur la politique mondiale », a-t-il déclaré, sans préciser qui exactement ni quels groupes il accusait de quoi.

Le ministre lituanien des Affaires étrangères, Gabrielus Landsbergis, s’est moqué du terme « parti de la guerre mondiale » interrogé par le journal, puis a déclaré que ce n’était pas drôle car « c’est une affaire sérieuse, comme le dit le Kremlin ». Il a ajouté : « le seul parti à la guerre, c’est Moscou ».

Parallèlement, Bruxelles a mis en garde : la liste des organisations non gouvernementales opérant avec des financements étrangers est « incompatible avec les valeurs européennes ». Ils ont averti que la décision du gouvernement géorgien pourrait mettre en péril les intentions futures d’adhésion du pays à l’UE. Entre-temps, les États-Unis envisagent déjà des sanctions en raison des lois récemment introduites.

Nous avons également signalé plus tôt que la Hongrie et la Slovaquie s’étaient opposées à la déclaration de l’UE condamnant le gouvernement géorgien. Pendant ce temps, des centaines de milliers de personnes manifestent contre la loi dans le pays, et la police a dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogènes et de violence. Et Balázs Orbán a exhorté les pays de l’UE à adopter des dispositions similaires . La loi géorgienne a récemment fait l’objet du veto du chef de l’Etat car elle est inconstitutionnelle et contraire à « toutes les normes européennes ».

Crédit Image : MTI / EPA / David Mdzinarisvili

Vient de paraître : FIL-LINE-INFOS-LOGES-N°8

La nouvelle édition de la revue numérique maçonnique gratuite FIL-LINE-INFOS-LOGE vient de paraître et 450fm vous en offre la possibilité de la parcourir.

Au sommaire :

GLMU : Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie

Lutter contre les discriminations et promouvoir l’égalité des droits

A l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie la Grande Loge Mixte Universelle réaffirme son engagement ferme dans la lutte contre toutes les formes de discrimination fondées sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre et l’expression de genre.

Chaque année le 17 mai, est l’occasion de rappeler que les personnes LGBTQ+ continuent de faire face à de multiples violations de leurs droits fondamentaux dans de nombreuses parties du monde. Violences physiques et verbales, discriminations, exclusions sociales, harcèlements, voire assassinats, les réalités vécues par les personnes LGBTQ+ sont encore trop souvent marquées par la haine et l’intolérance.

Malgré des avancées notables ces dernières années en France, des inégalités persistent
notamment dans l’accès à l’emploi, au logement, à la santé, au sport et à l’éducation.
Si les droits des personnes LGBTQ+ sont reconnus aujourd’hui, leur mise en œuvre se heurte encore à de nombreux obstacles. Ces derniers trouvent leurs racines dans des considérations sociales, politiques, religieuses ou idéologiques.
La violence et les discours de haine envers les personnes LGBTQ+ demeurent également
préoccupants. Seule la laïcité permet le vivre ensemble.

La GLMU appelle à se mobiliser pour : Lutter contre toutes les formes de discrimination fondées sur l’orientation sexuelle, l’identité et l’expression de genre, promouvoir l’égalité des droits pour toutes et tous.

Sensibiliser et éduquer sur les questions LGBTQ+ afin de lutter contre les préjugés et les
stéréotypes. Cela ne pourra se réaliser qu’en les intégrant, notamment, dans les programmes scolaires.

En cette Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie, la biphobie, la GLMU
réaffirme son engagement à participer à la construction d’une société plus juste et inclusive, ou chaque citoyens et citoyennes puissent vivre libres et égaux en droits.
La Grande Loge Mixte Universelle, Obédience, progressive et progressiste milite pour une
véritable mixité universelle.

Bernard Dekoker-Suarez
Grand Maitre de la Grande Loge Mixte Universelle
contact@glmu.fr

Rencontres Égyptiennes de Marseille

La Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF) et sa Maison du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm organisent ces premières rencontres.

Le Cercle Georges Bogé de Lagrèze

La création du Cercle Georges Bogé de Lagrèze au sein de la Maison du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm de la GL-AMF, répond à une demande croissante des Frères, celle de mieux appréhender l’histoire de leur rite, de leurs racines traditionnelles et de valoriser leur patrimoine initiatique et historique.

Compte tenu de la nature et des objectifs de ses travaux, le Cercle Georges Bogé de Lagrèze, reste ouvert, il pourra ainsi travailler avec des Frères et des Sœurs extérieurs ou des profanes reconnus pour la qualité de leurs travaux.

Programme des Rencontres Égyptiennes

Pour cette première année le thème sera celui des sciences traditionnelles, bien cher à tous les Maçons : l’Alchimie et l’Hermétisme.

L’accueil de cette journée se fera entre 8h30 et 9h30 autour d’un café de bienvenue, puis :

9h30 – 10h00 : allocution du Grand Maître de l’Alliance, Pierre Lucet.

10h00 – 11h30 : conférence-débat de Renan Crouvizier.

LES CONDITIONS DU SAVOIR ALCHIMIQUE DANS LA FRANCE DE LA RENAISSANCE (1500 – 1630)

Renan Crouvizier est Docteur en histoire à l’Université de Tours. Il est l’auteur de Pratique alchimique et théorie de la matière dans l’Opuscule de Denis Zecaire (éd. Archè) et de l’édition critique de l’Opuscule tres-eccelent de la vraye philosophie naturelle des metaulx de Denis Zecaire.

12h00 – 13h00 : déjeuner-cocktail (réservé aux inscrits).

d’Axel Karol pour son ouvrage :

13h00 – 14h30 :

séances de dédicaces des ouvrages de Renan Crouvizier, et

d’Axel Karol pour son ouvrage : Arcana Arcanorum et les Rites Maçonniques Egyptiens de Memphis et Misraïm, une Voie pour l’Occident (éd. La Tarente).

14h30 – 16h30 : table ronde sur le thème :

LES ORIGINES HERMÉTIQUES DE LA FRANC-MAÇONNERIE

Avec :

Nadine Agin, Grand Maître Adjoint-Sud, Présidente de la Commission Historique de la Grande Loge Féminine de Memphis-Misraïm (GLFMM).

Dominique Palfroy, Passé Grand Maître de la Grande Loge Féminine de Memphis-Misraïm (GLFMM) et membre de la Commission Historique.

Axel Karol, Souverain Grand Maître de l’Ordre Maçonnique Traditionnel de Memphis-Misraïm (OMTMM), membre de la R\L\ Amon (Ajaccio – GL-AMF).

Modérateur : Antoine Palfroy, membre de la R\L\ Les Bâtisseurs de Chéops (Antibes – GL-AMF), de la Loge Nationale de Recherche (GL-AMF), Président du cercle « Histoire et Patrimoine Georges Bogé de Lagrèze », de la Maison du RAPMM (GL-AMF).16h30 : allocution de clôture par Jacques Galhardo, Assistant Grand Maître de la Maison du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF).

Inscription obligatoire avant le 20 mai 2024

(pas d’inscription possible sur place).

Prix : 30 euros (accueil, déjeuner, conférence et table ronde).

Renseignements : rencontres.egyptiennes@alliance.fm

Réservation en ligne, les Collines de Saqqarah ou sur le QRC :

https://www.helloasso.com/associations/colline-de-saqqarah

Conférence en français « Pourquoi devenir franc-maçon ? » à Miami Beach

De notre confrère courrierdesameriques.com

La Grande Loge Traditionnelle de France organise une conférence sur le thème « Pourquoi devenir franc-maçon ? « La GLTF compte déjà deux loges francophones en Sud Floride. »

La conférence se déroulera en français et est ouverte à toute personne souhaitant s’informer sur ce sujet souvent entouré de mystère et de secret. Elle aura lieu le 30 mai prochain à 19h au National Hotel, situé au 1677 Collins Avenue à Miami Beach.

La conférence sera suivie d’un cocktail offert, et vous aurez également la possibilité de continuer la discussion autour d’un repas au prix de 70 $ par personne. Pour toutes informations et réservation, indispensable, Veuillez contacter par e-mail Jacques Barbera, Grand Surintendant pour l’Amérique du Nord : gltf.Amerique@gmail.com

Site web national : www.gltf.fr

Un article sur la GLTF en Floride

Les dirigeants du CLIPSAS ne reconnaissent plus la liberté de la presse

Cette édition 2024 de l’Assemblée Générale du CLIPSAS ressemblait plus à Fort Chabrol qu’à une assemblée pacifique et fraternelle. Les événements que nous allons retracer dans le récit qui va suivre sont le résultat d’une lente dérive qui risque de mettre en péril cette institution née à Strasbourg le 22 janvier 1961.

Tout d’abord, il faut souligner le déni de démocratie qui semblait régner ces derniers temps au sein de l’organisation.

Nous en voulons pour preuve que durant cette assemblée, le Président sortant Ivan Herrera Michel a fait voter aux participants une motion afin de permettre au CLIPSAS de poursuivre en justice 450.fm, Oui vous avez bien lu, poursuivre en justice pour ses articles de presse.

Iván Herrera Michel – Président-CLIPSA du

Il serait utile de rappeler à nos lecteurs que le 29 avril dernier, nous les avions alerté d’« un étrange contrôle des votes venant de la Turquie ? »   Le 2 janvier dernier, nous avions relaté « un message politique et polémique du Président ». Sans parler de l’article du 6 juin 2022, intitulé « Du rififi au CLIPSAS… est-ce qu’il y a un Président à bord ? ». Il n’en fallait pas plus pour déclencher l’ire du Président contre notre journal. Ce dernier semble oublier que le CLIPSAS dépend d’une juridiction française, ce que n’a pas manqué de rappeler notre avocat au candidat turc il y a quelques jours, lorsque ce dernier nous a mis en demeure de retirer l’article du 29 avril. Le Président sortant semble confondre information et diffamation. Quoi qu’il en soit, de toute évidence, il n’est pas habitué à la transparence de l’information.  

Cette affaire est donc source de remous puisqu’

un membre de notre rédaction a même été menacé d’exclusion de son obédience (française)… membre du CLIPSAS, lors du récent conseil de l’ordre de celle-ci, il y a quelques semaines.

Il faut dire que cette Obédience était un soutien affiché du candidat turc et l’article en question avait du mal à être digéré par certaines et certains, au sein de cette Obédience. Nous marchons sur la tête, certaines institutions maçonniques semblent nier la liberté de la presse. Le fait est assez grave pour être souligné et dénoncé.

Une Assemblée Générale 2024 en Albanie

Cette année, l’Assemblée Générale du CLIPSAS s’est déroulée à Durrës, en Albanie, réunissant environ 350 participants. Selon nos sources, composées de Frères et Sœurs de diverses obédiences, cette rencontre a été qualifiée de la pire de l’histoire de l’institution par ses disfonctionnements et son manque de fraternité.

De nombreux participants de l’assemblée ont pu témoigner qu’elle s’est terminée de manière pour le moins chaotique : une Assemblée Générale incomplète, des élections contestées, des obédiences refusées d’intégration après vote de quelques membres seulement, un budget prévisionnel soumis au vote sans consultation préalable, aucune décision concernant le lieu de l’AG 2025, aucune ville candidate ne s’était préalablement déclaré avant l’AG. Il semblerait toutefois que la Californie soit la prochaine destination.

A cela on peut rajouter des rumeurs de scission, serait-ce a fin du CLIPSAS ?

Les participants étaient hébergés dans 2 hôtels mitoyens les hôtels Bleart et Leonardo, deux établissements 4 étoiles en bord de mer à Durrës à 1950 kms de Paris en Albanie. Bien que ces hôtels fussent appréciés par les participants, divers disfonctionnements suscitèrent de fortes controverses.

La Grande Loge d’Illyria d’Albanie, hôte cette année de cette manifestation, manqua singulièrement de sens de l’organisation. En effet, de nombreux délégués ignorèrent jusqu’au dernier moment où ils allaient séjourner. Malgré un formulaire d’inscription permettant aux membres de choisir leur lieu d’accueil, nombreux sont ceux qui se retrouvèrent à devoir marcher de longues minutes avant de rejoindre l’hôtel Bleart pour rejoindre les assemblées.

On assista à une pagaille sans nom lors de l’installation des participants. Certains se retrouvaient même avec des clés électroniques ouvrant plusieurs chambres ! Quelques participants concernés exprimèrent à ce sujet des craintes d’intrusion ou de cambriolage. Tout cela n’augurait rien de bon ni de rassurant. Comme un malheur n’arrive jamais seul, la manifestation fût perturbée par plusieurs pannes électriques, laissant l’hôtel sans électricité et sans eau pendant plusieurs heures, y compris durant le colloque et l’Assemblée Générale, où la connexion WIFI était aléatoire. Ces interruptions causèrent un inconfort notable et affectèrent le bon déroulement des échanges ou des présentations.

DES OBÉDIENCES OBSERVATRICES ET CANDIDATES INVITÉES AU CLIPSAS… MAIS EXCLUES DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

Les frais de participation étaient fixés à 250 euros, montant identique pour tous les inscrits. Il faut souligner que cette somme était à régler exclusivement en espèces, comme toutes les prestations complémentaires, vous avouerez que cela est très étrange en matière de transparence fiscale.

Depuis de longues années, lors des Assemblées Générales du CLIPSAS, les obédiences observatrices et candidates participent, au moins partiellement aux délibérations. Dès l’ouverture, un long débat en Assemblée Générale eu lieu afin de déterminer la position du CLIPSAS quant à ces participants non encore officiels. Lorsqu’une décision fut enfin prise, un candidat à la présidence informa les obédiences… après seulement deux jours et un cocktail de bienvenue qu’elles devaient repartir. La question de la fraternité et du sens de la communication se posent réellement au vu de ce genre d’attitude.

Cette situation soulève plusieurs questions, notamment concernant les frais exigés de ces participants surtout à régler exclusivement en espèces !!!!!

« Pourquoi demander 250 euros pour un accès limité au colloque, au cocktail de bienvenue et au gala ? »  

De plus, les invités des membres appartenant à des obédiences intégrées au CLIPSAS ne payaient que 125 euros. Actuellement, certaines obédiences invitées envisagent des recours pour demander un remboursement, en raison du manque d’information et de transparence de la part du bureau et des organisateurs de l’événement.

UN COLLOQUE BASÉ SUR CHATGPT


Cette année, le thème central du colloque du CLIPSAS était : « L’intelligence artificielle (IA) ». Malheureusement, l’impression générale était que la majorité des obédiences avaient recours uniquement à ChatGPT pour préparer leurs travaux, ce qui a donné lieu à des présentations souvent similaires et peu diversifiées.

Seule la présentation de l’Observatoire de la Dignité Humaine, animée par Marie-Thérèse Besson et Damien Charitat, a montré une application plus approfondie en utilisant divers modèles d’intelligence artificielle. Leur intervention a exploré des aspects plus complexes de l’IA, mettant en lumière son potentiel au-delà des simples générateurs de texte comme ChatGPT.

Cette situation soulève plusieurs points de réflexion et de débat pour l’avenir :

  • Éthique et IA : Quelles sont les implications éthiques de l’utilisation de l’IA dans nos pratiques maçonniques ? Comment garantir que les outils d’IA respectent les valeurs et les principes de la franc-maçonnerie ?
  • Formation et Éducation : Quel type de formation est nécessaire pour que les membres puissent utiliser efficacement et de manière critique les outils d’IA ? Devons-nous intégrer des modules spécifiques sur l’IA dans les programmes éducatifs des obédiences ?
  • Impact sur l’Humanité : Comment l’IA peut-elle être utilisée pour promouvoir la dignité humaine, comme l’a démontré l’Observatoire de la Dignité Humaine ? Quelles autres applications de l’IA pourraient être bénéfiques pour la société et les valeurs maçonniques ?
  • Collaboration Inter-obédiences : De quelle manière les obédiences peuvent-elles collaborer pour développer des projets communs utilisant l’IA, tout en partageant les bonnes pratiques et les innovations ?

Ces questions sont cruciales pour comprendre et intégrer l’IA de manière constructive et éthique dans les travaux maçonniques. Le colloque a ouvert une porte, mais c’est aux maçons d’y entrer sans peur.

UNE ASSEMBLÉE GÉNÉRALE MARQUÉE PAR LA CONTROVERSE

Il n’est pas nécessaire de répéter les articles déjà publiés sur les blogs maçonniques ou ceux que nous avons précédemment écrits sur le sujet. Cependant, nous ne pouvons ignorer les événements qui ont ébranlé les colonnes du temple du CLIPSAS. Jusqu’à la dernière minute, cinq candidats étaient en lice : Stéphane Bañuls, Franco Huard, Louis Daly, Cunyet Kalpakoglu, Xavier Molina Figueras, et, à la dernière minute, Nadja Gordon, Grand Maître de la Grande Loge Haïtienne de St-Jean d’Outre-mer, qui a également présenté sa candidature, soit 6 candidats.

Deux candidatures posaient particulièrement problème : celles de Stéphane Bañuls et de Louis Daly. Dans les deux cas, le Président Ivan Herrera Michel n’a aucunement abordé ces sujets lors de l’Assemblée Générale, ce qui a contribué à une grande confusion sur tout le processus.

En effet et comme cela est le cas dans toute Assemblée Générale, une commission chargée de valider les dossiers de candidature, vient conforter l’assemblée sur la validité ou non des candidats afin que ceux qui votent le fassent en confiance et en leur âme et conscience.

Visiblement, une telle commission n’existe pas au CLIPSAS et ce type de présentation préalable aux votes n’a pas eu lieu. Cela fut la cause de frustrations et de malaises qui ont fait capoter l’essentiel du processus de vote.

Dommage que le Président, qui était informé de la fragilité de ces candidatures, n’ait pas fait voter par l’assemblée la recevabilité de ces 2 candidatures. Cela aurait ainsi évité les dysfonctionnements ultérieurs constatés.

Commençons par Stéphane Bañuls. La controverse à son égard concernait sa non-conformité aux critères de l’article 13, qui stipule :

« Pour être éligible à la présidence, il faut être Grand Maître ou ancien Grand Maître proposé par son Obédience. »

Stéphane Bañuls avait été Grand Maître de la GLISRU et est actuellement Grand Maître d’Honneur de son obédience actuelle, la GLMS, ce qui n’est pas une charge soumise à élection. Par ailleurs, il n’a jamais été Grand Maître de la GLMS sa nouvelle Obédience.

Lors de l’Assemblée Générale, il a présenté à l’écran, une lettre d’un avocat bulgare affirmant que, selon son interprétation juridique, Bañuls était éligible. Cet avocat soutenait que l’article devait être interprété en deux parties : il faut être Grand Maître ou Passé Grand Maître (supposé de son obédience actuelle) et ensuite être proposé par son Obédience.

La rédaction s’interroge sur l’expérience de cet avocat en matière de lois françaises, notamment celles régissant les associations de loi 1901. Nous avons consulté un cabinet d’avocats parisiens. Selon son interprétation du règlement, il estime que pour être candidat à la présidence, il faut avoir été Grand Maître ou Passé Grand Maître au sein de l’obédience actuelle, et qu’un titre honorifique ne suffit pas !

Le Frère Bañuls soutient que, faute de précision dans le règlement, il est éligible. Cependant, selon les avocats consultés, la règle est très spécifique :

seules ces deux positions sont admissibles, son titre honorifique n’est pas suffisant.

Il est également à noter que les Frères et Sœurs de l’Assemblée n’ont pas demandé si le bureau avait effectué ses propres recherches légales avec un cabinet français. Pourquoi ?

En ce qui concerne Louis Daly, le candidat s’est présenté, bien qu’il ne répondît pas aux critères de l’article 14, qui stipule : « Les mandats au Bureau sont de trois ans non renouvelables ». Dans un article publié le 18 février 2024 sur le blog hiram.be, Louis Daly a été directement interrogé à ce sujet et a répondu : « (…) il s’agit d’un article vague qui ne dit rien avec certitude. ».

Cependant, la réalité semble bien différente. Selon le même cabinet d’avocats précédemment mentionné, son interprétation est claire : « cet article implique que n’importe quel poste au Bureau (Président, Secrétaire Général, Trésorier, Rapporteur du colloque, Vice-Président sans désignation) ne peut être occupé à nouveau, même après une interruption de trois ans suivant la fin du dernier mandat. Ainsi, une personne ayant déjà été présidente ne peut se représenter pour ce poste, mais pourrait candidater à un autre poste, tel que Trésorier, si elle ne l’a jamais occupé. »

L’autre interprétation avancée par le candidat Louis DALY, est que celui qui termine sa charge ne peut demander à renouveler son mandat pour la période suivante, mais peut le faire après une interruption de quelques mandants suivants le sien, sinon il aurait fallu faire mention de MANDAT UNIQUE.

Comment le CLIPSAS peut-il prendre autant de risques en votant pour un candidat qui pourrait potentiellement mettre en péril l’institution ?

Le CLIPSAS est régi par un Règlement Général qui ne laisse pas place à l’interprétation subjective de ses membres ; cette tâche est réservée aux Tribunaux en cas de litige. Contrairement à ce qu’affirmait précédemment Louis Daly, il est difficile de qualifier l’article en question de vague.

En effet, le règlement ne mentionne nulle part une période de latence, ce qui signifie qu’un Président sortant n’a pas le droit de se représenter. Toute interprétation contraire pourrait être considérée comme un abus et donner lieu à une action en justice, même s’il n’est pas fait mention de mandat unique.

Pourquoi le bureau n’a-t-il pas demandé l’avis de l’Assemblée Générale avant la présentation de la candidature de Louis Daly ?

C’est la question que plusieurs obédiences du CLIPSAS se sont posées, et nombreuses sont celles qui ont dénoncé l’attitude du Président Ivan Herrera Michel d’avoir procédé au vote sans permettre une discussion préalable sur la validité des candidatures avant de passer aux votes.

Comme indiqué plus en amont AUCUNE COMMISSION n’existant au Clipsas pour valider les candidatures, il appartenait donc à l’assemblée de le faire. Le fait de demander à l’assemblée de voter, sans cette phase de validation, a créé un préjudice moral indigne des principes maçonniques. Le résultat ?

Louis Daly a remporté les élections avec 32,06 % des voix, devançant Franco Huard qui a obtenu 27,48 %, soit une différence de seulement six Voix !

Lorsque les résultats furent annoncés, de nombreux membres présents dans la salle contestèrent vivement la situation, affirmant qu’il était illégal pour Louis Daly de se présenter et que le vote n’aurait pas dû avoir lieu.

Les textes parlent certes de vote à la majorité simple mais la tradition et les us et coutumes font que le président soit toujours élu a plus de 50%.

Pour rappel entre autres élections, lors de l’assemblée générale de Buenos Aire il y avait 3 candidats dont Ivan Herrera Michel.

Au premier tour Ivan Herrera Michel était arrivé 3è et il y a eu 3 tours pour arriver à l’élection de Francois Padovani à plus de 50%. Par ailleurs, lors de l’élection de Ivan Herrera Michel à Barcelone en 2021 il fallut là encore 3 tours.

Pourquoi faire fi de cette tradition dont il a lui-même bénéficié et qui exige une élection à plus de 50%, comme cela a toujours été le cas dans toutes les précédentes assemblées générales du CLIPSAS ?

Aurait-il peur qu’au second tour son candidat soit battu ?

Cette discussion houleuse a duré plusieurs minutes, jusqu’à ce que le Président Ivan Herrera Michel, visiblement, très agacé par cette situation, se mit à hurler de façon incompréhensible, se leva et frappa violemment du maillet sur la table, alla de son bureau au milieu de l’assemblée chercher Louis DALY et le conduisit devant son bureau afin de le déclarer vainqueur, et le fit monter pour l’installer à côté de lui, en déclarant que le nouveau Président était Louis Daly

La question qui se pose concerne le conflit d’intérêt entre Herrera et Daly. En effet, la proximité familiale de ces deux là est troublante, ils se connaissent bien puisque leurs épouses sont de la même famille !

À ce moment-là, et sans rien comprendre à ce qui venait de se passer, interrompant ainsi toute clarification nécessaire à une prise de décision et un consensus nécessaire dans un tel cas

une vague de protestation s’en suivit de plusieurs obédiences outrées, ainsi que certains membres du bureau qui quittèrent l’Assemblée Générale en signe de mécontentement.

Parmi celles-ci, la Grande Loge Féminine de France, la Grande Loge Mixte de France, la Grande Loge Française de Memphis-Misraïm, la Grande Loge Libérale de Turquie, la Grande Loge Féminine de Turquie, la Grande Loge Symbolique d’Espagne, la Grande Loge ANI du Canada, la Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité, le Grand Orient de Congo Brazzaville, et bien d’autres encore.

En tout, plus de 15 obédiences refusèrent de revenir au déroulement de la suite de l’Assemblée Générale pour ne pas cautionner ce qui venait de se passer.

Même si les différentes interprétations pouvaient conduire à un consensus acceptable pour ne pas entacher l’élection du nouveau Président, le procédé NON FRATERNEL et ignorant l’avis de toute partie de l’Assemblée est purement contraire aux principes maçonniques. Cela ressemblait plus à un braquage ou à un putsch.

Le Clipsas compte actuellement 91 obédiences.

Le plus risible est que le thème de réflexion pour l’Assemblée Générale de l’an prochain, du moins, si le CLIPSAS est toujours en vie, sera :

« LA MODERNITÉ DES PRINCIPES MACONNIQUES ».

Décidemment, le ridicule ne tue pas !

Pour le moment, la seule question qui se pose est : « Quelle suite juridique ou fraternelle sera donnée à cette affaire ? ». Comptez sur nous pour vous informer des détails à venir.

Voyage au cœur de la gnose : Synésius dévoile ses lumières occultes

Intéressons-vous à la vie et l’œuvre de Synésius, pseudonyme de Léonce Fabre des Essarts (1848-1917), auteur de L’Arbre gnostique suivi du Manuel préparatoire et de Constitution & règlements de l’Église Gnostique.

Léonce Fabre des Essarts, né le 19 mars 1848 à Aguessac dans l’Aveyron, est un poète, écrivain et occultiste français. Issu d’une famille bourgeoise, il montre dès son jeune âge un vif intérêt pour la littérature et la spiritualité. Après des études classiques, il se lance dans la poésie et publie plusieurs recueils qui lui valent une certaine reconnaissance dans les cercles littéraires parisiens.

Sous son propre nom, Léonce Fabre des Essarts publie plusieurs œuvres poétiques et participe activement à la vie littéraire de son époque. Il fréquente les cercles symbolistes et ésotériques, où il se lie d’amitié avec des personnalités influentes telles que Joséphin Péladan (1858-1918), écrivain, critique d’art et occultiste, fondateur de l’ordre rosicrucien de la Rose-Croix Catholique, connu pour ses écrits mystiques et symbolistes influençant l’art ésotérique de son époque et Stanislas de Guaita (1861-1897), poète, occultiste et mystique, co-fondateur de l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, célèbre pour ses travaux sur la magie et l’ésotérisme, ayant une influence durable sur les études occultes.

Joséphin Péladan

Son œuvre poétique, marquée par une sensibilité mystique et une quête de l’absolu, le conduit naturellement vers l’étude de l’occultisme et des traditions ésotériques.

Vers la fin du XIXe siècle, Fabre des Essarts adopte le pseudonyme de Synésius, en référence au philosophe néoplatonicien Synésius de Cyrène (c. 370-413), évêque de Ptolémaïs, connu pour ses écrits philosophiques et théologiques alliant la pensée néoplatonicienne au christianisme, pour marquer son engagement dans le domaine de l’occultisme. En 1893, il est intronisé évêque de Bordeaux par Jules Doinel, fondateur de l’Église Gnostique moderne. Synésius devient rapidement une figure centrale de ce mouvement ésotérique, prônant une spiritualité gnostique rénovée et accessible.

En 1896, après le départ de Jules Doinel, Synésius devient le patriarche de l’Église Gnostique, une position qu’il occupe jusqu’à sa mort en 1917. Sous sa direction, l’Église Gnostique connaît un développement significatif, attirant de nombreux intellectuels et mystiques de l’époque. Il travaille à structurer l’Église, rédigeant des textes fondamentaux tels que la Constitution et les règlements de l’Église Gnostique, et publiant des œuvres didactiques pour guider les néophytes dans leur cheminement spirituel.

Parmi ses œuvres les plus notables, nous trouvons L’Arbre gnostique, publié en 1899, qui offre un panorama exhaustif des différentes traditions gnostiques et leurs applications contemporaines. En 1913, il publie le Manuel préparatoire, destiné à introduire les nouveaux membres aux principes fondamentaux de l’Église Gnostique.

Synésius, ou Léonce Fabre des Essarts, laisse derrière lui un héritage riche, à la croisée de la poésie, de la mystique et de l’occultisme. Son rôle dans la renaissance de l’Église Gnostique et ses contributions littéraires et spirituelles continuent d’influencer les chercheurs et les adeptes de la gnose. Son œuvre incarne une quête incessante de la connaissance intérieure et de la vérité divine, un héritage qui perdure bien au-delà de son époque.

Stanislas de Guaita à 19 ans

Léonce Fabre des Essarts s’éteint le 18 octobre 1917 à Paris, laissant un héritage durable dans le domaine de la mystique et de l’occultisme. Son travail a contribué à raviver l’intérêt pour le gnosticisme et a fourni des bases solides pour l’Église Gnostique moderne.

Les œuvres de Synésius, rééditées en 2024 chez Amici Librorum (Les Amis des Livres), restent des références essentielles pour comprendre le gnosticisme moderne.

Rappelons que Amici Librorum, connu en français sous le nom Les Amis des Livres, est un éditeur spécialisé dans la réédition et la publication d’ouvrages rares et précieux, principalement axés sur la littérature ésotérique, mystique et philosophique. Engagé à préserver et à diffuser des textes essentiels, Amici Librorum se distingue par la qualité de ses éditions, offrant des traductions soignées et des présentations claires pour les amateurs de spiritualité et d’érudition. Ces éditions sont dirigées par Stephan Hoebeeck.

Bien connaître la vie de Synésius permet donc de mieux appréhender ses œuvres majeures, ses expériences personnelles et ses convictions spirituelles se reflétant dans ses écrits. Son rôle de patriarche de l’Église Gnostique et son amitié avec des figures importantes de l’occultisme offrent un contexte essentiel pour comprendre les motivations et les objectifs derrière ses textes. Les lecteurs peuvent ainsi mieux saisir les nuances de ses idées, la profondeur de sa spiritualité et l’importance de ses contributions à la tradition gnostique moderne. Connaître sa vie enrichit la compréhension des thèmes et des symboles présents dans ses œuvres, révélant la continuité entre sa pensée et son action.

Venons-en à la présentation de l’ouvrage.

L’Arbre gnostique est un ouvrage fascinant qui plonge le lecteur dans les profondeurs de la tradition gnostique. Ce livre est une réédition précieuse des écrits de Synésius, qui rassemble trois textes rares et importants que sont L’Arbre gnostique (1899), Le Manuel préparatoire (1913) et la Constitution & Règlements de l’Église gnostique.

Publié initialement par Chamuel, L’Arbre gnostique, ce texte offre un résumé exhaustif des différents courants gnostiques à travers les siècles. Il présente les perspectives actuelles d’une Église gnostique en pleine renaissance. Synésius y développe une vision mystique et philosophique du gnosticisme, mettant en lumière les concepts clés tels que la dualité entre le bien et le mal, la connaissance (gnosis) comme voie de salut, et la structure cosmique des éons et des archontes.

Quant au Manuel préparatoire (1913), édité par la Maison Française, ce manuel s’adresse aux néophytes. Il expose les principes fondamentaux de l’Église gnostique, introduisant les notions préliminaires avant d’aborder en profondeur les thèmes de l’Être humain, de l’Être divin et de l’initiation gnostique. Ce texte est essentiel pour comprendre les bases théoriques et pratiques de la gnose.

Enfin, le texte Constitution & Règlements de l’Église gnostique, qui se veut une publication interne, est dédié à l’organisation et à la hiérarchie ecclésiastique de l’Église Gnostique. Les membres du sacerdoce, appelés barbes et barbélites, incluent des femmes dans leurs rangs, à l’exception du rôle d’évêque. La Constitution précise les structures hiérarchiques et les règlements qui gouvernent l’Église, offrant un aperçu unique de son fonctionnement interne.

Revenons aussi sur le contexte historique. L’Église Gnostique, restaurée par Jules Doinel (Valentin II, évêque de Monségur) en 1896, a eu plusieurs patriarches notables, dont Fabre des Essarts (Synésius) jusqu’en 1917, suivi de Léon Champrenaud (Théophane, évêque de Versailles) et Patrice Genty (Basilide) en 1921. René Guénon, sous le nom de Tau Palingénésius, et Joanny Bricaud figurent parmi ses membres importants. Bricaud finira par rompre pour fonder, avec Fugairon et Papus, l’Église catholique gnostique, rebaptisée Église gnostique universelle en 1908, qui subsistera jusqu’aux années soixante-dix.

Alpha Tau Omega (Fabre_des_Essarts)

Cet ouvrage est essentiel pour quiconque s’intéresse à la gnose et à son impact sur la spiritualité occidentale. La combinaison des écrits de Synésius, avec leur profondeur philosophique, et ceux de Fabre des Essarts, avec leur aspect pratique et institutionnel, offre une vision complète et équilibrée du gnosticisme. La réédition par Amici Librorum est à saluer, car elle permet de rendre accessibles des textes rares et précieux. La qualité de l’édition, avec une présentation claire et une traduction soignée, en fait un livre agréable à lire et à étudier.

L’Arbre gnostique suivi du Manuel préparatoire et de Constitution & règlements de l’Église Gnostique est une lecture indispensable pour les passionnés de mysticisme, d’histoire religieuse et de philosophie. Ce livre offre une plongée profonde et enrichissante dans les arcanes du gnosticisme et les enseignements ésotériques, alliant théorie et pratique de manière harmonieuse.

L’Arbre gnostique suivi du Manuel préparatoire et de Constitution & règlements de l’Église Gnostique

Synésius – Léonce Fabre des Essarts

Amici Librorum, 2024, 154 pages, 20 €Disponible sur Amazon.

L’impact de la maçonnerie sur la convention constitutionnelle

Du site freemasonscommunity.life – Par Stewart Wilson Mineur, PGM

Le but de cet article est de suggérer comment et dans quelle mesure la franc-maçonnerie a exercé une influence sur les délégués et leur travail à la Convention constitutionnelle de Philadelphie, en Pennsylvanie, au cours de l’année historique de 1787. Un certain nombre de maçons ont assisté à la Convention, comme nous le savons. , et on nous dit que parmi les 39 signataires de la Loi fondamentale qu’ils ont produit, 13 ont été, à un moment de leur vie, associés à la maçonnerie. Parmi eux, 11 étaient francs-maçons au moment où ils ont participé à la Convention. À la suite de la Convention, deux autres, William Patterson du New Jersey et James McHenry du Maryland, devinrent maçons en 1791 et 1806 respectivement.

Cependant, mon intérêt ne porte pas sur les chiffres mais sur les idées. Qu’ont pensé les délégués et pourquoi ont-ils pensé ainsi ? Les pensées des maçons présents à la Convention se distinguaient-elles de celles de leurs homologues non-maçonniques et, si oui, leurs opinions étaient-elles façonnées par leurs expériences dans le métier ? Malheureusement, il n’est pas possible de répondre définitivement à ces questions en raison d’un certain nombre de circonstances atténuantes, parmi lesquelles la plus importante pourrait bien avoir été l’état encore instable de l’artisanat lui-même dans les dernières décennies du XVIIIe siècle, dans ce pays et à l’étranger. La structure, l’autorité, les coutumes et les courtoisies de la fraternité, dont la forme de Grande Loge ne datait que de 1717, étaient encore en évolution. Ainsi, dans les années comprises entre la formation de la première Grande Loge indépendante en Virginie en 1778 et la convocation de la Convention Constitutionnelle en 1787, la Maçonnerie vivait une période au cours de laquelle les Maçons actifs se préoccupaient principalement de l’établissement et de la réglementation de l’Artisanat. Et même en ce qui concerne ces objectifs restrictifs, ils ont relativement peu écrit.

Néanmoins, de nombreux étudiants en maçonnerie, malgré la nature fragmentaire des preuves disponibles, attribuent une grande importance politique à l’artisanat au XVIIIe siècle. Parmi ceux qui l’ont fait se trouve Bernard Fay, un éminent érudit qui a écrit en 1935 un long ouvrage intitulé « Révolution et franc-maçonnerie 1680-1800 ». Dans cet ouvrage, il remarquait que dès le Moyen Âge, la franc-maçonnerie en Angleterre était une force sociale. « Grâce à leurs secrets techniques recueillis aux quatre coins du monde, à la gloire acquise par leurs réalisations et aux nombreuses personnes formidables qui souhaitaient être affiliées à cette grande guilde », a-t-il déclaré, « les francs-maçons détenaient un pouvoir immense ». Il a observé qu’avec l’avènement de la Renaissance, une période de décadence a commencé et qu’en conséquence les maçons ont perdu une partie de leur pouvoir, tout en conservant leur popularité. Les gens construisaient moins, dit-il, mais ils philosophaient davantage, et il affirmait que les mystères de l’Artisanat, dont les membres semblaient posséder de puissants secrets, « piquaient l’intérêt et enflammaient l’imagination des gens.

. .»

Dans son examen de la formation de la Grande Loge Mère en Angleterre, Fay concluait que des décisions avaient été prises qui transformaient la maçonnerie professionnelle en maçonnerie philosophique, un changement qui incluait tous les hommes de bonne volonté parmi ses membres, « sans distinction de profession, de race, de religion ou de religion ». nationalité. » Ce changement a été mis en œuvre, affirme Fay, en grande partie grâce aux efforts de John Theophilous Desaugliers, qui voulait que le peuple lutte contre l’ignorance de l’homme. « Sous son influence », a déclaré Fay, « la franc-maçonnerie s’est organisée comme le grand centre des Lumières, qui devait dissiper les ténèbres du siècle et confondre à la fois les superstitions insensées de l’époque et l’obstination aveugle des athées. »

Fay voit la réorganisation de la maçonnerie en 1717, « une association qui a abandonné toutes ses préoccupations techniques et vise à se consacrer à la philosophie et à la bienveillance dans le but élevé de restaurer l’ordre social et moral en établissant une nouvelle discipline intellectuelle ». Son objectif, a-t-il déclaré, « était un renouvellement complet de toutes les valeurs acceptées et l’établissement d’un nouveau code moral ». Dans son nouveau rôle, « la maçonnerie ne se plaçait plus sur le terrain de la loyauté féodale et monarchique », a-t-il déclaré, affirmant que « la maçonnerie niait invariablement avoir quoi que ce soit à voir avec la politique, mais elle n’a jamais permis aux gouvernements de contrecarrer la réalisation ». de sa mission et, au tout début, a fermé toutes les Loges au contrôle de l’État.

Il faut reconnaître que Fay, en commentant la deuxième accusation des Constitutions d’Anderson (qui traite de la relation du maçon avec le magistrat civil, suprême et subordonné), n’a jamais prétendu que les maçons spéculatifs d’Angleterre utilisaient l’Artisanat pour obtenir des fins politiques. Et c’est ainsi qu’il devrait en être ainsi, car pendant toute la période allant de 1717, lorsque la Grande Loge Mère fut formée, à travers les années de la Convention Constitutionnelle en Amérique et au-delà, l’Art Anglais se préoccupa de problèmes plus banals qui, s’ils n’étaient pas résolus. , pourrait bien avoir détruit le vaisseau. Leurs préoccupations se concentraient sur l’unification de cinq Grandes Loges en une seule et sur l’obtention de l’unanimité sur les questions internes liées au traitement des candidats et à la perfection du rituel et des cérémonies de la franc-maçonnerie. C’est sur de tels sujets que se sont concentrés les écrits sur la maçonnerie au XVIIIe siècle en Angleterre, et ce, presque exclusivement.

Il est difficile de dire comment les expériences croissantes d’un métier spéculatif en Europe, principalement en Angleterre, en Écosse et en Irlande, ont influencé le modelage de la pensée maçonnique en Amérique. Il y a sans aucun doute eu une influence, à travers la création des Grandes Loges provinciales, à travers l’affrètement de Loges locales et à travers l’attribution de diplômes en Europe aux Américains qui y séjournaient pour affaires ou pour études.

De plus, les loges militaires rattachées aux forces armées britanniques en Amérique constituèrent des forces puissantes dans la propagation de la franc-maçonnerie dans cette partie du Nouveau Monde. Mais les archives de telles activités sont rares, comme l’a observé M/W Melvin M. Johnson, ancien grand maître du Massachusetts, dans son livre « Les débuts de la franc-maçonnerie en Amérique ». 

Il y note :

« Les premières Loges et Grandes Loges provinciales étaient négligentes quant à la tenue des registres. Même la Grande Loge Mère elle-même n’a pas de registre officiel pendant plus de six ans après son organisation. Et la première Grande Loge provinciale de l’hémisphère occidental, organisée à Boston, Massachusetts le 30 juillet 1933, n’a aucun rapport formel et continu écrit dans un livre au moment des événements enregistrés, jusqu’en 1750.

Il est clair que l’histoire de la franc-maçonnerie en Amérique, avant la création des Grandes Loges indépendantes, est incomplète, ce qui rend son interprétation précise impossible. Pourtant, dit Johnson, « trop d’historiens soi-disant maçonniques, depuis l’époque où ils auraient dû mieux savoir, ont ajouté la fiction à la fable et l’imagination aux deux, utilisant les erreurs manifestes de leurs prédécesseurs comme évangile, les rêves comme preuve et les suppositions ». comme preuve. »

C’est dans la perspective de ces sages paroles d’avertissement que j’ai récemment examiné un traité moderne intitulé « La franc-maçonnerie et la Constitution », dans lequel on lit un assortiment intéressant d’affirmations exagérées dans lesquelles vérité et fiction se mélangent. Dans ce document, il est déclaré que l’essor de la maçonnerie moderne a coïncidé avec la lutte pour un gouvernement constitutionnel et la croissance de la classe moyenne nouvellement développée ; que les ancêtres de notre Fraternité des deux côtés de l’Atlantique combattaient sans relâche les forces de l’autocratie et du régime de la foule ; que c’étaient les pensées de Sir Isaac Newton, Lord Bacon et John Locke que les décideurs de la Constitution de 1787 avaient à l’esprit ; que les philosophies qui sous-tendent la Constitution américaine et la franc-maçonnerie sont de nature identique ; que les principes de la franc-maçonnerie en ont fait la principale force sociale du XVIIIe siècle ; que les rédacteurs de la Constitution considéraient Montesquieu comme l’oracle de leur sagesse politique ; et que Washington et six Maçons, qui avaient été ou seraient finalement Grands Maîtres, ont travaillé avec d’autres membres de l’Artisanat (inférentiellement sur la base de leur Maçonnerie) pour poser largement et profondément les fondations de nos libertés.

Un ouvrage encore plus récent, préparé comme guide à utiliser dans la célébration de notre bicentenaire de la Constitution américaine, reprend nombre de ces affirmations et y ajoute un autre élément. On y note la tentative d’associer les mots du Préambule à la philosophie maçonnique. Les partisans de cette affirmation ont apparemment négligé le fait que le préambule était une inclusion de dernière minute du Comité sur le style et l’arrangement, un groupe de cinq personnes comprenant quatre non-maçons, et que les mots eux-mêmes provenaient de la plume de l’un des ce dernier, le gouverneur Morris. Le seul maçon du comité était Rufus King, qui serait entré dans la Fraternité en 1781. De toute évidence, son expérience maçonnique était limitée. Ce document a cependant un caractère rédempteur : il présente une évaluation bien équilibrée de la Constitution en tant que plus grand document de liberté, sous la forme d’un extrait tiré du message du Souverain Grand Commandeur paru dans le numéro de septembre 1986 de « The New Age ». ».

Je pense que dans des affirmations telles que celles auxquelles j’ai fait référence, il y a des éléments à la fois factuels et fantastiques, et que prises dans leur ensemble, elles ne contribuent pas à expliquer les pensées fondamentales des maçons ou des non-maçons qui constituaient l’Église: adhésion à la Convention constitutionnelle. Là-bas, des hommes de bonne foi, issus de divers horizons, se sont battus pour les meilleurs intérêts de leurs électeurs et, lorsque cela était nécessaire pour le bien de la nation, ils ont arbitré leurs différends de manière pragmatique. C’est le message de ceux qui ont enregistré leurs impressions sur la Convention, et c’est aussi l’opinion de Catherine Drinker Bowen, une autorité dont le livre « Le Miracle de Philadelphie » est devenu un classique. Dans cet ouvrage, elle expose son cas comme suit :

Il est caractéristique que la Convention ne s’en tienne jamais longtemps à la théorie. Son rôle n’était pas de défendre la « liberté » ou de justifier une révolution. Cela avait été fait il y a longtemps, en juillet 1776 et plus tard, lorsque colonie après colonie créa sa constitution d’État, en lançant son préambule particulier de liberté politique et religieuse. La Convention de 1787 débattrait des droits des États, mais pas des droits de l’homme en général. Les archives ne montrent rien de grand déclaratoire ou de défi, comme lors de l’Assemblée constituante française de 1789. L’Amérique avait dépassé cette phase ; si quelqu’un avait contesté les membres, ils auraient dit que de telles déclarations étaient déjà gravées dans leur sang. En 1787, les États siégèrent non pas pour justifier le terme États-Unis mais pour instituer un gouvernement fonctionnel pour ces États. On ne trouve aucune citation de Rousseau, John Locke, Burlamaqui ou des « philosophies » françaises, et si Montesquieu est invoqué c’est pour défendre l’organisation pratique d’un gouvernement tripartite. Lorsque la Convention fédérale discutait du pouvoir politique ou de l’autorité gouvernementale, elle en discutait en termes de ce qui allait probablement arriver au Delaware, à la Pennsylvanie, au New Jersey ou à la Géorgie.

En bref, la plupart des membres de la Convention de Philadelphie étaient des vétérans, des politiciens jusqu’à l’os. Le fait que certains d’entre eux étaient des hommes visionnaires, instruits en droit et en science du gouvernement, ne les détournait pas des questions imminentes. Il y avait un minimum de discours ou de frimeur. Chaque fois qu’un membre semblait sur le point de s’envoler dans l’empyrée de la théorie sociale – le XVIIIe siècle  l’appelait « raison » – quelqu’un le faisait revenir, et aussitôt. « L’expérience doit être notre seul guide », a déclaré John Dickenson du Delaware. « La raison peut nous induire en erreur.

Mme Bowen s’est largement appuyée sur les notes compilées par James Madison pour les informations qu’elle a présentées dans son livre. Elle affirme que Madison était un journaliste infatigable, « ses notes étaient complètes, rédigées sans commentaire ni à part ». D’autres personnes présentes à la Convention ont également pris des notes, a-t-elle déclaré, notamment Hamilton, Yates et Lansing de New York, McHenry du Maryland, Patterson du New Jersey, Rufus King du Massachusetts, William Pierce de Géorgie et George Mason de Virginie. Mais à son avis, la plupart des mémorandums qu’ils ont produits « étaient brefs, incomplets » et « sans Madison, nous ne posséderions que très peu de documents sur la Convention ». Elle a utilisé ces documents efficacement pour analyser le travail de la Convention, où la force politique s’est formée à partir de la désunion.

L’examen du matériel présenté dans le livre « Miracle at Philadelphia » révèle la profondeur des divisions qui séparaient les États et même les délégués au sein des États sur les questions majeures soumises à la Convention. Des hommes d’honneur et de conviction étaient en désaccord sur les mérites des plans d’organisation présentés, et même après l’obtention d’un accord sur le plan, il y avait apparemment un désaccord sans fin sur la mise en œuvre. Les questions liées au pouvoir exécutif, à la représentation au Congrès et à la différenciation des prérogatives fédérales et étatiques ont nécessité des heures de débat au cours de l’été.

Le bilan de la délégation de Virginie témoigne de l’esprit d’indépendance qui a prévalu à la Convention. Cette délégation, outre George Washington, le président, comprenait Edmund Randolph, John Blair, James Madison, Jr., George Mason, George Wythe et James McClurg. Randolph a eu l’honneur de présenter les Virginia Resolves, le soi-disant Plan Virginia, qui est finalement devenu le fondement sur lequel repose la Constitution. Mais quand le moment est venu de signer le document final, Randolph a refusé de le faire. Il en était de même pour George Mason, qui comptait parmi ceux qui étaient en faveur du plan du New Jersey plutôt que du plan Virginia. Randolph et Mason étaient tous deux préoccupés par l’impact du document sur les droits fondamentaux des États et des individus dont les intérêts pourraient bien avoir été mis en danger par ce que Madison prévoyait comme un nouveau gouvernement « vibrant entre une monarchie et une aristocratie corrompue et oppressive ». En fait, seuls trois Virginiens, Washington, Madison et Blair, ont effectivement signé le document à Philadelphie, ce qui constitue une maigre performance pour le Commonwealth qui se considère comme l’instigateur principal de cette affaire. En toute honnêteté, cependant, deux autres, George Wythe et George McClurg, ont indiqué leur approbation du projet, bien qu’ils n’aient pas été présents lors de la signature.

Mais si les délégations des États étaient divisées, les maçons présents à la Convention l’étaient également. Ils ont choisi de défendre les intérêts de leurs électeurs, et il ne semble pas qu’ils se soient réunis à aucun moment en tant que maçons pour examiner les problèmes qui leur étaient posés. En fait, ils ont exposé et défendu vigoureusement leurs points de vue, sans s’embarrasser de rien sauf des faits tels qu’ils les percevaient. En conséquence, il y a eu un manque d’unanimité parmi les maçons présents à la Convention sur un certain nombre de questions, et cela aurait dû être le cas.

Le membre le plus éminent du Craft à Philadelphie était George Washington, qui agissait en tant que président de la Convention, et en cette qualité il a choisi de s’abstenir de parler des questions soumises aux délégués, même lorsque les discussions avaient lieu dans le forum d’un comité de la totalité. Avant l’ouverture de la Convention, il fit savoir que ses sympathies allaient vers un gouvernement national. Pourtant, ce n’est que le dernier jour, le 17 septembre, que Washington s’est levé pour participer aux discussions. Il semble que ce soit son style de gestion. Son compatriote de Virginie, John Blair, a également refusé de s’exprimer, car, comme Washington, il était silencieusement favorable à un gouvernement central fort. Il en a été de même pour Benjamin Franklin de Pennsylvanie, Rufus King du Massachusetts, Nicolas Gelman du New Hampshire, John Dickenson du Delaware et Daniel Carroll du Maryland, qui ont tous choisi de parler et de travailler pour le type de Constitution qui a finalement été adoptée.

Cela n’a pas dissuadé les autres maçons présents à la Convention de travailler dur pour une alternative, le Plan du New Jersey, et après le rejet de ce plan, de défendre la cause des droits de l’État dans les débats essentiels à la formulation des articles et des sections. du document qui devait être produit. Ils voyaient dans les propositions constitutionnelles des dangers qui pourraient nuire aux petits Etats. Ce groupe de maçons comprenait Gunning Bedford du Delaware, David Brearley, John Dayton et William Patterson du New Jersey ; et probablement Jacob Broom, également du Delaware. Néanmoins, quand est venu le temps de signer le document final, ils l’ont tous fait. Un maçon connu, Edmund Randolph de Virginie, a cependant refusé de signer, comme indiqué ci-dessus, tout comme deux autres qui pourraient avoir été membres du Craft – William Blount de Caroline du Nord et Eldridge Gerry du Massachusetts. Le seul autre non-signataire parmi les délégués qui étaient encore à Philadelphie à la clôture de la Convention était George Mason, également originaire de Virginie.

Il peut être intéressant de noter que parmi les maçons qui ont signé la Constitution, quatre d’entre eux, David Brearley, Gunning Bedford, Jr., John Blair et Ben Franklin, ont eu le privilège de servir leurs juridictions en tant que Grands Maîtres. Dans l’ensemble cependant, et à l’exception de Franklin et Washington, dont l’expérience maçonnique datait respectivement de 1731 et 1753, les maçons présents à la Convention étaient jeunes dans le métier. Six des onze diplômés avant la Convention étaient maçons depuis moins de dix ans ; l’un des membres du groupe était un maçon de quatorze ans ; un maçon de 34 ans (Washington) ; un maçon depuis 56 ans (Franklin) ; et la longévité d’un autre, Jonathon Dayton, n’est pas connue avec précision. Il est intéressant de noter que deux des délégués normalement comptés parmi les signataires maçonniques, William Patterson et James McHenry, ne sont entrés dans le métier qu’après la clôture de la Convention, en 1791 et 1806 respectivement. Dans de telles circonstances, la mesure dans laquelle la maçonnerie a pu influencer la participation de la majeure partie du groupe doit rester une question de conjecture.

Il existe néanmoins des parallèles intéressants qui peuvent être établis entre le développement de la maçonnerie au XVIIIe siècle et le développement de la Constitution américaine. La Constitution américaine et les Constitutions de la maçonnerie ont été créées en réponse à des besoins, et dans les réponses des personnes impliquées, des changements permanents ont été induits dans la structure du corps fraternel et du corps politique. En bref, ces réponses ont transformé les perspectives de l’homme concernant l’extension et la préservation de l’autorité, l’application du pouvoir exécutif et la définition des droits fondamentaux des gouvernés.

Joseph Fort Newton, parlant de la formation de la première Grande Loge à Londres, a observé que par cet acte, « la maçonnerie n’a pas été simplement relancée, mais remodelée, refondue et refondée sur une base différente. . .. » et, dans le processus, observa-t-il, l’Artisanat avait subi une « révolution complète et en profondeur ». La transformation du gouvernement américain à la suite des mesures prises lors de la Convention constitutionnelle n’était pas moins révolutionnaire, car elle créait une philosophie politique nouvelle et complète, qualifiée par certains comme « la plus profonde et la plus parfaite jamais conçue par l’homme ». Comme l’a observé Ralph J. Pollard il y a des années, le gouvernement créé était « . . . le produit fini et parfait de 10 siècles d’expérience politique anglo-saxonne.

La révolution dans l’Artisanat à laquelle Newton faisait référence était de trois natures. « Premièrement, » dit-il, « l’idée même d’une Grande Loge en tant qu’organe directeur central doté d’une autorité suprême était nouvelle, autant dans son existence que dans ses pouvoirs extraordinaires, contrairement à tout ce que l’Artisanat connaissait auparavant. Il y avait eu certaines vieilles Loges, bien sûr, qui avaient exercé certaines des fonctions d’une Grande Loge, dans la mesure, au moins, de donner autorité et direction à la fondation d’autres Loges ; . . . Mais la Grande Loge de 1717 va plus loin en prenant le commandement complet de ses Loges. . .; et il n’est pas étonnant que cette autorité inouïe ait suscité du ressentiment et des contestations, à mesure qu’elle ne limitait plus sa juridiction aux loges situées à moins de dix miles de Londres, comme elle l’avait d’abord déclaré, mais qu’elle envahissait les provinces.

Soixante-dix ans plus tard, les délégués à la Convention constitutionnelle ont agi dans le domaine politique en créant une Loi fondamentale pour transformer une Confédération d’États séparés en une Union fédérale des États-Unis et, ce faisant, subordonner et définir les droits et pouvoirs politiques des États-Unis. Pour tous les organes directeurs de la nation, la tâche n’était pas facile et sa réalisation nécessitait des compromis, obtenus au terme de débats longs et parfois acerbes. De nombreux dirigeants de plusieurs États de la Confédération n’ont pas accueilli favorablement le processus. Mais finalement l’union fut établie et les dés furent jetés pour l’avenir de cette partie du continent américain. Le pays a opté pour la fédération plutôt que la confédération, assurant ainsi la concentration du pouvoir national dans un gouvernement national.

La deuxième partie de la transformation de la Maçonnerie, telle que vue par Newton, concernait l’administration de l’Artisanat. « La fonction de Grand Maître, dit-il, était nouvelle à la fois dans sa création et dans le pouvoir dont elle était investie ; un pouvoir incontesté, semble-t-il, et presque absolu – augmenté progressivement jusqu’à ce qu’il ait le pouvoir exclusif de nommer ses deux gardiens. Newton, commentant les conséquences de cette innovation dans la gestion de l’Artisanat, déclarait : « Heureusement, les premiers Grands Maîtres – à une exception notable près – étaient des sages nullement disposés à exercer, et encore moins à abuser, le vaste pouvoir avec dans lequel ils ont été investis. La Convention constitutionnelle a pris des mesures qui ont également révolutionné l’exercice du pouvoir exécutif aux États-Unis. Bien entendu, la question a été vivement débattue et certains se sont farouchement opposés à la création d’un exécutif unique. Mais la raison l’a emporté et, au final, la présidence de ce pays s’est vu attribuer des pouvoirs dépassant ceux du souverain britannique. Le processus de sélection présidentielle, cependant, était beaucoup plus démocratique que celui utilisé pour sélectionner les Grands Maîtres de la Grande Loge Mère.

Le troisième aspect majeur de la révolution maçonnique qui a eu lieu en Angleterre après la création de la Grande Loge Mère en 1717, selon Newton, concernait la position de la maçonnerie par rapport au gouvernement et à la religion. Les nouvelles Constitutions, adoptées en 1723, interdisent l’ingérence maçonnique dans la politique en déclarant sa détermination « contre toute politique comme ce qui n’a jamais encore conduit au bien-être de la Loge, et ne le fera jamais ». Cette position a été prise à la suite d’une tentative d’un Grand Maître, le Duc de Wharton, d’utiliser le pouvoir de l’Artisanat contre le souverain au pouvoir. Cependant, la réécriture de la position de la maçonnerie par rapport à Dieu et à la religion fut bien plus significative pour l’Artisanat. Dans cette réécriture, le christianisme a été rejeté comme seule religion de la maçonnerie. De l’avis de Gould, cette décision a été considérée par de nombreux maçons à cette époque de la même manière que nous considérons aujourd’hui l’absence de tout formulaire religieux dans la soi-disant maçonnerie du Grand Orient de France. Cette accusation fut la cause de décennies de discussions en Angleterre et l’une des principales causes de la grave scission survenue dans la maçonnerie dans ce pays dans les années 1750.

La Constitution d’Anderson et les accusations qu’elle contenait furent acceptées sans conteste aux États-Unis, le Craft se vantant toujours du fait qu’il s’abstenait de toute politique partisane et du fait qu’il respectait les préférences spirituelles de tous les hommes qui professaient une croyance en Dieu. . Il était donc facile pour les maçons, avant, à la Convention et après, de défendre la cause des droits de l’homme, en particulier ceux englobés dans les amendements à la Constitution, apposés après l’approbation de la Constitution proprement dite.

En conclusion, je voudrais observer que l’organisation de la Franc-Maçonnerie américaine, contrairement à ses ancêtres anglais, n’a jamais envisagé avec approbation l’unification de l’Artisanat en une Grande Loge nationale majeure. Sa structure de Grande Loge, formulée pour l’essentiel dans le dernier quart du XVIIIe siècle, était orientée vers l’État, et cette orientation prévaut encore aujourd’hui. Il est donc intéressant de noter que si les dirigeants de la franc-maçonnerie américaine tenaient et tiennent toujours au principe de la souveraineté de l’État en matière fraternelle, ils étaient disposés en 1787, et le sont depuis lors, à centraliser et à fédéraliser en matière politique. Peut-il y avoir une preuve plus révélatrice que nos frères maçons ont réussi à différencier leurs obligations et à hiérarchiser correctement leurs réponses ? En bref, il semble qu’ils « aient donné la priorité aux choses premières » à Philadelphie en 1787.