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Lieu symbolique : La Route de la Liberté en Comminges (31), un chemin de mémoire et de résistance

Au cœur du Comminges, dans le sud de la Haute-Garonne, une première Route de la Liberté a été inaugurée le 22 mars 2024.

Photo © Yonnel Ghernaouti YG

Une initiative portée par « Les Chemins de la Liberté par le Comminges et le Val d’Aran », une association locale qui a pour but de rechercher les évadés et les passeurs de la dernière guerre mondiale, de matérialiser et de baliser tous ces chemins utilisés par les évadés au travers des sommets luchonnais afin de les faire découvrir par nos contemporains et les générations futures. Tout ceci dans le devoir de mémoire.

Photo © Yonnel Ghernaouti YG

Ce tronçon de 30 kilomètres, suivant le tracé de la RN125 de Seilhan jusqu’à la frontière du Val d’Aran, retrace les pas des exilés ayant fui la guerre civile espagnole et la barbarie nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Cette Route de la Liberté est un symbole de résistance et d’espoir »

a souligné Jacques Simon, président de l’association, dans un entretien avec « Le Parisien ». « Elle rappelle le courage de ceux qui ont échappé à la tyrannie et à la barbarie pour trouver refuge en France. »

Un itinéraire chargé d’histoire

Initialement empruntée par les républicains espagnols fuyant le franquisme, cette route a ensuite servi de passage aux exilés cherchant à échapper au nazisme ou à rejoindre la France Libre. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, une zone interdite sous surveillance allemande a été instaurée le long des Pyrénées, contraignant les fugitifs à emprunter des chemins détournés, souvent guidés par des passeurs courageux.

Photo © Yonnel Ghernaouti YG

Une sculpture pour symboliser la liberté

Pour marquer cette liberté retrouvée, une sculpture monumentale représentant un oiseau de trois mètres d’envergure a été inaugurée à Seilhan. Réalisée par l’artiste local Philippe Balard, cette œuvre regarde vers les Pyrénées, symbolisant le parcours des exilés en quête de liberté.

Un projet mémoriel et collectif

Le projet, dont le coût total s’élève à 87 000 euros, a été financé par l’association, l’État, les collectivités locales et des fonds européens. Il témoigne de l’engagement des habitants du Comminges à préserver la mémoire de ces événements tragiques et à perpétuer les valeurs de résistance et d’espoir.

Photo © Yonnel Ghernaouti YG
Photo © Yonnel Ghernaouti YG

Une inauguration solennelle

Le 22 mars 2024, lors de l’inauguration au rond-point de Bazert à Seilhan, élus, anciens combattants, porte-drapeaux et jeunes élèves se sont réunis pour rendre hommage à ces héros anonymes. Les discours poignants, les chants de la Marseillaise et du Chant des Partisans, ainsi que la présence de la sculpture « Murmuration » de Philippe Balard, ont fait de cet événement un moment émouvant de mémoire et de civisme. Cette structure en spirale, composée de milliers d’oiseaux, honore les enfants, femmes et hommes ayant traversé les Pyrénées pour retrouver leur liberté.

Photo © Yonnel Ghernaouti YG
Photo © Yonnel Ghernaouti YG

Un engagement pour l’avenir

Cette Route de la Liberté, première en France, marque le début des commémorations du 80ème anniversaire de la Libération dans le département de la Haute-Garonne. Elle est un engagement à transmettre l’histoire de ces exilés aux générations futures, pour que jamais nous n’oublions les leçons du passé et continuions à célébrer les valeurs de liberté et de résistance.  

Photo © Yonnel Ghernaouti YG
Photo © Yonnel Ghernaouti YG

 La vidéo montre la sculpture « Murmuration » de Philippe Balard, inaugurée à Seilhan. Cette œuvre représente une spirale composée de milliers d’oiseaux en métal, symbolisant la liberté et l’espoir des exilés ayant traversé les Pyrénées pour fuir la guerre civile espagnole et le nazisme. Les oiseaux, en vol et en mouvement collectif, évoquent la solidarité et la résilience des personnes cherchant refuge. La sculpture, tournée vers les Pyrénées, rappelle le chemin de liberté emprunté par ces héros anonymes.

Inauguration de « La route de la liberté » RN 125 Seilhan – Pont du Roi – 22 mars 2024

Photo © Yonnel Ghernaouti YG
La Route de la Liberté en Comminges – Photo © Yonnel Ghernaouti YG
Marignac (Hte-Garonne) – Photo © Yonnel Ghernaouti YG
Marignac (Hte-Garonne), les chemins de la liberté – Photo © Yonnel Ghernaouti YG

Quid des Francs-maçons criminels de guerre, meurtriers de masses et génocidaires !

Du site allemand report24.newsPar Guido Grandt

Note de la Rédaction : Le site allemand REPORT 24 procède ici à un certain amalgame entre trois personnalités, membres de la franc-maçonnerie, qui, dans la première moitié du XXe siècle, ont exercé d’éminentes responsabilités dans des épisodes tragiques de l’Histoire humaine. Chemin faisant, l’intention qui préside à de tels rapprochements peut paraître douteuse or il suffira de lire l’article jusqu’à la fin, pour être complètement éclairé. En toute hypothèse, nous laissons chacun juge des conclusions à tirer de cet ensemble. Le site s’interroge : « Y a-t-il de bonnes raisons de se taire à ce sujet ? » Selon la règle que nous nous efforçons d’honorer : respect scrupuleux de la liberté d’opinion et d’expression, nous ne tairons pas non plus cette voix.

À titre complémentaire, nous croyons devoir signaler qu’à la suite d’une enquête journalistique, l’AFP a mis en garde, le 13 avril 2023, contre la diffusion par le site REPORT 24 de « messages trompeurs sur les recommandations de vaccination contre le Covid en Suisse« . C’est peut-être une indication d’un certain mode de traitement de l’information, qui va, au demeurant, avec le choix des auteurs…

Eh bien, justement, le positionnement de l’auteur est des plus édifiants : Guido  Grandt avait publié, en allemand, en 2007, un premier pamphlet intitulé : Schwarzbuch Freimaurerei: Geheimpolitik, Staatsterror, Politskandale  (Livre noir de la franc-maçonnerie : politique secrète, terreur d’État, scandales politiques). Une nouvelle édition est parue, en 2019, toujours en allemand, sous le même titre. L’ouvrage est découpé en une suite de chapitres très éloquents : • la magie et l’occultisme, • la société secrète des Illuminati, • la collaboration avec la mafia, • la politique active dans le monde entier, • les complots, les affaires politiques, le terrorisme d’État et les scandales, • le véritable secret qui remet en cause la démocratie parlementaire, • les meurtres rituels politiques, • les frères de loge déshonorants. Visiblement, des obsessions tenaces et sans doute lucratives…

Les francs-maçons proclament depuis toujours leur vision humaniste du monde dans une « union éthique d’individus libres ». Elle vise à conduire à la connaissance de soi et à un comportement plus humain. Mais parmi eux se trouvaient pourtant des frères de loge qui furent parfois des criminels de guerre, des génocidaires et des meurtriers de masses. Y a-t-il de bonnes raisons de se taire à ce sujet ?

Frère de loge Talaat Pascha – « Franc-maçon et meurtrier génocidaire »

Une question politique dont les Turcs et probablement de nombreux francs-maçons ne veulent en aucun cas parler et qui est devenue un obstacle à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne est le génocide des Arméniens chrétiens. Seules quelques personnes savent qu’un franc-maçon a réellement joué un rôle important. Il s’agit de Mehmed Talaat Pacha (1874-1921), qui se faisait appeler Talaat Bey et était l’un des francs-maçons turcs les plus influents, voire Grand Maître du Grand Orient de Turquie, fondé en 1909 . Pacha était un co-organisateur des soi-disant « Jeunes Turcs » qui ont renversé le sultan despotique au début du 20e siècle. En 1909, il est promu ministre de l’Intérieur, puis maître de poste. Jusqu’en 1918 – certains chroniqueurs parlent de 1917 – Pacha était Grand Vizir de Turquie, ce qui correspondait à la fonction de Premier ministre.

Après la défaite de la Première Guerre mondiale, les Arméniens qui vivaient dans cet État multiethnique ont été accusés par le gouvernement turc de soutenir la Russie, ennemie de guerre chrétienne, et de commettre ainsi une haute trahison. C’est la raison pour laquelle le franc-maçon Talaat Pacha a ordonné un « nettoyage ethnique » entre 1915 et 1917 et que son gouvernement successeur a de nouveau appelé à ce génocide entre 1919 et 1921. Les massacres cruels des Arméniens au cours de ces années ont fait entre 600 000 et 1,5 million de victimes, les estimations varient considérablement.

D’un côté, ce génocide est nié par les Turcs, mais de l’autre, il est présenté comme une « réaction justifiée aux « incursions » arméniennes ou comme une conséquence inévitable de la guerre ».

Mehmet Talaat Pacha

Aujourd’hui encore, de vives critiques émanent des rangs de la société secrète. Par exemple, le franc-maçon, journaliste, universitaire américain et politologue Tom Goeller a déclaré : « Le Grand Maître de la Grande Loge de Turquie de 1915 à 1917, Mehmet Talaat Pacha, était directement politiquement responsable du meurtre de centaines de milliers d’Arméniens. En outre, bon nombre des Jeunes Turcs au pouvoir étaient des francs-maçons. Ni le principe irréfutable de tolérance des francs-maçons, enseigné depuis toujours dans toutes les loges et à travers les siècles, ni leur aspiration à la démocratie ne les ont empêchés d’ordonner une telle injustice. Ce crime contre les droits de l’homme est unique dans l’histoire maçonnique.

Le franc-maçon Gazi Mustafa Kemal Atatürk (Loge Macédoine Risorta et Veritas n° 80 , Thessalonique), fondateur de la République de Turquie et de 1923 à 1938 premier président de la république moderne issue de l’Empire ottoman après la Première Guerre mondiale, également a donné le nom de « Jeunes Turcs » et a donc probablement rendu son frère de loge Talaat Pacha responsable du génocide des Arméniens. Devant le parlement turc en 1924, il qualifie cet acte d’« acte scandaleux ».

Il ne faut pas oublier qu’un mélange de peuples se réunissait dans les loges à cette époque. Outre les Turcs, il y avait aussi des Grecs, des Juifs, des Arabes, des Kurdes, des Albanais, des membres de colonies étrangères et bien sûr des Arméniens. C’est ainsi que le génocide devient aussi un « fratricide » maçonnique.

Talaat Pacha, exilé en Allemagne après avoir perdu la Première Guerre mondiale, n’a pas vécu assez longtemps pour entendre les discours et les critiques de son frère de loge Atatürk : trois ans plus tôt, en 1921, un étudiant arménien l’avait retrouvé à Berlin et l’avait assassiné.

Frère de loge Horatio Herbert Kitchener – « Francs-maçons et camps de concentration des Boers

Lord Horatio Herbert Kitchener (de Khartoum) (1850-1916), ministre anglais de la Guerre de 1914 à 1916, commanda une armée anglo-égyptienne en tant que maréchal en 1898. Durant son séjour en Égypte, il devient franc-maçon. Il était « Ancien Grand Surveillant » de la « Grande Loge d’Angleterre » et « Grand Maître de District » pour l’Égypte et le Soudan. Il fut également l’un des fondateurs du Drury Lane Lodge No. 2127 à Londres.

Lors de la bataille d’Omdurman, plus de 10 000 guerriers derviches ont été massacrés à coups de mitrailleuses et de balles dumdum. Le corps du Mahdi a été profané par décapitation. La rumeur courait que Kitchener envisageait même de transformer la tête du saint homme en encrier ou en abreuvoir ou, mieux encore, de l’envoyer au Royal College of Surgeons de Londres comme curiosité.

Lodge Brother Kitchener était également commandant en chef de la guerre dite des Boers (1899-1902) en Afrique du Sud. Les « Boers » (agriculteurs) étaient des immigrants d’origine néerlandaise. Il a poursuivi la stratégie de la « terre brûlée », au cours de laquelle 22 000 Britanniques et 12 000 combattants des troupes auxiliaires africaines sont morts au total.

L’ International Freemason Lexicon (p. 464) écrit de manière presque pathétique : « Kitchener s’est particulièrement distingué dans les campagnes coloniales, a vaincu le Mahdi lors de la bataille d’Omdurman et a mis fin à la guerre des Boers. »

Mais cela n’a pas été si simple, car Kitchener n’a pas réussi à détruire la guérilla boer malgré la supériorité de son armée, qui comptait environ 450 000 soldats. Il recourut donc à la « politique des camps de concentration » et fit créer des dizaines de camps de concentration.

Le 22 septembre 1900, le général de division JG Maxwell, gouverneur militaire de Pretoria, reçut l’ordre d’envoyer les femmes et les enfants d’origine boer dans un camp de concentration. Cela a été confirmé par le mémorandum britannique du 21 décembre. Légalisé en 1900. Le plan était que lorsque les femmes et les enfants boers seraient aux mains de l’ennemi, leurs maris et leurs pères pourraient être forcés le plus rapidement possible à se rendre.

En conséquence, les Britanniques créèrent plus de 40 camps de concentration (certaines sources parlent de 58), dans lesquels plus de 110 000 Boers furent internés. Plus précisément, environ 45 000 dans l’État libre d’Orange, 25 600 au Natal et 43 000 dans le Transvaal. La plupart des prisonniers étaient des enfants ; par exemple, il y avait 10 800 garçons et filles dans le camp de concentration de Natal. L’historien Ewald Steenkamp écrit : « Dans les chambres reposent des femmes, des enfants et des nourrissons, tous émaciés jusqu’au squelette et mortellement pâles à cause de la faim et de la maladie. Et il y a des mouches partout, porteuses de toutes sortes d’agents pathogènes. Les mouches pénètrent dans les narines des enfants plus petits et plus faibles et, peu de temps après, les vers sortent de leur nez. En plus des blessures physiques, la contrainte sexuelle s’est également produite, comme le montrent les témoignages de cette époque.

Le taux de mortalité a fortement augmenté en raison de la rougeole, de la fièvre, de la pneumonie et des œdèmes. Environ dix pour cent de la population boer est morte dans les camps de concentration anglais.

L’homme politique et historien contemporain Hans-Peter Schwarz dit dans son livre Le visage du siècle – Monstres, sauveurs et médiocrités : « Dans les camps de concentration qu’il (Kitchener, ndlr) a établis, périssent environ 20 000 familles. »

Seconde guerre des Boers – Camp de réfugiés de Bloemfontein

Kitchener, qui est vénéré par les francs-maçons, avec des loges à Bolton, Simla et au Caire portant même son nom, était certainement l’un des exemples les plus négatifs de l’histoire de la franc-maçonnerie. À cause de son travail, des milliers de personnes sont mortes dans les camps de concentration des Boers. Y compris de nombreux enfants. Le fait que les francs-maçons ne se soient pas encore distanciés de lui aujourd’hui contredit vraiment tout ce que nous disent les frères de loge sur l’humanité, la fraternité et l’égalité. En ce sens, Mason Kitchener, décédé sur le cuirassé Hampshire , qui a heurté une mine marine allemande au large des îles Orcades pendant la Première Guerre mondiale, n’était certainement pas un héros mais un criminel de guerre. En 1899, la Grande-Bretagne a également signé la Convention de La Haye, selon laquelle les attaques contre les civils étaient interdites. Cette approche contre les civils (femmes et enfants), à laquelle Kitchener a également eu recours, était donc contraire au droit international.

Frère de loge Harry Spencer Truman – « Franc-maçon et meurtrier de masses à la bombe atomique »

Un autre membre « déshonorant » de la Discrete Society était Harry Spencer Truman (1884-1972), le 33e président des États-Unis d’Amérique de 1945 à 1953. Il fut son adjoint jusqu’à la mort de son prédécesseur et frère de loge Franklin Delano Roosevelt (1882-1945).

Truman était un franc-maçon actif depuis 1909 et a été élu à  la Belton Lodge No. 450  prises à Grandview, Missouri. Deux ans plus tard, il fonda  Grandview Lodge No. avec d’autres frères. 618 , y fut le premier maître de la chaire. En 1940, il fut élu Grand Maître de la  Grande Loge du Missouri  et servit jusqu’en octobre 1941.

Portrait du président Harry S. Truman (vers 1947).

Cependant, le président américain Harry S. Truman a donné l’ordre de provoquer la plus grande catastrophe nucléaire délibérée que le monde ait connue à ce jour : le 6 août 1945, à 8 h 15, heure locale, le bombardier américain B-29  Enola Gay a lancé  le « For the Pour la première fois dans l’histoire du monde, une bombe atomique (version uranium-235 surnommée  Little Boy ) était larguée en temps de guerre. La population civile japonaise fut la principale victime ! Dans la ville côtière d’Hiroshima, entre 78 000 et 90 000 femmes, enfants et hommes sans défense ont été brûlés vifs à cause de la détonation de l’arme, qui avait une force explosive de 13 kilotonnes d’équivalent TNT. Cinquante mille autres personnes sont mortes du mal des radiations des années ou des décennies plus tard.

Les Américains ont alors appelé les Japonais à se rendre, sinon « le malheur pleuvrait de l’air », comme ils le menaçaient. Faute de réponse, un bombardier B-29 (le Bockscar) décolle le 9 août 1945 pour larguer la deuxième bombe atomique (version plutonium-239 surnommée  Fat Man ). Dans la ville côtière de Nagasaki, une bombe atomique à implosion dotée d’une force explosive de 20 kilotonnes de TNT a tué entre

25 000 et 36 000 civils. Environ 40 000 personnes sont mortes des suites des effets à long terme des radiations nucléaires. Finalement, le Japon capitula. Le test de l’effet des explosions nucléaires sur les grandes villes a été couronné de succès pour les Américains et pour Lodge Brother Truman.

Dans le  Lexique des politiciens franc-maçons,  ce crime de guerre, ce massacre de près d’un quart de million de civils – y compris ceux qui sont morts après les radiations – se lit simplement comme ceci : « (…) il (Truman/dA) (…) a mis fin à la guerre. contre le Japon en utilisant la bombe atomique… » Pas plus.

C’est un scandale que les francs-maçons maintiennent leurs valeurs à un niveau aussi élevé, même s’il y avait dans leurs rangs des génocidaires, des meurtriers de masses et des criminels de guerre. Il est urgent de prendre ses distances avec ces frères de loge louches et criminels !


SOURCES:

[1] Voir Eugen Lennhoff/Oskar Posner/Dieter A. Binder : « International Freemason Lexicon », Munich 2006 (5e édition révisée et mise à jour), pp. 828, 853ff. /Tom Goeller : « Francs-maçons – Clarifier un mythe », Berlin-Brandebourg 2006, pp. 102-104///https://www.freimaurer-wiki.de/index.php/Mustafa_Kemal_Atat%C3%BCrk

[2] Voir Alan Moorehead : « The White Nile », Londres 1973, p. 335/Hans-Peter Schwarz : « The Face of the Century – Monsters, Saviors and Mediocrities », Berlin 1998, pp. 132f., 461, 648. /Michael Grandt : « The Hitler Tribunal – Minutes of a Nuremberg Trial, Volume 1 : ‘Paths to Power’ », Munich/Londres/New York 2006, pp. 369, 370 et : Supplément au 1er volume, p. 142/Joël Kotek/Pierre Rigoulot : « Le siècle des camps. Captivité, travail forcé, extermination », Berlin/Munich 2001, pp. 59, 61, 62, 64/Oskar Hirntrager : « Histoire de l’Afrique du Sud », Munich 1952, p. 373/Ben Viljoen : « Les Transvaalers dans la guerre contre England », Munich, sans date, p. 228/SB Spies : « Methods of Barbarism ? », Cape Town 1978, p. 215/Ewald Steenkamp : « Helkampe », Pretoria 2001, p. 73f./Oorlogsmuseum van die Boere Republike (éd. .) : « Vroueleed », Bloemfontein 1993/JCOtto : « The Konsentrasie-Kampe », Johannesburg 1954, p. 170/Eugen Lennhoff/Oskar Posner/Dieter A. Binder : « International Freemason Lexicon », Munich 2006 (5e révision et mise à jour édition), p. 464

[3] Voir Robert A. Minder : « Freemason Politician Lexicon », Innsbruck 2004, pp. 261, 262/John Keegan : « The Second World War », Berlin 2004, p. 847/« Nuclear Weapon » dans : « Wikipédia, Freie Encyclopedia » ( http://de.wikipedia.org/wiki/Atom-Bombe (consulté : 08.08.07)/Winston Churchill : « The Second World War », Bern/Munich/Vienna 1998, p. 1092

Se convertir en tombant de cheval ?!

« Comme il était en chemin, et qu’il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui. Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il répondit : Qui es-tu Seigneur ? Et le Seigneur dit : je suis Jésus que tu persécutes. Il te serait dur de regimber contre les aiguillons. Tremblant et saisi d’effroi, il dit : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? Et le Seigneur lui dit : Lève-toi entre dans la ville et on te dira ce que tu dois faire » (Actes des Apôtres. 9, 3-8)

Ce très célèbre récit de la conversion de St. Paul se poursuit pour lui par un épisode de cécité qui illustre son aveuglement spirituel : « Saul se releva de terre, et, quoique ses yeux fussent ouverts, il ne voyait rien ; on le prit par la main, et on le conduisit à Damas. Il resta trois jours sans voir, et il ne mangea ni ne but » (9, 8-9). Il faudra attendre l’intervention d’un nommé Ananias, disciple, et son imposition des mains pour que Paul retrouve (ou trouve ?) la lumière. Récit qui ne peut qu’enchanter les Francs-Maçons qui y retrouvent la recherche de la lumière spirituelle à-travers l’aveuglement et qui la découvrent, à partir de l’extérieur, grâce à un « Deus ex Machina » ! Beaucoup de Maçons évoquent, par rapport à leur engagement maçonnique, l’idée d’une véritable conversion. C’est une idée intéressante qui mérite que nous nous y attardions quelques instants.

Il convient, avant de cerner l’expression « se convertir », de s’en rappeler la définition dans le judaïsme : conversion vient de l’hébreu « Techouva » qui veut-dire « retour ». Les Grecs emploieront un terme similaire ; « Metanoia », retour sur soi pour changer. Cela signifierait donc revenir à ses origines plus qu’à prendre une orientation qui serait, à priori, étrangère à soi. On ne change ni de religion ni de culture, on revient à ce qui constitue notre essence depuis toujours et qui fut perturbée par des environnements prédateurs. Se convertir, c’est retirer le voile du temple afin de contempler de ce qu’il en est de sa vérité, même si elle est en opposition avec ce qui constituait la trame de notre vie antérieure. En fait, la conversion est une permanence chez l’homme dans le sens d’une adaptation progressant avec l’histoire du sujet : l’enfant qui vit sous la protection et l’amour des parents dans le meilleur des cas, va faire inconsciemment son possible pour répondre à l’image que souhaite pour lui son entourage, même si cette demande ne lui convient pas et déclenche des colères plus ou moins refoulées suivies de culpabilité devant la prise de conscience de sa propre violence. Cette révolte nécessaire s’affirmera de plus en plus durant l’adolescence et prendra l’allure de tentatives diverses : politiques, intellectuelles, sentimentales, avec parfois des dérives plus ou moins dangereuses (alcool, drogues). Cette période ne prend pas forcément fin avec l’âge adulte : l’homme gère son adaptation permanente à sa vie sociale et sentimentale et est contraint à une conversion permanente, sous peine de sclérose. Le corps, lui-même, est objet de conversion permanente afin d’échapper à la maladie et « d’aller bien ». Mais, au-delà de ces conversions d’adaptation, existe-t-il une conversion spirituelle qui opérerait un bouleversement structurel en nous ?

I-SE CONVERTIR, AFFAIRE DE FOI OU ALIGNEMENT SUR SON DESIR ?

« Les anciens Grecs savaient que la vie a une face de nuit et une face de soleil et ils savaient que l’homme doit tenir les yeux fixés en même temps sur cette lumière et sur cette ténèbre afin de rester fidèle à sa condition. Et une civilisation se juge toujours à la façon dont elle a su surmonter cette contradiction dans une synthèse supérieure ».

 Albert Camus (« Sommes-nous des pessimistes ? ». 1946.)

La question première est de déterminer si peut exister une conscience sans la présence d’une foi structurelle et donc structurante momentanément ou de façon définitive, y compris, en niant par conviction l’existence de la foi dans l’athéisme ! Spinoza répond que non, car pour lui, le sceptique serait condamné à un silence intellectuel, une opacité totale de soi-même à soi-même, une sorte de torpeur végétative. Pour le philosophe, le sujet ne peut vivre que dans une tri-dimension : réel, symbolique, imaginaire. L’accès au réel, et donc à une action positive, passant d’abord par l’imaginaire et étant couronné par le symbolique, ce dernier étant le champ de la conversion par excellence, si besoin est, source de toute chaleur et de toute lumière. Mais, le seul fait de donner quelque publicité à un sentiment qui pourrait aller jusqu’à la dénonciation de l’absurdité du monde implique que l’on croit encore à quelque chose et plus particulièrement que l’on croit encore en soi et à la valeur de l’affirmation que l’on pose, même si cette affirmation relève du vide ou du néant ! Ainsi tout scepticisme qui s’exprime n’est scepticisme qu’en partie. Dès lors, la foi, pour les philosophes et les théologiens, serait chargée d’assurer la relève de l’intelligence dans certaines régions inconscientes du sujet, imperméables à l’intellect. Elle serait alors une sorte de moteur de remplacement, en cas de panne provisoire du symbolique !

La foi se présente sous un triple aspect : premièrement, la conscience « croit que » et sa foi se détermine par la matière de sa connaissance : c’est l’aspect « gnoséologique » de cette foi ; deuxièmement, la conscience « croit à », la foi qui s’affirme se détermine par référence à une valeur : c’est l’aspect « axiologique » de la foi ; troisièmement, la conscience « croit en », et sa foi s’appuie sur un être en qui elle place sa confiance : c’est l’aspect « ontologique » de la foi. C’est principalement dans ce volet ontologique que se constate la dynamique de la conversion. La valeur c’est donc ce à quoi l’on croit et la conversion s’opérera dans ce que nous pouvons appeler la « transfiguration des valeurs » si notre narcissisme est insatisfait de l’image renvoyée par notre miroir. Ce qui est vrai également pour la recherche intellectuelle : il n’est pas rare de voir des philosophies tout entières s’édifier sur l’élection de l’un des aspects que nous avons examiné précédemment, en en réduisant, ou en en faisant disparaître les deux autres. Par exemple, le positivisme d’Auguste Comte (1) n’admet que l’aspect gnoséologique positif de l’activité de la conscience. Mais le fait que dans le développement de sa philosophie Comte est obligé d’introduire la valeur Amour comme principe axiologique et la présence d’un « Grand Être de l’humanité » comme fondement ontologique ultime, nous montre la dialectique obligatoire du phénomène de la conversion. A titre personnel ou collectif existe une « foi native » qui fait que la direction du regard intellectuel et du mouvement complexe d’adhésion qui l’accompagne nous est donnée par notre environnement d’origine, mais pas forcément naturelle. Il n’existe pas de « religion naturelle », seulement des environnements naturels. C’est à Jean-Jacques Rousseau que nous devons cette confusion entre une orientation originelle de la conscience et un élan naturel qui puiserait dans la nature divinisée la garantie de sa rectitude. Dans « La profession de foi du Vicaire savoyard », Rousseau invoque « la sainte voix de la nature, plus forte que celle des dieux » et, assoiffé du paradis perdu, il croit que, sous les superstructures de la société existerait un fond non-corrompu de la nature humaine. Il écrit (2): « Il est au fond des âmes un principe inné de justice et de vertu, sur lequel, malgré nos propres maximes, nous jugeons nos actions et celles d’autrui comme bonnes ou mauvaises, et c’est à ce principe que je donne le nom de conscience… Conscience ! Conscience ! instinct divin, immortelle et céleste voix ; guide assuré d’un être ignorant et borné, intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal, qui rend l’homme semblable à Dieu, c’est toi qui fait l’excellence de sa nature et la moralité de ses actions ; sans toi je ne sens rien en moi qui m’élève au-dessus des bêtes, que le triste privilège de m’égarer d’erreurs en erreurs à l’aide d’un entendement sans règle et d’une raison sans principe ». Nous constatons que Rousseau a donné une importance capitale à l’imaginaire, au détriment du réel de la nature humaine et du symbolisme ontologique, là où il suppose que la nature humaine prolonge sans rupture la nature tout court ! Il vaut mieux évoquer Pascal, héritier en cela de Montaigne, en disant que nous ne savons plus où est la nature en nous et où est la coutume. Cette foi native va souvent être nommée « Esprit » et, en effet, le sujet peut entendre en lui des « révélations » où des « orientations » qui émanent plus d’un « inconscient collectif », pour reprendre Jung, que d’un Principe. Cela ne fait qu’accentuer en l’homme une dualité profonde, telle que l’on explorée les philosophes les plus lucides ou les spécialistes de la psychologie des profondeurs. Cette foi native est une foi qui s’ignore et c’est pourquoi elle va dogmatiser spontanément sans s’interroger sur sa propre valeur à elle. Elle peut être qualifiée comme un réalisme de l’extériorité qui tente de pallier ses insuffisances par un réalisme de l’immanence empirique. C’est ainsi que naissent les mythes ! Tant que la foi native subsiste comme idéalisation de la foi absolue, la conscience chemine de façon cyclothymique, d’illusion en désillusion et d’espoir en regret, projetant sa satisfaction imaginaire dans un avenir d’autant plus docile qu’il est plus lointain. Les réveils sont toujours difficiles tant pour les sociétés que pour les individus !

II- EN MOI LA GUERRE CIVILE FACE A LA CONVERSION.

« Une vie humaine c’est un hasard transformé en destin par un choix continu »

 Paul Ricoeur

Ignorer la question de la conversion, et donc du bouleversement personnel, passe par des stratégies dont la plus connue est le « divertissement » pascalien : fuir devant les problèmes majeurs de la condition humaine pour se livrer à une foule d’occupations mondaines qui accaparent l’attention et goûter ainsi une certaine griserie du mouvement pour lui-même. Mouvement considéré comme moral et éthique et le prolonger afin d’éviter l’angoisse d’une conversion à autre chose. La conversion est l’inversion de la diversion par une orientation de la conscience vers l’unité de la valeur et qui suscite au sein de la conscience une sorte de rédemption. Dans « De emendatione intellectus », Spinoza évoque cette course au « bonheur » qui n’est que l’absurde déploiement d’une volonté de puissance toujours vaincue et le camouflage hypocrite de la peur de se retrouver « seul au milieu du néant ». Tous les objets de la convoitise des hommes, nous dit Spinoza, ne sont que vanité et futilité, « Postquam experientia me docuit », « après que l’expérience m’eut enseigné ». Penser l’échec de la théâtralité humaine est déjà une victoire à condition que cette réflexion porte avec elle la promesse d’un avenir capable d’illuminer ultérieurement de la clarté spirituelle l’existence de celui qui aspire à la conversion. Mais cette dernière soulève le problème de sa propre disparition : « pourquoi changer, même si cela est fondamental pour moi, si la mort met un terme à toute évolution personnelle ? ». Pascal disait : « On mourra seul » pour faire ressortir que, par la mort, l’homme est remis en question dans son essence la plus profonde. Elle en est même l’ultime conversion. Comment échapper à cette pensée de la mort qui est une « dissolutio naturae », une dissolution de la nature ? Bergson, dans « Les deux sources de la morale et de la religion » (3), nous dit que pour échapper à ce pouvoir dissolvant, l’homme met souvent en place divers procédés qui relèvent souvent de la fonction fabulatrice pour compenser, par une imagination eschatologique, les méfaits de la pensée de la mort. Les conversions prennent souvent l’allure de la recherche de l’assurance d’une éternité à-travers religions ou philosophies qui exposent cette promesse en vitrine !

Faut-il encore que le souhait d’éternité ne fut point entaché par celle du péché et la conversion cherche aussi la garantie de l’effacement de ce dernier, soit par croyance à une prédestination, soit par l’assurance que la vie menée précédemment vaut bien le paradis pat les actions menées. N’empêche, comme nous le dit le psychiatre-psychanalyste Angelo Hesnard « L’univers morbide de la faute » (4) avec lequel nous sommes confrontés en permanence. Le judéo-christianisme, avec sa notion de péché originel a traduit, avec l’idée d’une faute inhérente, la condition même de l’homme. Saint-Augustin, par exemple, nous dit que « l’homme est tombé dans le monde et la rempli de ses débris » !

Bien entendu, la conversion intervient quand l’homme traverse en lui une zone d’obscurité et de malaise. Comme Platon, nous pouvons dire que l’homme est dans la recherche permanente de la lumière, même pour celui qui retourne à la pénombre de la caverne. Il reste que cette expérience de la conversion est toujours précaire, qu’elle ne va pas de soi, qu’elle est à chaque fois le fruit de la même ascèse et qu’il peut arriver assez souvent que l’angoisse du changement compromettre toute dynamique, parfois irrémédiablement. Entre ici en compte la distinction cartésienne entre l’indéfini et l’infini qui traduit parfaitement un changement de perspective : l’indéfini est ce qui n’est jamais achevé, c’est lui qui alimente les dialectiques du négatif, car c’est dans sa nature, ce qui n’est pas ; l’infini est ce qui est tellement parfait que l’on ne peut rien y ajouter, c’est le positif dans sa plénitude. Cela pourrait se traduire par l’image, ou le concept de Dieu. René Descartes disait : « J’ai premièrement en moi l’idée d’infini » après l’intuition du « cogito » et de l’idée de Dieu.

La conversion permet de séparer le « pathein », la passion, du « prattein », l’agir. en rattachant le premier au monde de l’aliénation et des désirs, le second au monde de la liberté et du devoir. Emmanuel Kant nous dit que la liberté est la « ratio essendi » du devoir en ce sens que la réalité de celui -ci est suspendue à l’existence de celle-là, tandis que le Devoir est la « ratio cognoscendi » de la liberté, en ce sens que celle-ci ne peut être saisie que dans son exercice effectif par sa présence dans celui-là. C’est donc, pour Kant, du Devoir qu’il faut partir pour remonter jusqu’à la liberté qui en est la source en passant par la responsabilité qui en traduit l’incarnation dans la conversion. Le bien que nous avons à faire ne se définirait que par le mal que nous avons fait. La conversion lutterait contre une perversion : le devoir n’est pas seulement une instauration de valeur, mais une rectification et pour ainsi-dire, une rédemption. C’est ainsi que la vraie responsabilité, loin d’exclure la connaissance, la réclame. Surtout la connaissance de soi à laquelle Socrate nous convie à travers ses dialogues, et dont le philosophe Léon Brunschvicg visait la formule dans sa maxime : « Viser le plus-haut en s’estimant au plus juste » (5). En fait faire passer la conversion sous les fourches du discernement.

III- LA CONVERSION EST-ELLE UNE REDEMPTION OU LA TRANSFIGURATION DES VALEURS ?

« Je ferai de mon corps la barque et de mon esprit le batelier et ma langue sera l’aviron ».

 Kabir (Au cabaret de l’amour)

Platon qui comparait la conversion à un passage de l’ombre à la lumière, évoquait une sorte d’éblouissement qui rend difficile la perception et la traduction du nouvel horizon qui s’offre à la vue de l’esprit. Cette transfiguration porte uniquement sur la valeur, c’est à dire sur cette relation du sujet à l’objet qui met en jeu la foi précédente et donc la conscience tout entière. Mais, la psychanalyse a soulevé un autre questionnement intéressant par rapport à la conversion : le désir de changer, de se convertir à autre chose, échoue assez souvent et il va être remplacé, dans le meilleur des cas, par la notion de « sublimation », comme un « Ersatz », un produit de remplacement, qui remplace partiellement ce qui était souhaité et donne au sujet un semblant de satisfaction. La sublimation ne serait-elle pas l’ « arrangement » avec une conversion non-réalisée et mériterait-elle le titre de conversion ? Les sublimations se retrouvent bien entendu en priorité dans l’art, la religion, la philosophie, la politique, le sport et sans doute aussi la Franc-Maçonnerie ! La psychanalyse pose ainsi le problème de la réussite de la conversion en pensant qu’elle échoue dans de nombreux cas et qu’elle est remplacée par une sublimation donnant un plaisir de substitution au sujet qui lui fait reléguer le projet d’origine sans en subir un sentiment d’échec. L’esprit ne serait que du vital sublimé : les activités spirituelles y font figure d’activités de jeu par rapport à l’enracinement profond des tendances originelles. Schopenhauer ira à présenter les valeurs spirituelles comme un non-consentement à l’absurdité du vouloir-vivre ! …

Comme l’a vu Montaigne, l’homme est un être ondoyant et divers, la mesure dont il se sert en jugeant de la valeur des choses étant ployable en tous sens. Pour s’en persuader, il suffit de s’examiner à titre personnel et de se rendre-compte du changement d’attitude intérieure qui préside à la transfiguration de nos valeurs. L’attitude spirituelle est celle d’une générosité désintéressée, alors que l’attitude empirique est essentiellement attentive à l’usage possible des choses et des hommes, des êtres et des circonstances, en fonction d’un succès spatio-temporel.

Certains philosophes et sociologues estiment que la conversion amenant à une vision religieuse des choses influerait sur un approfondissement des sciences, voire à leur naissance. Cette réflexion aventureuse est contestée par le moraliste G. Belot, qui écrit (6) : « La religion nous dit-on, engendre la science ? Mais c’est à condition que s’acquière l’indépendance de la recherche à l’égard de la tradition et du prestige de l’opinion commune ; à condition que soit instauré le recours direct à l’expérience, le souci de la preuve, le sentiment de la prééminence de la vérité sur tout intérêt pratique ». Nous pouvons en dire de même de l’art : la religion engendrerait l’art que, sous réserve, s’introduise la liberté des formes, la spontanéité créatrice, l’inspiration originale personnelle. En tant que sublimation elle-même, la religion peut difficilement en patronner une autre !

IV- SE CONVERTIR SERAIT-IL ALLER VERS UN IDEALISME MORAL ?

« Ascendamus etiam per vitia et passionnes nostra ». « Montons même par nos vices et nos passions »

 Saint Augustin (Sermon 3, Ascens.)

Ce n’est vraiment qu’à partir d’Emanuel Kant que va se poser sans équivoque la question d’un idéalisme moral et interroger le processus de conversion : si je me convertis, est-ce que j’agis en fonction de mon épanouissement personnel ou en fonction de l’impératif d’une morale qui ferait que je refoulerai ce qu’il en serait de mon vrai désir ? Existe-t-il, dans la conversion, un « impératif catégorique » ? Dans « la critique de la raison pure » Kant écrit (II, page 349) : « J’entends par idéalisme transcendantal de tous les phénomènes, la doctrine qui les regarde tous, non comme des choses en soi, mais comme de simples représentations, et d’après laquelle l’espace et le temps ne sont que des formes sensibles de notre intuition et non des déterminations données par elles-mêmes ou des conditions des objets considérés comme chose en soi ». La conversion serait donc un mouvement qui serait plus dirigé vers l’imaginaire du sujet que de la réalité objective de l’objet amenant, théoriquement, à cette conversion. Nous en revenons à Platon et à son idéal qui peut être considéré comme l’explication doctrinale de l’attitude éthique de Socrate, puisque nous savons que ce dernier n’a rien écrit, mais qu’il fut un philosophe en action, cherchant pour lui et ses contemporains une sagesse authentique qui serait « au-delà de l’être ». Nous sommes donc dans une doctrine à primat axiologique où la valeur domine à la fois l’être et le connaître. Et c’est bien cela qui constitue l’idéalisme moral qui est la foi de la conscience convertie. L’imaginaire Kantien doit déboucher sur le faire platonicien en matière de conversion, il n’est pas un état, mais un moyen de réalisation de ce nouvel état convoité.

Mais, se convertir doit tenir compte, en premier lieu, de l’extrême liaison des êtres entre-eux : l’autonomie du changement est très aléatoire sans l’autorisation du milieu. Dans la deuxième partie de l’ « Ethique », Spinoza évoque très clairement cette chaîne relationnelle avec le cosmos : la fleur est un individu, mais la plante qui la porte en est un aussi, et qu’ainsi, des parties au tout, on peut appeler l’individu la plus petite portion de matière aussi bien que l’ensemble de l’univers. Le réalisme des Stoïciens avait déjà abouti à ce panthéisme qui pose la question de savoir, quand on vise à une conversion, si l’on s’adresse à un objet qui serait d’une autre nature que nous, ou bien que nous ne faisons que dialoguer avec nous-même au terme d’une évolution intérieure ?

L’intellectualisme de l’idéalisme moral, c’est à dire celui de la conscience convertie, n’a rien à voir avec les concepts abstraits et généraux de toutes les scolastiques. Il s’inscrit dans la dialectique, une notion accessible à la simple réflexion, et la dualité des dialectiques substitue le problème de la situation de l’homme à celui de sa nature tout en maintenant le caractère irréductible des deux ordres de valeurs, à la charnière desquels se situe l’homme réel travaillé par les forces de sa foi native qui donnent lieu à une dialectique de dissolution ou par des forces de la foi nouvelle, conquise, qui alimentent la dialectique de promotion des valeurs. A ce compte, le « Maître des choses et des hommes » n’aurait plus qu’à sombrer dans une torpeur inconsciente devant l’immensité d’une possession d’où il aurait banni toute conscience, même de révolte ou de haine, mais dont il aurait tari la source de tout dialogue, c’est-à-dire l’aliment de toute pensée. Mais il ne convient pas de s’inquiéter : la question métaphysique continue à se poser à l’homme, même s’il la nie !

V- LA CONVERSION S’INSCRIT-ELLE OBLIGATOIREMENT DANS LE DOMAINE DU SPIRITUEL ?

« Car si cette communion des hommes entre eux, dans la reconnaissance mutuelle de leur chair et de leur dignité était la vérité, c’est cette communication même, c’est ce dialogue qu’il fallait servir »

 Albert Camus (Le temps des meurtriers. 1949.)

Héraclite, présocratique, nous proposait déjà : « Ce n’est pas moi, c’est le Logos qu’il est sage d’écouter », mettant ainsi le Verbe comme guide du sujet au lieu d’une « sagesse » philosophique toujours insatisfaisante. Mais, par là même, il soulevait un problème insoluble pour la conversion : le Logos est-il un Principe extérieur à moi ou n’est-il qu’une voix venant de mon propre inconscient ? Nous n’aurions plus alors qu’à laisser penser l’esprit en nous, et c’est une philosophie de l’ « automaton spirituale », réglée sur elle-même, que nous serions alors conduits, mais nous savons que la conversion ne va pas de soi et que la transfiguration des valeurs n’est pas la substitution d’un ordre à un autre, mais la transformation difficile de soi-même et de l’horizon objectif.

Chez le sujet, le changement ou la conversion viennent du fait qu’il faudrait réparer ce que nous avons déjà mal fait : reconquérir la bonne foi sur la mauvaise, sans qu’il soit possible de voir s’épuiser les ratages de la mauvaise foi, toujours renaissante avec la vie même. Nous pourrions avancer l’idée que la conversion prendrait racine dans la faute et que l’homme serait à la recherche permanente de ce qui le laverait de cette faute le mieux possible. Mais cette dimension de « pardon des péchés » ne peut passer qu’à travers l’autre : c’est par la compréhension réciproque que l’homme est véritablement homme. Le prophète Isaïe, dans le chapitre 53, prédit le délaissement de celui dont l’amour serait méconnu de tous, alors que la compréhension de l’autre est le moteur principal du sujet. Pourtant, il n’est pas chose facile de faire nôtres, par sympathie, toutes les passions, même les plus violentes ou perverses, tout en gardant la force de résister à la dislocation de notre conscience qui risque d’en résulter. Le philosophe Georges Bastide écrit (7) écrit : « La capacité d’une conscience est donc fonction de sa force d’âme, c’est à dire non pas de cette puissance empirique de possession des choses, mais de cette maîtrise de soi, de cette « seigneurie de soi-même », qui nous permet de résister victorieusement, sans nous clore, à la dispersions de nous-mêmes dans l’inconstance des passions ». En fait, grâce à la conversion acceptée sans angoisse, obtenir l’équilibre de notre conscience. Cela amène à l’abandon de la très pascalienne pensée du « Faites semblant de croire et bientôt vous croirez » : la conversion n’est pas un pari, elle est, à un moment donné, essentiel la vérité du sujet.

Bon, ce n’est pas tout ça, les vacances approchent et je viens de me décider à me convertir au farniente !

 NOTES

– (1) Comte Auguste : « Catéchisme positiviste » Paris. Ed. Garnier-Flammarion. 1966.

– (2) Rousseau Jean-Jacques : Emile. Livre IV.

– (3) : Bergson Henri : Les deux sources de la morale et de la religion. Paris. PUF. 1932.

– (4) Hesnard Angelo : L’univers morbide de la faute. Paris. PUF. 1949.

– (5) Brunschvicg : Agenda retrouvé. Paris. Ed. De Minuit. 1948. (Page 178).

– (6) Belot G : Une théorie nouvelle de la religion. Paris. Revue Philosophique. 1913. (Page 373).

– (7) Bastide Georges : La conversion spirituelle. Paris. PUF. 1956. (Page 97).

 BIBLIOGRAPHIE

– Alain : Spinoza. Paris. Editions Gallimard. 1949.

– Comte Auguste : Discours sur l’ensemble du positivisme. Paris. Le Monde de la Philosophie. Flammarion. 1998.

– De Cues Nicolas : La docte ignorance. Paris. Editions Garnier-Flammarion. 2013.

– Deleuze Gilles : Spinoza. Philosophie pratique. Paris. Les éditions de Minuit. 2003.

– Ficin Marcile : Lettres. Paris. Editions Vrin. 2010.

– Ficin Marsile : Quid sit lumen. Paris. Editions Allia. 2009.

– Laux Henri : Spinoza et le christianisme. Paris. PUF. 2022.

– Marrou Henri : Saint Augustin et l’augustinisme. Paris. Editions du Seuil. 1957.

– Milner Max : Poésie et vie mystique chez Jean de la Croix. Paris. Editions du Félin. 2010.

– Pascal Blaise : Oeuvres complètes. Paris. Editions du Seuil. 1963.

– Rousseau Jean-Jacques : Les Confessions. Paris. Editions Abridged. 2005.

– Saint Augustin : Les Confessions. Paris. Editions Flammarion. 1964. – Senault Jean-François : De l’usage des passions. Paris. Editions Fayard. 1987.

La belle épopée des luttes : Se battre pour conquérir des droits !

Dans cet ouvrage monumental On s’est battu·es pour les gagner – Histoire de la conquête des droits en France, Mathilde Larrère nous plonge au cœur de l’histoire des droits humains en France, une épopée captivante qui s’étend de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en 1789 jusqu’à la constitutionnalisation de l’IVG en 2024. À travers une série de chapitres détaillés et magnifiquement illustrés par Fred Sochard, Mathilde Larrère retrace les luttes acharnées et les sacrifices immenses qui ont jalonné la conquête des droits fondamentaux.

L’ouvrage commence par une mise en contexte historique détaillée, plongeant le lecteur dans le tumulte des révolutions et des réformes qui ont forgé la France moderne. Mathilde Larrère adopte une approche chronologique et thématique, découpant son récit en plusieurs sections essentielles qui traitent des droits naturels, politiques, sociaux, des travailleurs, des reproductifs, des sans-papiers et des LGBTQIA+. Rappelons que LGBTQIA+ signifie Lesbienne, Gay, Bisexuel, Transgenre, Queer ou en Questionnement, Intersexe, Asexuel et autres identités de genre et orientations sexuelles non incluses dans les catégories précédentes. C’est un terme inclusif pour représenter la diversité des identités de genre et des orientations sexuelles.

Le premier chapitre « Les Luttes pour les droits naturels » est une plongée dans les fondements mêmes de la société moderne, où Mathilde Larrère explore les concepts de liberté, égalité, et sûreté. Elle évoque la résistance à l’oppression, les droits à la propriété et à la liberté d’expression, des notions qui ont été âprement disputées depuis la fin du XVIIIe siècle.

Ensuite avec « Les Luttes pour les droits politiques », l’auteure détaille les combats pour le droit de vote, de s’associer, de se réunir et de manifester. Elle met en lumière les figures emblématiques et les anonymes qui ont porté ces luttes sur leurs épaules, démontrant ainsi l’importance de l’action collective.

Mathilde Larrère décrit avec « Les luttes pour les droits sociaux » les batailles pour le droit à la subsistance, au travail, à l’éducation et aux soins. Elle examine la sécurité sociale, le logement et la sécurité alimentaire, en soulignant les avancées et les reculs dans ces domaines.

Avec « Les luttes pour les droits des travailleurs et travailleuses », l’auteure aborde les droits de se syndiquer, de faire grève, et le droit à la retraite. Elle y raconte les grèves, les mouvements syndicaux et les revendications qui ont façonné le paysage social français.

Mathilde Larrère traite ensuite des droits à la contraception et à l’interruption volontaire de grossesse, mettant en exergue les débats sociétaux et politiques qui ont accompagné ces droits.

Le chapitre sur les luttes pour les droits des « Sans-Papiers », explore les droits d’asile, du sol, du sang, et les droits des personnes sans-papiers. Mathilde Larrère y raconte des histoires émouvantes de lutte pour la reconnaissance et l’intégration.

Enfin avec « Les Luttes pour les Droits LGBTQIA+ », l’auteure aborde les droits au respect de la vie privée et familiale, le droit au changement de genre et d’état civil, et la lutte contre les discriminations. Elle met en lumière les progrès réalisés et les obstacles persistants.

Mathilde Larrere en 2018

La biographie de l’auteure

Mathilde Larrère est une historienne et enseignante-chercheuse spécialisée dans les mouvements sociaux et les questions de citoyenneté en France au XIXe siècle. Elle enseigne à l’université Gustave-Eiffel et à l’Institut d’études politiques de Paris. Larrère est également membre du conseil d’administration du Fonds pour la presse libre. Parmi ses ouvrages précédents figurent Guns and Roses — Les objets des luttes féministes (2023), Rage against the machisme (2020), Il était une fois les révolutions (2019), et Des intrus en politiques — Femmes et minorités : dominations et résistances (2018).

Comme d’habitude, nous présentons l’éditeur

Les Éditions du Détour sont reconnues pour leur engagement à publier des œuvres qui éclairent les enjeux sociaux, politiques et historiques contemporains. Avec un catalogue varié d’essais et de récits historiques, l’éditeur se consacre à offrir une plateforme aux voix qui interrogent et défient les normes établies.

En conclusion, On s’est battu·es pour les gagner est un ouvrage essentiel pour comprendre l’évolution des droits en France. Mathilde Larrère offre un récit vivant et détaillé des luttes passées et présentes, soulignant le caractère collectif et continu de ces combats. Les illustrations de Fred Sochard, qui dessine également pour la presse et la jeunesse, enrichissent le texte en apportant une dimension visuelle puissante aux histoires racontées. Cet essai est non seulement une source précieuse pour les historiens et les militants, mais aussi une lecture inspirante pour quiconque s’intéresse aux droits humains et à la justice sociale.

On s’est battu·es pour les gagner – Histoire de la conquête des droits en France

Mathilde Larrère – Illustrations de Fred Sochard

éditions du Détour, 2024, 248 pages, 19,90 €

ISBN : 978-2-38532-056-0. Parution le 29 août 2024

Site de l’illustrateur Fred Sochard

Parcours permanent « Pierre-François Guillon et les compagnons charpentiers » Musée départemental du compagnonnage Romanèche-Thorins

Du site unidivers.fr

Parcours permanent « Pierre-François Guillon et les compagnons charpentiers » Musée départemental du compagnonnage Romanèche-Thorins, samedi 21 septembre 2024.

Parcours permanent « Pierre-François Guillon et les compagnons charpentiers » 21 et 22 septembre Musée départemental du compagnonnage

Dates et horaires de début et de fin (année – mois – jour – heure) :
Début : 2024-09-21T10:00:00+02:00 – 2024-09-21T18:00:00+02:00
Fin : 2024-09-22T10:00:00+02:00 – 2024-09-22T18:00:00+02:00

À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, admirez les nombreux chefs-d’œuvre des compagnons charpentiers en suivant le parcours « Pierre-François Guillon et les compagnons charpentiers » proposé par le musée départemental du Compagnonnage de Romanèche-Thorins. L’histoire du compagnonnage et de l’école de tracé de charpente fondée par Pierre-François Guillon, n’auront plus de secret pour vous.

Musée départemental du compagnonnage 98 rue Pierre-François Guillon, 71570 Romanèche-Thorins Romanèche-Thorins 71570 Saône-et-Loire Bourgogne-Franche-Comté 03 85 35 22 02 www.musee-comagnonnage71.fr

À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, admirez les nombreux chefs-d’œuvre des compagnons charpentiers en suivant le parcours « Pierre-François Guillon et les compagnons charpentiers ».

© Musée départemental du compagnonnage

Détails

Date :21 septembre 2024Catégories d’Évènement:Romanèche-ThorinsSaône-et-Loire

Lieu : Musée départemental du compagnonnage – Adresse : 98 rue Pierre-François Guillon, 71570 Romanèche-Thorins – Code postal 71570 – Ville Romanèche-Thorins – Departement : Saône-et-Loire – Musée départemental du compagnonnage Romanèche-Thorins

Les francs-maçons font un don de 5 000 £ pour aider les victimes de violences conjugales dans le Cheshire

De notre confrère inyourarea.co.uk

Un don des francs-maçons du Cheshire permettra à davantage de personnes victimes de violences conjugales de bénéficier d’un soutien. Cheshire Without Abuse (MyCWA) aide les victimes de violences conjugales du comté à échapper au cycle de la violence et à le briser.

L’association propose un service à l’ensemble de la famille, offrant un soutien aux adultes et aux enfants touchés par la violence domestique, ainsi que des interventions comportementales pour les auteurs de violences. « Le travail accompli par l’association est tout simplement remarquable », a déclaré Chris Renshaw, franc-maçon du Cheshire.

Il a remis le don de 5 000 £ au nom des membres locaux, pour soutenir le travail de MyCWA. Chris a ajouté : « C’était une leçon d’humilité de voir et d’entendre les travailleurs et les bénévoles expliquer comment ils veilleront à ce que le don ait un impact positif sur les survivants de violences conjugales et leurs familles, les aidant à continuer à fournir des ressources et un soutien essentiels pendant les périodes difficiles. »

Saskia Lightburn-Ritchie, directrice générale de MyCWA, a déclaré : « C’est grâce à des dons comme celui-ci que nous pouvons faire ce que nous faisons et c’était merveilleux de pouvoir montrer à Chris et à l’équipe certains des services que le don aidera à financer lorsqu’ils ont visité notre centre de soutien. Le soutien de la communauté locale est essentiel à notre travail et nous sommes reconnaissants de la compassion et de la volonté des francs-maçons du Cheshire de nous aider à aider ceux qui sont dans le besoin. »

MyCWA soutient les personnes et les familles touchées par la violence domestique dans le Cheshire depuis 1977. L’année dernière, l’association a aidé près de 4 000 adultes et enfants grâce à une gamme de services, notamment une ligne d’assistance téléphonique 24h/24 et 7j/7, un hébergement sûr, des services pour enfants, des programmes de rétablissement des survivants et des interventions pour changer le comportement. Pour plus d’informations, cliquez ici .

Femmes et Franc-maçonnerie

Personne aujourd’hui ne songerait à remettre en cause la participation des femmes à la Franc-maçonnerie, que ce soit au sein d’obédiences strictement féminines ou mixtes.

Pourtant, comme chacun le sait, c’est il y a 307 ans, en 1717, que fût créée à Londres la première Grande Loge. Et ce n’est qu’il y a 142 ans, le 14 janvier 1882, soit plus d’un siècle et demi plus tard, qu’une première femme fût reçue dans un ordre maçonnique, à la Loge « Les Libres Penseurs » du Pecq, petite ville à l’ouest de Paris, selon le même rituel que celui pratiqué lors des initiations masculines.

Encore faut-il savoir que son initiation provoqua un émoi si considérable dans la Maçonnerie française que la loge « Les libres penseurs » fut suspendue de son obédience la Grande Loge Symbolique Écossaise, pourtant d’orientation libertaire, jusqu’à ce que la femme en question, Maria Deraismes, s’éloigne des travaux de la loge.

Mais l’opiniâtreté de cette femme n’était pas la moindre de ses qualités : onze ans plus tard, le 4 avril 1893, Maria Deraismes avec l’aide du Docteur Georges Martin, qui avait appuyé son admission en Franc-Maçonnerie, créa, à Paris la première Loge Mixte, origine de ce qui deviendra l’Ordre maçonnique mixte et international du Droit Humain.

Dès le début, cette loge revendiquait pour tous, hommes et femmes, les mêmes droits, la justice sociale, l’éducation, et l’égalité des hommes et des femmes et promouvait une méthode symbolique de travail à la portée de tous et de toutes. La vocation universelle de cet ordre était également affirmée d’emblée.

Le Grand Orient de France n’est devenu mixte qu’en 2010, lorsque le Conseil de l’Ordre jugea opportun d’enregistrer le changement d’état civil d’Olivia Chaumont. Celle-ci, qui avait régulièrement initiée en tant qu’homme en 1992, devint ainsi après son changement officiel d’identité, la première femme transsexuelle institutionnellement reconnue.

Mais à ce jour, la Grande Loge de France demeure strictement masculine, comme la Grande Loge Nationale Française. L’argument mis en avant par les tenants du conservatisme est que l’initiation de femmes est exclue par les règles fondatrices de la franc-maçonnerie spéculative.

Le temps ne semble pas encore venu pour ces obédiences de reconnaître aux femmes les mêmes droits et les mêmes qualités qu’aux hommes.

Il faut dire que l’ostracisme vient de loin, d’une époque, le 18ème siècle, où nos mères, nos femmes, nos filles, ne pouvaient être ministres, pilotes de chasse, ou chirurgiens, pour ne prendre que quelques exemples. En France, l’incapacité des femmes n’a été supprimée qu’en 1938, l’ordonnance leur accordant le droit de vote et d’éligibilité date de 1944. Les femmes ont pu voter pour la première fois en avril 1945. On pourrait multiplier ainsi les évolutions marquant la transformation du statut des femmes dans la société. Mais du 18ème siècle au milieu du 20ème siècle, les femmes étaient reléguées dans un statut d’infériorité et de sujétion. 

C’était le temps du KKK, le fameux Kinder, Küche, Kirche de nos voisins allemands, qui représentent les valeurs dévolues aux femmes par des traditions venues du fonds des temps, les enfants, la cuisine et l’église, qui visaient à décrire le rôle de la femme dans la société et la famille. Elles devaient, selon cette définition, assurer l’éducation des enfants, cuisiner pour la famille et vivre selon les préceptes et la morale religieuse.

Il faut lire les écrits de Róbert Péter, chercheur et enseignant universitaire hongrois et britannique, dont les travaux sur la Franc-maçonnerie font aujourd’hui autorité.

Il a longuement étudié les débuts de la Franc-maçonnerie spéculative, au 18ème siècle, en se fondant sur de nombreux documents, complétant notamment ce que les écrits d’Alain Bernheim avaient permis de connaître.

Ainsi, dans l’Europe des Lumières, l’exclusion des femmes à l’égard de réunions sociales égalitaires en apparence, comme la franc-maçonnerie, fit naître des débats privés et publics passionnés dès le début du 18ème siècle.

Le paradoxe est que certains esprits des Lumières des deux sexes recommandaient l’implication des femmes dans les activités maçonniques, ce qui atteint son apogée dans la création de loges d’Adoption et/ou de loges féminines en Angleterre, sous George V. Mais la discussion d’idées aussi hérétiques a été évitée dans les loges anglaises traditionnelles.

L’idée d’égalité des Lumières a été vécue dans les loges maçonniques d’Adoption qui commencèrent à apparaître notamment en France dans les années 1740. Ces « loges de dames » sous tutelle masculine sont « souchées » sur une loge masculine qui en garantit la régularité et la direction. Elles furent reconnues officiellement par le Grand Orient de France en 1774, alors que leur première apparition en Grande-Bretagne n’est datée que du début du 20ème siècle.

Comment expliquer cet ostracisme ?

C’est en 1723 que sont publiées à Londres les premières Constitutions de la franc-maçonnerie. Bien entendu, au 18ème siècle, la création de sociétés basées sur des constitutions était l’œuvre d’hommes. Ainsi, la troisième « charge » exigeait que « les membres d’une loge soient des hommes de bien et loyaux, nés libres, d’âge mûr et circonspect, ni serfs, ni femmes, ni hommes sans moralité ou de conduite scandaleuse, mais de bonne réputation. »

On sait que bien que la franc-maçonnerie en tant qu’institution date du début du 18ème siècle, les Frères fondateurs voyaient leur origine dans le passé médiéval.
Et tout naturellement, le premier livre des Constitutions de 1723 se base intentionnellement sur les règlements en vigueur chez les maçons opératifs.

Se basant sur la tradition de ces derniers, et considérant que les sociétés européennes étaient dominées par les hommes, il semblait naturel de fermer les loges aux femmes.

Il n’est pas étonnant que la masculinité et la prétendue supériorité mâle de cette « secte masculine » aient été ridiculisées par les « profanes », c’est-à-dire les non-initiés. Le premier écrit de cette sorte date de 1724 et est intitulé La Sororité des Couturières libres, pièce satirique sur la franc-maçonnerie et les femmes qui fut rapidement suivie par d’autres pamphlets antimaçonniques, qui renforcèrent les préjugés envers la confrérie.

Bien entendu, en réponse à ces moqueries et aux écrits antimaçonniques qui attaquaient les loges, entre autres pour refuser les femmes, les francs-maçons durent justifier leur organisation exclusivement masculine. Ce thème fut récurrent dans les écrits maçonniques à partir des années 1720, le principal argument étant le risque de voir les secrets indûment révélés.

Naturellement, ce discours de puissance et de privilèges accordés aux hommes et ce culte de la femme vouée aux tâches ménagères ne fit que renforcer les stéréotypes sociaux.

Un certain capitaine George Smith, Grand Maître provincial du Kent, fournit l’explication la plus élaborée à l’exclusion des femmes dans son ouvrage The Use and Abuse of Free-Masonry, paru en 1783. Smith tente d’éradiquer les opinions enracinées, spécialement du « beau sexe » à propos de la franc-maçonnerie.

Il espérait que, si les femmes comprenaient correctement leur exclusion des loges, elles cesseraient de censurer les francs-maçons « avec toute la sévérité dont leur esprit délicat est capable ».

Il affirme que la raison de l’exclusion des femmes, selon certains Maçons, est que les femmes avaient toujours été considérées comme incapables de garder un secret. »

À cet effet, il fait référence à l’histoire biblique bien connue de Samson et Dalila, où la bien-aimée Dalila trompe Samson.

Toutefois, il trouve injuste d’exclure les femmes de nos sociétés à cause de la conduite de Dalila, car dit-il « aux temps les plus reculés de l’Antiquité, l’esprit des femmes n’était pas aussi éveillé que maintenant ; elles n’étaient, au temps du roi Salomon, considérées que comme servantes, et pas comme compagnes et associées des hommes actifs dans des sociétés aussi érudites, aussi utiles, aussi mystérieuses que la Maçonnerie, car il y a beaucoup de Travaux dans l’Art Royal qui dépassent de beaucoup les connaissances que les femmes acquièrent en général. »

Et George Smith ajoute : « Au début de la Maçonnerie, on pensait approprié d’exclure le beau sexe et, comme les anciennes coutumes ne sont que trop rarement abandonnées, l’exclusion des femmes nous a été transmise. Et comme nous sommes strictement respectueux des anciennes manières et coutumes, transmises par nos ancêtres, ce seront, j’espère, des raisons suivantes pour expliquer pourquoi la plus aimable partie de la création a été exclue jusqu’ici ».

Nous sommes incapables de retrouver ce que les membres de la confrérie disaient vraiment des femmes après leurs Tenues, mais on peut affirmer que les Maçons anglais accordaient beaucoup d’importance à la façon dont ils s’adressaient au « beau sexe » dans leurs discours publics et dans leurs écrits.

Bien que les allusions aux femmes manquent dans la plupart des rituels, d’autres écrits maçonniques y font référence et on observe que la plupart de ces textes parlaient respectueusement des femmes.

Les femmes étaient invitées à une série de fêtes maçonniques, au cours desquelles on leur adressait des discours spéciaux, dans lesquels les dirigeants de la Maçonnerie glorifiaient les principes de base de la confrérie, mais essayaient aussi de détruire les préjugés des nombreuses femmes présentes, sans qui, disaient-ils, aucun homme ne pouvait devenir un bon Maçon.

Dans un discours de 1789, un Grand Maître provincial décrivait les femmes comme « la plus belle partie de la création, sans qui la vie d’un homme ne vaudrait pas d’être vécue. ».

C’est sans doute au nom de tels principes que pour la bienfaisance et l’amélioration de leur image publique, les Maçons créèrent la Royal Cumberland School en 1788 pour l’éducation des filles de Maçons et désignèrent aussi une patronnesse pour la nouvelle école, la duchesse de Cumberland.

Il n’empêche que plusieurs esprits des Lumières, femmes et hommes, n’étaient pas satisfaits de ce degré d’implication des femmes dans les activités maçonniques à partir des années 1760. Ils trouvaient la contradiction entre l’exclusion des femmes et l’idéal d’égalité de plus en plus inacceptable.

Une première loge féminine fut créée en 1783, suivant l’exemple de ce qui se faisait en France. Mais comme l’écrivit un journal londonien, « une loge de franc-maçonnes est établie à Paris, qui diffère des sociétés et de leur propre sexe dans un détail : elles n’autorisent l’admission d’aucun homme dans leur loge. »

En fait, il semble bien que se créèrent en Angleterre diverses loges d’adoption, dont certaines n’eurent qu’une existence éphémère.

En France, les femmes ne durent pas attendre trop longtemps pour être admises officiellement dans les loges maçonniques, car vers les années 1740, la discrimination homme/femme avait commencé à s’effondrer, au moins dans les grandes villes et dans certains milieux. Au contraire de l’implication accidentelle de femmes dans la Maçonnerie anglaise, les loges françaises d’Adoption commencèrent formellement à admettre les femmes.

Mais ces loges d’Adoption étaient loin d’être égalitaires dans leur politique de recrutement, car elles initiaient la plupart du temps des femmes de rang social élevé.

Faut-il le rappeler, dans la pratique maçonnique traditionnelle, si le non-Maçon réussit à passer la porte du Temple, gardée par le Couvreur muni d’une épée pour s’assurer que seuls des membres puissent entrer, le sexe de tous les nouveaux membres est révélé symboliquement et physiquement en dénudant le sein gauche pendant la cérémonie d’initiation au premier degré.

Ainsi, le discours et la pratique de la franc-maçonnerie anglaise du 18ème siècle avaient tendance à exprimer clairement les valeurs de la culture dominante au siècle des Lumières.

Elles ne faisaient que renforcer les stéréotypes sociaux : la puissance masculine et le culte de la femme au foyer.

Les rituels maçonniques anglais traditionnels vantaient les mérites du système masculin d’ordre et de rationalité.

Il était donc évident que des Maçons spéculatifs modernes excluaient les femmes de leur confrérie.

Leur justification était basée sur les idées toute faites de l’époque, telle que l’incapacité des femmes à garder un secret. Tout cela ne faisait que renforcer les hiérarchies existantes.

Pourtant, si on considère l’évolution historique de l’idéologie maçonnique, il est clair que le discours maçonnique était rarement délibérément dirigé contre les femmes.

Les Maçons ont éprouvé de plus en plus de difficultés à défendre l’exclusion des femmes depuis la fondation de la confrérie.

Comme la plupart des clubs et des sociétés apparus au siècle des Lumières, les loges maçonniques traditionnelles ont cependant continué à confirmer la discrimination homme/femme dans la société anglaise du dix-huitième siècle.

Toutefois, sur le Continent, les réformateurs des Lumières réussirent à faire tomber ces barrières existant en Maçonnerie, dès les années 1740.

Nos premières Sœurs conformaient leur vie aux idées de liberté et d’égalité dans des loges mixtes ou surtout dans des loges exclusivement féminines, ce qu’on peut considérer comme les premiers pas du mouvement féministe, même si ces loges n’étaient pas exemptes de discrimination sociale.

En termes de discrimination homme/femme, la philosophie de la Maçonnerie anglaise, et plus globalement anglo-saxonne, n’a pas subi de changement significatif depuis sa naissance, ce qui souligne que des questions de sexe divisent encore très fort le monde maçonnique dont l’idéal serait d’être universel et égalitaire.

Nous n’oserions pas aujourd’hui refuser l’admission en loge d’un non-voyant, d’un porteur d’une prothèse de membre inférieur ou d’un quelconque autre handicap qui interdisait d’être reçu Maçon au 18ème siècle.

Il en sera sans aucun doute des obédiences maçonniques comme des lycées et des bâtiments de la Flote, du Parlement ou des postes universitaires. La Franc-maçonnerie saura-t-elle être inspiratrice de novation, ou deviendra-t-elle un conservatoire de la tradition ?

Dès lors, le conservatisme ou en tous cas le traditionalisme des obédiences continentales est sans aucun doute questionnable. La visite, ne serait-ce qu’une ou deux fois par an, de Sœurs dûment reconnues comme telles, serait peut-être une première étape sur le chemin qui nous tient encore éloignés de l’équité et de la fraternité dont tous pourtant se réclament.

« Les oubliettes des châteaux forts, un mythe à oublier ? » : Par Laurent Ridel

Du site decoder-eglises-chateaux.fr – Par Laurent Ridel

Il y a une dizaine d’années, je suis la visite guidée d’un château fort. Le guide s’arrête auprès d’une grille dans le sol : « Dessous, se trouvaient les oubliettes ». Et les visiteurs de se pencher pour essayer de juger la profondeur.

Devant cet exposé, je ricanais (intérieurement). Des oubliettes dans un château ! Encore un de ses mythes qui circulent sur l’obscur Moyen Âge. Cependant, aujourd’hui, je ricane moins. 

Au sens premier, les oubliettes sont des puits, des fosses dans lesquels on jetait certains prisonniers. Soit ils mouraient immédiatement en étant précipités au fond. Soit ils mourraient lentement par la faim. Dans tous les cas, les malheureux tombaient dans l’oubli. 

Ce type d’oubliettes est une invention du XIXe siècle, au temps où les romantiques aimaient frémir à l’idée d’un Moyen Âge lugubre. Viollet-le-Duc avertissait déjà les crédules : ces puits ne sont en fait que des latrines, des fosses d’aisance à usage de dépotoir. En les fouillant, l’architecte retrouvait en abondance des os de lapins, de lièvres, quelques pièces de monnaie, des tessons et des momies de chats. Mais pas de malheureux humains. 

Par contre, au sens général, les oubliettes désignent des cachots aménagés dans les salles basses des tours. Le prisonnier n’y voyait plus la lumière. C’est cette forme que désignait le guide cité plus haut. On y descend par un orifice. 

Je ricanais, car les spécialistes de châteaux savent que ces « oubliettes » ne sont que des espaces de stockage. Comme nos briques de lait, on y mettait, au frais et à l’abri de la lumière, des citernes d’eau, du grain et des vivres plus généralement.

C’était ce que je pensais jusqu’à ma visite du château de Coucy, le mois dernier. Mes connaissances ont depuis évolué. Dans la tour dite de l’avoine, un panneau précisait que le niveau inférieur servait probablement à stocker des céréales, puis fut transformé en cachot. Encore un délire de mauvais vulgarisateur ? Non, cet usage ne faisait pas de doute, car on y avait aménagé des latrines, élément superflu pour une simple salle de stockage. Parfois, on devine même des graffitis de prisonniers sur les murs. Donc, maintenant, je suis obligé de reconnaître la fonction potentielle des salles basses des châteaux comme oubliettes, plus exactement comme cachots. 

Désormais, la prochaine fois qu’un guide me signalera des oubliettes, je me ne moquerai pas et demanderai si des latrines confirment cette fonction. 

Au passage, les récents abonnés qui n’ont pas reçu leur guide des 20 châteaux à voir dans sa vie, vous l’aurez ici.

Vos questions
Jean-Luc : j’habite un village de l’Essonne et dans l’église Saint-Martin nous avons une statue inconnue, nous ne savons pas qui est représenté
Moi : On pourrait interpréter votre statue comme celle de sainte Agnès. Puisque son attribut est habituellement un agneau, par rapprochement phonétique (Agnès = Agneau).  Agnès est habituellement représentée en jeune femme antique (longue robe). Or, dans votre cas, elle est habillée en fille du peuple.  Donc, je corrige ma première impression et identifie plutôt sainte Germaine de Pibrac, une bergère du XVIe siècle. Elle tient dans sa main un bâton à crosse, qui lui sert à attraper la patte des brebis. Son culte se développe à partir de sa canonisation, tardive, au XIXe siècle. Époque qui me semble correspondre à la statue. Françoise : J’ai une question concernant une statue qui se trouve dans l’église du village. Statue en pierre d’un mètre environ dite Vierge de Montserrat datée 1603 : sur le bas du côté gauche, il est sculpté un petit lézard ou dragon. Pourquoi ? 
Moi : Cette Vierge se range dans la catégorie des Vierges au serpent malgré le fait que le reptile ressemble plutôt à un lézard. Marie foule le serpent. Parfois l’enfant Jésus s’y met aussi en enfonçant une lance ou une croix dans la gueule. Dans votre cas, il préfère scier en bon fils du charpentier Joseph. Le thème de la Vierge au serpent fait référence au péché originel au cours duquel Ève est tentée par un serpent à croquer le fruit défendu. On sait qu’en conséquence Dieu punit la femme et son compagnon Adam. On sait moins qu’il punit aussi le serpent : « Tu marcheras sur ton ventre […] et je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre sa postérité et ta postérité ; celle-ci te meurtrira la tête » (Genèse, 3 : 14).  Ce groupe sculpté illustre la punition divine. Contrairement à Ève, la Vierge ne se soumet pas au serpent, mais l’écrase. Elle rachète le péché originel.  En résumé, ce serpent symbolise l’esprit du mal. La floraison du thème aux XVIIe et XVIIIe siècles laisse penser qu’il représente aussi l’hérésie protestante. Jean-François : Lors d’une de mes dernières visites en Occitanie j’ai remarqué une statue dans l’église du village de Castelnou situé dans les Pyrénées-Orientales. Elle est censée représenter saint Isidore de Séville. Que pensez-vous de l’outil qu’il tient dans sa main droite, un émondoir, un pelou, un peloir de forestier, une canne de berger ? 
Moi : Vous me perdez avec ces noms d’outils. Un pelou, un émondoir et un peloir me sont aussi inconnus que le matériel utilisé pour jouer au cricket.  Malgré mon inculture, je conviens comme vous d’y voir un outil agricole. Saint légendaire espagnol, Isidore travaillait en effet comme paysan. J’aime beaucoup ses miracles : il fit jaillir une source avec sa bêche et un jour que son maître se plaignait qu’il passait trop de temps à prier au détriment du travail, le saint se fit remplacer au labourage par un ange.  D’ailleurs, dans sa main gauche, il tient probablement un fer de charrue (soc ou coutre).  Quant à sa main droite, j’y vois un curoir ou curon, c’est-à-dire un outil pour enlever la terre collée à la charrue. Oui mon érudition agricole peut surprendre, moi qui n’ai jamais poussé de ma vie une charrue (au mieux une tondeuse). Mais, il y a une dizaine d’années, j’ai récupéré un livre qui allait partir à la déchetterie. Écrit par Bernard Verwaerde, il portait sur les instruments de la vie rurale en Normandie. Je me disais bien qu’il allait me servir un jour. Merci de m’avoir donné l’occasion de le sortir de ma bibliothèque où il prenait la poussière. 
Décoder les images des églises
Si vous n’avez pas reconnu saint Isidore, la Vierge au serpent et sainte Germaine de Pibrac, c’est normal. Nous sommes face à des cas rares.  Par contre, il y a des saints ou des scènes beaucoup plus courants dans les églises, parmi les peintures, les sculptures et les vitraux. Par exemple, cette statue :
Ce n’est ni la Vierge, ni Marie-Madeleine. Vous n’identifiez pas la personne ? Il vous manque donc les bases du visiteur d’église. Pour vous aider, je vous propose mon guide « Décoder les images des églises ». J’y recense et explique les 120 images les plus courantes.  Comme je viens de le mettre à jour, il passe en promotion pendant 8 jours, jusqu’au 4 août. Par contre, les anciens acheteurs de ce guide bénéficient gratuitement de la mise à jour. Vous n’avez qu’à vous connecter à votre compte sur l’école des cathédrales.
Ce guide est plus qu’un guide. Car, au-delà de cataloguer les principaux saints, scènes et symboles du christianisme, il vous donne :Une méthode pour les identifier rapidement (c’est celle que j’utilise dans mes visites). Un entraînement à travers un cahier riche de plus de 200 images à deviner. Vous pouvez voir un aperçu du guide par là
A dimanche prochain
Laurent Ridel, le décodeur d’églises et de châteaux 
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João Darcy Ruggeri : 100 ans d’une vie dédiée à la culture, à la connaissance, à l’amour… et à la Franc-maçonnerie

De notre confrère brésilien

Il y a un siècle, João Darcy Ruggeri a tracé un chemin de grandes réalisations. Né à Rio Grande do Sul, l’ancien conseiller de l’União da Vitória et membre de l’Academia de Letras do Vale do Iguaçu (Alvi), s’est rendu pour la première fois à Vale do Iguaçu en 1947. Des années plus tard, il est retourné dans sa ville natale pour trouver Radio Hive. Au cours de sa vie, il a été témoin de grands moments dans les villes et a contribué à les façonner.

João Darcy Ruggeri s’est également tourné vers la spiritualité, que ce soit comme séminariste ou comme membre de la franc-maçonnerie, où il a atteint le rang de Grand Maître. Son dévouement aux études et à la culture est également mis en valeur dans la vie de ce centenaire.

João Darcy Riggeri lors du lancement du livre « Eux et moi ». Photo : collection personnelle

Pour célébrer l’anniversaire de João Darcy Ruggeri, le professeur Aluízio Witiuk l’a accueilli dans son programme d’interviews sur FM Verde Vale 94.1 pour une conversation sur la trajectoire de cette figure importante de Vale do Iguaçu. Comércio reproduit quelques extraits de la conversation sur ses pages, visibles en intégralité sur YouTube@PortalVvalenoticias.

Interview :

Aluizio Witiuk (AW) : Docteur João Darcy, parlez-nous un peu du début de votre vie.
João Darcy Ruggeri (JDR) : Ce garçon presque centenaire est né à Porto Alegre, Rio Grande do Sul, d’où je suis parti quand j’avais 11 ou 12 ans et je suis venu vivre à Santa Catarina avec mes parents. À l’âge de 12 ans, après avoir terminé mes études secondaires, je suis allé étudier dans un séminaire camillien, dans la vieille ville de São Luís, aujourd’hui Iomerê, Santa Catarina, près de la région de Videira. Six années m’ont donné une formation spirituelle et culturelle suffisante pour qu’après cela, je commence à mener ma vie vers un autre système. A cette époque le séminaire était fermé, nous restions au séminaire et si nous voulions voir nos parents, il fallait qu’ils viennent chez nous.

J’ai étudié dans le groupe scolaire Paula Gomes, situé à l’arrière du Palácio Piratini, à Porto Alegre. J’étais là avec mes enfants, nous étions là quand j’ai eu 80 ans et nous sommes allés rendre visite au groupe scolaire. Beaucoup d’émotions là-bas. Il y a une histoire. J’y vivais sur la Rua General Câmara, connue sous le nom de Rua da Ladeira car c’est une montée de la Rua da Praia vers le Palácio Piratini. J’ai commencé mes études dans ce groupe scolaire puis j’ai poursuivi au gymnase Aurora de Caçador. Après avoir terminé la deuxième année , je suis allé au séminaire que j’ai quitté au bout de six ans et je n’ai pas eu de formation complète, car les études au séminaire n’étaient pas reconnues par l’enseignement public. En 1954, avant de mourir, Getúlio, par décret, reconnut l’enseignement au séminaire comme une annexe de l’enseignement public.

En 1956, lorsque je suis retourné au séminaire, à ma grande surprise, il y avait une secrétaire. A mon époque, seules deux femmes venaient : la mère et la fille pour récupérer notre linge. Il n’y avait pas d’épouse, à l’exception des sœurs à la messe et de la maîtresse, mon éternelle et chère Maria Aparecida, qui était ma professeure de portugais au séminaire. C’était un ange. Il est donc décédé très tôt des suites d’une infection. Il n’y avait pas de pénicilline, ni d’antibiotiques à cette époque. Arrivé sur place, j’ai demandé : est-ce que le Père Directeur est là ? La secrétaire répondit : oui, monsieur. Elle ne m’a pas demandé qui j’étais, ce que je voulais, elle a juste appelé.

Le prêtre est arrivé, mesurant 2 mètres. Le Père Pascoal avait été mon élève de latin l’année précédente, car il y avait une pénurie, il n’y avait qu’un seul prêtre qui enseignait le latin, donc l’année précédente j’y ai travaillé comme professeur. Nous nous sommes embrassés. Nous y avons tous les deux pleuré. J’y suis resté une semaine, retirant mon statut et mes études pour reprendre mes études. Étonnamment, j’ai dû suivre un cours quelque peu scientifique, que j’ai suivi en tant que technicien en comptabilité. Ensuite, j’ai étudié l’économie, puis le droit. J’ai donc beaucoup étudié, lu beaucoup, j’aime beaucoup parler aussi, surtout.

AW : Pourquoi es-tu ici aujourd’hui ? Pour vos actions en tant qu’universitaire et en tant qu’être humain. Comment puis-je cacher une personne comme vous, une référence et un exemple, à travers les médias locaux ?
JDR : J’aime beaucoup parler d’amour aux gens. Je suis un homme parfait dans ma conception. Il n’y a aucune déviation à ma connaissance, ou pas, donc… je ne sais pas. L’amour est un sentiment, pas un acte. Ce n’est pas un moment, ce n’est pas une conséquence. Nous devons donc nous aimer parce que nous allons tous mourir. C’est la seule bonne chose au monde. Mais cela ne m’inquiète pas car je n’ai pas inventé la mort. Celui qui m’a donné la vie prend soin de ma vie. Je demande et je vous remercie, en espérant toujours continuer. Si ça ne marche pas, je le voulais, ce n’est pas ma faute. Mais nous devons semer l’amour pour récolter la paix, le bonheur et l’unité entre les hommes.

AW : Comment vais-je récolter l’amour, la paix et l’unité si je ne sème pas ? C’est cette parabole des talents. Le serviteur reçoit les talents, les multiplie et les donne à son maître. Celui qui n’a reçu qu’un seul talent l’a enterré. Malheureusement, le monde d’aujourd’hui regorge de personnes aux talents enfouis.
JDR : Mais c’est l’ambition. Je dois avoir une meilleure voiture que celle de mon ami. Je dois aller dans une meilleure station que la vôtre. J’ai ma maison, elle doit être meilleure que la tienne. J’ai donc une pensée qui dit ceci à propos de l’envie. L’envie ne sera une vertu que lorsqu’elle vaut la peine d’envier l’envié. Pour vos actions, pour vos bonnes habitudes, votre bon comportement, pour vos capacités, pour les bonnes personnes. L’envie est bonne, c’est la vertu.

AW : Votre histoire de vie est un exemple, c’est une référence pour ceux qui veulent vraiment construire un monde meilleur. Comment a commencé votre vie professionnelle ? Aujourd’hui, vous êtes une personne qui se démarque dans la franc-maçonnerie, vous avez été Grand Maître ici à Paraná, mais aussi, d’un autre côté, vous avez réalisé des actions merveilleuses à União da Vitória et à Porto União et dans la région.
JDR : Quand j’ai quitté le séminaire, j’ai eu une vie très difficile, parce que les études au séminaire, comme je l’ai dit, n’étaient pas reconnues. Alors mon défunt père m’a aidé et j’ai appris à conduire un camion et je me suis débrouillé. Je suis devenu chauffeur routier représentant une brasserie. J’étais représentant et chauffeur. J’ai transporté des marchandises jusqu’au Rio Grande do Sul. Ce sont des expériences qui m’ont été très précieuses. Ensuite, j’ai participé à une entreprise de transport qui s’est rendue à São Paulo, Rio de Janeiro et Porto Alegre avec des camions de fret.

Cela a duré très peu de temps parce que j’ai été interviewé par une station de radio et le propriétaire de la radio aimait ma voix, il voulait que je fasse les informations à la radio et j’ai accepté.

Ensuite, je suis allé à Pato Branco pour diffuser un match de football, parce que j’étais plutôt bon en football. J’ai donc voyagé en camion dans cette région et j’ai eu un match. Un classique local qui était Palmeiras contre l’Internacional local. Il y avait deux familles qui dirigeaient les équipes. La personne qui conduisait [le camion] était Ivo Tomazoni, qui devint plus tard un guerrier du sud-ouest, un homme courageux, mon ami. Il devient président de l’Assemblée législative. Toujours actif. À un moment donné, il m’a dit : João, j’ai besoin de me reposer un peu, tu peux me le dire ? Et j’ai attrapé le microphone et j’ai commencé à transmettre. Je connaissais tout le monde parce que je jouais avec eux là-bas. À son retour, après le match, un citoyen s’est approché de moi et m’a dit : j’ai aimé ta voix, ton travail. J’ai deux concessions pour Paraná, pour la radio, j’aimerais que vous formiez un partenariat avec moi. J’ai dit : j’en ai un pour Santa Catarina. (…) Nous nous sommes mis d’accord pour parler en janvier. Nous avons fixé une réunion.

Le 15 janvier, je suis venu à Porto União et nous nous sommes rencontrés. En parlant, j’ai choisi Porto União pour la concession Santa Catarina, c’était mon choix. (…) Nous nous sommes mis d’accord, nous avons formé un partenariat et le 15 janvier 1956, je me suis installé à l’hôtel Iguaçu et j’ai entamé des négociations pour fonder la radio Colmeia.

J’ai reçu beaucoup d’aide du docteur Lauro Müller Soares, qui était maire. Il nous a fourni un terrain dans le quartier de São Pedro et a fait construire par la mairie la maison pour le dispositif émetteur. J’ai dû installer [la radio] et ils m’ont dit qu’il y avait un bâtiment nouvellement construit à Siqueira Campos et que le propriétaire habitait à Ponta Grossa. Je l’ai appelé et il est venu et nous avons déjà signé un contrat. J’ai occupé le premier et le deuxième étage, et j’ai même vécu au troisième pendant un certain temps. Nous nous y installons, créons un auditorium et, le 6 août 1956, nous ouvrons la radio de Cine Luz, qui appartenait à la famille Petry. C’était une fête apothéotique et merveilleuse. J’ai ramené deux sets de Rio de Janeiro. C’était le Trio Irakitan et le Trio Margot, qui connaissaient à l’époque un succès mondial, ils étaient fantastiques.

C’est ainsi qu’est née Rádio Colmeia. Je grimpais sur des poteaux pour passer des appels. J’avais une mallette avec laquelle je transmettais la messe depuis l’église, passais des appels téléphoniques. Lors de l’inauguration du moulin, Souza Naves était là, il était sénateur et je suis allé enregistrer l’émission. Nous diffusons le football depuis les terrains.

AW : La radio, au moment où vous avez créé cette station pour Porto União, était très importante.
JDR : Pendant la phase expérimentale, nous avons reçu des informations de l’Uruguay et de l’Argentine qui étaient entendues à la radio, nous avons répété l’information. En 1958, le Brésil fut pour la première fois champion du monde. (…) En août et octobre, j’ai diffusé directement depuis Maracanã sur ondes courtes prb2 en chaîne avec notre Radio Brésil et Argentine et aussi Brésil et Portugal dans la présentation de l’équipe du Brésil avec Pelé, Garrincha, Vavá. (…) Je me fais un devoir de raconter ces histoires pour que les gens sachent [et ne pensent pas] non, mais il est venu ici, a fondé la radio, a parlé, a gagné de l’argent et est parti. Non, nous travaillons.

AW : Mon cher Dr João Darcy. Nous avons besoin d’en savoir un peu plus sur la fraternité grâce à vous. Vous avez été Grand Maître dans plusieurs unités. Vous avez représenté la fraternité partout dans notre Brésil, restructurant, redémarrant, valorisant grâce à vos connaissances. J’aimerais que vous parliez un peu de cette trajectoire.
JDR : Je peux dire que j’ai été nommé par un ancien prêtre de l’Église catholique, le professeur Guilherme Guimbala. C’était mon professeur de droit. Lui, je ne sais pas pourquoi, il m’a choisi. Mais j’ai été choisi. À l’époque, si je ne me trompe pas, j’étais directeur de l’Institut des retraites de l’État du Paraná. J’ai été initié le 7 octobre 1957. Au moment du passage aux cérémonies pertinentes, aujourd’hui très différentes, à cette époque terribles. Nous traversions des épreuves très inquiétantes car nous étions totalement naïfs sur la question. Ces moments ne sont pas restés dans ma mémoire, mais au moment où ils m’ont ouvert les yeux et m’ont dit : que la lumière soit, j’ai ressenti, spirituellement, une transformation.

La franc-maçonnerie a connu des périodes très difficiles à l’époque où il était interdit à la famille de savoir que son mari, son fils ou son frère était franc-maçon, car c’était un secret absolu. C’était une réserve totale, fermée. Je ne pouvais pas parler parce que la société ne nous comprenait pas. Ils ont même dit que la franc-maçonnerie avait un lien avec des entités autres que Dieu, et ce n’est pas vrai. Quiconque ne croit pas, ne serait-ce qu’à son Dieu, doit croire en l’existence d’un être supérieur qui régit notre existence ici. Sans cela, vous ne serez pas franc-maçon. Et deuxièmement, si votre famille n’est pas d’accord, elle ne le sera pas non plus.

(…) Il y a eu un changement radical. Aujourd’hui, nous avons rencontré des familles. C’est une institution que je considère toujours comme sublime, car elle nous oblige à faire le bien et la main qui donne, l’autre ne voit pas. Alors nous faisons le bien et ne répétons pas « je l’ai fait, j’en ai fait don ». Non, c’est l’institution qui a fait le don. Lors du lancement de mes livres, j’ai fait don de 500 livres à la Fraternité Féminine. Ce qui a été lancé, ils l’enverront à toutes les loges qui sont plus de 150 dans l’État, mais ils l’enverront aux autres pour les collectes, pour aller dans les quartiers les plus malades, aux hôpitaux, aux maisons de retraite, aux refuges pour le distribuer et faire le bien. C’est une institution philosophique et philanthropique et start-up.

[Pour entrer] il y a un parrain indiqué . Il passe par un processus d’étude et de sélection. Aujourd’hui, c’est plus ou moins le cas parce que c’est plus ouvert sur la communauté, mais quand j’ai été présenté, j’ai dû raconter une histoire de 20 ans.

En tant qu’avocat, j’ai été appelé à beaucoup travailler. J’ai donc été juge dans nos pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Et j’ai participé au système judiciaire. Il y avait donc une pénurie d’avocats à cette époque. J’ai été juge à la Cour de Justice et j’ai présidé le Tribunal Electoral. J’en suis arrivé au point, même pendant la direction du grand maître national de l’époque, Francisco Moreira Pinto, qui nous manquait tant, j’étais procureur général de la franc-maçonnerie au Brésil. Cela équivaut à être procureur de la République dans le monde extérieur à la franc-maçonnerie. J’y suis allé pendant six ans. Pendant environ six mois, j’ai été procureur adjoint de la région Sud, après avoir été Grand Maître de 1991 à 1995.

En 1995, il m’a nommé procureur adjoint, et en 1996 procureur général jusqu’en 2001. (…) J’ai donc toujours rendu service, dans mon obligation de Grand Maître. Je vis aujourd’hui en tant que Grand Maître honoraire du Paraná et du Brésil. Et j’ai mon histoire au sein de l’institution. Je n’ai rien fait au-delà de mon obligation. Et je continue. Ce que j’ai fait au lancement de mon livre, par exemple, je l’ai trouvé très peu. Je n’avais rien d’autre à donner, j’ai donné des livres. Je ne sais pas si ça plaira à tout le monde.

AW : Vous avez parlé de quelque chose de très important, vous avez parlé d’amour. C’est fantastique.
JDR : La base structurelle de la Franc-maçonnerie est la Fraternité. Aujourd’hui, je fais partie du Conseil fédéral. J’ai déjà démissionné deux fois, ils l’ont refusé , je pense qu’ils attendent que j’aie 100 ans. Mais nous avons eu une réunion en ligne et j’ai dit à mes nobles pairs que l’histoire du passé est le fondement de la franc-maçonnerie d’aujourd’hui, et qu’il en sera ainsi pour toujours. L’histoire que le frère, mon ami et confrère, nous tous ici, construisons maintenant, sert de base à d’autres qui nous suivront. Il est donc important pour nous de réfléchir et c’est ce que la franc-maçonnerie nous apprend beaucoup : le détachement de la matière, la conviction de la vie d’après nous apprend à faire le bien, et la certitude que nous sommes ici en prêt, que nous sommes les instruments de quelque chose pour certaines raisons ou pour une raison quelconque.

Il y a ceux qui viennent pour de bon. Il y a ceux qui n’acceptent pas l’opportunité du bien et se livrent à la lâcheté, au mal et à la violence, comme nous le vivons aujourd’hui dans le pays. Cela ne sert à rien d’avoir une culture et de l’utiliser pour faire le mal. Parce que ces gens ne sont pas conscients que chaque plaisir a son moment fini, chaque plaisir a un sentiment fini. Cela se termine quand la conscience commence à se resserrer ou quand il n’y a plus de plaisir. Quand on fait le bien, on a une satisfaction qui dure. Faire le mal pèse sur la conscience.

Par exemple, je suis catholique. Lorsque j’ai été admis à l’hôpital en juin de l’année dernière, le Père s’y est rendu et je me suis confessé et j’ai communié. Mais la franc-maçonnerie est une institution. Elle prône le respect des institutions, la liberté, l’égalité et la fraternité. C’est le trinôme qui guide toutes nos activités.

AW : Concernant votre mandat de conseiller à l’União da Vitória, il y a un monument municipal dans le cimetière dont j’aimerais que vous parliez.
JDR : Je marche vers Manoel Ribas, je me dirige vers mon bureau et l’Expedicionario Sebastião, tranquillement, m’appelle : conseiller, conseiller, savez-vous que je suis expéditionnaire ? J’ai répondu que je le savais, que je l’avais vu défiler le 7 septembre. Il continua : mais savez-vous que si je meurs, je n’ai nulle part où être enterré ? Parce qu’à cette époque-là, ils se passaient du pain et de l’eau. J’ai dit : ne t’inquiète pas, ça va arriver. En arrivant au bureau, j’ai rédigé un projet de loi créant le mausolée expéditionnaire. Il est né là-bas. Le soir, j’ai obtenu les signatures de tous les conseillers. Tout le monde était d’accord, cet esprit était général, j’en partage tous les mérites avec les édiles de l’époque. Et Farid Guedes a commencé la construction et n’a pas pu la terminer. Celui qui l’a terminé a été Tancredo, qui a remplacé Farid à la mairie.

AW : Parlons maintenant de votre livre, « Eux et moi ».
JDR : Je voyageais en service en tant que Grand Maître et lors d’autres réunions de travail, j’étais aussi président des Lions, de temps en temps je faisais des discours. [Ma femme] Iracema m’a dit un jour : tu dis si bien certaines choses, pourquoi ne pas les enregistrer et en faire un livre ? Depuis, je porte un stylo et quand l’inspiration vient, j’écris. Alors, j’écris, ils m’envoient. D’où « Eux et Moi ». J’ai dit lors du lancement que je suis catholique, baptisé et confirmé. Je crois au sein de l’Église catholique. Ma patronne Sainte Terezinha depuis que je suis enfant, avec mes parents qui ont commencé à m’initier à la religion. Notre-Dame, j’ai ici le chapelet que je prie toujours avant de me coucher. Mais je considère le spiritualisme comme une science. Une science que Dieu nous a donnée. Que vous puissiez avoir des sensibilités pour avoir des contacts spirituels ou une protection spirituelle divine à travers lui. C’est pour ça que je l’ai mis là. Je sais qui je suis. Je les remercie simplement. Je ne sais pas, mais je veux être avec eux, et qu’ils soient avec moi.

(…) Si nous avons une âme, notre vie est notre âme, nous devons croire que certains d’entre nous peuvent avoir la liberté de venir nous guider et nous aider, parce que vous demandez la protection de l’ange gardien, le Saint-Esprit. (…) Donc, je vois que ce moment ici est un moment culturel, mais profondément lié au spirituel parce que nous construisons le bien, essayons de construire le bien, informons le bien, informons la vérité et appelons les gens à faire le bien.

J’ai environ, entre proverbes, aphorismes et appels à la Patrie, à la République, pratiquement 16 000 ou 17 000 textes. (…) Je me concentre, j’écris. J’ai du papier à la tête du lit. Quand cela me vient à l’esprit, je dois écrire parce que si je ne l’écris pas tout de suite, cela disparaîtra. C ‘est impressionnant.

Et ce « Eux et moi » éveille vraiment en nous le sentiment d’amour. Nous devons diffuser le sentiment d’amour. (…) Il n’y a pas d’amour pour la voiture, il y a une empathie entre vous et une voiture, un sentiment de joie, de satisfaction totale. Vous n’aimez pas un sujet. Il faut aimer la vie, aimer les sentiments, aimer la joie, aimer la douleur. Ne pas aimer la passion. La passion est un faux amour. Nous devons vivre l’amour, l’amour filial, l’amour maternel, l’amour familial, l’amour des frères, l’amour pour ceux qui souffrent, même ceux qui sont ignorants, ceux qui nous ignorent, qui ne nous aiment pas, parce que ce sont des pauvres, parce qu’ils ne nous aiment pas.Je ne sais pas pourquoi.

(…) Mais c’est le sentiment que j’aimerais avoir de meilleures expressions pour dire à quel point l’amour vous rend heureux. Comme c’est agréable pour toi d’aimer, tu peux dire à Witiuk je t’aime et je suis un homme parfait. Dites la même chose à chacun d’entre vous aujourd’hui avec tout le respect que je vous dois. « Ah, mais je suis marié. » Je dis que je t’aime à ton mari aussi. Nous devons répandre l’amour pour éviter la violence, éviter la guerre, la trahison. Car celui qui aime ne trahit pas, celui qui aime ne diffame pas, celui qui aime ne vole pas, celui qui aime ne tue pas. « Ah, il a tué par amour. » Mensonge. Il a tué par jalousie, par amour-propre. Une bête d’amour-propre. Il pensait avoir été trahi ou présumé trahi et tué. Alors non. L’amour est le sentiment qu’il faut aimer ce que l’on est. Commencez par vous aimer.

(…) Parfois je passe devant le miroir et je me regarde. Peut-être vouloir vérifier et vérifier mon âme. Alors je continue de penser à qui je suis, pourquoi je suis, où je vais. D’où les pensées « Eux et Moi ». Ils ne me quittent jamais parce que j’ai besoin de toi.

AW : Quel immense plaisir, quelle joie d’être ici et de récolter des paroles qui sont des fruits merveilleux et qui ajoutent à ma vie et à celle de ceux qui nous accompagnent. Nous devons socialiser les bonnes choses afin qu’elles ne soient pas ostracisées.
JDR : Un appel qu’il faut lancer, et c’est le moment opportun pour le faire. Abattons les clôtures, les murs, les barrières. Je reviens encore à l’époque où l’on demandait à sa voisine si elle avait une tasse de sucre à prêter, voire du café, chimarrão entre voisins. Créer un environnement de fraternité pour reconstruire le bonheur qui manque à de nombreuses personnes dans ce pays. C’est l’amour. Pour reconstruire un moment de paix, de bonheur et d’unité, sachant que demain ou le lendemain nous partirons d’ici. Alors laissons notre photo avec un mur pour elle. Le jour viendra où nous serons une photo, nous laisserons un mur à cette photo, construisant le bien, le bonheur et l’amour.

Tarot : Les secrets ancestraux de la divination dévoilés

Les structures du Tarot de Charles Imbert est un ouvrage de référence venant combler un vide dans le domaine des études sur le Tarot. Il fournit une analyse approfondie et inédite des mécanismes de la divination, du symbolisme, et de l’historique des cartes de Tarot.

L’ouvrage se divise en quatre parties principales, chacune explorant un aspect distinct du Tarot : la structure littérale, la structure morale, la structure allégorique, et la structure mystique.

La première partie, « La Structure littérale », se penche sur les fondations visuelles et numérologiques du Tarot. Charles Imbert discute de la permanence des modèles et des correspondances symboliques, en insistant sur l’importance des structures visuelles et numérologiques dans la compréhension des cartes. Les chapitres tels que « La permanence du Modèle » et « Les correspondances en miroir sur l’horizon » sont particulièrement révélateurs, offrant une exploration des bases du Tarot à travers une analyse détaillée des symboles et de leur signification.

L’ouvrage comprenant vingt-sept chapitres, nous prenons parti d’en explorer deux.

Dans le deuxième « La permanence du Modèle », Charles Imbert explore l’idée que le Tarot repose sur des modèles immuables et intemporels. Il s’agit de comprendre comment ces modèles persistent à travers les âges et les cultures, offrant une continuité et une stabilité qui transcendent les variations historiques et géographiques.

Il commence par définir ce qu’il entend par « modèle » dans le contexte du Tarot. Un modèle est une structure de base, une forme archétypale qui sert de référence pour les diverses interprétations et utilisations des cartes. Ces modèles sont ancrés dans des symboles universels et des archétypes partagés par l’humanité, ce qui explique leur persistance.

Charles Imbert retrace l’évolution de ces modèles depuis les premières utilisations du Tarot jusqu’à nos jours. Il démontre comment certains éléments symboliques et structuraux des cartes de Tarot ont été conservés à travers les siècles. Par exemple, les figures de la Papesse, du Bateleur et du Monde sont analysées en tant qu’exemples de ces modèles permanents.

L’auteur réalise une analyse détaillée des symboles présents dans les cartes de Tarot, montrant comment ceux-ci renvoient à des concepts universels tels que la sagesse, la transformation, et le cycle de la vie. Il illustre que malgré les adaptations et les variations artistiques, ces symboles conservent leur signification fondamentale et insiste aussi sur l’importance de ces modèles permanents pour la pratique de la divination. La stabilité des modèles permet aux praticiens du Tarot de se connecter à une tradition ancienne et d’utiliser les cartes comme un outil fiable pour l’introspection et la prédiction. Cette permanence offre un cadre de référence constant qui aide à interpréter les cartes de manière cohérente et significative.

« Les correspondances en miroir sur l’horizon », quatrième chapitre, celui-ci se concentre sur les correspondances symboliques et structurelles au sein du Tarot, et comment celles-ci peuvent être perçues comme des « miroirs » reflétant des concepts plus vastes de l’horizon cosmique et spirituel.

Charles Imbert introduit l’idée que les cartes de Tarot ne sont pas isolées, mais qu’elles sont interconnectées par des correspondances symboliques. Ces correspondances peuvent être entre les cartes elles-mêmes, ou entre les cartes et des éléments extérieurs tels que les planètes, les signes astrologiques, ou les éléments alchimiques.

L’auteur utilise la métaphore du miroir pour expliquer comment ces correspondances fonctionnent. Chaque carte peut être vue comme un miroir reflétant non seulement ses propres significations internes, mais aussi des significations plus larges du cosmos. Par exemple, la carte de la Lune pourrait refléter des aspects de la psychologie humaine ainsi que des cycles naturels et astrologiques.

Charles Imbert explore en détail les correspondances entre les Arcanes Majeurs et Mineurs, montrant comment les thèmes et les motifs se répètent et se renforcent mutuellement. Il utilise des exemples spécifiques de tirages de cartes pour illustrer ces correspondances en action, mettant en lumière comment une carte tirée peut renvoyer à une autre par un réseau complexe de symboles et de significations.

L’auteur élargit ensuite la discussion pour inclure les horizons cosmique et spirituel. Il explique comment le Tarot, en tant que système symbolique, reflète des principes universels de l’ordre cosmique. Les correspondances en miroir servent à aligner le microcosme de l’individu avec le macrocosme de l’univers, facilitant ainsi une compréhension plus profonde et plus holistique des questions posées lors des tirages.

Enfin, Charles Imbert propose des méthodes pratiques pour utiliser ces correspondances dans la divination. Il suggère des techniques pour identifier et interpréter les miroirs symboliques lors des lectures de Tarot, et offre des conseils pour approfondir l’intuition et la perspicacité en se basant sur ces correspondances. Cela permet aux lecteurs de tirer des conclusions plus nuancées et précises à partir de leurs tirages.

En somme, ces deux chapitres démontrent la richesse et la complexité du Tarot en tant que système symbolique et outil de divination. Charles Imbert réussit à montrer comment la permanence des modèles et les correspondances en miroir enrichissent la pratique du Tarot, offrant aux praticiens des outils puissants pour explorer les profondeurs de la psyché humaine et les mystères du cosmos.

Dans la deuxième partie intitulé « La Structure morale », l’auteur aborde les dimensions éthiques et symboliques des cartes de Tarot, explorant le lexique et l’astrologie associés aux cartes. Cette partie met en lumière les symbolismes astrologiques et zodiacaux, essentiels pour une compréhension complète des implications morales des tirages. Des chapitres comme « Le symbolisme astrologique » et « Le symbolisme zodiacal » démontrent la profondeur de l’analyse de l’auteur, en reliant les cartes de Tarot à des concepts plus larges de la mythologie et de l’astrologie.

Dans « La Structure allégorique », la troisième partie explore les aspects prédictifs et divinatoires du Tarot. Charles Imbert offre une analyse approfondie des pratiques de voyance et de divination, en expliquant comment les cartes de Tarot peuvent être utilisées pour des prédictions précises. Les chapitres « La voyance » et « La divination » sont particulièrement instructifs, détaillant les méthodes et les techniques employées dans la pratique de la voyance à travers le Tarot.

Enfin, dans la quatrième partie, « La Structure Mystique », Charles Imbert conclut avec une exploration de la dimension mystique du Tarot, abordant la mystique ouverte et les aides et conditions de la voyance. Les chapitres « La mystique ouverte » et « Tarot, Alphabet, et Unus Mundus » offrent une perspective unique sur les utilisations mystiques et spirituelles des cartes de Tarot, intégrant des concepts ésotériques pour une compréhension plus holistique du Tarot. Pour mémoire, le terme latin Unus Mundus se traduit par « Un Monde », faisant ainsi référence au concept d’une réalité sous-jacente unique et indivisible, souvent utilisé dans le contexte philosophique et ésotérique pour désigner l’idée d’unité fondamentale de l’univers, où toutes les choses sont interconnectées.

Charles Imbert, en mars 2015 – Photo © Yonnel Ghernaouti YG

Charles Imbert est un écrivain et conférencier renommé, spécialisé dans l’ésotérisme, l’occultisme et la Tradition. Ses recherches portent sur les « Lois et l’Histoire du monde invisible », ainsi que sur les problématiques des mythes, des archétypes, et des destins. Membre actif du bureau de IANDS-France depuis les années 1990, il s’intéresse également aux NDE/EMI et à leur psychologie. Depuis 2007, Imbert a publié plusieurs ouvrages influents sur l’Histoire du Tarot, la franc-maçonnerie, et l’initiation, parmi lesquels « Les Sources du Tarot dans l’art occidental, l’art royal et l’art sacré » et « Les 7 degrés de l’initiation ». Il est également rédacteur en chef de la revue française d’études spirituelle « Un Temps » depuis 2018.

Présentation de l’éditeur

Les éditions Code9 sont connues pour leur engagement dans la publication de travaux académiques et de référence dans les domaines de l’ésotérisme, de la spiritualité et des sciences occultes. Leur collaboration avec des auteurs tels que Charles Imbert témoigne de leur dévouement à offrir des ouvrages de haute qualité et bien documentés, répondant aux besoins des chercheurs et des praticiens du domaine.

Pour conclure, précisons que l’ouvrage Les structures du Tarot est un ajout précieux à la littérature sur le Tarot, offrant une analyse rigoureuse et exhaustive de ses multiples dimensions. L’approche de Charles Imbert, combinant des éléments historiques, symboliques, et pratiques, en fait une ressource indispensable pour tout étudiant ou praticien du Tarot. Ce livre non seulement comble les lacunes existantes dans la compréhension du Tarot, mais il ouvre également de nouvelles perspectives pour l’étude et la pratique de cet ancien système de divination.

Les structures du Tarot – Une référence.

Une aide à l’introspection et aux voyances.

Charles Imbert – Code9, 2024, 256 pages, 26,50 €

Retrouvez Charles Imbert à Masonica Bruxelles 2024