Aux premières lueurs du crépuscule, lorsque le ciel de Marseille se pare de nuances azurées et que l’air se charge de promesses estivales, le Château Saint-Antoine sous l’égide de la Grande Loge de France (GLDF), ouvre ses portes pour une nouvelle édition du festival Les Heures Bleues.
Les 4, 5 et 6 juillet prochains, ce havre de culture et d’élégance accueillera pour la quatrième fois cette célébration musicale unique.
Chaque soir à 19h00, le domaine résonnera des accents planétaires de La Guinguette Improbable, des Buzz Brothers et des Mississippi Boys. Ces déambulations musicales, véritables invitations au voyage, marqueront le début de soirées mémorables.
Suivront les PRIMIS, mettant en lumière les talents prometteurs de l’Institut d’Enseignement Supérieur de la Musique d’Aix-en-Provence. Reverso, un quatuor à cordes, Azalée, un quintette de cuivres, et Half-Four, une formation de jazz, offriront des performances empreintes de fraîcheur et de virtuosité, révélant toute la richesse et la diversité de la nouvelle génération musicale.
Le festival se poursuivra avec trois artistes d’exception, chacun apportant sa propre intensité à travers une langue musicale universelle. Le jeudi 4 juillet, Marie de Tourris, pianiste concertiste, enchantera le public avec ses interprétations vibrantes de Debussy, Liszt, Chopin et Albeniz. Cette musicienne, à la double formation d’ingénieur et de sonothérapeute, maîtrise à la perfection l’art de la résonance et de l’harmonie vibratoire. La première soirée sera placée sous le signe du Blanc, cette couleur qui rassemble toutes les nuances nous permettra d’explorer la gamme chromatique sous toutes ses composantes.
Massilia Sounds Gospel
Le vendredi 5 juillet, la formation Massilia Sounds Gospel, dirigée par Greg Richard, emplira l’air de joie et d’énergie. Cette chorale marseillaise, avec ses mélodies entraînantes et ses voix puissantes, fera résonner les échos des chants de liberté et d’espoir nés dans les champs de coton, nous rappelant la puissance intemporelle du gospel.
Philippe Petrucciani
Le samedi 6 juillet, Philippe Petrucciani et son quartet de jazz, accompagnés de la voix envoûtante de Nathalie Blanc, clôtureront ce festival avec une prestation où la virtuosité et l’émotion seront à leur apogée.
Une rencontre intime avec la musique
Ces soirées au Château Saint-Antoine ne sont pas seulement des concerts, mais des moments de communion, où chaque note et chaque silence deviennent des ponts entre les âmes. À travers les variations de styles et de tonalités, Les Heures Bleues tissent une toile de rencontres et de partages, invitant chacun à se laisser porter par la magie de la musique.
Marie de Tourris
Les artistes en lumière
Marie de Tourris : L’art de la vibration
Marie de Tourris, que l’on découvrira le 4 juillet, transcende le piano avec une compréhension profonde de ses mécanismes. Sa double formation lui permet de créer des interprétations qui résonnent littéralement avec le corps et l’âme de ses auditeurs. Ses prestations sont un hommage vivant à l’idée d’Alfred Tomatis : « Et si l’Univers n’était qu’un son ? »
La guinguette improbable : la folie musicale
La guinguette improbable, groupe déjanté né à La Bouilladisse, vous fera guincher de la musette au swing, d’Aznavour à Django Reinhardt. Leur énergie communicative évoquera les soirées légères et joyeuses des tableaux impressionnistes de Renoir, offrant une parenthèse enchantée dans notre quotidien souvent troublé.
Massilia Sounds Gospel
Massilia Sounds Gospel : une énergie contagieuse
Massilia Sounds Gospel, avec sa création par Greg Richard, est un véritable tourbillon de joie et d’énergie. Leurs chants, nés dans les champs de coton, sont des hymnes à la liberté et à la résilience, offrant une « Bonne Nouvelle » musicale et spirituelle.
C’est désormais possible de vivre une expérience de monastère laïc : 5 jours au Manoir d’Hiram, en compagnie d’autres francs-maçons(nes) en retraite. Les journées sont ponctuées de repas de qualité, d’échanges apaisés avec les autres participants… et de longues marches dans la nature environnante. Le but est de repartir ressourcé, afin d’aborder le monde serein et prêt à retourner en Loge.Il est même possible de participer à des instructions aux 3 degrés des grades bleus.
RETRAITE SPIRITUELLE
Les retraites spirituelles sont généralement teintées de religiosité. Pourtant, celle que propose désormais le Manoir d’Hiram à Thouars (79) à l’Initiative du Journal maçonnique 450.fm, est totalement laïque et libre.
Elle est laïque, car chacun y pratique une spiritualité selon son gré, sans aucune contrainte, autre que le respect des autres participant(e)s. Les activités proposées sont non obligatoires. Pourtant, il est possible de sélectionner une semaine où une instruction est proposée par un Maître instructeur selon son grade (découvrir le programme). L’objectif est de couper avec le rythme du quotidien dans un lieu serein pour travailler à l’écriture ou à la réflexion intérieure.
Ce principe de respect individuel se vit déjà en Loge grâce à la fraternité.
L’ORGANISATION DE LA JOURNÉE
Les journées débutent par une prise de contact avec son corps grâce à des étirements et autres exercices physiques doux afin de mieux démarrer ce jour nouveau.
Un savoureux petit déjeuner permet d’aborder la journée avec sérénité. Ensuite les participants peuvent se retirer dans leur chambre pour se reposer, ou aller explorer la région qui offre de nombreuses balades dans la nature ou dans la vieille cité historique.
Le midi, un buffet est proposé afin de marquer la mi-journée.
L’après-midi, chacun peut vaquer à ses activités.
Puis le soir, le dîner est pris ensemble, le tout avec des repas variés et équilibrés.
L’objectif est de se (re)trouver afin de repartir après 5 jours, le coeur léger et le corps reposé.
L’Instruction
Les semaines où l’instruction est proposée, une heure le matin après le petit déjeuner permet d’aborder le thème du jour. Puis, le participant effectue son travail personnel en groupe ou seul selon son choix. Le soir avant le dîner, les participants se retrouvent pour compléter le thème du jour et échanger les travaux de manière collective, selon la méthode pédagogique développée par l’Instructeur.
LE LIEU
5 jours pour vous ressourcer dans un lieu spécialement dédié aux Francs-maçons(nes).
Construit dans la seconde moitié du XVème siècle, le Manoir d’Hiram est un hôtel particulier discret et sécurisé, situé en plein cœur historique de la ville de Thouars, entre Poitiers, Tours, Angers et Nantes, dans le département des Deux-Sèvres en Nouvelle-Aquitaine. Disposant de quatre chambres d’hôtes confortables, de deux salons, d’un jardin et d’une terrasse couverte, ainsi que d’un parking privé gratuit, ce lieu allie élégance et confort pour une retraite spirituelle inoubliable dans l’esprit de la Franc-maçonnerie symboliste traditionnelle.
LES PROMOTEURS
En 2012, l’auteur de la Franc-maçonnerie Alain Subrebost avait émis l’idée, dans son ouvrage « Petit manuel d’Eveil et de pratique maçonnique » d’une création d’un Monastère pour les francs-maçons(nes). Faute de moyens, l’idée était restée lettre morte. Douze années plus tard, en collaboration avec le journal www.450.fm, son fondateur Franck Fouqueray, qui est un Franc-maçon bien connu, reprend le flambeau, afin de proposer aux Sœurs et aux Frères un lieu d’exception propice au travail intérieur. La particularité est qu’il n’existe à ce jour aucun lieu identique, c’est une expérience toute nouvelle.
René Mettey, chef de service hospitalier honoraire, dans son essai L’essence du christianisme et du judaïsme, nous convie à une réflexion profonde sur les fondements théologiques et philosophiques de deux des grandes religions monothéistes. Publié aux Éditions Maïa le 6 décembre 2023, ce livre de 112 pages s’inscrit dans la collection des essais, offrant une perspective contemporaine sur des concepts religieux millénaires.
Avec sa première partie intitulée « L’essence du christianisme », René Mettey ouvre son ouvrage en plongeant le lecteur dans une analyse du christianisme. Dès les premières pages, il aborde des thèmes fondamentaux comme « Le péché originel : l’Homme est un tueur » et « La Trinité ». Pour un chrétien, et plus particulièrement pour un catholique romain, le concept du péché originel est fondamental dans la théologie et la doctrine de l’Église. Le péché originel se réfère à la première faute commise par les premiers êtres humains, Adam et Ève, selon le récit biblique de la Genèse. Cette faute est leur désobéissance à Dieu en mangeant du fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Et il a entraîné une rupture de la communion parfaite entre Dieu et l’humanité. Adam et Ève ont été expulsés du Jardin d’Éden, symbolisant cette séparation.
Cette doctrine souligne la nécessité de la rédemption par Jésus-Christ et trouve une application particulière dans le sacrement du baptême.
Quant à la Trinité, concept fondamental dans le christianisme, c’est la doctrine chrétienne selon laquelle Dieu existe en trois personnes distinctes mais consubstantielles et coégales : le Père, le Fils (Jésus-Christ) et le Saint-Esprit. Ces trois personnes sont distinctes mais d’une seule et même essence divine. La Trinité est un pilier de la foi chrétienne et une caractéristique centrale du catholicisme romain. Elle souligne la nature complexe et mystique de Dieu, invitant les fidèles à une relation profonde et personnelle avec chacune des trois personnes divines.
L’auteur nous invite donc à une réflexion sur la nature complexe de la Trinité, explorant des concepts tels que l’Unitarisme et la divinité de Jésus.
Mentionnons aussi ce qui nous parait être des chapitres clés, tels ceux de « Marie, vierge et mère » et « Paradis, enfer, purgatoire : des états de l’esprit » qui offrent une perspective nouvelle sur des dogmes traditionnels. René Mettey ne se contente pas de les évoquer, il les déconstruit pour en extraire une essence plus compatible avec les connaissances et les sensibilités contemporaines.
La discussion sur « La grâce, la prédestination » et « Les actes, la foi : un faux problème » montre la profondeur de l’analyse théologique de Mettey, qui interroge les bases mêmes du salut chrétien.
Quant aux « Miracles » – abordés comme des éléments essentiels de la foi chrétienne –, ce chapitre est particulièrement fascinant. René Mettey passe en revue « Les miracles de Jésus » et leur place dans l’histoire chrétienne, allant jusqu’à examiner des phénomènes modernes comme Lourdes et Fatima, les apparitions mariales et même des interventions célestes laïques.
René Mettey, à l’occasion de Livres en fête
Dans « L’essence du judaïsme », la seconde partie bien que plus succincte, aborde « La doxa officielle » et « Les faits ». Toutefois riche en informations, elle offre une comparaison implicite avec le christianisme tout en soulignant les spécificités du judaïsme.
La doxa se réfère aux croyances, doctrines et enseignements officiels du judaïsme. Cela inclut la théologie, les pratiques religieuses, les textes sacrés et les interprétations rabbiniques.
René Mettey examine les textes fondamentaux du judaïsme, tels que la Torah (les cinq premiers livres de la Bible), le Talmud (recueil de discussions rabbiniques sur la loi et l’éthique), et les écrits des prophètes.
Enfin, passée la postface, l’auteur explique comment et pourquoi il a écrit cet ouvrage qui est une invitation à repenser les fondements de notre héritage spirituel à la lumière des connaissances actuelles.
Dans ce brouhaha confus et recteur quoiqu’inaperçu, les rites se sont mis au diapason du machisme de l’organisation humaine ; en fait l’influence est réciproque ; ils sont à la fois les parents et les rejetons de ces récits mâles des rituels. Regardons de plus près les milles endroits et moments où se déploient les « masculinismes ». Et pour ce faire, empruntons les connaissances trop peu connues[1] de l’éthologie : la science du comportement des animaux, dont relèvent les humains aussi. Elle nous ouvre des horizons déjà explorés par un Konrad Lorenz ; mais très vite oubliés en ce qui touche les humains : « Nous ne sommes pas des animaux, quand même ! »
Il n’est pas question ici de l’organisations des obédiences, déjà largement décriées par Oswald Wirth. Ces obédiences qui continuent de plastronner en se prétendant plus régulières les unes que les autres, mais soumises, selon les Maçons anglais, au bon et très rare désir de leur reconnaissance. Elles ne sont qu’un exemple des plus banals des organisations humaines plus ou moins rivales. Quand on pense que l’une d’entre elles, au nom d’une pseudo ancienneté de valeurs, de croyances et de quête spirituelle, se permet, dans un ridicule éclatant, de décerner des brevets de « régularité » aux autres, qui suivent ses ordres pseudo-historiques : la spiritualité maçonnique n’est en fait, bien sûr, qu’une variante datée dans le temps et dans l’espace de toute recherche spirituelle socialisée. Mais les obédiences donnent leurs cautions diverses, aux rites. Ceux qui, à leur manière, colportent avec force, un machisme dur et patent. Que l’on enrobe, honteux dans des soubassements inconscients, la fameuse Tradition des bâtisseurs qui n’a jamais existé sauf dans l’imaginaire de leurs historiens thuriféraires !
La Franc-maçonnerie a été créée par les hommes pour des hommes. Il est donc évident que, dès le départ, les systèmes d’organisation des Loges était un décalque scénarisé du fonctionnement des mâles. Présentés, à cause de leur domination de meute, comme la seule réponse au fonctionnement des groupes. Nous en sommes, presque toujours là : les rites sont, pour une grande part, un pur produit de l’inconscient des mâles. Malgré l’universalité que les Frères, en tant que dominants, ont prétendu et le font toujours dans le plein accord des Sœurs. Celles-ci auraient-elles pu, historiquement, fonctionner autrement que des femelles de meute ? Sans doute que non, mais avec de belles nuances dans l’Antiquité, maintenant oubliées. Aujourd’hui, rien n’a changé, les rites sont d’essence masculine. Avec un regard sourcilleux et égalitaire, cette croyance enracinée dans l’inconscient collectif, n’est en rien universelle. Bien contrairement à la tradition maçonnique qui soutient l’universalité de l’Ordre. Le rituel de Loge raconte sans cesse; la fulgurance machiste qui lui sert d’assises. Bien sûr réputées d’universelles.
Regardons donc un rite, peu importe qu’il soit « écossais, français, ou guatémaltèque » ! La chanson de la domination du mâle est omniprésente. Appuyons-nous sur les nombreuses études qui on scruté les différences entre le « masculinisme » et le féminisme ; en préférant les termes de F Dolto et de Souzenelle : émissif et réceptif, qui se détachent bien du seul acte sexuel. Empruntons deux pistes de réflexion : la forme d’une Loge et le déroulement d’un tenue.
La Loge est un lieu très clos dans lequel il est interdit d’entrer librement : les mâles de meute contrôlent très souvent l’accès au lieu où on va s’entasser leur meute. Ce manque de liberté invente l’interdit de pénétration libre : on le dit « sacré ». Alors un gardien mais, évolution oblige, des femmes aussi, qui se mettent au diapason de cette soumission, dédouanée en entrée solennelle. Pas question, dans beaucoup de Loges, d’entrer, libre et l’air dégagé : les mâles les plus dominants aiment soumettre le troupeau. Ils exigent donc l’obéissance à la même posture !
Ce lieu, la Loge, est long, profond et au fond étagé ; tout est dit, aucune dispersion possible. Il faut se conduire en bon petit soldat maçon ; tourner puis prendre place sans faire aucune fantaisie de mouvement. En ce lieu on obéit sans écart. Comme les soldats d’un bataillon qui défilent au pas ! L‘apprentissage de la soumission s’affirme ; presque au point de réduire les cerveaux en de simples réceptacles réflexes. Et le local est droit, long ; forme que les mâles soumetteurs prisent tant. On peut surveiller tout le monde ! Continuons ce machisme patent du local : deux rangées identiques sans fantaisie anarchique et des séries de siège très sagement alignés. Je ne suis pas sûr que des femmes, libérées de ce modèle, inventeraient des rangées raides, sans aucune fantaisie.
Et le fond. Là tout est dit du machisme : les chefs sont surélevés, surtout pas égaux ; d’autres sont les lieutenants qui obéissent. Des lieutenants moins puissants ont quand même droit à de petites tables. Ce sont les officiers. Quant aux autres membres, la clarté de la surabondance hiérarchique les pousse sur les rangées anonymes, les « colonnes’.
Alors on sent s’imprimer dans les inconscients, l’organisation de la meute dessinée par les mâles : en haut le chef, en anthropologie, le mâle alpha, puis deux grands lieutenants, les surveillants ; puis ce qu’on appelle les officiers, terme éminemment machiste.
Et le déroulement de la « tenue », port de l’uniforme, est fondé sur les interdits, qu’adorent émettre les mâles : aucune liberté de parole, de déplacement si le mâle alpha ou un de ses deux chers acolytes, « Les Surveillants » ne le permet. Tout ça marche en rang de bataille ordonnée ; le machisme ne cesse d’éclore dans le refus sournois et inconscient des vécus féminins ; la domination machiste de cet appareillage : espace et liberté d’action, de parole sévèrement contrôlés, font les délices du psychisme masculin !
Comment représenter graphiquement cette organisation, avec le chef, les lieutenants, les sous lieutenants un peu plus nombreux ; et en bas la piétaille ? Le dessin s’impose : une pyramide, graphisme de la bien connue « organisation pyramidale ». C’est évidemment un triangle, pointe en haut ; il résume tout le machisme du rituel maçonnique. Tiens, comme par non-hasard, il porte un nom intouchable le delta ! A lui seul le delta condense le machisme omniprésent de la Loge et du rituel et il trône partout, et symbolise aux quatre coins du monde, l’Ordre.
Alors qu’en conclure ? Certains affirmeront que c’est le grand message traditionnel intouchable ; dans le confort raide et protecteur du machisme ? Les autres ne se poseront aucune question et vivrons dans la paix de la meute, le réassurement permanent. Il les maintient dans l’aveuglement si pacificateur du machisme! C’est une cocaïne spirituelle, elle traverse les esprits et fait virevolter la meute maçonnique, dans la joie paisible du groupe paisible.
La question de la semaineThierry : N’étant pas chrétien, je suis amené à me poser la question de l’existence et des faits rapportés à propos de Jeanne d’Arc et de Jésus Christ. Ces deux personnages ont eu quoi de réel ?Laurent Ridel: Avec cette question, vous mettez les pieds dans le plat. Je vous réponds en historien (et non en croyant). Commençons par Jeanne d’Arc. Le cas Jeanne d'ArcL’existence de Jeanne d’Arc est assurée. C’est même probablement la femme que l’on connaît le mieux du Moyen Âge. En plus, les sources sur elles émanent tant de ses soutiens (les partisans du roi Charles VII) que de ses ennemis (les Bourguignons et les Anglais). En les croisant, on peut donc attendre un jugement assez équilibré sur elle. Entendait-elle les voix de saintes et de saints ? Ce point sort du domaine de l’historien. Donc je n’y réponds pas. Jeanne d’Arc écoutant ses voix, par François Rude, marbre, 1852, musée du Louvre. Pour le reste, la vie de la Pucelle d’Orléans se suit bien en s'appuyant sur les deux procès qu’elle a subis (procès en condamnation puis en annulation). Ensuite, quelques éléments légendaires se sont ajoutés à ce parcours extraordinaire. Comme le test de Chinon : le roi se déguise en courtisan ; Jeanne, qui ne l’a jamais vu, le reconnaît pourtant. Par contre, il y a bien quelques points qui laissent les historiens incrédules. Comment sait-elle chevaucher et se battre ? Comment arrive-t-elle à persuader le roi, les capitaines et les simples soldats à la suivre ? Ses talents et son charisme surprennent au regard de son jeune âge et de son sexe. Au point que certains chercheurs excluent une origine paysanne et l’identifient comme une princesse ou une créature inventée par le roi pour servir ses desseins politiques. C’est peu probable. Oui Charles VII s’en est servi, mais il ne l’a pas créée. Lors de son premier procès, les accusateurs de la jeune femme ne remettent pas en cause son origine modeste et lorraine. Ils ont pourtant enquêté jusqu’à son village, Domrémy. Sacre de Charles VII sous les yeux de Jeanne d’Arc, vitrail, 1924, église de Livarot (Calvados) Alors d’où viennent ses compétences militaires ? Je pense qu’on les exagère. Jeanne ne fait pas de stratégie. À Orléans, elle se fâche d’être exclue du conseil de guerre. Pendant les assauts, elle ne combat pas vraiment, sinon probablement protégée par un écuyer. D’ailleurs, elle ne tue personne selon son propre aveu. Elle semble plutôt là pour galvaniser les troupes. Comment réussit-elle à se montrer convaincante ? On le comprend mieux si on connaît le contexte mystico-religieux de l’époque. En France, des prophéties annonçaient l’irruption d’une vierge qui saurait résoudre les problèmes. À la cour, on prêtait oreilles aux prophètes et prophétesses. Jeanne d’Arc semble en être une. On la croit inspirée par Dieu. Le duc de Lorraine la fait venir pour le rétablissement de sa santé. Preuve de son crédit bien avant son départ pour la Cour. L’aventure johannique est incroyable, mais l’abondance des sources la rende difficilement contestable. Le cas JésusSur lui, le dossier historique est beaucoup plus mince. Aucun texte contemporain de sa vie ne confirme l’existence de Jésus. Faut-il penser, comme le philosophe Michel Onfray l’a publié dans un récent livre, que Jésus n’est qu’une « idée », un « mythe » ? Ouvrons le dossier. Christ aux stigmates. Détail d’un bas-relief allemand, vers 1520, musée des Beaux-Arts de Lyon. Se fonder sur les Évangiles pour démontrer l’existence de Jésus n’est pas convaincant : favorables à Jésus, ils sont en plus rédigés postérieurement à sa mort. En même temps, il est troublant de trouver une telle floraison de textes (évangiles apocryphes compris) à propos d’une personne qui n’aurait pas existé. Autant sur Moïse ou Abraham, l’historien peut largement douter de leur existence, car l’Ancien Testament est non seulement l’unique source à les présenter, mais il est écrit plusieurs siècles après l’époque des faits relatés. Autant sur Jésus, les témoignages sont assez proches chronologiquement du personnage : les premiers Évangiles retrouvés datent du IIe siècle (voire de la fin du Ier siècle). Dès les années 60 après J.-C., des historiens romains mentionnent des chrétiens. Pour l’historien des religions Michaël Langlois, s’il y a un mouvement chrétien, il doit y avoir un fondateur derrière. Si on écarte les Évangiles et autres sources religieuses, la preuve la plus directe et la plus objective de l’existence de Jésus est le témoignage d’un historien juif Flavius Josèphe dans son livre Les Antiquités juives. L’auteur écrit à la fin du Ier siècle, donc plusieurs dizaines d’années après la mort du Christ. Flavius Josèphe évoque un « homme sage » mis à mort sur une croix et nommé Jésus. Malheureusement ce passage semble pollué par des ajouts qui ne sont probablement pas de la main de Flavius Josèphe, mais d’un chrétien enthousiaste. Ce qui a jeté le discrédit sur le passage entier.La Passion de Jésus. Peintures murales, XVe, Meslay-le-Grenet, près de Chartres Cependant, toujours dans les Antiquités juives, Jésus est cité une deuxième fois dans un passage que les chercheurs jugent plus unanimement authentique : Flavius Josèphe raconte les actes sévères du grand-prêtre juif Albinus à l’encontre des délinquants, parmi lesquels « le frère de Jésus appelé Christ, dont le nom était Jacques ». En résumé, quelques indices, jamais incontestables, nous poussent à créditer l’existence historique de Jésus. Beaucoup de chercheurs attendent des découvertes historiques ou archéologiques pour écarter tout doute. N’y croyons pas trop : le Christ n’appartenant pas à l’élite sociale, il est peu probable que de nombreuses sources en fassent mention. Sur cette question délicate, l’historien Michaël Langlois pose un regard équilibré dans cette interview sur la chaîne YouTube Regards protestants : Peut-on prouver l’historicité de Jésus ? Entretien avec Michaël Langlois. Je vous la recommande.
Dans un article publié le 16 juin 2024, nous avons rapporté que Gérard Plumecocq, alias Géplu, gestionnaire du Blog Hiram-be, suspendu pour trois ans par la Section d’appel de la CSJM le 25 juillet 2023, avait été réintégré au GODF grâce à l’intervention du grand maître Guillaume Trichard. Cependant, des experts du GODF ont contesté cette affirmation, soulignant que seul le Convent peut lever une sanction disciplinaire.
(En bas de page, vous êtes invités à lire le droit de réponse de Gérard Plumecoq)
Les points clé de l’affaire
– Sanctions et appels : Gérard Plumecocq avait été exclu du GODF par le Jury Fraternel le 22 avril 2023, a fait appel, et la sanction a été réduite à une suspension de trois ans le 25 juillet 2023.
– Requête en annulation : malgré sa suspension, Gérard Plumecocq a pu déposer une requête en annulation de la sanction, jugée recevable. Une audience a eu lieu le 17 octobre 2023 sans que le plaignant, également suspendu, soit informé.
– Non-publication de la décision : la décision de la Section d’appel est toujours affichée sur le portail intranet du GODF, tandis que la nouvelle décision d’annulation ne l’est pas, en violation des règlements.
Une décision controversée
Un courrier du Président de la CSJM demandait la non-publication de la nouvelle décision, bien que cela viole les règlements internes du GODF. Cette situation a révélé des irrégularités et une possible Collusion entre les membres de la CSJM et certains Grands Officiers.
Les réactions et conséquences
Gérard Plumecocq
– Collusion apparente : les membres de la CSJM et certains Grands Officiers semblent avoir facilité cette décision controversée. Gérard Plumecocq a ainsi pu continuer à participer à des événements maçonniques malgré sa suspension.
– Critiques et enquêtes : l’article souligne l’étrangeté de cette situation et appelle à une enquête approfondie sur les relations entre Gérard Plumecocq, le Conseil de l’Ordre du GODF, et la Justice Maçonnique. Des audits et des commissions d’enquête sont recommandés pour restaurer la confiance et la transparence.
Conclusion
L’affaire Gérard Plumecocq met en lumière des dysfonctionnements graves au sein du GODF, impliquant des décisions discrétionnaires et un manque de transparence, leur gravité mériterait des investigations complémentaires. Si tel est le cas, il est crucial que les membres du GODF réagissent au plus vite pour protéger l’intégrité et la crédibilité de l’institution.
L’analyse critique de l’affaire Gérard Plumecocq
L’affaire Gérard Plumecocq, détaillée dans un article du 16 juin 2024, révèle des dysfonctionnements importants au sein du Grand Orient de France (GODF) et de ses instances disciplinaires.
Le contexte et les problématiques
1. Réintégration de Gérard Plumecocq :
Guillaume Trichard, Grand Maître. Photo GODF
– Annonce et réaction : l’article initial annonçait la réintégration de Gérard Plumecocq suite à une intervention du grand maître Guillaume Trichard, une affirmation rapidement contestée par des experts. Ils ont souligné que seule l’assemblée du Convent pouvait lever une sanction disciplinaire, conformément à l’article 114 du Règlement Général (RG).
– Violation des procédures : la décision de lever la sanction semble avoir été prise de manière unilatérale et non conforme aux procédures établies.
2. Procédures disciplinaires et appels :
– Sanctions et appels : Gérard Plumecocq a été initialement exclu, puis a vu sa sanction réduite à une suspension de trois ans. Il a ensuite été autorisé à porter une requête en annulation, bien qu’il soit suspendu.
– Audience du 17 octobre 2023 : l’audience s’est tenue sans informer le plaignant, violant ses droits. La décision de la CSJM n’a pas été publiée, contrairement aux exigences du RG.
3. Non-publication délibérée :
– Lettre du Président de la CSJM : une lettre du Président de la CSJM ordonnant de ne pas publier la décision sur le portail intranet, malgré les exigences de transparence du RG, révèle une tentative délibérée de dissimulation.
4. Collusion et omerta :
– Collusion des membres de la CSJM : Si les faits étaient avérés, tous les membres de la CSJM seraient complices de cette décision non conforme, ce qui indique un problème systémique au sein de l’instance disciplinaire.
– Impunité et répétition : Gérard Plumecocq a déjà bénéficié de décisions favorables dans le passé, suggérant une étrange répétition de privilèges et de mansuétudes.
Les réactions et les conséquences
1. Questions soulevées :
– Dossiers et influence : l’article soulève des questions sur les informations que Gérard Plumecocq pourrait détenir, expliquant ces décisions favorables. Cela pose la question de l’intégrité des processus disciplinaires au sein du GODF.
– Crise de confiance : les actions des membres de la CSJM et des Grands Officiers ont conduit à une grave crise de confiance dans la gouvernance du GODF.
2. Appel à l’action :
– Enquête et transparence : il est suggéré qu’une commission d’enquête soit constituée pour examiner les actions de la CSJM et rétablir la transparence et la conformité aux règlements.
– Réaction des membres du GODF : les membres du GODF sont appelés à réagir pour préserver la crédibilité éthique et morale de l’institution.
Conclusion
Le « 16 Cadet », Hôtel du Grand Orient de France (GODF)
L’affaire Gérard Plumecocq met en lumière des violations graves des règlements internes du GODF et un manque flagrant de transparence. Les décisions prises de manière discrétionnaire par la CSJM et la collusion apparente de plusieurs grands officiers compromettent l’intégrité de l’institution. Il est impératif que le GODF prenne des mesures pour rétablir la confiance et assurer que ses processus disciplinaires respectent strictement les principes de justice et de transparence.
Les membres du GODF doivent s’engager activement pour résoudre cette crise et garantir que de telles situations ne se reproduisent pas.
Dans vos articles publiés l’un le 16 juin 2024 titré « Guillaume Trichard serait-il inquiet par une future candidature de Daniel Keller à la Grande Maîtrise » et l’autre le 18 juin titré « Affaire Gérard Plumecocq : le résumé de l’affaire n° 23-969-P du GODF », je suis gravement mis en cause.
En application de l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, et sans que cela ne m’interdise d’engager les poursuites pénales pour diffamation publique que je jugerai nécessaires, je vous demande de publier sur votre site le présent droit de réponse :
Vous écrivez tout d’abord que, suspendu par la Section d’appel de la Chambre Suprême de Justice Maçonnique, j’ai été « réintégré grâce à l’intervention du grand maître Guillaume Trichard ». Cette affirmation est bien évidemment fausse. Et elle nécessiterait des preuves pour être crédible. Quelles sont-elles, où sont-elles ? Il n’y a là que de la diffamation. Je n’ai eu besoin de l’intervention de personne pour faire reconnaître par la CSJM que sa décision de suspension rendue le 23 juillet n’était pas applicable, parce que notifiée hors délai. L’article 154-5 du RG du GODF stipule que « le jugement est notifié à chacune des parties par le greffe de la CSJM, par LR avec AR dans un délai de 15 jours ». Je devais donc recevoir la notification du jugement du 23 juillet au plus tard le 9 août, or je ne l’ai reçu que le 14. Largement hors délai, ce qui rend l’application de la décision impossible. Ce que j’ai fait constater par la CSJM réunie pour ce faire le 17 octobre.
Vous écrivez ensuite « la décision de la section d’appel est toujours affichée sur le portail intranet du GODF, tandis que la nouvelle décision d’annulation ne l’est pas en violation des règlements. » Encore faux. Si la décision de juillet est toujours, alors que caduque, affichée sur l’intranet du GODF et pas celle d’octobre, ce qui m’est d’ailleurs préjudiciable, il n’y a là aucune violation du RG du GODF. L’article 151bis dit « Le greffe de la CS JM annonce aux différentes instances les sanctions prononcées. Il informe de même toutes les loges, les loges de perfection et les Ateliers supérieurs dont relève le Frère ou la Sœur sanctionné ». Or la décision rendue le 17 octobre, même s’il ne s’agit pas d’une sanction mais d’un constat d’impossibilité d’exécution, a bien été notifiée à ma loge et à mon Chapitre ainsi que le demande le RG. Le RG n’oblige pas la CSJM à publier ses jugements sur le portail intranet du GODF (Netori), qui n’est qu’un moyen d’information interne, à la consultation facultative.
Dans un paragraphe suivant titré « collusion apparente » vous écrivez que j’ai pu continuer à participer à des événements maçonniques malgré ma suspension. Où et quand ? Encore une grave accusation totalement fausse. Je n’ai repris la fréquentation de mes Ateliers qu’après la décision du 17 octobre et sa notification à ceux-ci.
Enfin je vous laisse la responsabilité des nombreuses autres affirmations infamantes de ces articles, telles que « L’affaire Gérard Plumecocq met en lumière des dysfonctionnements graves au sein du GODF, impliquant des décisions discrétionnaires et un manque de transparence », « l’étrangeté de cette situation appelle à une enquête approfondie sur les relations entre Gérard Plumecocq, le Conseil de l’Ordre du GODF et la Justice Maçonnique », « violation des procédures », « tentative délibéré de dissimulation », « Gérard Plumecocq a déjà bénéficié de décisions favorables dans le passé, suggérant une étrange répétition de privilèges et de mansuétudes », qu’il appartiendra aux tribunaux d’apprécier.
Pour conclure, peut-être ne serait-il pas inutile de rappeler à vos lecteurs ce qui m’avait valu cette sanction de suspension du 23 juillet 2023 « pour violation du secret maçonnique ». C’est une plainte de l’ex-frère Jacque Oréfice (définitivement exclu, lui, du GODF par la même CSJM) pour avoir « divulgué les noms et qualités du F Jacques Oréfice et des informations interne au GODF » (en l’occurrence sa première exclusion) sur Hiram.be !
Rassemblons ce qui est épars et que nos yeux se tournent vers la Lumière…
Dans un monde en constante évolution, où les défis sociaux, économiques, géopolitiques et environnementaux se multiplient, il est crucial de repenser et de revitaliser notre vision de la Nation et de la République, auxquelles nous sommes tant attachés et qui ont été au cœur des combats de nos prédécesseurs.
Faire Nation, ce n’est pas rassembler les « nationaux », ce n’est pas exclure, ce n’est pas construire contre, ce n’est pas valoriser des identités… C’est construire ensemble.
Refaire Nation, c’est avant tout retrouver et renforcer le lien qui nous unit tous en tant que citoyens, en rassemblant ce qui est épars. La Nation n’est pas simplement une entité géographique ou administrative ; elle est le reflet de notre histoire commune, de nos valeurs partagées et de notre volonté collective de vivre ensemble. Aujourd’hui, plus que jamais, au nom des serments que nous avons prêtés, nous devons œuvrer pour une Nation inclusive, où chaque individu, quelle que soit son origine ou sa condition, se sent partie prenante de et vers un destin commun.
Une République citoyenne repose sur les principes de liberté, d’égalité et de fraternité. Ces valeurs qui nous sont si chères ne doivent ni devenir une incantation éthérée dans nos Temples ni rester de simples mots gravés sur les frontons de nos bâtiments publics. Elles doivent être vécues et incarnées dans notre quotidien. Pour ce faire, il est essentiel que chaque citoyen retrouve la place centrale qui lui revient dans le fonctionnement de notre République. Cela signifie renforcer la participation citoyenne, promouvoir l’éducation civique et encourager l’engagement de chacun dans la vie publique.
Renforcer la participation citoyenne implique de créer des espaces et des mécanismes où la voix de chaque citoyen peut être entendue et prise en compte. Les consultations publiques, les assemblées citoyennes et les référendums locaux sont autant de moyens pour que chacun puisse s’exprimer et contribuer aux décisions qui affectent notre vie commune. Il est également nécessaire de moderniser nos institutions pour qu’elles soient plus transparentes, plus accessibles et plus proches des citoyens.
L’émancipation par l’éducation civique est un autre pilier indispensable pour former des citoyens éclairés et responsables. Dès leur plus jeune âge, nos enfants doivent être initiés aux valeurs de la République, à la compréhension de nos institutions et à l’importance de l’engagement civique. Cette transmission est la première pierre de l’édifice citoyen. L’école, mais aussi les associations et les familles ont un rôle primordial à jouer dans cette mission éducative.
Encourager l’engagement citoyen signifie également reconnaître et valoriser toutes les formes de participation à la vie de la cité. Qu’il s’agisse de bénévolat, de militantisme, de participation à des projets collectifs ou de prise de responsabilité dans les instances locales, chaque action compte et mérite d’être soutenue et valorisée. L’engagement citoyen est le moteur d’une société dynamique et solidaire, capable de faire face aux défis de notre temps. Nous, Francs-Maçons, avons le devoir d’être exemplaires en ce sens.
Refaire Nation c’est aussi s’engager résolument pour la justice sociale et l’égalité des chances. Une République citoyenne est une République qui ne laisse personne de côté. La lutte contre les discriminations, la réduction des inégalités et la mise en œuvre d’une véritable solidarité doivent être au cœur de notre action collective.
Enfin, refonder notre République sur des bases citoyennes nécessite de réaffirmer notre attachement aux valeurs de laïcité, de tolérance et de respect mutuel. Dans une société diverse et pluraliste, ces valeurs sont essentielles pour garantir la cohésion sociale, permettre à chacun de vivre librement sa citoyenneté et sa spiritualité. Cette République nous protège en notre qualité de Francs-Maçons, n’oublions pas les périodes lors desquelles nos activités ont été interdites et où certains ont été tyrannisés par le seul fait de leur appartenance maçonnique.
Refaisons Nation en construisant ensemble une République citoyenne. Une République où chaque citoyen se sent écouté, respecté et valorisé. Une République qui s’engage pour le bien commun et qui offre à chacun les moyens de s’épanouir et de contribuer au progrès collectif. Les élections à venir, si elle recouvre un enjeu fort, ne sont qu’un moment de notre vie démocratique, et nous nous devons d’exercer notre droit de vote. Mais tout ne se résume pas à un vote, plus encore qu’hier, sachons être des veilleurs mais surtout des éveilleurs, sachons participer à la construction d’une société juste et fraternelle.
Ensemble, refaisons Nation. Ensemble faisons de notre République un modèle de démocratie participative, de justice et de solidarité. Ensemble, sur la base des valeurs qui nous fédèrent, réinventons notre avenir commun.
Le 13 juin 2024.
Sylvain Zeghni
Grand Maître National de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN
Bien que nous ayons notre petite idée quant à l’usage du pseudo François Figeac – et de qui se cache derrière –, il ne peut cependant manquer d’évoquer une personne curieuse et passionnée par les mystères de l’histoire et des traditions anciennes. L’auteur est donc une personne animée par une quête de connaissances profondes et une fascination pour les symboles ésotériques. Ce pseudo reflète une personnalité engagée dans la découverte et la transmission de savoirs précieux, cherchant toujours à élucider les secrets cachés du passé.
Tant l’ami(e) profane que le maçon ne peut effectivement ignorer que le Musée Champollion à Figeac (Lot, région Occitanie) – lieu incontournable pour les passionnés d’égyptologie et d’histoire – est dédié à Jean-François Champollion, déchiffreur des hiéroglyphes.
François Figeac commet, ici et maintenant, son douzième ouvrage chez MdV, dont onze dans cette belle collection « Les symboles maçonniques ».
François Figeac, par son exploration des symboles maçonniques issus de l’Égypte ancienne, nous invite à un voyage fascinant au cœur des traditions initiatiques les plus anciennes. Son travail s’inscrit dans une démarche érudite et passionnée, visant à révéler les profondeurs cachées des rites et des symboles qui ont traversé les âges.
Les 12 ouvrages de François Figeac
L’Égypte ancienne, avec ses mystères et ses monuments grandioses, a toujours été une source d’inspiration pour les sociétés initiatiques, dont la franc-maçonnerie. Les rituels, les hiéroglyphes et les artefacts égyptiens contiennent une richesse symbolique qui transcende le temps et l’espace. En explorant ces éléments, François Figeac ne fait pas seulement acte d’historien ; il se positionne comme un passeur de savoirs, un guide entre le passé et le présent. D’ailleurs, une des parties du premier chapitre « Pourquoi faut-il un tableau de loge ? » n’est-il pas intitulé « Enseigner et transmettre l’initiation » ?
Stèle de Meret-Neit
Le lien entre la franc-maçonnerie et l’Égypte ancienne est profond et complexe. Les tableaux de loge étudiés par François Figeac – dont le plus ancien connu –, tels que la stèle de Meret-Neit – au Musée du Caire –, ne sont pas de simples objets d’art, mais des supports de méditation et d’enseignement. Ces objets incarnent des concepts clés de la spiritualité et de la sagesse égyptiennes, intégrés dans les pratiques maçonniques pour enrichir l’expérience initiatique des membres.
Le travail François Figeac est d’une importance capitale pour plusieurs raisons. Premièrement, en montrant comment les symboles égyptiens ont été adoptés et transformés par la franc-maçonnerie, l’auteur souligne une continuité historique et spirituelle qui donne une profondeur nouvelle à la pratique maçonnique. Il aborde la maison de vie, sa construction, son plan, sa symbolique, pour finalement construire le temple et comprendre les grands mystères…
Osiris debout entouré par deux nébrides. Tombe de Sennedjem, XIXe dynastie.
Avec ses analyses détaillées, l’auteur enrichit notre compréhension des symboles maçonniques, révélant des couches de signification souvent ignorées ou méconnues. Notamment tout ce qui touche à Osiris, dieu de la vie après la mort et de la résurrection, une des divinités les plus vénérées de l’Égypte antique. Selon le mythe, Osiris fut assassiné par son frère Seth, qui dispersa ses membres à travers l’Égypte. Sa femme, Isis, rassembla les morceaux et, avec l’aide de Thot et Anubis, le ramena à la vie. Osiris devint alors le souverain du monde souterrain et juge des âmes. Dans la franc-maçonnerie, Osiris est souvent associé à l’idée de renaissance et de transformation. Les francs-maçons voient en lui une représentation de la mort symbolique de l’initié, suivie de sa renaissance à une vie nouvelle et éclairée. Cette analogie est particulièrement évidente dans le troisième degré de la maçonnerie, où l’initiation comporte un rituel de mort et de résurrection symbolique. L’auteur donnant sa vision de l’Orient éternel.
En invitant les lecteurs à méditer sur les tableaux de loge et leur signification, François Figeac encourage une réflexion personnelle et une introspection qui sont au cœur de l’expérience initiatique.
La lecture de François Figeac sur l’Égypte ancienne inspirera une profonde admiration pour la richesse symbolique et la sagesse intemporelle de cette civilisation. Elle rappelle l’importance de préserver et de transmettre ces connaissances anciennes, non seulement comme un héritage culturel, mais comme un moyen d’enrichir notre compréhension du monde et de nous-mêmes.
D’après le tombeau mythique d’Osiris, butte surmontée d’un arbre et hiéroglyphe d’Osiris, stèle en grès, temple de Karnak, XXXe dynastie, époque Ptolémaïque, Égypte Ancienne. (Marsailly/Blogostelle)
L’étude des symboles égyptiens et leur intégration dans la franc-maçonnerie moderne nous montrent que les anciens avaient une connaissance intuitive des vérités universelles qui restent pertinentes aujourd’hui. En suivant les traces de François Figeac, nous pouvons nous reconnecter avec ces vérités et les intégrer dans notre propre cheminement spirituel et intellectuel. Un sujet qui passionnera toujours les Français
François Figeac, par ses écrits sur les tableaux de loge et les symboles de l’Égypte ancienne, nous offre une passerelle vers un passé riche en enseignements et en mystères. Son travail nous rappelle que la quête de la connaissance et de la sagesse est un voyage intemporel, reliant les générations à travers les âges. En explorant les symboles maçonniques et leur héritage égyptien, Figeac nous invite à poursuivre ce voyage avec curiosité, respect et ouverture d’esprit. L’Égypte est un sujet qui passionnera toujours les Français et les Rites Égyptiens les francs-maçons.
Le message initiatique des tableaux de loge de l’Égypte ancienne
François Figeac – MdV Éditeur, Coll. Les Symboles Maçonniques, N° 106, 2024, 128 pages, 12,50 €
C’est avec bonheur et joie que nous annonçons la réédition de Le mythe judéo-chrétien- D’après la Genèse et les Évangiles selon Matthieu et Jean de Carlo Suarès. Initialement publié en 1950 par les Éditions Cercle du Livre : Les Univers de la Connaissance, cet ouvrage a été réédité en 2024 par les Éditions de la Tarente, dans sa collection Anastatiques dirigée par Philippe Subrini qui signe la note introductive.
Dans un premier temps, revenons sur le parcours de ce penseur unique que fut Carlo Suarès (1892-1976). Il était un écrivain, penseur et kabbaliste français d’origine égyptienne. Né au Caire, il a passé une grande partie de sa vie en France, où il a développé une carrière prolifique en tant qu’auteur et érudit. Suarès est surtout connu pour ses travaux sur la kabbale, la mystique juive, et ses interprétations originales des textes bibliques – nous avions déjà chroniqué La Bible restituée, le 18 août 2023.
Carlo Suarès est reconnu pour son approche unique de l’exégèse biblique et de la mystique. Il s’est efforcé de relier les concepts anciens de la kabbale aux pensées contemporaines, offrant ainsi une perspective novatrice et souvent controversée. Son travail est marqué par une profonde érudition et une volonté de dépasser les interprétations traditionnelles pour offrir une vision plus ésotérique et spirituelle des textes sacrés.
Carlo Suarès
Carlo Suarès a largement contribué à la diffusion et à la compréhension de la kabbale et des textes mystiques en Occident. Son influence se fait sentir dans les cercles académiques et spirituels, où ses idées continuent de susciter l’intérêt et la réflexion. En tant que penseur avant-gardiste, Suarès a su marier les anciennes traditions avec les besoins spirituels de son époque, créant ainsi un pont entre le passé et le présent.
Carlo Suarès reste une figure fascinante et influente dans le domaine de la mystique et de l’exégèse biblique. Ses œuvres, notamment Le mythe judéo-chrétien, continuent d’inspirer et d’enrichir ceux qui cherchent à comprendre les profondeurs cachées des textes sacrés. Sa contribution à la littérature et à la spiritualité est indéniable, faisant de lui un véritable troubadour de la connaissance ésotérique.
Dans un second temps revenons sur le terme anastatique – mot venant du grec anastasis signifiant réinstallation ou remise debout, évoquant l’idée de redonner vie ou de restaurer quelque chose dans son état original – qui se réfère généralement à un procédé de reproduction qui permet de créer des copies exactes d’un document, souvent un livre ou un manuscrit ancien. C’est une technique de reproduction inventée au 19e siècle, utilisée pour faire des copies fidèles de documents imprimés ou manuscrits. Le procédé anastatique repose sur la lithographie et permet de reproduire des documents avec une grande précision. Et nous ajouterions qualité. Pari gagné pour la Tarente !
Cette nouvelle édition, de belle facture, permet de redécouvrir un texte fondamental qui explore en profondeur les origines et les significations des mythes judéo-chrétiens à travers une lecture attentive des textes de la Genèse et des évangiles selon Matthieu et Jean.
Et, dans un troisième temps, entrons dans l’ouvrage…
Philippe Subrini
Philippe Subrini met en lumière l’importance historique et philosophique de Carlo Suarès, soulignant son impact sur la littérature et la pensée religieuse, tout en honorant ceux qui ont œuvré à préserver et à diffuser ses travaux.
Il nous instruit quant à l’engagement de Jean-Marc Tapié de Céleyran et Marc Thivolet pour préserver l’héritage de Suarès, en publiant son œuvre dans la collection anastatique.
Carlo Suarès, issu d’une famille juive séfarade, est un écrivain, peintre et cabaliste français né à Alexandrie en 1892 et décédé à Paris en 1976. Ses études d’architecture à Paris furent interrompues par des problèmes de santé et la Grande Guerre, mais il obtient son diplôme en 1920.
Krishnamurti dans les années 1920
De 1920 à 1924, Carlo Suarès exerce son métier d’architecte en Égypte et épouse Nadine Tilche en 1922, avec qui il aura deux enfants. Il rencontre en 1923 Jiddu Krishnamurti, un penseur théosophe, avec qui il lie une forte amitié. Sa carrière littéraire débute en 1926 avec la revue Message d’Orient. De 1930 à 1935, il collabore aux Cahiers du Sud et, jusqu’en 1939, à la rédaction des Cahiers de l’Étoile.
En 1939, il est retenu en Égypte à cause de la guerre et se consacre exclusivement à l’écriture après 1940. De retour en France en 1946, il continue ses activités littéraires et artistiques, exposant à Paris, Le Caire, Vénise, Cracovie et aux États-Unis. Après une période de silence, Suarès se remet à écrire en 1945, approfondissant ses réflexions philosophiques et religieuses.
Subrini conclut en citant Marc Thivolet, qui décrit l’œuvre de Carlo Suarès comme un « feu tel qu’elle éloigne ceux qui seraient tentés de l’aborder dans le seul but d’enrichir leurs connaissances ».
L’ouvrage est divisé en deux parties principales : « La clé du mythe » et « Le mythe incarné ».
La première se compose de plusieurs chapitres qui analysent les éléments fondamentaux de la Genèse et les mythes associés. Le préambule donne une introduction générale du sujet et de l’approche de Carlo Suarès puis offre avec « L’existence » un examen philosophique et théologique du concept d’existence dans le contexte biblique. Carlo Suarès analyse ensuite l’essence de l’humanité et de la divinité, selon les textes sacrés, avec une réflexion sur le mythe du jardin d’Éden, le Paradis terrestre, et ses implications symboliques. Où il nous parle de la solitude d’Adam et de la création d’Ève en explorant aussi l’union entre Adam et Ève et de sa signification. Le décryptage qu’il fait du personnage d’Ève, mère de tous les vivants, de ses actions – avec la prononciation du nom divin – et de sa portée symbolique est de plus intéressantes.
Caïn tue Abel, par Peter Paul Rubens, c. 1600
Il nous enrichi avec l’examen du mythe de Caïn et Abel, et des thèmes de jalousie et de violence et des descendances par Caïn et par Seth en comparant les lignées de Caïn et de Seth, et leurs implications.
L’histoire de Caïn et Abel, relatée dans le livre de la Genèse (chapitre 4), est l’un des récits les plus anciens et les plus emblématiques de la Bible. Elle décrit le premier meurtre de l’histoire humaine, un fratricide qui a lieu peu après la création de l’humanité.
Carlo Suarès offre une lecture profonde et symbolique de cet événement. Voici les principaux points de son analyse sur le chapitre consacré à Caïn.
Caïn (Qayin en hébreu) est souvent interprété comme « possession » ou « acquisition ». Il est l’aîné, celui qui travaille la terre, un symbole de la civilisation naissante et de l’attachement matériel. Quant à Abel (Hevel en hébreu) signifie « souffle » ou « vanité », il est berger, symbole de l’éphémère et de la spiritualité.
Caïn mène Abel à la mort, James Tissot, vers 1900
Le meurtre d’Abel par Caïn symbolise la victoire temporaire des forces matérielles et violentes sur les aspirations spirituelles et pacifiques. Ce premier fratricide marque également l’introduction du péché et de la violence dans l’histoire humaine, selon une perspective mythologique et symbolique.
Sur le plan psychologique, Caïn représente la part sombre de chaque individu, luttant contre ses propres démons et ses jalousies.
Spirituellement, l’histoire de Caïn et Abel est une métaphore de la lutte entre le matériel et le spirituel, un thème central dans la kabbale et la pensée mystique que Carlo Suarès explore en profondeur.
Le récit de Caïn et Abel a profondément influencé la littérature, l’art et la pensée religieuse. Carlo Suarès souligne comment ce mythe fondateur a été interprété et réinterprété au fil des siècles.
En recontextualisant cette histoire, Carlo Suarès invite à réfléchir sur les conflits internes de l’humanité et la quête incessante de rédemption.
L’analyse de Carlo Suarès met donc en lumière la richesse symbolique et la profondeur psychologique de l’histoire de Caïn et Abel. Pour l’homme, le maçon, ce récit, au-delà de son aspect narratif, est une allégorie de la condition humaine, de ses luttes internes et de ses aspirations spirituelles. En revisitant ce mythe, Carlo Suarès nous rappelle l’importance de comprendre nos propres dualités pour évoluer vers une harmonie intérieure et collective.
Noé et ses 3 fils
Le déluge, musée des beaux arts de Nantes
Ensuite, compte tenu de son importance dans l’art royal, l’étude du personnage de Noé et du mythe du déluge ne peut nous laisser indifférent. Avant de passer à une réflexion sur la tour de Babel et le thème de la dispersion des peuples et d’analyser des patriarches de la Bible, de leurs vies et de leurs significations.
La seconde partie « Le mythe incarné » traite de la transition du mythe biblique à l’incarnation dans le Nouveau Testament. Les différents chapitres détaillent la circoncision (rite et symbole dans la tradition juive), Israël, Satan (importance théologique et symbolique), Jésus (sa vie, ses enseignements et son rôle central dans le christianisme), l’Évangile selon Matthieu en explorant les thèmes et messages, de l’évangile de Matthieu, donnent aussi une comparaison des figures de Pierre et de Judas, et leurs rôles respectifs et l’Évangile selon Jean, ses particularités et ses thèmes distinctifs.
Naissance du Christ, Mosaïque de la chapelle palatine de Palerme, v. 1150
Enfin, en guise de conclusion, Carlo Suarès écrit sur la transformation du mythe à travers les âges et son impact contemporain.
Depuis sa première publication en 1950, Le mythe judéo-chrétien a été largement discuté et critiqué dans divers cercles intellectuels. Les critiques ont souligné la profondeur de l’analyse de Carlo Suarès, son érudition en matière de textes sacrés et sa capacité à rendre accessibles des concepts complexes. Cependant, certains ont trouvé son style dense et parfois difficile à suivre.
Cette réédition souligne l’importance de préserver et de diffuser l’œuvre de Carlo Suarès. Elle permet de redécouvrir un texte fondamental pour comprendre les mythes fondateurs de la civilisation occidentale et leur évolution.
Elle est une œuvre incontournable pour quiconque s’intéresse aux études bibliques, à la philosophie et à la kabbale. L’approche érudite et profondément réfléchie de Carlo Suarès offre, encore et toujours, une nouvelle perspective sur des textes anciens, les recontextualisant dans un cadre moderne et philosophique. Cette heureuse réédition de 2024 est une occasion précieuse de redécouvrir cet ouvrage et de le situer dans le contexte des débats intellectuels contemporains.
Le mythe judéo-chrétien-D’après la Genèse et les Évangiles selon Matthieu et Jean
Carlo Suarès – Les Éditions de la Tarente, 2024, Coll. Anastatiques, 222 pages, 23 €
L’interview vidéo de Roger Dachez du 7 juin interrogeait: LES RITUELS A QUOI CA SERT ? et un commentaire de Jacques Chauvin expliquait : » à formater un groupe humain pour créer entre eux une certaine forme d’appartenance. » C’est surtout le rituel anglais EMULATION qui se pratique par coeur.
Probablement en souvenir de la tradition orale des maçons opératifs. Notre ami JISSEY a, encore, comme chaque semaine, ironisé sur ces pratiques d’outre manche. Serait-ce du nationalisme subliminal ?