Que ce soit par des ateliers pédagogiques ou grâce à de la réalité augmentée grâce à des tablettes numériques, la commanderie d’Avalleur offre la possibilité d’un voyage dans le temps pour petits et grands.
Envie d’activités à réaliser en famille pendant l’été ? Et si, en plus, cela permet de s’ouvrir à l’histoire locale et au travail manuel, c’est encore mieux ! Alors si vous n’avez pas encore testé, allez vite à la commanderie d’Avalleur dans le Barséquanais pour découvrir toutes les activités gratuites proposées.
Tous les mercredis et samedis, l’équipe de la commanderie propose ainsi des ateliers pédagogiques, accessibles aux enfants à partir de 5 ans. « À la table des templiers » ne permettra pas de cuisiner comme à l’époque mais, encore mieux, de réaliser une tasse en argile grâce à la technique ancestrale de la poterie au colombin. Et pour trouver un modèle, il suffira de s’inspirer des poteries découvertes sur le site à l’occasion de fouilles archéologiques. « L’atelier du vitrail », comme son nom l’indique, permettra de se transformer en maître verrier. « Le pouvoir des sceaux » permettra, grâce au moulage, de reproduire le sceau de l’ordre du Temple qui authentifiait tous les documents.
En dehors de ces activités, il est évidemment toujours possible de participer au jeu de piste pour tenter de découvrir le légendaire trésor des templiers.
Expérience immersive en réalité augmentée
Les différents ateliers proposés permettent de s’initier à l’artisanat médiéval comme la poterie ou le vitrail. Crédit l’Est l’Éclair – Stéphanie MUNIER
La nouveauté cette année reste l’expérience de réalité augmentée des « Portes du temps ». Initiée et financée par l’Agence Aube en Champagne Attractivité et soutenue par le Département, cette expérience est proposée gratuitement aux visiteurs grâce à un prêt de tablettes tactiles à l’accueil du site. En les passant sur des « repères » situés à trois endroits de la commanderie, on peut ainsi découvrir sur les écrans la reconstitution en 3D de la commanderie d’Avalleur telle qu’elle existait au XVIe siècle mais aussi la grange templière du XIIIe siècle ou encore la porte fortifiée du commandeur Jean de Choiseul.
Et si les tablettes ne sont pas toujours l’instrument favori des adultes, il suffira de faire confiance aux enfants pour savoir s’en accommoder. Témoin cette famille de Lyon venue visiter le site. « Moi ça m’a un peu donné le vertige, surtout la vue d’ensemble. Je préfère la vidéo classique », avouait la grand-mère. « Je ne savais pas trop m’en servir mais mon fils a tout de suite su comment faire », ajoutait la maman. À tester en famille donc…
Le sémantisme indo-européen *STA– est d’une extrême profusion, amplifiée par les préfixes et les suffixes. L’idée générale est de « se tenir ferme, être debout ». Le grec *stoa, le portique, sert à nommer les philosophes stoïciens, peut-être stoïques ?
*stasis, entres autres, forme l’extase, rapt mystique où l’orant est ravi à lui-même et à son corps. Loin de l’apostasie qui marque l’éloignement de celui dont les convictions chancellent. *stadion, le stade, lieu d’une course sans faiblesse, est cerné de colonnes, *stylos.
De l’adjectif grec *statos, arrêté, vient le français statique. Le latin enchaîne avec *statio, la station militaire debout, *status, l’attitude, donc l’état. Le stage est l’obligation faite à un chevalier de résider dans le château pour le défendre, à l’instar du suzerain. L’étage, la stance poétique, le système à instaurer.
On se restaure, quand la Révolution invente le restaurant, amélioration de la taverne trop rudimentaire.
Du latin *stare, sont issus, entre beaucoup d’autres mots qui ont tous à voir avec la position debout, être, statue,établissement, circonstance, constatation, coût, contraste, ôter et obstacle. L’obstétricien se tient devant l’accouchée. L’arrestation est imminente pour le débiteur rétif à acquitter sa dette au prêteur. L’instant est aussi fugace que les gestes du prestidigitateur. La substance de la réflexion. Etc. etc.
*Statuere signifiant « établir, poser », l’instituteur debout devant ses élèves leur apprend à en faire autant.
On restitue un bien volé, sans substitution autorisée.
La liste serait fastidieuse. Gardons l’idée de stabilité, de solidité dans l’attitude, d’insistance dans le cheminement, de résistance face à un obstacle, de constance dans les principes et leur mise en œuvre. D’où l’idée de justice, au sens propre de « droit qui se tient debout », tout comme le témoin *ter-stis, celui qui se tient en tiers entre deux opposés prêts à s’affronter, par la parole ou le geste.
Détester, au sens propre, c’est repousser le témoignage de quelqu’un, protester de sa validité.
Or il s’agit d’exister en se tenant debout, dans la justesse de son comportement, en respectant la nécessaire distance à l’Autre. Une accommodation ni aisée ni évidente, faute de laquelle on court le risque d’affrontements, qui feront vaciller la stature.
Qui dit chute sous-entend réparation du dommage.
Et voici la compensation morale, financière, une restitution exigée à plus ou moins juste titre. Comme pour effacer les instants douloureux, constatés, pour revenir à l’état antérieur.
La restitution comme une indemnisation indispensable des effets du choc.
Mais peut-on, même un bref instant, concevoir de sortir « indemne », c’est-à-dire non blessé, de ce contact, de cette friction permanente et vivifiante qu’est l’existence ? Une traversée sans heurts de la vie ? Alors que « ex-ister » signifie justement « sortir de la simple station debout », cette immobilité stérile de la statue, contraire au mouvement de la vie.
Annick DROGOU
Le double sens du verbe restituer lui procure une sorte de gravité : il s’agit d’abord de rendre ce qui ne nous appartient pas, ce que nous avons reçu ; ensuite, il s’agit de remettre la chose dans son éclat originel. Et comme tout ce que nous possédons nous a été donné, par les générations qui nous ont précédés, par nos éducateurs, par la nature – la vie elle-même, tout est don –, le plus haut devoir de l’homme se trouve dans la restitution.
Quel programme ! Mais restituer n’est pas seulement rendre en l’état ce que nous avons entre les mains comme le voleur restituerait un objet dérobé à son propriétaire. Il ne s’agit pas non plus de recréer ce qui n’existerait plus. Ainsi, comment restituer à nos frères les trésors de sagesse qui nous ont été transmis sans les déformer, sans dégrader le trésor. Restituer, c’est tenter d’extraire la pierre précieuse de la gangue des sédiments qui lui ont fait perdre son éclat. Pour cette restitution, on est un peu comme le restaurateur d’un tableau qui supprime patiemment les couches de vernis qui altèrent l’éclat de l’image, ou comme l’archéologue qui montre l’œuvre dans son état premier malgré les altérations du temps, et en restitue du moins les traces en les plaçant dans leur contexte.
Le patient travail de restitution, c’est pour soi-même qu’il faut l’exécuter, pour prendre pleinement conscience de la valeur du trésor que nous avons en dépôt. Et c’est dans le partage avec les autres que la restitution s’accomplira totalement et se révèlera, contre tous les replis d’avarice, dans une nouvelle dimension qui appelle multiplication et abondance. La restitution, le miroir du don, va toujours avec la joie et l’amour.
Ce numéro de La Plume et la Pensée, la revue maçonnique de la Libre Pensée dans les médias maçonniques, est le supplément 8 ter au numéro 8 de la Plume et la Pensée (à paraître), revue numérique supplément à La Raison.
La Plume et la Pensée est bien plus qu’une simple revue ; c’est une exploration intellectuelle et spirituelle au cœur de la libre pensée et de la franc-maçonnerie, rassemblant les idées et les contributions de plusieurs penseurs. Cette revue se distingue par sa diversité de points de vue, sa richesse thématique, et son engagement profond pour la liberté de conscience et la laïcité.
L’ouvrage, structuré en un seul bloc thématique, nous plonge immédiatement dans une réflexion sur la place de l’homme, du rêve, et de la pensée libre dans la société contemporaine. À travers un langage métaphorique et parfois poétique, l’auteur nous invite à marcher sur le chemin de la réflexion, tout comme le voyageur d’Antonio Machado, où le chemin se crée au fil de nos pas.
Christian Eyschen, rédacteur en chef, introduit ce numéro en posant les fondations des discussions à venir. Il offre un aperçu des réflexions maçonniques et de la libre pensée qui seront explorées à travers les différents articles. Cette introduction vise à connecter les thèmes variés du numéro tout en rappelant les valeurs essentielles de la revue : la liberté de conscience, la tolérance, et la quête de vérité.
La revue propose dans ce numéro une analyse détaillée des différents blogs maçonniques qui jouent un rôle crucial dans la diffusion des idées et des actualités liées à la Franc-Maçonnerie. Parmi les plateformes examinées, on retrouve notamment 450.fm, un journal numérique gratuit dédié à l’art royal qui se distingue par sa couverture exhaustive de la maçonnerie sous tous ses angles. Il rappelle que 450.fm est orientée vers une couverture exhaustive et diversifiée de la franc-maçonnerie, s’efforçant de présenter tous les aspects de cette tradition.
Ce journal se veut un carrefour d’informations où se croisent des analyses, des actualités, des réflexions et des débats liés à la Franc-Maçonnerie. Il couvre l’ensemble des sujets maçonniques, allant des rituels et symboles aux questions contemporaines qui touchent la communauté maçonnique. 450.fm s’engage à offrir une plateforme ouverte, reflétant la diversité des obédiences et des points de vue, tout en assurant une qualité rédactionnelle qui met en lumière la richesse et la complexité du monde maçonnique.
La Plume et la Pensée passe en revue les contributions de divers blogs et sites maçonniques, soulignant leur importance dans l’échange d’informations et de réflexions au sein de la communauté maçonnique.
À commencer par la remarquable revue de la Grande Loge de France Points de vue initiatiques (PVI) et sa « Balade alchimique à Bourges ». Un thème invitant le lecteur à une exploration ésotérique et symbolique de la ville de Bourges, notamment à travers une balade qui mêle alchimie et maçonnerie. L’article associe l’art de l’alchimie, souvent perçu comme une quête de transformation spirituelle, à des lieux spécifiques de Bourges qui résonnent avec les idées initiatiques. Cela peut inclure des édifices, des monuments, ou des sites historiques marqués par la présence de symboles alchimiques.
Et de poursuivre avec le Blog des Spiritualités de Jean-Louis Turbet, un maçon bien connu de la Grande Loge de France (GLDF) et animateur infatigable dudit blog. Un article mettant en avant les sujets traités en liaison la spiritualité, à l’ésotérisme et la franc-maçonnerie. Relevant aussi, avec cette lise en lumière, de l’importance de la réflexion spirituelle dans le contexte maçonnique moderne, ainsi que la diversité des points de vue présentés par Jean-Laurent Turbet. Rappelons que le sous-titre du Blog des Spiritualités est Gnose, Esotérisme, Franc-maçonnerie, Hermétisme, Illuminisme, Initiation, Kabbale, Martinisme, Occultisme, Religions, Rose-Croix, Spiritualités, Symbolisme, Théosophie, et toutes ces sortes de choses…
Ensuite, Hiram.Be est un site internet bien connu dans les cercles maçonniques francophones, dédié à la diffusion d’informations sur la franc-maçonnerie. Cet article semble être une revue ou une discussion sur le rôle et l’influence de ce site dans le paysage maçonnique. Il aborde comment ce « Blog Maçonnique » contribue à la diffusion des idées maçonniques et à l’échange entre différentes obédiences.
Puis, GADLU-INFO, un autre média en ligne consacré à la franc-maçonnerie. L’article propose une analyse du contenu diffusé par ce site, en mettant en avant les actualités, les réflexions, et les débats qui traversent la communauté maçonnique. L’accent est mis aussi sur la manière dont GADLU-INFO informe les francs-maçons ainsi que le public profane sur les mystères et les enjeux de la maçonnerie.
Sous le nom de Sisyphe qui, dans la mythologie grecque est un roi astucieux condamné par les dieux à pousser éternellement un rocher au sommet d’une colline, seulement pour le voir redescendre chaque fois – mythe incarnant l’absurdité d’une tâche sans fin, souvent interprété comme une métaphore de la condition humaine et de la lutte incessante contre l’absurdité de la vie –, se réfère, ici et maintenant, à la revue rendant compte aussi sur des activités et des réflexions de la Grande Loge Mixte de France (GLMF), fondée en 1982. Elle est l’une des principales obédiences maçonniques mixtes en France, accueillant à la fois des hommes et des femmes sur un pied d’égalité. La GLMF est issue de la volonté de créer un espace maçonnique où la mixité est au cœur de la démarche initiatique, reflétant ainsi un engagement pour l’égalité et l’inclusion au sein de la franc-maçonnerie. Depuis sa création, la GLMF a cherché à promouvoir, encore et toujours, des valeurs de liberté de conscience, de laïcité, de tolérance et de fraternité, tout en respectant la diversité des opinions et des croyances de ses membres. L’article explore la richesse des perspectives offertes, notamment dispensées par le biais de sa revue semestrielle Sisyphe.
La Plume et la Pensée revient sur PVI avec l’article« Les métamorphoses d’un hôtel très particulier Histoire de l’immeuble de la Grande Loge de France, rue Puteaux. Paru dans La Plume et la Pensée n°6 (extraits) ».
Il retrace l’évolution fascinante de l’édifice qui abrite la Grande Loge de France (GLDF) au 8 rue Louis Puteaux, à Paris dans le 17e arrondissement. Ce bâtiment, riche d’une histoire pluriséculaire, a connu plusieurs transformations avant de devenir le siège de l’une des principales obédiences maçonniques françaises.
Photo GLDF officiel
Construit à l’origine en 1886 pour abriter un couvent franciscain, cet immeuble a vu ses murs résonner de nombreuses histoires avant d’être racheté par la Grande Loge de France en 1903. Ce changement de propriétaire marque le début d’une nouvelle ère pour le bâtiment, qui est alors réaménagé pour répondre aux besoins spécifiques de la GLDF.
Le bâtiment offre deux magnifique temples :
Le Franklin Roosevelt
Il fut inauguré le 9 décembre 1948 par le Grand Maître George Charidat qui succédait à la Grande Maîtrise à Michel Dumesnil de Gramont qui obtint du Général de Gaulle, en décembre 1943, l’abrogation de toutes les mesures antimaçonniques du gouvernement de Vichy. Une cérémonie qui eut lieu en présence de Madame Éléonore Roosevelt (Franklin Delano Roosevelt, initié le 10 octobre 1911 à la Loge « Holland », à l’orient de New York, 32e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté en 1929, fut un maçon assidu et actif ; il répondit avec bienveillance, en 1938, aux adresses des obédiences européennes devant les menaces de guerre).
Photo GLDF officiel
Le grand Temple, désormais dénommé Pierre Brossolette
En 1947, la Grande Loge de France décide d’aménager la chapelle du couvent qu’elle a acheté en 1911. Le haut de la chapelle est transformé en « grand Temple », le rez-de-chaussée divisé en deux, une grande partie devenant le temple « Franklin Roosevelt » alors que l’ancien chœur de la chapelle est transformé en bibliothèque. Depuis cette époque, le grand Temple n’a pas été modifié dans sa structure ni dans sa décoration, seuls les trois luminaires et les sièges ont été remplacés au fil du temps. Il est à noter que les vitraux de 1895 – de type grisaille – ont été conservés et même préservés.
Pierre Brossolette, à Londres entre 1942 et 1944
Le mobilier néogothique confisqué par le régime de Vichy pour être exposé lors de l’exposition antimaçonnique au Grand Palais en 1940 a retrouvé sa place dans le nouveau grand Temple et l’un des sièges de type cathèdre construit à la fin du XIXe siècle comporte des panneaux de coffre datant du XIVe ou XVe siècle.
Le grand Temple est sans conteste l’un des meilleurs exemples de la transformation d’une architecture dédiée (en l’occurrence religieuse) en une configuration à usage maçonnique.
En juin 2014, la Grande Loge décide de donner au grand temple le nom de Pierre Brossolette, initié à la Grande Loge de France en 1927, à laquelle il restera fidèle jusqu’à son sacrifice suprême en mars 1944.
Joaben, revue du Grand Chapitre Général du Rite Français du Grand Orient de France. L’article détaille le contenu de cette publication, mettant en lumière les discussions autour des hauts grades du Rite Français en s’appuyant sur le numéro hors-série de JOABEN « du 1er au 5e Ordre du Rite Français ». Une remarquable revue incluant des analyses sur l’évolution des rituels, des réflexions historiques, maçonniques ainsi que des riches contributions à la maçonnerie française.
« Louis Lapicque, Homme de Science, Socialiste, Libre Penseur, Franc-Maçon et Résistant » par Dominique Goussot sera, pour nombre de lecteurs, une belle découverte. En effet, Louis Édouard Lapicque, né le 1er août 1866 à Épinal et décédé le 6 décembre 1952 à Paris, était un médecin, physiologiste et anthropologue français. Il est reconnu pour avoir développé le concept de chronaxie, un paramètre clé en électrophysiologie.
Louis_Lapicque – Sourec BIU Santé
Après des études en médecine à Paris, il obtient un doctorat en médecine et en sciences, et devient professeur à la Sorbonne. Lapicque était également un militant républicain et franc-maçon, engagé pour la laïcité et les droits sociaux. Il a joué un rôle actif dans la résistance maçonnique durant la Seconde Guerre mondiale. Dominique Goussot explore la vie et l’œuvre de Lapicque, en soulignant son engagement maçonnique et son rôle dans la Résistance française. C’est une analyse approfondie de la manière dont les convictions personnelles de Lapicque ont façonné ses contributions à la société et à la maçonnerie.
Les dernières pages sont consacrées au sommaire de La Plume et le Pensée N°9, en 2025, sur « Les Francs-Maçons et la Résistance ». Ce dernier thème présente un avant-goût du prochain numéro de La Plume et la Pensée, qui sera donc dédié aux Francs-Maçons ayant joué un rôle dans la Résistance.
Hubert Germain, frère de la Grande Loge de France
Cet article offre un aperçu des sujets qui seront traités, des figures historiques qui seront mises en lumière : Marcelle Alphand (1894-1945)/Martial Brigouleix/Pierre Brossolette (1903-1944)/jean-Jacques Chapou/Michel Dumesnil de Gramont/Colonel Gustave Eychene et Albert Kirchmeyer, fondateurs du seul Réseau maçonnique de Résistance Patriam Recuperare/Hubert Germain/Sylvain Itkine/Louis-Edouard Lapicque/Gaston Pateau (1907-1944)/Général Ambroise Peloquin/Noël Riou (1898-1964)/José Roig (?-1941)/Marc Rucart (1893-1964)/Gaston Thiebault/François Verdier/Georges Zaborowski/Jean Zay.
Un dossier qui déjà s’avère plus que passionnant. Merci, par avance, à La Plume et La Pensée de nous offrir de très beaux textes historiques sur la vie, la pensée et l’œuvre de maçons combattants !
Christian Eyschen
La bio de Christian Eyschen, rédacteur en chef
Christian Eyschen est un acteur incontournable de la Libre Pensée et de la franc-maçonnerie en France. Vice-président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée, il joue un rôle central dans la promotion des idées de laïcité, de tolérance et de liberté de conscience. Érudit et passionné par la réflexion maçonnique, il est également rédacteur en chef de la revue La Raison et de son supplément numérique La Plume et la Pensée, où il occupe une place prépondérante dans l’animation et la rédaction des contenus.
Christian Eyschen est membre du Grand Orient de France et du Rite Écossais Ancien Accepté. Tout au long de sa carrière maçonnique, il s’est fermement opposé à la « guerre des rites », prônant une maçonnerie unie dans sa diversité. Son engagement s’exprime à travers ses nombreux écrits, qui témoignent de son attachement indéfectible aux valeurs humanistes.
Il a également contribué de manière significative à l’ouvrage collectif La Libre Pensée dans la Résistance (Éditions Libertaires, 2024), renforçant ainsi son rôle de penseur engagé.
Ancien cadre à la Sécurité Sociale, président de Mutuelle, syndicaliste à la CGT-FO, et Vénérable Maître au Grand Orient de France, il adhère à la Libre Pensée en 1984 et devient Secrétaire général de l’organisation de 1992 à 2012. En 2011, il a été nommé porte-parole de l’Association Internationale de la Libre Pensée, fondée à Oslo.
Parmi ses publications, on compte La Libre Pensée contre l’Église (FNLP, 1999), L’Église contre la Libre Pensée (FNLP, 2011) et Écrits maçonniques (2002), autant d’ouvrages qui illustrent son combat constant pour la liberté d’expression et la défense des principes républicains.
La Raison, publication de la Fédération Nationale de la Libre Pensée (FNLP)
La revue La Raison est une publication de la Fédération Nationale de la Libre Pensée (FNLP), une organisation profondément enracinée dans l’histoire du rationalisme et de l’anticléricalisme en France. Fondée sur les principes de la libre pensée, La Raison se consacre à la diffusion et à la défense des idées de laïcité, de liberté de conscience, et d’examen critique. La revue couvre un large éventail de sujets, allant des réflexions philosophiques et scientifiques aux analyses politiques et sociales.
Historiquement, La Raison a joué un rôle central dans les débats intellectuels en France, en particulier dans les domaines touchant à la séparation des Églises et de l’État, aux droits de l’homme, et à la promotion de la pensée critique. Elle se distingue par son engagement à offrir une tribune aux voix qui militent pour une société libérée des dogmes religieux et des contraintes idéologiques, tout en promouvant un humanisme basé sur la raison et la science.
La Fédération Nationale de la Libre Pensée, qui édite La Raison, est la plus ancienne association laïque de France, avec des racines remontant au milieu du XIXe siècle. Depuis sa création, la FNLP a rassemblé des individus de tous horizons, unis par un désir commun de promouvoir la liberté de pensée, la tolérance, et le respect des droits de l’individu face aux institutions oppressives. La Raison incarne cette mission en servant de véhicule à la diffusion des idéaux laïques et républicains, en se tenant fermement contre l’influence du cléricalisme et en encourageant le débat public sur les enjeux contemporains.
La Raison n’est pas simplement une revue ; elle est une pierre angulaire du mouvement de la Libre Pensée en France, une plateforme pour ceux qui défendent la liberté d’expression et la primauté de la raison dans tous les aspects de la vie sociale et politique.
La Plume et la Pensée, le supplément numérique gratuit
La Plume et la Pensée est une extension de la revue La Raison. Ce supplément se distingue par sa forme entièrement numérique, accessible gratuitement à tous, ce qui reflète l’engagement de la Fédération pour une diffusion large et libre des idées. La Plume et la Pensée s’inscrit dans la tradition de la libre pensée en abordant des thématiques maçonniques, philosophiques, et sociales sous un angle critique et éclairé.
La revue se positionne comme un espace de réflexion et de partage pour les francs-maçons et les libres penseurs, offrant des articles qui explorent des sujets variés, allant des symboles maçonniques à l’histoire, en passant par des réflexions contemporaines sur la société. Sa gratuité est un choix délibéré pour promouvoir l’accessibilité du savoir et encourager un dialogue ouvert sans barrières financières, en cohérence avec les valeurs de la maçonnerie libérale et de la Libre Pensée.
La Plume et la Penséemet en lumière des analyses approfondies, des critiques d’ouvrages, et des discussions sur des questions maçonniques et laïques, contribuant ainsi à l’enrichissement du débat intellectuel. Elle se veut également un lieu de rassemblement pour ceux qui cherchent à concilier tradition et modernité dans une quête constante de vérité et de compréhension.
La Plume et la Pensée se révèle être une revue indispensable pour tout chercheur de vérité, qu’il soit maçon ou profane. Il incarne l’essence même de la pensée libre, prônant une maçonnerie ouverte, tolérante, et engagée dans la quête de la vérité. Christian Eyschen, à travers cette revue, nous rappelle l’importance de la réflexion intellectuelle et de l’engagement dans la société, en nous invitant à marcher sur le chemin de la connaissance et de la liberté.
La Plume et la Pensée – Le rêve est le propre de l’Homme
Collectif–Fédération Nationale de la Libre Pensée, 8 ter, 2024, 32 pages, édition numérique gratuite. À lire ICI.
BRÉSIL : La Journée de la franc-maçonnerie a été célébrée dans l’après-midi du mardi 20, lors d’une séance extraordinaire tenue à l’Assemblée législative de Sergipe. La date a été inscrite dans le calendrier culturel de l’État avec la sanction de la loi 8.259/2017, initiée par le député d’État Luciano Pimentel (Progressistas), qui a dirigé l’hommage à la franc-maçonnerie.
Selon le parlementaire, au Brésil, l’influence des francs-maçons est présente depuis les premiers mouvements en faveur de l’indépendance, en passant par l’abolition de l’esclavage et la proclamation de la république.
« Des hommes comme José Bonifácio, Gonçalves Ledo et Dom Pedro I, entre autres, ont trouvé dans la franc-maçonnerie l’espace pour articuler et promouvoir les idéaux qui ont façonné les fondements de notre patrie », a souligné Pimentel dans un discours.
Selon Luciano, les Loges maçonniques ont soutenu des initiatives visant à la formation morale et intellectuelle des citoyens, réaffirmant leur engagement à construire une société plus éclairée et plus solidaire.
« La franc-maçonnerie Sergipe, guidée par les principes de l’amour fraternel, la pratique de la charité et la recherche de la vérité, se consacre à mener de nombreuses activités philanthropiques, telles que l’éducation des enfants et des adultes ; la protection des personnes âgées et les soins de santé, en plus des campagnes de lutte contre la drogue », a souligné Pimentel.
En conclusion de son discours, le député a félicité la franc-maçonnerie pour le travail silencieux et infatigable que l’ordre ancien accomplit dans la société. « Félicitations à tous les francs-maçons de Sergipe ! Puissions-nous nous inspirer de l’exemple de la franc-maçonnerie et avancer, en travaillant ensemble pour le progrès social et la construction d’une société plus juste. Vive la franc-maçonnerie Sergipe !
Diplôme de mérite
La Session Spéciale a été marquée par la remise du Diplôme d’Honneur au Mérite accordé par le Pouvoir Législatif au Grand Maître de la Grande Loge Maçonnique de l’État de Sergipe, José Genival de Andrade, et au Maître Maçon du Grand Orient de Le Brésil à Sergipe, Fernando Augusto de Abreu Coelho.
« La franc-maçonnerie est une institution philosophique, philanthropique, éducative et progressiste qui vise à contribuer au développement humain et social de tous. Représenter notre ordre fraternel à cette séance et être honoré de cet honneur est une immense joie. Je suis reconnaissant pour cet honneur et je suis ravi d’être le Grand Maître depuis six mois et d’avoir déjà l’opportunité de recevoir un tel honneur », a souligné le Grand Maître de la Grande Loge Maçonnique de l’État de Sergipe, José Genival.
Pour le Maître Franc-Maçon du Grand Orient du Brésil à Sergipe, Fernando Augusto de Abreu, célébrer la Journée de la Franc-Maçonnerie est une action importante pour diffuser les activités de la Franc-Maçonnerie dans l’État. « Chaque Loge maçonnique a son propre travail, mais nous pouvons aussi développer des activités de manière intégrée. Notre objectif est d’améliorer l’environnement dans lequel nous vivons et celui de la société dans son ensemble. En ce sens, célébrer ici cette date est une manière de montrer ce que nous faisons pour le bien de notre société. Cet hommage est très valable et fait l’éloge de notre commande.
L’événement a réuni des francs-maçons de l’État qui, aux côtés de représentants des Fraternités féminines et de l’Action Paramaçonnique de la Jeunesse, ont assisté à la séance plénière de la Chambre Législative.
La Franc-Maçonnerie peut et doit être fière de ses bonnes œuvres caritatives. Plusieurs de nos organismes soutiennent des projets spécifiques. Les Shriners soignent les enfants handicapés et donnent une nouvelle vie aux victimes de brûlures en soutenant les hôpitaux pour enfants handicapés et les unités de soins aux brûlés du Shrine. La juridiction du nord du rite écossais a depuis longtemps fait de la recherche sur la schizophrénie sa principale activité caritative, tandis que la juridiction du sud soutient deux hôpitaux et parraine un programme d’aphasie destiné à aider les enfants souffrant de troubles du langage.
Les Templiers soutiennent une fondation pour les yeux et les francs-maçons de l’Arche royale contribuent à la recherche sur les troubles de la perception auditive chez les enfants dans tout le pays. La liste est longue.
Aider les enfants handicapés à marcher, rendre la parole aux enfants sans voix ou redonner la vue grâce à une greffe de cornée ne sont pas des miracles médicaux. Ils représentent l’aboutissement de nombreuses études de recherche fondamentale qui, mises bout à bout, constituent la base d’avancées majeures en médecine. Les antibiotiques, les stimulateurs cardiaques et les greffes d’organes ont considérablement amélioré notre qualité de vie. Toutes ces avancées qui sauvent des vies et améliorent la santé sont devenues une réalité grâce à la recherche biomédicale fondamentale.
La recherche fondamentale en sciences biomédicales implique des études fondamentales sur les processus vitaux dont l’objectif principal est d’obtenir une compréhension des organismes vivants. Il s’agit de la forme la plus pure de recherche qui vise à fournir la compréhension la plus complète du fonctionnement des cellules, des tissus et des organes, tant dans des états normaux que pathologiques.
Aujourd’hui, les médecins remplacent des organes entiers, vaporisent des tumeurs au laser, créent des bébés éprouvettes et clonent des gènes. Les scientifiques et les médecins commencent tout juste à traiter les artères obstruées à l’aide de médicaments, de lasers et d’angioplastie. Ces avancées technologiques pourraient rendre le pontage coronarien obsolète d’ici le 21e siècle . De nombreuses transplantations de reins et d’autres organes pratiquées aujourd’hui ne seraient pas possibles sans la cyclosporine, un médicament anti-rejet, développé à la suite de recherches fondamentales menées sur un champignon du sol norvégien. La chirurgie à cœur ouvert ne serait pas possible aujourd’hui sans les milliers de découvertes issues de la recherche fondamentale sur la coagulation du sang, le battement du cœur ou la façon dont les antibiotiques combattent les infections.
La beauté de la recherche fondamentale réside dans le fait qu’elle s’aventure là où personne n’est jamais allé auparavant, à la frontière inexplorée de la science médicale. Des découvertes scientifiques se produisent tous les jours dans les laboratoires du monde entier, certaines passent inaperçues tandis que d’autres sont largement saluées. Chaque expérience apporte des réponses ou des pièces d’un puzzle qui, une fois assemblées, constituent la base des traitements et des remèdes. C’est le type de recherche menée au Masonic Medical Research Laboratory d’Utica, dans l’État de New York.
L’histoire du Laboratoire de recherche médicale maçonnique remonte à 1947, lorsque la Grande Loge de New York, sous la direction du Grand Maître Gay H. Brown, créa la Fondation maçonnique pour la recherche médicale et le bien-être humain. Au cours de ses premières années, la fondation a alloué près de 1,5 million de dollars à des programmes de recherche consacrés à l’élimination du rhumatisme articulaire aigu.
En 1954, MW Raymond C. Ellis, pendant son mandat de Grand Maître, conçut l’idée d’un laboratoire de recherche médicale soutenu par la Fraternité. Dédié à la recherche fondamentale, le laboratoire de recherche médicale maçonnique incarnerait l’essence même du travail charitable de la Fraternité. En juin 1958, le rêve de Raymond C. Ellis devint réalité.
Depuis sa fondation, le Masonic Medical Research Laboratory a acquis une renommée internationale en tant qu’institut médical, notamment dans le domaine des maladies cardiaques. Au cours des 30 dernières années, il a acquis la réputation d’être l’un des meilleurs instituts de recherche biomédicale de sa taille au monde.
Le plus important programme de recherche du laboratoire porte sur les maladies cardiaques, en particulier celles qui s’appliquent aux rythmes cardiaques anormaux, appelés arythmies cardiaques. Les cardiologues expérimentaux du laboratoire ont contribué de manière importante à la délimitation et à la découverte d’un certain nombre de mécanismes qui contribuent aux troubles du rythme cardiaque potentiellement mortels. Plus récemment, ils ont démontré des différences majeures dans l’activité électrique des muscles internes et externes du cœur (endocarde ventriculaire et épicarde), une découverte qui pourrait améliorer notre compréhension de certaines formes d’arythmies cardiaques et d’un certain nombre de phénomènes jusqu’alors inexpliqués observés dans l’ECG des patients. Ces découvertes aident également à expliquer les différentes sensibilités des muscles internes et externes du cœur aux lésions ischémiques qui se produisent lors d’une crise cardiaque. De plus, ces études ont montré pour la première fois que les médicaments peuvent exercer des effets très différents sur ces deux types de tissu cardiaque, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle voie de recherche pharmacologique.
Des études récemment entreprises par des scientifiques de notre programme sur le cancer pourraient aider à expliquer la cause principale de l’athérosclérose et le rôle des huiles de poisson dans la prévention des lésions des artères. Cette maladie est responsable de la plupart des décès dus aux maladies coronariennes et autres maladies artérielles (par exemple, crise cardiaque et accident vasculaire cérébral). Des études récentes suggèrent que l’artériosclérose, une cause majeure de mortalité aux États-Unis, pourrait en fait être une forme de tumeur qui affecte la paroi des artères, bien que l’apparition et la progression de la maladie soient clairement influencées par d’autres facteurs, notamment l’hypertension, le cholestérol et les graisses.
Ces chercheurs ont également montré que le benzo(a)pyrène, un polluant environnemental courant et un composant cancérigène de la fumée de cigarette, peut contribuer à l’athérosclérose conduisant à un accident vasculaire cérébral et à une crise cardiaque.
Les chercheurs du programme d’hypertension se sont récemment lancés dans une étude immunologique pour déterminer la cause de l’hypertension. Il semble de plus en plus évident que le système immunitaire pourrait contribuer à la maladie. Des études récentes suggèrent que dans certains cas, le corps peut traiter ses propres vaisseaux sanguins comme des matières étrangères et déclencher une réaction allergique chronique à leur égard. Ce type d’auto-immunité pourrait expliquer certaines caractéristiques de l’hypertension. Les scientifiques du programme de gérontologie étudient actuellement l’accumulation de cadmium, de fer et d’aluminium dans le corps en fonction de l’âge. Ils ont démontré que ces ions métalliques s’accumulent de manière importante avec l’âge.
Le cadmium est connu pour être associé à la formation de cancer et à l’hypertension artérielle. Des recherches ont montré qu’un excès de fer peut provoquer une anémie plutôt que de la réduire. On soupçonne l’aluminium d’être lié à la maladie d’Alzheimer chez les animaux ; les résultats ne sont pas définitifs en ce qui concerne les humains. L’aluminium a également été lié à l’ostéoporose ou à la fragilité des os, une affection courante chez les personnes âgées. Les recherches continuent de trouver un moyen de neutraliser les effets de ces substances dans l’organisme.
La peur du sida et les idées fausses sur la maladie continuent de nuire à la diminution des réserves de sang et ont accru le besoin d’un substitut sanguin. Les recherches menées au laboratoire visent à mettre au point un substitut sanguin qui aurait toutes les propriétés d’un succédané du plasma, mais serait également capable de transporter l’oxygène. Ce substitut est constitué d’hémoglobine extraite du sang et ensuite complexée avec de l’amidon. Cette technique permet d’obtenir un produit lyophilisé qui peut être reconstitué par ajout d’eau. Il est conçu pour être exempt d’agents infectieux tels que les virus du sida et de l’hépatite, ne nécessitera pas de détermination du groupe sanguin et aura une durée de conservation de plusieurs années. L’application de ce substitut sanguin pourrait améliorer la mémoire, l’efficacité des médicaments et le transport de l’oxygène chez les personnes âgées. Plus important encore, ce développement pourrait conduire à un sang lyophilisé personnalisé.
Combien nos vies seraient différentes si des hommes comme Pasteur, Fleming, Salk ou Barnard, pour ne citer que quelques exemples, ne s’étaient pas consacrés à la science ou n’avaient pas reçu les ressources nécessaires pour mener à bien leur travail. Aujourd’hui, la pasteurisation, la pénicilline, le vaccin contre la polio et la chirurgie à cœur ouvert sont considérés comme allant de soi. La variole, la polio, la pneumonie, le rhumatisme articulaire aigu et une longue liste d’autres maladies ne sont plus les terribles paralysants et meurtriers qu’ils étaient autrefois. La recherche biomédicale a rendu ces progrès possibles.
Tout comme les pierres sculptées qui composent les cathédrales d’Europe représentent le fier passé de la maçonnerie opérative, les bonnes œuvres charitables de la maçonnerie spéculative constituent notre héritage pour l’avenir. Chacune à sa manière, elles rayonnent la lumière de la maçonnerie dans le monde entier. Notre héritage maçonnique nous invite à laisser ce monde dans un meilleur état que celui dans lequel nous l’avons trouvé. Quelle meilleure façon pour la maçonnerie d’atteindre cet objectif que par le soutien de « LA FENÊTRE DE LA MAÇONNERIE SUR LE MONDE ». Pour plus d’informations, veuillez écrire à : Masonic Medical Research Laboratory 2150 Bleecker St. Utica, NY 13501 1787 (315) 735-2217
RW. et le Dr Charles Antzelevitch Directeur exécutif et directeur de recherche RW Ronald P. Kamp Directeur du développement et communication
Il est strictement interdit aux catholiques d’être francs-maçons ou d’appartenir à la franc-maçonnerie. Voici sept faits à connaître pour ne pas se tromper sur le sujet. Récemment, le père Eduardo Hayen, prêtre mexicain du diocèse de Ciudad Juárez et directeur de l’hebdomadaire « Presencia », a souligné sur X qu’« un prêtre catholique ne peut pas donner l’absolution sacramentelle à un franc-maçon qui demande la confession et refuse de renoncer à la franc-maçonnerie ».
« Peu importe à quel point certains francs-maçons insistent sur le fait qu’on peut être catholique et appartenir à une loge, la réalité est que ces deux visions du monde et de Dieu sont irréconciliables », a-t-il averti.
1. L’idée de Dieu
Vatican à Rome. Basilique Saint-Pierre
Le prêtre, qui s’exprime ouvertement, a expliqué que l’idée de Dieu « pour les francs-maçons est dictée par la raison, tandis que pour les catholiques, elle est donnée par la Révélation de Dieu en Jésus-Christ ».
« Pour la Franc-Maçonnerie, Dieu est le Grand Architecte de l’Univers, mais elle nie que Jésus soit engendré et non créé, de la même nature que le Père, Dieu de Dieu, Lumière de Lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, qui s’est incarné et a parlé à tous les hommes pour leur offrir le salut », comme le déclare le Credo de Nicée de l’Église catholique.
2. Relativisme
Père Eduardo Hayen parroco
Hayen prévient ensuite que « tandis que la franc-maçonnerie accueille toutes les religions dans un relativisme religieux, le catholicisme exige une soumission aimante au seul vrai Dieu, ainsi que le renoncement à toutes les croyances opposées au Dieu révélé par le Christ ».
3. Les « mystères » maçonniques
Le prêtre mexicain a également souligné que « la franc-maçonnerie étudie des « mystères » qui ne sont révélés qu’à quelques initiés qui atteignent des niveaux plus élevés de connaissance de ces énigmes. Le catholique, en revanche, connaît le Grand Mystère qui est resté caché pendant des siècles et qui a été révélé dans la plénitude des temps, lorsque le Verbe s’est fait homme ».
« Ce « Grand Mystère » n’est pas pour quelques-uns, mais pour toute l’humanité : l’homme est immensément aimé de Dieu et est appelé à participer, dans le Christ, à la même vie divine ici sur terre et dans l’éternité », souligne Hayen.
4. La fraternité dans la franc-maçonnerie
Se retrouver ensemble dans un même but
« La fraternité dans la franc-maçonnerie vient des idéaux de la Révolution française : c’est l’idée générique d’être frères seulement parce que nous sommes de la même race humaine », explique le prêtre mexicain.
« Être frères pour les catholiques, c’est d’abord reconnaître la source de la fraternité, qui est Dieu le Père, qui a donné son Fils Jésus-Christ pour nous faire fils dans le Fils », qui se donne lui-même pour nous tous quotidiennement dans l’Eucharistie.
5. Philanthropie maçonnique contre charité chrétienne
Hayen a également noté que « la charité chrétienne est différente de la philanthropie maçonnique. Les francs-maçons disent qu’elle est basée sur le fait de faire le bien, mais quel bien ? Pour eux, il n’y a pas de morale basée sur la loi naturelle et les Dix Commandements. En fait, la promotion de l’avortement, de l’euthanasie et du mariage homosexuel sont d’inspiration maçonnique. Ils fondent leurs actions sur le relativisme moral et doctrinal. »
Le prêtre a souligné que « pour les catholiques, en revanche, la charité s’inspire du commandement de l’amour du Christ : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés » (Jn 13, 34), et c’est le Christ lui-même qui vit dans ses frères : « Amen, je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). »
6. Que dit l’Église catholique à propos des francs-maçons ?
Place Saint Pierre – Le Vatican
Le Code de droit canonique établit dans le canon 1374 que « Celui qui s’inscrit dans une association qui complote contre l’Église sera puni d’une juste peine ; celui qui promeut ou occupe une fonction dans une telle association sera puni d’interdit. »
D’une manière générale, un interdit peut être défini comme une peine canonique ou une censure qui, bien qu’elle ne rompe pas la communion avec l’Église comme l’excommunication, prive la personne de célébrer ou de participer aux sacrements.
La rédaction du Code de droit canonique approuvé en 1983 diffère de celle de 1917 sur deux points : la peine n’est pas automatique et il n’y a aucune mention explicite de la franc-maçonnerie.
En réponse à cela, le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation – aujourd’hui Dicastère – pour la doctrine de la foi au Vatican, a publié en 1983 la « Déclaration sur la franc-maçonnerie ».
Ce texte du futur pape Benoît XVI souligne que « le jugement négatif de l’Église à l’égard des associations maçonniques reste inchangé puisque leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Église ».
« L’adhésion à ces associations demeure donc interdite. Les fidèles qui s’inscrivent dans des associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent recevoir la Sainte Communion », déclare le texte.
7. Le dernier document du Vatican sur les francs-maçons
Le 15 novembre 2023, le Vatican a réaffirmé que les catholiques ne peuvent pas appartenir à la franc-maçonnerie et qu’il leur est interdit de rejoindre une loge en raison de leur « irréconciliabilité » avec la doctrine catholique.
Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a fait cette déclaration dans un document rendu public à l’époque, signé par son préfet, le cardinal Víctor Manuel Fernández, un texte approuvé par le pape François.
La lettre a été publiée en réponse à une question de l’évêque Julito Cortes du diocèse de Dumaguete aux Philippines, qui a exprimé au Saint-Siège son inquiétude quant à la situation dans son diocèse causée par « l’augmentation continue du nombre de fidèles » qui rejoignent la franc-maçonnerie.
Cet article a été publié pour la première fois par ACI Prensa, le partenaire d’information en langue espagnole de CNA. Il a été traduit et adapté par CNA.
« Rouge », titre du vingt-huitième volume de la collection des Essais Écossais, se présente comme une exploration profonde et symbolique de la couleur rouge dans le cadre des rituels maçonniques et au-delà.
Cette œuvre collective, réalisée sous l’égide du Chapitre Germain Hacquet, résume un travail de réflexion intense mené pendant trois ans par des contributeurs appartenant à la haute juridiction du Grand Collège des Rites Écossais – Suprême Conseil du 33e degré en France – Grand Orient de France. Le texte se distingue par son ambition de plonger au cœur de la symbolique du rouge, une couleur à la fois universelle et particulière, omniprésente dans l’histoire de l’humanité, et qui trouve un écho particulier dans les pratiques et les traditions maçonniques.
Christian Confortini, Grand Commandeur du Grand Collège des Rites Écossais – Grand Orient de France
Dès la préface rédigée par Christian Confortini, Grand Commandeur du Grand Collège des Rites Écossais – Grand Orient de France – dont le rôle est de guider les travaux rituels et de promouvoir les valeurs de fraternité et d’universalité au sein du Rite Écossais –, le rouge est décrit comme la couleur de l’amour, de la fraternité, mais aussi de la lutte contre l’indifférence et l’inaction. Le rouge est ici présenté comme le fil conducteur de l’expérience humaine, un symbole qui transcende les cultures et les frontières, rappelant aux Chevaliers Rose Croix leur engagement à réunir « tous les Hommes d’un esprit éclairé ». Christian Confortini évoque la dualité du rouge, une couleur à la fois de vie et de mort, de lumière et de feu, symbolisant ainsi les extrêmes de l’existence humaine. Il souligne également la liberté que cette couleur incarne, une liberté qui éclaire le chemin de vie des maçons, les invitant à ne jamais perdre de vue la flamme de l’amour et de la fraternité qui doit brûler en chacun d’eux.
L’avant-propos d’Hervé Le Guern introduit l’ouvrage comme le fruit des réflexions du Chapitre Germain Hacquet, soulignant l’importance de ce travail dans le cadre des publications du Grand Orient de France. Il insiste sur la continuité de ce volume avec les précédents de la collection, Le Voile et Le Noir, réalisés par la loge de perfection, en rappelant que Rouge s’inscrit dans une tradition de travail en loge visant à partager des réflexions d’intérêt pour tous les lecteurs des publications maçonniques. Il précise que le rouge, couleur du Chapitre, est un symbole écossais par excellence, une image du Rite Écossais Ancien Accepté, et que cet ouvrage reflète la diversité des pensées au sein de la franc-maçonnerie, tout en restant fidèle à l’esprit de fraternité qui caractérise les travaux des ateliers Germain Hacquet.
Jean-Luc Le Bras
L’ouvrage se compose de plusieurs essais qui explorent chacun un aspect particulier de la symbolique du rouge. Jean-Luc Le Bras ouvre la discussion avec un texte sur « Le symbolisme du sang dans les anciens rituels maçonniques », où il examine la place du sang, et par extension du rouge, dans les pratiques rituelles historiques, mettant en lumière sa dimension sacrée et universelle.
Reconstitution du temple de Jupiter Capitolin à Rome -Wikimedia Commons
Temple Jupiter Optimus – Denier romain de 78 av. J.-C. montrant au revers le second temple – Wikiumedia Commons
Lionel Pourtau, avec « Jupiter Capitolin empourpré ou le chemin des hommes faits Dieux », suit cette analyse en s’intéressant au rôle du rouge et du pourpre dans les mythes anciens, et notamment dans la représentation des dieux et des héros et plus particulièrement avec Jupiter, le roi des dieux dans la mythologie romaine. Cette exploration mythologique du rouge souligne son lien avec la divinité et le pouvoir, une association qui trouve encore un écho dans les rituels contemporains.
Le pourpre
L’image de Jupiter Capitolin « empourpré » renvoyant aussi à l’idée de la divinisation des hommes à travers l’accès au pouvoir suprême, à l’immortalité, ou à l’élévation spirituelle. Le rouge, dans ce contexte, symbolise non seulement le pouvoir temporel et l’autorité divine, mais aussi le chemin initiatique que doivent emprunter les hommes pour s’élever au rang des dieux, pour atteindre une forme de transcendance. Ce processus initiatique, symbolisé par la couleur rouge – couleur du feu et du sang, représente à la fois la vie et la mort, la passion et la raison – peut être interprété comme une métaphore de la transformation intérieure que subissent les initiés au sein des rituels maçonniques.
Le rouge
Jean-Louis Bischoff poursuit avec « Rouge s/amour », un essai poétique qui explore la relation intime entre le rouge et l’amour, non seulement dans sa dimension charnelle mais aussi spirituelle. Cette exploration est suivie par l’analyse historique de Jean-Pierre Villain sur « Le symbolisme du rouge au XVIIIe siècle », qui replace la couleur dans le contexte de son époque, marquée par des révolutions et des bouleversements sociaux. Michel Barat contribue avec « Rouge : symbole écossais », un texte qui approfondit la relation spécifique entre le rouge et le Rite Écossais, soulignant la manière dont cette couleur incarne les valeurs et les idéaux du rite.
Frank Jamet, avec « Le coup de rouge : une voie pour le Chevalier Rose Croix », explore la signification du rouge pour le Chevalier Rose Croix, en s’appuyant sur des éléments symboliques et rituels propres à ce degré de la franc-maçonnerie. Et de commencer par analyser les notions de « Coup de rouge » et l’expression « Mettre de l’eau dans son vin », tout en étudiant l’inverse, soit « Mettre du vin dans son eau »… Il nous entretient aussi, dans les religions, des cérémonies de purification (eau, sang ou huile). Marc Lebiez et Yves Leonard, avec leurs essais respectifs « La couleur rouge » et « Rouge comme un œillet d’avril », poursuivent cette exploration en analysant le rouge sous différentes perspectives symboliques et historiques. L’Œillet d’avril faisant bien évidemment référence à la Révolution des Œillets du 25 avril 1974 au Portugal, un coup d’État militaire pacifique qui a renversé la dictature de l’Estado Novo. Les soldats et les citoyens portaient des œillets rouges, symboles de liberté, dans les canons des fusils pour célébrer la fin de près de 50 ans de régime autoritaire et le début de la démocratie au Portugal.
Jacques Orefice clôt le recueil avec une réflexion sur « Le sang a-t-il un genre dans les rituels du 18e degré ? », une question qui ouvre sur des considérations profondes concernant la symbolique du sang et sa représentation dans les rites maçonniques.
Les différents contributeurs, chacun avec leur approche unique, apportent une richesse de perspectives qui rendent cet ouvrage indispensable pour ceux qui s’intéressent à la symbolique du rouge dans la franc-maçonnerie. Les essais sont autant de facettes d’une même pierre précieuse, un prisme à travers lequel la lumière du rouge se décompose en une multitude de significations. La couleur rouge, ici, n’est pas seulement une teinte, mais un concept vivant, vibrant, qui continue de résonner dans les rituels et les pratiques maçonniques modernes.
De plus, l’inclusion de « Débats » à la fin des textes enrichit considérablement la portée et la profondeur de l’œuvre en offrant plusieurs avantages clés. Cette confrontation d’idées éclaire les différentes perspectives et nuances autour de la symbolique du rouge, permettant aux lecteurs de voir comment une même couleur peut être interprétée et signifiée de multiples façons selon les contextes historiques, culturels, et philosophiques. Cela offre aux lecteurs une opportunité d’aller plus loin dans leur réflexion et d’acquérir une vision plus critique et nuancée du sujet.
Rouge est donc bien plus qu’un simple volume de la collection Essais Écossais. Il s’agit d’un véritable traité symbolique qui invite chacun à une exploration intérieure profonde à travers une couleur qui ne cesse de fasciner et de résonner dans les pratiques humaines depuis des millénaires. Ce livre s’adresse non seulement aux francs-maçons mais à tous ceux qui cherchent à comprendre les mystères de la symbolique des couleurs dans l’histoire et les rituels.
Les Entretiens d’Été du Collège Maçonnique ont l’honneur de vous inviter à une soirée exceptionnelle et une belle rencontre. Avec Damien Mougin, un leader humaniste au service de l’Humanité, le 29 jeudi 29 août 2024 à 19h30, via Zoom.
Sur la thématique estivale « Quelle modernité pour les Vertus ? », Damien Mougin interviendra sur « Albert Schweitzer : le courage au service de la fraternité ».
Cette rencontre sera aussi une occasion unique de découvrir le parcours inspirant de Damien Mougin et d’échanger sur les défis contemporains que rencontrent les vertus humanistes dans notre monde actuel.
Damien Mougin : un leadership inspiré au service de l’Humanité
Damien Mougin incarne l’exemple d’un engagement constant et passionné au service de causes humanistes, guidé par des valeurs profondes et un sens aigu de la solidarité. Son parcours, à la fois riche et diversifié, témoigne d’une volonté inébranlable de mettre ses compétences au service des autres, que ce soit dans le domaine de la santé, du développement touristique ou dans des missions humanitaires en Afrique.
Damien Mougin
Un parcours atypique et multi-facettes
Damien Mougin commence sa carrière dans le secteur de la gestion des entreprises hôtelières et touristiques. Rapidement, il devient consultant en développement touristique, démontrant ainsi une capacité à innover et à restructurer des entreprises avec succès. Cette première expérience le conduit à diriger une entreprise familiale, où il met en œuvre des stratégies de restructuration qui marqueront durablement la viabilité de celle-ci.
Son parcours professionnel prend un tournant décisif lorsqu’il se dirige vers le secteur de la santé. Damien Mougin devient successivement Directeur Général de cliniques appartenant au groupe CLININVEST-SUEZ, puis Président du Directoire de TONKIN Investissements à Lyon. Dans ce cadre, il supervise un ensemble de huit sociétés d’exploitation, comprenant 2500 salariés et 350 médecins. Sa gestion efficace et son leadership visionnaire permettent à ces entités de prospérer dans un environnement de plus en plus complexe.
Son engagement humanitaire et sa vision humaniste
Lambaréné au Gabon, ancien Hôpital Albert Schweitzer
Animé par des valeurs humanistes profondes, Damien Mougin se tourne vers l’Afrique pour poursuivre son engagement en tant que Directeur Général de l’Hôpital Albert Schweitzer à Lambaréné, au Gabon, tout en assurant simultanément la direction de la Fondation Albert Schweitzer. Sous sa direction, ces institutions continuent d’incarner l’héritage de Schweitzer, un modèle de fraternité et de respect de la vie.
Quelques années plus tard, Damien Mougin met son expertise au service d’une société d’économie mixte qu’il crée et pilote dans le cadre d’une délégation de services publics. Cette initiative est un nouvel exemple de son engagement à utiliser ses compétences pour le bien commun.
Aujourd’hui, il occupe le poste de directeur de transition pour des collectivités territoriales en France, tout en poursuivant des missions humanitaires en Afrique, notamment dans la lutte contre le Sida, la santé communautaire et la production d’eau potable. Ces actions témoignent de son dévouement continu à des causes humanitaires de premier ordre.
Une influence marquante et durable
Damien Mougin occupe plusieurs rôles clés dans des organisations prestigieuses. Il est vice-président de la Fondation Internationale de l’Hôpital Albert Schweitzer à Lambaréné, ancien Président de l’Association des musées d’Alsace, Président de l’Association Française des Amis d’Albert Schweitzer (AFAAS), et administrateur de Tourisme sans Frontière.
Il préside également l’Association du Musée Schweitzer de Kaysersberg, où il continue de promouvoir l’héritage de Schweitzer à travers des initiatives culturelles et éducatives.
En tant que rédacteur en chef des Cahiers Albert Schweitzer et des Études Schweitzériennes, Damien Mougin contribue à la diffusion de la pensée et de l’œuvre d’Albert Schweitzer, ajoutant une dimension intellectuelle à son engagement pratique.
Les modérateurs
– Sylvie Pierre, Maître de conférences à l’Université, Sciences de l’information et de la communication, Membre de la Loge Nationale de Recherche de la Grande Loge Féminine de France
– Franco Huard, Directeur Consultant Qualité Informatique (CGI Canada) ; Directeur du Media “Sous le bandeau“, Grande Loge ANI du Canada
Les organisateurs
– Alain-Noël Dubart, Ancien Grand Maître de la Grande Loge de France
– Marie-Thérèse Besson, Ancienne Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France
Nous espérons vous retrouver nombreux pour cette soirée qui promet d’être riche en enseignements et en échanges.
En Franc-maçonnerie, de Narcisse en Alice, grâce au symbole du Miroir, certains Rites et Rituels nous proposent une quête de nos profondeurs afin d’opérer en nous la promesse de l’aube proposée par la Voie de l’Art Royal. C’est en plongeant à travers sa symbolique proposée par la démarche initiatique que nous pourrons, de spirale en spirale, tenter de résoudre l’éternelle question la plus intime qui soit : qui suis-je ?
Nous nous trouvons tous, un jour ou l’autre, confrontée à notre image. La façon dont nous agissons ou réagissons face à cette image fait aussi de nous ce que nous sommes. Si, en société, notre image nous est renvoyée tronquée par notre ego et le regard de l’Autre, au cœur de notre solitude matinale c’est à une fine et fragile couche de sable chauffée, doublée d’une couche réfléchissante d’aluminium ou d’argent et d’un tain fait de plomb ou de cuivre que nous confions la responsabilité de notre image lors de nos ablutions hygiéniques journalières. Ce n’est qu’après cette première étape de l’intime que nous confions à l’Autre notre image illusoirement maîtrisée. Certains l’expose au monde par l’intercession réflexive de leur téléphone portable afin de se réaliser dans la réalité au silicium anthropocène de nos réalités augmentées. Ce reflet de Narcisse devient alors accessible à tous dans l’espérance d’une universalité que l’on voudrait pourtant unique…. Cathédrales de sable érigées sur le sable comptant les heures bleues avec la fragilité annoncée d’un verre à peine refroidit… mais… sans moi… sans l’autre… qui suis-je? En soi, avec l’autre, serions-nous “nous” tout en étant “je” ?
Le Miroir de Narcisse : Connais-toi toi-même…
Je n’ai pas de réponse définitive à ces si vastes sujets toujours en mouvement. L’image que j’ai de moi me renvoie plus au Mercure qu’au Soufre ou au Sel. De ce fait, je ne peux que partager ici les intuitions que j’ai reçues, par l’Initiation que j’ai vécue, au Rite Écossais Ancien et Accepté de la Grande Loge de France et la Connaissance que j’ai tirée de mon Chemin de vie et artistique.
En Franc-maçonnerie, le Miroir m’a présenté une première porte possible dès le Cabinet de Réflexion(s), la seconde m’est apparue dans la Chaîne d’Union. Si j’ai franchi allègrement la surface de la seconde Porte-Miroir en jouant les Alice j’avais oublié la première! Les épreuves m’ont vite fait comprendre que dans un premier temps, il serait au plan initiatique, plus question de Narcisse que d’Alice ! Il s’est opéré lors de l’ouverture de ce premier rideau initiatique une diffraction optique de l’image que j’avais de moi-même. Elle a retrouvé son unité lors de mon troisième acte. « À nos actes manqués ! » nous disent les ménestrels et les alchimistes de l’âme. Freud parlait lui d’Unheimlich.
Dans ma quête artistique, j’ai pu conter mes explorations dans un travail, présenté sur table au jury de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles. Ce projet d’installation artistique, initiatique et surréaliste avait pour nom Unheimlich. Il m’a permis de valider le Master 2 de cette école consacrée à la photographie plasticienne. A l’origine, ce travail était une Planche s’appuyant sur l’image et la langue des oiseaux et présentée en vidéo-projection en Loge sous le nom “Le testament de Narcisse”.
Dans cette quête des profondeurs nous invitant à explorer notre Nadir, il convient de rencontrer des nautoniers avisés. Dans son œuvre, Carl Gustav Jung prévient, des risques encourus, l’explorateur imprudent qui se laisserait griser par la narcose, tout en attestant de la qualité du minerai rencontré lors de ses plongées. C’est aux Sœurs et Frères entourant l’Apprenti de veiller, autant que faire ce peu à ce que par l’ivresse des profondeurs, il ne devienne pas lui-même la part des anges de son exploration. Cependant le juste équilibre individuel est à trouver car de ce minerai récolté dépend le Grand Œuvre de ce énième apprenti “Capitaine Nemo” parfois imprudent. Si en latin “Nemo” signifie “personne” on lui trouve d’autres sens dans d’autres langues : livre, rectangle, homme, distribuer, partager…
« Celui qui combat des monstres doit prendre garde à ne pas devenir monstre lui-même. Et si tu regardes longtemps un abîme, l’abîme regarde aussi en toi. »
Aphorisme 146 – Par delà le bien et le mal – Friedrich Nietzsche
Le Miroir au Rite Écossais Ancien et Accepté
Au Rite Écossais Ancien et Accepté de la Grande Loge de France, le Miroir fait sa première apparition dans le Cabinet de Réflexion. C’est dans ce premier reflet rencontré, dans l’intime pénombre de la lueur d’une bougie que se déroule l’épreuve de la Terre. Cette plongée dans son reflet invite le Profane à se percevoir Narcisse au bord de l’étang, plongé dans les reflets multiples de ses réflexions philosophico-testamentaires. Il pense coucher là sur le papier, ce qui compte le plus pour lui, ce qu’il a de meilleur… et c’est ce meilleur de lui-même qu’il pensait léguer à la postérité qui sera brûlé et plongé dans l’eau de l’oubli. Il ne le sait pas encore mais tout ce qu’il n’a pas écrit, ce qu’il a gardé en lui donc, deviendra ce Plomb qu’il devra transmuter.
Si le « Tout » est le Miroir et l’image s’y reflétant, ce “Tout” est aussi tout ce qui entoure l’objet de verre, d’argent et de plomb. C’est la première phase de la mise en abîme initiatique, lorsque le “un” trouve une place dans l’équation métaphysique prescrivant au cœur de l’Ouroboros : “Un, le Tout” .
Il en est aussi ainsi du Miroir tendu au Néophyte par son Présentateur dans la Chaîne d’Union. Après lui avoir expliqué que l’ennemi le plus à craindre se trouve le plus souvent derrière soi, il lui est demandé de se retourner. Il se retrouve alors face à sa propre image dans le Miroir tendu devant lui par le Frère présentateur qui est le plus souvent celui qui a pris l’engagement rituel d’être son Parrain, son tout premier nautonier. C’est la seconde apparition du Miroir au R.E.A.A. Là aussi c’est l’Univers Symbolique tout entier qui est à embrasser et embraser. Ce Miroir n’est qu’une « Fenêtre sur cour » où l’initié encore prisonnier de sa Loge ne peut confronter sa vision qu’aux ombres passant devant les Fenêtres grillagées de sa caverne. C’est le second Miroir, celui permettant la mise en abîme de la démarche Initiatique.
C’est par son assiduité, son engagement au Travail, sa Fraternité sans-cesse en révélation et, au besoin, au secours de ses Frères que l’initié franchira les “étapes-reflets” uniques de son Voyage dans sa nuit, guidé par la lumière flamboyante de sa bonne étoile. Mais, à chaque étape il retournera au Miroir et dans le Secret Sacré de son Intime peut-être percevra-t-il de plus en plus le vaste Univers dont il n’est qu’une infime partie tout en en étant le Tout. Se connaître soi-même commence par visiter son royaume intérieur. C’est l’inventaire dans les “prés verts” du poète, du philosophe et de l’alchimiste.
Le ternaire Miroir-image-celui qui le tient :
Je me suis toujours naïvement demandé comment, dans le Tarot de Marseille, l’ermite pouvait aller de l’avant tout en regardant en arrière. Peut-être se sert-il d’un miroir comme un rétroviseur permet de faire une marche arrière en voiture. Dans le cas de l’ermite, ce rétroviseur lui permettrait-il de percevoir un futur possible dans la trajectoire inversée de son chemin dépassé?
De plus, l’occidental que je suis, lit et écrit des de gauche à droite. Si par convention on peut dire que le Passé est symboliquement à gauche et l’Avenir symboliquement à droite, le Miroir, par l’inversion de cette latéralité, peut-il permettre de percevoir l’avenir par la supposée simple exploration du Passé? L’exploration de l’Avenir et du Passé varient-ils selon le sens de lecture et d’écriture? Sont-ils justes de simples déductions? Quid alors de la symbolique de la courbe du Temps dans les textes de la Tradition écrits en araméen, hébreux, arabe et autres langues du moyen-orient et traduits en grec, latin, français et autres langues occidentales? Et je n’ouvre pas ici le débat sur la symbolique de la verticalité/latéralité des textes d’extrême-orient!
Nous sommes notre plus grand inconnu
Le mot important ici est “inversé”. Le miroir nous propose une image de nous telle qu’elle est perçue par l’autre. Il nous propose une image où sa droite est à ma gauche et ma gauche à sa droite. De même, lorsque nous prenons un “selfie” de nous-mêmes ou que nous sommes filmés pour un “Zoom” via la caméra frontale de nos téléphones ou tablettes, nous regardons une image miroir, donc inversée, de nous-mêmes. Seul le photographe peut prendre une image justement coordonnée de nous… sauf que lorsque nous la regarderons sur le papier ou l’écran, notre gauche sera à droite et notre droite à gauche. Nous nous percevons donc toujours tel que l’autre nous perçoit lorsque nous sommes face à cet huis de vert argenté.
Petit exercice : amusez-vous à annuler l’effet “miroir” de votre caméra et rencontrez l’étrange étranger qui s’y trouve. Vous reconnaîtrez-vous comme tel?
Heureusement, la nature est bien faite et vient compenser cela. Observez-vous attentivement dans un miroir… vous ne verrez de vous qu’un seul côté. Il est impossible d’observer en même temps et nettement nos deux yeux. Nous pouvons jouer avec l’arête du nez tout au plus mais même dans ce cas le reste de notre visage est flou. Rappelez-vous l’épisode du borgne avec Louis De Funès dans La Folie des Grandeurs !
Une réponse possible à l’énigme de l’ermite et celle de l’inversion de la latéralité-polarité-temporalité (droite-gauche) de l’image, nous est donnée par le Rituel du R.E.A.A : “… Ce sont les lumières du passé que l’on dirige dans l’obscurité de l’avenir!”. Ainsi si l’image perçue n’est pas la Réalité, elle peut cependant être une lumière éclairant le Chemin qui y mène.
Pourquoi observer et questionner en conscience tout cela ?
Parce que même si “l’ennemi” vient parfois de derrière soi, le vaste monde n’est pas le Miroir. Le Miroir n’est que la fenêtre d’une image tranchante, friable et fragile comme le cristal dans lequel se reflète notre ego. Comme nous, le Miroir est partie du Tout mais il n’est pas le Tout, et comme nous dépendons aussi de celui qui tient le Miroir il convient de prendre soin de l’autre comme nous prenons soin de nous car nous ne formons qu’un à ce moment sans oublier que nous ne sommes pas que notre image ou notre reflet.
Faisant partie d’une Loge de St Jean, je vais citer son Évangile [appréhendé comme texte de la tradition], lorsque Jésus dit lors de son dernier repas:
« Je vous donne un commandement nouveau: c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l’amour les uns pour les autres »
(Jean 13, 34-35)
Je citerai aussi Victor Hugo :
… persistons, nous qui voulions qu’on promette et non qu’on menace, nous qui voulons qu’on guérisse et non qu’on mutile, nous qui voulons qu’on vive et non qu’on meure.
Ces grandes lois d’en haut sont avec nous. Il y a un profond parallélisme entre la lumière qui nous vient du soleil et de la clémence qui nous vient de Dieu.
Il y aura une heure de pleine fraternité, comme il y a a une heure de plein midi. Ne perds pas courage, ô pitié! Quant à moi, je ne me lasserai pas, et ce que j’ai écrit dans tous mes livres, ce que j’ai attesté par tous mes actes, ce que j’ai dit à tous mes auditoires, à la tribune des pairs comme le cimetière des proscrits, à l’assemblée nationale de France comme à la fenêtre lapidée de la place des Barricades de Bruxelles, je l’attesterai, je l’écrirai, et je le dirai sans cesse : il faut s’aimer, s’aimer, s’aimer !
Victor Hugo , juin 1875
Le Miroir d’Alice : la Loge et l’univers initiatique où se tisse le fil de Soi[e] par la quête de l’Autre
Donc toute image est contenue dans un volume, lui-même rattaché à son cadre de référence. Ainsi, le Miroir initiatique, lorsqu’il est présent matériellement dans un Rite et dans un Rituel, ne peut pas être détaché de celui-ci. Pour autant, son absence matérielle ne signifie pas pour autant son absence spirituelle. Ne pourraient-on pas convenir que le Tout formé par la Loge, dans sa globalité humaine, spirituelle et matérielle est un Miroir qu’il nous faut traverser?
Dans “La traversée du miroir”, suite “d’Alice au pays des Merveilles”, écrit en 1871 par Lewis Carrol, c’est en traversant le miroir que le pion symbolisé par Alice devient Reine à l’issue des épreuves traversées, comme l’Apprenti devient Compagnon puis Maître et au-delà si la Voie Initiatique, son Travail et l’envie lui rendent cela possible. Peut-être est-ce cela la seconde partie, plus récente, de la citation : “…et tu connaîtras l’univers et les dieux!”. Le Miroir est un univers asymétrique clos, une enceinte à l’intérieur de laquelle s’écoule l’amniotique voie qui mène de soi à la Soie.
Même si nous sommes inlassablement tentés par la symétrie, humainement elle n’est pas l’équilibre et l’image qu’elle renvoie donne naissance à des monstres. Ainsi, peut-être que l’image que nous nous faisons de la Loge est conforme à celle que nous nous faisons de nous-mêmes, de notre Chemin, de nos représentations intérieures… peut-être que la Loge est un autre Miroir contenant une image particulière à chacun, commune à tous dont nous ne percevons qu’un côté.
Le Miroir du pair : « reconnu comme tel »
Enfin, si je suis la logique du Miroir, si “mes pairs me reconnaissent comme tel” c’est que “Je” devrais me reconnaître comme « Tel », dans mes majuscules et mes minuscules. Je ne parle pas ici d’une certitude « egotique » de soi conférée par une initiation « rituellique » sans âme où “je” serait un “jeu” mais bien d’un processus lent et mystérieux où le “Je” est [l’enjeu – lent jeu – l’ange – lange] lorsque l’obscur lumineux se fragmente et devient numineux, ou lorsque les antagonismes se transcendent en oxymore.
Tel serait “l’en-je” de la traversée?
L’Initiation, dans ses injonctions Nietzschéennes nous dit “Va et deviens!”. Elle finit même par nous chasser du Temple pour nous forcer à emprunter notre seul Chemin, celui de notre confrontation au monde et sa réalité brute; non celui de notre conformation à celui-ci et ses normes de papiers, par delà nos illusions calcinées et nos incohérences mortifères. Le Chemin de l’expérience réalisée est le Chemin de la véritable reconnaissance spirituelle de soi, d’un état d’être au monde, lorsque l’initié rencontre son Feu spirituel intérieur et s’embrase en “Ignitié”.
Quel que soit notre genre humain, cette ignition est un état que nous atteignons parfois lorsque nous oublions le Miroir, l’image, les sens et leurs représentations ; lorsque nous cessons de vouloir à tout prix féconder le monde de notre empreinte revêtue du sceau d’une illusoire supériorité misogyne ou misandre. C’est en réalisant pleinement notre “Soufre solaire” et notre “Mercure Lunaire” que leur union dans la danse du “Sel vivant” traversera le verre, l’argent et le plomb du Miroir dans l’espoir assumé de l’Unité retrouvée.
Parmi les questions restées sans réponses, celles-ci me tracassent : comment sortir de l’illusion du Miroir? En brisant sa “mal-diction”, en le transcendant ou bien encore en le laissant baigner dans une lumière d’indifférence?
Vivre le symbole du Miroir c’est [perce-voir] l’unité du monde qui nous entoure et que nous traversons pour mieux y renaître. [Perce-voir] c’est quitter la persistance rétinienne laissée par le feu des ombres de la caverne qui nous enferme à l’intérieur de ce [vert] que l’on voulait [di-amant]; c’est accepter d’Être sans [ça-voir]; c’est accueillir [l’évide-danse]; c’est vivre le sable en [ça-bleu] dans lequel volent les alouettes d’un miroir oublié par la [pleine].
“Prends place, fais Silence et vis l’instant!” me murmure encore mon nautonier depuis [l’Or-Riant] [éther-né-Elle]…
Chaque année, les Obédiences organisent leurs grand-messes afin de redonner une légitimité aux Officers élus, à commencer par leur chef, j’ai nommé le Grand Maître ! Tout cela s’appuie sur un principe hautement démocratique, si cher à la France, notre belle terre des Droits de l’Homme. Ainsi, notre structure maçonnique répond parfaitement à ce vieux concept post révolutionnaire du pouvoir par le peuple et pour le peuple.
Celui ou celle qui a déjà assisté à un Convent sait que chacun est muni d’une « zapette » servant à valider ou invalider les choix proposés par le Président du Convent et tout son collège d’Officiers élu démocratiquement lui aussi. Tout cela est donc conforme au principe républicain.
Pouvons-nous en conclure que la Franc-maçonnerie est une organisation démocratique ? Le sujet est-il clos ?
Lors des Convents, une problèmatique surgit. Les représentants de loges votent des dizaines de motions, des propositions… sans en connaître vraiment les tenants et aboutissants. Tout cela finit par devenir un simple simulacre de démocratie.
Comme se plaisent à l’affirmer certains dirigeants de ma connaissance, la Loge est un « ventre mou ». Les décisions ne sont pas démocratiques, puisque le débat réel n’a pas lieu au sein des Loges tout au long de l’année. La plupart des problèmes est mis sous le tapis et tout le reste se vote à coups de zapettes entre deux autres textes de moindre importance. En résumé, la démocratie est étouffée par elle-même. Trop de démocratie tue notre démocratie maçonnique. Faire monter sur une scène durant 1 minute le défenseur d’une idée, avant de la faire voter… puis passer au second… est-il réellement un processus sain pour débattre dans une assemblée d’humains ?
Pour prendre un parallèle, chacun sait que les États-Unis représentent la plus grande démocratie du monde. Tout ou presque fait l’objet d’un vote au Sénat.
C’est ainsi que la pizza est devenue au pays de l’oncle Sam un légume en 2011.
Oui oui, vous avez bien lu, un légume ! Pourquoi la pizza est-elle devenue légume me direz-vous… car 32 millions d’enfants déjeunent à la cantine chaque midi (60% des élèves), cela représente un marché colossal. Pour le bien-être des petits estomacs américains, dans un souci d’équilibre alimentaire bien évidement, la loi oblige les cuisines des chérubins à leur servir des légumes. Ainsi, le fameux ketchup Heintz (dont le gendre de la famille n’est autre que John Kerry) a pu augmenter considérablement ses parts de marché grâce à ce tour de passe-passe. Comme la pizza est garnie de ketchup, elle devient « tout naturellement » un légume, CQFD. La démocratie a permis de faire voter par les sénateurs le changement d’affectation culinaire des pizzas, incroyable non ?
Alors, quel est le rapport entre la pizza et nos Loges ? Pour répondre, on pourrait affirmer que les deux systèmes, dits démocratiques se ressemblent beaucoup. On consulte, on discute mais au final, le groupe dirigeant reste au pouvoir et se passe le maillet de génération en génération. C’est ainsi que depuis 3 siècles, des maçons financent l’immobilier des Temples grâce à leurs capitations, sans que quiconque trouve à redire sur cette formidable accumulation de patrimoine qui ne sert en aucune manière la communauté maçonnique (ni aucune autre cause d’ailleurs). Nous pouvons aussi parler des avantages dont profitent les représentants démocratiquement élus (avions, restaurants, hôtels…). Tout cela a un coût qui rend, année après année les capitations de plus en plus onéreuses et par conséquent, de moins en moins accessibles aux classes qui peinent à boucler les fins de mois.
Alors quelle est la solution, car il en existe !
Nous avons évoqué la pseudo démocratie des USA, parlons maintenant d’une réelle démocratie avec nos voisins helvètes. La Suisse est une démocratie directe. Les citoyens disposent non seulement du droit de vote, normal en démocratie, mais aussi du droit de voter sur des questions concrètes encore nommé votation. La Suisse est gouvernée par un Conseil fédéral, un collège de 7 membres. 7 conseillers fédéraux, 26 gouvernements cantonaux, 2172 conseils communaux et 5,5 millions d’électeurs président aux destinées de la Suisse. Une confédération qui rend ce pays hautement démocratique et chacun peut aujourd’hui comparer le résultat avec la nôtre.
Alors comment réformer la démocratie maçonnique ?
Rien de plus simple, réduisons toutes les fonctions inutiles et coûteuses de nos Obédiences. Instaurons une démocratie directe avec un débat permanent chaque mois au sein des Loges sur les questions de l’Obédience. Il suffit ensuite que chaque membre transmette son vote par voie électronique depuis son téléphone, sur son accès privé. Ainsi, les décisions viendront réellement de la base. Plus de palabres en haut lieu, moins de dépenses en déplacements. Les discussions se feront dans les Loges et l’exécutif aura pour mission de mettre en œuvre le résultat des votes permanents.
Seulement, cela implique quelques changements dans les mentalités.
Changements à la tête, car vous imaginez bien que les dirigeants actuels et leurs dignes successeurs ne seront pas les promoteurs d’un tel projet. Ce serait dévaloriser la fonction du chef, si chère à notre pays (pourtant régicide) et surtout, cela réduirait les avantages de la fonction et probablement la gloire qui en résulte. Avouons-le tout net, le Français est en guerre perpétuelle contre son chef, il peste, il grogne… mais il reste un veau* bien docile. (* Comparaison de Charles de Gaulle en juin 40)
La démocratie est le plus long des processus, car il lui faut de la patience. C’est pourquoi, il faudra à la base, une certaine période d’acclimatation pour s’impliquer dans les décisions de gestion. Il suffit de voir la difficulté à gérer une simple Loge lorsque le Vénérable se transforme en Homme-orchestre. Il est évident que la démocratie n’est pas innée pour tous, il faut du courage et de l’énergie.
En conclusion, la question qui se pose ressemble à : « Quelle maçonnerie voulons-nous pour ce XXIe siècle ? »
Les Rituels et la spiritualité maçonniques s’évanouissent peu à peu de nos travaux de Loges pour laisser la place à des causeries de comptoirs de café du commerce, la défiance envers l’ordre devient de plus en plus puissante, la maçonnerie est en recherche de sens et d’utilité, car tout le monde sait qu’elle n’est plus le moteur intellectuel ni social de notre société.
Il est donc bon de s’interroger sur son devenir et l’intérêt qu’elle va représenter pour les générations futures. Une chose est certaine, il y a de quoi se réunir pour en parler. Ce sera d’ailleurs le premier pas vers la démocratie.