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L’assiduité de l’apprenti(e) franc-maçon(ne)

Premiers devoirs…

Il est demandé à l’apprenti(e) franc-maçon(ne) de réfléchir, observer, apprendre et comprendre dans le silence. Ses premiers devoirs, taillant vaillamment sa pierre, restent de respecter les enseignements du rituel, se soumettre à la Loi, d’y conformer donc sa conduite, de rechercher la vérité et la justice, dans le silence…

Pour honorer cet engagement, dans une discipline « librement imposée », il ou elle se doit de comprendre l’importance de son assiduité. Mais, peut-être, pour certains, l’assiduité n’est-elle qu’une qualité permettant de se montrer inlassable et irréprochable dans la poursuite rituélique de tâches répétitives et ennuyeuses (sous l’autorité de « chefs » exigeants) ? Assiduité… À ne pas confondre avec efficacité qui consiste à en faire le moins possible pour obtenir les meilleurs résultats. Alors… Autant faire les soldes !

 « J’ai tellement de choses à faire ! J’ai loupé 2 instructions… Tu crois qu’il y a des cours de rattrapage ? »

Des femmes au nouveau Conseil de la Franc-maçonnerie en Angleterre et au Pays de Galles

Les informations publiées dans le journal The Telegraph commentent la récente création du Conseil de la Franc-Maçonnerie en Angleterre et au Pays de Galles. Ce Conseil implique les trois principales puissances maçonniques anglaises et sera dirigé pendant les deux premières années par les Grands Maîtres des deux Grandes Loges Féminines.

Conseil de la Franc-Maçonnerie en Angleterre et au Pays de Galles – Vers un Progrès Continu de la Fraternité

Dans une démarche historique et sans précédent visant à dissiper les idées fausses et à relever les défis contemporains, la franc-maçonnerie anglaise a annoncé la création du Conseil de la Franc-Maçonnerie, composé de membres féminins et masculins en Angleterre et au Pays de Galles.

Ce nouveau Conseil a pour objectif de renforcer la collaboration existante de longue date et de promouvoir les principes fondamentaux de la franc-maçonnerie, notamment le mérite, la tolérance, la diversité et l’inclusion, entre la Grande Loge Unie d’Angleterre (UGLE), l’Ordre des Femmes Franc-Maçonnes (OWF) et l’Honorable Fraternité des Anciens Francs-Maçons (HFAF).

Un geste historique

Ce projet de développement vise à contrer les accusations d’exclusion et de misogynie, répondant ainsi aux pressions visant à mettre fin aux loges non mixtes, tout en rencontrant une résistance. La direction par les Grands Maîtres des Grandes Loges Féminines marque un tournant symbolique et significatif dans l’histoire de la franc-maçonnerie anglaise, soulignant l’engagement envers l’égalité et l’inclusion au sein de la Fraternité.

Plus d’explications que le site de la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA)

Qu’est-ce que le Conseil ?  

Dans un geste sans précédent et historique pour dissiper les idées fausses et relever les défis, la franc-maçonnerie anglaise a annoncé la création du Conseil de la franc-maçonnerie, couvrant les membres féminins et masculins en Angleterre et au Pays de Galles.

Ce nouveau Conseil vise à renforcer davantage la collaboration existante et de longue date et à promouvoir les principes fondamentaux de la franc-maçonnerie, notamment le mérite, la tolérance, la diversité et l’inclusion, entre la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA), l’Ordre des Femmes Francs-Maçons (OWF) et l’Honorable Fraternité des Anciens Francs-Maçons (HFAF).

Même en 2024, la franc-maçonnerie continue de faire face à diverses critiques infondées et à des idées fausses, souvent issues de préjugés profondément ancrés ou de faussetés préconçues. Contrairement à l’affirmation erronée selon laquelle la franc-maçonnerie est exclusivement masculine, la franc-maçonnerie féminine fait partie intégrante de la franc-maçonnerie au Royaume-Uni depuis plus d’un siècle. Bien que la franc-maçonnerie soit pratiquée dans des loges non mixtes, cela ne diffère pas de nombreuses autres activités, y compris la plupart des sports ainsi que de nombreux autres groupes communautaires.

JONATHAN SPENCE, DL, Pro Grand Maître – Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA)

La création du Conseil de la Franc-Maçonnerie permettra d’établir officiellement un forum global de collaboration. En outre, le Conseil rassemblera les ambitions de service communautaire des trois organismes, coordonnera la communication et l’engagement avec d’autres organisations, pilotera les ambitions de croissance des adhésions, en particulier pour les femmes franc-maçonnes, et allouera des ressources et des installations au bénéfice général de la franc-maçonnerie masculine et féminine. Le Conseil comprendra les dirigeants de chaque Grande Loge, et chaque Grande Loge fournira le président pour une période de douze mois, présidant les réunions du Conseil selon une rotation stricte. Le président des deux premières années proviendra de l’OWF et de la HFAF, l’UGLE couvrant la troisième année.

La création du Conseil de la Franc-Maçonnerie en Angleterre et au Pays de Galles marque une étape décisive vers le renforcement de la coopération, la lutte contre les idées fausses et la promotion des valeurs de la Franc-Maçonnerie. Cette initiative historique réaffirme l’engagement de la Franc-Maçonnerie envers l’intégrité, l’amitié, le respect et le service, tout en gardant le service communautaire et les dons de charité au premier plan absolu de cette organisation historique.

Les membres du Conseil

ZUZANKA DANIELLA PENN, Grand Maître – Ordre des femmes francs-maçons (OWF)

CAROL COLE, Grand Maître – Honorable Fraternité des anciens francs-maçons (HFAF)

JONATHAN SPENCE, DL, Pro Grand Maître – Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA)

LYNDA NEALE, Grand Secrétaire – Ordre des femmes francs-maçons (OWF)

ORLI ZUCKER, Grand Secrétaire – Honorable Fraternité des anciens francs-maçons (HFAF)

ADRIAN MARSH, Grand Secrétaire – Grande Loge Unie d’Angleterre

Sources : GLUA, The Telegraph

Templiers & Hospitaliers en vallée de la Vézère : Tous les trésors du patrimoine en photos…

Cet été, une exposition photographique itinérante du patrimoine Templier & Hospitalier en vallée Vézère vous est proposée.

Site https://www.dordogne-perigord-tourisme.fr/

Vous avez dit Vézère ?

La Vézère est une rivière française qui traverse le département de la Dordogne en région Nouvelle-Aquitaine. Elle prend sa source dans le Massif Central, plus précisément dans le département de la Corrèze, et s’étend sur environ 211 kilomètres avant de se jeter dans la Dordogne près de Limeuil.

La vallée de la Vézère est célèbre pour ses sites préhistoriques, notamment les grottes ornées de peintures et de gravures rupestres. Les découvertes archéologiques montrent que la région a été habitée par l’homme depuis au moins 50 000 ans. Parmi les sites les plus célèbres, on trouve la grotte de Lascaux, souvent appelée la « Chapelle Sixtine de la Préhistoire », qui contient des peintures datant d’environ 17 000 ans.

Au Moyen Âge, la vallée de la Vézère a vu l’établissement de nombreuses forteresses et monastères, notamment ceux des Templiers et des Hospitaliers. Ces ordres militaires et religieux ont laissé une empreinte durable sur la région avec la construction de commanderies, de chapelles et de fortifications.

Avec le déclin des ordres militaires, la région a évolué principalement vers l’agriculture et l’exploitation de ses ressources naturelles. Les moulins à eau et les forges ont fleuri le long de la rivière, profitant de la force hydraulique de la Vézère.

Aujourd’hui, la vallée de la Vézère est une destination touristique prisée pour ses paysages pittoresques, son patrimoine historique et culturel, ainsi que ses activités de plein air telles que la randonnée, le canoë-kayak et la spéléologie. La protection et la mise en valeur des sites préhistoriques, notamment par l’inscription de certains d’entre eux au patrimoine mondial de l’UNESCO, ont contribué à préserver cet héritage exceptionnel.

La Vézère est non seulement un témoin de l’histoire humaine mais aussi un havre de biodiversité, abritant de nombreuses espèces animales et végétales dans ses eaux et sur ses rives.

L’expo photos itinérante sur le thème patrimoine Templier & Hospitalier en vallée de la Vézère

Les chevaliers templiers et hospitaliers ont laissé une empreinte significative dans notre région, en particulier le long de la vallée de la Vézère. Ces ordres religieux militaires, connus pour leur rôle pendant les Croisades, ont bâti un riche patrimoine architectural et historique, souvent méconnu du grand public. Aujourd’hui, grâce à une initiative conjointe des offices de tourisme locaux, ce patrimoine est mis en lumière à travers une exposition photographique itinérante.

Tout un réseau de découverte

L’exposition s’inscrit dans un projet plus vaste, celui de la création d’un réseau regroupant les propriétaires, privés ou publics, des biens fonciers ayant appartenu aux Templiers et Hospitaliers. Ce réseau, soutenu par les offices de tourisme tout le long de la Vézère, vise à valoriser et à préserver ces trésors historiques. Les membres du réseau collaborent pour offrir aux visiteurs une expérience enrichissante et authentique.

La composition de l’exposition

L’exposition est constituée de photographies soigneusement sélectionnées, représentant chaque site d’importance lié aux ordres templier et hospitalier dans la vallée de la Vézère. Chaque photographie capture les particularités architecturales et historiques des lieux, permettant aux visiteurs de s’immerger dans l’histoire médiévale de la région. Les images sont accompagnées de descriptions détaillées qui expliquent le contexte et l’importance de chaque site.

Un véritable parcours itinérant

Itinérante, l’exposition va parcourir durant tout l’été les différents sites membres du réseau. Chaque arrêt de l’exposition est l’occasion pour les visiteurs de découvrir de nouveaux aspects de ce patrimoine unique. Les sites choisis pour accueillir l’exposition sont eux-mêmes des lieux historiques significatifs, offrant ainsi un cadre authentique et inspirant pour les photographies présentées.

Dates et Lieux de l’exposition

Curemonte : 29 juin au jeudi 11 juillet, St Robert : 01 juillet au dimanche 14 juillet, Ajat : mardi 09 juillet au dimanche 21 juillet, St Merd-les-Oussines : lundi 15 juillet au dimanche 28 juillet, Chavanac : lundi 29 juillet au dimanche 11 août, Soudaine : lundi 29 juillet au dimanche 11 août, Condat-sur-Vézère : vendredi 02 août au mardi 13 août, Sergeac : samedi 10 août au dimanche 25 août, Lestards : lundi 12 août au dimanche 25 août, Courteix : lundi 12 août au dimanche 18 août, Temple-Laguyon : vendredi 16 août au mercredi 04 septembre, Bellechassagne : lundi 19 août au 04 septembre, Féniers : lundi 26 août au dimanche 08 septembre, Brive (office du tourisme) : Vendredi 5 juillet au samedi 27 juillet.

Une invitation à la découverte

L’objectif de l’exposition est d’inciter les visiteurs à aller au-delà des images et à explorer les sites en personne. En visitant l’exposition, les spectateurs obtiennent un avant-goût des merveilles historiques qu’ils peuvent découvrir à proximité de chez eux. Chaque photographie est une invitation à se rendre sur place, à marcher sur les traces des chevaliers et à s’immerger dans l’histoire médiévale de la Vézère.

Cette exposition photographique itinérante est bien plus qu’une simple présentation d’images. C’est une véritable introduction à la richesse du patrimoine templier et hospitalier de la vallée de la Vézère. En parcourant les différents sites du réseau, les visiteurs auront l’opportunité de redécouvrir l’histoire de leur région et de s’émerveiller devant la beauté et la complexité des vestiges laissés par ces ordres religieux militaires. Une aventure historique et culturelle à ne pas manquer cet été.

Les chevaliers templiers comme hospitaliers étaient largement implantés dans cette région, en particulier le long de la Vézère. Leur patrimoine méconnu est aujourd’hui mis en valeur grâce à la création d’un réseau porté par les offices de tourisme tout le long de la Vézère. Il regroupe les propriétaires privés ou publics des biens fonciers ayant appartenu à ces ordres religieux militaires. Pour redécouvrir ce patrimoine, l’exposition est composée de photographies de chaque lieu caractérisant les particularités de chacun d’entre eux. Itinérante, l’exposition va parcourir durant tout l’été les sites membres du réseau. 

Toutes les informations pour préparer vos vacances à Brive-La-Gaillarde et profiter de votre séjour en Corrèze, entre Dordogne et Lot.

Brive-la-Gaillarde, souvent désignée simplement par Brive, est une commune située dans le Sud-Ouest de la France. Elle est la sous-préfecture du département de la Corrèze, en région Nouvelle-Aquitaine, et représente la ville la plus peuplée de ce département. Brive, un nom issu du terme briva signifiant « pont » en langue gauloise – la voie romaine Lyon-Bordeaux franchissait ici la Curretia, la Corrèze. (Curretia).

Quant au qualificatif gaillard, rappelons que le nom de la ville en occitan est Briva la Galharda. Brive est dite « gaillarde » parce que fortifiée – Galia désignant la force en gaulois – et ce, au moins depuis le XIVe siècle…

Source : Patrimoine Templier & Hospitalier en vallée de la Vézère, Condat-sur-Vézère
Brive Tourisme Agglomération, place du 14 juillet – 19100 Brive-la-Gaillarde

Tél. 05.55.24.08.80

Trois épis de blé… Blason de la ville de Brive
Plan de l’Atlas des routes levé à la demande de Daniel-Charles Trudaine, vers 1760.

Grande Loge Mixte Universelle : Appel à faire barrage à l’extrême droite

La Grande Loge Mixte Universelle, Obédience Républicaine appelle les citoyens et les citoyennes à faire barrage à l’extrême droite, afin que cette dernière ne soit pas majoritaire à l’Assemblée Nationale le soir du 7 juillet.

Après les élections les femmes et les hommes de progrès devront travailler ensemble à
restaurer la République pour une société ou règneront la démocratie, l’humanisme, la
laïcité, la justice sociale, le service publique sur l’ensemble du territoire.

La Grande Loge Mixte Universelle poursuivra son engagement pour promouvoir et
défendre les principes républicains.

LIBERTE – EGALITE – FRATERNITE – MIXITE – SOLIDARITE

Bernard Dekoker-Suarez
Grand Maitre de la Grande Loge Mixte Universelle

Les cathédrales, chemins d’initiation

Dans mon dernier article publié sur 450.fm en date du 9 avril 2024, je mettais en avant la possibilité d’un chemin d’initiation à travers la lecture et la compréhension du symbolisme de la sculpture des cathédrales.

Je partais de l’exemple de la cathédrale romane de Saint-Lazare d’Autun où un réel parcours de transformation est possible au fur et à mesure de l’intégration des messages inscrits dans la pierre. (Cf. livre Thierry Dupont : Cathédrales, chemins d’initiation – L’expérience intérieure à Saint-Lazare d’Autun. Édition Louise Courteau).

Toutes les sculptures et notamment les chapiteaux ont un sens et s’inscrivent dans un programme bien précis. Que ceux-ci soient historiés (représentant des être animés ou des scènes religieuses), à décor végétal ou animal, ils portent un message ouvert à tous, pour peu que nous soyons attentifs à son enseignement et que nous ayons les connaissances nécessaires pour décrypter le symbolisme laissé par les anciens à notre intention.

Ici, à l’inverse de ce qui a été fait dans mon livre sur la cathédrale d’Autun où chacune des sculptures avait été analysée, je me limiterai à faire une première approche du « monde des oiseaux » tel qu’il se présente sur les chapiteaux de nos églises.

Trop souvent, nous entendons ou lisons les commentaires de différents guides touristiques ou historiens d’art qui, généralement, se limitent à de simples explications architecturales ou à une tentative d’explication des chapiteaux, d’un point de vue technique et artistique, sans évoquer le sens du symbolisme dont ils sont porteurs, voir pour certains, se sont « débarrassés » avec des appellations génériques du genre « décoratif ou pour faire joli ».

Et pourtant rien n’a été fait au hasard, nous allons le voir à travers le bestiaire animal, et notamment ici avec l’étude de nos chers volatiles.

Nombreux sont les chapiteaux portant des oiseaux, que celui-ci soit seul sur la corbeille ou qu’il partage l’espace avec d’autres animaux ou des êtres humains. Évidemment, l’analyse en sera différente et dépendra du contexte général.

En guise d’introduction, sachons que tout ce qui porte des ailes traduit le monde aérien, le spirituel. Avoir des ailes, c’est se soustraire de l’attraction terrestre et se rapprocher du ciel et du divin à l’identique des anges, toujours ailés.

D’ailleurs les sculpteurs n’hésitent pas à mettre des ailes dans le dos des hommes pour exprimer l’ascension spirituelle comme à Clermont-Ferrand (cf. Photo 2) où nous distinguons un  personnage dont les pieds ne touchent plus le sol, en train de s’élever en s’appuyant sur un arbre magnifique chargé de gros fruits, symbole de fécondité, d’abondance et de réussite dans la démarche.

Photo 2 : Clermont-Ferrand (ND du Port)

La rencontre des oiseaux ailés dans une église doit nous amener à faire notre propre démarche d’ascension en nous élevant vers les hautes régions de la spiritualité.

L’aigle

Assez fréquemment l’oiseau est un aigle comme à Conques (cf. Photo 3). Il faut dire que cet oiseau est le seul à pouvoir regarder le soleil en face sans se brûler. Sa vue perçante en fait l’archétype de la clairvoyance que nous essayons d’appréhender.

Dans les églises, il est souvent positionné au niveau du chœur, l’endroit le plus sacré de l’édifice. Lorsqu’il est placé en hauteur par rapport à la surface du chapiteau comme à Issoire (cf. Photo 4), cela signifie une élévation spirituelle plus importante, montrant ainsi qu’il touche les cieux. Souvent il est possible de vérifier cette évolution vers la spiritualité à la lecture des différents chapiteaux qui se renvoient l’un à l’autre.

Photo 3 : Conques (12)

Dans une démarche initiatique, nous recherchons toujours à faire en sorte que la spiritualité l’emporte sur la matérialité.

L’oiseau étant synonyme de spiritualité, le sculpteur a sans cesse cherché à mettre cette perspective dans son œuvre.

Ainsi, nous trouvons très souvent des oiseaux dominant d’autres animaux, notamment des quadrupèdes, fauves ou autres mammifères indéterminés comme à Saintes (cf. Photo 5). Il faut dépasser l’étrangeté de la situation pour percevoir que c’est un moyen pour l’artiste roman d’exprimer la spiritualité l’emportant sur l’animalité, synonyme ici de matérialité.

 Photo 4 : Issoire (63)

L’équation est encore plus forte lorsque l’oiseau combat un serpent. Dans l’imagerie médiévale, le serpent est celui qui a donné à Eve de pernicieux conseils, à l’origine de la désobéissance et de la Chute. Rampant entre les pierres à même le sol, et mangeant la poussière, il évoque les énergies telluriques, celles « qui viennent de la terre » au détriment de toute possibilité d’élévation.

C’est ce qu’a traduit l’artiste de Thuret (cf. Photo 6) où il montre un héron prenant dans son bec un serpent  pour exprimer les forces spirituelles prenant le pas sur la lourdeur de la matière.

Photo 5 : Saintes – Basilique Saint-Eutrope (17) 

L’oiseau conseil

Parfois l’oiseau parle aux oreilles de l’homme comme à Aulnay de Saintonge (cf. Photo 7).

C’est la spiritualité qui provoque l’écoute intérieure pour mieux nourrir l’esprit humain. Les oiseaux évoquent les forces et les énergies spirituelles, ils ne sauraient être mauvais conseillers et l’homme ne doit pas rester sourd à cette nouvelle dimension qui éloigne du matériel pour vivre une expérience transcendante.

Photo 6 : Thuret (63)

L’oiseau et la nourriture spirituelle

D’autre fois, l’oiseau donne la béquée. Il transmet ainsi la nourriture spirituelle. À Colombiers, dans un échange étonnant, deux oiseaux donnent la becquée et dans un double échange reçoivent le souffle de l’Esprit par la bouche de l’homme. La fusion spirituelle est en cours !

Notons aussi le tailloir en forme de damier (certains pourraient parler de pavé mosaïque) symbolisant les étapes ou les obstacles à franchir pour progresser.

Photo 7 : Aulnay de Saintonge (17)

Deux oiseaux buvant dans le même calice

Autre thème très usité dans l’iconographie romane : deux oiseaux buvant dans un calice pour exprimer la réunification des deux natures (cf. Photo 1 et 9).

Le calice est un vase sacré de la liturgie chrétienne en forme de coupe évasée portée sur un pied. Le croyant y verra la spiritualité s’abreuvant au sang du Christ dans l’eucharistie. Mais cette coupe en forme de cœur se réfère à la notion de centre profond de tout être où les énergies spirituelles vont se transformer en énergies nouvelles. Les deux oiseaux représentent l’opposition des deux natures (matérielle et spirituelle) qui sera résolue en buvant ensemble dans le même vase.

Photo 8 : Colombiers (17)    

Tout le travail, tout le chemin doit nous conduire à la compréhension ultime de cette réalité : nous sommes déjà « un », nous n’avons jamais cessé de l’être, mais l’influence de notre égo, le poids de nos passions et le bandeau de nos illusions nous empêchaient de le voir.

Être un, c’est retrouver le double céleste, et la nature divine en soi. Le double en question est celui qui a pour vocation de nous faire sortir du piège de la matière où nous sommes tombés pour mieux se diriger vers la spiritualité.

Si deux hommes fusionnent et ne font qu’un, c’est la cohabitation pacifique des contraires. En alchimie, certains y voient les Noces Chimiques. Les messagers du ciel nous invitent à boire au calice commun de la source de vie.

Photo 9 : Conques (12)

La chouette  (cf. Photo 10, 11, 12)

Un volatile que nous retrouvons souvent dans nos églises mérite une attention toute particulière. Il s’agit de la chouette. Depuis l’époque antique, elle est le symbole de la déesse grecque Athéna, connue pour sa sagesse mais elle prend, dans l’art roman, une autre dimension.

La chouette a la capacité de voir en pleine nuit, donc dans les ténèbres et nous invite, nous aussi, à ouvrir les yeux pour connaître les secrets et le sens caché, là où les autres ne les voient pas.  Par sa clairvoyance, elle nous invite à l’exploration de nos ténèbres intérieures. Symbole également de vigilance et de connaissance, elle présente en tout point les caractéristiques de l’initié.

 Photo 10 : Melle (Église St-Pierre)

Le phénix

Le bestiaire de l’art roman fait aussi appel à des animaux légendaires comme le phénix, oiseau mythique, doté d’une grande longévité et caractérisé par son pouvoir de renaître soit de son propre cadavre, soit des flammes de son bûcher. Il nous renvoie par sa symbolique, à l’idée de résurrection et d’immortalité et, par voie de conséquence, à l’Esprit et à la Lumière. Sur le plan ésotérique, renaître de ses cendres revient à se délester de ses erreurs passées pour mieux se reconstruire et poursuivre, pour l’éternité, sa quête de spiritualité.

Photo 11 : Beaune (21)   

Passant par différentes étapes de mort comme de renaissance et atteignant alors la plénitude de l’initiation, il est la parfaite traduction du « Perit ut vivat » (il meurt afin qu’il vive) et qu’enfin son vol, image de l’affranchissement de toutes attaches terrestres le fait accéder aux états supérieurs de l’Être. Toujours par analogie, l’homme va brûler son vieil être pour en faire naître un nouveau, meilleur et plus perfectionné.

Photo 12 :Saulieu (21)

À Thuret (cf. Photo 13),  le phénix est juché sur des feuilles de palmier. La palme a toujours été un des attributs du vainqueur, ici il s’agit du triomphe sur la mort à l’identique des martyrs qui sont très souvent représentés avec une palme à la main.

Photo 13 : Thuret (63)

En alchimie, le phénix (du grec ancien – po e nix – au sens probable de « rouge sang») représente l’œuvre au rouge dans le processus de transformation et de transmutation.

Nous pouvons ainsi le mettre en rapport avec d’autres oiseaux évoquant les différentes phases de l’œuvre alchimique. L’œuvre au blanc est assimilée à la colombe quant l’œuvre au noir est suggérée par le corbeau notamment à travers la légende de l’arche de Noé très développée dans la statuaire romane. Après le déluge, Noé envoie un corbeau en reconnaissance qui ne revient pas, car il se rassasie de charogne. Le corbeau qui symbolise la noirceur, la matière ou encore la nature dans son état avant le commencement de l’opération, correspond bien à l’œuvre au noir. Par la suite, Noé envoie une colombe qui elle, revient à l’Arche, avec une feuille d’olivier dans son bec. C’est le moment de la pureté, de la sublimation et de la spiritualisation de la matière.

Photo 14 :Clermont-Ferrand (ND du Port)

L’œuvre au blanc succède alors à l’œuvre au noir, le coagula après le solve. Le rouge et donc le feu  du phénix sera la période de l’illumination et de l’accès à la vraie lumière.

Bien d’autres volatiles « fréquentent » nos églises.

Le paon, symbole solaire parce que le déploiement de sa queue en forme de roue l’assimile au soleil (cf. Photo 15), l’ibis, le héron, la grue, le pélican ou des êtres mythiques ou hybrides tels que le basilic mélange de coq et de serpent, le griffon croisement d’un aigle et d’un lion, la harpie qui est une sirène-oiseaux à tête de femme avec toujours un symbolisme différent riche d’enseignements pour celui qui veut bien ouvrir les yeux.

Photo 15 : Melle (Église Saint-Pierre – 79

Nous allons terminer cette brève étude du bestiaire des oiseaux par le coq fortement à l’honneur dans nos églises.

Tout le monde connaît le coq au sommet du clocher, héraut du matin et annonciateur de la lumière. Dans la statuaire, il annonce le « sol invictus », le soleil invincible, le Christ pour le chrétien ou pour l’initié, l’annonce d’un jour nouveau ou l’avènement d’un nouvelle ère après dissipation des ténèbres.

À Thuret (cf. Photo 16), nous notons un coq sur une colonne, le long du portail Occidental,qui regarde curieusement le coucher du soleil au solstice d’été, ce qui est contraire à sa fonction car normalement, il annonce le lever du soleil et se situe plutôt à l’Orient du bâtiment. Nous pouvons en déduire que dans une logique spirituelle, on ne va jamais de la vie à la mort, mais de la mort à la vie, lorsque l’initié meurt aux préjugés du vulgaire pour renaître en une vie nouvelle.

Photo 16 : Thuret (63)

Mais une autre figuration de coq mérite toute notre attention. Il s’agit de la représentation de combat de coqs que nous trouvons surtout en Bourgogne comme à Autun ou encore Saulieu.

La représentation de ce combat n’a pas de sens religieux et n’a aucun rapport avec le livre de la Bible. Ce chapiteau confirme bien qu’il est nécessaire d’avoir une lecture qui dépasse l’aspect biblique, pour rechercher le sens caché inscrit dans la démarche initiatique sur la voie de la perfection de l’homme.

Le chapiteau d’Autun (cf. Photo 17)  montre deux coqs s’affrontant. L’un, à gauche a déjà pris le dessus sur le second, qui ploie sous les coups de becs et sous la patte de son adversaire.

Le propriétaire du gagnant est tout souriant et lève les deux mains ouvertes en signe de victoire. Le propriétaire du perdant est désespéré. Son visage est dépité, il serre les poings qu’il porte à sa tête comme pour s’en arracher les cheveux.

Par analogie, ce chapiteau illustre la confrontation entre les forces positives et négatives que nous contenons en chacun de nous. Il montre qu’il ne faut pas rester dans une logique d’opposition dans laquelle il y aura toujours un vainqueur et un perdant.

Car la victoire d’un jour peut très bien être la défaite du lendemain. En réalité dans ce genre de situation, tout le monde est perdant et aucune démarche sérieuse ne peut être basée sur l’espoir d’un succès momentané et illusoire, qui de plus, entraînera une forte frustration dans l’esprit des adversaires.

La voie initiatique doit amener à dépasser les oppositions et les affrontements.

Il faut rechercher la conciliation des contraires pour retrouver l’unité.

Photo 17 : Autun (71)    

Ainsi que nous avons pu le constater, l’approche de la symbolique des chapiteaux romans participe en tout point à cette modification de notre regard sur les êtres et les choses. Que ce soit à travers cet article sur le bestiaire des oiseaux, que ce soit dans l’ensemble de la sculpture de la cathédrale d’Autun – évidemment transposable dans toutes les autres cathédrales ou églises – il y a un message qui s’adresse à tous dans notre volonté de transformation pour espérer devenir meilleur et mieux s’ouvrir à l’autre.

Entrer dans une église et intégrer en soi la symbolique inscrite dans la pierre équivaut à une prise de conscience. Nous allons devoir entrer en nous-mêmes et intérioriser les points d’accroche traduits par les chapiteaux des bâtisseurs. C’est un mouvement qui part de notre centre pour s’élever spirituellement et revenir plus fort au centre de notre être.

Mais pour cela, il faut être prêt. Il faut avoir la volonté d’ouvrir son cœur à l’interprétation des chapiteaux. Personne ne pourra faire le chemin d’ouverture à notre place. Il faut se laisser happer, se mettre en condition pour aller plus loin. Il ne suffit pas de franchir le porche pour espérer ressentir immédiatement les influences bénéfiques. Il faut laisser aller son regard, absorber les images des chapiteaux et les faire vivre en soi comme si nous étions seuls, face à face, avec le miroir de notre vie. Le sacré devenant alors le quotidien de chacun.

Ainsi une tentative de conversion de notre âme tout entière est possible, qui doit entraîner une modification radicale de notre façon d’être, tout au long de notre vie.

Thierry Dupont

Vidéo de présentation du livre : http://youtu.be/jecm6DTAdlE

Disponible en librairie ou site de vente sur internet

Pour me contacter : thierry-dupont@sfr.fr

Lieu symbolique : Le Temple d’Hathor à Dendérah (Égypte)

Le Temple d’Hathor, situé à Dendérah (ou Dendera), en Égypte, est l’un des temples les mieux conservés et les plus impressionnants de l’Égypte antique. Dédié à Hathor, déesse de l’amour, de la beauté, de la musique, de la maternité et de la joie, ce temple offre un aperçu fascinant de la religion et de l’architecture égyptiennes.

Campagne d’Égypte, Les scientifiques devant le temple de Dendera – Musée Champollion

Sa construction

Le temple actuel a été principalement construit durant la période ptolémaïque (305-30 avant J.-C.) et a continué d’être décoré sous le règne des premiers empereurs romains, notamment sous Tibère et Néron.

Cependant, le site de Dendérah a une longue histoire d’occupation et de construction religieuse qui remonte à l’Ancien Empire.

Son architecture, en 4 parties

Le temple mesure environ 81 mètres de long et 38 mètres de large. Il est entouré d’une enceinte en briques de terre cuite.

L’entrée principale est marquée par un pylône monumental, suivi d’une cour ouverte entourée de colonnes.

1-Le hall hypostyle

Le grand hall hypostyle, accessible après la cour, est soutenu par 24 colonnes massives décorées de chapiteaux hathoriques (têtes de la déesse Hathor). Les plafonds sont ornés de magnifiques scènes astronomiques.

2-Le sanctuaire

Le sanctuaire est la partie la plus sacrée du temple, où se trouvait la statue de la déesse Hathor. Les murs du sanctuaire sont décorés de scènes rituelles et religieuses.

3-Les Cryptes et chambres :

   – Le temple de Dendérah possède plusieurs cryptes, utilisées pour abriter les objets sacrés et les trésors du temple. Ces cryptes sont finement décorées de reliefs et de textes religieux.

4-Le Zodiaque de Dendérah :

Une des caractéristiques les plus célèbres du temple est le zodiaque de Dendérah, une représentation astronomique qui se trouvait à l’origine sur le plafond d’une petite chapelle adjacente. Ce zodiaque est aujourd’hui conservé au Musée du Louvre à Paris.

Le symbolisme et l’importance religieuse

Le culte de la déesse Hathor

Hathor était l’une des divinités les plus vénérées de l’Égypte antique. Elle était associée à l’amour, à la maternité et à la musique, et son culte était répandu dans tout le pays. Le temple de Dendérah était un centre majeur pour les pèlerinages et les célébrations en l’honneur de la déesse, notamment le festival de la « Belle Rencontre », célébrant l’union symbolique entre Hathor et Horus.

Le symbolisme astronomique

   – Le temple est également célèbre pour ses représentations astronomiques, notamment le zodiaque de Dendérah et les scènes célestes du plafond de l’hypostyle.

   – Ces représentations montrent l’importance de l’astronomie et de l’astrologie dans la religion égyptienne et leur relation avec les cycles naturels et divins.

Le temple d’Hathor est l’un des temples les mieux préservés d’Égypte. Ses sculptures et ses reliefs sont encore bien visibles, offrant un aperçu unique de l’art et de l’architecture ptolémaïques. Aujourd’hui, il est une destination touristique majeure, attirant des visiteurs du monde entier intéressés par l’histoire, l’archéologie et la culture égyptiennes.

Le temple d’Hathor est un témoignage exceptionnel de l’architecture religieuse et des pratiques cultuelles de l’Égypte antique. Dédié à la déesse Hathor, il reflète la richesse de la tradition religieuse égyptienne et son lien profond avec l’astronomie et les cycles naturels. Sa préservation remarquable permet aux visiteurs modernes d’apprécier la grandeur et la beauté de la civilisation égyptienne.

La déesse Hathor

Hathor est l’une des divinités les plus importantes et les plus complexes du panthéon égyptien. Vénérée depuis les premières dynasties jusqu’à l’époque gréco-romaine, elle incarne de nombreuses facettes de la vie, allant de l’amour et la maternité à la musique et la joie. Son culte a exercé une influence considérable et a laissé une empreinte durable sur la culture et la religion égyptiennes.

Hator a pour titres et épithètes la Dame des Étoiles, la Souveraine de l’Occident, la Dame de la Turquoise ou encore la Mère des Mères.

Quels sont ses attributs et son symbolisme

Sous une forme humaine : souvent représentée comme une femme portant une couronne de cornes de vache encadrant un disque solaire.

Sous une forme animale : associée à la vache, un symbole de maternité et de fertilité. Elle est parfois représentée sous forme de vache ou avec des oreilles de vache.

Sans oublier la sistrum, cet instrument de musique lié à Hathor, souvent tenu par la déesse ou ses prêtresses, symbolisant la musique et la danse.

Hator, entre fonctions et rôles

Hathor est souvent invoquée pour les questions d’amour, de beauté et de sexualité. Elle est la protectrice des femmes enceintes et des enfants, symbolisant la maternité et la fécondité.

En tant que patronne de la musique et de la danse, Hathor est célébrée lors de nombreuses fêtes et rituels. Les sistrums et autres instruments de musique sont souvent utilisés en son honneur pour évoquer sa présence bienveillante.

Hathor est également associée au ciel et aux étoiles, ainsi qu’à la minéralité, notamment à la turquoise et au cuivre extraits des mines du Sinaï. Rappelons-nous qu’elle est souvent représentée comme la Dame de la Turquoise et est vénérée dans les mines.

En tant que Souveraine de l’Occident, Hathor joue un rôle crucial dans l’accompagnement des âmes des défunts dans l’au-delà. Elle est vue comme une protectrice des morts, aidant à leur renaissance dans l’autre monde.

Quelles mythologie et légende

Hathor est souvent décrite comme l’épouse ou la mère d’Horus, le dieu faucon. Leur union symbolique est célébrée dans le mythe de la Belle Rencontre, où Hathor voyage de Dendérah à Edfou pour retrouver Horus.

Dans certains mythes, Hathor est décrite comme l’œil de Ra, le dieu solaire. Elle est envoyée par Ra pour punir l’humanité rebelle, mais après s’être transformée en Sekhmet et avoir causé des ravages, elle est apaisée et redevient Hathor, la bienveillante.

Hathor est également associée à la vache céleste qui porte le dieu soleil Ra sur son dos à travers le ciel. Ce mythe souligne son rôle de soutien et de nourricière divine.

Son héritage

Hathor a eu une influence profonde sur la religion égyptienne, incarnant des aspects essentiels de la vie quotidienne et des croyances spirituelles. Son culte a perduré pendant des millénaires, et elle est souvent comparée à des déesses d’autres cultures en raison de ses nombreux attributs.

La déesse Hathor représente une figure centrale de la religion égyptienne, symbolisant l’amour, la joie, la maternité, et bien d’autres aspects vitaux de l’existence humaine et divine. Son culte, ses mythes et ses représentations artistiques ont laissé une marque indélébile dans l’histoire de l’Égypte antique, reflétant la richesse et la complexité de la spiritualité égyptienne.

« No Pasarán » : Quand le rap français vise les francs-macs ! Côté obédiences, silence radio !

« No Pasarán » attaque essentiellement le RN, mais pas que. Un titre fortement controversé… De très nombreux lecteurs, nous interrogent quant à cette chanson collective disponible sur les plateformes de streaming depuis la nuit du 1er au 2 juillet, visant à appeler la jeunesse à voter contre le Rassemblement national (RN).

No Pasarán »,  en français « Ils ne passeront pas »
No Pasarán »,  en français « Ils ne passeront pas »

Demande : Mais pourquoi les francs-maçons sont-ils visés ?

Réponse : Les Francs-maçons sont souvent entourés de mystère en raison de la nature discrète et ésotérique de leurs rites et pratiques. Ce mystère alimente des théories du complot qui peuvent être exploitées dans des discours ou des chansons visant à critiquer des institutions perçues comme élitistes.

Demande : Comment sont perçus les francs-maçons ?

Réponse : Ils sont perçus par certains comme un groupe exerçant une influence disproportionnée sur la politique, l’économie et la société. Cette perception peut conduire à des critiques ou des attaques, particulièrement dans des contextes où il existe un mécontentement envers les élites ou les structures de pouvoir établies.

Historiquement, les Francs-maçons ont été critiqués par divers groupes, notamment par des régimes autoritaires ou des organisations religieuses qui voyaient en eux une menace pour leur propre pouvoir ou leurs valeurs. Cette tradition de critique perdure et se manifeste dans divers médias.

Demande : Pourquoi des critiques envers les francs-maçons

Réponse : Parfois, les critiques envers les Francs-maçons sont mêlées à d’autres formes de préjugés, comme l’antisémitisme. Les théories du complot peuvent lier de manière injustifiée les Francs-maçons à divers groupes ou causes impopulaires.

Dans des chansons de rap, les artistes peuvent utiliser des attaques contre les Francs-maçons comme une manière de s’opposer aux élites ou de se rebeller contre des institutions perçues comme oppressives. Les paroles peuvent refléter un sentiment de frustration ou d’injustice ressenti par les artistes ou leur communauté.

Demande : Pourquoi toutes ces critiques ?

Réponse : Les paroles du morceau de rap « No Pasarán » contre le RN, telles que présentées dans l’image, expriment des sentiments forts et parfois violents contre le Rassemblement National (RN) et ses figures emblématiques. Ces paroles comprennent des critiques acerbes, des insultes et des appels à l’action contre le RN et ses membres. Voici quelques réflexions sur les aspects antimaçonniques et le contexte général de ce morceau :

Demande : Des paroles antimaçonniques, vraiment ?

Réponse : Une des punchlines mentionne que « C’est tous des francs-maçons ». Cette ligne véhicule une théorie du complot couramment utilisée pour discréditer des individus ou des groupes en les associant à une organisation secrète perçue comme exerçant une influence excessive ou malveillante.

Les références aux francs-maçons dans un contexte péjoratif alimentent les théories du complot, qui peuvent polariser davantage les opinions et renforcer les divisions sociales. De telles assertions, non fondées sur des preuves solides, peuvent nuire à la compréhension et au dialogue public.

Demande : Quelles motivations ?

Réponse : Le morceau semble être une réponse à la montée en popularité du RN parmi les jeunes et ses succès électoraux récents. Il s’agit d’un appel à la mobilisation contre ce parti, que les auteurs du morceau considèrent comme une menace.

Demande : Et quelles mobilisations ?

Réponse : DJ Kore et Ramdane Touhami ont utilisé leur influence dans le milieu du hip-hop pour rassembler des artistes de différentes générations et scènes afin de sensibiliser et mobiliser la jeunesse contre le RN.

Demande : Du caritatif, vraiment ?

Réponse : Il est également mentionné que 100 % des recettes seront reversées à la Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés, ce qui donne une dimension sociale et solidaire à l’initiative.

Demande : Mais alors, pourquoi les grandes obédiences ne réagissent pas ?

Réponse : Les paroles antimaçonniques présentes dans le morceau « No Pasarán » contre le RN peuvent blesser les membres des grandes obédiences maçonniques, en particulier les frères et sœurs qui se sentent personnellement attaqués ou stigmatisés. Toutefois, malgré ces sentiments, les grandes obédiences maçonniques choisissent souvent de ne pas réagir publiquement pour plusieurs raisons.

Demande : Pourquoi ?

Réponse : Les grandes obédiences maçonniques ont une longue tradition de discrétion et de retenue dans les affaires publiques. Cette discrétion est souvent vue comme une manière de protéger l’intégrité de l’organisation et de ses membres. En s’abstenant de répondre à des provocations ou à des accusations, les obédiences évitent de donner plus de visibilité à ces attaques et de légitimer les théories du complot.

Demande : Y a-t-il un risque de surmédiatisation ?

Réponse : Réagir publiquement aux attaques peut parfois entraîner une surmédiatisation du sujet, ce qui pourrait amplifier le message des détracteurs. En choisissant de ne pas répondre, les obédiences maçonniques espèrent réduire l’impact de ces paroles et éviter de nourrir davantage les débats haineux ou les fausses accusations.

Demande : Les huit grandes obédientielles (GODF, GLDF, GLNF, DH, GL-AMF, DH, GLMF, GLTSO) font-elles un focus sur leurs missions essentielles ?

Réponse : Ces huit grandes obédiences maçonniques préfèrent souvent concentrer leurs efforts sur leurs missions essentielles, telles que la promotion de la bienfaisance, de l’éducation, de l’éthique et du développement personnel. Engager des ressources et du temps dans des controverses publiques peut détourner l’attention et les ressources de ces objectifs principaux.

Demande : Souhaitent-elles éviter la politisation ?

Réponse : La franc-maçonnerie devrait normalement prôner la neutralité politique et religieuse. Toutefois, dans les milieux autorisées, il se raconte volontiers, avec humour, que le parti politique le plus proche de la franc-maçonnerie est le Grand Orient de France (GODF). En réagissant à des attaques politiques, les grandes obédiences risquent d’être perçues comme prenant une position partisane, ce qui pourrait compromettre leur image de neutralité et leur mission de rassembler des individus de toutes horizons politiques et religieux.

Bien que les grandes obédiences ne réagissent pas publiquement, cela ne signifie pas qu’elles ne soutiennent pas leurs membres. Les obédiences peuvent offrir un soutien moral et psychologique à leurs frères et sœurs affectés par ces attaques, et travailler en interne pour renforcer la cohésion et la solidarité parmi leurs membres.

Demande : Doivent-elles développer des mesures alternatives ?

Réponse : Cela serait même salutaire. Ces grandes obédiences peuvent intensifier leurs efforts d’éducation et de sensibilisation pour démystifier la franc-maçonnerie. Cela peut inclure des conférences publiques, des publications et des événements ouverts au public pour expliquer les valeurs et les activités réelles de la franc-maçonnerie.

Elles peuvent établir des partenariats avec d’autres organisations qui partagent des valeurs similaires, telles que la tolérance, la liberté d’expression et la lutte contre les discriminations. Ces alliances peuvent renforcer la position des obédiences et leur donner plus de poids dans les débats publics.

Demande : Quand on voit la communication externe de ces dernières, ne serait-il pas temps qu’elles établissent une communication vraiment stratégique ?

Réponse : Il faut avouer que, d’une manière générale, les communicants des obédiences sont soit de personnes encore en activité qui font leur job de responsable communication quand ils ont un moment de libre – nous les comprenons car la pratique de la maçonnerie doit se faire sans préjudice sans préjudice pour eux, leur travail ou pour leur famille –, soit des retraités peut-être has-been, comme ceux de la presse orale qui ne maîtrise pas forcément l’écrit…

Donc, adopter une stratégie de communication proactive mais discrète peut aider à répondre aux attaques sans compromettre la tradition de discrétion. Cela peut inclure des déclarations publiques occasionnelles, des réponses mesurées dans les médias et l’utilisation des réseaux sociaux pour partager des messages positifs et éducatifs sur la franc-maçonnerie.

Le morceau « No Pasarán » est une initiative artistique et politique visant à contrer l’influence croissante du RN en mobilisant la jeunesse à travers le rap. Les paroles antimaçonniques reflètent une utilisation problématique de stéréotypes et de théories du complot, tandis que l’absence de réaction des grandes obédiences maçonniques est cohérente avec leur tradition de discrétion et de focus sur des missions moins politiques.

Dolores Ibárruri en 1978

Pour mémoire, le slogan « No Pasarán »,  en français « Ils ne passeront pas », est devenu célèbre durant la guerre civile espagnole (1936-1939). Il a été utilisé par les forces républicaines pour exprimer leur détermination à empêcher les troupes nationalistes de Francisco Franco de prendre Madrid. La phrase est attribuée à Dolores Ibárruri, surnommée « La Pasionaria », une figure emblématique du Parti communiste espagnol, qui a prononcé ces mots lors d’un discours en 1936 pour galvaniser les défenseurs de Madrid.

Affiche de Ramón Puyol Román durant la guerre d’Espagne

Le Franc-maçon, un infini entre deux infinis…

De notre confrère blog-glif.fr

En entrant dans un local de réunion maçonnique, que l’on appelle « temple », en levant le regard, on remarque immédiatement que le plafond représente une voûte étoilée en guise de plafond. Les rituels donnent des explications variées, correspondant aux besoins d’une société initiatique, sur cette intention de laisser penser que la loge est à découvert.

8 et infini
8 et infini

De plus, les rituels ajoutent que la profondeur de la loge va jusqu’au centre de la terre. Nous n’entrerons pas dans les interprétations de ces particularités architecturales, mais nous pouvons réfléchir sur la signification philosophique qu’elles peuvent évoquer pour « l’homme Maçon. » et pour son processus initiatique.

Pour ce faire nous nous appuierons sur une pensée d’Emmanuel {1} Kant, dont la proximité de sens avec celui de la Franc-maçonnerie est saisissant.

Le philosophe de Königsberg [2] écrit :

« Deux choses remplissent l’âme d’une admira6on et d’un respect toujours renaissants et qui s’accroissent à mesure que la pensée y revient plus souvent et s’y applique davantage : le ciel étoilé au-dessus de nous, la loi morale au-dedans. Je n’ai pas besoin de les chercher et de les deviner comme si elles étaient enveloppées de nuages ou placées au-delà de mon horizon dans une région inaccessible ; je les vois devant moi et je les rattache immédiatement à la conscience de mon existence.

La première part [3] de la place que j’occupe dans le monde extérieur, et elle étant ce rapport de mon être avec les choses sensibles à tout cet immense espace, où les mondes s’ajoutent aux mondes et les systèmes aux systèmes, et à toute la durée sans bornes de leur mouvement périodique.

La seconde part [4] de mon invisible moi, de ma personnalité, et me place dans un monde qui possède la véritable infinitude, mais où l’entendement seul peut pénétrer, et auquel je me reconnais lié par un rapport non plus seulement contingent, mais universel et nécessaire (rapport que j’étends aussi à tous ces mondes visibles).

Temps infini
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Dans l’une, la vue d’une multitude innombrable de mondes anéantit presque mon importance en tant que je me considère comme une créature animale, qui, après avoir (on ne sait comment) joui de la vie pendant un court espace de temps, doit rendre la matière dont elle est formée à la planète qu’elle habite (et qui n’est elle-même qu’un point dans l’univers).

L’autre au contraire relève infiniment ma valeur, comme intelligence, par ma personnalité dans laquelle la loi morale me révèle une vie indépendante de l’animalité, et même de tout le monde sensible autant du moins qu’on peut en juger par la destina6on que cette loi assigne à mon existence, et qui, loin d’être bornée aux condi6ons et aux limites de ceFe vie, se tend à l’infini. »

Kant, Cri6que de la raison pratique (1788).

Il s’agit au fond pour le Franc-maçon du même infini :

la liberté qui désigne ce qu’il y a d’absolu dans chacun d’entre nous. Avec la loi morale, contenue dans l’Obliga<on du Maçon, cet infini est donné sous la forme d’une obligation intérieure, celle de moraliser nos actions quelles que soient les circonstances où la vie nous place et les excuses que nous pouvons forger pour nous soustraire à notre devoir. Cet infini est donné sous la forme du respect que nous éprouvons à l’égard de nous-mêmes et des autres en tant que nous ne sommes pas réductibles à des choses. Le ciel étoilé est la figure esthétique de cet infini : son immensité figure l’immensité de la destination morale de l’humanité.

Emmanuel Kant

Kant parle à ce propos de « sublime » [5] : le fait qu’il n’existe aucune limite assignable à notre liberté se révèle dans la sublimité du ciel étoilé infini, toujours disponible pour de nouveaux regards.

La plupart des hommes d’aujourd’hui, en particulier ceux qui vivent dans les villes, ne font plus l’expérience des étoiles, masquée par les lumières artificielles et la pollution. C’est comme s’il n’était plus possible de percevoir un horizon plus grand que notre moi, une invitation à dépasser les frontières étroites de nos intérêts [6].

La Loge maçonnique peut réaliser ce?e sublimité et ce dépassement. Encore faut-il bien entendre l’Art Royal …

Notes.

[1] Prénom en allemand « Immanuel », né 22 avril 1724 – décédé 12 février 1804.

[2] Autrefois en Prusse Orientale, dont Königsberg était la capitale, jusqu’en 1946, aujourd’hui « Kaliningrad », enclave territoriale russe entre la Pologne et la Lituanie.

[3] Du verbe « partir ».

[4] Idem.

[5] Le grade de Maître-Maçon n’est-il pas appelé dans les rites anglo-saxons « sublime grade » ?

[6] D’après un commentaire de Michaël Fœssel, in Philosophie Magazine, Hors-Série, 2024.

Crédit : GNU Free Documentation License, I, Sailko.

Allemagne : 10 000 euros pour le refuge pour femmes de Braunschweig

De notre confrère allemand regionalheute.de

Brunswick. La réunion annuelle de la Grande Loge des anciens maçons libres et acceptés d’Allemagne (AFuAmvD) a eu lieu à Braunschweig le jour de l’Ascension pour la première fois en 75 ans d’histoire de l’AFuAmvD . L’hôte de cette Journée de la Grande Loge était la Colonne Johannis-Loge Carl zur Kronen de Braunschweig, qui fête cette année son 280e anniversaire. C’est ce qu’a rapporté la Carl Masonic Lodge à propos de la colonne sacrée dans un communiqué.

Des représentants de presque toutes les 284 Johannis Loges d’Allemagne, qui comptent ensemble environ 10 000 membres, sont venus à la Journée de l’association 2024, qui s’est déroulée au Steigenberger Parkhotel. Le point culminant social de la Journée de la Grande Loge a été le banquet final, au cours duquel la maire de Braunschweig, Anke Kaphammel, a prononcé le discours de bienvenue en tant qu’invitée d’honneur. Parmi les invités d’honneur figuraient également Astrid Sutor, directrice du refuge pour femmes de Braunschweig, et Heidi Bitterberg, présidente de l’association de soutien au refuge pour femmes.

Bonne coutume des francs-maçons

La Grande Loge a suivi la bonne pratique des francs-maçons consistant à s’engager dans des activités caritatives. Le grand maître Stefan Kunnert et Thomas Parr, maîtres du fauteuil de la Carl Lodge à la colonne sacrée, ont remis au refuge pour femmes un don de 10 000 euros pour soutenir ses diverses tâches.

Les croisades : quand l’Europe voulait délivrer Jérusalem

De notre confrère canadien ici.radio-canada.ca

Dès 1495 ou 1496, des hordes de paysans, qui ont été remplacées par de véritables armées par la suite, ont répondu à l’appel de l’Église chrétienne pour libérer Jérusalem. L’historien Marc Carrier fait le point sur ces croisades qui ont duré deux siècles au Moyen Âge.

Au 11e siècle, des conflits entre les musulmans et les chrétiens apparaissent. De plus, les Turcs s’investissent à Jérusalem et bloquent les pèlerinages chrétiens.

Le pape Urbain II appelle à la première des huit croisades classiques. Les sept autres se terminent soit par des échecs ou de manière mitigée. La première est « couronnée de succès ». « Il semble y avoir une contradiction théorique, voire théologique, dans la notion même de croisade, parce que c’est l’Église catholique au Moyen Âge qui commande des actes de violence contre une autre confession », affirme Marc Carrier.

Les premiers participants à cette croisade sont investis d’une mission spirituelle. D’autres groupes se joignent à eux et ont plutôt des intérêts de conquête territoriale. En juillet 1099, Jérusalem est reprise.

En 1187, Saladin prend Jérusalem. De grands rois européens partent en guerre pour récupérer la ville sainte, mais ils échouent lors de cette troisième croisade.

Un problème apparaît : leur coût élevé. En raison d’un manque de financement, la quatrième croisade s’arrête à la ville chrétienne de Constantinople, la capitale de l’Empire byzantin. « L’impensable se commet lorsque la ville est prise par les croisés en raison d’une trahison perçue des Byzantins. Dans ce contexte, on commence à voir les croisades déraper », explique l’historien.

La division entre les catholiques et les orthodoxes commencent à se manifester. « On a bien beau dire qu’ils sont schismatiques, ils sont tout de même chrétiens », souligne notre invité.

En terminant, Marc Carrier raconte comment les croisades subsistent dans l’histoire et ont influencé la culture populaire, et pourquoi elles ont été un échec.

En complément :