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Schibboleth, l’approche maçonnique des relations inter-communautaires !

Les rituels maçonniques fourmillent de mots empruntés aux récits bibliques. Schibboleth en est un exemple parmi d’autres. Des générations de francs-maçons et de franc-maçonnes se sont imprégnées d’une interprétation, somme toute assez simpliste, en le réduisant à un mot de passe permettant de prouver que celui ou celle qui l’utilisait était bien compagnon-ne. Et s’il y avait un autre sens, beaucoup plus conséquent ?

Mais tout d’abord reprenons le récit biblique :

C’est dans « Le Livre des Juges » qu’il est fait mention de Schibboleth. Nulle part ailleurs on le retrouve.

Rappelons que « Le Livre des Juges » fait partie de l’Ancien Testament ; il relate sur le mode légendaire la période, vers 1130 avant JC, où les tribus sémitiques étaient considérées comme irrespectueuses des commandements divins. Les « Juges » étaient des chefs militaires, héros des batailles avec les Cananéens, les Madianites et les Philistins. La référence à Schibboleth est mentionnée dans le 6ème vers du chapitre 12 consacré à l’histoire de Jephté. Jephté a été choisi comme « juge » des hommes de Galaad. Il devra affronter la Tribu d’Éphraïm comme le raconte le chapitre 12.

  1. Les hommes d’Ephraïm se rassemblèrent, partirent pour le nord, et dirent à Jephthé : Pourquoi es-tu allé combattre les fils d’Ammon sans nous avoir appelés à marcher avec toi ? Nous voulons incendier ta maison et te brûler avec elle.
  2. Jephthé leur répondit : Nous avons eu de grandes contestations, moi et mon peuple, avec les fils d’Ammon ; et quand je vous ai appelés, vous ne m’avez pas délivré de leurs mains.
  3. Voyant que tu ne venais pas à mon secours, j’ai exposé ma vie, et j’ai marché contre les fils d’Ammon. L’Eternel les a livrés entre mes mains. Pourquoi donc aujourd’hui montez-vous contre moi pour me faire la guerre ?
  4. Jephthé rassembla tous les hommes de Galaad, et livra bataille à Ephraïm. Les hommes de Galaad battirent Ephraïm, parce que les Ephraïmites disaient : Vous êtes des fugitifs d’Ephraïm ! Galaad est au milieu d’Ephraïm, au milieu de Manassé !
  5. Galaad s’empara des gués du Jourdain du côté d’Ephraïm. Et quand l’un des fuyards d’Ephraïm disait : Laissez-moi passer ! les hommes de Galaad lui demandaient : Es-tu Ephraïmite ? Il répondait : Non.
  6. Ils lui disaient alors : Hé bien, dis Schibboleth. Et il disait Sibboleth, car il ne pouvait pas bien prononcer. Sur quoi les hommes de Galaad le saisissaient, et l’égorgeaient près des gués du Jourdain. Il périt en ce temps-là quarante-deux mille hommes d’Ephraïm.

Comme le texte biblique le précise, le mot « Sibboleth » était utilisé par Les hommes de Galaad en raison de sa prononciation spécifique pour identifier les fuyards de la tribu d’Ephraïm qui étaient tentés de l’utiliser pour traverser le fleuve Jourdain et retourner dans leur tribu.

Sachant que ces tribus étaient toutes deux des tribus juives, il s’agit bien d’une guerre fratricide.

Dans l’histoire de l’humanité, cette technique d’identification d’un ennemi a été utilisée à plusieurs reprises, de sorte que « Sibboleth » (ou schibboleth) est aussi devenu un mot commun . Plusieurs schibboleths sont devenus célèbres ainsi en a-t-il été particulièrement en 1282 lors des « Vêpres siciliennes » à l’occasion de la révolte contre le Duc d’Anjou, avec l’utilisation d’un schiboleth sicilien, ciciri.

Schibboleth et franc-maçonnerie

Il semble que l’on voit apparaître la référence à Schibboleth dans les rituels maçonniques vers les années 1740. Il s’agit des rituels du 2ème degré, dans lesquels, Schibboleth devient le mot de passe des frères compagnons, utilisé en particulier pour s’assurer du grade du postulant avant de subir l’élévation au grade de maître. Cela concerne la quasi-totalité des rites maçonniques.

A titre d’exemple au Rite Ecossais Ancien et Accepté pratiqué au GODF, le mot Schibboleth apparaît dans le rituel d’instruction du compagnon :

Demande : Donnez-moi le Mot de Passe du Compagnon.

Réponse : S…

D. : Que signifie-t-il ?

R. : II signifie « épi » et il est représenté par un épi de blé à côté d’un cours d’eau, allusion à un épisode relaté par la Bible au Livre des Juges (XII-5-6).

Cet épisode, interprété symboliquement pourrait signifier qu’il ne suffit pas de connaître les mots maçonniques pour être des initiés véritables.

Il s’agit d’en pénétrer le sens profond car celui qui ne connaît que les mots, ne possède pas pour autant le Secret maçonnique. On peut voir aussi dans le Mot de Passe une allusion aux Mystères d’Eleusis où l’épi de blé était le symbole d’immortalité.

L’interprétation donnée dans cette instruction est naturellement sujette à caution : Faire référence au sens hébraïque du terme « Schibboleth » ne correspond pas à son utilisation biblique et vouloir les associer appartient à la pratique d’une dérive interprétative. De même, faire une extension de sens d’un mot de passe vers la différence existant entre l’utilisation d’un terme et la connaissance de son sens apparaît « artificiel » et convenu.

schibboleth, épis de blé, mystique et cabale au 16ème siècle

Quel contenu symbolique peut-on donner à cette utilisation du terme « Schibboleth » ?

Il faut tout d’abord rappeler ce que l’on pourrait appeler la logique de la démarche maçonnique. Dès les premiers pas de la franc-maçonnerie, un certain nombre de principes sont établis, puis d’autres apports sont apparus :

  • La franc-maçonnerie anglaise revendique une filiation biblique. Au XVIIème siècle, la Bible de référence en Angleterre est la KJV Bible (King James Version Bible – Version de la Bible du roi Jacques Ier). Cette filiation biblique se retrouve dans la symbolique du temple de Salomon.
  • Sur cette base, de nombreux apports extérieurs (en particulier l’occultisme, l’égyptophilie, la kabbale et la philosophie des lumières) ont enrichis les rituels et le contenu symbolique de la franc-maçonnerie en en faisant un syncrétisme ésotérique.
  • A la suite des événements historiques du XIXème siècle, un courant maçonnique libéral et progressif s’est constitué, en particulier en France, en créant une rupture avec la filiation anglaise.
  • Sociologiquement, la franc-maçonnerie anglo-saxonne peut être comprise comme une démarche de paix sociale fondée sur l’alliance d’une bourgeoisie ambitieuse à une aristocratie éclairée. Ce rapprochement s’est également opéré dans des pays républicains, en substituant l’aristocratie à la haute fonction publique.
  • Globalement, quelque soit la forme nationale de la dynamique maçonnique, on retrouve un désir de socialisation, bienveillance, de tolérance, de respect des institutions, de quête d’éthique et de philanthropie.

Cette logique maçonnique se retrouve dans les rituels maçonniques :

  • En instituant une dichotomie entre les trois premiers degrés et les autres, les rituels ont objectivement contribué à créer une hiérarchisation sociale intra-maçonnique héritière des divisions sociétales, mais acceptée sous couvert d’un « approfondissement » de la démarche initiatique.
  • Tous les rituels maçonniques ont conservé leur imprégnation biblique avec une référence théiste. Si la franc-maçonnerie libérale revendique la liberté de conscience dans l’interprétation symbolique, elle a continué d’utiliser les mêmes rituels que ceux pratiqués par la franc-maçonnerie anglo-saxonne.
  • Les rituels maçonniques mettent en exergue le travail sur soi, la recherche de la perfection éthique et l’engagement vers une certaine « béatitude ».

Cette logique maçonnique explique combien la référence à Schibboleth pourrait paraître incongrue si on en restait à l’interprétation simpliste d’un mot de passe destiné à protéger l’accès à un degré.

Pour que Schibboleth soit en cohérence avec la logique maçonnique, ce mot doit s’interpréter comme un enseignement et un avertissement !

De la même manière que Le Livre des Juges relate la désapprobation divine au laisser aller des tribus, l’utilisation de « Schibboleth » dans l’instruction des compagnons met l’accent sur le risque de la déliquescence de la Fraternité.

  • Frère compagnon (Sœur Compagnonne) voyez ce qu’il advint à ceux qui ont succombé à une guerre fratricide !
  • Frère compagnon (Sœur Compagnonne), en qualité de franc-maçon-ne, prenez garde de ne jamais vous laissez entraîner dans cette spirale d’égoïsme, de séparatisme et de sectarisme !
  • Frères et Sœurs, rappelez-vous ce que nos précurseurs francs-maçons anglais ont connu dans cette Angleterre du XVIème siècle avec la déchirure sociale causée par la guerre des sectes ce qui a motivé leur désir de voir la franc-maçonnerie contribuer à rétablir la paix sociale.

En intégrant cet enseignement et cet avertissement, par l’intermédiaire d’une réflexion sur ce que la Bible relate à propos de Schibboleth, le nouveau compagnon (la nouvelle compagnonne) peut prendre conscience d’une nouvelle dimension de son engagement initiatique : Veiller à la cohésion sociale par l’amour, la paix et le respect mutuel.

L’état du Monde d’aujourd’hui et des sociétés humaines qui le composent, montre combien cette réflexion est d’actualité.

Aujourd’hui, l’étranger est devenu l’ennemi , le gêneur, celui ou celle qui va nous faire perdre nos tradition ! On érige des murs pour le dissuader de venir sur nos terres !

La folie a fait place à la raison ! La guerre intercommunautaire s’impose !

On oublie que de tous temps, les êtres humains ont migré pour s’intégrer dans d’autres communautés !

On oublie que la mixité communautaire est la condition de la Paix !

Nous pouvons être fiers, nous francs-maçonnes et francs-maçons, d’avoir conservé, à travers ce mot de Schibboleth, l’enseignement que rien n’est pire que la guerre fratricide conséquence des divisions ethniques !

Qui dira à nos gouvernants que seule l’intégration et l’entente permettent de réguler les relations inter-communautaires ?

NB : On lira avec intérêt un article de Mariette Aklé intitulé « Les enjeux du schibboleth » paru dans la revue « Research in Psychoanalysis » 2018/1 (N° 25) ; il y est question de la situation libanaise mais on pourrait très bien transposer l’analyse pour de nombreuses situations de conflits interethniques.

Autres sources d’information sur Schibboleth :

Schibboleth ou la guerre fratricide, un article de notre sœur Solange

« Schibboleth – Le blé du ciel » par Philippe Langlet – Étude complète d’un mot de la franc-maçonnerie universelle – Éditions de La Hutte – BP 8 – 60123 Bonneuil-en-Valois.

Un site internet Schibboleth – Actualité de Freud –, « association internationale et inter-universitaire, propose des éléments pour penser notre époque et trouver comment y agir, grâce aux contributions d’intellectuels, universitaires, chercheurs, praticiens, auteurs et créateurs, artistes, spécialistes de référence issus de toutes les disciplines, la psychanalyse et la psychopathologie, le droit, l’histoire, la sociologie et l’anthropologie, la philosophie, l’analyse des images et des discours, les sciences politiques, économiques, sociales, et humaines et du vivant, la géopolitique, l’étude des cultures et des peuples, des idéologies, des religions, la littérature et les arts cinématographique et plastique, la médecine, les sciences et la bio-éthique… au cours de séminaires, conférences, publications et colloques ouverts à tous. »

« Le Schibboleth pour Paul Celan » par Jacques Derrida – Editions galilée – 1986

21/09/24 : « Les grands mystères de la franc-maçonnerie », en avant-première chez DETRAD

Ce samedi 21 septembre, à partir de 14 heures, venez chez DETRAD assister, en avant-première, à la présentation exclusive de l’ouvrage Les grands mystères de la franc-maçonnerie (Éd. Dervy, 2024), en librairie seulement le 26 septembre prochain.

L’événement littéraire de la rentrée maçonnique

Rendez-vous chez DETRAD pour une rencontre exceptionnelle avec les auteurs. Ce sera l’occasion d’acquérir l’ouvrage en avant-première et de le faire dédicacer, tout en discutant directement avec Jean-François Blondel et Yonnel Ghernaouti.

Le livre que les francs-maçons ne veulent que vous lisiez !

Les grands mystères de la franc-maçonnerie dévoile les arcanes secrets d’une des sociétés les plus mystérieuses de l’histoire. Ce livre est un guide indispensable pour ceux qui souhaitent comprendre l’histoire et l’influence de la franc-maçonnerie à travers les siècles. Il aborde :

– Les origines et l’évolution des pratiques maçonniques ;

– Les rituels d’initiation, tels que les mythes fondateurs du Temple de Salomon ;

– Des figures légendaires comme le Comte de Saint-Germain et Cagliostro ;

– L’interaction de la franc-maçonnerie avec l’ésotérisme, la religion et la politique ;

– Pourquoi elle continue de captiver malgré les controverses et la méfiance publique.

Accessible à toutes et à tous, l’ouvrage offre une perspective érudite et documentée sur l’Art Royal

Jean-François Blondel et Yonnel Ghernaouti offrent une perspective érudite et documentée sur la franc-maçonnerie, tout en démystifiant des croyances populaires souvent erronées. Ils explorent comment cette société initiatique a influencé le monde moderne, mais surtout, ils éclairent les raisons pour lesquelles elle demeure un sujet de fascination inépuisable.

Librairie DETRAD, rue Cadet, Paris IXe.
Librairie DETRAD, rue Cadet, Paris IXe.

L’ouvrage offre non seulement une plongée dans l’histoire, mais il met aussi en lumière les connexions profondes entre la franc-maçonnerie et d’autres sphères comme l’art, la spiritualité et les mouvements politiques. Il s’agit d’une lecture incontournable pour les passionnés d’histoire, de sociétés secrètes et de spiritualité.

Ne manquez pas cette occasion unique de découvrir Les grands mystères de la franc-maçonnerie, un ouvrage qui promet de dévoiler des secrets ancestraux et d’éclairer les mystères d’une société qui, depuis des siècles, inspire fascination et interrogation.

Un ouvrage dédicacé reste toujours un cadeau idéal ! Avec DETRAD, vous pouvez aussi bénéficier du service « Dédicace en ligne ».

Infos pratiques

Librairie DETRAD 18 Rue Cadet, 75009 Paris/Le samedi, ouvert de 11h à 13h et de 14h à 19h – Tél 01 47 70 38 32/DETRAD, le site.

Cent ans de Fraternité : Histoire et renaissance de la franc-maçonnerie finlandaise

L’année 2024 marque le centenaire de la Grande Loge de Finlande dite « régulière et de tradition », une institution qui incarne à la fois l’héritage historique et les valeurs de la franc-maçonnerie dans le pays. Cette occasion spéciale offre une opportunité de revenir sur les étapes marquantes d’une organisation qui, malgré les interruptions, les persécutions et les conflits, a su renaître et prospérer. Le livre Les 100 ans d’histoire de la franc-maçonnerie finlandaise, qui sera publié en septembre 2024, constitue un jalon essentiel dans la documentation et la compréhension de ce mouvement intellectuel et philanthropique en Finlande.

Flag of Finland

Les premières fondations : Des débuts mouvementés

L’histoire de la franc-maçonnerie en Finlande commence en 1756, lorsque la Svenska Frimurare Orden, la loge suédoise, établit la loge « St Augustin », qui opérait entre Stockholm et Turku, avant de s’installer à Helsinki. À cette époque, la Finlande faisait encore partie du Royaume de Suède. Cependant, l’annexion de la Finlande par l’Empire russe en 1809 interrompit brusquement les activités maçonniques dans le pays. L’empereur Alexandre Ier interdira formellement la franc-maçonnerie en 1822, une décision qui mettra fin à toute activité maçonnique en Finlande pendant près d’un siècle.

Coat of arms of Finland

Durant cette période d’interdiction, quelques Finlandais, notamment des capitaines de marine, continuèrent d’adhérer à des loges étrangères lors de leurs déplacements, notamment en Suède, en France et aux États-Unis. Ces contacts avec des loges étrangères auront un rôle clé dans la renaissance de la franc-maçonnerie finlandaise.

Renaissance et indépendance

La renaissance de la franc-maçonnerie en Finlande coïncide avec l’indépendance du pays en 1917. Au début des années 1920, des Finlandais ayant émigré aux États-Unis et devenus francs-maçons initièrent les démarches pour rétablir la franc-maçonnerie dans leur patrie. Les efforts diplomatiques avec la Grande Loge de l’État de New York aboutissent en 1922 avec la fondation de la loge « Suomi » 1 à l’orient d’Helsinki, suivie rapidement par d’autres loges à Tampere et Turku.

La création de ces trois premières loges a permis, dès 1924, de fonder la Grande Loge de Finlande. Le premier Grand Maître, Axel Solitander, prend les rênes d’une organisation qui allait bientôt compter parmi ses membres des personnalités éminentes, dont le compositeur Jean Sibelius, qui composera la musique maçonnique rituelle.

Les défis des années 1930 : persécutions et propagande

Le développement de la franc-maçonnerie en Finlande dans les années 1930 est ralenti par les influences du national-socialisme et la montée d’une propagande antimaçonnique virulente. Des publications comme Tapparamies ou Siniristi cherchent à discréditer les francs-maçons, les accusant de diverses conspirations, allant même jusqu’à les impliquer dans l’affaire Tattarisuo, un épisode méconnu mais fascinant de l’histoire finlandaise, qui mêle sorcellerie, occultisme et intrigues policières.

La franc-maçonnerie finlandaise subit aussi les pressions de l’extrême droite locale, qui appelle à son interdiction. Malgré cette vague d’hostilité, les francs-maçons finlandais réagissent en restant discrets, tout en publiant quelques ouvrages défendant leurs principes.

La Seconde Guerre mondiale et la suspension des activités

La Guerre d’Hiver (1939-1940) et la Guerre de Continuation (1941-1944) forcent la Grande Loge de Finlande à suspendre ses activités. Le Premier ministre Risto Ryti, lui-même franc-maçon, suggère cette mesure en raison de l’alliance temporaire de la Finlande avec l’Allemagne nazie, où la franc-maçonnerie était violemment persécutée. Les activités maçonniques ne reprendront qu’en 1945, après la guerre, avec environ 200 membres encore actifs.

Expansion et internationalisation

Les décennies qui suivent la guerre voient la franc-maçonnerie finlandaise se renforcer et s’étendre. Des loges sont créées dans de nouvelles villes comme Lahti, Kuopio et Pori, et la fondation Humanitas est créée en 1950 pour soutenir les activités de recherche et de bienfaisance. Les années 1960 et 1970 marquent une période de forte croissance, nécessitant une restructuration de l’organisation et la création de nouveaux districts pour mieux encadrer les loges locales.

À partir des années 1980, la franc-maçonnerie finlandaise commence à s’ouvrir davantage au public et aux médias. Des conventions maçonniques sont organisées, avec un accent mis sur la transparence et l’interaction avec le grand public, rompant ainsi avec la discrétion qui avait caractérisé les décennies précédentes.

L’internationalisation : Une fraternité en évolution

Les années 1990 sont marquées par l’internationalisation croissante de la franc-maçonnerie finlandaise. Un des événements majeurs de cette période est la contribution des francs-maçons finlandais à la renaissance de la franc-maçonnerie en Estonie, après la chute du rideau de fer. En 1999, la Grande Loge d’Estonie est officiellement fondée avec l’aide de la Grande Loge de Finlande.

Les années 2000 et 2010 voient la création de loges finlandaises en Suède et l’organisation de conférences internationales à l’Université de Tampere sur des thèmes liés à l’ésotérisme et aux Lumières. Ce tournant vers l’international montre la volonté des francs-maçons finlandais de participer activement au dialogue maçonnique global.

Un siècle de bienfaisance et de fraternité

Aujourd’hui, avec plus de 7400 membres répartis dans 180 loges à travers le pays et quelques loges en Suède, la Grande Loge de Finlande continue de jouer un rôle important dans la société. En 2024, elle célèbre un siècle d’histoire marqué par des périodes de résilience, d’ouverture et de contribution à la société. Le livre de Samu Nyström, qui sortira à l’occasion de ce centenaire, apportera un éclairage inédit sur cette longue histoire, en ouvrant pour la première fois les archives maçonniques au grand public.

En dépit des épreuves, la franc-maçonnerie finlandaise a su s’adapter et évoluer, tout en restant fidèle à ses principes d’universalité et de fraternité. Ce centenaire est non seulement une célébration d’une riche histoire, mais aussi une opportunité pour l’organisation de se projeter vers l’avenir, en renforçant ses valeurs de bienfaisance et de recherche intellectuelle.

Quel est le rite pratiqué au sein de la Grande Loge de Finlande

Selon le Masonic World Guide (Lewis Masonic, 1984) de Kent Henderson, les frères pratiquent le rite américain Web form.

Toutefois, un certain nombre pratiquent aussi le Rite suédois. Ce rite, qui se distingue par son caractère profondément chrétien et ses fondements symboliques élaborés, est aujourd’hui pratiqué non seulement en Suède, mais aussi en Finlande, notamment dans les villes côtières où la communauté suédophone est bien présente.

Origines et spécificités du Rite suédois

Le Rite suédois trouve ses origines au XVIIIe siècle, principalement sous l’influence de Carl Friedrich Eckleff, qui en a structuré la base vers 1759. Il se distingue des autres rites maçonniques par sa forte orientation chrétienne. Contrairement aux systèmes maçonniques plus répandus, comme le Rite écossais ancien et accepté, qui sont ouverts à des hommes de toutes croyances, le Rite suédois exige de ses membres qu’ils soient chrétiens, et même spécifiquement baptisés dans la foi chrétienne. Ce caractère chrétien est explicitement lié à la nature spirituelle et morale de la franc-maçonnerie telle qu’elle est pratiquée dans ce système.

Le Rite suédois se compose de dix degrés

Chacun avec une signification symbolique et spirituelle profonde, répartis en trois classes principales :

1. Les trois premiers degrés bleus. Ces degrés correspondent aux grades de base de la franc-maçonnerie universelle : apprenti, compagnon et maître ;

2. Les grades intermédiaires (4e à 6e degrés). Ces degrés constituent une transition vers les aspects plus ésotériques et chrétiens de la franc-maçonnerie. Ils introduisent le membre à des enseignements plus mystiques et à une compréhension plus profonde des symboles maçonniques.

3. Les hauts grades (7e à 10e degrés). Ces degrés sont réservés à une élite au sein de la franc-maçonnerie suédoise. Ils sont hautement rituels et sont centrés sur une recherche spirituelle chrétienne plus intense. Le 10e degré est le plus élevé et est uniquement conféré aux membres du Conseil suprême de l’Ordre.

Le Rite suédois en Finlande

Nous l’avons dit, la franc-maçonnerie suédoise en Finlande a une histoire qui remonte à 1756, lorsque la loge « St Augustin » a été fondée à Helsinki sous l’égide de la Svenska Frimurare Orden. Cette loge a été l’une des premières à introduire le Rite suédois en Finlande, à une époque où le pays faisait encore partie du Royaume de Suède. Cependant, les activités maçonniques finlandaises sous ce rite furent interrompues pendant plus d’un siècle après l’annexion de la Finlande par l’Empire russe en 1809.

Un modèle unique de maçonnerie chrétienne

L’un des aspects remarquables du Rite suédois est son insistance sur la foi chrétienne comme fondement de la progression maçonnique. Chaque degré est conçu pour approfondir la compréhension de la spiritualité chrétienne et des valeurs éthiques associées à la franc-maçonnerie, telles que la charité, l’intégrité et la fraternité. Cette orientation chrétienne se reflète dans les rituels, les symboles et les enseignements, qui puisent largement dans la tradition chrétienne et mystique occidentale.

Le Rite suédois a une structure hiérarchique rigide et ses rituels sont entourés d’un grand mystère – les rituels ne circulant pas du tout. Les loges sont dirigées par des membres ayant atteint les hauts grades, et les cérémonies sont réputées pour leur solennité et leur complexité. En Finlande, les loges qui pratiquent ce rite attirent des membres principalement issus de la communauté suédophone, ce qui en fait une composante importante de la franc-maçonnerie biculturelle du pays.

Le rôle de la charité et de la bienfaisance

Comme d’autres rites maçonniques, le Rite suédois accorde une grande importance à la charité et à l’aide aux plus démunis. En Finlande, la Granatenhjelms Stiftelse, fondée en 1913, reste active en tant qu’association pour la gestion des activités financières liées à la franc-maçonnerie suédoise, jouant un rôle essentiel dans le soutien caritatif et l’aide sociale.

En conclusion

Le Rite suédois incarne une forme particulière de franc-maçonnerie en Finlande, alliant tradition chrétienne, spiritualité et engagement envers la fraternité. Sa présence continue dans les régions côtières et son influence sur la culture maçonnique suédophone soulignent son rôle historique et contemporain dans la société finlandaise. Alors que la Grande Loge de Finlande célèbre son centenaire, le Rite suédois rappelle que la franc-maçonnerie finlandaise est le produit d’une riche tradition biculturelle, à la croisée des mondes suédois et finlandais, et ancrée dans des valeurs partagées de fraternité et de bienfaisance.

Pour mémoire, en juillet 1928, la Grande Loge de Finlande a demandé à la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises (GLNIR), créée le 5 novembre 1913, d’être reconnue comme régulière. Depuis 1929, la notion de « régularité maçonnique » est définie par la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) dans ses Basic Principles. La GLNIR, qui prit le nom de Grande Loge Nationale Française (GLNF) en 1948, a reconnu la Grande Loge de Finlande en octobre 1928.

Secrets mystiques de l’échiquier : Un voyage vers la connaissance cachée

Dans cet ouvrage intitulé Le jeu d’échecs et le mat – Perspective spirituelle et symbolique, Jean Poyard explore avec une rare profondeur la dimension mystique et symbolique du jeu d’échecs, dépassant ainsi le cadre d’un simple manuel ou d’une étude tactique. L’œuvre se positionne comme un pont entre le tangible et l’intangible, entre l’intellect et la spiritualité, dans une quête de la connaissance et de l’éveil.

Chers lecteurs(trices), ensemble, nous allons entamer un voyage initiatique sur les 64 cases de l’échiquier, où chaque mouvement dévoile un secret de l’âme et chaque coup résonne comme une étape vers la lumière et la sagesse éternelle.

Le jeu d’échecs, tel que présenté ici, est bien plus qu’un simple loisir ou exercice intellectuel : il devient une métaphore du chemin initiatique de l’Homme vers la sagesse et la compréhension ultime de soi et de l’univers. L’ouvrage rappelle que les échecs, tout comme le tarot ou le Yi King, sont de ces « livres muets » qui stimulent la conscience et l’intelligence humaine depuis des temps immémoriaux. Ils sont des portes ouvertes vers une compréhension plus profonde des lois cosmiques, des mathématiques pythagoriciennes et des carrés magiques, des éléments centraux pour appréhender l’origine mystérieuse du jeu.

Jean Poyard nous invite à décrypter ce jeu millénaire comme un condensé des lois spirituelles, mettant en scène la lutte éternelle entre les forces de lumière et celles de l’ignorance. Ce combat échiquéen devient alors le miroir de la lutte intérieure de chaque homme dans sa quête pour transcender la matière et l’illusion. En cela, chaque partie jouée devient un symbole de l’engagement dans ce chemin d’éveil de la Conscience, où le Mat représente la mort de l’ignorance et l’avènement de la connaissance véritable.

L’ouvrage s’étend également sur l’origine énigmatique des échecs, explorant ses racines dans les civilisations anciennes telles que l’Égypte, la Grèce, l’Inde, en passant par la Perse et l’Islam, avant de s’épanouir dans la chrétienté médiévale et la Renaissance. Cette trajectoire historique révèle la transmission universelle et intemporelle de la connaissance spirituelle à travers ce jeu, que l’ONU a symboliquement reconnu en consacrant une journée mondiale dédiée à sa célébration chaque 20 juillet.

Le parcours initiatique décrit par Jean Poyard est ponctué de réflexions sur des thèmes aussi vastes que la science des nombres, l’aléa symbolisé par les dés, ou encore la volonté de l’homme de maîtriser son destin à travers les échecs. Il nous rappelle que, contrairement aux jeux de hasard, les échecs exigent non seulement de la stratégie, mais aussi une volonté de domination de soi et des circonstances. C’est un véritable apprentissage de la discipline de l’esprit, où la victoire ultime n’est pas celle d’un roi renversé, mais celle de la conscience qui s’élève.

L’échiquier devient alors un sanctuaire sacré, où chaque coup, chaque mouvement, chaque pièce trouve une correspondance dans la structure même de l’univers et dans le cheminement de l’âme. Loin d’être figé dans un simple quadrillage de noir et blanc, il devient l’illustration dynamique de la dualité et de l’unité, du jeu cosmique entre l’ombre et la lumière, entre la matière et l’esprit.

Cette analyse s’approfondit encore lorsqu’on aborde les différents chapitres du livre, où l’auteur explore les correspondances symboliques entre les pièces du jeu et des concepts spirituels ou philosophiques. Les figures de Palamède, du roi et du cavalier de Troie, ou encore la recherche du chaînon manquant, sont autant de clés interprétatives qui permettent de révéler les enseignements cachés dans chaque partie jouée.

Enfin, l’ouvrage traite de la relation entre les échecs et le Graal, symboles jumeaux de la quête spirituelle ultime, où l’homme, tel un chevalier des temps modernes, se met en quête non d’un trophée matériel, mais d’une sagesse intérieure qui transcende les limites du monde physique. Cette quête rejoint la grande tradition des mystères chrétiens, pythagoriciens et ésotériques, où le jeu d’échecs prend une dimension cosmique et initiatique.

Jean Poyard, la bio

Jean Poyard, érudit passionné par la spiritualité des jeux et, en particulier, du jeu d’échecs, mène depuis plus de trente ans des recherches sur ce thème. Il est également l’auteur d’un autre ouvrage majeur : Le Graal, queste christique et templière, de Chrétien de Troyes à l’Évangile selon saint Jean, qui aborde des thèmes similaires à travers le prisme des traditions chrétiennes et templières. Ses recherches, ancrées dans une tradition gnostique chrétienne, l’ont mené à donner de nombreuses conférences, partageant ainsi son savoir et sa compréhension des mystères spirituels. Jean Poyard continue de s’affirmer comme une voix incontournable pour quiconque souhaite explorer le lien profond entre spiritualité, symbolisme et jeux.

Le jeu d’échecs et le mat – Perspective spirituelle et symbolique

Jean Poyard Éditions Dervy, 2024, 480 pages, 24,90 €

Photos © Yonnel Ghernaouti YG

La Laïcité Tunisienne (par Jean-Pierre Zana)

Je suis né à Sfax, dans le Sahel Tunisien et j’ai grandi avec mes amis musulmans, chrétiens, orthodoxes et juifs sans problèmes. Nos grands-mères partageaient les gâteaux lors de fêtes religieuses avec tous nos amis. Nous allions dans les églises, les mosquées et les synagogues où nos grands-pères demandaient que l’on soit « sages ».

En 1960, avec Christian et Raouf nous étions assis sur le port de Sfax où les militaires embarquaient dans les bateaux et nous étions tristes. Bourguiba est devenu président et lors des manifestations, les ouvriers de mon père nous raccompagnaient chez nous pour ne pas être pris en otage.

Nous avons vécu une vraie laïcité où nous vivions ensemble avec nos différences, mais le respect des uns et des autres.

J’ai retrouvé un document dont l’insigne montre la laïcité, un régiment qui s’est engagé en 1914 et en 1939-1945. Beaucoup de tunisiens musulmans, chrétiens et juifs se sont engagés avec l’armée des Etats-Unis pour rejoindre l’armée Française en Italie et remonter jusqu’à Berlin.

4e régiment de tirailleurs tunisiens

Le 4e RTT est créé le 14 décembre 1884 en Tunisie sous l’appellation de 4e RTA. Il sert sans interruption jusqu’au 31 mai 1962, date à laquelle il est dissous en Algérie, où il avait été rapatrié en septembre 1958, suite à l’indépendance de la Tunisie.

L’écriture arabe se traduit par  » sous la garde (ou sous la protection) d’Allah ( في حفظ الله’)

Le 4ème régiment des tirailleurs tunisiens était un régiment d’infanterie de l’Armée Française en activité entre 1884 et 1956 ; c’est le régiment les plus décoré de l’Armée Française.

Un notable musulman vient de dire publiquement : « Écoute-moi, France amie. Te souviens-tu de ces turcos à la calotte rouge, véritable et interminable champ de coquelicots, qui, le regard enflammé, scrutaient à travers le créneau de la tranchée les gestes du Boche ?

Les revois-tu bondissant par-dessus le parapet, semblables à des lions et sautant chez le voisin pour l’anéantir ? Les revois-tu tombant à mi-chemin, encourageant dans leur agonie, lente ou rapide, les camarades des autres vagues qui poursuivaient le même but et tombaient à leur tour ?

Te souviens-tu quand, plus tard, en bataillons ardents, coude à coude avec leurs vaillants frères français, ils s’élançaient, en des 
luttes homériques, sus au Teuton ?

Fauchés par la mitraille, ils avançaient quand même ; aveuglés par les gaz délétères, ils marchaient sans souci du danger ; broyés par les marmites, ils couraient à la victoire, bousculant l’ennemi et lui faisant mordre la poussière, atteignant enfin l’adversaire et le taillant en pièces. Oh ! les beaux hommes ! Les braves gens ! Comme leur héroïsme cadrait bien avec celui des incomparables poilus de France.

« Écoute-moi, France aimée. Connais-tu les noms, l’origine de ces héros qui, d’une façon obscure, sont morts pour toi, oui, pour toi, sans autre souci que celui d’immoler leur jeunesse pour que toi, bienfaitrice de l’univers, champion de la civilisation, tu puisses vivre ? Et ce, sans récompense autre que celle, posthume, de la reconnaissance ? Peu importe leurs noms, pourvu que leur mémoire soit éternelle. Ils savaient, ces soldats magnifiques, que leur trépas, consenti pour ta juste cause, n’était pas un sacrifice inutile. Ils songeaient, avant de pénétrer dans l’au-delà, que tu serais compatissante à la douleur des leurs, laissés à l’arrière. Ils étaient sûrs que tu pleurerais leur mort au même titre que celle de tes propres enfants. Et c’était pour eux une sorte de pieuse joie de mourir ainsi à l’ombre de ton fier drapeau, ce drapeau qui a réalisé tant de conquêtes, non seulement par le sabre, mais aussi grâce aux principes d’humanité que tu as sue, depuis des siècles, inculquer aux peuples placés sous ta tutelle. »

Ses rangs ne sont formés que de fils de la douce Tunisie, encadrés par des Français et quelques Algériens de choix. Il serait impossible, même dans un long ouvrage, de retracer 
tous les traits d’héroïsme qui foisonnent dans l’histoire de ces tirailleurs, mais aujourd’hui chacun sait ce que signifient les mots « Attaque et Défense », « Tenir et Vaincre », chacun sait ce qu’ils coûtent, et la simple énumération de ces attaques et de ces défenses suffira pour légitimer l’orgueil avec lequel les tirailleurs du 4e régiment de marche portent leur fourragère aux couleurs de la Légion d’honneur. 

Nous sommes à Verdun, le 24 octobre 2016, officiers français et étrangers rangés sous les couleurs de nombreux pays et une pluie battante pour célébrer le centenaire de la reprise du fort de Douaumont. Ciel triste, ambiance nostalgique, émotions fortes : lectures et projections d’images rappellent tant la violence des combats que les actions héroïques, spécialement des troupes venues d’outre-mer. Un long moment, l’accent est mis sur la contribution considérable des tirailleurs tunisiens dans cette terrible bataille. En tant qu’officier tunisien, cela éveille en moi de forts sentiments d’appartenance et de fierté.

« Sous La Garde d’Allah » et durant 72 ans (en activité entre 1884 et 1956), le 4è régiment de tirailleurs tunisiens fut l’un des régiments les plus décorés de l’armée française. Mobilisé par la République, il connut d’abord la trop célèbre horreur des tranchées avant de se couvrir de gloire face à la barbarie nazie. Toujours et en tous lieux, sur les différents fronts et champs de bataille, les tirailleurs tunisiens firent preuve d’une profonde loyauté, d’une immense ardeur au combat et d’un remarquable esprit de sacrifice.

Dépassant les postures bien compréhensibles de la période de l’indépendance et remettant à leur place certains reflexes idéologiques parfois encore vivaces mais aussi décalés que compassés, n’est-il pas temps de mettre les actes glorieux de ces hommes au premier rang de la liste des exemples à suivre en matière de courage, d’esprit de camaraderie et d’audace ?

Combien il serait utile à la Tunisie moderne de se remémorer les durs et étroits sentiers parcourus par les hommes du 4è régiment de tirailleurs tunisiens et leurs frères d’armes. Cela représente un héritage inestimable, destiné à enrichir et soutenir les générations actuelle et futures dans les combats de toutes sortes.

Il est temps de décomplexer notre vision historique et que la Tunisie se réconcilie avec son passé et avec son histoire militaire en particulier, en rendant hommage à ses « anciens », saluant leur héroïsme durant les deux guerres mondiales.

Ahmed Ben Abdallah
Officier stagiaire de la promotion Gallois, 24è promotion de l’École de guerre. Issu de l’Académie militaire Fondouk Jedid en Tunisie, le LTC Ahmed Ben Abdallah a participé́ à de nombreux déploiements et opérations. Avant de re- joindre la 24è promotion de l’École de guerre (2016-2017), il était commandant du Centre d’excellence EOD tunisien (CEET).

Les femmes Tunisiennes

Nos grands-mères quand elles faisaient le ménage ou la lessive s’habillaient comme ces femmes tunisiennes. Mais quand elles sortaient, elles s’habillaient autrement.

Lors d’un mariage, ou quand il faisait chaud avec sirocco elles utilisaient le Sefseri un voile traditionnel féminin porté en Tunisie.

Les femmes tunisiennes d’Antan, participaient à des Miss locales et mondiales dans les années 60 à 80.

Les femmes tunisiennes portaient des vêtements occidentaux sauf dans les années 90, les femmes tunisiennes ont perdu leur liberté.

La Tunisie a défendu pendant longtemps la Laïcité, mais malheureusement les pays riches du Moyen Orient Islamiques politiques ont imposé le voile qui n’est pas religieux. L’Imane Kahina Bahloul, première femme imam de France a publié « mon Islam, ma liberté ». Sur France Inter mais aussi sur le monde et sur YOUTUBE. Elle a demandé d’arrêter de faire du voile un symbole de l’Islam. L’essor des idéologies islamistes, accompagné d’un processus de réislamisation de la société ayant pour ambition de donner un fondement religieux à l’organisation politique et sociale, fonde son projet sociétal sur une dichotomie entre les genres. Celle-ci se traduit par une normativité sociale dont l’objectif premier est le contrôle du corps de la femme, source de tentations et de désordre social.

En conclusion regardez les photos ci-dessous et engagez-vous dans le débat.

La Fête des Tabliers est enfin de retour !

Le Samedi 5 Octobre de 10h30 à 18h, c’est le retour de la journée conviviale et fraternelle grâce à des activités aussi diverses que variées : 

  • Tracez la méridienne.
  • Le Temple, apprenez à le tracer…
  • Aperçu des principaux rites.
  • Présentation de l’ITEM et du Salon Maçonnique de Toulouse

Mais aussi :

… et bien d’autres choses encore …

Pétanque avec des pierres cubiques.

Tailler une pierre brute avec une petite cuillère.

Baby-Foot maçonnique.

Chasse au Trésor Maçonnique.

Sans oublier notre légendaire Chaîne d’Union.

100% FRATERNITÉ !

Attention, ce matin (18/09) il ne restait que 85 places disponibles

Reportage : Camille Lefebvre une Franc-maçonne qui avait 100 ans

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Découvrez ce documentaire de 26 mn de 2017, sur la loge union et travail de Lens et leur mère-hôtesse Camille Lefebvre qui avait 100 ans. Elle est décédée peu après le tournage. Ce documentaire présente la franc-maçonnerie, son histoire, ses peurs, ses avantages et ses inconvénients grâce à l’intervention de l’ancien grand maître de la GLDF, Alain Noël Dubart.

Noces chymiques de Christian Rose-Croix : Le secret du voyage initiatique décrypté

L’ouvrage de Jean-Paul Holstein, intitulée « Le Grand Œuvre dans les Noces Chymiques de Christian Rosecroix ou le grand voyage initiatique », est une profonde exploration ésotérique du texte alchimique et initiatique classique, Les Noces chymiques de Christian Rose-Croix. Ce livre se distingue par son analyse rigoureuse et sa recherche d’une compréhension spirituelle des processus décrits dans l’ouvrage rosicrucien. Jean-Paul Holstein nous guide dans une quête initiatique à travers le symbolisme et l’alchimie spirituelle. Ce faisant, il renforce la dimension transcendante et mystique des Noces chymiques, un texte qui est à la fois une allégorie et une méditation sur le Grand Œuvre.

L’approche de Jean-Paul Holstein est à la fois analytique et intuitive. Dès le préambule, il introduit les lecteurs à la complexité et aux paradoxes qui entourent ce texte du XVIIe siècle. Loin d’être simplement un conte alchimique, Les Noces chymiques dévoilent une série de symboles mystiques qui s’étendent bien au-delà de la simple compréhension profane. Holstein expose le double aspect de l’œuvre : le récit narratif et la méditation sur l’alchimie, deux éléments qu’il associe tout au long du texte.

Jean-Paul Holstein insiste sur la signification profonde du voyage initiatique et spirituel entrepris par Christian Rose-Croix. Ce voyage est une métaphore des étapes de la transformation intérieure, à travers lesquelles l’âme progresse vers la lumière. Le voyage initiatique est, à chaque étape, accompagné de symboles riches et d’événements ésotériques qui correspondent aux étapes de la Grande Œuvre alchimique. L’auteur met en lumière la richesse symbolique de chaque jour de ce voyage, où chaque étape est à la fois une mort et une renaissance de l’âme. Jean-Paul Holstein décortique les récits des sept jours, chaque jour étant un reflet symbolique des opérations alchimiques qui visent à purifier et transformer l’âme humaine.

Il propose une approche qui lie les différentes traditions ésotériques tout en se concentrant particulièrement sur la symbolique chrétienne et rosicrucienne. Les Noces chymiques ne sont pas seulement une quête intérieure ; elles constituent aussi une forme de rituel mystique qui illustre l’union de la matière et de l’esprit, du ciel et de la terre. L’importance de cette union est au cœur de l’analyse de Jean-Paul Holstein. En mettant en parallèle les expériences alchimiques décrites et la symbolique chrétienne, Holstein montre comment Christian Rose-Croix incarne une figure spirituelle universelle, un modèle pour tous ceux qui cherchent l’illumination à travers l’alchimie spirituelle.

Jean-Paul Holstein déploie une analyse subtile du symbolisme des personnages et des objets dans les Noces chymiques, décomposant avec soin leur signification occulte. Les objets, les couleurs et les personnages prennent un sens initiatique lorsqu’ils sont vus à travers la lentille de l’alchimie et de l’ésotérisme. Jean-Paul Holstein accorde une attention particulière à la couleur, un élément clé de l’œuvre, qui représente les différentes phases du processus alchimique. Le blanc, le rouge et le noir, par exemple, représentent respectivement la purification, la transformation et l’intégration de l’esprit et de la matière.

Le symbolisme du mariage royal entre le Roi et la Reine est également central à l’analyse de l’auteur. Ce mariage n’est pas simplement une union physique, mais une allégorie de l’union mystique entre les principes masculin et féminin, l’esprit et la matière. À travers cette union, Jean-Paul Holstein propose une lecture du texte en termes de transmutation alchimique et de perfectionnement spirituel.

L’auteur ne s’arrête pas aux éléments allégoriques de l’œuvre ; il pousse son analyse dans une dimension psychologique. En utilisant les travaux de Jung, il propose une lecture des Noces chymiques qui met l’accent sur le processus d’individuation et de transformation intérieure. Le voyage de Christian Rose-Croix devient une métaphore du voyage intérieur que chaque individu doit entreprendre pour atteindre la plénitude de l’être. Les figures rencontrées par Christian Rose-Croix symbolisent des aspects de l’inconscient, que le protagoniste (et par extension, le lecteur) doit intégrer dans sa conscience.

Cette lecture jungienne de l’alchimie spirituelle permet à Jean-Paul Holstein de relier le symbolisme rosicrucien à une compréhension plus universelle de la psyché humaine. La dialectique entre le conscient et l’inconscient, entre l’esprit et la matière, se reflète dans le symbolisme des objets, des couleurs et des personnages de l’œuvre. L’auteur démontre que le voyage de Christian Rose-Croix est, en fin de compte, un voyage vers l’unification de ces opposés, qui mène à une transformation spirituelle.

Les sept jours du voyage de Christian Rose-Croix sont, dans l’analyse de Jean-Paul Holstein, une représentation symbolique des étapes de la transformation alchimique. Le premier jour représente le début de la quête, avec une introduction aux concepts ésotériques et à la Fraternité de la Rose-Croix. Chaque jour qui suit représente une étape de purification, de mort symbolique et de renaissance. L’auteur décortique chaque jour, en examinant les symboles spécifiques et les enseignements ésotériques qui leur sont associés.

L’une des contributions majeures de cet ouvrage est l’analyse de la symbolique numérique et animale, ainsi que des objets du Grand Jardin. Jean-Paul Holstein démontre que ces symboles ne sont pas arbitraires, mais qu’ils forment un langage caché, destiné à guider l’initié dans sa progression spirituelle. En outre, l’auteur montre comment la symbolique astrologique est intégrée dans le texte, reflétant une compréhension ancienne du cosmos comme miroir de l’âme humaine.

Le travail de Jean-Paul Holstein sur les Noces chymiques de Christian Rose-Croix est une synthèse entre la tradition mystique chrétienne et une approche jungienne de l’alchimie intérieure. L’auteur est reconnu pour sa capacité à rendre accessible des textes ésotériques complexes à un public plus large, tout en conservant la profondeur et la richesse des enseignements spirituels qu’ils véhiculent.

L‘éditeur Agapae, dans sa collection Ex Tenebris LVX, se spécialise dans la publication d’ouvrages ésotériques et spirituels qui éclairent les mystères cachés des traditions initiatiques anciennes. L’accent est mis sur des textes qui traitent de la relation entre l’ombre et la lumière, la matière et l’esprit, dans un souci d’offrir des clés pour la transformation intérieure.

En somme, Le Grand Œuvre dans les « Noces chymiques » de Christian Rosecroix ou le grand voyage initiatique est une contribution précieuse à l’étude de l’alchimie spirituelle et rosicrucienne. Jean-Paul Holstein propose une lecture à la fois érudite et profondément spirituelle, qui permet de pénétrer les mystères d’un texte ésotérique majeur.

Le Grand Œuvre dans les « Noces chymiques » de Christian Rosecroix ou le grand voyage initiatique

Jean-Paul Holstein – Iconographie Gaël de Kerret – AGAPAE, Coll. Ex Tenebris LVX, 2024, 120 pages, 16 €. Disponible sur le site AGAPAE.
 

Le mot du mois : Authentique

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Le mot d’origine strictement grecque est * authentès, composé de *autos « par soi-même, de sa propre initiative » et de *(h)entès « qui achève, réalise ». L’authentikos désigne l’auteur responsable (souvent d’un meurtre) qui agit par soi-même.

Le grec a aussi un autre mot pour désigner ce qui est véritable, authentique, vrai, *étéos, dont est issu l’étymon, donc l’étymologie.

La recherche de cette forme de vérité incontestable est une constante dans les sociétés antiques. Surtout la pureté quasi obsessionnelle de la légitimité d’un enfant mâle à être investi des droits qu’elle confère à ceux qui sont nés d’un ancêtre commun en lignée masculine. La naissance est la condition du statut personnel, familial et social, la moindre entorse de bâtardise à ce principe étant source d’exclusion.

Les Latins reconnaissent comme *germanus l’enfant de la même race, authentique. Le cousin germain, hermano le frère. 

L’enfant nouveau-né sera accueilli sur le genou de son aïeul paternel ou de son père, en signe de légitimation comme membre de la famille, le *génos. *Genuinus, d’où l’anglais genuine, d’origine garantie, véritable.

Les sociétés postérieures ne se feront pas faute de revendiquer cette authenticité, par exemple la limpieza de sangre chez les Espagnols. Les nazis pisteront sans pitié tout porteur d’impureté sémite.

Le promeneur du cimetière parisien du Père Lachaise peut trouver, au détour de sa curiosité fureteuse, une tombe pour le moins grandiloquente, dont le bénéficiaire, un dénommé Jean-Louis Saché, a pris la peine d’ériger de son vivant sa pyramide funéraire, qu’il a proclamée « authentique » et sur laquelle il a peint de sa propre main des hiéroglyphes. Evidemment d’époque. Authentique…

De nos jours, il est de bon ton de revendiquer haut et fort l’authenticité de ses propos, comme gage de leur véracité, de leur crédibilité. A l’ère des mensonges tous azimuts, dans le monde politique et publicitaire, des « fake news » qui inondent la planète médiatique, ce « label » laisse rêveur…

Facétieux, le musicien Erik Satie prévient : « Bien que nos renseignements soient faux, nous n’en garantissons pas l’authenticité. »…

Annick DROGOU

Comme un désir de vérité, un espoir, une garantie. Quand la confiance fait défaut, quand la réalité devient suspecte d’être falsifiée, mensongère, nos contemporains sont en quête d’authentique. Sans très bien savoir de quoi il s’agit, peut-être de la nostalgie d’une pureté originelle que rien n’est encore venu altérer. Nous sommes tous à la recherche de ce qui ne saurait trahir, de ce qui rattache et nous arrime à l’essentiel contre toutes les falsifications, tous les artifices qui colonisent nos vies.

Authentique comme quoi ? Comme l’acte notarié qui fait foi d’une réalité et lui donne autorité ; authentique comme l’œuvre d’art dont les experts nous ont donné l’assurance qu’il ne s’agit ni d’une copie, ni d’une imitation ; authentique comme la recette traditionnelle d’un plat qu’aucun ajout n’a dénaturé. Nous sommes tous à la recherche de garantie de ne pas être trompé, de ne pas se tromper soi-même. L’authenticité comme une fraîcheur retrouvée, comme l’assurance d’être dans le vrai, d’atteindre une réalité sans fard, dans sa vérité nue.

Mais si le mot convient bien aux objets, aux actes notariés comme aux tableaux exposés dans un musée, il devient plus fragile quand il s’agit des comportements humains. Qui peut dire qu’il a été authentique, qu’il a été vraiment lui-même ? Pour cela, il faudrait déjà pouvoir vraiment se connaître. L’authenticité devient alors rapidement un fantasme. Quel certificat authentique lui donner ? À quel original peut-on être conforme ? Peut-être simplement à notre vocation d’homme, à un modèle éthique, mais alors on ne peut pas plus se vanter d’être authentique que d’être humble ou sage. Faut-il lui préférer un autre qualificatif ? Tâchons d’être francs. Simplement cohérents et dignes de confiance.

Jean DUMONTEIL

07/10/24 : Dialogue et Démocratie Française invite François Jullien sur l’art subtil de la dé-coïncidence

Perry Wiley, Président de Dialogue et Démocratie Française (D&DF) vous invite à un dîner-débat avec François Jullien sur « « Rouvrir des possibles. Dé-coïncidence, art d’opérer », développant ainsi la thèse de son dernier ouvrage.

Le philosophe a promu le concept de dé-coïncidence dans trois essais : Dé-coïncidence. D’où viennent l’art et l’existence (Grasset, 2017 ; rééd. Le Livre de Poche, 2020), Politique de la décoïncidence (L’Herne, 2020), Rouvrir des possibles. Dé-coïncidence, un art d’opérer (L’Observatoire, 2023).

Perry Wiley

Le mot du Président

Dans une époque marquée par des bouleversements constants, où les événements sportifs côtoient les incertitudes politiques, il est plus que jamais essentiel de nous retrouver pour réfléchir ensemble à l’avenir de notre société et aux actions que nous pouvons entreprendre au sein de la Cité. C’est dans cet esprit que nous avons le plaisir de reprendre nos dîners-débats et d’ouvrir à nouveau un espace où le dialogue, véritable, authentique et profond, peut renaître.

Dialogue et Démocratie Française (D&DF), la mission

Dialogue et Démocratie Française, fondé en 2004, s’est donné pour mission de créer un lieu indépendant de toute influence partisane ou politique, où des frères et sœurs des principales obédiences maçonniques françaises peuvent travailler ensemble, en dehors des temples, sur les sujets fondamentaux qui structurent notre société et favorisent le vivre-ensemble. D&DFa été créé pour répondre à un constat alarmant : les véritables débats, ceux qui éclairent et enrichissent, se font de plus en plus rares. Trop souvent, ce que l’on nomme débat se transforme en un simple échange de monologues, où l’un cherche à convaincre sans écouter l’autre, où la parole perd de sa substance.

Dans ce contexte, D&DF s’efforce de faire émerger une voix nouvelle. Une voix pluraliste, issue de la diversité des pensées et des parcours de ses membres, capable d’exprimer plusieurs voies, plusieurs chemins vers une société plus juste. Une société où le vivre-ensemble n’est pas un simple slogan, mais une réalité tangible. Une société où l’Homme n’est plus une « variable d’ajustement », mais se trouve au centre de toute construction sociale et politique.

Alexis de Tocqueville (Théodore_Chassériau, Versailles)

Ainsi, en nous inspirant des paroles d’Alexis de Tocqueville qui nous rappelle que

« Il y a beaucoup plus de lumière et de sagesse dans plusieurs hommes réunis que dans un seul »,

nous vous convions à nos dîners-débats trimestriels, des moments où le dialogue s’ouvre à des personnalités issues de différents horizons. Qu’il s’agisse d’éducation, de santé, de justice, d’économie, d’écologie, ou de géopolitique, les thématiques abordées sont variées, mais toutes sont liées par un fil conducteur : la volonté de construire un avenir meilleur pour tous.

Le prochain dîner-débat se tiendra le lundi 07 octobre 2024 dans les Salons du Sénat, au 15 ter rue de Vaugirard, 75006 Paris. Nous aurons l’honneur d’accueillir François Jullien, philosophe, helléniste, et sinologue, Professeur émérite de l’Université Paris Diderot, dont les travaux ont profondément marqué la pensée contemporaine. À travers ses études sur la philosophie chinoise et son regard croisé entre les traditions occidentales et orientales, François Jullien nous invite à reconsidérer nos certitudes et à explorer de nouvelles manières de penser.

Lors de ce dîner-débat, François Jullien développera la thèse de son dernier ouvrage, que nous vous encourageons vivement à lire : « Rouvrir des possibles. Dé-coïncidence, art d’opérer ». Cet essai propose une réflexion passionnante sur l’idée de dé-coïncidence, un concept clé pour comprendre comment fissurer les certitudes idéologiques qui paralysent notre société et rouvrir des possibles, là où tout semble bloqué.

François Jullien en 2014

Comme l’explique si bien François Jullien… 

« Aujourd’hui, alors que tracer un plan de la Cité idéale semble impossible et que les lendemains ne chantent plus, peut-on faire autre chose que défaire ce qui bloque l’état présent des choses pour y rouvrir des possibles ? Ce qui paralyse la société, n’est-ce pas ces coïncidences idéologiques installées qui nous emprisonnent ? Ne pouvant les renverser, et les dénonciations restant inaudibles, nous ne pouvons que les fissurer, localement, chacun là où il est. Mais ces dé-coïncidences s’enchaînent, se relient, et finissent par s’associer. Car, après tout, c’est avec des fissures que les cavernes commencent à s’effondrer. »

Palais du Luxembourg.
Palais du Luxembourg.

Cette soirée sera l’occasion d’explorer avec lui cette idée, d’approfondir notre compréhension des mécanismes qui figent nos sociétés, et d’imaginer ensemble comment, par des actions locales et personnelles, nous pouvons rouvrir des espaces de liberté, de création, et de changement.

Les dîners-débat sont des moments de rencontre et d’échange. Depuis plus de vingt ans, nous avons eu l’honneur de recevoir des personnalités d’exception telles que Françoise Bonardel, Edith Cresson, Nicole Notat, François Baroin, Pascal Boniface, Hubert Védrine, Thierry de Montbrial, et bien d’autres encore. Ces moments de partage rassemblent entre 60 et 90 convives, dans un cadre intime et propice à la réflexion, loin du tumulte de l’actualité médiatique et des débats superficiels.

D&DF vous invite à vous inscrire dès maintenant pour participer à cette soirée exceptionnelle, où la pensée de François Jullien nous offrira des perspectives nouvelles et stimulantes. Vous avez également la possibilité de réserver son dernier ouvrage, disponible au prix de 14€, et à retirer sur place. Lien d’inscription

Nous espérons vous retrouver nombreux le lundi 7 octobre 2024, pour cette soirée de partage, de réflexion et de dialogue, et vous prions de croire en l’expression de nos salutations les plus sincères.

Perry Wiley 

Président, Dialogue et Démocratie Française