NDLR : Nous accueillons une nouvelle plume dans nos colonnes en la personne de Marie Delclos.
Les Tenues du Franc-maçon se tiennent dans un temple, on dit « aller au temple ». Vu de l’extérieur, le profane ne voit pas vraiment en quoi ce bâtiment, où il sait que dedans se réunissent des Francs-maçons, ressemble à ce qu’il connaît des temples. S’il a quelque peu voyagé, il pense aux temples égyptiens, à la majesté de leurs colonnes, à la grandeur mystérieuse des obélisques précédant leurs façades ou encore au Parthénon à Athènes chez les Grecs.
Non, aucun rapport. La plupart du temps, le temple maçonnique se trouve à l’intérieur d’un bâtiment ordinaire, dans une rue plus ou moins bruyante.
Mais qu’est-ce donc qu’un Temple ?
Un lieu sacré où l’on prie une antique divinité ? Ou encore de nos jours quelque chose comme un temple protestant, sorte d’église, où l’on prie et se réunit mais sans rien qui le distingue des immeubles habituels.
En fait « temple » est un mot qui vient du latin templum qui désigne un terme astronomique.
Il signifie à l’origine « Cercle d’observation », sous-entendu « du Ciel ». Puis progressivement il désigna un édifice sacré, à partir duquel on observait le ciel. Un édifice sacré, soit à l’abri des profanes, à l’écart du vulgaire, réservé et donc protégé, gardé.
Puis enfin, aussi bien dans les temples indiens, mésopotamiens ou égyptiens, cet édifice devint un lieu majestueux, construit à l’imitation du monde, reflétant l’univers, la Terre et le ciel, un cosmos sacralisé.
Ainsi était-il gravé sur une des parois du temple de Ramsès II « Ce temple est comme le ciel en toutes ses parties » ou encore proclamait-on à Edfou : « Celui qui pénètre dans le temple, pénètre dans le ciel. »
La Maçonnerie à son tour, créa ses temples, se référant essentiellement à celui de Salomon, avec quelques éléments pris à celui des chrétiens et des symboles pris aux constructeurs. Le temple désignant alors une pièce réservée aux initiés, gardée par un maçon, armé d’une épée, le Couvreur. Ce temple à l’instar de tous ceux qui l’ont précédé, place le Maçon sous le ciel, sous ce qu’il appelle La Voûte étoilée.
La Voûte étoilée
La Voute étoilée
Elle est formée du plafond et des murs, qui sont peints, jusqu’au sol, en bleu azur, couleur du ciel de jour, tandis que des étoiles en parsèment le plafond et souvent même, les signes du zodiaque représentés tout autour, comme autrefois sur les cathédrales et les plafonds peints des temples égyptiens.
Le bleu de la voûte céleste, descendant ainsi jusqu’au sol, rejoint la Terre, la touche sur son pourtour horizontal : Le Maçon est dehors sous le ciel. Son temple est celui de la Nature.
C’est pourquoi, quand on l’interroge sur les dimensions de son Temple, le nouvel Apprenti doit répondre que « Sa longueur va de l’Occident à l’Orient, sa largeur du Septentrion au Midi et sa hauteur du Zénith au Nadir ».
Il doit comprendre sa place dans l’Univers et l’Univers c’est le Ciel et la Terre, les rapports entre les deux. Ainsi une fois entré par l’unique porte située à l’Occident, le maçon se trouve face à l’Est, que l’on nomme « l’Orient », avec, à main droite le Midi et à main gauche le Nord. Cette orientation est la même que celle des églises chrétiennes, mais l’inverse de celle du temple de Salomon et de celle des anciens temples égyptiens.
Assemblée de francs-maçons pour la réception des Apprentis
Bibliothèque nationale de France
Le silence, qui est imposé à l’Apprenti, sous la voûte étoilée, va l’aider à se mettre dans un état contemplatif, état qui, suivant Plotin, est « un contact ineffable et inintelligible antérieur à la pensée ». Et pour atteindre cet état, il lui faut suivre Platon : « Que celui qui contemple se rende semblable à l’objet de sa contemplation » (Timée 90 d).
Ainsi pourra s’opérer entre lui et le ciel « une forme de conjonction, puis de fusion, entre son regard et ce qui est contemplé, réalité cosmique, ensemble ordonné, structuré, qui englobe la totalité des choses de cet univers »[1]
À condition, bien sûr, qu’il pense de temps en temps à le contempler, ce ciel… et pas uniquement dans le temple, alors qu’on découvre aujourd’hui avec effarement que peu de Maçons savent reconnaître Vénus et ne savent même pas où et quand on peut la voir. Sans parler de l’Étoile polaire, celle qui marque le Nord et ne se couche jamais, et que certains, dans les temples maçonniques, placent sans rire à l’Occident côté nord ! En clair à son coucher…
Et je ne parle pas du nombre trente-trois en rapport avec l’âge du chevalier Rose Croix ou avec les trente-trois degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté qui n’évoque rien d’intéressant aujourd’hui au Franc-maçon à part pour ceux qui se disent chrétiens et rappellent que le Christ est mort à trente-trois ans.
J.P. Bayard en son temps[2] trouva bien des références dans les diverses traditions à ce nombre : en Inde les trois fois onze dieux ; chez les Babyloniens les onze divinités dans chacun des trois mondes ou encore en Egypte onze incarnations dont chacune devenait ensuite trois dieux.
Mais pourquoi ce nombre ? Il n’en sait rien.
Plus près de nous Claude Guérillot[3] croit trouver la clef du trente-trois dans la Bible notamment dans l’architecture du temple donnée par Ezéchiel (41, 6) dans une vision :
« Les chambres latérales contiguës l’une à l’autre se répétaient trente-trois fois ; elles pénétraient dans le mur régnant tout autour de l’édifice… »
En fait le texte dit qu’il y avait « trois étages de trente » soit quatre-vingt-dix !
C’est trente, trois fois et non trente-trois fois ! D’ailleurs c’est ainsi que les archéologues ont reconstitué les chambres latérales du temple de Salomon : pour chacun des trois étages : douze à droite, douze à gauche et six sur le mur du fond.
En réalité, trente-trois est un nombre astronomique
Il s’agit d’un cycle solaire : Tous les trente trois ans, à la même heure, le Soleil retrouve sa place par rapport au point vernal (le point exact où le Soleil coupe l’équateur céleste à l’équinoxe).
C’est pourquoi les dieux solaires meurent à trente-trois ans comme Krishna ou comme les rois que l’on divinise tel Alexandre le Grand et bien sûr comme Jésus, Soleil de justice.
Ce cycle est connu depuis l’antiquité et se trouve dans toutes les civilisations. Comme par exemple dans les dynasties des rois de Kish en Mésopotamie (troisième millénaire avant notre ère)[4]
Mais aujourd’hui, toutes ces données sont oubliées et on ne perçoit le ciel qu’à travers la technologie…
De plus le ciel, peuplé autrefois des dieux, est envahi par les nouveaux : drones, avions, stations spatiales, fusées, missiles…
Sans oublier la pollution qui bien sûr n’arrange pas les choses.
Il n’est que temps de rendre aux Maçons leur intérêt pour l’astronomie sacrée et de leur rappeler que grand nombre de leurs symboles sont inscrits dans le ciel et que leur interprétation est inscrite dans les mythes.
Et pourtant ils s’intéressent de plus en plus à l’alchimie, mais oublient que l’alchimie est inséparable de l’astrologie.
Il s’agit de cette astronomie sacrée en rapport avec ce que les Anciens nommaient « les phénomènes », en fait les mouvements du ciel :
Celui de la sphère céleste dans son ensemble.
Ceux des planètes ou étoiles errantes et même ceux des étoiles, celles dites fixes.
Un exemple de cette astronomie sacrée, transmettant en réalité un savoir, comme la plupart des mythes, est chez les Grecs celui d’Orphée en rapport avec la constellation de la Lyre.
Orphée, dit le mythe, était le fils d’Apollon qui lui donna une lyre dès son jeune âge. Musicien merveilleux, quand il joue, toute la nature est enchantée, toutes les créatures, même les rochers et les pierres, le suivent pour l’écouter.
Sa lyre est passée dans le ciel avec son étoile principale Vega et comme l’écrivait l’astrologue Manilius[5] : « Elle y exerce un égal pouvoir ; elle attirait autrefois les forêts et les rochers, elle entraîne maintenant les astres et se fait suivre par le globe immense de l’univers.»
Il ne s’agit pas là d’une simple image poétique, mais d’un phénomène astronomique.
Véga, étoile la plus lumineuse de l’hémisphère boréal, est un repère pour l’apex du système solaire. L’apex étant la direction vers laquelle le Soleil et les planètes du système solaire se dirigent à travers les étoiles proches de notre galaxie[6].
Quant à l’astrologie proprement dite, parlant de la tradition, Manilius écrivait :
« Ils reconnurent que les astres avaient sur l’homme un empire assujetti à des lois cachées … avant ces sages observateurs, les hommes sans principe, sans discernement, ne s’attachant qu’à ce qui tombait sous leurs sens, ignoraient les causes de tout ce qu’il voyaient. »
Remise de la médaille présidentielle de la Liberté à la Maison-Blanche, par le président des États-Unis Barack Obama, en 2009 (crédit : Pete Souza)
On peut aussi citer Stephen Hawking :
« L’histoire des sciences tout entière n’est que la compréhension progressive du fait que les événements n’arrivent pas de manière arbitraire, mais qu’ils reflètent un certain ordre sous-jacent qui peut ou non avoir été inspiré du divin. »[7]
Les tapis de loges
Toutefois avant de lever les yeux sur la voûte étoilée, il ne faut pas oublier qu’elle n’est qu’une partie du temple et qu’elle s’inscrit donc dans un ensemble constitué par ses différentes composantes. Or ces composantes varient selon les rites et les grades du rite et il appartient au maçon de les connaître. Elles se projettent sur ce que l’on appelle tapis ou tableaux de loge.
Formant un diagramme précis de la composition du temple du sol au plafond de l’avant à l’arrière, ils montrent ainsi les symboles visuels du temple que le Maçon devra interpréter son architecture extérieure et intérieure ses outils et ses symboles
Ne pouvant tout explorer nous nous limiterons aux trois Rites : Ecossais Rectifié RER, Rite Français RF et ses variantes, Rite Ecossais Ancien et Accepté REAA (le rite le plus pratiqué en France et dans le monde).
Dans ces trois rites on retrouvera des éléments architecturaux et symboliques du temple de Salomon, des symboles propres aux Francs-maçons et inspirés des traditions antiques.
Ainsi par exemple sur ce tableau au grade d’Apprenti réduit à sa plus simple expression (in La Franc-Maçonnerie pour les Nuls) on voit :
Le temple de Salomon au centre du tableau reconnaissable à ses deux colonnes à l’avant du temple marquées d’un J et d’ un B
Des marches montant à la porte du Temple (du temps d’Hérode il y en avait douze). Leur nombre varie selon les tableaux et les rites.
Les autres symboles sont maçonniques :
Le Soleil la Lune encadrant le triangle nommé Delta lumineux
Un dallage noir et blanc intitulé pavé ou pavement mosaïque, élément inspiré des constructeurs.
Des outils : un ciseau et un maillet, une règle, un niveau, un fil à plomb, une équerre et un compas, une corde à mesurer à douze nœuds appelée Houppe dentelée et parfois une truelle.
Deux pierres : à gauche une pierre brute, à droite une pierre cubique
Sur d’autres tableaux on peut voir trois fenêtres l’une à l’Orient la deuxième au midi la troisième à l’Occident.
Au grade de Compagnon s’y rajoutent essentiellement une étoile à cinq branches et une pierre cubique à pointe remplaçant la pierre cubique
Au grade de Maître s’y trouvent essentiellement un cercueil et une branche d’acacia.
Les éléments symboliques de la Voûte étoilée
Voyons maintenant les différents éléments symboliques de la Voûte étoilée. Nous commencerons par le premier, celui que contemple pour la première fois le nouvel initié, le Delta.
Alors que jusqu’à cet instant le postulant avait les yeux bandés, il entend :
Que le bandeau lui soit enlevé, qu’il voit et qu’il médite… Toutes les lumières électriques à l’exception du Delta doivent être éteintes. On lui remet le bandeau on le fait ressortir. On le fait rentrer et enfin La Lumière lui est donnée :
Que la lumière lui soit donnée à mon troisième coup de maillet On lui enlève le bandeau pour la dernière fois Et il entend alors qu’il ouvre les yeux face à l’Orient
Contemplez le Delta radieux qui brille à l’Orient Il est l’emblème de la Connaissance humaine…(REAA)
Voyons ce qu’il en est vraiment… (Rendez-vous la semaine prochaine)
[1] Gérard Charlassier Le cheminement vers Dieu au rite écossais ancien et accepté article in les Cahiers Villard de Honnecourt n°105
[6] Ce mouvement du Soleil vers l’Apex s’effectue à la vitesse de 19,5km/s tandis qu’il tourne dix fois plus vite dans un mouvement plus global (avec les étoiles de la galaxie) autour du centre galactique. La Terre décrit donc -ainsi que les planètes- non pas une ellipse plate mais un immense pas de vis. Ce mouvement est censé n’avoir été découvert qu’au XVIII° siècle.
[7] Stephen Hawking Une brève histoire du temps p 159
Grand Maître du Grand Orient de France depuis cet été, Nicolas Penin était en visite à Bastia ce week-end pour la réouverture d’un temple maçonnique. Il nous a accordé un entretien.
« On dit souvent que nous sommes à la fois l’harmonie des contraires, c’est-à-dire qu’on sait rassembler les gens qui sont différents, et l’éloge de la nuance. On sait très bien que souvent, les réponses les plus simples ne sont pas toujours les meilleures. On essaie donc de contextualiser les réponses en disant que les choses sont parfois plus compliquées qu’il n’y paraît. Et, dans la vie quotidienne, on essaie d’amener cette forme de sagesse. »
Nicolas Penin Grand Maître du GODF
C’est ainsi que Nicolas Penin résume l’action du Grand Orient de France (GODF), la principale obédience maçonnique française dont il est devenu le Grand Maître en août dernier. Une organisation qui compte près de 500 frères et sœurs dans l’île répartis sur 14 loges (sept en Corse-du-Sud, sept en Haute-Corse).
Samedi 13 octobre, cet homme de 48 ans ayant fait carrière au sein de l’Éducation nationale était en visite à Bastia. Entre la réouverture d’un des quatre temples maçonniques de la ville et une réunion avec les frères insulaires, il a accordé un entretien à France 3 Corse.
France 3 Corse : Quel est l’objet de cette réunion en Corse ?
Nicolas Penin : Cette réunion était importante pour nos frères et nos sœurs corses parce qu’on avait la réouverture d’un temple maçonnique. Puis, historiquement, il y a un lien fort entre la maçonnerie et la Corse depuis le milieu du XVIIIe siècle. Cette réunion permet donc de renouveler également des liens qui ont pu exister entre le conseil de l’ordre, c’est-à-dire la direction de l’obédience, et les frères et les sœurs du Grand Orient de France en Corse.
Ce temple maçonnique vient donc de rouvrir. Combien la Corse compte-t-elle de loges au Grand Orient ?
À Bastia, on compte quatre loges. En tout, il y en a 14 en Corse. Dans ce local-là, il y a eu des travaux dans le temple qui avait nécessité une réflexion depuis son ouverture il y a près de vingt-cinq ans. Il y a donc eu des travaux en profondeur et on a pris ce prétexte pour avoir le plaisir de se retrouver et d’échanger de nouveau.
Justement, lorsque vous échangez entre maçons, de quoi parlez-vous ?
L’échange, il se fait d’abord sur ce que nous sommes ; nous sommes des francs maçons, c’est-à-dire une association un peu particulière, un ordre initiatique avec une quête, une démarche spirituelle qui est assumée de notre part. Mais comme nous sommes des francs maçons du Grand Orient de France, cette démarche initiatique et symbolique liée à la franc-maçonnerie, elle est aussi accompagnée à un engagement dans la cité, dans les affaires politiques, au sens noble du terme. C’est-à-dire qu’on s’intéresse au monde qui nous entoure et il nous arrive donc de traiter les deux : à la fois à côté symbolique, rituélique, mais également des affaires de la cité ou de la société. Cela peut être sur le droit à mourir dans la dignité, sur la laïcité, sur l’école, sur la crise de la démocratie ou de la République ou des organisations démocratiques. On aborde donc tous ces types de sujets.
Ici en Corse, avez-vous ressenti certaines préoccupations locales ?
Les préoccupations politiques peuvent exister, notamment en Corse. On m’a beaucoup parlé aussi de cette évolution institutionnelle ou encore des directions et des accords qui pouvaient être passés entre les collectivités et le gouvernement. Nous, ce que l’on sait, c’est que tout ce qui apporte de la concorde, de la paix et des solutions politiques à des difficultés qui peuvent exister, cela va toujours dans le bon sens. Donc, si les francs-maçons du Grand Orient de France agissent, c’est toujours pour tenter de rassembler les hommes et les femmes et de construire des ponts. Tout ce que nous pouvons faire, à notre place avec beaucoup d’humilité, pour faire en sorte que la paix civile règne au quotidien, nous agissons et nous le faisons au mieux.
Auriez-vous des exemples concrets de sujets qui suscitent l’intérêt voire l’inquiétude des francs-maçons de l’île ?
Les inquiétudes, elles sont communes à ce que l’on peut vivre ici, mais ailleurs également. C’est une île, mais c’est bien une île dans le monde, avec toutes les tensions que l’on peut vivre dans un temps qui est troublé : il y a bien évidemment la crise économique, les tensions peut-être avec certains membres de la communauté nationale, il y a des questions qui se posent. Mais dans le même temps, en dehors de ces questions, de ces inquiétudes sur le travail, la vie de tous les jours, l’avenir de la formation, de l’école, du cadre laïque auquel on est attaché, il y a aussi tout ce sens, c’est-à-dire que notre société et la préoccupation également en Corse, c’est de bien savoir qui nous sommes et vers quoi nous nous dirigeons ; et notamment quand on est franc-maçon, dans un cadre sécurisé, apaisé et respectueux des autres.
Le titre, La Terre Sainte et les Lieux Saints, est un hommage à feu Michael Baigent, co-auteur de Le Saint Sang et Le Saint Graal et de nombreux autres livres. Il était le rédacteur en chef de Freemasonry Today lorsque celui-ci s’appelait « La voix indépendante de la franc-maçonnerie ».
Cette série en quatre parties examinera les aspirations et activités « maçonniques » concernant la Terre Sainte et les Lieux Saints ; les leitmotivs incluent : le pèlerinage, la prophétie, le tourisme, l’exploration, la colonisation et l’empire. Et « ramener la franc-maçonnerie au lieu de sa naissance »
Partie 1 : Introduction et Les Hauts Degrés a envisagé la possibilité que les degrés supérieurs chrétiens soient un moyen par lequel l’Église pourrait assimiler et contrôler les francs-maçonneries.
Il a été noté qu’un Ordre maçonnique aspirait à « acquérir la possession du Saint-Sépulcre à Jérusalem… » ; la manière dont cette décision a été prise et la mesure dans laquelle l’Ordre pourrait aller pour atteindre cet objectif ont été examinées.
A la même époque, même Napoléon ne parvenait pas à prendre possession de la Terre Sainte !
Partie 2 : La Grande Loge Américaine et le Grand Touriste Américain.
Partie 3 : La tournée maçonnique américaine et l’exploration impériale anglaise.
Partie 4 : L’explorateur militaire maçonnique et le touriste pathétique maçonnique.
La Grande Loge Américaine et le Grand Touriste Américain.
Chaque partie cherchera à identifier et à expliquer l’intérêt, l’aspiration et l’activité de la « Terre Sainte maçonnique » avec des leitmotivs : pèlerinage, prophétie, tourisme, exploration, colonisation et empire. Également, l’aspiration à « ramener la franc-maçonnerie au lieu de sa naissance ».
En 1813, les Grandes Loges anglaises des Anciens et des Modernes s’unirent « Au nom de Dieu, Amen ».
Pourquoi pas au nom de TGAOTU, SMIB ? Étant donné les antécédents déistes de la Grande Loge d’Angleterre et les préférences déistes du Grand Maître émergent de l’Union, comment aurait-il pu comprendre « Au nom de Dieu, Amen » ? Comment cette formulation a-t-elle influencé les objectifs et les relations naissantes de l’UGLE ? Comment les juridictions d’origine anglaise l’ont-elles compris alors et maintenant ?
La Grande Loge Américaine….
En 1820, le Maine obtint le statut d’État et la juridiction maçonnique fut consacrée.
Le sceau de la GL du Maine représentait l’étoile polaire (du Nord) de l’État dirigeant sa lumière directrice sur la Bible ouverte au chapitre 8 du 1er Livre des Rois (le roi Salomon et la mise en service du Temple) et sur l’équerre et le compas.
L’État nouvellement né avait « un concitoyen et un franc-maçon distingué à sa tête » ; ayant reçu l’incorporation, la GL « a reconnu son allégeance à l’État ».
Le discours de consécration affirmait que « le fondement de la franc-maçonnerie est posé dans le culte pur du vrai Dieu et dans la préservation de son nom et de sa parole… chaque degré jette davantage de lumière sur la nature et les attributs du vrai Dieu… la Sainte Bible est la pierre angulaire principale sur laquelle la superstructure de la franc-maçonnerie est érigée ».
Il a été décidé que « … des crédits seront prélevés sur ses fonds pour… une œuvre véritablement maçonnique : la traduction, l’impression et la distribution des Saintes Écritures ».
Il serait intéressant de savoir;
(i) la compréhension maçonnique du terme « le vrai Dieu » ; et
(ii) s’il existe une œuvre maçonnique légitime qui n’est pas l’œuvre de Dieu ?
La Grande Loge du Maine estimait que « toutes les histoires authentiques de l’ordre concordent pour attribuer l’origine de la franc-maçonnerie aux âges patriarcaux ». Mais en ce qui concerne ceux qui présidaient la Première Grande Loge, « les âges patriarcaux » se situaient bien avant la construction du Temple du Roi Salomon (KST).
Et dans le cas des deuxième et troisième Grandes Loges, bien avant le Nouveau Testament. Dans l’exercice de ses fonctions et de son autorité diocésaine, les soixante-six livres des Saintes Écritures, à savoir l’Ancien et le Nouveau Testament, furent sélectionnés au IVe siècle après J.-C. par Athanase, évêque d’Alexandrie.
Apparemment, les trois premières Grandes Loges n’étaient pas fondées sur les « Saintes Écritures » : les francs-maçons qui ne sont pas influencés par le Nouveau Testament sont-ils des francs-maçons ou des « unter-meitzen », membres d’une fraternité inférieure ?
La GL du Maine a décidé de former « … un comité pour instituer les enquêtes qui leur sembleront opportunes afin de déterminer si des vestiges de l’ancienne maçonnerie peuvent être découverts en Palestine et dans les pays adjacents, et quel est l’état actuel de la maçonnerie dans ces pays ».
Quelle différence, s’il y en a une, peut-être existe-t-il entre les « vestiges de la maçonnerie ancienne » et les vestiges de l’ancien judéo-christianisme ? Une fois reçu, le rapport du Comité a été lu et il a été ordonné qu’il soit versé au dossier où, semble-t-il, il est resté intact.
Si l’on avait découvert « l’état actuel de la Franc-Maçonnerie dans ces pays », à quoi aurait pu servir cette information ?
Liés ou non et comme sous l’influence du franc-maçon révérend GJ Adams, des promesses de dons et de l’argent furent collectés dans le Maine pour financer l’établissement, en Palestine, d’une colonie chrétienne sous sa présidence.
Le 11 août 1867, cent cinquante-sept citoyens, un sous-ensemble de mormons, embarquèrent sur le Neillie Chapin de Jonesport, dans le Maine (siège de la Loge toscane n° 106) à destination de Joppé, en Palestine, où ils fondèrent une colonie pour attendre la Seconde Venue.
Dans une rare conjonction, ni Mark Twain [voir ci-dessous] ni Rob Morris [voir la partie 3] n’étaient amoureux du révérend Adams en tant que leader du peuple en général, ou de son projet de colonisation en particulier.
Il existe plusieurs théories concernant la seconde venue du Christ, dont certaines tournent autour de la reconstruction physique du KST sur son site d’origine. [Voir la partie 1.]
Comment les affirmations selon lesquelles des vestiges du KST ont été découverts seront-elles « dignes d’acceptation » ?
Si de telles affirmations sont faites, à quoi serviront ceux qui attendent et planifient la Seconde Venue ?
Espérons qu’ils continueront la tradition de « l’attente » vieille de deux mille ans.
Est-ce qu’il y a des francs-maçonneries engagées dans la reconstruction physique du KST ?
…et le grand touriste américain
Du Polar Star GL du Maine à un frère du Polar Star Lodge, Missouri.
Malgré son bref soutien juvénile à la Confédération, Samuel Langhorne Clemens (alias Mark Twain) était d’origine presbytérienne et « d’esprit libre ».
Sa « politique » pourrait être comparée à celle des Whigs/Radicaux anglais, fondateurs de la Grande Loge d’Angleterre, qui ne recherchaient qu’un rôle minimum pour l’Église et l’État ; et que les deux ne devraient jamais se rencontrer.
Twain était certainement le frère Voltaire américain ; chaque fois qu’il observait des formes d’absurdité ou d’hypocrisie humaines, il les ridiculisait avec une indignation « injuste » mais éloquente.
Mark Twain – Photo prise par AF Bradley à New York, 1907
IMAGE LIÉE : wikimedia Attribution 4.0 International (CC BY 4.0)
Apparemment, son pacte de mariage empêchait toute progression maçonnique, mais ses sentiments et ses écrits continuaient à trouver un écho dans la franc-maçonnerie (dommage qu’il n’ait pas payé ses cotisations de loge).
« Un franc-maçon, toujours un franc-maçon » ; alors qu’il était dans la région, le frère Clemens (alias Mark Twain) a fait fabriquer un maillet de maître à partir des « cèdres du Liban » et l’a envoyé à sa loge Polar Star n° 79, à Saint-Louis.
Malgré l’intérêt de l’employeur et le soutien financier pour le voyage, on ne voit pas très bien pourquoi Twain aspirait à participer à « l’excursion très médiatisée en Europe… La Terre Sainte… La Grèce et les points d’intérêt intermédiaires ».
Mais, écrivait-il, « Qui pourrait lire le programme de l’excursion sans avoir envie de faire partie du groupe ? » Cependant, l’excursion devint pour lui une nécessité…
« Peu de temps après, un programme supplémentaire fut publié, stipulant que la collection d’hymnes de Plymouth serait utilisée à bord du navire.
J’ai alors payé le solde de mon billet d’avion. (Voltaire, ronge ton frein !)
Le récit de voyage à succès mondial de Twain, The Innocents Abroad: The New Pilgrim’s Progress, a été publié en 1869. « Nouveau » indique quelque chose de complètement différent de l’original de Bunyan ; pas un pèlerinage mais plutôt, comme le décrit Twain, « … le récit d’un voyage d’agrément… le récit d’un pique-nique ».
Il poursuivit : « Il faut voyager pour apprendre. Chaque jour, maintenant, de vieilles phrases bibliques qui n’avaient jamais eu de signification pour moi auparavant, prennent un sens. »
Cependant, toute association entre « signification » et orthodoxie serait grandement exagérée.
Panorama de Jaffa – Félix Bonfils v. 1880 – Domaine public
À Joppa [alias Jaffa], Twain trouva un reste de colons du Maine dans un état de dénuement ; un compagnon de voyage paya le rapatriement de quarante âmes, et il écrit : « Nous avons laissé à Jaffa, M. Adams, sa femme et quinze malheureux qui non seulement n’avaient pas d’argent mais ne savaient pas où se tourner ou où aller. »
Mont du Temple – Par Andrew Shiva / Wikipedia, CC BY-SA 4.0
Certaines cartes de Jérusalem représentent un emplacement présumé du KST. Souvent sur le mont du Temple, soit à l’emplacement du Dôme du Rocher, soit entre celui-ci et la mosquée Al-Aqsa.
L’affirmation de son guide selon laquelle les vestiges sous la mosquée Al-Aqsa étaient ceux du KST a été décrite par Twain comme « une imposture et une fraude ».
Dans l’archéologie contemporaine, un débat fondamental fait rage : le KST a-t-il été construit et si oui, où ? Aucun vestige consensuel n’a encore été découvert.
Une citation de The Innocents Abroad illustre la dérision de Twain envers l’absurdité et l’hypocrisie :
Les voilà, là-bas, tous les soirs à huit heures, priant pour que le vent soit favorable – alors qu’ils savent aussi bien que moi que c’est le seul navire qui va vers l’est à cette époque de l’année, mais qu’il y en a mille qui viennent vers l’ouest – ce qui est un vent favorable pour nous est un vent contraire pour eux – le Tout-Puissant souffle un vent favorable pour mille navires, et cette tribu veut qu’il le fasse tourner pour en accueillir un – et c’est un bateau à vapeur en plus ! Ce n’est pas du bon sens, ce n’est pas une bonne raison, ce n’est pas du bon christianisme, ce n’est pas de la charité humaine ordinaire. Adieu à ces bêtises !
Apparemment, de nombreuses cases n’ont pas été cochées. Malgré les cyniques Innocents Abroad, Jérusalem est rapidement devenue le centre du pèlerinage, de l’exploration et du tourisme du monde entier, ainsi que des aspirations maçonniques et impériales ! (Voir Neil A. Silberman, Digging for God and Country: Exploration, Archaeology and the Secret Struggle for the Holy Land 1799-1917. )
Dans la troisième partie, nous examinerons le récit de voyage en Terre Sainte d’un franc-maçon du genre Pilgrim’s Progress de Bunyan ; en réalité, le progrès d’un pèlerin maçonnique.
Mais nous le ferons en gardant à l’esprit les réminiscences de Twain : « Nous aimons les vieux voyageurs. Nous aimons les entendre jacasser, radoter et mentir. »
De même, et en contraste, on envisagea la possibilité d’une Société d’exploration de Jérusalem parrainée par la monarchie et un Grand Maître ; elle serait administrée et soutenue par des francs-maçons et enverrait sur le terrain des francs-maçons professionnels, militaires, des « explorateurs ». (Lire la suite de cette série de 4 articles)
Article de Gerald Reilly
Gerald Reilly a été initié en 1995 à la Loge 2063 du Prieuré de St Osyth. Essex. Angleterre (UGLE).
Il est membre fondateur de Allthingsmasonic de Josh Heller et a co-écrit avec Josh « Le Temple qui ne dort jamais » (Cornerstone Books, 2006). Il s’engage dans le développement de la franc-maçonnerie électronique.
Les 11,12,13 octobre 2024, à Bar, au Monténégro, les 76 Grandes Loges régulières, issues des 5 continents, et fédérées par la Society Of Grand Lodges in Alliance (SOGLIA) se sont rassemblées pour la quinzième fois afin d’affirmer au monde entier leur attachement aux anciens landmarks, aux principes de la Franc-Maçonnerie régulière.
Quinze années après leur première réunion, les 6 grandes loges fondatrices peuvent contempler avec joie le chemin parcouru, en constatant qu’aujourdhui 76 Grandes Loges sont rangées sous le même étendard, à savoir la régularité Maçonnique.
Les Grand-Maîtres ont au cours de ces trois jours de réunion, installé le nouveau bureau de la SOGLIA , pour les deux années à venir (2024-2026). Les Vice-Présidents ont été installés dans leurs offices respectifs selon les anciens usages :
Vice-Président pour la partie l’Amérique du Nord Anthony Pugh (USA) et Herbert Ware (USA)
Vice-Président de l’Amérique du Sud Le GL Ernesto Barreto (PARAGUAY)
Vice-Président pour l’Afrique Le TRF Claude MABIALA, Grand-Maître de la Très Respectable Grande Loge du Congo (CONGO)
Vice-Président pour l’Asie Manuel « Morpheus » Gorobat Jr, (PHILIPPINES)
Vice-Président pour l’Europe Le TRF Pierre BENGOCHEA, Grand Maître de la Grande Loge Ecossaise de France (FRANCE)
Vice Président pour le Moyen-Orient Walid Abou Dehn (LIBAN) Le Président, Julius Armstrong (USA), a annoncé un programme très ambitieux de développement, de renforcement des relations entre les Grandes Loges, et des solidarités internationales.
La SOGLIA, dans le paysage de la maçonnerie régulière internationale, en tant que plus ancienne et plus forte organisation, se veut être le leader dans la réussite de cette mission. Le vice-Président pour l’Europe, a réaffirmé son attachement profond et indissoluble aux principes et landmarks de l’Ordre ; il entame au 4ème trimestre 2024 sa première tournée.
« La franc-maçonnerie régulière a été longuement réduite entre le pôle libéral et le Pôle de reconnaissance anglaise. C’est en affirmant ses valeurs profondes et son engagement traditionnel qu’elle jouit actuellement de la plus forte croissance et attractivité. C’est une opportunité sans précédent pour tous nos frères, de pouvoir visiter et accueillir les membres de 76 Grandes Loges du monde entier »
affirme le Vice-Président pour l’Europe, Pierre BENGOCHEA.
Pour sa 16ème session en 2025, la SOGLIA se réunira à Cancun (MEXIQUE), où elle sera accueillie par la Grande Logia Regular York de Mexico.
Le TRF Stéphane DUCHATEAU Député Grand-Maître International de la Grande Loge Nationale d’AYITI.
L’histoire de cette guilde de tailleurs de pierre devenue la plus grande société secrète du monde a moins à voir avec un complot qu’avec la pensée des Lumières. Qu’ont Jesse Jackson, George Washington, Wolfgang Amadeus Mozart, Duke Ellington et Buzz Aldrin en commun ? Tous sont ou ont été membres de la plus grande société secrète du monde : la franc-maçonnerie, un groupe dont font partie certaines des personnes les plus influentes du monde et dont les rites secrets se perpétuent depuis des siècles.
Selon les spéculations des conspirationnistes, le groupe tirerait les ficelles du pouvoir et de la finance dans le monde entier et serait responsable d’assassinats célèbres. Et certains vont jusqu’à soutenir que ses membres vénèrent Satan.
LES ORIGINES DE LA FRANC-MAÇONNERIE
temple maçonnique avec des fauteuils
Bien que la franc-maçonnerie trouve ses racines dans des guildes médiévales de tailleurs de pierre, l’immense majorité de ses membres ne sont pas maîtres dans cet art. Selon le mythe maçonnique, le nombre de tailleurs de pierre de la guilde aurait commencé à diminuer et le groupe se serait mis à accepter des membres « spéculatifs » ou honoraires afin de renforcer ses effectifs. L’incarnation moderne de la franc-maçonnerie remonte au 18e siècle et aux Lumières, époque où des Anglais cherchèrent à communier avec les autres et à discuter de questions ayant trait à la philosophie, à la religion et à la vie dans un contexte organisé.
Des organisations fraternelles existaient depuis des centaines d’années, mais au 18e siècle, une multitude de groupes masculins tirant leurs noms du pub anglais où ils se retrouvaient se réunirent sous la bannière d’une « Grande Loge », une association qui se réunissait pour organiser des cérémonies et des rituels et initier de nouveaux membres. Désormais connu sous le nom de Première Grande Loge d’Angleterre, le groupe fut le premier de son genre, et plus ses membres furent nombreux, plus la liste de ses cérémonies et rituels secrets et des exigences d’admission s’allongea.
Selon l’Association du service maçonnique d’Amérique du Nord, il y avait 898 000 francs-maçons environ aux États-Unis en 2020, et ils seraient six millions dans le monde.
QUI PEUT DEVENIR FRANC-MAÇON ?
Son Altesse Royale le Prince Albert, Frederick Arthur George, duc d’York qui deviendra plus tard le roi George VI . A été affilié à la Loge Glamis n°99 dans la province du Forfarshire le 2 juin 1936 francs-maçons écossais ; Les bijoux de collier de certains indiquent qu’ils étaient des Grands Maîtres (Pro/District) . Site : Centre maçonnique, Queanbeyan, Nouvelle-Galles du Sud
De nos jours, les prérequis pour entrer en franc-maçonnerie sont relativement élémentaires. Quoique chaque loge ait ses propres règles, un franc-maçon doit en général être un homme (coopté par d’autres membres de la loge), croire en un « Être Suprême », faire preuve d’une moralité irréprochable et s’engager à apprendre les voies de la fraternité et à se conformer à ce que les francs-maçons appellent leurs « us et coutumes anciens ».
Ces coutumes comprennent notamment une hiérarchie stricte et une multitude de cérémonies et de rituels. Après leur initiation au sein d’une loge, les maçons passent par une série de « degrés » ; de celui d’apprenti, ils s’élèvent vers celui de compagnon, puis enfin de maître. En chemin, ils apprennent le langage, les rites et les crédos du « métier », ils prennent part à des rituels qui font écho aux croyances bibliques. Ils adoptent également des symboles tels que l’équerre et le compas, qui représentent la moralité, ou la ruche, qui représenterait la coopération et le travail entre membres, ou encore l’« Œil de la Providence », aussi appelé « Œil Omniscient », qui représente la vigilance éternelle de Dieu. Certains de ces symboles sont si célèbres qu’ils sont connus des non-maçons ; on retrouve par exemple l’Œil de la Providence sur les billets d’un dollar américains.
POURQUOI LE CATHOLICISME A INTERDIT LA FRANC-MAÇONNERIE
Prêtre dans son église son missel à la main
Quand ils n’organisent pas des rituels sophistiqués, les francs-maçons s’impliquent souvent dans des travaux d’intérêt général et dans la philanthropie, s’apportent un soutien mutuel entre membres ou travaillent avec des organisations partenaires. Mais malgré cet accent bienveillant et bien qu’il ne s’agisse pas d’une religion formelle, la franc-maçonnerie n’est pas universellement acceptée. Elle est bannie par l’Église catholique romaine, qui défend à ses fidèles de la rejoindre et les encourage plutôt à s’associer avec des organisations catholiques comme l’Ordre des Chevaliers de Colomb.
« Leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Église, et l’inscription à ces associations reste interdite, déclarait l’Église en 1983. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion. » Ainsi que l’explique Ed Condon, journaliste au Catholic Herald, l’Église s’oppose à la franc-maçonnerie à cause de son orientation séculière et de son rôle de sanctuaire pour « ceux ayant des idées et des projets hétérodoxes ».
POUVOIR ET PANIQUE
Zeus tenant dans sa main un éclair du ciel
Ces projets suscitent depuis longtemps la controverse à cause du pouvoir politique qu’exercent certains francs-maçons. Bien que les règles de la plupart des loges incitent les membres à ne pas parler de politique, bon nombre n’en sont pas moins actifs au sein de partis politiques et de gouvernements, et la discrétion de l’organisation ainsi que les vœux de fraternité qu’on y professe ont donné naissance à des théories conspirationnistes concernant les intentions politiques de ses membres.
La plupart des théories du complot postulent que tous les francs-maçons ont les mêmes croyances et qu’ils agissent de manière monolithique, pensée qui s’inscrit dans les théories conspirationnistes antisémites modernes qui associent la franc-maçonnerie à un « Nouvel Ordre Mondial » interlope qui contrôlerait la finance et les relations internationales.
Jean-Jacques-François Le Barbier (dit l’Aîné, attribué à, 1738-1826). « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. La Monarchie, tenant les chaînes brisées de la Tyrannie, et le génie de la Nation, tenant le sceptre du Pouvoir, entourent le préambule de la déclaration ». Huile sur bois. Paris, musée Carnavalet.
Par la suite, la franc-maçonnerie est devenue emblématique dans la culture populaire et auprès des non-membres qui sont intrigués par ses rituels mystérieux. En dépit de cette curiosité, le nombre de membres chute depuis des années. Pourquoi ce déclin ? Certains le relient à une tendance plus vaste observée au sein des organisations fraternelles et des clubs philanthropiques comme le Benevolent et Protective Order of Elks, qui ont connu un fort déclin au fil des décennies. D’autres attribuent cette baisse des inscriptions au refus du mouvement de reconnaître les femmes malgré l’existence de loges exclusivement féminines.
Ou bien peut-être que cette chute est due à la familiarisation croissante du public avec les rituels autrefois secrets du mouvement, ainsi que le faisait observer l’historien John Dickie, interrogé par NPR en 2020. « Je pense qu’il est possible, qu’en fait, le problème est que le secret a perdu une part de sa magie, déplorait-il. À une époque où deux minutes, voire moins, suffisent à aller sur Google pour découvrir ce que sont vraiment les secrets des francs-maçons, je ne suis pas sûr qu’ils puissent encore vraiment conserver tant de mystère que cela pour les membres. »
Malgré la controverse et les blâmes, le mouvement persiste. Mais seul le temps nous dira si la franc-maçonnerie est en mesure de conserver sa pertinence au 21e siècle. En attendant, ses membres continuent de voir la franc-maçonnerie comme une fraternité puissante aussi bien que comme une occasion de rendre à la communauté ce qu’elle leur a donné ou encore comme ce qu’un membre anglais appelle « un boulevard pour la croissance et le développement personnels ». Pour l’instant, les rituels et symboles secrets de la franc-maçonnerie continuent de se perpétuer et l’influence de ses membres les plus connus aussi.
« Le secret de l’éternelle jeunesse, c’est une passion anormale pour le plaisir »
Oscar Wilde (Le crime de Lord Arthur Savile)
Avouons-le, juste entre-nous : La Franc-Maçonnerie ne relève pas d’un humour à tout épreuve ! En effet, les turpitudes du rituel nous plongent dans des abîmes de noirceurs allant du crime à la trahison, d’où l’initié conservant péniblement la tête hors de l’eau, doit surnager pour gagner la rive opposée, celle de la très attendue Révélation « de » ou « en » lui-même.
Femme heureuse et riant les bras croisés. Elle est vêtue d’une robe à manche courte noire.
Que d’eau à affronter ! Ce qui explique, par autoconservation, que de nombreux Maçons sont des humoristes, au rire contagieux et remplacent volontiers l’eau par le vin aux agapes pour rester dans l’aspect miraculeux des noces de Cana, naturellement ! Mais, d’emblée, continuons de mettre notre réflexion sous les auspices de la Bible car, dès la Genèse, pour la première fois, nous entendons parler du rire. Il va se déclencher quand Dieu dit à Abraham qu’il va avoir un fils, lui, centenaire, et de sa femme Sarah nonagénaire et stérile. Bel exemple d’humour noir ! Abraham rit, comme si cela était une blague de mauvais goût : « Il rit et se dit dans son coeur : un fils naîtrait à un centenaire ? Et Sarah, une nonagénaire lui donnerait naissance ? » (Genèse 17-17). Lorsque Sarah en fut informée, elle réagit de même : « Sarah rit intérieurement » (Genèse 18-2). Mais elle n’est pas rassurée, au point de se demander si Dieu ne lui joue pas un mauvais tour et que les voisins vont jaser : « Sarah dit alors : Elohim m’a donné sujet à rire. Quiconque l’entendra rira à mon sujet ». Contre toute attente, l’enfant naît. Il s’appellera « Isaac », « Celui qui rira », en hébreu. Dès la Genèse, retentit le rire de l’homme et celui…de Dieu !
I- Rire suppose la présence du groupe.
poires avec sourires malveillants
Tiens, voilà l’occasion rêvée pour tenter de cerner ce qu’il en est du rire, ce phénomène qui nous différencie de nos lointains cousins animaux : « L’homme est un animal qui sait rire ». Il n’y a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain. Mais, il convient d’évoquer un préalable : le rire s’accompagne d’emblée d’insensibilité et il n’a pas de plus grand ennemi que l’émotion. D’une certaine manière, il relève paradoxalement de l’indifférence et c’est ce qui permet d’en constater la nature et le fonctionnement, sans être bousculé par l’émotif. Le comique exige une sorte d’anesthésie du cœur et s’adresser à l’intelligence pure, si cette dernière reste en contact avec d’autres intelligences, car le rire a besoin d’écho : notre rire est toujours le rire d’un groupe. Par exemple, le philosophe Henri Bergson, dans son livre célèbre sur le rire, nous raconte (1) : « Un homme, à qui l’on demandait pourquoi il ne pleurait pas à un sermon où tout le monde versait des larmes, répondit : « je ne suis pas de la paroisse » ! Le rire a une fonction et une signification sociale et doit répondre à certaines exigences de la vie en commun : Le comique naît quand des hommes réunis en groupe dirigent tous leur attention sur l’un d’entre eux, faisant taire leur sensibilité et exerçant leur seule intelligence. C’est la maladresse qui crée le comique de la situation non l’homme qui vient bousculer les codes d’un mécanisme bien rôdé. Les films de Charlie Chaplin et Buster Keaton sont alignés sur ce fonctionnement. Dès lors, le rire devient, momentanément, un assentiment à un acte anarchiste qui fait rire, avant que tout redevienne aligné sur les normes du fonctionnement groupal qui est une sorte de raideur mécanique.
II- « Faire rire » relève-t-il du domaine artistique ?
humour, rire, comique
Le comique, en dehors d’un travail de type artistique, est donc accidentel et reste à la surface de la personne. Comment peut-il pénétrer à l’intérieur ? Il faut que la raideur mécanique pour se révéler, n’ait plus besoin d’un obstacle placé devant elle par le hasard des circonstances ou par la malice des hommes. Cette intégration définit alors l’ «artiste-comique », celui qui maîtrise la maladresse qui bouscule l’ordre des choses, qui la travaille jusqu’à faire penser au public que l’action est le fruit du hasard, de la distraction. Le comique s’installe dans la personne même qui lui fournit tout : matière et forme, cause et occasion. L’acteur Pierre Richard par exemple, joue avec bonheur un distrait qui amène le bouleversement dans l’ordre établi. Ceux qui, dans la vie normale, déclenchent l’humour par un acte maladroit et déclenchent le rire ne sont nullement révolutionnaires : confus de leur maladresse ils se pressent de « rentrer dans le rang ». Même pour les artistes se fait jour le besoin d’un retour à la normalité. Ce que Oscar Wilde relève dans « Le portrait de Dorian Gray », avec humour bien entendu (2) : « En règle générale, les acteurs mènent les vies les plus banales qui soient. Ce sont de bons maris, ou des femmes fidèles, ou tout ce qu’il y a de plus assommant » ! Existe un rire révolutionnaire, mais il demeure minoritaire, travaillé. Le rire, majoritairement, est de l’ordre de la surprise. Il touche aussi, en dehors des distraits, les naïfs ou les rêveurs candides qu’on mystifient, ces coureurs d’idéal qui trébuchent sur les réalités et que guette malicieusement la vie.
Existe bien sûr une différence entre la comédie et le drame : un drame, quand il nous peint des passions ou des vices qui portent un nom, les incorpore si bien au personnage que leur noms s’oublient, que leurs caractères généraux s’effacent, et que nous ne pensons plus du tout à eux, mais au personnage qui les absorbe. C’est pourquoi le titre d’un drame ne peut guère être qu’un nom propre. En scène, le vice comique a beau s’unir aussi intimement qu’il veut au personnes, il n’en conserve pas moins son existence indépendante, il reste le personnage central, invisible et présent, auquel les personnages de chair et d’os sont suspendus comme « L’avare » ou le « Don Juan »de Molière. Ce que dit notre Frère Oscar Wilde, en faisant une fois encore appel à son humour (3) : « L’originalité que nous réclamons à un artiste, c’est celle du traitement, pas celle du sujet. Seuls les gens qui manquent d’imagination inventent. On reconnaît le véritable artiste à la façon dont il utilise ce qu’il annexe, et il annexe tout ». Le personnage comique l’est, dans la mesure où il s’ignore lui-même. Le comique est inconscient.
III- Du rire comme régulation.
On dit : « Le rire châtie les mœurs », mais nous penserions plutôt qu’il les encadre et les rectifie en les remettant dans le rythme qui se joue entre tension et élasticité qui sont les deux formes complémentaires l’une de l’autre que la vie met en jeu. Le rire est une sorte de geste social : par la crainte qu’il peut inspirer (« J’ai peur qu’on rigole de moi » !) il réprime les excentricités et tient constamment en éveil, mais il assouplit aussi tout ce qui pourrait rester de raideur mécanique à la surface du corps social. Dans ce sens, le rire ne relève pas de l’esthétique pure puisqu’il poursuit un but utile de perfectionnement social général. Il reste en dehors d’un terrain d’émotion et de lutte, dans une zone neutre, où l’homme se donne simplement en spectacle à l’homme.
Le comique commence souvent par le physique, mais qu’est-ce qu’une physionomie comique, d’où vient une expression ridicule du visage, et qu’est-ce qui distingue le comique du laid ? Peut devenir comique toute difformité qu’une personne bien conformée arriverait à contrefaire. Ainsi, en atténuant la difformité risible, nous devons obtenir la laideur comique. Même une physionomie régulière ou harmonieuse n’est jamais parfaite et peut très vite s’altérer par l’émotion, ce qui amène un effet d’humour spontané reflétant une peur latente chez les sujets de rencontrer la perfection chez l’autre. Existe aussi, chez certaines personnes, la mise en scène de leur propre laideur qui devient une « laideur sympathique ». L’acteur Michel Simon a évoqué longuement cette stratégie douloureuse pour lui-même. De manière générale, les attitudes, gestes et mouvements du corps humain sont risibles dans la mesure où ce corps nous fait penser à une simple mécanique. Ce sont plus des indicateurs sociologiques d’un milieu que l’expression d’un sujet. La séduction est essentiellement liée à la surprise de l’au-delà du social, sinon nous restons dans le rire des tentatives de transgression de l’origine dont « Le bourgeois gentilhomme » est l’illustration parfaite ! Imiter quelqu’un, c’est dégager la part d’automatisme qu’il a laissée s’introduire dans sa personne. C’est donc, par définition même, le rendre comique. L’imitation fait rire. Blaise Pascal, dans les « Pensées » écrit : « Deux visages semblables, dont aucun ne fait rire en particulier, font rire ensemble par leur ressemblance », où pourrions-nous ajouter par les tentatives malheureuses de l’un de vouloir ressembler à l’autre ! Le rire se déclenche quand l’ « ipséité », la nature totalement différente de l’autre, n’est pas respectée. En fait, le rire pointe l’idée du déguisement pour l’homme et pour la société en permanence, où le jeu serait de reconnaître qui se cache sous les oripeaux afin de dire : « Bas les masques ! Je te reconnais ! ». C’est quelque chose qui pourrait aller en parallèle à la logique du rêve chez Sigmund Freud (4), mais un rêve qui ne serait pas abandonné aux caprices de l’inconscient personnel pour devenir une sorte d’inconscient collectif, car vivant dans la société, vivant par elle, nous ne pouvons-nous empêcher de la traiter comme un être vivant, tout en riant du fait que nous savons, qu’elle aussi, ne cesse de se déguiser au sein de la mascarade sociale. Une situation est toujours comique quand elle appartient en même temps à deux séries d’événements absolument indépendantes, et qu’elle peut s’interpréter à la fois dans deux sens tout différents. Nous sommes alors dans l’humour du quiproquo. Mais, il faut distinguer entre le comique que le langage exprime et celui que le langage crée. Le second est généralement intraduisible tandis que le premier, le langage lui-même, devient comique. La personne en cause n’est pas toujours celle qui parle, et il y aurait à faire une distinction entre le spirituel et le comique : on attend Godot, on ne parle que de lui, on organise sa vie autour de lui, mais il ne vient jamais ! Samuel Beckett bâtit autour du comique, dont il se sert, le spirituel.
IV- Le rire, ce rien qui fait un bout de chemin avec l’homme dans l’éternité.
Le rire se présente aussi comme le puits de la mémoire : beaucoup de plaisirs présents se réduisent à n’être que des souvenirs passés. La satisfaction de l’homme n’est souvent qu’un sentiment d’enfance revivifié qui nous pousse à un sentiment comique, car est comique tout arrangement d’actes et d’événements qui nous donne, insérées l’une dans l’autre, l’illusion de la vie et la sensation nette d’un agencement mécanique. Une sorte de retour à un plaisir fœtal. Notre vie a une dimension théâtrale par le procédé classique de la répétition : elle est une scène permanente dont nous sommes rarement spectateurs et ce sont les autres qui rient à gorge déployée de notre manière de nous donner en spectacle. Mais, méfiance : par instinct naturel, et parce qu’on aime mieux, en imagination au moins, être dupeur que dupé, c’est du côté des fourbes que penche le spectateur ! Entreprendre un long chemin pour revenir au point de départ sans le savoir, c’est fournir un gros effort pour un résultat nul. Peut-être que le comique pourrait se définir ainsi ? Emanuel Kant écrit : « Le rire vient d’une attente qui ne se résout subitement en rien ». Le rire Zen : une distraction qui nous conduit à l’essentiel ! On obtiendra un mot comique en insérant une idée absurde dans un moule de phrase consacré. On obtient un effet comique quand on affecte d’entendre une expression au propre, alors qu’elle était employée au figuré. Par exemple, on disait devant Boufflers, d’un déplaisant personnage : « il court après l’esprit » et Boufflers avait répondu : « Il ne l’attrapera pas » ! Le rire se déclenche quand quelqu’un parle de petites choses comme si elles étaient grandes : l’exagération devient comique quand elle est prolongée et surtout quand elle est systématique, et aussi quand s’exprime honnêtement une idée malhonnête, vivre des situations scabreuses ou être dans la vilenie, et décrire cela en terme de stricte « respectability » !
L’humoriste se double souvent d’un moraliste qui, se servant de son talent, s’en sert pour réformer l’homme et la société. Henri Bergson, dans son livre sur le rire écrit (5) : « Toute petite société qui se forme au sein de la grande est portée ainsi, par un vague instinct, à inventer un mode de correction et d’assouplissement pour la raideur des habitudes contractées ailleurs et qu’il va falloir modifier ». Ce qui veut dire que le rire peut devenir un régulateur, par la moquerie, du sujet qui ne rejoindrait pas la doxa du groupe. Au pire, le rire peut devenir un harcèlement, une brimade sociale. Ce que nous trouvons, hélas, parfois dans nos loges. Freud, d’ailleurs, voit dans l’humour un relent d’agressivité venant d’une époque où l’enfant était catalogué en « pervers polymorphe » ! Ce qui nous pousse à rire de nos semblables est leur insociabilité plutôt que leur immoralité.
Cela nous pose la question : «Quel est l’objet de l’art » ? La réponse serait qu’il est de nous faire découvrir une partie cachée de nous-mêmes, ce qu’on pourrait appeler l’élément tragique de notre personnalité. Nous nous mouvons parmi des généralités et des symboles, dans un champ clos, où notre force s’épuise à se mesurer à d’autres forces. En fait, nous vivons dans une zone mitoyenne entre les choses et nous, extérieurement aux choses et extérieurement à nous-mêmes, dans le « no mans land » de l’absurdité et, fantômes futiles, pour ne pas avoir peur tout seul, on rit dans le noir. On rit à en crever !
Pour nous départager dans nos différents point de vue sur le rire, laissons le mot de la fin (si j’ose dire !) à Alphonse Allais, grand comique devant l’Eternel, qui nous conseille : « Ne nous prenons pas trop au sérieux, il n’y aura aucun survivant !»…
Juste un souhait : j’espère que « Là-Haut » on va continuer à se marrer !
NOTES
– (1) Bergson Henri : Le rire. Essai sur la signification du comique. Paris. PUF. 1975. (Page 5).
Le titre, La Terre Sainte et les Lieux Saints, rend hommage à Michael Baigent, co-auteur de The Holy Blood et The Holy Grail et de nombreux autres ouvrages. Il était le rédacteur en chef de Freemasonry Today à l’époque où il s’appelait « La voix indépendante de la franc-maçonnerie ».
Cette série en quatre parties examinera les aspirations et activités « maçonniques » concernant la Terre Sainte et les Lieux Saints ; les leitmotivs incluent : le pèlerinage, la prophétie, le tourisme, l’exploration, la colonisation et l’empire. Et « ramener la franc-maçonnerie au lieu de sa naissance »
Le titre, La Terre Sainte et les Lieux Saints , est un hommage à feu Michael Baigent, co-auteur de Le Saint Sang et Le Saint Graal et de nombreux autres livres.
Il était le rédacteur en chef de Freemasonry Today lorsque celui-ci s’appelait « La voix indépendante de la franc-maçonnerie ».
Cette série en quatre parties examinera les aspirations et activités « maçonniques » concernant la Terre Sainte et les Lieux Saints ; les leitmotivs incluent : le pèlerinage, la prophétie, le tourisme, l’exploration, la colonisation et l’empire. Et « ramener la franc-maçonnerie au lieu de sa naissance »
Partie 1 : Introduction et Les Hauts Degrés.
Partie 2 : La Grande Loge Américaine et le Grand Touriste Américain.
Partie 3 : La tournée maçonnique américaine et l’exploration impériale anglaise.
Partie 4 : L’explorateur militaire maçonnique et le touriste pathétique maçonnique.
Introduction et les Hauts Degrés
Simon Montefiore a d’éminents ancêtres maçonniques. Dans son ouvrage Jérusalem : La Biographie , il suggère que Jérusalem a « souffert d’un intérêt intense, la ville la plus surveillée au monde et la seule ville au monde que tout le monde veut posséder ».
La Mappa Mundi médiévale représente Jérusalem au centre du monde connu, ce qui est peut-être approprié pour la ville la plus recherchée et la plus combattue de la planète.
Carte de Jérusalem montrant les quartiers de la vieille ville – avec les territoires chrétiens, juifs, arméniens [chrétiens] et musulmans. Par (WT-en) Jpatokal sur Wikivoyage anglais
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Chacune des trois principales religions révélées possède une tradition prophétique basée sur Jérusalem et son Temple. Les différents prophètes et leurs interprètes ont des points de vue divergents sur le programme des « derniers temps ».
La destruction de Jérusalem en 70 après J.-C. a conduit au judaïsme devenu portable (diaspora) et basé sur la Torah plutôt que sur le Temple.
Cela a également conduit le christianisme à couper son cordon ombilical avec le judaïsme.
À l’exception de l’Interrègne français médiéval, à partir du siège et de l’occupation de 637 après J.-C., Jérusalem faisait partie d’un califat jusqu’en 1917.
Avec l’autorité de Preston, il a été suggéré que, « il y a 300 ans, la franc-maçonnerie représentait et exprimait les opinions politiques et religieuses d’un groupe central en son centre ».
Cela a certainement été le cas et l’est certainement resté depuis, même si les gens se sont adaptés pour survivre.
La connaissance des aspects politiques et religieux pertinents serait essentielle pour comprendre les aspirations maçonniques en Terre Sainte.
« En ce qui concerne les lieux de pèlerinage chrétiens en Terre Sainte, il s’agissait de savoir qui détenait quelles clés des portes de l’église de la Nativité à Bethléem et de l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. »
– Kevin Shillington, Charles Warren : l’ingénieur royal à l’ère de l’Empire .
Les églises de la Nativité et du Saint-Sépulcre sont peut-être la priorité des francs-maçons qui étaient/sont chrétiens ; cependant, pour la plupart des membres des francs-maçonneries, il y a l’attrait de trouver des vestiges du Temple du Roi Salomon (KST) et d’identifier les marques des maçons sur ses pierres. Mais le KST a-t-il jamais été construit ? Si oui, était-ce selon la nomenclature biblique ? Et où pourrait-on trouver des vestiges, sous le Dôme du Rocher, sous la Cité de David ou ailleurs ?
Tout cela doit être considéré dans le contexte de la critique biblique supérieure de l’après-Lumières et du milieu du XIXe siècle, dans des termes tels que :
(i) la nature de l’inspiration biblique;
(ii) comment les livres de la Bible ont été sélectionnés;
(iii) l’exactitude de la traduction ; et,
(iv) l’exactitude historique.
Compte tenu de l’aurore de doutes suscitée par l’émergence de la géologie et de la biologie évolutionniste, certains ont jugé souhaitable/nécessaire une « confirmation » scientifique du contenu biblique.
Apparemment, cela remet en question le concept même de la foi comme étant « la preuve des choses qu’on ne voit pas ».
En ce qui concerne les aspirations maçonniques en Terre Sainte, la Bible et les francs-maçonneries seront examinées plus en détail dans les parties 2 à 4.
Les Hauts Degrés
Sous menace d’excommunication, l’encyclique de 1738, In eminenti apostolatus specula , interdit aux catholiques romains d’être francs-maçons.
En 1751, la Providas Romanorum fut publiée pour soutenir et confirmer – comme des raisons justes et sérieuses l’exigent – .
Pour être efficaces, les encycliques devaient être lues dans les églises ; si elles n’étaient pas lues et pour ceux qui ne fréquentaient pas les lieux où elles étaient lues, elles étaient sans effet direct.
Malgré les encycliques, la franc-maçonnerie s’est développée en Europe et a donné sa nouveauté, peut-être plus aléatoirement que déterminée, comme en témoigne la superfluité ingérable des « degrés supérieurs ».
Portrait du pape Pie VI, Giovanni Angelo Braschi (1717-1799)
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En 1773, le prédécesseur du pape Pie VI avait supprimé « définitivement et irrévocablement » (sic) l’ordre des Jésuites ; en 1814, il fut rétabli.
Peut-être qu’au cours de son pontificat (1775-1799), le savant Pie VI a utilisé sub rosa l’organisation jésuite.
Peut-être qu’In Eminenti n’avait pas été aussi efficace que prévu, surtout dans l’arrière-cour du Vatican dans ce qui allait devenir, grâce au leadership maçonnique, la République italienne unifiée.
Pie VI a-t-il employé une tactique d’infiltration et d’assimilation pour placer la franc-maçonnerie sous le contrôle de l’Église et si oui, par quelle meilleure voie que par les degrés supérieurs maçonniques chrétiens ?
La Rose Croix avait adopté un certain symbolisme papal et sous ses auspices vagues, il existe des preuves qu’en 1788, à Avignon, en France, un Ordre de David et Jonathan et un Ordre de Jésus-Christ ont été fusionnés.
Cela aurait-il pu être une tentative d’assimiler la franc-maçonnerie au contrôle de l’Église ?
En 1803, cette fusion était un Ordre sous administration de la Rose Croix aux Pays-Bas et envers lequel d’autres Chapitres, y compris peut-être les Chevaliers de Jérusalem et les Chevaliers bienfaisants de la Ville Sainte , avaient des obligations.
Les chapitres devaient « payer une contribution afin que tôt ou tard ledit Ordre puisse acquérir la possession du Saint-Sépulcre à Jérusalem, du lieu saint de Sainte-Catherine sur le mont Sinaï [au pied du mont Horeb dans le désert du Sinaï] et d’autres lieux saints en Palestine ».
[ AQC Vol. 5.) Voir la troisième partie de cette série pour une réflexion sur l’exploration de Jérusalem par le Vénérable Maître fondateur du Quatuor Coronati.]
Si l’acquisition de possession de « lieux saints » était la politique de la Rose Croix :-
Par qui et selon quel processus la décision a-t-elle été prise ?
À quelles fins spécifiques les contributions devaient-elles être destinées ?
De qui ces sites auraient-ils été acquis ?
Par quels moyens la possession aurait-elle été acquise ?
A cette époque, les événements en Europe, en Terre Sainte et dans les francs-maçonneries sont prioritaires en réponse à la Révolution française et aux guerres napoléoniennes. En 1799, Napoléon souhaite « venir en personne à Jérusalem pour planter l’arbre de la Liberté à l’endroit même où le Christ a souffert et que le premier soldat français tombé dans l’attaque soit enterré au Saint-Sépulcre ».
Quel genre de déclaration était-ce ?
Il a écrit à :
« la nation des Juifs, héritiers légitimes de la Palestine mais privés par la conquête et la tyrannie… de prendre le patrimoine d’Israël et d’y rester en tant que dirigeant ».
Mais il fallait d’abord que le port d’Acre soit acquis et possédé par Napoléon.
Napoléon menant le siège du port d’Acre 1799 (Artiste inconnu – PD-ART)
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Acre était défendue par une force multinationale de guerriers musulmans dirigée par Ahmet Jazzar Pacha , seigneur de guerre de la Palestine ottomane.
Les batailles et le siège d’avril-mai 1799 échouèrent et Napoléon se retira en Égypte.
Pacha avait été aidé par la marine britannique qui avait capturé des navires de guerre français et tourné son artillerie de siège contre les troupes assiégeantes françaises. Musulmans et chrétiens s’unirent contre Napoléon !
Cette initiative navale britannique avait été menée par le commodore non-conformiste, impulsif et autoproclamé, Sir Sidney Smith ; « le plus brillant des chevaliers ».
C’était un franc-maçon enthousiaste ; le plus incroyable et pourtant le plus approprié, c’est qu’en 1838, il devint Grand Maître de tous les Templiers. (Ça ne s’invente pas !)
La tente du grand vizir. La figure principale est celle du vizir, vu en train d’appliquer son sceau sur le firman qui autorisait les Britanniques à entrer à Jérusalem. (De gauche à droite) Sir Sidney Smith, le lieutenant Bower, M. Spurring et M. Spilsbury 1799, pendant la défense de l’Empire ottoman contre le général Bonaparte
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Même Napoléon n’a pas pu prendre possession de la Terre Sainte et des Lieux Saints ; pourtant, les francs-maçons, les loges, les ordres et les juridictions aspiraient encore à le faire : dans quel but, par qui ou quelles en étaient les forces motrices ?
Dans la deuxième partie, nous examinerons les enquêtes menées par une Grande Loge américaine dans les années 1820, « pour découvrir si des vestiges de maçonnerie ancienne peuvent être découverts en Palestine et dans les pays voisins ».
Quelle pourrait être la différence entre les « vestiges de la maçonnerie antique » et les vestiges du judéo-christianisme antique ?
La deuxième partie s’intéressera également à un franc-maçon américain, bien qu’en retard dans ses abonnements, et au long récit de voyage de sa visite en Terre Sainte en 1867, qu’il décrit comme « le récit d’un voyage d’agrément… seulement le récit d’un pique-nique ».
Malgré cette modestie, ce livre est resté pendant cent cinquante ans un des livres de voyage les plus vendus au monde. (la suite… 2/4)
Article de Gerald Reilly
Gerald Reilly a été initié en 1995 à la Loge 2063 du Prieuré de St Osyth. Essex. Angleterre (UGLE).
Il est membre fondateur de Allthingsmasonic de Josh Heller et a co-écrit avec Josh « Le Temple qui ne dort jamais » (Cornerstone Books, 2006). Il s’engage dans le développement de la franc-maçonnerie électronique.
Un article sur l’éducation mystique d’Albert Pike, son expérience et son héritage dans la franc-maçonnerie, paru dans The Master Mason – mai 1925.
« J’ai achevé un monument plus durable que l’airain, et plus sublime que l’élévation royale des pyramides, que ni l’averse défaillante, ni le vent du nord inutile, ni une succession innombrable d’années, ni la fuite des saisons, ne pourront démolir. » -HORACE.
« D’une certaine manière, il me semble que l’esprit d’un écrivain est dans ses livres, et s’ils ne sont pas lus, il y est emprisonné comme le corps d’un vieux roi d’Égypte dans son sarcophage. » – ALBERT PIKE : Bulletin officiel IX, p. 22.
Il est bien connu de tous les étudiants de la maçonnerie que les degrés du rite écossais de la franc-maçonnerie pour la juridiction méridionale des États-Unis sont, plus ou moins, teintés des doctrines occultes de la cabale juive et des enseignements hermétiques et rosicruciens, sans parler des principes du néo-platonisme et des autres écoles mystiques de philosophie.
Le Rite attribue cela, dans une certaine mesure, à ses anciens rituels français, mais plus particulièrement au génie du général Albert Pike, qui était un étudiant profond de la Kabbale et bien versé dans les systèmes religieux et philosophiques de l’Orient. Les Védas et le Zend-Avesta étaient des livres ouverts pour lui, et non les « volumes mélancoliques et reliés en fer des Mages ». Il était le réviseur et le transformateur des anciens rituels français obscurs, qui nous sont parvenus du Rite de la Perfection et d’autres sources continentales. Dans de nombreux cas, être réécrits. Pour chacun d’entre eux, il a préparé des conférences qui se distinguent par leur profonde érudition et la beauté de leur expression. Parlant de ce « Maître des Voiles », l’ancien Grand Commandeur Moore, 33e, dans un éloge funèbre prononcé il y a quelques années à la Maison du Temple, à Washington D.C., a dit :
C’était Albert Pike, le Maçon, qui, par l’alchimie divine de l’amour de ses semblables, a transmuté toutes ses possessions mentales en l’or pur de la sagesse, de la poésie, du patriotisme et de la loi, et les a incorporées dans nos Rituels de Rite Écossais tels qu’ils ont été révisés et spiritualisés par lui.
C’était son Grand Œuvre – son Magnum Opus – comme il l’appelait. En 1853, six ans avant d’être élu Grand Commandeur, il commença son travail sur les Rituels dans sa maison de Little Rock. Nous avons, dans nos archives, une lettre de lui au Dr Albert G. Mackey, le célèbre érudit maçonnique, et Secrétaire Général du Conseil Suprême, dans laquelle il disait clairement qu’il travaillait alors sur les Rituels, et qu’il essayait de les spiritualiser. Et cela a continué à être l’un des principaux objectifs de la franc-maçonnerie tout au long de sa vie. Dans son « discours », prononcé devant le Conseil suprême lors de sa session de 1860, il a dit que quatre ans avant cette date, un comité rituel avait été nommé ; que, bien qu’il n’eût alors que trente-deuxième, il y fut nommé ; que le comité ne s’était jamais réuni et qu’il avait, lui-même, révisé les Rituels du quatrième au trente-deuxième degré, et avait imprimé son travail au profit du Conseil suprême pour un coût de 1 200 dollars pour lui-même.
Les rituels du rite écossais sont en effet des monuments durables au génie de Pike, plus durables que l’airain et plus sublimes que l’élévation royale des pyramides. Le général Pike a vu dans la maçonnerie ce que beaucoup n’ont pas vu. Dans une lettre à Robert Gould, le célèbre historien maçonnique, le 28 janvier 1888, il dit qu’il collectionne depuis quelque temps les anciens ouvrages hermétiques et alchimiques, afin de découvrir quel rapport leurs symboles avaient avec la franc-maçonnerie. Il affirma que l’Équerre et le Compas, le Triangle, l’Équerre Oblongue, les Trois Grands Maîtres, l’idée incarnée dans le Mot de Substitution, l’Aigle à Deux Têtes du Rite Ecossais, le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge étaient tous dérivés de sources hermétiques et rosicruciennes. Il a écrit ce qui suit :
Je ne peux pas concevoir quoi que ce soit qui aurait pu inciter Ashmole, Mainwaring et d’autres hommes de leur classe à s’unir à une loge de maçons en activité, si ce n’est que, comme les alchimistes, les hermétistes et les rosicruciens n’avaient aucune association propre en Angleterre ou en Écosse, ils ont adhéré aux loges maçonniques afin de se rencontrer sans être soupçonnés. et je suis convaincu que ce sont les hommes qui ont hérité de leur doctrine qui ont apporté leurs symboles dans la maçonnerie, mais ont gardé pour eux les significations hermétiques. C’est à ces hommes que nous devons, je crois, le degré de Master. Le mot de substitution signifie « l’énergie créatrice du Père » – le Démiurgos et Hiram, je pense, a été fait le héros, parce que son nom ressemblait à Hermès, « Le Maître de la Loge » ; le Verbe Divin (le Thot égyptien), le Mercure des Alchimistes.
Je ne pense pas qu’il puisse y avoir beaucoup de doute à ce sujet, et j’ai écrit en entier mes notions concernant notre symbolisme, faisant un livre manuscrit d’environ 200 pages, et je l’ai déposé là où il restera en sécurité ; et croyant avoir montré comment la maçonnerie est devenue spéculative, m’étant au moins satisfait, je suis content.
Le livre manuscrit mentionné ci-dessus, qui est la propriété du Conseil suprême du rite écossais ancien et accepté pour la juridiction sud des États-Unis, s’intitule « Le symbolisme des degrés bleus de la franc-maçonnerie », copié et illustré pour l’auteur par le frère Edwin B. Macgrotty, 33d, qui était un expert avec la plume et le crayon. Le livre est relié en bleu marocain et inscrit au dos Esoterika. Il porte la date de Washington, D.C., 1888. Il y a plus de trente-huit manuscrits maçonniques d’Albert Pike dans la bibliothèque du Conseil Suprême sous clé, bien sûr, et très prisés. L’enquête d’Albert Pike sur les origines de la maçonnerie est très intéressante pour l’étudiant de l’occultisme, du néoplatonisme, de la Kabbale et du rosicrucianisme. Il y a en la possession du Conseil Suprême une correspondance intéressante entre le général Pike et les chefs du mouvement rosicrucien dans ce pays et en Angleterre.
Pike, revêtu des décors maçonniques de Grand Commandeur du Rite écossais ancien et accepté.
Il est intéressant de noter que Pike était l’adepte en chef et l’archimagus de la Societas Rosicruciana d’Amérique et qu’il a écrit un rituel pour l’Ordre. Cependant, il finit par se retirer de l’organisation, probablement par manque de temps à consacrer à son travail. Il n’y a pas si longtemps, ce rituel est entré en possession de la bibliothèque du Conseil Suprême. Le manuscrit s’intitule : Societas Rosicruciana. Rerum publicarum unitarum Americae. Règlements et rituels. Il s’agit d’un volume de 114 pages, dont soixante-trois pages sont de la main de Pike, et les autres sont de la main de William Morton Ireland, 33d, à un moment secrétaire général du Conseil suprême, juridiction du Sud. À la fin de la liste des règlements se trouve ce qui suit : « Au Collège suprême, le 29 mai 1880. Les précédents Regulae sont adoptés, Albert Pike, IX, Chief Adept et Archimagus ; William Morton Ireland, IX, mage et substitut junior.
La plupart des manuscrits d’Albert Pike se trouvent dans la bibliothèque du Conseil suprême, écrits à la plume d’oie. En plus des traductions du Rig-Veda, le général Pike fit les études orientales suivantes : « Ancient Faith and Worship of the Aryans, as Incorpored in the Vedic Hymns », 1872-73 ; « Commentaires sur la Kabbale », 1873 ; « La théosophie irano-aryenne contenue dans le Zend-Avesta », 1874 ; « Lectures on the Arya », 1873, et « Vocabulaires of Sanskrit Words ».
La « Théosophie Irano-Aryenne », récemment publiée par le Rite Écossais, sous la direction éditoriale du Frère Marshall W. Wood, 33d, est un ouvrage de la plus haute importance pour les érudits. Il est publié sous le titre de Foi et doctrine irano-aryennes telles qu’elles sont contenues dans le Zend-Avestas, 1924.
Albert Pike, explorateur, soldat, juriste, poète, philosophe et franc-maçon, est né à Boston, Mass., le 29 décembre 1809, Il a reçu son éducation dans les grammar schools de Newburyport, Mass. ; dans une académie à Framingham, dans le Massachusetts, et à l’université Harvard, mais il n’obtint pas de diplôme de l’université. Il enseigna pendant un certain temps dans le Massachusetts, puis partit en tant que pionnier dans le Grand Ouest. Il finit par s’installer à Little Rock, dans l’Arkansas, où il rédigea une série d’articles politiques dans le Little Rock Advocate, sous le nom de plume de « Casca ». Ces articles attirèrent tellement l’attention qu’on lui offrit et accepta un poste de rédacteur au sein de l’Advocate. En 1833, il est élu secrétaire adjoint du Conseil de la législature territoriale de l’Arkansas, étudie le droit et est admis au barreau en 1834. En 1835, il acheta l’Advocate, mais trouvant que l’édition et la gestion du journal interféraient avec sa pratique du droit, il le vendit.
En 1846, il lève un escadron de cavalerie qu’il commande avec le grade de capitaine et sert vaillamment dans la guerre du Mexique. Il fut admis au barreau de la Cour suprême des États-Unis en 1849. Il était considéré comme une autorité en matière de droit romain et a traduit les Pandectes en anglais. Lorsque la guerre entre les États-Unis éclata en 1861, il fut nommé brigadier-général dans l’armée confédérée et placé au commandement du territoire indien. En 1864, il démissionne de son poste dans l’armée pour accepter une place à la Cour suprême de l’Arkansas. Après la fin de la guerre de Sécession, il se rendit à Memphis, dans le Tennessee, où il pratiqua le droit et rédigea un journal du matin. En 1868, il s’installa à Washington, D.C., où il vécut les trente-trois dernières années de sa vie. Il meurt le 22 avril 1891, à l’âge de 82 ans, et est enterré au cimetière d’Oak Hill, à Washington, D.C. Une belle statue en bronze, réalisée par le sculpteur italien Trentanove, a été érigée à sa mémoire en 1901 par le Conseil suprême. Il est situé non loin de la maison ; c’est là qu’il a vécu pendant tant d’années à Washington, où il est mort. Le général Pike est représenté debout, un livre dans la main droite. À la base du piédestal de granit se trouve une deuxième figure représentant le génie de la franc-maçonnerie, tenant haut la bannière du rite écossais.
Albert Pike fut fait maçon à Little Rock, en Arkansas, en 1850. Il a occupé des postes éminents dans tous les corps du rite d’York, mais c’est dans le rite écossais qu’il a fait sa plus grande renommée et a laissé son monument le plus durable. Il reçut les degrés de rite écossais, de la quatrième à la trente-deuxième année, inclusivement, à Charleston. S.C., 20 mars 1853 ; fut nommé inspecteur général honoraire le 25 avril 1857. à la Nouvelle-Orléans, Louisiane, et membre actif du Conseil suprême, juridiction sudiste, le 20 mars 1858. Le général Pike fut nommé Grand Commandeur Souverain par intérim le 2 janvier 1859, poste qu’il occupa jusqu’à sa mort. Le juge Hallum, dans son « Biographical and Pictorial History of Arkansas », 1887, Vol. 1, l’appelle « Albertus Magnus – Albert the Great !
Bien des années avant sa mort, le général Pike avait prononcé ces paroles significatives :
Quand je serai mort, je souhaite que mon monument soit construit dans les cœurs et les mémoires de mes frères du rite écossais ancien et accepté.
Albert Pike est assurément enchâssé dans le cœur et l’esprit de ses frères. À chaque banquet de rite écossais, les participants se lèvent et boivent un toast silencieux à sa mémoire. Un service commémoratif en l’honneur d’Albert Pike est organisé à chaque réunion du Conseil suprême à Washington, le plus jeune membre actif du corps prononçant le discours à cette occasion.
Albert Pike était essentiellement un érudit. Il connaissait bien les classiques, traduisit plusieurs langues modernes et, dans sa vieillesse, acquit l’hébreu et le sanskrit. Il appréciait pleinement la philosophie sous-jacente des Védas et du Zend-Avesta et cherchait à relier l’Orient à l’Occident. Les degrés du rite écossais, tels qu’il les interprète, peuvent être appelés une étude des religions comparées. Ses traductions et commentaires du Rig-Veda, de la Kabbale, etc., attendent encore d’être publiés. Les étudiants peuvent les consulter, mais pas les prendre à la bibliothèque du Rite. Espérons qu’ils finiront par être disponibles pour le monde entier, car, comme l’a dit Pike :
L’esprit d’un écrivain est dans ses livres, et s’ils ne sont pas lus, il y est emprisonné comme le corps d’un vieux roi d’Égypte dans son sarcophage.
Il y a quelques années, le Frère George Fleming Moore, 33e, a publié dans le New Age Magazine, certaines parties du vaste « Matériaux pour l’histoire de la franc-maçonnerie en France et ailleurs sur le continent européen, de 1718 à 1859 ».
Dans la bibliothèque laissée par Albert Pike se trouvent un certain nombre de livres sur l’occulte, écrits par « Eliphas Levi » (Alphonse Louis Constant), qui dans les années soixante-dix n’ont pas été traduits en anglais. Lévi était peut-être le plus grand des mystiques et cabalistes français. Le général Pike emprunta considérablement à Levi dans ses diplômes de « Chevalier du Soleil » et de « Prince du Secret Royal ». La doctrine de l’équilibre, que Pike élucide à ce dernier degré, est obscurément évoquée dans le Zohar. Lévi, dans son interprétation de la Kabbale, dit que « la science de l’équilibre est la clé de la science occulte. Les forces déséquilibrées périssent dans le vide. Albert Pike illustre magnifiquement le mystère de la balance dans son ouvrage Morals and Dogma (pp. 838-61). Le Mystère de l’Équilibre est le secret de l’Équilibre Universel qui existe dans l’univers entre les énergies et les forces conflictuelles, qu’elles soient mentales ou physiques. Pike dit :
La sympathie et l’antipathie, l’attraction et la répulsion, sont des contraires dans l’âme des hommes et dans l’univers des sphères et des mondes ; et de l’action et de l’opposition de l’un contre l’autre résultent l’Harmonie et ce mouvement qui est la Vie de l’Univers et de l’Âme.
La Kabbale – les symboles, les paroles sacrées et la doctrine ésotérique – qui a tant influencé les degrés du rite écossais, représente la théosophie des Juifs. Joseph Jacobs dit dans ses Contributions juives à la civilisation :
Il contient en lui-même tous les éléments mystiques des cultures par lesquelles le judaïsme est passé : les extases de la Bible Théophane, le néo-platonisme d’Alexandrie et le soufisme des Arabes.
Le mot Cabale signifie « recevoir ». c’est une doctrine mystique et religieuse transmise par transmission orale ou tradition. Il a été décrit comme un système de cosmogonie illustrant le lien entre Dieu et l’homme ; un système basé dans une large mesure sur les nombres comme la philosophie pythagoricienne ; une métaphysique subtile qui traite de la nature de Dieu et de ses émanations, voilées de symboles, souvent par un énorme figuier d’un caractère emblématique.
Lorsque Jérusalem fut prise par Titus, le fils de Vespasien, et que le second temple fut détruit, de nombreux habitants de la ville sainte fuirent les Romains victorieux et cherchèrent refuge dans les montagnes voisines. Parmi eux se trouvait le rabbin Simon Ben Jochai, qui avait été condamné à mort par le général romain. Selon la tradition, il vécut douze ans dans une grotte, semblable à un ermite, où il reçut la visite d’un groupe de fidèles disciples. Il avait constamment des visions extatiques comme tous les mystiques. Il communiqua les doctrines occultes, transmises oralement par les patriarches des temps anciens, à son fils Rabbi Eliezer et à son secrétaire, Rabbi Abba, qui les mirent par écrit pour la première fois. De ce matériau a été construit par la suite le célèbre Zohar, ou splendeur. Ce livre, avec la Sepher Jetzirah et le Commentaire des Dix Sephiroth, constitue le corps et la doctrine des enseignements cabalistiques.
Jacobs dit :
Le Zohar a probablement été rédigé au XIIIe siècle, mais il contient des traces de souches beaucoup plus anciennes de la doctrine mystique. Il a attiré l’attention d’hommes comme Raymond Lully, Picus de Mirandula, et on en trouve même des traces chez Dante. Mais son effet principal sur la pensée européenne a eu lieu à l’époque de la Réforme, lorsqu’il a servi à fournir au protestantisme cet élément mystique qui avait été le principal attrait dans les anciennes formes de foi. En combinaison avec un renouveau du pythagorisme, il a séduit Reuchlin et Cornelius Agrippa ; en relation avec la nouvelle étude de la nature, elle a affecté Paracelse, Carden, Van Helmont et Robert Fludd, ainsi que, on peut ajouter, le reste des platoniciens de Cambridge ; dans la mesure où Luther était philosophe, il tirait sa philosophie de la Kabbale, avec une touche de gnosticisme et une coloration de manichéisme, et en cela il a été suivi par Melancthon. Les grands mystiques allemands, comme Weigel et Jacob Boehme, étaient également cabalistiques dans leurs grandes lignes. De même que le catholicisme avait cherché à tempérer les mystères divins par le rationalisme de Maïmonide, le protestantisme, à son tour, modifia ses tendances rationalistes en recourant au mysticisme de la Kabbale.
La Cabale est divisée en deux parties :
L’aspect pratique ;
le théorique.
Le premier traite des amulettes et des talismen, et n’a aucune valeur pour l’étudiant en philosophie. La seconde est divisée en dogmatique et littérale. La Cabale Dogmatique est une exposition de la théosophie et de la philosophie rabbiniques : la Cabale littérale est la science qui enseigne une méthode mystique d’explication des choses sacrées par un usage particulier des lettres des mots, et une référence à leur valeur. Le Livre du Zohar, qui est le grand représentant de la Kabbale dogmatique, commence par poser la Cause Première comme En Soph, l’infini, l’illimité, demeurant dans « la simplicité et l’indifférenciation de l’unité parfaite ». Par l’acte de la Volonté Suprême, l’univers jaillit de l’essence divine en une série d’émanations, qu’on appelle les séphiroth. Lewis Spence dit dans son Encyclopédie de l’Occultisme :
La doctrine du sephiroth est sans aucun doute la plus importante que l’on puisse rencontrer dans les pages de la Kabbale. Pour justifier son existence, la Divinité devait devenir active et créative ; Il y est parvenu par l’intermédiaire des dix sephiroth ou intelligences qui émanaient de lui comme des rayons procédant d’un luminaire. Le premier séphiroth ou émanation était le désir de se manifester, et celui-ci contenait neuf autres intelligences ou sephiroth, qui émanent à leur tour l’une de l’autre – la seconde de la première, la troisième de la seconde, et ainsi de suite. Celles-ci sont connues sous le nom de Couronne Sagesse, Intelligence, Amour, Justice, Beauté : Fermeté, Splendeur, Fondement et Royaume.
De la jonction de paires de séphiroth se sont formées d’autres émanations : ainsi, de la Sagesse et de l’Intelligence procédaient l’Amour ou la Miséricorde, et de la Miséricorde et de la Justice, la Beauté. Les sephiroth sont également symboliques de l’homme primordial et de l’homme céleste, dont l’homme terrestre est l’ombre. Ils forment trois triades qui représentent respectivement des qualités intellectuelles, morales et physiques :
la première, la sagesse, l’intelligence et la couronne ;
le second, Amour, Justice et Beauté ;
la troisième, Fermeté, Splendeur et Fondation.
Le tout est entouré ou lié par le Royaume, le neuvième sophiroth. Chacune de ces triades symbolise une portion du corps humain : la première, la tête ; le deuxième, les bras ; le troisième, les jambes. Il faut comprendre que, bien que ces sephiroth soient des émanations de Dieu, ils restent une portion et représentent simplement différents aspects de l’Être Unique.
La cosmologie kabbalistique postule quatre mondes différents, dont chacun forme un système séphirique d’une décennie d’émanations, qui ont été vérifiées de la manière suivante : le monde des émanations ou l’homme céleste, une émanation directe de l’En Soph. C’est de là que naît le monde de la création ou le monde briatique de la nature pure, mais pas aussi spirituel que le premier. De là se forme le monde de la formation ou le monde yetsiratique, encore moins raffiné, qui est la demeure des anges. Enfin de ceux-ci émane le monde de l’action ou de la matière. Mais l’univers était incomplet sans la création de l’homme : l’Adam céleste, c’est-à-dire le dixième sephiroth créa l’Adam terrestre, dont chaque membre du corps correspond à une partie de l’univers visible. La forme humaine, nous dit-on, est façonnée d’après les quatre lettres qui constituent le tétragramme juif, Yod-he-vau-he… La Kabbale déclare que ces doctrines ésotériques sont contenues dans les écritures hébraïques, mais ne peuvent pas être perçues par les non-initiés ; Cependant, ils sont clairement révélés aux personnes spirituelles.
Les dix séphiroth, représentés dans l’ordre de leur ascension du plus bas au plus haut, de la Fondation à la Couronne, présentent une certaine ressemblance avec les échelles symboliques des divers systèmes d’initiation, par exemple, l’échelle brahmanique des mystères hindous ; l’Échelle de Mithra des Mystères Perses ; et l’Échelle de Kadosh et l’Échelle de Jacob des Mystères Maçonniques.
Le Zohar n’est pas facile à lire. Il est plein d’obscurités. Il n’était pas destiné à la hoi polloi1 mais pour les initiés. Le langage utilisé est hautement figuratif et ne doit pas être pris au pied de la lettre. Albert Pike, dans ses Morales et Dogmes, consacre une place considérable à la Kabbale. Il dit (page 764) :
De l’avis des kabbalistes, tous les individus sont contenus dans les espèces, et toutes les espèces dans les genres, et tous les particuliers, dans un Universel, qui est une idée, abstraite de toute considération des individus ; pas un agrégat d’individus ; mais, pour ainsi dire, un Ens, une Entité ou un Être, idéal ou intellectuel, mais néanmoins réel ; avant tout individu, les contenant tous, et à partir duquel ils ont tous évolué successivement.
Si cela vous décontente, réfléchissez que, en supposant que la théorie soit correcte, que tout était originellement dans la Divinité, et que l’Univers est sorti de Lui, et n’a pas été créé par Lui à partir de rien, l’idée de l’Univers, existant dans la Divinité avant son écoulement, doit avoir été aussi réelle que la Divinité elle-même. Toute la race humaine, ou l’humanité, par exemple, existait alors dans la Divinité, non pas distinguée en individus, mais comme une unité d’où devait s’écouler le multiple.
Tout ce qui est actuel doit aussi avoir été possible d’abord, avant d’avoir l’existence actuelle ; et cette possibilité ou potentialité était pour les cabalistes un véritable Ens. Avant l’évolution de l’Univers, il devait exister potentiellement, le tout entier, avec tous ses individus, inclus dans une seule Unité. C’était l’Idée ou le Plan de l’Univers, et cela devait être formé. Il devait émaner de la Divinité Infinie, et être de Lui-même, bien que non de Son Soi même.
En ce qui concerne les sephiroths ou émanations, le général Pike écrit ce qui suit :
Ce n’étaient pas seulement des attributs de la Divinité non manifestée, non seulement Lui-même dans sa limitation, mais Ses manifestations réelles, ou Ses qualités rendues apparentes comme des modes ; et c’étaient aussi des qualités de la Nature Universelle – Spirituelle, Mentale et Matérielle, produites et rendues existantes par l’écoulement de Lui-même.
Dans la vision de la Kabbale, Dieu et l’Univers étaient Un ; et dans le One General, en tant que type ou source, ont été inclus et impliqués, et à partir de là ont évolué et sont sortis, le multiple et tous les détails. Où commence l’individualité ?…
L’arbre en est un ? mais ses feuilles sont une multitude, elles tombent avec les gelées et tombent sur ses racines, mais l’arbre continue toujours à croître, et de nouvelles feuilles reviennent au printemps. La race humaine n’est-elle pas l’arbre, et les hommes individuels ne sont-ils pas les feuilles ? Comment expliquer autrement la force de la volonté et de la sympathie, et la dépendance d’un homme à chaque instant de sa vie vis-à-vis des autres, si ce n’est par l’unité de la race ? Les liens qui unissent toutes les choses créées sont les liens d’une seule Unité, et l’univers entier est Un, se développant dans le multiple.
Certains écrivains ont déclaré que la Cabale attribue des caractères sexuels à la Divinité même, mais Pike nie catégoriquement cette hypothèse. Il dit :
Il n’y a aucune justification pour une telle affirmation, nulle part dans le Zohar ou dans tout commentaire à ce sujet. Au contraire, toute la doctrine de la Kabbale est basée sur la proposition fondamentale que la Divinité même est infinie, partout étendue, sans limitation ni détermination, et donc sans aucune conformation d’aucune manière. Afin de commencer le processus de création, il était nécessaire pour Lui, tout d’abord, de créer un espace vacant en Lui-même. À cette fin, la Divinité, dont la Nature s’exprime approximativement en le décrivant comme Lumière remplissant tout espace, sans forme, sans limites, se contracte de tous côtés à partir d’un point en lui-même, et réalise ainsi un espace quasi vacant, dans lequel il ne reste qu’un vêtement de sa Lumière ; et dans cet espace circulaire ou sphérique, il imite ses émanations, des portions de sa lumière ou de sa nature ; Et à certains d’entre eux, des caractéristiques sexuelles sont symboliquement attribuées.
L’Infini se limite d’abord en se déversant sous la forme de la Volonté, de la détermination à agir. Cette Volonté de la Divinité, ou Divinité en tant que Volonté, est Kether, ou la « Couronne », la première sephira. Toutes les autres émanations y sont incluses. C’est une nécessité philosophique.
Le général Pike procède ensuite à la définition et à l’élaboration de tous les autres sephiroths avec leurs implications philosophiques. La conférence sur le « Chevalier du Soleil, ou Prince Adepte » (28d), telle qu’elle est contenue dans la Morale et le Dogme, est le véritable rituel hermétique du Rite. Le Conseil suprême de Belgique met un accent particulier sur cette abscons. mais beau degré, qui va au fondement du gnosticisme, de la cabale et de l’hermétisme. Pour une exposition savante de la cosmogonie cabalistique, l’étudiant est renvoyé à l’Encyclopédie juive.
Une caractéristique intéressante du Zohar est sa théorie d’une création et d’une destruction préalables de mondes, ressemblant quelque peu à la doctrine hindoue de l’expiration et de l’inspiration de Brahma. Tout, lui aussi, doit retourner à la source d’où il émane. Le Zohar dit :
Toutes les choses dont ce monde est composé, esprit aussi bien que corps, retourneront à leur principe et aux racines d’où elles procédaient.
Le Zohar montre à quelles hauteurs sublimes l’imagination humaine peut s’élever.
La Kabbale postule la préexistence de l’âme et de ses incarnations répétées, mais cette doctrine particulière ne fait pas partie de l’enseignement maçonnique. La franc-maçonnerie enseigne l’immortalité de l’âme, mais ne dogmatise pas sur le sujet.
J’aimerais m’étendre sur la Sepher Zetzirah, ou « Livre de la Création », mais l’espace me le permet. Qu’il dis-le qu’il s’agit de la philosophie des chiffres et des lettres. La Cyclopédie royale maçonnique dit :
Le but de ce livre est d’exposer un système par lequel l’univers peut être méthodiquement vu, montrant à partir du développement systématique de la création, et de l’harmonie visible dans ses parties, qu’il doit provenir du Créateur unique et unique. L’ordre et la correspondance corrélative de ces parties sont prouvés par l’analogie qui existe entre les choses visibles et les signes de la pensée par lesquels les hommes sont capables de dénoter, de communiquer et de perpétuer la sagesse à travers le temps. Du fait que l’auteur inconnu a également employé les lettres de l’alphabet hébreu dans un double sens, ce livre a également reçu le nom de Les Lettres, ou Alphabet du Patriarche Abraham. Il y a 22 lettres dans l’alphabet hébreu, et 10 nombres fondamentaux, ce sont les trente-deux voies de la sagesse secrète – l’alphabet étant utilisé au sens numérique.
Le traité s’ouvre par la déclaration suivante :
Par 32 chemins de sagesse secrète, l’Éternel, le Seigneur des armées… a créé le monde au moyen des nombres. le langage phonétique et l’écriture.
Le nombre fondamental dix est divisé en une tétrade et un hexade, et à partir de ceux-ci se montre l’évolution progressive du monde à partir de rien. La Substance Divine seule a d’abord subsisté, avec l’idée créatrice et la Parole articulée comme l’Esprit Saint, identique à la Substance Divine. C’est pourquoi l’Esprit du Dieu vivant est à la tête de toutes choses, représenté par le chiffre un. De cet Esprit émanait tout le Cosmos, etc.
Les trente-deux degrés du Rite, de l’Apprenti Entré au Prince du Secret Royal, symbolisent-ils les « trente-deux chemins de la sagesse secrète », avec le 33e et dernier degré comme Grand But de l’Initiation ? Qui sait!
La Kabbale est l’efflorescence des écoles mystiques d’Alexandrie, et en tant que telle a été dûment appréciée par le général Pike, mais il est allé plus loin que ce système théosophique des Juifs dans sa quête de l’origine des grands symboles religieux, lorsqu’il a formulé le Prince du Secret Royal ou Trente-deuxième Degré du Rite. Il se tourna vers l’Orient, vers les hautes terres de l’Asie, où la race aryenne vécut environ 1400 ans avant Jésus-Christ et où, descendant ensuite vers les plaines, divisa et conquit le monde. Une partie de ce peuple caucasien a émigré vers ce qui est maintenant appelé la Perse et est connue sous le nom d’Irano-Aryens ; l’autre division a envahi l’Inde et est connue sous le nom d’Indo-Aryens. Des Irano-Aryens sont sortis nos Européens modernes. Les anciens Aryens étaient une race de guerriers robustes, mais ils avaient parmi eux des prêtres, des prophètes et des philosophes, qui cherchaient à percer les mystères de l’univers.
Frère Frederick H. Bacon, 33d, dans une dissertation intéressante sur la maçonnerie de rite écossais, (New Age, octobre 1922, p. 589) :
Dans leurs hymnes ou védas, ils cherchaient à déclarer leurs idées sur les divinités qui gouvernaient le monde. Ils ont formé de bonne heure l’idée que les puissances divines étaient de la nature d’une trinité. La première trinité était représentée par les trois divinités, Agni, Ushas, Mitra ; le feu, l’aurore, et l’étoile du matin qui était le héraut du soleil. Au fil du temps, la seconde trinité lui succéda. La Lumière Divine, dans laquelle résidait la Sagesse Divine, s’est répandue comme le Verbe Divin. On voit ici que les deux derniers sont des manifestations de la première. Ahura était la lumière. Les attributs divins sont les émanations ou puissances d’Ahura. Ces puissances ou émanations, sept en tout, étant des manifestations de la puissance divine, étaient divisées en celles du ciel – quatre – qui étaient considérées comme masculines parce qu’elles étaient génératrices, et celles de la terre – trois – qui étaient considérées comme féminines, parce que productives.
La tête à trois visages est un symbole de la divinité trinitaire de Zarathoustra et de Pythagore ; l’étoile à cinq branches représente Ahura. Les différentes formes du triangle et les nombres mystiques 3, 5, 7 et 9 sont représentés par les lumières et les symboles. La foi aryenne était que l’intellect des hommes grands et bons s’élevait à leur mort vers le ciel et devenait des étoiles… La vie, la lumière et l’intellect ne faisaient qu’un pour les Indo-Aryens, et la même idée est restée avec nous. En Dieu était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La Lumière Divine dans l’esprit est l’intellect et la connaissance, et est la Lumière Maçonnique.
Dans les phénomènes naturels des saisons, de la naissance, de la vie et de la mort, les anciens voyaient se manifester toutes ces puissances divines. Ils représentaient les ténèbres comme l’ennemi et l’ennemi de la lumière… Les Hébreux suivent l’ancienne doctrine aryenne des nombres et des figures sacrés, et beaucoup d’anges et de formes de culte de la foi hébraïque ne sont que les successeurs naturels des personnes de l’ancien culte aryen.
Nous ne comprenons pas clairement les anciennes doctrines aryennes ni ce que signifiaient leurs symboles mystiques et leurs nombres, mais Ahura-Mazda contenait les deux autres personnes, Mainyu (la Sagesse Divine) et Vohumano (le Verbe Divin) ; Ainsi, un est trois et trois sont un. La trinité est symbolisée par le chiffre sacré neuf ou trois fois trois.
Le grand interprète de la foi irano-aryenne était Zarathoustra, grand prêtre et prophète, dont l’intellect puissant était capable de percer le voile de matière qui obscurcissait l’esprit primitif (et obscurcit le nôtre dans une large mesure), et de contempler la raison divine qui se trouve derrière tous les phénomènes. Ses doctrines religieuses sont incarnées dans le Zend-Avesta.
Albert Pike dit (Irano-Aryan Faith and Doctrine, etc.) :
Je pense qu’il apparaîtra que, tandis que l’esprit indo-aryen atteignait lentement la conception d’une nature supérieure à celle de l’adoration des étoiles… Zarathoustra est passé du culte du feu à celui d’une source infinie de lumière et de vie, contenant en elle-même un intellect infini et une bienfaisance infinie aussi trame que puissance ; et à la conception philosophique de l’action divine par émanations, personnifiant ses attributs et ses puissances, et par laquelle seul le Dieu infini a été révélé.
« Nous voyons dans les hymnes védiques », dit Max Müller, « la première révélation de la Divinité, la première expression de surprise et de suspicion, la première découverte que derrière ce monde visible et périssable, il doit y avoir quelque chose d’invisible, d’impérissable, d’éternel ou de divin. »
Et alors les philosophes n’adoraient plus le soleil comme une divinité, ni la flamme sacrée comme une incarnation de Dieu ; mais Agni et Ahura-Mazda sont devenus des symboles de l’Éternel. Selon les anciens sages, Dieu s’est déployé ou s’est révélé de trois manières. En Lui était l’intellect ou la Sagesse divine, et le Verbe ou la Pensée qui, une fois prononcée, s’est répandue comme l’univers et s’est incarnée dans l’humanité. Selon Zarathoustra, le mental ou l’Esprit de l’homme est un rayon de la grande lumière primordiale et doit donc être immortel et indestructible. Une portion de la Divinité est incarnée ou individuée en chacun de nous. Nous sommes les temples du Dieu vivant.
Dieu, selon les Indo-Aryens, est le Créateur, le Conservateur et le Destructeur ou l’Absorbeur de l’univers. Les sages hindous déclarent que le cosmos est un parmi tant d’autres. Quand Brahma expire, pour ainsi dire, les mondes sortent, ils sont soutenus pendant des éons de temps, et lorsque le grand souffle est retiré, les mondes sont réabsorbés dans l’essence divine. Chez les adeptes de l’Inde, le symbole de la Divinité est le mot mystique Aum, parfois orthographié et prononcé Om. « Un brahmane, dit Menu, qui commence et termine un chapitre sur les Védas, doit toujours se répéter la syllabe « Om ».
Ce monosyllabe trilittéral sacré est peut-être le plus ancien nom de la Divinité connu de l’homme. Son origine est inconnue. Brahma, dit-on, a extrait des Védas les trois lettres qui forment le mystérieux monosyllabe. Chez les Surfis de Perse, la prononciation du mot Aum représente le processus créatif : l’entrée et l’écoulement du grand souffle. Prononcez la lettre A (ah) ; C’est une note soutenue indicative de l’être. Prononcez maintenant la lettre U (oo) ; et vous avez le souffle coupé. Prononcez ensuite la lettre M (um), et le souffle est interrompu.
Voici, voyez-vous, un superbe symbole de l’idée de la création des mystères de l’Inde et de la Perse. La syllabe sacrée Aum est cachée dans les noms de Brahma, Vishnu et Siva, et dans le nom irano-aryen de Dieu, Ahura-Mazda. Ses lettres forment les initiales d’Agni, Ushas, Mitra. Il a été perpétué chez les Égyptiens par le mot Amon, et est caché dans de nombreuses paroles sacrées maçonniques.
Mercredi 16 octobre 2024 à 11h00 au Square Samuel PATY – PARIS
Cérémonie organisée par le Grand Orient de France et le Collectif Laïque National, en présence de dignitaires des Obédiences maçonniques et de présidents d’associations laïques.
Cérémonie mercredi 16 octobre 2024 à 11h00 Square Samuel PATY à Paris
Samedi 19 octobre 2024 à 17h00 devant le collège du Bois d’Aulne – CONFLANS-SAINTE-HONORINE
Cérémonie organisée par le Collectif Laïque National et la Loge du Grand Orient de France, Les Sept Frères d’Héliopolis.
Cérémonie samedi 19 octobre 2024 à 17h00
1 Place René Picard à Conflans-Sainte-Honorine
La République, un idéal humaniste et universaliste Samedi 19 octobre 2024 à 9h00 – VILLEURBANNE
Conférence publique, organisée dans le cadre des Chantiers de la République, avec le concours des Loges maçonniques Idéal laïque, Asile du Sage et Espérance et Fidélité de Lyon et Villeurbanne, en présence de Nicolas PENIN, Grand Maître du Grand Orient de France.
Intervenants :
Philippe FOUSSIER, Ancien Grand Maître du GODF, Vice-Président d’Unité laïque
Karan MERSCH, Philosophe
La République, un idéal humaniste et universaliste
Conférence publique samedi 19 octobre 2024 à 9h00
Temple TOLSTOÏ 2 rue Edouard Aynard à Villeurbanne
4e ÉDITION
Salon du Livre Maçonnique de Nantes
Samedi 19 et dimanche 20 octobre 2024 dès 9h30 – CARQUEFOU
Deux journées animées par des modérateurs pour répondre et initier aux principes de la Franc-Maçonnerie, des dédicaces avec les auteurs, la présence d’éditeurs et de libraires.
Ce quatrième Salon du Livre Maçonnique de Nantes s’organise autour de thématiques qui sollicitent l’Art, l’Histoire et les Symboles : dimensions explorées par la Franc-maçonnerie, qui donneront lieu à des échanges, à des conférences, à des découvertes. Mais aussi ce sont des occasions privilégiées de dialoguer, d’échanger avec de nouveaux auteurs, de découvrir de nouvelles bandes dessinées, d’écouter de la musique…
Salon du Livre Maçonnique de Nantes Samedi 19 et dimanche 18 octobre 2024 dès 9h30
Le Tertre 2 impasse du Tertre à Carquefou
HOMMAGE
Hommage à Dominique BERNARD
Dimanche 20 octobre 2024 à 11h00 devant le lycée Gambetta-Carnot – ARRAS
Cérémonie organisée par le Collectif Laïque National et les Loges du Grand Orient de France, Conscience et L’Arbre à Pierres.
Cérémonie dimanche 20 octobre 2024 à 11h00 Lycée Gambetta-Carnot, 25 Boulevard Carnot à Arras
CONFÉRENCE PUBLIQUE
Les inégalités scolaires – Jeudi 24 octobre 2024 à 19h00 – PARIS
Conférence publique organisée par le Grand Orient de France dans le cadre des Chantiers de la République, en présence de Nicolas PENIN, Grand Maître du Grand Orient de France et d’une délégation du Conseil de l’Ordre.
Intervenants :
Jean-Paul DELAHAYE, Inspecteur général de l’Education Nationale honoraire, ancien directeur général de l’enseignement scolaire
Élise HUILLERY, Professeure des universités à l’Université de Paris Dauphine-PSL
Les inégalités scolaires – Conférence publique jeudi 24 octobre 2024 à 19h00
Grand Orient de France 16 rue Cadet à Paris
15e ÉDITION
Rencontres Culturelles Maçonniques Lyonnaises
Samedi 16 et dimanche 17 novembre 2024 dès 10h00 VILLEURBANNE
Ouverte à tous les publics, cette manifestation rassemble des libraires et éditeurs d’ouvrages maçonniques, 30 auteurs qui dédicaceront leurs ouvrages et une exposition « le Petit Léonard décodé » du dessinateur de bandes dessinées François Boucq. Durant ces 2 jours, 8 conférences et tables rondes sur des thématiques diverses. Le samedi soir, un concert de jazz. Le dimanche à 13h aura lieu une rencontre libre entre visiteurs et Francs-Maçons.
Rencontres Culturelles Maçonniques Lyonnaises Samedi 16 et dimanche 17 novembre 2024 dès 10h00
CCVA de Villeurbanne 234 cours Émile Zola à Villeurbanne
Détails :
Les samedi 16 et dimanche 17 novembre 2024 auront lieu, au CCVA – Villeurbanne, les Rencontres Culturelles Maçonniques Lyonnaises, ouvertes à tous les publics. Cette manifestation rassemblera des libraires et éditeurs d’ouvrages maçonniques, 30 auteurs qui dédicaceront leurs ouvrages et une exposition « le Petit Léonard décodé » du dessinateur de bandes dessinées François Boucq. Durant ces 2 jours, 8 conférences et tables rondes sur des thématiques diverses. Le samedi soir, un concert de jazz. Le dimanche à 13h aura lieu une rencontre libre entre visiteurs et Francs-Maçons afin d’échanger sur toutes les questions que chacun se pose, relatives à la Franc-Maçonnerie.
Retrouvez tous les renseignements sur les conférences, tables rondes et les intervenants, les auteurs et leurs ouvrages, l’exposition et le spectacle, ainsi que toutes les informations pratiques sur le site :
Conférence publique, organisée par la Loge Liberté et Progrès à Granville, de Philippe FOUSSIER, ancien Grand Maître du Grand Orient de France.
La Franc-maçonnerie, un combat humaniste Conférence publique samedi 16 novembre 2024 à 20h00
Salle du Hérel Boulevard des Amiraux à Granville
ÉDITION 2024
Salon du livre maçonnique de Limoges
Samedi 23 novembre 2024 dès 10h00 – LIMOGES
Conférences, dédicaces, rencontres…
Salon du livre maçonnique de Limoges Samedi 23 novembre 2024 dès 10h00
Bibliothèque Francophone Multimédia 2 Place Aimé Césaire à Limoges
Détails
Conférences, dédicaces, rencontres…
Les conférences :
10h30 : Foire aux questions sur la Franc-maçonnerie par Francis FRANKESKI 14h00 : Le Franc-maçon est-il un original ? par Jacques CARLETTO 16h00 : Être franc-maçon en 2024 par René RAMPNOUX
Auteurs, dessinateurs et philosophes de renom autour du thème : « Par-delà le chaos, l’Espérance »
Les 23 & 24 novembre 2024 – Espaces Vanel à Toulouse
Le Salon Maçonnique de Toulouse proposera, tout au long du week-end, des conférences autour de thèmes divers en lien avec la philosophie et les valeurs maçonniques mais également des tables rondes pour débattre de questions dites « de société ».
Pour Bernard BOS, Commissaire du Salon : « Véritable Fête de la Franc-Maçonnerie régionale, ce Salon ouvert à tous, francs-maçons ou non, est un lieu de partage, de réflexion et d’échanges » .
Animées par des auteurs ou intellectuels, francs-maçons ou non maçons, elles permettront aux visiteurs de porter un regard différent sur l’histoire et la culture maçonniques, de s’informer ou de réfléchir sur les questions profondes qui traversent notre époque.Deux libraires partenaires présenteront des ouvrages liés aux thèmes abordés et des livres de référence sur la Franc-maçonnerie et son histoire. Un espace signature permettra des échanges avec les auteurs et la dédicace d’ouvrages.
« Allons, par-dessus les tombeaux, en avant ! »écrivait Goethe. La 8e édition traitera plus particulièrement, de la nécessaire espérance face au chaos d’une époque troublée par les crises écologique, économique, sociale, humanitaire, urbanistique…Une espérance qui ne consiste pas à se réfugier derrière des certitudes, religieuses, doctrinales ou encore des « prêt-à-penser » médiatiques mais bien à s’envisager à la lumière de connaissances pluridisciplinaires, de modes de pensée différents et d’un nouvel imaginaire. En d’autres termes, c’est une invitation à modifier sa perception du monde pour en devenir un acteur utile et porteur des valeurs humanistes.
Et Bernard BOS de compléter : « Le thème de cette année se veut résolument optimiste et confiant en un avenir qu’il nous incombe de construire, où le « vivre ensemble » ne serait plus seulement un concept, mais une réalité. Nous, francs-maçons, pensons qu’un monde plus humain est possible et nous y travaillons ».
« La tradition n’est pas de refaire ce que les autres ont fait, c’est de retrouver l’esprit qui a fait les grandes choses et qui en ferait d’autres en d’autres temps » (Paul Valery). Entre tradition et modernité, à couvert et pourtant bien ancrée « dans le monde », rejetant les dogmes et les conforts de pensée, la Franc-Maçonnerie continue d’interroger ce qui fut et ce qui sera.
« Au programme : 10 conférences, des intervenants majeurs de la pensée contemporaine, des tables-rondes, le forum des Grands Maîtres des Obédiences maçonniques présentes. Mais aussi des lectures, des temps musicaux et un spectacle mettant à l’honneur Léo FERRE, une exposition de dessins de presse de JIHO ».
Parmi les thématiques historiques abordées : « la tolérance et le cosmopolitisme des Lumières », avec Antoine LILTI (professeur du Collège de France), « la République indivisible » avec Jacqueline LALOUETTE (historienne) ou « la jeunesse de la République de Jean ZAY » avec Olivier LOUBES (professeur d’histoire).
Le Salon, c’est aussi un voyage dans l’univers maçonnique. Outre le forum des Grands Maîtres et Grandes Maîtresses, Jacky BENA et Henri SYLVESTRE évoqueront « les maçons en terre d’Islam » et le symbolisme maçonnique sera présenté par Pierre MOLLIER et Yves SAEZ.
Sujets prégnants dans l’actualité, nous interrogerons les notions de migrations, d’exil, d’accueil avec une table ronde qui abordera la notion, à réinventer, de l’hospitalité avec la philosophe Marie-José MONDZAIN.
Pour compléter le programme de cette édition 2024, une désormais traditionnelle séquence Polar maçonnique accueillera Jacques RAVENNE (auteur). Lectures et musiques autour de la Méditerranée apporteront une note d’ailleurs à ces deux jours qui se termineront par un concert pour faire redécouvrir un des plus grands artistes de la chanson française, Léo Ferré.
Créé en 2009, le Salon du livre et de la culture maçonniques de Toulouse est une manifestation culturelle gratuite et ouverte à tous.
Elle est organisée par l’Institut Toulousain d’Etudes Maçonniques (ITEM) avec les principales Obédiences maçonniques dans un but d’extériorisation.
Elle reçoit le soutien de la Mairie de Toulouse, du Conseil départemental de la Haute-Garonne, du Conseil Régional Occitanie et fait l’objet d’un partenariat avec les librairies DETRAD (Paris) et Ombres Blanches (Toulouse). La dernière édition, qui s’est tenue en 2022, a rassemblé plus de 2000 visiteurs faisant de cet événement toulousain une référence nationale.
A propos de l’Institut Toulousain d’Études Maçonnique (ITEM)
L’association loi 1901, siégeant rue de l’Orient à Toulouse, créée en 1999, compte cette année 800 adhérents maçons de toutes Obédiences représentées en région. Ses objets principaux sont la valorisation et la conservation du patrimoine maçonnique régional. Dans le cadre de ses activités d’extériorisation de l’Ordre maçonnique, l’ITEM organise tous les deux ans le Salon Maçonnique de Toulouse. Cette manifestation, unique en France, est gratuite et ouverte à tous les publics.
9:45 – 11:15 « Tolérance et cosmopolitisme : l’autre humanisme des Lumières » intervenant Antoine LILTI, modérateur Gérard SOULIER
11:30 – 12:45 « La République indivisible, réalité ou utopie », intervenante Jacqueline LALOUETTE, modérateur Olivier LOUBES
12:00 – 13:00 Cérémonie d’inauguration du salon avec les représentants des collectivités territoriales et les Grands Maîtres et Grandes Maîtresses présents
14:00 – 15:15 « Jeunesse de la République de Jean ZAY » intervenant Olivier LOUBES, modérateur Jacques ROCHEFORT
14:30 – 15:45 Forum des Grands Maîtres, animé par Dominique DELPIROUX
16:00 – 17:15 « Le complot maçonnique, entre mythe et réalité », intervenant Jacques RAVENNE, modérateur Dominique DELPIROUX
16:15 – 17:30 « André Gorz, pensée critique et humanisme», intervenant Willy GIANINAZZI, modérateur Jacques ROCHEFORT
17:30 – 18:45 « La Franc-Maçonnerie en terre d’Islam dans le bassin Méditerranéen », intervenants Jacky BENA et Henri SYLVESTRE, modératrice Claudine CASSAN
Dimanche 24 novembre
10:00 – 11:15 « Contre les fake news, le vaccin de la culture scientifique », intervenants Pascal MARCHAND et Jean-Benoît MEYBECK, modérateur Jean-Louis MORLIGHEM
11:30 – 13:00 « Accueillir, envers et contre tout », intervenante Marie-José MONDZAIN, modératrice Anne TOUSCHE
14:00 – 15:15 « Les outils maçonniques pour affronter le chaos du monde », intervenant Pierre MOLLIER, modérateur Yves SAEZ
15:15 – 16:30 « Avec des mots et des notes : de l’errance à l’espérance en Méditerrannée », lectures de Gilles LACOSTE et Jean-Louis MORLIGHEM avec les musiciens Camille HUMEAU à la clarinette et Jean-Marc PADOVANI au saxophone
16:45 – 17:45 Concert « Poètes… vos papiers ! Léo Ferré », saxophone et arrangemeents Jean-Marc PADOVANI, chant Eric PEREZ, accordéon Alain BRUEL, contrebasse Julien DUTHU
Parmi nos intervenants :
Antoine Lilti
Professeur au Collège de France. Il est né en 1972. Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé d’histoire, il soutient en 2003 à l’université Panthéon-Sorbonne, sous la direction de Daniel Roche, une thèse intitulée : « Le Monde des salons. Sociabilité et mondanité à Paris au XVIIIe siècle ». Il enseigne comme maître de conférences à l’ENS Ulm, puis comme directeur d’études à l’EHESS à partir de 2011. De 2006 à 2011, il dirige la rédaction de la revue Annales Histoire, sciences sociales. Depuis 2013, il dirige la collection « L’épreuve de l’histoire », aux éditions Fayard.
Ses travaux portent sur l’histoire sociale, culturelle et intellectuelle des Lumières. Il a d’abord étudié les pratiques de sociabilité des élites aristocratiques et lettrées, puis s’est attaché à montrer l’émergence, au XVIIIe siècle, d’une forme nouvelle de reconnaissance, la célébrité, liée aux mutations de l’espace public et des identités individuelles. Depuis, son travail s’est élargi aux héritages multiples des Lumières depuis la Révolution française.
Depuis 2022 il est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Histoire des Lumières XVIIIe/XXIe siècle ; il a dirigé deux colloques dans cette institution prestigieuse, sur cette thématique : « Les Lumières multiples » en 2023 et en 2024 « Les Lumières médiatiques ».
Jacqueline LALOUETTE
autrice, historienne. Membre de l’Institut Universitaire de France. Professeur émérite de l’Université de Lille et membre senior honoraire de l’Institut universitaire de France. Jacqueline Lalouette est spécialiste d’histoire politique, religieuse et culturelle ; de la libre-pensée, de l’anticléricalisme, et de la laïcité.
Ses champs d’étude les plus récents s’appliquent à la statuaire publique – notamment « Un peuple de statues.La célébration sculptée des grands hommes », livre paru en 2018, et « Les statues de la discorde », paru en 2020 ; et à la République – « L’Identité républicaine de la France.Une expression, une mémoire, des principes », paru en 2023. Son travail à paraître s’adresse aux symboles constitutionnels de la France.
Jacqueline Lalouette a obtenu le prix littéraire de la Maçonnerie française en 2005 pour « La Séparation des Églises et de l’État. Genèse et développement d’une idée.1789-2005 » et le prix Bordin de l’Académie des sciences morales et politiques en 2011 pour « Jours de fêtes. Jours fériés et fêtes légales dans la France contemporaine ». En 2024, l’Académie française lui a décerné le Grand Prix Gobert pour « L’Identité républicaine de la France. Une expression, une mémoire, des principes et pour l’ensemble de son œuvre ».