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Suis-je le gardien de mon frère ?

De notre confrère universalfreemasonry.org – Par Pamela McDown

Que peut nous apprendre l’histoire ancienne de Caïn et Abel sur le cheminement humain et notre relation avec Dieu ?

En Franc-Maçonnerie, le terme « frère » est utilisé pour exprimer une proximité qui n’est pas nécessairement fondée sur des liens de sang. Elle est formée d’un lien commun, d’obligations et d’expériences partagées. De plus, le fait d’être un enfant du Père Divin (ou du Grand Architecte) constitue un lien de parenté sacré et cimenté entre les membres.

Dernièrement, la question « Suis-je le gardien de mon frère ? » a résonné dans mon esprit en ce qui concerne mes propres obligations maçonniques. Cette question touche au fondement de ce que signifie être au service du Grand Œuvre. Le but ultime des enseignements maçonniques est la maîtrise de soi, par la réflexion,  les actions et l’acceptation des sublimes leçons de l’immortalité. L’étudiant est encouragé à modérer ses émotions et à contrôler ses vices et à pratiquer les principes de l’amour fraternel, du soulagement et de la vérité.

Cette ligne de pensée m’a amené à revisiter l’histoire de Caïn et Abel, et la véritable source de l’expression « gardien de son frère ». Comme dans tout livre sacré comme la Bible, il y a un débat légitime sur la question de savoir si les passages doivent être traités littéralement ou comme une allégorie malléable. Les contradictions apparentes sont courantes dans les écrits qui s’étendent sur plusieurs siècles. La foi de chaque individu, son point de vue académique, sa vision de la religion ou sa vision personnelle du monde entrent certainement en jeu dans l’interprétation du texte. J’espérais trouver une certaine perspicacité maçonnique dans cette histoire biblique séculaire.

En gros, les passages de Genèse 4:1-16 peuvent être résumés ainsi : Caïn était le premier fils d’Adam et Ève et Abel était le deuxième fils. Caïn était agriculteur et Abel était berger. Quand vint le moment d’apporter une offrande à l’Éternel, Caïn offrit des fruits et Abel offrit un agneau immolé. L’Éternel fut satisfait de l’offrande d’Abel, mais insatisfait de celle de Caïn. Caïn, rempli de jalousie, tua son frère.

Après le meurtre, nous lisons dans Genèse 4:9 :

L’Éternel dit à Caïn : « Où est Abel, ton frère ? »

Il dit : « Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ? »

Les choses ne se sont pas bien passées pour Caïn.

Traduit de l’hébreu original, le mot « gardien » désigne quelqu’un qui « veille sur » ou « surveille ». Quelle est la signification symbolique de ces deux personnages ? Pourraient-ils avoir un lien avec la quête d’un franc-maçon ?

Caïn et Abel – Des ténèbres à la lumière

Certaines théories affirment que Caïn et Abel étaient des jumeaux et que chacun d’eux pouvait représenter notre nature supérieure et inférieure. Cela nous renvoie au cœur du travail maçonnique qui consiste à apprendre à naviguer dans la dualité de notre existence. Par exemple, il n’y aurait pas de lumière sans obscurité, pas de bien sans mal, pas d’amour sans haine, etc.

Comparer la lumière et l’obscurité est une étude importante. Cependant, ce qui est curieux dans le sujet de la lumière, c’est que tout le monde sait ce que c’est jusqu’à ce que vous le leur demandiez. Dans la Bible, nous lisons que « Dieu est lumière ». Cette citation évoque un mystère. Elle suggère qu’il existe un lien plus profond avec le sujet de la lumière qu’il n’y paraît. Il semble peu probable que lorsque vous entrez dans une pièce et appuyez sur un interrupteur, vous allumez Dieu. Le concept d’obscurité est tout aussi mystérieux.

Récemment, lors d’une réunion de la Loge, nous avons étudié l’ouvrage de Frère Leonard Bosman, « La lumière d’un maître maçon ». Bosman propose que le mythe de Caïn et Abel parle de la bataille du franc-maçon entre deux aspects opposés de l’esprit. La grande lutte porte sur l’incompatibilité de ces deux natures, en particulier lorsque l’ego est aux commandes.

Dans « Lumière d’un maître maçon », nous lisons :

Abel est l’Esprit d’Amour, Caïn la Tête ou l’esprit cérébral ; Abel est le cœur ou l’esprit, Caïn la mentalité terrestre. C’est pourquoi, symboliquement comme en réalité, Caïn tue son frère Abel, c’est-à-dire que l’esprit dur de Caïn tue la nature d’amour pure (Abel) en l’empêchant de fonctionner.

Bosman fait remarquer à juste titre que ce n’est pas Abel qui lutte. La lutte concerne Caïn car l’ego est toujours en lutte constante pour tuer la nature supérieure. L’ego veut le contrôle total car sacrifier l’ego c’est mourir à soi-même et laisser la nature de Lumière vivre à travers vous. Ce n’est pas une tâche facile.

Les deux aspects de l’esprit ont une fonction. Caïn, selon le sens profond de son étymologie, représente l’arme dure et pointue de l’esprit. Caïn est l’esprit égoïste et avide, celui qui « acquiert », celui qui « centralise », tandis qu’Abel est celui qui cède, celui qui « donne ».

Si tout cela est vrai, alors comment pouvons-nous « maîtriser » ces deux aspects de notre nature ?

La clé symbolique réside peut-être dans Tubal-Caïn , un personnage de forgeron de la Bible qui était le fils de Lamech, un descendant de Caïn. Il était connu comme un artisan des métaux de laiton et de fer. Dans la légende, il existe un lien biologique ainsi qu’un lien symbolique. Bosman écrit que la franc-maçonnerie peut être « considérée comme une expérience alchimique, la Loge étant dans ce sens le chaudron du Grand Alchimiste dans lequel le métal de base de la nature inférieure sera transformé en or de la nature spirituelle ».

Plus loin, dans « Lumière d’un maître maçon », on lit :

Dans tout cela, l’étudiant de la Franc-Maçonnerie verra la signification intérieure et secrète de Tubal-Caïn, l’abandon de la puissance centrale ou de l’esprit égoïste, l’abandon, pour ainsi dire, du moi personnel alors qu’il s’étend pour devenir un moi plus grand, l’UN qui est en tout.

En d’autres termes, plus nous nous accrochons à l’importance personnelle et à l’ego, plus nous vivons sans aucun doute dans l’obscurité.

Le travailleur mystique s’écrie souvent : « Quand je ne suis rien, je suis tout ! » C’est peut-être pour cela que si peu de gens cherchent véritablement un chemin authentique vers l’illumination. Qui veut n’être rien ? On nous a tous dit que le but ultime est d’être quelqu’un.

Nous pouvons tirer deux conclusions de tout cela. Nous pouvons décider que la légende de Caïn et Abel est simplement une bonne histoire – un conte illusoire à raconter à nos enfants. Ou nous pouvons supposer qu’elle a une certaine valeur symbolique. Je préfère personnellement la deuxième option, ne serait-ce que parce qu’elle correspond à ma propre intuition de travailleur maçonnique selon laquelle nous pouvons apprendre sur nous-mêmes à partir de symboles.

Suis-je le gardien de mon frère ? En effet, j’essaie. « Progresser chaque jour dans la lumière maçonnique » semble simple, mais c’est probablement le concept le plus difficile à apprendre pour un franc-maçon. Ce n’est pas grave, car cela offre également une valeur à vie.

Ce dont le monde a besoin – ce dont chacun de nous a besoin – c’est de plus de lumière, de plus d’amour, de plus de clarté d’esprit et de plus de charité de cœur ; et c’est ce que la Franc-Maçonnerie nous donne en grande quantité – si seulement nous laissons la lumière de l’amour pénétrer dans les recoins sombres de nos cœurs. – Fr. Jyothindra Kumar

Cathédrales en France : Les secrets des bâtisseurs – Alchimie – Francs-Maçons – (Documentaire)

De la Chaine « Notre Histoire »

Depuis l’aube de l’humanité, les hommes ont dédié leurs plus beaux temples au Soleil et à sa lumière divine.

Cette folie créatrice a connu son apogée au Moyen Âge, avec les cathédrales gothiques et leur incroyable architecture en dentelle de pierres et de verre. L’histoire officielle raconte que ces cathédrales furent bâties à proximité des carrières de pierres car elles pouvaient alimenter les chantiers en matériaux. Mais selon certains historiens, la plupart de ces cathédrales ont en fait été bâties sur d’anciens sites païens christianisés dès le IVe siècle.


00:00
Le secret des édifices
04:20 l’ésotérisme
14:37 Basilique Saint-Denis
18:40 Les francs-maçons
25:58 Le carré de Sator
32:49 La Jérusalem Celeste
55:28 Les miracles
01:03:01 Les images pour les fidèles

« Secrets de cathédrales – La face cachée des édifices » Réalisateur : Jérôme Gluzicki © MORGANE PRODUCTION – 2017

La Terre Sainte et les Lieux Saints (Partie 4/4)

De notre confrère thesquaremagazine.com – Par Gerald Reilly (Retrouver l’article 3/4 d’hier)

Cette série en quatre parties examinera l’aspiration et l’activité « maçonniques » concernant la Terre Sainte et les Lieux Saints ; les leitmotivs incluent : le pèlerinage, la prophétie, le tourisme, l’exploration, la colonisation et l’empire.

Et, « ramener la franc-maçonnerie à son lieu de naissance »

Partie 1 : Introduction et Les Hauts Degrés envisageait la possibilité que les degrés supérieurs chrétiens soient un moyen par lequel l’Église pourrait assimiler et contrôler les francs-maçonneries. Il a été noté qu’un ordre maçonnique aspirait à « acquérir la possession du Saint-Sépulcre à Jérusalem… » ; on a examiné comment cette décision a été prise et jusqu’où l’Ordre pourrait aller pour atteindre cet objectif. À la même époque, même Napoléon n’a pas réussi à prendre possession de la Terre Sainte ! 

Deuxième partie : La Grande Loge Américaine et l’American Grand Tourist ont étudié l’aspiration de la Grande Loge du Maine à «… vérifier si des vestiges de l’ancienne maçonnerie peuvent être découverts en Palestine ». Ils ont également examiné le récit scandaleux du Fr. Mark Twain sur sa visite en Terre Sainte, qu’il a décrit comme « le récit d’un voyage d’agrément… le récit d’un pique-nique ».   

Partie 3 :   La tournée des francs-maçons américains et l’exploration impériale anglaise, qui a été l’occasion de découvrir le « voyage d’affaires » coloré du frère Rob Morris et son projet d’établir la franc-maçonnerie américaine en Terre Sainte. Elle a également évoqué la manière dont la franc-maçonnerie a soutenu l’aspiration impériale britannique à la Terre Sainte. 

Partie 4 : L’explorateur militaire maçonnique et le touriste pathétique maçonnique.

Chaque partie cherchera à identifier l’intérêt, l’aspiration et l’activité maçonniques de la Terre Sainte avec des leitmotivs : pèlerinage, prophétie, tourisme, exploration, colonisation et empire. Et les aspirations à « ramener la franc-maçonnerie au lieu de sa naissance ».

La tournée du franc-maçon américain et l’exploration impériale anglaise.

Le livre de Kevin Shillington, « Charles Warren à l’ère de l’Empire », a été commenté dans The Square en novembre 2020 et l’auteur a été interviewé un mois plus tard. Cet article en est ainsi facilité.

Il est peut-être peu probable qu’un « établissement » investisse dans l’exploration simplement pour le plaisir d’explorer.

Le capitaine Charles Warren, de l’armée américaine , a été nommé pour diriger l’exploration de Jérusalem par le Palestine Exploration Fund (PEF) de 1868 à 1871. 

Vue aérienne du Mont du Temple Image : Andrew Shiva
IMAGE LIÉE : wikimedia Attribution 4.0 International (CC BY 4.0)

Sir George Grove , la force motrice organisatrice du PEF, a demandé à Warren de « faire des découvertes à Jérusalem , plus particulièrement dans la partie connue sous le nom de Haram Area [Mont du Temple] qui contenait le site du Temple ».

Sir George Grove photographié dans The Musical Times Vol 38, No 656 (octobre 1897)
IMAGE LIÉE : wikimedia Attribution 4.0 International (CC BY 4.0)

Dans « la zone du Haram », Mark Twain a qualifié les prétendus vestiges du Temple du roi Salomon (KST) de « fraude et d’imposture » : pour Rob Morris , « … le Temple de Salomon a complètement disparu ».

Compte tenu du niveau de connaissance, peut-être ces deux observations étaient-elles, et demeurent-elles, « grandement exagérées ».

Grove n’était pas franc-maçon : pourquoi la KST était-elle sa priorité ? La preuve de l’existence de vestiges de la KST est-elle fondamentale pour la crédibilité et les projets futurs des trois religions révélées abrahamiques ?

Pour certaines francs-maçonneries, le soutien « scientifique » à la croyance religieuse supplante-t-il le rôle de l’allégorie maçonnique ?       

La communication trimestrielle de l’UGLE de mars 1868 enregistre la proposition, l’argumentation et l’approbation d’un don de cent guinées (14 500 £ d’aujourd’hui) au PEF. Le raisonnement comprenait :-  

  • Que le PEF était destiné à «… l’investigation scientifique de la Terre Sainte en lien avec l’histoire biblique ».
  • « Une élucidation et une illustration plus complètes du Livre sacré et des événements qui se sont produits en Terre Sainte mériteraient l’estime et le soutien des francs-maçons ».
  • « Pour montrer la lumière jetée sur ce Livre Sacré que tous les Francs-Maçons respectent et vénèrent. »
  • « Il n’y avait rien dont les francs-maçons étaient plus fiers que de faire remonter leur origine à ceux qui, sous la direction du roi Salomon, ont élevé le Temple de Jérusalem ».
  • « Lord Derby, Lord Russell, Sir R. Murchison, et parmi eux on peut citer le Grand Maître de l’Ordre de Westminster lui-même, qui avait généreusement souscrit pour soutenir l’œuvre. » (Et aussi le Prince de Galles qui avait visité Jérusalem en 1862 et était devenu Grand Maître en 1874.)
  • « Le surveillant des lieux est W.Bro. Charles Warren, qui a su concilier la bonne volonté des habitants de ces lieux et surmonter les préjugés religieux qui, pendant des siècles, avaient empêché les étrangers de mettre le pied sur ces lieux. »

Il semblerait que pour la Grande Loge d’Angleterre, comme pour la GL du Maine quarante ans plus tôt, il n’y ait pas eu de différence significative entre les vestiges du judéo-christianisme et ceux de la franc-maçonnerie.

Peut-être que l’acquisition de possession de lieux saints faisait partie de la politique étrangère impériale britannique ; la franc-maçonnerie universelle a peut-être facilité « l’entrée sur ces lieux ». (Voir partie 3.)

Warren était consciencieux, religieux, méticuleux, athlétique, aventureux et studieux ; un soldat de l’Empire et un arpenteur militaire.

En 1859, à l’âge de 20 ans, il fut initié à L.278, Gibraltar ; la franc-maçonnerie rassembla des aspects de son important capital humain. 

Une conférence donnée dans une loge de Gibraltar a soutenu l’idée selon laquelle la franc-maçonnerie a commencé avec la construction du KST et a fait référence à ses « fondations toujours visibles ».

Après avoir succédé à Wilson, c’est peut-être ce que Warren a eu à l’esprit lorsqu’il a poursuivi son travail, notamment en maintenant des relations de travail satisfaisantes avec les autorités de Jérusalem, même si, comme d’habitude, il a remis en question les frontières !

Cependant, il faut conclure que Warren n’a pas trouvé de vestiges consensuellement acceptés du KST.

Sans surprise, en tant que fondateur du Quatuor Coronati en 1886 et désormais Sir Charles Warren, son article s’intitulait « Sur l’orientation des temples ».

Il a écrit;

Nous avons deux points de vue : 

(a) La théorie qui suppose que l’homme a progressivement développé des pensées et des inspirations et qu’après une série d’années, il est parvenu à la conception d’une divinité. [Charles Darwin, L’origine des espèces .]

(b) La théorie qui suppose que l’homme a été créé à l’image de Dieu et qu’il est tombé.

Avec la première, la Maçonnerie n’a plus de rôle ni d’existence, car elle est fondée sur le volume de la loi sacrée.

– Ars Quatuor Coronatorum  Vol 1.

Pour Warren, il n’était pas possible de servir la franc-maçonnerie et Darwin !

Pourtant, le grand-père de Darwin, son frère Érasme Darwin, était un pionnier de la théorie de l’évolution.

Une visite à la maison d’ Erasmus Darwin, à Litchfield, est un incontournable pour quiconque s’intéresse à la franc-maçonnerie primitive et à la science des Lumières ; tout cela est résumé dans son ouvrage, Le Temple de la nature ou L’origine de la société : un poème avec des notes philosophiques.

Il est également clair que Warren souhaitait dissocier le judéo-christianisme et la franc-maçonnerie du culte du soleil, et pourtant il a écrit.

La franc-maçonnerie n’est après tout ni plus ni moins que l’ancienne religion du monde — avec les Hébreux il y avait la vraie franc-maçonnerie — avec les païens la franc-maçonnerie dégénérée — perpétuée côte à côte…

Si nous ne pouvons pas faire remonter notre descendance aux artisans phéniciens qui travaillèrent au Temple de Salomon, et si ce n’est qu’une allégorie, alors notre position descend du sublime au ridicule.

[Note de l’auteur : Le texte de la partie 4 a été soumis à l’éditeur de The Square avant la résurgence tragique du conflit actuel au Moyen-Orient.    
 
Dans la partie 1, l’attention a été attirée sur le fait que Jérusalem est « la ville la plus recherchée et la plus combattue de la terre ». Il a également été suggéré que « chacune des trois principales religions révélées a une tradition prophétique basée sur Jérusalem et son Temple. Divers prophètes et leurs interprètes ont des points de vue divergents sur un programme pour « les derniers temps ». 
 
Depuis la soumission de la partie 4, ces mots sont d’une pertinence contemporaine et poignante. 
 
La section suivante commence par un bref paragraphe rendant compte d’une visite en Terre Sainte en 2019. Il est écrit dans le style, je l’espère, inimitable de Mark Twain (voir la partie 2) que j’ai surnommé le « Voltaire américain » ; Voltaire et Twain ont tous deux écrit sur l’échec humain dans un style très irrévérencieux, c’était une façon de contenir, mais de communiquer, le chagrin et la colère.
 
Je souhaite conserver inchangé le style Voltaire/Twain de l’ouverture de « … et le pèlerin pathétique maçonnique ». Les lecteurs de The Square liront facilement entre les lignes. Telle qu’elle est écrite, la section passe rapidement à l’aspect poignant du monde. (GR) ]

En parlant de cela… 

 …et le pèlerin pathétique maçonnique

C’est donc avec joie que j’attendais avec impatience de poser le pied pour la première fois en Terre Sainte, le 13 novembre 2019.

À 05h45, alors qu’il s’approchait du port d’Ashdod, le fidèle navire (alias paquebot de croisière) a été la cible d’une attaque à la roquette non maçonnique.

Les courageux, sur le pont supérieur, ripostaient avec leurs fidèles smartphones ; les indifférents prenaient leur petit-déjeuner tôt ; les inquiets se retranchaient sous les tables et armés de leurs fidèles caisses de champagne.

L’armée avançait à toute vapeur dans une retraite tactique, arrivant un jour plus tôt à Haïfa.   

Les noms des camps de concentration et de la mort, donnés en hébreu et en anglais, sont tous disposés autour de la Flamme éternelle.
Par Mrbrefast – Travail personnel)
IMAGE LIÉE : wikimedia Attribution 4.0 International (CC BY 4.0)

Pour un pèlerin, la priorité était de visiter le Centre mondial de commémoration de l’Holocauste de Jérusalem [Yad Vashem] et son Mémorial des enfants ; peut-être un épicentre de la poignance mondiale, une lumière pour chacun des 1,5 million d’enfants disparus.

Le Mémorial des enfants à Yad Vashem – Par צילום:ד”ר אבישי טייכר,
IMAGE LIÉE : wikimedia Attribution 4.0 International (CC BY 4.0)

Une autre priorité était de rencontrer à Haïfa pour une journée W.Bro. Dan Doron (ancien contributeur de The Square ) avec qui nous avions communiqué pendant vingt ans sur le groupe électronique Masonic Light.

Et ainsi à Jérusalem, sur les traces de Twain, Morris, Wilson et Warren.

Lors de leur voyage vers la « Vieille Ville », les pèlerins ont été confrontés à des catastrophes qui auraient mis au défi les pieds qui parcouraient Jérusalem dans l’Antiquité :   embouteillages, pèlerins en retard au retour à la voiture et perte temporaire du sac du guide !     

Malheureusement, comme cela ne figurait pas sur l’itinéraire, la voiture des pèlerins « passa de l’autre côté » de l’entrée des carrières de Salomon (grotte de Sédécias) .

Rob Morris, le capitaine Warren et d’autres n’ont pas eu ce problème. Morris a écrit :

L’un des épisodes les plus agréables de ma visite ici fut un rassemblement de francs-maçons dans les vastes carrières qui sous-tendent le quartier nord-est de la ville de Jérusalem, et l’ouverture d’une Loge Moot [informelle] à cet endroit : cet événement eut lieu l’après-midi du mercredi 13 mai. [1868] 

La grotte de Sédécias, également connue sous le nom de carrières de Salomon, est une carrière de calcaire située sous une partie de la vieille ville de Jérusalem, en Israël. – Par Chmee2 – Travail personnel,
IMAGE LIÉE : wikimedia Attribution 4.0 International (CC BY 4.0)

Lors de cette réunion, Morris prétend avoir conféré l’ Ordre du Secret Monitor à tous les présents, Warren n’a rien noté de cela dans son copieux journal. (Ou rejoindre le Secret Monitor lors de sa formation en Angleterre en 1887 – peut-être préoccupé par son sort, pas heureux.)

Le 7 mai 1873, comme l’exigeait la GL du Canada, « les vastes carrières » ont accueilli la consécration de la Royal Solomon Mother Lodge No. 293, « pour travailler à Jérusalem et ses environs ».

W.Bro. Dan Doron GDC présidant une réunion dans les carrières de Salomon sous la vieille Jérusalem ; au moins une réunion maçonnique y est organisée chaque année.

La question posée dans la partie 3 est peut-être la question : qui a nivelé le sommet du mont Moriah ?

Le Mont du Temple / Haram est une zone de 36 acres, à 740 m au-dessus du niveau de la mer : quelle aurait pu être la taille de Moriah pré-Abrahamique ?

Pourquoi le prédécesseur fortifié de la Cité de David a-t-il été construit bien en dessous du sommet ?

  1. Peut-être était-il suffisamment haut pour des raisons stratégiques ;
  2. l’approvisionnement en eau disponible; et,
  3. Peut-être n’y avait-il pas à ce moment-là les capacités de génie civil pour construire plus haut. Quand ces capacités auraient-elles pu apparaître : avec Hérode Ier, les Romains, ou plus tard ?    

Envoi : De nombreuses questions découlent de l’examen des intérêts maçonniques en Terre Sainte en général, et dans le KST en particulier, notamment :

  • Existe-t-il une différence entre les vestiges de l’ancienne franc-maçonnerie et ceux de l’ancien judéo-christianisme ?
  • Est-il nécessaire pour les francs-maçonneries exigeant la croyance en un Être suprême (fondée sur la foi) de croire, par la foi, que le KST a réellement été construit sur le mont du Temple ?
  • Si tel est le cas, une preuve « scientifique » devrait-elle être nécessaire ou recherchée ?
  • Les francs-maçonneries fondées sur la foi pourraient-elles accepter le KST uniquement comme une allégorie ?     
  • Certaines francs-maçonneries confessionnelles considèrent le travail maçonnique comme « l’œuvre de Dieu ». Existe-t-il une activité maçonnique digne de ce nom qui puisse être considérée comme exclusivement humaniste dans son origine, son but et ses résultats ? 
  • Les francs-maçonneries confessionnelles considèrent-elles celles qui ne le sont pas comme des francs-maçonneries ? 
  • Existe-t-il des circonstances imaginables qui pourraient amener les francs-maçonneries confessionnelles à reconnaître les francs-maçonneries humanistes ? 

La même personne ne peut pas jouer au football et au baseball en même temps – leurs règles sont différentes ; il faut choisir l’un ou l’autre. (Voir Partie 3)

Connaissance religieuse = VSL x logique.

Connaissances scientifiques = données empiriques x modèles mathématiques. (Hariri)

La tentative de confirmer la connaissance religieuse par la connaissance scientifique est-elle intellectuellement honnête ? Le vice-gouverneur et président de la Royal Society , Martin Folkes , a honnêtement poursuivi la connaissance scientifique (meilleure méthodologie scientifique) et a soutenu que la franc-maçonnerie devait être comprise comme une allégorie et un symbolisme.

Certaines francs-maçonneries se définissent comme des systèmes moraux particuliers, voilés d’allégorie et illustrés par des symboles ; cela pourrait très bien définir de nombreuses religions.

Ce qui est honnête, c’est le « temple non construit par les mains ».

Ces choses sont une allégorie; car ce sont les deux alliances; l’une du mont Sinaï, qui engendre la servitude, qui est Agar.

Car cette Agar est la montagne de Sinaï en Arabie, et elle correspond à la Jérusalem actuelle, qui est dans la servitude avec ses enfants.

Mais Jérusalem d’en haut est libre, elle est notre mère à tous.

Dans certaines francs-maçonneries, le Temple de la Nature ou l’Origine de la Société d’Érasme Darwin s’applique allégoriquement à la « construction du temple », qui fait allusion à l’amélioration/à l’avancement des francs-maçons.

Non pas dans le but des francs-maçons eux-mêmes, loin de là ; mais plutôt dans le but de reconstruire une société humaine meilleure et universelle.

Le travail maçonnique est au service de la cause de l’humanité – qui « répond » à la « liberté » des francs-maçonneries.chapitre précédent← 

Article de Gerald Reilly

Gerald Reilly a été initié en 1995 à la Loge 2063 du Prieuré de St Osyth. Essex. Angleterre (UGLE). 

Il est membre fondateur de Allthingsmasonic de Josh Heller et a co-écrit avec Josh « Le Temple qui ne dort jamais » (Cornerstone Books, 2006). Il s’engage dans le développement de la franc-maçonnerie électronique.

Lauréat du prix Norman B Spencer, 2016.

24/10/24 : Petit déjeuner débat à la GLDF : « La force de croire »

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Tous les mois, la Grande Loge de France organise un petit-déjeuner-débat dont le fil directeur de l’année 2024 est « croire »

Le jeudi 24 octobre (à 8 h 30, en l’hôtel de la GLDF, 8 rue Louis Puteaux Paris 17) l’invité  de Dominique Losay, 1er Grand Maître adjoint, sera Mr David Milliat, écrivain, essayiste et présentateur de l’émission télévisée du dimanche matin « le jour du Seigneur ».

David Milliat parlera de son tout récent ouvrage, « la force de croire » (sortie le 17 octobre, Editions le Cerf). Il expliquera comment, pour lui, « croire nous fait agir et parfois nous sauve dans un monde où le Mal est à l’œuvre ».

Voici ce qu’en dit son éditeur :

« Présentateur de l’émission Le Jour du Seigneur, David Milliat enquête sur la force de croire. Qu’est-ce qui nous fait avancer et agir ? Quelle espérance nous permet d’imaginer que le monde peut changer ? Le journaliste est allé interroger des personnalités de tous horizons, juives, chrétiennes, musulmanes, agnostiques et athées. Il évoque également la sienne en fil rouge, lui, qui, enfant, a perdu ses parents. À 6 ans, David Milliat perd ses parents dans un accident de voiture. Miné par le chagrin, pétri d’angoisse, l’enfant, l’adolescent, l’adulte ne s’abandonne pas au désespoir. Le journaliste s’interroge sur l’origine de cette résilience, qu’il identifie à la foi. Mais quelle foi ? Peu importe en quoi l’on croit – Dieu, l’humanité, la science. Car la foi nous fait agir et nous sauve. Elle nous permet de combattre le mal. Sur le terrain, le journaliste a questionné ceux qui rayonnent et agissent, qui osent agir pour transformer le monde. C’est à redécouvrir l’immense pouvoir des croyances que nous convie l’auteur. »

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La maison de Leonard de Vinci : Château du Clos Lucé

Le château du Clos Lucé, autrefois appelé le manoir du Cloux, est une demeure située en France, au cœur du Val de Loire, dans le centre-ville d’Amboise. Construit à l’origine en 1471 comme un ancien fief dépendant du château d’Amboise, il passe entre plusieurs propriétaires avant d’être acquis par Charles VIII, qui en fait une résidence d’été pour les rois de France. Cette fonction perdurera jusqu’en 1516, lorsque François Ier met le château à la disposition de Léonard de Vinci, qui y vivra pendant trois ans, jusqu’à sa mort le 2 mai 1519.

Façade du Clos Lucé – (Crédit photo : Franck Fouqueray)

En tant que dernière demeure de Léonard de Vinci, le château du Clos Lucé est classé monument historique depuis la liste de 1862 et figure au Journal officiel de la République française du 18 avril 1914.

Aujourd’hui, le château du Clos Lucé est un lieu d’interprétation, de découverte et de synthèse, dont la vocation est de faire découvrir au grand public l’univers de Léonard de Vinci.

Propriété de la famille Saint Bris depuis 1854, le château est actuellement dirigé par François Saint Bris, frère de l’écrivain Gonzague Saint Bris.

Du Moyen Âge à la Renaissance

Tapisserie d’Aubusson au Clos Lucé – (Crédit photo : Franck Fouqueray)

Le château de Cloux était un ancien fief relevant du château d’Amboise. La terre de Lucé avait été annexée au domaine dès le XIVe siècle. Par un acte du 26 octobre 1460, Pierre du Perche céda le lieu du Cloux à Marc Rabouin en échange de la Grange-aux-Lombards.

Peu de temps après, le domaine passe aux mains des religieuses du prieuré de Moncé, qui le vendent, par acte du 26 mai 1471, à Étienne Le Loup, maître d’hôtel et premier huissier d’armes, puis conseiller du roi Louis XI et bailli d’Amboise. Face à l’état de délabrement des bâtiments, c’est lui qui donna au Clos Lucé son aspect actuel, avec « sa tour carrée, sa guette, reliée à l’aile droite par une galerie couverte (…) et ses murs bientôt percés de fenêtres gothiques ».

Jardin au Clos Lucé. Vue sur le Château de François 1er à Amboise – (Crédit photo : Franck Fouqueray)

Le logis, construit sur des fondations gallo-romaines, s’articule autour d’une tour d’angle octogonale abritant un escalier à vis, entouré de deux bâtiments à deux étages disposés en équerre. La façade élégante, faite de briques roses et de pierre de tuffeau, reflète l’architecture du XVe siècle.

Le 2 juillet 1490, Charles VIII rachète le Clos Lucé à Étienne Le Loup pour la somme de 3 500 écus d’or. Charles VIII transforme alors la forteresse médiévale en un château d’agrément, qui devient la résidence d’été des rois de France pendant 200 ans. Charles VIII y fit également construire un oratoire pour son épouse, Anne de Bretagne, qui y vécut jusqu’à son départ pour le château royal de Blois.

Prière pour initiation dans la Chapelle au Clos Lucé – (Crédit photo : Franck Fouqueray)

En 1492, Charles VIII fait construire pour Anne de Bretagne une chapelle gothique en pierre de tuffeau, l’oratoire d’Anne de Bretagne. L’oratoire est orné de peintures murales réalisées par les disciples de Léonard de Vinci : une Annonciation, un Jugement dernier et une Vierge de lumière (Virgo Lucis), située au-dessus de la porte, qui aurait donné son nom au Clos Lucé.

Charles IV d’Alençon et Marguerite de Valois s’installent au Clos Lucé en 1509. En 1515, le duc d’Alençon vend le château à Louise de Savoie, mère de François Ier. Louise de Savoie, régente de France, y vécut et éleva ses deux enfants : le bouillant duc d’Angoulême, futur François Ier, et Marguerite de Navarre, femme de lettres et auteur de L’Heptaméron.

Léonard de Vinci au château du Clos Lucé

En 1516, à l’âge de 64 ans, Léonard de Vinci quitte Rome et traverse l’Italie, emportant avec lui, dans ses sacoches de cuir, tous ses carnets de dessins ainsi que trois de ses tableaux les plus célèbres : La Joconde, La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne, et Saint Jean Baptiste. Ces trois œuvres sont aujourd’hui conservées au musée du Louvre. Léonard est accompagné en France de ses disciples Francesco Melzi et Salai, ainsi que de son serviteur Batista de Vilanis. Selon Benvenuto Cellini, le roi François Ier lui accorde une pension de 700 écus d’or, en plus de la rémunération pour les œuvres qu’il achève, et lui offre le château du Clos Lucé pour y vivre. François Ier le nomme « Premier Peintre, Ingénieur et Architecte du Roi ».

Francesco Melzi – Portrait de Léonard de Vinci
attribué à Francesco Virgolini 

Installé au château du Clos Lucé, Léonard de Vinci se montre extrêmement prolifique. Il travaille sur de nombreux projets, organise les fêtes de la Cour à Amboise, conçoit les plans de la Cité idéale de Romorantin, ainsi que l’escalier à double révolution du château de Chambord. Il projette également un système de canaux pour relier le Val de Loire au Lyonnais. À cette époque, il est considéré comme l’un des meilleurs peintres de son temps.

Le 10 octobre 1517, Léonard de Vinci reçoit la visite du cardinal Louis d’Aragon. Son secrétaire, Antonio de Beatis, décrit cette rencontre dans son Itinerario.


« Messer Léonard de Vinci, âgé de plus de 70 ans, excellentissime peintre de notre époque, qui montra trois tableaux à Notre Seigneurie, un d’une Dame florentine, faite au naturel, à la demande de feu le Magnifique Julien II, un autre de saint Jean-Baptiste jeune, et une Vierge à l’Enfant, qui sont sur les genoux de sainte Anne ; les trois sont d’une rare perfection. Il est vrai qu’en raison d’une paralysie de la main droite, on ne peut plus attendre de chef-d’œuvre de sa part. »

Le 19 juin 1518, Léonard de Vinci organise une grande fête au château du Clos Lucé pour exprimer sa gratitude envers le roi François Ier. Cet événement reprend certaines idées que Léonard avait déjà mises en œuvre lors de la Fête du Paradis à Milan, le 13 janvier 1490 (la Festa del Paradisio, une pièce du poète Bernardo Bellincioni). Une machinerie y représentait la course des astres : un chapiteau fut installé, et une toile peinte en bleu figura la voûte céleste, avec les planètes, le soleil, la lune et les douze signes du zodiaque.

L’ambassadeur Galeazzo Visconti rapporta dans une lettre : « Le Roi Très-Chrétien fit banquet dans une fête admirable […]. Le lieu en était le Cloux, très beau et grand palais. La cour était recouverte de draps bleu-ciel, puis il y avait les principales planètes, le soleil d’un côté et la lune de l’autre […]. Il y avait 400 candélabres à deux branches, et tellement illuminés, qu’il semblait que la nuit fut chassée ».

Léonard de Vinci s’éteint dans sa chambre du château du Clos Lucé le 2 mai 1519, léguant ses manuscrits, carnets de dessins et croquis à son disciple bien-aimé, Francesco Melzi. La scène imaginée où Léonard meurt dans les bras de François Ier a inspiré de nombreuses œuvres, dont La Mort de Léonard de Vinci de Jean-Auguste-Dominique Ingres, tableau aujourd’hui conservé au Petit Palais.

Un château de plaisance souvent modifié

Vue de la Chambre de Marguerite de Navarre au Clos Lucé – (Crédit photo : Franck Fouqueray)

Après la mort de Léonard de Vinci, Louise de Savoie reprend possession du château du Clos Lucé. En 1523, Philibert Babou de La Bourdaisière et son épouse, surnommée la belle Babou, qui fut l’une des favorites de François Ier, s’y installent. Par la suite, en 1583, Michel de Gast, capitaine des Gardes du roi Henri III et impliqué dans l’assassinat du Cardinal de Guise, devient propriétaire du domaine.

En 1632, le château passe dans la famille d’Amboise par le mariage d’Antoine d’Amboise avec la petite-fille de Michel de Gast. Durant la Révolution française, le château échappe de peu au pillage grâce à l’intervention de Henri-Michel d’Amboise. Le domaine reste ensuite dans la famille d’Amboise jusqu’en 1832.

La plupart des pièces du château du Clos Lucé sont modifiées à plusieurs reprises au fil des siècles. Au XVIIIe siècle, les espaces sont réorganisés et redécorés avec l’ajout d’importantes boiseries et cheminées. Les jardins subissent également un réaménagement à cette époque.

Le château devient la propriété de la famille Saint Bris le 30 juillet 1855. Hubert Saint Bris décide de l’ouvrir au public en 1954, marquant un tournant dans l’histoire de la demeure.

Le Clos Lucé est classé au titre des monuments historiques par la liste de 1862. L’ouverture au public entraîne de nouvelles modifications des espaces afin de mieux accueillir un grand nombre de visiteurs. En 2017, les propriétaires décident de supprimer les salons du XVIIIe siècle, pourtant classés monuments historiques, pour recréer des décors supposés se rapprocher de ceux qui auraient existé à l’époque de Léonard de Vinci. Toutefois, aucune description précise des espaces occupés par Léonard, ni de mobilier d’origine, n’a été conservée. Cette intervention fait l’objet d’un signalement de la Direction régionale des Affaires culturelles auprès du procureur de la République.

Description du château aujourd’hui

Cheval de Leonard de Vinci au Clos Lucé – (Crédit photo : Franck Fouqueray)

Le château du Clos Lucé est situé au cœur d’un parc de 7 hectares, traversé par l’Amasse, un petit affluent de la Loire. Sa façade en briques roses et pierres blanches, pratiquement inchangée depuis la Renaissance, témoigne de son histoire. Un ancien chemin de ronde subsiste encore de cette époque. Certaines pièces du château ont été réaménagées aux XXe et XXIe siècles pour évoquer celles du XVIe siècle, telles qu’elles auraient pu être à l’époque de Léonard de Vinci, bien qu’aucune description précise ne soit disponible. Les visiteurs peuvent découvrir une chambre, une cuisine, un atelier imaginaire (où est exposée une reproduction de son cheval sculpté par un artiste contemporain), ainsi que la salle du Conseil, l’oratoire d’Anne de Bretagne et la chambre de Marguerite de Navarre.

Lit ou est mort Leornard de Vinci au Clos Lucé – (Crédit photo : Franck Fouqueray)

La chambre où Léonard de Vinci mourut, ainsi que celle de Marguerite de Navarre, ont été restaurées en 2011 et décorées avec des meubles et objets d’époque, provenant de diverses sources. Elles sont situées au premier étage du château.

Quarante maquettes, réalisées par IBM à partir des dessins de Léonard de Vinci, sont exposées dans quatre salles du sous-sol. Des animations en 3D permettent de comprendre le fonctionnement des inventions de Léonard et de les voir s’animer.

Le parc abrite un pigeonnier, construit au XVe siècle par Estienne Le Loup, bailli d’Amboise, qui comptait environ 1 000 niches pour pigeons. En 2003, Jean Saint Bris a mis en place un parcours culturel dans le parc, avec des bornes sonores et 20 machines géantes inspirées des croquis de Léonard. Un jardin met en avant les travaux de l’artiste sur les plantes, ainsi qu’un pont à deux niveaux, réalisé d’après l’un de ses croquis.

Chard de Guerre inventé par Leonard de Vinci au Clos Lucé – (Crédit photo : Franck Fouqueray)

En 2021, deux nouvelles galeries consacrées aux travaux de Léonard dans les domaines de l’architecture et de la peinture ont été ouvertes au public dans un ancien bâtiment industriel de 500 m², réhabilité pour l’occasion. Un nouvel espace multimédia expérimental permet aux visiteurs de « survoler » les machines volantes de Léonard au-dessus du Palais royal de Romorantin, reconstitué en 3D.

Dans la culture populaire

Dans la bande dessinée Le Guide ou le Secret de Léonard de Vinci (tome 18 de la série Les Aventures de Vick et Vicky) de Bruno Bertin (Éd. P’tit Louis, 2012), un ouvrier travaillant dans une chambre du Clos Lucé en 1954 découvre une petite boîte de métal dissimulée dans un mur. À notre époque, un groupe d’enfants venus en Touraine pour préparer un exposé tombe par hasard sur cette boîte. L’intrigue se déroule dans les lieux emblématiques d’Amboise, le château d’Amboise et le château du Clos Lucé, et sert de cadre à la découverte de Léonard de Vinci, de la ville d’Amboise et de son patrimoine historique. La bande dessinée a également été adaptée en roman jeunesse par Eve-Lyn Sol (Éd. P’tit Louis, 2013).

Nouveau : Le Manoir d’Hiram propose désormais des stages à thèmes… le premier est « Tailler sa pierre brute »

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Fort de 4 mois de succès avec les retraites laïques maçonniques, le Manoir d’Hiram après avoir fait le bonheur de nombreux Frères et Sœurs durant l’été, rajoute à son offre des stages-séjours de 3 jours sur des thématiques en forte demande.

Pour débuter le cycle, du 20 au 23 novembre 2024, un premier stage « Taille de pierre » avec Florian Metayer, Compagnon du Devoir.

Florian Metayer – Compagnon du Devoir – Animateur du stage

10 maçons et maçonnes repartiront après 3 jours avec leur propre pierre taillée.

Les participants recevront une initiation opérative dans l’Art de travailler la Pierre Brute.

Tous les détails concernant ce stage sur le site officiel du Manoir d’Hiram. Vous y trouvez aussi la liste des stages à venir afin de vous préinscrire. Comme vous pouvez le constater sur la liste ci-dessous, il y a fort à parier que les demandes seront nombreuses.

Les thèmes des stages à venir seront :

  • Astrologie et Symbolisme
  • Tarot et Numérologie
  • Alchimie spirituelle – Travail intérieur
  • Art oratoire et rhétorique
  • Calligraphie et Art des planches
  • Art du trait et Géométrie sacrée

Ces stages sont réservés à un groupe restreint de 10 participants inscrits sur une liste d’attente. Le nombre de chambres du Manoir d’Hiram ne permet pas d’accueillir des Loges entières. Ainsi, la qualité de l’accueil et de l’enseignement sont préservés.

Les organisateurs des stages soulignent qu’ils tiennent à proposer un tarif accessible à tous, soit 185 € par personne pour les 3 jours de participation (hors hébergement). Pour sa part, le Manoir d’Hiram a fait des efforts afin de proposer un séjour de 3 nuits avec un forfait adpaté à la circonstance, soit une offre au prix de 125 € par personne et par nuit (en occupation double ou triple selon les chambres), les trois repas sont compris dans l’offre.

Les candidats intéressés par ces stages peuvent d’ores et déjà se préinscrire sur liste d’attente.

Franc-maçonnerie et fascisme : première traduction italienne de Maria Rygier

De notre confrère agenparl.eu

Pour la première fois en italien, un ouvrage monumental sur la relation entre la franc-maçonnerie et le fascisme est désormais disponible. Maria Rygier l’a écrit en France en 1929, en exil, persécutée comme dissidente, intellectuelle et franc-maçonne. 

Maria Rygier était journaliste, écrivain, militante anarchiste, socialiste et monarchiste dans ses dernières années. Nationaliste et amoureuse de sa patrie, elle fonde des ligues, des comités, des journaux et des revues, comme « Rompete le File », et collabore avec les plus lus, comme « il Popolo d’Italia » dont elle est l’animatrice.

Pressée par le Grand Orient de France de raconter quelles étaient les conditions de la franc-maçonnerie italienne après la promulgation de la loi fasciste qui l’interdit en 1925, Maria Rygier écrit  La franc-maçonnerie italienne face à la guerre et au fascisme  qu’elle publie en 1929. 

Il raconte quelles obédiences maçonniques ont plié bannières et honneur à la volonté de la dictature fasciste naissante et lesquelles s’y sont opposées sans hésitation ; qui parmi les francs-maçons a trahi sa dignité et qui, même au prix de sa vie, n’a pas renoncé à défendre les idéaux de liberté et de fraternité. 

Il retrace le rôle joué par les dirigeants du Grand Orient d’Italie et de la Grande Loge d’Italie, mais aussi du Droit Humain, plus connu à l’époque sous le nom de Droits de l’Homme. Il raconte les personnages et les événements, la destruction des temples, les représailles, mais aussi les mécanismes du pouvoir au sein des partis avant et pendant l’émergence de celui dirigé par Mussolini. 

Cet ouvrage, qui à la fin des années 1930 a contribué notablement au niveau international à faire prendre conscience en Europe de la férocité du régime fasciste naissant, refait surface 95 ans après sa première édition, livrée pour la première fois en italien. et un aperçu impitoyable de certains des chapitres les plus sombres de l’histoire de l’Italie dans une perspective inhabituelle telle que celle maçonnique. 

Maria Rygier s’exile avec une seule valise remplie de documents originaux, d’articles de journaux et de lettres. Il ne voulait pas emporter avec lui des vêtements mais une énorme quantité de preuves contre le parti fasciste, Mussolini et ses émissaires. Mais aussi des actes de dénonciation contre certaines des hautes positions maçonniques afin qu’il reste une trace des responsables de la défaite de l’Italie, qu’elle avait prédite à une époque sans méfiance. 

Cette première traduction signée par Francesco Guida, qui s’est également chargé de l’introduction des Edizioni dello Straniero, en vue du centenaire de la loi fasciste qui interdisait la franc-maçonnerie, marque aussi sur le plan moral le retour au pays d’un de nos compatriotes exilés, où éviter que son travail de témoignage reste confiné dans le périmètre de la mémoire. 

Le volume, qui compte 440 pages, est disponible dès aujourd’hui dans toutes les librairies et sur toutes les boutiques en ligne. 

Version française

La Franc maçonneire italienne devant la guerre et devant le fascisme (rist. anast.) Broché – 1 décembre 1990.

Éditeur ‏ : ‎ Forni (1 décembre 1990)

Langue ‏ : ‎ Italien

Broché ‏ : ‎ 448 pages

ISBN-10 ‏ : ‎ 8827128026

ISBN-13 ‏ : ‎ 978-8827128022

Poids de l’article ‏ : ‎ 499 g

Chez Amazon

La Terre Sainte et les Lieux Saints (Partie 3/4)

De notre confrère thesquaremagazine.com – Par Gerald Reilly

(Retrouver l’article 2/4 d’hier)

Cette série en quatre parties examinera l’aspiration et l’activité « maçonniques » concernant la Terre Sainte et les Lieux Saints ; les leitmotivs incluent : le pèlerinage, la prophétie, le tourisme, l’exploration, la colonisation et l’empire. Et, « ramener la franc-maçonnerie à son lieu de naissance »

Partie 1 : Introduction et Les Hauts Degrés envisageait la possibilité que les degrés supérieurs chrétiens soient un moyen par lequel l’Église pourrait assimiler et contrôler les francs-maçonneries. Il a été noté qu’un ordre maçonnique aspirait à « acquérir la possession du Saint-Sépulcre à Jérusalem… » ; on a examiné comment cette décision a été prise et jusqu’où l’Ordre pourrait aller pour atteindre cet objectif. À la même époque, même Napoléon n’a pas réussi à prendre possession de la Terre Sainte ! 

Deuxième partie : La Grande Loge Américaine et l’American Grand Tourist ont étudié l’aspiration de la Grande Loge du Maine à «… vérifier si des vestiges de l’ancienne maçonnerie peuvent être découverts en Palestine ». Ils ont également examiné le récit scandaleux du Fr. Mark Twain sur sa visite en Terre Sainte, qu’il a décrit comme « le récit d’un voyage d’agrément… le récit d’un pique-nique ».   

Partie 3 : Le touriste maçonnique américain et l’exploration impériale anglaise.

Partie 4 : L’explorateur militaire maçonnique et le touriste pathétique maçonnique.

Chaque partie cherchera à identifier l’intérêt, l’aspiration et l’activité maçonniques de la Terre Sainte avec des leitmotivs : pèlerinage, prophétie, tourisme, exploration, colonisation et empire. Et les aspirations à « ramener la franc-maçonnerie au lieu de sa naissance ».

La tournée du franc-maçon américain et l’exploration impériale anglaise.

En 1529, l’Empire ottoman atteint les portes de Vienne. Il se contracte ensuite avec les empires européens en quête d’expansion et d’influence vers le sud et l’est.

Chaque empire a-t-il aspiré à inclure la Terre Sainte dans ses « frontières définies » ?

Après la guerre de Crimée et avec une grande prescience, l’ édition du 12 mai 1860 du New York Times rapportait que « la situation de la Turquie [Empire ottoman] était alarmante pour la paix du monde lorsque le tsar Nicolas invita l’Angleterre à rédiger avec lui le dernier testament de l’homme malade de l’Europe ».

Tout au long du siècle 1814-1914, la politique étrangère britannique aspirait à équilibrer les empires continentaux européens et russes afin de garantir qu’aucun empire ne soit en mesure de dominer l’un ou l’ensemble des autres.

Cela n’a pas empêché la Grande-Bretagne, avec le plus grand empire de l’histoire, de chercher à l’étendre, « toujours plus large et plus large » ! 

Le touriste maçonnique américain… Rob Morris était un franc-maçon très coloré, innovant et énergique.

Cependant, son hétérodoxie et son apparente auto-promotion ont assuré sa notoriété et son impopularité ; en particulier, suite à la fondation de l’Étoile orientale co-maçonnique et de ses « Conservateurs », une tentative de créer une juridiction maçonnique panaméricaine et globale, ce à quoi la plupart des Grandes Loges d’État s’opposaient.

Le récit de voyage de Morris, La franc-maçonnerie en Terre Sainte ou les traces des bâtisseurs d’Hiram, est préfixé ainsi :

« Cependant, au moment de la parution du présent volume [avril 1872], une mesure est en cours, avec les meilleures perspectives de succès, pour organiser la Loge Salomon à Jérusalem sous les auspices américains. »

Le 17 février 1873, c’est la GL du Canada qui autorise la Loge Mère Royale Salomon N° 293, « pour travailler à Jérusalem et ses environs ».

Peut-être que le manque d’intérêt des USA GL est dû à la reprise de la guerre civile et à l’éloignement de tout ce qui était « Morris ».

Les raisons qui ont poussé Morris à visiter la Terre Sainte en 1868 ne pouvaient pas être plus éloignées de celles de Mark Twain.

Il a récolté 9 000 $ (165 000 $ aujourd’hui) auprès de sponsors maçonniques pour financer sa « mission particulière ».

Il prétendait « ne pas jouer au touriste » mais plutôt « s’engager dans un travail d’exploration » ; bien que ni le théodolite, ni le sextant, ni la truelle ne figuraient dans sa liste d’objets de voyage.

Il avait promis de rembourser ses sponsors en nature.

« Je considère que tous les emblèmes d’origine biblique ou divine sont la propriété maçonnique.

J’ai dressé une liste de spécimens de Terre Sainte, ceux que la fraternité était la plus susceptible d’apprécier, ceux que je devrais valoriser le plus, en termes d’illustrations bibliques et maçonniques, un catalogue regroupant des spécimens.

« Réaliser des collections complètes d’objets illustrant les traditions maçonniques et les coutumes bibliques, qui seront distribuées généreusement aux contributeurs à mon retour, selon des plans préalablement établis. »

Grand Tour ou Grand Larceny ? Une déclaration de mission de Rob Morris peut être construite à partir de :-   

  • Sa conviction était que « une grande partie des francs-maçons américains étaient des chrétiens de profession qui acceptaient que la Bible était d’une authenticité divine, contrairement aux francs-maçons infidèles français et allemands ». (Infidèles ? Ils croyaient que la franc-maçonnerie était au service de l’humanité plutôt qu’au service de la religion !)
  • Son désir, «… de visiter la mère patrie de la franc-maçonnerie pour confirmer que l’unité maçonnique est basée sur la foi abrahamique et d’examiner la condition de l’institution maçonnique dans le pays de sa naissance ». (Voir la partie 2 et l’aspiration similaire de la GL du Maine. Si « l’unité maçonnique est basée sur la foi abrahamique », quel est le rôle du reste de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament dans les francs-maçonneries « régulières » ?)
  • Son affirmation selon laquelle «… les Saintes Écritures sont les livres d’instruction de la Loge et qu’une connaissance parfaite de la Terre Sainte est nécessaire pour une connaissance parfaite des Saintes Écritures ». (L’amélioration/l’avancement maçonnique consiste à tendre vers un idéal, mais sans jamais l’atteindre : une « connaissance parfaite » de quoi que ce soit est quelque peu improbable.)  
  • Son affirmation selon laquelle « les francs-maçons manquant de connaissances bibliques », il avait besoin de « … publier ses voyages pour montrer que la trame et le tissu des traditions maçonniques sont vrais et prouver que les figures du modèle sont réelles et authentiques ». (Cette série cherche à comprendre s’il existe un besoin maçonnique de vérifier « scientifiquement » la Bible.)   

Morris a écrit : « La colonie américaine près de Joppé [établie pour attendre la Seconde Venue, voir la partie 2] est entièrement démantelée.

J’ai découvert que quatre des colons qui étaient là à mon arrivée en mai étaient membres de l’ordre maçonnique…

La colonie du Maine à Joppa a de nouveau été entendue.

Ils sont maintenant au nombre de vingt-cinq et sont dans un état de béatitude, suite au départ de leur chef, Adams.

Morris a dû expliquer qu’il ne serait pas possible, comme promis, de rapporter du KST des pierres portant les marques des maçons.

« … bien que le Temple de Salomon ait complètement disparu de la terre, ses fondations demeurent pourtant… la plate-forme, la colline, le monticule érigé artificiellement pour servir de base à la sublime structure…

Nous pensions avoir également une certaine connaissance du mont Sion, mais les explorateurs les plus récents et les plus éminents ont émis des doutes à ce sujet et nient que la Sion moderne corresponde à l’ancienne.

« Sion » fait référence à la Cité de David et « le mont Sion » à la partie inférieure du mont Moriah sur laquelle se trouve la Cité de David.

Certains archéologues suggèrent que « le monticule érigé artificiellement » – le sommet nivelé du mont Moriah connu sous le nom de mont du Temple – a été construit plus tard qu’à l’époque de Salomon.

Si le Temple du Roi Salomon a jamais été construit, peut-être que l’affirmation de Morris selon laquelle tous les vestiges avaient été « effacés de la terre » était grandement exagérée : les gens cherchaient et cherchent peut-être encore au mauvais endroit.

Il a écrit;

« Toutes les parties s’accordent à dire que le Temple se trouvait quelque part dans un endroit rectangulaire, appelé par les noms de Haram et Moriah et que le mont des Oliviers se trouvait sur tout ou partie d’une colline indiquée sur la carte. »

Malgré la foi abrahamique et la « Première et Sainte Loge », Morris a décidé que la franc-maçonnerie a commencé avec la construction du KST, et que « les premiers francs-maçons étaient Salomon, roi d’Israël ; Hiram, roi de Tyr ; et Hiram l’architecte ».

Si le Temple a été construit, où aurait-il pu se trouver ? Dans une extension nord de la Cité de David, au sud du Mont du Temple, juste en dessous de l’actuelle mosquée Al Aqsa ?

Morris est revenu aux États-Unis chargé d’objets de Terre Sainte ; il est peu probable que l’un d’entre eux ait pu être considéré comme une preuve de l’existence de la franc-maçonnerie ancienne ; cependant, peut-être les sponsors étaient-ils satisfaits de souvenirs de vacances.

La source de Gihon fournissait une source d’eau naturelle à la Cité de David, mais pas jusqu’à la zone autour de l’église du Saint-Sépulcre pour laquelle l’héritière de Coutts Bank était obligée de financer l’approvisionnement en eau des pèlerins assoiffés.

Ceux qui boivent de cette eau n’auront-ils plus jamais soif ?

……et l’exploration impériale anglaise.  

Pour pallier le manque d’eau potable pour les pèlerins, une élite londonienne – au sein de laquelle la franc-maçonnerie anglaise était très bien représentée – forma en 1864 la Société de secours en eau de Jérusalem.

Pour une étude nécessaire, Angela Burdett-Coutts a contribué à hauteur de 500 £ (70 000 £ aujourd’hui).

Les relevés fournissent une base pour la planification militaire ; sans surprise, le gouvernement britannique les a soutenus.

Les Royal Engineers ont été chargés de fournir leur expertise pour entreprendre une Ordnance Survey (notez la connotation militaire du terme « artillerie ») dirigée par le capitaine Charles Wilson RE

La coopération des autorités de Jérusalem avec ce projet a conduit à la création en 1865 du Palestine Exploration Fund (PEF) à propos duquel, comme l’a écrit Rob Morris….

« John Bull, plébéien, ne peut rien faire sinon à l’ombre du trône et sur le chemin de la noblesse. [Quelle perspicacité ! La franc-maçonnerie a-t-elle participé à ce processus ?]

C’est pourquoi il fut jugé bon et heureux de s’assurer que la reine d’Angleterre soit nommée « patronne » du Fonds d’exploration de la Palestine, ainsi que des noms tels que les ducs d’Argyle et de Devonshire, les comtes de Carnarvon, Derby, Russell, Zetland (ce dernier étant alors Grand Maître des Francs-Maçons) et Shaftesbury, les évêques de Londres, Oxford, Ely et Ripon, les doyens de Saint-Paul, Westminster, Christ’s Church et Canterbury, et une foule de fonctionnaires mineurs, soixante-dix-huit en tout, pour constituer le comité.

Le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa ont été construits sur le sommet « nivelé » du mont Moriah, connu sous le nom de Mont du Temple et, pour les musulmans, Haram.

Mais bien avant cela, la Cité de David était située sur une partie inférieure du mont Moriah, représenté comme le mont Sion.

C’était le point le plus élevé pour lequel il y avait une source d’eau naturelle, la source de Gihon.

Ceci a très probablement déterminé l’emplacement de la colonie fortifiée d’origine qui est devenue plus tard la Cité de David. 

Par qui et quand le sommet du mont Moriah a-t-il été nivelé ? Il semblerait qu’il soit presque aussi élevé que celui de la Cité de David : il s’agit d’un gigantesque projet de génie civil, peut-être improbable avant l’époque romaine.  

Outre la promesse d’un approvisionnement en eau, comment s’est nouée la coopération avec les autorités de Jérusalem ? Parmi les deux familles dirigeantes de la région, on trouve Pacha [voir partie 1] et Effendi ; toutes deux avaient des membres de leur famille qui dirigeaient les francs-maçonneries de la région.

Il existe un niveau de confiance manifestement bienveillant entre les francs-maçons, bien justifié ; cette confiance a facilité le progrès humain par l’intermédiaire des agences gouvernementales, des entreprises et de la société civile. 

À cette époque, la « science » (ou plutôt la méthodologie scientifique) et la « foi » étaient toutes deux, chacune à leur manière, sous le choc de la publication en 1859 de L’ Origine des espèces de Darwin.

Peut-être que la PEF faisait partie d’une « riposte » ? Si la « science » peut mettre en doute la Bible, peut-être la « science » peut-elle la vérifier ? Même si le texte « Or la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une preuve de celles qu’on ne voit pas » indique que la preuve « scientifique » n’est ni nécessaire ni appropriée pour l’acceptation des vérités bibliques.

Les objectifs déclarés du PEF étaient « une enquête inductive… appliquant les règles de la science à l’exploration de « l’archéologie, de la géographie, de la géologie et de l’histoire naturelle de la Terre Sainte ».

Malgré « l’exploration », « la science » et « l’induction », le PEF a exprimé « son intérêt pour le pays dans lequel les documents de notre foi ont été écrits ».

Cela indique une raison d’être pour prouver que la Bible était vraie.

Les relevés topographiques du capitaine Wilson sont restés une référence pendant des décennies ; il est devenu directeur de la Palestine Pilgrims’ Text Society et, de 1901 à 1905, président du PEF. 

Une personne ne peut pas jouer au football et au baseball en même temps ; il faut nécessairement choisir l’un ou l’autre.

Pourquoi ? Parce que les règles sont différentes. La méthodologie scientifique a ses règles, la révélation basée sur la foi a ses règles.

Ils sont différents et donc les deux ne peuvent pas être joués par la même personne en même temps, ils sont incommensurables. Notez bien que les deux ne se rencontreront jamais.

La quatrième partie examinera un exemple maçonnique d’exploration de Jérusalem ; et malheureusement, d’un touriste maçonnique pathétique.  

Toutes les images sont la collection personnelle de l’auteur. 

Lire la Suite et Fin…

Article de Gerald Reilly

Gerald Reilly a été initié en 1995 à la Loge 2063 du Prieuré de St Osyth. Essex. Angleterre (UGLE). 

Il est membre fondateur de Allthingsmasonic de Josh Heller et a co-écrit avec Josh « Le Temple qui ne dort jamais » (Cornerstone Books, 2006). Il s’engage dans le développement de la franc-maçonnerie électronique.

Lauréat du prix Norman B Spencer, 2016.

Loges & Francs-maçons

Castres Sorèze Puylaurens Graulhet

Élaboré à partir de documents exceptionnels souvent inédits : livres d’architecture des diverses Loges maçonniques, archives du Grand Orient, fonds maçonnique de la BnF, Archives municipales de Castres, Archives départementales du Tarn et de l’Aude, contributions et documents privés fournis par des familles.

En parcourant cet ouvrage d’histoire grand public, didactique et documentaire, le lecteur entre au cœur de la Franc-Maçonnerie en général, et locale en particulier, et pénètre au quotidien dans la vie des loges maçonniques qui, depuis près de trois siècles, ont imprégné l’histoire du sud du Tarn.

Il y voit les mutations d’une Maçonnerie française longtemps aristocratique et déiste, monarchique éclairée, puis bonapartiste sous le Ier Empire, et après une interdiction sous le Second Empire, une Maçonnerie définitivement républicaine et laïque.

Le lecteur y découvre le fonctionnement d’une loge maçonnique et sa raison d’être.

Il peut appréhender le contenu de ses travaux philosophiques, sociaux et politiques, ses débats souvent riches et animés, toujours en phase avec les préoccupations du moment.

Il peut également apprécier le niveau « d’engagement dans la cité » de ses membres, en particulier à travers un grand nombre d’exemples évoqués tout au long  du récit : Job Baudecourt, Jean Guibal, Comte Claude Thomas de Labarthe, Comte Joseph de Toulouse- Lautrec, Baron François Cachin, Timoléon d’Hargenvilliers, Auguste Jaurès, Jules Barbaza, Jean Nauzières, Vincent Pieglowski, Frédéric Thomas, Joseph Jean, Hippolyte et Osmin Coste, Adolphe Wauthier, Édouard Lacolombié, Jean François et Léopold Batut, Louis Vieu, Albert Poux, Lucien Coudert, Henri Sizaire, Georges Alquier, Paul Aninat, Maurice Carayol…

Enfin, à travers ces acteurs marquants de la vie sociale, politique et culturelle, c’est aussi un regard historique qui est porté dans cet ouvrage sur la vie locale, riche, souvent en prise directe avec la « Grande Histoire ».

  • Jacques ESCANDE, professeur d’histoire
  • Etienne FONROSE, docteur en médecine
  • Patrick MORON, fonctionnaire territorial, vidéaste, historien. Conseiller de l’Ordre 2013-2016
  • Préface Pierre MOLLIER, directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France, conservateur du musée de la Franc-Maçonnerie, 16 rue Cadet 75009 Paris
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Publié par le Cercle Philosophique et Culturel de Castres et avec le soutien de l’Institut d’Etudes et de Recherches Maçonniques (IDERM)

Ouvrage relié dos carré, format 20,50 cm x 26 cm, en quadrichromie (couleur), corps d’ouvrage de 316 pages avec de nombreuses illustrations.

Prix public 28 € (avec envoi postal 36 €)

Le mot du mois : « Fécondité »

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Le sémantisme *dhe-, très ancien, désigne l’idée de sucer, de têter, affectée à ce qui relève du féminin et de la maternité, la nourrice *tithénè en grec. L’épithélium, ce qui est sur le mamelon. Le latin reprend le même champ lexical, féminin, femelle, efféminé, fille, filiation, fœtus. 

Au départ, seule la femme est associée à l’engendrement et non l’homme, elle est maîtresse de la génération. À la différence du nom anglais woman, contraction de wife-man, en ce qu’elle est épouse de l’homme, dans son rapport à lui. D’ailleurs, chez les Grands-Bretons, à l’époque victorienne, la féminité est synonyme de pathologie, ses douleurs naturelles sont forcément liées à un désordre dans l’alimentation, l’habillement, les mauvaises habitudes sociales…

Et seuls les bains froids et les lavements éviteraient les mauvais rêves d’une épouse !

À coup sûr pour stigmatiser toutes les formes de son exubérance, du sémantisme *uber-, qui lui aussi exprime l’idée de fécondité et de fertilité. Une végétation luxuriante n’est-elle pas signe d’exagération et de débordement, tout comme l’exubérance d’un comportement féminin, avec la volubilité du bavardage qui est fréquemment affecté à la gente « féconde » ?

Les rituels de noces, dans toutes les cultures, témoignent de la vigilance qu’on porte à ce qui assurera la fécondité du couple, sous forme de cadeaux faits à la jeune épousée de fruits « explicites », miel, sésame, coing, datte, noix, figue.

Ce sémantisme induit aussi ce qui est le produit, par exemple d’un pré qu’on fane, la fenaison, *fenum, le foin, le sainfoin, *fenunculum le fenouil.

Le latin *fecundus, *fecunditas, conditionne l’idée de *felix, *felicitas, parce que ce qui produit des fruits est signe de fertilité, donc de bonheur, rend heureux. Et mérite des félicitations.

Ce rôle de chef nourricier, seigneur alimentaire, est octroyé au roi antique, pourvoyeur de bienfaits et de fécondité, et garant de la prospérité de son peuple, s’il respecte les règles de la justice et les commandements divins.

En revanche, à la fécondité et à ses attributs, qui autorisent la reproduction physique, s’oppose d’autant plus la castration sous toutes ses formes, ce qui retranche, coupe. Comme si le castrat, au milieu des choeurs, pouvait conserver l’excellence d’une nature vocale autre, d’une qualité en expansion justement parce qu’elle se voit débarrassée de cette corporéité qui la corrompt, d’une sexualité pécheresse. L’Église a ainsi exercé, aux XVIIIe et XIXe siècles, sa coercition à l’encontre de ce qui relève de la féminité, en prônant le célibat des prêtres, en empêchant le clergé héréditaire. Une castration symbolique pour favoriser une plus grande fécondité spirituelle ? Voire…

Annick DROGOU

Fécondité, y a-t-il un mot plus généreux dans la langue française ? Ce qui donne du fruit en abondance, toutes sortes de fruits, des enfants qui deviendront des hommes et des femmes, des idées, des projets encore inconnus ou cachés qui seront demain ou après-demain réalités. Comme la grenade, ce fruit symbole de fécondité aux multiples grains qui se cachent sous l’écorce de l’apparence. La fécondité est la vie qui germe et fructifie. Mais l’irénisme n’est pas de mise. La fécondité peut s’avérer maléfique quand « le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde. » Quelle fécondation voulons-nous porter ?

Il ne tient qu’à chacun d’entre nous de veiller à ce que nous voulons voir advenir, de savoir quelle fécondité nous encourageons, comme le jardinier prend soin de ses plantes ou le berger de ses bêtes. Car la fécondité n’est pas un acte de volonté. C’est une attitude, un encouragement qui laisse advenir et fructifier. La fécondité n’est pas un prolongement de soi, un clonage, c’est toujours l’avènement du nouveau. C’est une confiance dans l’à-venir, et même plus qu’une confiance, c’est un don à l’avenir et à la vie toujours renouvelée. La fécondité exige la patience, le temps comme absolue nécessité de la fécondation, de la gestation et de la germination.

Il y a bien des façons pour les humains d’être féconds, et pas seulement en donnant naissance à d’autres petits humains. La seule, la grande fécondité est notre capacité à faire naître la vie. Appelez cela l’amour, la lumière, l’émancipation, d’en être une terre fertile et nourricière pour nos semblables, nos proches. La seule fécondité qui vaille ne va pas sans amour. D’ailleurs, d’une terre féconde, ne dit-on pas qu’elle est en amour !

Jean DUMONTEIL