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La réciprocité, quel idéal et quelle malédiction !

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Dans une récente émission de France-Culture[1], Robert Maggiori signalait l’étrange proximité des mots latins Hostis, hostĭs, et Hospes,  hospitis, le premier signifiant : ennemi, et le second : hôte, vocables dont les assonances  résonnent encore dans les comportements d’hostilité et d’hospitalité. Ce même lien un peu trouble, il le retrouvait dans le terme de rival, emprunté au latin rivalis  qui est, certes, le « rival en amour[2] » mais, à proprement parler, le « riverain autorisé à faire usage d’un cours d’eau », rivalis dérivant de rivus : « cours d’eau ». 

Robert Maggiori au Salon du livre de Paris lors du débat De la justice… ou ce qui l’empêche. (Crédit : Georges Seguin)

C’est ainsi que le journaliste-philosophe proposait d’imaginer « deux individus qui prennent de l’eau au fleuve : ils peuvent le faire de façon coopérative (…) ou contrarier l’action de l’autre ». En effet, les « rivaux », sur les bords d’un même fleuve, peuvent, soit s’offrir l’hospitalité, soit se regarder en ennemis. Comme sont proches alors, d’un côté, la malveillance voire la guerre et, de l’autre, l’assistance voire la solidarité !

Et c’est là le cœur de ma réflexion d’aujourd’hui car le mot : Hostis, a d’abord désigné l’étranger, celui qui est d’un autre pays, puis l’ennemi, celui contre qui l’on se bat et, comme on le sait, le sens s’est plus lourdement fixé sur la seconde acception. Rien de curieux à cela, quand on parcourt l’histoire humaine, n’est-ce pas ? Tout aussi bien, Hospes renvoyait à l’origine à celui qui accueille l’étranger, de là le fameux hospitium, qui recouvrait, dans l’Antiquité gréco-romaine, les devoirs sacrés de l’hospitalité envers tout étranger, quelle que fût sa condition. Étrange étranger tout de même, dans les perceptions ambivalentes que nos civilisations n’ont cessé d’en avoir. Curieusement aussi, plus tard, la notion d’hôte s’est mise à varier, selon les contextes, de l’actif au passif, de celui qui reçoit à celui qui est reçu.

Le Tigre à Batman (Turquie). (Crédit : Dûrzan cîrano)

Quand, plus haut, avec Robert Maggiori, nous avons souligné combien le fleuve irrigue le sens premier de rival, mon imaginaire a rebondi en deux directions : il s’est tout de suite orienté vers ce bassin baigné par le Tigre et l’Euphrate qu’on appelle la Mésopotamie, étymologiquement le pays d’entre les deux fleuves[3], et plus largement vers cette région moyen-orientale où se déchaînent encore aujourd’hui des guerres fratricides, sachant que toutes les guerres sont fratricides par définition, pour peu que nous persistions à considérer que tous les hommes sont frères. Au demeurant, la question de l’alimentation en eau reste un enjeu du conflit actuel, les fleuves traversant les pays ou marquant les frontières. C’est ainsi que m’est spontanément revenue à l’esprit une seconde évocation qui se déroule à l’époque biblique, près des gués du Jourdain : cet épisode nous est rapporté au Livre des Juges 12:4-6, où les Guiléadites utilisent le mot schibboleth[4], pour distinguer leurs ennemis éphraïmites parmi les fuyards, ces derniers se trompant dans la prononciation de la lettre shin. En écorchant ce mot, ils en faisaient le dernier de leur vie. Or c’est ce mot qui sert encore de mot de passe à un degré bien connu de nos rites. Sans doute pour anticiper sur la funeste gravité d’une communication imméritée des grades… Mais, c’est une  autre histoire et elle nous entraînerait trop loin.

Revenons au début de notre propos où cette notion d’hospitalité contrebalançait celle d’hostilité, en taquinant leur fond commun : leur référence primordiale à l’étranger. Comment, dès lors, finir cette chronique sans porter notre interrogation, parmi les Officiers de la Loge, sur la fonction d’Hospitalier parfois appelé, selon les rites, Élémosinaire  et qui, du reste, va bien au-delà d’un rôle d’aumônier, s’imposant avec tact et en toutes circonstances comme gardien de la fraternité ?  L’Hospitalier cherche à comprendre et à soulager les difficultés des frères, parfois celles qu’ils éprouvent entre eux, pouvant les éloigner de la fréquentation des temples. Les Hospitaliers illustrent alors le sens du verbe latin Hostio, is, ire, qui veut dire égaliser, au sens de : rendre uni, rétablir le niveau, mais aussi, tant qu’il s’agit de gens de bonne compagnie, au sens de : rendre la pareille – sachant que tout est à craindre quand s’emparent d’une telle expression des revanchards belliqueux…  La réciprocité, quel idéal et quelle malédiction !


[1] Dans l’émission « Avec philosophie », consacrée le  lundi 7 octobre 2024 à « L’ennemi : la richesse d’un mot ». On peut écouter en ligne ou télécharger son contenu audio numérique en cliquant ici.

[2] Sens déjà présent chez Térence, Eunuchus, 354, cité dans le Gaffiot.

[3] Du grec ancien Μεσοποταμία , Mesopotamía, composé de μέσος , mésos (« entre, au milieu de ») et de ποταμός , potamós (« fleuve »).

[4] En cet endroit, le seul qui ne soit jamais traduit et qui signifie tantôt « épi » ou « branche » (Genèse 41:76, Job 24:24, Zacharie 4:12), tantôt « flot » ou « torrent » (Psaumes 69:27).

Voici le passage en cause : « Les hommes de Galaad battirent ceux d’Éphraïm et leur coupèrent la retraite en occupant les gués du Jourdain menant à Éphraïm. Quand l’un des fuyards d’Éphraïm voulait traverser la rivière, les hommes de Galaad lui demandaient s’il venait d’Éphraïm. S’il répondait : « Non », ils lui ordonnaient de prononcer le mot Shibboleth. S’il disait : « Sibboleth », parce qu’il n’arrivait pas à le prononcer comme eux, ils le saisissaient et l’exécutaient près des gués du Jourdain. Quarante-deux mille hommes d’Éphraïm périrent en cette circonstance. »

Sinistre décompte qui n’est pas sans rappeler le nombre des victimes, qui s’élève à plus de quarante mille morts de tous âges et de toutes conditions, qu’a provoqué, dans la bande de Gaza, au cours de cette année d’épouvante, le massacre d’environ 1200 personnes, essentiellement des civils et majoritairement des festivaliers, en ce seul jour abominable du 7 octobre 2023. Il y a quelque cinquante ans déjà, mon regretté professeur René Girault nous demandait de ne jamais enregistrer les lugubres statistiques de l’Histoire, sans nous représenter que les chiffres recélaient, à chaque unité, un destin brutalement interrompu.

19/10/2024 : Jean-Louis LEMAITRE en distanciel à l’Académie maçonnique Paris

« Le Mythe d’Hiram : une spiritualité pour le troisième millénaire ? »

Revisitons, avec Jean-Louis Lemaitre, un mythe d’avenir : le mythe d’Hiram

Égypte, Perse, Grèce, ces différentes civilisations ont toutes, comme nous le savons, développé une tradition initiatique inspirée par un mythe fondateur. Le mythe d’Hiram, dont les auteurs avaient accès à une profonde connaissance initiatique, place le troisième degré du Rite Écossais Ancien et Accepté sous un éclairage particulier, en lui conférant une dimension conceptuelle et symbolique très forte.

Certes, le troisième degré peut être lu d’une façon aussi bien exotérique qu’ésotérique, selon le degré d’approfondissement initiatique de son interprète ; mais, il n’en exerce pas moins, en toute hypothèse, une action disruptive dans le cheminement progressif du nouveau maître auquel il fait apparaître, par une rupture à la fois soudaine et éclairante, les bases profondes d’une spiritualité constamment renouvelée.

En effet, le récipiendaire est invité à redoubler d’une vigilance riche en paradoxes pour affronter, avec lucidité et en toutes circonstances, les temps actuels et futurs d’une humanité dont il doit, à la fois, indéfiniment assumer et construire le destin, dans le pacte solidaire qu’il a avec sa propre espèce, c’est-à-dire dans son engagement indissoluble pour l’Un comme pour le Tout.

Tel est le propos que poursuivra, samedi 19 octobre, le Très Cher Frère Jean-Louis Lemaitre, de la Grande Loge de France, dans une conférence en ligne  proposée gracieusement aux Frères et Sœurs Maîtres de toutes Obédiences, par l’Académie maçonnique Paris, qui nous communique l’invitation suivante vous permettant de vous inscrire aux conditions indiquées :

Dans le cadre de son cycle de conférences mensuelles, intitulé pour l’année 2024-2025 : « Ésotérismes et Initiations »,

L’Académie maçonnique Paris vous invite à écouter et à questionner en ligne, Samedi 19 octobre 2024 à 10 heures 30, le T⸫ C⸫ F⸫ Jean-Louis LEMAITRE, Maître maçon de la Grande Loge de France depuis 1992 – Ancien Grand Trésorier de la Grande Loge de France sur le sujet suivant :

« Le Mythe d’Hiram : une spiritualité pour le troisième millénaire ? »

Cette conférence se tient gratuitement en distanciel via un webinaire Zoom, sous réserve que, comme Sœur ou Frère de quelque Obédience que ce soit, vous soyez titulaire du grade de maître et vous inscriviez au moyen du lien ci-dessous :

https://us06web.zoom.us/webinar/register/WN_hyH5TiZDQmiKpWCvS6lqZA

Un an de conflit : un appel urgent à la paix

Un an déjà que la guerre fait rage sur le territoire de Gaza. A l’horreur du terrorisme, l’assassinat et la détention des otages, ont succédé les crimes de guerre et la mort de plus de 40.000 personnes dont une majorité de femmes et d’enfants.

Toutes les tentatives de la communauté internationale pour imposer un cessez-le-feu ont échoué. Aujourd’hui le conflit s’étend aux pays voisins faisant craindre un embrasement qui entraînerait des répercussions mondiales.

Pour éviter le pire, il est urgent que la communauté internationale par l’intermédiaire des Nations Unies et du Conseil de Sécurité exige un cessez le feu immédiat, la libération de tous les otages et le respect des décisions prises précédemment quant à la fin de l’occupation illégale de territoire, la reconnaissance du droit à exister d’Israël et la création d’un état palestinien viable.

Dans l’immédiat, s’appuyant sur les décisions de la Cour internationale de justice, nous pensons que tous les Etats, doivent cesser toutes livraisons d’armes aux belligérants.

Pour la Grande Loge Mixte Universelle obédience maçonnique, porteuse des valeurs de laïcité, d’universalité, militante pour passer de la culture de la guerre à la culture de la paix, la constitution de deux états laïques est souhaitable pour garantir une paix durable.

Pour la Grande Loge Mixte Universelle, tout recours à la guerre est un échec de la civilisation et le seul chemin possible vers la paix passe par la construction d’une coalition qui rétablira le dialogue conduisant à la réconciliation entre Israéliens et Palestiniens.

Bernard Dekoker-Suarez
Grand Maitre de la Grande Loge Mixte Universelle

Découvrez les secrets du Grand Temple maçonnique de Buenos Aires

De notre confrère cronista.com – Santiago Acevedo, Rédacteur en chef d’El Cronista México

C’est ainsi que fonctionne le Grand Temple de la Franc-Maçonnerie Argentine. Quelle est son histoire, ses symboles et son architecture expliqués par l’un de ses maîtres maçons. La Grande Loge d’Argentine des Maçons Libres et Acceptés, GLALAM, ouvre les portes de son Grand Temple dans le quartier Balvanera de Buenos Aires à toutes les personnes intéressées et attirées par la Franc-maçonnerie et le mystère qui l’entoure car étant l’un des plus anciens secrets de la société. dans l’histoire.

Selon les archives mentionnées par la Grande Loge, la franc-maçonnerie est arrivée en Argentine en 1795 sous le nom de « Loge de l’Indépendance », suivant les 
coutumes maçonniques de la Grande Loge générale écossaise de France.

Actuellement, il existe plus de 500 loges dans le pays qui appartiennent à la Grande Loge d’Argentine des maçons libres et acceptés, sous la direction du Grand Maître Pablo Lázaro, qui est devenu le plus jeune franc-maçon à atteindre le 33e degré. Ce statut a été occupé par de grandes figures telles que Bartolomé Mitre, Domingo Faustino Sarmiento et Leonardo N. Alen, entre autres héros notables.

Peut-on visiter le temple maçonnique de Buenos Aires sans appartenir à une loge ?

Oui, depuis deux ans maintenant, la Grande Loge d’Argentine des Maçons Libres et Acceptés a ouvert ses portes à toutes les personnes intéressées à en savoir plus sur la Franc-Maçonnerie, la signification de certains de ses symboles les plus caractéristiques et l’histoire fascinante de son architecture et de son architecture. débuts en Argentine. Pour les curieux de la Franc-Maçonnerie et des secrets qui l’entourent, il est important de savoir que la visite du Temple de la Grande Loge a lieu depuis deux ans.

En raison de son succès, Juan Bautista Tinguelli, maître maçon de GLALAM, a précisé que la fréquence des visites a augmenté et qu’il y a désormais plus de jours disponibles. Les visites ont lieu les mardis et jeudis de 17h à 18h jusqu’à la fin de l’année. La visite guidée spéciale du Temple a lieu une à deux fois par mois ; cependant, les dates peuvent varier, il faut donc faire attention aux communications officielles via leur site internet ou les réseaux sociaux.

À quand la prochaine visite guidée spéciale de la franc-maçonnerie argentine ?

La prochaine visite du Temple de la Franc-maçonnerie argentine aura lieu le 19 octobre à 14h30, pour une durée de deux heures. Vous devez réserver à l’avance en écrivant à tours@masoneria-argentina.org.ar, où vous recevrez des informations détaillées sur les coûts.

Concernant les visites dominicales de novembre et décembre, les dates ne sont pas encore fixées, mais la Grande Loge vous informera en temps utile par ses canaux officiels.

« Les gens ordinaires se sentent motivés à visiter le Grand Temple de GLALAM en raison de leur curiosité et de leur recherche d’informations sur l’institution, son histoire et sa symbologie « , a commenté le Maître Maçon, qui a souligné les raisons qui poussent les gens à assister massivement à ces visites.

Que puis-je voir lors de la visite du Grand Temple de la Franc-Maçonnerie ?

La visite offre un accès exclusif à tout le Temple, y compris le bureau de la Grande Maîtrise ou du Grand Respect, en passant par le secteur dédié à Saint Martin. De plus, vous aurez la possibilité de vous asseoir dans le lieu où se déroulent les réunions des loges argentines et les rites d’initiation.

Les visiteurs peuvent voir le bâtiment historique et le noyau de la franc-maçonnerie argentine. Vous pourrez admirer la fresque murale qui représente l’Energie Universelle
Vous visiterez le Grand Temple avec son plafond peint représentant la lumière et l’obscurité. Ils découvriront les symboles maçonniques, tels que la boussole et le triangle, le cercle et l’œil qui voit tout. Ils apprendront l’histoire de la franc-maçonnerie argentine et de ses personnalités importantes. Vous verrez le visage et le nom de tous les Grands Maîtres de la Loge Argentine. Ils découvriront l’évolution architecturale et symbolique du bâtiment. Ils participeront à une visite guidée avec la possibilité de poser des questions et de prendre des photos

Où se situe la loge maçonnique de Buenos Aires ?

Le Grand Temple de la Grande Loge d’Argentine des Maçons Libres et Acceptés est situé dans le quartier Balvanera, rue Tte

Un fait fascinant : il s’agit d’un des bâtiments piliers de la franc-maçonnerie argentine, créé en 1872 par Charles Henry Pellegrini, père de Carlos Pellegrini, président argentin entre 1890 et 1892. Ce bâtiment est considéré comme le plus ancien édifice public en activité dans toute la ville. de Buenos Aires.

Quels autres événements la franc-maçonnerie argentine organise-t-elle des portes ouvertes ?

L’un des grands événements qui nous permet de nous rapprocher de la Franc-maçonnerie est la Nuit des Musées. « Dans notre cas, le Grand Temple ouvre ses portes gratuitement une fois par an à ceux qui souhaitent le visiter « , a déclaré Juan Bautista Tinguelli.

Par ailleurs, des conférences ou « rencontres blanches » ouvertes au grand public sont organisées, où sont abordés des sujets qui traversent toutes les sociétés. « Nous avons la participation de spécialistes et d’historiens qui parlent de héros, d’éducation, entre autres sujets « , a déclaré le maître maçon.

Tous ces événements sont annoncés à travers les réseaux sociaux et le site Internet de la Grande Loge d’Argentine des Maçons Libres et Acceptés. « Le public est invité ouvertement et la plupart des activités sont gratuites », souligne le Maître Maçon.

Les aventures de Pierre-Paul, le candide (Épisode n°4)

Texte de Pierre Pelle Le Croisa – Illustrations de François Morel.

L’ÉLOGE DE LA FOLIE.

Le roi du banquet m’a traité de fou, et il a bien raison. Y a-t-il du vin et des viveurs sans un peu de folie ?

Faisons-en l’éloge, ce mécréant ne connaît rien à notre culte :

  • Vous me prenez pour un fou ? Vous ne pensez pas si bien dire ! C’est fête aujourd’hui. Et comme dans toute fête, les fous mènent la danse ! Ah, mes amis ! Comme avec plaisir je vous retrouve. Je savais bien que vous étiez trop fous, c’est-à-dire trop sages, pour ne pas être de mon avis ! Et maintenant donc, auditeurs très… comment dirais-je ?… auditeurs très fous ?… pourquoi pas ? c’est le titre le plus honorable que la Folie puisse donner à ses initiés… Vous êtes des initiés, n’est-ce pas ?
  • Oui, répondent mes auditeurs d’une seule voix, en levant leur verre.
  • Ainsi, sachez-le, il n’y a point de meilleur rôle auprès des grands que celui de fou. Longtemps il y a eu le fou du roi en titre ; en aucun cas il n’y a eu en titre le sage du roi. J’en conclus que celui qui serait sage n’aurait point de fou ; et que celui qui a un fou n’est pas sage. Mais s’il n’est pas sage, il est fou ; et peut-être, fût-il roi, le fou de son fou. Qu’en pensez-fou ? Euh… vous ?
  • En avant les armes[1] ! Buvons ! s’exclament les convives en chœur.

L’APPEL AU SECOURS.

Le Symposiarque me regarde par en dessous. Il se penche vers son voisin de droite et lui glisse à l’oreille :

  • Il est en train de gâcher notre banquet d’ordre !
  • Ça, c’est sûr !
  • Alors, ça y est ? Tu les as eus ?
  • Qui ?
  • Les flics !
  • Oui.
  • Quand est-ce qu’ils arrivent ? Ça urge, maintenant !
  • Il y a un car de police dans le coin. Ils ne vont plus tarder.
  • Tant mieux ! Il est temps !
  • Il est bon à enfermer !
  • Mais qu’est-ce qu’on s’amuse ! corrige l’un des convives.
  • Encore ! encore ! insistent les autres en frappant sur la table du plat de la main.

LA FÊTE DES FOUS.

Mon public me porte. Je m’échauffe :

  • Ah, mes amis ! Vous m’applaudissez ! Vous m’avez reconnu : je suis Bacchus. Je ne m’offense point du surnom de fou que vous me donnez – car ce surnom me vient de ce qu’étant assis à la porte du temple, les laboureurs me barbouillaient souvent de vin doux et de figues nouvelles. Vous l’avez compris : c’est par les jeux et les plaisirs de la folie qu’on peut me rendre un culte qui me soit agréable.
  • – Barbouillons-le ! Barbouillons-le ! entonnent mes hôtes dans une belle unanimité.

Un autre homme à licou coloré, à l’autre bout de la table, s’offusque :

  • Eh, là ! C’est moi le Couvreur ! C’est moi qui suis à la porte du temple ! Pas lui !
  • Alors barbouillons le Couvreur ! Barbouillons le Couvreur ! hurlent les convives.
  • Non ! Ce n’est pas ce que je voulais dire ! se rétracte l’intéressé.
  • Je ne veux pas de votre place, malum[2] ! rétorquais-je aussitôt. Je suis Bacchus, le roi de la fête ! Alors, compagnons d’agapes, francs-buveurs, barbouillez-vous. Et soyez assez sages pour être fous !
  •  Aux fous-sages, buvons !
  • Parfait feu[3] ! Buvons ! Buvons tout ! surenchérit le Couvreur qui craint que la menace de barbouille soit mise à exécution.

L’AGAPEUR.

Le Vénérable essaye de reprendre la main. Il saisit sa coupe : « Que ce vin que nous buvons réchauffe nos cœurs et répande notre amour fraternel[4]. »

Le nectar[5] est de qualité. Je l’apprécie :

  • Ah, qu’il est bon ! Celui-là, c’est du merum[6], un vin pur ! Pas comme celui que j’ai bu juste avant, il y a deux jours, et qui m’a fait mal à la tête…
  • Il sort d’une cuite et il repart pour une autre ? s’exclame un invité.
  • Mais c’est un ivrogne ! complète un deuxième.
  • Un vrai agapeur ! relance un troisième.
  • Comme nous !… remarque un comparse, déjà pris de boisson.
  • Alors, il est des nôtres ! Il a bu son vin comme les autres ! chantonnent les quatre en chorus, quelque peu éméchés.
  • Oui, je suis des vôtres – répondis-je en remplissant à nouveau mon verre et en le vidant d’un trait -. Il est bien tard d’épargner sur le tonneau quand le vin est à la lie. Il est tiré, il faut le boire !
  • – Alors, buvons ! Buvons tout ! reprennent mes francs-buveurs en asséchant leurs verres.
  • Reposez vos armes, mes Frères ! s’interpose timidement le Symposiarque, qui tente de s’entremettre dans les échanges. Mais il n’est pas écouté.

[1] Armes : Les armes sont les verres (rituels des banquets d’ordre).

[2] « Malum ! » :Interjection latine, traduite par « Diantre ! », « Diable ! », « Malheur ! ».

[3] « Feu ! » :Il y a trois types de feu : le petit feu (les Frères boivent le tiers du verre), le grand feu (les Frères boivent les deux tiers du verre) et le parfait feu (les Frères vident le verre) [« Rituel du banquet d’ordre » du « rite Français »].

[4] « Que ce vin que nous buvons réchauffe nos cœurs et répande notre amour fraternel » :  Cette phrase est tirée du « Rituel des travaux de table du solstice d’hiver »  du « Rite Écossais Ancien et Accepté »).

[5] Nectar : C’est la boisson des dieux de l’Olympe.

[6] Merum : Le merum qualifie le vin pur par rapport au vin coupé d’eau, pour les Romains.

Que nous apporte la Franc-maçonnerie ?

C’est une question qui nous est souvent posée par des profanes intrigués de nous savoir membre d’une loge. C’est très délicat d’y répondre, car il est difficile d’imaginer une réponse identique pour toutes celles et tous ceux qui ont été initiés.

Les réponses que je vous livre n’engagent donc que moi !

Initié dans une loge qui pratique le rite écossais ancien et accepté que j’ai suivi jusqu’au chapitre ; les contraintes professionnelles m’ayant obligé à déménager, j’ai ensuite appartenu à une loge qui fonctionne au Rite Français dit Groussier. Un changement d’hémiphère m’a amené à être fondateur d’une loge qui avait choisi le rite ancien et primitif de Memphis Misraïm. Le hasard a voulu que je n’ai jamais appartenu à une loge mixte. Tout cela pour évoquer les influences rituelles que j’ai subies.

De cette expérience personnelle, la franc-maçonnerie m’a appris cinq réflexions que je vous soumets.

A – Intégrer le droit à l’erreur dans la compréhension de l’autre

Etre franc-maçon c’est appartenir à une loge maçonnique. Ce que nous apporte la franc-maçonnerie provient de ce vécu dans la ou les loges que nous fréquentons ou que nous avons fréquenté ! Ce vécu constitue le secret maçonnique qui nous façonne peu ou prou !

Dans le cadre de ce vécu nous approchons d’autres membres de la loge ; de cette proximité naîtra des influences qui nous transformerons.

Après plus de 45 ans de vie maçonnique, je dirai que le premier apport important que cette démarche maçonnique m’a donné concerne l’apprentissage du droit à l’erreur !

Ce droit à l’erreur c’est d’abord le constat de mes propres erreurs et en particulier l’erreur de vouloir être exigeant !

C’est aussi l’erreur que l’on perçoit a posteriori dans une attitude, un comportement ou une réflexion émise lors d’une tenue soit par moi-même soit par un membre de la loge, un visiteur ou un officier.

Quoiqu’on dise, entende ou voit, la démarche maçonnique nous apprend à ne pas répondre, à ne pas polémiquer et à accepter, en espérant qu’un jour viendra où nous saurons rectifier !

Ce droit à l’erreur est la base de la nécessaire bienveillance qui doit imbiber nos rapports humains d’une part entre francs-maçons dans la loge, mais aussi en dehors du temple avec quiconque !

Je suis convaincu que cette compréhension du droit à l’erreur m’a permis d’une part de ne pas succomber à la tentation de la démission et d’autre part de dépasser les inévitables imperfections que l’on peut rencontrer afin de persister dans l’effort du travail personnel pour éclairer les zones sombres du vécu humain que je ne connaissais pas !

B – Apprendre à maîtriser les pulsions de violence

C’est le deuxième bienfait de la franc-maçonnerie ! Fondamentalement, la franc-maçonnerie est pacifiste ! Or l’être humain possède des pulsions de violence ! La franc-maçonnerie nous apprend à maitriser cette violence qui est aux bords de nos lèvres ou de notre main selon qu’il s’agisse de violence verbale ou physique. Le rituel maçonnique dans son contenu aborde ce difficile apprentissage ! On peut d’ailleurs s’étonner le succès qu’ont eu les loges militaires !

Remarquons que c’est un sujet rarement abordé ! Saluons le numéro 7 (juin 2024) de la Revue Sisyphe de la Grande Loge Mixte de France consacré à « La franc-maçonnerie en guerre contre la violence – Préserver un héritage de paix »

Cette maîtrise de la violence que nous apprend le rituel maçonnique à partir du 3ème degré mériterait d’être mise en exergue car elle répond exactement à une préoccupation universelle !

C’est pour maîtriser les pulsions de violence que l’on ne doit pas polémiquer en loge ! En loge on ne dialogue pas ! Chacun, chacune, apporte une pierre à la réflexion ! Donner un avis sur une contribution n’a aucun sens si ce n’est celui de s’opposer ce qui est le propre de la vie profane !

C – Comprendre l’importance d’une gouvernance collective

La loge maçonnique fonctionne, par une filiation invisible, sur le modèle de la tribu archétypique avec une différence fondamentale : alors que la tribu archétypique concède l’autorité à un chef du clan majoritaire, la gouvernance d’une loge maçonnique se conçoit sur le modèle collectif du collège des officier-e-s.

Avouons que c’est très rarement appliqué ! Comme dans le monde profane, dans de nombreuses loges le ou la Vénérable est issu-e du clan majoritaire et fonctionne avec les pleins pouvoirs ou presque !

Par absence de formation et aussi par faiblesse, la gouvernance des loges pêche par la médiocrité de la facilité.

Comprendre l’importance d’une gouvernance collective spécifique à la démarche maçonnique permet de mieux aborder la problématique de la place de la franc-maçonnerie dans la société profane !

Aujourd’hui, les obédiences recrutent pour faire du chiffre ! Ce recrutement est orienté vers les loges qui les gèrent avec toute la bonne volonté qu’il est possible mais sans ligne de conduite mûrement réfléchie.

Cette situation aboutit à un paradoxe : une demande toujours forte mais un taux d’abandon également fort qui fait qu’au total c’est la stagnation qui prime !

D – La franc-maçonnerie nous apprend la vertu de l’humilité et de la pauvreté !

Dès l’entrée dans le cabinet de réflexion, le (ou la) candidat-e à l’initiation est invité-e à réfléchir sur la condition de l’existence humaine.

Toutes les références à la réussite sociale sont présentées sous l’angle négatif de la prétention, de l’autosatisfaction et de la vanité.

On pourra me rétorquer que cela n’a pas empêché les dorures et le decorum qui trônent ici ou là, sans parler de la jouissance manifeste, observée parfois, à se prévaloir de qualités matérielles !

Apprendre l’humilité c’est accepter de n’être que peu de chose individuellement mais de pouvoir prétendre à faire beaucoup collectivement.

C’est l’humilité, la simplicité et la pauvreté qui peuvent prétendre apporter la Paix et la Sagesse dans la société !

Bien sûr il s’agit d’une intention qui nous est proposée mais qui, à ce jour, n’a pas encore été réalisée.

E – Cinq valeurs qui permettent de « s’orienter » dans ce monde si difficile

La démarche maçonnique nous invite à répandre dans le monde profane ce que nous pouvons apprendre en loge.

A mon humble avis, cinq valeurs peuvent rentrer dans ce processus de transmission :

  • La bienveillance
  • La liberté de conscience
  • La recherche spirituelle
  • Le respect d’une éthique irréprochable,
  • Le développement de la Fraternité Universelle.

Que cela soit dans notre vie personnelle ou professionnelle, au milieu d’amis ou en voyage à l’étranger, ces valeurs qui découlent de la démarche maçonnique peuvent aider celles et ceux qui les adoptent à vivre dans l’Harmonie.

Voilà ce que j’explique à celles et ceux qui me demandent ce que la franc-maçonnerie m’a apporté.

Pour aller plus loin :

Après avoir servi à l’Orient… dans la Loge

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De notre confrère universalfreemasonry.org – Par Kristine Wilson-Slack 33o

Après avoir servi à l’Orient, qu’est-ce qui caractérise le rôle de passé Maître ?

Avant de devenir Maître d’une Loge, située à l’Est du Temple, le Franc-Maçon peut débuter sa carrière dans un certain nombre de fonctions, selon l’Obédience maçonnique à laquelle il appartient. Dans certains Ordres, les Loges sont petites et le nouveau Franc-Maçon peut être amené à exercer plusieurs fonctions en même temps.

Dans mon ordre, mes premières années ont été remplies de travail au sol, de travail de secrétariat, de musique et d’une multitude de rôles différents. J’ai beaucoup appris sur les besoins des bureaux individuels ainsi que sur la façon dont ils fonctionnent en collaboration avec les autres. Était-ce optimal ? Cela me convenait et, même si certains pourraient ne pas être d’accord, c’était ce que nous avions. J’étais reconnaissant d’avoir eu l’occasion de servir et d’apprendre autant de choses si rapidement.

Ce service fut récompensé par la croissance de la Loge. Nous pûmes bientôt remplir les bureaux de personnes, chacune apprenant en profondeur sa position et sa place. Cela aussi eut ses trésors, car chaque membre fut bientôt capable de saisir toute l’essence du travail en commun pour une fin harmonieuse. Ce n’est que lorsque je fus installé comme deuxième de la Loge que j’envisageai de déménager à l’Est et de devoir être « responsable ». Le « deuxième » de la Loge siège à l’Ouest et est généralement appelé Gardien. La perspective terrifiante et inquiétante de devoir un jour prendre en charge les soins et l’alimentation de la Loge m’avait également rempli de questions : que ferais-je différemment ? Quels étaient mes plans ? Quel serait mon héritage ?

On dit que la Franc-Maçonnerie accélère l’évolution de l’homme. Cela signifie que les circonstances de la Loge changent et ondulent, ce qui amène l’Officier Maçonnique à se déplacer et à changer au mieux de ses capacités. Il faut noter que la Loge n’est pas le temple ou le bâtiment où les Francs-Maçons se réunissent ; c’est plutôt le corps des Francs-Maçons qui se réunissent pour des raisons rituelles. C’est le groupe, pas le lieu.

La Loge (un groupe de personnes) est donc le catalyseur de l’évaluation des individus qui en font partie. C’est du moins ce que je comprends.

En pratique, cela signifie que toute la planification du monde ne peut pas vous préparer à tout. En tant que « deuxième », je me souviens d’avoir été assis en face du Maître, que j’étais censé soutenir et aider, et d’avoir ressenti un sentiment d’agacement et de frustration :

Pourquoi fait-elle les choses de cette façon ? Pourquoi pas « de cette façon » ?

J’ai dû apprendre à décomposer et à démanteler. Cela peut être écrasant pour certains : si leur Maître s’écartait simplement, le « vrai » travail pourrait commencer. Quelle naïveté et quelle justesse, même si un peu hors de contrôle.

La première chose qui vient à l’esprit, en arrivant en Orient, c’est l’idée que vous n’étiez peut-être pas aussi bon franc-maçon que vous le pensiez. Je ne veux pas dire que vous ne savez pas comment diriger une Loge ; nous savons que cela vient avec la pratique. Certains sont nés pour diriger et trouvent leur chemin facile, tandis que d’autres doivent se frayer un chemin à travers les mauvaises herbes et la jungle pour se frayer un chemin.

Le Maître de l’Est apprend à remplir les papiers et à exécuter le rituel ; il peut être en mesure de former et d’éduquer d’autres personnes dans l’art de la franc-maçonnerie. Il y a toujours beaucoup de travail et une myriade de questions auxquelles il faut répondre. Cependant, siéger à l’Est amène à réfléchir sur sa propre carrière maçonnique jusqu’à ce point.

Comment traitaient-ils leurs anciens maîtres ? Comment répondaient-ils aux demandes d’aide émanant soit des officiers, soit de leurs confrères ? Traitaient-ils la Franc-Maçonnerie avec la révérence qu’elle mérite ?

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Souvent, la réponse est que nous savons que nous aurions pu faire mieux. Certains Maîtres surcompensent et essaient d’être encore meilleurs, quoi que cela puisse signifier. Ils penchent trop loin dans un sens, un pendule qui se balance de manière incontrôlable. Ils quittent leur Loge peut-être plus chaotique qu’ils ne l’ont trouvée. Ils peuvent aussi pencher dans le sens inverse, réalisant que le travail était beaucoup plus compliqué qu’ils ne le pensaient. Ils en viennent à laisser d’autres diriger la Loge, présumant que leurs officiers connaissent leur travail, et finalement le chaos s’infiltre. Heureusement, ces deux résultats sont rares.

S’asseoir à l’Est est beaucoup plus difficile, et à certains égards plus facile, que nous le pensions. Les maîtres se montrent à la hauteur grâce à l’humilité, à la détermination, au courage et à la compassion. Ils apprennent à lâcher prise, à déléguer et à assurer le suivi. Prendre soin de vos membres contribue grandement à leur réussite. Sont-ils parfaits ? Non. Mais, en général, ils le savent. Et ils savent qu’ils peuvent toujours faire mieux.

Et puis, dans un sifflement, ils sont terminés. Terminé.

Ils siègent désormais à la gauche du Maître, l’aidant au besoin, mais ils deviennent des observateurs silencieux. Ils deviennent l’ombre et, peut-être, pour certains, ils pensent qu’ils ne sont pas utiles. Ils sentent que la Loge avance, qu’elle avance, avec un nouveau capitaine à la barre. Il est rare que le Maître reprenne son rôle d’officier dans sa propre Loge.

Dans certaines juridictions maçonniques, la maîtrise peut ne durer qu’un an, et dans d’autres, elle peut durer jusqu’à quatre ou cinq ans. Dans la plupart des cas, l’effet est le même : il y a une période de perte et de deuil pendant laquelle le maître peut ne plus se sentir aussi pertinent que la veille.

Cette position de Maître Passé Immédiat est, pour moi, celle qui se rapporte à l’apprenti, à quelqu’un qui vient d’être initié à la Franc-Maçonnerie. C’est l’octave au-dessus de l’apprenti, créant un accord d’harmonie, de relation et de continuité au sein de la Loge.

La Loge compte sept officiers réguliers et le Maître passé complète le cycle pour amener le travail au niveau supérieur. Ils se connectent à l’expérience, à l’histoire et au rituel – pour apporter des informations précises à la génération suivante.

En termes pratiques, le Past Master est la mémoire du rituel et de la procédure. Il existe certains postes au sein de la Loge qui sont idéaux pour un Past Master, certains officiers qui nécessitent cette expérience et ces connaissances pour exécuter correctement et créer une continuité.

Leurs connaissances aident le nouveau Maître à diriger les choses de manière fluide et harmonieuse. Alors que « trois personnes dirigent la Loge », le Maître passé est véritablement un « bras gauche » pour le Maître : un confident qui peut lui fournir des informations sur le passé immédiat.

Pourtant, la plupart des Loges, Districts et Juridictions ont besoin de bien plus. Ils ont besoin que les piliers des colonnes restent forts, dynamiques et actifs. Le Maître passé peut être une force stabilisatrice non seulement pour sa Loge, mais aussi peut-être pour d’autres dans la région. Il peut être un écrivain et un bâtisseur, capable de soutenir la Franc-Maçonnerie grâce à la profondeur de son expérience. Il peut contribuer à son Ordre dans son ensemble ou à un ensemble plus large de Loges s’il le souhaite.

En fait, le Passé Maître a une gamme de services plus large que jamais auparavant ; il existe un monde de la Franc-Maçonnerie qui requiert son expérience, tout comme nous avons besoin des Maîtres des métiers pour encadrer et enseigner aux nouveaux travailleurs.

La vie du Maître du Passé ne s’estompe pas, pas du tout. Au contraire, le monde devient bien plus vaste qu’il ne pourrait l’imaginer.

Le premier grand maître philippin de la Franc-maçonnerie en Australie

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De notre confrère australien philtimes.com.au – Par Rado Gatchalian

Le 28 septembre 2024, dans l’emblématique hôtel de ville de Sydney, plus d’un millier de participants ont assisté à un événement historique lors de l’installation du 41e Grand Maître de la Grande Loge Unie de Nouvelle-Galles du Sud et du Territoire de la capitale australienne des Francs-Maçons Anciens, Libres et Acceptés. Sir Khris Albano, KCR, qui est également membre de l’Ordre des Chevaliers de Rizal, est le premier Grand Maître d’Australie d’origine philippine.

Des Grands Maîtres d’autres États d’Australie et d’autres pays comme la Russie et le Japon ont assisté à cet événement. Un grand nombre de délégations des Philippines, dirigées par le Grand Maître de la Grande Loge des Philippines, le Très Vénérable Ariel T. Cayanan, ont participé à cet événement historique en soutien total à notre compatriote philippin Khris Albano.

La franc-maçonnerie est la plus ancienne fraternité du monde et l’une des plus anciennes organisations continues de l’histoire, connue pour son objectif de rendre les hommes meilleurs.

Khris Albano a été initié à la franc-maçonnerie à la Loge Dalisay n° 14 (Grande Loge des Philippines) en août 2002, et a achevé son parcours vers le rang de Vénérable Maître en 2007. Il a été nommé Grand Maître de District en 2010. Après avoir déménagé en Australie, il s’est affilié à la Loge Jose Rizal n° 1045 en 2011, servant de précepteur pour les équipes d’exemplification démontrant les trois degrés dans diverses juridictions internationales. Il est ensuite devenu le Vénérable Maître Fondateur de la Loge Elysian n° 418 pour le mandat 2018-2019. Avant d’être élu Grand Maître, il était le Grand Maître Adjoint de l’UGL NSW-ACT.

Ézoïque

Sir Khris Albano, KCR lors de son installation en tant que Grand Maître le 28 septembre 2024 PHOTO : Romy Nieto
Sir Khris Albano, KCR lors de son installation en tant que Grand Maître le 28 septembre 2024 PHOTO : Romy Nieto
Sir Khris Albano, KCR avec son épouse Carol PHOTO : Romy Nieto
Sir Khris Albano, KCR avec son épouse Carol PHOTO : Romy Nieto

De nombreux observateurs ont noté que la franc-maçonnerie ici en Australie est désormais dominée par les Philippins. Cela ne devrait pas être une surprise car la franc-maçonnerie a joué un rôle majeur dans l’histoire des Philippines. Le premier président philippin Emilio Aguinaldo, le père de la révolution philippine Andres Bonifacio, le héros national des Philippines Dr. Jose P. Rizal et le sublime paralytique Apolinario Mabini étaient parmi les nombreuses figures clés qui appartenaient à la franc-maçonnerie et qui ont façonné l’histoire des Philippines. Ainsi, la franc-maçonnerie est une « grande chose » dans la société philippine car elle continue de suivre cet héritage historique de patriotisme, de liberté, d’excellence, de charité, de leadership et d’intégrité.

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Partout où un Philippin va, il emporte avec lui ce lien maçonnique historique et cette fierté. 

L’élection de Khris Albano à ce plus haut rôle dans la Franc-Maçonnerie fait écho au sentiment du Dr Jose P. Rizal lorsqu’il s’exclama le 25 juin 1884 lors du banquet de Madrid, en l’honneur de nos peintres philippins, les mots suivants :

« Luna et Hidalgo sont des gloires espagnoles et philippines. Elles sont nées aux Philippines, mais elles auraient pu naître en Espagne, car le génie ne connaît pas de pays, le génie germe partout, le génie est comme la lumière, l’air, le patrimoine de tous, cosmopolite comme l’espace, comme la vie, comme Dieu. »

Khris Albano a prouvé que José Rizal avait raison. Bien que les Philippins vivent dans des pays étrangers, cela ne les empêche pas de se surpasser et d’être égaux aux personnes d’autres nationalités, à tout le monde. La franc-maçonnerie favorise l’égalité entre les frères afin qu’ils puissent être au même niveau que leurs frères. 

En effet, le génie ne connaît pas de frontières.

Félicitations au Très Vénérable Grand Maître Khris Albano pour cette réalisation remarquable !

D’anciens membres d’une Loge s’enferment dans un Temple à Mérida

De notre confrère mexicain poresto.net

Expulsés de la fraternité, ils ont repris le siège historique de la Grande Loge Unie « La Péninsule Orientale » au Centre de Mérida.

Un groupe minoritaire, expulsé de la fraternité a pris d’assaut le siège historique de la Grande Loge Unie « La Péninsule Orientale », faisant de la franc-maçonnerie du Yucatan la victime de la dépossession des propriétés situées dans les 63e et 72e rues du centre historique de Mérida.

Dimanche dernier, vers 15 heures, une cinquantaine de membres Francs-maçons se sont présentés aux portes du Temple pour demander aux envahisseurs de quitter paisiblement.

Ceux-ci, après avoir remarqué la présence d’un important groupe de membres, ont fermé la porte avec un cadenas et ont empêché les représentants légaux de la Grande Loge Unie « La Péninsule Orientale de Antiguos Libres et Maçons Acceptés de la Gran Oriente de Yucatán, AC » d’entrer. Ils étaient pourtant légalement constitués et porteurs d’un pouvoir maçonnique.

Face au refus du groupe d’invasion et à la discussion qui s’intensifiait, les représentants légaux de l’association civile ont demandé le soutien de la Police Municipale à travers le numéro d’urgence 911.

À l’arrivée des éléments de la Police Municipale, auxquels se sont ajoutés ceux du Secrétariat de la Sécurité Publique de l’État , les représentants légaux et autres ont souligné le caractère flagrant du délit de dépossession de biens immobiliers.

Cependant, comme c’est souvent le cas dans ces cas-là, les éléments ont choisi de ne pas intervenir parce qu’il s’agissait d’un conflit entre individus : ils se sont limités à empêcher l’affrontement entre les parties. Le commandant Miguel Ángel Suaste Huex, directeur du secteur central de la Société de sécurité de l’État, est arrivé sur les lieux des événements , accompagné de plusieurs éléments.

Le groupe mutin a placé une plaque à l’entrée avec le nom de La Peninsular Sociedad Civil Particular, apparemment le même jour, quelques heures avant les événements. Le groupe d’envahisseurs est dirigé par José Luis Bustillos González, propriétaire du Grupo Mercantil Artex SA de CV, membre de la délégation du Yucatán de la Chambre nationale de l’industrie du vêtement (Canaive), il a été expulsé de la franc-maçonnerie du Yucatan avec un petit groupe de membres pour des infractions qui sont considérées comme des crimes au sein du groupe.

Sur place, Roger Armando Pardío Villareal a été identifié comme le représentant légal, qui était membre de la Coalition « Nous sommes tous le Yucatán », composée des partis Convergencia et Travailliste, ainsi que conseiller juridique des ejidatarios Pisté. qui Ils se sont opposés au projet Mayan Train, demandant une compensation supérieure à celle que Fonatur leur avait proposée.

Grâce à des vidéos du jour de l’altercation, qui a provoqué l’arrêt de la circulation dans la 63e rue, le capitaine de l’armée à la retraite, Miguel Ángel Contreras García, a menacé le commandant Suaste Huex de le dénoncer pour ne pas favoriser les envahisseurs.

Les pilleurs ont eu recours aux services d’une entreprise de sécurité privée, propriété de la sœur de Carlos Antonio Hagar Pachón, impliquée dans des conflits juridiques concernant des dettes commerciales et avec la Commission fédérale de l’électricité (CFE) pour vol présumé d’énergie électrique.

Il est également accusé d’avoir volé des ressources du Trésor de la Grande Loge. Selon l’histoire publiée sur son site Internet, depuis sa fondation, la Grande Loge Unie « La Péninsule Orientale » a traversé différentes étapes et est restée une référence importante pour la franc-maçonnerie mexicaine et également sous d’autres latitudes.

Le 15 août 1882, l’organisme appelé Conseil Suprême du Mexique a donné l’autorisation d’établir dans la ville de Mérida, la Grande Loge Symbolique de l’État du Yucatán du Rite Écossais Ancien et Accepté.

La lettre patente a été accordée à Olegario G. Cantón, Domingo Evia, Isidro González, Adolfo Cisneros, Luis García M., Luis Serrano et Carlos L. Tapia. Au XXe siècle, la Grande Loge « La Orientale » fut constituée le 24 avril 1913, avec les loges maçonniques « Renacimiento » n°1, « Ermilo G. Cantón » n°2 et « Galileo » n°3. Lodge (avec juridiction au Yucatán, Campeche et Quintana Roo, ainsi qu’au Belize) a travaillé dans le bâtiment maçonnique disparu qui était situé sur la 59ème rue avec la 64ème et la 62ème dans le centre historique de la capitale du Yucatan.

Le 24 juin 1923, est autorisée la formation d’une autre Grande Loge d’État, appelée « La Péninsulaire », composée des loges maçonniques « Établissement » n° 12, « Fiat Lux » n° 14 et « Fénix » n° 17. , avec juridiction au Yucatán, Campeche et Quintana Roo.

De cette Grande Loge émergera une autre du même nom, et trois grandes loges du Yucatán fusionnèrent à un moment donné dans les années 20 du 20e siècle. Finalement, le 14 septembre 1928, lors d’une assemblée maçonnique, les membres des deux grandes loges du Yucatan améliorèrent la direction du travail maçonnique grâce à leur unification.

Ainsi fut créée la Grande Loge Unie « La Péninsule Orientale », fruit de la fusion de tous les ateliers maçonniques existant à cette époque en une seule Grande Loge.

On va recruter chez les Francs-maçons !

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Ça va l’faire !

Je m’explique, je me demande si à l’intérieur de nos Loges, nous n’allons pas avoir besoin de sœurs et de frères de plus en plus spécialisés et notamment dans le domaine de la communication.

Pourquoi ne pas créer un poste de Franc-maçon(ne) dans nos ateliers avec comme titre : Expert(e) Communicant(e)

Ainsi, ce ou cette spécialiste synthétisera toute la complexité et l’importance de la charge à laquelle les ateliers aujourd’hui sont confrontés au niveau administratif pour la gestion de la communication dans la loge et entre loges, qui font que les conséquences pèsent de plus en plus sur le bon déroulement de nos travaux si nous n’agissons pas.

Ce n’est pas un constat alarmiste, mais il est bon à mon avis d’en prendre conscience et d’y réfléchir.

« La franc-maçonnerie a la réputation d’innover et d’aller de l’avant. »

Il me semble juste de faire des propositions dans ce sens même si ma réputation est peut-être plus celle d’un papillon qui flirte, parfois un peu trop avec le monde profane.

Je vous laisse en découvrir plus en visionnant la vidéo ci dessous lors du dernier « meeting solitaire » de la minute du Grand René sur le sujet :