L’ancien magistrat à AgenParl : « Nous avons reconstitué l’existence de massomafias dans lesquelles la bourgeoisie mafieuse a un rôle central »
ROME C’est une rivière en crue, Luigi de Magistris, ancien magistrat et ancien maire de Naples. « En Italie, très peu de magistrats ont enquêté sur les relations entre la ‘Ndrangheta, la franc-maçonnerie déviante et les pouvoirs forts », affirme-t-il dans un entretien exclusif accordé à l’ agence AgenParl . Sur le lien présumé entre la mafia et la franc-maçonnerie, De Magistris poursuit : « Les liens remontent certainement au temps, au moins depuis les années 1970 et aujourd’hui ils sont plus enracinés que jamais. Nous sommes en pleine criminalité institutionnelle et camouflage de la ‘ndrangheta jusqu’au cœur de l’État et cela est dû avant tout au travail d’une franc-maçonnerie déviante.
Grâce à mes enquêtes entre 1996 et 2008, nous avons reconstitué l’existence de massomafias dans lesquelles la bourgeoisie mafieuse assumait un rôle central . Pour l’ancien magistrat « la franc-maçonnerie déviante, les massomafias s’étendent partout. Politiquement, ils opèrent de manière absolument transversale. » Mais quel est le but ? « Conditionner les institutions démocratiques, prendre des décisions ailleurs et les ratifier dans des cadres institutionnels.
Un véritable gouvernement caché de la République qui fonctionne depuis au moins la fin des années 1960 et qui est aujourd’hui plus fort que jamais . Un passage éclairant, dans lequel De Magistris rappelle les enquêtes menées lorsqu’il était magistrat à Catanzaro. Des enquêtes délicates « dans lesquelles nous reconstruisions le système criminel mafieux de masse ont été entravées (…) J’ai été isolé et frappé », avoue-t-il. L’entretien se poursuit et le journaliste d’AgenParl demande à De Magistris des éclaircissements sur la prétendue relation entre la ‘ndrangheta et la franc-maçonnerie déviante.
« C’est une chose unique, surtout quand on monte aux niveaux supérieurs, là où passent les fils haute tension. C’est là que s’opère l’union entre la franc-maçonnerie déviante et la ‘Ndrangheta de dernière génération. Plutôt que de s’infiltrer, ils visent désormais à être l’Etat, l’heure n’est plus à la collusion, le saut qualitatif est fait : entrer au cœur de l’Etat. Quels sont les antidotes possibles ? La législation qui a introduit le délit d’association secrète en 1982, après le scandale P2, doit être renforcée.Les sanctions doivent être augmentées et l’infraction pénale doit être mieux précisée . Et puis il ne faut pas toucher à l’autonomie et à l’indépendance du pouvoir judiciaire, sinon il sera impossible d’enquêter dans ce sens. »
Les relations entre la ‘Ndrangheta, la franc-maçonnerie déviante et les pouvoirs forts sont complexes et souvent entourées de mystère. Elles reflètent une interaction entre la criminalité organisée, les structures clandestines et les sphères influentes de la société, créant un réseau de corruption et de pouvoir difficile à percer. Voici un aperçu de ces relations :
1. La ‘Ndrangheta : Un empire criminel international
La ‘Ndrangheta est une organisation criminelle originaire de la Calabre, en Italie, aujourd’hui considérée comme l’une des mafias les plus puissantes et influentes du monde. Contrairement à d’autres organisations mafieuses comme la Cosa Nostra, elle opère souvent dans l’ombre, mais avec une influence croissante dans divers secteurs, y compris la politique, l’économie et les affaires internationales.
Grâce à son réseau mondial et à ses revenus issus du trafic de drogue, du blanchiment d’argent, et d’autres activités illégales, la ‘Ndrangheta est capable d’infiltrer de nombreuses institutions légales et économiques.
2. La franc-maçonnerie déviante : Une branche secrète et corrompue
La franc-maçonnerie, à l’origine, est une institution philosophique et fraternelle dont les principes incluent la promotion de valeurs telles que la tolérance, l’éthique et l’amélioration de l’individu et de la société. Cependant, au fil des décennies, certaines branches de la franc-maçonnerie, dites « déviantes », ont été impliquées dans des scandales de corruption, de collusion avec des forces criminelles, et d’abus de pouvoir.
La « franc-maçonnerie déviante » désigne ces loges ou membres qui utilisent l’infrastructure maçonnique pour des activités criminelles ou illégales. Cela peut inclure la manipulation des processus judiciaires, des contrats publics et des affaires politiques. Ces pratiques dénaturent les idéaux originaux de la franc-maçonnerie et créent des réseaux clandestins de pouvoir parallèle.
3. Les liens entre la ‘Ndrangheta et la franc-maçonnerie déviante
Les enquêtes italiennes et internationales ont révélé à plusieurs reprises des liens étroits entre des membres de la ‘Ndrangheta et des loges maçonniques déviantes. Ces relations permettent à la ‘Ndrangheta de bénéficier de la protection et de l’influence offertes par des membres influents de la société, tels que des politiciens, des juges, des chefs d’entreprise, et d’autres figures de pouvoir.
– Infiltration dans les institutions : Les membres de la ‘Ndrangheta auraient infiltré des loges maçonniques déviantes pour bénéficier d’une couverture légale, accéder à des informations privilégiées, et s’assurer de la complicité de figures influentes dans les processus judiciaires et économiques.
– Protection judiciaire : En raison de la présence de membres corrompus dans les institutions judiciaires et policières, la ‘Ndrangheta a souvent pu éviter des poursuites ou minimiser les sanctions grâce à ses relations dans les loges maçonniques déviantes.
– Accès aux marchés publics et à la politique : Par le biais de la franc-maçonnerie déviante, la ‘Ndrangheta a accès à des marchés publics lucratifs et peut influencer la politique locale et nationale pour garantir des avantages financiers et stratégiques.
4. Les « pouvoirs forts » et leur rôle dans ce réseau
Le terme « pouvoirs forts » désigne généralement les institutions et les personnes qui exercent une influence importante sur la société, tels que les gouvernements, les grandes entreprises, les médias, et les institutions judiciaires. Lorsque ces « pouvoirs forts » sont corrompus ou infiltrés, ils deviennent des alliés indirects des réseaux criminels comme la ‘Ndrangheta.
– Corruption politique : Les politiciens corrompus peuvent fermer les yeux sur les activités criminelles ou même faciliter les opérations de la ‘Ndrangheta en échange de soutien financier ou électoral.
– Influence sur les marchés économiques : La ‘Ndrangheta utilise les relations avec des entreprises et des banques pour blanchir de l’argent ou accéder à des contrats lucratifs.
– Manœuvres judiciaires : Les relations avec des juges, des procureurs ou des forces de l’ordre au sein des loges maçonniques déviantes garantissent une impunité ou des traitements de faveur en cas d’enquêtes judiciaires.
5. Exemples et enquêtes
– Loge P2 : Un des exemples les plus notoires de franc-maçonnerie déviante est la loge maçonnique Propaganda Due (P2), qui a été impliquée dans des scandales politiques, économiques, et criminels en Italie dans les années 1970 et 1980. Bien que P2 ait été dissoute, elle symbolise la manière dont des loges maçonniques peuvent être manipulées par des forces criminelles et corrompues.
– Enquêtes récentes : Des enquêtes menées en Italie, telles que celles autour de l’opération « Mammasantissima », ont révélé des connexions entre la ‘Ndrangheta et des loges maçonniques déviantes, confirmant que des membres de la mafia calabraise utilisent ces réseaux pour renforcer leur pouvoir et protéger leurs activités.
Pour conclure
Les relations entre la ‘Ndrangheta, la franc-maçonnerie déviante et les pouvoirs forts forment un réseau complexe d’influences mutuelles. Ce réseau permet à la ‘Ndrangheta de s’infiltrer dans les structures légales et politiques pour renforcer son empire criminel. Ces relations démontrent comment la criminalité organisée, lorsqu’elle bénéficie du soutien de certaines élites corrompues, peut devenir une force quasi-incontrôlable, capable d’influencer la politique, l’économie et la justice dans des pays comme l’Italie, et au-delà.
Du magazine chretien katholisches.info – Par le Père Paolo M. Siano*
Après avoir souligné les éléments gnostiques dans divers écrits du politologue russe Alexandre Douguine, je considère qu’il est important d’approfondir notre connaissance de la Russie ésotérique, ou plutôt de l’ésotérisme en Russie. Pour mieux comprendre les racines de la pensée gnostique de Dugin, il ne faut pas s’arrêter aux idées de l’Italien Julius Evola (1898-1974) ou du Français René Guénon (1886-1951), deux ésotéristes occidentaux du XXe siècle, mais il faut aller plus loin. retournez le chercher vous-même en Russie.
Il est intéressant de noter que le professeur Douguine, plein de zèle et d’enthousiasme pour la Sainte Russie (zèle impérialiste, belliciste, anti-occidental et apocalyptique), absorbe néanmoins dans sa pensée des éléments de l’ésotérisme gnostique forgé dans l’Occident corrompu. N’est-ce pas une contradiction ? Oui, la contradiction, ou plutôt la coniunctio oppositorum , élément essentiel de l’ésotérisme gnostique.
Introduction : l’ésotérisme russe avant Douguine
Comme chez nous en Occident, il existe également dans la Sainte Mère Russie un milieu ésotérique et gnostique diversifié et vieux de plusieurs siècles. En 1997, Cornell University Press (Ithaca et Londres) a publié le livre « L’ occultisme dans la culture russe et soviétique », 468 pages, édité par Bernice Glatzer-Rosenthal (1938-2024), érudite juive et professeur d’histoire à l’Université Fordham . ( Université Jésuite de New York).
Dans l’introduction, le professeur Glatzer-Rosenthal souligne la présence significative de l’occulte aux XIXe et XXe siècles, tant dans la Russie pré-révolutionnaire que dans la culture soviétique : « L’occulte était une partie notable de la culture pré-révolutionnaire russe et soviétique. Les enseignements occultes ont trouvé la faveur des artistes, des écrivains et des militants politiques. […]. Les premiers psychologues russes étudiaient la suggestion hypnotique et le transfert de pensée, des sujets alors associés à l’occulte. « Les idées occultes sous-tendent l’idéologie politique de l’extrême droite et ont influencé les doctrines de gauche de l’anarchisme mystique et de la construction de Dieu » (p. 1) .
L’occultisme avant et après la révolution
Concernant l’utilisation par le bolchevisme d’idées, de symboles et de techniques occultes ou ésotériques, l’auteur déclare : « Les bolcheviks ont adapté les idées, les symboles et les techniques occultes pour la propagande politique. Les idées occultes et quasi-occultes ont alimenté l’utopisme soviétique des débuts, imprégné la littérature et l’art et contribué au culte de Lénine. À l’époque de Staline, les techniques de communication subliminales développées par les symbolistes et d’autres furent systématisées et intégrées dans l’esthétique officielle du réalisme socialiste. […] Le renouveau occulte si évident dans la Russie d’aujourd’hui est à bien des égards une répétition de ce qui a eu lieu il y a un siècle ; les mêmes doctrines sont remises en circulation » (p. 1f).
Par « occultisme », Glatzer-Rosenthal entend ce que le savant [et franc-maçon de la Grande Loge nationale de France] Antoine Faivre (1934-2021) entend par « ésotérisme », et Glatzer-Rosenthal cite également Faivre lui-même. L’occultisme ou l’ésotérisme est donc. une vision du monde (« une cosmologie ») caractérisée par : la doctrine des correspondances entre macrocosme et microcosme (voir : magie, alchimie, Kabbale…) ; croyance en la nature vivante (magie…) ; l’importance de l’imagination pour pénétrer la réalité ; la transmutation intérieure (alchimie, magie…) ; la concordance des religions et des traditions ; l’initiation du transfert (voir pp. 2–5). Ce sont des enseignements ou des croyances de nature gnostique et magique.
Le volume édité par Glatzer-Rosenthal par divers auteurs s’étend de la fin du 19e à la dernière décennie du 20e siècle. Il faut cependant remonter plus loin.
Dans le livre « Тамплиеры пролетариата », édition italienne : « Les Templiers du Prolétariat. Métaphysique du national-bolchevisme » ( éditions AGA, Milan 2021), Alexandre Douguine écrit que Léon Trotsky (1879-1940), l’un des premiers dirigeants bolcheviques, qui appartenait à une loge du Grand Orient [de Russie], avait écrit une monographie sur la franc-maçonnerie (aujourd’hui perdue), et que c’est Trotsky, ou du moins lui, qui a fait de l’étoile à cinq branches l’emblème du bolchevisme, symbole ésotérique déjà utilisé au XIXe siècle dans les sciences occultes, maçonniques, Cercles rosicruciens et socialistes (cf . p. 207).
À ce stade, jetons un coup d’œil à la franc-maçonnerie russe, en commençant par ses origines au XVIIIe siècle.
1. La franc-maçonnerie russe entre le XVIIIe et le XIXe siècle
Dans les publications de la loge de recherche maçonnique Quatuor Coronati à Londres ( Ars Quatuor Coronatorum – Transactions de la Loge Quatuor Coronati, n° 2076 – Londres ), on trouve une étude de 1922 sur la franc-maçonnerie en Russie. L’auteur est le franc-maçon russe Boris Telepneff 1 ( « La franc-maçonnerie en Russie », dans AQC 35 (1922), pp. 261-292). [Telepneff est la transcription anglaise qui apparaît dans les publications mentionnées ; cependant, le Telepnev allemand est utilisé dans le reste du texte.] À cette époque, si les francs-maçons russes voulaient poursuivre pacifiquement leurs activités maçonniques, ils étaient contraints de quitter l’Union soviétique pour éviter la persécution et l’emprisonnement.
Regardons l’étude du franc-maçon Telepneff. La division en sections m’appartient.
1.1 Franc-maçonnerie anglophile, Grand Maître Elagin et la Kabbale
Selon les francs-maçons russes et les érudits de la franc-maçonnerie russe, c’est le tsar Pierre le Grand (1672-1725), initié à la franc-maçonnerie en Angleterre, qui a introduit la franc-maçonnerie en Russie. Ce qui est sûr, c’est que les premières informations fiables sur la présence de la franc-maçonnerie en Russie remontent au 24 janvier 1731 : le capitaine John Philips fut nommé Grand Maître provincial de Russie par la Grande Loge d’Angleterre ( la Grande Loge de la soi-disant « Modernes », fondée en 1717). Le successeur de Philips à la tête de la franc-maçonnerie russe pro-anglaise fut le général James Keith (1696-1758), membre exilé d’une famille noble écossaise. Keith fut nommé Grand Maître provincial de Russie par la Grande Loge d’Angleterre en 1740/41 (voir p. 261). Keith commanda les troupes russes dans la guerre contre la Suède et remporta de nombreuses victoires. Il a également été nommé gouverneur de l’Ukraine 2 . En raison de l’envie de certains généraux et courtisans russes, Keith quitta la Russie en 1747 et entra au service du roi de Prusse (voir p. 262).
Ivan Yelagin, secrétaire de l’impératrice Catherine II.
Les premières loges maçonniques en Russie étaient composées en grande partie de membres anglais ou allemands. Il semble qu’en 1750 il n’y avait que deux loges en Russie : l’une à Saint-Pétersbourg (ville appelée « Petrograd » de 1914 à 1924, comme dans le texte de Telepneff) est la « Loge du Silence » et l’autre à Riga est la « Loge du Silence ». Loge de l’Étoile Polaire » (voir p. 262). En 1756, la franc-maçonnerie se répand dans la haute société russe . Le comte Roman Illarionovitch Vorontsov (« un homme d’État éminent ») était le maître de la loge de Saint-Pétersbourg, et ses membres étaient pour la plupart de jeunes officiers issus des meilleures familles russes. C’est probablement à cette époque que le sénateur de l’Empire russe Elagin (en fait Jelagin) rejoignit la loge de Saint-Pétersbourg mentionnée ci-dessus. Comme nous le verrons, Elagin a joué un rôle majeur dans la franc-maçonnerie russe (voir p. 262f).
Malgré le succès de la franc-maçonnerie parmi l’élite russe, le gouvernement du tsar considérait la franc-maçonnerie avec suspicion en raison du secret de ses cérémonies. La partie de la société russe qui rejette les innovations occidentales voit dans la franc-maçonnerie une association dont le but principal est de préparer le trône de l’Antéchrist. Les francs-maçons russes du XVIIIe siècle présentaient cependant la franc-maçonnerie comme la clé de l’amitié et de la fraternité. Des nobles, des soldats, des hommes politiques, des musiciens et des marchands en faisaient partie. Autorisée par le gouvernement et contrôlée par la police, la franc-maçonnerie russe continue de se développer, avec de nouveaux initiés et de nouvelles loges. Ivan Perfiljewitsch Jelagin (1725-1794), sénateur et franc-maçon, était issu d’une vieille et noble famille russe et jouissait de l’amitié et de la confiance de l’impératrice Catherine la Grande (voir p. 263).
En 1772, Jelagin reçut une licence de grand maître provincial de l’Empire russe de la Grande Loge d’Angleterre (voir p. 264). Jelagin a diffusé le système anglais des trois degrés de maçonnerie (« Jelagin System »), qui a cependant été progressivement influencé par les degrés supérieurs, notamment par deux systèmes ou rites :
le Rite Mélissine (« Rite Melesino » ; du nom du général russe d’origine grecque Pierre Melesino ou Melissino), qui a lieu depuis 1765 dans la « Loge du Silence » susmentionnée et compte 7 degrés : les 3 degrés de base + 4 degrés supérieurs : 4° Crypte Sombre ; 5° Champion d’Écosse ; 6° Diplôme de Philosophie ; 7° Chevalier Spirituel ou Grand Prêtre Templier.
le Rite de Stricte Observance des Templiers, qui tient un chapitre à Saint-Pétersbourg depuis 1765 (voir p. 271).
La franc-maçonnerie de Yelagin, qui coïncide essentiellement avec la franc-maçonnerie anglaise, prétend avoir pour doctrine principale l’étude de la vertu et de la connaissance de soi… Dans le système maçonnique de Yelagin, il existe de nombreuses particularités tant en termes de formes rituelles que d’enseignement interne (« la doctrine intérieure « ) . Dans l’initiation maçonnique du système Yelagin, il y a des éléments macabres, tels que : Ex. : Un franc-maçon est enveloppé dans un drap couvert de sang ; les épées sont tirées ; Le candidat à l’initiation doit mélanger son sang à celui des francs-maçons déjà initiés afin de démontrer sa fraternité avec tous les francs-maçons. Des effets macabres ou sanglants similaires peuvent également être trouvés dans le troisième degré du Maître Maçon du système Yelagin (voir p. 271).
Telepnev en tant que barde de la franc-maçonnerie russe
Le but intérieur ou ésotérique de la franc-maçonnerie (« Le but intérieur de l’ordre »), selon le Grand Maître Yelagin, est la préservation et la transmission d’un grand et ancien secret qui remonte au premier homme. Le bien-être de l’humanité dépend de lui… Selon Yelagin, ce mystère consiste non seulement en les principes maçonniques (ou maçonniquement compris) d’amour fraternel, de charité et de vérité, mais est un enseignement mystique, l’arbre de vie, le retour de l’homme à l’état d’Eden… En effet, Yelagin s’intéresse beaucoup à la Kabbale juive et à l’alchimie : « l’« excellente Kabbale » et la « chimie plus profonde » » (cf. p. 272). Dans le même temps, Elagin était hostile aux idées athées et révolutionnaires de France, qui gagnaient déjà en popularité en Russie à cette époque (voir p. 272). Telepnev dresse un avis essentiellement positif sur le grand maître Elaguine : il était un vrai franc-maçon.
1.2 Les francs-maçons russes entre le système Yelagin, le rite suédois ou Zinnendorf et le martinisme
En 1771, un autre système de diplômes supérieurs apparaît en Russie, le Rite de Zinnendorf , qui, comme le Rite de Mélissine et le Rite de Stricte Observance, combinait les trois degrés (Apprenti – Compagnon – Maître) avec certains hauts grades chevaleresques ou templiers. Le rite de Zinnendorf se présente comme chrétien et revendique un savoir mystérieux. Il a initialement plongé en Suède avec le soutien du roi Gustav III. a ensuite été introduit dans l’Empire romain-allemand par le franc-maçon allemand Johann Wilhelm Kellner Graf Zinnendorf. Plus tard, il fut transféré de Berlin en Russie par le franc-maçon Georg Baron von Reichel. En 1773, il existe en Russie plusieurs loges de rite suédois ou Zinnendorf : quatre à Saint-Pétersbourg (Harpokrat, Horus, Latomia, Nemesis, Apollon), une à Reval (Isis) et une à Riga (Apollon). Notez les noms païens des loges. Telepnew n’explique pas que bien qu’il existe des différences de degrés entre le rite suédois et le rite de Zinnendorf , il existe également une similitude essentielle dans le contenu. On peut dire que le Rite de Zinnendorf est la variante allemande du Rite suédois .
Telepnev écrit qu’Elagin tente de contrecarrer la propagation du rite suédois ou Zinnendorf. En fin de compte, il doit lui aussi accepter les notes élevées. Sous l’influence d’éminents francs-maçons russes tels que le lieutenant-général Peter Count Panin et le rédacteur en chef du journal Nikolai Novikov, la plupart des loges de Yelagin rejoignirent le rite suédois de Reichel, et ainsi la Grande Loge nationale de Russie fut fondée le 3 septembre 1776. La même année 1776, ces loges russes reconnurent leur dépendance à l’égard de la loge mère de Berlin, qui portait le nom de « Minerva » et fut fondée par Zinnendorf lui-même (voir p. 272).
En résumé, la franc-maçonnerie russe est actuellement divisée en trois systèmes principaux :
l’ancien système Yelagin
le système combiné dans lequel domine le rite Reichel (ou Zinnendorf)
Apollo Lodge de Georg von Rosenberg, qui ne veut rien avoir à faire avec les partisans d’Elagin.
Ces trois systèmes subissent des changements après des désaccords survenus entre francs-maçons russes sur les idées de Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803), franc-maçon français de rite écossais rectifié . Sous l’influence des enseignements pseudo-chrétiens et pseudo-mystiques de de Saint-Martin, le martinisme, de nombreux francs-maçons russes souhaitent un contact plus étroit avec les systèmes maçonniques étrangers, en particulier avec la franc-maçonnerie suédoise. Certaines loges, grâce à la médiation des ambassadeurs russes Alexandre le prince Kourakine et Gabriel le prince Gagarine, rejoignirent le rite suédois en alliance avec Rosenberg déjà mentionné. Cependant, Reichel, la Loge Novikov de Saint-Pétersbourg et la Loge moscovite du prince Nicolas Nikititsch Troubezkoi (1744-1821) ne rejoignirent pas ce mouvement (voir p. 273).
En 1777, le roi de Suède, chef de la franc-maçonnerie suédoise, vint à Saint-Pétersbourg pour initier le fils de l’empereur Paul Petrovich, grand-duc de Moscou, à la franc-maçonnerie. En 1778, la Loge moscovite du prince Troubetskoï rejoint le rite suédois, tout comme Novikov, qui s’installe ensuite à Moscou. En 1779, une grande loge provinciale suédoise en Russie fut fondée à Saint-Pétersbourg, avec le prince Gagarine comme grand maître provincial. En Russie à cette époque, il existait une variété d’obédients maçonniques et de rites maçonniques : le rite anglais ou Jelagin, le rite Mélissine, la stricte observance des Templiers, les rites rosicruciens, le rite suédois, etc. Russe, allemand, suédois, Les francs-maçons anglais sont actifs dans le pays… Le prince Gagarine, dont les efforts pour unir la franc-maçonnerie russe sous la bannière du roi de Suède furent désapprouvés, quitte Saint-Pétersbourg en 1781 et sa Grande Loge provinciale tombe dans une crise (voir p. 273) .
1.3 Moscou, le nouveau centre de la franc-maçonnerie russe
La Grande Loge d’Elagin crée de nouvelles loges, mais le rôle dirigeant d’Elagin dans la franc-maçonnerie russe est terminé. Ce rôle revient aux francs-maçons de Moscou, où l’influence des rosicruciens est devenue perceptible. En 1782, le gouvernement russe interdit toutes les sociétés secrètes à l’exception de la franc-maçonnerie. En 1794, l’impératrice Catherine II exprima le désir d’interdire toutes les loges maçonniques, et Yelagin exécuta l’ordre (voir p. 273).
Nikolai Novikov, noble terrien et rédacteur en chef d’un journal
À Moscou, le terme « rosicrucien » ne désigne pas les francs-maçons du degré rosicrucien, qui existaient également en Russie, mais les spécialistes des sujets mystiques et occultes adeptes des idées de Louis-Claude de Saint-Martin. C’est pourquoi les rosicruciens russes étaient également appelés martinistes (voir p. 273, note 9).
Puisque le centre dynamique de la franc-maçonnerie russe est désormais Moscou et non plus Saint-Pétersbourg (on parle de la « période moscovite » de la franc-maçonnerie russe), deux personnalités franc-maçonnes éminentes émergent : Novikov et Johann Eugen Schwarz, un Saxon de Transylvanie. Ils donnent une impulsion à l’éducation, à l’activité éducative… ils veulent, selon leurs propres déclarations, éclairer les masses ignorantes de la population… Schwarz lutte pour l’indépendance de la franc-maçonnerie russe du système suédois et déclare sa volonté de suivre le Rite de stricte observance des Templiers du baron de Silésie Karl Gotthelf von Hund et Altengrotkau à adhérer. Schwarz reçoit le diplôme théorique du Grand Maître, le duc Ferdinand de Braunschweig, et l’autorité des Rose-Croix allemands pour fonder leur ordre en Russie (voir p. 274).
Ce mouvement promu par Schwarz et Novikov – que Telepnev qualifie de rosicrucien – s’est répandu parmi les francs-maçons en Russie. En 1783, le mouvement de Schwarz et Novikov rompt avec le duc de Brunswick et rejoint directement la principale association rosicrucienne. Dès lors, les Rosicruciens exercent une grande influence sur la franc-maçonnerie russe. Ce rosicrucianisme russe, qui est lié au rosicrucianisme allemand, est fondé sur les Esséniens. Il prétend que Jésus était un Essénien et que la lumière essénienne s’est transmise en Occident, aux Rose-Croix… Les Rose-Croix russes insistent sur la perfection morale et l’union avec Dieu… Malgré les divers changements de systèmes et de rites, les Russes on reste que la franc-maçonnerie est fidèle à la ligne tracée par Jelagin et se retourne contre la tendance révolutionnaire française (voir p. 275).
Dans le système Schwarz-Novikov, les trois diplômes de base sont suivis du diplôme écossais puis du diplôme théorique, qui introduit l’ordre rosicrucien (voir p. 275, note 1). L’un des rosicruciens les plus importants de cette époque est Ivan Lopukhin (1756-1816), qui professe sa foi en Dieu et en la religion chrétienne dans ses écrits maçonniques et explique que le but des vrais francs-maçons est le christianisme et que les vrais francs-maçons doivent suivre Jésus-Christ ( voir p. 275f). Cependant, malgré cet engagement (exotérique) dans la foi chrétienne, les Rose-Croix russes partagent des enseignements gnostiques déjà poursuivis par Yelagin : l’émanationnisme (tout émane de Dieu, les créatures spirituelles et matérielles, des anges aux minéraux), l’interaction entre les différents cercles d’émanation. , nécromancie (« La nécromancie a été essayée » ), alchimie… Les rosicruciens avaient alors une influence considérable sur la franc-maçonnerie russe en termes de nombre et d’autorité (voir p. 276).
1.4 La franc-maçonnerie russe dans la crise de 1794
En 1784, Schwarz, le chef de la franc-maçonnerie rosicrucienne en Russie, décède. Un comité (« Conseil ») est formé : le comte Pierre Tatishchev, Novikov et le prince Troubetskoi. Puis deux grands surveillants sont nommés : Lopukhin et un certain Heinrich-Jacob von Schröder, déjà membre de la loge berlinoise « Zu den 3 Weltkugeln ». Avec une grande habileté, Schröder parvient à reprendre la position et l’influence de Schwarz, à la grande déception de Lopukhin. La franc-maçonnerie rosicrucienne continue de se propager et de se renforcer. Pendant ce temps, l’impératrice Katharina écrit d’abord des comédies satiriques contre les francs-maçons, dans lesquelles ils sont dépeints comme des charlatans et des fraudeurs. Elle décide alors d’empêcher la propagation de la franc-maçonnerie (voir p. 277). A cette époque, les francs-maçons russes sont sous l’influence des francs-maçons allemands et de Frédéric le Grand, roi de Prusse et chef « spirituel » de la franc-maçonnerie prussienne, qui est un grand ennemi de l’impératrice Catherine (voir p. 277f).
En 1786, les écoles et les hôpitaux en Russie furent soustraits au contrôle maçonnique (« En 1786, les écoles et les hôpitaux furent soustraits au contrôle maçonnique » ) . Les livres écrits par les francs-maçons sont déclarés plus dangereux que les livres des encyclopédistes français. Le baron Schröder quitte la Russie. En 1787, une terrible famine éclata. Les francs-maçons russes, dont Novikov, organisent des opérations de secours pour la population affamée. La rumeur circule que les francs-maçons utilisent cette aide pour rechercher la faveur des masses afin de les utiliser à des fins politiques (voir p. 278).
Le nouveau gouverneur général de Moscou, le général Alexandre-Prince Prosorovsky, prend des mesures pour réprimer les activités maçonniques. En 1792, Novikov fut arrêté. D’autres francs-maçons reçoivent des peines plus légères. Lopukhin est autorisé à rester à Moscou. En 1794, la franc-maçonnerie russe cessa officiellement ses activités, mais les poursuivit secrètement (voir p. 279).
1.5 Le « renouveau » de la franc-maçonnerie russe jusque dans les années 1822/1826
Après la mort de l’impératrice Catherine, le nouveau tsar Paul Ier réhabilité, récompensé et protégé les francs-maçons, même si la franc-maçonnerie était encore formellement interdite. Cependant, Paul Ier est également Grand Maître de l’Ordre de Malte et est donc hostile à la franc-maçonnerie templière (voir p. 279).
Sous le tsar Alexandre Ier, la croissance de la franc-maçonnerie s’est poursuivie. Malgré l’interdiction officielle des sociétés secrètes, de nouvelles loges maçonniques voient le jour. En 1810, les loges furent officiellement agréées et reconnues à nouveau (voir p. 279). La franc-maçonnerie connaît un nouvel essor non seulement dans les deux grandes villes de Moscou et de Saint-Pétersbourg, mais aussi dans les provinces jusqu’en Sibérie et en Crimée, où se trouvent des loges. Durant les guerres napoléoniennes, de nombreuses loges furent fondées (voir p. 279f).
Symboles de la franc-maçonnerie apparaissant dans diverses obédientes en Russie, milieu du XIXe siècle.
En 1810, fut fondée la « Grande Loge Directoire ‘Vladimir’ pour l’Ordre » , regroupant des francs-maçons qui soutenaient les degrés supérieurs et des francs-maçons qui soutenaient les trois degrés de base. Cependant, les deux groupes ne parviennent pas à fusionner et se séparent. En 1815, la Grande Loge se scinde en deux Grandes Loges : la Grande Loge Astrea et la Grande Loge provinciale suédoise de Russie . La Grande Loge Astrea adopte exclusivement les trois degrés (système anglais), mais laisse aux Maîtres Maçons le soin de suivre également les hauts degrés. La Grande Loge Astrea, basée à Saint-Pétersbourg, comptait à l’époque 23 loges. Astrea permet d’accéder à des grades élevés (« hauts grades ou diplômes des hautes sciences maçonniques » ) . Le Grand Chapitre des Rites Reconnus, dont le président est le Grand Maître de la Grande Loge Astrea , est responsable de tout ce qui concerne les hauts degrés (voir p. 280). En 1819 la Grande Loge Astrea s’occupait encore des Trois Degrés, mais travaillait en bonne harmonie avec le Grand Chapitre des Rites Reconnus (voir p. 281)…
L’élément allemand prédomine dans la Grande Loge Astrea (voir p. 281). En 1819, la Loge n°1 « Pierre à la Vérité » a été fondée à Saint-Pétersbourg sous l’obédience d’Astrea, qui travaille en allemand, comme le confirment les nombreux noms de famille allemands des 130 membres. L’allemand est également utilisé dans la Loge n°3 « Isis » à Reval. Tous les membres portent des noms de famille allemands (voir p. 282).
En 1819/1820 la Grande Loge Astrea entretenait 24 loges :
7 loges pratiquent le Rite Anglais modifié par les Francs-Maçons de Hambourg ;
2 loges pratiquent le rite Zinnendorf ;
6 loges pratiquent le Rite Rectifié de Stricte Observance ;
8 loges pratiquent le Rite Suédois.
1 La Loge pratique le Rite anglais, modifié par le franc-maçon Ignaz Aurelius Fessler 3 ( voir p. 285).
La plupart des francs-maçons de la Grande Loge Astrea sont d’origine allemande. Elle est affiliée à la fois aux Chapitres de Haut Degré (dont beaucoup ont été importés de France) et aux Loges Rosicruciennes. Selon ses statuts, la Grande Loge a les objectifs suivants : lutter pour le bonheur de l’humanité par la diffusion de la moralité, de la vertu, de la religion, de la loyauté envers le souverain et de la stricte obéissance aux lois de l’empire (voir p. 285).
Frère Telepnev note que les objectifs de la franc-maçonnerie russe à l’époque d’Alexandre Ier sont toujours les mêmes qu’à l’époque d’Elagin, mais bien qu’il y ait encore des Russes éminents, les Allemands n’ont pas seulement une influence significative sur la franc-maçonnerie, ce qu’ils ont rapidement fait. après leur introduction en Russie, mais aussi l’élément dominant dans les loges. Avec le retrait des Russes et la division en différents rites, la franc-maçonnerie russe ne semble plus jouer le rôle décisif qu’elle avait autrefois dans la Russie d’Alexandre Ier (voir p. 285).
Parallèlement, le nombre de francs-maçons augmente parmi l’aristocratie polonaise et parmi les membres éminents de l’Église catholique, comme Mgr Pusina. Mais les jésuites restent hostiles à la franc-maçonnerie. Le tsar Alexandre Ier a changé son attitude à l’égard des loges, peut-être influencé par le chancelier autrichien Venceslas, le prince Metternich et les jésuites. Le 6 août 1822, un décret en Russie interdit les sociétés secrètes, dont la franc-maçonnerie. Pendant un certain temps, la franc-maçonnerie a continué à être active, notamment dans les provinces de l’Empire russe. Puis, en 1826, le tsar Nicolas Ier publia un édit plus strict réduisant considérablement le nombre de francs-maçons actifs en Russie. Sans aucun doute, les francs-maçons et d’autres groupes d’associations secrètes en Europe ont travaillé contre l’Église et l’État, mais – selon Telepnew – ce n’était pas le cas en Russie… Mais jusqu’aux dernières années de l’Empire tsariste, la franc-maçonnerie était considérée comme porteuse d’idées révolutionnaires. et l’athéisme ou comme centres d’organisations juives dans le but d’éliminer le christianisme (voir p. 286).
1.6 Franc-maçonnerie rosicrucienne russe
Dans une autre étude pour la loge londonienne « Quatuor Coronati » de 1925, le frère Telepnev décrit certains aspects de la franc-maçonnerie rosicrucienne sous le règne du tsar Alexandre Ier (1777-1825), successeur du tsar Paul Ier, décédé en 1801 ( voir Frère Boris Telepneff : Quelques aspects de la franc-maçonnerie russe sous le règne de l’empereur Alexandre Ier , dans : AQC38 (1925), pp. 6-66). Telepnev rapporte que les anciens francs-maçons russes étaient associés au mysticisme (« l’esprit du mysticisme » ) , très actif dans la franc-maçonnerie russe à l’époque de Catherine II. Mais en quoi consiste cette « mystique chrétienne » ? Telepnew le dit très clairement : il s’agit du rosicrucianisme (voir p. 8), dont il montre le mysticisme : « œuvre mystique de l’Ordre de la Rose-Croix, étudiant le christianisme ésotérique, ainsi que l’alchimie, la magie et des sujets similaires » (« le ouvrage mystique de « l’Ordre de la Rose-Croix », l’étude du christianisme ésotérique, mais aussi de l’alchimie, de la magie et des sujets similaires » ) . Il compte parmi leurs « maîtres spirituels » Jacob Böhme, Basilius Valentinus et Paracelse (voir p. 9). Les francs-maçons rosicruciens sont également friands de la Kabbale juive (voir p. 34). Telepnev précise quel était le but de la recherche mystique des francs-maçons russes de l’époque : les sciences occultes (voir p. 34).
1.7 La franc-maçonnerie suédoise en Russie
La loge « Quatuor Coronati » a publié une autre étude du F. Telepnew en 1926. cette fois sur l’histoire de la franc-maçonnerie suédoise en Russie (voir Frère Boris Telepneff : Quelques pages de l’Histoire de la franc-maçonnerie suédoise en Russie, dans : AQC 39, 1926, pp. 174-196).
Telepnev note que les francs-maçons russes du XVIIIe siècle se définissaient comme des « philosophes mystiques en quête de Lumière et plus de Lumière »… Au XVIIIe siècle, il y avait un . Il y eut un temps deux systèmes maçonniques qui furent tolérés voire encouragés par les Russes. dirigeants : le système anglais à 3 degrés et le rite suédois (voir p. 174). Telepnev révèle que le Rite suédois, qui était également pratiqué en Russie, se composait de trois éléments : 1) les trois degrés de base ou « Maçonnerie Symbolique », 2) les Degrés Templiers et 3) le Rosicrucianisme (« Rosidurcianisme ») ou « le mysticisme de christianisme ésotérique ») ( voir p. 182f). Telepnev dit que les diplômes rosicruciens du rite suédois ont stimulé l’étude de la théosophie et de l’alchimie (« Une étude de la théosophie et de l’alchimie a été induite par les diplômes rosicruciens », p. 183). Je pense que par « Théosophie », on entend la Kabbale juive… Telepnev explique que le but du rite suédois est la réunification avec le Christ (voir p. 183)… Oui, mais quel Christ ? On peut répondre ainsi : un Christ rosicrucien, alchimique, kabbalistique, bref, gnostique. En effet, selon Telepnev, le 10ème et plus haut degré du Rite suédois était : « 10° Frères de la Rose-Croix » p.
Telepnev note également que le rite suédois a attiré des francs-maçons issus des meilleures familles de la noblesse russe, notamment parce que ses objectifs déclarés incluaient la lutte contre les idées athées et radicales (voir p. 186)…
* Le Père Paolo Maria Siano appartient à l’Ordre des Franciscains de l’Immaculée (FFI) ; le docteur en historien de l’Église est considéré comme l’un des meilleurs experts catholiques en matière de franc-maçonnerie, à laquelle il a consacré plusieurs ouvrages de référence et de nombreux essais. A travers ses publications, il apporte la preuve que la franc-maçonnerie, depuis le début jusqu’à aujourd’hui, contenait des éléments ésotériques et gnostiques, qui justifient son incompatibilité avec la doctrine de l’Église.
Traduction/notes de bas de page : Giuseppe Nardi Image : Corrispondenza Romana/Wikicommons/RTM/Freimaurer-Lexikon (captures d’écran)
1 Boris Wassiljewitsch Telepnew, qui avait déjà paru comme auteur en Russie pendant la Première Guerre mondiale avec les petits caractères « L’Europe en guerre » (1916).
2 Le gouvernorat d’Ukraine comprenait ce qui est aujourd’hui le centre de l’Ukraine autour de Kiev, des deux côtés du Dniepr, à l’exclusion de l’ouest, de l’est et du sud de l’Ukraine actuelle.
3 Ignaz Aurelius Feßler (né en 1756 à Zurndorf dans l’ouest de la Hongrie allemande, aujourd’hui Burgenland, mort à Saint-Pétersbourg en 1839) entra dans l’ordre des Capucins en 1773 et fut ordonné prêtre en 1779. Plus tard, il a diffusé des histoires aventureuses sur son époque catholique. L’empereur Joseph II, dont Feßler est devenu personnellement connu, le nomma professeur de langues orientales et d’Ancien Testament à l’Université de Lviv en 1783. Là, il fut initié à la loge franc-maçonne « Phénix à la Table Ronde » et fut libéré de l’ordre des Capucins. Peu de temps après, il abandonna également son sacerdoce et écrivit des écrits anticatholiques. Il se remit entièrement entre les mains des francs-maçons et se consacra personnellement entièrement à la franc-maçonnerie. En 1791, il a officiellement apostasié l’Église catholique, a rejoint le luthéranisme et s’est marié. Cependant, le mariage a été séparé après quelques années. À Berlin, il réforma les statuts de la loge royale de York avec Johann Gottlieb Fichte . En 1809, il fut nommé professeur de langues orientales à Saint-Pétersbourg et tenta de légaliser la franc-maçonnerie, ce qui fut réalisé en 1810 sous le tsar Alexandre Ier. Son poste de professeur lui fut retiré en 1811 en raison de soupçons d’athéisme. Il devient ensuite surintendant de la communauté luthérienne de Saratov, puis surintendant général de la communauté luthérienne de Saint-Pétersbourg.
Avec « Frère Angelo« , Gaspard-Hubert Lonsi Koko nous propose une plongée dans le génie africain ! Angelo Soliman, dont le nom patronymique est Mmadi Maké est né en 1721 dans une famille d’esclaves de l’actuel Nigéria !
L’auteur, dans cet ouvrage, nous retrace les différentes étapes de sa vie qui ne fut vraiment pas banale !
C’était l’époque où la franc-maçonnerie illuminait l’Europe des Lumières et en particulier ses Princes ! Mais … tout ne fut pas rose !
Les différents chapitres du livre « Frère Angelo »
I – Ouverture des travaux
II – Le peuple Kanouri et le royaume de Kanem-Bornou
III – La capture et l’état d’esclavage
IV – Sur le sol de Marseille
V – La vente au profit d’une Marquise de Messine
VI – Au service du Prince Souverain
VII – Le mariage avec une Dame de la Noblesse Autrichienne
Au-delà du récit, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, dans sa conclusion aborde la problématique du franc-maçon africain :
« L’histoire de l’esclavage ayant montré à maintes reprises la mauvaise foi des sociétés qui en avaient très largement tiré d’énormes avantages, les francs-maçons à la peau noire, ou ayant des ascendants africains, devraient avant tout compter sur eux-mêmes.«
Et d’autres choses encore …
Très intéressant ouvrage d’histoire de la franc-maçonnerie qui ne s’arrête pas au factuel et qui invite à la réflexion sur ce qui se passe aujourd’hui !
Pour aller plus loin :
Philipp Blom / Wolfgang Kos [Hg.]: Angelo Soliman. Ein Afrikaner in Wien. Wien: Brandstätter 2011 (Sonderausstellung des Wien Museums, 376)
Richard Bamberger [Hg.]: Österreich-Lexikon in zwei Bänden. Wien: Verlags-Gemeinschaft Österreich-Lexikon 1995
Wilhelm A. Bauer: Angelo Soliman, der hochfürstliche Mohr. Ein exotisches Kapitel Alt-Wien. Wien: Gerlach & Wiedling 1922
Et aussi un film :
Monika Firla: Angelo Soliman – Ein Wiener Afrikaner im 18. Jahrhundert. Baden: Rollett-Museum 2004 (Katalogblätter des Rollettmuseums Baden, 48)
Walter Sauer: Jenseits von Soliman. Afrikanische Migration und Communitybuilding in Österreich – eine Geschichte. Mit einem Beitrag von Vanessa Spannbauer, Innsbruck-Wien: StudienVerlag 2022 (Forschungen und Beiträge zur Wiener Stadtgeschichte 63), S. 69-78.
Dominique Segalen et Annick Drogou ont fait paraître « La fabrique du mixte« , Un échange autour des mécanismes et enjeux du mixte et sur l’importance de la mixité fondatrice du Droit Humain.
Mixte, mixité, voici des mots si employés qu’ils se prêtent, depuis toujours, au truisme, au poncif réducteur, à l’allergie et au conflit. En effet, pour l’individu singulier, il n’est pas simple d’assumer sans perplexité, voire sans accrocs, la pluralité diverse que la vie lui impose.
Aussi serait-il temps, en cheminant dans la variété souvent méconnue des mots qui circonscrivent ces notions, de revenir à l’essence de leur signification et de s’attacher aux acceptions dont l’histoire des sociétés anciennes et contemporaines décline le champ à la fois ordinaire et inédit.
Ainsi s’entrouvre une porte de curiosité pour revisiter, d’anecdotes en réflexions éthiques et symboliques, le parcours tant profane que maçonnique, afin d’en dépasser les évidences.
Frappe, et l’on t’ouvrira.
Dominique Segalen et Annick Drogou ont fait paraître « La fabrique du mixte », Un échange autour des mécanismes et enjeux du mixte et sur l’importance de la mixité fondatrice du Droit Humain.
Au regard de nombreux constats, à propos des tabous et des inégalités ataviques et historiques, nous évoquons avec Dominique Segalen et Annick Drogou les principes fondateurs du Droit Humain et les valeurs de la franc-maçonnerie, tels que la liberté, l’égalité et la fraternité, réexaminés à la lueur de l’altérité et de la mixité.
La franc-maçonnerie permet de dépasser cette peur primale de l’autre, pour une pensée et des échanges en confiance. La pensée mixte peut-elle être une réponse contemporaine aux enjeux sociétaux, en mettant en avant la nécessité de penser autrement ?
Quoi de plus stimulant que de s’impliquer dans un grand projet ?
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Entre le 4 juillet et aujourd’hui presque un quart de million de lecteurs différents sont venus lire les informations de 450.fm. Notez qu’au regard des 90 jours précédents, il y a eu une croissance de 70,6 % du lectorat.
Google Actualités utilise les informations de 450.fm
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C’est ainsi qu’en 42 mois, le journal a publié plus de 6500 articles au total.
Pour nourrir un lectorat de plus en plus nombreux, d’une actualité riche et diversifiée, nous devons lui offrir un panel toujours plus large de contributeurs.
C’est ainsi que, mois après mois, nous garantirons aussi à nos lecteurs des sujets et des points de vue constamment renouvelés.
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La loge Unión Sincera del Cierzo a recréé une de ses réunions et a réfléchi sur son organisation, les problèmes de santé et d’environnement de la société. Hier, plusieurs curieux ont assisté au premier événement public organisé par la franc-maçonnerie dans la ville depuis plus de 80 ans. La loge Unión Sincera del Cierzo, créée à Saragosse il y a deux ans, a décoré la Salle Bleue du Círculo Oscense pour recréer le même scénario que lors des réunions privées dans ses temples, afin que le public puisse découvrir les symboles et les rites de ce type de institutionnels.
Cette « fête blanche », comme l’ont expliqué ses organisateurs, s’adressait à tous ceux qui souhaitaient approfondir la franc-maçonnerie et réfléchir aux « fausses nouvelles » ou aux canulars qui entourent non seulement cette organisation mais de nombreux aspects liés aux questions de santé ou de sécurité. C’est l’un des frères, Eduardo Ruano, qui a expliqué combien de canulars ont été répandus au cours de l’histoire et qu’actuellement, avec les réseaux sociaux, « il coûte beaucoup plus cher de les nier que de les diffuser ».
Le public s’est intéressé à la manière dont il pouvait y accéder, au symbolisme ou à la question de savoir si la franc-maçonnerie avait un sens au 21e siècle. « Nous sommes des gens normaux – a insisté Emilio Anadón, vénérable maître et chef de la loge – mais l’ignorance est très audacieuse » et en Espagne, ses assassinats sous le régime de Franco restent encore dans la mémoire de beaucoup.
Ils ne sont ni un lobby de pouvoir ni des rituels sataniques, ils sont les héritiers d’une organisation qui, depuis le XVIIIe siècle, œuvre pour promouvoir la pensée critique, la raison et la solidarité fondées sur le respect mutuel et le dialogue sur les questions sociales les plus transcendantales. Pour ce faire, ils utilisent les symboles de la maçonnerie – liés à l’origine de la franc-maçonnerie, aux corporations médiévales de maçons -, leur propre cadre rituel et l’échange d’idées comme principaux outils pour atteindre ces objectifs. À certains moments de l’histoire, ils ont servi à apporter l’éducation à des personnes qui ne pouvaient y accéder autrement.
Les frères Mason ont des métiers et des origines très différents , ainsi que des préoccupations intellectuelles, morales et sociales, mais ils ont l’intérêt commun de s’épanouir personnellement dans un environnement de respect et d’égalité. « Nous essayons », a souligné Anadón, « de faire avancer la société ».
La journée a commencé par un acte en mémoire des francs-maçons ripostés à Huesca, d’abord par une offrande de fleurs sur la tombe du capitaine Fermín Galán au cimetière, puis par un hommage à l’artiste Ramón Acín au monument Pajaritas du parc Miguel Servet.
Comment un pouvoir de transition vers la République et la démocratie s’est mis en place en quelques semaines seulement dans les Basses-Pyrénées sous l’égide du Comité départemental de la Libération (CDL).
Le Comité départemental de la Libération, à l’été 1944, ne sort pas de nulle part. Sa création a été impulsée dès la fin de 1943 par les instances de la France Libre (Conseil national de la Résistance). Étant donné les conditions de l’occupation, le CDL va agir de façon clandestine jusqu’au 22 août 1944. Dans un premier temps, le CDL est composé de 9 membres sous la présidence d’Ambroise Bordelongue. Celui-ci est assisté de René Chassagne, Pierre Couret, Paul Ducros. Cinq représentants des parlementaires (dont Auguste Champetier de Ribes, Maurice Delom-Sorbet) et des partis politiques complètent cette instance. Le CDL clandestin fonctionne sous cette forme jusqu’au 17 juillet 1944 et travaille surtout par commissions spécialisé… (Suite sur le site officiel)
Les récipiendaires des bourses seront six étudiants inscrits en dernière année des lycées de la province de Tarente (Italie), pour l’année scolaire 2024-2025, identifiés par des jurys spéciaux d’experts qui évalueront les œuvres écrites et les objets artistiques qui seront produits sur le thème « Vertu et Connaissance. D’Ulysse à l’intelligence artificielle ».
Le concours se déroulera tout au long de l’année scolaire, la date limite étant fixée à mars 2025. Tous les instituts de la région de Tarente seront impliqués et s’associeront à l’initiative promue par la loge « La Fenice », qui a également obtenu le patronage de la Province et la Commune de Tarente, ainsi que le Grand Orient d’Italie et le collège régional des Vénérables Maîtres des Pouilles.
«C’est la contribution que la franc-maçonnerie de Tarente veut offrir au territoire auquel elle appartient – a expliqué le vénérable maître de « La Fenice », Arturo Rossano – dans la perspective d’une nécessaire valorisation de nos jeunes générations et de la consolidation de l’université de la ville. , ainsi qu’une réflexion urgente sur les implications philosophiques et culturelles qu’engendre l’enracinement des systèmes d’intelligence artificielle, en cohérence avec le thème choisi pour la première édition. Nous sommes sûrs que nous activerons un large partage sur cette voie, conscients que le rôle de la Franc-maçonnerie est de plus en plus celui d’être une partie active et qualifiante de la société ».
Le concours, comme mentionné, sera divisé en deux sections. Le premier concernera la production d’œuvres écrites qui seront évaluées par une commission indépendante de trois membres, appartenant au milieu culturel ionien, présidée par le professeur Paolo De Stefano. Le second offrira cependant exclusivement aux étudiants des lycées artistiques, des sections artistiques des lycées et des écoles d’art, la possibilité de produire des objets artistiques qui seront exposés dans une exposition et votés par les visiteurs : parmi les trois premiers les plus soutenu par le jury technique, présidé par le professeur Romeo Leone, professeur émérite de sculpture à l’Académie de Brera, établira le classement au mérite.
«En avril 2025, nous organiserons l’exposition d’objets artistiques – a conclu Rossano – pour procéder à la remise des prix en mai, à l’occasion des célébrations de notre trentième anniversaire. Nous voulons que cette initiative démarre aujourd’hui pour se consolider dans le temps et représenter un événement fixe et important pour le débat culturel dans la province de Tarente ».
« Il n’y a pas de feu plus dévorant que celui De la concupiscence. Pas de plus grand malheur Que la haine. Il n’y a pas de misère Comparable à celle de l’existence ; pas de Béatitude plus haute que le pain Du Nirvana.
La faim est la pire des maladies L’existence est la pire des détresses Celui qui a compris cela se rend Compte que le Nirvana est la Béatitude suprême »
Le dhammapada.
Le Bouddhisme et ses concepts, nous le constatons, intervient désormais assez souvent dans les « planches » maçonniques. Nous ne pouvons que nous réjouir de cette ouverture hors de la sphère philosophique occidentale vers l’immense richesse que nous offre la pensée asiatique. Sous réserve de ne pas tomber dans un imaginaire de paillettes et de resituer le concept dans le réel qu’il cherche à restituer à la place, précisément, d’un imaginaire foisonnant.
Antoine de Saint-Exupéry, dans ses « Lettres de jeunesse à l’amie inventée », écrivait : « J’aime les gens que le besoin de manger, de nourrir leurs enfants et d’atteindre le mois suivant ont lié de plus près avec la vie. Ils en savent plus long ». C’est de ce savoir vers lesquelles les philosophies orientales tendent : le moi existe-t-il au-delà de la vacuité ? C’est une question à laquelle la psychanalyse va s’atteler très tôt, bien qu’issue d’un milieu philosophique et culturel radicalement différent, en soulignant les accords évidents mais aussi les différences. Pour déboucher sur le « Nirvana » qui serait le summum de la quiétude ?
Sigmund Freud
C’est en 1920, que Sigmund Freud (1856-1939) rédige son article : « Au-delà du principe de plaisir » (« Jenseits des Lustprinzip »), qui va soulever (et soulève encore de nos jours !), soit un étonnement mitigé, soit une franche hostilité dans la communauté analytique. Dans cet article, Freud élabore ce qui était déjà à l’ébauche dans certains travaux précédents : la pulsion de mort. C’est avec beaucoup de précaution, après une démonstration qui veut ménager le lecteur, qu’il introduit, presque en fin d’article, le constat qui va déchaîner les passions. Il écrit (1) : « Mais voici qui cadre bien avec l’hypothèse selon laquelle le processus vital de l’individu conduit pour des raisons internes à l’égalisation de tensions chimiques, c’est-à-dire à la mort, tandis que l’union avec la substance vivante d’un individu hétérogène augmente ces tensions, introduisant pour ainsi dire de nouvelles différences vitales qui doivent alors être réduites par la vie. Cette hétérogénéité doit naturellement comporter un ou plusieurs optima. On sait que nous avons reconnu dans la tendance à la réduction, à la constance, à la suppression de la tension d’excitation interne, la tendance dominante de la vie psychique et peut-être de la vie nerveuse en général (principe de Nirvana, selon une expression de Barbara Low) comme l’exprime le principe de plaisir ; nous trouvons là l’un des plus puissants motifs de croire en l’existence de pulsions de mort ».
Convaincu du bien-fondé de sa théorie, et ce malgré des pressions diverses, il la défendra avec acharnement jusqu’à la fin de sa vie. Dans sa dernière œuvre, inachevée, qui se voulait être son testament, l’ « Abrégé de psychanalyse» (« Abriss der Psychoanalyse »), il écrit en 1938 (2) :Le çà obéit à l’inexorable principe de plaisir, mais n’est pas seul à agir de la sorte. L’activité des autres instances psychiques réussit, semble-t-il, à modifier mais non à supprimer le principe de plaisir et une question d’une importance capitale n’a pas encore été résolue : quand et comment ce principe peut-il être surmonté ? En considérant qu’il exige la diminution et peut-être finalement la disparition des tensions provoquées par les besoins instinctuels (c’est à dire le Nirvana), nous abordons la question, non encore élucidée, des relations entre le principe de plaisir et les deux instincts primitifs, l’Eros et l’instinct de mort »…
Dans notre approche du concept de Nirvana, ces deux textes de Freud peuvent nous inspirer trois réflexions sur la progression et l’acceptation, chez lui, du concept :
– Ier temps : l’utilisation du mot « Nirvana » restera entre guillemets, comme si Freud hésitait encore à l’intégrer dans le corps du texte comme une donnée théorique, au même niveau que les autres.
– 2ème temps : Le mot « Nirvana » semble pour Freud, malgré les réticences que lui inspirent ce mot exotique, présenter le concept qui se rapproche le plus de son élaboration.
– 3ème temps : Le concept restera enfin un acquit chez Freud de 1920 à 1938, mais au bout de ces 18 ans de travail il le fera sien, puisqu’il ne fait plus référence à Barbara Low (3) dans le texte de 1938.
Après Freud, de nombreux analystes utiliseront à leur tour le mot Nirvana, soit pour approfondir le concept, soit dans une visée qui ne reflète pas, à notre sens, l’approche complexe de ce concept. Par exemple, dans un numéro de la revue « Topique »(4), Joëlle Delcros cite Didier Anzieu (1923-1999) et son livre « Le moi-peau » : « Il apparaît que la peur actuelle de Pandora, dans les moments où elle est fascinée par une forte envie de se détruire reproduit sa terreur que sa mère ne l’entraîne pas avec elle dans le vide… Terreur sans nom comme l’énonce Bion (1967), identification à la mère morte comme le précise André Green (1964) et recherche avec elle, dans un accomplissement mutuel, non des pulsions mais du principe de Nirvana ». Peut-on assimiler le principe de Nirvana à une pulsion suicidaire ? Nous ne le pensons pas car cela serait une grande restriction ou une mauvaise compréhension du concept ! Mais nous pouvons admettre que la définition n’en est pas simple : Jacques Lacan (1901-1981), au cours de l’un de ses Séminaires, nous le rappelle, avec le ton qui est le sien (4) : «Ce que Freud a dès lors défini comme le principe de plaisir est un principe de constance. Il y a un autre principe, dont nos théoriciens analystes sont aussi embarrassés qu’un poisson d’une pomme, le principe de Nirvana. Il est remarquable de voir, sous la plume de Hartmann, les trois termes -principe de constance, principe de plaisir, principe de Nirvana- absolument identifiés, comme si Freud n’avait jamais bougé de la catégorie mentale dans laquelle il essayait d’ordonner la construction des faits, et comme si c’était toujours la même chose dont il parlait. On se demande pourquoi tout d’un coup il aurai appelé principe de Nirvana l’au-delà du principe de plaisir»…
Il est utile, dans un premier temps, d’étudier le mot Nirvana et de déterminer s’il était, à l’époque où Freud va l’employer (1920), un mot exotique ou s’il s’inscrivait déjà dans le « Zeitgeist », l’ « esprit du temps » et utilisé dans certains milieux intellectuels.
I- être ou ne pas être – voilà bien la question !
Un bol tibétain, pour faire du son méditatif
Il y a le concept, le mot, et ce qu’il recouvre. Si le mot Nirvana ne s’introduit en Europe qu’au 17em siècle, le contenu qu’il englobe était déjà familier à certains penseurs sans que ceux-ci puissent faire la relation avec la source sanskrite du mot. Les relations commerciales entre l’Europe et l’Extrême-Orient sous influence hindoue ou bouddhique existèrent très tôt. La « route de la soie » ne véhiculait pas seulement des marchandises mais aussi des concepts. L’occupation de certains états de ce qui est aujourd’hui le Pakistan par des roitelets grecs facilitera l’assimilation de philosophies orientales vers l’occident. Un exemple littéraire classique peut illustrer cela : le moine bouddhiste Nagasena se rend à une controverse avec le roi grec Milinda (Ménandre), réputé pour son acuité philosophique afin de tenter de le convertir en l’amenant à la vérité des questions (5) et, dans ces questions, le Nirvana (« Nibbâna » en Pali) est évoqué :
« – Nâgasena, le Nibbâna est-il la cessation ? – Oui Mahârâja – Comment cela ? – Tous les sots non-convertis prennent plaisir, se complaisent, s’attachent aux sens et aux objets des sens. Ils se laissent emporter par le courant. Ils ne s’affranchissent point de la naissance, de la mort, de la douleur. Mais le sage disciple ne prend pas plaisir, ne se complaît pas, ne s’attache pas aux objets des sens. Par-là cessent successivement la soif, l’attachement à l’existence, la naissance, la vieillesse et la mort, la douleur. C’est ainsi que le Nibbâna est la cessation »…
Fragment d’un manuscrit d’Eckhart, le maître de la mystique spéculative
Qui a l’occasion de visiter les sites de Taxila au Pakistan actuel, ne peut manquer de se faire la réflexion sur les influences réciproques dans le creuset créé par les conquêtes d’Alexandre le Grand. Dans cette continuité, au moyen-âge, naîtra le courant des « théologiens rhénans » qui demeure encore un sujet d’étonnement pour les religions comparées : comment des théologiens catholiques (Bien que souvent dissidents !) parvinrent à élaborer des théories proches de l’hindouisme et du bouddhisme ? Le plus connu est, naturellement, maître Eckhart (1260-1328), dominicain et philosophe mystique allemand. Essayant de décrire l’union de l’âme à Dieu, il y voit l’image d’une étincelle d’origine divine qui est en l’homme et qui aspire à rejoindre le brasier central qui est de même nature que cette étincelle. Il y a alors peu de distance à en conclure que l’homme et Dieu étant de la même nature, l’homme est Dieu. Idée qui amènera la condamnation à mort du soufi persan, Allaj, quand il osera écrire : « Ana al hahkk » (« Je suis la Vérité »). Cette orientation panthéiste était monnaie courante dans l’hindouisme et le bouddhisme. Chez maître Eckhart, plus rien n’est vivable en-dehors de ce « Nirvana » non encore nommé. Il écrit : « A ton avis, qu’est ce qui t’a permis d’atteindre la vérité éternelle ? C’est de m’être quitté, là où je me suis trouvé » (6). Ce qui rejoint la pensée de l’apôtre Luc (14,26) : « Le royaume de Dieu n’est pour personne si ce n’est pour celui qui est entièrement mort ».
Ce sont principalement les jésuites qui, à partir du XVIem siècle, vont présenter à l’Europe la pensée orientale et ses concepts. Nous pouvons citer François Xavier (1506-1552), surnommé « l’apôtre des Indes », mais qui voyagea aussi au Japon, à Ceylan et mourut aux Indes à Goa ; Robrto de Nobilis (1577-1656), qui vécut comme un brahmane, avec toutes les contraintes que cela supposait, afin de convertir au christianisme les hautes castes ; le père Huc (1813-1860) qui fit, plus tard (1844) une intéressante relation de voyage en Tartarie et au Tibet, où il décrit avec force détails, les pratiques religieuses (7). C’est là qu’il entend les légendes des grand mystiques tibétains comme Milarepa (8). Mais ce fut surtout Schopenhauer (1788-1860) qui fit connaître le bouddhisme comme une pratique et une spiritualité pour l’Europe : sans avoir eu notion des écritures bouddhiques, guidé par la philosophie d’Emanuel Kant (1724-1804), par une traduction latine des Upanishads, et aussi par sa propre désillusion de la vie, il a développé en 1819 un système qui par sa négation de la volonté de vivre et la sublimation dans la compassion, était très proche du bouddhisme mais aussi de l’instinct de mort de Freud. Par sa pensée, il influencera Richard Wagner, Friedrich Nietzsche, Albert Schweitzer, (qui préconisait de vivre comme Schopenhauer !), mais aussi Sigmund Freud. A plusieurs reprises dans son œuvre, Schopenhauer cite le mot Nirvana. Nous prendrons ici un exemple en parlant de la terreur de vivre, il écrit, en critiquant d’ailleurs le concept : « Cela vaut mieux que de tromper notre terreur, comme les hindous, avec des mythes et des mots vides de sens, tels la résorption en Brahma, ou bien le Nirvana des bouddhistes ». Mais plus tard, il reviendra sur ce jugement et adoptera avec enthousiasme le concept de Nirvana, notamment dans son célèbre ouvrage : « Le monde comme volonté et comme représentation» (1819).
Le 19e siècle sera celui de l’invasion de l’Asie par les marchands, les soldats ou les missionnaires européens qui mirent en place une lutte contre les conceptions philosophiques des orientaux. Cependant, des courants scientifiques ou ésotériques existent qui mettent en valeur ces cultures. C’est le cas, par exemple, de la Société Théosophique qui voit le jour en 1875, à l’initiative de Mme Eléna Blavatski (1831-1891) et du colonel Henrry Steel Olcott (1832-1907), qui écrivit d’ailleurs un « Catéchisme bouddhique ». Les théosophes admettaient certaines croyances des religions asiatiques comme la réincarnation, le Karma et surtout le concept de Nirvana. Certains, comme Sinett, en feront même l’un de leurs thèmes favoris (9) Chez les auteurs allemands, dans le domaine romanesque, Hermann Hesse (1877-1962), contemporain de Freud, publiait son roman «Siddharta » (10) où étaient exposées les idées principales de la philosophie orientale, notamment le concept de Nirvana. Ce dernier n’était pas inconnu d’un public cultivé européen à l’époque où Freud mettait en œuvre la théorie psychanalytique. Comme le rappelle Patrick Miller, dans un article intitulé : « Soudain la fenêtre s’ouvre d’elle-même » (11) : « Freud a lu Schopenhauer, il s’est nourri de cette lecture qui fut un des supports manifestes de sa pensée ».
Ii- je pense donc je ne suis pas !
Bouddha en méditation
Le mot Nirvana est commun à l’hindouisme et surtout au bouddhisme qui en fera l’un des éléments de base de sa philosophie. Déjà dans le Rig-Veda, est traité de la nature du samnyasin qui atteint l’état d’Avadhûta, en renonçant à toutes choses. Le terme sanskrit signifie « extinction » : le Nirvana est l’état suprême de non-existence, de non-réincarnation, d’absorption de l’être dans le Brahman chez les hindous. Ce qui est la finalité de la contradiction entre Brahman (Le Principe, l’Âme universelle) et Atman (L’âme humaine individuelle), de même nature et aspirant à se réunir l’un à l’autre. Dans l’hindouisme, cette fusion peut être atteinte ici-bas ou dans un quelconque au-delà. Celui qui est « délivré » de cette vie, le « Jivan Mukta », ne meurt plus (« Na punar mriyati »). C’est ce qui est dit dans l’Atharva Veda Samhita (63) : «Celui qui a compris le Soi contemplatif, sans âge et sans mort, qui n’a plus en lui aucun manque et qui ne manque de rien, celui-là ne redoute pas la mort ». C’est alors un homme qui n’est « plus sous la loi », comme le disait St. Paul, ou « un mort qui marche» selon la définition des soufis. Cette gnose de la déité immanente va très loin dans l’hindouisme, puisque à la question : « Qui suis-je ? », les Upanishad répondent : « Tu es CELA ».
Tant qu’à lui, le bouddhisme ne peut être considéré comme une « nouvelle religion », mais une accentuation de certains traits de l’hindouisme. Notamment, il va se servir du concept de Nirvana de manière très approfondie, jusqu’à en faire un concept fondamental qui illustre l’état dernier du sage, puisque la fusion en Brahman n’existe plus. La forme d’athéisme radical du bouddhisme supprime la rencontre avec un Soi qui est aussi soi. Le Nirvana n’est plus qu’un acte posé dans le cadre d’une loi, le Karma. Acte qui évite la renaissance et qui confond, dans la béatitude, cette loi et celui qui aspirait à s’y soumettre. Philosophie beaucoup plus désincarnée que l’hindouisme, le bouddhisme ne sera le fait que d’une élite aristocratique, avant de sacrifier au plus grand nombre en instaurant des rites (En fait, en tombant dans la tentation de créer une « religion » au lieu de rester une philosophie !), pour faire face à la concurrence d’un hindouisme plus chaleureux, plus populaire et qui laissait plus de place à l’imaginaire.
Le verbe « nirva », en sanskrit, signifie littéralement « s’éteindre », comme le feu cesse de tirer (« To draw »), c’est-à-dire de respirer (« To draw breath »). Les textes anciens emploient le verbe synonyme « udwâ », qui signifie s’éteindre ou s’en aller. Quand le feu s’éteint (« udwayati »), c’est dans le vent qu’il expire. Métaphoriquement, dépourvu d’aliments, le feu de la vie est « pacifié », c’est-à-dire éteint . Le mot grec « Erémia » répond assez bien à cette idée : être calmé, apaisé, et qui s’entend à la fois pour le vent, le feu et la passion. D’ailleurs, en grec les mots « être parfait » et « mourir » sont pratiquement les mêmes : « Téléo » et « Télentao »…
bouddhas dorés alignés
Dans la philosophie bouddhique, le mot Nirvana correspond à l’extinction des « trois passions » : le désir (« Raga »), la haine (« Dvescha ») et l’illusion (« Maya ») ; en même temps que celle du désir de vivre (« Trishna »), d’atteindre un état supraterrestre (« Viraga ») et de mourir (« Nirodha »). C’est un état de non-retour absolu, de non-renaissance, d’atteinte à la « Bodhi » ou béatitude absolue Quand les bouddhistes parlent du Nirvana atteint par le Bouddha lui-même, ils parlent de «Mahâparanirvana » ou de « Paranirvana». C’est d’ailleurs la date de cette accession au Nirvana qui marque le début de l’ère bouddhique. (Généralement admise en -543). Le mot Nirvana est largement utilisé dans tous les pays où le bouddhisme s’est installé et de nombreux textes traitent de ce concept. Les plus célèbres sont le « Nirvana-Shâstra », qui fait partie du canon bouddhique en sanskrit et le « Nirvana-Sûtra».
Chez Bouddha, le Nirvana apparaît comme une « sortie » bienfaisante de la douleur et de la prise de conscience de l’inexistence de ce que nous appelons le « moi », simple agrégat de désirs changeants. Philosophie d’un pessimisme radical, issue de la méditation d’un petit aristocrate népalais attiré par la spéculation, c’est à partir du fameux « Sermon de Bénarès » qu’elle va se répandre par le constat de l’absolue misère de l’être humain, tiraillé par ses passions et sa soif d’existence. Bouddha, à Bénarès, en dresse un constat terrible (12) : « Voici ô moines, la vérité sainte sur la douleur : la naissance est douleur, la vieillesse est douleur, la maladie est douleur, l’union avec ce qu’on n’aime pas est douleur, la séparation d’avec ce qu’on aime est douleur, ne pas obtenir son désir est douleur ; en résumé les cinq sortes d’objets de l’attachement sont douleurs.
Voici ô moines, la vérité sainte sur l’origine de la douleur : c’est la soif qui conduit de renaissance en renaissance, accompagnée du plaisir et de la convoitise qui trouve, çà et là son plaisir : la soif du plaisir, la soif d’existence, la soif d’impermanence »…Après cette constatation, Bouddha propose sa solution (13) : « Voici ô moines, la vérité sur la suppression de la douleur : l’extinction de cette soif par l’anéantissement complet du désir, en bannissant le désir, en y renonçant, en s’en délivrant, en ne lui laissant pas de place »… Et cette extinction du désir est le Nirvana que l’on atteint par étape dans le bouddhisme classique (« Mahayana» ou « Hinayana » – Petit ou grand véhicule), ou de façon instantanée, au détour qui se révèle, dans le bouddhisme zen, qui appartient lui-même au grand véhicule. L’entrée du Bouddha dans le Nirvana rappelle la mort de Socrate, telle qu’elle est décrite dans le Phédon : comme Socrate, Bouddha interdit à ses « Bhikshus » (moines-mendiants) de pleurer et leur demande de trouver la consolation dans la philosophie même qu’il leur a enseigné qui est que tout ce qui est né doit tendre à atteindre le Nirvana. Ses dernières paroles furent (14) : « Et maintenant, ô bhikshus, je prends congé de vous. Tous les éléments de l’être sont transitoires. Travaillez à votre salut avec soin ».
Jeune moine bouddhiste devant des bougies allumées, feu, méditation, ombrelle.
De cette notion de Nirvana, naît une métaphysique de la morale dont le fondement est le même que celui de l’esthétique : la suppression d’un organe équivalent à la réduction au stade 0 de l’intervalle entre deux stades inhibitoires de cet organe, l’anéantissement de l’existence, considéré comme un organe de souffrance, ne peut s’espérer que par la prolongation à l’infini du mode négatif, anesthésique de ce dualisme, c’est-à-dire ce que l’on pourrait appeler le « bien ».Tout le travail de l’homme pour atteindre le Nirvana va consister à dénouer, un à un, les réseaux passionnels qui l’asservissent, et envisageant alors d’un regard calme et sain la relation de l’effet à la cause, il prend conscience de l’effet à la cause, il prend conscience et opte pour la « loi »
Pour le bouddhisme, santé et morbidité sont de même nature, mais envisagées différemment, et il convient de distinguer laquelle des deux notions est catégorie de l’autre. La morbidité est-elle vraiment un aspect occasionnel de la santé, ou est-ce de celle-ci qui n’est qu’un cas particulier de celle-là ?… Et que dire du plaisir et de la douleur dont les hommes font si grand cas ? Une impression n’est agréable que relativement à celle qui la précède et à celle qui suit autant qu’elle est prolongée et à l’intensité avec laquelle elle est ressentie. Le plaisir n’est alors qu’une anesthésie brève d’une douleur momentanément assoupie. Ce qu’évoque Augustin Chaboseau (1868-1946)) : « Ainsi de même que la lumière et l’ombre ne peuvent être distinguées que par comparaison, et que l’ombre est simplement une absence de lumière, là où celle-ci a lui, pourrait luire, luira, et que par conséquent la lumière seule vibre, de même la souffrance et la jouissance ne sont connues que par relation, et la jouissance est simplement un répit de souffrance là où celle-ci a sévi, pourrait sévir, sévira, et par conséquent la souffrance seule agit. Et puisqu’une telle polarisation est l’existence même, exister est donc souffrir, et souffrir, c’est exister » (15)… Pour le bouddhisme, l’ « individu » n’est qu’une combinaison de forces ou d’énergies physiques et mentales en perpétuel changement qui sont divisés en cinq agrégats et sont considérés comme « Dukkha » (néfastes), car engendrant des désirs permanents qui ressemblent à un torrent. C’est ce que dit Bouddha à un interlocuteur (16) : « Ô Brâhmana, c’est tout à fait comme une rivière de montagne qui va loin et qui coule vite, entraînant tout avec elle ; il n’y a pas de moment, d’instant, de seconde, mais elle va sans cesse coulant et continuant. Ainsi Brâhmana, est la vie humaine, semblable à cette rivière de montagne ».
En proie à des désirs sans cesse répétés, venant d’un « moi » dont l’homme sent qu’il n’est qu’illusion et vacuité, l’aspiration tend vers le Nirvana pacificateur et unificateur. Cette aspiration (aux deux sens que l’on peut lui donner) est traduite par une pensée que l’on attribue à Bouddha (17) : « Bienheureuse la félicité de celui qui ne cherche plus aucun plaisir terrestre et qui, au-dessus de tous les désirs, s’est dépouillé de cet orgueil secret qui vous fait dire : « c’est moi »… En vérité, c’est la suprême Béatitude » Le Nirvana est l’aspiration à la vacuité, synonyme de Non-soi. En sanskrit, vacuité est traduite par « Sunyâta » qui dérive de la racine « Svi »(gonfler) ; « Sunya » est ce qui est gonflé ; « Sunyâta » est le contraire : ce qui est vide ou ce qui retourne au vide. L’homme qui vit dans la vacuité n’a d’attitude ni positive ni négative vis-à-vis de rien car il est déjà dans le Nirvana. Le bouddhisme devance le philosophe David Hume (1711-1776) en niant la conscience et la matière, l’objet et le sujet, l’âme et la divinité. Dans l’hindouisme, la religion tend au rêve d’un dieu ; dans le bouddhisme, il y a aussi un rêve, mais le rêveur n’existe pas : au-delà du rêve, il n’y a rien, que la lucidité terrible d’un état de tension perpétuelle qui ne peut se résoudre que dans l’anéantissement, dans un état qui est la fin de toutes les tensions. La mort, dans ce processus, n’est que le véhicule, le passage obligatoire, vers le Nirvana. La finalité de cette philosophie étant ce « paradis » où tout est stable, sans pulsions.
Iii- le nirvana côté divan
Sigmund Freud entouré de ses plus proches partisans (Sandor Ferenczi, Hanns Sachs (debout), Otto Rank, Karl Abraham, Max Eitingon, et Ernest Jones).
Nous pouvons comprendre pourquoi Freud s’est intéressé à ce concept : il vérifiait son hypothèse que l’homme en proie à ses désirs constants aspirait à ce repos dans ce passage par la mort, mais cette dernière n’étant pas finalité. Comme si l’homme troquait l’horreur de sa disparition contre un « au-delà » d’un lieu pacifié sans désirs. C’est pourquoi Bouddha et Freud font une nette distinction entre mort et Nirvana et l’on peut se demander si l’emploi du mot Nirvana chez Freud justifie ainsi son « instinct de mort », dans le sens ou cet instinct ne serait qu’une envie d’atteindre cet état décrit par le bouddhisme ?… La psychanalyse, sur le fait biologique de retour à l’inorganique, n’a que peu parlé. En revanche, Freud, lui, s’y est intéressé très tôt, dans le sens d’une réalité psychique qui s’impose inéluctablement à l’homme. Il le fit en mettant la réalité de la mort en parallèle avec la perte de l’objet qui a la même valeur universelle que la mort elle-même. La «Todestrieb », l’instinct de mort, fut introduit en 192O, dans «Au-delà du principe de plaisir », en particulier au chapitre V, et sera repris ensuite, sans grandes modification dans « Malaise dans la civilisation »,« Les nouvelles conférences », « Analyse terminée, analyse interminable ». Mais cette idée était déjà présente en 1895, quand Freud écrit l’ « Esquisse d’une psychologie scientifique »(« Entwurf »). Dans ce remarquable écrit, mal connu, étaient en germe le développement futur de l’instinct de mort, mais aussi le désir à un retour à l’inorganique, au Nirvana. Ce qui lui fera dire plus tard : « Das Ziel alles Leben ist der Tot » (« Le but de toute vie est la mort »).
De cette hypothèse, tôt exposée, les proches de Freud, très vite, tireront un certain nombre de réflexions. Nous citerons, par exemple, Sandor Ferenczi (1873-1933), qui écrit dans « Thalassa » (18) : « Si nous considérons le processus génital sous cet angle « bio analytique » pour ainsi dire, nous pouvons comprendre pourquoi le désir œdipien, le désir de coït avec la mère, revient avec cette régularité presque fastidieuse dans son uniformité, comme tendance nucléaire dans l’analyse des malades névrosés hommes. Un désir œdipien est l’expression psychique d’une tendance biologique beaucoup plus générale qui pousse les êtres vivants au retour à l’état de calme dont ils jouissaient avant la naissance » (Page 45).
« Selon notre hypothèse, le coït, dans son essence, n’est pas autre chose que la délivrance de l’individu d’une tension pénible et, simultanément, la satisfaction de l’instinct de retour à la mère et à l’océan, ancêtre de toutes les mères » (Page 100).
« Ce qui s’exprime dans l’orgasme, ce n’est pas seulement le calme intra-utérin et une existence paisible assurée par un milieu plus accueillant, mais aussi le calme de la vie, c’est-à-dire la paix morte de l’existence inorganique » (Page 104).
Gustav Fechner
Avec son texte sur la négation, Freud donnera, en 1925, des perspectives entièrement nouvelles sur la nature et les fonctions de la pulsion de mort. Le dualisme est alors clairement démontré, dualisme dans lequel la pulsion de mort, en tant que pulsion de désunion, se voit attribuer une action fondamentalement positive et créatrice dans le processus d’une structuration psychique. Ce texte est de la même inspiration qu’ « au-delà du principe de plaisir » et répond aux questions laissées en suspens dans le travail de 1920. A cette époque, Freud se situe dans une perspective économique : le cours des processus psychiques est réglé par le principe de plaisir qui domine le fonctionnement de l’appareil psychique et tend à maintenir aussi bas que possible la quantité d’excitation présente en lui, ou à en assurer un « principe de constance », ce qui rejoint les expériences de Gustav Fechner (1801-1887).
Freud constate cependant qu’une partie de la vie psychique échappe à l’emprise du principe de plaisir et à ses dérivés. Cette partie est pulsionnelle et met à l’écart le principe de plaisir. Elle est une « poussée inhérente à l’organisme vivant vers le rétablissement d’un état antérieur ». On y voit là quelque chose de l’ordre d’un conservatisme fondamental. L’Eros a pour tendance de conserver les unités vitales existantes. Elle est une « pulsion d’unification »(« Vereinigung »). En revanche, la pulsion de mort tend à la réduction complète des tensions, à la destruction des unités rivales, à un retour à l’inorganique. Elle a tendance à ramener à zéro toute quantité d’excitation d’origine interne ou externe. Nous sommes bien là à proximité du principe de Nirvana, sans totalement confondre les deux approches, cependant le dernier étant l’aboutissement, l’ « idéal » de l’autre. Ce que Freud discerne est que le désir est tension, lié à la vie voulant se perpétuer face à la tentation du retour à l’informulé qui supprimerait ces tensions permanentes orientées vers un but qui n’est que rarement atteint, « déchargé », d’où le refoulement ou la transformation en substitut de l’objet non-atteint (« sublimation »). Face à ce terrible renouvellement qui assure le maintien de la vie, l’homme souhaiterait non sa disparition physique, mais un état où le désir n’existerait plus, où l’homme deviendrait spectateur, dans le moyeu de la roue en mouvement, au lieu d’en être un acteur pris dans la rotation permanente de cette roue.
Nous retrouvons là le fondement de la pensée bouddhique…
Si j’ai bien compris : le Nirvana, çà vient quand on arrête d’y penser, non ?!
Notes
– (1) Freud Sigmund : Au-delà du principe de plaisir. Paris. Ed. Payot. 1987 (Page 104). – (2) Freud Sigmund : Abrégé de psychanalyse. Paris. PUF. 1955. (Pages 73 et 74). – (3) Barbara Low (1874-1955). Psychanalyste. Elle participera à la création de la Société de Psychanalyse britannique. C’est elle qui persuadera Freud que l’instinct de mort tel qu’il le conçoit se rapproche plus de la notion d’extinction du désir chez les orientaux que de la mort biologique, donc du Nirvana. Ce qui s’avère vrai dans son œuvre et lui fera de plus en plus assimiler ce concept. – (4) Lacan Jacques : Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse- Séminaire 1954- 1955. Paris. Ed. Du Seuil. 1978. (Page 83) – (5) Milindapanhos : Les questions de Milinda. Paris. Ed. Dharma. 1983. – (6) Meister Eckhart. Ed. Pfeiffer (Page 467) : « Was dunket dich, daz dich aller meist gefûeget have zuo der ervigen Wârheit ? Daz ist, daz ich mich geâzen hân wâ mich vant ». – (7) Huc R.E. : Souvenirs d’un voyage dans la Tartarie. Paris. Ed. Du livre de poche1962. – Souvenirs d’un voyage dans le Tibet. Paris. Ed. Du livre de poche. 1962. – (8) Milarepa : Jetsun Kahbum. Paris. Ed. Adrien Maisonneuve. 1980. – (9) Sinett A.P. : Le Bouddhisme ésotérique ou positivisme hindou. Paris. Publications théosophiques. 1901. – (10) Hesse Hermann : Siddharta. Paris. Ed. Grasset. 1950. – (11) Miller Patrick : Revue Topique-N° 40. Paris. Ed. Epi. Octobre 1987. (Page 47). – (12) Rahula Walpola : l’enseignement du Bouddha. Paris. Ed. Du Seuil. 1961. (Pages 127 à 129) – (13) Herstens Marcel : Trésors mystiques de l’Inde. Paris. Ed. Du Centurion. 1968. (Page 245). – (14) Arvon Henri : Le Bouddha. Paris. PUF. 1951. (Page 33). – (15) Chaboseau Augustin : La philosophie bouddhique. Paris. Ed. Astra. 1946. (Page 163). – (16) Rahula Walpola : idem. (Page 48). – (17) Herstens Marcel : idem. (Page 275). – (18) Ferenczi Sandor : Thalassa- Psychanalyse des origines de la vie sexuelle. Paris. Ed. Payot. 1962.
Bibliographie
– Anzieu Didier : Le Moi-Peau. Paris. Ed. Dunod. 1985. – Arnold Edwin : Lumière d’Asie. Paris. Ed. Adyar. 1981. -Conze Edward : Le bouddhisme. Paris. Ed.Payot. 1971. – Coomaraswamy Ananda K. : Hidouisme et bouddhisme. Paris. Ed. Gallimard. 1949. – Frederic Louis : Dictionnaire de la civilisation indienne. Paris. Ed. Robert Laffont. 1987. – Grimm Georges : La religion du Bouddha- La religion de la connaissance. Paris. Ed. Maisonneuve. 1959. – Herrigel Eugen : La voie du Zen. Paris. Ed. Maisonneuve. 1967. – Humphreys Christmas : Vivre en bouddhiste. Paris. Ed. Fayard. 1974. – Nacht Sacha : Guérir avec Freud. Paris. Ed. Payot.1971. – Ouvrage collectif : Des psychanalystes vous parlent de la mort. Paris. Ed. Tchou. 1979. – Rank Otto : Le traumatisme de la naissance. Paris. Ed. Payot. 1976. – Watts Alan : Être Dieu. Paris. Ed. Denoël / Gonthier. 1977.
Permettre à tous les publics de mieux connaître, par son patrimoine littéraire, les valeurs de la Franc-Maçonnerie,
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Accueillir, informer, conseiller les publics intéressés par la Franc-Maçonnerie,
Car en effet :
À quoi s’intéressent les Francs-Maçons ?
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Le CERAL 44 :
Le Cercle d’Études et de Recherches Autour du Livre Une Association Inter obédientielle Maçonnique Nantaise
Créé en 2017 pour organiser le premier Salon du Livre Maçonnique de Nantes, le CERAL 44 (Cercle d’Études et de Recherches Autour du Livre) concerne, au sein de son Conseil d’Administration, dix Obédiences.
Avant de tracer le programme du Salon du Livre Maçonnique de Nantes, le CERAL a organisé, durant cette année, des visites et des conférences ouvertes à tous les publics.
Art, histoire et symboles – Trois grands axes de Rencontres
Ce 4ème Salon du Livre Maçonnique de Nantes s’organise autour de thématiques qui sollicitent l’Art, l’Histoire et les Symboles : dimensions explorées par la Franc-Maçonnerie, qui donneront lieu à des échanges, à des conférences, à des découvertes.
Elles auront lieu sous forme de « dialogues et débats » et seront animées par des modérateurs particulièrement choisis : ainsi les intervenants centreront leurs propos sur les thèmes ci-après, se réservant la possibilité d’aborder d’autres domaines au gré des questions posées, tant par les modérateurs que par le public.
SAMEDI 19 OCTOBRE :
10 h : Rémi BOYER (GLTSO) :
« Perceval, prototype de l’initiation chevaleresque ».
11 h : Inauguration du 4ème Salon du Livre Maçonnique.
11 h 30 : Frédéric VINCENT (GLCS) :
« L’explosion du sacré dans la pop culture: les cas des super héros ».
14 h 30 : Débat entre Gérard CONTREMOULIN (GODF) et Didier DESOR (GODF) :
« Y a-t-il un sacré Laïque ? ».
16 h 15 : Pasteur Jacques-Noël PERES (GLNF) :
« Foi et recherche maçonnique : une autre quête de transcendance ».
18 h 30 : Concert de la Chorale Mosaïque : Chants maçonniques.
DIMANCHE 20 OCTOBRE :
10 h : Débat entre Marie-Françoise BLANCHET (Ancienne Grande Maîtresse de la GLFF) et Sylvain ZEGHNI (Grand Maître du DH).
11 h 15 : Anne-Claire SCEBALT (GODF) :
« La musique maçonnique : du profane au sacré ».
13 h 30 : Dominique-Alain FREYMOND (GLSA) et Joël GREGOGNA (GLDF) :
« Le profane et le sacré dans la BD ésotérique ».
16 h : Frédéric LESEUR (Druide AROUEZ) :
« Du Druidisme à la Franc-maçonnerie ».
Les Rencontres
les dédicaces avec les Auteurs,
les éditeurs, les libraires,
les obédiences maçonniques…
Accueil et Restauration
Restauration possible le midi, sur place : bar, sandwicherie, plateaux, espaces de convivialité.
ET SURTOUT…
Entrée libre et gratuite pour TOUS LES PUBLICS
Des rencontres à vivre en toute liberté, en parfaite et saine curiosité.
Des occasions privilégiées de dialoguer, d’échanger avec de nouveaux auteurs, de découvrir de nouvelles bandes dessinées, d’écouter de la musique …
Les Obédiences Maçonniques :
G.O.D.F. : Grand Orient de France – G.L.N.F. : Grande Loge Nationale Française G.L.D.F. : Grande Loge de France – G.L.F.F. : Grande Loge Féminine de France G.L.T.S.O. : Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra – D.H. : Le Droit Humain G.L.C.S. : Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité G.L.S.A. : Grande Loge Suisse Alpina G.L-A.M.F. : Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française
Samedi 19 octobre – Les Auteurs Invités
10 h – Rémi BOYER
Né en 1958, Rémi Boyer a commencé très tôt l’exploration du monde des avant-gardes, de l’initiation et des philosophies de l’éveil. Il travaille depuis à une nouvelle alliance entre philosophies de l’éveil et avant-gardes artistiques. Il anime, depuis 1992, la revue L’Esprit des Choses, spécialisée dans la philosophie de Louis-Claude de Saint-Martin, le Martinisme, la Franc-maçonnerie et, depuis 1996, la chronique littéraire La Lettre du Crocodile.
Auteur Lusophile d’une vingtaine d’essais traduits en plusieurs langues, plus particulièrement en portugais.
Il est aussi auteur de nouvelles, poèmes, contes philosophiques et de textes destinés à l’animation de discussion philosophique avec les enfants.
ESSAIS :
Chevalerie, Franc-Maçonnerie et Spiritualité, co-cécrit avec Michel Bédaton, édition bilingue franco-portugaise. Editions CIREM 2014
Hymnaire au Roi Caché, 17 Hymnes Sébastianistes, Édition bilingue Franco-portugaise. Editions Zéfiro & Arcano Zero, et Rafael de Surtis, 2013.
Les propos du Moine Durian secret. Éditions Arma Artis, 2012.
La Franc-maçonnerie, une spiritualité vivante. Éditions Le Mercure Dauphinois, 2012.
Kamala Sutra. Sutra du Fou de Shakti et de l’Amante de Shambu. Éditions Rafael de Surtis, 2012.
Haïkus de la Main Gauche, Illustrations Emmanuel Lacouture, Éditions arma Artis, 2011.
Le Pacte Bicéphale, Initiation et avant-garde. Rémi Boyer & Paul Sanda. Éditions Rafael de Surtis, 2010.
Fado. Mystérique de la Saudade. Co-édition bilingue franco-portugaise, Éditions Rafael de Surtis, 2010.
Hymnaire à la Déesse. Célébration aux Éditions Rafael de Surtis, 2010.
Soulever le voile d’Elias Artista, la rose-croix comme voie d’éveil, une tradition orale aux Éditions Rafael de Surtis. 2010.
Éveil & Absolu, Éditions Arma Artis, 2009.
Masque, Manteau et Silence, le martinisme comme voie d’éveil aux Éditions Rafael de Surtis,2008.
Mystérique du Tango, écrit avec Sylvie Boyer. Éditions Rafael de Surtis, 2008.
La Franc-maçonnerie comme voie d’éveil. Edition Rafael de Surtis, 2006.
Érotique et érotisme. Préface d’Alina Reyes, postface de Sarane Alexandrian. Rafael de Surtis, 2004.
11 h 30 – Frédéric Vincent
Frédéric Vincent est psychanalyste et docteur en Sociologie.
Il est chercheur au CeaQ (Centre d’Études sur l’Actuel et le Quotidien) à l’Université Paris V René Descartes et président de l’Association des Psychanalystes Européens (APE).
Dans la continuité des penseurs du cercle Eranos (Jung, Eliade, Durand), ses recherches tentent de décrire un panorama des rêveries initiatiques qui inondent nos sociétés contemporaines.
1977 – 1981 Direction de la Maison des Jeunes et de la Culture de Chilly-Mazarin (Essonne).
Décembre 1982 : Chargé d’Éducation Populaire et de Jeunesse au Ministère de la Jeunesse et des Sports (département Hauts de Seine).
Activités Maçonniques
Membre du Jury du Prix de la Laïcité du Grand Chapitre Général du Rite Français.
Gérard Contremoulin est franc- maçon depuis 1982. Il a présidé le Convent du GODF de 2006. Il a été membre du Conseil de l’Ordre de 2008 à 2011, en charge de la communication et des dossiers de l’École Républicaine du Futur et de la Lutte contre les dérives sectaires. Il est membre du Grand Chapitre Général-Rite Français depuis 1998.
Publications
« Dictionnaire de la Laïcité », Article Frédéric Desmons, Armand Colin, mai 2011.
« L’Homme debout, la République pour un nouvel humanisme », Detrad, mai 2018.
« Le 1er Ordre du Rite Français », Detrad, décembre 2021.
« Le 2ème Ordre du Rite Français », Detrad, décembre 2021.
« Le 3ème Ordre du Rite Français », Detrad, décembre 2021.
« Le 4ème Ordre du Rite Français », Detrad, décembre 2021.
« L’Esprit du Rite Français », Dervy, juin 2022.
14 h 30 – débat – Didier DESOR
Professeur des Universités. Enseigne les Neurosciences du Comportement. à la Faculté des Sciences, Université Henri Poincaré, dans les parcours de Biologie.
Enseigne également à l’Université Nancy2, dans les parcours de Psychologie et de Sciences Cognitives. Ses recherches portent, principalement, sur le comportement animal, plus particulièrement le développement du comportement chez le rat, ainsi que le comportement social.
Dans cette optique, il a développé le modèle social dit des « rats plongeurs », dans lequel il montre que, face à une contrainte exercée par le groupe, les individus se spécialisent : certains se mettent à voler la nourriture que les autres sont allés chercher.
Ce modèle, popularisé dans les romans de Bernard Werber (« Les Fourmis ») a été transposé à l’homme dans le cadre d’une collaboration avec les psychologues de Nancy 2.
Il pose le problème de l’exploitation du travail de certains individus par leurs congénères, et soulève un grand nombre de question, dont certaines touchent à la morale.
Activités Maçonniques
Didier Desor est membre du GODF ; 33ème grade du REAA, membre actif du Suprême Conseil du Grand Collège des Rites Écossais, Grand Orateur de l’Aréopage de Recherches « Sources ».
Conférences
2015 – « Les Rats : Nos Frères »
2015 – « Les Utopies à l’épreuve des Sciences »
2016 – « Gestuelle et Gestuelle maçonnique »
2019 – « Spécisme et Post-Humanisme »
Didier Desor est l’auteur d’un certain nombre de publications internationales. Il a publié Comprendre la violence des enfants (Avec François Math, Dunod, 2015) et Le comportement social des animaux, aux Presses Universitaires de Grenoble (2013).
16 h15 – conférence – Jacques-Noël Pérès
Jacques-Noël Pérès, né en 1949 à Paris, est un théologien luthérien français, professeur émérite de théologie patristique et d’histoire de l’Église ancienne à la faculté de théologie protestante de Paris. D’abord étudiant à Paris, à la Faculté de théologie protestante de Paris et à l’École pratique des hautes études (EPHE), puis à l’université de Münster (Westphalie) , ainsi qu’à l’École des langues orientales anciennes, il est docteur habilité en théologie, diplômé de syriaque et d’éthiopien et élève titulaire de l’EPHE. Pasteur de la paroisse luthérienne de la Rédemption à Paris 9ème (1973-1993), il est ensuite professeur d’histoire du christianisme ancien et patristique à la Faculté de théologie protestante de Paris, dont il est doyen de 1996 à 2000. Il a enseigné l’éthiopien classique guèze à l’ELCOA à partir de 1999. Il a fait un mandat de directeur de l’institut supérieur d’études œcuméniques (ISEO), où il enseignait l’histoire et la théologie des Églises orthodoxes orientales (2008). Il est professeur émérite de l’Institut protestant de théologie.
Il est Vénérable Maître de la Loge de recherche Villard de Honnecourt appartenant à la Grande Loge Nationale Française de 1997 à 1999.
Bibliographie sélective
« La Franc-maçonnerie, voie initiatique, voie mystique », Les Cahiers Villard de Honnecourt , no 10
« Un architecte de la Lumière au XIIIe siècle : Robert Grosseteste », Les Cahiers Villard de Honnecourt , no 10
L’Épître des apôtres et le Testament de N.S. Jésus-Christ, traduction de l’éthiopien, introduction et notes, (Apocryphes 5), Turnhout : Brepols, 1994.
« Jérusalem et Axoum ou la reine de Saba et l’arche d’alliance. Mythe fondateur et traditions religieuses et politiques en Éthiopie », Graphè 11, 2002, p. 45-59.
« À la recherche des héritiers de Salomon et de la Reine de Saba, ou vaut-il la peine aujourd’hui d’apprendre l’éthiopien ? », Transversalités 85, 2003, p. 1-12.
« Les Pères de l’Église sont-ils aussi les Pères des protestants ? », dans De commencement en commencement. Le renouveau patristique dans la théologie contemporaine, Yves-Marie Blanchard et Guillaume Bady éd., Paris, Bayard, 2007, p. 297-303.
Jésus a-t-il une face cachée ? En collaboration avec Jean-Pierre Brach, Alain Houziaux et Jérôme Rousse-Lacordaire, Paris, L’Atelier, 2008.
« ils n’étaient que des hommes » : un jugement de Martin Luther sur les Pères de l’Église », Positions luthériennes 56/1, 2008, p. 87-94.
« Pratiques autour de la mort, enjeux œcuméniques », (Théologie à l’Université 24), Paris, Desclée de Brouwer, 2012.
« Des forêts du Liban aux monts du Lasta : une géographie initiatique », Kilwinning. La Revue maçonnique internationale pour érudits, no 10.
Dimanche 20 octobre – Les Auteurs Invités
10 h – débat – Marie Françoise BLANCHET
Ancienne Grande Maitresse de la Grande Loge Féminine de France.
Entrée dans une loge de la GLFF en 1984, MFB a été 3 fois Conseillère Fédérale de la GLFF, et Grande Maitresse de 2003 à 2006. En 1995 elle a fondé la Loge « George Sand », dont elle fut la Vénérable Maitresse. Elle est toute nouvelle Vénérable Maîtresse d’une toute nouvelle Loge, travaillant au Rite Ancien et Primitif Memphis Misraïm. Elle se passionne pour tout ce qui concerne l’histoire des femmes, l’histoire de la Franc-maçonnerie, et des différents rituels. Elle appartient à la Commission d’Histoire et de Recherches Maçonniques de la Grande Loge Féminine de France. Elle a été vice-présidente du Comité Laïcité République. Elle a participé à la création de loges féminines à l’étranger et installé en 2005 la Grande Loge Féminine Symbolique du Venezuela et la Grande Loge Féminine d’Espagne, à partir des loges que la GLFF avait créées dans ces pays. Sa retraite est très active puisqu’ elle continue à se consacrer à la GLFF en participant à des conférences publiques et des colloques tout en continuant un travail de recherche sur les sources anciennes de la Franc-maçonnerie et les débuts de la Franc-maçonnerie féminine. Elle fait aussi partie d’une sympathique équipe de frères et sœurs qui animent chaque mois une émission de radio maçonnique diffusée sur le web. Elle est maman de 3 enfants et grand-mère de 7 petits enfants qui ont de 15 à 27 ans. Sa carrière professionnelle s’est effectuée dans l’Armée de l’Air, qu’elle a quittée avec le grade de Colonel. Elle est officier de l’Ordre du Mérite et médaillée de la Jeunesse et des Sports.
10 h – débat – Sylvain ZEGHNI
Sylvain ZEGHNI est Docteur en sciences économiques (Université Paris X Nanterre) et actuellement maître de conférences à l’Université Gustave Eiffel (Val d’Europe).
Thématiques de Recherche : Disciplines : Attractivité des territoires, Gouvernance des clusters, Environnement et Tourisme. Membre du conseil de rédaction de la revue « Mondes en développement ». De nombreux articles publiés.
Initié en Franc-maçonnerie en l’an 2000, il se passionne particulièrement pour l’histoire et les rites de la franc-maçonnerie.
Il a été élu Grand Maitre national de la Fédération française du Droit humain le 26 août 2023.
Intervention au dernier Salon de Nantes : « Survivre sans se renier : la Franc-maçonnerie face aux défis de demain. »
11 h 15 – conférence – Anne Claire SCÉBALT
Agrégée de musique et 1er prix de piano, enseigne en lycée et a enseigné l’analyse musicale à l’université de Lorraine et à la Sorbonne.
Ses activités professionnelles se partagent entre l’enseignement, les concerts et spectacles notamment avec sa chorale et son engagement associatif au sein de l’association nationale des professeurs d’éducation musicale dont elle a été présidente pendant 7 ans.
Après une maîtrise à Vienne sur la réception des œuvres de Berlioz dans la capitale autrichienne, elle poursuit son travail de recherches en tant que doctorante et se spécialise en sémiologie et rhétorique musicales.
Intervenante aux Imaginales Maçonniques d’Épinal -26 mai-2023.
Intervention à titre d’exemple :
La chorale du lycée Claude-Gellée, riche de 51 élèves et de trois professeurs, reprendra en mai ces tubes intemporels lors d’un spectacle intitulé « 2358 Queen » adapté de « We Will Rock You » une comédie musicale produite par Robert De Niro écrite par Ben Elton.
« L’histoire se déroule en 2358 dans un monde globalisé, sans musique » raconte la professeure d’éducation musicale Anne-Claire Scébalt qui supervise les répétitions.
Dans ce monde aseptisé, le héros, un Bohémien qui répond au nom de Galiléo rêve que la vraie musique puisse à nouveau s’exprimer et se libérer ainsi du diktat de Killer Queen qui règne sur ce monde uniformisé.
La pièce musicale met en avant les dérives des réseaux sociaux, l’utilisation intempestive de portables et l’aseptisation des sentiments, en passant par l’anéantissement des arts, a trouvé tout son sens en ce début d’année 2024…
13 h30 – Conférence – Dominique Alain FREYMOND
Né en 1954, Dominique Alain Freymond est un entrepreneur et une personnalité politique du Canton de Vaud.
Chancelier d’Etat du 1erfévrier 1995 au 30 avril 1997, il est consultant spécialisé dans la stratégie et la gouvernance d’entreprise depuis 2003 et administrateur indépendant de sociétés depuis 1997. Il est cofondateur de l’Académie des administrateurs (ACAD).
Il est initié à la Grande Loge de France à Paris en 1988 avant de rejoindre la Grande Loge Suisse Alpina . De 2015 à 2022, il préside le Groupe de recherche Alpina (GRA). Il est directeur des publications du GRA, dont la revue Masonica qui paraît deux fois l’an avec des articles en français et en allemand. En 2022, il rejoint le Conseil du Musée maçonnique Suisse à Berne et organise de nombreuses conférences et expositions.
Il est l’un des auteurs du « Guide suisse du franc-maçon ». Il a publié de nombreux articles et donne des conférences en Suisse, France et Allemagne sur l’humour maçonnique, la perception de la Franc-maçonnerie au travers du cinéma, des séries télévisées et des bandes dessinées.
Publications
Revue historique vaudoise – No. 130 – décembre 2022 – La franc-maçonnerie, de l’ombre à la lumière – Société vaudoise d’histoire et d’archéologie, pp. 148-164
Franc-Maçonnerie Magazine – No. 67 – mars-avril 2019 – Les francs-maçons et les étoiles du cinéma.
Franc-Maçonnerie Magazine – No. 57 – juillet-août 2017 – Un 9ème Art royal : La Franc-maçonnerie dans la bande dessinée francophone.
Franc-Maçonnerie Magazine – No. 34 – janvier-février 2016 – La Franc-Maçonnerie soumise à un vote populaire en Suisse.
Guide Suisse du Franc-Maçon – Tome I – Histoire et rites – Éd. GRA, Lausanne 2017 (postface de D. Freymond) – Tome II – Diversité des obédiences dans le monde – Éd. GRA, Lausanne 2018.
13 h30 – Conférence – Joël GREGOGNA
Né en 1947, Joël Gregogna est avocat honoraire et ancien premier Grand Maître Adjoint de la Grande Loge de France.
Joël Gregogna est spécialiste de la franc-maçonnerie italienne et contribue régulièrement à différentes revues maçonniques et profanes
Joël Gregogna est aussi un explorateur de l’imaginaire, passionné de bande dessinée et de l’histoire de l’ésotérisme.
Auteur de plusieurs ouvrages de « décodage » montrant l’aspect ésotérique de certaines bandes dessinées comme Les Arcanes du Triangle secret (Véga), il approfondit le commentaire entamé avec Corto l’initié, de l’œuvre d’Hugo Pratt.
À propos de Corto l’initié, Joël Gregogna dit :« l’essentiel est d’essayer de se réaliser en son être, et non en son avoir. Le savoir est du domaine de l’avoir, mais il permet de donner des éléments utiles pour réaliser son être. Seule sa propre expérience permet en effet d’avancer sur la voie menant à la réalisation de son être. La distinction entre savoir et connaissance date de l’Humanisme de la Renaissance. La connaissance est du rapport de l’être, de l’expérience propre, que l’on développe à partir de certains outils, dont le savoir, qui n’est autre que l’expérience des autres. Corto nous donne-t-il la méthode de cette démarche ? Qui sait ? «
Publications :
Réflexions sur les Causeries Initiatiques d’Edouard Plantagenet, Apprenti, Compagnon, Maître Dervy, 2018
• La Venise d’Hugo Pratt avec Jacques Viallebesset, Dervy, 2012
Les Arcanes du triangle secret avec Denis Falque, Vega, 2011
Corto l’initié, Dervy, 2008
16 h – conférence – Frédéric LESEUR/ Druide AROUEZ
Le Druide Arouez (Frédéric Leseur). Réellement animé par la Foi et désireux d’aller s’abreuver à la source des choses, il a découvert le Druidisme dans sa jeunesse, a commencé seul ses premières recherches et expériences, puis a intégré une Clairière druidique en 2000.
Installé en Pays Nantais en 2003, le « hasard » lui a permis de rencontrer Michel Raoult, Druide an Habask, qui a mené sa formation jusqu’à sa consécration au Druidicat en 2010.
En 2013, an Habask lui a demandé de lui succéder à la tête de la Kredenn Geltiek, ce qu’il a fait jusqu’en 2018.
Il fut en 2011 un des initiateurs du rassemblement d’Aubazine, puis de l’Alliance Druidique à laquelle il collabore toujours.
Depuis il poursuit son travail en simple membre au sein de son Collège, en axant principalement son travail sur l’étude et la recherche, afin d’aller plus loin que l’enseignement qu’il a reçu, et afin d’enrichir encore la Tradition des Druides et sa pratique.
Après Le druidisme, une spiritualité sans dogme, Frédéric Leseur propose d’expérimenter plus concrètement la Tradition des Druides. En suivant la Roue de l’Année et ses huit fêtes principales, il sème sur notre chemin les éléments indispensables à la quête intérieure. Histoire et traditions se mêlent aux influences modernes mais toujours en harmonie avec la nature cyclique pour que ces célébrations soient autant d’occasions de grandir.
Le Druidisme, une spiritualité sans dogme, paru aux éditions Danaé en 2021.
Le CERAL est une association qui regroupe toutes les grandes familles maçonniques de France, GODF, GLDF, DH, GLNF, GLFF, GLTSO, GL-AMF toutes ces Obédiences engagées sur la voie du progrès.
Nos activités ne se limitent pas à l’organisation de salons du livre mais tout au long de l’année nous proposons à nos adhérents ainsi qu’à un large public, des visites de musées, d’expositions, des conférences, des voyages culturels…
Déjà de nombreuses activités : Visites du Tombeau d’Anne de Bretagne, Visites de musées (Nantes, Amsterdam, Londres), Voyages à Angers (Tapisserie de l’Apocalypse), au Mans, Conférences…
En 2024 :
Visite du Musée de l’Imprimerie
Le Salon du Livre Maçonnique
Les Mystères des FALLUNS
Accueil et Restauration
Restauration possible le midi, sur place :
Bar, espaces de convivialité. Dîner du Samedi soir sur réservation. Entrée libre et gratuite pour tous les Publics
INFOS PRATIQUES :
Horaires : Samedi – 9 h 30 / 19 h 00 sans interruption Dimanche – 9 h 30 /18 h sans interruption
Point information du salon et réservation des repas à l’Accueil
En raison du plan Vigipirate qu’il y aura des contrôles à l’entrée Parking gratuit – Entrée : 2 impasse du Tertre – Carquefou