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L’adolescence : une maladie dont nous serions censés guérir ?

(Il faut bien que jeunesse se passe !)

« Le signe de la jeunesse, c’est peut-être une vocation magnifique pour les bonheurs faciles. Mais surtout, c’est une précipitation à vivre qui touche au gaspillage ».

ALBERT CAMUS
(Noces « L’été à Alger ».1938)

Comme épisodiquement, le problème de l’adolescence revient dans l’actualité avec son lot d’inquiétudes devant la violence ou le désespoir des jeunes. Problème éternel de passage entre l’enfance et l’âge adulte qui est mis en exergue par une information omniprésente, donnant soit dans le sensationnel qui fait vendre ou une réflexion sérieuse.

Marie Rose Moro

Dans le denier cas, l’article de Marie Rose Moro, psychiatre d’enfants et d’adolescents, psychanalyste et enseignante à l’université de Paris Cité, intitulé « La santé mentale des adolescents » (1) est passionnant. Elle évoque le rajeunissement de la notion d’adolescence vers 11 ans et sa finalité vers 25, quand le sujet arrive à la finalité de sa constitution physique et psychique. Temps considérable qui voit se dérouler un spectre considérable de constantes et de variantes dans cette longue période de passage à l’âge adulte. Marie-Rose Moro soulignant qu’en dehors des problèmes classiques de l’adolescence, la question du genre vient hanter les jeunes qui ont de plus en plus de mal à évaluer les limites de leur corps et de leur personnalité, cela remettant en cause leurs tentatives d’insertion dans la société. Cependant, reste la constance des tendances à l’idéalisme et à une violence, un rejet d’un monde décevant.

Il est fondamental pour la Franc-Maçonnerie que nous puissions avoir une réflexion sur l’adolescence et son « passage chrysalidale », car nos futurs Frères et Soeurs sont encore dans cette transformation et que nous-mêmes y avons laissés quelques illusions sur le bas-côté du chemin !

I-NAVIGUER A GRAND PEINE SUR L’OCEAN DES DESIRS ET DE L’IMAGINAIRE.

Être adolescent c’est résister aux tempêtes qui le ballottent dans l’océan du devenir en quittant le sentier de l’irréel pour celui d’un réel qui n’a rien d’une route faite de pavés lisses, traversant un paysage harmonieux et ensoleillé ! Ce n’est pas automatiquement un voyage sûr comme cela est souvent prétendu, sinon espéré et attendu. Au contraire c’est un voyage dangereux dont le voyageur ne sort pas toujours indemne. Il peut même y perdre la vie physique ou mentale, parce que les pièges sont aussi nombreux que les faiblesses du voyageur et à cause de celles-ci, il devient lui-même son pire ennemi, rejetant sa révolution interne sur l « ennemi » extérieur, en se posant la question s’il existerait un Sentier universel (religion, philosophie, engagement politique) qui pourrait cohabiter avec celui qu’il tente de tracer et qui va sans doute déboucher sur la question momentanée de savoir si « la » vérité et « sa » vérité ne seraient pas un pays sans chemins, une jungle ou le maniement de la machette est plus utile que celui des nobles idéaux !

L’adolescence est le temps où l’on se perçoit comme un être unique, irremplaçable, profondément original. Tout ce qui apparaît comme médiocre devient étranger. L’adolescent se met à discuter de l’existence de « Dieu-Le-Père » et refait le monde à sa convenance. Au seuil de sa vie d’homme, il ne voit sa vie qu’en terme de destin. C’est l’âge du tout ou rien, l’âge où l’on ne donne rien si l’on ne donne pas tout. C ‘est l’heure des choix héroïques, où l’on embarque si le voyage en vaut la peine et qu’on peut s’y jeter corps et âme, tout entier, quel que soit le prix à payer au terme de l’aventure et que l’adolescent paiera. Les périls ne l’effrayent pas : ils l’exciteraient plutôt ! François Mauriac écrit, dans son livre « Le jeune homme » : « La jeunesse pardonne à celui qui l’immole, pourvu qu’il le délivre de cette force surabondante et dont elle étouffe, pourvu qu’elle agisse enfin et qu’elle domine ». L’écrivain montre avec force tout ce que l’adolescent comporte d’excessif, de dangereux, d’inadaptable à la vie en société. Il vit une saison trouble, aux frontières indistinctes, que beaucoup d’hommes n’arrivent pas à franchir et qu’ils restent prisonniers de ce qu’ils furent à cette période.

La perspective de mourir précocement ne modère pas son enthousiasme, mais l’exalte au contraire, car la pensée de la mort est familière : avec la découverte de son corps et le sentiment de la nature, cette attirance vers la mort, vers thanatos, est tenu par les psychologues comme l’une des caractéristiques de la crise juvénile. Par son caractère brutal et définitif, elle satisfait chez l’adolescent son besoin d’absolu. Il aura, parfois, recours à elle, quand sa vie ne prendra pas la hauteur à laquelle il prétend, et elle viendra lui conférer cette gloire que le monde lui refuse. L’adolescence est un moment où l’on se suicide beaucoup. Même quand on ne l’appelle pas prématurément, la mort est ce majestueux accord qui met fin à une vie que l’on souhaite plus intense que longue. Elle est une échéance à laquelle l’adolescent ne cesse de penser, si Eros ne contrebalance pas cette orientation mortifère.

La seule inquiétude de l’adolescent est de ne pas trouver le champ où sa valeur peut s’exercer, l’aventure qui comblera ses vœux. Il est prêt à conquérir le monde, le détruire et le reconstruire. En fait, il veut laisser une trace. Une adhésion à une entreprise collective dépendra alors des possibilités de réalisation individuelle que cette entreprise lui paraîtra présenter. Quand il se met à l’héroïsme, ou parfois au martyre, ou si plus banalement il milite, c’est toujours en vue de son propre accomplissement. Il veut bien mourir, mais à condition d’avoir été le héros de la pièce. Il refuse de n’être seulement qu’un figurant. Un poète allemand nous dit que l’adolescence est « une ivresse sans vin » ! Ce qui pourrait illustrer au mieux ce vécu de l’adolescent serait, étrangement, la prière des parachutistes (2) :

« Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste
Donnez-moi ce qu’on ne vous demande jamais

Je ne vous demande pas la richesse
Ni le succès, ni même la santé

Tout ça, mon Dieu, on vous le demande tellement
Que vous ne devez plus en avoir
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste
Donnez-moi ce que l’on vous refuse

Je veux l’insécurité et l’inquiétude
Je veux la tourmente et la bagarre
Et que vous me les donniez, mon Dieu
Définitivement

Que je sois sûr de les avoir toujours
Car je n’aurai pas toujours le courage
De vous les demander »

Existe, chez l’adolescent, une suprématie de l’instinct sur la raison, de l’action sur la réflexion et du corps sur l’esprit. Elle est ce temps où le corps aspire au mouvement. La supériorité se mesure alors à la maîtrise que l’on possède sur son corps et aux périls qu’on lui fait volontairement courir. Il est plus rassurant de rechercher son accomplissement personnel dans la prouesse physique que dans les progrès spirituels indécis, exceptée pour une minorité qui va s’investir dans des orientations religieuses, philosophiques, ou tenter la voie artistique.

II- APPARTENIR A UN CLAN POUR AFFRONTER LA SOCIETE.

Humains préhistoriques dans la grotte près du feu
Humains préhistoriques dans la grotte près du feu

L’évolution des âges conduit l’adolescent et l’adulte à s’affronter jusqu’à ce que le premier (à part quelques cas relevant souvent du pathologique et de la volonté névrotique de « rester dans l’enfance ») soit obligé de rejoindre le « camp » des adultes, en faisant souvent le deuil de son imaginaire de toute-puissance. La société des adultes n’a que faire des exigences : à ceux qui arrivent avec des vocations, elle offre le plus souvent que des métiers, car les héros lui sont moins indispensables que les employés ponctuels. Elle va être le rouleau compresseur qui va broyer les forces vives de l’adolescence. Toute la littérature évoque cette reddition fatale de la jeunesse face à l’alignement de la jeunesse : Le Rastignac de Balzac et son célèbre « Paris à nous deux » est vaincu d’avance ! Le quarantenaire ne peut que s’étonner, avec dérision, sur ce qu’était son corps à vingt ans et sur l’écart qui sépare les aspirations du jeune âge de la monotonie de l’existence quotidienne, de la médiocrité de ses besognes et de la petitesse de ses plaisirs. D’autant que parent, il constate avec dérision, sa propre image en révolte contre lui à-travers ses propres enfants, tout en sachant d’expérience qu’ils vont rejoindre tôt ou tard la banalité nécessaire au fonctionnement de la société qui ne peut se permettre les écarts que dans des temps très contrôlés.

2 jeunes moines bouddhiste dans un Temple
2 jeunes moines bouddhiste dans un Temple en marche et souriants

Le problème actuel de la jeunesse est que les aînés ne savent plus tuer ses rêves et qu’ils ne savent plus lui créer des rêves provisoires, de passage initiatique d’un état à un autre. L’adolescent, lui, continue à chercher une révolution, un grand dessin, un projet qui ne soit pas médiocre, quelque chose qui séduise la raison, comble l’âme et enflamme le coeur. La jeunesse voudrait un chantier et on ne lui offre qu’un self-service ! Une forme de « cauchemar climatisé » dont parle Henry Miller, ou déjà Antoine de Saint-Exupéry, auparavant, quand il écrivait : « Nous vivons le temps des mares, il n’y a plus de torrents ». Pour faire face à l’alignement et le retarder au maximum, les adolescents vont se constituer en bandes, en clans. La jeunesse est un monde clos dont les lois et les motivations échappent aux adultes, même si ceux-ci, avec sympathie, cherchent à en percer les secrets. L’adolescent reste inintelligible tant qu’on ne reconnaît pas, une fois pour toutes, son complet divorce d’avec les valeurs qui lui sont proposées par notre société et qui reflètent un matérialisme désespérant. Jean Rousselet écrit (3) : « Leur soi-disant fureur de vivre moderne semble alors se transformer en une fatigue de vivre ».

Le clan, c’est l’utopie réalisée quelle tire du rêve, c’est le lieu où va s’épanouir tout ce que la société des adultes refuse. Le clan à ses codes et ses tabous, ses légendes, ses guerres et ses fêtes. Il a parfois une structure extraordinairement organisé, parfois simplement ébauchée, mais qui tend toujours à en faire une véritable société en réduction. Le clan est régi par un code moral particulier et il a ses lois rigoureuses, ses punitions souvent implacables, ses excommunications et ses persécutions sur ceux qui n’en font pas partie, le rejet de l’ « étranger au groupe » dans les ténèbres extérieurs. On assiste à la création d’une société plus ou moins parachevée, de substitution, qui remplace l’autre, celle des adultes. Cette dernière accentue le phénomène par une perte de vitalité de l’organisme social, qui n’assimile plus sa jeunesse et ne lui propose rien d’exaltant ! Le clan est soumis à une épreuve d’initiation où l’impétrant doit fournir la preuve de sa valeur qui comporte assez souvent des risques physiques. Les jeunes du clan ont des mots de passe et même des embryons d’uniforme : on se distingue aussi par le port de vêtements, mais quand le clan devient connu, les signes trop voyants sont remplacés par des détails imperceptibles : manière de se serrer la main, port d’un insigne à la boutonnière, langage codé.

Les membres se sentent solidaires et sont ensemble « à la vie, à la mort ». Les liens familiaux, ou la conscience de classe, sont relégués par rapport à cette communion où la personnalité de chacun se trouve exaltée et les forces multipliées. Qui n’était qu’impuissance quand il n’était pas dans le clan se voit tiré de l’insignifiance, sauvé de la désespérante solitude. L’objet du clan est de devenir le lieu privilégié où s’épanouissent les aspirations intimes du sujet, dans l’illusion de ne représenter qu’un seul corps (comme dans l’armée, appartenir à un « corps de troupe » !). Naturellement, ils ont le culte de l’amitié et aiment le cérémonial et les rites vaguement magiques qui renforcent l’amitié, souvent naïfs ou redoutables. Beaucoup plus que le secret dont ils aiment s’entourer, c’est un état d’esprit particulier qui rend le clan incompréhensible aux adultes : l’échelle des valeurs n’est pas la même, et la communication ne peut s’établir entre des ordres aussi différents. Le malentendu est inévitable. Les adultes ne s’aperçoivent pas que la jeunesse est une flamme qui se soucie peu de brûler pourvu qu’elle s’accomplisse en se consumant. La force de la jeunesse réside dans l’énergie dont elle déborde et qui lui permettrait, théoriquement, de changer le monde. La faiblesse est, que si on lui donne le monde à changer, elle usera cette énergie à des besognes infimes ou inefficaces. Mais cet excès de vie, il faut de toute façon qu’elle s’en libère.
L’idéal du confort matériel qui est aujourd’hui proposé au monde s’accorde mal aux profondes aspirations de la jeunesse à qui on offre la sécurité alors qu’elle n’aime que le risque…

III- LA FRANC-MACONNERIE COMME PONT SYMBOLIQUE ENTRE ADOLESCENCE ET ÂGE ADULTE ?

Alan Cockman (Trésorier de la Loge) avec Joshua et Izzie à la présidence, avec le chef de section Andy Dunsworth
Alan Cockman (Trésorier de la Loge) avec Joshua et Izzie à la présidence, avec le chef de section Andy Dunsworth

Nous savons que l’homme oscille, au gré des événements de sa vie privée et collective, entre trois instances en mouvement : le réel, l’imaginaire et le symbolique. L’adolescence se caractérise par la prépondérance de l’imaginaire et le refus du réel que les adultes proposent. Bien sûr, à terme, l’adolescent sera contraint à accepter la défaite et d’adopter la réalité peu enthousiasmante de la vie courante sans trop avoir l’espace d’une négociation avec ses « illusions perdues ». C’est cette assimilation du concept de symbolisme qui peut, chez l’adulte, faire équilibre entre réel et imaginaire et qui permet d’opérer un balancement entre les deux notions précédentes sans en rejeter une pour autant.

La Franc-Maçonnerie, de par le fonctionnement de ses structures et sa pensée représente assez ce que serait l’entrée pour eux, dans le monde des adultes, tout en conservant dans le réel, une part importante à l’imaginaire. L’institution maçonnique est le prolongement d’une structure clanique décrite précédemment : initiation, mot de passe, vêture spécifique durant les tenues, récits légendaires sur lesquels s’appuient une idéologie, attachement au groupe et recherche permanente de solidarité et d’amitié, impression d’être membre d’un seul corps, donc d’un retour dans la mère, l’ « Uma » communautaire des musulmans. Bien entendu, c’est à la Maçonnerie de traduire que cette « mise en scène » est un passage au symbolique et non une vérité de type religieux, au risque de n’apparaître que comme l’illustration d’une régression. La symbolique maçonnique rassemble des oppositions pour les élever à une transcendance, sous peine d’entrer dans le domaine du sectaire. Ce que nous pouvons malheureusement constater parfois dans le fonctionnement de certaines loges.

Si la Maçonnerie ne devenait pas cette force de proposition à la jeunesse, existerait alors le risque de la récupération par la politique extrémiste des élans provisoires de la jeunesse. En particulier l’extrême droite : les historiens et sociologues pensent que le nazisme, par exemple, fut le phénomène de la jeunesse au pouvoir. En 1933, Baldur Von Schirach, 26 ans, nommé Fürher de la jeunesse, organise pour elle la conquête du pays, avec ce slogan : « L’Allemagne a vingt ans. Ceux et celles qui sont plus âgés ne compte pas ». Devant cette mobilisation des jeunes qui se voyaient livrer, corps et âme, et qui stupéfiait le monde, il y eut la prise de conscience que les adultes étaient moralement exclus et que la société allemande régressait jusqu’au délire et ce, jusqu’à l’apocalypse de la fin du IIIe Reich. L’un des grands observateur de cette période, Robert
d’Harcourt (4), dans des cahiers clandestins de « Témoignage chrétien » écrivait : « Dans le simplisme des mots d’ordre et des impératifs du nazisme hitlérien, dans le romantisme de l’aventure de la guerre et de la mort, dans le vitalisme sommaire divinisant l’impulsion aux dépens de la réflexion, dans le culte de la dureté, dans l’amour du bruyant, du voyant et du collectif, dans la communion avec la nature et le plein-airisme, il y a une conformité naturelle avec les lignes essentielles de la psychologie de l’adolescence. Entre jeunesse et national-socialisme, on pourrait, sans exagération, dire qu’il y a une sorte d’harmonie préétablie ». Magnifique analyse !

Le fascisme, c’est le clan à la puissance mille : il n’exige pas que l’adolescent devienne un homme, il l’encourage au contraire dans les vertus et les vices de son âge, il entretient le passage au lieu de lutter contre toutes celles des tendances qui sont incompatibles avec une vie en société normale, il les exalte au contraire, il les accroît. La société fasciste n’absorbe pas sa jeunesse : elle s’organise autour d’elle comme si elle était immortelle. Nicolas Berdaïeff écrivait : « L’enthousiasme de la jeunesse nationale-socialiste tient de la pathologie ». Le dynamisme de la jeunesse devient comme une marée qui recouvrirait les imperfections de la société. Dans ce cas-là survient tout ce qui est inhérent à la jeunesse : le goût de l’action violente libératrice, le romantisme de la mort que l’on risque, que l’on donne et que l’on partage, l’ascèse d’un corps dont on exige tout, la fraternité avec ceux qui vivent, combattent et meurent côte à côte. Il convient alors de ne pas modifier sa personnalité : il suffit de la laisser se développer selon ses tendances mal refoulées à l’époque où il fallait encore donner le change ! Le discernement, voilà l’ennemi.

Puisse la Franc-Maçonnerie offrir à la jeunesse l’intérêt de partager nos chantier où elle pourra vivre le conflit propre à tout homme entre réel et imaginaire en le transcendant par le symbolique…

NOTES

(1) Moro Marie-Rose : La santé mentale des adolescents. Paris. Revue « Etudes ».N°4325. Avril 2025. (Pages 33 à 42).

(2) Perrault Gilles : Les parachutistes. Paris. Ed. Du Seuil. 1961. (Page 157).

(3) Rousselet Jean : La jeunesse malade du savoir. Paris. Ed. Grasset.1980.

(4) Robert d’Harcourt (1881-1965) : Grand intellectuel catholique. Auteur de nombreux articles et ouvrages. L’un qui concerne notre sujet s’intitule : « L’Evangile de la force, le visage de la jeunesse du IIIe Reich ». Paris. Ed. Perrin 2021.

BIBLIOGRAPHIE

  • Vasse Denis : « Le poids du réel, la souffrance ». Paris. Ed. Du Seuil. 1983
  • Debesse Maurice : « L’adolescence ». Paris. PUF. 1969.
  • Freud Sigmund : « Trois essais sur la théorie sexuelle ». Paris. Ed. Gallimard.1987.
  • Kristeva Julia et Moro Marie-Rose : « Grandir, c’est croire ». Paris. Ed. Bayard. 2020.
  • Pankow Gisela : « Structure familiale et psychose ». Paris. Ed. Aubier-Montaigne. 1977.

Rencontres autour des Troubadours à Montségur : Un Week-end de Pentecôte riche en culture et spiritualité

Les 7 et 8 juin 2025, la ville de Montségur, dans l’Ariège (09300), accueillera les « Rencontres autour des Troubadours », un événement culturel et spirituel organisé par Alcor-Éditions et soutenu par plusieurs partenaires locaux. Ce week-end de Pentecôte, qui se tiendra à la salle municipale de Montségur, proposera un programme varié mêlant conférences, concerts et visites guidées, autour de la figure emblématique des troubadours et de leur héritage dans l’histoire médiévale.

Avec des intervenants de renom et une immersion dans l’univers des cathares et des traditions occitanes, cet événement promet deux jours d’échanges et de découvertes pour un public curieux de culture, d’histoire et de spiritualité.

Un Programme Dense et Varié sur Deux Jours

Les Rencontres autour des Troubadours débuteront le samedi 7 juin 2025 avec un accueil et un café dès 9h30, suivis de l’ouverture officielle des rencontres à 10h. Le programme de cette première journée est conçu pour plonger les participants dans l’univers des troubadours, ces poètes et musiciens du Moyen Âge qui ont marqué la culture occitane par leurs chants d’amour courtois et leurs réflexions spirituelles.

  • 10h30 : Conférence 1 – « Frinéraires d’une esclave-chantante dans l’escence médiévale occitane »
    Tristan Bergerot, guide-conférencier, explorera les influences musicales des troubadours occitans et des esclaves-chanteuses venues d’Afrique et du Moyen-Orient. Cette conférence mettra en lumière les échanges culturels qui ont enrichi la musique médiévale, montrant comment ces influences ont façonné l’art des troubadours dans une région comme l’Occitanie, carrefour de civilisations.
  • 14h30 : Conférence 2 – « La trobairitz : la voix féminine de la fin’amor »
    Meritxell Simó Torres, professeure titulaire de philologie romane et directrice de recherche à l’IRCVF (Institut de Recherche sur les Civilisations de l’Occident Médiéval) de l’Université de Barcelone, abordera le rôle des trobairitz, ces femmes troubadours. Elle explorera leur contribution à la poésie de l’amour courtois (fin’amor), un thème central de la littérature occitane, et mettra en lumière leur voix féminine dans un monde dominé par les hommes.
  • 15h15 : Conférence 3 – « Un sacré cœur ! Le cœur dans tous ses états dans les cansos et vidas du troubadour roussillonnais Guilhem de Cabestanh »
    Michel Adroher, agrégé de lettres et maître de conférences en langue et littérature du Moyen Âge à l’Université Via Domitia de Perpignan, se penchera sur l’œuvre de Guilhem de Cabestanh, un troubadour roussillonnais célèbre. À travers ses cansos (chansons) et vidas (biographies), il analysera la symbolique du cœur, un motif récurrent dans la poésie médiévale, représentant à la fois l’amour, la passion et la souffrance.
  • 17h : Concert – « Le Chant des Troubadours »
    Nicolas Dedieu, musicien, conférencier et luthier, offrira un concert mettant en valeur les instruments médiévaux (vielle à roue, luth, harpe) et les chants des troubadours. Accompagné d’un petit concert en duo avec Marga Mingot, musicologue et spécialiste des musiques catalanes, cette prestation transportera le public dans l’atmosphère poétique et spirituelle du Moyen Âge occitan.

La journée se clôturera par un apéritif à 18h, offrant un moment de convivialité et d’échange entre les participants et les intervenants.

Le dimanche 8 juin 2025, les rencontres se prolongeront avec une activité en extérieur, centrée sur le patrimoine historique de la région. À 10h, une visite guidée et chantée au Château de Puivert, proposée au tarif de 10 €, permettra aux participants de découvrir ce haut lieu cathare. Le Château de Puivert, situé dans l’Aude, est célèbre pour son lien avec les troubadours et son architecture médiévale. Cette visite, qui inclut des chants traditionnels, offrira une expérience immersive, mêlant histoire, musique et paysages grandioses.

Montségur : Un Lieu Chargé d’Histoire et de Symboles

Montségur, petite commune de l’Ariège nichée au cœur des Pyrénées, est un choix emblématique pour accueillir ces rencontres. Connue pour son château, perché à 1 207 mètres d’altitude, Montségur est un lieu chargé d’histoire, étroitement associé au catharisme. En 1244, le siège de Montségur marqua la fin tragique de la résistance cathare, avec le bûcher où périrent plus de 200 hérétiques. Ce passé dramatique fait de Montségur un symbole de spiritualité et de résistance, résonnant avec les thèmes des troubadours, qui furent souvent proches des idéaux cathares dans leur quête de pureté et d’amour spirituel.

La salle municipale de Montségur, où se tiendront les conférences, est un espace fonctionnel et accessible, idéal pour ce type d’événement culturel. La commune, qui compte environ 120 habitants, est également un point de départ pour des randonnées et des visites historiques, attirant chaque année des milliers de visiteurs passionnés par le Moyen Âge et le catharisme. L’organisation des Rencontres autour des Troubadours s’inscrit dans une volonté locale de valoriser ce patrimoine, tout en dynamisant la vie culturelle de la région.

Les Troubadours : Héritiers d’une Tradition Poétique et Spirituelle

Les troubadours, figures centrales de cet événement, ont joué un rôle majeur dans la culture médiévale occitane entre le XIe et le XIIIe siècle. Poètes, musiciens et parfois chevaliers, ils composaient des chansons en langue d’oc, abordant des thèmes comme l’amour courtois (fin’amor), la chevalerie, la spiritualité et la critique sociale. Leur art, qui s’épanouit dans les cours des seigneurs du sud de la France, a influencé la littérature européenne, notamment la poésie des trouvères dans le nord et les poètes italiens comme Dante.

Les troubadours étaient souvent des esprits libres, parfois en marge des autorités religieuses, ce qui les rapprochait des hérétiques cathares. Leur poésie, empreinte de symbolisme, reflétait une quête d’idéal, qu’il s’agisse de l’amour terrestre ou d’une aspiration spirituelle plus élevée. Les trobairitz, femmes troubadours, bien que moins nombreuses, ont également marqué cette tradition, apportant une voix féminine à un art dominé par les hommes, comme le soulignera Meritxell Simó Torres dans sa conférence.

Une Organisation Soignée et des Partenaires Engagés

L’événement est organisé par Alcor-Éditions, une maison d’édition spécialisée dans les ouvrages sur l’histoire, la spiritualité et les traditions occitanes. Le soutien de partenaires locaux, tels que l’association Villes et Pays d’Art et d’Histoire, les Pyrénées Cathares, et la commune de Montségur, témoigne de l’ancrage territorial de ces rencontres. L’Hôtel Restaurant Les Minotiers, situé à Mirepoix (tél. 05 61 69 37 36), est proposé pour l’hébergement, avec des tarifs préférentiels pour les participants : 92 € pour une chambre pour une personne, 140 € pour deux personnes, incluant petit-déjeuner et taxes, pour les nuits du 6 et 7 juin. Les réservations doivent être effectuées avant le 15 mai 2025 pour bénéficier de ces conditions.

Les inscriptions, obligatoires en raison du nombre limité de places, peuvent être faites auprès de Gilbert Bonnet (tél. 06 24 71 79 30, email : alcor-editions.fr) ou via l’association Rencontres Montségur (13007 Marseille). Le coût de la journée du samedi est de 10 €, un tarif modique qui inclut les conférences, le concert et l’apéritif. La visite guidée du dimanche au Château de Puivert est proposée à 10 € supplémentaires, permettant aux participants de prolonger leur expérience dans un cadre historique exceptionnel.

Une Invitation à Plonger dans l’Héritage Occitan

Les Rencontres autour des Troubadours à Montségur offrent une opportunité unique de découvrir ou de redécouvrir l’univers des troubadours, ces artistes qui ont donné à l’Occitanie une voix poétique et spirituelle. À travers des conférences érudites, un concert immersif et une visite guidée, cet événement s’adresse à un public varié : amateurs d’histoire, passionnés de musique médiévale, ou simples curieux en quête de sens. Montségur, avec son aura mystique et son riche passé cathare, offre un écrin parfait pour cette célébration culturelle.

Pour les habitants de l’Ariège et des régions voisines, ce week-end de Pentecôte est une invitation à voyager dans le temps, à la rencontre des troubadours et de leur héritage. Les 7 et 8 juin 2025, la salle municipale de Montségur et le Château de Puivert deviendront des lieux de partage et de réflexion, où l’histoire, la musique et la spiritualité se mêleront pour une expérience inoubliable. Réservez vite vos places pour ne pas manquer cette plongée au cœur du Moyen Âge occitan !

Le Dessin de Jissey : « L’Empathie envers son Obédience »

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Ah, les Francs-maçons ! Ces adeptes des tabliers brodés et des salutations codées, qui se réunissent dans des temples où l’on parle de lumière, de compas et d’équerre, tout en sirotant un thé (ou un truc un peu plus fort, avouons-le). Mais s’il y a bien une chose qui intrigue dans leur univers, c’est leur dévotion presque aveugle à leur obédience… jusqu’à ce qu’ils se retrouvent entre eux pour la critiquer avec une verve qui ferait rougir Molière !

Alors, pourquoi tant d’empathie publique et tant de critiques en privé ? Et surtout, pourquoi les « profanes » n’ont-ils pas intérêt à dire du mal de leur sacro-sainte obédience ? Décryptage avec une pointe d’humour et les illustrations savoureuses de Jissey.

Une Fidélité à Toute Épreuve… ou Presque !

Les francs-maçons, c’est un peu comme une grande famille où l’on défend l’honneur du nom, même quand Tante Germaine a encore renversé le pot de confiture sur la nappe de Noël. Leur obédience – qu’il s’agisse de la Grande Loge de France (GLDF), du Grand Orient de France (GODF) ou d’une autre – est leur maison spirituelle, leur refuge, leur club VIP. Peu importe si l’obédience a fait des choix discutables (comme organiser une conférence sur la laïcité qui finit en débat houleux sur le wifi du temple), les membres la défendront bec et ongles face aux critiques extérieures. Pourquoi ? Parce que c’est leur « bébé », leur communauté, leur identité maçonnique ! Comme le disait un vieux maçon de la GLDF,

« on peut bien râler sur notre Grand Maître, mais si un profane ose le critiquer, il va entendre parler de l’équerre et du compas ! »

Entre Eux, C’est une Autre Histoire !

Mais que les portes du temple se ferment, et c’est une tout autre musique ! Entre frères et sœurs, la critique fuse comme une loge en plein chantier.

« Le Grand Maître a encore oublié de mettre à jour le site web, on dirait un blog des années 2000 ! »

ou « Pourquoi on invite toujours les mêmes conférenciers ? On dirait un club de tricot, pas une obédience ! » Les maçons se lâchent, et pas qu’un peu. C’est leur privilège, leur safe space, leur thérapie de groupe. Ils savent qu’ils peuvent critiquer sans risquer de trahir l’esprit de fraternité, parce que, au fond, ils s’aiment… et ils aiment leur obédience, même si elle leur tape sur les nerfs parfois.

Les Profanes ? Pas Touche !

Mais malheur à celui ou celle qui, n’étant pas initié(e), ose dire du mal de l’obédience ! Si un « profane » (c’est-à-dire nous, les non-maçons) se permet une remarque, même gentillette, comme « Tiens, la GLDF, ils sont un peu trop discrets, non ? », il risque de se retrouver face à un mur de tabliers. Les maçons serrent les rangs, et gare à celui qui critique sans avoir prêté serment sur le Volume de la Loi Sacrée ! C’est un peu comme si vous disiez à un fan de foot que son équipe joue mal : il vous regardera avec des yeux noirs et vous rappellera le palmarès du club depuis 1920. Pour les maçons, critiquer leur obédience, c’est un privilège réservé aux membres, un peu comme le droit de râler sur son conjoint – on peut le faire, mais pas vous !

Alors, Pourquoi Tant d’Empathie Publique ?

Au fond, cette empathie publique des maçons pour leur obédience, c’est une question de loyauté et d’appartenance. Être franc-maçon, c’est appartenir à une communauté qui partage des valeurs, des rituels et une quête spirituelle. Critiquer son obédience devant des profanes, c’est un peu comme laver son linge sale en public – on ne le fait pas ! D’autant que les maçons savent que leur monde est souvent mal compris, caricaturé comme une société secrète ou un club d’influence. Alors, ils protègent leur obédience comme un trésor, même si, entre eux, ils ne se privent pas de pointer ses défauts.

Une Solidarité à Double Tranchant

Les francs-maçons et leur obédience, c’est une histoire d’amour-haine, mais une histoire d’amour quand même ! Ils la défendent avec cœur face au monde extérieur, mais se permettent toutes les critiques une fois à l’abri des regards profanes. Alors, si vous croisez un maçon et que vous avez une remarque sur la GLDF ou le GODF, un conseil : gardez-la pour vous… ou préparez-vous à une leçon sur la beauté du Rite Écossais Ancien et Accepté ou encore le Rite Français !

Chouette d’Or : fin d’un mythe et résultats de l’énigme… début d’une nouvelle aventure

Depuis plus de trois décennies, la Chouette d’Or a captivé l’imagination de milliers de Français, les plongeant dans une quête énigmatique à la recherche d’un trésor aussi légendaire que mystérieux. Ce vendredi 2 mai, un documentaire diffusé dans près de 400 salles de cinéma à travers la France a enfin levé le voile sur les solutions des 11 énigmes qui ont permis de localiser ce trésor, sept mois après sa découverte officielle le 3 octobre 2024.

Alors que 450.fm avait suivi cette aventure en 2022 et 2024, retraçant les péripéties d’une chasse qui aura duré 31 ans, cette révélation marque la fin d’une époque tout en ouvrant la voie à une nouvelle chasse au trésor, la « Chouette d’Or 2 », qui débutera officiellement à la fin du mois d’avril 2025. Retour sur une saga qui a marqué l’histoire des jeux de piste, avec un décryptage complet des solutions officielles des énigmes.

Une Chasse au Trésor Entrée dans la Légende

Lancée le 15 mai 1993, la Chouette d’Or est l’œuvre de Régis Hauser, connu sous le pseudonyme de Max Valentin, un spécialiste de la communication et concepteur de jeux de piste, et de Michel Becker, un peintre et sculpteur chargé d’illustrer les énigmes et de créer la fameuse statuette. À l’époque, le trésor – une chouette en or et argent ornée de rubis et de diamants, d’une valeur estimée à un million de francs (environ 150 000 euros aujourd’hui) – devait être découvert en un ou deux ans. Mais ce qui devait être une chasse éphémère s’est transformé en une quête légendaire, devenant la deuxième plus longue chasse au trésor de l’histoire, derrière The Secret, un jeu américain lancé en 1982 et toujours en cours.

Le principe était simple, mais redoutablement complexe : résoudre 11 énigmes publiées dans le livre Sur la trace de la Chouette d’Or, chacune composée d’un titre, d’un texte et d’un visuel. Ces énigmes, mêlant charades, messages sibyllins et références historiques, devaient mener à une contremarque en bronze enterrée quelque part en France métropolitaine. Le découvreur, en prouvant qu’il avait également résolu une douzième énigme cachée (issue des « reliquats » des 11 premières), pouvait échanger cette contremarque contre la véritable chouette d’or, conservée sous scellés par un huissier.

Pendant 31 ans, des milliers de « chouetteurs » – comme se surnomment les participants – se sont lancés dans cette aventure, armés de leur livre, de cartes de France, et d’une détermination sans faille. Certains y ont consacré des années, voire des décennies, sillonnant le pays à la recherche d’indices. Mais la Chouette d’Or est restée insaisissable, alimentant spéculations, théories farfelues et une communauté passionnée, unie par le mystère.

Une Quête Marquée par des Rebondissements

L’histoire de la Chouette d’Or n’a pas été un long fleuve tranquille. Dès les premières années, des polémiques ont émergé, notamment autour de la gestion du jeu. Régis Hauser, alias Max Valentin, est décédé le 24 April 2009, seize ans jour pour jour après avoir enfoui la contremarque. Sa mort a soulevé des questions sur la pérennité de la chasse, bien qu’il ait affirmé avoir pris des dispositions pour que le jeu puisse continuer. Cependant, des procédures judiciaires ont compliqué les choses, notamment après la liquidation de l’éditeur du livre en 2004. Ce n’est qu’en 2009, après un arrêt de la cour d’appel de Versailles, que la chouette d’or a été remise entre les mains d’un huissier, permettant au jeu de reprendre officiellement.

Chasse au trésor de la Chouette d’or

Michel Becker, co-créateur et illustrateur des énigmes, a repris les rênes de la chasse au début des années 2020, après avoir récupéré les solutions auprès des héritiers de Hauser. En 2021, il a ouvert un espace d’échange sur Discord, Sur la Trace de la Chouette d’Or, pour relancer l’intérêt et fournir de nouveaux indices aux chouetteurs. Cette initiative, combinée à la publication d’une nouvelle édition du livre en 2019 (Les Cahiers Secrets), a ravivé la flamme de nombreux chercheurs, certains actifs depuis les années 1990.

La Découverte : Dabo, la Clé du Mystère

Le 3 octobre 2024, après 31 ans de quête, Michel Becker a annoncé sur Discord que la contremarque avait enfin été déterrée, dans la nuit du 2 au 3 octobre. Le vainqueur, qui a requis l’anonymat, a localisé le trésor à Dabo, une commune située en Moselle, à 50 kilomètres de Strasbourg. Cette révélation a mis fin à l’une des chasses au trésor les plus longues et emblématiques de France, provoquant une vague d’émotions parmi les chouetteurs : un mélange de joie pour la résolution du mystère, de frustration pour ceux qui n’avaient pas trouvé, et de nostalgie face à la fin d’une époque.

Sept mois plus tard, le 2 mai 2025, un documentaire projeté dans 400 salles de cinéma a dévoilé les solutions des 11 énigmes, ainsi que le processus qui a conduit à la découverte à Dabo. Pour beaucoup, comme Louis, un chouetteur interrogé à la sortie d’une salle, cette révélation a été un moment de validation. « J’avais toujours travaillé uniquement avec le livre, donc je suis plutôt content », a-t-il confié.

« Il me manquait plein d’éléments, mais j’avais Dabo ! J’étais un peu trop jeune à l’époque où j’étais vraiment dans la recherche, je n’avais pas le permis. Hypothétiquement, j’avais déjà trouvé le trésor. »

D’autres, cependant, ont exprimé des sentiments plus mitigés, certains dénonçant des « incohérences » dans les solutions ou critiquant la gestion de la chasse par Michel Becker, notamment via des messages parfois menaçants adressés au réalisateur du documentaire, Alexandre Largeron.

Les Solutions Officielles des 11 Énigmes : Un Chemin vers Dabo

Le documentaire diffusé le 2 mai 2025, relayé par Ouest-France, a enfin révélé les solutions officielles des 11 énigmes de la Chouette d’Or, détaillant étape par étape le raisonnement imaginé par Max Valentin pour mener à Dabo, en Moselle. Voici une synthèse complète de ce parcours intellectuel, qui a défié des générations de chercheurs.

  • Énigme B : « Il n’est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir »
    Cette énigme introductive donnait l’ordre des autres énigmes à résoudre : B, 780, 580, 600, 470, 500, 420, 560, 650, 530, 520. Elle servait de point de départ, établissant une méthode rigoureuse pour aborder la chasse.
  • Énigme 780 : « Premier pas… »
    Cette énigme introduit une direction clé : la marche vers l’ouest, symbolisée par un cocher et un piéton. Elle établit un axe de référence, celui de la lumière, qui sera essentiel pour la suite du parcours.
  • Énigme 580 : « Par l’ouverture, tu verras la lumière »
    Ici, les chercheurs devaient identifier une ville clé à travers un jeu sur les notes de musique et les lettres. La solution est Bourges, située à l’ouverture de la France (au centre géographique), qui devient le point de départ géographique de la chasse.
  • Énigme 600 : « De ma deuxième, par un Huit, le destin… »
    Cette énigme cryptique, avec un texte codé et une illustration d’une clé, désigne la ville de Carignan, dans les Ardennes. La « deuxième » fait référence à la lettre « O » (deuxième lettre de « Bourges »), et le « Huit » symbolise un code à déchiffrer, menant à Carignan comme étape intermédiaire.
  • Énigme 470 : « À Roncevaux… »
    Cette énigme oriente les chercheurs vers une figure historique : Roland, neveu de Charlemagne, et sa mort à Roncevaux. Elle établit un axe entre Bourges et Roncevaux, qui, projeté sur une carte, passe par Carignan et donne une direction vers l’ouest-sud-ouest.
  • Énigme 500 : « Trouve mon tout… »
    Cette énigme introduit une mesure clé : 185 km à vol d’oiseau (soit 100 milles marins, une unité souvent utilisée par Valentin). En partant de Bourges, sur l’axe défini par l’énigme 470, cette distance mène à Saumur, dans le Maine-et-Loire, une étape cruciale.
  • Énigme 420 : « Du ciel vient la lumière »
    Ici, une référence astronomique entre en jeu : l’étoile Sirius et la constellation d’Orion. L’énigme utilise une distance de 33 cm (sur une carte au 1/1 000 000e), soit 33 km, pour établir un nouveau point à partir de Saumur, orientant vers une direction liée à la lumière céleste.
  • Énigme 560 : « Là où coule l’Adour… »
    Cette énigme mentionne l’Adour, mais c’est une fausse piste. En réalité, elle utilise des « nefs » (navires) pour symboliser des lignes sur une carte. En traçant une droite de Bourges à Carignan, puis une perpendiculaire depuis Saumur, on arrive à un point précis : le rocher de Dabo, en Moselle.
  • Énigme 650 : « Là où je t’attends… »
    Cette énigme représente un personnage, « l’homme à la pelle », qui symbolise le lieu final : Dabo. L’illustration et le texte confirment que le rocher de Dabo est l’endroit où le trésor est enfoui.
  • Énigme 530 : « C’est là que tout commence »
    Bien que placée tard dans l’ordre, cette énigme confirme Bourges comme point de départ, renforçant la cohérence du parcours.
  • Énigme 520 : « Trouveras-tu ? »
    Cette dernière énigme donne la localisation précise : à 6,94 mètres du rocher de Dabo, dans une cavité naturelle. Les « reliquats » des énigmes précédentes (éléments restants après résolution) forment une douzième énigme implicite, qui guide vers cet emplacement exact.

Ces solutions, dévoilées dans le documentaire, montrent la rigueur et la complexité de la chasse imaginée par Max Valentin. Chaque énigme s’appuie sur des références historiques, géographiques et symboliques, formant un puzzle intellectuel qui a défié les chercheurs pendant plus de trois décennies.

Une Nouvelle Chasse : La Chouette d’Or 2

Si la découverte de la Chouette d’Or a clos un chapitre, elle en ouvre un nouveau. Dès la fin avril 2025, une nouvelle chasse, baptisée « Chouette d’Or 2 », a été officiellement lancée, comme annoncé dans le documentaire. Michel Becker, désormais seul aux commandes, a promis une aventure tout aussi captivante, avec un nouveau trésor à la clé. Les détails de cette chasse restent encore flous, mais elle suscite déjà des réactions contrastées parmi les chouetteurs. Certains, comme Sibylle et Jean-Renault, sont enthousiastes à l’idée de repartir à la recherche du « strigidé », tandis que d’autres se montrent plus sceptiques. « Je ne jouerai pas, c’est du bullshit », a déclaré un participant sur les réseaux sociaux, reflétant une division au sein de la communauté.

Cette nouvelle chasse intervient dans un contexte où d’autres jeux de piste émergent, comme celui lancé par le Puy du Fou en juin 2025, qui propose de retrouver une réplique d’Excalibur d’une valeur de 250 000 euros. La Chouette d’Or 2 devra donc relever le défi de captiver une nouvelle génération de chercheurs tout en honorant l’héritage de son aînée, une tâche qui s’annonce complexe au vu des attentes et des critiques.

Une Réflexion sur l’Héritage de la Chouette d’Or

Au-delà du trésor lui-même, la Chouette d’Or a été bien plus qu’une simple chasse au trésor. Elle a créé une communauté de passionnés, les « chouetteurs », qui ont partagé pendant des décennies leurs théories, leurs frustrations et leurs espoirs. Elle a également incarné une certaine idée de l’aventure intellectuelle, où le savoir, la logique et l’intuition priment sur la chance. Les énigmes, d’une complexité redoutable, ont poussé les participants à explorer l’histoire, la géographie, la littérature et même la cryptographie, transformant cette quête en un véritable voyage initiatique.

Pourtant, la fin de la chasse a aussi révélé des tensions. Certains chouetteurs, déçus par les solutions ou par la gestion du jeu, ont exprimé leur frustration, allant jusqu’à accuser Michel Becker d’avoir modifié les règles ou d’avoir manqué de transparence. Ces critiques, bien que minoritaires, rappellent que la Chouette d’Or, en devenant un mythe, a aussi suscité des attentes démesurées, parfois impossibles à satisfaire.

Un Pont entre Passé et Futur

La Chouette d’Or, en s’achevant, laisse derrière elle un héritage indéniable. Elle a prouvé que l’imagination et le mystère peuvent rassembler des milliers de personnes autour d’un objectif commun, transcendant les générations. Elle a aussi démontré la résilience d’une idée : malgré les décès, les procès et les controverses, la chasse a survécu, portée par la passion des chouetteurs et la vision de ses créateurs.

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Tout se vaudrait-il en matière de construction initiatique ?

Tout se vaudrait-il en matière de construction initiatique ? Pourrions-nous imaginer un autre temple que celui réputé avoir été bâti à Jérusalem par Salomon pour servir de cadre à une large part du parcours maçonnique ?

On pourrait mettre fin au questionnement en apportant d’emblée la réponse : non, aucun autre Temple ne pourrait remplacer le Temple de Salomon, au moins dans les pays et les cultures qui se réclament des religions du Livre et de la tradition telle qu’elle y figure.
Mais il nous faut expliquer pourquoi : bien entendu, il ne faut pas prendre les mots pour des idées, ni les représentations pour des faits avérés. Nulle preuve archéologique ne permet aujourd’hui d’assurer formellement que ce Temple, décrit dans la Bible hébraïque dans le livre des Rois et dans le livre des Chroniques, n’ait jamais existé comme et où cela nous est conté.

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Mais peu importe : de même que le Maître Hiram dont nous pleurons l’assassinat n’a jamais existé en tant qu’architecte d’un Temple quel qu’il fût, de même, le Temple dont la tradition compagnonnique et maçonnique attribue la conception à ce mythique Maître Hiram a une valeur symbolique irremplaçable et exclusive, au cœur de notre propre construction initiatique comme dans l’agencement même des temples où nous nous réunissons.

Mais il faut naturellement justifier cette position, en commençant par rappeler ce qu’est le Temple de Salomon tel que le présente la Bible : le temple de Salomon, également connu comme le Premier Temple, est selon la Bible hébraïque un lieu de culte édifié par le roi Salomon sur le mont Moriah.

Or le mont Moriah, l’une des collines de Jérusalem, est le lieu supposé de la ligature d’Isaac, cet épisode biblique de la Genèse, dans lequel Dieu demande à Abraham de lui offrir son fils unique Isaac en holocauste, avant qu’un ange de Dieu l’arrête, lui disant de ne pas lever la main contre son fils. Dieu a le droit de réclamer le fils qu’il a donné, mais il ne veut pas qu’il soit mis à mort ; il le fait remplacer par un bélier.

Un bélier qui s’était opportunément pris les cornes dans un buisson fût sacrifié sur le lieu, appelé « la montagne du Seigneur » dans les Chroniques, les Psaumes, Ésaïe et Zacharie. Ce lieu est identifié au Rocher de la Fondation, désigné aujourd’hui comme Mont du Temple, à Jérusalem. La ligature d’Isaac est mentionnée dans le Nouveau Testament, dans l’Épître aux Hébreux, comme l’un des nombreux actes de foi apparaissant dans l’Ancien Testament.

Pour la plupart des penseurs chrétiens, la foi d’Abraham en la Parole de Dieu et en sa promesse font de ce passage spécifique de l’Ancien Testament un exemple de confiance significatif et exemplaire. Il faut ajouter que pour la plupart des commentateurs chrétiens, cet épisode préfigure le plan de Dieu de voir son Fils, Jésus, mourir sur la croix pour l’humanité tout entière.

La soumission d’Isaac durant toute cette rude épreuve est également semblable à celle du Christ, les deux choisissant d’abdiquer leur propre vie pour que la Parole de Dieu soit accomplie : en effet, la Genèse ne fait mention d’aucune lutte entre Isaac et Abraham.
D’autres commentateurs remarquent que les deux histoires montrent qu’Isaac et Jésus portent le bois nécessaire à leur propre sacrifice en haut de la montagne.

Certains vont même plus loin en suggérant que le Calvaire, la colline où le Christ a été crucifié, se situait sur une partie du Mont Moriah, qui a été séparée de l’ensemble rocheux afin de permettre la fortification et la défense de Jérusalem. Selon cette lecture, la crucifixion aurait donc eu lieu sur la même montagne.

Pour donner toutefois crédit à ceux qui penseraient qu’un autre édifice, un autre lieu et un autre récit aurait pu être choisi, il faut rappeler ici que dans la mythologie grecque, Athamas de Béotie tend la main pour immoler son fils Phrixos mais Héraclès envoyé par Zeus crie à Athamas d’épargner son fils et le bélier appelé Chrysomallos, envoyé par Zeus, apparaît alors…
Quoi qu’il en soit, le Temple de Salomon aurait donc été construit entre 970 et 930 avant notre ère, avant d‘être détruit lors du siège de Jérusalem par l’armée babylonienne de Nabuchodonosor II en 586 avant J-C.
Pour ceux que la suite de l’histoire intéresse, un Second Temple sera reconstruit une quarantaine d’années plus tard, après l’édit de Cyrus II, autorisant le retour des Judéens dans leur pays et la reconstruction de leur temple, ce qui prendra un peu plus de vingt années. Ce Second Temple, achevé en 516 avant J-C, devait être détruit par les Romains en l’an 70 de notre ère.
Il n’en reste aujourd’hui qu’une partie, 57 mètres pour un total de près de 500 mètres, du mur de soutènement qui renforçait le flanc occidental de ce Second Temple, d’où son appellation juive traditionnelle de Mur occidental. C’est ce fragment de mur que nous connaissons sous le nom de Mur des Lamentations.

Précisons au passage que ce nom vient d’un texte méprisant de Jérôme de Stridon, Saint Jérôme, mort en 420 à Bethléem, qui évoque les Juifs interdits de séjour à Jérusalem mais qu’on autorise (contre paiement) à se « lamenter » devant des ruines, une fois l’an.
L’expression « mur des Lamentations » est ensuite reprise au 19e siècle par les mandataires britanniques qui le traduisent de l’arabe il-Mabka (« le lieu des pleurs »). Ce terme de « mur des Lamentations » vaguement moqueur est tombé en disgrâce dans les milieux arabes des années 1920, lesquels le nomment alors El-Bourak, le nom de la monture de Mahomet lors de son voyage nocturne.
Pour être complet, le Mur occidental revêt une importance nationale pour Israël, tandis que sa proximité avec des lieux saints de l’islam, le Dôme du Rocher et la Mosquée Al-Aqsa, en fait l’un des points contentieux les plus sensibles du conflit israélo-palestinien.
Revenons au Premier Temple : selon le Deuxième Livre de Samuel chapitre 7 verset 2, le roi David avait eu un échange avec le prophète Nathan et fait le parallèle avec le fait qu’il habitait dans une maison en cèdre tandis que l’Arche d’alliance était dans une tente. David voulait donc construire un Temple.

Mais Dieu dit au prophète Nathan que ce sera le fils du roi David qui construira le temple, car David, s’il était un poète reconnu et un musicien de talent, avait aussi versé beaucoup de sang dans les multiples guerres qu’il avait livrées. Il n’avait pas non plus hésité à envoyer à un combat perdu d’avance le mari de la belle Bethsabée, afin de pouvoir alors épouser cette dernière, ce qu’elle fit en effet avant d’avoir avec son royal époux un fils, qu’ils appelèrent Salomon.
Selon le Premier Livre des Chroniques chapitre 28 verset 11, le roi David a donné les plans du temple à Salomon, non sans avoir, avant sa mort, rassemblé du matériel pour la construction du Temple en grande abondance.

Ce Temple sera construit sur le sommet

Quant au Temple lui-même, son plan rappelle, mais avec une taille réduite, celui des temples égyptiens.
Le grand architecte et archéologue Luigi Canina, au début du 19ème siècle, a montré que le temple de Jérusalem reproduisait la disposition de la salle hypostile bâtie par Ramsès II à Karnack. À Jérusalem, il y avait une nef centrale comme en avait celle de la salle hypostile. Sur cette nef régnait un double rang de fenêtres obliques qui mettait la voûte en pleine lumière et qui éclairait tout le bâtiment. Au demeurant, c’est aussi la disposition adoptée dans toutes les églises du moyen âge.
Mais à la question de savoir si nous pouvons penser qu’un autre Temple pourrait remplacer le Temple de Salomon, la réponse est, répétons-le : « certainement pas ! »

D’abord parce que le Temple de Salomon a été édifié là où d’autres traditions légendaires placent également plusieurs évènements bibliques, tels que la création d’Adam, le sacrifice d’Isaac, l’échelle de Jacob… Un lieu sacré et unique donc.
Ensuite, souvenons-nous que cet édifice contenait, dans le Saint des Saints, la précieuse Arche d’Alliance, dont le nom en hébreu (Aron ha’Edout), signifie « Arche du témoignage ». Cette arche était le coffre qui, selon la Bible, contenait les Tables de la Loi (c’est-à-dire les Dix Commandements) données à Moïse par Dieu sur le mont Sinaï.

Selon la Bible, de la sortie d’Égypte jusqu’à l’entrée des Israélites dans le pays de Canaan, l’Arche est portée par les Lévites, qui marchent à trois journées devant les autres tribus. L’Arche d’Alliance était, selon le récit biblique (Exode, chapitre 25 versets 10 à 21), un coffre oblong en bois d’acacia recouvert d’or pur à l’intérieur et à l’extérieur et sur elle il y a tout autour une bordure d’or.
L’Arche était surmontée de deux chérubins aux ailes déployées vers le haut, couvrant le coffre, et ayant leurs faces tournées l’une vers l’autre. Ils formaient ainsi le couvercle de l’Arche, couvercle ou propiatoire qui était considéré comme le trône, la résidence terrestre de l’Eternel lui-même.

C’est donc le point où la verticale, la transcendance, la spiritualité, rejoint l’horizontale, la matérialité.
Or après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor II en 586 avant J.-C., l’arche disparaît dans les récits bibliques. Elle n’est pas dans la liste des objets pris dans le temple de Salomon. L’Arche d’alliance n’est pas non plus dans la liste des objets ramenés de Babylone après l’exil. De fait, nul ne sait ce qu’il est advenu de l’Arche d’alliance après la chute du temple de Salomon : perte ? vol ? destruction ?
Si l’on se limite aux textes bibliques, il semblerait que l’Arche, après avoir résidé de nombreuses années dans le temple de Salomon, ait purement et simplement disparu, même si certains pensent qu’elle aurait été dissimulée par les prêtres quelque part, dans un des tunnels souterrains du Mont du Temple, ou dans un autre endroit tenu secret jusqu’au moment propice de sa réapparition, lors de la construction, à ce jour hypothétique, du Troisième Temple.

Mais peu importe : pour tous ceux qui accordent quelque crédit au récit biblique, c’est bien dans le Saint des Saints du Temple de Salomon, et dans ce lieu uniquement, que l’Arche d’Alliance a été entreposée et vénérée.
Et pour les Francs-maçons, c’est bien à l’édification de ce Temple, et de nul autre, que Maître Hiram s’était voué, avant d’y être assassiné pour ne pas en révéler les secrets à qui n’avait pas qualité pour les connaître.

Sauf à substituer un autre héros pour figurer l’homme vertueux, acceptant de sacrifier sa vie pour respecter ses serments, Hiram est donc irremplaçable en ce qu’il est, par son assassinat, perçu comme nécessaire, le personnage qui assure la cohérence du parcours maçonnique tel qu’il existait dans sa globalité dès la fin du 18ème siècle.
Une concordance s’impose à cet instant : le martyre d’Hiram et la perte du mot de Maître, le choix du mot substitué, trouvent un écho puissant dans le déroulement du rituel du 18ème degré, celui de Chevalier Rose-Croix, tel que l’évoque la cérémonie de la Cène, avec la Passion de Jésus, la parole perdue, puis retrouvée.

Toutes les étapes du parcours maçonnique jusqu’à ce 18ème degré se déroulent dans des événements de l’Ancien Testament, seule celle de Chevalier Rose-Croix racontant la Passion du Christ prend place dans le Nouveau Testament.
Or, comme le fait remarquer à juste titre Jean-Charles Nehr dans un article paru dans La Chaîne d’union en 2019, dans toute la tradition chrétienne, l’Ancien Testament annonce et préfigure les événements et les personnages du Nouveau. Ainsi, le grade de Maître va annoncer et préfigurer celui de Chevalier Rose-Croix.

Pourquoi et comment ? Relisons ensemble le « Discours historique » du Grade de Rose Croix dans les Travaux datés de 1786 du Souverain Chapitre Métropolitain :

« Ce fut alors que le Grand Architecte de l’Univers abandonna l’édification des Temples matériels à l’ignorance et à la témérité des mortels, pour en construire, par sa sublime et suprême intelligence de spirituels, dont l’existence ne cessera jamais. »

Nous sommes donc bien en train de passer de la matérialité à la spiritualité, du monde matériel à l’univers spirituel.
Voici donc pourquoi à la question, « Tout autre Temple pourrait le remplacer » la réponse est « non ».
Le choix du Temple de Salomon amène les Maçons à se projeter dans ce qui est possiblement un mythe, donc une représentation. Nous n’en possédons que la description énoncée dans la Bible, récit allégorique et symbolique bien plus que narration factuelle, à prendre au pied de la lettre.

La science ne suit donc pas certains créationnistes qui adhèrent à la théorie de l’origine des espèces animales et végétales selon laquelle chacune de celles-ci serait apparue brusquement, sans avoir d’ancêtres, sans processus évolutif, par la volonté divine.
Que le Temple de Salomon ait existé tel qu’il est décrit ou non, que l’Arche d’Alliance ait contenu ou non les Tables de la Loi gravées sur le Mont Sinaï par Dieu lui-même, si l’on en croit le Deutéronome (9/10) peu importe à la vérité : notre mémoire collective tient ces récits comme véridiques ou du moins comme fondements de notre culture commune.

Et on peut même remettre en cause Hiram lui-même, évoqué dans la Bible, au premier livre des Rois (I Rois, 7:13) avec le statut de spécialiste du travail du bronze, « rempli de sagesse, d’intelligence et de connaissance », et dont il est précisé qu’il s’occupa, à la demande de Salomon, de la décoration du Temple, c’est-à-dire qu’il moula et dressa les deux colonnes Jakin et Boaz avec leur chapiteau près du vestibule du Temple, mais aussi qu’il conçut la « mer d’airain » c’est-à-dire la vasque circulaire placée à l’extérieur du temple, ainsi que des chaudrons et des calices.

Mais que penser de cette progression que l’on peut lire dans le deuxième livre des Chroniques (II Ch. 2,14), qui évoque le même Hiram, appelé Hiram-Abi, et précise qu’il connaît « tout l’art de la gravure et la fabrication de tous les objets » ?
Et au-delà que penser de l’évolution future qui pour tous les Francs-maçons du monde depuis le début du 18ème siècle en fait l’architecte du Temple, puisque dans la Bible, l’histoire de Hiram, l’artisan, s’arrête là.

Le temple n’est donc pas une simple représentation. Ou plutôt il est davantage que cela. Il est LA représentation.
Cet édifice rectangulaire de tout juste trente mètres de long, dix de large et quinze de haut est LE symbole de la démarche initiatique à laquelle de voue le Franc-maçon.

Comme l’a écrit le philosophe Alain Delaunay, l’Arche d’Alliance au cœur du Saint des Saints, à la croisée d’un axe vertical et d’un axe horizontal, constitue l’épure symbolique de l’expérience humaine.
La croix est l’archétype du partage. Aussi la retrouve-t-on investie dans les valeurs de justice, de connaissance et d’éthique.
C’est elle qui articule les schèmes cognitifs ou symboliques de partition, répartition, position, opposition.

On retrouve la croix derrière tous les symboles d’union, de communion, de complétude, de réciprocité, de symétrie, d’équilibre. Elle est ainsi la forme privilégiée de la coïncidence des opposés.
Elle détermine un partage ontologique de l’être entre l’horizontalité de l’immanence et la verticalité de la transcendance. En fait, elle est tout autant l’archétype de la totalité.

Rose-croix brodée sur une nappe d’autel.

Il n’est en tous cas pas interdit aux Francs-Maçons du 18ème degré, Chevaliers Rose-Croix, de réfléchir sur ce qu’est le TOUT, c’est-à-dire la diversité apparente sous laquelle il faut reconnaître l’unité de la Création.
Le Temple de Salomon en est- et lui seul – la figuration, au moins sous nos latitudes et pour nous, Francs-maçons écossais, qui avons le Bible sur l’autel de nos Loges et de nos Ateliers.
Pour conclure et répondre à la dernière interrogation « Tout se vaudrait-il en matière de construction initiatique ? » Il est évident que tout ne se vaut pas.

Notre culture méditerranéenne, judéo-chrétienne, déiste sinon théiste, nous propose des mythes, des allégories…
Mythes et allégories sont des narrations d’événements qui n’ont pas de fondement historique. On peut donc les qualifier d’inventions ayant une certaine prétention à la vérité.

Le mythe, s’il narre un passé indéterminé, s’enracine dans un passé culturel parfois opaque, en tout cas imprécis. L’allégorie est plus précise, elle n’est pas héritée mais créée.
Surtout, le mythe, à défaut de se prétendre vrai, veut être cru en son sens premier, Sa valeur narrative ne doit pas être remise en cause. L’allégorie, quant à elle, se présente comme un instrument, un vecteur pour une vérité autre qu’elle-même. Son contenu narratif est présenté ouvertement comme donnant pâture à la représentation imaginaire, et c’est cette représentation imaginaire qui va donner accès à un contenu intellectuel.

Le parcours initiatique du franc-maçon écossais lui donne l’occasion de découvrir un univers symbolique où se trouvent mythes et allégories, les uns volontiers collectifs, les autres plus individuelles. Mais qu’importe…
Même si nous invoquons le Grand Architecte de l’Univers, reconnaissant à chacun le droit de croire comme de ne pas croire, nous sommes tous, par notre culture, imprégnés des enseignements mythiques ou allégoriques de la Bible, tant dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau Testament.

Dès lors, les lieux comme les personnages auxquels nous attachons une valeur singulière ne peuvent être confondus. Ils ont tous une valeur symbolique exemplaire, une valeur en quelque sorte didactique.
Pour conclure en m’inspirant de l’excellent auteur qu’est Marc Halévy, le grand trépied mythique et mystique sur lequel repose tout l’édifice symbolique et spirituel de la Franc-maçonnerie se résume en trois idées qui ont entre elles des relations extraordinairement riches : le roi Salomon qui incarne la Sagesse la plus profonde et représente le Divin parmi les hommes, Hiram, l’architecte parfait et initié accompli, et le Temple voulu par le premier et construit par le second à Jérusalem.
Pour le Maçon Ecossais, le Temple de Salomon est donc bien irremplaçable dans la construction de lui-même et de sa relation au monde autour de lui, à laquelle il a librement choisi de se vouer.

Femme et Franc-maçonne : une conférence engagée avec Marie-Thérèse Besson à Pontivy

Le 6 mai 2025, la Grande Loge Féminine de France (GLFF) organise une conférence publique intitulée « Femme et Franc-Maçonne, une Voie d’Émancipation » au Palais des Congrès de Pontivy, dans le Morbihan. Cet événement, qui débutera à 19h30 dans la salle Le Norment, accueillera Marie-Thérèse Besson, ancienne Grande Maîtresse de la GLFF, pour une soirée de réflexion sur la place des femmes dans la société et leur rôle dans la franc-maçonnerie. Ouverte à tous, cette conférence gratuite (sur réservation, 56300 Pontivy) s’inscrit dans le cadre des initiatives de la GLFF pour dialoguer avec le public et promouvoir ses valeurs humanistes et féministes.

Une Exploration de l’Émancipation Féminine à Travers la Franc-Maçonnerie

Marie-Thérèse Besson, figure éminente de la franc-maçonnerie féminine, abordera lors de cette conférence un thème central : la place actuelle des femmes dans la société et leur chemin vers l’autonomie sociale et politique. Elle retracera brièvement le long et ardu parcours des femmes pour conquérir leurs droits, depuis les combats pour le suffrage universel – obtenu en France en 1944 – jusqu’aux avancées récentes en matière d’égalité salariale et de représentation politique. Ce panorama historique mettra en lumière les obstacles structurels et culturels auxquels les femmes ont dû faire face, ainsi que leur résilience et leur détermination à s’émanciper.

Au cœur de son intervention, Marie-Thérèse Besson explorera l’émergence de l’initiation féminine dans la franc-maçonnerie, un univers qui, pendant des siècles, fut exclusivement masculin. Elle remontera aux origines de cette ouverture progressive, marquée par l’apparition des Loges d’adoption dès le XVIIIe siècle, des structures satellites créées sous l’égide de loges masculines pour intégrer les femmes. En 1901, la Grande Loge de France (GLDF) reconstitue ces Loges d’adoption, mais ce n’est qu’au XXe siècle que les femmes francs-maçonnes accèdent à une véritable indépendance. Marie-Thérèse Besson détaillera ainsi les étapes clés de cette émancipation maçonnique : la création de la première loge féminine autonome en 1946, suivie de l’établissement officiel de la GLFF en 1952, marquant la reconnaissance des Sœurs comme une obédience à part entière.

La Grande Loge Féminine de France : Une Pionnière de la Mixité et de l’Engagement

Cette conférence sera également l’occasion pour Marie-Thérèse Besson de présenter la Grande Loge Féminine de France, la première et principale obédience féminine en France, qui compte aujourd’hui plus de 14 000 membres répartis dans 430 loges à travers le monde. La GLFF, fidèle à ses valeurs fondatrices, s’attache à promouvoir l’égalité, la laïcité et le progrès social, tout en offrant aux femmes un espace de réflexion spirituelle et philosophique. Marie-Thérèse Besson retracera la genèse de l’obédience, depuis ses racines dans les Loges d’adoption jusqu’à son affirmation comme une force majeure dans le paysage maçonnique international.

Un accent particulier sera mis sur la démarche initiatique au sein de la GLFF, qui se distingue par une approche spécifique adaptée aux femmes, bien que fondamentalement universelle. L’initiation maçonnique, expliquera-t-elle, est un cheminement intérieur qui vise à développer la conscience de soi et des autres, à travers des rituels symboliques et des travaux collectifs. Pour les femmes, ce processus peut prendre une dimension particulière, en écho à leur histoire d’émancipation : il s’agit de se libérer des conditionnements sociaux pour affirmer leur individualité et leur rôle dans la société. La GLFF propose ainsi un espace où les femmes peuvent s’épanouir spirituellement, tout en contribuant à des débats sociétaux majeurs, qu’il s’agisse de laïcité, de droits des femmes, ou de justice sociale.

L’Engagement Sociétal et International de la GLFF

Logo GLFF

Marie-Thérèse Besson abordera également l’implication de la GLFF dans la société, tant au niveau national qu’international. En France, l’obédience s’engage activement dans les débats publics, plaidant pour une société plus égalitaire et inclusive. Elle a, par exemple, pris position sur des sujets comme la parité, la lutte contre les violences faites aux femmes, ou encore la défense de la laïcité comme rempart contre les discriminations. À l’échelle européenne et mondiale, la GLFF joue un rôle actif au sein d’organisations maçonniques internationales, comme le CLIPSAS (Centre de Liaison et d’Information des Puissances Maçonniques Signataires de l’Appel de Strasbourg), où elle promeut ses valeurs humanistes et féministes.

La GLFF est également reconnue pour ses initiatives culturelles et éducatives, comme l’organisation de conférences publiques à l’image de celle de Pontivy. Ces événements permettent de démystifier la franc-maçonnerie et de montrer que, loin des clichés sur les sociétés secrètes, elle est une démarche ouverte et progressiste. À Pontivy, ville choisie pour sa centralité en Bretagne, la GLFF espère toucher un public varié, rural comme urbain, et ouvrir un dialogue sur des questions qui résonnent avec les préoccupations locales et nationales.

Une Soirée Ouverte à Tous pour Débattre et Comprendre

La conférence « Femme et Franc-Maçonne, une Voie d’Émancipation » se tiendra le mardi 6 mai 2025 à 19h30, dans la salle Le Norment du Palais des Congrès de Pontivy. Cet espace, moderne et accessible, est situé au cœur de la ville (56300 Pontivy), facilitant la venue des participants de la région. L’entrée est libre, mais une réservation est recommandée en raison du nombre limité de places, une information clairement indiquée sur l’affiche de l’événement, qui arbore les couleurs vertes et blanches de la GLFF et met en avant son engagement pour le cercle philosophique des conférences publiques.

Marie-Thérèse Besson, forte de son expérience en tant que Grande Maîtresse, offrira une perspective unique sur le rôle des femmes dans la franc-maçonnerie et sur les combats pour l’émancipation qu’elles ont menés, tant au sein de cet univers que dans la société au sens large. La soirée promet d’être un moment d’échange et de réflexion, où le public pourra poser ses questions et approfondir sa compréhension de la franc-maçonnerie féminine. Elle s’adresse autant aux femmes curieuses de découvrir cette voie d’épanouissement qu’aux hommes souhaitant mieux comprendre l’apport des Sœurs dans cet espace traditionnellement masculin.

Une Invitation à Repenser l’Émancipation Féminine

Marie-Thérèse Besson ex grande Maîtresse de la GLFF

Cet événement à Pontivy s’inscrit dans une démarche plus large de la GLFF pour promouvoir l’égalité et la liberté de conscience, des valeurs au cœur de la franc-maçonnerie humaniste. En retraçant l’histoire des femmes dans la franc-maçonnerie, Marie-Thérèse Besson rappellera que leur émancipation n’est pas seulement un combat social, mais aussi une quête spirituelle et philosophique. La GLFF, en tant que pionnière de la mixité et de l’engagement féminin, continue de jouer un rôle clé dans cette dynamique, en France et au-delà.

Pour les habitants de Pontivy et des environs, cette conférence est une occasion rare de découvrir une facette méconnue de la franc-maçonnerie, à travers le prisme de l’expérience féminine. Rendez-vous est donc pris le 6 mai 2025 à 19h30 pour une soirée qui s’annonce aussi instructive qu’inspirante, placée sous le signe de l’émancipation et du dialogue.

Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF : « 46e Symposium des Loges de l’océan Indien »

À l’occasion du 46e Symposium des Loges de l’océan Indien, qui s’est tenu le week-end du 19 avril 2025 à l’île Maurice, Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France (GLDF), a accordé une interview exclusive à L’Express (Maurice), parue dans son édition du 30 avril, pour éclairer le sens de la démarche maçonnique et réaffirmer les valeurs fondamentales de son obédience.

Dans un contexte où va s’inscrire la visite prochaine du Président Emmanuel Macron au siège de la GLDF à Paris, le 5 mai 2025,Thierry Zaveroni a choisi de mettre l’accent sur la laïcité comme « socle vivant de la liberté de conscience », tout en abordant le rôle spécifique de la GLDF à Maurice et dans la région indo-océanique. Cet entretien offre une plongée dans l’univers discret mais influent de cette obédience, qui se distingue par son approche spirituelle et son engagement humaniste.

Un symposium régional au service du dialogue maçonnique

Le Grand Maître de la Grande Loge de France, Thierry Zaveroni, lors de son discours de présentation de la revue historique ¡Luz! au Parlement des Canaries, en ce début d’année. (Crédit photo : Efe)

Le 46e Symposium des Loges de l’océan Indien, organisé à Maurice, a réuni des représentants de différentes loges maçonniques de la région, offrant un espace de réflexion et d’échange sur les valeurs fondamentales de la franc-maçonnerie. L’île Maurice, avec sa diversité culturelle et religieuse, est un lieu emblématique pour ce type d’événement. Ce pays, où cohabitent hindous, musulmans, chrétiens et bouddhistes, incarne un modèle de tolérance et de coexistence, des valeurs chères à la GLDF. La présence de Thierry Zaveroni à ce symposium souligne l’engagement de l’obédience dans les territoires d’outre-mer, où elle cherche à promouvoir un dialogue interculturel ancré dans les principes maçonniques.

Le choix de Maurice comme cadre pour cette interview n’est pas anodin. Cette nation insulaire, ancienne colonie française et britannique, a une longue histoire maçonnique, remontant au XVIIIe siècle avec l’établissement des premières loges sous l’influence des colons européens. Aujourd’hui, la franc-maçonnerie y joue un rôle discret mais significatif, offrant un espace de réflexion à des personnes issues de toutes les communautés. En s’exprimant dans ce contexte, le Grand Maître de la GLDF cherche à renforcer les liens entre les loges de l’océan Indien et à positionner son obédience comme une actrice de poids dans la promotion des valeurs humanistes dans cette région du monde.

La Laïcité : une valeur dynamique et universelle

Le cœur de l’interview réside dans la réflexion de Thierry Zaveroni sur la laïcité, qu’il qualifie de « socle vivant de la liberté de conscience ». Pour le Grand Maître de la GLDF, la laïcité n’est pas un concept figé, mais une valeur qui doit s’adapter aux défis du temps tout en restant fidèle à ses principes fondateurs.

« La laïcité garantit à chacun la liberté de penser, de croire ou de ne pas croire, sans que l’État ou une religion impose ses dogmes »

explique-t-il. Cette vision s’inscrit dans la tradition de la GLDF, qui, depuis sa création en 1894, a toujours défendu la liberté de conscience comme une condition essentielle de l’émancipation humaine.

La formule « socle vivant » est particulièrement significative. Elle suggère que la laïcité doit évoluer pour répondre aux enjeux contemporains, comme la montée des extrémismes religieux, les débats sur la place des signes religieux dans l’espace public ou encore les tensions identitaires qui traversent la société française. En 2025, alors que la France s’apprête à célébrer le 120e anniversaire de la loi de séparation des Églises et de l’État (adoptée le 9 décembre 1905), cette réflexion est plus pertinente que jamais. Thierry Zaveroni rappelle avec force que la laïcité, loin d’être une exclusion des croyances, est une garantie de leur coexistence dans un cadre neutre et égalitaire.

Cette position résonne avec l’actualité française, marquée par des débats sur la laïcité, l’antisémitisme et l’intolérance religieuse. La visite prochaine d’Emmanuel Macron à la GLDF, prévue le 5 mai 2025, mettra également la laïcité au cœur de l’actualité. Le Président, qui prononcera un discours dans le temple Pierre-Brossolette, entend réaffirmer l’« esprit de liberté » qu’a apporté la loi de 1905, dans un contexte où ces valeurs sont parfois malmenées voire fragilisées. En s’exprimant sur ce sujet quelques semaines avant cette visite, le Grand Maître prépare le terrain pour un dialogue constructif entre la GLDF et l’État, tout en rappelant combier son obédience demeure un pilier dans la défense des idéaux républicains.

La discrétion de la GLDF : une identité spirituelle affirmée

Un des points forts de l’interview est l’explication de la discrétion de la GLDF, une caractéristique qui la distingue d’autres obédiences, comme le Grand Orient de France (GODF). À la question « La GLDF, une obédience discrète, pourquoi ? », son Grand Maître répond en mettant en avant l’approche spirituelle et introspective qu’elle incarne. À la différence du GODF, qui compte 55 000 membres et se positionne souvent publiquement sur nombre de questions sociétales, la GLDF, avec ses 32 000 membres masculins, privilégie un travail en loge axé sur la réflexion symbolique et la quête de sens.

Cette discrétion n’est pas un signe de retrait, mais une volonté de préserver l’authenticité de la démarche maçonnique. « Nous ne cherchons pas à nous afficher dans les médias ou à intervenir dans les débats politiques », explique Thierry Zaveroni. « Notre travail est avant tout intérieur, dans le cadre de nos temples, où nous explorons les symboles et les valeurs qui nous guident. » Cette approche contraste avec celle du GODF, qui a souvent adopté une posture militante, traditionnellement ancrée à gauche.

La discrétion de la GLDF est également une manière de se protéger des caricatures et des fantasmes qui entourent la franc-maçonnerie. Souvent perçue comme une société secrète influente, la GLDF cherche à éviter ces malentendus en se concentrant sur son travail interne, tout en diffusant dans la société les valeurs qu’elle porte, comme la tolérance, la liberté de conscience et la laïcité. Cette stratégie est particulièrement pertinente dans des contextes comme celui de l’île Maurice, où une présence trop visible pourrait être mal interprétée dans une société marquée par une grande diversité culturelle et religieuse.

La GLDF à Maurice : Un rôle de médiateur culturel

Ile Maurice – Grand Bassin

L’interview aborde également le rôle spécifique de la GLDF à Maurice, un sujet qui semble tenir à cœur à Thierry Zaveroni. L’île Maurice, avec sa population multiethnique (hindous, musulmans, chrétiens, bouddhistes, etc.), est un terrain idéal pour promouvoir les valeurs maçonniques de tolérance et de dialogue. La GLDF, en tant qu’obédience spirituelle, y joue un rôle discret mais significatif, offrant un espace de réflexion à des personnes issues de différentes communautés.

Le Grand Maître met en avant l’importance de la franc-maçonnerie dans le renforcement des liens entre les loges de l’océan Indien. « Notre présence à Maurice et dans la région vise à promouvoir un dialogue humaniste, basé sur la liberté de conscience et le respect mutuel », souligne-t-il. Cette mission est d’autant plus cruciale dans un monde marqué par les divisions culturelles et religieuses, où la franc-maçonnerie peut agir comme un pont entre les communautés.

L’histoire maçonnique de Maurice remonte à l’époque coloniale, lorsque les premières loges ont été établies par des colons français et britanniques. Aujourd’hui, la GLDF y perpétue cette tradition, tout en s’adaptant aux spécificités locales. En tant qu’obédience masculine, elle propose une approche spirituelle qui peut répondre aux attentes de personnes en quête de sens dans une société complexe et multiculturelle. Thierry Zaveroni souhaite renforcer cette présence régionale, en faisant de la GLDF un acteur clé du dialogue interculturel dans l’océan Indien.

La démarche maçonnique : une quête intérieure

Un autre aspect central de l’interview est l’éclairage qu’apporte Thierry Zaveroni sur le sens de la démarche maçonnique. Pour la GLDF, la franc-maçonnerie est avant tout un chemin initiatique, guidé par des symboles et des rituels, qui vise à aider ses membres à trouver un sens à leur vie et à leur place dans le monde. « Notre travail est une quête intérieure, une réflexion sur soi et sur les valeurs universelles qui nous unissent », précise Thierry Zaveroni. Cette approche contraste avec celle d’obédiences plus militantes, comme le GODF, qui ambitionnent d’exercer directement une action transformatrice sur la société.

La vision qu’exprime Thierry Zaveroni est particulièrement pertinente dans un contexte où la franc-maçonnerie est souvent mal comprise ou caricaturée comme une société secrète à l’influence occulte. En réalité, la GLDF se veut seulement un espace de dialogue et de réflexion, où les membres peuvent explorer des questions philosophiques et spirituelles dans un cadre fraternel.

Une interview stratégique dans un contexte historique

Emmanuel Macron lors de la passation de pouvoir au ministère de l’Économie (Crédit Wikipedia)

L’interview de Thierry Zaveroni intervient à un moment clé pour la GLDF, juste avant la visite historique d’Emmanuel Macron à son siège parisien le 5 mai 2025. Cette visite, la première d’un président de la République en exercice à la GLDF, mettra la laïcité au centre des discussions, un thème que Thierry Zaveroni illustre avec force dans cet entretien. En s’exprimant sur ce sujet quelques semaines avant cette rencontre, le Grand Maître prépare le terrain pour un dialogue constructif entre la GLDF et l’État, tout en positionnant son obédience comme un partenaire de premier ordre dans la défense des idéaux républicains.

La synchronisation entre cette interview et la visite de Macron n’est pas fortuite. Elle reflète une stratégie de communication bien pensée de la part de la GLDF, qui cherche à renforcer son image comme une force discrète mais influente, capable de s’adapter aux contextes locaux tout en restant fidèle à ses valeurs universelles. En mettant l’accent sur la laïcité et la liberté de conscience, Zaveroni s’aligne avec les priorités du président, qui entend réaffirmer l’« esprit de liberté » de la loi de 1905 à l’approche de son 120e anniversaire.

Une réflexion ouverte sur les défis contemporains

L’interview de Thierry Zaveroni livre une réflexion précieuse sur les valeurs fondamentales de la GLDF et leur pertinence dans le monde d’aujourd’hui. En mettant l’accent sur la laïcité comme « socle vivant de la liberté de conscience », il rappelle l’importance de cette valeur dans un contexte marqué par les tensions identitaires et religieuses. Sa vision d’une franc-maçonnerie discrète mais influente, axée sur la quête intérieure et le dialogue interculturel, est particulièrement pertinente, à tous égards, dans nos sociétés, et singulièrement dans des régions comme l’océan Indien où la diversité culturelle est à la fois une richesse et un défi pour l’ensemble de ses populations insulaires.

Plus qu’il n’apporte de réponses concrètes aux questions en suspens, l’entretien insiste sur les valeurs et les attitudes de tolérance, de respect, de coopération et d’entraide qui sont les seules à pouvoir favoriser des solutions face à la montée des extrémismes. Portant haut un idéal de laïcité active, cette interview reste une contribution importante au débat public, en mettant en lumière le rôle éminent de la GLDF dans la défense des idéaux humanistes et républicains. À l’approche de la visite d’Emmanuel Macron, elle pose les bases d’un dialogue fructueux entre l’État et la franc-maçonnerie, au service d’une France fracturée qui doit se réconcilier pour progresser au bénéfice de tous.

Elles, ils voient des maillets, des équerres, des compas… partout

Elle souffre de « symbolitisme », en général ça s’attrape à partir des hauts grades.

Il me semble avoir lu quelque part, un jour, que la fameuse guérite où se tient à l’intérieur par exemple un militaire à l’entrée d’une caserne pourrait faire l’objet d’une analyse fortement symbolique en rapport avec les pyramides égyptiennes, leurs mystères et la franc-maçonnerie. 

Ce n’est pas comme Dieu,

« nous avons tous rencontré des « symbolitiques »

Peut-être sommes nous déjà atteints !

Je vous rassure de suite. J’avoue que je n’ai point le talent de ces grands penseurs franc-maçons(nes) qui savent discourir sur ces sujets impressionnants qui nous font découvrir au bout d’un moment que nous sommes passés à côté de valeurs essentielles dans notre perfectionnement.

Et je termine en disant : ils ont raison,

« je n’y avais pas pensé avant »

Bien sûr dans ce cas, je conclus en me disant que cette soeur et ce frère, si différents de moi, sont là pour m’enrichir. Jusqu’à présent rien de bien compliqué mais c’est ensuite que cela s’complique dans la vidéo qui va suivre:

L’énigme des Maîtres -17- Visite à Interpol

Pour lire l’épisode précédent : ici

Guido avait emmené Caris en visite à Interpol pour faire le point avec ses collaborateurs sur les recherches qu’il leur avait confiées de la vie d’Amélie Delacroix.

– Le siège de l’organisation, situé sur le quai Charles de Gaulle, est une structure distinctive et impressionnante, avec une façade en verre et métal intégrée dans la Cité Internationale, le long du parc de la Tête d’Or, ensemble conçu par l’architecte italien Renzo Piano, celui-là même qui a réalisé, entre autres, le Centre Pompidou à Paris, ou encore le New York Times Building, à New York. Vous imaginez bien qu’en tant que siège de la plus grande organisation de police internationale, le bâtiment d’Interpol est conçu avec des mesures de sécurité avancées.

Caris fit remarquer

– Bien que Guido ait été reconnu amicalement par ceux qui sont chargés du contrôle, nous avons dû nous soumettre à de longues formalités d’accès. Munis de nos badges, nous nous sommes retrouvés, après de nombreux sas à franchir, sous l’œil de caméras de surveillance, dans son service chargé de prévenir et d’enquêter sur les crimes culturels. Cela va sans dire que Guido fut accueilli avec le manifeste plaisir de ses collègues venus l’entourer et c’était à qui se montrait le plus enjoué en l’interpellant : Commissaire  Lhermitte ! Guido ! Mon ami!

Modestement Guido poursuivit

 – Habituellement, nous nous appelons par nos prénoms. Je fus heureux que Caris pût mesurer nos relations amicales au sein de l’équipe par les tutoiements et les propos, tout en échangeant des accolades, vous imaginez du genre : « Tu as l’air en pleine forme, ça fait plaisir à voir ! » ; « Quelle joie de te revoir après tout ce temps ! » ; « Qu’est-ce que tu deviens ? » ; « Quel plaisir de te retrouver en chair et en os ! »… Pendant les présentations, ils eurent aussi pour elle des salutations non moins accueillantes.

Après avoir partagé qui un café, qui un thé, recueillis au distributeur de boisson, une façon de re-sceller notre entente, nous en vinrent à l’objet de ma visite : la notice bleue que je leur avais fait parvenir depuis Eaton. Je vous explique, on utilise des couleurs à Interpol pour spécifier les catégories d’enquêtes : notices Rouges pour les avis internationaux de recherche pour l’arrestation ou l’extradition de criminels ; notices Bleues pour les sollicitations d’informations sur l’identité ou les activités d’une personne en relation avec un crime ; notices Jaunes pour les avis concernant les personnes disparues, souvent des mineurs, ou les personnes incapables de s’identifier.

– « Ce ne fut pas facile à débusquer, voilà ce que nous avons trouvé, c’est chaud, tu nous diras ce que nous devons en faire, me confia mon collègue en sortant d’une armoire un dossier contenant quelques pages. » Je ne l’ai pas ouvert de suite, attendant de vous retrouver pour en partager ensemble les informations ne sachant s’il fallait interpréter « c’est chaud », comme récent ou inquiétant. Je vous passe la suite de nos échanges jusqu’au moment où nous partîmes.

– Guido m’a confié le double du dossier pour le transporter. Ne croyez pas que Guido ait manqué de galanterie. J’avais juste un sac qui pouvait le contenir.

Ajouta Caris en riant et d’aussi bonne humeur poursuivit. 

– En sortant d’Interpol, longeant le Parc à pied, nous sommes passés  devant la Porte des Enfants du Rhône à travers les grilles de laquelle s’apercevait, avec le lac en arrière plan, la sculpture mythologique de la centauresse et du faune dont la volupté ne doit pas laissés indifférents les lyonnais… et les lyonnaises.

– Pas que les Lyonnais, dit Guido en rougissant et par pudeur, il reprit le récit en changeant de sujet.

C’est en vélo, pris en libre service à la station toute proche, que nous avons joué les touristes dans le 6ème arrondissement, puis nous sommes rentrés jusqu’à la station du quai de Bondy où nous les avons rendus. 

Avant de vous retrouver, nous avons flâné dans le quartier, empruntant des voies piétonnes aux noms si parfaitement évocateurs pour nous : rue de la Loge, rue Juiverie, rue Gadagne où quatre frères italiens, Les Pierrevive – tiens, tiens – furent les premiers occupants au XVe s. Au siècle suivant, ce fut les Gadagne, les richissimes banquiers florentins, qui achètent leur demeure aux Pierrevive et, bien que ne l’occupant que peu de temps, c’est leur nom qui passa à la postérité. Le bâtiment, après de nombreuses vicissitudes, est devenu aujourd’hui un lieu muséal, restauré, agrandi qui propose les deux grandes collections qu’il abrite : le musée d’histoire de Lyon et le musée des arts de la marionnette.

– Oui quelqu’un tire les ficelles, s’amusa Caris de la coïncidence.

– Et maintenant prenons connaissance du dossier ! Ajouta Alexander

En même temps que Caris sortait le dossier de son sac, Guido posa devant Alexander un ballotin de palets d’or et un sachet de truffes, de délicieux chocolats à la ganache et au chocolat noir, achetés spécialement chez Bernachon, ce qui avait justifié leur détour dans le 6ème arrondissement.

Alexander comprit l’affectueuse attention de Guido de lui apporter quelque douceur pour affronter ce qui suivrait dès lors qu’il s’agissait d’Amélie.

Avant de commencer à lire, Guido prit une gorgée de Comte Joseph, un brandy qu’il avait commandé à leur arrivée vespérale dans le salon de l’hôtel, se doutant de devenir un désagréable messager pour Alexander et se mit à lire à haute voix.

Service d’Enquête Criminelle de Paris Rapport n°: 2024-0710 Date: 10 Juillet 2024. Officier Responsable: Lieutenant Jean-Marc Duval Sujet: Enquête sur la conspiration de vol d’œuvres d’art

Contexte de l’enquête:

Suite à des informations, le Service d’Enquête Criminelle d’Interpol  a initié une enquête sur une conspiration visant à voler des œuvres d’art. Les principaux suspects identifiés sont Silvestro Buonvincini, un homme d’affaires italien de renommée et Hircine Enhardir, un riche collectionneur d’art parisien.

Déroulement de l’enquête:

Silvestro Buonvincini:

Italien, 45 ans, riche homme d’affaires dans le milieu de l’immobilier et du BTP, connu pour ses collections d’œuvres d’art et ses connexions avec plusieurs galeries et musées à travers l’Europe. Il est basé à Milan.

Enhard Enhardir:

Libanais, 62 ans, collectionneur d’art notoire avec une réputation de probité dans le milieu des collectionneurs. D’abord soupçonné, il s’était pourtant manifesté, en tant que lanceur d’alerte, par un mail anonyme « Nous allons agir. Nous allons nous emparer des tableaux. Et pour commencer la pomme de St Martin va tomber, voilà comment…». Nous en avions avisé le commissaire Lhermitt. Il nous explique qu’il a dénoncé Silvestro Buonvincini car celui-ci lui avait vendu un ensemble immobilier qui s’avéra une escroquerie. Les constructions, sur un terrain condamné par les autorités locales pour des raisons de sécurité, durent être démolies.

Il nous dit que, révolté, il lui a rendu visite dans sa résidence au bord de l’océan où il eut une violente altercation avec l’hôte qui l’a fait chasser par un garde du corps. Selon son témoignage, c’est à sa sortie musclée de chez Buonvincini qu’il aurait été approché discrètement par un valet de Buonvincini, lui aussi révolté contre son employeur qui aurait fourni de la drogue à sa  fille.  Désireux de se venger, il aurait transmis à Enhardir un dossier de photos de tableaux, récupéré la veille dans le grand salon après une réunion de Buonvincini avec ses sbires, lui répétant la phrase entendu « Ce sera un autodafé des tableaux et des archives ; la pomme de St Martin va tomber ».. Une mention particulière était portée sur un portrait de Newton à voler.

Le lendemain de l’inauguration de sa nouvelle galerie, Enhardir a contacté la police pour dénoncer Buonvincini. Il s’est présenté volontairement à la Brigade Criminelle, apportant des preuves de la conspiration car il aurait été inquiet de la présence d’un visiteur qu’il a surpris près du dossier, dossier qu’il avait eu la négligence de poser momentanément sur une table. Il pensait que c’était un émissaire de Buonvincini et qu’il représentait un danger.  Enhardir avait ajouté des notes sur les emplacements actuels des tableaux sur les photos jointes du dossier.

Il s’est rendu à Prague, dans les jours qui ont suivi sa visite dans nos services, intrigué par une exposition de tableaux figurant sur la liste. De là, il nous a recontacté, un rendez-vous lui a été fixé où il devait nous donné des informations complémentaires qu’il aurait trouvées. Mais depuis, nous n’avons plus aucune nouvelle de lui et nos appels sont restés lettre morte.

Investigation en cours:

La recherche d’Enhardir se poursuit. L’assassinat du conservateur du musée de Prague ne laisse présager rien de bon sur sa disparition.

Des contacts ont été établis avec les musées et les galeries concernés pour alerter les responsables de sécurité.

Surveillance de Buonvincini: Une surveillance discrète de Buonvincini et de ses complices a été mise en place.

Des écoutes téléphoniques et des filatures sont en cours pour recueillir des preuves supplémentaires.

Amélie Delacroix:

Au cours de l’enquête a été mis en évidence le rôle d’une tierce personne Madame Amélie Delacroix, 32 ans, décédée à Istanbul alors qu’elle était à bord d’une chaloupe lors d’une tempête sur le Bosphore en compagnie de Monsieur Alexander Van De Meïr qui fut sauvé par les garde-côtes.

Enfant, Amélie Delacroix fut maintenue dans l’illusion de sa toute-puissance par son grand-père. Les limites éducatives que ses parents voulurent lui donner furent abolies par cet homme qui lui accordait et même encourageait tous ses caprices À cause de cette permissivité excessive, ainsi formée (déformée), confite dans sa fausse omnipotence, elle développa l’outrance d’un narcissisme pervers. Son égoïsme indépassable fut pire que celui d’Anastasie de Restaud et de Delphine de Nucingen réunies selon les dires de sa propre mère que nous avons interrogée.

Nous avons pu contacter sa colocataire de l’appartement loué à Paris pendant ses études à l’École du Louvre ; c’est ainsi qu’elle décrit Amélie Delacroix:  « Son cerveau n’est qu’un muscle qui a remplacé le cœur, qui n’a comme seul objectif que de se pavaner en se mettant en scène par tous les moyens de la séduction qu’elle a réduit aux apparences. Pensant être spéciale et unique et ne pouvoir être admise ou comprise que par des institutions ou des gens spéciaux et de haut niveau, elle montre un besoin immodéré d’être admirée. Pensant que tout lui est dû, elle s’attend sans raison à bénéficier d’un traitement particulièrement favorable et à ce que ses désirs soient automatiquement satisfaits, absorbée par des fantasmes de succès illimité, de pouvoir, de splendeur, de beauté ».

C’est lors de l’année de son doctorat à Milan qu’Amélie fit la connaissance de Silvestro Buonvincini qui la séduisit par tout ce qu’il représentait d’idéal masculin pour elle. Un riche homme de pouvoir, qui plus est bel homme, mâchoire carrée, regard perçant et sûr de lui, aux yeux d’un bleu profond, brillant et cultivé, pouvant discuter d’une variété de sujets allant des affaires internationales à l’art contemporain, à la volonté de puissance affirmée, avec une capacité à créer ses propres valeurs indépendamment des normes conventionnelles ou morales imposées par la société.

Il lui fit connaître son penthouse à Milan, son chalet à Gstaad et sa résidence Renaissance au bord d’océan. Nous avons pu le savoir par le témoignage du personnel. Il lui offrait de coûteux cadeaux, entre autres la montre cartier panthère couronnée de fins diamants dont on a retrouvée la facture. Elle en fut flattée, éblouie et, éperdument amoureuse de cet ostentation matérielle ; elle tomba sous son emprise. Fut-il réellement attaché à cette brillante et belle jeune femme, on ne peut le dire. Mais, aux vues du rapport de police de Prague sur le meurtre du conservateur du musée, il est certain qu’elle devint sa complice par jeu dans le projet de cet homme que nous avons identifié comme le chef d’un groupe menaçant de s’emparer des tableaux de la liste fournie par le commissaire Lhermitt recoupée par celles d’Enhard Enhardir.

Conclusion : Le témoignage d’Enhard Enhardir a été déterminant pour cette enquête. Les informations qu’il a fournies corroborent des soupçons antérieurs sur les activités illégales de Buonvincini. L’enquête se poursuit avec une attention particulière portée aux institutions mentionnées et à la sécurisation des œuvres d’art concernées.
Recommandations:

Intensifier la surveillance autour de Buonvincini et de ses associés.

Renforcer les mesures de sécurité dans les musées listés.

Continuer à collecter des preuves et préparer des mandats d’arrêt pour Buonvincini et ses complices potentiels.

À peine eut-il fini de lire qu’Alexander avala d’un seul coup le reste du verre placé devant Guido.

– Attention, Alex c’est du cognac !

– T’inquiète, c’est juste pour aseptiser mes dernières illusions. Je comprends mieux ses dernières paroles. J’ai de la peine seulement pour elle.

Les convives se taisaient par pudeur comme si ce récit n’appartenait qu’à Alexander. Il comprit leur délicatesse et ce fut donc à lui de rompre le silence.

– Et dire que cet Enhardir m’avait fait une mauvaise impression, alors que nous lui devons l’initiation de nos recherches !

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Bandes Dessinées et Franc-maçonnerie : une exposition exceptionnelle au Musée Maçonnique de Berne

Du 12 avril 2025 au 27 juin 2026, le Freimaurer Museum Schweiz (Musée Maçonnique Suisse), situé au 40 Jupiterstrasse à Berne, ouvre ses portes pour une exposition inédite intitulée « Bandes Dessinées et Franc-Maçonnerie ». Cette initiative, qui s’étend sur plus d’un an, explore la richesse des liens entre la franc-maçonnerie et le neuvième art à travers plus de 200 bandes dessinées francophones.

En mêlant approche pédagogique, artistique et humoristique, l’exposition propose une immersion fascinante dans un sujet souvent méconnu du grand public, tout en éclairant les multiples facettes de la franc-maçonnerie à travers des œuvres emblématiques. Accompagnée de conférences-dédicaces et d’installations interactives, cette exposition promet d’être un rendez-vous culturel majeur en Suisse.

Une Exploration Pédagogique et Artistique de la Franc-Maçonnerie dans la BD

Le Freimaurer Museum Schweiz, connu pour ses expositions dédiées à l’histoire et à la symbolique maçonnique, innove avec ce projet ambitieux qui met en lumière la manière dont la franc-maçonnerie a inspiré les auteurs de bandes dessinées francophones. Comme le souligne le musée, plus de 200 BD abordent ce thème, de manière explicite, indirecte ou symbolique, adoptant sept approches distinctes : furtive, humaniste, historique, policière, ésotérique, complotiste et humoristique. Cette diversité reflète la complexité de la franc-maçonnerie, souvent perçue comme une société secrète, mais qui se révèle ici sous des angles variés, allant de la réflexion philosophique à la satire légère.

L’exposition met en avant des œuvres majeures qui ont marqué l’histoire de la BD maçonnique. Parmi elles, Fable de Venise d’Hugo Pratt, où le célèbre Corto Maltese évolue dans un univers empreint de symboles ésotériques ; Le Protocole des Sages de Sion de Will Eisner, qui dénonce les théories complotistes antimaçonniques ; Le Triangle Secret de Didier Convard, une série thriller explorant les mystères maçonniques ; ou encore Les Colonnes de Salomon de Willy Vassaux, qui mêle intrigue historique et symbolisme. Plus de quarante planches originales de ces bandes dessinées sont exposées, offrant aux visiteurs un aperçu concret de la richesse artistique et narrative de ces œuvres.

Un Dispositif Pédagogique pour Tous les Publics

L’exposition se distingue par son approche pédagogique, conçue pour s’adresser à un large public, qu’il soit initié ou profane. Six grands panneaux illustrés bilingues (français et allemand) retracent l’histoire de la bande dessinée, depuis ses origines jusqu’à sa reconnaissance comme neuvième art, tout en expliquant les processus de création d’une BD. Ces panneaux détaillent également les sept approches de la franc-maçonnerie dans la BD, avec des exemples concrets pour chaque catégorie, permettant aux visiteurs de comprendre comment les auteurs ont abordé ce sujet complexe.

Quatre bannières complémentaires offrent des portraits approfondis d’auteurs et dessinateurs ayant exploré la thématique maçonnique. On y découvre des figures comme Hugo Pratt, initié maçonnique et créateur de Corto Maltese, ou encore les équipes de Willy Vassaux et Didier Convard, qui ont popularisé la franc-maçonnerie dans le thriller ésotérique. Ces bannières répondent également à des questions intrigantes, telles que « Hergé était-il franc-maçon ? », une interrogation qui revient souvent dans les cercles tintinophiles en raison des nombreux symboles dans les aventures de Tintin, comme dans Le Trésor de Rackham le Rouge.

Une présentation vidéo complète ce dispositif en répondant à sept questions fréquentes du grand public sur la franc-maçonnerie, à l’aide d’extraits de BD. Des interrogations comme « La franc-maçonnerie est-elle une société secrète ? » ou « Quels sont ses symboles principaux ? » sont abordées de manière didactique, rendant le sujet accessible à tous. Enfin, pour apporter une touche de légèreté, le musée expose sixty dessins humoristiques de François Morel, illustrateur et caricaturiste maçonnique, qui tapissent un mur dédié. Ces dessins, disponibles à l’achat à la fin de l’exposition, offrent une vision satirique et bienveillante des rituels et des clichés maçonniques, faisant sourire les visiteurs.

Un Catalogue et des Albums pour Prolonger l’Expérience

Pour ceux qui souhaitent approfondir leur découverte, un catalogue illustré de l’exposition, disponible en français et en allemand, compile des articles signés par des experts renommés : Arnaud de la Croix, Joël Gregogna, Jack Chaboud, Dominique Alain Freymond, ainsi qu’une interview exclusive de Didier Convard. Ce catalogue, richement illustré, est un souvenir précieux pour les visiteurs, leur permettant de partager cette expérience avec leurs proches. De plus, le musée propose à la vente différents albums de BD maçonniques, offrant une opportunité unique d’acquérir des œuvres marquantes comme Le Triangle Secret ou Corto l’Initié.

Un Cycle de Conférences-Dédicaces pour Rencontrer les Acteurs du Neuvième Art

L’exposition est rythmée par un cycle de conférences-dédicaces publiques, qui permettront aux visiteurs de rencontrer des auteurs, dessinateurs et chercheurs spécialisés dans la franc-maçonnerie et la bande dessinée. Ces événements, organisés tout au long de la période d’exposition, enrichissent l’expérience en offrant des échanges directs avec des figures majeures du domaine.

  • Samedi 7 juin 2025 : Une Journée avec Didier Convard, Denis Falque et François Morel
    Cette journée, qui se tiendra de 10h00 à 16h30, débutera par un mot de bienvenue de Robin Heizmann, directeur du musée, qui expliquera les motivations derrière cette exposition et son rôle dans la démystification de la franc-maçonnerie. À 10h30, Didier Convard et Denis Falque, respectivement scénariste et dessinateur de la série culte Le Triangle Secret ainsi que de L’Épopée de la Franc-Maçonnerie, dévoileront les coulisses de leurs créations. Ils partageront leur approche ésotérique et historique de la franc-maçonnerie, expliquant comment ils ont intégré des symboles et des récits maçonniques dans leurs intrigues. À 14h00, François Morel prendra la parole pour parler de l’humour maçonnique à travers ses œuvres, notamment Les Colonnes sont Muettes et Il en est de Même à l’Orient. La journée se clôturera par une séance de dédicaces jusqu’à 16h30, permettant aux visiteurs de repartir avec des exemplaires signés.
  • Samedi 27 septembre 2025 : Joël Gregogna et ses Réflexions Symboliques
    Joël Gregogna, écrivain franc-maçon et passionné de symbolisme, membre de la Grande Loge de France, présentera ses réflexions autour de deux ouvrages : Bande Dessinée, Imaginaire et Franc-Maçonnerie et Corto l’Initié. Cette conférence explorera la manière dont la franc-maçonnerie inspire l’imaginaire des auteurs de BD, en s’appuyant notamment sur l’univers de Corto Maltese et les travaux d’Hugo Pratt. Une séance de dédicaces suivra, offrant aux visiteurs l’occasion d’échanger avec cet érudit du symbolisme maçonnique.
  • Samedi 21 mars 2026 : Manuel Matthys et la Franc-Maçonnerie dans le Monde Anglo-Saxon – Manuel Matthys, collectionneur et spécialiste de la BD, clôturera le cycle de conférences avec une présentation intitulée « La Franc-Maçonnerie dans le Monde Anglo-Saxon du Neuvième Art ». Il analysera comment la franc-maçonnerie est représentée dans les comics et les graphic novels anglo-saxons, un sujet moins connu mais tout aussi riche que la production francophone. Cette conférence permettra de mettre en perspective les différences culturelles dans l’approche de la franc-maçonnerie à travers la BD.

Le Freimaurer Museum Schweiz : Un Lieu Dédié à la Culture Maçonnique

Situé au cœur de Berne, le Freimaurer Museum Schweiz est une institution dédiée à la préservation et à la diffusion de l’histoire maçonnique. Fondé pour offrir un espace d’éducation et de dialogue, le musée propose des expositions permanentes et temporaires qui explorent les traditions, les symboles et l’impact de la franc-maçonnerie dans le monde. Avec cette exposition, le musée s’ouvre à un public plus large, en utilisant la bande dessinée comme un vecteur accessible pour aborder un sujet souvent perçu comme mystérieux ou élitiste.

Le choix de Berne, capitale de la Suisse et siège de nombreuses obédiences maçonniques, est significatif. La ville est un carrefour culturel et historique, où la franc-maçonnerie a une longue tradition, notamment à travers la Grande Loge Suisse Alpina, l’une des plus anciennes obédiences du pays. Le musée, situé au 40 Jupiterstrasse, est facilement accessible en transports publics et offre un cadre moderne et accueillant pour les visiteurs, qu’ils soient locaux ou internationaux.

Une Démystification de la Franc-Maçonnerie à Travers le Neuvième Art

L’exposition « Bandes Dessinées et Franc-Maçonnerie » s’inscrit dans une démarche plus large de démystification de la franc-maçonnerie, un objectif clairement affiché par le musée. En utilisant le format de la BD, qui combine texte et images pour vulgariser des concepts complexes, l’exposition rend accessible un sujet souvent entouré de clichés et de malentendus. Les sept approches identifiées – furtive, humaniste, historique, policière, ésotérique, complotiste et humoristique – montrent la diversité des regards portés sur la franc-maçonnerie, reflétant à la fois les fantasmes qu’elle inspire et les réalités qu’elle incarne.

La franc-maçonnerie, née au XVIIIe siècle dans sa forme moderne, est une fraternité initiatique qui promeut des valeurs humanistes, comme la liberté, la tolérance et la recherche de vérité. Pourtant, elle est souvent associée à des théories conspirationnistes, comme celles dénoncées par Will Eisner dans Le Protocole des Sages de Sion, ou à des récits ésotériques, comme dans Le Triangle Secret. L’exposition met en lumière cette dualité, offrant aux visiteurs une vision nuancée qui invite à la réflexion plutôt qu’aux préjugés.

Une Invitation à Découvrir et à Réfléchir

L’exposition « Bandes Dessinées et Franc-Maçonnerie » au Freimaurer Museum Schweiz est une occasion unique de découvrir l’intersection entre deux univers riches : la franc-maçonnerie et le neuvième art. Du 12 avril 2025 au 27 juin 2026, les visiteurs pourront explorer des planches originales, assister à des conférences-dédicaces, et repartir avec des albums ou un catalogue illustré pour prolonger l’expérience. Que l’on soit passionné de BD, curieux de la franc-maçonnerie, ou simplement en quête d’une sortie culturelle originale, cette exposition a de quoi séduire.

Pour les habitants de Berne et les visiteurs de passage, le musée offre un voyage à la fois éducatif et divertissant, où l’histoire, l’art et la philosophie se rencontrent. Les conférences de Didier Convard, Denis Falque, François Morel, Joël Gregogna et Manuel Matthys viennent enrichir ce programme, offrant des moments d’échange privilégiés avec des experts et des créateurs. Rendez-vous au 40 Jupiterstrasse à Berne pour une expérience qui promet d’éclairer et d’émerveiller, tout en levant le voile sur les mystères de la franc-maçonnerie à travers le prisme de la bande dessinée.