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L’Inexistence de Dieu : Raisonnement par Inférence… suivi d’un plaidoyer qui prouve son existence. Qui croire ?

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Voilà des milliers d’années que les humains s’entretuent pour imposer leur Dieu. Cela revient en quelques sortes à définir avec précision la surface du cercle. A ce jour, personne n’a réussi. Nous n’aurons donc pas la prétention dans cet article assorti de deux vidéos argumentaires de trouver la solution, mais avouez que les deux thèses valent leur pesant d’or. Le débat est ouvert…

Commençons par la preuve de son inexistence. Existe-il des preuves de l’inexistence de quelque chose ? Peut-on prouver l’inexistence de Dieu ? Un autre exemple de raisonnement par inférences Bayésienne.

Maintenant passons aux preuves de son existence

Dieu existe-t-il ? – Dialogue avec Michel-Yves Bolloré

Trois ans de travail avec une vingtaine de scientifiques et de spécialistes de haut niveau : voici révélées les preuves modernes de l’existence de Dieu.

Pendant près de quatre siècles, de Copernic à Freud en passant par Galilée et Darwin, les découvertes scientifiques se sont accumulées de façon spectaculaire, donnant l’impression qu’il était possible d’expliquer l’Univers sans avoir besoin de recourir à un dieu créateur. Et c’est ainsi qu’au début du XXe siècle, le matérialisme triomphait intellectuellement.

De façon aussi imprévue qu’étonnante, le balancier de la science est reparti dans l’autre sens, avec une force incroyable. Les découvertes de la relativité, de la mécanique quantique, de l’expansion de l’Univers, de sa mort thermique, du Big Bang, du réglage fin de l’Univers ou de la complexité du vivant, se sont succédées.

Ces connaissances nouvelles sont venues dynamiter les certitudes ancrées dans l’esprit collectif du XXe siècle, au point que l’on peut dire aujourd’hui que le matérialisme, qui n’a jamais été qu’une croyance comme une autre, est en passe de devenir une croyance irrationnelle. Dans une langue accessible à tous, les auteurs de ce livre retracent de façon passionnante l’histoire de ces avancées et offrent un panorama rigoureux des nouvelles preuves de l’existence de Dieu. À l’orée du XXe siècle, croire en un dieu créateur semblait s’opposer à la science. Aujourd’hui, ne serait-ce pas le contraire ? Une invitation à la réflexion et au débat.

Comment pratiquer dans la Loge, la Circumambulation maçonnique ?

De notre confrère universalfreemasonry.org

La circumambulation est l’une des parties les plus anciennes et les plus intégrales du rituel maçonnique. Quelle est l’origine et la signification de cette pratique universelle ? La circumambulation (du latin circum ambulatio, c’est-à-dire « marche autour ») consiste à tourner autour d’un symbole ou à l’intérieur de celui-ci. C’est un rite que l’on retrouve dans de nombreuses religions et croyances.

La circumambulation maçonnique autour de l’autel est l’une des plus anciennes cérémonies de la Franc-Maçonnerie. L’explication rituelle est assez simple et l’acte permet bien sûr une inspection continue et prolongée du candidat par les frères. Mais cette explication a été évidemment conçue pour s’adapter à la loge et a été composée par des hommes qui avaient perdu la connaissance authentique de la véritable signification de la cérémonie de contournement de l’autel, de sorte que peu de frères sont aujourd’hui convaincus que la simple explication rituelle transmet toute la vérité.

La circumambulation védique, originaire d’Inde, est une pratique religieuse consistant à marcher autour d’un lieu sacré en signe de vénération et de piété. La circumambulation védique ou « marcher sur le chemin » est une forme de vénération profonde dont les origines remontent à l’Inde ancienne, où faire trois circumambulations était un moyen d’honorer une personne très respectée.

Des moines bouddhistes accomplissent le rituel de Pradakshina à Borobudur, Java central, Indonésie – (Crédit photo : Heri nugroho)

Dans la Pradakshina (circumambulation jaïniste), nous gardons toujours les objets sacrés sur notre droite. Par conséquent, nous faisons trois fois le tour du lieu saint en le gardant sur notre droite, c’est-à-dire en faisant le tour de notre gauche vers notre droite. En faisant le tour, nous nous rappelons que les choses saintes sont précieuses, qu’elles sont notre guide et qu’un jour nous serons plus dignes des raffinements qu’elles nous offrent. Cette contemplation du lieu saint (autel), ou de l’objet saint, nous aidera à surmonter notre attachement aux choses matérielles, notre souci des apparences extérieures et à atteindre l’amour fraternel (à surmonter la haine). Trois circumambulations devraient également nous rappeler qu’il existe trois remèdes pour surmonter nos attachements et nos passions : la pensée juste, la parole juste et la vision juste (nous devons rechercher le bien en toute chose). Par conséquent, nous devrions également réfléchir à la manière d’acquérir un esprit juste, une parole juste et des vues justes. Certains ont l’impression de faire le tour de la création elle-même.

Jeune moine bouddhiste
Jeune moine bouddhiste devant des bougies allumées, feu, méditation, ombrelle.

Dans le rituel bouddhiste japonais, la circumambulation s’accompagne généralement de la récitation de sutras et de la dispersion de pétales.

La circumambulation islamique est pratiquée autour de la Kaaba à la Mecque, du rocher du mont Moriah à Jérusalem et dans de nombreux mausolées et sanctuaires où les sages de l’islam sont vénérés.

Que ce soit dans une loge maçonnique, dans une autre culture ou dans une église, la circumambulation est une humble imitation de la forme de culte de ces hommes anciens pour qui le soleil dans le ciel et le feu sur l’autel de pierre étaient des représentations de Dieu.

L’homme ancien imitait ce qu’il respectait, vénérait ou craignait. Bien qu’il ait pu imiter le soleil en allumant un feu sur l’autel, il ne pouvait imiter le mouvement du soleil que par son propre mouvement. Dans l’hémisphère nord, le soleil semble se lever à l’est, traverser le ciel vers le sud, puis disparaître à l’ouest. C’est pourquoi, dans son culte, l’homme primitif faisait circuler son feu sur l’autel d’est en ouest en passant par le sud , et d’ouest en est en passant par le nord, imitant ainsi la plus grande représentation de Dieu qu’il ait connue.

Depuis ce passé ancien jusqu’à nos jours, les hommes ont tourné autour ou à l’intérieur de leur lieu saint d’est en ouest en passant par le sud, bien que beaucoup, sinon la plupart, oublient la raison de leurs mouvements.

Les bouddhistes modernes, par exemple, fidèles à la tradition ancienne qui consiste à enfermer un arbre sacré dans une palissade, enferment l’autel dans une barrière. Cette barrière sert à délimiter la frontière entre l’espace sacré et le monde profane. L’espace sacré le plus bas possède quatre portes d’entrée, Nord, Sud, Est et Ouest, et est entouré par le chemin principal, le chemin circumambulatoire. L’orientation des portes (est, sud, ouest et nord) et la direction de la circumambulation rituelle correspondent à la direction du soleil : du lever au zénith, au coucher du soleil et pendant toute la nuit.

J’espère que vous apprécierez que dans nos simples circumambulations maçonniques, nous montrons du respect envers les croyances de nos ancêtres d’il y a longtemps, ainsi que celles de nos frères en Inde, en Asie et dans toute la Perse.

Jésus, personnage historique ou mythique ? (Par Laurent Ridel)

De notre confrère decoder-eglises-chateaux.fr

Dans Théorie de Jésus, le philosophe Michel Onfray soutient l’idée que Jésus n’est qu’une « idée », un « mythe ». Pourtant les historiens, même non croyants, sont portés à croire à son existence. Ouvrons le dossier.

Un mince dossier historique

Aucun texte contemporain de sa vie ne confirme l’existence de Jésus.

Et les quatre Évangiles ? Ne font-ils pas du Christ leur personnage central ? Ce ne sont pas des sources totalement convaincantes. Déjà parce qu’elles émanent d’auteurs qui ont un intérêt à promouvoir son existence. Ensuite, parce que les spécialistes en études bibliques sont d’accord pour fixer leur rédaction après la mort du Christ. Rien n’assure qu’ils l’ont connu. Sauf peut-être l’évangéliste saint Jean qui aurait été un apôtre.

En même temps, il est troublant de trouver une telle floraison de textes (évangiles apocryphes compris) à propos d’une personne qui n’aurait pas existé.

Autant sur Moïse ou Abraham, l’historien peut largement douter de leur réalité historique, car l’Ancien Testament est non seulement l’unique source à les présenter, mais sa composition intervient plusieurs siècles après l’époque des faits relatés. Autant sur Jésus, les témoignages sont assez proches chronologiquement du personnage : les premiers Évangiles retrouvés datent du IIe siècle (voire de la fin du Ier siècle).

Cette époque est contemporaine des premières sources rabbiniques, notamment le Talmud, qui, elles aussi, confirment l’existence de Jésus. Le théologien Matthieu Lavagna, auteur de Libre réponse à Michel Onfray : non le Christ n’est pas un mythe cite le Talmud dit babylonien : « la veille de Pâque, ils ont pendu le cadavre de Jésus le Nazaréen ». Ce passage évoque la mort de Jésus. Mais, encore une fois, on reste sur des sources judéo-chrétiennes. Peut-on trouver des sources plus objectives ?

Des sources païennes

Assez rapidement, trois historiens de l’Antiquité romaine font allusion au Christ : Cornélius Tacite, Suétone et Pline le Jeune.

Tacite introduit ce personnage à l’occasion du récit de l’incendie de Rome en 64. L’empereur Néron accuse les chrétiens de ce méfait et beaucoup sont exécutés. Tacite explique que ces chrétiens « tiennent leur nom de Christ (Christus) qui, au temps où Tibère était empereur, avait été condamné au supplice par le procurateur Ponce Pilate. Réprimée momentanément, cette superstition pernicieuse a refait surface, non seulement en Judée, où elle était apparue, mais à Rome même… » (Annales, XV, 44, 3). Ces détails sont en concordance avec les Évangiles.

A cette différence que Tacite n’est pas tendre avec les chrétiens qu’il juge « ennemis du genre humain ». Pour l’historien Patrick Boucheron, c’est un argument en faveur de l’existence historique de Jésus : même ses ennemis ne remettent pas en cause son existence.

Robert, Hubert - Incendie à Rome -

De toute façon, s’il y a un mouvement chrétien dans l’Empire, il doit y avoir un fondateur derrière. C’est le raisonnement de l’historien des religions Michaël Langlois. La question est de savoir si ce fondateur est identifiable à Jésus.

La meilleure preuve historique

Ce n’est pas dans les Évangiles, dans le Talmud ou chez les historiens romains qu’il faut trouver un argument plus solide, mais chez un historien juif Flavius Josèphe. Son livre Les Antiquités juives est écrit à la fin du Ier siècle, donc plusieurs dizaines d’années après la mort du Christ. A l’intérieur, Flavius Josèphe évoque un « homme sage » mis à mort sur une croix et nommé Jésus. Malheureusement ce passage semble pollué par des ajouts qui ne sont probablement pas de la main de Flavius Josèphe, mais d’un chrétien enthousiaste. Ce qui a jeté le discrédit sur le passage entier.

peintures murales de Meslay-le-Grenier
La Passion de Jésus. Peintures murales, XVe siècle, Meslay-le-Grenet, près de Chartres

Cependant, toujours dans les Antiquités juives, Jésus est cité une deuxième fois dans un passage que les chercheurs ne jugent pas modifié et donc plus unanimement authentique : Flavius Josèphe raconte les actes sévères du grand-prêtre juif Albinus à l’encontre des délinquants, parmi lesquels « le frère de Jésus appelé Christ, dont le nom était Jacques ». Jésus serait bien le Christ.

En résumé, quelques indices, jamais incontestables, nous poussent à créditer l’existence historique de Jésus. Beaucoup de chercheurs attendent des découvertes historiques ou archéologiques pour écarter tout doute. N’y croyons pas trop : le Christ n’appartenant pas à l’élite sociale, il est peu probable que de nombreuses sources en fassent mention.

Sur cette question sensible, l’historien Michaël Langlois pose un regard équilibré dans cette interview sur la chaîne YouTube Regards protestants : Peut-on prouver l’historicité de Jésus ? Entretien avec Michaël Langlois – YouTube.

La Franc-maçonnerie s’ouvre à la ville – Conférence et visite du Temple à Pise – Italie

De notre confrère italien iltirreno.it

Le titre de l’événement est : « Franc-maçonnerie et éducation : passé, présent et futur ». Le journaliste d’Il Tirreno, Luca Daddi, modère le débat. La franc-maçonnerie pisane de la Grande Loge d’Italie s’ouvre à la ville et le fait avec une conférence prévue le samedi 23 novembre à la Domus Mazziniana (via Mazzini, 71).

« Franc-maçonnerie et éducation : passé, présent et futur ».

Le programme :

Elle commence à 15h00 par le salut des autorités, puis à 15h30 le professeur Fulvio Conti interviendra sur le thème « Le rôle de la franc-maçonnerie dans l’école et l’éducation entre le XIXe et le XXe siècle« .

A 16h00 ce sera le tour du professeur Giovanni Cipriani qui parlera de « Laïcité et école confessionnelle dans les années du Risorgimento« .

Puis, à 16h30, la chercheuse Anna Checcoli Marjani Mazzantini abordera le thème « L’enseignement primaire après le 19 septembre 1870 et la pensée de la franc-maçonnerie de la pré-unification à la post-unification« .

Après la pause café, nous reparlerons à 17h30 avec le professeur Valerio Perna qui parlera du « Mouvement Bissolati de 1908. Entre discipline d’obéissance et liberté de conscience« .

A 18h00, le professeur Stefano Fava abordera le thème « L’éducation au troisième millénaire« .

Les interventions des enseignants et des universitaires seront coordonnées par le journaliste Luca Daddi , rédacteur central d’ Il Tirreno .

42 Aphorismes de la Franc-maçonnerie

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De notre confrère universalfreemasonry.org – Par George Oliver

Un aphorisme en franc-maçonnerie, comme dans d’autres contextes, est une phrase courte, percutante et souvent mémorable, qui exprime une vérité, une réflexion ou un principe moral de manière concise. Dans le cadre maçonnique, les aphorismes ont plusieurs utilités et fonctions importantes :

Transmettre la Sagesse : Les aphorismes distillent des enseignements complexes en quelques mots faciles à retenir. Ils servent à transmettre les principes fondamentaux de la franc-maçonnerie, comme la fraternité, la justice, l’humilité ou la quête de vérité, d’une manière qui inspire réflexion et introspection.

Exemple : « La lumière ne se donne pas, elle se découvre. »

Encourager la Réflexion : Les aphorismes sont souvent formulés de manière à encourager les francs-maçons à réfléchir profondément sur leur signification. Ils invitent à l’introspection et à l’analyse, en lien avec les enseignements ésotériques et philosophiques de la franc-maçonnerie.

Exemple : « Celui qui se connaît est plus grand que celui qui conquiert une ville. »

Unifier par des Valeurs Communes : Les aphorismes renforcent les valeurs communes entre les membres. En partageant ces courtes maximes, les francs-maçons créent une culture de pensée et de pratique commune, tout en respectant la diversité des parcours individuels.

Exemple : « La pierre brute cache en elle-même le temple. »

Servir de Guide Pratique : Ils offrent des principes simples et universels que les membres peuvent appliquer dans leur vie quotidienne. Ces maximes agissent comme des boussoles morales dans des situations où des décisions éthiques ou philosophiques doivent être prises.

Exemple : « Fais aux autres ce que tu voudrais qu’ils te fassent. »

Renforcer la Tradition : La franc-maçonnerie est une tradition ancestrale qui valorise les symboles et les mots porteurs de sens. Les aphorismes s’intègrent dans cette tradition en tant qu’éléments littéraires qui perpétuent et enrichissent le patrimoine initiatique.

Exemple : « Chaque épreuve est une étape sur le chemin de la lumière. »

Statut de Platon en marbre blanc
Statut de Platon assis en marbre blanc devant un chapiteau de Temple

Éduquer les Apprentis : Dans les loges, les aphorismes sont souvent utilisés pour guider les apprentis dans leur progression initiatique. Ces phrases concises servent de points de départ pour des études approfondies ou des débats philosophiques.

Exemple : « Le silence est la sagesse du sage et la force de l’apprenti. »

Symboliser la Profondeur du Savoir : Un aphorisme, bien qu’apparemment simple, est souvent riche en significations cachées. Cela correspond à l’esprit de la franc-maçonnerie, qui encourage à chercher au-delà des apparences pour atteindre une compréhension plus profonde.

Exemple : « La lumière naît de l’obscurité. »

En somme, un aphorisme en franc-maçonnerie n’est pas qu’une simple maxime. C’est une clé qui ouvre la porte à des enseignements philosophiques et spirituels profonds, tout en restant un outil pratique pour guider la conduite des membres. Il incarne à la fois la richesse de la tradition et l’aspiration à l’amélioration personnelle.

Statue de Platon
Statue de Platon

Aphorismes choisis du Livre de la Loge de George Oliver (1782-1867)

I : La franc-maçonnerie est un beau système de moralité voilé d’allégorie et illustré par des symboles.

II : Si vous restez silencieux lorsque la Franc-Maçonnerie est attaquée, vous condamnez par vos actes ce que votre conscience approuve.

III : En tant que franc-maçon chrétien, vous devez en toute occasion étudier pour accomplir les devoirs de la morale chrétienne, qui sont compris sous la triple catégorie de Dieu, de votre prochain et de vous-même.

IV : Les bienfaits que l’on peut tirer de la franc-maçonnerie sont bien décrits par Ovide et Horace, lorsqu’ils disent : « Ingenuas didicisse fideliter artes emollit mores. Asperitatis et invidiae corrector et irae », ce qui peut se traduire ainsi : « Avoir appris fidèlement les arts libéraux adoucit les mœurs et opère comme un excellent correcteur de la mauvaise nature, de l’envie et de la colère.

V. Soumettre les passions a été le but universel de tous les hommes. Tous ont placé leurs espoirs dans ce but ; et de là est née la première idée du Γνωθι Σηαυτον, qui  fut inscrit sur le portail des temples païens, afin qu’il fût un stimulant à la vertu, dont il était la première leçon, et conduisît à la consommation désirable, dans laquelle se mêlait toute excellence, de soumettre les passions.

VI : Si vous avez l’intention de poursuivre l’étude de la Franc-Maçonnerie et d’en tirer des résultats bénéfiques, il est indispensable que vous fréquentiez régulièrement la Loge. C’est votre apprentissage et sans cela, vous ne deviendrez jamais un Franc-Maçon brillant. Il n’existe pas de voie royale vers la science.

VII : Une Loge ne doit pas être comprise simplement comme un lieu où les Francs-Maçons se réunissent pour traiter des affaires, mais comme l’ensemble de ses membres. Ce dernier est, à proprement parler, la Loge ; la première n’est que la salle de la Loge.

VIII. Un homme incompétent dans la Loge est comme un faucon en vol, d’où tous les oiseaux inférieurs s’empressent de s’échapper et le laissent seul locataire du ciel. De la même manière, un tel Maître fera déserter la Loge par ses meilleurs membres et la laissera seul dans sa gloire.

IX : Si vous avez l’intention de vous rendre à votre Loge, soyez-y à l’heure indiquée dans la convocation. Quiconque est en retard dérange les Frères et interrompt les affaires de la Loge.

X : Une fois assis, rappelez-vous votre situation. Si vous êtes Officier, faites votre devoir et rien de plus. Si vous êtes simplement Frère, votre tâche est d’écouter et non de parler. Une intervention officieuse est inconvenante chez un Franc-Maçon : elle peut faire du mal et ne peut en aucun cas être productive de bien.

XI : Soyez toujours obéissant à la Chaire. L’obéissance est une vertu de la plus haute importance pour votre propre caractère de Maçon et pour le bien-être général de la Loge. Sans obéissance, la Sagesse serait inopérante, la Force perdrait son pouvoir et la Beauté sa grâce ; et la confusion et la discorde banniraient bientôt les occupants de la terre sainte.

XII : Ne vous laissez jamais entraîner, par hasard ou par persuasion, dans un parti hostile aux Officiers en charge de la Loge. Si vous le faites, vous serez un homme à abattre et vos progrès dans la Maçonnerie seront rendus douteux, voire totalement empêchés.

XIII. Pendant la période où des affaires sérieuses occupent l’attention des Frères, vous ne devez pas quitter votre siège, ni engager la conversation avec vos voisins, même à voix basse ; vous ne devez pas non plus déplacer la chaise ou le banc sur lequel vous êtes assis, ni faire aucun autre bruit qui puisse déranger le Maître ou ses Officiers dans l’exécution ordonnée de leurs devoirs respectifs. Le silence est la principale caractéristique d’une Loge bien organisée. J’ai connu de nombreuses bonnes Loges gâtées par manque d’attention à ces détails insignifiants.

XXV : Ne discutez jamais avec un cowan. Comme la vipère sourde, il se bouchera les oreilles et refusera d’entendre la voix du charmeur, même s’il charme avec autant de sagesse. Peu importe la clarté de vos faits ou la force de vos arguments, il prêtera toujours une oreille incrédule à votre raisonnement. Même si vous criez avec anxiété : « Oh, Baal, écoute-nous », et même si vous vous coupez avec des couteaux et des lancettes pour attirer son attention, il n’y aura ni voix ni réponse, ni personne qui vous écoute. Vous pouvez tout aussi bien essayer d’éteindre le soleil en le bombardant de boules de neige ou de couper des rochers en morceaux avec un rasoir, que de faire une impression bienveillante sur l’esprit d’un cowan déclaré.

XXVI : Quelle est la raison pour laquelle le Fr. ____ fait si peu de progrès dans la Franc-Maçonnerie ? L’indolence. Pourquoi le Fr. ____ n’a-t-il pas réussi à se forger une bonne réputation en tant que Maître de sa Loge ? Parce qu’il n’était pas un homme travailleur. Vous demandez-vous pourquoi le Fr. ____ n’a jamais atteint le Second Degré ? Je réponds qu’il était par nature paresseux. L’indolence est la mère prolifique de nombreux autres vices. On peut vaincre les mauvaises habitudes, réformer l’égoïsme et maîtriser les passions, mais l’indolence est rarement, voire jamais, vaincue.

XXX. Le silence, le secret et le calme sont les signes distinctifs d’un véritable franc-maçon. Si vous entendez quelqu’un se vanter sans cesse de ses connaissances, vous pouvez le prendre pour un bavard vide. Le bruit n’est pas la sagesse. Ceux qui proclament ostensiblement leurs propres mérites peuvent jouir pendant un temps de la satisfaction de la tromperie, mais à la fin, leurs prétentions sont sûres d’être démasquées.

XXXII. Entendez-vous un homme se vanter de ses capacités, de ses réalisations, de sa dignité ou de sa position sociale ? Ne lui confiez pas vos secrets.

XXXIV. Quand vous êtes dans la Loge, prenez garde aux querelles, frères. La vérité est pour eux aussi peu importante que l’amour fraternel. Ils se disputeront aussi librement contre la vérité que contre l’erreur ; vaincus ou victorieux, ils continueront à argumenter et à se quereller, à poser des questions et à disputer jusqu’à ce qu’ils aient banni de la Loge tous les frères sensés.

LVII. Combien de disputes naissent de vétilles ! Et combien seraient-elles diminuées si chacun se posait délibérément cette question : vaut-il mieux sacrifier un point qui n’a aucune valeur, ou perdre un ami plus précieux que des rubis ?

LIX : Avant de déclarer un homme bon franc-maçon, laissez-le passer la Chaire. C’est l’épreuve qui révélera infailliblement à la fois ses vertus et ses défauts, son imbécillité mentale et sa force morale. S’il passe avec succès son année d’apparente honneur, mais de véritable épreuve, il aura noblement mérité le caractère d’un franc-maçon digne et intelligent.

LXII : Quand un cowan critique la science, ne lui répondez pas, mais écoutez attentivement ses paroles. Elles peuvent peut-être vous rappeler quelque point, partie ou secret qui vous a échappé, car les châtiments du cowan ne sont pas sans utilité et sans bénéfice : « Comme le crapaud, laid et venimeux, qui porte un joyau précieux sur sa tête. »

LXV : Estimez le frère qui prend plaisir aux actes de charité et n’en parle jamais ; accueillez-le dans votre sein et chérissez-le comme un honneur pour la maçonnerie et un honneur pour l’humanité.

LXIX : Soyez très prudents dans le choix des candidats à l’initiation que vous recommandez ; un faux pas sur ce point peut être fatal. Si vous présentez une personne querelleuse, il en résultera une confusion qui peut aboutir à la dissolution de la Loge. Si vous avez une bonne Loge, veillez à ce qu’elle soit choisie. Un grand nombre de personnes n’est pas toujours bénéfique.

LXXI : C’est un Frère sage que celui qui sait conclure un discours quand il a dit tout ce qui est pertinent au sujet.

XCIII : Le grand secret pour améliorer la mémoire réside dans l’exercice, la pratique et le travail. Rien n’est autant amélioré par les soins, ni autant endommagé par la négligence, que la mémoire.

XCVII : De même que la Loge s’ouvre au lever du soleil, au nom de TGAOTU, et se ferme à son coucher dans la paix, l’harmonie et l’amour fraternel, de même, si vous avez quelque animosité contre un Frère Maçon, ne laissez pas le soleil se coucher à l’Ouest sans être témoin de votre réconciliation. Des explications précoces préviennent les inimitiés de longue durée.

Connaissez-vous la « Théière de Russell » ?

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En 1952, le philosophe britannique Bertrand Russell introduit une idée qui allait marquer l’histoire de la pensée critique : la Théière de Russell, parfois appelée théière céleste. Cette analogie astucieuse met en lumière un débat central sur la charge de la preuve dans les croyances religieuses. En déclarant que c’est aux croyants de prouver leurs affirmations, et non aux sceptiques de démontrer leur fausseté, Russell frappe fort.

Une théière au cœur du cosmos

Bertrand Russell

Imaginez une théière minuscule, trop petite pour être détectée par les plus puissants télescopes, orbitant entre la Terre et Mars. Russell suggère que croire en l’existence d’une telle théière simplement parce que son inexistence ne peut être prouvée est absurde. Il en fait une illustration du rasoir d’Ockham, ce principe philosophique qui encourage à privilégier les explications les plus simples, sans multiplier les hypothèses inutiles.

Cette analogie n’est pas un simple jeu d’esprit : elle expose l’absurdité d’accorder crédit à une croyance dépourvue de preuves solides. Elle sert également de critique aux systèmes religieux qui demandent une foi aveugle tout en exemptant leurs dogmes de l’examen rationnel.

Une portée qui dépasse Russell

Si la Théière de Russell trouve son origine dans l’article inédit Is There a God?, rédigé en 1952, elle s’inscrit dans une tradition plus large de critique religieuse. On trouve des arguments similaires dès le XVIIIe siècle, notamment dans le testament de Jean Meslier, prêtre et philosophe français devenu athée.

Jeune fille vierge et licorne
Jeune fille vierge et licorne

La théière a également inspiré des mouvements parodiques comme le Pastafarisme et la fameuse Licorne rose invisible. Ces derniers, sous un couvert humoristique, pointent les incohérences des croyances dogmatiques en proposant des entités tout aussi invérifiables mais manifestement absurdes.

Richard Dawkins et l’héritage contemporain

Richard Dawkins

Le biologiste et militant athée Richard Dawkins a largement popularisé l’idée de la Théière de Russell dans ses œuvres, notamment dans Pour en finir avec Dieu et A Devil’s Chaplain. Lors d’une conférence TED en 2002, Dawkins illustre la puissance de l’analogie en expliquant que la liste des choses improbables (licornes, souris invisibles, théières) est infinie, et qu’il incombe à ceux qui y croient d’en fournir les preuves.

Dans son argumentaire, Dawkins va plus loin : il critique la manière dont les religions organisées utilisent leur influence pour s’imposer, souvent au détriment de la liberté de pensée. Contrairement à une croyance inoffensive en une théière céleste, les religions structurées sont puissantes, exemptées d’impôts, et imposent leurs dogmes dès l’enfance.

Argumentation hostile à la théorie de Russell

Une métaphore culturelle

Au-delà du débat philosophique, la Théière de Russell a trouvé sa place dans la culture populaire. Le groupe de rock psychédélique Gong fait référence à l’idée avec son album Flying Teapot, tandis que des artistes et écrivains continuent d’explorer cette métaphore dans des œuvres variées.

Un rappel à la raison

La Théière de Russell reste une métaphore puissante et intemporelle, utilisée pour rappeler l’importance du scepticisme et de la rationalité face aux affirmations extraordinaires. À une époque où les croyances sans fondement continuent de façonner des sociétés entières, cet humble objet imaginaire orbitant entre Mars et la Terre continue de nous interpeller.

Que l’on soit croyant, agnostique ou athée, cette analogie nous invite à réfléchir à ce que signifie réellement « croire » et à la responsabilité de justifier nos convictions.

La théière dans le débat philosophique moderne

Argumentation favorable à la théorie de Russell

Aujourd’hui, la Théière de Russell n’a rien perdu de sa pertinence. Dans un monde où les croyances religieuses et spirituelles coexistent avec des avancées scientifiques spectaculaires, elle sert de point d’ancrage pour des discussions sur l’épistémologie et la charge de la preuve. Les philosophes contemporains, comme Daniel Dennett et Sam Harris, reprennent des thèmes similaires pour aborder les tensions entre foi et raison.

La théière permet de poser des questions fondamentales :

  • Qu’est-ce qu’une preuve suffisante ?
  • Quelles croyances méritent d’être acceptées ou rejetées ?
  • Quel est le rôle de la science et de la raison dans un monde où les convictions personnelles influencent souvent les politiques publiques ?

Ces interrogations transcendent le cadre religieux. La Théière de Russell est aujourd’hui utilisée dans des discussions sur les théories complotistes, les pseudo-sciences, et les croyances populaires infondées, des antivaccins aux platistes. Dans chacun de ces cas, la même problématique apparaît : la nécessité de demander des preuves tangibles avant d’adhérer à une idée, aussi séduisante soit-elle.

Un outil pédagogique

L’analogie de la Théière est également devenue un outil pédagogique dans les salles de classe et les débats publics. Elle illustre de manière simple et engageante des concepts complexes liés à la logique et à la pensée critique. Les éducateurs utilisent cette métaphore pour initier les étudiants au scepticisme méthodologique, qui consiste à douter systématiquement des affirmations jusqu’à ce qu’elles soient démontrées.

Les enfants, souvent attirés par des images mentales évocatrices, trouvent dans la Théière un moyen amusant et accessible de comprendre pourquoi certaines idées ne doivent pas être acceptées sans questionnement.

La Théière au-delà de la religion

L’intérêt de la Théière de Russell dépasse la sphère religieuse. Elle touche à des questions universelles sur la manière dont nous construisons notre vision du monde. Dans un contexte marqué par les crises écologiques, les conflits sociaux et les progrès technologiques, l’analogie nous pousse à évaluer rationnellement les solutions proposées, tout en restant vigilants face aux promesses infondées.

Par exemple, lorsqu’on débat de sujets comme l’intelligence artificielle ou la colonisation de l’espace, des affirmations grandioses sur le potentiel de ces technologies doivent être confrontées à des preuves mesurables et non à de simples spéculations.

Une philosophie pour un monde en quête de vérité

À l’heure où l’information est abondante mais souvent biaisée, la Théière de Russell agit comme un phare pour ceux qui cherchent la vérité. Elle rappelle que la crédulité peut être coûteuse, tant au niveau individuel qu’à l’échelle sociétale.

Dans un environnement médiatique saturé de fausses nouvelles et de manipulations, l’analogie incite à rester critique, à poser des questions, et à exiger des preuves solides avant d’accepter ou de propager une idée. Elle rappelle également que le scepticisme n’est pas synonyme de négativité, mais d’un profond respect pour la raison et la connaissance.

La Théière de Russell, un héritage vivant

Vue de la Lumière du fond du puits
Vue de la Lumière du fond du puits

En définitive, la Théière de Russell est bien plus qu’une simple anecdote philosophique. Elle est un symbole intemporel de la lutte pour une pensée claire et rationnelle dans un monde souvent dominé par l’émotion et l’irrationalité.

Elle nous pousse à cultiver un équilibre entre curiosité et rigueur, entre ouverture d’esprit et esprit critique. Que ce soit dans le domaine de la religion, de la politique, de la science ou même de la vie quotidienne, ce petit objet imaginaire orbitant dans le cosmos continue de faire réfléchir et de guider ceux qui cherchent à naviguer dans un univers complexe et fascinant.

Ainsi, la Théière de Russell n’est pas seulement une métaphore. Elle est un appel à la vigilance intellectuelle et une invitation à embrasser la quête éternelle de la vérité.

Et, dans ce voyage, elle nous rappelle que le doute, loin d’être une faiblesse, est souvent la première étape vers la compréhension.

Le Grand Architecte de l’Univers : Une symbolique universelle entre spiritualité et philosophie

L’expression « Grand Architecte de l’Univers » évoque une figure métaphorique associée à l’ordre, l’harmonie et l’intelligence supérieure qui régiraient l’univers. Employée couramment dans la franc-maçonnerie et le compagnonnage, cette notion dépasse largement le cadre de ces institutions. Elle trouve ses racines dans la philosophie, la théologie et les courants spirituels qui ont marqué l’histoire de la pensée humaine.

Origines historiques et philosophiques

Le concept remonte à l’Antiquité, où des penseurs comme Cicéron évoquaient une divinité régissant l’univers avec la précision d’un architecte ou d’un horloger. Cette idée traverse les époques et s’affirme au XVIIe siècle grâce à des figures comme Jean Calvin, qui qualifie Dieu de « Grand Architecte » dans ses écrits théologiques.

Au siècle des Lumières, des philosophes tels que Leibniz renforcent cette image en y associant des principes rationnels. Selon lui, Dieu aurait créé un monde basé sur « le meilleur plan possible », incarnant ainsi l’équilibre parfait entre raison et foi. Ces idées influencent profondément la pensée occidentale, marquant l’imaginaire collectif d’une conception ordonnée et logique de l’univers.

Le Grand Architecte dans la franc-maçonnerie

Bien que non maçonnique à l’origine, cette métaphore trouve un écho puissant au sein des loges maçonniques. Les premières références explicites apparaissent dans les Constitutions d’Anderson de 1723, qui décrivent Adam comme un « reflet de l’image de Dieu, le grand Architecte de l’Univers ».

Dans un contexte où la franc-maçonnerie s’ouvrait progressivement aux déistes et aux théistes de diverses confessions, cette expression a servi de dénominateur commun. Plus neutre que le mot « Dieu », elle convenait aussi bien aux chrétiens qu’aux croyants d’autres traditions spirituelles.

Toutefois, à partir du XIXe siècle, l’évolution des sensibilités religieuses au sein des loges a conduit à des divergences. En France et en Belgique, certaines obédiences ont abandonné cette référence pour inclure des athées, créant une fracture avec les loges anglo-saxonnes plus conservatrices.

Interprétations modernes et alternatives

Dans des courants ésotériques comme l’hermétisme, le « Grand Architecte » est vu comme une allégorie du potentiel divin inhérent à chaque individu. Mary Anna Slipper, auteure mystique, décrit cette entité comme une force invisible connue sous divers noms : Esprit, Nature ou Intelligence universelle.

Le gnosticisme, quant à lui, offre une perspective différente : il associe le « Grand Architecte » au démiurge, une entité créatrice imparfaite en opposition au Dieu transcendant de la Gnose.

Une métaphore intemporelle

En fin de compte, le « Grand Architecte de l’Univers » transcende les frontières entre religion, philosophie et spiritualité. Il représente une quête commune de compréhension de l’ordre cosmique et de la place de l’humanité dans cet ensemble.

Dans un monde de plus en plus marqué par les avancées scientifiques et technologiques, cette notion continue d’offrir un cadre symbolique puissant, permettant à la fois de concilier rationalité et transcendance. Au-delà des loges maçonniques, elle demeure une invitation à méditer sur la complexité et la beauté de l’univers.

Le Grand Architecte à l’ère contemporaine

L’idée du Grand Architecte de l’Univers n’a pas perdu sa pertinence, même dans un monde où la science et la technologie dominent. Au contraire, elle s’intègre aux débats actuels sur la relation entre spiritualité et connaissance scientifique.

Dans un contexte où la cosmologie moderne explore les origines de l’univers, où les lois physiques semblent refléter une organisation sous-jacente et où les technologies d’intelligence artificielle nous rapprochent de la compréhension des mécanismes de la pensée, la métaphore du Grand Architecte conserve une puissance symbolique.

Les avancées scientifiques, notamment en physique quantique et en astronomie, interrogent la possibilité d’un ordre préétabli. Des scientifiques comme Albert Einstein ont eux-mêmes évoqué un « ordre cosmique », et des débats persistent autour de la compatibilité entre foi et raison. Le Grand Architecte peut ainsi être vu comme un pont entre ces deux mondes, rappelant que la quête de sens transcende les disciplines.

Un symbole fédérateur et inclusif

Création du Soleil et de la Lune par Michel-Ange, détail du visage de Dieu.

En franc-maçonnerie, l’idée du Grand Architecte a permis de rassembler des individus aux croyances variées. En tant que symbole neutre, il incarne une volonté de dépasser les dogmes pour s’unir autour de principes universels comme la fraternité, la liberté de conscience et la quête de vérité.

Cependant, cette même neutralité a aussi été source de tensions. Certaines obédiences, notamment en Europe continentale, ont souhaité élargir l’inclusivité en accueillant des membres athées, remettant en question la centralité de cette notion. Pour d’autres, comme les loges anglo-saxonnes, l’invocation du Grand Architecte reste une pierre angulaire, symbolisant une croyance fondamentale en une intelligence supérieure.

Le Grand Architecte dans la société actuelle

Dans un monde marqué par la pluralité des croyances et la montée des spiritualités individuelles, la notion du Grand Architecte résonne au-delà des cercles maçonniques. Elle sert de métaphore universelle pour évoquer l’ordre, la responsabilité collective et le respect des lois naturelles.

Elle invite également à une réflexion sur notre rôle dans l’univers. Sommes-nous simplement des observateurs d’un ordre préétabli, ou avons-nous une responsabilité active en tant que « co-architectes » de notre avenir ? Cette question prend un relief particulier dans un contexte de crises environnementales et sociales, où la survie même de l’humanité dépend de sa capacité à construire un monde harmonieux.

Un dialogue entre tradition et modernité

La notion du Grand Architecte de l’Univers est donc bien plus qu’une référence historique ou maçonnique. Elle incarne une vision intemporelle, un appel à la transcendance et à la réflexion collective sur les mystères de l’existence.

Alors que l’humanité se projette dans l’avenir, explorant des horizons tels que la colonisation spatiale ou les limites de l’intelligence artificielle, le Grand Architecte reste une métaphore vivante, rappelant que, dans chaque quête, nous sommes guidés par des questions fondamentales : d’où venons-nous, où allons-nous et quel rôle jouons-nous dans l’édifice universel ?

En cela, le Grand Architecte demeure un symbole d’unité dans la diversité, reliant les traditions du passé aux aspirations futures de l’humanité.

Le Grand Architecte et les défis de l’avenir

Alors que l’humanité entre dans une ère de transformations accélérées, la notion du Grand Architecte de l’Univers s’ouvre à de nouvelles interprétations, particulièrement face aux enjeux éthiques, technologiques et environnementaux qui redéfinissent notre époque.

Dans un contexte où l’intelligence artificielle, l’exploration spatiale et les biotechnologies repoussent les limites de ce que nous considérons comme possible, l’idée d’un ordre universel devient un point d’ancrage philosophique. Les défis contemporains — qu’ils soient liés à la durabilité de la planète ou aux implications des innovations scientifiques — amènent à réfléchir non seulement sur la structure de l’univers, mais aussi sur notre rôle en tant qu’humanité capable de modifier cet ordre.

La responsabilité des « co-architectes »

Si le Grand Architecte est traditionnellement perçu comme une entité suprême qui organise et maintient l’univers, l’humanité elle-même pourrait être vue comme un « apprenti architecte ». Grâce aux avancées technologiques, nous avons acquis un pouvoir immense sur notre environnement. Mais ce pouvoir implique aussi une responsabilité.

Par exemple, l’impact humain sur les écosystèmes planétaires a donné naissance à des débats éthiques autour de notre rôle dans la préservation ou la restauration de cet ordre naturel. Dans le domaine de la franc-maçonnerie, cette réflexion rejoint la quête d’harmonie universelle, souvent représentée par des symboles tels que le compas et l’équerre, qui incitent à équilibrer la créativité humaine avec des principes universels d’éthique et de justice.

Une symbolique pour transcender les divisions

La notion du Grand Architecte joue également un rôle unificateur dans un monde de plus en plus fragmenté. Face aux conflits idéologiques, religieux et sociaux, ce concept peut servir de langage commun, encourageant un dialogue au-delà des dogmes.

Dans les loges maçonniques, cette idée favorise l’inclusion, permettant aux membres de diverses croyances de trouver un terrain d’entente. Hors du cadre maçonnique, elle pourrait inspirer des approches plus universelles pour aborder les grandes questions globales, qu’il s’agisse de justice sociale, de paix ou de coexistence multiculturelle.

L’avenir spirituel de la symbolique

À mesure que l’humanité explore des questions plus complexes sur l’origine de la vie et la nature de la conscience, la métaphore du Grand Architecte peut évoluer pour inclure des dimensions scientifiques et métaphysiques. Certaines théories modernes, comme celles portant sur le multivers ou la simulation informatique, font écho à la recherche d’un ordre supérieur ou d’un « programmeur cosmique ». Ces réflexions contemporaines, bien que souvent déconnectées de la religion traditionnelle, rejoignent les préoccupations séculaires sur la finalité et la structure de l’univers.

Conclusion : une métaphore intemporelle et dynamique

Le Grand Architecte de l’Univers est plus qu’un simple concept issu de la théologie ou de la franc-maçonnerie : il est une métaphore vivante qui évolue avec les époques. Il relie les anciens mythes à la science moderne, les philosophies de l’Antiquité à la spiritualité contemporaine.

En tant qu’outil de réflexion, il nous rappelle que l’humanité fait partie d’un tout plus vaste, mais qu’elle a aussi le pouvoir et la responsabilité d’agir pour maintenir un équilibre harmonieux. Que ce soit dans les loges maçonniques ou dans la société au sens large, le Grand Architecte continue d’inspirer une quête commune de sens, d’ordre et d’éthique universelle, en guidant l’humanité vers la construction d’un monde plus éclairé et solidaire.

L’Intelligence Artificielle va t’elle faire disparaître le GADLU ?

AFLP N°34 - Août 2024/Image générée par Intelligence Artificielle (IA)
AFLP N°34 – Août 2024/Image générée par Intelligence Artificielle (IA)

La question de savoir si l’intelligence artificielle (IA) pourra démontrer la non-existence du Grand Architecte de l’Univers (GADLU) soulève des réflexions complexes à la croisée de la philosophie, de la théologie et de la science. Pour répondre, il est nécessaire de considérer plusieurs aspects fondamentaux liés à la nature de l’IA et à la nature même du GADLU en tant que concept métaphysique.


1. Les limites de l’IA dans les questions métaphysiques

L’IA est un outil conçu pour traiter des informations, repérer des patterns, et résoudre des problèmes à partir de données disponibles. Elle excelle dans les domaines où les phénomènes sont observables, mesurables et explicables par des règles logiques ou mathématiques. En revanche, des concepts métaphysiques comme le GADLU relèvent par nature de croyances, de symbolismes et de spéculations philosophiques, qui échappent à toute démonstration empirique.

Le GADLU, souvent perçu comme une métaphore ou un symbole représentant un ordre universel, ne se limite pas à une entité mesurable ou définissable. Son existence, ou sa non-existence, ne peut être prouvée ou réfutée par des moyens purement rationnels, car il s’agit d’un concept transcendant qui dépasse le cadre des données empiriques sur lesquelles l’IA s’appuie.


2. Science, foi et IA

La science, qu’elle soit menée par des humains ou soutenue par des IA, est basée sur la validation ou la réfutation d’hypothèses à partir d’observations. Cependant, la non-existence du GADLU, tout comme son existence, ne peut être prouvée scientifiquement car cela impliquerait de démontrer l’absence d’une intelligence ou d’un ordre dans tout l’univers – une tâche impossible à accomplir. Cela rejoint le célèbre adage selon lequel l’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence.

Historiquement, la science et la spiritualité ont souvent coexisté comme deux approches complémentaires de la compréhension du monde. L’IA pourrait approfondir notre compréhension de l’univers, mais cela n’exclura pas nécessairement l’idée du GADLU, qui repose sur une perception symbolique ou spirituelle du cosmos.


3. Une nouvelle approche philosophique grâce à l’IA

La foi
Religion – La Foi

Si l’IA ne peut pas démontrer la non-existence du GADLU, elle pourrait cependant influencer les débats philosophiques et spirituels :

  • Analyse de textes religieux et philosophiques : En étudiant des milliers d’années de pensée humaine, l’IA peut fournir de nouvelles interprétations ou établir des liens inédits entre des concepts spirituels et scientifiques.
  • Exploration des lois de l’univers : Les avancées en physique ou en cosmologie, soutenues par l’IA, peuvent enrichir notre compréhension des mécanismes de l’univers. Cela pourrait renforcer l’idée d’un ordre (associé au GADLU) ou, au contraire, mettre en avant l’absence d’intelligence consciente dans la structure cosmique.
  • Débat sur la conscience : Si l’IA parvient à développer une forme de conscience (ou de simulation convaincante de la conscience), cela pourrait réorienter les réflexions sur la nature même de l’intelligence supérieure associée au GADLU.

4. Le rôle du GADLU comme symbole

Il est essentiel de rappeler que le GADLU, dans son utilisation maçonnique et philosophique, est souvent une métaphore pour désigner un ordre universel, une quête de sens ou un idéal d’harmonie. Cette symbolique ne dépend pas d’une preuve objective de son existence. En ce sens, même si l’IA réfutait l’idée d’un créateur ou d’une intelligence supérieure derrière l’univers, cela ne diminuerait pas la valeur du GADLU en tant que symbole spirituel et philosophique.


Conclusion : une question ouverte

Delta lumineux
Delta lumineux

L’IA ne pourra probablement pas démontrer la non-existence du GADLU, car ce dernier appartient au domaine de la transcendance, au-delà des limites de la science et de la logique formelle. En revanche, l’IA pourrait enrichir les débats autour de cette notion, en offrant de nouvelles perspectives sur l’univers, la conscience et la spiritualité.

Le GADLU, qu’il soit perçu comme un être, un symbole ou une métaphore, continuera de susciter des réflexions profondes sur notre rapport au cosmos, notre quête de sens et les mystères qui nous entourent – des questions que même les machines les plus avancées ne pourront pas totalement résoudre.

« L’Homme qui voulut être roi » : sur la route des Indes perdues avec Kipling… (Par Philippe Tomblaine)

Du site bdzoom.com – Par Philippe Tomblaine

Dans l’Inde de la fin du XIXesiècle, Daniel Dravot et Peachy Carnehan – deux anciens militaires britanniques devenus des aventuriers peu scrupuleux – ambitionnent de réaliser un rêve fou : régner sur le légendaire pays du Kafiristan, où aucun Européen n’a encore osé mettre le pied !

Quête insensée, mégalomanie et symboles franc-maçonniques avaient nourri la nouvelle de Rudyard Kipling (1888), puis le film de John Huston (1975) : Jean-Christophe Derrien et Rémi Torregrossa s’emparent à leur tour de ce mémorable périple au bout du monde, fable amère mettant tragiquement en lumière l’orgueilleuse amitié et la folie humaine.

Carte de l’Inde britannique en 1880.
Une histoire de rencontres (planches 1 à 3 – Glénat 2023).

Avec cette nouvelle publiée en 1888, Rudyard Kipling rendait compte de deux réalités. D’une part, celle d’un empire britannique alors à son apogée : près de 33 millions de km 2… gardés par une armée aux effectifs réduits. En Inde, 200 millions d’habitants furent ainsi contrôlés par (seulement) 50 000 soldats. Après la révolte des Cipayes en 1858, les Indes furent supervisées par le Raj (royaume) britannique, un régime colonial regroupant des provinces sous administration directe et des états princiers sous souveraineté : un monde propice à susciter tous les imaginaires et toutes les aventures… D’autre part, Kipling, en fin observateur devenu à la fois narrateur et personnage de sa nouvelle, rendait compte d’une expérience très personnelle. Plus précisément, initié à la franc-maçonnerie dans la ville indienne de Lahore en 1886, l’auteur décrit – une fois n’est pas coutume – les dérives pitoyables liées aux rêves de grandeur démesurés. Soit, à l’inverse des parcours éclairés de Mowgli (« Le Livre de la jungle », 1894) et de Kimball O’Hara (« Kim », 1901), eux-mêmes à comprendre à l’aune des sages préceptes francs-maçons, l’aventure par l’absurde selon Dravot et Carnehan : deux antihéros chargés d’introduire les lecteurs en terre inconnue… En confondant rêves, croyances, crédulité populaire, amour et dessein personnel.

Recherches pour les personnages principaux.

Tricheurs, grandes gueules, téméraires, hâbleurs, mais aussi héroïques que pathétiques, Daniel Dravot et Peachy Carnehan auront été impeccablement incarnés par Sean Connery et Michael Caine dans le film à succès réalisé en 1975 par John Huston. L’histoire et la couverture du présent album jouent de ces références, en s’éloignant cependant volontairement du physique des deux acteurs britannique. Rémi Torregrossa demeure ainsi plus fidèle aux descriptions des personnages effectuées par Kipling. Sur le visuel de couverture, passant sur un pont en cordes, littéralement d’un monde à l’autre, au-delà de grandes falaises escarpées, nos deux protagonistes semblent inconscients des menaces alentours : la hauteur et donc la chute annoncée, l’ailleurs et donc l’inconnu (potentiellement menaçant), le décor d’arrière-plan digne d’un incertain Eldorado, avec toute la démesure que l’on peut associer à ce nom. Jusqu’au titre, cerné de nuages noirs, qui semblera peser sur ces âmes isolées telle une lourde épée de Damoclès : « qui voulut » n’est pas vraiment un gage assuré de réussite…

Affiche française pour le film de J. Huston (1975 – design par Tom Jung).
Michael Caine et Sean Connery, les hommes qui voulaient être heureux.

En relisant aujourd’hui l’œuvre de Kipling, le lecteur se souviendra-t-il que le Kafiristan (terre des infidèles, en persan), loin d’être une contrée imaginaire, est une province montagneuse asiatique bien réelle. Difficile d’accès, jadis traversée par Alexandre le Grand et située au sud des vallées de l’Hindou Kouch, la région – rebaptisée Nouristan en 1896 – fait désormais partie du nord-est de l’Afghanistan. Pour écrire sa nouvelle, Kipling s’est très probablement inspiré d’authentiques récits de voyages. Le colonel anglais Alexander Gardner parcouru ainsi ces territoires dans les années 1825/1830, et l’aventurier américain Josiah Harlan (1799-1871), enrôlé comme chirurgien dans l’armée de la Compagnie britannique des Indes orientales, se rendit au Pendjab dans l’intention… de devenir roi. Vers 1840, après s’être mêlé de politique et de faits d’armes locaux, il finit par obtenir le titre de Prince de Ghor, pour lui-même et ses descendants. Autre source d’inspiration potentielle pour Kipling : l’histoire de Sir James Brooke (1803-1868), surnommé le Rajah blanc, qui fonda le Sarawak en 1841, au nord-ouest de l’île de Bornéo. Une histoire qui n’est du reste pas totalement passée inaperçue de Frank Le Gall pour « Théodore Poussin » (voir le tome 5, paru en 1991).

Image du Kafiristan illustrant la « Nouvelle géographie universelle – La Terre et les hommes » (1876). Dessin par T. Taylor.
Sir James Brooke (1847) par Francis Grant.

Également appuyée sur les symboles et rites de la franc-maçonnerie, comme on peut le deviner en couverture de cet album, l’aventure est préfacée par un fameux initié : Didier Convard (voir notre article consacré à « L’Épopée de la franc-maçonnerie »). Au fil des planches, enrichies d’un luxe de détails, le charme de cette adaptation opère. Tout juste leur version de « 1984 » achevée, les auteurs redonnent à Kipling (incarné par Christopher Plummer dans le film de Huston) sa posture omnisciente. Comme l’indique Jean-Christophe Derrien, « La situation du commentateur, qui interrompait de temps en temps le récit, plaisait beaucoup à notre éditeur. Pour moi, « Kipling » est à la fois raisonnable, sidéré par les évènements vécus par nos « héros », mais quelque part il envie aussi leur audace, leur folie, vu sa propre vie monotone. » Quittant l’Inde en 1889, à l’apogée de sa carrière en 1907 (prix Nobel de littérature), Kipling finira son existence dans le Devon anglais : ses propres idéaux étant brisés par la Première Guerre mondiale. Une autre fable et une autre jungle, amère, sur la conquête du pouvoir, l’ego et la destruction de soi.

Recherches pour la couverture.

Philippe TOMBLAINE

« L’Homme qui voulut être roi » par Rémi Torregrossa et Jean-Christophe Derrien
Éditions Glénat (16,50 €) – EAN : 978-2-344047958
Parution 12 avril 2023

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La précarité dans nos loges : un défi pour la solidarité et la fraternité

La précarité, longtemps perçue comme un phénomène extérieur, s’immisce de plus en plus dans nos loges, frappant sans discrimination. Changement de situation financière, maladie, perte d’emploi, retraite insuffisante : autant de raisons qui placent nos Sœurs face à des difficultés croissantes. Cette réalité, bien qu’elle puisse paraître éloignée pour certaines, concerne potentiellement chacun d’entre nous.

Une solidarité à réinventer

Dans nos loges, l’entraide et la fraternité sont des valeurs fondamentales. Pourtant, il reste parfois difficile de détecter et de soutenir celles qui traversent des périodes de précarité. Certaines Sœurs, par pudeur ou par crainte du jugement, choisissent de quitter la loge sous des prétextes variés plutôt que de demander de l’aide. Cette tendance à l’effacement met en lumière un double défi : reconnaître les situations de précarité et intervenir efficacement, tout en respectant la dignité de chacune.

Le rôle crucial de l’Hospitalière

Dans ce contexte, le rôle de l’Hospitalière s’avère central. Chargée de veiller sur le bien-être des membres de la loge, elle joue un rôle d’écoute et d’accompagnement. Il est essentiel qu’elle dispose des outils nécessaires pour repérer les signaux de détresse et initier un soutien adapté. Cela implique non seulement une sensibilité accrue aux signes de précarité, mais aussi une connaissance approfondie des aides disponibles, tant au sein de la loge qu’à l’extérieur.

Un livret pour guider et agir

Pour répondre à ce besoin, un groupe de travail de la GLFF (Grande Loge Féminine de France) de la région Centre a récemment édité un livret précieux. Ce document recense toutes les aides accessibles au sein des loges, offrant un guide pratique pour soutenir les membres en difficulté. Ce livret détaille les démarches à suivre, les ressources disponibles, et les actions possibles pour renforcer la solidarité en cas de crise.

Ce livret est disponible gratuitement à télécharger à cette adresse (cliquez ici)

Ce type d’initiative est un exemple concret de la mise en pratique des valeurs de la GLFF. En partageant ce livret, les loges peuvent mieux s’organiser pour répondre aux défis croissants liés à la précarité, tout en sensibilisant leurs membres à l’importance de l’entraide active.

Maintenir les liens de fraternité

Pourtant, les solutions matérielles ne suffisent pas à elles seules. L’un des piliers essentiels de nos loges reste la fraternité, cet engagement profond à ne jamais laisser une Sœur dans l’isolement ou le désespoir. Maintenir ces liens nécessite une vigilance collective, mais aussi une culture du dialogue et de l’ouverture.

Il s’agit de normaliser le fait de demander de l’aide, de rappeler que la solidarité n’est pas un poids mais une force, et que nos loges ne sont pas seulement des lieux de réflexion, mais aussi des espaces où chacun peut trouver un soutien, quel que soit le défi qu’il traverse.

Agir ensemble pour un avenir solidaire

Face à une précarité de plus en plus présente, il est temps de renouveler notre engagement envers les valeurs qui font la richesse de nos loges. Développer des outils comme le livret de la région Centre, renforcer le rôle de l’Hospitalière, et sensibiliser les membres à l’importance de l’entraide ne sont que quelques-unes des actions possibles.

Ensemble, en reconnaissant la réalité de la précarité et en agissant avec détermination, nous pouvons non seulement préserver nos loges comme des lieux de fraternité et de soutien, mais aussi démontrer qu’en toutes circonstances, la solidarité reste notre plus grande force.

Prévenir plutôt que guérir : anticiper la précarité

La lutte contre la précarité au sein des loges ne se limite pas à intervenir lorsque les difficultés se manifestent. Il est tout aussi important de mettre en place des actions préventives pour éviter que des situations critiques ne surviennent ou s’aggravent.

Des ateliers et formations sur la gestion des finances

Certaines loges ont commencé à organiser des ateliers sur la gestion des finances personnelles et sur les droits sociaux. Ces sessions permettent à chaque Sœur de mieux comprendre les dispositifs de soutien public, tels que les aides au logement, les allocations ou encore les dispositifs liés à la santé et à la retraite. Ces ateliers ne se limitent pas à un aspect technique, mais ouvrent également des discussions sur la manière de planifier un avenir sécurisé, même face à des incertitudes économiques.

Encourager l’entraide discrète

Deux mains entrelacées pour s'aider
Deux mains entrelacées pour s’aider. Fraternité, entraide.

Pour pallier la réticence de certaines Sœurs à demander de l’aide, des mécanismes d’entraide discrets peuvent être mis en place. Par exemple :

  • Un fonds de solidarité : Alimenté par des contributions volontaires des membres, ce fonds peut être utilisé pour soutenir discrètement les Sœurs en difficulté.
  • Un système de « mentorat » : Jumeler les Sœurs expérimentées avec celles qui pourraient être plus vulnérables, pour offrir une oreille attentive et des conseils pratiques.
  • Des collectes ponctuelles : Organiser des actions collectives, comme la redistribution de vêtements, de produits essentiels ou d’aliments, pour créer une culture d’entraide sans stigmatisation.

La solidarité au-delà des loges

La précarité n’est pas un phénomène isolé aux loges ; elle reflète souvent des enjeux sociaux plus larges. Renforcer les partenariats avec des associations locales et des institutions spécialisées peut offrir une aide plus complète. Par exemple, des partenariats avec des structures comme les Restos du Cœur, des banques alimentaires, ou des organismes spécialisés dans l’aide aux familles monoparentales peuvent élargir le réseau de soutien disponible pour les Sœurs en difficulté.

Créer un environnement inclusif

Il est crucial de créer une culture au sein des loges où la demande d’aide n’est pas perçue comme une faiblesse, mais comme une démarche courageuse. Pour cela :

  • Sensibiliser les membres : Des discussions régulières sur la précarité et ses impacts permettent de briser les tabous et d’encourager la compréhension.
  • Valoriser la fraternité dans les discours : Lors des réunions, mettre en avant des témoignages ou des exemples concrets d’entraide peut encourager celles qui hésitent à se manifester.
  • Offrir des espaces d’écoute : Créer des moments dédiés, où les Sœurs peuvent partager leurs préoccupations en toute confidentialité, renforce la confiance et la sécurité émotionnelle.

Vers une solidarité durable

Enfin, il est essentiel de se rappeler que la lutte contre la précarité n’est pas seulement un impératif ponctuel, mais une démarche continue. Les loges doivent s’engager dans une réflexion à long terme sur la manière de rester inclusives et solidaires face aux évolutions de la société.

En investissant dans des outils pratiques, en valorisant la communication ouverte, et en agissant collectivement, nous pouvons transformer nos loges en modèles de fraternité active. Ainsi, même face à des défis croissants, elles resteront des lieux où chacune peut non seulement réfléchir, mais aussi trouver du soutien, de la force et de l’espoir.

Ensemble, réaffirmons que la fraternité, en action, est la meilleure réponse à toutes les formes de précarité.

Le Dessin de François Morel : « Il est minuit Docteur Schweitzer » 

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Illustration de François Morel – Textes Erwan Le Bihan

Cette semaine, François Morel rend hommage à un « presque maçon », Albert Schweitzer et à son œuvre qui lui valut le Prix Nobel de la Paix en 1952. Et surtout, petit clin d’oeil à : « Il est minuit, docteur Schweitzer » ce film français d’André Haguet, sorti en 1952, puis adapté de la pièce de théâtre éponyme de Gilbert Cesbron, publiée la même année.

En 2001, dans un ouvrage controversé, Les Frères invisibles, portant sur le pouvoir de la franc-maçonnerie en France, les journalistes d’investigation Ghislaine Ottenheimer et Renaud Lecadre décrivent l’influence considérable de la franc-maçonnerie parmi les chefs d’État africains et les hommes d’affaires, également dans le domaine humanitaire, ajoutant qu’Albert Schweitzer en faisait partie, mais ils n’avancent aucune preuve et cela apparaît peu vraisemblable.

Albert Schweitzer, né le 14 janvier 1875 à Kaysersberg (Alsace-Lorraine) et mort le 4 septembre 1965 à Lambaréné (Gabon), est un médecin, pasteur et théologien protestant, philosophe et musicien alsacien. L’hôpital qu’il développe dans la forêt équatoriale au bord de l’Ogooué à partir de 1913 le fait connaître dans le monde entier. En 1952, l’attribution du prix Nobel de la paix lui apporte la consécration et une visibilité médiatique considérable.