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Rituel pour cérémonie funèbre dans une loge de New-York

De notre confrère thesquaremagazine.com – Par John W. Simons – Extrait des pages 345-374 du livre Général Ahiman Rezon, par Daniel E Sickles, [1868]

 Dans l’accomplissement des cérémonies d’une Loge du deuil, il faut comprendre que le rituel, bien que nécessairement de caractère funéraire, diffère essentiellement de l’office d’enterrement des morts. Dans ce dernier cas, nous sommes en présence réelle du défunt, et engagés dans les derniers rites d’affection et de respect pour celui qui a été notre compagnon de vie, et dont nous sommes sur le point de confier la dépouille mortelle au dernier lieu de repos, au milieu des larmes des amis survivants, et sous les influences particulières qui s’attachent aux rites de sépulture [sic] et à l’adieu terrestre final à celui qui, quelques heures auparavant, pouvait répondre à nos questions et échanger avec nous les signes des vivants.

Nous sommes alors appelés à considérer « la pioche, la bêche, le cercueil et la tombe mélancolique », dans toute leur sombre réalité, et à réfléchir que l’heure doit bientôt sonner « où nous aussi serons revêtus des habits de la mort et déposés dans le tombeau sans voix ».

La Loge de la Douleur, au contraire, est destinée à célébrer la mémoire de nos frères disparus ; et tandis que nous nous rappelons ainsi leurs vertus et tempérons à nouveau nos résolutions de vivre de telle sorte que, lorsque nous aurons franchi les portails silencieux, nos souvenirs puissent être chéris avec un souvenir reconnaissant, nous apprenons à considérer la mort d’un point de vue plus élevé ; à y voir la transition sage et nécessaire des épreuves et des imperfections de ce monde, à la vie parfaite pour laquelle notre héros de voyage transitoire a été l’école et la préparation.

Nous apprenons ainsi « que l’âme est l’homme tout entier ; que pour elle naître, c’est en réalité mourir ; que la terre n’est que son lieu d’exil, et le ciel sa patrie ».

Dans la préparation du rituel suivant, on a cherché à symboliser la nécessité inévitable de la mort, la tristesse et le chagrin qui accompagnent le « dernier de la terre » et qui entourent « la maison étroite réservée à tous les vivants », et le fait consolant de l’immortalité de l’âme et de la résurrection à une vie nouvelle et vraie, où le chagrin et les larmes n’ont pas leur place.

Guidés par ces vues dans l’accomplissement de notre tâche, et aidés par l’utilisation de rituels d’Allemagne, de France et d’Angleterre, nous pensons que l’ouvrage maintenant soumis répondra à un besoin ressenti depuis longtemps par les frères des États-Unis, et leur permettra de mener les exercices solennels de telles occasions avec dignité et convenance.

La musique vocale et instrumentale est indispensable au bon déroulement de la cérémonie.

Les frères doivent porter des vêtements sombres et aucun insigne autre que le tablier en peau d’agneau blanche et les gants blancs.

Enfin, nous désirons ajouter qu’il n’y a aucune bonne raison de tenter de garder le secret dans les cérémonies des Loges de Chagrin ; mais que, d’un autre côté, elles peuvent se dérouler dans des églises ou des salles publiques, ou en présence d’amis dans la salle de la loge, au bénéfice de tous les intéressés.

Ceci, cependant, sera nécessairement soumis aux souhaits des frères eux-mêmes.

LOGE DE LA DOULEUR
IMAGE LIÉE : wikimedia Attribution 4.0 International (CC BY 4.0)

LOGE DE LA DOULEUR

PRÉPARATION DE LA SALLE

I. La salle de la Loge doit être convenablement drapée de noir et les différentes stations recouvertes du même emblème de deuil.

II. Sur le piédestal du Maître se trouvent un crâne et une bougie allumée.

III. Au centre de la pièce est placé le catafalque, qui consiste en une plate-forme rectangulaire, longue d’environ six pieds sur quatre de large, sur laquelle se trouvent deux plates-formes plus petites, de manière à représenter trois marches. Sur la troisième, il doit y avoir une élévation de nuit commode, sur laquelle est placée une urne. La plate-forme doit être drapée de noir, et un dais de draperie noire peut être élevé au-dessus de l’urne.

IV. A chaque coin de l’estrade sera placé un chandelier portant un cierge allumé, et près de lui, tourné vers l’Orient, sera assis un frère muni d’un éteignoir dont il s’en servira au moment opportun.

V. Pendant la première partie des cérémonies, les lumières de la salle doivent brûler faiblement.

VI. Des dispositions doivent être prises pour permettre d’augmenter l’intensité de la lumière au moment opportun de la cérémonie.

VII. Sur le catafalque seront déposés une paire de gants blancs, un tablier en peau d’agneau et, si le frère défunt avait été officier, les insignes appropriés à sa fonction.

VIII. Lorsque la Loge est tenue à la mémoire de plusieurs frères, des écussons portant leurs noms sont placés autour du catafalque.

OUVERTURE DE LA LOGE

Les différents officiers étant à leur place et les frères assis, le Maître appellera la Loge et dira :

Maître. Frère Surveillant Principal : Dans quel but sommes-nous réunis ?

Surveillant principal. Pour honorer la mémoire de ces frères que la mort nous a enlevés ; pour contempler notre propre dissolution prochaine ; et, par le souvenir de l’immortalité, pour élever nos âmes au-dessus des considérations de cette existence transitoire.

Maître. Frère Surveillant Junior : Quels sentiments devraient inspirer l’âme des Francs-Maçons dans des occasions comme celle-ci ?

Surveillant subalterne. Un chagrin serein pour l’absence de nos frères qui nous ont précédés ; une profonde sollicitude pour notre propre bien-être éternel, et une foi et une confiance fermes dans la sagesse et la bonté du Grand Architecte de l’Univers.

Maître, Frères, soumettant ces sentiments à votre plus grande considération et invoquant votre aide pour les cérémonies solennelles qui vont avoir lieu, je déclare cette Loge de la Douleur ouverte.

L’aumônier ou le maître offrira ensuite la PRIÈRE suivante ou une autre PRIÈRE appropriée :

GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS, aux yeux de qui les siècles ne sont que des jours, pour qui le passé et le futur ne sont que comme un éternel présent ; regarde tes enfants, qui errent encore parmi les illusions du temps

— qui tremblez encore de terreur de la dissolution et frémissez devant les mystères de l’avenir ; regardez, nous vous en supplions, de votre jour glorieux et éternel dans la nuit obscure de notre erreur et de notre présomption, et permettez qu’un rayon de votre divine lumière pénètre dans nos cœurs, afin qu’en eux puissent s’éveiller et fleurir la certitude de la vie, la confiance en vos promesses et l’assurance d’une place à votre droite.

-AMEN.

Réponse. Ainsi soit-il.

On peut ici chanter l’ODE suivante ou une autre ODE appropriée :

Musique de DE. LOWELL MASON,
arrangée pour quatre voix, par TS NEDHAM.

Frère, tu es parti te reposer ;

  Nous ne pleurerons pas pour toi ;

Car tu es maintenant où souvent sur terre

  Ton esprit désirait ardemment exister.

Frère, tu es parti te reposer ;

  Tes travaux et tes soucis sont terminés ;

Et le chagrin, la douleur et la souffrance, maintenant,

  Je ne t’affligerai jamais davantage.

Frère, tu es parti te reposer ;

  Et ceci sera notre prière,

Que, lorsque nous atteindrons la fin de notre voyage,

  Nous partagerons ta gloire.

Le Maître (prenant le crâne dans sa main) dira alors :

FRÈRES : Au milieu de la vie, nous sommes dans la mort, et les plus sages ne peuvent pas savoir ce que le jour peut apporter. Nous ne vivons que pour voir ceux que nous aimons disparaître dans le pays du silence.

Contemplez cet emblème de la mortalité, autrefois la demeure d’un esprit comme le nôtre : sous ce dais moisi brillait autrefois l’œil brillant et actif ; dans cette caverne creuse jouait autrefois la langue prête, rapide et mélodieuse ; et maintenant, aveugle et muette, elle n’est éloquente que dans les leçons qu’elle nous enseigne.

Pensez à ces frères qui, il y a quelques jours à peine, étaient parmi nous dans toute la fierté et la puissance de la vie ; rappelez-vous de leur sagesse, de leur force et de leur beauté ; puis réfléchissez qu’« ils sont enfin arrivés à ce teint » ; pensez à vous-mêmes, ainsi serez-vous lorsque la lampe de votre brève existence aura brûlé.

Pensez à quel point la mort sera bientôt une réalité pour vous. La vie de l’homme est comme une fleur qui s’épanouit aujourd’hui et qui demain sera fanée, abandonnée et foulée aux pieds.

La plupart d’entre nous, mes frères, approchons rapidement du méridien de la vie ou l’avons déjà dépassé ; notre soleil se couche à l’ouest ; oh ! combien plus rapide est le passage de nos années de déclin que lorsque nous avons commencé notre voyage et que nous avons cru – comme les jeunes sont trop enclins à le croire – que les teintes rosées du soleil levant de notre existence allaient toujours se poursuivre.

Quand nous nous souvenons des jours heureux de notre enfance, quand l’intelligence naissante commençait à exercer ses facultés de pensée, il nous semble que c’était hier et que, par un simple effort de volonté, nous pouvions mettre de côté notre virilité et rechercher à nouveau les caresses affectueuses d’une mère, ou être heureux en possédant un bibelot ; et si nous pouvions maintenant réaliser l’idée que notre dernière heure était arrivée, toute notre vie terrestre ne semblerait que l’espace de temps d’hier à aujourd’hui.

Des siècles et des siècles se sont écoulés derrière nous ; devant nous s’étend une éternité d’années à venir ; et sur l’étroite frontière entre le passé et le présent vacille la petite bougie que nous appelons notre vie.

Lorsque nous sommes venus au monde, nous ne savions rien de ce qui s’était passé avant nous ; mais, en grandissant jusqu’à l’âge adulte, nous avons appris des choses sur le passé ; nous avons vu les fleurs s’épanouir comme elles l’avaient fait pendant des siècles ; nous avons vu les orbes du jour et de la nuit poursuivre leur course sans fin parmi les étoiles, comme ils l’avaient poursuivie depuis la naissance de la lumière ; nous avons appris ce que les hommes avaient pensé, dit et fait, depuis le commencement du monde jusqu’à nos jours ; mais ce n’est qu’à travers l’œil de la foi que nous pouvons voir ce qui doit venir dans l’au-delà, et ce n’est qu’à travers une ferme confiance dans les promesses divines que nous pouvons satisfaire les aspirations d’une âme immortelle.

Le berceau nous parle du souvenir, le cercueil de l’espoir, d’une confiance bénie dans une existence sans fin au-delà des sombres portes du tombeau.

Que ces réflexions nous convainquent combien sont vaines toutes les querelles et toutes les amertumes engendrées par les collisions du monde ; combien peu dignes sont-elles au-dessus des mesquines querelles de fourmis pour un morceau de nourriture ou pour la possession d’un centimètre carré de terre.

Qu’est-ce qui nous survivra ? Espérons que ce ne seront pas les petites querelles, les jalousies, les ardeurs de cœur, les petits triomphes et les avantages mesquins que nous avons obtenus, mais plutôt les nobles pensées, les paroles de vérité, les œuvres de miséricorde et de justice qui ennoblissent et illuminent l’existence de tout homme honnête, si humble soit-il, et qui vivent pour le bien lorsque son corps, comme ce reste de mortalité, moisit dans la poussière de ses parents.

Que les orgueilleux et les vaniteux considèrent avec quelle rapidité sont comblées les lacunes créées dans la société par ceux qui meurent autour d’eux ; et avec quelle rapidité le temps guérit les blessures que la mort inflige au cœur aimant ; et qu’ils apprennent de cela l’humilité, et qu’ils ne sont que des gouttes d’eau dans le grand océan de l’humanité.

Et quand Dieu nous envoie son ange avec le livre de la mort, considérons cela comme un acte de miséricorde, pour éviter de nombreux péchés et de nombreuses calamités d’une vie plus longue ; et posons nos têtes doucement et allons dormir, sans nous disputer comme des enfants rebelles.

Car l’homme obtient au moins ceci par la mort, c’est que ses calamités ne sont pas immortelles.

Supporter le chagrin avec honneur et tempérance, et mourir volontairement et noblement, sont les devoirs d’un homme de bien et d’un vrai maçon.

Un morceau de musique solennel sera maintenant interprété, ou l’ode suivante pourra être chantée :

Musique – Naomi.
DR LOWELL MASON

Quand ceux que nous aimons nous sont enlevés,

Par la main implacable de la mort,

Nos cœurs rendent un triste hommage,

C’est ce que l’amitié doit exiger.

Tandis que la pitié suscite le soupir grandissant,

Avec une puissance terrible, imprégnez-vous ;

Que cette terrible vérité : « Moi aussi je dois mourir »,

S’enfonce profondément dans chaque poitrine.

Que ce monde vain ne vous séduise plus :

Voici le tombeau qui s’ouvre !

Elle nous invite à utiliser l’heure présente ;

Demain, la mort peut survenir.

La voix de cette scène instructive

Que chaque cœur obéisse ;

Que l’avertissement fidèle ne soit pas vain

Qui appelle à veiller et à prier !

À la fin, l’aumônier lira les passages suivants :

Voici, il passe à côté de moi, et je ne le vois pas. Il passe aussi, et je ne l’aperçois pas. Voici, il m’enlève, qui l’en empêchera ?

L’homme né de la femme est de courte durée et rassasié de trouble; il naît comme la fleur et est coupé; il fuit comme une ombre et ne subsiste plus.

Puisque ses jours sont déterminés, que le nombre de ses mois est auprès de toi, tu as fixé des bornes qu’il ne peut dépasser; détourne-toi de lui, afin qu’il se repose, jusqu’à ce qu’il ait accompli, comme un mercenaire, son jour.

Car il y a de l’espoir pour un arbre, même s’il est coupé, qu’il repoussera encore, et que ses tendres branches ne s’épuiseront pas.

Même si sa racine vieillit dans la terre et que son tronc meurt dans le sol, grâce à l’odeur de l’eau, il bourgeonnera et produira des branches comme une plante.

Mais l’homme meurt et se dégrade ; l’homme rend l’âme, et où est-il ? Comme les eaux de la mer se tarissent et le déluge se dessèche, ainsi l’homme se couche et ne se relève plus ; tant que les cieux ne seront plus, il ne se réveillera pas et ne sortira pas de son sommeil.

Mes jours sont passés, mes projets sont brisés, même les pensées de mon cœur. Si j’attends, la tombe est ma maison, j’ai fait mon lit dans l’obscurité.

J’ai dit à la corruption : Tu es mon père. Et maintenant, où est ton espérance ? Et mon espérance, qui la verra ? Ils descendront aux barreaux de la fosse, quand notre repos commun sera dans la poussière.

Mes os sont attachés à ma peau et à ma chair. Oh, si mes paroles étaient maintenant écrites, si elles étaient imprimées dans un livre, si elles étaient gravées pour toujours dans le roc avec un crayon de fer et du plomb !

Car je sais que mon Rédempteur est vivant, et qu’il se lèvera le dernier sur la terre. Et quand ma peau sera détruite par les vers, je verrai Dieu dans ma chair.

Je le verrai moi-même, et mes yeux le verront, et non ceux d’un autre.

Car tu m’as jeté dans l’abîme, au milieu des mers, et tes fleuves m’ont environné ; toutes tes vagues et tous tes flots ont passé sur moi. Alors j’ai dit : Je suis chassé loin de ta face ! Cependant je regarderai encore vers ton saint temple.

Les eaux m’environnaient jusqu’à l’âme, la profondeur m’entourait, les herbes s’enroulaient autour de ma tête.

Je disais : au retranchement de mes jours, j’irai aux portes du séjour des morts ; je suis privé du reste de mes années ; je disais : je ne verrai plus l’Éternel, l’Éternel, sur la terre des vivants ; je ne verrai plus l’homme avec les habitants du monde.

Voici, au lieu d’avoir la paix, j’ai éprouvé beaucoup d’amertume; mais, par amour pour mon âme, tu l’as délivrée de la fosse de la corruption.

Car le tombeau ne peut te louer, la mort ne peut te célébrer ; le vivant, il te louera comme je le fais aujourd’hui.

Mes jours ne sont-ils pas courts ? Arrête donc et laisse-moi tranquille, afin que je puisse me consoler un peu avant de m’en aller d’où je ne reviendrai plus, vers le pays des ténèbres et de l’ombre de la mort.

Un pays de ténèbres, comme les ténèbres elles-mêmes ; et de l’ombre de la mort, sans aucun ordre, et où la lumière est comme les ténèbres.

On observera un moment de profond silence. Les lumières générales de la salle, si cela est possible, seront éteintes et les quatre frères éteindront les cierges près desquels ils sont placés.

PRIÈRE DE L’AUMÔNIER

NOTRE PÈRE QUI ES AUX CIELS, il t’a plu de prendre parmi nous ceux qui étaient nos frères.

Que le temps, en guérissant les blessures ainsi infligées à nos cœurs et à ceux de ceux qui leur étaient proches et chers, n’efface pas les leçons salutaires qui y sont gravées ; mais que ces leçons, toujours distinctes et lisibles, nous rendent, ainsi qu’eux, plus sages et meilleurs.

Et quelle que soit la détresse ou le trouble qui puisse nous arriver par la suite, puissions-nous toujours être consolés par la réflexion que ta sagesse et ton amour sont également infinis, et que nos chagrins ne sont pas les visitations de ta colère, mais le résultat de la grande loi d’harmonie par laquelle tout est conduit à une issue bonne et parfaite dans la plénitude de ton temps.

Que la perte de nos frères augmente notre affection pour ceux qui nous sont encore épargnés et nous rende plus ponctuels dans l’accomplissement des devoirs qu’exigent l’amitié, l’amour et l’honneur.

Quand il s’agit pour nous aussi de mourir, qu’une confiance ferme et durable en ta miséricorde dissipe la tristesse et la crainte de la dissolution.

Sois avec nous maintenant et sanctifie les solennités de cette occasion dans nos cœurs, afin que nous puissions te servir en esprit et en compréhension.

Et à ton nom sera attribuée la louange pour toujours.

-AMEN.

Réponse . Ainsi soit-il.

Les gardiens, les diacres et les intendants s’approcheront maintenant de l’Est et formeront une procession, ainsi :

Qui se déplacera une fois autour du catafalque sur une musique lente et solennelle.

En arrivant à l’Est, le cortège s’arrêtera et s’ouvrira à droite et à gauche.

Le surveillant subalterne s’avancera ensuite vers le catafalque et, y déposant un bouquet de fleurs blanches, dira :

En mémoire de nos frères disparus, je dépose ces fleurs blanches, emblématiques de cette vie pure à laquelle ils ont été appelés, et nous rappelant que, comme ces enfants d’une heure s’affaibliront et s’effaceront, nous suivrons bientôt ceux qui nous ont précédés, et nous incitant à remplir la brève durée de notre existence de manière à laisser à nos survivants une douce saveur de souvenir.

Le surveillant subalterne va maintenant retourner à sa place, et un intervalle de profond silence sera observé.

Le cortège se reformera et se déplacera comme précédemment, au son d’une musique lente, deux fois autour du catafalque.

Ils s’ouvriront comme auparavant, et le Premier Surveillant s’approchant du catafalque déposera dessus une couronne de fleurs blanches et dira :

Comme le soleil se couche à l’ouest, pour clore le jour et annoncer l’approche de la nuit, ainsi, un à un, nous nous couchons dans l’obscurité du tombeau pour attendre dans son calme repos le moment où les cieux passeront comme un parchemin et où l’homme, debout en présence de l’Infini, réalisera le véritable terme de son pèlerinage ici-bas. Que ces fleurs soient pour nous le symbole du souvenir de toutes les vertus de nos frères qui nous ont précédés sur la terre silencieuse, le signe de cette alliance fraternelle qui nous lie sur terre et qui, nous l’espérons, nous unira enfin au ciel.

Le surveillant principal retourne à sa place et un intervalle de silence sera observé.

Le cortège se reformera et fera trois fois le tour du catafalque au son d’une musique lente, comme précédemment.

Arrivé à l’Est, le Maître s’avancera et déposera sur l’urne une couronne de conifères, et dira :

Il est réservé à tous les hommes de mourir une seule fois; après la mort vient la résurrection.

La poussière retournera à la terre et l’esprit à Dieu qui l’a donné. Dans la tombe, tous les hommes sont égaux ; les bonnes actions, les nobles pensées, les sacrifices héroïques survivent seuls et portent leurs fruits dans la vie de ceux qui s’efforcent de les imiter. 

Alors que la nature fera ce qu’elle veut et que nos larmes tomberont sur les tombes de nos frères, rappelons-nous, par le symbole toujours vert de notre foi en la vie immortelle, que les morts ne font que dormir, et soyons réconfortés par la pensée que leurs souvenirs ne seront pas oubliés ; qu’ils seront toujours aimés par ceux qui les suivront bientôt ; que dans nos archives leurs noms sont inscrits et que dans nos cœurs il y a encore une place pour eux.

Et ainsi, confiants dans l’amour infini et dans la tendre miséricorde de Celui sans la connaissance duquel pas même un moineau ne tombe, préparons-nous à les rencontrer là où il n’y a pas de séparation et où avec eux nous jouirons du repos éternel.

Le Maître retournera à sa place, et une période de silence s’installera.

L’aumônier sera maintenant conduit à l’autel, où il lira :

Mais quelqu’un dira : Comment les morts ressuscitent-ils ? Et avec quel corps reviennent-ils ? Insensé, ce que tu sèmes ne reprend pas vie s’il ne meurt ; et ce que tu sèmes, tu ne sèmes pas le corps qui naîtra, mais un simple grain, du blé ou quelque autre grain ; mais Dieu lui donne un corps comme il lui plaît, et à chaque semence son corps propre. 

Toute chair n’est pas la même chair ; mais autre est la chair des hommes, autre celle des bêtes, autre celle des poissons, autre celle des oiseaux.

Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres ; mais autre est la gloire des célestes, et autre la gloire des terrestres.

Autre éclat : il y a un éclat différent du soleil, un autre éclat de la lune, et un autre éclat des étoiles ; car une étoile diffère en éclat d’une autre étoile.

Il en est de même de la résurrection des morts. Il est semé corrompu, il ressuscite incorruptible ; il est semé ignoble, il ressuscite glorieux ; il est semé faible, il ressuscite puissant ; il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel.

Il y a un corps animal et il y a un corps spirituel. C’est pourquoi il est écrit : Le premier homme, Adam, devint une âme vivante, le dernier Adam devint un esprit vivifiant.

Or, ce n’est pas ce qui est spirituel qui vient en premier, mais ce qui est naturel, puis ce qui est spirituel.

Le premier homme est terrestre, il est terrestre ; le second homme est le Seigneur du ciel. Tel est le terrestre, tels sont aussi les terrestres ; et tel est le céleste, tels sont aussi les célestes. Et de même que nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste.

Or, ce que je dis, frères, c’est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu, et que la corruption n’hérite pas l’incorruptibilité.

Voici, je vous dis un mystère: nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés, en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons transformés.

Car il faut que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l’immortalité. Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l’incorruptibilité, et que ce corps mortel aura revêtu l’immortalité, alors s’accomplira la parole qui est écrite: La mort a été engloutie dans la victoire.

Ô mort, où est ton aiguillon ? Ô tombe, où est ta victoire ?

Alors que l’aumônier prononce les derniers mots : « Ô tombe, où est ta victoire ? », les lumières de la salle s’illumineront et les quatre frères assis autour du catafalque rallumeront les cierges.

Le chapelain retournera à sa place en Orient, et l’ode suivante sera chantée, sur une musique d’un caractère plus joyeux :

Musique – Simons.

Un ami après l’autre s’en va :

  Qui n’a pas perdu un ami ?

Il n’y a pas ici d’union des cœurs,

  Cela ne trouve pas ici de fin.

Où ce monde fragile est notre seul repos,

Vivant ou mourant, personne n’a été béni.

Musique suite

Il y a un monde au dessus

  Là où la séparation est inconnue—

Toute une éternité d’amour

  Et la béatitude seule ;

Et la foi voit les mourants ici

Traduit dans cette sphère plus heureuse.

L’orateur prononcera ensuite l’Eloge.

Puis suit une ode :

VIEUX CENT.LM

Une fois de plus, ô Seigneur, que la louange reconnaissante,

De chaque cœur monte vers toi ;

Tu es le gardien de nos jours,

Notre premier, notre meilleur et immuable ami.

Écoutez maintenant notre hymne de louange d’adieu,

Et lie nos cœurs dans l’amour divin ;

Oh, puissions-nous marcher dans les voies de la sagesse,

Et sens toujours que nous sommes à toi.

CLÔTURE

Maître. Frère Premier Surveillant, notre souvenir de nos amis disparus s’est rafraîchi, et nous pouvons maintenant nous demander s’ils étaient des francs-maçons justes et parfaits, des hommes dignes, des travailleurs infatigables dans la vigne, et possédaient suffisamment de vertus pour surmonter leurs défauts et leurs manquements.

Répondez à ces questions, comme les francs-maçons devraient y répondre.

Surveillant principal. L’homme ne juge pas l’homme. Celui dont la miséricorde infinie et tendre dépasse toute compréhension, dont la bonté dure à jamais, a appelé nos frères d’ici. Qu’il juge.

Dans l’Égypte ancienne, personne ne pouvait être admis dans l’asile sacré du tombeau sans avoir passé le jugement le plus solennel devant un tribunal grave.

Princes et paysans venaient y être jugés, escortés seulement de leurs vertus et de leurs vices.

Un accusateur public a raconté l’histoire de leur vie et a jeté la lumière pénétrante de la vérité sur toutes leurs actions.

S’il était jugé que le mort avait mené une mauvaise vie, sa mémoire était condamnée en présence de la nation, et son corps était privé des honneurs de la sépulture.

Mais la Franc-Maçonnerie n’a pas de tel tribunal pour juger ses morts ; avec elle, le bien que ses fils ont fait survit après eux, et le mal est enterré avec leurs os.

Elle exige cependant que tout ce qui est dit à leur sujet soit la vérité ; et s’il arrivait un jour que d’un franc-maçon qui meurt, rien de bon ne puisse être dit honnêtement, elle l’enterrerait tristement et avec pitié, hors de sa vue, en silence.

Maître . Frères, profitons des avertissements de cette occasion solennelle, prenons à cœur les vérités que nous avons entendues et décidons de marcher de telle manière que, lorsque nous nous coucherons pour le dernier sommeil, les frères puissent avoir le privilège de jeter des fleurs blanches sur nos tombes et de garder notre souvenir comme un souvenir agréable.

Frère Surveillant Principal, annoncez aux frères que nos travaux sont maintenant terminés et qu’il me plaît que cette Loge de la Douleur soit fermée.

Surveillant principal .  Frère Surveillant subalterne, les travaux de cette Loge de la Douleur étant terminés, il plaît au Maître qu’elle soit maintenant fermée.

Faites une annonce appropriée aux frères et invitez-les à vous aider.

Surveillant subalterne .  (Appel de la Loge.) Frères, les travaux de cette Loge de la Douleur étant terminés, il plaît au Maître qu’elle soit maintenant fermée.

Maître . Unissons-nous à notre aumônier dans une invocation au Trône de Grâce.

* * * * * * *

Maître . Cette Loge de la Tristesse est désormais fermée.

Daniel Edgar Sickles (20 octobre 1819 – 3 mai 1914) était un homme politique, soldat et diplomate américain.

Né dans une famille riche de New York, Sickles fut impliqué dans de nombreux scandales, notamment l’homicide en 1859 de l’amant de sa femme, le procureur américain Philip Barton Key II, que Sickles a abattu en plein jour sur Lafayette Square, en face de la Maison Blanche.

Il a été acquitté après avoir utilisé la folie temporaire comme défense légale pour la première fois dans l’histoire des États-Unis.

Au début de la guerre civile américaine en 1861, Sickles devint l’un des généraux politiques les plus éminents de la guerre, recrutant les régiments de New York qui devinrent connus sous le nom de brigade Excelsior dans l’armée du Potomac.

Malgré son manque d’expérience militaire, il a servi comme commandant de brigade, de division et de corps dans certaines des premières campagnes de l’Est.

Sa carrière militaire prit fin à la bataille de Gettysburg en juillet 1863, après avoir déplacé son IIIe Corps sans ordre vers une position intenable, où il fut décimé et ralentit la manœuvre de flanquement du général James Longstreet.

Sickles lui-même fut blessé par un tir de canon à Gettysburg et dut se faire amputer la jambe.

Il a finalement reçu la Médaille d’honneur pour ses actions.

Source :  https://en.wikipedia.org/wiki/Daniel_Sickles

Le général Ahiman Rezon et le guide du franc-maçon

Par : Daniel Edgar Sickels 

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Discordance des temps, concordance des cœurs…

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

La Franc-maçonnerie réunit une très faible partie de nos contemporains : 0,25 % de la population française (soit à peu près 175 000 adeptes pour 70 millions d’âmes). C’est à peine l’épaisseur du trait dans le premier graphique venu. En conséquence, elle apparaît comme on ne peut plus marginale, ce en quoi elle exerce objectivement une assez faible influence… à ceci près que ses maigres effectifs nourrissent maints fantasmes complotistes. Vue comme une société secrète (plus que comme une société à secrets), elle nourrirait d’obscures visées au service de « vérités cachées ».

L’ambiguïté tient en cette formule même de « vérités cachées » d’où l’on déduit, par le facile glissement des suspicions communes, que « l’on ne nous dit pas tout », que « l’on nous ment ». Et pour cause ! Des « vérités cachées » ? Il y en a bel et bien mais elles tiennent au dévoilement progressif qui s’opère de degré en degré en chacun des membres de cette école de pensée. Sans doute…

la Franc-maçonnerie offrirait-elle, avec plus de netteté, des traits caractéristiques, si, d’une part, elle était unie – ce qu’elle est loin d’être, dans ses fracas internes qui, heureusement, ne sont que des cliquetis, vus de loin –

et si, d’autre part, elle ne prêtait pas le flanc, de temps à autre,  à la critique, quand certains des personnages qui s’y rattachent, aussi rares soient-ils, se distinguent par des agissements coupables dans le silence assourdissant du plus vaste nombre qui « maçonne » le plus pacifiquement du monde, à l’abri de ses temples. Souvent présentée sous les atours de sa philanthropie, au sens trop restreint des nobles sentiments qui l’animent, elle ne déploie pas, sous nos latitudes, une bien grande générosité publique (dont on peut, au reste, se demander si elle en aurait vraiment les moyens), en tous cas, des actions patentes de bienfaisance que tout citoyen pourrait lui rapporter, si bien que son prétendu désintéressement a tôt fait d’être interprété de façon suspecte, comme dissimulant, à l’inverse, des complicités et des prébendes.

Mais les défis que doit désormais affronter la Franc-maçonnerie ne sont même plus de ces ordres-là, tant le monde connaît d’immenses bouleversements : au plan technologique, culturel, écologique, idéologique, géopolitique, etc. Dans la société où elle est immergée, les modes d’apprentissage, la façon dont s’élaborent et circulent les connaissances, l’influence des réseaux sociaux et le déferlement de l’intelligence artificielle générative, sans compter un individualisme exacerbé, le culte de l’argent-roi, l’expansion des activités criminelles et tous les conflits qu’engendrent les revendications les plus variées et les plus contradictoires concernant les mœurs, tout cela et bien d’autres facteurs que l’on pourrait détailler semblent reléguer ses rites et ses symboles au rang d’accessoires archaïques, plus folkloriques encore que les pratiques religieuses qui survivent avec plus ou moins de fortune dans différents milieux.

Or la Franc-maçonnerie est plus qu’un café du commerce où l’on parle sans être interrompu, où la parole serait distribuée par le tenancier de l’établissement. Elle visite les traditions qui ont fait l’Homme jusqu’à aujourd’hui. Elle instaure un temps immobile où l’on se ressource en conscience comme on veut, sans crainte et sans contrainte, sa méthode consistant à proposer graduellement des outils et à laisser chacun en découvrir le mode d’emploi ou plutôt en mettre au point celui qui lui est propre.

Elle est universelle en ceci qu’elle ne fait pas de différence entre les êtres humains, comme c’est sa vocation,

si bien que tous se réjouissent de s’y rencontrer, alors qu’ils auraient fort peu de chance de faire route ensemble autrement.

Dans cette affaire, son atout constitue son obstacle : c’est le temps. Son temps échappe aux affres désordonnées de l’actualité. Ce fut toujours le cas mais l’écart était infiniment moindre, tous les phénomènes sont devenus fulgurants, jamais la complexité du monde n’a été portée à une telle acmé. Si, jadis, dans les loges, les frères et les sœurs pouvaient discuter des questions philosophiques, culturelles et sociales qui les intéressaient et articuler des solutions pouvant être réalisées concrètement,

aujourd’hui, au-delà du bonheur de débattre entre soi, il ne faut guère attendre de lumière des obédiences pour fournir au reste de l’humanité des pistes pertinentes sur la crête des difficultés mais aussi des perspectives qui naissent chaque jour des bouillonnements de la planète.

En réalité, la Franc-maçonnerie n’est pas faite pour ça. Elle nous prépare à quitter nos peurs et à ouvrir les yeux à tout ce qui advient, à accepter de travailler sur de nouveaux chantiers en mesurant positivement la place que nous pouvons y assumer. Dans nos Ateliers, les nouvelles générations – on l’observe aisément – savent combien il leur est précieux de discipliner leurs énergies et de prendre de la hauteur. Elles apprécient ces exercices alimentés par des approches symboliques, qui aident à conserver une dimension spirituelle à nos réflexions, à nos activités et à nos engagements, sachant qu’il s’agit, en toutes choses, de se saisir du pouls de la vie, d’aider son regard à se laisser guider par l’amour.

Au fond, le programme pourrait se résumer ainsi : discordance des temps, concordance des cœurs…

Réflexions spirituelles pour 2025

De notre confrère elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz

Pour qu’une lampe soit toujours allumée, il ne faut pas cesser d’y mettre de l’huile. Il y a une très belle chose : partager la joie d’aimer. Aimez-vous les uns les autres. Aimer jusqu’à la douleur. Je préfère faire des erreurs avec douceur et compassion plutôt que de faire des miracles avec impolitesse et dureté. Donner tout votre amour à quelqu’un n’est jamais sûr qu’il vous aimera en retour, mais ne vous attendez pas à ce qu’il vous aime en retour ; Attendez simplement que l’amour grandisse dans le cœur de l’autre personne, mais si ce n’est pas le cas, soyez heureux car il a grandi dans le vôtre.

Il y a des choses que vous aimeriez entendre, que vous n’entendrez jamais de la part de la personne que vous voudriez vous dire, mais ne soyez pas sourd au point de ne pas les entendre de la part de celui qui les dit avec son cœur. (Mère Teresa de Calcutta).

Tout d’abord, pour tous ceux qui liront généreusement cette chronique : « Une bonne année 2025 ».

Egypte Anubis dieu de la mort

Toute l’année, je me suis efforcé, dans mes écrits simples, d’apporter un message aux Frères et Soeurs depuis différents niveaux d’états de conscience que nous remplissons une mission sur ce plan, et même aux laïcs qui nous lisent généreusement. Mes écrits visent à donner des lignes directrices pour suivre un « Chemin Initiatique » dans la Lumière, car nous ne le suivons pas, nous le suivons, nous faisons partie de la Lumière Créatrice de ce vaste Macrocosme, et c’est à nous de le suivre. Nous devons nous manifester dans ce Microcosme dans un but : « Conscience Ouverte ».

La Conscience et le Chemin Initiatique

Rappelons-nous que la « Conscience » consiste à prendre conscience que nous sommes sur ce plan et que nous devons remplir une série de fonctions, tant matérielles que spirituelles, dans le cycle de vie que nous devons accomplir. Mais lorsque nous parlons de « Conscience », cela fait référence à la conscience de notre état spirituel, à la conscience que l’origine de notre vie est au-delà du physique, au-delà des lettres sacrées, bien plus profonde que la sagesse elle-même, et que notre objectif est de revenir à notre état originel.

Pour comprendre ces choses, il est important de souligner qu’il faut commencer à pratiquer : le non-attachement et le détachement. « Rien n’est impossible à celui qui essaie » (Alexandre le Grand).

L’Équilibre des Colonnes

Nous avons parcouru un chemin plein d’expériences et de défis cette année, et nous continuerons à lutter pour atteindre l’équilibre des deux Colonnes : Rigueur et Miséricorde. Nous devons être au centre, dans la Colonne de la Sagesse. La rigueur et la sagesse n’existent finalement pas, car chacune existe si l’on s’éloigne du centre. Si nous passons à la Colonne de la Rigueur : nous devenons aveuglés par l’égoïsme, le fanatisme et le dogmatisme. Si nous agissons uniquement pour la Miséricorde, nous serons si mous que ceux de la Colonne de Rigueur nous manipuleront, nous serions comme des imbéciles. Nous devons être indifférents à l’orgueil et indifférents à l’Humilité, nous ne serons que dans la Colonne Centrale : c’est la Plénitude Spirituelle, où nous transcendons le temps, l’espace et la loi, tout est implicite en nous. C’est l’état qu’ont obtenu les Maîtres Jésus et Bouddha.

Liberté et Franc-Maçonnerie

Dans la Franc-Maçonnerie, cet état peut être atteint lorsque nous sommes « Libres » : sans attachements, sans dogmes, sans fanatisme et sans ambition excessive. Il existe deux forces très puissantes dans l’univers : la Volonté et l’Amour, toutes deux sont gouvernées par le service, et lorsqu’il vient du cœur, cela est appelé « Bonté ».

La Bonté, la Compassion et le Service

La gentillesse est le point culminant de l’amour. La sagesse nous vient lorsque nous nous soucions davantage des autres que de nous-mêmes. Nous sentons que nous ouvrons la conscience lorsque nous nous sentons heureux de servir ceux qui ont besoin de nous, en faisant preuve de compassion envers les ignorants, nous pardonnons à ceux qui offensent, nous ne prenons rien personnellement. Lorsque nous utilisons notre compréhension spirituelle pour répandre l’espoir et l’amour, nous pratiquons la simplicité, nous défendons la justice, qu’elle soit égale pour tous, qu’elle soit juste, nous pratiquons la fraternité humaine, en aimant notre prochain.

Amour et Tolérance

Je n’aime pas la tolérance, ni le mot amour : ils sont conditionnés au physique, si vous ne les remplissez pas, ils s’épuisent. J’aime plus d’amour et de compassion envers ceux qui nous offensent, je les accepte tels qu’ils sont, mais je les corrige avec un amour fraternel. La compassion est très importante, premièrement elle apporte la paix, deuxièmement elle élargit la paix. C’est une énergie très puissante qui illumine toute la communauté dans laquelle on vit.

Pratiques pour le Chemin Spirituel

Route de montagne saison été et hiver

Pour atteindre ce chemin spirituel, nous devons équilibrer notre corps, notre âme et notre esprit, vivre dans l’esprit pour dominer le corps et l’esprit. Ce n’est pas facile du tout, mais avec de la volonté et de la persévérance, tout est réussi. Je le répète encore une fois, pour y parvenir, vous devez pratiquer le non-attachement et le détachement, être libre, c’est le secret d’une vie spirituelle pleine. Vous devez méditer pour vous connecter aux vibrations supérieures, elles ne sont ni au-dessus, ni sur les côtés, ni derrière, cette Grande Énergie Universelle est en vous, attendant que vous la contactiez, car vous en faites partie.

Conclusion et Perspectives pour 2025

« Ne cessons pas de faire le bien, car au temps voulu nous récolterons si nous ne nous lassons pas » (Galatas. 6:9). La porte du temps se ferme, et la porte de l’éternité s’ouvre, ici commence le chemin initiatique, ici on commence à ouvrir la conscience, et au sommet de la pyramide, se trouve la connaissance pure, le vrai Silence où est la Vérité.

Pour conclure, voici quelques points importants à développer dans ce nouveau cycle de vie de 2025 :

  • Rechercher la vérité, que ce soit à travers la lecture, les conversations avec les personnes qui vous donnent la Lumière, les réflexions et la méditation.
  • Pratiquer la fraternité de tout cœur, avec amour.
  • Vivre dans le présent, ne vous laissez pas distraire par le passé ou le futur.
  • Garder un esprit ouvert et curieux, désireux d’apprendre et d’explorer de nouvelles idées et concepts, soyez libre.
  • N’oubliez pas que tout dans la vie est transitoire et éphémère, apprenez, acceptez les changements et les pertes avec sérénité.
  • Combattre l’anxiété et le stress quotidien, parce qu’il s’agit d’un manque de confiance en soi, il faut « se connaître soi-même » (Écrit qui se trouve sur la porte du temple de Delphes, Grèce), est l’un des objets de la franc-maçonnerie.
  • Servir : « celui qui ne vit pas pour servir n’est pas apte à vivre ». (Mère Teresa de Calcutta), signifie que si nous ne faisons pas quelque chose d’utile pour les autres, nous ne valons rien.

Ce sont quelques points très importants que nous pouvons tirer pour parcourir ces 365 jours de ce cycle solaire, qui nous serviront à notre croissance spirituelle et philosophique. Que la miséricorde, la paix et la charité vous remplissent toujours. Baiser de paix.

Anarchisme et Franc-maçonnerie en Catalogne au XIXe siècle

De notre confrère nuevatribuna.es – Par Eduardo Montagut

Il y a historiquement une certaine affinité entre l’anarchisme et la franc-maçonnerie, sûrement, parce que le premier suppose un phénomène idéologique et social d’hétérodoxie évidente, et pourrait mieux comprendre l’hétérodoxie de l’organisation maçonnique, bien plus que le socialisme, qui s’opposait au concept de fraternité ouvrière, fruit de la conscience de classe, à la fraternité universelle défendue par la Franc-maçonnerie. 

L’anarchisme était très proche du monde de la libre pensée, même s’il ne faut pas oublier qu’il y avait des anarchistes qui considéraient la franc-maçonnerie comme un instrument de la bourgeoisie.

Enric Olive Serret est un défenseur de cette thèse du rapprochement des hétérodoxies, accentuée par les crises de l’anarchisme lui-même, fruit des persécutions, mais aussi par les intenses débats idéologiques internes favorisés par l’absence de directions très rigides. C’est ainsi que l’historien catalan interprète la relation évidente entre les deux univers au XIXe siècle en Catalogne, où l’anarchisme et la franc-maçonnerie ont connu un développement évident. 

L’anarchisme était très proche du monde de la libre pensée et cela aidait également dans les relations, même s’il ne faut pas oublier qu’il y avait des anarchistes qui considéraient, comme beaucoup de socialistes, que la franc-maçonnerie était un instrument de la bourgeoisie.

La thèse d’Olive Serret semble très suggestive en insistant sur l’effort anarchiste pour trouver des points d’union et de relation avec différents mouvements progressistes.

En tout cas, la thèse d’Olive Serret semble très suggestive en insistant sur l’effort anarchiste pour trouver des points d’union et de relation avec différents mouvements progressistes. Apparemment, cette approche aurait à voir avec l’option de l’anarchisme envers la question ouvrière, comme précédent pour le futur anarcho-syndicalisme, lancé au début du XXe siècle. Cette option éviterait la voie de la violence, contexte favorable au rapprochement entre libres penseurs et francs-maçons. Ainsi, dans la société libre-penseuse « La Lumière », il y avait des anarchistes fondamentaux tels que Gregorio Sentiñón, Farga Pellicer, Anselmo Lorenzo ou Tarrida del Mármol, entre autres. Il y aurait le groupe de typographie « La Academia », un atelier qu’Evaristo Ullastres fonda entre 1877 et 1878 et qui donna du travail à de nombreux ouvriers, parmi lesquels Llunas i Pujals, Anselmo Lorenzo, Farga Pellicer, etc.


Bibliographie : Enric Olivé Serret, « Le mouvement anarchiste catalan et la francmaçoneria dans le dernier tiers du XIXe siècle. «Anselmo Lorenzo et la loge des Fils du Travail.» Recerques : Història, economia i cultura, ISSN 0210-380X, Nº 16, 1984 (Numéro dédié à : 1950-1980 : une étape de changement dans l’agriculture catalane), pp. 141-156.

Jacques de Molay, haut-saônois et dernier Grand-maître des Templiers

De notre confrère francebleu.fr

Jacques de Molay est né en Haute-Saône vers 1240. Issu d’une famille de la petite noblesse comtoise, il deviendra le dernier Grand-maître de l’Ordre du Temple. Rendu célèbre par Les Rois Maudits de Maurice Druon, sa vie est nimbée de légendes et de mystère.

Philippe Josserand, professeur d’histoire médiévale à Nantes Université nous raconte la vie de Jacques de Molay. De ses origines familiales entre Jussey et La-Roche-Moray, jusqu’en Terre Sainte, la vie de ce personnage incontournable du Moyen-âge est un vrai roman d’aventure tragique.

Les Rois maudits : Game of Thrones avant Game of Thrones ! | En intégralité sur madelen INA
Ordination de Jacques de Molay en 1265 à la commanderie de Beaune par Marius Granet (1777-1849)

Jacques de Molay, issu de la petite noblesse comtoise, a su mettre à profit sa culture et son sens de la diplomatie pour faire grimper son influence au sein de l’Ordre du Temple, qui ne répondait qu’aux ordres de la papauté.

Sa fin tragique dans les flammes du bûcher tendu par le Roi Philippe Le Bel en 1314 font de lui un symbole de la résistance face à l’injustice. Un moment d’Histoire qui a donné matière à la légende des Rois Maudits.

Aujourd’hui la figure de Jacques de Molay influence aussi bien la littérature, la poésie, le cinéma et les séries actuelles.

Philippe Josserand est l’auteur de Jacques de Molay, Le dernier grand-maître des Templiers aux éditions des Belles Lettres.

Jacques de Molay, Le dernier grand-maître des Templiers – Philippe Josserand – Éd. Les Belles Lettres

Deux loges de Maurice claquent la porte de la GLM

De notre confrère l’Express.mu – Par Marie-Annick Savripène

L’exaspération et la colère ne sont pas nouvelles au sein de la franc-maçonnerie locale. Or, ces sentiments ont atteint leur paroxysme en ce début d’année au point de pousser à la démission, de la Grande Loge de Maurice (GLM), 14 membres de l’Alliance de St Jacques No 2. Et 15 membres de la loge Kilwinning No 23. Un membre fondateur de la GLM a également jeté l’éponge. Les démissionnaires sont, selon une source proche du dossier, «des membres actifs et à jour avec leur capitation.»

La première salve est venue de 15 membres de la loge Kilwinning No 23, qui ont envoyé une lettre datée du 8 janvier, au Grand Maître de la GLM, Bruno Dumazel, ainsi qu’aux membres du conseil d’administration de la GLM, y annonçant leur démission. Ils y évoquent quatre principales raisons, soit des actions récentes «perçues comme une ingérence dans la souveraineté de notre loge, compromettant ainsi le respect sacré de son autonomie et l’esprit de fraternité» qui les unit, le non-respect, en certaines occasions, du protocole de courtoisie «notamment à travers des démarches de frères pétitionnaires», ce qui a entraîné «un sentiment d’incompréhension et de déséquilibre au sein de notre loge», le fait qu’un frère de leur loge ait choisi, lors d’une fonction importante, tenue le 21 décembre dernier, de ne pas arborer l’étendard de la Kilwinning No 23 mais celle d’une autre loge, la No 24 «qui est encore en voie de consécration, ce qui a suscité un questionnement sur les principes d’unité et de loyauté maçonniques» et finalement, le fait que certains articles de presse récents «mettent à mal la réputation de la GLM, affectant la perception de notre institution et engendrant chez nous un profond malaise quant à l’éthique et à la dignité de notre engagement.»

Les démissionnaires précisent que cette décision collective n’a pas été prise à la légère mais est motivée par «notre profond attachement aux idéaux fondamentaux de la franc-maçonnerie – l’honneur, la dignité et l’intégrité – que nous souhaitons préserver dans toute leur pureté.»

Chez les démissionnaires de la loge l’Alliance de St Jacques No 2, quatre autres raisons sont mises en avant par voie de courrier daté du 9 janvier, pour expliquer leur geste. Il y a d’abord le fait que plusieurs de leurs demandes qu’ils estiment essentielles à l’épanouissement de leur loge sont restées lettre morte, comme par exemple celle de la mise en place d’une loge verte ou encore leur demande de jumelage avec la loge réunionnaise Les Chevaliers de l’Octan, «restées bloquées au niveau de la GLM». Ils se disent ensuite «profondément préoccupés par le manque de transparence et la gestion opaque au sein de la GLM», déplorant certaines pratiques allant «à l’encontre des principes maçonniques». Ils ajoutent à cet effet que les explications fournies au cours de plusieurs assemblées générales après parution d’articles de presse concernant des malversations dans le Trust de la GLM, de même que dans la construction du Grand Temple à Petit Camp (photo), «ne nous ont pas convaincus. Alors qu’une institution comme la nôtre est censée demeurer discrète, nous avons au contraire été exposés aux projecteurs des médias et de l’opinion publique, ce qui a entraîné davantage de stigmatisation et de médisance à l’encontre de notre ordre.» Ils précisent ne plus pouvoir «tolérer ni porter le poids d’une telle situation malsaine.»

Les démissionnaires citent aussi les agissements d’un de leurs frères qu’ils disent avoir dénoncé dans un rapport soumis le 13 octobre 2024 mais qu’aucune suite n’a été donnée à l’affaire. Finalement, ils parlent d’autres situations «trop nombreuses pour être énumérées» qui ont suscité chez eux des interrogations et une profonde indignation. «Face à cela, nous avons pris la décision de nous détacher de la GLM». Décision qui ne freine pas pour autant leur désir de poursuivre leur cheminement maçonnique «avec la même sincérité et les mêmes motivations qui nous animent depuis toujours. Nous aspirons à évoluer dans la sérénité, la sincérité et en toute liberté, conformément aux landmarks.»

Ras-le-bol

Celui qui vient enfoncer le clou est un membre fondateur de la GLM. Dans un e-mail envoyé jeudi, au Grand Maître, il livre l’essentiel de sa pensée, exprimant son ras-le-bol. Il y évoque notamment son éviction et celle d’un autre frère du Good Living Mauritius Trust qu’ils ont fondé, et ce, au profit de «frères plus conciliants», le manque de communication envers les membres, citant notamment le fait qu’il ait à plusieurs reprises, lors de réunions, évoqué l’absence répétée du trésorier pour finalement apprendre que ce dernier a démissionné. Il fait aussi mention de critiques non-fondées formulées à son encontre par un «triste sbire frère F. concernant l’état du chantier prétendument laissé par moi…dans ses rêves», de même que l’attitude de «frères bien intentionnés» qui l’ont qualifié de «frère perturbateur» dans son dos.

«Nous en sommes là aujourd’hui, de par votre management, en privilégiant l’administratif au sacré», écrit-il encore. Il souligne que le prédécesseur du GM a légué à ce dernier «un bijou et vous l’avez converti en votre compagnie privée, ne créant pas de plan de succession, personne n’étant assez bon selon vous.» Il allègue que le GM aurait pratiqué «des passe-droits, et privilégié la cordonite, créant la frustration et l’incompréhension auprès des frères. De plus, vos affinités politico-affairistes font la une, et cela affecte les Frères dans leurs âmes… »

Il conseille au GM de se débarrasser de ses «chatwas. Ce sont ceux-là qui vont vous crucifier.» C’est ainsi qu’il dit clore «avec beaucoup de tristesse» un chapitre de sa vie maçonnique.

Démissions regrettables

L’express a contacté Bruno Dumazel sur son portable personnel pour obtenir un commentaire de lui. Son assistant a répondu à sa place, précisant que Bruno Dumazel n’est pas au pays actuellement, qu’il rentre la semaine prochaine mais que le message lui serait transmis. La cellule de communication de la GLM a pris contact et nous a fait parvenir la déclaration suivante : «Ces démissions bien que regrettables, s’inscrivent dans le cadre normal de la vie institutionnelle. Il est toutefois surprenant de constater que ces départs surviennent juste après l’inauguration de nos nouveaux locaux. Les ambitions démesurées de certains et des egos mal maîtrisés semblent être en cause. À l’évidence, le travail maçonnique sur certains frères n’est pas encore achevé. Une meilleure tolérance et davantage d’humilité de leur part s’avèrent nécessaires. Il est important de rappeler que la GLM demeure solidement ancrée dans ses valeurs et ses objectifs et que ces départs, bien qu’ils puissent soulever des interrogations, ne remettent aucunement en cause l’intégrité ni le fonctionnement de l’institution. Ces situations seront abordées avec sérénité et dans le respect des procédures prévues.»

La cellule de communication de la GLM nous a aussi fait parvenir un commentaire de Bruno Dumazel. «Nous restons sereins et comprenons que l’expansion de la GLM ait pu occasionner un certain vertige chez certains membres. L’équilibre de notre institution se maintient grâce au respect profond que nous portons aux différentes composantes de l’arc-en-ciel mauricien.» Il ajoute que la GLM sera toujours «très heureuse d’accueillir et d’ouvrir les portes de ses temples à ceux qui s’y intéressent, dans le respect de nos valeurs et de notre culture. Notre institution se réjouit de partager avec le monde ce que nous nous efforçons d’accomplir au sein de nos ateliers.»

Article de Marie-Annick Savripène

Le tuilage en Franc-maçonnerie

L’entrée du temple est réservée aux initiés de degré égal ou supérieur à celui auquel la tenue se tient. Le franchissement du seuil donne lieu, sur les parvis, à vérification de cette appartenance par un tuilage qui consiste, par un jeu de questions-réponses, à échanger des signes, mots de passe, et attouchements relevant des secrets transmis à chaque grade et selon son rite.

Cela peut aller jusqu’à demander à un visiteur inconnu la preuve qu’il est en règle avec sa loge, le cas échéant jusqu’à lui demander de présenter un passeport maçonnique. Dans l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain, les mots de passe mots sont annuels. Ces mots sont communiqués aux seuls membres de la loge symbolique. Ils circulent au cours d’une chaîne d’union en tenue solennelle et transmis aux tuileurs d’autres obédiences pour permettre à leurs visiteurs de se faire reconnaître.

Oswald Wirth, dans son Livre de l’apprenti, au chapitre Le Grand Orient de France raconte: “Au GODF, tous les Maçons qui, à la suite d’une vérification générale, furent reconnus comme réguliers, reçurent communication, à partir de 1777, d’un double mot de reconnaissance, renouvelé tous les six mois. Cette mesure est restée particulière à la Maçonnerie française, l’emploi des mots de semestre ne s’étant pas répandu à l’étranger, où le « tuilage » continue à s’effectuer dans toute son ancienne ampleur.”

Le tuilage désigne aussi parfois les questions-réponses rituelles par lesquelles on éprouve le maçon pour qu’il démontre sa connaissance du degré avant de passer au degré supérieur. Un livret appelé «catéchisme», sans connotation chrétienne, est remis à l’impétrant au moment de la cérémonie d’attribution  de chaque degré. Ce tuilage  se situe dans l’espace-temps de la loge du degré N du franc-maçon qui va passer au degré N+1 (voir l’article Les triptyques initiatiques)

Le livret remplit, en fait, une triple fonction : d’explication de la doctrine du grade, de tuilage qui unit les initiés, de résumé à retenir.

Je ne saurai trop vous recommander de lire The Early Masonic Catechisms. Dans ce volume, qui peut être décrit comme une édition « utilitaire », Douglas Knoop  s’efforce de fournir des textes fiables de tous les premiers catéchismes maçonniques et des répliques contemporaines, à l’exception du Manuscrit de Chesham et de la première partie du Manuscrit d’Essex, qui sont pratiquement identiques à d’autres premiers catéchismes imprimés dans leur intégralité.

Le Manuscrit d’Édimbourg daté de 1696 serait l’un des plus anciens. Le plus élaboré et le plus célèbre est Masonry Dissected (La Maçonnerie Disséquée) de Samuel Prichard, ouvrage publié le 20 octobre 1730 à Londres, qui connut jusqu’en 1787 de nombreuses réimpressions et traductions.

Lorsqu’ils reproduisent un dialogue, le but de celui-ci n’est que de vérifier la qualité maçonnique d’un interlocuteur auquel on demande de communiquer certains mots. Selon le premier statut des Lois et Statuts de la Loge d’Aberdeen, adopté ou confirmé le 27 décembre 1670, les maîtres maçons et les apprentis inscrits recevaient le bénéfice du mot de maçon, Mason Word, dès leur entrée), de reproduire certains signes ou de décrire certains instants spécifiques vécus par lui au moment de son initiation. À la fois aide-mémoire et divulgations, ce fut un genre très à la mode dans la première moitié du XIXe siècle qui laissa de précieuses indications historiques et mythographiques sur la Maçonnerie parmi lesquelles : le Régulateur de 1801, le Vuillaume, le Delaunay, le Grasse-Tilly et le Ragon.

Le plus vieux rituel-catéchisme français des 3 grades de la Maçonnerie symbolique serait, selon Alain Bernheim, un manuscrit daté de 1745 (au plus tard pour sa première partie), transcrit et commenté par Georges Luquet, intitulé : le vrai catéchisme des frères francs-maçons rédigé suivant le code mystérieux et approuvé de toutes les loges justes et régulières. Un long développement, à partir de la page 52, par questions/réponses explique ce que l’on entend par la parole perdue, la véritable prononciation de l’éternel et ses mots substitués.

Bien que tous les signes et mots secrets de la Franc-maçonnerie aient été révélés depuis ses origines, les francs-maçons ont toujours continué, dans tous les rites, à s’engager à les conserver. Parmi les divulgations les plus célèbres, on peut consulter : A mason’s examination (Le tuilage d’un franc-maçon), publiée à Londres en 1723, la plus ancienne divulgation imprimée connue. En voici la traduction en français:

Lorsque vous entrez dans une Loge, vous devez frapper trois fois à la Porte, et ils vous défieront.

Q. êtes-vous franc-maçon ? R. Oui, je le suis.

Q. Comment le saurai-je ? R. Par des signes et des indications depuis mon entrée dans la cuisine, et de là jusqu’au hall.

Q. Quel est le premier point d’entrée ? R. Écouter et cacher, sous peine d’avoir la gorge tranchée ou la langue arrachée.

Alors l’un des Surveillants dira : Que Dieu vous salue à cette réunion, ainsi que le Très Vénérable Maître et les Vénérables Compagnons qui gardent les Clés de la Loge d’où vous venez ; et vous êtes également le bienvenu, Vénérable Frère, dans cette Vénérable Société.

Ensuite, vous saluez comme suit.

Le Très Vénérable Maître et les Vénérables Compagnons de la Loge d’où je viens vous saluent abondamment.

Q. De quelle Loge êtes-vous membre ? R. Je suis membre de la Loge de Saint-Étienne.

Q. Qu’est-ce qui constitue une Loge juste et parfaite ? R. Un Maître, deux Surveillants, quatre Compagnons, cinq Apprentis, avec équerre, compas et règle commune.

D. Où avez-vous été fait ? R. Dans la vallée de Josaphat , derrière un jonc, où l’on n’entendait ni chien aboyer, ni coq chanter, ni ailleurs.

Q. Où se trouvait la première Loge ? R. Dans le porche de Salomon ; les deux piliers s’appelaient Jachin et Boaz .

Q. Combien d’ordres existe-t-il en architecture ? R. Cinq : l’ordre toscan, l’ordre dorique, l’ordre ionique, l’ordre corinthien et l’ordre composite ou romain.

Q. Combien de points y a-t-il dans la communion ? R. Six : pied contre pied, genou contre genou, main contre main, oreille contre oreille, langue contre langue, cœur contre cœur.

Q. Comment les francs-maçons prennent-ils leur place dans le travail ? A. Le Maître SE, les Surveillants NE et les Compagnons Eastern Passage.

Q. Combien de joyaux précieux y a-t-il dans la franc-maçonnerie ? R. Quatre : l’équerre, l’astler, le diamant et l’équerre commune.

Q. Combien de lumières y a-t-il dans une Loge ? R. Trois : le Maître, le Surveillant et les Compagnons.

Q. D’où vient le motif d’un arc ? R. De l’arc-en-ciel.

Q. Y a-t-il une clé pour votre Loge ? R. Oui.

Q. Qu’est-ce que c’est ? R. Une langue bien pendue.

Q. Où est-il conservé ? R. Dans une boîte d’ivoire entre mes dents, ou sous les genoux de mon foie, où sont conservés les secrets de mon cœur.

Q. Est-ce qu’il y a une chaîne ? R. Oui.

Q. Quelle est sa durée ? R. Elle va de ma langue à mon cœur.

Q. Où se trouve la clef de la loge de travail ? R. Elle se trouve à droite de la porte, à deux pieds et demi, sous un gazon vert et un carré.

Q. Où le Maître place-t-il sa marque sur l’œuvre ? R. Sur l’angle sud-est.

Pour connaître un apprenti entré, il faut lui demander s’il est allé en cuisine, et il vous répondra : Oui.

Pour connaître un membre expérimenté, vous devez lui demander s’il est déjà venu au Hall, et il vous répondra : Oui.

Pour reconnaître un Franc-Maçon dans l’Obscurité, vous devez lui dire qu’il n’y a pas d’Obscurité sans Absence de Lumière ; et il vous répondra qu’il n’y a pas de Lumière sans Absence d’Obscurité.

Pour complimenter un frère maçon, placez votre main droite sur le côté droit de votre chapeau et amenez votre chapeau sous votre menton ; ensuite, le frère placera sa main droite sur le côté droit de son chapeau et l’amènera sur le côté gauche sous son cœur.

Pour rencontrer un frère, vous devez faire le premier pas avec votre pied droit, le deuxième avec votre gauche ; et au troisième, vous devez avancer avec votre talon droit jusqu’au cou-de-pied droit de votre frère ; puis posez votre main droite sur son poignet gauche et tirez l’autre main de votre oreille droite vers la gauche sous votre menton ; puis il mettra sa main droite sur son côté gauche sous son cœur.

Se plaindre, c’est quand vous prenez un frère par la main droite et que vous mettez votre majeur sur son poignet, et il vous fera la même chose.

Pour connaître un franc-maçon en privé, placez votre talon droit sur son cou-de-pied droit, placez votre bras droit sur son bras gauche et votre gauche sous son bras droit, puis faites un carré avec votre majeur, de son épaule gauche jusqu’au milieu de son dos, et ainsi de suite jusqu’à sa culotte.

Lorsqu’un franc-maçon descend de son cheval, il pose l’étrier sur le cou du cheval.

Pour appeler un franc-maçon parmi la compagnie, vous devez tousser trois fois ou frapper contre quelque chose trois fois.

Un franc-maçon, pour montrer sa nécessité, jette un morceau d’ardoise rond et dit : Pouvez-vous changer cette pièce ?

Le Tuileur, en anglais tyler

Il y a deux acceptations différentes de ce terme.

C’est un recueil des éléments de tuilage ou de catéchisme des grades d’un ou de plusieurs rites sous forme de livre (voir ci-dessus).

C’est un poste d’officier, celui de garde, il a pour fonction de réguler les entrées rituelles en loge, de vérifier la qualité des candidats et des visiteurs, quitte à pratiquer un tuilage. Jadis, il était censé prévenir de l’approche des intrus et, réellement ou symboliquement, défendre la loge contre les attaques, étant muni de son épée.

Le révérend A. F. A. Woodford, dans son Kennings Masonic Cyclopaedia écrit que le mot tyler est dérivé du latin « tegulator », qui signifie un homme qui pose des carreaux et que « leur travail fidèle mérite pleine reconnaissance et récompense ». William Harve précise : « dans les anciens Écossais, le mot  « tuile » avait un sens plus large que celui de simplement faire référence à la toiture d’une maison. Carreler une chose, c’était la couvrir, la cacher ou la garder secrète, et en ce sens, sans aucune référence à la couverture du toit, cela s’applique tout à fait à l’intention des francs-maçons de garder leurs secrets des non-initiés ».

Aux débuts de la Franc-maçonnerie, les tâches du Tuileur consistaient à délimiter la loge avec des lignes de craie sur le sol ainsi qu’à dessiner des symboles clés, il était payé pour cela. Le procès-verbal de la loge de Jérusalem, n ° 197 montre des paiements de deux shillings et six pences au Tuileur pour avoir «formé» le Fellow Crafts ou Masters Lodge. Le Tyler a également diligenté les convocations aux réunions de la loge, ainsi que tout autre avis urgent. Les autres loges payaient au Tyler des frais pour chaque cérémonie d’initiation, de passage, d’élévation, exécutée.

Les loges donnaient à leurs Tyler toute discrétion pour refuser l’admission lorsque le Tyler pensait qu’il avait de bonnes raisons de le faire. Par exemple, dans les années 1730, la Loge de la Probité, n ° 61, a ordonné au Tyler «de refuser l’admission à tout membre de la Loge qui n’est pas propre et décemment vêtu d’une couverture blanche propre». Il y a une anecdote sur un Maçon plutôt débraillé, sale et malodorant se présentant au Tyler, qui lui a refusé l’entrée. Quand le maçon a demandé pourquoi, le Tyler a répondu «B. O.» auquel le maçon a dûment répondu «A. Z.» et il a été admis.

Une publication, d’environ 1750, déclare: «Le plus grand honneur que le Maître puisse conférer à un frère est de faire de lui  un Tyler, car non seulement ses propres secrets sont connus, mais ceux de la Loge dépendent de lui».

Un guide français pour les francs-maçons, publié en 1828, précise parmi les qualités et devoirs d’un Tuileur-expert que le Frère tuileur doit toujours être choisi parmi ceux qui ont la plus grande connaissance et le plus haut rang (à partir de la page 13 du livre Tuileur-expert des sept grades du Rite Français ou Rite Moderne …, complément au livre écrit par Étienne-François Bazot,1828.

L’encyclopédie d’Albert Mackey postule : Comme le Tuileur est toujours rémunéré pour ses services, il est considéré, en quelque sorte, comme le serviteur de la Loge. Il est donc de son devoir de préparer la Loge pour ses réunions, d’arranger le mobilier à sa place appropriée et de prendre toutes les autres dispositions pour la commodité de la Loge. Le Tuileur n’a pas besoin d’être membre de la Loge qu’il carrelle ; et en fait, dans les grandes villes, un frère remplit très souvent les fonctions de Tuileur de plusieurs Loges. C’est une fonction très importante et, comme celle du Maître et des Surveillants, elle doit son existence, non pas à des règlements conventionnels, mais aux repères mêmes de l’Ordre ; car, de par la nature particulière de notre Institution, il est évident qu’il n’aurait jamais pu y avoir de réunion de francs-maçons à des fins maçonniques, sans qu’un Tuilier n’ait été présent pour protéger la Loge contre toute intrusion. Le titre est dérivé de l’art opératif ; car comme dans la Maçonnerie opérative, le Tuilier, lorsque l’édifice est érigé, le termine et le couvre d’un toit (de tuiles), ainsi dans la Maçonnerie Spéculative, lorsque la Loge est dûment organisée, le Tuilier ferme la porte, et protège l’enceinte sacrée de toute intrusion.

À partir du milieu du XVIIIe siècle, les loges ont commencé à nommer des Tuileurs comme portiers pour s’assurer qu’aucun non-maçon ne pouvait entrer dans la loge pendant que le rituel était en cours. Il reste à l’extérieur de la loge dans les rituels anglo-saxons. Aujourd’hui, dans de nombreux pays anglo-saxons, le tuileur peut être élu. La raison de cette élection est de prononcer l’exemption de cotisation du tuileur pendant la durée de sa charge, sur l’engagement qu’il y sera fidèle et en dédommagement de son côté rébarbatif (le tuileur ne rentre jamais en loge après son installation et jusqu’à sa succession). En écosse et aux USA, il n’est pas rare, de trouver des tuileurs ad vitam, choisis parmi les frères handicapés ou démunis, ou parmi les vieux frères expérimentés et en retraite dans le profane. Ils sont souvent, dans ce cas, partagés par plusieurs loges d’une même ville. Ces tuileurs touchent une rémunération réelle, pour suppléer leur quotidien difficile, provenant soit des trésors de loge, soit des collectes de charité, soit du tronc de la veuve sur le continent européen, soit d’un tronc spécial qui leur est destiné. Ce procédé est difficile à comprendre en France vu ses systèmes de protection sociale, mais il apparaît juste et habile aux yeux des écossais et des Américains.

Ainsi, en Écosse, en 1745, les frères de la loge de Scoon et de Perth ont déploré que leur Tyler, «étant un homme pauvre», assistait fréquemment aux réunions dans des vêtements déchirés, et ils ont donc demandé au trésorier de lui acheter un nouveau manteau, alors il avait l’air respectable en service.

Ce désir d’utiliser le Tyler pour créer une bonne impression de la Franc-maçonnerie en général s’est développé au XVIIIe siècle, lorsque de nombreuses loges ont fourni de magnifiques uniformes pour leurs Tylers, au-delà du chapeau et du manteau habituels. Par exemple, le Tyler de la Grande Loge d’Angleterre en 1736 était vêtu d’un gilet rouge sous un manteau bleu foncé, garni de dentelle d’or. La Loge de Saint John, n ° 279, de Leicester, résolut en 1791 que son Tyler soit vêtu aux frais de la loge d’un manteau et d’un gilet bleus et d’une culotte en velours côtelé, avec des boutons jaunes, des bas blancs et un chapeau à trois coins. Et aussi qu’il soit muni d’un «bonnet velu» à porter lors d’occasions publiques, ce dernier restant la propriété de la Loge. Une Loge à Preston dans les années 1790 a habillé son Tyler en écarlate, également avec «un bonnet velu».

La gravure satirique de William Hogarth (gendre de James Thornhill), intitulée La Nuit, montre un franc-maçon sortant d’une taverne dans un état que l’on peut qualifier de «chargé». George W. Speth suggère que le tableau représente Hartshorn Lane, Charing Cross. Le personnage principal, portant un collier à équerre, est Sir Thomas de Veil, membre de la première Loge de Hogarth, réunie à Vine en 1729. Le personnage secondaire, portant les insignes de Tyler avec épée, clé et lampe, est le frère Montgomerie, le Grand Tyler, fabricant de perruques. (Museum of Freemasonry, Londres). Notez le personnage de droite tenant une serpillière, une allusion possible à la pratique consistant à dessiner des symboles sur le sol de la salle de la loge et à les laver lorsque la loge était fermée.

Cependant, Philippe Langlet, dans Lecture d’images de la Franc-Maçonnerie, pense qu’il s’agirait plutôt d’un aubergiste, au vu du ciseau à moucher les chandelles qui pend sur son tablier (et non la clef de la loge), comme il a pu en voir sur une autre gravure d’un aubergiste portant le même tablier.

Et pour compléter, vous pourriez lire l’article sur le journal paru le 8 février 2022: Mots de passe, clefs de passage

Sigmund Freud était-il Franc-maçon ?

Sigmund Freud avait une relation complexe et intéressante avec la franc-maçonnerie, principalement à travers son association avec le B’nai B’rith, une organisation juive qui partageait certaines similitudes avec la franc-maçonnerie. Voici une analyse détaillée de ses pensées et de son engagement :

  • Membre du B’nai B’rith: Freud a rejoint le B’nai B’rith en 1897, une organisation souvent comparée à la franc-maçonnerie en raison de ses structures similaires de fraternité, bien que le B’nai B’rith soit spécifiquement juif et axé sur le soutien communautaire et l’éducation. Freud a été très actif dans cette loge viennoise (Lodge Wien), servant même comme président pendant un certain temps.
  • Freud et les influences maçonniques: Il y a des spéculations et des débats sur l’influence de la franc-maçonnerie sur les idées de Freud, surtout en ce qui concerne l’organisation de la psychanalyse. Certains chercheurs, comme ceux mentionnés dans les articles de « Les Lumières franc-maçonniques dans le contexte du rite moderne et perfectionnant de la maçonnerie symbolique » et « Freud Franc-Maçon : Sa loge Wien ne serait-elle pas le splendide isolement de Freud ? « , suggèrent que les liens de Freud avec le B’nai B’rith ont pu influencer la structure et la philosophie de la psychanalyse, notamment à travers des concepts comme l’Id, l’Ego et le Surmoi, qui pourraient être comparés aux trois piliers maçonniques.
  • Perspective critique: Freud n’a pas écrit directement sur la franc-maçonnerie dans ses œuvres publiées, mais son engagement avec le B’nai B’rith montre qu’il valorisait les aspects communautaires et fraternels similaires à ceux trouvés dans la franc-maçonnerie. Cependant, il est clair que son intérêt était davantage philosophique et social que mystique ou rituel. Freud était avant tout un scientifique et un rationaliste, et il aurait probablement été sceptique envers les aspects plus ésotériques de la franc-maçonnerie.
  • Protection contre l’antisémitisme: Une des raisons pour lesquelles Freud a rejoint le B’nai B’rith était de trouver un refuge contre l’antisémitisme croissant en Autriche-Hongrie. Cette dimension protectrice et communautaire pourrait être vue comme parallèle à la manière dont certains ont rejoint la franc-maçonnerie pour des raisons de protection sociale et de réseau.
  • Influence sur ses travaux: Certains auteurs suggèrent que la structure et la méthode de la psychanalyse pourraient avoir été influencées par la structure loge/fraternité du B’nai B’rith, reflétant un intérêt pour l’organisation et la transmission des connaissances dans un cadre initiatique.

En conclusion, bien que Freud n’ait pas directement commenté sur la franc-maçonnerie en tant que telle, son implication dans une organisation similaire comme le B’nai B’rith indique qu’il appréciait certaines valeurs de la fraternité, du soutien mutuel, et de la transmission des connaissances, aspects qui sont également centraux dans la franc-maçonnerie. Cependant, toute influence directe de la franc-maçonnerie sur ses théories psychanalytiques reste un sujet de discussion académique plutôt que de fait établi.

Sages de l’Est, secrets de l’Ouest

De notre confrère universalfreemasonry.org – Par Jonathan Dinsmore

L’Orient et l’Occident sont-ils une représentation symbolique des deux moitiés de l’esprit collectif de l’humanité ?

La condition d’un homme est semblable à celle d’un homme aux yeux bandés et emmené par des brigands de son propre pays. Les plis du tissu qui lui couvrent les yeux étant enlevés par un ami, il retrouve l’usage de ses yeux et retrouve lentement son chemin vers la maison, pas à pas, en s’informant à chaque étape. De même, le bon enseignant instruit le chercheur de la Vérité et l’aide à se défaire des liens du désir. (Extrait de la Chandogya Upanishad 6:14:1/3)

En tant que jeune chercheur de vérité, j’ai découvert la sagesse de l’Orient bien avant celle cachée de l’Occident. Après m’être détourné de la religion exotérique de mon éducation et avoir brièvement embrassé l’orthodoxie alternative du scientisme matérialiste nihiliste, j’ai commencé à chercher des vérités au-delà de l’antagonisme fastidieux du débat « religion contre science », et il ne m’a pas fallu longtemps pour découvrir la Bhagavad Gita, le taoïsme, les enseignements bouddhistes et les interprètes occidentaux comme Alan Watts et Ram Dass.

De toutes les traditions orientales, la philosophie védantique (enracinée dans les Védas, les Upanishads et les textes apparentés) a influencé ma vision du monde plus que tout autre système de pensée.

Symboles alchimiques

En tant que nouveau venu dans la tradition de sagesse occidentale de la Franc-Maçonnerie, et dans une certaine mesure aussi dans la Théosophie, l’Alchimie et l’Hermétisme, je suis frappé par la similitude d’essence, mais aussi par la différence d’expression entre l’Orient et l’Occident. Bien qu’il me reste encore beaucoup à apprendre, je sens que la seule grande Vérité, décrite par Aldous Huxley comme la Philosophie éternelle, est fondamentalement la même dans les traditions occidentales et orientales, mais elle est enveloppée de secret et de symbolisme, et met en valeur certaines valeurs par rapport à d’autres. Le contraste entre l’Orient et l’Occident m’intéresse particulièrement, car ils sont les deux moitiés de l’esprit collectif de l’humanité, tout comme ils représentent les deux pôles de notre globe.

Pour commencer, nous pouvons être assez certains que le lien entre l’Orient et l’Occident remonte au moins aussi loin que toute l’histoire occidentale telle que nous la connaissons. L’histoire des grands philosophes occidentaux est aussi en partie celle de ceux qui ont voyagé en Orient, ont appris et sont revenus avec de nouvelles idées qui ont dû être adaptées et formulées selon la vision du monde dominante de la culture occidentale dans laquelle ils retournaient, afin d’être comprises et acceptées ; même alors, ils ont souvent été rejetés, parfois violemment. Les porteurs du flambeau de l’Orient sont notoirement persécutés à leur retour en Occident et connaissent souvent une fin horrible.

Certains pensent que Jésus de Nazareth est l’un de ces exemples, bien que cette théorie soit encore très controversée, et qu’il n’existe aucune preuve concluante qu’il ait visité l’Orient pendant ses « années d’absence ». Un autre exemple est celui de Pythagore, qui aurait beaucoup voyagé dans sa jeunesse, au moins jusqu’en Perse, et qui aurait également été tué par des ignorants. Un exemple plus récent, et donc plus certain, est celui de HP Blavatsky, l’un des fondateurs de la théosophie et l’un des initiateurs du spiritualisme victorien, qui a également précédé et influencé une grande partie de ce que l’on considère aujourd’hui comme des idées du « nouvel âge » ou de la « nouvelle pensée ».

En général, je pense que nous sous-estimons l’ampleur des déplacements et la diffusion des enseignements par la Route de la soie et d’autres voies commerciales entre l’Orient et l’Occident tout au long de notre histoire. Le fait que nos historiens traditionnels hésitent à reconnaître l’influence de l’Orient sur la pensée occidentale n’arrange rien. Alors, avec toutes ces pollinisations croisées, pourquoi l’Occident et l’Orient ne sont-ils pas identiques ?

Signe du TAO

La différence la plus frappante entre l’Orient et l’Occident, en termes de mystères, c’est qu’en Orient, il n’y a tout simplement pas de mystères. Il n’y a pas beaucoup de secret dans les traditions védantiques, bouddhistes ou taoïstes, et les enseignants ont tendance à dire publiquement des choses comme : « Tant que Dieu semble être à l’extérieur et loin, il y a ignorance. Mais lorsque Dieu est réalisé à l’intérieur, c’est la véritable connaissance [Sri Ramakrishna] ». Les volumes des enseignements védantiques et autres enseignements orientaux sont remplis de choses comme celles-ci, qui pourraient être simplement tournées en dérision en Occident aujourd’hui, mais qui, dans le passé, auraient pu conduire au bûcher ou à la crucifixion, pour avoir parlé de manière aussi blasphématoire.

Nous arrivons ici à ce qui me semble être la principale raison du secret des traditions occidentales, à savoir le millénaire d’histoire au cours duquel les religions du désert d’Abraham se sont détournées de leurs origines mystiques pour s’enfoncer dans les ténèbres du fanatisme et de l’ignorance, et le dogme s’est répandu comme une peste, régnant sur l’Occident avec le fouet ardent de la persécution religieuse pendant près de mille ans. Alors que nos cours d’histoire évoquent souvent cette période comme les « âges sombres », avec quelques discussions sur le féodalisme et la monarchie, la dure réalité est que la culture occidentale a subi une purification intellectuelle et religieuse, où toutes les idées contraires aux dogmes de l’église (ou de la mosquée) ont été punies par la torture, l’emprisonnement et une mort atroce.

Il n’est donc pas étonnant que ceux qui détenaient la sagesse des anciennes traditions occidentales aient été contraints de chercher refuge dans des organisations comme la franc-maçonnerie opérative, qui leur assurait le secret, une structure organisationnelle très efficace et un terrain fertile pour le codage symbolique de la sagesse dans les outils et les principes de la maçonnerie. Pendant ce temps, nos voisins de l’Est, protégés par la distance, des caractéristiques géographiques comme l’Himalaya, et leurs propres royaumes et structures de pouvoir, détenaient la sagesse transmise depuis les temps anciens et continuaient à l’enseigner d’une manière relativement ouverte. C’est une simplification excessive, mais c’est généralement plus exact que faux, je dirais.

Outre le fait d’être caché ou ouvert, qu’est-ce qui sépare l’Occident de l’Orient ? Peut-être y a-t-il une différence plus essentielle, due aux différences de tempérament et de culture des deux peuples, façonnées en partie par leurs climats. Je pourrais soutenir que les climats rudes de l’Europe, surtout dans le Nord, ont engendré une spiritualité davantage axée sur l’action, l’intention et le dépassement des obstacles, tandis que les environnements tropicaux de l’Est, notamment en Inde, ont engendré une spiritualité plus passive axée sur la méditation et l’abandon. Cette théorie peut avoir un certain mérite, mais en fin de compte, nous ne le saurons jamais avec certitude. Il me semble que l’Occident se concentre davantage sur la construction et le travail actif pour perfectionner l’humain, tandis que l’Orient s’intéresse davantage à la dissolution, au lâcher prise et à la libération de l’attachement.

Au risque d’être accusé de simplifier à outrance les neurosciences, on pourrait aussi dire que la dichotomie générale entre les hémisphères gauche et droit du cerveau correspond au même principe. À bien des égards, l’Occident et l’Orient sont proches de la gauche et de la droite. L’Occident/Gauche est axé sur une logique clairement définie, des frontières et accorde une plus grande importance à l’intellect ; l’Orient/Droite est davantage axé sur la perception directe, la dissolution des frontières et accorde une plus grande importance aux réalisations intuitives. Malgré toutes ces différences, y a-t-il un terrain d’entente ? Quel est le corps calleux de l’Orient et de l’Occident ?

Je dirais absolument, et comme le début de cet article le laisse entendre, il existe parfois des similitudes frappantes entre les enseignements de la Loge ou de l’ésotérisme occidental en général et ceux des Swamis. Tous deux parlent de la condition humaine comme d’un état d’obscurité et d’ignorance en quête de lumière ; tous deux conçoivent leurs structures sacrées de manière à ressembler au corps humain ; tous deux tendent vers l’idéalisme, ou la croyance que la conscience plutôt que la matière est fondamentale ; tous deux enseignent en fin de compte que Dieu réside à l’intérieur.

Les points communs sont certainement plus nombreux que les différences, et l’essence, je crois, est la même. À bien des égards, la Maçonnerie mixte en particulier peut être un excellent pont entre les deux systèmes, avec ses liens étroits avec la théosophie, une tradition beaucoup plus orientale que la plupart des autres systèmes occidentaux, et son accent sur l’adoption du féminin dans la loge masculine. Quel que soit le pont que nous utilisons, il me semble clair que nous devons mélanger l’Est et l’Ouest, la droite et la gauche, l’action et la contemplation, l’intellect et l’intuition, si nous voulons jamais nous élever au-dessus et gravir l’escalier vers une vérité plus grande, une gnose transcendante.

En fin de compte, je crois que nous nous rapprochons tous de cette même vérité, comme le point médian d’un cercle que l’Orient et l’Occident parcourent chacun à leur manière. L’expérience mystique humaine classique, sur laquelle toutes ces traditions se fondent en fin de compte, semble être plus ou moins universelle dans toutes les cultures et ne différer que par son interprétation après l’expérience et le contexte culturel qui lui permet de s’épanouir ou la force à se cacher et à se dissimuler. D’une manière ou d’une autre, la vérité éclatera et la lumière ne sera pas cachée bien longtemps, car c’est ce à quoi chaque être humain sur cette planète aspire, au plus profond de son âme.

Réconcilier le corps et l’esprit : de la dualité à l’union sacrée

Texte écrit avec la participation active de Régis Belamich

La relation entre le corps et l’esprit a longtemps été marquée par une tension palpable, souvent exacerbée par des doctrines religieuses qui ont historiquement considéré le corps comme un obstacle à l’ascension spirituelle. À travers les âges, des voix ont clamé que l’âme était piégée dans une enveloppe charnelle, et que le salut ne pouvait être trouvé qu’en renonçant aux plaisirs de la chair.

Cette vision dualiste, illustrée par les enseignements de Platon avec sa théorie de la forme et de la matière, ou par certains courants du christianisme prônant l’ascétisme, a conduit à une guerre ouverte contre le corps, le réduisant à une simple prison de l’âme.

Le Corps sous l’Emprise de la Spiritualité

Dans de nombreuses traditions religieuses, le corps était vu comme un lieu de péché, un élément à réprimer et à ignorer pour accéder à une dimension spirituelle supérieure. Le besoin de couvrir le corps, le rejet des plaisirs physiques et une ascèse rigoureuse étaient perçus comme des voies vers la purification. Les monastères médiévaux, par exemple, ont souvent promu une vie de mortification de la chair comme moyen de se rapprocher de Dieu. Cependant, cette dichotomie a engendré une déconnexion entre l’esprit et le corps, laissant de nombreuses personnes se sentir coupées de leur propre existence physique, une condition que certains philosophes modernes, comme Nietzsche, ont critiquée comme étant une négation de la vie.

Une Nouvelle Perspective : Le Corps comme Sanctuaire

À l’ère moderne, un renversement des valeurs s’est opéré. Le corps est désormais célébré, idolâtré même, comme une œuvre d’art à embellir, à préserver et à exhiber. Les normes de beauté, souvent imposées par la société, poussent à une quête incessante de perfection physique, où l’âme est mise au service de cet idéal. Pourtant, cette obsession pour l’apparence extérieure peut parfois mener à une superficialité qui néglige la profondeur de l’être. Des mouvements comme le yoga moderne ou le fitness holistique cherchent à redonner au corps son rôle de temple de l’esprit, non pas en le niant mais en le glorifiant à travers la santé et la bienveillance envers soi-même.

L’Holisme : Une Vision d’Interconnexion

Dans une approche holistique, tout est interconnecté. Les philosophies qui émergent de traditions anciennes, comme celles du tantrisme du Cachemire, nous rappellent que la spiritualité ne peut être atteinte sans reconnaître la sacralité de la matière, y compris celle de notre corps. Dans ces traditions, le corps n’est pas un ennemi à dominer, mais un allié à honorer. Le plaisir, loin d’être un obstacle, devient un outil puissant pour éveiller la conscience et élever la fréquence vibratoire de notre existence, une idée que l’on retrouve aussi dans certaines formes de méditation bouddhiste où la sensation corporelle est utilisée comme un ancrage vers l’illumination.

Retrouver le Sacré dans le Corps

"L'Homme et le Sacré", la journée d'étude de l’Académie Maçonnique de Lyon

Réconcilier le corps et l’esprit, c’est retrouver le sacré dans notre propre chair. C’est comprendre que la communion avec le divin passe par l’acceptation de notre humanité et de notre corporalité. En intégrant le corps dans notre quête spirituelle, nous découvrons un espace de rencontre où la matière et l’esprit coexistent harmonieusement. Cette union sacrée nous permet non seulement d’honorer notre corps, mais aussi de le voir comme un véhicule de notre évolution spirituelle, une notion que les pratiques tantriques ou certains cheminements chamaniques illustrent parfaitement.

Le Corps dans la Franc-maçonnerie par Franck Fouqueray

Dans son ouvrage intitulé « Les Clés d’une nouvelle Franc-Maçonnerie par le Corps » (disponible sur le site de Numérilivre), Franck Fouqueray explore une dimension souvent négligée de la pratique maçonnique : le rôle central du corps dans la spiritualité et l’initiation maçonnique. Voici une analyse basée sur les idées et concepts présentés par Fouqueray :

Le Corps comme Instrument de l’Initiation

Fouqueray souligne que dans une époque où la vie moderne tend à désincarner les expériences spirituelles, la Franc-Maçonnerie doit réintégrer le corps dans son processus initiatique. Selon lui, le corps est le premier outil du maçon, non seulement comme un symbole, mais comme un véritable moyen d’expérience spirituelle. Il critique la tendance à intellectualiser l’initiation, affirmant que l’expérience maçonnique doit être vécue, ressentie physiquement, et non simplement pensée.

Les Quatre Nourritures du Franc-Maçon

Le livre de Fouqueray propose une relecture des « quatre nourritures » (Disponible sur le site de Dervy) du franc-maçon, qui incluent non seulement les aliments solides et liquides, mais aussi le traitement de l’air (respiration) et l’orientation de la pensée. Il met en avant l’importance de ces éléments pour le bien-être physique et spirituel du maçon, suggérant que chaque aspect de la vie quotidienne, y compris la manière dont on respire et pense, influence le parcours initiatique.

  • Alimentation : Non seulement comme un moyen de survie mais comme une part de l’initiation, où chaque repas partagé en loge devient une occasion de renforcer les liens fraternels et de nourrir l’âme.
  • Respiration : Fouqueray insiste sur les techniques de respiration qui peuvent être utilisées pour centrer le maçon, le préparer aux rituels et lui permettre de mieux intégrer les enseignements maçonniques.
  • Orientation de la Pensée : La manière dont on oriente ses pensées, selon Fouqueray, doit être alignée avec les principes maçonniques, ce qui se traduit par une pratique méditative ou introspective où le corps joue un rôle actif.
  • Air : La qualité de l’air, la respiration consciente pendant les rituels, tout cela contribue à la purification et à l’élévation spirituelle.

Symbolisme Corporel et Rituels

Fouqueray défend l’idée que les rituels maçonniques doivent impliquer le corps de manière plus consciente et intentionnelle. Les gestes, les postures, les déplacements dans l’espace de la loge ne sont pas que symboliques; ils sont des actes de transformation personnelle. Il propose de redonner vie à ces mouvements, les rendant plus significatifs et moins mécaniques, pour que chaque geste rituélique soit une étape dans le développement personnel et spirituel du maçon.

Une Maçonnerie du XXIe Siècle

L’auteur plaide pour une maçonnerie qui ne se contente pas de répéter les rituels du passé mais qui les réinterprète à travers le prisme du corps, en intégrant des pratiques éprouvées par d’autres traditions, comme celles de la Chine ancienne (mentionnant spécifiquement des pratiques de 2500 ans). Il suggère que cette approche pourrait non seulement revitaliser la Franc-Maçonnerie mais aussi l’adapter aux défis contemporains, en offrant une voie plus intégrée et holistique à l’initiation.

Franck Fouqueray invite à une redécouverte du corps dans la Franc-Maçonnerie, le voyant non comme un obstacle mais comme un allié dans la quête spirituelle. Son travail incite à une pratique maçonnique plus vivante, où chaque membre de la loge est conscient de son corps comme un véhicule de son évolution personnelle et collective. Le livre est une invitation à remettre la chair au cœur de l’action maçonnique, pour éviter que l’Art Royal ne devienne une pratique exclusivement philosophique et intellectuelle, mais plutôt un chemin de vie intégral.

Conclusion

La réconciliation entre le corps et l’esprit est une quête fondamentale pour retrouver notre essence véritable. En célébrant notre corps non pas comme une entrave, mais comme un sanctuaire, nous ouvrons la porte à une spiritualité intégrée et vivante. En fin de compte, la communion avec le divin en soi ne peut être atteinte que lorsque nous embrassons pleinement notre humanité, et cela passe par l’honorer et l’aimer, corps et âme. Et n’oublions jamais que le corps est sacré et divin par la nature magique de la vie qui l’anime, un principe que de plus en plus de traditions spirituelles contemporaines s’efforcent de réaffirmer.

François Cheng nous parle de son dernier ouvrage «De l’âme»