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Bandes Dessinées et Franc-maçonnerie : une exposition exceptionnelle au Musée Maçonnique de Berne

Du 12 avril 2025 au 27 juin 2026, le Freimaurer Museum Schweiz (Musée Maçonnique Suisse), situé au 40 Jupiterstrasse à Berne, ouvre ses portes pour une exposition inédite intitulée « Bandes Dessinées et Franc-Maçonnerie ». Cette initiative, qui s’étend sur plus d’un an, explore la richesse des liens entre la franc-maçonnerie et le neuvième art à travers plus de 200 bandes dessinées francophones.

En mêlant approche pédagogique, artistique et humoristique, l’exposition propose une immersion fascinante dans un sujet souvent méconnu du grand public, tout en éclairant les multiples facettes de la franc-maçonnerie à travers des œuvres emblématiques. Accompagnée de conférences-dédicaces et d’installations interactives, cette exposition promet d’être un rendez-vous culturel majeur en Suisse.

Une Exploration Pédagogique et Artistique de la Franc-Maçonnerie dans la BD

Le Freimaurer Museum Schweiz, connu pour ses expositions dédiées à l’histoire et à la symbolique maçonnique, innove avec ce projet ambitieux qui met en lumière la manière dont la franc-maçonnerie a inspiré les auteurs de bandes dessinées francophones. Comme le souligne le musée, plus de 200 BD abordent ce thème, de manière explicite, indirecte ou symbolique, adoptant sept approches distinctes : furtive, humaniste, historique, policière, ésotérique, complotiste et humoristique. Cette diversité reflète la complexité de la franc-maçonnerie, souvent perçue comme une société secrète, mais qui se révèle ici sous des angles variés, allant de la réflexion philosophique à la satire légère.

L’exposition met en avant des œuvres majeures qui ont marqué l’histoire de la BD maçonnique. Parmi elles, Fable de Venise d’Hugo Pratt, où le célèbre Corto Maltese évolue dans un univers empreint de symboles ésotériques ; Le Protocole des Sages de Sion de Will Eisner, qui dénonce les théories complotistes antimaçonniques ; Le Triangle Secret de Didier Convard, une série thriller explorant les mystères maçonniques ; ou encore Les Colonnes de Salomon de Willy Vassaux, qui mêle intrigue historique et symbolisme. Plus de quarante planches originales de ces bandes dessinées sont exposées, offrant aux visiteurs un aperçu concret de la richesse artistique et narrative de ces œuvres.

Un Dispositif Pédagogique pour Tous les Publics

L’exposition se distingue par son approche pédagogique, conçue pour s’adresser à un large public, qu’il soit initié ou profane. Six grands panneaux illustrés bilingues (français et allemand) retracent l’histoire de la bande dessinée, depuis ses origines jusqu’à sa reconnaissance comme neuvième art, tout en expliquant les processus de création d’une BD. Ces panneaux détaillent également les sept approches de la franc-maçonnerie dans la BD, avec des exemples concrets pour chaque catégorie, permettant aux visiteurs de comprendre comment les auteurs ont abordé ce sujet complexe.

Quatre bannières complémentaires offrent des portraits approfondis d’auteurs et dessinateurs ayant exploré la thématique maçonnique. On y découvre des figures comme Hugo Pratt, initié maçonnique et créateur de Corto Maltese, ou encore les équipes de Willy Vassaux et Didier Convard, qui ont popularisé la franc-maçonnerie dans le thriller ésotérique. Ces bannières répondent également à des questions intrigantes, telles que « Hergé était-il franc-maçon ? », une interrogation qui revient souvent dans les cercles tintinophiles en raison des nombreux symboles dans les aventures de Tintin, comme dans Le Trésor de Rackham le Rouge.

Une présentation vidéo complète ce dispositif en répondant à sept questions fréquentes du grand public sur la franc-maçonnerie, à l’aide d’extraits de BD. Des interrogations comme « La franc-maçonnerie est-elle une société secrète ? » ou « Quels sont ses symboles principaux ? » sont abordées de manière didactique, rendant le sujet accessible à tous. Enfin, pour apporter une touche de légèreté, le musée expose sixty dessins humoristiques de François Morel, illustrateur et caricaturiste maçonnique, qui tapissent un mur dédié. Ces dessins, disponibles à l’achat à la fin de l’exposition, offrent une vision satirique et bienveillante des rituels et des clichés maçonniques, faisant sourire les visiteurs.

Un Catalogue et des Albums pour Prolonger l’Expérience

Pour ceux qui souhaitent approfondir leur découverte, un catalogue illustré de l’exposition, disponible en français et en allemand, compile des articles signés par des experts renommés : Arnaud de la Croix, Joël Gregogna, Jack Chaboud, Dominique Alain Freymond, ainsi qu’une interview exclusive de Didier Convard. Ce catalogue, richement illustré, est un souvenir précieux pour les visiteurs, leur permettant de partager cette expérience avec leurs proches. De plus, le musée propose à la vente différents albums de BD maçonniques, offrant une opportunité unique d’acquérir des œuvres marquantes comme Le Triangle Secret ou Corto l’Initié.

Un Cycle de Conférences-Dédicaces pour Rencontrer les Acteurs du Neuvième Art

L’exposition est rythmée par un cycle de conférences-dédicaces publiques, qui permettront aux visiteurs de rencontrer des auteurs, dessinateurs et chercheurs spécialisés dans la franc-maçonnerie et la bande dessinée. Ces événements, organisés tout au long de la période d’exposition, enrichissent l’expérience en offrant des échanges directs avec des figures majeures du domaine.

  • Samedi 7 juin 2025 : Une Journée avec Didier Convard, Denis Falque et François Morel
    Cette journée, qui se tiendra de 10h00 à 16h30, débutera par un mot de bienvenue de Robin Heizmann, directeur du musée, qui expliquera les motivations derrière cette exposition et son rôle dans la démystification de la franc-maçonnerie. À 10h30, Didier Convard et Denis Falque, respectivement scénariste et dessinateur de la série culte Le Triangle Secret ainsi que de L’Épopée de la Franc-Maçonnerie, dévoileront les coulisses de leurs créations. Ils partageront leur approche ésotérique et historique de la franc-maçonnerie, expliquant comment ils ont intégré des symboles et des récits maçonniques dans leurs intrigues. À 14h00, François Morel prendra la parole pour parler de l’humour maçonnique à travers ses œuvres, notamment Les Colonnes sont Muettes et Il en est de Même à l’Orient. La journée se clôturera par une séance de dédicaces jusqu’à 16h30, permettant aux visiteurs de repartir avec des exemplaires signés.
  • Samedi 27 septembre 2025 : Joël Gregogna et ses Réflexions Symboliques
    Joël Gregogna, écrivain franc-maçon et passionné de symbolisme, membre de la Grande Loge de France, présentera ses réflexions autour de deux ouvrages : Bande Dessinée, Imaginaire et Franc-Maçonnerie et Corto l’Initié. Cette conférence explorera la manière dont la franc-maçonnerie inspire l’imaginaire des auteurs de BD, en s’appuyant notamment sur l’univers de Corto Maltese et les travaux d’Hugo Pratt. Une séance de dédicaces suivra, offrant aux visiteurs l’occasion d’échanger avec cet érudit du symbolisme maçonnique.
  • Samedi 21 mars 2026 : Manuel Matthys et la Franc-Maçonnerie dans le Monde Anglo-Saxon – Manuel Matthys, collectionneur et spécialiste de la BD, clôturera le cycle de conférences avec une présentation intitulée « La Franc-Maçonnerie dans le Monde Anglo-Saxon du Neuvième Art ». Il analysera comment la franc-maçonnerie est représentée dans les comics et les graphic novels anglo-saxons, un sujet moins connu mais tout aussi riche que la production francophone. Cette conférence permettra de mettre en perspective les différences culturelles dans l’approche de la franc-maçonnerie à travers la BD.

Le Freimaurer Museum Schweiz : Un Lieu Dédié à la Culture Maçonnique

Situé au cœur de Berne, le Freimaurer Museum Schweiz est une institution dédiée à la préservation et à la diffusion de l’histoire maçonnique. Fondé pour offrir un espace d’éducation et de dialogue, le musée propose des expositions permanentes et temporaires qui explorent les traditions, les symboles et l’impact de la franc-maçonnerie dans le monde. Avec cette exposition, le musée s’ouvre à un public plus large, en utilisant la bande dessinée comme un vecteur accessible pour aborder un sujet souvent perçu comme mystérieux ou élitiste.

Le choix de Berne, capitale de la Suisse et siège de nombreuses obédiences maçonniques, est significatif. La ville est un carrefour culturel et historique, où la franc-maçonnerie a une longue tradition, notamment à travers la Grande Loge Suisse Alpina, l’une des plus anciennes obédiences du pays. Le musée, situé au 40 Jupiterstrasse, est facilement accessible en transports publics et offre un cadre moderne et accueillant pour les visiteurs, qu’ils soient locaux ou internationaux.

Une Démystification de la Franc-Maçonnerie à Travers le Neuvième Art

L’exposition « Bandes Dessinées et Franc-Maçonnerie » s’inscrit dans une démarche plus large de démystification de la franc-maçonnerie, un objectif clairement affiché par le musée. En utilisant le format de la BD, qui combine texte et images pour vulgariser des concepts complexes, l’exposition rend accessible un sujet souvent entouré de clichés et de malentendus. Les sept approches identifiées – furtive, humaniste, historique, policière, ésotérique, complotiste et humoristique – montrent la diversité des regards portés sur la franc-maçonnerie, reflétant à la fois les fantasmes qu’elle inspire et les réalités qu’elle incarne.

La franc-maçonnerie, née au XVIIIe siècle dans sa forme moderne, est une fraternité initiatique qui promeut des valeurs humanistes, comme la liberté, la tolérance et la recherche de vérité. Pourtant, elle est souvent associée à des théories conspirationnistes, comme celles dénoncées par Will Eisner dans Le Protocole des Sages de Sion, ou à des récits ésotériques, comme dans Le Triangle Secret. L’exposition met en lumière cette dualité, offrant aux visiteurs une vision nuancée qui invite à la réflexion plutôt qu’aux préjugés.

Une Invitation à Découvrir et à Réfléchir

L’exposition « Bandes Dessinées et Franc-Maçonnerie » au Freimaurer Museum Schweiz est une occasion unique de découvrir l’intersection entre deux univers riches : la franc-maçonnerie et le neuvième art. Du 12 avril 2025 au 27 juin 2026, les visiteurs pourront explorer des planches originales, assister à des conférences-dédicaces, et repartir avec des albums ou un catalogue illustré pour prolonger l’expérience. Que l’on soit passionné de BD, curieux de la franc-maçonnerie, ou simplement en quête d’une sortie culturelle originale, cette exposition a de quoi séduire.

Pour les habitants de Berne et les visiteurs de passage, le musée offre un voyage à la fois éducatif et divertissant, où l’histoire, l’art et la philosophie se rencontrent. Les conférences de Didier Convard, Denis Falque, François Morel, Joël Gregogna et Manuel Matthys viennent enrichir ce programme, offrant des moments d’échange privilégiés avec des experts et des créateurs. Rendez-vous au 40 Jupiterstrasse à Berne pour une expérience qui promet d’éclairer et d’émerveiller, tout en levant le voile sur les mystères de la franc-maçonnerie à travers le prisme de la bande dessinée.

Jean-Claude Sitbon : un cycle de conférences maçonniques en 2025 pour éclairer le chemin initiatique

Le 31 mars 2025, un communiqué a annoncé le programme des conférences maçonniques de Jean-Claude Sitbon pour l’année à venir, un rendez-vous attendu par de nombreux francs-maçons en quête de lumière et de réflexion. Fidèle à sa mission de transmission et d’approfondissement des savoirs maçonniques, Jean-Claude Sitbon propose un cycle de douze conférences à travers la France, de Marseille à Orléans, en passant par Lille, Montpellier, et Cannes.

Ces interventions, données à titre gracieux, s’inscrivent dans une démarche humaniste et fraternelle, à l’invitation de loges organisant des tenues régulières, exceptionnelles, ou des tenues blanches ouvertes (TBO). Voici une présentation détaillée de ce programme riche et varié, qui promet d’éclairer les symboles, les rituels, et les mystères de la franc-maçonnerie.

Jean-Claude Sitbon : un passeur de savoir maçonnique

Jean-Claude Sitbon

Jean-Claude Sitbon est une figure reconnue dans le monde maçonnique, connu pour la profondeur de ses analyses et sa capacité à rendre accessibles des concepts complexes. Spécialiste des rites maçonniques et de leur symbolisme, il s’attache à explorer les dimensions historiques, philosophiques, et spirituelles de la franc-maçonnerie, avec une prédilection pour le Rite Écossais Rectifié (RER), le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), et le Rite Français. Ses conférences, souvent organisées à l’invitation de loges locales, sont des moments privilégiés pour les maçons souhaitant approfondir leur compréhension de la tradition initiatique.

En 2025, Sitbon parcourra la France pour partager ses connaissances, de la Méditerranée aux plaines du Nord, en passant par le Centre-Val de Loire. Ce programme, qui inclut également une visio-conférence et une tenue blanche ouverte, témoigne de son engagement à rendre la réflexion maçonnique accessible à un large public, tout en s’adaptant aux nouveaux formats de communication.

Un calendrier riche et diversifié

Le cycle de conférences 2025 de Jean-Claude Sitbon s’étend sur toute l’année, avec des interventions dans huit villes françaises, couvrant des thématiques variées et essentielles à la démarche maçonnique. Voici le détail de ce programme :

  • PASSÉ : 5 février 2025 – Cannes (Alpes-Maritimes)
    « La notion de Bienfaisance au Rite Écossais Rectifié »
    La conférence inaugurale de l’année se tiendra sur la Côte d’Azur, à Cannes, une ville au riche passé maçonnique. Sitbon explorera la bienfaisance, un pilier fondamental du Rite Écossais Rectifié, en s’interrogeant sur sa signification spirituelle et pratique dans le cheminement initiatique.
  • PASSÉ : 15 février 2025 – Visio-conférence – Académie maçonnique
    « Hiram biblique, Hiram maçonnique »
    Dans un format innovant, cette conférence en visio-conférence permettra à un public élargi de suivre les réflexions de Sitbon sur la figure d’Hiram, personnage central de la mythologie maçonnique. En comparant l’Hiram biblique et l’Hiram maçonnique, il mettra en lumière les racines historiques et symboliques de ce mythe.
  • PASSÉ : 24 mars 2025 – Lille (Nord)
    « Histoire, sources et particularités symboliques du Rite Écossais Rectifié »
    À Lille, Sitbon offrira une plongée dans l’histoire du Rite Écossais Rectifié, un rite maçonnique d’inspiration chrétienne et chevaleresque. Il en explorera les origines, les influences, et les spécificités symboliques qui en font un chemin initiatique unique.
  • PASSÉ : 31 mars 2025 – Marseille (Bouches-du-Rhône)
    « La Chambre de Préparation du Rite Écossais Rectifié et le Cabinet de Réflexion du REAA et du Rite Français »
    Première des nombreuses conférences prévues à Marseille, cette intervention portera sur les espaces symboliques de préparation dans différents rites. Sitbon comparera la Chambre de Préparation du RER avec le Cabinet de Réflexion, deux lieux clés où le profane est confronté à lui-même avant l’initiation.
  • PASSÉ : 11 avril 2025 – Marseille (Bouches-du-Rhône)
    « La lumière orientale de la Loge »
    Toujours à Marseille, Sitbon abordera la symbolique de la lumière en Loge, un thème central de la franc-maçonnerie. Il explorera la notion de « lumière orientale », qui évoque à la fois l’emplacement symbolique de l’Orient et la quête de connaissance spirituelle.
  • 7 mai 2025 – Six-Fours-les-Plages (Var)
    « La mort initiatique »
    À Six-Fours, dans le Var, Sitbon se penchera sur un sujet profond et universel : la mort initiatique. Ce concept, qui traverse de nombreux rites maçonniques, symbolise la transformation intérieure du maçon, une mort symbolique prélude à une renaissance spirituelle.
  • 14 juin 2025 – Gémenos (Bouches-du-Rhône)
    « La place et le rôle des symboles dans l’enseignement maçonnique »
    Dans la petite commune de Gémenos, près de Marseille, Sitbon offrira une réflexion sur le rôle des symboles dans la franc-maçonnerie. Il analysera comment ces outils universels permettent de transmettre un enseignement ésotérique et d’éveiller la conscience des initiés.
  • 23 septembre 2025 – Martigues (Bouches-du-Rhône)
    « Les heures symboliques de midi et de minuit »
    À Martigues, surnommée la « Venise provençale », Sitbon explorera les significations des heures symboliques de midi et de minuit, deux moments clés dans les rituels maçonniques, associés à la lumière, à l’obscurité, et à la dualité.
  • 29 septembre 2025 – Marseille (Bouches-du-Rhône)
    « Pierre brute et Pierre cubique »
    De retour à Marseille, Sitbon abordera un autre symbole fondamental de la franc-maçonnerie : la pierre, dans ses deux formes, brute et cubique. Il analysera ce que représente le travail de transformation de la pierre brute en pierre cubique, une métaphore du perfectionnement intérieur du maçon.
  • Octobre 2025 (date à préciser) – Montpellier (Hérault)
    Thème à déterminer
    Une conférence est prévue à Montpellier, mais le thème reste à définir. Cette intervention s’inscrira dans la continuité des réflexions de Sitbon, probablement autour d’un sujet lié au symbolisme ou aux rites maçonniques.
  • 18 novembre 2025 – Marseille (Bouches-du-Rhône)
    « Symbolisme et franc-maçonnerie »
    Pour sa dernière conférence marseillaise de l’année, Sitbon offrira une synthèse sur le rôle du symbolisme dans la franc-maçonnerie, un thème transversal qui éclaire l’ensemble de la démarche initiatique.
  • 13 décembre 2025 – Orléans (Loiret)
    « Les heures symboliques de midi et de minuit »
    Le cycle se clôturera à Orléans, une ville au riche passé maçonnique, avec une reprise du thème des heures symboliques de midi et de minuit. Cette conférence, qui coïncide avec la fin de l’année, offrira une belle conclusion méditative à ce programme.

Un engagement altruiste au service de la franc-maçonnerie

Jean-Claude Sitbon
Jean-Claude Sitbon

Jean-Claude Sitbon, fidèle à ses valeurs, donne toutes ses conférences à titre gracieux, un geste qui témoigne de son engagement désintéressé pour la transmission du savoir maçonnique. Comme le précise le communiqué, les loges intéressées par une intervention ou souhaitant obtenir des informations peuvent le contacter directement par courriel à l’adresse jcl.s@free.fr. Cette générosité, rare dans un monde où tout se monnaye, a été saluée par les organisateurs et les participants, qui voient en Sitbon un véritable passeur de lumière.

Une ouverture à la modernité et à la diversité

Ce programme 2025 illustre également la volonté de Sitbon de s’adapter aux évolutions de son époque. La visio-conférence du 15 février, organisée sous l’égide de l’Académie maçonnique, permettra à un public plus large, y compris à ceux qui ne peuvent se déplacer, de bénéficier de ses enseignements. De même, l’une des conférences sera donnée dans le cadre d’une tenue blanche ouverte (TBO), un format qui autorise la présence de profanes, favorisant ainsi le dialogue entre maçons et non-maçons.

La diversité géographique des lieux choisis – des Bouches-du-Rhône au Loiret, en passant par le Nord et le Var – reflète l’ancrage national de Sitbon et sa volonté de toucher des publics variés. Marseille, avec cinq conférences, sera un point d’ancrage majeur, mais des villes comme Orléans, Lille, ou Cannes accueilleront également ces moments de réflexion, renforçant les liens entre les loges de différentes régions.

Un regard tourné vers l’avenir

Le communiqué précise que des conférences pour 2026 sont déjà en cours de programmation, preuve de l’engagement à long terme de Jean-Claude Sitbon. Ce cycle 2025 n’est donc qu’une étape dans une démarche plus large, visant à éclairer les maçons d’aujourd’hui et de demain sur les richesses de leur tradition. À une époque marquée par les bouleversements technologiques et sociétaux, les conférences de Sitbon rappellent l’intemporalité des valeurs maçonniques : la quête de connaissance, le travail sur soi, et la fraternité.

Une invitation à la réflexion et au partage

Pour les francs-maçons et les loges qui auront la chance d’accueillir Jean-Claude Sitbon en 2025, ces conférences seront des moments privilégiés de partage et d’élévation spirituelle. Que ce soit à travers l’analyse des heures symboliques, l’étude de la pierre brute, ou la réflexion sur la mort initiatique, Sitbon propose un voyage au cœur de la franc-maçonnerie, un voyage qui invite chacun à tailler sa pierre intérieure avec patience et humilité.

Les loges de Marseille, Cannes, Lille, Orléans, et des autres villes concernées se préparent déjà à accueillir ces événements avec enthousiasme. Pour les maçons et les profanes intéressés, une seule adresse : jcl.s@free.fr. En attendant, le programme 2025 de Jean-Claude Sitbon s’annonce comme une belle promesse de lumière et de fraternité, dans la plus pure tradition maçonnique.

02/06/25 avec le Droit Humain : Afterwork à Rueil-Malmaison

Afterwork maçonnique

Le 2 juin 2025 à 18h30

Brasserie Le patio – 106 avenue Albert 1er – 92500 Rueil-Malmaison
Venez poser vos questions librement à des Francs-Maçons

Inscriptions cafe92.droithumain@gmail.com

Les Frères et Sœurs des loges maçonniques du Droit Humain des Hauts-de-Seine organiseront un afterwork maçonnique à la Brasserie Le Patio, située au 106 avenue Albert 1er, à Rueil-Malmaison (92500). Annoncé par la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain, cet événement s’inscrit dans une série de rencontres publiques visant à démystifier la franc-maçonnerie et à ouvrir le dialogue avec le grand public.

Cet afterwork, qui débutera à 18h30, promet une soirée conviviale autour des thèmes de la franc-maçonnerie, des questions sociales et de la spiritualité, dans une ambiance détendue et informelle.

Une Invitation à la Découverte de la Franc-Maçonnerie

cocktail au travail discussion
cocktail et discussion en vue de rencontres

L’afterwork du 2 juin à Rueil-Malmaison est une occasion unique pour les curieux et les intéressés de rencontrer des francs-maçons du Droit Humain et de poser toutes leurs questions librement. Organisé par les loges locales des Hauts-de-Seine, l’événement s’adresse à un public varié, qu’il soit novice ou déjà familier avec les principes maçonniques. La Brasserie Le Patio, un lieu chaleureux et accessible, offrira un cadre idéal pour des échanges directs et sans tabou. Comme l’indique l’annonce officielle, il s’agit d’une rencontre où « pas de secret » n’est de mise : les participants pourront aborder tous les sujets, des valeurs fondamentales de la franc-maçonnerie aux pratiques des loges mixtes du Droit Humain.

Le Droit Humain, première obédience maçonnique mixte au monde, fondée en 1893, se distingue par son engagement pour l’égalité entre hommes et femmes et son ouverture à une spiritualité non dogmatique. Cet afterwork s’inscrit dans une démarche plus large de la Fédération française du Droit Humain, qui multiplie les événements publics pour promouvoir ses valeurs : progrès, laïcité, et réflexion sur les grandes questions sociales et spirituelles. À Rueil-Malmaison, les participants pourront ainsi explorer ces thématiques, tout en découvrant l’histoire et les objectifs de cette obédience qui compte aujourd’hui des loges dans plus de 60 pays.

Le Concept des Afterworks Maçonniques : Briser les Barrières et Favoriser le Dialogue

Les afterworks maçonniques, comme celui prévu à Rueil-Malmaison, sont devenus un format prisé par les obédiences maçonniques, notamment le Droit Humain, pour s’ouvrir au public et dépasser les préjugés souvent associés à la franc-maçonnerie. Contrairement aux tenues maçonniques traditionnelles, réservées aux membres initiés, ces rencontres se tiennent dans des lieux publics – cafés, brasseries ou salles municipales – et adoptent une approche informelle. L’objectif est clair : créer un espace de dialogue où les non-maçons peuvent poser des questions, partager leurs interrogations, et mieux comprendre ce que représente la franc-maçonnerie aujourd’hui.

Ces événements s’inscrivent dans une volonté de transparence et de démystification. La franc-maçonnerie, souvent perçue comme une société secrète ou élitiste, souffre de nombreux clichés : rites mystérieux, influence occulte, ou encore réseaux de pouvoir. Les afterworks maçonniques cherchent à contrer ces idées en mettant en avant les valeurs humanistes et philosophiques qui animent les loges. Au Droit Humain, par exemple, l’accent est mis sur la mixité, la laïcité, et la recherche d’un progrès social et spirituel. Autour d’un verre, dans une ambiance détendue, les participants peuvent ainsi découvrir que la franc-maçonnerie est avant tout une démarche introspective et collective, axée sur le travail symbolique et la réflexion éthique.

Le format de l’afterwork, qui se tient généralement en fin de journée, est particulièrement adapté à un public actif. Il permet aux personnes intéressées, mais souvent prises par leurs obligations professionnelles ou familiales, d’assister à une rencontre sans contraintes formelles. À Rueil-Malmaison, comme lors d’autres événements similaires organisés par le Droit Humain – à Paris, Nantes ou Metz, par exemple –, la soirée se veut un moment d’échange et de convivialité, où les barrières entre maçons et profanes s’effacent le temps d’une discussion.

Une Série d’Événements pour 2025 : Le Droit Humain en Action

Sylvain Zeghni

L’afterwork de Rueil-Malmaison n’est pas un événement isolé. La Fédération française du Droit Humain a prévu un calendrier 2025 riche en rencontres publiques, reflétant son dynamisme et son engagement à dialoguer avec la société. Parmi les événements annoncés, une conférence publique sur « Le Droit Humain et la loi sur la fin de vie » aura lieu le 15 février à Mende, animée par Sylvain Zeghni, Grand Maître National. Le 8 mars, à Montpellier, une journée spéciale pour la Journée internationale des droits des femmes abordera des thématiques comme l’excision et le rôle de la laïcité pour les femmes en Europe. Le 29 avril, un café maçonnique se tiendra à Clermont-Ferrand, et le 14 juin, une causerie est prévue à Rodez.

Ces initiatives montrent la volonté du Droit Humain de s’impliquer dans les débats contemporains, qu’il s’agisse de questions sociales, environnementales ou spirituelles. À Rueil-Malmaison, l’afterwork du 2 juin s’inscrit dans cette dynamique, en offrant un espace de réflexion accessible à tous, dans une ville de la région Île-de-France où la franc-maçonnerie est bien implantée. La proximité de Rueil-Malmaison avec Paris en fait un lieu stratégique pour toucher un public diversifié, tout en ancrant l’événement dans une communauté locale.

Pourquoi Participer à cet Afterwork ?

Pour les habitants de Rueil-Malmaison et des environs, cet afterwork est une opportunité rare de découvrir la franc-maçonnerie sous un angle humain et accessible. Que l’on soit simplement curieux, en quête de sens, ou intéressé par une éventuelle initiation, la soirée permettra de poser des questions concrètes : Qu’est-ce qu’une loge mixte ? Comment fonctionne le Droit Humain ? Quels sont les engagements des francs-maçons dans la société d’aujourd’hui ? Les membres présents, issus des loges des Hauts-de-Seine, partageront leur expérience et leurs motivations, offrant un aperçu authentique de leur démarche.

L’événement est gratuit et ouvert à tous, avec une consommation à la charge des participants, comme c’est souvent le cas dans ce type de rencontre. La Brasserie Le Patio, située dans un quartier central de Rueil-Malmaison, est facilement accessible en transports ou en voiture, et son cadre convivial favorisera les échanges. Pour ceux qui hésitent encore, le Droit Humain rappelle que ces afterworks ne sont pas des séances de recrutement, mais des moments de partage, où chacun est libre de s’exprimer et de repartir avec ses propres conclusions.

Une Tradition d’Ouverture et de Progrès

Le Droit Humain, en organisant ce type d’événement, perpétue une tradition d’ouverture qui remonte à ses origines. Fondée par Maria Deraismes et Georges Martin, l’obédience a toujours défendu l’idée que la franc-maçonnerie devait s’adapter aux évolutions de la société et inclure tous les êtres humains, sans distinction de genre. Aujourd’hui, face aux défis du XXIe siècle – montée des inégalités, crises environnementales, questionnements spirituels –, le Droit Humain se positionne comme un acteur de réflexion et de dialogue, cherchant à construire un monde plus juste et plus éclairé.

L’afterwork du 2 juin à Rueil-Malmaison est donc bien plus qu’une simple rencontre : c’est une invitation à explorer une démarche philosophique et humaniste, dans un cadre détendu et moderne. Pour les habitants des Hauts-de-Seine et d’Île-de-France, c’est une occasion à ne pas manquer pour lever le voile sur la franc-maçonnerie et, peut-être, trouver des réponses à des questions personnelles ou sociétales. Rendez-vous à la Brasserie Le Patio, le 2 juin à 18h30, pour une soirée qui promet d’être aussi enrichissante que conviviale.

Inscriptions : cafe92.droithumain@gmail.com

Yvan Blot dévoile que la Franc-maçonnerie est le réseau social le plus exclusif de France

De notre confrère lemediaen442.fr

Notre confrère le Média 4-4-2 a interviewé Yvan Blot. Son propos vaut son pesant d’or, au point que nous avons décidé de le classer dans la rubrique des articles antimaçonniques.

La franc-maçonnerie ne se contente évidemment pas d’être un club discret : elle est une machine à influencer nominations et carrières. Yvan Blot, ancien inspecteur général, nous livrait en 2017 deux témoignages vécus révélant un système où l’appartenance à la confrérie conditionne l’accès au pouvoir.

Yvan Blot lève un coin du voile : à l’Intérieur, tous les chefs de l’inspection depuis 1945 étaient franc-maçons, un « poste clé » réservé aux initiés. Pire, un proche, kinésithérapeute, avoue ne pouvoir quitter le Grand Orient sous peine de ruine professionnelle, ses clients médecins lui retirant leur soutien.

Ces récits confirment une réalité glaçante : la République fonctionne à deux vitesses, celle du mérite officiel et celle des affiliations occultes. Entre favoritisme et chantage économique, la franc-maçonnerie impose sa loi silencieuse, réduisant l’État à un jeu de connivences.

Audio de 2017 (Radio Courtoisie) dans laquelle Yvan Blot (ancien inspecteur général de l’administration) raconte deux anecdotes très concrètes pour décrire la réalité du réseautage maçonnique gangrénant les institutions françaises ; ou comment des postes clés sont réservés aux membres de certaines confréries initiatiques…

Emmanuel Macron à la GLDF ce lundi : une visite historique pour célébrer la Laïcité

Comme annoncé le 29 mars dernier par 450fm, le président de la République, Emmanuel Macron, honorera bien de sa présence la Grande Loge de France (GLDF) ce lundi 5 mai 2025, au siège de l’obédience situé rue Louis Puteaux, dans le XVIIe arrondissement de Paris. Cette visite, confirmée ce vendredi par la chaîne d’information en continu BFMTV, marque un événement sans précédent : jamais un président de la République en exercice n’avait franchi les portes de cette obédience maçonnique, la deuxième plus importante de France avec ses 32 000 membres.

À quelques mois du 120e anniversaire de la loi de séparation des Églises et de l’État, adoptée le 9 décembre 1905, Emmanuel Macron entend saisir cette occasion pour prononcer un discours majeur sur la laïcité, une valeur fondatrice de la République française. Décryptage des raisons et du contexte de cette visite historique.

Madame Rachida DATI, ministre de la Culture sera également présente.

Déroulé prévisionnel :

Lundi 5 mai 2025

  • 17h05

Arrivée du Président de la République à la Grande Loge de France.

  • 18h30
  • Discours du Président de la République.

Une Première pour un Président de la République

La venue d’Emmanuel Macron à la GLDF est un moment symbolique, tant pour la franc-maçonnerie que pour la présidence française. Si le chef de l’État s’était déjà rendu en 2023 au siège du Grand Orient de France (GODF) à l’occasion de son 250e anniversaire, marquant ainsi une reconnaissance officielle de l’apport maçonnique à la République, cette visite à la GLDF est une première. Contrairement au GODF, qui compte 55 000 membres et se positionne comme une obédience plus engagée sur les questions sociétales avec une sensibilité traditionnellement ancrée à gauche, la GLDF, exclusivement masculine, est réputée pour sa discrétion et son approche plus spiritualiste. Cette obédience privilégie une réflexion intérieure et symbolique, souvent moins médiatisée que celle de son homologue.

Le programme de la visite est à la hauteur de l’événement. Emmanuel Macron débutera par une exploration du musée de la GLDF, où il découvrira des pièces historiques illustrant le rôle de l’obédience dans la préservation des valeurs républicaines. Il s’entretiendra ensuite avec le Grand Maître, Thierry Zaveroni, lors d’un échange privé, avant de prononcer un discours dans le temple Pierre-Brossolette, dédicace en hommage à l’ancien résistant et franc-maçon. Ce lieu, chargé de symboles, offrira un cadre solennel à une allocution très attendue sur la laïcité, ouvrant ainsi les commémorations officielles du 120e anniversaire de la loi du 9 décembre 1905.

La Laïcité au cœur du discours présidentiel

Le Président de la République Française Emmanuel Macron

Le choix de la GLDF comme tribune pour un discours sur ce principe républicain n’est pas anodin. Comme l’a précisé la Présidence française, Emmanuel Macron souhaite « rappeler l’esprit de liberté » qu’a consacré la loi de séparation des Églises et de l’État, texte fondamental qui fait partie intégrante de la Constitution. Cette loi, dont le maître d’œuvre fut Aristide Briand, a établi une séparation rigoureuse entre les institutions religieuses et l’État, garantissant la liberté de conscience et l’égalité de tous les citoyens, quelles que soient leurs croyances. À une époque où la société française est traversée par des débats sur la laïcité, le racisme, l’antisémitisme et l’intolérance religieuse s’entendant aussi bien d’une attitude négative allant jusqu’à la discrimination envers les croyants d’une foi particulière que l’action de tenants d’un culte déterminé visant à dominer voire à éliminer d’autres pratiques confessionnelles ou philosophiques, le président entend réaffirmer l’importance du principe de laïcité comme pilier de l’unité nationale.

La franc-maçonnerie a joué un rôle clé dans l’élaboration et la défense de la laïcité. Depuis sa fondation, elle s’est attachée à promouvoir une vision de la société où la liberté de pensée prévaut sur les dogmes religieux ou politiques. En choisissant de s’exprimer depuis le siège de la GLDF qui revendique une voie spirituelle adogmatique, Emmanuel Macron s’inscrit dans la lignée des « pères fondateurs » de la loi de 1905, tout en envoyant un message fort : la laïcité, loin d’être une contrainte, est un instrument de protection, une « loi de liberté » qui doit être révérée et défendue par tous. Selon l’Élysée, ce discours vise à préparer le terrain pour les commémorations de décembre 2025, qui marqueront les 120 ans de cette législation emblématique.

Un contexte sociétal et politique chargé

Cette visite intervient dans un contexte où les tensions autour de la laïcité et des questions identitaires se sont exacerbées en France. Les débats sur le port de signes religieux ou de tous autres signes convictionnels, l’exacerbation des discours extrémistes et les crispations liées à l’antisémitisme ou à l’hostilité envers les musulmans sinon au rejet de l’islam (pour ne pas recourir au néologisme d’islamophobie, quelque peu extensivement manipulé aujourd’hui), sans compter la montée des actes de terrorisme prétendument religieux, tout cela n’a cessé de fragiliser le consensus républicain. Emmanuel Macron, dont la gestion de ces sujets n’a pas toujours convaincu les plus larges pans de l’opinion publique, semble vouloir reprendre la main en réaffirmant son attachement à une laïcité « apaisée » mais ferme. Lors de son discours au GODF en 2023, il avait déjà insisté sur le rôle historique de la franc-maçonnerie dans l’édification de la République, tout en abordant des sujets sensibles comme la fin de vie et la bioéthique. Cette fois-ci, l’accent sera mis sur la laïcité, mais aussi sur les défis contemporains qui menacent l’unité nationale.

Il est intéressant de noter que cette démarche s’inscrit dans une série d’initiatives présidentielles visant à dialoguer avec les différentes composantes de la société française. Après avoir rencontré les représentants des cultes et les francs-maçons du GODF, Emmanuel Macron poursuit ainsi une œuvre de réconciliation et de dialogue, en s’efforçant de clarifier davantage sa position sur la laïcité. Certains observateurs y voient une réponse aux critiques qui lui ont été adressées, notamment après son discours controversé de 2018 devant la Conférence des évêques au collège des Bernardins, où il avait évoqué un « lien abîmé » entre l’Église et l’État, provoquant l’indignation de certains défenseurs de la laïcité, y compris au sein des obédiences maçonniques.

La GLDF : Une Obédience discrète mais influente

La Grande Loge de France, fondée en 1894, se distingue par son approche plus introspective et spirituelle de la franc-maçonnerie. Contrairement au GODF, qui s’engage souvent publiquement sur des questions sociétales, la GLDF privilégie le travail symbolique et initiatique, centré sur la quête de sens et la réflexion philosophique. Cette obédience masculine n’en a pas moins joué un rôle important dans l’histoire de France, notamment en soutenant les idéaux républicains et la laïcité. De nombreuses et hautes figures y appartenant, dont il n’est pas lieu ici de dresser la liste, ont incarné cet engagement au service de la République.

La visite d’Emmanuel Macron à la GLDF est donc perçue comme une reconnaissance de cette contribution historique, mais aussi comme un geste d’ouverture envers une obédience qui, bien que plus discrète, n’en demeure pas moins influente. Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF, devrait profiter de cette rencontre pour réaffirmer les valeurs de l’obédience, notamment son attachement à la laïcité comme garante de la liberté de conscience. Ce dialogue entre le Président et la GLDF pourrait également ouvrir la voie à des échanges plus réguliers entre l’État et les obédiences maçonniques, sur les grands enjeux de société.

Une visite sous le signe de l’Histoire et de l’actualité

Thierry Zaveroni – Grand Maître de la GLDF

La venue d’Emmanuel Macron à la GLDF n’est pas seulement un événement symbolique ; elle s’inscrit dans une actualité politique et sociétale brûlante. En cette année 2025, marquée par des crises internationales (guerre en Ukraine, tensions au Moyen-Orient) et des défis intérieurs (crise politique, montée des extrêmes), le Président semble vouloir recentrer le débat sur les valeurs fondamentales de la République. La laïcité, en tant que principe d’égalité et de liberté, est au cœur de ce projet. En s’exprimant devant la GLDF, Emmanuel Macron choisit le cadre d’un courant de pensée humaniste et spirituel qui a tout son rôle à jouer dans l’accomplissement de consciences citoyennes, dans sa tradition historique et symbolique propre.

Cette visite intervient également à un moment où le Président cherche à consolider son image de « rassembleur ». Après une année 2024 marquée par une dissolution de l’Assemblée nationale et une perte de majorité, comme ses vœux du 31 décembre dernier en faisait le constat, Emmanuel Macron a appelé à un « ressaisissement collectif » pour 2025. Sa tournée récente dans l’océan Indien, où il a abordé des sujets comme la reconstruction de Mayotte après le cyclone Chido ou l’épidémie de chikungunya à La Réunion, montre sa volonté de se reconnecter avec les territoires et les populations. Ce déplacement à la GLDF s’inscrit dans cette même logique : en dialoguant avec une institution qui a façonné les valeurs républicaines, le président vise à consolider son image de garant de l’unité nationale.

Une étape vers les commémorations de décembre

Le discours d’Emmanuel Macron ce lundi 5 mai sera une étape clé dans la préparation des commémorations du 120e anniversaire de la loi de 1905, prévues en décembre. Selon la Présidence, le chef de l’État souhaite que ces célébrations soient marquées par « l’esprit de liberté » qui a présidé à l’adoption de cette loi. En s’adressant à la GLDF, il pose les jalons d’un discours plus large sur la place de la laïcité dans la France du XXIe siècle, à une époque où les tensions identitaires et religieuses menacent de fracturer la société.

Les attentes sont donc élevées, tant du côté des francs-maçons que de l’opinion publique. La GLDF, par la voix de son Grand Maître, espère que cette visite renforcera le dialogue entre l’État et la franc-maçonnerie, tout en mettant en lumière le rôle de cette dernière dans la défense des valeurs républicaines. Pour Emmanuel Macron, ce déplacement est une occasion de clarifier sa vision de la laïcité et de répondre aux critiques qui lui ont été adressées ces dernières années, tout en s’inscrivant dans une continuité historique qui dépasse les clivages politiques.

Un moment d’Histoire et de réflexion

Ce lundi 5 mai 2025, la rue Louis-Puteaux sera le théâtre d’un moment historique. La venue d’Emmanuel Macron à la Grande Loge de France, une première pour un président en exercice, est bien plus qu’un simple déplacement officiel : c’est un symbole de reconnaissance envers une institution qui a contribué à façonner la République et une invitation à réfléchir aux défis actuels de la laïcité.

Dans un monde marqué par les divisions et les incertitudes, ce discours a pour ambition d’enraciner les valeurs constitutives de la Nation dans l’esprit des Français.

Quand l’intelligence artificielle et la mystique s’associent…

De notre confrère radiofrance.fr – Avec Pascal Lardellier

Notre rapport à l’intelligence artificielle peut être éclairé à l’aide de théories et de concepts qui peuvent réenchanter notre perception des nouvelles technologies.

Si les pratiques religieuses sont tombées en désuétude depuis plus d’un siècle, il semble que ce soit via nos pratiques numériques que notre besoin de sacré tente de s’épanouir. C’est en tout cas une piste de recherche que suivent des anthropologues. Ils s’appuient pour étayer leurs propos sur des mystiques, théologiens et philosophes qui ont construit notre pensée occidentale.

Nous abordons les liens entre l’intelligence artificielle et le sacré avec Pascal Lardellier, professeur à l’Université Bourgogne Europe. Il a cosigné un article avec Emmanuel Carré, paru dans The Conversation, sur les liens de plus en plus ténus qu’entretient l’intelligence artificielle avec la mystique.

Si ce rapprochement peut paraître un peu étrange, il n’est pourtant pas nouveau. Beaucoup de penseurs et de théologiens ont affirmé qu’il n’existe pas d’opposition fondamentale entre sacralité et technicité. Pour étayer ses propos, Pascal Lardellier convoque des concepts le « Hau » de Marcel Mauss. Comment le relie-t-il à l’usage de l’IA aujourd’hui ?  » Ce qui nous intéressait dans ce texte, c’est de prouver qu’à côté des approches prioritaires de l’IA (économique, pédagogique, sociétale), il y a toute une lecture qui peut être faite en termes de mystique. Alors, on pensait depuis Max Weber que le monde s’était désenchanté, et puis on pensait que la technique avait posé le dernier clou sur le cercueil de cet enchantement du monde, et il n’en est rien.« 

En effet lorsqu’on se penche sur certains concepts mystiques ou anthropologiques, « on s’aperçoit que les nouvelles technologies revisitent le vers de Lamartine : « Objets inanimés, avez vous donc une âme? ». Nous avons puisé aux sources de l’anthropologie. D’après le beau concept de Hau : l’esprit qui anime les choses, dans la magnifique théorie de Marcel Mauss, les objets sont animés d’une puissance qui les fait circuler et revenir à celui qui a donné. C’est en effet très beau et c’est vrai que les nouvelles technologies, et notamment l’I.A,  peuvent éveiller cette idée d’une autonomie, quasiment d’une conscience, qui animerait les objets à notre corps défendant. »

Comment expliquer que des technologies numériques se trouvent investies d’une dimension sacrée aujourd’hui ? Pascal Lardellier convoque deux grands théologiens pour mettre en forme cette idée : Pierre Teilhard de Chardin et l’Allemand Rudolf Otto. « Teilhard de Chardin, avec sa théorie de la noosphère, une conscience qui se répandrait à l’échelle de la planète pour relier toutes les consciences et en faire une conscience collective. On n’en est pas très loin avec Internet, même avant l’IA, cette espèce de conscience qui fait qu’on pose une question et qu’aussitôt des réponses remontent. Bien évidemment, depuis deux ou trois ans, avec l’IA, on est passés de l’artisanat à l’industrie, puisque là on pose n’importe quelle question, et dans la seconde remontent des réponses construites, argumentées, bien écrites. » Rudolf Otto ensuite, « qui nous disait que le rapport à la mystique, c’est un rapport numineux, qui fait qu’on a à la fois un enchantement et une terreur face à une connexion directe à d’autres sphères qui nous dépassent et nous englobent. C’est précisément l’expérience sacrée que nous permet de revisiter l’IA.« 

Est-ce qu’on peut dire qu’aujourd’hui les réseaux numériques réalisent l’union spirituelle recherchée par les mystiques ? Peut-on aller jusque là ? « Ces lectures restent quand même métaphoriques. Elles sont allégoriques. On ne peut pas dire qu’il y a de connexion directe d’un point de vue théorique, mais néanmoins, c’est vrai que Pierre Teilhard de Chardin et Rudolf Otto, avec d’autres, ont été visionnaires. Ils ont été tellement visionnaires dans ce qu’ils décrivaient que toutes choses égales par ailleurs, on peut y voir effectivement des correspondances assez troublantes et saisissantes.« 

Il est aussi tentant de voir des correspondances entre  l’IA et le maggid , concept issu de la mystique juive et qui désigne le messager qu’on retrouve dans la Torah. « C’était dans la mystique juive aux XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, la possibilité d’avoir une relation directe avec un messager céleste qui allait révéler aux sages les secrets de la Torah. Quand on voit le dialogue direct que nous avons avec Siri ou Alexa – on pose une question et puis dans la seconde une réponse est apportée, elle anticipe même parfois quand nous sommes en voiture des problèmes de circulation, des dangers – quelque chose de l’ordre de cette visitation mystique. On le retrouve très bien dans toute la littérature New Age sur les anges gardien, dans des ouvrages nous disant qu’on peut avoir une relation directe avec notre ange gardien qui va nous parler, nous répondre, nous conseiller. Et c’est un petit peu la même logique. »

Selon Pascal Lardellier, ces concepts nous permettent de réenchanter le rapport à la technique et à la technologie, et plus précisément le rapport à l’intelligence artificielle.

Teilhard de Chardin, Jung et la Franc-maçonnerie : « Vers l’unité du monde et de l’homme »

(avec Jean Daniélou, Gaston Granger/Tourniac et René Guénon en contrepoint)

S’il est des figures qui, sans jamais s’être croisées, se répondent dans les profondeurs de la pensée spirituelle et symbolique, Pierre Teilhard de Chardin, Carl Gustav Jung, Jean Daniélou, René Guénon, Gaston Granger, et la Franc-Maçonnerie initiatique en font assurément partie.

Pierre Teilhard de Chardin

Chacun, à sa manière, interroge le sens de l’homme, du monde et de sa transformation intérieure. Ce que je propose ici, c’est de montrer comment ces approches — mystique, symbolique, philosophique ou initiatique — dessinent ensemble une carte du chemin intérieur vers l’unité.

Teilhard de Chardin, bien que ni franc-maçon, ni proche de la psychologie analytique de Jung au sens strict, développe pourtant des idées et intuitions qui entrent en profonde résonance avec la pensée maçonnique et la psychologie jungienne.

I. Teilhard de Chardin, Jung, Granger : le devenir comme principe

Teilhard de Chardin voit dans l’univers une montée irréversible vers la conscience, un dynamisme évolutif animé par une tension vers le Point Oméga, figure du Christ cosmique. Il s’agit moins de contempler que de participer à l’évolution spirituelle du monde, en devenant co-créateurs avec Dieu.

Carl Gustav Jung

De son côté, Carl Gustav Jung décrit un chemin de transformation intérieure, où l’homme s’individue en affrontant ses ombres, ses projections, pour découvrir le Soi, centre archétypal de la psyché. Ce travail est analogue au travail alchimique, et rejoint l’idéal maçonnique de perfectionnement progressif.

C’est précisément cette dynamique du devenir que Gaston Granger place au cœur de la pensée humaine : pour lui, toute pensée symbolique est aussi expérimentation de sens, une mise en forme du réel par l’intermédiaire du langage, du mythe et du rite. La pensée n’est pas enfermée dans la logique, elle est pouvoir créateur, elle se cherche dans le symbole vivant, à l’image du rituel maçonnique.

II. Langage symbolique et herméneutique du sacré

La Franc-Maçonnerie, tout comme Jung et Guénon, place le symbole au cœur de son action. Le symbole n’est pas un code à décoder, mais une porte vers l’invisible. Pour Jung, les symboles sont issus de l’inconscient collectif, et leur puissance vient de ce qu’ils ouvrent à l’indicible.

Guénon, dans Le Symbolisme de la Croix ou L’ésotérisme de Dante, insiste sur le fait que le symbole est un véhicule de connaissance traditionnelle. Mais là où Jung verrait un archétype vivant de la psyché, Guénon y voit une révélation métaphysique, participation à une vérité éternelle.

Teilhard de Chardin, lui, redonne au symbole une dimension cosmique : l’homme devient transparence du monde au divin, et le Christ est le symbole vivant de la réintégration du multiple dans l’Un.

Enfin, Jean Daniélou, dans Dieu et nous, rappelle que le christianisme primitif est profondément symbolique. Il retrouve dans les Pères de l’Église une lecture typologique, qui relie visible et invisible. Cette lecture est très proche de celle de la Franc-Maçonnerie : chaque symbole est à la fois mémoire et promesse, passé et accomplissement en devenir.

III. Tradition, spiritualité et transmission

René Guénon insiste avec force sur la dimension traditionnelle de l’initiation. Pour lui, l’initiation maçonnique ne vaut que si elle s’enracine dans une chaîne de transmission authentique, et conduit l’homme non à une psychologie du Moi, mais à la réintégration métaphysique dans le Principe.

À l’inverse, Teilhard de Chardin croit en une mystique du futur, en une spiritualité incarnée dans l’histoire, évolutive, qui ne revient pas à l’origine mais converge vers l’accomplissement.

Granger tranche : toute vérité est à construire, toute pensée se déploie dans l’histoire. L’initiation, dans cette optique, serait élaboration progressive du sens par le rituel, la parole et le symbole.

Dans cette tension entre verticalité traditionnelle (Guénon) et horizon évolutionnaire (Teilhard de Chardin), la Franc-Maçonnerie est peut-être ce carrefour vivant, ce lieu d’articulation entre la mémoire immémoriale du sacré et la quête toujours actuelle de l’homme.

IV. L’homme, pont entre terre et ciel

Pour Jung, l’homme est un pont entre le conscient et l’inconscient, entre l’humain et le divin. Le Soi est une totalité vers laquelle tout gravite, une figure de l’unité intérieure.
Teilhard de Chardin, de son côté, voit l’homme comme le point de courbure de l’univers, là où la matière devient pensée, et où la pensée peut devenir adoration. L’homme est sacerdotal, il unit la terre au ciel.

Personne seule au sommet d'une montagne
Personne seule au sommet d’une montagne

Guénon, plus réservé sur la modernité, insiste : l’homme véritable est l’homme transcendant, qui par le rite, le symbole et la contemplation, retrouve l’intériorité sacrée. C’est la figure du centre.

Jean Daniélou rejoint Teilhard de Chardin, mais dans une théologie plus ecclésiale : pour lui, le Christ est la plénitude de l’homme, celui qui réalise dans sa personne l’unité entre Dieu et la création.

Dans la Franc-Maçonnerie, cette figure de l’homme-pont est partout présente : dans l’Équerre et le Compas, dans la colonne B et la colonne J, dans la chambre du milieu. L’initié est celui qui fait le lien, celui qui unit ce qui semblait séparé.

Pour conclure, l’unité par la pluralité des voies

Teilhard de Chardin, Jung, Guénon, Daniélou, Granger… tous posent à leur manière la même question fondamentale : qui est l’homme ? et vers quoi tend-il ?

sept mains en étoile
deux doigts pour chacune des sept mains

• Teilhard de Chardin répond : vers le Christ cosmique, plénitude de l’être et de l’univers et précise « Le monde n’est pas clos. Il est une montée. »
• Jung : vers le Soi, unité intérieure de l’âme.
• Guénon : vers le Principe, retour à l’origine métaphysique et pour lui « La voie qui ne mène nulle part est la voie la plus profonde. »
• Daniélou : vers Dieu par l’histoire et les signes.
• Granger : vers une pensée du monde symbolique, en perpétuelle construction et conclut « Ce n’est pas le symbole qui est obscur, c’est notre regard qui n’est pas encore initié. »-
• La Franc-Maçonnerie : vers la Lumière, au cœur d’un chemin initiatique de perfectionnement.

Tous parlent d’unité, tous la cherchent, tous nous rappellent que l’homme est un lieu de passage, un chantier sacré, où se construit une autre architecture, invisible, mais essentielle.

La Musique Maçonnique : Un Voyage du Profane au Sacré – Retour sur la Conférence du Cercle Mathurin Terrier

Le Cercle Philosophique Mathurin Terrier, fidèle à sa mission de reconnaissance et d’amitié, a organisé une conférence captivante intitulée La Musique maçonnique : du profane au sacré, animée par Anne-Claire Scébalt. Cet événement, qui s’est tenu salle Loire à Ancenis, a réuni 80 passionnés pour un voyage musical et symbolique à travers les siècles. En explorant les œuvres de compositeurs emblématiques, de la période médiévale à l’époque contemporaine, la conférencière a offert une plongée profonde dans l’univers de la musique maçonnique, révélant ses dimensions spirituelles et philosophiques.

Une Exploration Musicale et Symbolique à Travers les Âges

La conférence a débuté par une introduction aux origines de la musique maçonnique, un art intimement lié aux rituels et aux idéaux de la franc-maçonnerie. Anne-Claire Scébalt a guidé son auditoire à travers une fresque chronologique, depuis les chants sacrés du Moyen Âge jusqu’aux compositions modernes, en mettant en lumière les intentions des compositeurs et les significations cachées de leurs œuvres. La singularité mélodique de chaque pièce a été décryptée, permettant aux auditeurs de saisir les passerelles entre le profane et le sacré, deux dimensions souvent entrelacées dans la musique maçonnique.

Parmi les œuvres présentées, Viderunt omnes de Pérotin (1199), interprété par The Hilliard Ensemble (1989), a ouvert le voyage. Ce chant grégorien, composé pour la liturgie de Noël, illustre la richesse polyphonique de l’École de Notre-Dame, une période clé dans l’évolution de la musique sacrée. Sa structure complexe, mêlant rigueur et élévation spirituelle, a résonné comme une introduction parfaite aux thèmes de la soirée.

Le XVIIIe siècle, période d’essor de la franc-maçonnerie en Europe, a été largement représenté. Anne-Claire Scébalt a exploré Iphigénie en Tauride de Christoph Willibald Gluck (1779), avec une interprétation de l’Introduction et du chœur par Les Musiciens du Louvre sous la direction de Marc Minkowski (2001). Cette œuvre, empreinte de dramaturgie, reflète les idéaux maçonniques d’humanité et de quête de vérité, thèmes chers à Gluck, lui-même initié. De la même époque, le Rituel maçonnique funèbre, le Déluge de François Giroust (1784), dirigé par René Cotte (1990), a permis d’illustrer les musiques spécifiquement composées pour les cérémonies maçonniques, où la solennité et le symbolisme dominent.

Mozart et Wagner : Figures Emblématiques de la Musique Maçonnique

Un moment fort de la conférence a été l’analyse de Die Zauberflöte (La Flûte enchantée) de Wolfgang Amadeus Mozart (1791), interprétée par le Mahler Chamber Orchestra sous la direction de Claudio Abbado (2005). Mozart, membre actif de la franc-maçonnerie, a insufflé dans cette œuvre des symboles maçonniques évidents : le chiffre trois (trois dames, trois génies, trois épreuves) et une quête initiatique menant à la lumière. L’Ouvertüre, avec ses accords majestueux, a captivé l’auditoire, qui a pu apprécier comment Mozart transcende le profane pour toucher au sacré à travers une musique universelle.

Le Quatuor en Do Majeur, Les Dissonances, K.465 (adagio-allegro) de Mozart (1785), interprété par le Quatuor Mosaïques (2001), a également été abordé. Dédié à Joseph Haydn, un autre compositeur influencé par les idéaux maçonniques, ce quatuor illustre la recherche d’harmonie et d’équilibre, des valeurs centrales de la franc-maçonnerie.

Richard Wagner, avec Parsifal (1882), interprété par le Berliner Philharmoniker sous Herbert von Karajan (1981), a offert une autre perspective. Bien que Wagner ne fût pas maçon, son opéra explore des thèmes spirituels et mystiques proches des préoccupations maçonniques, comme la quête de rédemption et la transcendance. La musique de Parsifal, avec ses longues progressions harmoniques, a transporté l’auditoire dans une méditation profonde sur le sacré.

De Strauss à l’Époque Moderne : La Musique comme Réflexion Philosophique

La conférence s’est également tournée vers des œuvres plus modernes, comme Also Sprach Zarathustra de Richard Strauss (1896), interprété par le Berliner Philharmoniker sous Herbert von Karajan (1995). Les sections Sonnenaufgang (Lever de soleil), Von der grossen Zehnsucht (Du grand désir) et Von der Wissenschaft (De la science) ont été analysées pour leur portée philosophique. Inspirée par Nietzsche, cette œuvre résonne avec les idéaux maçonniques de quête de connaissance et d’élévation spirituelle, bien que Strauss n’ait pas été directement lié à la franc-maçonnerie.

Anne-Claire Scébalt a souligné comment ces compositions, qu’elles soient explicitement maçonniques ou symboliques, invitent à une réflexion intime. La musique, dans sa capacité à transcender les mots, devient un vecteur d’initiation, reliant l’auditeur à des vérités profondes, qu’elles soient profanes ou sacrées.

Un Échange Fructueux avec le Public

L’événement s’est distingué par la qualité des échanges entre Anne-Claire Scébalt et le public. Les 80 participants, visiblement captivés, ont posé des questions pointues, permettant d’approfondir des aspects techniques et symboliques des œuvres présentées. Cette interaction a enrichi la compréhension collective, offrant une nouvelle grille de lecture pour aborder la musique maçonnique. Comme l’a souligné la conférencière, cette approche permet à chacun de tisser un lien plus personnel avec les œuvres, qu’il s’agisse d’un opéra de Mozart ou d’un chant médiéval de Pérotin.

Perspectives et Engagement du Cercle Mathurin Terrier

Le succès de cette conférence, saluée comme « intéressante et captivante » par les participants, ouvre la voie à de nouvelles initiatives du même type. Le Cercle Philosophique Mathurin Terrier, basé à Ancenis, réaffirme ainsi son rôle de passeur culturel dans le territoire. En proposant des événements qui mêlent réflexion, art et philosophie, le cercle continue de nourrir les esprits curieux et de tisser des liens d’amitié intellectuelle.

La Musique, un Pont entre le Profane et le Sacré

La conférence La Musique maçonnique : du profane au sacré a brillamment démontré la richesse de cet art singulier. À travers des œuvres majeures de Pérotin, Gluck, Mozart, Wagner, Strauss et bien d’autres, Anne-Claire Scébalt a offert une expérience à la fois éducative et émouvante. La musique maçonnique, par sa profondeur symbolique, invite à une méditation sur l’humain et le divin, unissant le profane et le sacré dans une harmonie universelle. Le Cercle Mathurin Terrier, par cette initiative, perpétue un héritage de réflexion et d’échange, au cœur d’Ancenis.

Les origines de la Franc-maçonnerie

La Maçonnerie médiévale

La Franc-maçonnerie à laquelle nous appartenons est née en 1717 à Londres. C’était à la fois une résurrection, une transformation radicale de quelque chose qui venait du fond des âges: l’art de la construction des édifices sacrés. Les maçons modernes avaient bien conservé le nom des anciens bâtisseurs mais ils ne bâtissaient plus. Comme nous le disons, d’opératifs ils étaient devenus spéculatifs, ce qui veut dire qu’ils se livraient désormais à une reconstruction de leur être, à une transformation de leur existence au moyen de matériaux symboliques et rituels.

De la Maçonnerie ancienne, on n’avait ressuscité que la pensée, l’esprit, la quête de la Connaissance et de la Sagesse par un travail sur son propre esprit, la pierre intérieure. Je traiterai dans une seconde partie de l’esprit de cette maçonnerie moderne, héritière et synthèse de plusieurs traditions initiatiques et surtout des principes qui animent la Grande Loge. Mais auparavant je souhaiterais vous présenter quelques aperçus sommaires sur les origines véritables de la Franc-maçonnerie, de sa symbolique, de son idéologie et de son éthique.

En Egypte au temps des Pharaons, en Israël aux temps bibliques, dans la Grèce antique ont existé des collèges de professionnels de la construction des temples: architectes, tailleurs de pierres, sculpteurs, spécialistes du bois et du traitement des métaux, géomètres et calculateurs, etc

Tous devaient être profondément instruits de la connaissance de leur art et de sa pratique et possédaient des secrets de fabrication, de technique qu’ils se transmettaient de génération en génération. Tous devaient être certainement initiés aux mystères des religions pour lesquelles on leur demandait d’édifier des lieux de culte. Les architectes maîtres d’œuvre des édifices étaient aussi prêtres dans la tradition égyptienne.

Dans toutes les rel lui igions il est évident que le lieu de culte doit obéir à une symbolique conforme aux enseignements et révélations d’une religion, avec une orientation particulière et surtout une disposition de l’espace sacré qui se retrouve dans de nombreuses cultures: un lieu de passage du profane au sacré, encore extérieur au temple, le parvis, le lieu où vont s’assembler les fidèles pour célébrer le culte, et un autre situé à l’endroit le plus profond de l’édifice, le Saint des Saints du temple d’Egypte ou du temple de Jérusalem, où est censée se tenir l’image de la divinité, ou son symbole ou encore sa présence réelle. Nous retrouvons œ type de disposition dans les églises chrétiennes comme dans le temple maçonnique.

Enfin les constructeurs d’édifices sacrés des temps antiques devaient probablement recevoir outre la formation technique, pratique et religieuse, une initiation du 3è’“° type concernant la symbolique générale de certains éléments des édifices faisant référence à des choses cachées que les religions incorporent aux lieux de culte mais qu’eIles ne dévoilent pas. Par exemple le rapport entre l’édifice religieux et le cosmos ou le corps humain, la signification secrète des figures rectangulaires, carrées, des cercles, des nefs, des dômes, des colonnes, des rosaces, etc.

Ou encore des mesures utilisées pour obtenir les proportions harmonieuses de l’édifice qui renvoient à des nombres sacrés (3, 5) et aux éléments constitutifs de la divinité et de l’univers.

Si on ne prend en considération que sa fonction opérative ancienne (l ‘édification des temples) les métiers d’architecte, de constructeurs que commémorent son symbolisme et ses rites, on peut dire que les origines de la Maçonnerie se perdent dans la nuit des temps puisqu’ils se sont eux – mêmes identifiés aux bâtisseurs de temples égyptiens, hébreux ou grecs.

Mais je pense qu’iI faut surtout chercher dans l’antiquité romaine le modèle d’association corporative de constructeurs dont les Maçons du Moyen – Age se sont, à travers plusieurs médiations, inspirés.

Les collèges romains étaient des corporations fortement organisées, hiérarchisées, possédant des écoles, des maisons communes, où se célèbrent des rites et des sacrifices aux dieux. Les collèges de bâtisseurs sont profondément liés à la religion. Chaque collégia avait ses dieux comme ses signes de reconnaissance. Les dieux jouaient toujours un rôle protecteur et inspirateur dans la pratique de chacun des métiers liés à la construction.

Le travail est doublement sacré, d’abord parce qu’il est consacré à un édifice du culte, ensuite parce que le travail humain est à l’image de l’œuvre du Créateur donnant naissance à la nature.

On sait que depuis l’écroulement de l’empire romain d’Occident, les collèges de bâtisseurs formés de spécialistes gallo- romains se sont maintenus dans les régions fortement romanisées comme la Provence, la vallée du Rhône,~l’Auvergne, la -Narbonnaise et l’Occitanie, -malgré la domination wisigothique

C’est grâce à eux que les évêques de ces temps troublés ont pu édifier les premières églises en pierre d’une grande valeur architecturale. En tant qu’entités juridiques, les collèges gallo- romains ont dû disparaître du fait de l’évolution de la société. A partir du 6eme siècle, c’est autour de l’ Eglise et surtout des Ordres monastiques que vont se constituer les nouveaux groupements de constructeurs.

Certes ces constructeurs venus des collèges changent de statut puisqu’ils sont au service des évêques et des monastères, mais ils vont hériter des collèges la science de la construction, l’initiation symbolique et les formes d’organisation..

Sous l’impulsion de I’ Ordre des Bénédictins (Cluny, Cîteaux, Clervaux) la France va se couvrir d’ abbayes qui vont constituer pendant des siècles la structure de base de l’économie, de la société et de l’ordre politique. Tous les métiers vont travailler sous la protection et au service des abbayes, d’abord bénédictines et plus tard templières et principalement les associations monastiques de constructeurs

A partir du siècle et d’abord au sud de la Loire, ils vont répandre les innombrables chef- d’œuvres de l’art roman — qualifié d’abord de « gothique ancien », parce qu’il avait été créé dans un pays dominé par les Goths c’est à dire les peuples germaniques.

Je dois souligner que depuis les origines romaines, les sociétés de constructeurs jouissent en raison de la nature de leurs fonctions de privilèges et liberté multiples naturellement exceptionnelles: d’abord celle de circuler d’une ville à l’autre, ensuite elles bénéficient d’exemptions d’impôts, de redevances, de corvées, de services obligatoires, tant à l’égard des seigneurs que des municipalités ou du monarque C’est ce qui sera exprimé par l’adjectif « franc » qui signifie libre et peut s’appliquer à d’autres professions (ex. francs – charpentiers ou francs- archers) mais aussi aux villes (cf. les innombrables Villefranche). Ces libertés sont une constante pour toutes les sociétés et corporations de constructeurs, sans doute parce que même quand ils sont laïques, ils participent activement à la production du sacré et à la propagation de la foi. Et puis il faut tenir compte du fait qu’ils possèdent de hautes qualifications techniques et scientifiques, rares à l’époque, ce qui est le cas des architectes, mais aussi des tailleurs de pierres, sans parler du talent artistique des sculpteurs chargés d’orner les monuments et d’inscrire dans la pierre les grands récits de l’Histoire sainte et des Evangiles.

Nous venons d’évoquer des institutions anciennes qui sont des préfigurations de la Franc-maçonnerie qui va se constituer en Angleterre et en France sur les chantiers des cathédrales. Elle a avec ces corporations anciennes beaucoup de points communs et en dépit des changements historiques, elle en est à bien des égards l’héritière.

Même si la Franc -maçonnerie ne trouve sa véritable identité qu’à travers l’aventure de l’Ordre du Temple en Terre sainte, on peut dire qu’elle doit beaucoup à cette tradition antique des bâtisseurs de Temples. L’expédition des Croisades qui a duré deux siècles, de 1096 à1291, ainsi que la conquête de la Palestine et de la Syrie par la féodalité catholique ont donné à l’ordre du Temple l’occasion de jouer un rôle historique considérable au sein de la chrétienté occidentale et surtout d’être un vecteur capital de bien des aspects de la culture orientale, byzantine et arabe.

A leur arrivée en Palestine les Templiers seront chargés par les Croisés de construire les ouvrages militaires nécessaires au contrôle du pays. Ils vont emprunter leurs méthodes aux chrétiens de Byzance, capitale de l’Empire romain d’orient qui a survécu mille ans jusqu’en 1453 à l’Empire d’Occident. Les collèges romains de bâtisseurs y sont restés intacts et ils transmettent leur savoir aux Templiers. Ainsi ils construisent les fameuses forteresses de Palestine, de Syrie, de Jordanie: les Kraks qu’on peut encore admirer aujourd’hui. Ceci nous indique que les Templiers ne sont pas seulement des guerriers. Pendant toute la durée du royaume franc, ils vont faire fonction de bâtisseurs d’édifices militaires mais aussi religieux.

De l’histoire des Croisades nous avons surtout retenu l’image~d’un affrontement sanglant, implacable, entre les Croisés et le monde arabe islamique. La vérité fut beaucoup plus complexe et contrastée comme dans toutes les conquêtes coloniales, les conquérants profitèrent des divisions de leurs adversaires. Des souverains arabes demandèrent aux Templiers de les appuyer contre leurs ennemis. Les Templiers aidèrent le souverain d’Egypte à vaincre les Turcs qui le menaçaient.

A d’autres moments, ils s’allièrent avec les Turcs contre certains chefs arabes. Il y eut donc beaucoup d’alliances et de pactes entre les Templiers et des chefs islamiques, ce qui leur permit d’avoir des périodes de paix propices aux constructions.

Autre élément important : les Templiers sont respectueux des règles de la chevalerie chrétienne, ils tiennent leurs engagements, ils ne méprisent pas, leurs adversaires.

Et ils ont souvent en face d’eux, des guerriers qui respectent les mêmes valeurs, c’est pourquoi les Templiers sont dans l’ensemble respectés par les Arabes — ce qui n’est pas le cas des autres Croisés dont les comportements sont souvent détestables. Les Templiers ne considèrent pas les Arabes comme inférieurs parce qu’ils ont une religion et une culture différentes;

Enfin et surtout ils observent avec sympathie la tolérance dont jouissent dans les pays islamiques, des chrétiens appartenant à des églises très différentes parmi lesquelles eux – mêmes ont beaucoup de mal à se repérer. Dans la relation des Templiers avec le monde musulman, le fait le plus important est qu’ils sont entrés en communication suivie avec de multiples sectes islamiques à caractère initiatique.

Les ismaéliens qui sont une branche chiite de l’islam, et ont généré des sous- groupes du même type: les Karmates et les Assecines. La première secte donne naissance à un ample mouvement de réforme religieux et social qui ébranla du 9°” au 12° » siècle le monde musulman surtout l’Egypte.

Ils organisent les travailleurs en corporations liées à des confréries religieuses — ce que les Templiers vont réaliser plus tard en Occident. Les degrés hiérarchiques — apprentis, ouvrier, Maître– étaient de règle, de même que les obligations d’entraide et les serments initiatiques. Les secrets du métier étaient communiqués à chaque grade selon un coutumier transmis oralement.

Pratiques qui ressemblent d’une manière étonnante à celles de la Maçonnerie.

Le groupe des Assecines du mot « assas » (qui veut dire gardien) est un groupe mystique qui se considère comme gardien de la Terre- Sainte, perçue comme l’axe du monde spirituel. Son chef se nomme le « Vieux de la Montagne », le mot vieux devant être pris au sens de « maître ».

Les adeptes de la confrérie possèdent un centre où ils pratiquent la philosophie — ce qui va à l’encontre de la tradition islamique — et ils ont une bibliothèque immense et un observatoire astronomique!

Ce sont les mouvements initiatiques de l’islam qui semblent avoir marqué fortement les Templiers.

Cette influence n’a pas dû s’exercer dans le domaine des hautes spéculations métaphysiques car les Templiers étaient surtout des hommes de terrain, guerriers et constructeurs. De leurs rapports prolongés avec les sectes ismaéliennes et les corporations arabes, les Templiers connurent et adoptèrent largement les formes d’organisation, les rites et les symboles, les pratiques et les secrets de métier. Beaucoup de frères servants spécialisés dans la construction avaient déjà été initiés, dans leur vie Laïque à des rites opératifs analogues. Ils étaient particulièrement aptes à recevoir cet apport nouveau et à le transplanter en Occident.

Dépassant le simple enseignement architectural, l’influence des lsméliens et des Assécines marqua aussi le cérémonial des Templiers comme maintes de leurs coutumes, notamment en ce qui concerne la hiérarchie, l’obéissance au Grand- Maître et aux commandeurs sur lequel l’Ordre a établi fortement sa discipline. Cette hiérarchie reproduisait en fait celle des Pythagoriciens de la Grèce du 6ème siècle av. J.C. ou des mystères d’ Egypte. ll faut en dire autant d’autres coutumes et de symboles communs aux uns et aux autres (ex. le manteau blanc). Templiers et initiés musulmans arrivaient à se rapprocher *dans le partage d’un même-idéal de tolérance, de fraternité, de spiritualité capable de transcender les différences religieuses et culturelles. Les Templiers rejoignirent les Fatimites du Caire dans leur volonté d’établir des relations de coopération entre orientaux et occidentaux en vue d’une paix universelle.

Si on fait abstraction de ces liens profonds de l’ordre du Temple et les sociétés initiatiques islamiques, elles- mêmes influencées par les philosophies grecques transmises par Byzance et diverses traditions ésotériques, originaires du Moyen- Orient, on ne peut pas expliquer la présence évidente de toutes ces traditions amalgamées dans le R.E.A.A. qui est celui de la Grande Loge.

Car les Templiers ont véhiculé certainement œs traditions initiatiques vers |’Occident quand ils sont rentrés de Palestine. De plus on connaît I’immense réseau de commanderies installées sur toute l’étendue de l’Europe occidentale et notamment sur les routes des Croisades et des pèlerinages vers la Terre sainte.

Comme ils l’ont fait dans le royaume franc, les Templiers ont partout utilisé les services de confréries laïques de constructeurs pour l’édification de châteaux forts, de sanctuaires et d’abbayes. Plus que les Bénédictins, ils sont les commanditaires d’innombrables monuments et sont de ce fait en constantes relations avec des confréries organisées sur le modèle des anciens collèges et surtout des confréries monastiques composées de moines et de laïques qui en furent les héritières.

Sur le territoire du Temple, tous les métiers organisés en corporations, étaient des « francs métiers », c’est à dire qu’ils étaient affranchis de tout impôt, de toute redevance seigneuriale ou municipale, des corvées, des services du guet, etc. C’est dans œ contexte et au moment où les grandes villes entrent en compétition pour la construction des églises et des cathédrales qu’on voit apparaître le nom de Franc-maçons en France, puis en Angleterre. L’étymologie du mot est française et il semble qu’il ait été utilisé dans la première moitié du 13ème siècle, même s’il figure pour la première fois en 1376 dans la patente de franchise de la compagnie des « Masons » de Londres pour désigner ses membres.

En raison de cet ensemble de faits historiquement établis, on peut en conclure que les rites des Templiers issus de traditions initiatiques islamiques ou chrétiennes importées du Moyen – Orient ont pénétré dans les confréries maçonniques du Moyen- Age et se sont ajoutés aux traditions de métier et aux rites en usage depuis l’Antiquité dans les sociétés de constructeurs.

Ajoutons qu’il est également établi qu’après la destruction de l’Ordre du Temple par le pape Clément V sous la pression du roi de France Philippe le Bel, de nombreux Templiers persécutés se sont cachés, déguisés en travailleurs manuels, à l’intérieur des confréries maçonniques. Il est établi également que beaucoup de Templiers persécutés se réfugièrent en Ecosse où régnait un roi favorable aux chevaliers du Temple. ll avait attiré des artisans flamands, en particulier des maçons et des charpentiers auxquels il avait accordé de multiples faveurs et privilèges.

On a recueilli plusieurs histoires de hauts dignitaires du Temple qui se seraient enfui en Ecosse, tout ceci pour expliquer cette particularité du rite écossais ancien qui a si fortement marqué la tradition maçonnique. Mais les historiens considèrent cette thèse comme pure hypothèse.

Disons simplement qu’il a existé peut- être en Ecosse des conditions plus favorables qu’ailleurs à la conservation d’une tradition où se mêlaient l’initiation des bâtisseurs et des conceptions ésotériques venues de l’Orient par l’entremise de la chevalerie templière.

Déclin et renaissance de la Maçonnerie

Les 13è et 14è siècle furent certainement l’âge d’or de la Franc-maçonnerie. Elle déclina progressivement au 15ème et au 16è siècle avec la fin du grand élan de foi populaire qui présida à l’édification des cathédrales, la crise du catholicisme liée à la Renaissance, à la remise en honneur de l’art et de la pensée de la Grèce et de Rome, à |’émergence de la Réforme, bref aux premiers soubresauts de la modernité. La pratique des métiers de la construction disparut peu à peu.

On fit entrer dans les Loges, à côté des Maçons opératifs, des gens qui s’intéressaient à l’initiation maçonnique, à son symbolisme, à ses rites, à sa philosophie et surtout peut-être à ses principes de tolérance, et d’humanité: on appela « spéculatifs » ces hommes qui ne travaillaient pas de leurs mains, qui ne connaissaient pas les problèmes d’architecture, mais qui voulaient s’initier au symbolisme, à la recherche spirituelle des Maçons et trouver un lieu de fraternité authentique. _

Cette mutation de la Maçonnerie s’est opérée progressivement au cours des 16e  et 17è siècle, et il est légitime de penser qu’ils ont continué de travailler sur la matière symbolique et rituelle léguée par une vieille tradition. Ces Loges se nommaient « loges de réception » parce qu’elles initiaient aux secrets et devoirs du métier ses nouveaux membres, professionnels ou non.

De là vient sans doute qu’en Angleterre les frères étrangers au bâtiment prirent le nom de  » Maçons acceptés » et qu’à l’époque d’Anderson, le pasteur protestant rédacteur des premières constitutions modernes, la pratique des Maçons acceptés londoniens était un amalgame de traditions très anciennes des loges anglaises (les Devoirs), de certains usages des confréries de bâtisseurs du Moyen- Age, mais surtout des rites initiatiques venus d’Ecosse.

Dès sa naissance, la Freemasonry non opérative mettait en pratique une vertu alors méconnue en Europe: la tolérance entre hommes divisés par leurs convictions religieuses et politiques

On peut y voir la principale raison de son succès, et de la foudroyante expansion qu’elle devait connaître au siècle des Lumières. Les premiers Maçons acceptés furent des hommes résolus à fraterniser en dépit de tout ce qui pouvait les diviser.

L’intolérance régnante les vouait à la clandestinité. L’ancienne confrérie, avec ses mots de passe et ses secrets religieusement conservés, leur offrit une structure d’accueil toute trouvée.

En retour, le secret dont ils s’entouraient attira vers leurs loges des hommes versés dans l’Alchimie, l’Hermétisme et la Kabbale, qui espérait y recueillir l’héritage des druides ou celui des anciens mystères. En fait, c’est eux qui enrichirent la maçonnerie de rites et de symboles empruntés aux traditions qui leur étaient chères.

A la Saint- Jean d’été 1717, les membres de quatre Loges londoniennes de maçons acceptés prirent une initiative dont ils ne soupçonnaient guère la portée. Réunis dans une taverne à l’enseigne de L’ oie et le Gril « ils avaient élu un Grand Maître et convenu de s’assembler chaque trimestre.

La première Grande Loge était née.

En France, la première loge des « frimaçons » dûment attestée fut établie en juin 1726 par des frères britanniques. Elle fut  » constituée » par la Grande Loge de Londres en 1732. Et dès avant 1735 les quelques Loges du royaume érigeaient librement à Paris la première Grande Loge de France régie par les Constitutions d’Anderson.

L’esprit de la Maçonnerie de Rite écossais ancien et accepté

Qu’est ce que la Franc-maçonnerie telle qu’elle nous a été léguée par des siècles d’histoire et par la Tradition ? D’abord une communauté fraternelle qui unit des hommes de bonne volonté, désireux de se connaître, de se perfectionner, de donner sens à leur vie grâce à cette connaissance des mystères de la création, de l’homme et de l’existence que nous nommons « initiation » et de parvenir par une meilleure compréhension des choses à une certaine sagesse, une façon de mieux assumer sa vie, sa destinée et sa relation avec les autres.

De cette alliance des Franc-maçons, sans distinction d’obédience, nous disons qu’elle est universelle, ce qui signifie qu’elle transcende toutes les différences ethniques, religieuses, nationales, sociales et politiques, que la Franc-maçonnerie reçoit des hommes de toute origine, de toute opinion, le cadre et le sans- grade, l’opératif et l’intellectuel, bref la Franc-maçonnerie ne prend en compte aucune de ces distinctions qui séparent les hommes dans l’ordre profane et parfois les dresse les uns contre les autres ;

La Franc-maçonnerie ne connaît que des êtres humains, des individus– pas n’importe quels individus, seulement des hommes qui veulent sortir des faux clivages, des ambitions factices, des illusions du monde profane, qui ne se contentent pas de ce qu’il leur propose comme idéal suprême: la réussite sociale, le pouvoir et la puissance, le bonheur attaché à la jouissance de biens matériels ou à des satisfactions d’amour – propre.

Elle assure la promotion d’individus qui cherchent d’autres raisons d’être, d’autres voies de dépassement, le moyen d’accroître leur richesse intérieure, leurs capacités de compréhension, par une réflexion sur soi et sur l’existence à travers une réflexion sur l’univers des symboles, des mythes et des rites. Les Maçons sont des hommes qui aspirent à devenir plus humains.

Dans le langage des Maçons; cela se résume en deux mots:  » Qu’avons- nous demandé lors de notre entrée dans le Temple? — La Lumière.

— Que cette Lumière nous éclaire! » C’est ce que dit le rituel. Dans le Temple, nous sommes quêteurs de Lumière, de clarté spirituelle, nous sommes à la recherche d’un autre sens de la vie et d’un ordre de perfection accordé à la connaissance d’un ordre sacré différent de celui des grandes religions et susceptibles de les englober toutes.

Les initiés sont des hommes partis à l’instar des Rois mages à l’appel d’une étoile inconnue dont ils ignorent la nature et le nom véritable. Parce qu’un jour l’esprit, las de ses servitudes, angoissé par l’absurdité et la violence de la vie a rompu ses amarres, invinciblement attiré par l’horizon d’une mer sans rivages. C’est déjà être sorti de l’ombre de la caverne que de soupçonner l’existence de cette lumière illimitée, d’en éprouver le besoin, de ne plus supporter de rester englué dans les ténèbres de la matérialité et l’enfermement des désirs.

Voilà ce qui nous a rassemblés, voilà l’espérance, la volonté qui nous fait vivre et qui fait de la Franc-maçonnerie une communauté sans équivalent dans le monde profane: une société initiatique où les seules distinctions sont celles qui résultent du degré d’avancement vers la Lumière du degré de purification et de maîtrise des métaux passionnels.

La Franc-maçonnerie  ne connaît que les individus et pourtant elle enseigne aux individus à dépasser leur individualité, à se détacher de leur ego pour découvrir ce qu’ils portent en eux d’universel, d’éternel et d’absolu. Elle les invite à découvrir ce qui les fait être et ce qui est infiniment plus grand que soi et toutes les déterminations, tous les désirs qui composent notre individualité.

C’est ce qu’on appelle l’Art royal qui était traditionnellement celui de l’Architecture. Mais pour nous Maçons spéculatifs, il s’agit d’un autre genre de construction, ce que nous nommons le Temple intérieur et exige constamment le travail de soi sur soi qui nous conduit, à l’aide de nos outils symboliques, à transformer la pierre brute, le matériau naturel fait d’instinct et de passion en une pierre polie, symbole de Maîtrise et d’Harmonie, capable de s’ajuster à d’autres pierres polies pour devenir les pierres vivantes de la grande cathédrale humaine.

Nous sommes unis en loge pour travailler à la reconstruction de l’être individuel et collectif et nous ne cessons d’honorer et glorifier ce travail si différent du travail ordinaire. Les symboles majeurs de la Maçonnerie sont des outils de recherche, de mesure et de travail, notre langage y fait sans cesse allusion. Car l’initiation est un effort permanent pour dépouiller l’homme profane et assurer la maîtrise de l’ego, s’ouvrir aux autres et au monde, s’enrichir non seulement de savoir mais aussi et surtout de sagesse, de respect d’autrui, de fraternité, d’équité, réaliser l’idéal suprême de l‘harmonie intérieure, cet accord profond avec les lois de l’univers et de l’existence, qui nous aide à harmoniser nos rapports avec nos semblables.

Nous nous donnons comme finalité de reconstruire un être nouveau selon une architecture calquée sur l’ordre cosmique dont les plans viennent d’ailleurs, de ce grand Etre indéfinissable que nous nommons « Grand Architecte de l’Univers ». Ces plans secrets du grand Etre résident dans les sciences sacrées, les grands mythes de l’humanité, les rites et les traditions initiatiques.

Il faut beaucoup de temps et de peine pour faire tomber à l’aide du ciseau, du maillet, de la perpendiculaire et du niveau toutes les aspérités, les irrégularités de la pierre brute. Comme il faut beaucoup de temps et de peine pour faire grandir en nous cette lumière intérieure que nous sommes venus chercher dans le Temple et qui pourtant habite déjà en nous, sans que nous en reconnaissions la nature, les pouvoirs et les limites. C’est pourquoi il nous est difficile de dire que nous sommes initiés et même que nous sommes véritablement des Franc-maçons : tout ce que nous pouvons dire, c’est que nous avons la volonté de le devenir. Nous avons adopté comme principe de vie le perfectionnement mais nous savons que resterons toujours plus ou moins loin de la perfection, comme de la plénitude de la Lumière absolue qui pourtant nous éclaire et nous guide comme un soleil inaccessible.

Heureusement, pour accomplir œ Grand Œuvre nous ne sommes pas seuls. Nous travaillons ensemble dans la société de l’Atelier, lieu d’échange, de réflexion commune mais aussi de correction mutuelle où chacun progresse en s’enrichissant de toutes les différences, de la diversité des comportements, de l’expérience et du savoir de tous. La Loge crée un égrégore dynamique où chaque Maçon trouve sa source d’énergie et son aliment spirituel. Elle est une Indispensable école initiatique, comme elle est le lieu où doivent s’exercer et s’épanouir en priorité toutes les vertus conformes à l’idéal maçonnique.

Voilà le sens premier que nous donnons ici dans cette Loge à la formule « travailler au perfectionnement intellectuel et moral de l’humanité » qui figure dans nos Constitutions. Pour nous l’humanité, c’est d’abord la pierre brute individuelle sur laquelle l’initié effectue le travail de polissage de la pierre qui conduit à l’illumination intérieure et spirituelle de chaque initié.

Mais l’initiation nous crée un devoir précisément parce qu’elle renforce en nous le sentiment de la fraternité, l’idée que tous les êtres humains portent en eux des potentialités universelles, une même essence spirituelle. Ces frères humains du monde profane, allons- nous les abandonner _ dans les ténèbres de la Caverne, alors que nous avons réussi à trouver l’issue vers la Lumière et que nous cheminons vers elle à travers le Labyrinthe de I’ initiation.

Toutes les traditions initiatiques nous enseignent ainsi que la philosophie de Platon, ce devoir de retour à la cité terrestre, l’obligation de pratiquer et de faire rayonner la sagesse au sein de la communauté des hommes.

Réaliser dans la mesure de nos faibles moyens, le partage de la Lumière, « achever au dehors l’œuvre commencée dans le Temple » selon les termes du rituel. Tâche difficile car le savoir initiatique n’est pas de même nature que ces idéologies religieuses et politiques que les hommes de la cité profane considèrent et propagent comme des vérités absolues, allant même parfois jusqu’à les imposer par la violence et la terreur.

Ici nous n’avons pas de dogme à enseigner, pas de doctrine à transmettre, mais nous avons en commun certaines valeurs dont la première est la reconnaissance de la dignité de tout être humain et le respect de cette dignité ce qui fonde les idées de fraternité, de tolérance et de justice.

Voilà notre pain de vie, et ce pain là il est toujours possible de le partager avec beaucoup de nos semblables. Les valeurs d’humanité et de sagesse peuvent être reçues partout parce qu’elles sont universelles, qu’elles sont à la base de la morale commune. Il n’en va pas de même du langage symbolique et du message initiatique qui restent obscurs à qui n’en ressent pas le besoin, à qui est incapable d’en voir la beauté et n’est pas habité par l’exigence de Lumière.

Alors ce que nous nous contentons d’apporter à la cité profane, c’est notre sens de l’humain et du sacré, valeurs que nous lions ensemble et qui se raréfient dangereusement dans notre monde, et que nous nous efforçons d’incarner dans notre environnement social et dans la vie de tous les jours. A l’intérieur de notre ordre comme dans nos vies publiques, nous nous réclamons des mêmes valeurs que la République dont nous avons toujours été dans l’histoire les ardents et fidèles promoteurs. Des valeurs qui viennent de loin, qui ont révolutionné le monde il y a deux siècles, façonné le visage de la civilisation occidentale et qui n’en finissent pas de produire leurs effets bénéfiques et transformateurs d’un bout à l’autre de la planète.

ll y a des gens qui nous haïssent précisément parce que nous portons en nous ces idéaux libérateurs qui finissent, comme l’atteste l’histoire du dernier siècle, par désintégrer les pires tyrannies. La loi d’humanité et d’égalité chère aux Franc-maçons est toujours comme la démocratie un idéal d’avenir.

J’ose ajouter aujourd’hui au vu des bouleversements de l’Europe et des verdicts de I’ histoire, que c’est le seul qui en ait un.

CLIPSAS : Le Tribunal de Grasse Rejette la demande des 7 Obédiences dans l’affaire de l’élection de Louis Daly

Dans un jugement très attendu, le tribunal judiciaire de Grasse a rendu, le 10 avril 2025, une ordonnance en référé qui met un terme – pour l’instant – à la bataille judiciaire opposant sept obédiences maçonniques à l’association CLIPSAS (Centre de Liaison et d’Information des Puissances Maçonniques Signataires de l’Appel de Strasbourg). Ces obédiences contestaient l’élection de Louis Daly à la présidence du CLIPSAS lors de l’assemblée générale de mai 2024 en Albanie, un scrutin qu’elles jugeaient illégal.

Le juge des référés a cependant débouté les demanderesses de leur requête, estimant que les conditions pour une intervention judiciaire d’urgence n’étaient pas réunies. Retour sur un dossier complexe qui secoue le monde maçonnique international.

Les origines d’un conflit maçonnique sans précédent

Louis Daly

Le CLIPSAS, créé en 1961 à Strasbourg, est une association internationale regroupant 91 obédiences maçonniques de divers pays, unie par des valeurs de liberté absolue de conscience et de tolérance mutuelle. Mais depuis plusieurs années, l’organisation traverse des turbulences internes, exacerbées lors de l’assemblée générale de mai 2024 à Durrës, en Albanie. Cette réunion, marquée par des dysfonctionnements organisationnels majeurs – pannes de courant, problèmes d’accès à Internet, et une logistique chaotique dénoncée comme la « pire de l’histoire » par certains membres – a culminé avec l’élection controversée de Louis Daly à la présidence.

Louis Daly, qui avait déjà occupé ce poste entre 2014 et 2016, a remporté le scrutin avec 32,06 % des voix, devançant Franco Huard (27,48 %). Mais sa candidature a immédiatement suscité une levée de boucliers. Sept obédiences – la Grande Loge Féminine de France, la Serenísima Gran Logia de Lengua Española, la Grande Loge Ani du Canada, la Grande Loge Française de Memphis Misraïm, la George Washington Union of Freemasons of North America, la Grande Loge Symbolique Rite Écossais Primitif, et la Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité – ont dénoncé une violation des statuts de l’association. Selon elles, l’article 14 du règlement général, qui stipule que « les mandats au Bureau sont de trois ans non renouvelables », interdirait à Louis Daly de se représenter, même après une interruption.

Une action judiciaire inédite dans l’histoire du CLIPSAS

Cliquez sur l’image pour revisiter l’article du 4 novembre 2024

Le 31 juillet 2024, ces sept obédiences ont déposé une assignation en référé devant le tribunal judiciaire de Grasse, où le siège du CLIPSAS est établi depuis 2020. Leur demande était claire : obtenir la nomination d’un administrateur provisoire pour une durée de six mois, avec pour mission de diriger l’association, inventorier ses actifs, et organiser une nouvelle élection présidentielle respectant les dispositions statutaires. Elles invoquaient l’urgence et un « péril imminent » pour le bon fonctionnement du CLIPSAS, fragilisé par des irrégularités présumées et un manque de transparence.

Les demanderesses ont pointé plusieurs griefs. Outre la prétendue illégalité de la candidature de Louis Daly, elles ont dénoncé des dysfonctionnements dans la gestion de l’association depuis son élection : entraves à leur droit de communication et d’information, dépenses irrégulières signalées par le trésorier, et paiements en espèces exigés pour des frais de participation lors de l’assemblée en Albanie. Elles ont également critiqué l’attitude autoritaire de Louis Daly, qui, dans une communication du 28 septembre 2024, s’en est pris au journal 450.fm, accusé d’attiser les divisions internes, et a appelé les membres à « parler d’une seule voix » contre les médias.

Le CLIPSAS, représenté par ses avocats, a vigoureusement contesté ces accusations. L’association a argué que l’article 14 n’interdisait pas les mandats non consécutifs, une interprétation confirmée par la pratique : un ancien président avait déjà exercé trois mandats espacés dans le temps. Elle a également souligné que la candidature de Louis Daly n’avait soulevé aucune objection avant le vote, que ce dernier avait été élu à la majorité des voix simples et pondérées, et qu’une motion de confiance votée à 78 % avait suivi son élection. Pour le CLIPSAS, cette action judiciaire n’était qu’une tentative de déstabilisation motivée par une « déception électorale ».

Une assemblée générale sous tension en Albanie

Pour comprendre l’ampleur de la crise, il faut remonter à l’assemblée générale de mai 2024, organisée par la Grande Loge d’Illyria d’Albanie à Durrës. Environ 350 participants s’y sont réunis, logés dans deux hôtels quatre étoiles, le Bleart et le Leonardo, en bord de mer. Mais l’événement a été entaché de nombreux dysfonctionnements : des délégués ont été mal informés sur leur lieu d’hébergement, certains ont dû marcher de longues minutes pour rejoindre les lieux de réunion, et des pannes techniques ont perturbé les débats. Le thème du colloque, « Franc-maçonnerie et intelligence artificielle : le monde à venir », a peiné à mobiliser l’attention face à ces problèmes logistiques.

Les tensions ont atteint leur paroxysme lors de l’élection. Outre la candidature de Louis Daly, d’autres candidats, comme Cüneyt Kalpakoglu de la Grande Loge Libérale de Turquie, ont suscité des controverses. Kalpakoglu, dirigeant de l’entreprise Endpoint-labs, avait fourni le logiciel de vote utilisé par le CLIPSAS, soulevant des soupçons de conflit d’intérêts. Lorsque les résultats ont été annoncés, plusieurs obédiences et membres du bureau ont quitté la salle en signe de protestation, refusant de participer à la suite de l’assemblée. Plus de 15 obédiences auraient boycotté les débats restants, dénonçant un scrutin illégal.

Le jugement du tribunal : Une défaite pour les obédiences contestataires

Après un renvoi de l’audience initiale du 20 novembre 2024, l’affaire a été examinée le 15 janvier 2025, avec une décision rendue le 10 avril 2025. Le juge des référés a tranché en faveur du CLIPSAS, estimant que les conditions pour une intervention d’urgence n’étaient pas remplies. Analysons les points clés de cette ordonnance.

Tout d’abord, sur la question centrale de l’élection de Louis Daly, le tribunal a jugé que l’article 14 du règlement général du CLIPSAS n’interdisait pas clairement les mandats non consécutifs. Le texte stipule que « les mandats au Bureau sont de trois ans non renouvelables », ce qui, selon le juge, prohibe uniquement les mandats consécutifs. Aucune ambiguïté dans cet article n’a été retenue avec l’évidence requise en référé pour justifier une intervention. Le juge a précisé que, si une interprétation plus approfondie était nécessaire, elle relèverait du juge du fond, et non d’une procédure d’urgence.

Ensuite, les dysfonctionnements allégués par les obédiences – entraves au droit de communication, irrégularités financières – n’ont pas été jugés suffisamment étayés. Les pièces fournies, comme une réclamation de certaines obédiences et un courriel du trésorier daté du 6 novembre 2024, n’ont pas démontré un « péril imminent » ou un « trouble manifestement illicite » rendant impossible le fonctionnement régulier de l’association. Le juge a donc conclu qu’il n’y avait pas lieu à référé pour nommer un administrateur provisoire, rejetant également les demandes subséquentes d’annexion de la décision au Registre du Commerce et des Sociétés et de mise à la charge du CLIPSAS des frais d’un mandataire.

Sur la demande reconventionnelle du CLIPSAS, qui réclamait 10 000 € de dommages et intérêts pour procédure abusive, le tribunal a également débouté l’association. Le juge a estimé que les obédiences n’avaient pas agi avec une intention de nuire évidente, et que le préjudice subi par le CLIPSAS se limitait aux frais de défense, pris en compte via l’article 700 du code de procédure civile. En revanche, les obédiences, en tant que partie perdante, ont été condamnées in solidum aux dépens de l’instance et à verser 3 000 € au CLIPSAS pour ses frais irrépétibles.

Une crise qui révèle les fractures profondes du CLIPSAS

Ce jugement, bien que défavorable aux obédiences contestataires, ne met pas fin aux tensions au sein du CLIPSAS. Depuis plusieurs années, l’association est en proie à des dissensions internes, aggravées par des accusations de manque de transparence et de gouvernance autoritaire. Louis Daly, dans ses communications des 28 septembre et 13 octobre 2024, a adopté une posture défensive, qualifiant certains d’« ennemis » du CLIPSAS et regrettant cette action en justice qui allait nuire à la réputation de la Franc-maçonnerie.

Ces tensions ont déjà eu des répercussions concrètes. En juin 2024, la Grande Loge Féminine de France a voté son départ du CLIPSAS, effectif au 31 décembre 2024, avec une majorité écrasante (360 voix pour, 9 contre). D’autres obédiences, notamment d’Amérique latine et du Liban, ont quant à elles réaffirmé leur soutien à Louis Daly, estimant que les différends maçonniques ne devraient pas être portés devant des tribunaux profanes – une position qui reflète une vision traditionnelle de la résolution des conflits au sein de la franc-maçonnerie.

Le CLIPSAS fait également face à des critiques plus larges sur sa gouvernance. Des observateurs notent un fossé grandissant entre les « grandes » et les « petites » obédiences, ces dernières se sentant marginalisées. La centralisation du pouvoir, illustrée par les décisions unilatérales d’Iván Herrera Michel, président sortant, et de Louis Daly, a alimenté des rumeurs de scission. Certains vont jusqu’à prédire la fin du CLIPSAS tel qu’il existe aujourd’hui, proposant une refondation sous un nouveau nom pour revenir aux valeurs fondatrices de l’Appel de Strasbourg de 1961.

Quelles perspectives pour l’avenir du CLIPSAS ?

Un panneau à Los Angeles, 'Hollywood Boulevard'
Un panneau à Los Angeles, ‘Hollywood Boulevard’

Si ce jugement met un coup d’arrêt à la contestation judiciaire, il ne résout pas les problèmes structurels du CLIPSAS. L’association doit désormais faire face à des défis majeurs : restaurer la confiance entre ses membres, améliorer sa gouvernance, et clarifier ses règles électorales pour éviter de nouveaux litiges. La nomination d’un administrateur provisoire aurait pu offrir une solution temporaire, mais le tribunal a jugé que les conditions n’étaient pas réunies pour une telle mesure exceptionnelle.

Pour les obédiences déboutées, la voie reste ouverte pour une action au fond, qui permettrait une analyse plus approfondie de l’interprétation de l’article 14 et des dysfonctionnements allégués. Mais une telle procédure, plus longue et complexe, risque d’aggraver les divisions. En attendant, le CLIPSAS prépare sa prochaine assemblée générale, potentiellement en Californie en 2025, bien qu’aucune ville candidate n’ait été confirmée lors de la réunion de Durrës.

Ce conflit, au-delà de ses aspects juridiques, interroge le rôle du CLIPSAS dans un monde maçonnique en mutation. Alors que des enjeux comme l’intelligence artificielle ou les crises humanitaires – à l’image de l’appel lancé par le CLIPSAS en 2022 face à la guerre en Ukraine – mobilisent les énergies, l’association doit retrouver une unité autour de ses valeurs fondamentales. Sans cela, elle risque de s’effriter, au détriment de sa mission de promouvoir une franc-maçonnerie humaniste et universelle.

Dans quelques semaines, les membres du CLIPSAS se retrouveront en Roumanie du 28 mai au 6 juin pour la prochaine Assemblée générale. Nous souhaitons à cette organisation de trouver la paix et l’harmonie. (accéder au site officiel)

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