Texte écrit avec la participation active de Régis Belamich
La relation entre le corps et l’esprit a longtemps été marquée par une tension palpable, souvent exacerbée par des doctrines religieuses qui ont historiquement considéré le corps comme un obstacle à l’ascension spirituelle. À travers les âges, des voix ont clamé que l’âme était piégée dans une enveloppe charnelle, et que le salut ne pouvait être trouvé qu’en renonçant aux plaisirs de la chair.
Cette vision dualiste, illustrée par les enseignements de Platon avec sa théorie de la forme et de la matière, ou par certains courants du christianisme prônant l’ascétisme, a conduit à une guerre ouverte contre le corps, le réduisant à une simple prison de l’âme.
Le Corps sous l’Emprise de la Spiritualité
Dans de nombreuses traditions religieuses, le corps était vu comme un lieu de péché, un élément à réprimer et à ignorer pour accéder à une dimension spirituelle supérieure. Le besoin de couvrir le corps, le rejet des plaisirs physiques et une ascèse rigoureuse étaient perçus comme des voies vers la purification. Les monastères médiévaux, par exemple, ont souvent promu une vie de mortification de la chair comme moyen de se rapprocher de Dieu. Cependant, cette dichotomie a engendré une déconnexion entre l’esprit et le corps, laissant de nombreuses personnes se sentir coupées de leur propre existence physique, une condition que certains philosophes modernes, comme Nietzsche, ont critiquée comme étant une négation de la vie.
Une Nouvelle Perspective : Le Corps comme Sanctuaire
À l’ère moderne, un renversement des valeurs s’est opéré. Le corps est désormais célébré, idolâtré même, comme une œuvre d’art à embellir, à préserver et à exhiber. Les normes de beauté, souvent imposées par la société, poussent à une quête incessante de perfection physique, où l’âme est mise au service de cet idéal. Pourtant, cette obsession pour l’apparence extérieure peut parfois mener à une superficialité qui néglige la profondeur de l’être. Des mouvements comme le yoga moderne ou le fitness holistique cherchent à redonner au corps son rôle de temple de l’esprit, non pas en le niant mais en le glorifiant à travers la santé et la bienveillance envers soi-même.
L’Holisme : Une Vision d’Interconnexion
Dans une approche holistique, tout est interconnecté. Les philosophies qui émergent de traditions anciennes, comme celles du tantrisme du Cachemire, nous rappellent que la spiritualité ne peut être atteinte sans reconnaître la sacralité de la matière, y compris celle de notre corps. Dans ces traditions, le corps n’est pas un ennemi à dominer, mais un allié à honorer. Le plaisir, loin d’être un obstacle, devient un outil puissant pour éveiller la conscience et élever la fréquence vibratoire de notre existence, une idée que l’on retrouve aussi dans certaines formes de méditation bouddhiste où la sensation corporelle est utilisée comme un ancrage vers l’illumination.
Retrouver le Sacré dans le Corps
Réconcilier le corps et l’esprit, c’est retrouver le sacré dans notre propre chair. C’est comprendre que la communion avec le divin passe par l’acceptation de notre humanité et de notre corporalité. En intégrant le corps dans notre quête spirituelle, nous découvrons un espace de rencontre où la matière et l’esprit coexistent harmonieusement. Cette union sacrée nous permet non seulement d’honorer notre corps, mais aussi de le voir comme un véhicule de notre évolution spirituelle, une notion que les pratiques tantriques ou certains cheminements chamaniques illustrent parfaitement.
Le Corps dans la Franc-maçonnerie par Franck Fouqueray
Dans son ouvrage intitulé « Les Clés d’une nouvelle Franc-Maçonnerie par le Corps » (disponible sur le site de Numérilivre), Franck Fouqueray explore une dimension souvent négligée de la pratique maçonnique : le rôle central du corps dans la spiritualité et l’initiation maçonnique. Voici une analyse basée sur les idées et concepts présentés par Fouqueray :
Le Corps comme Instrument de l’Initiation
Fouqueray souligne que dans une époque où la vie moderne tend à désincarner les expériences spirituelles, la Franc-Maçonnerie doit réintégrer le corps dans son processus initiatique. Selon lui, le corps est le premier outil du maçon, non seulement comme un symbole, mais comme un véritable moyen d’expérience spirituelle. Il critique la tendance à intellectualiser l’initiation, affirmant que l’expérience maçonnique doit être vécue, ressentie physiquement, et non simplement pensée.
Les Quatre Nourritures du Franc-Maçon
Le livre de Fouqueray propose une relecture des « quatre nourritures » (Disponible sur le site de Dervy) du franc-maçon, qui incluent non seulement les aliments solides et liquides, mais aussi le traitement de l’air (respiration) et l’orientation de la pensée. Il met en avant l’importance de ces éléments pour le bien-être physique et spirituel du maçon, suggérant que chaque aspect de la vie quotidienne, y compris la manière dont on respire et pense, influence le parcours initiatique.
Alimentation : Non seulement comme un moyen de survie mais comme une part de l’initiation, où chaque repas partagé en loge devient une occasion de renforcer les liens fraternels et de nourrir l’âme.
Respiration : Fouqueray insiste sur les techniques de respiration qui peuvent être utilisées pour centrer le maçon, le préparer aux rituels et lui permettre de mieux intégrer les enseignements maçonniques.
Orientation de la Pensée : La manière dont on oriente ses pensées, selon Fouqueray, doit être alignée avec les principes maçonniques, ce qui se traduit par une pratique méditative ou introspective où le corps joue un rôle actif.
Air : La qualité de l’air, la respiration consciente pendant les rituels, tout cela contribue à la purification et à l’élévation spirituelle.
Symbolisme Corporel et Rituels
Fouqueray défend l’idée que les rituels maçonniques doivent impliquer le corps de manière plus consciente et intentionnelle. Les gestes, les postures, les déplacements dans l’espace de la loge ne sont pas que symboliques; ils sont des actes de transformation personnelle. Il propose de redonner vie à ces mouvements, les rendant plus significatifs et moins mécaniques, pour que chaque geste rituélique soit une étape dans le développement personnel et spirituel du maçon.
Une Maçonnerie du XXIe Siècle
L’auteur plaide pour une maçonnerie qui ne se contente pas de répéter les rituels du passé mais qui les réinterprète à travers le prisme du corps, en intégrant des pratiques éprouvées par d’autres traditions, comme celles de la Chine ancienne (mentionnant spécifiquement des pratiques de 2500 ans). Il suggère que cette approche pourrait non seulement revitaliser la Franc-Maçonnerie mais aussi l’adapter aux défis contemporains, en offrant une voie plus intégrée et holistique à l’initiation.
Franck Fouqueray invite à une redécouverte du corps dans la Franc-Maçonnerie, le voyant non comme un obstacle mais comme un allié dans la quête spirituelle. Son travail incite à une pratique maçonnique plus vivante, où chaque membre de la loge est conscient de son corps comme un véhicule de son évolution personnelle et collective. Le livre est une invitation à remettre la chair au cœur de l’action maçonnique, pour éviter que l’Art Royal ne devienne une pratique exclusivement philosophique et intellectuelle, mais plutôt un chemin de vie intégral.
Conclusion
La réconciliation entre le corps et l’esprit est une quête fondamentale pour retrouver notre essence véritable. En célébrant notre corps non pas comme une entrave, mais comme un sanctuaire, nous ouvrons la porte à une spiritualité intégrée et vivante. En fin de compte, la communion avec le divin en soi ne peut être atteinte que lorsque nous embrassons pleinement notre humanité, et cela passe par l’honorer et l’aimer, corps et âme. Et n’oublions jamais que le corps est sacré et divin par la nature magique de la vie qui l’anime, un principe que de plus en plus de traditions spirituelles contemporaines s’efforcent de réaffirmer.
François Cheng nous parle de son dernier ouvrage «De l’âme»
La relation entre les fêtes chrétiennes et la Franc-maçonnerie est assez complexe et sujette à diverses interprétations. Il est difficile toutefois de nier qu’il existe des relations historiques. Après avoir savouré le dessin ci-dessous, voici quelques points clés à considérer.
Origines et Influences :
La Franc-maçonnerie, bien que séculaire et non confessionnelle dans ses principes modernes, a des racines qui remontent à des guildes médiévales de bâtisseurs, souvent associées aux cathédrales chrétiennes. Par conséquent, certaines pratiques maçonniques ont été influencées par la symbolique chrétienne.
Symbolisme et Rituels :
De nombreux rituels maçonniques utilisent un symbolisme qui peut être lié à la chrétienté, comme le compas et l’équerre qui peuvent évoquer le symbolisme de la croix dans certaines pratiques maçonniques. Cependant, ces symboles sont souvent interprétés de manière allégorique plutôt que strictement religieuse.
Certaines loges maçonniques, surtout dans les pays à tradition chrétienne forte, célèbrent ou reconnaissent des fêtes chrétiennes comme Noël ou Pâques, bien que cela ne soit pas universel et dépend des pratiques locales et des rites spécifiques (comme le Rite Écossais Ancien et Accepté ou le Rite d’York).
Diversité des Pratiques :
La Franc-maçonnerie n’est pas homogène; elle comprend des obédiences qui peuvent avoir des relations différentes avec la religion chrétienne. Par exemple, la Grande Loge Unie d’Angleterre exige une croyance en un Être Suprême sans préciser quelle religion, tandis que d’autres loges peuvent être plus ouvertement chrétiennes ou inclusivement interreligieuses.
Controverses et Critiques :
Historiquement, l’Église catholique a eu une relation ambivalente avec la franc-maçonnerie, allant de la condamnation (comme dans la bulle papale « In eminenti apostolatus » de 1738) à des discussions plus récentes sur le dialogue. Les critiques chrétiennes de la franc-maçonnerie souvent se focalisent sur l’accusation de syncrétisme ou de déisme, considérant ces positions comme incompatibles avec la foi chrétienne orthodoxe.
Fêtes Chrétiennes dans la Franc-Maçonnerie :
Les fêtes chrétiennes ne sont pas des obligations dans la franc-maçonnerie, mais elles peuvent être observées dans certaines loges comme des moments de réflexion ou de fraternité, souvent détachées de leur signification purement religieuse pour se concentrer sur des valeurs universelles comme la fraternité, la charité, ou la lumière (symbolique de la connaissance et de la vérité).
En résumé, bien que la Franc-maçonnerie ne soit pas une organisation chrétienne, il existe des liens symboliques, historiques et parfois pratiques avec la chrétienté, variant grandement selon les loges et les pays. La relation exacte dépend donc beaucoup du contexte spécifique de chaque loge maçonnique.
Le best-seller d’Eckhart Tolle, « Le Pouvoir du Moment Présent« , offre une leçon de spiritualité contemporaine qui, malgré son origine nouvelle, fait écho à des traditions ancestrales comme la franc-maçonnerie.
Le pouvoir du moment présent : Une philosophie de conscience
Eckhart Tolle, avec son ouvrage publié en 1997, propose un guide vers l’éveil spirituel par la pleine conscience et la présence au « ici et maintenant ». Le livre explore comment être libéré du poids du passé et des anticipations du futur pour vivre pleinement dans l’instant présent, ce qui, selon Tolle, conduit à la paix intérieure et à l’épanouissement.
Parallèles avec la Franc-maçonnerie
La franc-maçonnerie, une société initiaque avec des racines remontant au moins au XVIIIe siècle, se fonde sur des principes de recherche de la vérité, de perfectionnement moral et de fraternité. Voici comment « Le Pouvoir du Moment Présent » trouve des échos dans les pratiques maçonniques :
La Recherche de la Lumière Intérieure : Tolle enseigne que la libération de l’ego et l’ancrage dans le moment présent mènent à une forme d’illumination intérieure. De même, la franc-maçonnerie guide ses membres vers une « lumière » métaphorique, symbolisant la connaissance de soi et la sagesse, à travers un parcours initiatique où chaque degré représente une étape dans cette quête.
La Transformation de la Conscience : Tolle parle de la nécessité de transformer notre conscience, de passer d’un état d’esprit dominé par l’ego et le mental à une conscience éveillée et présente. La maçonnerie prône également une transformation profonde du candidat, un travail sur soi-même pour devenir une meilleure version de soi, ce qui implique souvent une remise en question de ses propres perceptions et croyances.
La Méditation et la Contemplation : Bien que « Le Pouvoir du Moment Présent » ne soit pas un livre de méditation à proprement parler, il encourage des pratiques de pleine conscience similaires aux moments de contemplation maçonnique. Dans les loges, la méditation sur les symboles et les rituels est une manière d’accéder à une compréhension plus profonde de soi et des mystères de l’univers.
La Libération des Illusions : Tolle insiste sur le fait que la souffrance humaine provient en grande partie des illusions créées par notre mental, du passé et des peurs du futur. La franc-maçonnerie, avec ses enseignements sur le symbole et l’alchimie spirituelle, vise aussi à libérer l’individu des illusions matérielles pour percevoir la vérité plus profonde.
Un dialogue entre traditions
Eckhart Tolle (par Kyle Hoobin)
Alors que « Le Pouvoir du Moment Présent » est ancré dans une spiritualité moderne et accessible, il emprunte à des traditions plus anciennes, y compris des éléments qui peuvent être perçus comme maçonniques :
L’Universalité de la Sagesse : Tolle ne se rattache à aucune religion spécifique mais parle d’une sagesse universelle, une approche que l’on retrouve dans la maçonnerie où l’on recherche une vérité transcendante au-delà des dogmes.
Le Symbolisme du Temps : Tolle met en avant le présent comme le seul temps réel, un concept qui peut être vu comme un écho de l’éternel « ici et maintenant » que les maçons cherchent à incarner dans leurs rituels, où chaque moment est une occasion d’approfondir la connaissance et la fraternité.
L’application pratique des enseignements
Pour approfondir cette connexion entre l’œuvre de Tolle et la franc-maçonnerie, examinons comment certains concepts peuvent être appliqués dans une perspective maçonnique :
Pratique de la Pleine Conscience : Tolle encourage ses lecteurs à pratiquer la pleine conscience pour se libérer des chaînes du mental. Dans la franc-maçonnerie, ce pourrait être traduit par une attention accrue lors des rituels et des moments de réflexion, où chaque action et chaque mot est chargé de sens et d’intention.
Le Concept de l’Ego : Tolle décrit l’ego comme une source de souffrance, une fausse identité qui nous empêche de vivre pleinement. La maçonnerie, à travers ses rituels d’initiation, vise souvent à « tuer l’ego » symboliquement, en incitant le candidat à reconnaître sa petitesse face à l’univers et à travailler sur l’humilité et la fraternité.
L’Acceptation et le Lâcher-prise : Un thème central chez Tolle est l’acceptation du présent tel qu’il est, sans résistance. Ce principe peut trouver une application dans la maçonnerie où l’on apprend à accepter l’existence telle qu’elle est, à travailler avec ce qui est donné, et à lâcher prise sur ce qui ne peut être contrôlé, pour mieux se concentrer sur l’amélioration de soi et du monde.
Le symbolisme maçonnique et la présence
La franc-maçonnerie est riche en symbolisme, et certains de ces symboles peuvent être interprétés à travers le prisme des enseignements de Tolle :
Le Point dans le Cercle : Ce symbole maçonnique peut représenter le moment présent, le « point » où tout converge, entouré par le cercle du temps éternel, suggérant que tout ce qui compte est ce qui est vécu maintenant.
Le Compas et l’Équerre : Outils qui aident à mesurer et à construire, ils symbolisent également la maîtrise de soi et l’équilibre émotionnel, des qualités encouragées par la pratique de la présence au moment présent.
La Lumière : Dans « Le Pouvoir du Moment Présent », la lumière est une métaphore de la conscience éveillée. En maçonnerie, la lumière est un symbole de l’illumination spirituelle et de la connaissance. Être « dans la lumière » est similaire à vivre pleinement éveillé au présent.
Le dialogue entre spiritualité moderne et tradition
Ce que « Le Pouvoir du Moment Présent » et la franc-maçonnerie partagent, c’est une invitation à l’exploration intérieure, à une compréhension plus profonde de l’existence. Tolle, avec son approche directe et accessible, rend la philosophie contemplative accessible à un large public, tandis que la maçonnerie offre un cadre symbolique et rituel pour cette même exploration.
L’œuvre d’Eckhart Tolle et les enseignements de la franc-maçonnerie, bien que séparés par le temps et les méthodes, proposent une réflexion sur la nature de la conscience humaine et la quête de l’éveil. Ils illustrent qu’à travers des pratiques différentes, mais avec des buts similaires, l’humanité est engagée dans une recherche constante de sens et de paix. « Le Pouvoir du Moment Présent » peut donc être vu comme un guide moderne vers des vérités que les francs-maçons cherchent à incarner dans leurs pratiques, démontrant que la sagesse véritable est intemporelle et universelle.
« Le Pouvoir du Moment Présent » et la franc-maçonnerie partagent une quête commune : celle de la transformation de l’être humain par une prise de conscience et une recherche de vérité. Bien que les méthodes et les contextes diffèrent, le livre de Tolle offre une approche contemporaine à des questions philosophiques et spirituelles que la franc-maçonnerie explore depuis des siècles. Ce lien souligne une aspiration universelle à la sagesse et à la paix intérieure, illustrant que le chemin vers l’éveil peut prendre de nombreuses formes, mais que tous ces chemins convergent vers un même but : comprendre et vivre pleinement l’expérience de l’existence.
Un Voyage Mystique entre Alchimie, Philosophie et Franc-Maçonnerie
L’acronyme V.I.T.R.I.O.L., à la fois énigmatique et évocateur, sert de portail à un voyage introspectif, à la convergence de l’alchimie, de la philosophie et de la symbolique initiatique. Ancré DANS LES profondeurs de l’histoire, il rayonne avec une symbolique intemporelle qui continue de fasciner et d’inspirer, notamment dans le cadre des traditions ésotériques, dont la Franc-Maçonnerie.
Traduction
L’acronyme V.I.T.R.I.O.L. est tiré de la maxime latine : « Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultam Lapidem ». Cette phrase peut être interprétée de diverses manières en français, offrant des nuances subtiles dans sa traduction. Voici quelques suggestions : • « Visite l’intérieur de la Terre, et en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée ». • « Explore les profondeurs de la Terre, et par la rectification, tu dénicheras la pierre secrète. » • « Sonde l’intérieur de la Terre, et à travers une juste transformation, tu découvriras le joyau caché. » • « Plonge au cœur de la Terre, et en purifiant, tu trouveras la pierre occulte. » Chaque traduction apporte une nuance légèrement différente, mais toutes convergent vers l’idée de la quête intérieure et de la découverte d’une vérité ou d’un trésor caché à travers la transformation ou la purification.
Origine
Basile Valentin est souvent cité comme l’auteur de la célèbre phrase. Cependant, comme de nombreux alchimistes et figures de l’époque, la réalité de son existence est entourée de mystère. Pour certains, Basile Valentin serait le pseudonyme d’un alchimiste ou d’un groupe d’alchimistes, plutôt que d’une personne réelle. D’autres pensent que c’était un bénédictin allemand qui aurait vécu au 15ème siècle.
Parmi les œuvres attribuées à Basile Valentin, le plus célèbre est sans doute « Les Douze Clefs de la Philosophie ». Cet ouvrage présente douze « clés » ou étapes pour réaliser la Grande Œuvre alchimique, illustrées par des gravures énigmatiques.
Un autre travail important attribué à Basile Valentin est « Le Char Triomphal de l’Antimoine ». Dans cet ouvrage, l’antimoine est exploré pour ses propriétés médicinales et alchimiques.
Bien que le V.I.T.R.I.O.L. ne soit pas explicitement mentionné dans ces textes, l’esprit et la philosophie sous-jacents à cette phrase y sont présents. L’importance de la recherche intérieure, de la transmutation et de la quête de la vérité sont des thèmes centraux de l’alchimie et se reflètent dans la philosophie exprimée par cet acronyme.
Le vitriol et l’alchimie
Le vitriol, dans sa définition la plus élémentaire, fait référence à des sulfates métalliques cristallisés. Lorsque ces cristaux sont dissous dans l’eau, ils forment des solutions acides très concentrées. Le « vitriol bleu » est composé de sulfate de cuivre, alors que le « vitriol vert » est un sulfate de fer. Ces noms colorés, bien que descriptifs, cachent une profondeur de signification dans le domaine alchimique.
L’une des caractéristiques les plus remarquables du vitriol est sa capacité à dissoudre d’autres matières. Lorsqu’une substance est introduite dans une solution de vitriol, elle perd souvent sa forme originelle, se décomposant et se transformant. Cette action corrosive du vitriol n’est pas simplement vue comme destructrice, mais plutôt comme une étape nécessaire à la transformation. En alchimie, la dissolution d’une substance est souvent la première étape pour accéder à son essence véritable, débarrassée de ses impuretés.
Dans le contexte alchimique, le vitriol est vu comme un agent de purification. Sa capacité à dissoudre et à décomposer les substances en leurs constituants élémentaires est une métaphore du processus alchimique de décomposition et de reconstitution. Tout comme le vitriol brise les liens entre les molécules, l’alchimiste cherche à séparer et à reconstruire les liens des principes fondamentaux constituant la matière : le Sel, Soufre et Mercure.
Cette action de dissolution du vitriol, loin d’être une fin en soi, est plutôt le début d’une série de transformations. Une fois que la substance originelle a perdu sa forme, elle est prête à être reformée, purifiée et améliorée. Cette notion est au cœur de l’alchimie : le vieux roi doit mourir pour faire place au nouveau.
Interprétation Symbolique
Dès les premières étapes de l’initiation maçonnique, l’acronyme V.I.T.R.I.O.L. apparaît comme une clé essentielle de la symbolique, inscrite sur les murs du cabinet de réflexion. Cet espace sombre et isolé, où le candidat est invité à méditer avant son initiation, est une représentation matérielle et psychologique du voyage intérieur que le futur initié s’apprête à entreprendre.
Signification dans le Cabinet de Réflexion
Le cabinet de réflexion est un lieu symbolique, représentant une grotte ou une tombe, où l’initié est confronté à la dualité de sa propre existence : la vie et la mort, l’ombre et la lumière, l’ignorance et la connaissance. Le V.I.T.R.I.O.L., inscrit de manière bien visible, est un rappel explicite de la démarche introspective que doit accomplir le candidat.
L’inscription invite à un retour sur soi-même, à l’exploration des profondeurs de son être, symbolisée par la « Terre intérieure ». Ce voyage est à la fois une mort symbolique – celle de l’ignorance et des imperfections – et une renaissance potentielle vers la lumière de la connaissance et de la sagesse.
Un Appel à la Transmutation
Dans le contexte maçonnique, « rectificando » prend une résonance particulière. Ce terme ne se contente pas de signifier la correction ou la purification : il évoque également l’idée d’une élévation progressive. Le travail de rectification est une allégorie de l’amélioration continue à laquelle l’initié s’engage, à la fois pour son bénéfice personnel et pour celui de l’humanité tout entière.
Le « cabinet de réflexion » devient ainsi une forge spirituelle où le néophyte est confronté à ses propres ténèbres. Le miroir, souvent présent dans cet espace, amplifie ce message : il reflète non seulement son image extérieure, mais aussi l’invisible, ce qu’il doit encore purifier et transformer.
La Pierre Cachée : Un Symbole d’Accomplissement
Le but ultime de ce voyage intérieur est de découvrir la « pierre cachée », qui symbolise l’illumination, la sagesse ou l’état de perfection intérieure. En Franc-Maçonnerie, cette quête évoque également le travail sur la pierre brute, représentant l’individu imparfait qui, par son travail, tend à devenir la pierre polie : l’homme accompli.
La Philosophie Hermétique et l’Initiation Maçonnique
La présence du V.I.T.R.I.O.L. dans les rituels maçonniques est aussi une manière de souligner l’influence de la philosophie hermétique sur la Franc-Maçonnerie. Les principes de l’hermétisme, tels que « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », trouvent un écho dans la quête maçonnique d’harmonie entre le microcosme (l’homme) et le macrocosme (l’univers).
Dans cette optique, l’exploration des profondeurs intérieures n’est pas une démarche solitaire. Elle s’inscrit dans une dynamique universelle où chaque transformation personnelle résonne dans l’ensemble du cosmos. Par ce processus, l’initié ne cherche pas seulement à s’élever spirituellement, mais aussi à contribuer à l’élévation de l’humanité et à son perfectionnement.
Le V.I.T.R.I.O.L. : Une Philosophie Vivante
Au-delà de sa signification symbolique, le V.I.T.R.I.O.L. est un guide pratique pour l’initié. Il rappelle que la quête maçonnique ne se limite pas aux rituels ou aux études symboliques, mais nécessite une mise en œuvre active dans la vie quotidienne. C’est un rappel que chaque maçon, dans son travail sur lui-même, contribue à construire le temple idéal, non seulement en lui-même, mais également dans le monde.
Ainsi, dès le départ, le V.I.T.R.I.O.L. établit un lien indissociable entre l’alchimie intérieure, la philosophie hermétique et la démarche initiatique maçonnique, plaçant le candidat sur un chemin de transformation profonde et durable.
Conclusion
L’acronyme V.I.T.R.I.O.L. se présente comme une clé, non seulement pour déchiffrer les arcanes de l’alchimie, mais également pour naviguer dans la vaste mer de la connaissance de soi et de l’univers. Ce rappel puissant de la nécessité d’une introspection profonde et de la transmutation personnelle est au cœur de nombreuses traditions spirituelles et philosophiques, dont la Franc-Maçonnerie, où il occupe une place centrale dès les premiers pas du candidat dans l’initiation.
Dans le contexte maçonnique, le V.I.T.R.I.O.L. se manifeste comme un guide lors de la phase initiatique du cabinet de réflexion. Cet espace symbolique, obscur et méditatif, représente le point de départ d’un cheminement spirituel et personnel, où le candidat est invité à faire face à ses propres ténèbres et à entreprendre le travail de rectification. Ce processus, qui consiste à explorer, purifier et transformer, est un écho moderne à l’ancienne exhortation gravée à l’entrée du temple de Delphes :
« Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l’univers et les dieux »
La phrase « Visite l’intérieur de la Terre », inscrite dans cet espace sacré, invite à une plongée dans les profondeurs de l’âme humaine, un voyage intérieur parallèle à celui des alchimistes cherchant à transformer le plomb en or. En Franc-Maçonnerie, cette transmutation symbolique prend une signification encore plus profonde : c’est le travail incessant du maçon sur sa pierre brute, pour devenir une pierre polie qui s’insère harmonieusement dans l’édifice universel.
C’est dans cette introspection, dans cette exploration courageuse des recoins les plus sombres de notre être, que nous commençons à percevoir les fils invisibles qui relient l’individu au collectif, l’âme humaine à la lumière universelle, et l’humain à la transcendance. Le V.I.T.R.I.O.L., dans sa profondeur symbolique, devient ainsi une boussole, guidant non seulement l’alchimiste, mais aussi l’initié maçon dans sa quête de lumière, de vérité et d’harmonie avec les lois universelles.
En fin de compte, l’essence même du V.I.T.R.I.O.L. est un rappel intemporel : le chemin vers la vérité universelle et les mystères de l’existence commence par une connaissance authentique et sincère de soi-même. Et dans ce processus, comme le suggère la Franc-Maçonnerie, réside la clé permettant à chacun de contribuer à la construction d’un temple intérieur, en résonance avec l’édifice spirituel universel.
Texte issu d’une analyse de Roger Dachez intitulé « Le mythe de la patente maçonnique »
La Franc-maçonnerie, avec ses rituels et son histoire millénaire, est aussi un terrain fertile pour les débats autour des « patentes » – ces documents qui prétendent légitimer les activités maçonniques. Leur usage en France, souvent source de querelles, mérite une analyse approfondie pour comprendre comment ces instruments juridiques ont façonné, et parfois déformé, la pratique de la maçonnerie.
Qu’est-ce qu’une patente ?
Historiquement, le terme « patente » dérive du latin « patere » (être ouvert), désignant dans le droit médiéval un acte public par lequel un monarque accordait des droits ou des privilèges. En franc-maçonnerie, une patente (ou « Warrant » en anglais) est un document crucial, théoriquement indispensable pour que les travaux d’une loge soient reconnus comme légitimes. Elle symbolise l’autorisation d’une autorité supérieure à exercer des activités maçonniques sous son égide.
Origine de la Patente en Maçonnerie
L’idée de la patente en maçonnerie a vu le jour en Angleterre, avec la formation de la première Grande Loge de Londres en 1721 (ou 1717 selon les sources), sous la direction de John, 2ème Duc de Montagu. Cette institution, cherchant à asseoir son autorité, a introduit le concept de « régularité » et la nécessité d’une patente pour légitimer les loges. En France, l’adoption de cette pratique s’est faite bien plus tard, souvent de manière conflictuelle, alors que les loges cherchaient à se structurer sous une autorité centrale.
Pouvoir et les Patentes
En France contemporaine, la patente est souvent devenue un symbole de pouvoir et d’influence politique au sein de la maçonnerie. Elle agit comme un moyen de contrôle administratif et de gestion des relations entre obédiences ou juridictions. Cependant, cette notion de légitimité par la patente est remise en cause par le passé tumultueux de nombreux documents prétendument fondateurs :
La Patente Gerbier de 1721, qui n’apparut qu’en 1785 et fut immédiatement suspectée d’être un faux par des historiens comme Thory au XIXe siècle.
La Patente de Martinès de Pasqually, censée dater de 1738, attribuée par Charles Stuart, mais dont la forme et le contenu étaient si improbables que son authenticité a toujours été mise en doute.
La Patente Morin de 1761, révoquée cinq ans après son émission, mais qui a servi de base au Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA).
Patente Aujourd’hui
L’absurdité de certaines exigences actuelles, comme celle d’une « patente Emulation », illustre une méconnaissance ou une distorsion des traditions maçonniques. En effet, la loge Emulation de Londres ne délivre pas de patente mais reconnaît simplement que d’autres loges suivent son rituel. De plus, la création de nouveaux rites ou grades sans patente, une pratique courante en Angleterre, remet en question le monopole des patentes comme critère de légitimité.
Légitimité au-delà de la Patente
La véritable légitimité dans la franc-maçonnerie doit être cherchée non dans les documents administratifs mais dans les principes fondamentaux de la maçonnerie : la sincérité, la recherche de la vérité, l’humilité, le travail assidu et l’étude approfondie de son patrimoine symbolique et rituel. Les fondateurs de nombreux grades et rites entre 1725 et 1760 ont agi sans patentes, prouvant que l’innovation et la transmission des connaissances maçonniques transcendent souvent les formalités administratives.
La Patente, un Mythe ou une Nécessité ?
La patente, bien que profondément enracinée dans la culture maçonnique, ne devrait pas être le seul critère pour juger de la validité ou de l’authenticité d’une pratique ou d’une institution maçonnique. La franc-maçonnerie, avec ses idéaux d’amélioration personnelle et sociale, repose sur des valeurs et des actions plus que sur des documents. En analysant l’histoire et les pratiques contemporaines, il devient clair que la patente est davantage un instrument de contrôle et de pouvoir qu’un marqueur de véritable légitimité spirituelle ou initiatique.
L’idée d’une transition entre l’ère du Poisson et l’ère du Verseau, popularisée par l’astrologie ésotérique et certains courants spirituels, suggère un changement global d’énergie ou de paradigme. Dans cette perspective, la Franc-maçonnerie, née historiquement à l’aube des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles (au cœur de l’ère du Poisson, selon cette chronologie), pourrait connaître aujourd’hui un renouvellement dans ses manières d’enseigner, de percevoir et de transmettre ses valeurs.
De l’ère du Poisson à l’ère du Verseau : Un changement de paradigme
« Le changement est la loi de la vie. Et ceux qui ne regardent que le passé ou le présent sont certains de manquer l’avenir. »
John F. Kennedy
• Ère du Poisson : Souvent associée à l’introspection, à la foi et à la recherche d’un guide spirituel unique (proche de l’archétype christique), elle a pu se traduire par une forte hiérarchisation et des structures fondées sur la verticalité : profane / initié, maître / apprenti, autorité / obéissance. • Ère du Verseau : Généralement perçue comme l’époque de l’ouverture, de l’innovation, de la liberté de conscience, de la fraternité horizontale et du collectif. Elle met l’accent sur la participation de chacun, la transparence et l’égalité.
Pour la Franc-maçonnerie, cela pourrait se traduire par un retour à la fraternité universelle, mais vécue sous un angle plus collaboratif, moins hiérarchisé et plus adapté aux enjeux contemporains (technologie, écologie, pluralité religieuse, etc.).
Comparaison entre les siècles
« Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le répéter »
George Santayana
• XVIIIᵉ siècle : La maçonnerie se structure en loges spéculatives, empruntant aux traditions opératives et aux courants philosophiques de l’époque. Les Lumières nourrissent son idéal de raison, de tolérance et de recherche de la vérité. Les loges sont alors des espaces de sociabilité élitaire, marqués par le secret et la curiosité intellectuelle. • XIXᵉ et début XXᵉ siècles : La Franc-maçonnerie s’inscrit dans la construction des États-nations et l’affirmation de nouvelles valeurs républicaines ou libérales. Devenue plus politique, elle contribue aux mouvements laïques et progressistes, tout en restant très marquée par les grandes idéologies de l’époque (nationalismes, colonialismes, etc.). • XXᵉ siècle : On assiste à une diversification des rites et des obédiences, une internationalisation plus prononcée, mais aussi à des crises profondes (guerres mondiales, totalitarismes). La maçonnerie se veut un rempart contre l’obscurantisme, la censure et la négation des libertés fondamentales. Les loges deviennent parfois des foyers de résistance ou de débats d’idées, tout en continuant à travailler symboliquement. • XXIᵉ siècle : Dans le cadre de l’ère du Verseau, on assiste à une montée en puissance de la communication numérique et des réseaux sociaux, favorisant l’échange rapide des idées et la participation élargie des individus. Cette évolution technologique touche toutes les sphères de la société et ne laisse pas la Franc-maçonnerie à l’écart. Les loges, historiquement ancrées dans des pratiques séculaires, se retrouvent alors confrontées à plusieurs défis :
Perpétuer la tradition ésotérique sans sombrer dans l’élitisme ou l’anachronisme
« La tradition n’est pas le culte des cendres, mais la préservation du feu. »
Gustav Mahler
Les rituels maçonniques et la transmission orale ont longtemps constitué le cœur de la méthode initiatique. Or, la culture numérique tend à tout rendre accessible, voire « consommable » instantanément. Les loges doivent donc redoubler d’efforts pour préserver la profondeur et la discrétion des enseignements, tout en évitant de donner une impression de repli hermétique.
D’un autre côté, l’attrait pour la transparence et l’authenticité peut pousser la Franc-maçonnerie à clarifier ses finalités, ses valeurs et sa contribution à la société. Comment conserver l’essence ésotérique, fondée sur la symbolique et la démarche intérieure, dans un monde axé sur la divulgation continue ?
Intégrer les préoccupations contemporaines dans les réflexions symboliques
« Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. »
Antoine de Saint-Exupéry
• Écologie : L’urgence climatique et la prise de conscience environnementale invitent les loges à relire les symboles du bâtisseur et de la pierre brute à la lumière de la responsabilité écologique. • Parité : La reconnaissance du rôle des femmes et la valorisation de l’égalité hommes-femmes sont devenues incontournables. De nombreuses obédiences sont déjà mixtes ou féminines, mais la question de la parité demeure cruciale pour refléter la diversité de la société. • Éthique numérique : L’essor de l’intelligence artificielle et du Big Data soulève des défis en matière de confidentialité et de justice sociale. Les francs-maçons, conscients de l’éthique, peuvent examiner la place de l’humain face à la machine, la notion de libre arbitre, et l’âme dans un univers toujours plus automatisé. • Engagement sociétal : Aux côtés d’une écologie intégrale et d’une égalité accrue, certaines loges souhaitent s’impliquer davantage dans la vie civile, agissant à la fois comme observateurs et acteurs du débat public.
Spiritualité affermie ou participation sociétale ? Vers une multiplicité des approches
« La plus haute prière à Dieu, c’est le service des hommes. »
(adapté d’une pensée de Gandhi)
De plus en plus de francs-maçons expriment le désir d’une spiritualité renforcée, souhaitant enseigner et approfondir la démarche ésotérique dans les loges. Pour eux, la Franc-maçonnerie se définit avant tout comme un ordre initiatique, où le travail intérieur prime. À l’inverse, certaines obédiences entendent s’inscrire davantage dans la cité, orientant leurs réflexions sur les enjeux sociaux, politiques ou économiques, afin de contribuer à l’essor de la nation et de défendre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité dans l’espace public.
Entre cette « maçonnerie spirituelle » et cette « maçonnerie sociétale », on observe parfois une tension ou une incompréhension. Peut-on alors parler d’une seule Franc-maçonnerie ou de formes plurielles ? Une troisième voie pourrait consister à réconcilier ces deux tendances : tout en puisant dans la profondeur initiatique (rituels, symboles, progrès intérieur), la loge pourrait encourager l’implication citoyenne de ses membres, persuadée que la transformation personnelle éclaire et nourrit l’action collective.
Valorisation de la participation horizontale et volonté d’ouverture
« Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite. »
Henry Ford
L’ère du Verseau suggère une horizontalité plus marquée, où chaque individu est encouragé à contribuer, à débattre et à co-construire. Cette approche séduit de plus en plus de francs-maçons, qui souhaitent rendre la réflexion plus participative et moins soumise à des hiérarchies ou des traditions figées.
La volonté d’ouverture se traduit par des initiatives inter-obédientielles ou des partenariats avec la société civile (associations caritatives, projets écologiques, débats publics). Ainsi, le « secret maçonnique » s’oriente davantage vers une discrétion symbolique que vers un isolement.
Maintenir un équilibre entre universalité et adaptation locale
« Celui qui demeure immobile se fige, celui qui dérive se perd : l’équilibre est dans la marche. »
La Franc-maçonnerie reste un réseau mondial, attaché à une fraternité sans frontières. Néanmoins, elle doit répondre aux contextes culturels et sociétaux spécifiques de chaque pays. Cet équilibre entre l’héritage ésotérique et les enjeux contemporains incarne la volonté de préserver des valeurs universelles, tout en reconnaissant la nécessité d’évoluer au rythme des besoins et des mentalités du XXIᵉ siècle.
En résumé, l’ère du Verseau place la Franc-maçonnerie devant un choix : mettre l’accent sur une spiritualité approfondie ou sur une participation active à la vie publique ? Peut-être existe-t-il une troisième voie, où l’on articule harmonisation intérieure et engagement extérieur, de sorte que la démarche ésotérique nourrisse une action sociétale éclairée.
C’est là tout l’enjeu d’une Franc-maçonnerie vivante et plurielle, capable de réinventer ses formes et ses priorités tout en restant fidèle à son esprit originel : réunir ce qui est épars et favoriser l’élévation morale et spirituelle de l’humanité.
Pourquoi la Franc-maçonnerie ne ferait-elle pas ses propres prédictions ?
Tous les secteurs, toutes les activités philosophiques et autres regorgent de prédictions, de prédicateurs connus ou improvisés en hâte.
On ressort même les plus connus comme Nostradamus, une valeur sûre, pour les plus férus en la matière Padre Pio se situe dans le peloton de tête également. Ensuite dans cette course folle, il y a un choix dithyrambique pour tous les goûts sans oublier les outsiders qui parfois tiennent la dragée haute à tous ces professionnels de la prophétie .
Guide des lumières, pleine lune, marc de cafÉ, apocalypse…
On se laisse prendre à son propre jeu et l’on finit par procrastiner et faire ses propres pronostics. On parle d’amour, de politique, de géo-politique et l’on bascule dans le monde des nouveaux initiés.
Mais que faut-il en conclure éventuellement ? J’ai réfléchi, mais comme me disait ce matin au premier degré, Gigi mon voisin et brave fermier : « De toutes façons, ça ne peut pas faire de mal et puis ça fait marcher l’commerce ».
Ah ben c’est ben vrai mon gars!
J’vais en parler au Grand René pour sa vidéo ci-dessous:
Alexander Van De Meïr est un homme qui a de la chance.
Les hasards destinaux l’ont fait naître dans une famille aimante. Sa mère, professeur honoraire de littérature comparée de la Sorbonne, est une femme douce et affectueuse qui lui a toujours manifesté de l’admiration, sans doute excessive mais pas pour l’amour maternel qu’elle lui porte.
Elle le félicite, l’encourage, le louange, l’applaudit dès qu’il est heureux. Il fut son adorable bébé, puis son délicieux enfant, son si créatif et dynamique adolescent et maintenant son « grand », si beau et intelligent. Combien de fois avait-il surpris sa mère qui parlait de lui au superlatif avec ses amies !
Elle continue de s’adresser à lui en ne lui donnant, en privé, que ces petits mots tendres si doux que l’on donne aux enfants. Ils sont un peu ridicules pour son âge, mais ils le remplissent tout de même d’attendrissement en les entendant.
Son père, Pieter, architecte de renom, est connu pour ses sévères exigences tant de ses collaborateurs que de lui-même. Cependant, il se montre toujours affectueux, attentif, compréhensif et bienveillant avec son fils.
Encore célibataire, Alexander est pourtant bel homme. La sensualité de ses traits montre sa générosité, son pas ferme et vif, sa virile détermination ; grande et svelte, sa silhouette atteste une vie saine dont les seuls excès ne pourraient être que ceux de la pensée.
Alexander, n’est pas qu’un séduisant quadragénaire, il est un homme de lettres réputé. Son obsession pour l’art, l’histoire et les mystères du passé l’ont même conduit à faire plusieurs conférences à Harvard sur Les symboles cachés de l’histoire de l’art, des analyses de messages cachés et de significations d’œuvres célèbres à travers les âges.
– Poussin chéri ! Alexander se tourna vers la voix câline de sa mère à qui il était venu rendre visite.
Ses parents habitaient non loin de chez lui et c’est toujours avec plaisir qu’il passait les voir, le plus souvent possible.
– J’ai reçu une invitation pour l’inauguration d’une nouvelle galerie de peinture dans le quartier, je n’ai pas le temps de m’y rendre ce soir, ne veux-tu pas en profiter mamour ?
Avec jubilation il accepta le carton d’invitation, curieux de cette nouveauté. Étonnamment, sa soirée n’était pas réservée par une de ses multiples activités.
Alexander arrive à pied au 33 rue de la Boétie. Après s’être faufilé parmi les nombreux curieux, il découvre une élégante galerie rococo qui a remplacé récemment un café de quartier.
Les murs sont revêtus de riches panneaux de bois clair, ornés de moulures blanches délicates qui ajoutent une touche classique à l’espace. Des lustres en cristal répandent une lumière douce pour une atmosphère feutrée et sophistiquée.
Les œuvres d’un seul artiste, accrochées avec précision, occupent tous les murs. Encadrées de dorure, elles captent l’attention des visiteurs dès leur entrée. Les œuvres sont dans un style hybride particulièrement novateur. Il s’agit d’un mix de techniques employant à la fois des images animées immersives en perpétuelle évolution issues d’une intelligence artificielle et de collages au sol. Les tableaux sont disposés de manière à créer une sorte de progression narrative mouvante ; le contenu des cadres, s’enchaînant avec subtilité pour former un seul tableau où les lignes de fuite des paysages fantasmagoriques, se continuent sur les voisines. Des animations hallucinantes en sortent, se répandant dans la galerie sur les collages, faisant de l’espace une succession de fascinantes scènes virtuelles de réalité augmentée.
Sur la première dominée par des tons de noir, de gris et de bleu nuit, un personnage solitaire en hologramme marche lentement le long d’un chemin sinueux parsemé d’obstacles. Son corps est partiellement dissimulé dans une obscurité tailladée de stries géométriques, ne laissant entrevoir que des contours indistincts. Autour de lui, on devine des sortes d’arbres dépourvus de feuillage, leurs branches suggérées s’agitent, deviennent des doigts griffus se saisissant des formes sur les collages puis redeviennent des branches.
C’est avec une évolution des couleurs que le personnage avance sur le même chemin qui se poursuit de tableau en tableau, jusqu’à ce que les tons sombres aient laissé place à une palette de fauves, plus loin de couleurs vives et chaudes, jusqu’à des teintes dorées et des nuances de rose et d’orange et de jaune sur le dernier tableau. Le personnage qui marchait dans l’ombre est désormais représenté au centre de la toile, émergeant de la lumière changeant d’irisation et inondant le plancher par des vagues immersives pour le spectateur selon sa position.
Une musique classique, presque imperceptible, joue en arrière-plan, contribuant au cadre feutré de la galerie.
Le sol en parquet ivoire émet un léger grincement à chaque pas, ajoutant une ambiance aussi délicate que surannée au lieu, en parfait contre-point avec l’œuvre présentée.
Le murmure des conversations des visiteurs, leurs chuchotements et le froissement discret des feuilles des guides d’exposition bruissent discrètement. Les uns, dans leur déambulation mondaine, accompagnent le personnage dans l’immensité ainsi produite, les autres, dans de confortables fauteuils aux formes arrondies, accoudoirs allongés, dossiers rembourrés, dispersés stratégiquement, se plongent dans la contemplation de l’œuvre panoramique ou, pour mieux dire, circulaire.
Au fond de la galerie, Alexander se retrouva près d’un lourd rideau pourpre qu’il écarta, cédant à la tentation. Il découvre une petite salle nue, à peine éclairée par les lumières de la ville pénétrant par une fenêtre grillagée, l’ancien entrepôt du café. Là, il aperçoit deux tableaux retournés contre le mur et, poussé par une curiosité instinctive, les pivote naturellement. Éclairé par la faible lumière, il observe. Dans un petit cadre carré, le plan serré d’une main cherchant à saisir le ciel dans le style de Van Gogh, l’autre tableau est le portrait d’une femme pensive dans un style Renaissance, dont les doigts fins sont posés sous sa gorge. La surprise de leur incongruité de style se lit sur son visage, un léger froncement de sourcils marque son intérêt.
– Que font-ils ici ? C’est quoi cela ? se demande-t-il intérieurement. Ils sont manifestement une création artificielle récente, non comme des œuvres d’art mais plutôt comme un essai, comme une interrogation sur la posture des doigts particulièrement étrange.
Ce serait un détail pour un observateur distrait, mais l’œil aguerri de l’expert remarqua d’emblée le discret point commun de ces deux œuvres : le majeur et l’annulaire semblaient artificiellement accolés.
A peine sorti de la pénombre, et encore dans ses pensées à propos des mains étranges, Alexandre faillit bousculer le propriétaire de la galerie, Hircine Enhardir.
Le très riche amateur d’art, Hircine Enhardir, vêtu sobrement, un bleuet à la boutonnière, circulait parmi les visiteurs observant avec attention leurs réactions.
– Cet homme me fait penser au portrait de Casanova qu’en faisait le Prince de Ligne, pensa Alexander : « ce serait un bien bel homme s’il n’était pas laid ; bâti en Hercule avec un teint africain, des yeux vifs lui donnant un peu l’air féroce, plus facile à mettre en colère qu’en gaieté ».
– M’a-t-il vu sortir de la pièce?
Alexander choisit de mimer une courtoisie distante et polie ; après tout l’infraction n’avait pas grande importance.
– Félicitations Monsieur, c’est audacieux d’installer une galerie d’art à la place d’un café dans ce quartier ; je dirai que c’est une autre dégustation que nous offre ce premier accrochage et…
Laconique, avec un accent roulant les«r», la voix chaude d’Hircine Enhardir l’interrompt suavement.
– J’espère que ce que vous avez vu vous a séduit. N’hésitez pas à signer le livre d’or de la galerie en sortant.
– Trop pressé ce colosse pensa Alexander.
Troublé par cette sollicitation, ressemblant tout de même à une invitation à quitter les lieux, Alexander l’accepta cependant bien volontiers.
Sur une petite table en bois d’acajou, aux pieds alliant un pêle-mêle luxuriant de fruits, fleurs et feuilles dans un style ostentatoire, prévue pour offrir du confort aux signataires, se trouvait, bien au milieu, le grand Livre d’Or couvert de cuir rouge griffé du nom de la galerie en lettres dorées, et un dossier comme posé à la hâte sur le coin de la table. Attiré par cet inattendu, Alexander décida de le feuilleter discrètement.
Défilent, imprimées sur des feuilles standards, plusieurs dizaines de photos de gravures et de tableaux de maîtres, une collection de portraits éclectiques, d’époques et de styles disparates. Pour certains, le lieu où ils sont exposés est manuscrite d’une belle écriture fine et régulière. Érudit d’art, Alexander reconnaît très aisément les peintres de ces œuvres survenant dans les pages qu’il tourne avec perplexité.
– Mais que faisait ce recueil à côté du Livre d’or ? Avait-il un rapport avec les créations de l’IA. Quel lien peut-il y avoir entre tous ces tableaux d’époques différentes, de lieux différents, de style différent ?
Spécialiste des codes cachés dans l’histoire de l’art, Alexander remarqua qu’à l’évidence ces portraits, avaient de commun la mystérieuse posture des mains.
Comme s’il était pris en faute, Alexander referma le recueil, un peu honteux d’avoir entrouvert ces pages qui n’étaient probablement pas destinées aux visiteurs et, pour justifier sa présence devant la table, signa le Livre d’or avec des éloges convenus.
Hésitant à interroger le galeriste, ne voulant pas avouer qu’il aurait pu commettre une autre indiscrétion en ouvrant un album accidentellement oublié sur la table – Hircine Enhardir ayant peut-être été dérangé au moment où il allait le mettre ailleurs – Alexander jugea plus élégant de partir, prit rapidement congé de son hôte, juste avec des mots de polis remerciements pour son accueil.
À peine dans la rue de la Boétie, Alexander s’interrogeait.
– Avait-il manqué quelque chose en n’osant pas poser la question au galeriste comme Perceval ne la posa pas à Amfortas dans la pièce de Julien Gracq, le Roi Pêcheur? Cette pensée l’effleura se souvenant que le chevalier quitte à la fin du dernier acte le château de Montsalvage sans avoir posé la question qui lui aurait permis d’atteindre le graal arthurien par manque de simplicité, plus sûrement par désir de se singulariser en se faisant le meilleur des chevaliers, se soumettant aux recommandations de courtoisie et de respect envers les autres que Gauvain lui avait inculqué, même dans des situations énigmatiques ou intimidantes.
Oubliant cette pensée furtive, Alexander, avec une hâte juvénile, accéléra ses pas. Il n’était que pressé de rentrer chez lui pour consigner ce que son hypermnésie avait enregistré, la liste des portraits de cette mystérieuse collection de photos qui l’intriguait comme un jeu.
Alexander, qui connaissait une méthode de mémorisation efficace, ne cessait de se répéter en litanie ce qu’il avait retenu du contenu du carnet replaçant chaque photo sur des parties différentes de son corps. Il souriait en pensant à Cicéron disant de l’Art de la Mémoire qu’il fut inventé dans l’Antiquité par un poète nommé Simonides de Céos. épargné lors d’un éboulement du plafond de la salle où il se trouvait juste avant, le poète aurait été capable d’identifier les corps sans vie des invités défigurés du banquet grâce au souvenir de leur emplacement autour de la table ; il permit ainsi aux familles d’emporter leurs morts.
– Moi aussi, je ferai de mon corps une salle de banquet pour faire l’inventaire des photos ! Et il imprégna le souvenir de chaque tableau sur des zones de son anatomie.
Une fois chez lui, dans son grand appartement chic au 2ème étage d’un bel immeuble haussmannien de la rue du Colisée, tout concentré qu’il était pour ne rien oublier, Alexander se dirigea vers son bureau. Il se saisit de quelques feuilles disposées sur son imprimante et, dans une tempête voluptueuse qui a pour nom son corps de mémoire, il griffonna la liste des portraits entrevus, supputant pour certains le nom des personnages, pour d’autres le nom du peintre Une pensée fulgurante se mêla à son écriture.
– Comment les grosses mains d’Enhardir avaient-elles bien pu tracer les commentaires d’une écriture si fine ?
En rangeant son recensement dans une chemise cartonnée sur laquelle il n’écrit en titre qu’un point d’interrogation, il versa la nuit sur les pages qu’il avait annotées, se promettant d’y revenir le lendemain.
– À chaque jour suffit sa peine, demain, j’y verrai plus clair.
C’était une façon pour lui de suspendre sa curiosité Débarrassé de ce temple mémoriel, il eut envie reprendre ses occupations habituelles jusqu’au sommeil.
Au matin, absorbé par ses affaires, Alexander, négligea de reprendre ce qui finalement n’avait été qu’un amusement vespéral.
Le monde est gouverné par une organisation secrète toute-puissante, l’Holocauste est une fiction de la communauté juive mondiale, les Américains n’ont jamais atterri sur la Lune, la Terre est plate et d’autres théories du complot existent.
La croyance en diverses théories du complot a accompagné l’humanité tout au long de l’histoire : elle a presque toujours été associée aux préjugés et aux stéréotypes, à la propagande et aux guerres. Par exemple, à l’époque de l’Empire romain, il existait une théorie du complot selon laquelle l’empereur Néron ne se serait pas suicidé, mais aurait organisé sa mort : il se serait caché et aurait attendu une opportunité de revenir au pouvoir. Plus tard, cette théorie s’est transformée en une histoire sur le retour du tyran du monde des morts. Les premiers chrétiens en avaient particulièrement peur, car de son vivant, Néron mena de brutales répressions antichrétiennes.
La période moderne est l’apogée de la chasse aux sorcières. Au cours des XVe et XVIIIe siècles, des dizaines de milliers de femmes innocentes ont été victimes de superstitions et de superstitions fondées non seulement sur des croyances religieuses, mais aussi sur la théorie du complot de masse concernant l’existence d’accords avec le diable et le clan des sorcières, ainsi que sur la capacité des populations à influencer la propagation des épidémies et des mauvaises récoltes. Ensuite, ils ont même créé des instructions détaillées sur la manière de reconnaître les sorcières et sur la torture utilisée pour obtenir leurs aveux. A une époque, le livre « Le Marteau des Sorcières », écrit en 1486 par l’inquisiteur allemand Heinrich Kramer, devint un véritable best-seller.
Et certains chercheurs américains, par exemple, estiment que l’existence des États-Unis est une conséquence directe de la croyance aux théories du complot – et cela est consigné dans la Déclaration d’Indépendance : les révolutionnaires de l’époque croyaient que la taxe sur le thé instituée par les États-Unis La couronne britannique était le premier pas vers l’asservissement définitif des colonies, et devait rapidement résister à l’usurpateur.
Aux XXe et XXIe siècles, remplis de révolutions, de guerres et de génocides, les théories du complot sont devenues partie intégrante de la culture populaire et ont commencé à influencer les gens du monde entier. Des livres ont été écrits sur eux , des films ont été réalisés et même des chansons ont été chantées à leur sujet , et la diversification des méthodes de propagande, le développement des technologies informatiques et l’émergence d’Internet ont encore plus influencé la popularité croissante de diverses théories du complot .
Nous parlons des théories du complot les plus célèbres liées à la politique et à la science, et expliquons également qui et pourquoi deviennent des révisionnistes de l’Holocauste, des platistes et des anti-vaccinationnistes.
La page de titre du livre « Le Marteau de la Sorcière » de Heinrich Kramer. Source
Politique
L’un des types de théories du complot les plus populaires est la croyance en la domination mondiale d’un certain groupe d’élites capables d’influencer les événements historiques et la politique internationale, et également de participer à la conception de l’avenir de l’humanité. Les théories du complot sur la domination mondiale sont une sorte de norme et d’archétype : la principale différence entre la plupart de ces idées réside uniquement dans le groupe de personnes qui bénéficie d’un pouvoir illimité.
L’une des plus anciennes est la théorie du complot selon laquelle l’Église catholique contrôle l’ensemble du monde chrétien. Son apparition n’est pas sans fondement, car historiquement, l’Église catholique et le pape ont été des acteurs très actifs dans la politique internationale : ils ont créé leur propre État théocratique au centre de l’Italie, couronné les empereurs du Saint Empire romain germanique, organisé les croisades et fondé l’Ordre des Jésuites. Cette théorie du complot est devenue populaire pendant la Réforme, lorsque les protestants cherchaient un moyen de résister à l’influence du catholicisme. Après le Moyen Âge, l’autorité de l’Église catholique et son rôle dans la politique internationale ont progressivement diminué, mais la théorie du complot anticatholique visant à exagérer l’influence de cette Église et sa toute-puissance a continué d’exister jusqu’à nos jours.
Une autre théorie du complot sur la domination mondiale était celle des mythes sur les francs-maçons et les Illuminati. Les premiers sont généralement les principaux « suspects » de telles conspirations : les francs-maçons ont des rituels caractéristiques, un entourage mystique et une aura de mystère — tout cela contribue au fait qu’ils sont souvent accusés d’être l’organisation secrète capable de créer des crises mondiales, organiser des révolutions et déclencher des guerres.
Les Kosinets et une boussole seraient des symboles de la franc-maçonnerie. Source
La croyance en la toute-puissance maçonnique est également alimentée par le fait que des personnages célèbres ont appartenu à diverses confréries maçonniques : Mozart, Franklin, Garibaldi, Henry Ford, Churchill, Walt Disney et bien d’autres. Parmi les Ukrainiens, les francs-maçons comprenaient un certain nombre de figures de la révolution ukrainienne : Simon Petlioura, Mykhailo Hrushevskyi, l’hetman Pavlo Skoropadskyi.
La situation avec les Illuminati est différente : si la franc-maçonnerie, selon diverses versions, est née quelque part entre le XIVe et le XVIIe siècle, et que des loges maçonniques existent encore, la société bavaroise des Illuminati n’a existé que dix ans (de 1776 au milieu des années 1780), après quoi, avec d’autres organisations secrètes, il a été interdit par les autorités de l’électorat bavarois du Saint-Empire romain germanique. Tout cela n’a pas empêché les théoriciens du complot d’accuser les Illuminati d’avoir organisé la Révolution française, puis la Révolution d’Octobre.
Dynasties monarchiques, milliardaires et même reptiliens – quiconque était appelé faisant partie du nouvel ordre mondial, ces dirigeants secrets de toute l’humanité. Au cours des deux derniers siècles, parmi les membres de cette toute-puissante organisation secrète figuraient la famille de financiers Rothschild et, au cours des dernières décennies, l’homme d’affaires hongro-américain George Soros. En 2018, le New York Times rapportait : « Les théories du complot à son sujet sont devenues courantes dans presque tous les recoins du Parti républicain américain. »
L’inclusion des Rothschild et de Soros dans la liste de ceux qui sont censés gouverner le monde n’est pas inhabituelle – en raison de leur origine ethnique, car les théories du complot sur la domination mondiale sont souvent combinées avec des récits antisémites. Par exemple, la théorie de la conspiration dite judéo-maçonnique est une sorte de frère jumeau de la théorie originale du complot maçonnique : la principale différence entre elle est que les francs-maçons sont d’origine différente, et la seconde est qu’elle est presque exclusivement Juif.
Un type de théorie du complot antisémite est originaire de Russie : à une certaine époque, un recueil de textes fabriqués de toutes pièces appelés « Protocoles des Sages de Sion » (1903) s’est répandu, qui, selon l’écrivain Serhiy Nilus, consistait en des rapports de participants à le premier congrès sioniste à Bâle (1897). En fait, ces « Protocoles » ont été créés par la police secrète russe : dans le cadre d’une campagne visant à discréditer les Juifs de l’Empire russe. Bien que certains chercheurs soulignent que de nombreux textes des « Protocoles » ont été plagiés à partir de textes antérieurs rédigés dans des langues européennes, c’est la version en langue russe qui s’est avérée être la plus célèbre – et toujours largement répandue.
Fragment de la page de titre des Protocoles des Sages de Sion (édition américaine, 1934). Source
Cependant, toutes les théories du complot antisémites n’ont pas quelque chose à voir avec la domination mondiale. Entre autres, il y en a un qui se démarque considérablement et qui n’a qu’un rapport indirect avec les organisations secrètes. Il s’agit de nier l’Holocauste.
Bien que ce génocide soit l’un des événements les plus documentés de l’histoire et que six millions de Juifs aient été victimes d’un crime véritablement massif, les soi-disant révisionnistes de l’Holocauste trouvent encore place à la création de mythes. Selon elle, l’Holocauste n’est pas du tout un génocide, car les nazis auraient seulement déporté les Juifs du Troisième Reich et ne se seraient pas livrés à leur extermination systématique ; Les camps de la mort étaient censés être peu nombreux, voire jamais existés, et le nombre de victimes serait beaucoup plus faible – environ dix fois, soit un demi-million, dont la plupart seraient morts de faim et de maladie.
L’écrivain Paul Rassinier, qui a lui-même participé au mouvement de résistance français et a passé plus d’un an à Buchenwald, après quoi il est devenu invalide, est un révisionniste qui a propagé les idées négationnistes de l’Holocauste. Cette expérience n’a pas empêché Rassinier d’écrire plusieurs ouvrages d’après-guerre sur « l’exagération » de la brutalité allemande, où il réduisait le nombre de victimes et écrivait que les Juifs mouraient non pas parce qu’ils avaient été tués, mais parce qu’ils ne pouvaient pas « s’adapter à la situation ». conditions de la guerre ».
Les partisans de cette théorie du complot considèrent toujours l’Holocauste comme la raison de la création de l’Israël moderne et estiment également que le nombre de victimes augmente en raison du « désir d’Israël de recevoir de plus grandes réparations de l’Allemagne ». Le révisionnisme de l’Holocauste est désormais un délit pénal dans un certain nombre de pays européens, au Canada et en Israël.
La négation de l’Holocauste n’est pas unique en son genre : les autorités turques modernes continuent de prétendre que le génocide arménien pendant la Première Guerre mondiale était une « déportation à grande échelle » pour des raisons militaires, et la Russie nie toujours l’Holodomor de 1932. 1933. Cette théorie du complot anti-ukrainien est la plus célèbre parmi tant d’autres que la propagande soviéto-russe tente de diffuser depuis des décennies non seulement dans le monde russophone, mais aussi dans le monde entier. Bien sûr, il existe également suffisamment de théories du complot sur la guerre russo-ukrainienne moderne : le génocide des « habitants du Donbass », les « laboratoires biologiques secrets américains » en Ukraine et même le déni total de l’invasion russe de l’Ukraine.
Il existe également diverses théories du complot directement liées aux États-Unis : la plupart d’entre elles ont leurs propres origines chez les Américains eux-mêmes. Bien qu’il existe des exceptions – la soi-disant «doctrine Dulles», la théorie du complot soviéto-russe, selon laquelle les Américains auraient eu un plan secret pour la décadence morale de la population de l’URSS.
QAnon est l’une des plus récentes théories du complot. Source
Mais les Américains eux-mêmes ne sont pas loin derrière – leur théorie du complot est en réalité colorée : la panique satanique des années 1980, lorsque des milliers de personnes croyaient à l’existence d’une secte de satanistes qui kidnappaient, torturaient et tuaient des enfants ; théories du complot sur les événements du 11 septembre 2001, selon lesquelles l’acte terroriste aurait été planifié à la demande du gouvernement américain, puis imputé à Al-Qaïda et justifié l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak. Et bien sûr, QAnon, dont les partisans croient très sérieusement que Donald Trump mène une lutte secrète contre un réseau international de pédophiles-satanistes, dans lequel seraient impliqués des membres du Parti démocrate américain. À propos, cette théorie a été la première dans l’histoire que le FBI a incluse dans la liste des menaces internes possibles pour la sécurité nationale des États-Unis.
Cette année a vu la sortie de Take Me to the Moon, la comédie de Greg Berlanti sur une conspiration lunaire. Source
Depuis un demi-siècle, il existe ce qu’on appelle la « conspiration lunaire » : la théorie selon laquelle les Américains n’ont jamais atterri sur la Lune de la Terre, et ce n’est qu’un faux fabriqué par le réalisateur Stanley Kubrick. Malgré le fait que le premier atterrissage sur la Lune (en 1969) a été observé en direct par un demi-milliard de personnes de tous les coins du monde et que les réflecteurs angulaires installés par les astronautes à la surface de la Lune sont toujours utilisés par les observatoires terrestres, malgré le fait que les sites d’atterrissage soient enregistrés par des sélénographes – tout cela n’est pas devenu un obstacle pour Bill Husing, qui a écrit en 1976 un livre « Nous ne sommes jamais allés sur la lune. » Il y parle du faible niveau d’expertise scientifique et technique de la NASA, des « anomalies optiques » et de l’absence d’étoiles sur les photographies, qui semblent indiquer qu’il n’y avait pas d’astronautes sur le satellite. Par la suite, les théoriciens du complot ont ajouté à cela le niveau prétendument énorme de rayonnement sur la Lune ; un drapeau américain qui flotte « du vent », qui ne peut pas être sur la lune, car il n’y a pas d’air là-bas. Cela a été interprété par les partisans de la théorie comme une preuve que le tournage a été réalisé sur Terre, mais en fait, le drapeau a vacillé pendant le processus d’installation et avait deux barres à déployer. Selon diverses données, 6 à 20 % des Américains, 16 à 25 % des Britanniques et, fait révélateur, 28 à 57 % des Russes croyaient ou continuent d’y croire.
Science
Les théories du complot sur la science et les phénomènes connexes sont également populaires parmi les théoriciens du complot. Parmi les plus célèbres figurent la croyance en une Terre plate, le déni des réalisations scientifiques de l’humanité et les explications alternatives sur l’origine de diverses maladies.
Jusqu’au XVIe siècle et au tour du monde de Magellan et Elcano, qui dura de 1519 à 1522, la sphéricité de la Terre n’était pas confirmée dans la pratique. Sous l’influence de l’Église catholique et de ses dogmes, la plupart des Européens croyaient en une Terre plate. Dans le même temps, les Européens instruits avaient accès au savoir et à la possibilité de se familiariser avec les œuvres des philosophes grecs (les mêmes qui ont commencé à écrire sur la Terre ronde), c’est pourquoi certains d’entre eux ne considéraient pas la Terre comme une planète. être plat. Il semblerait que les voyages autour du monde et la recherche scientifique (et plus tard, les tournages depuis des véhicules spatiaux) étaient censés réfuter toute affirmation pseudo-scientifique, mais ils n’ont pas fait obstacle aux théoriciens du complot du XIXe siècle.
Le fondateur des idées modernes sur la Terre plate était l’écrivain britannique Samuel Rowbotham, auteur du livre « Astronomie zéthétique : la Terre n’est pas une sphère », qu’il a publié en 1865. Après sa mort, la « World Zetetic Society » a été fondée et déjà au milieu du siècle suivant, un adepte de cette théorie du complot, le théoricien du complot Samuel Shenton, a créé la « Flat Earth Society », qui continue d’exister aujourd’hui. Le lancement du premier satellite artificiel en 1957, l’atterrissage déjà mentionné sur la Lune en 1969, et même une photo de la planète depuis l’espace appelée la « Boule bleue » – rien n’a pu faire abandonner les partisans de la théorie du complot de la Terre plate.
Photo « Balle jouet bleue » et sa reproduction à l’aide des technologies informatiques modernes. Source
Selon National Geographic, 2% des Américains croient encore en une Terre plate , et le britannique YouGov, spécialisé dans la réalisation d’enquêtes en ligne, a fourni des statistiques selon lesquelles près de 20% des personnes âgées de 18 à 34 ans en ont douté au cours de leur vie. la terre est en fait ronde.
Une autre classe de théories du complot est celle des théories du complot sur les maladies : vaccins nocifs, existence de médicaments anticancéreux, déni du VIH/SIDA, impact des réseaux mobiles 5G sur la pandémie de COVID-19, puçage des personnes sous prétexte de vaccination. De telles théories du complot se sont répandues dans le monde entier depuis l’époque du médecin britannique Edward Jenner, qui en 1798 a inventé et fut le premier à utiliser le vaccin contre la variole, grâce auquel il a été possible de sauver des millions de vies.
De nos jours, le héros des histoires sur les vaccins nocifs et les puces électroniques est un autre milliardaire et philanthrope, Bill Gates. Les premières théories du complot autour de sa personnalité sont apparues en 2010 : des théoriciens du complot accusaient le fondateur de la société Microsoft d’avoir stérilisé de force des enfants kenyans en les vaccinant contre le tétanos.
Bill Gates, le principal concurrent de George Soros dans la lutte pour le droit d’être qualifié de favori des théoriciens du complot. Source
Malgré toutes les réalisations scientifiques des XXe et XXIe siècles, des centaines de théories du complot sur la science continuent d’exister dans le monde. Cataclysmes contrôlés, déni du changement climatique et du réchauffement climatique, conspiration des OVNIS, Grand collisionneur de hadrons et son danger pour l’univers – ils ont tous encore leurs partisans prêts à défendre même des théories du complot apparemment invraisemblables.
Les chercheurs associent les théories du complot à la méfiance à l’égard du gouvernement et des institutions politiques et écrivent également qu’elles sont dues à la tendance des gens aux commérages, aux simplifications et aux croyances religieuses. En fait, les théories du complot sont généralement une question de foi et non quelque chose qui peut être prouvé ou réfuté. Et cela les rend attrayants pour les personnes qui, même en présence de réfutations adéquates, sont prêtes à succomber aux préjugés et aux convictions émotionnelles.
Les partisans des théories du complot sont des personnes plus radicales et moins tolérantes qui cherchent une base pour leurs propres croyances et opinions. Il n’est donc pas surprenant que les théoriciens du complot justifient parfois les pays totalitaires et les terroristes, nient les faits prouvés par les scientifiques et contredisent les principes moraux généralement acceptés. En outre, le public des théories du complot est souvent constitué des personnes les moins protégées dans les périodes difficiles de l’histoire. Révolutions, guerres, génocides, pandémies : tous ces événements de crise remettent en question les normes établies et stimulent la croyance dans les théories du complot ; ils poussent les personnes confuses et effrayées à comprendre ou à vivre la situation d’un point de vue différent, sous l’influence des émotions plutôt que de la raison, ce qui augmente la probabilité de croire en quelque chose d’inhabituel.
Les théories du complot constituent un obstacle aux soins de santé, contribuent à une diminution de la confiance dans les preuves scientifiques et influencent la radicalisation et l’idéologisation des sociétés. Jusqu’à récemment, la diffusion de telles théories était limitée à un public marginal et peu instruit, mais grâce aux médias, à Internet et aux réseaux sociaux, elles sont devenues un phénomène culturel du début du XXIe siècle. Et même si les histoires d’organisations secrètes toutes puissantes ou de Terre plate peuvent sembler drôles à certains, pour d’autres, tout cela pourrait bien constituer la base de leurs convictions politiques et de leur perception du monde qui les entoure.
Philosophe spécialisé dans l’analyse de la complexité et auteur de nombreux et savants ouvrages, Lambros Couloubaritsis applique sa méthode à l’univers maçonnique qu’il fréquente depuis 37 ans, dans son ouvrage : La complexité de la franc-maçonnerie – Approche historique et philosophique (éd. Ousia, 2018, 579 p.), qui sert de support à la conférence qu’il prononcera lors du webinaire organisé par :
l’Académie maçonnique Paris, le 18 janvier 2024, à partir de 10h30, accessible aux Sœurs et aux Frères Maîtres sur inscription préalable gratuite.
Ses longues recherches lui ont permis d’établir qu’historiens et philosophes ont négligé dans leurs travaux la contribution de la franc-maçonnerie au développement de la modernité, en occultant le fait que, parmi les acteurs illustres de l’histoire politique et culturelle, maints furent membres actifs de la franc-maçonnerie.
Cette carence est également entretenue par les francs-maçons eux-mêmes qui ont voulu voir, dans la naissance de la franc-maçonnerie spéculative, la transformation de la maçonnerie opérative. Or cette approche linéaire fut profondément ébranlée dans les années 1960, notamment par la prise en compte du contexte politico-religieux des conflits en Europe.
L’auteur prolonge et approfondit cette perspective : en utilisant les critères et les thèmes de la théorie de la complexité qui fit l’objet de ses livres précédents[1], il montre que la naissance de la franc-maçonnerie spéculative ne date pas de 1717, ni même de 1688 qui marque l’exil de Jacques II en France après la Glorieuse Révolution qui, sans effusion de sang, le chassa du trône au profit de Guillaume d’Orange, mais qu’on peut la discerner dès 1603, lorsque Jacques Ier, initié maçon, est devenu roi d’Écosse et d’Angleterre dans un contexte de promotion de la littérature, des arts, de l’architecture et des sciences qui inaugurait les Lumières anglo-écossaises.
Dans un esprit de pacification, le roi prit conscience qu’il fallait dépasser les conflits en bousculant les habitudes anciennes au profit de nouvelles attitudes morales, animées par le rapprochement de personnes ayant des opinions et des croyances différentes. L’amorce de la franc-maçonnerie spéculative s’exprima par une méthode de travail, accompagnée de rites et de divertissements, à l’origine des rituels et des banquets maçonniques.
Inspirée par la figure de Salomon, symbole de justice, et par l’édification du Temple de l’humanité, incarnée par des métiers de construction, cette méthode, fondée sur l’initiation et le secret, s’écartait de la pratique des sacrements et de la liturgie ecclésiastiques. Elle eut des destinées variées au gré des vents de l’Histoire, c’est-à-dire en fonction des réalités géopolitiques et religieuses très troublées qu’elle rencontrait aussi bien en Europe qu’en Amérique – ce qui a, certes, favorisé son expansion en d’innombrables bifurcations, multipliant légendes, obédiences et rituels, mais ce qui a, dès 1738, parallèlement alimenté un antimaçonnisme virulent.
C’est cette complexité contextuelle que l’auteur-conférencier entreprend d’élucider sous des angles à la fois historique et philosophique, montrant, en référence aux Constitutions d’Anderson de1723, que l’idéal maçonnique, comme « Centre d’Union » pour résoudre les différends, se heurta et se heurte encore à la perpétuation des anciennes habitudes conflictuelles, en dépit de la contribution des francs-maçons à la liberté, à l’égalité, à la tolérance, aux valeurs de progrès et de philanthropie.
Cette conférence en ligne qu’enrichiront des échanges avec les auditeurs constitue une occasion particulière de s’interroger sur l’évolution et la place des mouvements maçonniques dans l’histoire moderne et contemporaine de nos sociétés.
Le conférencier, Lambros Couloubaritsis, professeur émérite à l’Université Libre de Bruxelles, où il a enseigné la philosophie ancienne, la philosophie médiévale et la métaphysique, est membre de l’Académie royale de Belgique, correspondant de l’Académie d’Athènes et docteur honoris causa de six universités. Comme franc-maçon, il est membre de la loge « Prométhée » du Grand Orient de Belgique depuis 37 ans et a donné, au fil du temps, une centaine de conférences (planches) sur des sujets variés intéressant la franc-maçonnerie.
[1]Lambros Couloubaritsis, La philosophie face à la question de la complexité, le défi majeur du 21esiècle, Bruxelles, Ousia, – Tome 1, Compléxités intuitive, archaïque et historique, 2014, 613 p., – Tome 2, Complexités scientifique et contemporaine, 2015, 685 p.