Lors d’une discussion avec un frère américain au sujet des utilisations possibles de l’IA dans les travaux maçonniques, il m’a dit :
« Je me souviens de l’époque où il était encore tabou pour le secrétaire de la loge d’utiliser un PC avec un traitement de texte pour rédiger le procès-verbal de la loge. Je me souviens aussi qu’un des sujets de débat au sein du Grand Orient de France était le transhumanisme, un sujet qui a emprunté des chemins très difficiles, mais le point central du Grand Orient était la dénaturalisation de l’être humain par l’incorporation de la technologie dans son corps et son esprit. Je pense que c’est une question pertinente : allons-nous un jour initier un être humain amélioré ? Un androïde doté d’une conscience ? Quel type d’être humain est l’être humain maçonnique ? Une personne biologique consciente de sa perfectibilité morale ? Ou autre chose ?
On peut également se demander s’il n’y aura pas des classes d’humains : des humains améliorés par l’IA et des humains biologiques traditionnels qui ne peuvent pas se permettre d’être améliorés.
La prochaine chose que tu feras, c’est de nous simplifier la vie, par exemple en utilisant l’IA pour faire des traductions. Elle nous donnera beaucoup d’outils, aussi importants que lorsque les premières calculatrices scientifiques sont apparues. Le problème de ce qui va bientôt arriver est d’ordre éthique. Il s’agira de savoir comment les gens utilisent ces outils, et c’est une question très maçonnique, car elle relève du domaine de la moralité. »
En quelques mots on aurait pu penser que notre frère Milton avait tout dit !
Et puis il m’a parlé d’un autre aspect de cette réalité : la prise en mains de l’IA !
C’est sur cette piste que ma recherche m’a fait découvrir ce petit livre intitulé « Apprendre à guider les IA » écrit par Mikaël Cabon et Cyril de Sousa Cardosa aux éditions Librio !
Ce petit livre, sous-titré « Petit guide pour maîtriser l’art du prompt engineering » ouvre une autre dimension que l’on pourrait résumer par l’injonction « Et si on apprenait à manipuler cet outil ? »
La peur des capacités extraordinaires de l’intelligence artificielle nous orientent vers les risques de manipulation mais ce faisant nous oublions toutes les applications possibles pour en faire un outil au service de la fraternité universelle.
Ces applications ne pourront être mises en œuvre que si des jeunes maçonnes et maçons sont capables de les créer !
D’où l’importance des choix obédientiels pour investir dans cet apprentissage de ce nouvel outil !
C’est l’objet de cette nouvelle discipline qu’est la promptologie « l’art de savoir poser les bonnes questions à la machine ».
Et puis il y a aussi la « Machine learning « ou « l’art de donner vie aux données pour créer des modèles d’intelligence artificielle capables d’apprendre de manière autonome. »
Comme c’est un sujet qui peut intéresser toutes les obédiences de tous les pays on pourrait imaginer qu’un organisme international interobédientiel se crée pour faire fonctionner un laboratoire de recherches chargé de mettre au point des applications spécialement maçonniques !
Le risque est grand de ne pas saisir l’occasion qui se présente de s’approprier cet outil nouveau qui marque un nouvelle étape dans l’intelligence humaine !
Rester sur le bord du chemin alors que tout va changer demain dans tous les secteurs de la création, n’est pas concevable pour la pensée maçonnique qui a toujours été ouverte sur la modernité !
L’intelligence artificielle est désormais une réalité qui permet à la machine de chercher et de trouver. La machine devient aussi petit à petit un être robotique qui peut nous aider et avec lequel nous pourrons converser.
L’être robotique mérite d’être imprégné des valeurs maçonniques pour être la garantie de nous préserver des déviances perverses !
Une brochure à découvrir en cliquant sur l’image
Un des premiers objectifs serait de pouvoir proposer à toutes les loges de s’équiper d’une machine adaptée à son fonctionnement. On pourrait imaginer que dans le collège des officiers (officières) que l’un d’entre eux soit formé à l’utilisation de ces machines.
Bien d’autres champs d’application seront concernés !
Il est clair que tout cela ne peut avoir un sens que si, au final, cela permet d’étendre la fraternité universelle, en levant les blocages qui aujourd’hui l’empêchent de s’affirmer !
Pour que ce soit une réalité de demain, il est urgent que nos responsables obédientiels se mobilisent dans un esprit corroboratif !
Mon souhait est ici de partager avec vous une tradition mystérieuse qui s’est répandue dans l’Empire romain entre le 1er et le 4e siècle de notre ère. Le mithraïsme, également connu sous le nom de Mystères mithraïques, fut une tradition que l’on peut aujourd’hui qualifier d’initiatique. Certains auteurs parlent d’une religion mithraïque, mais pour les francs-maçons, la nature de cette confrérie est sans aucun doute un groupe proche de ce qu’est la franc-maçonnerie aujourd’hui.
Comme vous le verrez, Il existe un grand nombre de points communs avec cette dernière. Toutefois je voudrais débuter cette présentation par vous inviter à visiter un Mithraeum, le lieu sacré où se réunissaient les initiés. La meilleure façon de le faire est de mentalement vous représenter ce lieu à travers la description que je vais en faire. Peut-être que plus tard, vous aurez l’occasion de visiter un tel endroit au cours d’un spectacle immersif ou même d’entrer dans un vrai Mithraeum. Pour l’instant, détendez-vous en vous concentrant quelques secondes sur votre respiration, puis poursuivez votre lecture.
Un Mithraeum est un bâtiment à moitié ou complètement enterré. Il existe également des cas dans lesquels le Mithraeum fut installé dans une grotte. Imaginez que vous ouvriez une porte discrète pour rejoindre ce lieu de réunion. Vous auriez à descendre plusieurs marches dans un étroit couloir. Assez sombre, celui-ci vous conduirait auprès d’un puit souterrain ou d’une réserve d’eau vous permettant de procéder aux purifications nécessaires. Les sources naturelles étaient donc très importantes pour les mithraïstes. Sans nul doute, cette descente renforce le symbolisme rituel du passage du banal au sacré. Les plafonds bas et la faible lumière des torches contribuaient à un sentiment de confinement et de révérence. Puis vous poursuivriez votre chemin dans le tunnel pour accéder à un petit vestibule. Ici, les participants pouvaient revêtir leurs tenues rituelles ou les masques et insignes spécifiques à leur grade. Nous avons les exemples des masques de corbeau ou de lion. Diverses séquences d’initiation furent représentées sur les murs.
Grotte éclairée à Jérusalem
C’est alors que vous pourriez entrer dans la salle principale portant le nom de speleum ou antrum, la grotte ou crypte. Elle mesure généralement entre 20 et 30 mètres de long et 4 à 6 mètres de large. Cet espace allongé et rectangulaire ressemble à une grotte naturelle, le lieu de naissance mythique de Mithra, représentant son association avec la terre. Un ciel étoilé est parfois représenté sur la voûte, associé aux signes du zodiaque et aux symboles planétaires, transformant le sanctuaire en une représentation du cosmos. À Santa Prisca, la décoration du plafond comprend des images astrologiques, soulignant le voyage à travers les royaumes planétaires à mesure que les initiés progressent dans les grades. À d’autres endroits, la voûte du Mithraeum fut bâtie en stuc et décorée d’étoiles peintes à l’intérieur d’un cercle. Chacune comporte huit rayons, alternant entre le rouge et le bleu sur un fond jaune foncé. Le centre des étoiles était décoré de petits morceaux circulaires de verre brillant.
La salle principale comporte deux bancs en pierre surélevés flanquant l’allée centrale, suffisamment larges pour permettre aux membres de s’allonger pendant les rituels, les repas ou les cérémonies. Parfois, ces bancs sont décorés de mosaïques complexes symbolisant les signes astrologiques ou des scènes de la mythologie mithraïque. Les symboles des sept grades (Corax, Nymphus, Miles, Leo, Perses, Heliodromus et Pater) sont représentés par des insignes et couleurs, soit sous la forme de mosaïques ou de peintures le long des bancs.
À l’est, se trouve une stèle ou une peinture directement sur le mur. Cette icône centrale porte le nom de Tauroctonie (Scène de la mise à mort du taureau). Cette dernière, représentant Mithra tuant le taureau, est toujours le point central, placée au bout de la nef. Dans cette image emblématique, Mithra s’agenouille sur le taureau, poignard à la main, tandis que des animaux – généralement un chien, un serpent et un scorpion, l’entourent. Chaque créature représente une force cosmologique ou élémentaire. Au-dessus de Mithra, Sol (le Soleil) et Luna (la Lune) supervisent la scène, soulignant le rôle cosmique de Mithra. Le soleil est toujours situé à droite de Mithra et la lune à sa gauche. Aux côtés de la tauroctonie, des panneaux représentent souvent d’autres scènes mythiques, telles que Mithra sortant du rocher (petra genetrix), sa rencontre avec Sol (le Dieu du Soleil) ou le banquet rituel avec ce dernier. Ces scènes sont fréquemment peintes ou sculptées. Souvent, les douze signes du zodiaque sont visibles autour de la stèle. Lorsque l’icône centrale est une sculpture en pierre, elle peut être inversée pour la deuxième partie de la cérémonie. De l’autre côté, on trouve une scène représentant Mithra et Sol partageant un banquet sacré. Mithra et Sol sont généralement assis l’un en face de l’autre. Mithra porte son bonnet phrygien et sa tenue orientale, tandis que Sol est souvent représenté avec une couronne rayonnante, symbolisant sa nature solaire. Les deux personnages sont dans une posture détendue mais noble, indiquant la paix et l’amitié divine. Une coupe ou une assiette de pain et de fruits, se trouve à côté d’eux, symbole de subsistance et de communion divine. Mithra et Sol lèvent leurs coupes dans un geste d’engagement commun.
Devant cette représentation principale des mystères de Mithra se trouve un autel. Il est gravé de dédicaces à Mithra, mais il peut également présenter les symboles des degrés de l’initiation et des divinités planétaires. Ces inscriptions incluent souvent des références à des dédicaces personnelles faites par des initiés. Sous cet autel, des dépôts de fondation tels que des os, du charbon de bois et des restes d’offrandes sont courants.
Les sols de certains Mithraeum comportent des mosaïques du zodiaque, faisant écho au voyage cosmique central de la croyance mithraïque. Ces mosaïques représentent des alignements planétaires et des symboles du zodiaque, guidant symboliquement les initiés tout au long du voyage cosmique de Mithra. Notons que ces mosaïques sont fréquemment de deux couleurs : noir et blanc.
Des statues sont également présentes dans le Mithraeum. On y trouve deux porteurs de flambeaux, Cautes et Cautopates. Ces statues des assistants de Mithra, Cautes (torche levée) et Cautopates (torche abaissée), incarnent le jour et la nuit, la vie et la mort. Elles sont placées près de l’entrée ou de chaque côté de la stèle principale.
Une autre représentation importante est celle du Léontocéphale. Cette figure mystérieuse représentant le temps éternel (Aiôn), avec une tête de lion et un serpent enroulé autour de son corps, est souvent placée à l’intérieur de niches, servant de protecteur du sanctuaire.
Il est fascinant de comparer cette description avec ce que sont devenus la plupart des temples maçonniques contemporains. Outre les deux colonnes, presque tous les éléments architecturaux et l’agencement d’un Mithraeum ont été progressivement intégrés dans les temples maçonniques. Ce lieu sacré constituant le temple de la loge, quel que soit son style – qu’il soit égyptien, grec, etc. – a intégré ces éléments pour créer une représentation symbolique du cosmos, du macrocosme. Nous sommes dans un lieu obscur, en quête de lumière.
L’hermétisme de la Renaissance a également eu une influence précoce et très importante sur la franc-maçonnerie. Retenons par exemple que les deux concepts de la caverne et du banquet étaient au cœur des préoccupations des adeptes de la Renaissance italienne, héritiers des traditions méditerranéennes préchrétiennes.
Qu’en est-il des initiations ?
Il faut garder à l’esprit que ces groupes étaient secrets. Si les rituels ont été conservés quelque part, nous n’avons trouvé que très peu d’indices. Ces derniers constituent cependant une source précieuse d’informations. Des peintures, des artefacts, des fragments de papyrus ont été découverts. Quelques mentions des rites par des chrétiens nous donnent également quelques indications. Toutefois, nous devons être très prudents avec ces sources venant d’adversaires du mithraïsme.
Cabinet de réflexion maçonnique
En premier lieu, l’initié doit être dûment préparé et subir une forme de purification. Il faut garder à l’esprit que le chemin initiatique mithraïque comporte parfois trois degrés, mais le plus souvent sept étapes ou initiations. Les fresques peuvent identifier clairement le degré, mais dans d’autres cas, on observe une scène sans savoir de quel degré il s’agit.
Parmi les objets découverts figurent des couteaux cérémoniels, des masques, des bassins à eau et des lampes. Le poignard ou l’épée rituels, souvent représentés dans les représentations de tauroctonie, pourraient également avoir été utilisés dans des rituels symbolisant le sacrifice ou la consécration à Mithra. Des épées théâtrales ont été trouvées, certainement pour imiter une mort ou une peine rituelle.
Des lampes placées derrière des statues ou des fresques créaient des ombres mouvantes, mettant l’accent sur les symboles cosmiques, aidant les participants à se concentrer sur les mystères.
Au moment de débuter le rituel d’initiation, le candidat était introduit dans l’espace sacré du Mithraeum, à moitié vêtu ou complètement nu. Il avait les yeux bandés et les mains liées dans le dos. Le mystagogus, vêtu d’une robe blanche, escortait le candidat. Une fois à l’intérieur du Mithraeum, on lui demandait de s’agenouiller et de garder la jambe gauche pliée en équerre. Devant lui, un autre officier portant un bonnet phrygien et armé d’une épée l’arrêtait. Une séquence rituelle de questions et réponses débutait alors.
Au cours d’une autre séquence du rituel, le candidat était à genoux, les bras croisés sur la poitrine. Le bandeau lui avait été retiré et l’officier se tenait derrière lui, tandis qu’un autre lui faisait face.
Nous savons qu’à un moment du rituel, le candidat devait prêter un serment de secret. Nous avons retrouvé quelques fragments, et voici une version reconstituée de ce serment :
Le serment mithraïque de séparation
Initié : (D’un ton calme et respectueux, levant les mains en signe de solennité)
Main sur la Bible lors du serment
Je jure par la Grande Voix et par Celui qui sépare la terre du ciel, les ténèbres de la lumière, le jour de la nuit. Je jure par Celui qui sépare le lever du coucher, la vie de la mort, la génération de la corruption, la sécheresse de l’humidité, l’amertume de la douceur, la chair de l’âme.
Je jure par les dieux que je prie de garder ces mystères qui m’ont été confiés, de les garder fidèlement et d’honorer le divin Père Sarapis, protecteur de tous les secrets. Je jure par le héraut du sacrifice, Ka et par toute la confrérie qui témoigne de ce vœu.
Que Cautopates, le gardien au sceau tranchant et incassable, garde mes paroles en mémoire. Si jamais je devais trahir ces mystères ou révéler ce qui a été caché, puissè-je accepter le sort que les étoiles m’ont réservé.
En présence des dieux et de mes frères, je jure ce serment. Que ma parole soit tenue et que le chemin soit bon pour moi, fidèle jusqu’au bout.
Le rituel se poursuit avec le nouveau candidat, les initiés et les officiers accomplissant des circumambulations autour du Mithraeum et s’arrêtant face aux autels dans chaque direction. Les initiés portent les symboles de leur degré et, dans certains cas, des masques d’animaux. Des torches, des parfums et des sons sont utilisés pour créer un état de conscience spécifique. L’objectif principal est d’amener progressivement le candidat de l’obscurité de la grotte, symbolisant sa condition humaine, à la lumière spirituelle représentée par Hélios, le Dieu du Soleil.
Des paroles sacrées sont transmises au nouvel initié. Des poignées de main et des mots secrets, différents pour chaque degré, sont communiqués.
Lune et soleil
Il semble qu’enfin, le nouvel initié soit escorté vers l’est, devant la représentation de Mithra, du Soleil et de la Lune. De chaque côté se trouvent les deux statues des porteurs de flambeaux, Cautes et Cautopates, l’une baissée, l’autre levée. Les lumières font apparaître la représentation de Mithra en mouvement. Sur l’autel devant le relief de tauroctonie ou la statue d’Aion mithraïque, le dieu à tête de lion associé aux deux serpents, des offrandes ont été préparées, généralement du pain et du vin.
On demande à l’initié de s’agenouiller et on lui lit l’enseignement principal sur Mithra résumé ici :
Du silence précédant la création, Mithra émergea d’un rocher brut, comme un être entièrement formé, dieu de force et de mystère, tenant un poignard dans une main et une torche ardente dans l’autre. Sa naissance n’était pas celle d’un enfant mais celle d’un être adulte. Alors qu’il se tenait sur la terre, une lumière l’enveloppa, illuminant le vide sombre et inconnu qui l’entourait. Son but était clair : apporter l’ordre, organiser le chaos et guider le monde au cours de sa création.
Armé de sa force et sa détermination divines, Mithra traqua un taureau puissant, une créature d’une vitalité sans limite, dont l’essence contenait les germes de la vie. Après une lutte acharnée, il vainquit le taureau, sachant que son sacrifice ferait naître la vie elle-même. Dans un acte solennel, Mithra enfonça son poignard dans le taureau, libérant son sang, qui s’infiltra dans la terre et donna naissance aux plantes, aux rivières et à tous les êtres vivants. Du sang et du sacrifice, une nouvelle création fleurit et le monde lui-même naquit de nouveau.
Ce double rôle, celui de porteur de lumière et celui de héros sacrificiel, a fait de Mithra un médiateur de la vie et de la mort, de la nuit et du jour, de la terre et des cieux. Ses disciples honoraient ces actes comme fondamentaux, car par sa naissance et son triomphe, Mithra était le créateur de l’équilibre, assurant que la vie émergerait des ténèbres, soutenue par son sacrifice éternel.
Le candidat est ensuite élevé tandis que les autres initiés se rassemblent autour de lui. La représentation de la tauroctonie est inversée, révélant la représentation de Mithra et Sol participant ensemble à un banquet.
Hiérophante : (Levant la main en signe de solennité) Bienvenue, au banquet de nos mystères, où l’histoire de la victoire de Mithra sur le taureau devient un symbole vivant. Tout comme Mithra a fait naître la vie par le sacrifice, ce soir la connaissance et l’unité renaissent par le pouvoir de ce rituel. Es-tu prêt à participer aux mystères les plus profonds ?
A la fin de ces échanges, la cérémonie se poursuit, le hiérophante offrant le pain et le vin au nouvel initié. Chaque grade est associé à la communication d’instructions composées de questions et de réponses. Nous avons retrouvé des fragments de cet échange au degré de Lion. Je n’en partagerai que quelques exemples reconstitués, et je suis certain que la relation avec la franc-maçonnerie vous sera évidente.
Maître : (Parlant solennellement) Où commence le voyage de la nuit ?
Initié : La nuit commence là où toutes choses sont cachées, et la lumière n’a pas encore révélé son chemin.
Maître : Qu’y a-t-il donc dans la nuit ?
Initié : Toutes choses se trouvent dans la nuit, attendant d’émerger.
Maître : (Il fait une pause, observant attentivement l’initié) Pourquoi portez-vous ce nom ? Quelle force vous appelle ?
Initié : Je suis appelé par le feu de la chaleur de l’été, car à travers ses épreuves je suis forgé et révélé.
[…]
Maître : Dis-moi donc, quel tissu te couvre ? Quel manteau portes-tu ?
Initié : C’est le lin blanc, tissé avec force, bordé par la couleur du sang et du feu.
Maître : Pourquoi la bordure est-elle rouge, alors que le lin lui-même reste humble ?
Initié : La bordure rouge marque les épreuves de l’âme ; le lin lui-même symbolise l’humilité, pure mais cachée dans la force.
Maître : (S’inclinant, plus doucement)
As-tu enveloppé ce tissu qui t’appartient ?
Initié :
Oui, enveloppé comme le manteau du sauveur, car grâce à lui, je trouve le chemin de la renaissance.
Maître : Qui est donc ton père ?
Initié : Celui qui engendre toutes choses, le père de la lumière et de la création. L’initiation semble s’achever par le banquet rituel, à la fin duquel tous les frères se tiennent la main créant une chaîne fraternelle.
Conclusion
Les parallèles avec la franc-maçonnerie moderne sont fascinants. Évidemment, tous les rituels ne sont pas les mêmes et certains éléments que j’ai mentionnés ne se retrouvent pas systématiquement. Cependant, la plupart sont communs à divers rituels maçonniques et peuvent être observées dans la tradition mithraïque.
Franz Cumont a eu un impact significatif sur la perception du mithraïsme et, par conséquent, sur la manière dont son imagerie et son symbolisme ont été intégrés aux traditions ésotériques occidentales, y compris la franc-maçonnerie. Ses recherches sur le mithraïsme à la fin du 19e et au début du 20e siècle ont permis d’introduire les mystères mithraïques dans le discours public et universitaire plus large, même si des recherches ultérieures ont révisé nombre de ses théories.
Au cours de la même période, les francs-maçons et plusieurs auteurs ésotériques se sont intéressés aux travaux de Cumont sur le mithraïsme et ont parfois réinterprété les symboles maçonniques selon le symbolisme mithraïque. Les auteurs maçonniques du début du 20e siècle ont continuer à inclure les concepts mithraïques dans leurs rituels, affirmant souvent que les rites maçonniques étaient les héritiers des anciennes religions à mystères. Cela est particulièrement clair dans certaines versions du rituel du Chevalier du Soleil, 28e degré du Rite Écossais.
Ces adaptations démontrent l’influence de Cumont dans l’association des idées mithraïques à l’univers maçonnique. Il est cependant évident que la tradition maçonnique utilisait déjà plusieurs éléments qui ne furent découverts que plus tard. Les instructions, le bandeau, les poignées de main, les serments, les signes, etc., faisaient partie de la franc-maçonnerie avant que les découvertes archéologiques ne démontrent leur existence dans le mithraïsme. Il serait trop long d’expliquer et de démontrer les lignées historiques entre la franc-maçonnerie, les mystères initiatiques préchrétiens et l’Égypte antique. Cependant, beaucoup de choses se sont produites pendant la Renaissance en Italie avec la réactivation de l’hermétisme.
Sans aucun doute, la Franc-maçonnerie est l’héritière de plusieurs traditions anciennes et une identification claire des sources, des objectifs et du processus initiatique à l’œuvre pourrait contribuer à rendre les rituels modernes plus efficaces.
Le thème du troisième rendez-vous que les membres du Cercle de Tory vous proposent, le 19 novembre prochain, s’inspire d’extraits des textes des Cahiers Bleus de la Grande Loge Indépendante de France, reconnus pour leur pertinence, leur qualité et leur intérêt.
La Franc-maçonnerie n’est pas un substitut, ni un remplacement de religion, encore moins une voie de saluts …
Ne serait-elle pas propice à la recherche d’une pratique de pensée pour aborder l’existence avec recul et bienveillance, et apprendre à vivre paisiblement en soi et en société. Pourquoi ? Comment ? Échangeons…
Après l’ouverture de la séance, chacun pourra s’exprimer et échanger pendant 1h30, la parole sera libre..
Un verre de l’amitié clôturera la réunion.
Pour confirmer votre présence, veuillez envoyer un eMail à cercletorcy@proton.me Avec les informations suivantes : Vous êtes FM : Nom + Prénom + Loge + Obédience + eMail, sinon Nom + Prénom + eMail
> Le Cercle Échange de Torcy – 10 Rue de la Mare aux Marchais – 77200 TORCY / Tél. 06 07 82 60 24 – Accueil à partir de 19h30. Début de séance 20h00 précise. Participation : 10 € pour la soirée.
Peut-on parler de l’attitude prophétique d’une telle Franc-maçonnerie ? Oui si, s’attachant à l’étymologie du terme, on se souvient que « pro pheni » signifie « dire devant » et non pas « dire avant » ! Ou encore, dans le même ordre d’idées, si on sait mettre en œuvre une recherche apocalyptique, c’est-à-dire permettant la « révélation » de ce qui est là et que l’on ne sait pas voir. Peut-être, tout simplement, parce que cela, comme le dit la sagesse populaire, « crève les yeux » !
Mais pour ce faire, il faut qu’on sache mettre en œuvre une attitude désinvolte et sérieuse à la fois, pour saisir ce qui meut en profondeur ce qui est et qu’on sache faire fi des incantations quelque peu répétitives des affidés du progressisme, afin de tirer toutes les conséquences de la «philosophie progressive». Peut-être est-ce là que se trouve le cœur battant de l’idéal maçonnique : à savoir le refus de ces phrases toutes faites qui, en chaussant les pantoufles éculées du progressisme du XIXe siècle, ne font que traduire la médiocrité de la « doxa » : l’opinion convenue.
Jean Baylot
Bien entendu, à l’opposé des formes abâtardies ou de ce que Jean Baylot nomme « la voie substituée », que celles-ci soient légalistes, affairistes ou simplement « clubistes », ce dont il est question ici, est une franc-maçonnerie idéale qui est, souvent, plus pertinente que les francs-maçons eux-mêmes ! Il s’agit d’un type idéal ou, ce que Hegel (dont il faut rappeler la proximité avec cette société de pensée) appelle « des individus historiques » : « Ils veulent et accomplissent, non une chose imaginée et présumée, mais une chose juste et nécessaire et qu’ils ont comprise parce qu’ils ont reçu intérieurement la révélation de ce qui appartient réellement aux possibilités du temps ».
Il s’agit là d’une autre manière de dire ce Zeitgeist, cet esprit du temps, qui fait de nous ce que nous sommes. C’est ainsi que la maçonnerie de tradition, non adultérée, non altérée, non énervée, peut être considérée comme un miroir grossissant, grâce auquel la postmodernité peut se réaliser. Et ce en actualisant, c’est-à-dire en rendant présents, tous les possibles qui sont en elle.
Mais pour saisir les lignes de force de l’esprit du temps, on ne peut pas, avec arrogance, suivre la voie assurée de la démonstration déductive. Tout simplement parce que la vraie signification n’a pas de sens, ou plutôt ne se réduit pas à un sens finalisé. Du coup, on ne peut pas aller droit au but. La pensée procède par étapes. Elle montre, « monstre », d’une manière inductive. Comme l’oiseau se pliant aux courants, dans lesquels il baigne, tout en gardant le cap, elle virevolte et plane : ce qui ne manque pas de beauté ni aussi de justesse. Ou, pour le dire en termes plus soutenus, à l’image de cet adage propre à la mystique et à la sagesse populaire : « Dieu écrit droit, avec des lignes courbes » (P. Claudel).
Ce qui m’a conduit dans « La Franc-Maçonnerie peut-elle ré-enchanter le monde ? » (Ed. Dervy, 2023) à dessiner quelques traits de la « méthode » — j’entends par là, la « démarche » — et du rêve intemporel de la sensibilité maçonnique : quel est l’être qui l’anime ? Quel est le type, l’archétype de son idéal ? Et, d’autre part, de voir en quoi et comment un tel archétype se réactualise en ces formes postmodernes ne manquant pas de nous étonner, voire de nous choquer. Mais on ne peut pas nier l’importance croissante qu’elles prennent dans la vie de tous les jours.
Certes, la reviviscence de la démarche initiatique, de l’idéal communautaire, des pactes émotionnels, d’une raison sensible, du sentiment d’appartenance, tout cela a de quoi tarabuster l’opinion établie en ses certitudes individualistes et rationalistes. Il est aussi certain que le progressisme ou le républicanisme servant d’étalons à la société officielle prennent, de ce fait, un coup de vieux. Voilà qui tourneboule la bien-pensance !
Assemblée nationale en France
Mais la « philosophie progressive », qui est par essence a-dogmatique, ne cherche pas à plaire. De tous temps son ambition a été de donner à penser. Très précisément en montrant comment ce qui est en souffrance peut parvenir à la plénitude de son être. Comment l’anomique devient progressivement canonique. En un moment où il est fréquent, chez certains francs-maçons, d’être militants politiques ou syndicalistes, c’est-à-dire où la conviction tient lieu d’analyse, il faut rappeler que cet a-dogmatisme n’est pas sans lien avec la « neutralité axiologique » dont l’œuvre d’un penseur comme Max Weber a montré la pertinence et l’aspect prospectif. Très précisément en ce que cette sensibilité théorique est un bon excitateur de l’intelligence. Qu’il convient de comprendre, stricto sensu, comme cette capacité de « rassembler ce qui est épars ».
Cette sensibilité a-dogmatique, non inquisitoriale correspond bien à la démarche initiatique, sensibilité relativiste, en ce qu’elle met en relation les divers éléments d’un donné pluriel, s’adresse à un lecteur imaginatif, non encagé dans les certitudes à bon marché du conformisme officiel. C’est le propre des penseurs libres que sont, par essence les Francs-Maçons authentiques.
Ça ne tombe pas du ciel comme dirait un bon gaulois qui protège sa tête avec un solide casque au cas où… mais en fait, il vaut mieux rigoler pour empêcher le ciel de tomber. Les fous du roi se sont penchés sur la question eux aussi à leur manière. J’imagine qu’ils ont dû déployer un maximum d’énergie pour dérider toute cette cour qui les tolérait.
Si l’on regarde le cours de l’histoire il est parsemé de moments d’humour. C’est souvent l’humour du commun des mortels que l’on retrouve dans la vie de tous les jours ou dans les écrits de certains auteurs.
Mon propos n’est pas de faire ici une analyse universitaire, d’ailleurs je ne le pourrais pas vu le temps qui m’est imparti et aussi par le niveau de mes compétences!
Cependant, je note qu’à un certain moment, l’humour est devenu plus professionnel. Qui dit professionnel, implique des moyens pour y arriver et par conséquent du travail pour l’exprimer, même « le raconteur de blague » est un être laborieux qui va s’appliquer à travailler ses effets, fut il doué, il prête attention à ses chutes qui le conduiront vers le succès.
Nos deux siècles précédents en ont été l’exemple avec notamment l’arrivée du cinéma muet qui a démontré combien l’humour était lié au travail, avec ces quelques génies encore présents dans notre culture. Ces artistes de grand talent, ont témoigné par leurs prouesses et leurs exploits, de toute la difficulté à faire surgir le sourire et le rire auprès d’un public qu’il fallait gagner. Qui dit gagner encore une fois, dit travail.
« la pratique de l’humour reconnue comme un travail »
La suite de cette formidable histoire n’a fait que progresser, la porte s’est ouverte.
Les comiques troupiers ont cédé place à d’autre formes d’humours qui font recette encore aujourd’hui. A mon avis le dénominateur commun de cette réussite demeure le travail comme ne cessent de le répéter les protagonistes de cet art qui nous aide à trouver dans la vie : joie et bonheur.
Je ne pense pas que dans sa vidéo ci-dessous Le Grand René nous contredise :
De notre confrère bdzoom.com Par Philippe Tomblaine
D’où vient la franc-maçonnerie ? Qui en a été à l’initiateur ? Quels sont ses symboles et que représente-t-elle à notre époque ? Pour répondre à ces interrogations, Glénat lance cet automne une ambitieuse série conceptuelle, sous la direction de l’incontournable Didier Convard. Les deux premiers tomes, ancrés comme il se doit entre Histoire, ésotérisme et intrigues romanesques, guident les profanes vers la découverte des origines séculaires de cette institution créée à la toute fin du XVIe siècle.
Le principal objectif humaniste (remettre l’homme au centre de la société) guide de riches intrigues sans négliger les parts d’ombre associées aux francs-maçons : loges énigmatiques, culte du secret, adogmatisme, réseaux d’influences et internationalisme leurs valurent longtemps les foudres de l’Église, et aujourd’hui encore le fait d’être d’une cible toute désignée pour de nombreuses théories du complot… Une série bienvenue et d’ores et déjà indispensable pour comprendre les mythes et réalités de la maçonnerie, des origines à nos jours.
Initialement prévue en avril, cette nouvelle collection Glénat a comme l’on s’en doute été retardée de quelques mois en raison de l’actuelle pandémie. Un mal pour un bien puisque la parution conjointe des deux premiers volumes (« L’Ombre d’Hiram » dessiné par Denis Falque ; « Les Bâtisseurs », dessiné par Olivier Pâques) sera complétée dès le 12 novembre prochain par un tome 3 (« Le Mot du maçon ») concocté par Pierre Boisserie et Vincent Wagner.
Alors que la franc-maçonnerie semble retrouver un regain d’intérêt ses dernières semaines, notamment avec les albums « Grand Orient » (par Jérôme Denis et Alexandre Franc, éd. Soleil, mai 2020) et « La Franc-maçonnerie dévoilée » (par Arnaud De La Croix et Philippe Bercovici, Le Lombard, octobre 2020), Didier Convard s’impose de nouveau comme l’ultime référence en la matière. Du « Triangle secret » (Glénat, à partir d’avril 2000) à « Sept frères » (Delcourt, 2016), en passant par la signature de la préface de titres comme « Fraternités » (Delcourt, 2013), l’homme n’a jamais caché son attachement au sujet. Né à Paris en 1950, Convard publie son premier album en 1972 et collabore au journal Tintin dans les années 1980. Initié par un ancien résistant dans la Grande Loge de France voici trente-cinq ans, le scénariste à succès n’aura ensuite de cesse de mettre en scène des histoires de « fraternités brisées qui cherchent à se retrouver, à se reconstruire soit par le pardon, la mansuétude ou par la punition, la vengeance divine ». Soit, au-delà des fantasmes et des rumeurs complotistes, la simple volonté de montrer l’absence de « barrières entre les différentes appartenances » (Sources : Libération, 2016. Interview de l’auteur par Christophe Forcari).
Reconstitution du Temple de Salomon, l’emblème des francs-maçons.
Telle que la couverture concoctée par Julien Delval pour « L’Ombre d’Hiram » le dévoile, l’intrigue du premier tome se focalise sur le célèbre Temple de Salomon. Selon la Bible hébraïque, ce dernier aurait été érigé sur le mont Moriah (actuel Rocher de la fondation) et détruit en 586 av. J.-C. lors du siège de Jérusalem par l’armée babylonienne de Nabuchodonosor II. Érigé par le fils du roi David avec l’aide d’un sage, un maître en architecture prénommé Hiram (devenu ainsi le légendaire fondateur de l’Ordre), le bâtiment avait pour mission principale d’abriter la célèbre Arche d’alliance, un coffre contenant les Tables de la loi (les « Dix commandements » ou « Décalogue ») jadis données à Moïse par Dieu.
Lors de la destruction du Temple, une pierre comportant trois symboles divins – une étoile, un croissant et une croix… – est brisée en trois parties et devient la source de puissants enjeux… Ayant également disparu des sources connues depuis la destruction du Temple, l’Arche d’alliance reste une énigme pour les archéologues contemporains, Indiana Jones mis à part (voir bien sûr « Les Aventuriers de l’arche perdue », S. Spielberg, 1981).
Pour cet album, Didier Convard retrouve au dessin son complice Denis Falque, rompu à l’exercice commun après avoir enchaîné ces vingt dernières années rien moins que cinq tomes du « Triangle secret » (2000 à 2002, avec Gine), cinq de « Hertz » (2006 à 2015, avec Gine), quatre de « INRI » (2004 à 2007, avec Pierre Wachs), cinq des « Gardiens du sang » (2009 à 2013, avec Jusseaume et Juillard) et six de « Lacrima Christi » entre 2015 et 2020) ! Dans la lignée de l’ensemble de ces titres, le trait de Falque est toujours aussi incisif, dynamique et parfaitement cinématographique, le seul reproche possible étant une trop grande ressemblance des visages.
Couverture pour « T2 : Les Bâtisseurs » et extraits (planches 2 et 6 – Glénat 2020).
Pour le tome suivant, « Les Bâtisseurs », les lecteurs se retrouveront à la période médiévale : plus précisément en 1187, peu après la prise de Jérusalem par l’armée du sultan Saladin. Dans la débâcle des Francs et Chrétiens survivants, une veuve s’adresse au tailleur de pierre prénommé Hughes et lui remet une pierre comportant une croix gravée. Ces descendants conserveront cette relique tout en participant à l’érection de grandes cathédrales comme celle de Cologne (représentée en couverture par Julien Delval et dont le chantier débute en 1248) et de l’abbaye de Westminster (XIIIe siècle). Ainsi se développèrent les origines puis la transition – en Angleterre et Écosse – de la franc-maçonnerie opérative vers la franc-maçonnerie spéculative (comprendre « plus théorique »), les Anciens Devoirs (racines des rituels modernes) étant par ailleurs décrits pour la première fois.
Passant du Grand Siècle (avec la série de Jacques Martin « Loïs », entre 2003 et 2015) au Moyen Âge, Olivier Pâques remplit très honnêtement son contrat avec des planches (sic) fluides et fourmillant cependant de détails. Dans le tome 3 (à paraître en novembre), William Schaw, un architecte écossais, assistera impuissant au massacre parisien de la Saint-Barthélémy (24 août 1572) avant de se voir attribuer – par une étrange veuve… – la mission de fédérer à travers l’Europe les maçons de son pays, en les plaçant sous le contrôle du roi. Gageons que ce troisième opus ne déméritera pas aux côtés des deux titres introductifs.
Le tome 4 (« Royal Society », en mars 2021) restera également dans le monde anglo-saxon, sous la houlette de ses architectes, Pierre Boisserie et Pierre Wachs. N’oublions pas les indispensables dossiers pédagogiques (8 pages illustrées) réalisés par Jean-Laurent Turbet et situés en fin de chaque ouvrage. Nul ne devrait donc rendre son tablier avant les voyages qui s’annoncent pour les profanes sous la bannière Glénat : 12 tomes sont en effet prévus. Bref, compagnons bédéphiles, préparez les agapes !
Un pilier pour la cathédrale. Extrait de « T2 : Les Bâtisseurs » (planche 7 – Glénat 2020).
Couverture du T3 (Glénat 2020).
Philippe TOMBLAINE
« L’Épopée de la franc-maçonnerie T1 : L’Ombre d’Hiram » par Denis Falque et Didier Convard Éditions Glénat (14,50 €) – EAN : 978-2-344-03043-1
« L’Épopée de la franc-maçonnerie T2 : Les Bâtisseurs » par Olivier Pâques, Jean-Christophe Camus et Didier Convard Éditions Glénat (14,50 €) – EAN : 978-2-344-030615
« L’Épopée de la franc-maçonnerie T3 : Le Mot du maçon » par Vincent Wagner et Pierre Boisserie Éditions Glénat (14,50 €) – EAN : 978-2-344-030622
La Franc-maçonnerie est considérée comme la plus grande société secrète au monde. Leurs loges secrètes et leurs francs-maçons possèdent des codes universels qui leur permettent de communiquer et de se comprendre même sans parler la même langue. Des pays comme le Mexique, la Colombie, l’Argentine, le Brésil, les États-Unis, l’Espagne, l’Angleterre, la Russie et la France sont parmi les plus mentionnés et liés aux lodges . Les grands processus de leur histoire ont été marqués par la présence de la franc-maçonnerie et de ses rites.
Depuis la création des 4 loges initiatiques de la Franc-Maçonnerie en 1717 jusqu’à la création de la Grande Loge d’Angleterre, ce groupe secret de l’élite des plus hautes sociétés est présent dans la société, mais, étant marqué par l’hermétisme, le savoir protégé l’exclusivité et le secret. Dans leur expression maximale, les théories sur ce qui se passe au sein de leurs loges ou ateliers sont encore aujourd’hui un générateur d’intérêt populaire qui alimente la spéculation.
Illustration d’un franc-maçon créé par l’IA. Source : Bing IA.
Que sont les rites maçonniques ?
La franc-maçonnerie est initiatique, ce qui signifie que pour qu’une personne se considère comme franc-maçon, elle doit passer par un rite d’initiation. On sait peu de choses sur ce rite, car il s’agit d’un secret que chaque maçon s’engage à ne jamais révéler, même s’il est expulsé de la loge.
Ainsi, les rites de la Franc-maçonnerie sont, par définition, des ensembles de cérémonies et de règles qui structurent et donnent un sens à chaque étape de la vie maçonnique, depuis le degré d’Apprenti jusqu’à celui de Maître.
Ces rites, issus d’anciennes traditions remontant aux années 1700, définissent la manière dont s’effectue le travail dans la Loge et les étapes d’un degré à un autre, comme l’initiation d’un « laïc » ou d’une personne non maçonne ou le ascension des degrés.
Mason, ce qui veut dire constructeur. Source : Archives.
Bien qu’il existe des rites différents, ils partagent tous des valeurs essentielles de la franc-maçonnerie, comme la tolérance, la fraternité et la recherche de la vérité, sans hiérarchies, mais comme expressions différentes d’une même spiritualité.
« Cela signifie la méthode consistant à conférer la lumière maçonnique par une collection et une distribution de diplômes. C’est, en d’autres termes, la méthode et l’ordre observés dans le gouvernement du système maçonnique », révèle la Grande Loge d’Espagne. »
L’origine du rite maçonnique
Il faut d’abord faire la différence entre la franc-maçonnerie opérationnelle, qui est composée de bâtisseurs chrétiens, et d’autre part, il y a la franc-maçonnerie spéculative, qui est ce que nous connaissons et associons aux loges elles-mêmes.
Le premier rite maçonnique a eu lieu en 1717 avec la naissance de la franc-maçonnerie, juste à l’époque connue en Angleterre sous le nom de Renaissance de l’Art.
Le rituel ou rite initiatique créé à cette époque s’étendit jusqu’en 1813, date à laquelle, selon la Grande Loge d’Espagne, fut consolidée l’union de deux Grandes Loges, où la Sainte Arc Royale faisait officiellement partie du système maçonnique.
Avec le développement des loges et l’invention des degrés supérieurs, divers rites ont été créés, mais tous sont régis par le même Rite essentiel qui exprime la base de trois degrés symboliques pour les maçons.
Illustration de l’IA des francs-maçons. Source : IA imaginé.
Les normes maçonniques établissent que le Maître Maçon de n’importe quel rite peut participer au travail d’une Loge d’un autre rite, puisque les trois degrés symboliques sont communs à toutes.
Chaque rite propose une approche différente pour atteindre la « Vérité Divine » à travers la « Lumière maçonnique ». Certains rites ont disparu avec leurs créateurs, tandis que d’autres perdurent.
Loges maçonniques et leurs rites d’initiation. Source : Bing IA.
Les rites maçonniques les plus résonnants que vous devriez connaître
Chaque rite est unique et l’expérience de chaque personne lors du rituel d’initiation de la monería est marquée à vie par l’assistance à la cérémonie, où elle cesse d’être « païenne » et devient frère du reste des membres de la loge.
Rite d’York.
Rite Écossais Ancien et Accepté.
Rite Moderne ou Français.
Rite américain.
Rite philosophique écossais.
Premier Rite Écossais.
Rite réformé.
Rite Helvète Réformé.
Rite Fessler.
Rite Schröder.
Rite de la Grande Loge des Trois Globes.
Rite de l’Élu de Vérité.
Rite du Voile Pourpre.
Rite du Chapitre de Clermont.
Rite Pernetty.
Rite de l’Étoile Flamboyante.
Rite Chastanier.
Rite des Philalètes.
Rite primitif des Philadelphes.
Rite du Martinisme.
Rite du frère Hénoch.
Rite de Mizraïm.
Rite de Memphis.
Rite de stricte observance.
Rite d’observance laxiste.
Rite des Architectes Africains.
Rite des Frères d’Asie.
Rite de Perfection.
Rite des Cohens élus.
Rite des Empereurs d’Orient et d’Occident.
Rite Primitif de Narbonne.
Rite de l’Ordre du Temple.
Rite suédois.
Rite de Suèdeborg.
Rite de Zinzendorf.
Rite égyptien de Cagliostro.
Rite des Chevaliers Bienfaiteurs de la Ville Sainte
Rite National Mexicain
Ces types de rites maçonniques sont révélés par la Grande Loge d’Espagne, à l’exception du Rite National Mexicain, qui est le plus connu au niveau national et régional pour avoir été le premier, selon Marcelino Núñez Mondragón, Grand Luminar mexicain, à intégrer les femmes dans ses rites.
Rituels maçonniques. Source : Archives.
Rite d’initiation : ce que cache cette cérémonie d’initiation maçonnique
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le rite d’initiation maçonnique n’a rien à voir avec un rite de magie noire ou noire. À ce sujet, la Grande Lumière a fait la lumière sur le sujet et a révélé les secrets du rite de passage.
Le rituel d’initiation en franc-maçonnerie est un processus mystique. S’il fallait parler en termes magiques, la Franc-maçonnerie va dans le domaine du positif, du blanc, loin du nuisible, des courants sorciers de la sorcellerie et de la magie noire. La franc-maçonnerie ne pratique pas ce type de magie.
En tant qu’institution, la Franc-maçonnerie s’interdit ce type de pratique, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas, personnellement, qui les pratiquent.
Le rituel d’initiation au Rite National Mexicain consiste en une procédure qui, en raison du mysticisme impliqué, finit par avoir un tel impact sur le candidat qu’elle finit par être une cérémonie inoubliable, car ce n’est qu’à ce moment-là que l’on a accès à la franc-maçonnerie.
La franc-maçonnerie et ses rites. Source : Archives.
« Chaque fois que nous voyons les cérémonies d’initiation des nouveaux maçons, nous nous souvenons des nôtres, peu importe si 50 ans se sont écoulés. C’est un moment de nombreuses émotions et expressions dont on se souvient toujours », dit l’interviewé.
La cérémonie d’initiation d’un franc-maçon n’a rien à voir avec des rites ou des cérémonies sataniques. « Nous, si nous voulions parler d’une similitude avec la religion chrétienne, nous pourrions dire que la franc-maçonnerie va avec le christianisme ésotérique de base, celui qui a été établi avant le catholicisme », a exprimé la Grande Lumière du rite national mexicain.
Comme chacun le sait, si le solstice d’été se déroule au Nord le 21 juin, celui de l’émisphère Sud se déroule 6 mois plus tard, durant notre hiver. Ils auront donc leur feu de Saint Jean pendant que nous serons chauffés par les radiateurs de nos Temples. Il est bon de rappeler que si la Chaîne d’Union Fraternelle est universelle, la terre quant à elle, est bien partagée en deux émisphères qui se font miroir dans une unité indissociable.
Portrait du Grand Maître Sebastián Jans Pérez dévoilé dans la Grande Loge du Chili
Suivant une tradition et dans le cadre de l’Assemblée Solstitielle d’Été, le dévoilement et l’installation du portrait du Grand Maître Sebastián Jans Pérez ont eu lieu dans la Grande Loge du Chili, qui fera partie de la galerie des Grands Maîtres située à la salle des portraits.
L’œuvre a été réalisée par l’artiste Pablo Tapia Villalobos.
Le grand bibliothécaire et archiviste Nabor Urzúa Becerra a souligné l’importance de cette salle, qui non seulement préserve la mémoire des grands maîtres, mais représente également une fenêtre sur le passé, unissant le présent aux enseignements et aux décisions qui ont tracé le chemin de Franc-maçonnerie chilienne depuis 1862.
Au cours de son discours, Urzúa Becerra a également détaillé les récentes mesures de conservation adoptées dans la salle, transformée en galerie d’art de haut niveau. Avec des filtres ultraviolets sur les fenêtres et le remplacement des lampes à incandescence par un éclairage spécial qui protège les œuvres, la Grande Loge renforce son engagement dans la protection du patrimoine. Chaque portrait comprend désormais des informations détaillées sur l’artiste, les techniques utilisées et les dimensions de l’œuvre, créant ainsi un environnement qui respecte l’intégrité de la collection et enrichit l’expérience de ceux qui visitent cet espace historique.
Le directeur de la recherche historique de la Grande Loge, Manuel Romo Sánchez, est intervenu pour raconter l’histoire de la Salle des Portraits, soulignant l’initiative du Grand Maître Víctor Guillermo Ewing, qui en 1910 a promu la création de cette galerie pour rendre hommage à ses prédécesseurs. . Bien que la collection originale ait été détruite lors de l’incendie dévastateur de 1920, les efforts de reconstitution ont permis au Grand Maître Héctor Bocardo d’inaugurer une nouvelle série de portraits en 1929, mettant en valeur le travail d’artistes tels que Franco Paola Antonio, et plus tard de personnalités telles que Camilo Mori et d’autres peintres chiliens renommés.
Le dernier épisode nous conduira au cœur de la quête mystique ou spirituelle, un objectif central dans les traditions religieuses anciennes comme dans les nouvelles formes de spiritualité contemporaine. L’éveil mystique est la finalité de tout cheminement ésotérique : il représente l’union de l’âme humaine avec le divin, un état d’accomplissement spirituel absolu. Nous retrouverons cette notion dans des systèmes de croyance aussi variés que le soufisme, le bouddhisme, le christianisme mystique et le New Age.
L’éveil est souvent décrit comme une expérience transcendante de l’unité cosmique, où toutes les distinctions entre le soi et l’univers s’effacent. Dans cet épisode, nous analyserons les différentes voies empruntées par ceux qui ont cherché à atteindre cet état d’illumination, que ce soit par la méditation, la prière, les rituels, ou même l’usage de techniques occultes. Nous verrons comment cet éveil spirituel est perçu comme l’aboutissement ultime du chemin initiatique, où l’initié devient un être pleinement éveillé, en communion avec le divin et avec lui-même.
L’Éveil Spirituel : Un Phénomène Universel en Quête de Reconnaissance Scientifique
L’éveil spirituel, un concept aux multiples facettes, gagne en attention dans les milieux académiques et scientifiques. Longtemps cantonné aux sphères religieuses et philosophiques, ce phénomène fait désormais l’objet d’études universitaires dans des domaines aussi variés que la sociologie, la neurophysiologie et la psychologie.
Traditionnellement associé à des termes comme « illumination », « réalisation de soi » ou « libération », l’éveil spirituel est décrit comme un retour à sa véritable nature, rendu possible par l’effacement de l’ego. Ce processus, qui peut être graduel ou soudain, est au cœur de nombreuses traditions religieuses et philosophiques, du bouddhisme à l’hindouisme, en passant par le soufisme et certaines approches laïques.
L’expérience de l’éveil, souvent décrite comme un bouleversement profond, est parfois comparée à une « seconde naissance ». Elle peut s’accompagner d’états de conscience altérés, tels que l’extase ou un sentiment d’union avec l’univers ou un principe divin.
Dans l’hindouisme, par exemple, l’éveil est associé à la libération (moksha) du cycle des réincarnations. Les différentes formes de yoga, du jnana yoga au bhakti yoga, offrent autant de voies pour atteindre cet état. Cependant, le concept d’éveil spirituel a également été adopté et parfois réinterprété par le mouvement New Age, donnant lieu à des acceptions plus larges et parfois controversées.
L’intérêt croissant de la communauté scientifique pour ce phénomène ouvre de nouvelles perspectives. Les chercheurs tentent de comprendre les mécanismes neurologiques et psychologiques sous-jacents à ces expériences, classées parmi les états modifiés de conscience.
Cette approche scientifique de l’éveil spirituel pourrait permettre de jeter des ponts entre les traditions spirituelles anciennes et la compréhension moderne de la conscience humaine. Elle soulève également des questions fascinantes sur la nature de l’expérience humaine et les limites de notre perception de la réalité.
Alors que la recherche dans ce domaine en est encore à ses débuts, elle promet d’apporter un éclairage nouveau sur un phénomène qui a façonné les cultures et les philosophies à travers l’histoire. L’éveil spirituel, longtemps considéré comme du domaine de l’ineffable, pourrait bien devenir un sujet d’étude scientifique à part entière dans les années à venir.
Dans le bouddhisme, l’éveil spirituel et le nirvana sont des concepts intimement liés mais distincts. Selon Philippe Cornu, expert en bouddhisme :
« Le nirvâna a un rapport direct avec la libération de la souffrance et des conditionnements, tandis que l’Éveil est un phénomène de nature cognitive qui implique la manifestation pleine et entière de la sagesse, c’est-à-dire de la connaissance directe et non conceptuelle de la Réalité telle qu’elle est. »
Cette distinction nuancée souligne la profondeur et la complexité de la spiritualité bouddhique. Le nirvana représente l’extinction des causes de la souffrance, alors que l’Éveil est une compréhension profonde de la nature de la réalité. Dans la tradition zen, particulièrement dans l’école Rinzai au Japon, l’Éveil est souvent décrit comme un phénomène soudain, voire brutal. Cette approche contraste avec les conceptions plus graduelles d’autres écoles bouddhiques. Hermann Hesse, écrivain fasciné par la spiritualité orientale, décrivait l’Éveil zen comme « une union avec la totalité, non de manière intellectualisée mais en la vivant comme une réalité avec l’âme et le corps ».
Le concept d’éveil spirituel trouve des échos dans d’autres traditions religieuses. Dans le soufisme, branche mystique de l’Islam, l’éveil est comparé à une seconde naissance. Cette renaissance spirituelle nécessite, selon un hadith, de « mourir avant de mourir ». Le cheikh Arslân exprimait poétiquement cette idée : « Tu es un voile pour toi-même / Dieu ne t’est donc voilé que par ton ego ».
L’objectif du soufi est de s’éteindre dans l’Unicité divine (al-fanâ’ fi l-tawhîd), puis de subsister (baqâ’) en Dieu. L’islamologue E. Geoffroy décrit cet état comme « une transparence à l’Être divin, un effacement total du moi individuel dans la Présence ».
Même le christianisme, notamment dans sa tradition catholique, utilise le terme « éveil » dans un contexte spirituel. On parle d' »éveil à la foi » pour désigner une première initiation religieuse, bien que cette conception soit moins radicale que dans les traditions orientales.
Ces différentes approches de l’éveil spirituel, qu’elles soient bouddhiques, soufies ou chrétiennes, partagent l’idée commune d’une transformation profonde de la conscience et de la perception de la réalité. Elles témoignent de la quête universelle de l’humanité pour une compréhension plus profonde de l’existence et de notre place dans l’univers.
L’éveil spirituel est un concept qui dépasse les frontières des religions traditionnelles et trouve des échos dans divers domaines de la pensée et de la science moderne. Voici un aperçu de cette notion dans un cadre non religieux :
Philosophie et pensée occidentale :
L’éveil spirituel peut être rapproché de l’intuition telle que conçue par des philosophes comme Héraclite, Platon, Plotin, Spinoza et Bergson. Dans cette optique, il s’agit d’une « vision directe du réel » caractérisée par un sentiment d’éternité, une joie infinie, et une dissolution des frontières entre le soi et le monde.
Le « sentiment océanique » de Romain Rolland, décrit dans sa correspondance avec Freud, illustre bien cette expérience spirituelle non religieuse.
Penseurs contemporains : Des figures comme Jiddu Krishnamurti ont largement contribué à populariser la notion d’éveil spirituel hors du cadre religieux. D’autres auteurs, issus notamment du néo-advaïta occidental, comme Eckhart Tolle, Andrew Cohen, ou Jean Klein, ont également exploré ce concept.
Approches scientifiques :
Sociologie : Les sociologues utilisent généralement le terme « état modifié de conscience » pour décrire ce phénomène. Certains, comme Edgar Morin ou René Barbier, ont néanmoins employé le terme « éveil » pour décrire leurs propres expériences spirituelles.
Neurosciences : Des études d’imagerie cérébrale ont mis en évidence l’activation de zones spécifiques du cerveau lors d’états d’éveil ou de méditation profonde. Le neuroscientifique Sam Harris souligne la possibilité d’expérimenter une conscience ouverte et illimitée, transcendant le sens d’un soi séparé.
Psychologie : Au XIXe siècle, le psychiatre Richard Maurice Bucke a publié la première étude psychologique sur l’éveil, basée sur sa propre expérience. Plus tard, C.G. Jung a rapproché son concept d’individuation de l’éveil des religions orientales. Ces approches multidisciplinaires témoignent de l’intérêt croissant pour l’éveil spirituel en tant que phénomène humain universel, au-delà des cadres religieux traditionnels. Elles ouvrent de nouvelles perspectives sur la compréhension de la conscience et de l’expérience humaine.
Ne pensez-vous pas que les principes de la rigueur et de l’ordre ne sont jamais aussi charmants que lorsqu’ils s’habillent d’un manteau de noblesse et de mystère ? Et, quoi de mieux que de naviguer dans les cercles feutrés et à couvert de la franc-maçonnerie, pour découvrir cette quête incessante de perfection ? Oui, le respect des rituels, l’équerre qui maintient dans une posture aussi parfaite que celle des meilleurs danseurs de tango, la discipline du regard et la quête d’une harmonie intérieure… Ah, il n’y a rien de plus noble que de vivre selon des principes éthiques élevés, n’est-ce pas ?
Mais, n’allons pas trop vite en besogne : si l’on parle de rigueur, il ne s’agit pas de la rigidité d’un « maniaque du fer à repasser », qui, pour la simple jouissance d’une tenue vestimentaire ou d’une nappe parfaitement lisse, se transforme ainsi que sa maison, en un temple dédié à la perfection matérielle. Non, les francs-maçons ne sont pas des serviteurs du fer et de la planche à repasser. Ils s’efforcent de forger leur caractère, d’adopter des actions empreintes de vertu et de se regarder dans le miroir de l’éthique, sans risquer de se brûler les doigts avec… Avec ?
Les manieurs de fer à repasser, de boîtes de rangement numérotées, empilées scrupuleusement par ordre alphabétique, eux, cherchent-ils à sculpter leur âme, ou plutôt à discipliner l’apparence extérieure ? Il s’agit de maintenir l’espace en ordre, où chaque étagère, chaque tablier, chaque gant est à sa place, et où la seule épreuve véritable semble être de s’assurer que le tissu ne montre aucun signe de rébellion !
Et pour cela, un cintre, un calendrier… Tout est permis pour garantir que rien, absolument rien, ne vienne froisser l’illusion de la perfection ! L’ordre et la beauté sont de merveilleux idéaux, à condition, bien entendu, de ne pas confondre les deux avec une obsession qui ferait oublier que la vie, parfois, se plie à ses propres règles…
Alors, un peu de poésie dans ce monde, quand même très désordonné et brutal (mais est-ce la caractéristique QUE du monde profane ?)…
Dans un logis, où même Cendrillon pâlirait, Vivait une franc-maçonne au cœur bien ordonné, Elle gardait ses tabliers comme un trésor sacré, Entre des calendriers, en rangs bien alignés.
« Ne les froisse pas ! » se disait-elle, radieuse, « Chaque pli doit être parfait, toute pièce précieuse ! L’ordre est la clé du bonheur et de la sagesse, Sans lui, c’est le chaos, et la raison se délaisse. »
À ses côtés, une autre, plus débridée, Rangeait ses tabliers dans sac mal ficelé. « Tu me chagrines ! » répliqua-t-elle, moqueuse, « Moi, je préfère l’imprévu » toujours joyeuse.
« Moi, je vis sans contrôle, vertige du tourbillon ! Mes tabliers sont froissés, tant pis, pas d’illusion ! L’ordre, c’est un piège, la rigidité, un fardeau, Mon cœur qui bat, c’est mon maître mot ! »
Et quand vint le moment de circumanbuler, Et montrer aux colonnes leur « savoir » appliqué, La première, avec grâce, réalisa sa tâche, Ses tabliers impeccables, comme un chef-d’œuvre de panache.
Quant à l’autre, pleine de verve et d’énergie, Portait un tablier froissé, mais quelle magie ! Au grand étonnement, c’est son cœur qui brilla, Les esprits s’éveillèrent, leur cœur en émoi.
Morale
Si la règle peut adoucir les éclats du cœur, Le cœur, parfois, fait naître un monde meilleur. Souplesse et légèreté dans le quotidien, Permettent à l’âme de trouver son chemin.
Ainsi, ordonnons, mais, L’ordre et l’émotion s’entrelacent sans plainte. Mieux vaut un cœur vibrant qu’un tablier bien plié, Car l’art de vivre, c’est d’apprendre à aimer.
Comme disait Georges Braque « J’aime la règle qui corrige l’émotion et j’aime l’émotion qui corrige la règle ».