Dans un article publié récemment sur Causeur .fr, Wilfried Kloepfer, un essayiste et chroniqueur français, propose une réflexion audacieuse sur les tensions entre la spiritualité chrétienne traditionnelle et ce qu’il appelle la « religion woke », une idéologie qu’il perçoit comme une nouvelle forme de dogmatisme moral. Kloepfer soutient que le christianisme, avec ses racines millénaires, offre une alternative profonde et universelle aux dérives d’une modernité marquée par des injonctions morales souvent perçues comme oppressives.
Cet article revisite son propos, le documente avec des sources rigoureuses et approfondit l’analyse pour mieux comprendre les enjeux spirituels, culturels et sociétaux qui opposent ces deux visions du monde.
Le Contexte : Une Modernité en Quête de Sens
Depuis les années 2010, le terme « woke » (initialement un concept afro-américain signifiant « éveillé » aux injustices sociales) s’est transformé en un mouvement global, souvent associé à des combats pour la justice sociale, l’égalité des genres, la lutte contre le racisme et la reconnaissance des minorités. Cependant, ce mouvement a aussi été critiqué pour ses excès, notamment son recours à la « cancel culture » (culture de l’annulation), ses accusations de « privilège » systématique et son moralisme jugé rigide. Selon une étude de l’IFOP (2023), 62 % des Français estiment que le mouvement woke a « trop d’influence » dans le débat public, et 45 % le perçoivent comme une menace pour la liberté d’expression.
Wilfried Kloepfer, dans son article, s’inscrit dans cette critique. Il décrit le « wokisme » comme une « religion séculière » qui, sous couvert de justice sociale, impose un nouveau dogme moral, remplaçant les anciennes structures religieuses par une idéologie tout aussi normative. Pour Kloepfer, cette « religion woke » s’appuie sur des concepts comme la culpabilité collective (notamment celle des « privilégiés ») et une vision binaire du monde (oppresseurs vs opprimés), ce qui, selon lui, s’oppose à la richesse spirituelle et universaliste du christianisme.
La Spiritualité Chrétienne : Une Alternative Profonde
Saint François basilique
Kloepfer commence par rappeler les fondements de la spiritualité chrétienne, qu’il oppose aux principes du wokisme. Le christianisme, avec ses 2,4 milliards de fidèles dans le monde (selon le Pew Research Center, 2020), repose sur des valeurs universelles telles que l’amour du prochain, le pardon, la rédemption et la quête d’une vérité transcendante. Kloepfer cite les Évangiles, notamment le Sermon sur la Montagne (Matthieu 5-7), où Jésus prône l’amour inconditionnel et l’humilité : « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent » (Matthieu 5:44). Pour Kloepfer, cette vision contraste avec l’approche woke, qu’il accuse de diviser les individus en catégories rigides et de promouvoir une forme de vengeance morale plutôt que la réconciliation.
Le christianisme, selon Kloepfer, offre une spiritualité qui transcende les clivages sociaux et culturels. Il s’appuie sur des penseurs chrétiens comme saint Augustin, qui dans ses Confessions (397-400 ap. J.-C.) explore la quête intérieure de Dieu, et sur des figures contemporaines comme le théologien français Jean-Luc Marion, qui dans Dieu sans l’être (1982) défend une approche mystique et non dogmatique de la foi. Kloepfer argue que cette spiritualité, centrée sur l’intériorité et la relation personnelle avec le divin, permet de dépasser les jugements moraux et les divisions imposées par le wokisme.
Le Wokisme comme Nouvelle Religion Sécularisée
Marcia Fudge, représentante au Congrès, avec un t-shirt « Stay Woke: Vote » en 2018 (« restez en éveil : votez »). (Source Wikipedia)
Kloepfer s’appuie sur des analyses sociologiques pour étayer son idée d’une « religion woke ». Le sociologue américain John McWhorter, dans son livre Woke Racism: How a New Religion Has Betrayed Black America (2021), décrit le wokisme comme une idéologie ayant ses propres dogmes, rituels et excommunications (via la cancel culture). McWhorter note que les « péchés » woke, comme le privilège blanc ou l’appropriation culturelle, sont traités avec une ferveur quasi religieuse, où la repentance publique (souvent sous forme d’excuses médiatisées) devient une condition de rédemption.
En France, des intellectuels comme Pascal Bruckner ont également critiqué cette tendance. Dans Un coupable presque parfait (2020), Bruckner dénonce une « tyrannie de la culpabilité » où les individus sont jugés non pour leurs actions, mais pour leur appartenance à un groupe social. Kloepfer reprend cette idée, affirmant que le wokisme remplace la notion chrétienne de péché individuel par une culpabilité collective, ce qui, selon lui, est contraire à l’esprit du christianisme. Par exemple, dans le christianisme, le péché est personnel et peut être pardonné par la grâce divine (Jean 8:11, « Va, et ne pèche plus »), alors que le wokisme impose une condamnation permanente basée sur des identités fixes.
Kloepfer cite également des exemples concrets pour illustrer les dérives du wokisme. En 2023, l’Université de Bordeaux a annulé une conférence sur l’histoire coloniale après des accusations de « racisme systémique » contre l’intervenant, un historien reconnu. En 2024, une exposition sur l’art religieux médiéval au Louvre a été critiquée pour son « eurocentrisme », malgré son caractère historique. Pour Kloepfer, ces cas montrent comment le wokisme impose une grille de lecture morale qui étouffe le débat et la richesse culturelle.
Les Points de Frottement : Culpabilité, Universalisme et Liberté
Kloepfer identifie trois points de friction majeurs entre la spiritualité chrétienne et le wokisme :
La Culpabilité et le Pardon Dans le christianisme, la culpabilité est individuelle et peut être transcendée par le pardon divin. Kloepfer cite l’exemple de la parabole du fils prodigue (Luc 15:11-32), où un père pardonne à son fils malgré ses erreurs, illustrant la miséricorde divine. À l’inverse, le wokisme impose une culpabilité collective – par exemple, le « privilège blanc » – qui ne peut être expiée que par une soumission publique aux normes woke. Selon une étude de l’Université de Yale (2022), 58 % des Américains blancs interrogés se sentent « culpabilisés » par les discours sur le privilège, mais seulement 12 % estiment que cette culpabilité mène à des changements concrets.
L’Universalisme contre l’Identitarisme Le christianisme prône un universalisme spirituel : « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni libre, ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ » (Galates 3:28). Kloepfer oppose cela à l’identitarisme woke, qui, selon lui, divise les individus en groupes opposés (hommes vs femmes, blancs vs minorités, etc.). Le sociologue français Mathieu Bock-Côté, dans L’Empire du politiquement correct (2019), soutient que cet identitarisme fragmente la société et remplace le dialogue par des revendications communautaires.
La Liberté Spirituelle contre la Tyrannie Morale Kloepfer argue que la spiritualité chrétienne offre une liberté intérieure, centrée sur la relation personnelle avec Dieu, tandis que le wokisme impose une tyrannie morale où chaque parole et chaque acte sont scrutés à travers le prisme de la justice sociale. Il cite le cas de J.K. Rowling, qui, depuis 2020, est régulièrement attaquée pour ses positions sur la question transgenre, malgré son soutien historique aux droits des minorités. Selon un sondage YouGov (2023), 67 % des Britanniques estiment que la cancel culture a un impact négatif sur la liberté d’expression.
Une Défense de la Spiritualité Chrétienne comme Voie de Résistance
Rod Dreher – L’option Benoît XVI : une stratégie pour les chrétiens dans une nation post-chrétienne. 9 mars 2018, Institut du Danube, Budapest, Europe centrale.
Kloepfer propose la spiritualité chrétienne comme une voie de résistance face au wokisme. Il s’appuie sur des figures contemporaines comme Rod Dreher, auteur de The Benedict Option (2017), qui appelle les chrétiens à se retirer des structures culturelles dominantes pour préserver leurs valeurs. Dreher, un Américain orthodoxe, prône un retour à des communautés spirituelles locales, inspirées des monastères bénédictins, pour contrer l’influence des idéologies modernes comme le wokisme.
En France, des intellectuels comme Chantal Delsol partagent cette vision. Dans La Haine du monde (2016), Delsol critique la montée d’un « totalitarisme doux » qui impose des normes morales uniformes sous couvert de progrès. Kloepfer s’inscrit dans cette lignée, affirmant que le christianisme, avec son message d’amour et de rédemption, offre une alternative humaniste et libératrice aux diktats du wokisme.
Kloepfer évoque également le renouveau spirituel chrétien en Europe. Selon une étude du Centre d’Études Prospectives et d’Informations Internationales (CEPII, 2024), 38 % des Français se disent « intéressés par une quête spirituelle » en 2025, contre 29 % en 2015. Ce regain d’intérêt, notamment chez les jeunes générations, pourrait, selon Kloepfer, être une réponse à la rigidité morale du wokisme. Des initiatives comme les retraites spirituelles dans des abbayes (comme celle de Solesmes, qui a vu une augmentation de 15 % des inscriptions en 2024) témoignent de cet engouement.
Critiques et Limites de l’Analyse de Kloepfer
L’analyse de Kloepfer, bien que stimulante, n’est pas exempte de critiques. D’abord, son portrait du wokisme peut sembler caricatural. Le mouvement woke, bien qu’il puisse être dogmatique dans certains cas, a aussi permis des avancées sociales, comme la reconnaissance des discriminations systémiques. Par exemple, le mouvement #MeToo, souvent associé au wokisme, a conduit à une prise de conscience mondiale des violences sexuelles, avec une augmentation de 30 % des signalements en France entre 2017 et 2023 (Ministère de l’Intérieur, 2023).
Ensuite, Kloepfer minimise les dérives historiques du christianisme, comme l’Inquisition ou les croisades, qui ont elles aussi imposé des dogmes oppressifs. L’historien français Michel Winock, dans Le Siècle des intellectuels (1997), rappelle que l’Église catholique a souvent été un outil de pouvoir politique, ce qui nuance l’idée d’une spiritualité chrétienne toujours libératrice.
Enfin, Kloepfer ne propose pas de dialogue entre les deux visions. Certains penseurs, comme le théologien américain Richard Rohr, dans The Universal Christ (2019), estiment que le christianisme et les mouvements progressistes peuvent coexister, en combinant l’amour universel du Christ avec une justice sociale active. Kloepfer, lui, préfère une opposition frontale, ce qui limite la portée de son analyse.
Une Tension Révélatrice des Enjeux de Notre Temps
L’article de Wilfried Kloepfer met en lumière une tension profonde entre deux visions du monde : d’un côté, la spiritualité chrétienne, avec son universalisme et sa quête de transcendance ; de l’autre, le wokisme, perçu comme une nouvelle religion séculière imposant des normes morales strictes. En s’appuyant sur des références théologiques, sociologiques et culturelles, Kloepfer défend la richesse du christianisme comme une alternative aux dérives du wokisme, tout en dénonçant les divisions et la culpabilité imposées par cette idéologie.
Cependant, son analyse gagnerait à intégrer une perspective plus nuancée, qui reconnaîtrait les apports du wokisme tout en proposant un dialogue avec la spiritualité chrétienne.
Dans une société française marquée par la quête de sens et les tensions identitaires – 54 % des Français se disent « préoccupés par les divisions culturelles » selon un sondage Odoxa (2024)
cette réflexion est plus pertinente que jamais. Entre tradition et modernité, entre universalisme et identitarisme, le débat initié par Kloepfer invite à repenser les fondements spirituels et moraux de notre époque.
Samedi 17 mai 2025, Aïbo Art Auction organise une vente aux enchères en ligne exclusive dédiée à la Franc-Maçonnerie, accessible en direct via la plateforme Drouot.com. Cette deuxième édition, intitulée « Franc-Maçonnerie #2 – Exclusivement en direct sur Internet », promet d’être un événement incontournable pour les collectionneurs, historiens et passionnés d’objets maçonniques.
Avec des lots d’une rareté, d’une originalité et d’une qualité remarquables, cette vente s’annonce comme une opportunité unique de découvrir des pièces chargées d’histoire. Voici un aperçu de ce qui attend les enchérisseurs.
Une collection d’objets maçonniques rares et authentiques
La vente « Franc-Maçonnerie #2 » met en lumière une sélection soigneusement curatée d’objets issus d’anciennes collections maçonniques. Chaque lot, authentifié et expertisé par Aïbo Art Auction, témoigne de l’héritage riche et symbolique de la Franc-Maçonnerie. Parmi les pièces proposées, on trouve des objets rituels, des documents historiques, des bijoux maçonniques, des gravures, ainsi que des ouvrages rares sur l’histoire et la symbolique de cet ordre initiatique.
Quelques exemples de lots qui pourraient captiver l’attention des enchérisseurs incluent des tabliers maçonniques finement brodés, des médailles et décorations de loges historiques, ou encore des manuscrits illustrant les rituels des XVIIIe et XIXe siècles. Ces objets, souvent uniques, se distinguent par leur valeur historique et leur esthétique raffinée, offrant un voyage dans le temps au cœur des traditions maçonniques.
Originalité et diversité des lots
Ce qui rend cette vente particulièrement exceptionnelle, c’est la diversité des pièces proposées. Aïbo Art Auction a su réunir des objets provenant de différentes époques et régions, reflétant l’influence mondiale de la Franc-Maçonnerie. Des artefacts français, comme ceux liés aux premières loges portuaires de Nantes ou Brest dans les années 1730-1740, côtoient des pièces internationales, témoignant de l’expansion de l’ordre à travers le globe.
L’originalité des lots réside également dans leur caractère souvent unique. Par exemple, des assiettes commémoratives, telles que celle de la loge du Mercure datée du 29 mars 5975 (calendrier maçonnique), signée DIOTALL FW, illustrent l’artisanat d’exception propre à cet univers. De même, des ouvrages rares, comme Histoire des Francs-Maçons dans le département des Deux-Sèvres (1738-1945) de J.-C. Faugher, tiré à seulement 800 exemplaires, séduiront les bibliophiles et chercheurs.
Une qualité garantie par l’expertise d’Aïbo Art Auction
Aïbo Art Auction, opérateur de ventes aux enchères déclaré auprès du Conseil des Ventes volontaires, s’engage à offrir une expérience d’enchères irréprochable. Chaque lot est accompagné d’une description détaillée, et les objets mécaniques ou électriques, s’ils sont présents, sont proposés à titre décoratif, garantissant ainsi une transparence totale. Les enchérisseurs peuvent participer en toute confiance, sachant que les paiements en ligne sont sécurisés par Ingenico et que les transactions sont cryptées.
La vente se déroulera exclusivement en ligne, avec des options d’enchères flexibles : ordres d’achat préalables (à soumettre avant 18h le dernier jour ouvré avant la vente) ou enchères en direct via les plateformes live. Les frais facturés par ces plateformes sont à la charge de l’acquéreur, mais l’accessibilité de l’événement permet à un public international de participer.
Pourquoi ne pas manquer cette vente ?
La vente « Franc-Maçonnerie #2 » est bien plus qu’une simple enchère : c’est une plongée dans un univers fascinant où l’histoire, l’art et la symbolique se rencontrent. Les collectionneurs y trouveront des pièces introuvables ailleurs, tandis que les amateurs d’histoire pourront acquérir des objets qui racontent les grandes étapes de la Franc-Maçonnerie, de ses origines portuaires aux figures emblématiques comme le vice-amiral Pierre André de Suffren.
Lieu : En direct live sur Aïbo Art Auction via Drouot.com
Inscription et catalogue : Disponibles sur le site de Drouot
Contact : Pour toute question, écrire à [email protected]
Que vous soyez collectionneur aguerri ou simple curieux, cette vente est une invitation à découvrir des trésors rares et à célébrer l’héritage intemporel de la Franc-Maçonnerie. Préparez vos enchères et plongez dans cet univers captivant !
Grande dague de chasse maçonnique avec la poignée en argent massif (Tête de mort et les tibias entrelacés) et en bois au grade de Chevalier Kadosch. Longueur 54 cm. Fabrication Contemporaine. Bon état. Est. 300/600 €
Photo 1) et Photo 1bis Dague Franc maçonne. Fusée en corne brune torsadée. Début XIXème siècle (Très rare). Laiton, acier, cuir, corne Long. T : 32,5 cm ; Long. lame : 23 cm. Bon état. Garde constituée de quatre fémurs et crânes en laiton. Lame à double tranchant et arrête médiane, signée : « George E. ST Clair ». Fourreau en cuir bouilli à deux garnitures en laiton ciselé. George Edward Morland St Clair était un fabricant de coutellerie actif à Sheffield, en Angleterre, à la fin du XIXᵉ siècle. Né en 1861 à Bootle, près de Liverpool, il s’installe à Masbrough, près de Rotherham, où il travaille comme assistant de prêteur sur gages. En 1887, il est répertorié comme fabricant de coutellerie aux Charles Street Works à Sheffield. Cependant, en 1888, il fait faillite, et sa trace se perd par la suite.
Il est donc possible que la lame de dague signée “George E. ST Clair” provienne de cet artisan, actif durant une période relativement courte à Sheffield. Est. 600/800 €
Photo 2) Une rare bannière (Encadrée) de loge des Odd Fellows en soie de couleur bleue avec l’imagerie de la main et le cœur, la planète terre, l’épée, la hache et l’arche royale. Bon état. Est. 200/300 €
Photo 3) et Photo 3 Bis Un tablier des Odd Fellows encadré de couleur marron avec une bordure doré représentant la ruche des abeilles et l’œil omniscient Longueur 32 cm et largeur 37 cm. Très rare. Vers 1900. Bon état. Est. 200/300 €
Photo 4) et Photo 4 bis Lot de deux ferrures de porte en laiton richement décorés provenant d’un temple maçonnique. La première représentant une couronne avec une croix, les colonnes du temple de Salomon et les globes terrestres, l’inscription Anno Domini 1733, le livre sacré (Holy Bible) avec en son centre l’équerre et le compas entrelacés, l’étoile flamboyante avec un G au centre, avec au verso la référence S4111, longueur 31,50 cm et largeur 7 cm., et l’autre avec une étoile, le triangle flamboyant, l’aigle bicéphale tenant une épée et la couronne au dessus de sa tête et l’équerre sur sa poitrine. Conseil suprême du REAA (Rite Ecossais Ancien et Accepté).avec au verso la référence S4241 Longueur 33 cm et largeur 6,50 cm. Très rare. Bon état. Est. 200/500 €
Photo 5) Dague ou long poignard en acier d’Elu ou de Chevalier Kadosh (30ème degré du R.E.A.A.) 1er ou 5ème ordre du Rite Français. Première moitié du XX siècle. Lame gravée « Toye & Co London. Poignée en corne noir. Fourreau en cuir noir avec deux passants en forme d’annneaux en acier. Longeur: 35,50 cm et 39 cm dans son fourreau. Très rare. Bon état (légères traces d’oxydation sur la lame). Est. 500/1000 €
Photo 6) Une bouteille en porcelaine de couleur noire avec les vanités (deux crânes) et l’inscription VITRIOL (rare). La formule « VITRIOL », Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultam Lapidem ( « Visite l’Intérieur de la Terre et en Rectifiant tu Trouveras la Pierre Cachée » ). Empruntée aux alchimistes par les maçons, est devenue plus tard un mot-clé du cabinet de réflexion dans lequel séjourne le candidat à l’initiation. Fin 19ème siècle. Hauteur: 30 cm. Bon état. Est. 300/350 €
Photo 7) Système de serrure de porte en laiton démontée d’un temple maçonnique Américain (très rare). Vers 1900. Les poignées ont un triangle gravé. Marquages sur l’intérieur de la serrure (US Patent). Bon état. Est. 300/600 €
Photo 9) Echantillon ou modèle de cheminée pour Franc-Maçons en fonte de couleur noire comprenant de nombreux symboles de l’ordre gravée: L’échelle de Jacob, l’équerre et le compas entrelacés, le livre sacré, les colonnes du temple de Salomon, le maillet, la truelle, l’œil omniscient, la couronne…Hauteur: 29 cm et largeur: 16 cm. Epaisseur: 4 cm. Fin XIXème siècle. Bon état. Est. 300/500 €
Photo 10) Chauffe fer à repasser en acier noirci avec les symboles des Franc-Maçons: Porche du temple du roi Salomon avec à l’intérieur L’équerre et le compas entrelacés avec le G au centre et l’étoile. Gravure d’un cœur sur le manche avec l’inscription CHF. Longueur: 21 cm et largeur: 10,70 cm. Début XXIème siècle. Bon état. 50/80 €
Photo 11) Pendentif en forme de poignard d’élu au REAA (Rite Rite Ecossais Ancien & Accepté) en plaqué or avec sa boite d’origine de couleur rouge. Vers 1900. Longeur 9 cm. Rare. Bon état. Est. 400/600 €
Photo 12) et Photo 12bis Grande dague de chasse maçonnique avec la poignée en argent massif (Tête de mort et les tibias entrelacés) et en bois au grade de Chevalier Kadosch. Longueur 54 cm. Fabrication Contemporaine. Bon état. Est. 300/600 € Photo 13) Un grand bijou du 32 degrés du REAA en métal argenté et en Strass de couleur blanc et vert. Longueur 9 cm et largeur 6 cm. Très rare. Vers 1900. Bon état. Est. 30/60 €
Lundi 5 mai 2025, le Président de la République française, Emmanuel Macron, a marqué l’histoire en devenant le premier président en exercice à se rendre au siège de la Grande Loge de France (GLDF), situé rue Louis-Puteaux, dans le XVIIe arrondissement de Paris. Cette visite, relayée par des médias, s’est accompagnée d’un discours majeur sur la laïcité, à quelques mois des commémorations du 120e anniversaire de la loi de séparation des Églises et de l’État, adoptée le 9 décembre 1905. Accompagné de la ministre de la Culture, Rachida Dati, Emmanuel Macron a choisi ce cadre symbolique pour réaffirmer l’importance de la laïcité comme valeur républicaine et pour s’inscrire dans une démarche de rassemblement national.
Nous allons vous proposer une analyse approfondie des discours prononcés, d’abord, par le Grand Maître de la GLDF, Thierry Zaveroni, puissance invitante, puis par le Président Macron, des motivations politiques sous-jacentes, des raisons du choix de la GLDF plutôt que du Grand Orient de France (GODF) et du rôle de Rachida Dati lors de cette visite.
Le contexte de la visite : une première historique
Arrivée du Président Emmanuel Macron dans le Temple de la GLDF
La visite d’Emmanuel Macron à la GLDF constitue un événement sans précédent. Si le Président s’était déjà rendu au Grand Orient de France (GODF) en novembre 2023 pour célébrer son 250e anniversaire, reconnaissant ainsi le rôle de la franc-maçonnerie dans l’histoire républicaine, aucun chef d’État en exercice n’avait jusqu’alors franchi les portes de l’hôtel de la GLDF à Paris. Avec environ 32 000 membres, la GLDF est la deuxième obédience maçonnique de France, après le GODF (50 000 membres). Fondée en 1894, mais héritière d’une tradition remontant au XVIIIe siècle, la GLDF se distingue par son approche spirituelle et symbolique, centrée sur le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), qui met l’accent sur la quête intérieure et la fraternité universelle, sans aucune croyance religieuse requise ni préférence politique privilégiée.
De gauche à droite le Président de la République Emmanuel Macron, Thierry Zaveroni, la Ministre de la Culture Rachida Dati et Jacques Rozen Grand Commandeur du Suprême Conseil de France.
Cette visite intervient dans un contexte général tendu. En 2025, la France fait face à des défis internes, tels que la montée des extrêmes (le Rassemblement national est crédité de 35 % d’intentions de vote selon un sondage IFOP de mars 2025) et la crise politique post-dissolution de l’Assemblée nationale en 2024, ainsi qu’à des tensions internationales, notamment la guerre en Ukraine et les conflits au Moyen-Orient. Les débats sur la laïcité, l’antisémitisme, le racisme et l’intolérance religieuse traversent la société, rendant le choix de ce discours particulièrement significatif.
Le discours de Thierry Zaveroni : la GLDF, gardienne de la laïcité et de la fraternité
Le Grand Maître de la GLDF, Thierry Zaveroni, a ouvert la cérémonie par un discours solennel, marquant l’importance historique de la visite d’un président de la République. Cet événement constitue un indéniable succès pour Thierry Zaveroni, qui couronne ainsi sa fin de mandat, la marquant d’un jalon inédit dans l’histoire de l’Obédience. Son intervention a mis en lumière le rôle de la GLDF comme espace de réflexion spirituelle et comme garante des valeurs républicaines.
Geoffroy Boulard Maire du 17e à Paris
Le Grand Maître Zaveroni a, d’emblée, souligné le caractère exceptionnel de cette visite, la présentant comme une reconnaissance des contributions de la GLDF à la société française depuis sa fondation. Il a souligné l’engagement de l’Obédience en faveur de la laïcité, consacrée par la loi de 1905, qu’il a décrite comme un principe permettant de conjuguer liberté de conscience et cohésion sociale. En écho à l’approche adogmatique de la GLDF, qui fait référence à un « Grand Architecte de l’Univers », dans le plein respect de la diversité des croyances et des convictions, Thierry Zaveroni a rappelé le rôle de paix de la laïcité dans la cité, aidant à fédérer les citoyens par-delà leurs différences voire leurs divergences.
Le Grand Maître a également mis en avant la fraternité, valeur centrale de la franc-maçonnerie, comme antidote aux fractures sociales contemporaines. Il a évoqué la capacité de la GLDF à réunir des individus d’horizons variés pour réfléchir collectivement à l’amélioration de la société, faisant des loges autant de « laboratoires de la République », selon une formule souvent associée à la franc-maçonnerie. Il a fait référence à des figures historiques de la GLDF, comme Hubert Germain (Compagnon de la Libération) ou Arnaud Beltrame (initié à la GLDF et catholique pratiquant – NDLR), personnalités qui ont illustré l’engagement patriotique et humaniste de l’obédience.
De gauche à droite : Emmanuel Macron, Président de la République ; Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France ; Rachida Dati , Ministre de la Culture, et Jacques Rozen, Grand Commandeur du Suprême Conseil de France.
Enfin, Thierry Zaveroni n’a pas manqué d’exprimer sa gratitude envers le Président Macron pour avoir choisi la GLDF comme plateforme de dialogue, dont il mesure implicitement combien cette visite renforce la voix de la GLDF dans le paysage maçonnique français comme dans l’opinion publique. Son discours, agréablement rythmé et prononcé avec clarté, dans le Temple Pierre-Brossolette, est resté empreint d’une fierté d’appartenance unissant l’Obédience à la République entière dans un même appel à l’universalisme, à l’écart de toutes prises de positions partisanes, dans cette fidélité à un humanisme et à une spiritualité sans dogme, selon la tradition propre à la GLDF.
Le discours d’Emmanuel Macron : la laïcité, un pilier intemporel de la République
La loi de 1905 n’est pas un édit de tolérance mais une loi de liberté. Ainsi, chacune et chacun peut se reconnaître en République. pic.twitter.com/2Zxi128OVh
Le discours d’Emmanuel Macron, prononcé le 5 mai 2025, s’est articulé autour de la laïcité, présentée comme un pilier intemporel de la République et une « loi de liberté ». Selon l’Élysée, le président a cherché à s’inscrire dans la lignée des pères fondateurs de la loi de 1905, tel Aristide Briand, en insistant sur l’esprit de liberté et de cohésion nationale qu’elle incarne. Dans un contexte où la laïcité est parfois instrumentalisée dans les débats politiques, Emmanuel Macron a réaffirmé son rôle comme outil d’unité, protégeant la liberté de conscience et la neutralité de l’État, tout en garantissant la pratique des cultes.
Emmanuel Macron a défini la laïcité comme une valeur ancienne, actuelle et future, ancrée dans la loi de 1905, qui repose sur le respect de l’autre dans la diversité de ses croyances et convictions.
« cette loi n’a pas 120 ans : elle est d’hier, elle est d’aujourd’hui, elle est plus que jamais de demain car elle est empreinte de cette force toujours vive, celle des hommes et des femmes de bonne volonté, sans autre distinction. »
Il y a donc une pérennité de la laïcité à laquelle il faut veiller, en mesure alors de répondre aux défis contemporains tout en s’enracinant dans l’histoire républicaine. Il a insisté sur sa fonction de garantie de la liberté de conscience et d’expression, permettant aux citoyens de croire ou de ne pas croire sans crainte de discrimination.
Le Président a également mis en garde contre les luttes fratricides que pourrait engendrer l’imposition de croyances particulières. Il a appelé les citoyens à cohabiter dans leurs différences, une cohabitation qui, loin de nier les divergences, les transcende pour donner un « élan supplémentaire à la fraternité ». Cette idée de fraternité, valeur maçonnique par excellence, a été au cœur de son discours. Emmanuel Macron a souligné que la fraternité implique la neutralité de l’État, mais pas celle des citoyens, qui conservent leurs visions propres. Cette distinction est cruciale : elle répond aux critiques de ceux qui accusent la laïcité d’être un outil d’uniformisation et affirme qu’elle protège la diversité des convictions, tout en assurant l’impartialité des institutions publiques.
Emmanuel Macron a notamment relevé « une raison de [sa] présence ici, dans cette Grande Loge qui se trouve aussi, je le crois, par rapport aux autres obédiences, dans une place particulière, peut-être pétrie dans cet esprit de liberté que j’évoquais… » Puis, il a élargi son propos à la Franc-Maçonnerie toute entière, rappelant que :
« Le dialogue entre la république et la franc-maçonnerie est une conversation, si je puis dire, polie par des siècles de combats, par la communion de pensée et par une connivence qui n’a rien d’un complot. »
Une assemblée nombreuse de maçons et de profanes
Cette image de « laboratoire de la République » à laquelle renvoie la Loge fait écho à son discours de 2023 au GODF, où il avait qualifié la franc-maçonnerie d’espace de dialogue démocratique. À la GLDF, il a adapté son propos à l’approche spirituelle de l’Obédience, louant sa capacité à réunir des individus aux croyances variées pour travailler à des idéaux communs, comme la justice sociale et l’humanisme.
Ensemble vocal Vox hominis de la GLDF
Le Président a également abordé les défis contemporains, notamment la montée de l’antisémitisme et de l’intolérance religieuse. Comme le rapportent des posts sur les réseaux sociaux, il a réitéré que « s’en prendre à un juif, c’est toujours chercher à atteindre la République », un message fort dans un contexte de recrudescence des actes antisémites. Il a appelé les Francs-maçons à être des « vigies » de la laïcité, les invitant à défendre ce principe contre les dérives extrémistes, qu’elles viennent de la droite identitaire ou de mouvements religieux radicaux. Cette injonction s’inscrit dans une volonté de mobiliser les réseaux maçonniques, influents mais discrets, pour contrer les discours de division.
Enfin, Emmanuel Macron a contextualisé son discours dans la préparation des commémorations du 120e anniversaire de la loi de 1905, prévues en décembre 2025. En choisissant la GLDF, il a posé un jalon symbolique pour ces célébrations, ancrant son action dans une institution qui a historiquement soutenu les idéaux républicains.
Motivations politiques : rassembler et réaffirmer l’unité républicaine
Les motivations politiques de cette visite sont multiples et s’inscrivent dans une stratégie globale visant à consolider l’image de «rassembleur» du Président, à un moment critique de son second mandat. Voici quelques éclairages sur des enjeux sous-jacents :
Réaffirmer la laïcité face aux tensions sociales : En 2025, la France est confrontée à une montée des extrêmes, notamment du Rassemblement national (RN). Macron, critiqué par la gauche pour son discours de 2018 devant la Conférence des évêques, où il évoquait la nécessité de « réparer » le lien entre l’Église et l’État, cherche à clarifier sa vision d’une laïcité « apaisée » et inclusive. La GLDF, par son approche non dogmatique et spirituelle, offre un cadre idéal pour ce message, évitant les connotations plus politiques du GODF, souvent perçu comme engagé à gauche.
Dialoguer avec une institution influente : La Franc-maçonnerie, avec environ 180 000 membres en France, reste une force discrète mais influente, regroupant en partie des élites intellectuelles, politiques et économiques. Macron, qui s’était exprimé au GODF en 2016 comme ministre de l’Économie, cherche à maintenir un dialogue avec ces réseaux. Cette visite renforce son image de Président ouvert à tous les courants de pensée, tout en reconnaissant la contribution historique de la Franc-maçonnerie à la République.
Préparer les commémorations de 1905 : Cette visite s’inscrit dans la préparation des commémorations du 120e anniversaire de la loi de 1905. En choisissant la GLDF, Macron pose un jalon symbolique pour ces célébrations, enracinant son discours dans une institution qui a soutenu les idéaux républicains et la laïcité, depuis des décennies.
Consolider son image de « rassembleur » : Après une année 2024 marquée par la dissolution de l’Assemblée nationale et la perte de sa majorité, Macron a appelé, dans ses vœux du 31 décembre 2024, à un « ressaisissement collectif » pour 2025. Sa tournée dans l’océan Indien (Mayotte, La Réunion) et cette visite à la GLDF s’inscrivent dans une logique de reconnexion avec les territoires et les institutions qui incarnent les valeurs républicaines. En dialoguant avec la GLDF, il cherche à transcender les clivages politiques et à renforcer son rôle de garant de l’unité nationale.
Pourquoi la GLDF plutôt que le GODF ?
Le choix de la GLDF plutôt que du GODF, où Macron s’était rendu en 2023, est significatif et reflète des considérations stratégiques :
Une approche spirituelle et moins politisée : La GLDF se distingue du GODF par son caractère plus introspectif et spirituel. Contrairement au GODF, qui s’engage publiquement sur des questions sociétales (fin de vie, laïcité, égalité) et est perçu comme un courant de gauche, la GLDF privilégie le travail symbolique et initiatique, centré sur la quête de sens et la réflexion philosophique. Ce positionnement adogmatique correspond à la volonté de Macron de promouvoir une laïcité « apaisée », à l’écart des débats partisans.
Un geste d’ouverture à une obédience influente mais discrète : La GLDF, bien que moins médiatisée que le GODF, jouit d’une influence notable grâce à ses 32 000 membres et à son ancrage dans les élites. En visitant la GLDF, Macron reconnaît son rôle historique dans la défense des idéaux républicains, tout en diversifiant ses interlocuteurs maçonniques.
Éviter les tensions avec le GODF : Le GODF a parfois exprimé des critiques à l’égard de Macron, notamment en 2021, lorsque son Grand Maître, Georges Sérignac, a déploré l’absence de commémoration des 150 ans de la Commune de Paris. La visite de 2023 avait servi à apaiser ces tensions, mais choisir la GLDF en 2025 permet à Macron d’éviter de raviver d’éventuels différends, tout en s’adressant à une obédience perçue comme plus neutre politiquement.
Un symbole inédit : La GLDF n’ayant jamais accueilli de Président de la République en exercice, cette visite marque un moment historique et renforce l’impact symbolique du discours de Macron. Elle contraste avec les visites plus fréquentes au GODF (Émile Loubet en 1899-1906, François Hollande en 2017, Macron en 2023), l’obédience de la rue Cadet n’apparaissant plus comme le leader de la franc-maçonnerie française, la maçonnerie française étant constituée d’offres indépendantes.
Pourquoi Rachida Dati était-elle présente ?
La présence de Rachida Dati, ministre de la Culture, n’est pas anodine et peut être analysée sous plusieurs angles :
Un rôle institutionnel lié à la Culture : En tant que ministre de la Culture, Rachida Dati a une place légitime lors d’événements liés au patrimoine et aux institutions historiques comme la franc-maçonnerie. Sa présence aux côtés de Macron, notamment à l’occasion de manifestations culturels comme le Festival du Livre de Paris en avril 2025, montre son implication dans les initiatives présidentielles visant à promouvoir les valeurs républicaines.
Un signal politique à la droite : Figure des Républicains et ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, Rachida Dati incarne un pont entre le macronisme et la droite républicaine. Sa présence à la GLDF, perçue comme marquée ni à droite ni à gauche à l’instar du GODF, peut être interprétée comme un geste d’ouverture envers ce type d’électorat, dans un contexte où Macron cherche à élargir sa base politique face à la montée du RN.
Une alliée fidèle dans un moment clé : Maire du VIIe arrondissement de Paris et personnalité médiatique, Rachida Dati est une alliée stratégique pour Macron. Sa présence renforce l’image d’un exécutif uni autour des valeurs républicaines, tout en donnant une visibilité supplémentaire à l’événement. Elle incarne également une forme de diversité (femme issue de l’immigration), alignée avec le discours de Macron sur une laïcité inclusive.
Décodage politique : un acte symbolique aux multiples facettes
La visite d’Emmanuel Macron à la GLDF est bien plus qu’un simple discours sur la laïcité. Elle s’inscrit dans une stratégie politique complexe, visant à répondre aux défis de 2025 tout en préparant l’héritage de son mandat :
Réponse aux critiques sur la laïcité : Critiqué par la gauche pour ses propos de 2018 sur le lien entre l’Église et l’État, Macron cherche à réaffirmer son attachement à une laïcité « de liberté », tout en évitant les controverses associées au GODF, plus engagé sur les questions sociétales.
Contrebalancer la montée des extrêmes : Face à la popularité croissante du RN, Macron utilise la laïcité comme un rempart contre les discours identitaires et xénophobes. En choisissant la GLDF, il s’adresse à une audience plus large, incluant des cercles libéraux et conservateurs, tout en promouvant une vision universaliste de la République.
Préparer l’après-2027 : À deux ans de la fin de son mandat, Macron cherche à consolider son image de président réformateur et unificateur. Cette visite, couplée aux commémorations de 1905, vise à ancrer son action dans une continuité historique, en le positionnant comme un garant des valeurs républicaines face aux crises futures.
Dialogue avec les élites maçonniques : La franc-maçonnerie reste un espace d’influence. En dialoguant avec la GLDF, Macron renforce ses liens avec ces réseaux, tout en envoyant un message de reconnaissance à une institution qui a façonné la République.
Conclusion
La visite d’Emmanuel Macron à la Grande Loge de France le 5 mai 2025, accompagné de Rachida Dati, est un moment historique aux implications politiques profondes. Les discours de Thierry Zaveroni et d’Emmanuel Macron ont célébré la laïcité comme une « loi de liberté », capable de fédérer les citoyens dans leurs différences. Thierry Zaveroni a mis en avant le rôle de la GLDF comme gardienne des valeurs républicaines, tandis que le Président de la République a appelé à une laïcité apaisée, incarnée par la fraternité et le dialogue, face aux défis de l’antisémitisme et des extrémismes.
Le choix de la GLDF, par son caractère spirituel et moins politisé que le GODF, reflète une volonté d’élargir le dialogue et d’éviter les controverses partisanes. La présence de Rachida Dati renforce l’impact de cette visite, envoyant un signal d’ouverture à la droite républicaine.
Cette initiative, saluée par la GLDF comme un symbole de dialogue entre l’État et la Franc-maçonnerie, s’inscrit dans une stratégie globale d’Emmanuel Macron pour atténuer les tensions qui continuent de miner le pays en 2025, dans la volonté de consolider son héritage.
Comme l’a résumé un post des réseaux sociaux, « la rue Louis-Puteaux sera le théâtre d’un moment historique », non seulement pour la Franc-maçonnerie, mais pour la République toute entière.
Lors de l’initiation maçonnique au degré d’Apprenti, (1) trois principes clés du Grand Œuvre alchimique, le « mercure« , le « soufre« , et le « sel » figurent parmi les premiers symboles découverts par les récipiendaires dans le Cabinet de réflexion, appelés à réapparaître sous différentes formes lors du Grand Œuvre. On les rencontre dans les ouvrages des « Enfants d’Hermès » (les alchimistes) où est conté le combat des « deux natures », (2) dont l’une est appelée le « fixe« , l’autre le « volatil« .
Maison dite de Nicolas Flamel
Ce combat est pour Nicolas Flamel celui d’un dragon ailé et d’un dragon sans aile, qu’il appelle le « mâle » et la « femelle« , pour Avicenne celui de la chienne de Corassène et du chien d’Arménie, et pour Cyrano de Bergerac celui de la Salamandre et de la Remore. Plus couramment, ces deux protagonistes sont connus sous les noms du « mercure » et du « soufre« , quoique le premier n’ait pas plus de rapport avec le métal des thermomètres que le second n’en a avec le soufre des allumettes.
Le nom même de l’Art d’Hermès montre que la primauté a toujours été accordée au « mercure« , qui est censé se présenter le premier dans le déroulement du processus opératoire où son rôle de femelle et de mère l’a fait considérer comme la vraie matière et le « vase » de l’œuvre. Le « mercure » correspond aussi au chemin et au voyageur qui chemine, et le soufre au moteur qui anime le voyageur et au but du voyage.
« Le soufre philosophique considéré comme le dieu et l’animateur du Grand Œuvre révèle par ses actions une énergie formatrice comparable à celle de l’Esprit divin«
(Fulcanelli, Les Demeures Philosophales)
Tandis que le symbolisme du mercure évoque souvent la volatilité de l’air et la passivité des eaux, le soufre entraîne parmi son cortège d’images celles où dominent la fixité de la semence, de la terre, et de l’activité du feu.
Le troisième élément, le sel, est le substrat des deux premiers. « Un certain sel central, principe radical de toutes les choses, est le premier corps dont se revêt l’esprit universel et contient en soi les autres principes. Il est appelé sel hermétique à cause d’Hermès qui en a, dit-on, parlé le premier, mais on peut légitimement l’appeler sel hermaphrodite, parce qu’il participe de toutes les natures. » (Nicolas Lémery, Cours de chymie) Ce principe essentiel de toutes choses, visible et pondérable, constitue la manifestation sensible de l’assemblage des deux natures, que les chimistes nomment fixe et volatile mais qu’à aucun moment on ne saurait trouver dans la réalité séparées l’une de l’autre. René Alleau souligne que « le sel n’est pas un principe mais une conséquence de l’union du soufre et du mercure … le rôle du sel consiste à maintenir entre l’action sulfureuse et la passion mercurielle un constant équilibre comparable à celui que réalisent les mouvements de la marche humaine où alternent et se succèdent les appuis et les phases de suspension. »
La première chose à rechercher par les alchimistes au commencement de leur Grand Œuvre est la « matière première« , leur « sujet » auquel ils ont donné quantité de noms tels mercure, arsenic, or, antimoine, plomb, y compris celui sous lequel il est désigné par les minéralogistes, la « stibine » sous sa forme brute, le « stibium » du Chevalier du Soleil, 28è degré du REAA. Mais cette matière doit aussi être éligible, c’est-à-dire recevoir l’empreinte de l’esprit. René Alleau a beaucoup insisté sur cette prédisposition de l’esprit sans laquelle aucun résultat d’ordre opératif ne saurait être obtenu. Quoique dure et sèche, la matière première doit être susceptible de s’amollir pour accepter cette empreinte spirituelle transmise par l’alchimiste et devenir à la fois matière et esprit.
Ces conditions étant réunies,
« La matière première du Grand Œuvre, noire mais belle, commune, sans valeur, peut être trouvée en tout temps et en tout lieu chez toutes les personnes (alchimistes d’esprit), contient tout ce qu’il faut pour accomplir l’ouvrage. Le Chaos métallique produit des mains de la Nature contient en soi tous les métaux et n’est point métal. » (Le Psautier d’Hermophile à Philalèthe, Pierre Jean Joubert de la Salette) « Ainsi Ce chaos devenu corps contient confusément la plus pure semence et la plus proche substance qu’il y ait des minéraux et des métaux. »
(Fulcanelli, Les Demeures Philosophales)
(3) On voit souvent, dans l’iconographie alchimique, cette substance indiquée sous l’image d’un dragon noir couvert d’écailles et crachant des flammes.
Cet antimoine, est un élément chimique semi-métallique souvent allié au plomb, présent dans de nombreux minéraux, sous forme d’oxydes ou de sulfures. (4) D’aspect blanc argenté et cassant, il présente des propriétés intermédiaires entre celles des métaux et des non-métaux. C’est Pline l’Ancien qui aurait désigné le sulfure d’antimoine du nom latin de « stibium« , (5) en opérant une distinction entre la forme mâle, la stibine, et la forme femelle, décrite comme supérieure, plus lourde, et moins friable, l’antimoine métallique trouvé à l’état naturel. Appelé « mesdemet » dans l’Égypte antique, l’antimoine était utilisé par les deux sexes et par toutes les classes sociales comme un fard à paupières pour protéger des rayons ardents et aveuglants du soleil et faire paraître les yeux plus larges.
Une étymologie du terme « antimoine » propose le terme grec « antimonos« , littéralement « contre un« , se référant au fait que l’antimoine ne se trouve à l’état naturel qu’en tant qu’alliage, en particulier ici aux sept métaux entourant le soleil du Tableau de Loge du Chevalier du Soleil. La préposition « anti » signifiant également « en face de » induit ici le sens de « en face de l’un« , « en face du soleil« , le Soleil représentant l’unité de l’Être Suprême, l’unique et seule matière du Grand Œuvre de philosophie. Les Égyptiens illustraient le regard fixant le soleil par l’oudja, l’œil solaire, l’un des emblèmes maçonniques représenté dès le premier degré au centre d’un triangle à l’Orient des Temples, et figurant sur le bijou du Chevalier du Soleil dans un triangle radieux en or. C’est aussi l’œil de l’Aigle, car lui seul peut fixer sans crainte le soleil et déclencher (c’est-à-dire lever la clenche, le petit levier substitué à la clé) sous l’effet du feu la volatilisation progressive de cette « materia prima« , cet antimoine, dit le rituel du degré, principal élément de toute chose d’où l’on tire l’Alkaes, l’Œuvre des philosophes.
C’est dans cet état d’esprit que les Maçonnes et Maçons en quête de lumière travaillent à la gloire du Grand Architecte de l’univers. La gloire qui est un halo de lumière apparaissant dans un nuage de gouttelettes d’eau, symbole dans la cabale juive d’un voile dissimulant en son sein la lumière de Dieu, est réduite en maçonnerie à une acclamation, presque à une invocation. Comme tous les symboles de lumière du temple maçonnique, la gloire éclaire régulièrement l’esprit et l’âme des Maçons au travail durant leurs voyages intérieurs, leurs paroles et leurs silences entre le Sud et le Nord, et entre l’Orient où rayonne le delta et l’Occident où s’élèvent les deux colonnes d’un H, Jakin et Boaz.
« La lettre H, ou du moins le caractère graphique qui lui est apparenté, a été choisi par les philosophes pour désigner l’esprit, âme universelle des choses, ou ce principe actif et tout-puissant que l’on reconnaît être, dans la nature, en perpétuel mouvement, en agissante vibration. (6) C’est sur la forme de la lettre H que les constructeurs du moyen âge ont édifié les façades des cathédrales, temples glorificateurs de l’esprit divin, magnifiques interprètes des aspirations de l’âme humaine dans son essor vers le Créateur. Ce caractère correspond à l’êta (H), septième lettre de l’alphabet grec, initiale du verbe solaire, demeure de l’esprit, astre dispensateur de la lumière : « Ἥλιος, soleil ». C’est aussi le chef du prophète Elie, en grec Ἠλἰας, solaire, que les Écritures disent être monté au ciel, tel un pur esprit, dans un char de lumière et de feu. C’est encore le centre et le cœur de l’un des monogrammes du Christ : IHS, abréviation de Iesus Hominum Salvator, Jésus Sauveur des Hommes » …
« C’est enfin l’indication du premier échelon de l’échelle des sages, « scala philosophorum », de la connaissance acquise de l’agent hermétique, promoteur mystérieux des transformations de la nature minérale, et celle du secret retrouvé de la « Parole perdue ». Cet agent était jadis désigné, entre les Adeptes, sous l’épithète d’aimant ou d’attractif. Le corps chargé de cet aimant s’appelait lui-même Magnésie, et c’est lui, ce corps, qui servait d’intermédiaire entre le ciel et la terre, se nourrissant des influences astrales, ou dynamisme céleste, qu’il transmettait à la substance passive, en les attirant à la manière d’un aimant véritable. » (Fulcanelli, Les Demeures Philosophales)
La Pierre, objet de la quête des alchimistes, est présente depuis le début et durant tout le déroulement des travaux du Grand Œuvre, dont le secret consiste à la faire passer de puissance en acte. Les alchimistes distinguent la « Pierre des philosophes » de la (7) « Pierre philosophale« , la première désignant la matière de l’Œuvre, la seconde l’Œuvre accomplie dans sa perfection. Cependant, la Pierre des philosophes et la Pierre philosophale sont de même nature et dans le même rapport entre elles qu’un fruit vert et un fruit mûr. C’est l’assidité agressive et pernicieuse du raisin vert qui doit être détruite et transformée, par l’action équilibrée des rayons solaires, en liqueur généreuse et sucrée dont se font les grands vins.
Un œil en or, rayonnant . Œil de chat , soleil.
L’origine cosmique de ces rayons solaires est ce différencie la chimie de l’alchimie. Parti du centre de l’univers, ce rayonnement est proprement le Verbe du commencement des temps, la Parole créatrice dont l’activité créatrice n’a jamais cessé de s’exercer pour présider à l’origine de toute production naturelle. Là repose un secret dont la révélation fut appelée par les Adeptes le « Don de Dieu », véritable animateur de la matière inerte à laquelle il transmet force et vie en s’y incarnant. De là lui vient son nom de « osée », tiré directement du grec « rosis », force. Les travaux du premier œuvre consistent justement à fabriquer un « filet » ou un « aimant » capable d’attirer cet agent et de le retenir…
« Cet ingénieux artifice est figuré (8) sur la quatrième planche du Mutus Liber (Livre muet d’auteur inconnu) par cinq toiles tendues sur des piquets fichés en terre pour recevoir cet esprit ou cette eau dont elles se gorgent et dont nous voyons un homme et une femme effectuer, par torsion d’un linge, l’abondante récolte. Ces toiles occupent exactement la place du « pavé mosaïque » au centre de la « loge d’apprenti » au premier degré de la « Franc-Maçonnerie Écossaise ». Les premières recueillent la rosée de mai ou la fleur du ciel, l’agent et le moteur de l’Œuvre. Le second reçoit la lumière de l’Orient, et l’incarne dans le tissage de ses carreaux, dont les couleurs noir et blanc sont précisément celles du mercure des philosophes. Notons que la torsion du linge par laquelle l’homme et la femme extraient le précieux liquide n’est pas sans rappeler la tension crée entre les deux colonnes du temple. L’homme et la femme symbolisent ensemble l’égrégore de la loge, qui peut être défini comme un groupe humain doté d’une personnalité différente de celle des indivividus qui le composent. L’égrégore le plus simple en Alchimie étant le Rebis, la chose double, le Mercure philosophique ou la Pierre, qui se réalise par l’union, sous l’influence d’une intense action énergétique, du mâle appelé soufre ou Soleil et de la femelle, mercure ou Lune. » (Eugène Canseliet, L’Alchimie et son livre muet)
Les alchimistes parlent de réductions successives pour illustrer les phases de transformations et transmutations régulières des métaux durant l’Œuvre au blanc, comme les Maçons géomètres parlent de leurs travaux réguliers, c’est-à-dire à la fois périodiques dans le temps et réguliers selon la règle, une régularité nécessaire à leur perfectionnement symbolique par degrés.
(9) Les Maçons se réfèrent à Tubalcaïn, l’ancêtre des forgerons du fer et de l’airain, pour travailler des métaux que les alchimistes transforment dans un ordre précis symbolisé par les planètes et les couleurs de l’œuvre : le plomb, Saturne et le noir, puis l’étain, Jupiter et le gris, puis l’argent, la Lune et le blanc, puis le cuivre, Vénus et le jaune-rougeâtre, puis le fer, mars et la rouille, et enfin l’or, le Soleil et le pourpre. La couleur pourpre culmine dans l’Œuvre au blanc et précède l’Œuvre au rouge, comme elle préfigure dans le R.E.A.A. et d’autres Rites le passage des degrés de Perfection à ceux du Chapitre.
Dom Pernety définit ainsi la réduction dans son Dictionnaire Mytho-Hermétique : rétrogradation(s) d’une chose parvenue à un certain degré de perfection, à un degré qui l’est moins, comme si avec du pain on faisait du grain de froment. Ainsi la réduction des métaux en leur première matière, si recommandée par les Philosophes (autre nom des alchimistes), est la rétrogradation des métaux philosophiques, et non vulgaires, en leur propre semence, c’est-à-dire en mercure hermétique. Cette réduction s’appelle aussi « réincrudation », et se fait par la dissolution du fixe par le volatil de sa propre nature, et duquel il a été fait… Volatil est dit de ce qui vole, qui s’élève en haut, qui se sublime au haut du vase dans la distillation, ou qui s’évapore par l’action du feu commun, ou du feu inné dans la matière, cause de la fermentation. On dit volatil par comparaison avec les oiseaux…
(10) « Les Philosophes ont pris assez ordinairement les oiseaux pour symboles des parties volatiles de la matière du grand œuvre, et ont donné divers noms d’oiseaux à leur mercure ; tantôt c’est un aigle, tantôt un corbeau, un cygne, un paon, un phénix, un pélican (symboles maçonniques des Rites à différents degrés, du R.E.A.A. en particulier) ; et tous ces noms conviennent à la matière de l’Art, suivant les différences de couleur ou d’état qu’elle éprouve dans le cours des opérations… Quand les Philosophes ont voulu désigner la volatilité et l’action du mercure dissolvant sur la partie fixe, ils l’ont appelé aigle, vautour, parce que ce sont des oiseaux forts et carnassiers … C’est l’aigle qui doit combattre le lion, suivant Basile Valentin et les autres Adeptes. La putréfaction est exprimée par ce combat, auquel succède la mort de ces deux adversaires. La noirceur étant une suite de la putréfaction, ils ont dit que des deux corps des deux combattants il naissait un corbeau ; tant parce que cet oiseau est noir, que parce qu’il se repaît des corps morts. A la noirceur succèdent les couleurs variées de l’arc-en-ciel. On a dit en conséquence que le corbeau était changé en un cygne, un paon, à cause des mêmes couleurs qui se font admirer sur la queue de cet animal. Vient ensuite la blancheur, qui ne pouvait être mieux exprimée que par le cygne. La rougeur de pavot qui succède, a donné lieu d’imaginer le phénix, qu’on dit être rouge, parce que son nom même exprime cette couleur (du grec ancien φοῖνιξ, phoînix, pourpre). » ( Dom Pernety en 1758 dans son Dictionnaire Mytho-Hermétique)
(11) De même, les natures volatile et fixe des Francs-Maçons alchimistes, symbolisées par deux triangles pointes en haut et pointe en bas, dissociées d’abord l’une et l’autre dans le chaos primitif de l’œuvre au noir, s’affrontent en combats réguliers dans l’œuvre au blanc avant de faire alliance et superposer symboliquement leurs deux triangles en formant un hexagramme aux noms divers : étoile de David, sceau de Salomon, talisman de Saturne. Cette étoile en deux dimensions est surtout le symbole d’un cristal en trois dimensions, composé de deux tétraèdres imbriqués parfaitement l’un dans l’autre, le « merkaba » des traditions égyptienne, juive et tibétaine. Avec le merkaba, c’est tout un état d’être, de connaissance et de conscience, qui investit l’initié(e) en lui conférant un degré de plénitude et de bien-être inégalé, embrassant et embrasant sa vie temporelle et spirituelle dans une perception et une aperception holistique.
L’Alchimie, Paracelse et Hippolyte Baraduc…
Le chemin parcouru depuis le premier degré des Rites maçonniques peut ainsi s’éclairer d’un jour nouveau, et donner un sens renouvelé, non seulement aux symboles, mais à la méthode de transmission des connaissances par les questions-réponses des livrets remis aux Maçons durant leur parcours. Car les rayonnements de l’initié(e)-merkaba débordent largement du cercle du Maître, et ses rayons de conscience peuvent interroger toute la Nature qui lui répond, ses connaissances passant ainsi des jeux des questions-réponses symboliques et élémentaires, aux connaissances acquises méritées et aux prises de conscience d’un être responsable de sa destinée, s’interrogeant lui-même pour bien « se conduire » soi-même, aux sens physique, moral, mental et spirituel de ce verbe.
Le travail sur la Pierre des Maçons géomètres prépare ainsi la naissance de la Pierre des Maçons alchimistes et au succès de l’Œuvre Hermétique, tandis qu’à l’inverse le regard de l’alchimiste inspire aussi les tracés du géomètre. Dans les deux cas les Maçons travaillent également à se transformer eux-mêmes, à se perfectionner pour accompagner en conscience l’œuvre en cours, non seulement en donnant le meilleur d’eux-mêmes, mais en se projetant véritablement en esprit dans l’œuvre en cours. Ils donnent ensemble une saveur particulière à leur vie, un « parfum » subtil de joie à leur raison d’être, quand s’éclairent mutuellement les réalisations du géomètre et l’œuvre de l’alchimiste.
En présence des autorités syndicales, politiques et maçonniques, la Grande Loge du Chili et la Fondation Moisés Poblete Troncoso ont organisé une cérémonie solennelle en l’honneur du Frère Emilio Morgado Valenzuela, éminent avocat du travail, universitaire et ancien fonctionnaire de l’Organisation internationale du travail (OIT), dont la carrière a laissé des traces tant au Chili qu’à l’étranger.
La cérémonie a eu lieu au siège de la Grande Loge du Chili à l’occasion de la Fête du Travail. « Un universitaire, un homme de paix, un grand franc-maçon », a déclaré Sebastián Jans Pérez, Grand Maître de la Grande Loge du Chili. Dans son discours, il a rappelé la préoccupation constante du lauréat pour le renforcement des droits collectifs du travail et la promotion de réformes garantissant les droits des travailleurs dans des contextes de transformation sociale. « À chaque fois qu’il venait au Chili, il me rendait visite et m’apportait un livre en cadeau. Il avait toujours des commentaires sur l’évolution du droit du travail. Même pendant les mois du processus constituant, il a publié un livre contenant des propositions importantes que nous avons présentées à divers électeurs », a raconté le Grand Maître. Il a ajouté : « Des personnalités comme Emilio Morgado fournissent une éducation qui n’est pas seulement technique, mais aussi éthique et nécessaire à notre vie publique. »
« Don Emilio Morgado était un juriste exemplaire, un brillant universitaire et un franc-maçon engagé, dont la vie a été consacrée aux droits des travailleurs et aux principes de liberté, d’égalité et de fraternité », a déclaré Eduardo Saavedra Torres, président de la Fondation Moisés Poblete Troncoso. Il a également souligné sa carrière de professeur de droit du travail à l’Université du Chili, son passage à l’Université Cornell et son doctorat honorifique de l’Université de Bordeaux. Il a souligné son passage à l’Organisation internationale du travail (OIT), en tant que directeur régional pour l’Amérique latine, et a participé activement à des organisations telles que l’OEA, la CEPALC et l’Organisation ibéro-américaine de sécurité sociale.
Il a également souligné son travail dans le domaine maçonnique, notant qu’il a rejoint la Loge Cóndor n° 9 en 1962 et a atteint les plus hauts degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté, étant couronné Grand Inspecteur Général Degré 33 en 2017. Il a occupé divers postes au sein de la Grande Loge du Chili, notamment celui de Premier Grand Vice-Président et de Président du Tribunal d’Éthique.
Son héritage est resté dans les mémoires comme « impossible à résumer en quelques minutes », a déclaré le directeur de l’OIT pour le Cône Sud, Fabio Bertraneau, qui a ajouté : « Son grand héritage en tant qu’universitaire, en tant que fonctionnaire international, mais fondamentalement en tant que personne chaleureuse et généreuse, continue de marquer ceux d’entre nous qui œuvrent pour la justice sociale. »
Emilio Morgado Valenzuela, récemment décédé à Lima, au Pérou, a écrit plus de 120 publications. Parmi ses contributions les plus récentes, se distingue l’ouvrage « Le droit collectif du travail au Chili. Sa relation avec le droit international du travail et les droits de l’homme », publié par Ediciones Occidente en 2021.
Au cours de l’hommage, des distinctions ont également été décernées à des personnalités éminentes du mouvement ouvrier chilien. Raúl de la Puente Peña, ancien président de l’Association nationale des employés fiscaux (ANEF), a reçu la médaille « Grand Maître Sótero del Río Gundian » pour ses deux décennies de carrière à la tête du syndicat. La même distinction a été décernée à l’avocat Rodolfo Caballero Muñoz pour sa contribution à la formation en droit du travail et à la réforme procédurale au Chili et dans d’autres pays. La médaille est décernée par la Grande Loge du Chili par accord du Conseil de la même institution.
De même, des Diplômes d’Honneur pour le Mérite Syndical ont été décernés aux dirigeants syndicaux Arturo Martínez Molina et Carlos Díaz Marchant, en reconnaissance de leur engagement dans la défense des droits du travail.
Dans son discours, au nom des personnes honorées, le leader De la Puente s’est adressé aux personnes présentes avec des mots émouvants, rappelant son passage dans le mouvement syndical et soulignant la valeur de cette distinction :
« C’est un jour très heureux pour moi. Et le bonheur, pour moi, c’est de donner du sens à ce qui m’a rendu heureux : pouvoir apporter ma contribution aux travailleurs, en l’occurrence aux procureurs », a-t-il déclaré. Visiblement ému, il a ajouté : « Je reviens après une longue maladie de trois ans. Aujourd’hui, j’ai pu chanter l’hymne national avec vous pour la première fois et m’exprimer brièvement, car je suis encore en convalescence. » L’ancien dirigeant a également souligné la fraternité qu’il a trouvée dans l’institution maçonnique, notant : « J’ai pu voir comment ils suivent ses enseignements afin de devenir de meilleures personnes et aussi de rendre service à la société, dans ce cas, au Chili. » Dans son discours, il a rappelé d’autres personnalités présentes : « Arturo Martínez, un grand leader qui a lutté contre la dictature, qui a souffert de relégation et a été persécuté pendant longtemps… tous ces gens sont des travailleurs, et je fais une distinction entre les travailleurs et le travail, car le travail permet le développement des personnes. »
La journée a été encore plus agrémentée par la performance musicale du pianiste et compositeur Miguel Antonio, qui a présenté deux de ses propres compositions : Tango en Marzo et Festejo Monoocular, des pièces qui fusionnent les rythmes traditionnels latino-américains avec une sensibilité contemporaine, renforçant la nature réfléchie et émotionnelle de la cérémonie.
L’événement s’est conclu par la présentation du livre du Frère Morgado aux autorités présentes et le chant de l’hymne maçonnique, lors d’une journée marquée par la reconnaissance d’une figure clé de l’histoire du droit du travail et de la franc-maçonnerie chilienne.
La cérémonie s’est déroulée en présence du député Diego Ibañez, membre de la commission du travail de la Chambre ; Claudio Reyes Barrientos, sous-secrétaire à la Sécurité sociale ; Pablo Zenteno Muñoz, directeur national du Travail ; Laura Vásquez Rodríguez, directrice nationale adjointe du Travail ; le Souverain Grand Commandeur du Conseil Suprême, Carlos Soto Concha, la Grand Maître de la Grande Loge Féminine du Chili, Soledad Torres Castro ; la Souveraine Grande Commandeuse du Conseil Suprême des Femmes, Jimena Muñoz Muñoz ; la trésorière de l’Association des femmes laïques du Chili, Cecilia Rebeco Ormazábal ; le président de l’Association nationale des employés fiscaux, José Pérez Benelli, représentant le président de la CUT, Andrea Palacios ; des membres du Gouvernement Supérieur de l’Ordre de la Grande Loge du Chili, ainsi que des dirigeants syndicaux de notre pays.
Du 30 avril au 4 mai 2025, la commune de Septvallons, dans l’Aisne, a accueilli la 15e édition du Festival International du Chamanisme, un événement unique au monde qui réunit des représentants des traditions et spiritualités ancestrales des cinq continents. Organisé par le Cercle de Sagesse de l’Union des Traditions Ancestrales, ce festival a attiré des centaines de participants au Domaine des 7 Vallons, dans un cadre propice à la reconnection spirituelle et à la célébration de la diversité culturelle.
Cette année, sous le thème « Guérir, trouver la paix et la sagesse intérieurement, pour participer à l’équilibre et l’harmonie de notre Humanité », le festival a offert une expérience immersive mêlant cérémonies, ateliers, concerts et conférences, tout en mettant à l’honneur l’Asie et les traditions européennes à travers la fête celtique de Beltaine. À travers cet article, plongeons dans les détails de cet événement exceptionnel et explorons la richesse du chamanisme, une pratique millénaire qui continue de résonner dans notre monde contemporain.
Un Rassemblement Planétaire pour la Paix et la Sagesse
Le Festival du Chamanisme, qui se tient depuis plus de 15 ans en France, est bien plus qu’un simple événement culturel : il s’agit d’une véritable rencontre des peuples, traditions et arts chamaniques des cinq continents. Cette 15e édition, qui s’est déroulée du 30 avril au 4 mai 2025 à Septvallons (02160), a réuni 140 délégués issus de 30 pays, représentant une mosaïque de cultures ancestrales. Chamans, guérisseurs, druides, mages et artistes ont partagé leurs savoirs et pratiques avec des centaines de participants venus chercher un sens plus profond à leur vie et une connexion authentique avec les traditions spirituelles.
Le festival s’est tenu au Domaine des 7 Vallons, un lieu qui, depuis 2023, est devenu le théâtre de cette célébration annuelle. Situé à seulement 30 km de Soissons et 29 km de Reims, ce domaine offre un cadre naturel et paisible, idéal pour les cérémonies et les ateliers en plein air. Cette année, les organisateurs ont mis en place des nouveautés logistiques, notamment un parking bétonné sécurisé à 15 minutes à pied du festival, afin de faciliter l’accès tout en respectant les contraintes locales – le stationnement dans le village étant interdit sous peine d’amende.
Video de la 13e édition il y a deux ans.
Le thème de cette édition
« Guérir, trouver la paix et la sagesse intérieurement, pour participer à l’équilibre et l’harmonie de notre Humanité »
a résonné profondément dans un monde marqué par les crises écologiques, sociales et spirituelles. Patrick Dacquay, chef coutumier du Cercle de Sagesse et fondateur du festival, a rappelé l’objectif de cet événement : « C’est un rassemblement des peuples traditionnels qui témoignent de leurs cultures et de leur spiritualité naturelle. En participant à notre festival, vous nourrissez vos racines culturelles et vous soutenez les Peuples Premiers. » Cette mission, qui anime le Cercle de Sagesse depuis plus de vingt ans, s’est traduite par un programme riche et varié, conçu pour offrir une expérience transformative.
Le Chamanisme : Une Sagesse Millénaire au Service de l’Humanité
Vera Sazhina, chamane authentique de la République de Touva en Sibérie et Vice Présidente de l’association des Chamanes de Touva
Avant de plonger dans les détails du festival, il est essentiel de comprendre ce qu’est le chamanisme, une pratique spirituelle qui trouve ses racines dans les origines de l’humanité. Le chamanisme est une tradition universelle, présente dans presque toutes les cultures du monde, des steppes de Mongolie aux forêts amazoniennes, en passant par les plaines d’Afrique et les montagnes des Andes. Les chamans, souvent appelés « guérisseurs », « sages » ou « intermédiaires », jouent un rôle central dans leurs communautés : ils sont les gardiens de la sagesse ancestrale, les médiateurs entre le monde visible et les mondes invisibles, et les soignants de l’âme et du corps.
Un chamane est généralement reconnu par sa communauté pour ses capacités à entrer en contact avec les esprits, les ancêtres ou les forces de la nature. Ces capacités, souvent développées à travers des initiations rigoureuses, lui permettent de guérir, de conseiller et de maintenir l’équilibre au sein de son clan. Comme l’explique le Cercle de Sagesse,
« les chamans sont toujours liés à une culture traditionnelle et n’existent que parce qu’ils sont reconnus par leur communauté. Ils sont les gardiens de la sagesse conservée dans la mémoire de leur lignée. »
Ils honorent les éléments fondamentaux – la terre, l’eau, le feu et l’air – et travaillent à restaurer l’harmonie entre l’homme et la nature.
Le chamanisme repose sur une vision holistique du monde, où tout est interconnecté : les êtres humains, les animaux, les plantes, les esprits et les éléments naturels forment un tout sacré. Les pratiques chamaniques incluent des rituels, des danses, des chants, des voyages spirituels (souvent aidés par des plantes sacrées ou des tambours), ainsi que des soins énergétiques. Contrairement à certaines idées reçues, le chamanisme n’est pas une religion, mais une spiritualité pratique, ancrée dans une relation directe avec le sacré. Dans un monde moderne souvent déconnecté de la nature et des valeurs spirituelles, le chamanisme offre une voie pour retrouver du sens, guérir des blessures intérieures et renouer avec une sagesse oubliée.
Un Programme Riche et Diversifié
Le Festival du Chamanisme 2025 a proposé un programme dense, avec plus de 180 cérémonies, ateliers, soins individuels et concerts sur quatre jours. Les participants ont pu s’immerger dans des pratiques ancestrales, assister à des conférences et tables rondes, et découvrir des expositions d’artistes et d’artisans inspirés par les traditions chamaniques. Voici un aperçu des temps forts de cette édition.
Cérémonies et Rituels : Une Immersion Spirituelle
Le cœur du festival résidait dans ses 180 cérémonies, menées par des chamans et guérisseurs des cinq continents. Ces rituels, souvent accompagnés de chants, de danses et de tambours, ont permis aux participants de vivre des expériences spirituelles profondes. Parmi les moments marquants, la célébration de la fête celtique de Beltaine, le 1er mai 2025, a été un temps fort. Beltaine, une fête traditionnelle européenne marquant le début de la saison lumineuse, a été honorée à travers des rituels de purification, des danses autour de feux sacrés et des offrandes à la terre. Cette célébration, qui mettait à l’honneur les traditions européennes, a offert une connexion puissante avec les cycles de la nature.
L’Asie a également été mise en lumière avec une soirée dédiée, où des délégués de traditions asiatiques – notamment de Mongolie, du Népal et du Tibet – ont partagé leurs pratiques chamaniques. Les participants ont pu assister à des cérémonies impliquant des mantras, des danses sacrées et des offrandes aux esprits, illustrant la richesse spirituelle de ces cultures. Comme l’a souligné Jean-Loup Dewaele, un chaman participant au festival en 2023,
« on s’aperçoit que tout le monde honore les mêmes éléments, la terre, l’eau, le feu et l’air. Sous des aspects différents, on pratique tous la même chose. On forme une grande famille. »
Ateliers et Soins : Une Exploration Personnelle
En parallèle des cérémonies, le festival a proposé de nombreux ateliers pratiques, permettant aux participants de s’initier à des techniques chamaniques. Ces ateliers, animés par des experts des traditions ancestrales, incluaient des sessions sur le voyage chamanique (une pratique où l’on entre en transe pour explorer les mondes spirituels), la fabrication d’objets rituels, et l’utilisation de plantes médicinales. Des soins individuels étaient également disponibles, offrant aux participants la possibilité de recevoir des guérisons énergétiques ou des conseils personnalisés de la part des chamans.
Ces ateliers ont attiré des personnes en quête de sens, comme Manon, venue d’Angers en 2023, qui avait déclaré : « Je ne me retrouve plus dans la société dans laquelle on vit. Là, c’est un parcours de recherche des traditions. » En 2025, cet élan s’est poursuivi, avec des participants exprimant un besoin similaire de « revenir à quelque chose de plus simple, à des valeurs humaines de partage, de bienveillance, d’amour », comme l’avait formulé Marine lors d’une édition précédente.
Concerts et Expositions : L’Art au Service de la Spiritualité
Le festival a également mis l’art à l’honneur, avec des concerts, des spectacles et des expositions. Chaque jour, des concerts chamaniques ont résonné au Domaine des 7 Vallons, mêlant chants traditionnels, tambours et instruments ancestraux comme le didgeridoo ou la flûte amérindienne. Le 4 mai 2025, un concert-gala pour la Paix et la Sagesse a clôturé le festival, réunissant les différentes délégations dans une célébration vibrante de l’unité humaine. Ce spectacle de 2h30, qui rendait hommage à Grand-Père William, un « Homme de Paix » selon les organisateurs, a été un moment d’émotion partagé par tous les participants.
Des expositions d’artistes et d’artisans ont également enrichi l’événement. Les visiteurs ont pu découvrir des peintures, des photographies et des objets rituels fabriqués par les chamans, tels que des amulettes, des tambours chamaniques et des sculptures. Ces œuvres, souvent empreintes de symbolisme, ont offert un aperçu de la richesse esthétique des traditions ancestrales.
Conférences et Tables Rondes : Nourrir la Curiosité Intellectuelle
Pour ceux qui souhaitaient approfondir leur compréhension du chamanisme, des conférences et tables rondes ont été organisées tout au long du festival. Ces sessions, animées par des chamans, des chercheurs et des spécialistes des traditions ancestrales, ont abordé des thèmes variés : l’histoire du chamanisme, son rôle dans les sociétés modernes, les plantes sacrées, et la relation entre spiritualité et écologie. Une remise de prix a également eu lieu, récompensant un film, une œuvre musicale et un livre sur les sagesses ancestrales, dans le but de soutenir les créateurs qui contribuent à la transmission de ces savoirs.
Une Expérience Transformatrice pour les Participants
Le Festival du Chamanisme n’est pas un événement où l’on vient simplement consommer des spectacles ou des activités. Comme le souligne Patrick Dacquay,
« vous n’êtes pas des clients ni des consommateurs, vous êtes des co-organisateurs qui permettent la réalisation de ce rassemblement. »
Cette philosophie participative a créé une atmosphère de partage et de bienveillance, où chaque personne a pu trouver sa place, qu’elle soit novice ou initiée.
Les témoignages des participants reflètent l’impact profond de cette expérience. Beaucoup ont exprimé leur désir de se reconnecter à des traditions anciennes pour retrouver du sens dans un monde moderne souvent dénué de spiritualité.
« Je suis venue pour essayer de comprendre comment, dans le quotidien de nos vies très rythmées, on peut retrouver du sens », avait confié Marine en 2023, un sentiment partagé par de nombreux visiteurs en 2025. D’autres ont été touchés par la diversité des délégations, comme cette participante qui, en 2023, avait trouvé « sublime qu’il y ait ces délégations des 5 continents ».
Les enfants de moins de 16 ans n’étaient pas autorisés à participer, une mesure visant à préserver l’intensité spirituelle des cérémonies et ateliers. Les billets, disponibles à partir de 90 € pour l’entrée sur plusieurs jours, étaient non remboursables mais cessibles, et pouvaient être achetés sur place en chèque ou en espèces, une option offerte à titre exceptionnel après la clôture des ventes en ligne sur HelloAsso.
Le Chamanisme dans le Contexte Contemporain : Une Réponse aux Crises Modernes
Le succès du Festival du Chamanisme, qui attire chaque année un public de plus en plus nombreux, témoigne d’un regain d’intérêt pour les spiritualités ancestrales dans un monde marqué par les crises. À une époque où la déconnexion avec la nature, le stress et la perte de sens sont omniprésents, le chamanisme offre une alternative : une spiritualité pratique, ancrée dans la relation avec les éléments naturels et les forces invisibles. Les pratiques chamaniques, qu’il s’agisse de rituels, de soins ou de voyages spirituels, permettent de guérir des blessures émotionnelles, de renforcer la résilience et de retrouver une harmonie intérieure.
Cependant, le chamanisme contemporain n’est pas sans controverses. Certains critiques dénoncent une forme de « néo-chamanisme » qui, en s’adaptant aux attentes modernes, perdrait son authenticité. Les chamans traditionnels, profondément enracinés dans leurs communautés, peuvent être sceptiques face à des pratiques qui, dans certains cas, sont commercialisées ou détournées de leur contexte culturel. Le Festival du Chamanisme, en mettant l’accent sur des délégués reconnus par leurs communautés, cherche à éviter cet écueil, en favorisant une transmission respectueuse et authentique des traditions.
Septvallons : Un Lieu d’Accueil pour une Tradition Mondiale
Le choix de Septvallons comme lieu d’accueil du festival depuis 2023 n’est pas anodin. Cette commune rurale de l’Aisne, proche de Soissons et de Reims, offre un cadre naturel préservé, propice à la méditation et à la célébration. Le Domaine des 7 Vallons, avec ses espaces verts et ses infrastructures adaptées, a permis d’accueillir les 140 délégués et les centaines de participants dans des conditions optimales. Bien que le domaine ne propose pas d’hébergements pour les festivaliers, une liste de logements à proximité (à Fismes, Reims ou Soissons) était disponible sur le site du festival, facilitant l’organisation des visiteurs.
L’événement a également bénéficié du soutien logistique de la commune, qui a su s’adapter à l’afflux de participants tout en préservant la tranquillité des habitants. La proximité de Septvallons avec des villes comme Soissons (30 km) et Reims (29 km) a permis aux visiteurs de combiner leur participation au festival avec la découverte du patrimoine local, comme la cathédrale de Reims ou les caves de champagne.
Une Immense Cérémonie pour la Paix et la Sagesse
Le Festival du Chamanisme 2025 s’est achevé le 4 mai par une « immense cérémonie planétaire » pour la paix et la sagesse, un moment de communion où toutes les délégations ont uni leurs voix et leurs énergies pour adresser une prière collective à l’humanité. Ce rituel, qui a rassemblé chamans, guérisseurs et participants dans une célébration de l’unité, a été le point culminant de quatre jours d’échanges et de transformations.
En quittant Septvallons, les participants ont emporté avec eux bien plus que des souvenirs : ils ont ramené un sentiment de connexion, une compréhension plus profonde des traditions ancestrales, et peut-être un nouvel élan pour intégrer la sagesse chamanique dans leur quotidien. Comme le souligne le Cercle de Sagesse,
« le chamanisme est un projet social, économique et culturel inspiré par une Sagesse Spirituelle qui trouve ses racines dans l’origine de notre humanité. »
À Septvallons, en 2025, cette sagesse a rayonné, offrant un espace de guérison, de partage et d’espoir dans un monde qui en a grand besoin.
A l’ouverture des travaux, comme lorsqu’il convient de saluer un événement tel que l’arrivée d’un nouveau maillon dans la chaîne d’union d’une Respectable Loge, le Vénérable Maître invite à ponctuer le déroulement de la cérémonie par la formule « A moi mes Frères, par la batterie, l’acclamation écossaise et la devise».
AU R.E.A.A. l’acclamation écossaise est, comme chacun le sait, « Houzzé, houzzé, houzzé ». Que signifie-t-elle ?
Toutes sortes de propositions ont été faites à ce sujet, se référant principalement à des origines anglaises. La plus plausible consiste à considérer Houzzé comme une acclamation de joie et d’approbation dont le livret d’Apprenti assure que l’orthographe anglaise serait une ancienne forme de Hurrah, sans véritablement expliquer pourquoi cette origine, quelle relation à la franc-maçonnerie, et pourquoi répéter ce mot trois fois. Il semble qu’il se soit agi d’un usage emprunté aux marins lors de l’embarquement ou débarquement d’un visiteur à bord faisant ressortir l’exultation.
Crédit Photo : Jean-Laurent Turbet
Notre regretté Frère Michael Segall, auteur entre autres d’un remarquable ouvrage dont la seconde édition, parue en 2014, porte le titre de Dictionnaire maçonnique : Terminologie des rituels maçonniques, penchait pour sa part pour une explication beaucoup plus simple et faisant référence à un élément du rituel que tous les Frères Maîtres connaissez bien : Hou Zé signifie en effet tout simplement en hébreu « C’est Lui ! ». C’est lui, tout simplement.
Vous pouvez voir derrière ce « lui » le Grand Architecte de l’Univers, ou un homme particulièrement éclairé qui aurait eu connaissance de cet Absolu sacré vers lequel le Maçon tente de progresser…
Cela dit, les explications étymologiques diverses ne manquent pas d’intérêt.
Minute humour
Certaines sources évoquent une origine biblique, faisant référence au mot Uzza qui désigne un personnage mentionné au deuxième livre de Samuel comme ayant été l’un des deux conducteurs du chariot qui ramenait l’Arche Sainte vers Jérusalem après la victoire de David sur les Philistins.
Cependant, la référence hébraïque la plus plausible et la plus intéressante se réfère au mot « oz », qui signifie appui, soutien, force, gloire, honneur, puissance. Ce sont là naturellement des attributs que la Bible confère à l’Éternel. On peut ainsi lire dans les Chroniques 16 :28 : « Familles des peuples, rendez à l’Éternel, Rendez à l’Éternel gloire et honneur » (kavod ve oz).
C’est en tous cas la référence préférée par Jules Boucher dans son ouvrage sur La Symbolique maçonnique, en faisant un rapprochement entre force et vie, donc entre Houzzé et Vivat.
De savants auteurs ont proposé d’autres explications, sans aller jusqu’à ce que proposent certains qui se réfèrent à l’acclamation juive passée dans la liturgie chrétienne « Hosh ‘ana » pour la rapprocher d’ « Hoshé’a » (« salut, sauvetage, rédemption »), puis à « Yeshu’ah » qui signifie également « salut », « rédemption » et/ou finalement à « Yeshu’a»: « Dieu est sauveur »).
Sans aller aussi loin, citons par exemple l’origine égyptienne selon laquelle le mot Ouser signifie feu actif du monde, pouvoir vital de l’homme. On peut noter aussi le nom de Osée, un prophète hébreu qui vécut au 8ème siècle avant J-C et dont le nom signifie Yahvé sauve, Dieu sauve.
Les livres au fort contenu ésotérique de ce prophète peuvent être compris comme un symbole de la délivrance, de la sécurité On peut également penser, selon certains, à un roi légendaire d’Israël qui se serait nommé Houzzé et qui serait associé à la tradition alchimique.
D’aucuns parlent encore du mot arabe Uzza qui est l’un des 99 noms de Dieu dans le Coran. Il est affirmé par certains auteurs que le mot al uzza désigne l’acacia, également appelé l’épine d’Égypte, qui serait également un symbole solaire. En fait, il semble plutôt qu’Uzza soit le nom d’une déesse pré-islamique, une des trois divinités mecquoises que la tradition nomme les « filles d’Allah ». Mahomet avait, dans une première version, recommandé qu’on leur rendît un culte, ce sont ces versets, qui furent un temps prononcés avant d’être abrogés, et que l’on connaît sous leur nom de versets sataniques, la fameuse expression reprise par Salman Rushdie.
D’autres encore vont chercher des origines celtes faisant référence à l’Écosse ou tout simplement à l’équivalent de hourrah sans dire pour autant d’ailleurs ce que pourrait signifier Hourrah au-delà de l’acclamation de félicitations que chacun connaît.
En fait, le mot apparaît dès 1725 : « ..the Grand Lodge had chosen the Rt.Hon.Earl of Ross, Grand Master for the year ensuing and Sir Thomas Pendergrass, and Mak Morgan, Esq. Grand Wardens, and the Grand Master has appointed… at the naming of each of these, the Society gave their approbation by three Huzzas… » (Gould’s history of freemasonry throught the world, vol. II Chapter VII Freemasonry in Ireland)
On lit également que quelques années plus tard, en 1738, lors de l’inauguration de l’Hospice Royal d’Edimbourg : « …chaque maçon frappa à son tour trois coups sur la pierre. Les trompettes sonnèrent trois fois et les Huzzas et les applaudissements des mains se firent entendre trois fois ».
Puis Huzza est mentionné pour la première fois dans un rituel en 1753 sous la forme Houzzai.
L’acclamation franchit la Manche et traverse la France, puisqu’1774, les Houzzai sont signalés dans le Compte Rendu de la Tenue d’Installation de la Loge d’Avignon. Une des hypothèses avancées est que les Houzzai ont été importés par la Mère Loge du Contrat Social.
Le Guide des Maçons Écossais, qui date de 1804, donne « Houzze! Houzze! Houzze!« . (p.87, Maître) En 1820, Vuillaume, dans son Manuel Maçonnique, écrit: « on s’écrie ensuite par trois fois Huzza ! » Et Vuillaume précise qu’il faut prononcer houzzai.
Photo prise du dessin d’Albert Lantoine repris dans son roman Elisçuah édité en 1896 (Bibliothèque Artistique & Littéraire).
Enfin, en 1930 Albert Lantoine énonce que le mot Huzza (Houzé) est tout simplement synonyme de Hourra en usage en Europe centrale, et précise qu’il existe dans la langue Anglaise le verbe to Huzzah qui veut dire acclamer. Pour lui, Huzza prononcé trois fois est une vieille acclamation écossaise, dont l’origine anglaise signifie « Vive le roi » par analogie avec le terme « Vivat », plus communément pris dans le sens de « bravo », pendant que vivat garde néanmoins le sens de « vie ».
Certains rites et certaines obédiences complètent l’acclamation en disant : « Vivat, vivat, vivat, semper vivat ! » Qu’il vive, qu’il vive, qu’il vive éternellement. C’est la formule donnée par le Régulateur du Rite Français qui date de 1801, tandis que le Rite dit « Groussier » en vigueur dans la majorité des Loges du GODF et qui date de 1938, se rallie à « Liberté-Égalité-Fraternité », qu’il qualifie de ternaire révolutionnaire.
Naturellement, un Maçon écossais ne saurait acclamer quiconque ainsi, et c’est bien de glorifier le Grand Architecte de l’Univers qu’il est question. En tout état de cause nous retiendrons donc que cette acclamation « Houzzé, houzzé, houzzé » est une acclamation symbolique de glorification du Grand Architecte de l’Univers, commune à l’ensemble des traditions maçonniques d’origine écossaise.
Plusieurs obédiences de notre pays font suivre l’acclamation par la devise Liberté Égalité Fraternité qu’a également adoptée cinquante ans plus tard la République française.
On sait en effet que la République a adopté cette devise en 1848 alors qu’elle figurait un demi-siècle auparavant dans le Grand Livre d’Architecture de la Grande Loge de France. Mais il est juste de dire que la liberté et l’égalité avaient été posées comme principe dans l’article 1er de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Les trois mots Liberté Égalité Fraternité apparaissent peu après parmi de nombreuses autres formules, pendant la Révolution française, la première fois dans le Discours sur l’organisation des gardes nationales de Robespierre, jamais prononcé mais rédigé mi-décembre 1790.
En 1793, la commune de Paris impose d’inscrire « La République une et indivisible – Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort » sur la façade de l’hôtel de ville, sur tous les édifices publics de la ville et aussi sur des monuments aux morts. Cette devise est adoptée officiellement en France une première fois le 27 février 1848 par la Deuxième République, et surtout après 1879 par la Troisième République, avant d’être inscrite aux frontons des édifices publics français à l’occasion de la célébration du 14 juillet 1880.
Albert Lantoine a écrit que l’origine maçonnique de la devise « est une légende devenue tellement vivace qu’elle est acceptée par d’excellentes gens qui ne font profession, ni de maçonnisme ni d’antimaçonnisme ».
devise France : Liberté Egalite Fraternité
La devise ne naquit pas en loge. Mais « Liberté, Égalité, Fraternité » est devenue la devise d’une très grande partie de la franc-maçonnerie latine, en Europe, notamment en Belgique, mais aussi en Amérique.
La patente de la loge « La bonne foy », constituée à l’orient de Saint – Germain-en-Laye, en 1688, aurait porté la devise : « Liberté, Égalité, Fraternité », mais toutes les copies produites, car il n’y a pas d’original, ont été reconnues apocryphes.
Un seul texte, fait de la liberté, de l’égalité, et de la fraternité les trois vertus cardinales à la foi révolutionnaires, et de la maçonnerie, et déclare de l’antériorité, dans la pratique, de notre Ordre en cette matière, comme le montre une planche de Saint-Jean d’Écosse du Contrat Social, en date du 20 janvier 1791.
Enfin on peut lire le Grand livre d’architecture de la Très Respectable Grande Loge de France, du 9 février 1789 au 5 juin 1798. Si nous l’ouvrons aux pages qui correspondent à l’année 1795, nous y lisons très clairement la formule « Liberté, Égalité, Fraternité »
Convenons cependant qu’en tout état de cause, le sens maçonnique de cette devise ne se superpose pas et ne doit pas être confondu avec son sens patriotique historique ou politique et c’est en cela que cette devise d’une Grande Loge peut-être celle de tout franc-maçon de toute obédience, même dans un Orient éloigné, par exemple dans un pays dont les libertés démocratiques sont garanties par un souverain et non pas par une Constitution républicaine.
Cela dit et bien entendu, les Français font pleinement leur la devise de leur République, et les valeurs démocratiques et humanistes dont elle fait l’idéal commun. Mais il nous faut aller au-delà car le premier champ d’application de cette devise est notre propre comportement. Ces trois valeurs majeures sont les premières qu’il nous faut conquérir.
La démarche maçonnique est une démarche de libération. Je veux être un homme libre, dégagé des préjugés et des dogmes. Et si je revendique la liberté pour moi, je me dois de la revendiquer pour chacun.
Pour tous et pour chacun car l’autre est mon égal. En tant qu’homme, je ne suis l’inférieur de quiconque, ni son supérieur. Ce principe d’égalité commande que je le respecte comme je souhaite qu’il me respecte moi-même. L’Autre et moi sommes libres et égaux, comme le dit la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. L’Autre et moi, nous sommes Frères en humanité. Et cette fraternité crée le devoir de solidarité.
Notre attention portée à l’Autre est l’un des piliers essentiels de notre engagement en Franc-maçonnerie, comme le disent les Constitutions : La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la Fraternité. Au-delà de la fraternité entre initiés, la Franc-maçonnerie invite naturellement à la fraternité entre tous les hommes, au nom des valeurs qu’elle développe chez ceux et celles qui y adhèrent et cherchent à s’y perfectionner. Il va de soi que « homme » est ici à considérer au sens générique d’ «être humain » et que nos Sœurs ne sauraient en être exclues !
Mais la moindre des choses, la première étape, c’est bien d’avoir un comportement véritablement fraternel à l’intérieur de la Loge, vis-à-vis de chacun de ses Frères ou Sœurs.
Il n’est pas possible de se contraindre à avoir la même sympathie, la même affection pour chacun. Avoir un comportement fraternel c’est respecter son Frère ou sa Soeur pour ce qu’il est, aller vers lui, lui prêter attention et assistance si cela est nécessaire. Vous voyez ainsi que le sens du triptyque pour un Maçon écossais va au-delà de ce qu’exprime tout républicain, et en fait tout démocrate.
Nous voyons en effet que liberté pour le franc-maçon écossais c’est liberté de la pensée de la parole, la liberté de l’esprit, la liberté de croyance et de conviction métaphysiques ; c’est le refus des dogmes quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, le refus du « prêt-à-penser ». C’est de cette liberté que je tiens le privilège que constitue le fait de pouvoir véritablement me déterminer, c’est-à-dire choisir, et donc d’être par là-même responsable de mes choix, véritablement humain.
Nous voyons qu’égalité signifie conscience de l’identité de sa valeur propre avec celle de chaque autre membre de la communauté humaine, avec chaque créature sur cette terre. Les convictions d’autrui, ses choix, ses caractéristiques quelles qu’elles soient, valent les miennes, par principe. Et méritent d’être respectées comme telles et doivent pouvoir être exprimées. Ce qui ne m’empêche pas de m’y opposer. Ou en tous cas de faire valoir ce que j’estime juste, vrai et bon.
Nous voyons enfin que fraternité signifie naturellement non seulement compassion mais aussi solidarité, don de soi. Nous sommes Frères et Sœurs en humanité, et de cette fraternité découle un devoir de solidarité.
Gardons à l’esprit que la Fraternité va au-delà de la solidarité.
L’article 22 de la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée à Paris le 10 décembre 1948 précise à cet égard que « »Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, […] »
La fraternité est le lien fraternel et naturel ainsi que le sentiment de solidarité et d’amitié qui unissent ou devraient unir les membres de la même famille que représente l’espèce humaine. Elle implique la tolérance et le respect mutuel des différences, contribuant ainsi à l’harmonie et à la paix entre les hommes et entre les peuples.
On voit donc que le mot fraternité a donc bien une signification qui va au-delà de la seule solidarité. La fraternité ne peut méconnaître l’objectif d’une plus juste répartition pour le plus grand bien de tous.
Précisément, la fraternité se distingue de la solidarité par la dimension affective de la relation inter-humaine, liée au sentiment d’appartenance à la même espèce. Parler d’universalité et d’universalisme n’a de sens que parce que l’humanité est une, et que nous appartenons à une seule et même espèce.
Parler d’universalité, se réclamer de la Fraternité, c’est en fait simplement nous relier à notre origine commune, tous engendrés que nous sommes par le principe que nous appelons Grand Architecte de l’Univers.
L’objet de cet article a été de mettre en évidence que pour les Maçons écossais que nous sommes, les deux éléments que sont l’acclamation écossaise et la devise sont deux réitérations, joyeuses et collectives, de l’invocation énoncée par le VM consacrant nos travaux « à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers ».
Houzzé, houzzé, houzzé est une acclamation symbolique de glorification du Grand Architecte de l’Univers.
Liberté, Egalité, Fraternité sont pour le Maçon écossais trois valeurs, trois vertus qui rendent compte de son aspiration à reconnaître en lui comme en chaque autre être vivant la marque du même principe créateur.
Voilà ce que chacune et chacun peut et doit avoir à l’esprit à chaque fois que le Vénérable Maître inviter à ponctuer nos travaux par la batterie, l’acclamation écossaise et la devise, ces éléments basiques de nos rituels qui n’ont de portée que si nous en ressentons le sens à chaque fois que nous les prononçons.
Deux aristocrates hongrois avaient décidé de jouer à un jeu où le gagnant serait celui qui prononcerait le nombre le plus élevé. Bien dit l’un d’eux, c’est à vous de commencer. Après quelques instants d’intense réflexion il annonça : trois. C’est vous qui avez gagné reconnut l’autre en abandonnant.
Si les deux hommes avaient été des Hottentoth, aux dire des explorateurs, l’histoire eût pu être la même. En effet, plusieurs tribus hottentoth, n’ont, dans leur vocabulaire, de nom pour désigner les nombres supérieurs à trois. Au-delà ils utilisent l’adverbe «beaucoup».
La nature indique qu’il n’y a que trois dimensions dans le corps, écrit Claude-Louis de St Martin, qu’il y a trois divisions possibles dans tout être étendu, qu’il n’y a que trois figures dans la géométrie, qu’il n’y a que trois facultés innées dans quelque être que ce soit, qu’il n’y a que trois mondes temporels ou trois grades dans la vraie Franc-maçonnerie ; en un mot que sous quelque face que l’on envisage les choses créées, il est impossible d’y trouver rien au-dessus de trois.
Trois est un nombre fondamental. Il exprime un ordre intellectuel et spirituel en Dieu, dans le cosmos et a fortiori dans l’homme.
Tout procède nécessairement par trois qui n’en font qu’un. En tout acte se distingue ; 1- le principe agissant comme sujet de l’action, 2- l’action de ce sujet, son verbe, 3- l’objet de cette action, son résultat.
D’une manière générale, le premier principe est actif par excellence, le deuxième est intermédiaire, passif par rapport à lui mais actif par rapport au suivant, quant au troisième il est strictement passif. En réalité, tout phénomène, sur quelque échelle, dans quelque monde, est le résultat de la combinaison ou de la rencontre de forces différentes. C’est la loi des trois forces. La pensée contemporaine reconnaît l’existence de deux forces et leur nécessité pour la production d’un phénomène (force et résistance, magnétisme positif et négatif, cellule mâle et femelle). Quant à la troisième force, elle est souvent ignorée et pourtant nécessaire car c’est uniquement avec son aide que les deux premières peuvent produire leur résultat, la première active, la deuxième passive et la troisième… neutralisante. Elles n’apparaissent comme telles qu’au seul moment où elles rentrent en relation les unes avec les autres.
On retrouve dans diverses écoles, sous diverses formes, cet aspect plus intelligible de l’unité qui est un ternaire.
Le trinitaire apparaît dans la pensée religieuse chrétienne à la fin du IIe siècle en orient chez Théophile d’Antioche (trias) et en occident chez Tertillien (trinitas). Avec l’avènement du Fils proclamé, au concile de Nicée (325), de même nature que le Père, consubstantiel, coéternel, engendré et non créé, l’Unique des Hébreux a éclaté en se divisant. C’est à trois «êtretés» que le concile de Constantinople (381) attribue subtilement les rôles de la trinité : le Père créateur ou intelligence, le Fils ou verbe rédempteur et le Saint Esprit ou amour sanctificateur. Le fils devient la face visible de l’invisible ; la Renaissance picturale, en couvrant de chair l’idée de Dieu, a fait chuter l’absolu dans le relatif.
En cette icône de la Sainte Trinité, Œuvre d’art par excellence, réalisée par André Roublev au début du XVe siècle, se condensent des trésors de connaissance, de méditation et de savoir-faire. Entre autres significations symboliques, elle représente le Nom divin. L’Ange du milieu figure le Père, et l’Ange de gauche, le Fils. Tournés l’un vers l’autre, ils se contemplent et leurs regards se reflètent. Voilà le Bipôle. La couleur mauve caractéristique du Fils annonce la «septième race», violette, des hommes surévolués. L’Arbre des Vies, derrière le Père, signifie l’Un qui se multiplie ; la Cité, derrière le Fils, c’est le multiple qui s’unifie. L’Ange de droite, qui est à part, personnifie l’Esprit. C’est le plus féminin des trois, son bâton est le plus incliné, ses mains sont parallèles, son visage, fort penché, est illuminé par un regard intérieur. :
On retrouve les trois états de la manifestation en la personne des trois rois mages, Melchior, Gaspard et Balthazar. Ils symbolisent les trois fonctions du roi du monde dans la personne du Christ naissant, roi, prêtre, prophète. À souligner l’absence du 4ème roi mage, Artaban, égaré et toujours à la recherche de l’étoile qui fait penser au 4ème pilier occulté du temple maçonnique.
L’hommage, rendu à ce dogme de la trinité, perdure dans certaines interprétations du Delta lumineux maçonnique.
Dans le brahmanisme, la tri-unité se manifeste avec Brahma le créateur dont il n’existe en Inde que deux temples tant il est difficile à adorer, Vishnou le conservateur et Shiva le destructeur. Les kabbalistes utilisent trois points triangulés, en remplacement du tétragramme (des 4 lettres, ils n’en retiennent que trois primordiales, la lettre hé apparaissant deux fois). Pour Reuchlin, les trois points sont à mettre en relation avec les trois plus hautes séphiroth de l’Arbre de vie, Kéther, Hochmah et Binah.
« Corps, Esprit, âme » représente les trois façons d’être au monde, sensible, intelligible et mystique. Depuis les Égyptiens de la plus haute antiquité jusqu’à nous, l’homme a toujours pensé receler dans la partie la plus haute et la plus lumineuse de lui-même, un principe différent du corps, qui lui commande et lui survivrait. De là à se poser la question : sommes-nous un corps ou avons-nous un corps ? Autrement dit composition ou union entre corps et esprit ? Pour Platon, l’âme est une entité immortelle et divine, distincte du corps, qui est sa prison temporaire. L’esprit (ou la partie rationnelle de l’âme) est le moyen par lequel l’âme peut se libérer du corps et accéder à la vérité éternelle des Idées. Cette vision a profondément influencé la philosophie occidentale et les traditions religieuses. Les philosophies existentialistes et phénoménologiques (Sartre, Merleau-Ponty) insistent sur l’unité de l’expérience humaine, où corps et esprit sont indissociables dans la perception et l’existence. La neuroscience tend à rejeter la séparation, expliquant l’esprit (conscience, émotions) comme un produit du cerveau (corps). L’âme, concept non mesurable, est absente des modèles scientifiques.
En alchimie on retrouve le ternaire avec le soufre, principe actif qui agit sur le mercure et le sel leur résultante.
D’autres ternaires combinent les opposés en les synthétisant en un troisième terme réalisant l’équation 1+1=3 : soleil, lune, triangle ; Osiris, Isis, Horus ; Niveau, perpendiculaire, équerre…
De nombreux peuples ont donné au nombre trois une importance magico-religieuse que l’on peut illustrer de quelques exemples: Dans la religion de l’Iran ancien, on retrouve dans les textes de ses rituels -l’Avesta- des rites où le trois tient une place non négligeable. Ainsi pour se purifier de l’attouchement d’un cadavre, un homme doit creuser trois séries de trois trous que l’on remplit d’eau ou d’urine et bœuf. Il commence alors par se laver trois fois les mains puis le prêtre asperge les parties de son corps souillées pour en chasser le mauvais esprit. Le nombre trois se retrouve dans le tirage au sort au moyen de flèches divinatoires. L’intérêt de ce rite réside dans le fait qu’il recouvre une grande aire géographique de l’Iran jusqu’aux bédouins arabes. Hésitant devant une décision à prendre, l’homme choisit trois flèches, inscrivant sur l’une «mon seigneur m’ordonne», sur une autre «mon seigneur m’interdit» et rien sur la troisième. Il replace les flèches dans son carquois, en tire une au hasard, tire au sort, et suit les conseils prescrits. Une coutume légendaire rapporte que lorsqu’un roi mourrait sans descendance, il fallait laisser s’envoler un aigle, et l’homme sur la tête duquel l’oiseau se poserait trois fois serait choisi comme souverain.
Le nombre trois donne donc à l’acte divinatoire un sens de participation au monde invisible supra-conscient qui décide d’un événement de façon étrangère à la logique humaine, trois actes successifs en conditionnant l’accomplissement.
On trouve également dans notre domaine culturel une foule d’actes dont nous ne pouvons indiquer la raison, même s’ils sont accomplis personnellement par jeu ou avec un certain sérieux. Dans tous les cas, il y a une relation logique entre l’acte et son but apparent. Tylor a donné à ce genre de phénomène le nom de «survivals» qui s’apparente à la superstition. On frappe trois fois sur le bois pour dire «pourvu que cela dure», on lève trois doigts en l’air pour prêter serment, le pompier frappe trois coups avant la levée du rideau, les scouts lèvent trois doigts pour saluer.
Dans le domaine moral des vices chrétiens, le ternaire revêt également une importance particulière. Les forces qui détruisent la foi de l’homme sont le mensonge, l’impudence et le sarcasme. Sont également trois les forces qui mènent l’homme vers «l’enfer», la calomnie, l’endurcissement et la haine. Enfer que Jean-Paul Sartre décrit dans Huit-clos comme étant la condamnation de trois êtres à vivre ensemble et toujours à travers une relation du type A privilégie B, B privilégie C et C ignore B. La triangulation des personnages au théâtre, et dans la vie, est presque toujours source de drame.
La perception du monde se fait à travers le ternaire : pensées, émotion, sensations. Chacune de ces fonctions psychiques est un instrument de connaissance. La plus complète que l’on puisse avoir d’un sujet ne peut être obtenue que si ce ternaire est actif simultanément.
En Franc-maçonnerie, parmi les nombres présents dans le temple qui se donnent à voir, le nombre trois paraît le plus utilisé de tous au 1er grade, représenté par une multitude de symboles : les trois grandes lumières, le triangle du delta lumineux, les trois piliers, les pas de l’apprenti, les coups de maillet. Parfois le trois est un nombre d’énumération, parfois un ternaire.
Avec le Delta lumineux, schéma de l’être dans la multiplicité infinie de ses manifestations, on trouve le triangle portant en son centre l’œil, l’intelligence et principe conscient, les rayons exprimant l’activité, l’expansion constante de l’Être, enfin les nuages figurant le retour sur elles-mêmes des émanations expansives.
C’est avec la figure du triangle que les francs-maçons illustrent le mieux leur attachement au nombre trois.
«Il est singulier de rencontrer dans l’écriture accadienne le triangle comme signe de la syllabe rou qui a le sens de faire, bâtir. Si ce n’est qu’une simple coïncidence, elle est tout au moins frappante, et les Maçons enthousiastes pourront y voir un indice de la haute antiquité de leur symbolisme, car les monuments chaldéens dont il s’agit remontent à plus de 4500 ans avant notre ère.» (Oswalt Wirth, Le livre de l’apprenti,p.4/57).
Le triangle est une ligne brisée à trois côtés. Avec le cercle, c’est la forme géométrique la plus simple pour délimiter un espace intérieur et un espace extérieur. Il est l’insertion de l’initiation dans le monde profane. Il est le rapport de sa signification symbolique du ternaire avec tout ce qui est à l’extérieur, notamment le vieil homme qu’il faut abandonner. Dans un triangle, on peut toujours trouver un point en relation avec les deux autres qui donne la solution à une affirmation confrontée à une négation. Aux dires de Plutarque, le philosophe Xénocrate symbolisait dieu par un triangle équilatéral, qui est parfait puisque pourvu d’angles et de côtés égaux; les Génies (c’est-à-dire les hommes d’exception, les Héros…) étaient comparés à des triangles isocèles, à la perfection incomplète; quant aux simples mortels, ils n’étaient que des triangles scalènes.
Le triangle peut se rencontrer chaque fois qu’il s’agit de symboliser des triades. Trois lignes forment, par leur jonction, le triangle ou la première figure régulièrement parfaite, et c’est pourquoi il a servi et sert encore à caractériser l’éternel, qui, infiniment parfait dans sa nature, est, comme créateur universel, le premier être ; par conséquent, la première perfection.
Les trois points disposés en triangle équilatéral, ou triponctuation, dont un sommet est dirigé vers le haut, sont souvent employés pour abréger les mots spécifiquement francs-maçons, ce qui a valu aux maçons d’être appelés «frères trois points». En même temps qu’elle devenait l’un des éléments de la signature, cette abréviation s’est fixée en forme triangulaire, sans doute pour des raisons d’ordre symbolique. Probablement issue du delta lumineux, cette figure a été introduite dans les imprimés à partir de 1775.
Pour Pythagore, le triangle signifie la triple nature de la première substance apicale (qui est au sommet) différenciée en consubstantialité de l’Esprit manifesté, de la matière et de l’Univers leur fils. Cette consubstantialité émane du point, le véritable logos ésotérique, c’est ce que dit aussi Hermès Trismégiste. Le point unique du haut du triangle est l’unité d’où tout procède ; tout est de la même essence que lui. Le sommet pythagoricien est dit le père, le côté gauche est la duade, la mère, le côté droit représente le fils que l’on retrouve comme époux de la mère dans beaucoup de cosmogonies. La base est l’univers, naturé en père-mère-fils dans le monde phénoménal et, en même temps, unifié dans le monde hypersensuel de l’unité.
Les Scandinaves symbolisaient l’Esprit universel par un triangle dessinant une tête à triple face animée d’un perpétuel mouvement rotatoire.
Le triangle est un ternaire qui réconcilie, dans l’unité, deux termes au-delà de la dualité.
Deux termes complémentaires peuvent être, suivant les cas, en opposition horizontale (2 et 3) ou verticale (1 et 4). L’opposition horizontale est celle de 2 termes qui se situant à un même degré de réalité sont symétriques sous tout rapport.
René Guénon présente dans son livre La Grande Triade les divers types de rapports que peuvent entretenir les termes d’un ternaire. Trois fondamentaux se rencontrent dans la tradition : un principe se polarisant en deux complémentaires (comme c’est le cas pour l’unité dont dérivent le principe masculin, le ciel, et le principe féminin, la terre: 1 en 2 et 3), un ternaire composé de ces deux complémentaires et de la résultante de leur union (comme c’est le cas pour le ciel, la terre et l’Homme, fils de la terre et du ciel: 2 et 3 en 4), un ternaire linéaire où un terme engendre le deuxième qui engendre le troisième (comme c’est le cas pour les «trois mondes», la manifestation informelle, la manifestation subtile et la manifestation corporelle). Le ternaire incluant la terre, le ciel et l’homme, place ce dernier en position de médiateur entre les deux premiers ; autrement dit entre équerre et compas signalé comme étant le lieu où se trouve le maître signalé comme étant le lieu où se trouve le maître comme étant aussi le lieu où se trouve le maître en Franc-maçonnerie. L’opposition verticale marque, au contraire, une hiérarchisation entre les 2 termes qui, tout en étant symétriques, doivent cependant être considérés l’un comme supérieur, l’autre comme inférieur. En effet l’essence et la substance sont respectivement le pôle supérieur et le pôle inférieur de la manifestation et l’on peut dire que l’une est proprement au-dessus et l’autre au-dessous de toute existence. D’ailleurs on les désigne par ciel et terre.
La manifestation se situe donc toute entière entre ces 2 pôles et il en est de même de l’homme qui, non seulement fait partie de cette manifestation, mais en constitue symboliquement le centre même et qui pour cette raison la synthétise dans son intégralité. Ainsi l’homme, placé entre le ciel et la terre, doit être envisagé comme la résultante de leurs influences réciproques, et ensuite, par la double nature qu’il tient de l’un et de l’autre, il devient le terme médian ou médiateur qui les unit, en quelque sorte le pont qui va de l’un à l’autre. C’est l’aleph ou aspiration vers le ciel complété de dameth, la terre, c’est l’Adam étymologique!
Dire que le franc-maçon est placé entre équerre et compas indique justement cette place. Elle ouvre la voie au développement initiatique célébré dans la symbolique de toutes les maçonneries : l’usage du trois (3). Par le passage au troisième point et la réduction à l’unité, le franc-maçon se préservera du poison du dualisme profane.
Dans la Maçonnerie de Marque (La), le triangle équilatéral a une signification particulière, indiquant l’approbation du Maître sur le travail qui lui est soumis.
Par rapport à tout triangle, le triangle équilatéral, aux trois côtés et trois angles égaux, réalise l’égalité, il est la perfection, il est le divin tandis que le triangle isocèle (deux côtés seulement égaux) est l’humain. Le triangle équilatéral entier signifie éternité, les trois sommets désignent la passé, le présent et le futur, ses trois angles sont la sagesse, la force et la beauté mais également naissance, vie et mort. Le ternaire cosmique, temps, ténèbres lumière se réalise dans le triangle maçonnique. Sa base est la durée, le temps ; les côtés qui se rejoignent au sommet ténèbres et lumière. Sens de la création, ce triangle est aussi celui de l’initiation. Pour la Franc-maçonnerie latine, il évoque «liberté, égalité, fraternité». En 1877, le pasteur Frédéric Desmons propose la formulation suivante qui va être adoptée «La Franc-maçonnerie est une institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, elle a pour objet la recherche de la vérité, l’étude la morale universelle, des sciences et des arts et l’exercice de la bienfaisance. Elle a pour principe la liberté absolue de conscience et la solidarité humaine. Elle n’exclue personne pour ses croyances. Elle a pour devise Liberté, Égalité, Fraternité» ; cette liberté qui garde les francs-maçons des préjugés parce qu’elle procède de l’esprit, cette égalité qu’ils affirment dans leurs attitudes parce qu’elle contient tout le respect de la nature humaine, cette fraternité qui restitue le sens de l’humanité.
La loi du ternaire se retrouve dans les bijoux distinctifs des trois premiers officiers d’une loge (le vénérable et les deux surveillants) à savoir l’équerre, le fil à plomb et le niveau sur lesquels on peut s’attarder.
– La perpendiculaire est aussi appelée fil à plomb en Maçonnerie. Du latin perpendiculum, ce qui pend à la verticale et perpendere, peser attentivement, apprécier avec exactitude, évaluer avec précision., Indiquant la verticale, la perpendiculaire est à rapprocher de la colonne caractérisée par sa hauteur. Elle invite dans un mouvement descendant à l’introspection tourné vers le passé, complétant la visite du cabinet de réflexion ; la matière domine l’esprit. Sa remontée est une libération des contraintes antérieures et prépare au futur avec l’ascension, le dépassement, l’élargissement, la montée vers l’au-delà et tout ce qui exprime l’élan invincible et toujours recommencé vers l’inaccessible, avec l’amour ardent qui promeut la vie ; la matière s’équilibre avec l’esprit. Le second surveillant qui a une fonction d’éveilleur des apprentis porte en sautoir la perpendiculaire, symbole actif de la recherche sur soi, de la profondeur de la connaissance et de sa rectitude. Il invite l’apprenti à descendre dans les tréfonds de la conscience de soi, mesurant la pesanteur de ses pensées, de ses actes et de ses propos, puis à s’élever, libéré, régénéré, apaisé et confiant, ayant accédé à un niveau de conscience nouveau.
Partie complémentaire de l’horizontalité dans l’équerre, la verticalité doit être marquée dans toute gestuelle maçonnique qui veut faire référence à la rectitude, à la droiture et à l’équilibre.
La perpendiculaire c’est la décomposition du nom d’A-dam en aleph aspiration vers l’infini et dameth, la terre, entre lesquels l’homme essaie de résoudre ses contradictions. Actif par nature, la perpendiculaire est le symbole de la profondeur, de la connaissance de soi, de la rectitude telle que l’officier chargé de l’instruction doit la rapporter à l’apprenti. Le fil à plomb est la voie de l’élévation spirituelle.
– Le niveau du premier surveillant se présente sous la forme d’un châssis triangulaire auquel est suspendu un fil à plomb qui vient battre une marque quand l’instrument est en position horizontale. Il est la seconde polarité par rapport à la verticalité, donc passif. Ce mot provient de l’ancien français nivel, déformation de livel, du latin libella, qui désigne précisément le niveau maçonnique. L’outil, composé de deux jambages et d’une traverse graduée, est surmonté d’un fil à plomb oscillant ; stabilisé à la verticale, à équidistance de son piétement, il nous indique la rectitude de l’horizontale. L’archipendule est l’ancêtre du niveau, constitué d’un cadre et d’un fil à plomb. Le niveau est l’outil de base sans lequel aucune construction ne saurait être bâtie sans risque de s’effondrer. Le niveau dit «de maçon» est un outil de la Maçonnerie opérative. Il sert à mesurer l’horizontalité d’une surface, bien qu’il indique aussi la verticalité, s’entendant alors comme la droiture d’esprit. Il existe plusieurs types d’outils nommés niveau, servant à vérifier la planéité : niveau à bulle, de charpentier, de paveur… Celui de la Franc-maçonnerie est un bijou, emblème de l’un des deux surveillants, variant selon les rites, avec la perpendiculaire. Ils s’appuient l’un et l’autre sur le fil à plomb. Ainsi ils permettent de vérifier la conformité de la réalisation, de l’élévation aux principes énoncés par le plan de l’œuvre, porteurs de signifiants philosophiques et de devoirs de fonction. Pour le Chinois, le niveau est le symbole des magistrats, des hommes de justice, des justes, de ceux qui sont équitables… des hommes de droiture, ceux dont on dit parfois, en accolant le pouce et l’index et en traçant une droite dans le vide, qu’ils sont à niveau. On retrouve cette idée d’équité chez les Hébreux avec Isaïe 28.17 «Je prendrai le droit pour règle et la justice pour niveau». Le niveau symbolise l’égalité fondamentale des hommes. Le règne de ce principe d’égalité, dans les droits et dans la valeur humaine, est la condition sine qua non de l’épanouissement de cet esprit de fraternité qui distingue la Franc-maçonnerie. Le niveau ne décrit pas l’homme, ce serait un leurre que de considérer l’égalité comme nature, il est son modèle d’action, signifiant que par son comportement l’homme institue l’égalité en se montrant équitable dans ses relations avec les autres ; c’est l’attitude seule qui donne un sens à l’égalité. Parce qu’il évoque avant tout l’égalité, le niveau convie les francs-maçons à inventer les relations qui permettront de manifester l’idéal humaniste et fraternel. Commencé dans la verticalité avec le fil à plomb, l’apprentissage se poursuit dans le plan transversal avec le niveau. En passant de la perpendiculaire au niveau, le jeune maçon quitte le deux du dualisme, celui des oppositions, pour découvrir le deux de la multiplication, celui de la dualité. Ce bijou, intégrant à la fois l’horizontale et la verticale, comme l’équerre, indique que seul le premier surveillant est qualifié pour remplacer le vénérable.
Au cadran solaire, le niveau se déduit de la verticale par un déplacement de l’ombre de la lumière.
– L’équerre est portée en bijou par le vénérable. L’origine étymologique du mot vient du bas-latin exquadrare, dessiner des angles droits, rendre carré, équarrir. En latin classique, l’équerre se disait norma, d’où le mot français norme. Outil d’origine compagnonnique, l’équerre, croisée avec le compas, forme le plus connu des symboles maçonniques. Dans la Franc-maçonnerie spéculative, le symbole de l’équerre est attesté dès 1725. Elle est l’union de l’actif et du passif dans la dynamique manifestée par ses branches. Ragon dit : l’équerre suspendue au cordon du vénérable signifie que la volonté d’un chef de loge ne peut avoir qu’un sens, celui des statuts de l’Ordre et qu’elle ne doit agir que d’une seule manière, celle du bien. L’équerre est considérée comme étant l’emblème de la perfection des travaux d’une loge dont le Vénérable Maître doit diriger toutes les orientations. Elle indique au maçon que s’il remplit avec exactitude tous ses devoirs, il pourra espérer parvenir à la vraie lumière. Au niveau de la gestuelle, le signe, après la mise à l’ordre, rappelle au frère ou à la sœur l’obligation de respecter son serment lors de son initiation, il invite à la droiture. Par ailleurs, mettant les pieds en équerre, un frère (ou une sœur) doit toujours avoir en vue l’équité, la justice, la fidélité et l’irréprochabilité dans ses mœurs. Se mettre à l’ordre est l’incarnation même de l’équerre. En effet le maçon se tient droit, il est en équerre par rapport au sol, ses pieds sont en équerre et son pouce forme une équerre par rapport aux autres doigts de la main. L’équerre apparaît dans les signes d’ordre qui doivent tracer l’horizontale puis la verticale, marquant ainsi l’union des complémentaires. Elle représente l’action de l’homme sur la matière comme sur lui-même ; elle est reconnue comme symbole de bonnes mœurs. Le maniement de l’équerre permet d’approfondir les concepts de droiture, d’équité et d’équilibre. L’utilisation mentale de l’équerre permet de donner aux mots leur sens propre afin qu’ils expriment des idées précises suivant des raisonnements droits. Grâce à l’équerre, le travail des maçons, pierre qu’il est, pourra lui faire bénéficier d’une juxtaposition parfaite sans laquelle la construction du temple serait impossible pour un vivre ensemble harmonieux. C’est parce que son rôle est de former de parfaits maçons que le vénérable maître porte l’équerre, outil indispensable pour transformer la pierre brute en pierre cubique.
Une forme de triangulation particulière est celle de la demande de parole : en loge, on ne prend pas la parole, on la demande. On ne s’adresse pas directement au Vénérable Maître dirigeant la loge, qui peut seul l’accorder, mais à un intermédiaire, le 1er Surveillant ou le 2nd Surveillant (suivant la place occupée sur les colonnes) qui la demande pour lui. Le Vénérable Maître informe que la parole est accordée en passant par l’un des deux intercesseurs sus-cités, lequel relaie l’autorisation au requérant. Ce dernier peut alors s’exprimer.
Une autre forme de triangulation est celle de la conservation d’un secret par la réunion de trois personnes. Un homme meurt, refusant de livrer un banal mot de passe pour se faire payer, connu de tous les maîtres, et un secret dont il était détenteur, par ailleurs, disparaît. Le secret n’est donc pas le mot de passe. La «parole» perdue apparaît comme un ensemble d’éléments répartis entre plusieurs détenteurs dont la méconnaissance d’un seul entraînerait l’inefficacité du tout ? Un morceau de code en somme, un morceau de symbole !
Dans la légende, de fait, trois personnes forment un triangle : Salomon, Hiram roi de Tyr, et Hiram, les trois grands maîtres, chacun assigné à un rôle particulier et indispensable dans la construction du Temple. La légende dit que le Roi Salomon, Hiram Abiff, Roi de Tyr (1 Rois: 7:13), et Hiram Abi de la tribu de Dan (2 Chr.: 2:13) se sont réunis pour concevoir les plans de la construction du Temple, Salomon conçut, Hiram de Tyr fournit les moyens et Hiram réalisa l’œuvre. Nous apprenons que le grand savoir devait être gardé par ces trois personnes jusqu’au parachèvement du Temple. La parole leur aurait-elle été confiée en trois parties. Chaque membre du ternaire serait détenteur du mot sacré ou d’une fraction de celui-ci. Il fallait le concours des «trois premiers Grands-Maîtres», de sorte que l’absence ou la disparition d’un seul d’entre eux rendait cette communication impossible, et cela aussi nécessairement qu’il faut trois côtés pour former un triangle. Cela veut dire que chaque membre du triangle constitue la pointe d’une figure doté d’un centre commun. Ce centre, c’est le point de concordance des trois sensibilités magique, spirituelle et rationnelle qu’ils incarnent. Ce centre est donc l’essence de l’homme et de la nature c’est-à-dire l’essence de la vie qui se traduit concrètement en force de vie ou élan vital. Comment se fait-il que, sachant que la parole ne pouvait être que par la réunion du 3 (le roi Salomon, le roi de Tyr et Hiram), comment se fait-il qu’aucun d’entre eux n’ait pensé à transmettre sa propre connaissance à un disciple pour que la chaîne ne se brise pas en cas de disparition? Était-ce se croire immortel ? Compléter avec l’ouvrage d’Hugues Berton et Christelle Imbert, Les enfants de Salomon, Approches historiques et rituelles sur les compagnonnages et la Franc-maçonnerie, p.457-462, Dervy, 2015).
Tel Ulysse pénétrant à l’intérieur de «Trois», le franc-maçon sera victorieux des épreuves qu’il a subies que s’il comprend que dans le temple tous les symboles de la dualité, et ceux du ternaire, montrent, à l’évidence, une vision de la complémentarité des contraires et de leur coïncidence dans l’unité. À lui d’être capable de porter ce message hors du temple.
Cependant, on ne peut manquer de remarquer une ambiguïté dans l’usage du nombre trois. Tantôt trois est un processus qui permet de rendre compte de la multiplicité, trois demeure et un n’est atteint qu’en conclusion ou à la limite n’est jamais atteint. Dans d’autres cas, trois n’est qu’un processus de l’unité en action (christianisme). On pourrait dire que 3 est mineur par rapport à 1 dans le cas du monothéisme et que 3 reste trois dans le cas du polythéisme puisque les dieux peuvent être plus que trois. Il n’est pas inutile d’évoquer au-delà de trois les grands nombres, soit divins, soit démoniaques (légions lucifériennes) et au plan de la sensation, la désagrégation de la conscience sous les affects répétés.
L’unité de la conscience se trouve compromise par la croyance aux grands nombres dont trois et un nous protège.
Une annonce fascinante a secoué le monde scientifique : des physiciens du CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire basée à Genève, ont réussi à transformer du plomb en or. Cette prouesse, bien que limitée à une infime fraction de seconde, marque une étape symbolique dans l’histoire de la science, réalisant un rêve millénaire des alchimistes. Cependant, au-delà de l’exploit technique, cette découverte nous invite à revisiter le mythe de l’alchimie, non seulement dans son sens littéral, mais aussi dans sa dimension symbolique et spirituelle, notamment à travers l’alchimie spéculative des francs-maçons.
Une Transmutation Scientifique Éphémère au CERN
Illustration d’une collision ultrapériphérique où deux faisceaux d’ions plomb (208Pb) au LHC passent à proximité l’un de l’autre sans entrer en collision. (Image : CERN)
Selon les informations publiées, les équipes du CERN ont utilisé le Grand Collisionneur de Hadrons (LHC), un accélérateur de particules de 27 kilomètres de circonférence, pour réaliser cette transmutation. Le processus repose sur une manipulation complexe de la structure atomique :
le plomb, qui contient 82 protons, doit en perdre trois pour devenir de l’or, qui en compte 79.
Les chercheurs ont accéléré des atomes de plomb à une vitesse proche de celle de la lumière, provoquant des quasi-collisions qui génèrent des champs électromagnétiques intenses. Ces champs, décrits comme « aplatis comme une crêpe » par le CERN, déclenchent une dissociation électromagnétique, au cours de laquelle un atome de plomb éjecte quelques protons. Lorsqu’il en perd précisément trois, il se transforme brièvement en or.
Cependant, cette transformation est loin de ressembler aux rêves de richesses des alchimistes médiévaux.
L’or produit n’existe que pendant une fraction de seconde avant de se fragmenter en particules plus petites, comme des protons et des neutrons, lorsqu’il heurte les parois du tube de faisceau du LHC.
De plus, la quantité générée est infime : entre 2015 et 2018, seules quelques dizaines de picogrammes d’or ont été créées, soit des trillions de fois moins que ce qui serait nécessaire pour fabriquer un bijou. Cette découverte, bien que spectaculaire sur le plan scientifique, n’a donc aucune application pratique pour produire de l’or à grande échelle. Elle illustre néanmoins les avancées extraordinaires de la physique des particules et notre capacité à manipuler la matière à un niveau fondamental, un exploit qui aurait été inimaginable il y a seulement un siècle.
Le Mythe de l’Alchimie : Une Quête Millénaire
Cette percée scientifique ramène inévitablement à l’esprit le mythe de l’alchimie, une pratique qui, pendant des siècles, a fasciné les esprits en quête de savoir, de richesse et d’immortalité. Dès l’Antiquité, en Égypte gréco-romaine, en Chine et en Inde, les alchimistes ont cherché à découvrir la pierre philosophale, un artefact légendaire censé posséder des pouvoirs extraordinaires. Cette pierre, parfois décrite comme une substance ou un savoir ésotérique, était supposée capable de transmuter les métaux vils, comme le plomb, en métaux nobles, comme l’or. Mais ses promesses ne s’arrêtaient pas là : elle était aussi considérée comme une panacée universelle, capable de guérir tous les maux, et comme un élixir de longue vie, conférant l’immortalité ou l’invisibilité à celui qui la maîtrisait.
L’Alchimie, Paracelse et Hippolyte Baraduc…
Des figures mythiques comme Hermès Trismégiste, Paracelse ou Nicolas Flamel ont incarné cette quête alchimique, mêlant science, philosophie et mysticisme. À une époque où la chimie moderne n’existait pas encore, les alchimistes expérimentaient dans leurs laboratoires, manipulant des substances comme le mercure, le soufre ou le plomb dans des cornues, espérant découvrir le secret de la transmutation. Si leurs efforts pour transformer littéralement le plomb en or ont échoué, l’alchimie a néanmoins posé les bases de la chimie moderne, avec des découvertes comme l’acide sulfurique, l’antimoine ou le phosphore. Cependant, ses dérives occultes et son incapacité à produire des résultats concrets ont fini par la discréditer aux yeux de la science naissante des Lumières.
Avec l’avènement de la physique nucléaire au XXe siècle, le rêve des alchimistes est devenu techniquement réalisable, mais à un coût prohibitif et sans viabilité économique. Glenn Seaborg, lauréat du prix Nobel de chimie en 1951, avait déjà réussi à transmuter de petites quantités de bismuth en or en 1980, en utilisant un accélérateur de particules. Aujourd’hui, le CERN a repris ce flambeau, prouvant que la transmutation est possible, mais confirmant aussi ses limites pratiques. Ironiquement, cette réalisation scientifique donne raison aux alchimistes sur le principe, tout en montrant que leur quête matérielle était vouée à l’échec dans les conditions de leur époque.
L’Alchimie Symbolique : Une Quête Spirituelle
Au-delà de la transmutation littérale des métaux, l’alchimie a toujours porté une dimension symbolique et spirituelle, qui trouve un écho particulier dans les traditions maçonniques. Pour de nombreux alchimistes, la transformation du plomb en or n’était pas seulement un processus matériel : elle représentait une métaphore de la transformation intérieure, un voyage spirituel vers la perfection. Le plomb, métal lourd, gris et terne, symbolisait l’état brut de l’âme humaine, marquée par l’ignorance, les vices et les imperfections. L’or, métal noble, lumineux et inaltérable, représentait l’âme purifiée, illuminée par la sagesse, la vertu et la connaissance. La quête de la pierre philosophale devenait ainsi une quête de l’illumination, une tentative de transcender les limites de la condition humaine pour atteindre un état de perfection spirituelle.
Cette alchimie symbolique, souvent appelée alchimie spirituelle, a profondément influencé les traditions ésotériques, notamment la franc-maçonnerie. Les francs-maçons, qui se considèrent comme des « bâtisseurs » à la fois matériels et spirituels, ont intégré cette métaphore alchimique dans leurs rituels, leurs symboles et leur philosophie. Dans la franc-maçonnerie, le processus de transformation du plomb en or est interprété comme une allégorie du travail initiatique : le maçon, à travers son parcours, cherche à polir sa « Pierre Brute » – symbole de son état initial, imparfait – pour en faire une « Pierre Cubique » – symbole de perfection et d’harmonie. Ce travail, qui passe par l’étude, la réflexion, les rituels et l’engagement fraternel, vise à transformer l’individu, à le rendre plus sage, plus tolérant et plus éclairé.
L’Alchimie Spéculative des Francs-Maçons
Alchimie sur la table de l’alchimiste
Dans la franc-maçonnerie, cette alchimie symbolique prend une forme spéculative, c’est-à-dire qu’elle se concentre sur la réflexion et la quête intérieure plutôt que sur des expériences matérielles. Les maçons ne cherchent pas à transformer littéralement le plomb en or, mais à opérer une transformation morale et spirituelle, tant au niveau individuel que collectif. Les outils maçonniques, comme l’équerre, le compas ou le maillet, sont utilisés comme des symboles de ce travail : l’équerre représente la droiture et la justice, le compas l’ouverture d’esprit et la quête de l’idéal, et le maillet l’effort constant pour façonner et améliorer soi-même.
Les rituels maçonniques, riches en symboles alchimiques, reflètent cette quête de transformation. Par exemple, le passage du maçon de l’état d’Apprenant à celui de Compagnon, puis de Maître, est souvent comparé aux trois grandes étapes de l’alchimie : le nigredo (l’œuvre au noir, qui symbolise la purification et la confrontation aux ténèbres intérieures), l’albedo (l’œuvre au blanc, qui représente l’illumination et la purification), et le rubedo (l’œuvre au rouge, qui marque l’achèvement de la transformation et l’atteinte de la perfection). Ces étapes, bien que symboliques, sont vécues de manière concrète à travers les rituels, les méditations et les échanges en loge, où les maçons apprennent à surmonter leurs défauts, à cultiver des vertus et à s’élever spirituellement.
L’alchimie spéculative des francs-maçons s’étend également à une dimension collective. En prônant des valeurs comme la fraternité, la tolérance et la quête de vérité, la franc-maçonnerie aspire à transformer la société elle-même, à faire de l’humanité un « édifice » plus harmonieux et plus juste. Cette vision résonne avec l’idéal alchimique d’un monde parfait, où les divisions et les conflits seraient transcendés par la lumière de la sagesse et de l’amour fraternel. Ainsi, la franc-maçonnerie, tout comme l’alchimie spirituelle, voit dans la transformation du plomb en or une métaphore de la construction d’un monde meilleur, un monde où l’ignorance, la haine et l’égoïsme seraient remplacés par la connaissance, la compassion et la solidarité.
Un Pont entre Science et Symbolisme
L’exploit du CERN, en transformant brièvement du plomb en or, agit comme un pont entre la science moderne et les aspirations ancestrales des alchimistes. D’un côté, il montre que la transmutation, autrefois considérée comme un mythe, est techniquement possible grâce aux avancées de la physique des particules. D’un autre côté, il nous rappelle que la quête alchimique n’a jamais été uniquement matérielle : elle portait en elle une dimension spirituelle, une aspiration à la perfection et à l’unité, qui continue d’inspirer des traditions comme la franc-maçonnerie.
Vieux grimoire d’alchimiste avec ses symboles
Aujourd’hui, alors que le CERN repousse les limites de notre compréhension de la matière, la franc-maçonnerie, à travers son alchimie spéculative, nous invite à poursuivre une autre forme de quête : celle de la transformation intérieure et collective. Transformer le plomb en or, c’est peut-être, au fond, transformer nos cœurs et nos sociétés, en remplaçant la lourdeur de l’ignorance par la lumière de la sagesse et de la fraternité. Dans cette perspective, le rêve des alchimistes, loin d’être une chimère, reste une source d’inspiration intemporelle, un appel à tendre vers la lumière, dans tous les sens du terme.
A première vue, il pourrait sembler que ce genre de question ne peut être que le fait du profane.
Toutefois, l’initié à l’heure où il ressent le besoin de s’engager dans une voie initiatique peut se poser une telle question car s’il éprouve le désir de s’arracher à la vision profane des choses et à en acquérir une autre plus propre à résoudre les problèmes existentiels qui l’inquiètent, il ne perçoit pas nécessairement où la démarche initiatique peut le conduire ni surtout tout ce qu’elle peut lui apporter au niveau de son être le plus profond, de son rapport au monde et aux autres.
Ce travail est une rapide réflexion sur le bénéfice spirituel, souvent mal perçu au départ de l’aventure, que l’initiation maçonnique peut apporter à chaque initié, tant sur le plan spéculatif, que sur le plan opératif. Si la Maçonnerie modeme est devenue spéculative, elle reste sous des formes diverses opérative. Je veux insister sur l’opérativité de l’initiation, sur le fait que ce n’est pas en fait une recherche intellectuelle pour la simple satisfaction de déchiffrer le sens du symbolisme ou du rituel. Ici nous cherchons un pain de vie, un autre sens de la vie et une initiation qui serait entreprise sans la volonté constante de changer sa vie n’aurait de sens.
0n n’entre pas en initiation sans un premier effort pour changer sa conscience profane. Il y a deux conditions préliminaires à remplir pour que le décollage spirituel soit un jour possible : c’est d’une part une volonté de purification et de maîtrise de son être et d’autre part la capacité d’intégrer les principes et les règles de vie de la communauté maçonnique. C’est exactement ce que nous révèle la cérémonie d’initiation qui marque notre entrée dans le Temple.
Il est hautement significatif que toute initiation commence par une purification symbolique au contact des quatre éléments: Terre- Air- Eau et Feu, qui sont tous à des degrés divers des éléments purificateurs et régénérateurs, des figures de l’énergie cosmique, peut-être les énergies constitutives de ce que nous nommons Grand Architecte de l’Univers.
La descente au sein de la Terre, ces trois voyages où nous devons affronter les périls de l’Air, de l’Eau et du Feu sont la préfiguration de notre longue marche vers les sources secrètes et sacrées du monde, de l’homme, de la vie, et de notre être profond, Toute initiation commence par la purification, c’est-à-dire l’immersion progressive de l’âme dans la vie spirituelle, et pas seulement en Maçonnerie, mais dans de nombreuses traditions que nous avons reçues en héritage.
Concrètement la purification implique un effort continu pour maîtriser nos métaux sensibles, pour nous dégager des passions, des préoccupations de la vie profane, nous mettre dans un certain état de réceptivité, de disponibilité pour la connaissance et les choses de l’esprit.
En même temps on nous demande de nouer des liens définitifs avec l’ordre maçonnique, de lui jurer fidélité, d’accepter ses règles et ses lois. C’est là une autre dimension de l’effort moral car l’entreprise initiatique doit se vivre dans la fraternité des initiés, le respect des autres que nous appelons tolérance, l’obéissance au devoir. Le Maçon n’est jamais un individu solitaire, il sera d’abord guidé, pris en charge par la loge et dans la mesure de ses moyens il aidera à son tour les autres et portera sa pierre à l’édifice. La loge est son maître et elle lui apprend dès le départ çà vivre selon les principes dont il ne découvrira que bien plus tard les raisons d’être véritables, les fondements sacrés. Elle lui apprend à être solidaire d’une société d’égaux où les seules différences prises en compte sont celles de la qualité humaine, de la volonté de travail sur sa pierre brute, de l’élan vers la lumière.
C’est de ce point de vue et dans cet esprit qu’il faut apprécier les interprétations moralisantes du symbolisme notamment au ler degré. La loge est par vocation un lien d’échange et de partage et pour que la recherche initiatique commune puisse s’y développer dans des conditions optimales, il faut qu’elle crée un égrégore favorable et chaque Sœur et Frère apprenne à respecter son caractère libre, communautaire et fraternel. D’où la valeur permanente de la moralité en Maçonnerie.
L’effort de maîtrise, d’autodiscipline, de patience, de modération qui nous est demandé dès le ler degré, préfigure la sagesse de l’initié, sans lui la démarche initiatique ne peut atteindre son but.
Léo TaxilMystères de la Franc-Maçonnerie (Source Wikipedia)
Et le but c ‘est de progresser vers la connaissance des mystères du monde et de l’homme en remontant vers la Tradition et en nous engageant dans cette longue et difficile entreprise de décryptage des symboles qu’elle nous a légués.
A partir d’un certain degré dans la recherche, il est certains que la lecture morale du symbolisme n’est plus suffisante, si nous nous en contentions, elles nous masquerait l’essentiel de ses richesses et son enseignement véritable.
Appréhender le sens des symboles, c’est passer au delà des miroirs fallacieux de la réalité sensible pour pénétrer au Centre de l’Etre, qu’il s’agisse de l’être de l’univers cosmique, ou de l’être de l’homme, c’est mettre à jour les rapports harmoniques qui relient l’âme pensante de chaque entité humaine à la grande âme qui anime toute l’œuvre de la Création.
Les symboles sont comme un alphabet magique qui constitue les mots sacrés grâce auxquels nous pouvons essayer de retrouver ce sens perdu de l’existence, recomposer pierre par pierre le Grand Temple de l’Univers au sein duquel s’édifie sur la base d’un principe analogique, le Temple de l’Homme.
Il reçoit du Temple cosmique édifié par le Grand Architecte de l’Univers ses mesures, ses lois, son élan, son énergie et sa beauté. Le langage symbolique nous permet de composer un texte plus ou moins incomplet, décousu, grâce auquel nous pouvons entrevoir les éléments de cette connaissance primordiale qui nous donne la lumière, le sens véritable du monde et de la vie. Certains s’interrogeront sur l’utilité d’une telle connaissance.
Miroir magique dans la nature
Si elle réduisait à la compréhension du secret, elle aurait déjà l’avantage de fournir quelques réponses aux éternelles questions de 1’homme sur sa destinée, de satisfaire cette exigence de vérité qui anime celui qui a pris le chemin de l’initiation.
Mais l’enjeu est infiniment plus important car il s’agit pour l’initié de reprendre à son compte le cri célèbre d’Arthur Rimbaud répercuté par les innombrables voix du siècle: Changer la vie !
Là où le poète, de son propre aveu, a échoué dans son effort pour aller au delà du décor des apparences, l’initié peut réussir.
Le but réel de l’initiation, c’est à travers la maîtrise d’une connaissance symbolique, réaliser
un changement d’être radical et un renversement des valeurs dans le sens de la spiritualité:
Celui qui a vu à travers la symphonie inachevée des symboles la dimension spirituelle et sacrée de l’Etre, celui qui sait que rien n’est accident, que l’homme n’est pas cet être insignifiant jeté là par hasard dans l’immensité déserte de l’espace, que la vie n’est pas ce chaos de «bruit et de fi1reur››, «cette histoire absurde racontée par un fou›› (Shakespeare) ne peut pas vivre comme celui pour qui le monde est sans profondeur ni mystère, réduit aux limites étroites de sa petite expérience personnelle, des données sensibles et de son pauvre « bon sens››.
La connaissance initiatique n’est pas de l’ordre de la science, non seulement parce qu’elle se réfère à une réalité ésotérique, un plan de l’invisible peu accessible à l’expérimentation, mais surtout parce qu’elle ne saurait se réduire à un pur savoir.
Les symboliques de l’eau, du feu, de la lumière, du soleil et de la lune, nous rappellent sans cesse ce pouvoir régénérateur de l’initiation.
Elle est avant tout transmutation, transfiguration de l’être qui découvre que le non-sens est une apparence et une illusion, que dans un monde où tout semble lié par une nécessité, où tout dans le cosmos et la nature découle d’une pensée créatrice et d’une volonté de perfection inscrite dans les choses, où l’ordre obéit à des lois constitutives et inviolables, tout a nécessairement un sens et une raison d’être métaphysique, rien n’est objectivement absurde.
Le Grand Maître Michel BARAT a écrit que : « l’initiation est un pari sur le sens ». Un pari au départ, ensuite c’est un progressif dévoilement d’une totalité qui nous échappe.
A mesure que s’éclaire par bribes, petit à petit, le sens incertain de la création, émerge aussi une certitude, celle d’avoir une vocation, une finalité en ce monde : éveiller la partie spirituelle de notre être, l’élever dans le sens de cette exigence de perfection et de rigueur inscrite dans l’ordre cosmique, comme dans la loi sacrée, marcher dans le sens de la perfection pour valoriser notre être et notre vie. Toute initiation véritable porte en elle un devoir de perfectionnement continu.
Le pari sur le sens nous trace une finalité : le travail obstiné de soi sur soi vers l’obtention de la pierre cubique. Un homme peut-il continuer à mener une existence de termite muré dans ses intérêts mesquins et ses préoccupations égoïstes quand il sait qu’il est un artisan actif du
Grand Œuvre, qu’il participe à sa place, dans son travail de Maçon comme dans sa vie d’homme à la création ou plutôt à la re-création du Monde; quand il a mesuré que l’initiation ne s’arrête pas aux limites de la vie terrestre, qu’elle est une aventure de l’âme toute entière qui peut embrasser plusieurs durées et s’achever au plan de l’éternité?
L’être de l’initiation n’est pas celui du monde profane ou alors il n’y a pas eu d’initiation. Ce changement d’être, nous l’appelons dans notre langage symbolique: «la mort du vieil homme» mais en fait ce vieil homme meurt-il vraiment ? Ne laisse-t-il pas toujours en nous quelques racines pernicieuses toujours prêtes à produire de mauvais surgeons ?
Mieux vaut parler d’une régénérescence, d’un renouvellement de tout notre être, ce qui ne va pas sans une vigilance permanente à l’égard du vieil homme qui résiste à l’ascension initiatique, qui a plus d’un tour dans son sac pour nous ramener vers le bas. Et si jamais nous lui permettons de reprendre le dessus il a vite fait de nous faire perdre en un moment «le gain de cent parties» comme disait notre Frère Kipling.
Tout serait trop simple si le vieil homme s’éteignait en nous au moment où nous débutons notre odyssée initiatique. L’important c’est qu’à partir de cet instant et d’une manière définitive « je ›› veuille devenir un autre bien meilleur. Mais «rien n’est jamais acquis à l’homme, le vieil homme nous menace encore longtemps et «vigilance et persévérance» sont les prix à payer pour une victoire toujours incertaine.
Un Maçon en quête de lumière est une pierre du Temple de la création, 1’indispensable élément d’une cathédrale inachevée ouverte sur l’infini. Mais nous avons coutume aussi de dire de lui qu’il est un maillon de la chaîne éternelle qui unit depuis les origines toutes les générations d’initiés, ouvriers permanents du Grand Œuvre.
Victor Hugo
« J’ai porté mon chaînon de la chaîne éternelle »
a écrit Victor Hugo. C’est très exactement ce que nous ambitionnons de pouvoir dire au crépuscule de notre vie.
Progresser dans la voie de la spiritualité, c’est être capable d’un certain détachement par rapport aux biens et aux préoccupations du monde profane, c’est aussi faire l’expérience de l’amour, du don de soi, de la communication authentique et de l’échange avec les autres.
Plus on avance dans la connaissance, plus l’initiation s’épanouit en exigence éthique, plus elle nous fait ressentir le devoir d’humanité. Cette modalité de la sagesse apparaît en nous dès que l’esprit s’éveille sous la radiation vivifiante des grands symboles, dès que la tradition devient la chair et le sang de l’Etre.
Autrement, que signifieraient les termes de notre rituel:
« achever au dehors l’œuvre commencée dans le Temple ».
La connaissance ésotérique est secrète, mais la sagesse véritable ne peut que rayonner par un mouvement naturel de l’âme, de moins en moins par un effort et une raideur de la volonté au fur et à mesure que cette sagesse augmente. Elle devrait nous rendre ouverts, compréhensifs, attentifs aux autres, disposés à les soutenir, à les aider en cas de besoin.
Elle modifie aussi notre relation avec nos proches, nos amis, nos compagnons de travail. La fraternité maçonnique devient un modèle de conduite que nous nous efforçons de transposer dans toutes les sphères de la vie profane, dans la totalité de nos rapports humains. L’initié se doit d’être un ouvrier du Bien, un constructeur d’unité et d’harmonie. Il diffuse la lumière par l’exemple de sa vie, par 1’équilibre et l’harmonie interne des énergies et des potentialités de son être, tant il est vrai que ce sont les déchirures de la conscience, ses ruptures d’équilibre qui entraînent les tensions et les déchirures entre les hommes.
Les grandes chaînes d’union que les Maçons ne cessent de reformer et de tendre inlassablement à travers pays et continents ont-elles le pouvoir d’enrayer le flôt renaissant des maux qui prolifèrent dans le monde profane?
Nous pouvons œuvrer à changer notre être et notre vie, ceci est du domaine de notre liberté, mais nous mesurons notre impuissance à changer un monde plongé dans les ténèbres et nous sommes souvent enclins de ce fait à nous réfugier dans notre quête de perfectionnement spirituel. Mais la Franc Maçonnerie n’a t-elle pas toujours manifesté des ambitions de plus grande amplitude ? Est-ce que son universalisme puisé aux sources du judéo-christianisme, ses principes de fraternité ne lui imposent pas un devoir d’humanité envers tous les hommes ?
Est-ce que la Maçonnerie n’a pas la mission de répandre dans le monde ces valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité qui nous font vivre et qui sont le produit de notre spiritualité et de notre conception ésotérique de l’homme ?
Ce qui est sûr c’est que la mission est inscrite en tête de notre Constitution.
« La Franc-Maçonnerie a pour but le perfectionnement de l’humanité ».
A cet effet, les Franc-maçons travaillent à l’amélioration constante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien-être matériel.
Certes nous pouvons diverger sur les méthodes de ce perfectionnement de l’homme, mais ce qui est indéniable, c’est que la Maçonnerie a toujours œuvré dans le passé à la production d’idées et de solutions susceptibles d’harmoniser la société et de faire progresser les institutions comme les rapports humains vers plus de liberté, d’égalité et d’humanité.
Pythagore et son Delta
Il est intéressant de noter que dans plusieurs traditions initiatiques, au terme de l’ascèse et de l’ascension initiatiques on a la devoir de retourner vers la cité des hommes pour tenter, non sans risques, d’y faire pénétrer la Lumière de notre éthique et de notre humanisme. Tels sont les enseignements des pythagoriciens auxquels la Franc-maçonnerie doit beaucoup de ses conceptions et ses pratiques. C’est pourquoi les Maçons ne peuvent se détourner de la vie de la cité et des communautés dans lesquelles ils vivent parce qu’ils manifestent ainsi leur sentiment de responsabilité et la conscience de leurs obligations envers la société.
Le Maçon s’engage dans la fraternité citoyenne pour tenter d’incarner les valeurs d’universalité au sein des communautés socio-économiques et politiques de la société profane. Et il assume pleinement cette citoyenneté parce qu’il attribue aux entités collectives une valeur analogue à celle qu’il projette sur les personnes. On n’est responsable que de ce qu’on aime, du groupe dont on se sent responsable parce que nous identifions son esprit à notre esprit, sa volonté à notre volonté.
Le Maçon citoyen applique à la gestion de la chose publique les principes qui régissent ses rapports au sein de nos Loges. Agissant dans l’intérêt du collectif, il prend en charge avec un esprit de générosité et d’abnégation la vie de tous les membres de la communauté abstraite. La Maçonnerie ne cesse de réaffirmer sa volonté de
« rassembler ce qui est épars ».
En conclusion, les Maçons citoyens n’ont sans doute pas de politique maçonnique à proposer, mais ils disposent d’une éthique assez claire pour savoir ce qu’ils ont à promouvoir et ce qu’ils ont à refuser.
Leurs choix de citoyens sont ouverts mais guidés par les trois principes de notre devise commune: