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ANGLETERRE : Penzance Masonic Lodge ouvre ses portes pour donner au public un aperçu rare et dissiper les mythes de la franc-maçonnerie

De notre confrère anglais inyourarea.co.uk – Par Olivier Vergnault

Ce n’était que la deuxième fois que le lodge ouvrait ses portes au public.

Une loge maçonnique a ouvert ses portes au public pour aider à dissiper certains des mythes entourant la franc-maçonnerie.

Le Penzance Masonic Center a invité les membres du public à venir jeter un œil et discuter lors de sa journée portes ouvertes le mois dernier.

Plus de 50 personnes ont franchi les portes ce jour-là.

C’était la deuxième fois que la loge de Penzance , en Cornouailles , tentait de lever le voile sur les maçons. La première journée portes ouvertes a eu lieu en 2017.

Paul Crump de la loge a déclaré que la journée portes ouvertes était une excellente occasion pour le public de profiter de la beauté du temple et de poser des questions en général sur la franc-maçonnerie et également de se renseigner sur le travail caritatif du mouvement.

À l’intérieur du Penzance Masonic Center (Image : Greg Martin / Cornwall Live)

Le lodge a collecté plus de 210 000 £ pour des particuliers et plus de 21 organisations caritatives à Cornwall touchées par la pandémie.

Il a déclaré: «Notre comité a été encouragé par le flux constant de visiteurs, totalisant 51 personnes, tous posant des questions avec impatience. Le Penzance Masonic Center est classé Grade II et a un besoin urgent de restauration afin qu’il puisse être apprécié à la fois par le public et les francs-maçons. C’est dans cet esprit qu’un fonds Phoenix Building Appeal Fund a été lancé.

« Les PZMC sont les gardiens d’images, d’artefacts et d’autres objets rituels qui n’avaient jamais été vus et appréciés ou appréciés par le public.

« Tout au long de la période de « confinement » de Covid 19 et dans les coulisses, un processus de restauration constant s’est poursuivi et cela a permis de restaurer une incroyable exposition d’objets, d’images et de meubles maçonniques, en grande partie abandonnés depuis les dommages de guerre subis lors d’un raid aérien à 1942.

“Notre objectif est qu’un grand nombre de ces objets soient finalement exposés au public dans une zone muséale spécialement créée après la restauration de la zone du temple supérieur.”

Conférence publique sur le handicap dans la cité au GODF rue Cadet

Samedi 25 septembre dernier s’est tenue au GODF, rue Cadet une réunion publique dont le sujet était : « Le handicap dans la cité. »

La conférence débute par la présentation par Jacques ROUSSEL (grand officier délégué au Handicap et Vice-Président de la Fondation du Grand Orient de France), des invités, de l’ensemble des sujets de la conférence, celle du Grand Maître Adjoint Stéphane BRUNEL agrémentée d’une anecdote personnelle.

Depuis quelques années, le Grand Orient de France, a décidé, après près de 300 ans de silence ou plutôt de non réflexion efficiente sur le handicap, de revenir sur la posture originelle ; ne plus être inaccessible aux personnes en situation de handicap. C’est la raison pour laquelle, en début d’année 2021, a été allumé les feux d’une Loge de recherche 3H (Héphaïstos, Handicap, Humanisme,) dont une présentation sera faite par sa Vénérable Maître en fin de conférence.

Dans son livre, les invalidés, le conférencier du jour, Bernard QUENTIN explique qu’il a fait le choix du néologisme de ce titre car certains Hommes subissent dans cette vie une sorte d’invalidation qui peut venir de la société. Il nous interpelle sur le regard de la philosophie sur le handicap, comment les valides se représentent le handicap, sur la philosophie et la politique du handicap : « La différence physique ne créera pas de différence alors qu’elle en créée et de taille. »

Suit les témoignages importants de deux jeunes hommes, en fauteuil. Le premier est étudiant en STAPS en master management des événements loisirs et sportifs. Il n’a actuellement que l’usage de la parole. Il passe son BAFA à 17 ans et prépare actuellement son BAFA aux fonctions de directeur. Comment apprendre avec son handicap, comment valoriser ses possibilités, comment communiquer sont les sujets sur lesquels il nous apporte son témoignage.

Le second, né grand prématuré avec un handicap IMC, est étudiant en 3ème année de licence de droit classique à l’université Panthéon Sorbonne, il vit actuellement en complète autonomie dans une résidence étudiante en plein cœur du quartier latin. Il évoque en quelques points son expérience personnelle. Il partage ses réflexions sur la science ET l’autre, et la science DE l’autre. Il conclue par : « Le handicap est un produit de la conscience de l’autre. Plus une société à une vue stigmatisée plus le handicap est visible. Le handicap met en situation de challenge ».

Nous assistons ensuite à quelques interventions du public, trop limitées malheureusement, par le manque de temps. Suit la remise des prix de la Fondation du Grand Orient de France à 2 associations pour leurs actions dans la cité : L’association Le moulin vert et l’Association TCAP.

La conclusion et la clôture de cet après-midi sont faites successivement par Jacques ROUSSEL qui espère qu’au GODF, grâce à la loge d’étude et de Recherche Héphaïstos, et en Franc-maçonnerie en général, le mot handicap disparaisse ; puis le Grand Maître Georges SERIGNAC qui conclue par : « Outre la Loge de recherche, le but est que la plupart des Loges du GODF se saisissent de cette problématique, la Loge étant le moteur de cette réflexion, mais c’est aussi une réflexion collective que doivent se partager la plupart des loges du GODF »

Vous trouverez l’ensemble de la conférence sur la chaîne YouTube du GODF.

Célébration du 700e anniversaire de la mort de Dante par la Société dantesque de France

Bruno Pinchard, professeur émérite à l’Université de Lyon 3, doyen honoraire de la faculté de philosophie et président de la Société dantesque de France (SDdF) vous invite à un hommage en Sorbonne, sous la haute autorité de l’Académie française, le vendredi 10 décembre 2021 à 17h.

La SDdF se devait de célébrer le 700ème anniversaire de la mort de Dante Alighieri, dit « Dante » (1265-1321).

Une occasion de se retrouver après tant de séparation et de prolonger l’effort de tous les acteurs qui en 1921 déjà, et encore en 1965 ont contribué à faire de Dante le personnage central qu’il est aujourd’hui dans la culture française, pour ne rien dire des âges précédents. Nous vous attendons nombreux dans l’amphithéâtre Richelieu pour ce moment fort.

Bruno Pinchard interviendra sur « Les âges de Dante ». Après les différentes prises de parole, un concert de Michaël Levinas, de l’Institut, sera donné.

Infos pratiques :

Vendredi 10 décembre 2021, à 17h

Sorbonne, amphithéâtre Richelieu – 1, rue Victor Cousin 75005 PARIS

Entrée libre sur présentation du pass sanitaire

Renseignements : info@dantestque.fr

La Franc-maçonnerie demain : Réussir vraiment à embrasser, dès les parvis

La Sœur Zélande, arrive sur les parvis. Une dizaine de maçons bavardent. Et Zélande, tout sourire, agite la main et clame à tout vent : « Bonsoir tout le monde ! ». Puis elle se dirige vers Marie-Désiré qu’elle aime bien. Et les bévues continuent ! Elle lui claque, dans le vide, trois baisers secs. Ce n’est pas tout ! Car elle est affectueuse, Zélande !

Voici Aïcha qui se retourne tout sourire vers elle. Cela mérite bien une accolade furtive, un bras autour des épaules, surtout sans trop appuyer ; de petites tapes de ci de là ; résultat : Zélande se sent bien accueillie. La tenue peut commencer Et bien pas du tout, ma Sœur ; Tu « embrasses » comme la majorité le faisait en 2025. La si triste accolade ! Il faut revoir tout ça car le corps parle très fort et tu l’as oublié. Ce faisant tu n’es pas bien prête pour la Tenue. Car justement elle commence sur les parvis !

 Embrasser, c’est toucher

 Toucher physiquement l’autre pour le toucher dans son cœur. Mais pas n’importe où et n’importe comment. Observons maintenant cette promesse d’affection échangée grâce à des gestes soigneux. Voici Maldoror et Isidore. D’abord, ils serrent leur corps l’un contre l’autre. Ça ce n’est pas venu tout seul pour Isidore, gêné par le contact des bas-ventres. Mais ça y est, il a pigé. Puis ils s’enlacent avec un bras sur l’épaule de l’autre. Ils soulignent bien la pression. C’est essentiel pour ressentir la protection affectueuse. Enfin ils s’embrassent les joues trois fois chacun. Pour de vrai ; Pas de petit frôlement en fantômes de lèvres sur les pommettes figées. Par leur étreinte fraternelle Maldoror et isidore sont dès lors plus proches Oh ce n’est pas par les mots ; ils le ressentent physiquement sans s’en douter !

 L’enfant nait par la peau touchée.

Toute initiation, sous la mise en scène de son époque – les symboles, les mythes, les rites- bégaie depuis la nuit des temps, l’aventure initiale : le ventre et sa sortie. La revivre es le point d’éclosion quantique de la vie. Et cela commence par le corps tiré aujourd’hui de sa couveuse électronique. Avant c’était l’expulsion brutale ; aujourd’hui c’est l’accueil par le toucher des mains du naisseur. Mais, dans les deux cas le toucher qui diffuse le bien-être au petit corps.

Les embrassades sur les parvis sont les conditions indispensables pour tous. Ils, elles entrent en état inconscient et bien réel d’affection fraternelle partagée.

Zélande, ma Sœur, tu arrives sur les parvis – ta renaissance commence : embrasse., embrasse, embrasse ; Tu te sentiras confusément nouvelle, Zélande !

(VIDEO) Mélusine, une fée féministe

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De notre confrère France-Culture

Mi-femme, mi-serpent, la fée Mélusine a traversé les siècles pour devenir une figure féministe. Le mythe qui l’entoure a même fait d’elle un personnage merveilleux, dont d’illustres familles européennes se réclament encore aujourd’hui. Joanna Pavleski s’y est intéressée dans le cadre de sa thèse de littérature médiévale, elle nous conte la légende de la fée Mélusine.

Mélusine est un personnage féminin légendaire anguipède du Poitou, d’Alsace, de Lorraine, de Champagne, du Luxembourg et d’Allemagne souvent vue comme fée, et issue des contes populaires et chevaleresques du Moyen Âge. En France, elle peut se retrouver sous les noms de Merlusse (Vosges), Mère Lousine (Côte d’Or), Merluisaine (Champagne)… : ce nom renvoie plusieurs grands thèmes légendaires, comme par exemple la nymphe des eaux, l’être de terroir, le génie qui habite un certain lieu, le succube qui vient du monde diabolique s’unir charnellement avec un homme, l’annonciatrice de mort, la vouivre ou encore la sirène.

Très ancienne, elle est pour les mythologues la « mater lucina » romaine qui présidait aux naissances, ou une divinité celte, protectrice de la Font-de-Sé (fontaine de la soif). Il pourrait également s’agir de la Lyké des Grecs, de la Mélugina des Ligures ou de la Milouziena des Scythes, dont le peuple serait issu d’Héraclès et d’Échidna, elle-même a une queue de serpent et des ailes de chauve-souris. Les Scythes dits « Taïfales » auraient en effet pris pied avec l’armée romaine dans le Poitou où ils auraient fondé la ville de Tiffauges. Pour les Gaulois, elle serait plutôt une sorte de Parque du nom de Mélicine (la tisseuse), d’où le thème de la destinée, très présent dans le mythe de Mélusine.

L’une des évocations les plus anciennes de la figure de Mélusine nous vient de Walter Map (né aux alentours de 1140 ; † entre 1208 et 1210). Dans son livre De nugis curialium (Contes pour les gens de cour), on trouve aux côtés de contes d’origine celtique un dit nommé Henno cum dentibus (Henno à la dent) qui rapporte la rencontre d’Henno avec Mélusine qui devient son épouse. La mère de Henno surprend le secret de Mélusine qui se transforme en dragon quand elle se baigne.

Gervais de Tilbury développe dans Otia imperialia (Le Livre des merveilles)3 le thème de Mélusine qui apparaît dans une vision médiévale du monde. Le texte est daté de 1211/14, et est dédicacé à Otton IV du Saint-Empire.

Son histoire est immortalisée en prose par Jean d’Arras, dans son roman Mélusine ou la noble histoire des Lusignan qu’il offrit le 7 août 1393 au duc Jean de Berry, frère du roi Charles V et à sa sœur Marie de France, duchesse de Bar. Vers 1401, la légende est à nouveau contée, en vers cette fois, par Couldrette, dans son Roman de Mélusine qu’il écrivit pour Jean II de Parthenay-l’Archevêque, sire de Parthenay. En 1698, François Nodot propose une adaptation du roman d’Arras. On trouve aussi une évocation de Mélusine dans Les Très Riches Heures du duc de Berry (mois de mars). Mais l’histoire de Mélusine est bien plus ancienne : la littérature latine du xiie, xiiie siècle produisait déjà des contes se rapportant à une fée semblable à Mélusine. Pierre de Bressuire, prieur à l’abbaye Saint-Éloi et secrétaire de Jean II le Bon, écrivait au début du xive siècle, dans son Reductorium Morale, une histoire similaire à celle de Mélusine bien que la fée du conte ne soit pas nommée.

Pour allez plus loin…

Qui est la fée MÉLUSINE ? (France Culture, 1997) Durée : 2:20

(VIDEO) À Louxor, l’Égypte inaugure son musée « à ciel ouvert » lors une cérémonie grandiose

De notre confrère huffingtonpost.fr

Les temples et les sphinx de Karnac rénovés ont fait l’objet d’une inauguration magnifique, après que la crise sanitaire a beaucoup affecté le tourisme égyptien.

Vieux de 3500 ans, les centaines de sphinx à tête de bélier et corps de lion de Louxor ont retrouvé une nouvelle jeunesse sur l’allée qui mène au temple de Karnak, dans le sud de l’Égypte. 

Jeudi 25 novembre au soir, lors d’une cérémonie grandiose dont l’Égypte du président al-Sissi est friande, le chef de l’État a inauguré l’allée de statues rénovées qui mène au temple du dieu Amon, l’une des principales divinités du panthéon égyptien. 

L’objectif, assure le ministère du Tourisme, est de faire des lieux “un musée à ciel ouvert” dans un pays où le secteur touristique emploie deux millions d’Égyptiens et génère plus de 10% du PIB.

“La grande allée avec plein des statues” 

La procession pour la réouverture de la route qui court sur trois kilomètres, du temple de Karnak à celui de la Thèbes antique -capitale de l’Égypte au Moyen et au Nouvel Empire et ville du dieu Amon- comprenait une reconstitution de l’ancien festival d’Opet, où des statues de divinités thébaines défilaient chaque année à l’époque du Nouvel Empire pour célébrer la fertilité et la crue du Nil. Des chars pharaoniques et plus de 400 jeunes artistes vêtus de costumes pharaoniques ont défilé le long de l’avenue. 

Vieille de 3400 ans, cette allée également connue sous le nom de route des béliers ou d’avenue des sphinx, est bordée de centaines de sphinx à tête de bélier ou d’homme, bien qu’au fil des ans, beaucoup aient été érodés ou détruits. Elle a fait l’objet de plusieurs efforts de restauration depuis sa découverte en 1949, et le dernier a commencé en 2017.

Suite de l’article et photos sur huffingtonpost.fr

(VIDEO) Cartomancie et Franc-Maçonnerie

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Explorez une nouvelle facette de l’univers des cartes à jouer. Partez à la rencontre avec Pierre Mollier, historien, spécialiste de l’histoire de la franc-maçonnerie et Directeur du Musée de la Franc-Maçonnerie du Grand Orient de France. Pierre Mollier a étudié l’imagerie symbolique. Il raconte les relations étroites et histoires communes entre la Franc-Maçonnerie et la cartomancie.

De l’esprit et de la lettre

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Le politiquement correct militant, ça commence à devenir vraiment n’importe quoi. J’en veux pour preuve le fait que nous commençons à utiliser des expressions douteuses pour ne pas risquer de heurter la sensibilité des uns et des autres et ce au détriment de l’intelligence.

Bon, je ne vais pas m’étendre sur l’entrée du pronom iel et de son pluriel iels dans la nouvelle édition du Petit Robert (que je propose de renommer Petit.e Robert.e pour rester dans l’air du temps). Je me demande juste comment on va l’accorder pour rester dans les règles usuelles du français…

Le principe du langage est de nommer les choses : chaque « objet » a un « nom » bien précis auquel il se rapporte. Prenons un exemple : le chat. Le terme général renvoie à l’espèce Felix sylvestris, le félin que nous connaissons et qui conspire pour nous grand-remplacer. Le chat qui m’a fait l’aumône de sa maison a un nom précis : Pépette. Il est un représentant de l’espèce féline. De la même manière, le chat de ma sœur, Rantanplan (le chat, pas ma soeur), est d’une espèce différente, mais reste un chat. Nous avons donc un concept : le chat. Le mot chat est un signifiant, et Pépette et Rantanplan sont deux signifiants qui ramènent la réalité de nos chats respectifs. En revanche, le signifié ramène au concept du chat. Il faut bien comprendre que le rapport entre le signifiant (le mot chat) et le signifié (l’immonde bestiole à poils longs qui se jette sur mon piano la nuit ou bouffe mes maquettes Gundam ou la peluche vivante qui n’a pas compris le principe de chatière) est purement arbitraire. Le signifié peut avoir plusieurs signifiants et réciproquement. C’est ainsi que fonctionne le langage : un signe a des signifiants et des signifiés, le rapport entre les deux étant purement arbitraire mais accepté par tous pour une meilleure compréhension et surtout pour une meilleure transmission.

Concernant le symbole, c’est un peu différent : le lien entre signifiant et signifié est motivé, mais le signifiant et le signifié se rapportent à une idée, et non un concept.

Ainsi, le concept de chat ramène bien à la bestiole qui fait miaou, mais la figure du chat symbolise bien des choses : grâce, douceur, discrétion, malhonnêteté, chapardage élégant etc. Le lien entre signifiant et signifié dans la portée symbolique est motivé par l’idée que je me fais du chat : sale bête mais pourtant fascinante. Pour le reste, je vous invite à consulter les cours et travaux de Mme Céline Bryon-Portet, professeur des universités exerçant à l’Université Paul Valéry de Montpellier.

Ce rappel théorique étant fait, j’en arrive au coeur du problème dans le langage aujourd’hui, et les actions de militants aux motivations douteuses : depuis quand ne doit-on plus dire femme enceinte mais personne enceinte, et surtout depuis quand doit-on parler de personne sexisée pour parler des femmes ?

Premièrement, l’adjectif (ou le participe passé, ce n’est pas clair) sexisé n’existe pas. Je suppose qu’il doit avoir le même genre de sens que le terme racisé et renvoyer à ce qui n’est pas un épouvantable mâle blanc dominant. On est racisé dès lors qu’on n’est pas un homme urbain, bourgeois, occidental. Et donc je suppose qu’on est sexisé dès qu’on n’est pas un homme hétérosexuel, cisgenre, non binaire, typé occidental (les circonlocutions, ça rallonge les textes, dommage que je ne sois pas payé à la ligne, je ferais fortune).

Vous me pardonnerez ma conception basique et binaire du langage, mais il me semble qu’on est homme ou femme, avec de subtiles nuances entre les deux, certes, mais qu’on n’est pas homme ou sexisé.

Si j’en reviens à ma construction de langage, le concept de femme et les signifié et signifiant associés sont rendus invisibles dans le langage engagé des militant.e.s divers.e.s et varié.e.s. Autrement dit, au nom de leurs convictions pour je ne sais quelle minorité, ils sont prêts à rendre les femmes invisibles. J’étais déjà perplexe avec l’emploi de l’expression « personne enceinte » en lieu et place de femme enceinte, mais avec l’emploi de ce nouveau mot, sexisé, j’ai l’impression qu’on atteint un nouveau palier. En tout cas, cette expression montre bien une chose : la volonté claire par des militants de faire disparaître les femmes en les faisant disparaître du langage.

Dans les années 1990, l’humoriste Guy Bedos se moquait déjà de cette tendance au politiquement correct avec son célèbre : « Il n’y a plus de cons, il n’y a plus que des mal-comprenants ». Trente ans plus tard, il n’y a plus de femmes, il y a des personnes enceintes et des personnes sexisées…

Nous autres Francs-maçons, du moins ceux qui ne sont pas fourvoyés avec leurs Mauvais Compagnons ou dans la pseudo-Régularité, sommes supposés défendre une certaine idée de l’universalisme, même ceux de mon obédience, pourtant monogenre. Mais j’attends le moment où nous devrons parler de Grande Loge Sexisée de France ou de Grande Loge Mâle Blanche Dominante Non-mixte sexisée de France… Ou sur le frontispice de l’ancien hôtel de Maria Deraismes, devra-t-on écrire en lieu et place de la devise du frontispice :« Dans l’humanité, la femme a les mêmes devoirs que l’homme. Elle doit avoir les mêmes droits dans la famille et la société » une nouvelle devise comme « Dans l’humanité, la personne sexisé.e a les mêmes devoirs que le mâle dominant cisgenre du système patriarcal. Iel doit avoir les mêmes droits dans le groupe familial à tendance cogénétique et le système patriarcal. ».

S’il faut chercher l’esprit derrière la lettre, je dirais qu’il se trouve dans ce paradigme une trop grande sophistication du langage pour être honnête. Pire, cette formulation est univoque et ne laisse plus aucune place à l’interprétation, empêchant le lecteur d’exprimer sa subjectivité en le privant de la possibilité d’interpréter le texte.

Cette trop grande sophistication est également factrice de chaos, celui-ci prenant naissance dans une trop grande quantité d’information. Le problème est qu’il en résulte une pensée confuse et un langage aussi illisible qu’inintelligible. Et même si cette confusion doit en satisfaire certains, il n’est pas sûr qu’elle serve la cause des vrais opprimés (qu’elle rend invisibles en les noyant dans ce gloubiboulga linguistique).

Certes, nous autres Maçons savons épeler, mais dans le monde profane, il est mieux d’avoir des textes clairs, non ? Et nous attachons aussi une grande importance à la portée symbolique d’un texte. C’est cette lecture du symbole qui permet une certaine autonomie d’interprétation (et qui permet la visibilité de tous dans l’interprétation du lecteur). Retirer la portée symbolique d’un texte, le réduire à une simple dimension littérale en en retirant les portées culturelles ou subjectives, c’est tuer l’esprit derrière la lettre. Et ça, pour un Franc-maçon, c’est inadmissible.

Bon, sur ce, je vous laisse, je vais préparer ma réunion bi-mensuelle en non-mixité sexisée, on va justement parler de choses consensuelles comme l’universalisme et je sens que je n’ai pas fini de rigoler.

Je vous embrasse.

Tragédie des croyances communes : perte de rationalité et anti-Lumières

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Des études sociologiques ont montré que dans les groupes les opinions professées et les arguments support ont tendance à s’aligner : c’est la tragédie des croyances communes . Elle est une composante du post-modernisme qui cherche à détruire les Lumières.

Connais ton ennemi et tu pourras le vaincre :  sous-cultures, boucs émissaires, certains rites de passage…

Pour ceux qui n’en sont pas convaincus, et pourtant Freud a fait une belle carrière grâce à ça, il faut savoir que des tests l’ont désormais démontré :  notre désir nous gouverne, et notre cortex sera le fidèle serviteur de nos envies, calculant probabilités, fournissant des prétextes et justifications. C’est cette dernière fonctionnalité du cortex qui me fait dire que la raison n’est pas exclue de la salle de commandement.

Dans quelques cas idéaux il naît du dialogue un gagnant-gagnant différent de l’expression initiale du désir. Mais ça peut aussi se compliquer  lorsque, en cours de dialogue, il faut « peser » l’importance d’un élément et que les deux parties ont des valeurs morales différentes. Il peut s’agir d’interversions sur l’échelle des valeurs (exemple : en matière d’écologie, le souci du bien-être collectif à l’échelon de la planète prime l’autonomie individuelle…ou l’inverse »).

Un autre cas fréquent, hélas, plusieurs divergences proviennent de notre liste personnelle de boucs émissaires :  multinationales cyniques, banquiers cupides, fonctionnaires bureaucrates, politiciens menteurs, complotistes incultes qui « la ramènent », juifs etc.

On observe la formation de groupes de pensée avec une certaine homogénéité, en fait ce qu’aux US on a pu nommer « sous-cultures » (des courants de pensée, quoi), par exemple la sous-culture progressiste et laïque d’une part, et la sous-culture religieuse et conservatrice d’autre part. En observant les foules enfiévrées dans un meeting politique, on constate que l’intérêt de la vérité disparaît très vite au profit des aspects identitaires : c’est le triomphe de l’expression de soi sur la recherche de la vérité. Notre cœur maçonnique saigne !

Les théoriciens ont nommé ce phénomène d’alignement des opinions et arguments « tragédie des croyances communes ». Bien sûr les taux d’occurrence faiblissent à mesure que le niveau d’instruction des personnes concernées augmente : obtenir qu’un intello s’aligne sur une proposition toute faite n’est pas facile ; une meilleure maîtrise des notions statistiques suffit déjà à hausser la qualité des réponses. Mais ce n’est visiblement pas le seul paramètre en jeu.

Aux USA on a nommé « seconde culture » la sphère professionnelle que nous nommerions « littéraire », incluant la philosophie, la sociologie, la politique, le journalisme, etc. Dans ce monde, les membres se sont dans leur cursus peu frottés à la dureté des lois physiques de l’univers ; il n’est donc pas étonnant que « tout est possible » figure dans leur vocabulaire, ce qui peut faire prendre des positions anti-science baignées de « yaka » .  De plus, il faut reconnaître que les écrivains occupaient partout jusqu’au début du 20e siècle la place la plus médiatique dans le cercle des intellectuels. Ce ne serait pas fort éthique, mais ce serait compréhensible que certains rêvent en douce de voir certains scientifiques tomber de leur piédestal. 

Bref retenons que des groupes sous-culturels s’affrontent « pour avoir raison ». Nous avons tous eu un ami qui brusquement s’est mis à prendre une position anti-Lumières ( ou post-moderniste ), sur base de quelques éléments (vite démontés comme manipulés) afin d’aller dans le sens de la thèse désirée. Personnellement, les revirements de ces personnes me laissent profondément perplexe. Comment les expliquer ?

Un indice nous est constitué par les effets bénéfiques fournis par les religions à leurs ouailles, et en particulier l’effet anxiolytique de l’angoisse de mort. 

En étudiant ces phénomènes le juriste américain Dan Kahan est arrivé à une conclusion surprenante.

Il rappelle qu’il existe une seconde angoisse qui taraude l’humain :  c’est l’exclusion du groupe, laquelle au temps jadis menait à la mort. En faisant passer un test d’irrationalité à des personnes de divers niveaux intellectuels, il lui est apparu que les plus obtuses des réponses d’un groupe sous-culturel étaient fournies par les participants au niveau le plus sophistiqué….et le schéma était identique chez les penseurs de gauche comme chez ceux de droite.

Petite parenthèse en passant :  le chercheur a avec ses équipes analysé la justesse de prédiction d’événements possibles à moyen terme dans l’espace public. Le résultat fut que les commentateurs idéologues, tant de gauche comme de droite, ont obtenu le plus mauvais score de tout le panel. Les meilleurs scores de prédiction furent obtenus chez les nerds ou geeks , peu farcis d’idées préconçues mais costauds en statistiques et interrogation de bases de données, et à l‘écoute de tous les avis.

Mais revenons à nos moutons frappés de croyances communes . Les sous-cultures, ce sont donc des groupes qui pratiquent un corpus de croyances soutenu par un argumentaire, et/ou un narratif. On adore qu’on nous raconte des histoires, ça nous endort ou, plus exactement, cela endort notre crainte d’être éjecté du groupe.

Les rites de passage, vous connaissez ? Eh bien cela existe aussi dans les sous-cultures. Pour être admis, le postulant doit réussir une épreuve. Comme on sait bien qu’avec un niveau d’instruction croissant on tient de plus en plus à la vérité, on soumettra le candidat intello au test de défendre dans l’espace public un truc gros comme une maison. Une fois le candidat membre du groupe, il recherchera et consommera, comme les autres, des nouvelles qui viendront renforcer/exacerber ce qu’ils ressentent comme fans du groupe, et non plus pour étayer plus leur opinion. C’est ce qu’on appelle aux US faire des mensonges solidaires ( blue lies ).

L’ennemi de la raison dans l’espace public n’est donc pas exactement la prolifération des fake news, mais plutôt la conjugaison des forces dans les sous-cultures, religieuses ou idéologiques. La mauvaise nouvelle est que le débordement de testostérone impliqué par les croyances communes et leurs spirales aggravantes mène aussi les membres de ces groupes à participer plus nombreux que les autres aux élections… populistes en vue.

Bon, tout n’est pas perdu, notamment grâce aux efforts héroïques de la franc-maçonnerie ;  foin de blagues, le nombre d’athées et des rationalistes ( Bronner, Pinker, Dennett, et plein de scientifiques ) est en expansion dans le monde, et des membres des obédiences traditionnelles supportent aussi l’humanisme. Il existe quelques autres éléments positifs dans les réflexes de l’habitant moyen de nos pays occidentaux :  par exemple, pas mal de journalistes n’acceptent une dépêche que lorsqu’elle est accompagnée du fact-checking adéquat .

On compte sur vous pour porter nos valeurs dans la société civile !