Giuliano Di Bernardo : sur les loges, les procureurs manquent d’une vision d’ensemble, pour comprendre il faut tout relire sur la Loge P2.
L’ancien Grand Maître du Goi : « L’État, la CIA, la mafia et la Loge P2 ont collaboré pour rendre la Sicile autonome. Gelli a contribué en réorganisant la mafia et la ‘Ndrangheta «
Agostino Cordova
« Ce qui manque aux magistrats qui enquêtent sur la franc-maçonnerie, c’est une vision d’ensemble. Ils considèrent de nombreuses pièces distinctes les unes des autres. Mais s’ils ne voient pas ce qui les unit, ils n’iront jamais dans la bonne direction et les vérités resteront toujours cachées. » Parole de Giuliano Di Bernardo, ancien Grand Maître du Grand Orient d’Italie. Dans une interview accordée au Corriere della Calabria, il a rappelé les raisons qui l’ont amené à quitter ses fonctions en 1993, à la suite de l’enquête sur l’infiltration de la ‘Ndrangheta dans la franc-maçonnerie coordonnée par le procureur de Palmi de l’époque, Agostino Cordova, décédé cette année. Depuis des années, Di Bernardo a été entendu par des magistrats dans des procès impliquant des gangs, des loges couvertes et des fixeurs aux accents mafieux.
« J’ai commencé il y a quelques années par mes témoignages à la Commission anti-mafia, d’abord avec celle présidée par Rosy Bindi, puis avec celle présidée par Nicola Morra », a-t-il déclaré, rappelant le peu d’objectifs atteints par les deux commissions dans ses rapports. « J’ai commencé par attirer l’attention sur P2 : j’ai dit que si P2 n’était pas clarifié, de nombreux faits qui concernent non seulement la franc-maçonnerie, mais aussi l’État italien, resteraient dans l’ombre, dans le mystère. Il ne fait aucun doute que P2 est une création de la CIA, en collaboration avec Gladio et l’OTAN », a déclaré l’ancien Grand Maître Goi. « Gelli n’était pas le franc-maçon qui utilisait le Grand Orient d’Italie de manière déviante. Gelli avait été délégué par les Grands Maîtres du Grand Orient d’Italie pour les représenter dans la gouvernance de P2, qui était la loge du Grand Maître. Donc tout ce que Gelli faisait avec le P2, il le faisait avec le consentement du Grand Maître. Rien qu’une loge déviante ».
Licio Gelli
Le vénérable Licio Gelli, a rappelé le franc-maçon, « a suivi les instructions du gouvernement américain à travers la CIA. P2 était son bras pour le contrôle de l’Italie et de l’Europe, pour les défendre d’une éventuelle attaque de l’Union Soviétique. Le rôle joué par Gelli n’est donc pas marginal ou déviant, mais un rôle très spécifique, exercé en collaboration avec d’autres institutions qui tendaient vers le même objectif. Il fut un temps où les États-Unis voulaient que l’autonomie de la Sicile en fasse leur siège en Méditerranée, leur propriété exclusive. Et P2 fait partie de ce projet : c’est là que se manifeste la relation de P2 avec la mafia, qui participe à ce projet.
Di Bernardo souligne la nécessité de revenir sur l’enquête sur P2 si nous voulons comprendre pleinement le plan de renaissance démocratique de Licio Gelli et ses ramifications qui atteignent l’agenda politique aujourd’hui.
« Le Plan de renaissance démocratique est un élément d’une mosaïque plus large »
explique Di Bernardo.
Et à la question de savoir si ce projet de libre accès de la Sicile par les Américains, pour résumer sa pensée, incluait également la soi-disant négociation État-mafia, l’ancien Grand Maître a répondu. « C’est une phase secondaire, mais cela en fait partie. C’est déjà une phase ultérieure presque dégénérative. Je parle du moment le plus important, dans lequel se crée un syncrétisme entre une partie de l’État italien, la mafia, P2 et le gouvernement américain. C’est à partir de là que les magistrats devraient commencer à comprendre les relations entre la mafia, l’État et la franc-maçonnerie en Sicile. Et à propos de la Calabre ? »
La Calabre est impliquée dans ce projet de Gelli, qui réorganise pratiquement les familles ‘Ndrangheta et les met sous son obéissance. Je suis convaincu que si nous pouvions voir la vraie liste des P2, nous trouverions tous les chefs des clans calabrais et sicilien », a déclaré Di Bernardo. « Il faut voir la mosaïque dans la dimension diachronique. Il y a eu le moment doré où l’État, la CIA, la mafia et le P2 ont collaboré pour rendre la Sicile autonome. Gelli y contribua en réorganisant la mafia et la ‘Ndrangheta. Les choses ont ensuite changé parce que les États-Unis ont tourné leur intérêt ailleurs. Et c’est typique des États-Unis.
Aldo Moro (années 70)
Ils ont d’abord entamé les démarches pour atteindre leur objectif, puis ils ont dit que cela ne les intéressait plus, mettant P2, la mafia et l’État en crise. Cette partie de l’État est constituée de la droite du fascisme qui s’est recyclée dans la République, occupant ses sommets stratégiques. Cette droite qui a tenté d’empêcher par tous les moyens la mise en place de l’État démocratique, en collaborant avec la CIA, le P2, la mafia et les dirigeants de la franc-maçonnerie. Ce centre du pouvoir est responsable des massacres et des meurtres les plus brutaux, comme celui d’Aldo Moro ».
Mais aujourd’hui, observe Di Bernardo, « nous nous trouvons dans une situation de plus grand conflit parce qu’il n’y a plus de droite forte qui tente de maintenir un style de vie différent de celui proposé par la gauche. Aujourd’hui, on crée un état d’anarchie qui ne cesse de s’aggraver et qui détruit ou affaiblit la démocratie. »
En 1951, le psychologue Solomon Asch a mené une expérience révolutionnaire qui a mis en lumière la puissance du conformisme social. Cette étude, devenue un classique de la psychologie sociale, démontre à quel point les individus peuvent être influencés par l’opinion du groupe, même face à une évidence visuelle. L’expérience impliquait un groupe d’étudiants participant à un prétendu test de vision.
Parmi eux, un seul « sujet naïf » ignorait le véritable objectif de l’étude, les autres étant des complices de l’expérimentateur. La tâche consistait à comparer la longueur de lignes sur des affiches.
Les résultats ont été stupéfiants : 37% des sujets naïfs se sont conformés aux réponses erronées du groupe, allant jusqu’à nier l’évidence visuelle. Plus troublant encore
75% des participants ont cédé à la pression du groupe au moins une fois au cours de l’expérience.
Asch a exploré diverses variantes, notamment l’impact de la taille du groupe et de l’unanimité. Il a constaté qu’un groupe de 3 à 4 complices suffisait pour maximiser le conformisme, et que la présence d’un seul allié réduisait considérablement la tendance à se conformer.
Cette étude soulève des questions importantes sur la prise de décision individuelle et collective. Elle met en évidence notre vulnérabilité face à la pression sociale, même lorsque nos sens nous disent le contraire. L’expérience d’Asch reste aujourd’hui une référence incontournable pour comprendre les mécanismes du conformisme et leurs implications dans divers domaines, de l’éducation à la politique.
Les variantes que Asch a testées pour étudier le conformisme
Asch a testé plusieurs variantes de son expérience originale pour étudier différents aspects du conformisme : La taille du groupe : Asch a fait varier le nombre de participants de 1 à 15 personnes. Il a constaté que le taux de conformisme augmentait significativement avec 3 personnes (32%), puis plafonnait avec 3 à 4 complices. L’unanimité du groupe : Asch a introduit un partenaire de confiance qui donnait la bonne réponse, brisant ainsi l’unanimité. Cela a entraîné une diminution significative du taux de conformisme.
Le retrait d’un vrai partenaire : Après avoir soutenu le sujet « naïf », le partenaire se ralliait à la majorité. Contrairement aux attentes, le taux de conformisme du sujet augmentait suite à cette perte de soutien. La présence d’un dissident : Même lorsqu’un complice donnait une réponse erronée différente de la majorité, le taux de conformisme du sujet « naïf » diminuait. Ces variantes ont permis à Asch d’explorer les facteurs influençant le conformisme, comme la pression du groupe, le soutien social et l’impact de la dissidence.
Quels liens peut-on faire entre l’expérience de Hasch et la Franc-maçonnerie ?
L’expérience de conformité d’Asch et les principes de la franc-maçonnerie peuvent sembler, à première vue, diamétralement opposés. Cependant, une analyse plus approfondie révèle des liens intéressants entre ces deux domaines.
Conformisme vs. Libre pensée
L’expérience d’Asch met en lumière la tendance humaine au conformisme, même face à une évidence contraire. Dans son étude, rappelons que 37% des participants se sont conformés aux réponses erronées du groupe, allant jusqu’à nier l’évidence visuelle. Ce phénomène contraste avec l’un des principes fondamentaux de la franc-maçonnerie : la liberté de conscience et la libre pensée.
La franc-maçonnerie proclame « le principe de la liberté absolue de conscience » comme « la pensée fondamentale et comme la clé de voûte » de son organisation. Elle encourage ses membres à penser par eux-mêmes et à remettre en question les dogmes établis. Cette approche semble s’opposer directement au conformisme observé dans l’expérience d’Asch.
Pression du groupe vs. Individualité
L’expérience d’Asch démontre la puissance de la pression sociale exercée par un groupe majoritaire. Cependant, la franc-maçonnerie, tout en étant une organisation collective, met l’accent sur le développement individuel et l’importance de la conscience personnelle. Elle accepte dans son sein des hommes de toutes les croyances philosophiques, valorisant ainsi la diversité de pensée au sein du groupe.
Rôle de l’allié
Une variante intéressante de l’expérience d’Asch a montré que la présence d’un seul allié ou dissident pouvait réduire considérablement le taux de conformisme. Ce phénomène trouve un écho dans la franc-maçonnerie, où le soutien mutuel entre « frères » est valorisé, tout en encourageant la diversité d’opinions.
Quête de vérité
Rassemblement mixte d’initiés
Bien que l’expérience d’Asch mette en évidence la tendance humaine à se conformer, même face à une erreur évidente, la franc-maçonnerie encourage une quête constante de vérité et de connaissance. Les francs-maçons sont invités à « renoncer à frapper d’ostracisme ceux de nos semblables dont la mentalité est différente de la nôtre », ce qui pourrait être interprété comme une invitation à résister au conformisme aveugle.
Régularité et conformité
La notion de « régularité » en franc-maçonnerie, qui définit les critères de reconnaissance entre obédiences, pourrait être vue comme une forme de conformisme institutionnel. Cependant, il existe une tension entre cette recherche de régularité et le principe de liberté de conscience, illustrant la complexité des relations entre conformité et individualité au sein de l’organisation.
Le conformisme en Franc-maçonnerie
L’expérience d’Asch et les principes de la franc-maçonnerie offrent des perspectives complémentaires sur la nature humaine et les dynamiques de groupe. Alors que l’expérience d’Asch révèle notre vulnérabilité face à la pression sociale, la franc-maçonnerie propose un cadre qui vise à cultiver la pensée indépendante tout en maintenant une structure collective. Cette tension entre conformité et individualité, mise en évidence par l’expérience d’Asch, est également présente dans la franc-maçonnerie. L’organisation cherche à créer un équilibre entre l’unité du groupe et la liberté individuelle, entre la régularité et la diversité de pensée. En fin de compte, tant l’expérience d’Asch que les principes maçonniques nous invitent à réfléchir sur notre propre comportement en société, sur notre capacité à résister à la pression du groupe et sur l’importance de cultiver une pensée indépendante tout en maintenant des liens sociaux forts.
S’il est vrai que la franc-maçonnerie argentine a apporté de grands hommes à la construction de notre État national, ce n’est qu’en 2002 qu’apparaissent les premiers groupes de femmes et on compte déjà quelque 400 membres regroupés en 15 loges.
Brochure de la loge féminin argentine
Sans parler de la relation fraternelle (secrète) entre le péronisme et la franc-maçonnerie ou la gauche socialiste/marxiste ( Marx et Engels ) ou Salvador Allende au Chili.
C’est passé inaperçu, alors que les premiers jours du premier mandat de Mariel Fernández étaient à peine passés, que le logo Fleur de Lis apparaissait sur les pages Web de la municipalité ainsi que sur les réseaux sociaux, puis sur tous les appareils de propagande et de communication.
Brochure de la loge féminin argentine
Une brochure apportée à cette rédaction il y a quelques jours a dissipé notre doute ; On pouvait le voir avec d’autres bulletins, sur papier glacé et en couleur, il rendait compte des relations de la « grande loge féminine argentine » basée à Moreno et de leur travail commun dans la région. »
Il ne reste plus qu’à confirmer qui, avec une influence dans le gouvernement local, a rapproché l’empreinte maçonnique de Moreno, puisque le profil de Mariel Fernández ne semble pas approprié.
De notre confrère canadien manitoulin.com – Par Michael Erskine
La Loge maçonnique et la Franc-maçonnerie ont fait l’objet de théories de complot bien avant le récent déluge de médias sociaux, mais quiconque connaît les membres de cette organisation fraternelle historique connaîtra bien le calibre des hommes qui la composent. Une grande partie des conjectures sur les Francs-maçons est sans doute engendrée par le fait qu’ils gardent leurs rituels et leurs réunions privés.
Mais comme le démontre une récente visite d’un ancien Grand Maître de la Grande Loge des Anciens Francs-Maçons Libres et Acceptés du Canada dans la province de l’Ontario, le Très Vénérable Frère Gary L. Atkinson et ses collègues de Sarnia et de Sudbury, l’organisation est beaucoup plus ouverte que ce que le battage médiatique pourrait suggérer.
M. Atkinson et ses compagnons ont été récemment célébrés à Manitoulin lors d’un dîner organisé par la Loge dorique et servi par des membres de l’Ordre de l’Étoile de l’Est, l’organisation compagnon à laquelle appartiennent les épouses de la Loge.
L’ancien Grand Maître de la Grande Loge des Anciens Francs-Maçons Libres et Acceptés du Canada dans la province de l’Ontario, le Très Vénérable Frère Gary L. Atkinson, s’adresse aux Francs-Maçons assemblés lors d’un dîner organisé en son honneur.
M. Atkinson est né à Petrolia, il a épousé Sandy et ils ont deux enfants adultes, Greg et Drew. Il a pris sa retraite de Shell après 33 ans et est actuellement maire de la ville de Plymton-Wyoming. Il a rejoint les francs-maçons en 1972.
« Au nom de mes compagnons de voyage, je tiens à vous remercier pour la grande hospitalité et pour toute la gentillesse dont vous nous avez fait preuve », a déclaré M. Atkinson dans son discours après le dîner. « Tout a été formidable dès notre arrivée, c’était tout à fait exceptionnel et je tiens à remercier nos deux guides touristiques pour notre visite d’aujourd’hui. »
L’ancien grand maître a également exprimé sa gratitude, en son nom et au nom de ses compagnons, aux membres du chapitre 237 de la Spanish River de l’Ordre de l’Étoile de l’Est, une organisation composée de membres des épouses de la Loge Dorique. « Je tiens à les remercier pour notre dernier repas de ce soir. »
« J’aimerais commencer par rendre hommage à une personne qui s’est jointe à nous ce soir, a-t-il déclaré. Il s’agit de M. Mike Erskine, rédacteur adjoint de votre journal local, The Manitoulin Expositor. Il a récemment remporté le premier prix de l’Association canadienne des journaux communautaires pour son travail éditorial. Avec les changements rapides que connaissent les médias d’aujourd’hui, il est agréable d’avoir de la constance et, surtout, d’avoir un lien local. Souvent, nous nous contentons de lire uniquement des articles sur les événements qui se déroulent dans le monde ou dans la région du Grand Toronto. »
M. Atkinson a ensuite partagé une brève histoire qui s’est produite alors qu’il rentrait chez lui après une conférence pancanadienne pendant son mandat de grand maître, qui met en évidence la profondeur de la franc-maçonnerie répandue dans le pays.
« Lors de notre voyage unique à Winnipeg, nous avons eu le plaisir de voyager sur l’une de nos compagnies aériennes canadiennes, dont l’équipage avait la réputation d’être joyeux, amical et courtois. Je sais que parfois ces mots sont à peine prononcés lorsqu’on parle du service fourni par nos transporteurs aériens. Pourtant, la compagnie aérienne avec laquelle nous avons voyagé offrait exactement ce type de service. C’était un dimanche matin, une semaine avant Pâques, par une belle journée au Manitoba selon les normes météorologiques. Nous sommes montés à bord de notre avion et avons attendu que le dégivrage commence. Une fois dans les airs, le Très Vénérable Frère Peterson et moi avons décidé d’utiliser notre temps pour lire quelques-unes des longues convocations. »
L’ancien grand maître a raconté comment il a expliqué qu’à l’époque, avant que les francs-maçons n’aient des convocations électroniques, les dirigeants profitaient des voyages ou d’autres temps morts pour se tenir au courant de ce qui se passait dans toutes les loges relevant de leur juridiction.
« L’une des plus jeunes hôtesses de l’air est venue nous demander ce que nous faisions et ce que nous lisions. Elle nous a rapidement posé les questions suivantes : « Vous êtes francs-maçons ? Où étiez-vous ? Que faites-vous ? Que lisez-vous ? » se souvient-il.
Laissant toute prudence aux vents, M. Atkinson a engagé la conversation avec l’hôtesse de l’air et a répondu à ses questions.
« Sa réponse immédiate a été : « Mon père est franc-maçon. Mes deux grands-pères étaient francs-maçons et mes frères sont francs-maçons. Ils sont de Thunder Bay. Je suis ravie de vous rencontrer tous les deux. J’ai hâte d’appeler à la maison et d’annoncer la nouvelle à mon père. » Plus tard pendant le vol, je me suis levée pour faire une promenade et me dégourdir les jambes. La jeune hôtesse de l’air était assise à l’arrière de l’avion avec l’une de ses collègues. Elle m’a présentée à sa collègue et celle-ci a souri et m’a dit : « Est-ce que cela signifie que vous êtes le chef Poohba ou le chef buffle d’eau ? » »
Blague à part, la jeune hôtesse de l’air a exprimé sa curiosité à propos de la franc-maçonnerie, alors M. Atkinson s’est assis et lui a expliqué l’organisation.
« Nous avons parlé des origines de la Franc-Maçonnerie ; de la façon dont il s’agit d’une société d’hommes soucieux des valeurs morales et spirituelles, de la façon dont ses membres apprennent des préceptes par une série de rituels et de drames qui suivent des formes et utilisent les coutumes des tailleurs de pierre. »
Il a ensuite expliqué comment les outils servent de guides d’allégorie.
« Nous avons parlé des trois degrés de la franc-maçonnerie : le premier degré, celui d’anode, apprenti, enseigne les principes moraux, le deuxième degré, celui de compagnon, met l’accent sur l’étude de tous les arts utiles qui feraient de nous de bons et pacifiques citoyens, productifs et utiles à nos familles et à nos communautés. Au troisième degré, nous nous intéressons aux valeurs spirituelles qui distinguent l’homme des autres créatures et nous rendent dignes de notre créateur. Je lui ai mentionné que notre adhésion est ouverte aux hommes de toute race ou religion qui peuvent remplir ces conditions essentielles pour devenir membres de notre fraternité. Elle m’a demandé si la franc-maçonnerie était un substitut à la religion et à la fréquentation de l’église et j’ai répondu : « Non, nous encourageons nos membres à suivre leur propre foi. » Et, vous savez, elle a été surprise de constater qu’aucune religion ni politique ne sont abordées lors de nos réunions. Nous avons parlé des trois grands principes auxquels les francs-maçons croient depuis des années : l’amour fraternel, l’entraide et la vérité. Nous avons parlé de notre œuvre de charité maçonnique, la Fondation maçonnique de l’Ontario. »
Alors que l’avion s’apprêtait à atterrir, les hôtesses de l’air ont remercié M. Atkinson d’avoir pris le temps de lui expliquer ce que sont les francs-maçons. « Elle avait l’impression d’avoir une meilleure compréhension de la franc-maçonnerie, mais elle a conclu notre conversation par un commentaire qui m’a vraiment fait passer une bonne journée. Elle a dit, et je cite : « Quand je m’installerai et me marierai, la franc-maçonnerie semble être le type d’organisation à laquelle je voudrais que mon mari appartienne. » Mes frères, dans nos activités quotidiennes, que ce soit au travail ou au sein de notre communauté, je vous rappelle que si vous vivez chaque jour comme un franc-maçon devrait le faire, vous êtes la meilleure promotion que nous ayons pour notre fraternité bien-aimée. L’avenir est ce que vous en faites. »
Après avoir exprimé sa gratitude aux membres de la Loge dorique et de l’Ordre de l’Étoile de l’Est, M. Atkinson a déclaré qu’il souhaitait laisser aux membres une pensée : « Dans nos activités quotidiennes, n’oublions jamais ceux qui ont moins de chance que nous. Je vous demanderais de vous souvenir des hommes et des femmes qui continuent de servir notre pays dans divers endroits du monde. Ils servent notre pays, afin que vous et moi puissions profiter de la liberté, des privilèges et du style de vie que nous connaissons aujourd’hui. »
Il les a encouragés à continuer à développer leurs connaissances maçonniques et « tous les enseignements sur lesquels notre fraternité est basée. Aider à former de bons hommes à leur tour fera de meilleurs francs-maçons. » M. Atkinson a souhaité la bienvenue à l’initié Jordan Stephens dans les rangs de la franc-maçonnerie, en soulignant que « ce soir, nous avons hâte que vous deveniez franc-maçon. Vous savez, Socrate aurait dit un jour : « Concentrez toute votre énergie, non pas à combattre l’ancien, mais à construire le nouveau. » Il a exhorté l’initié à ne pas penser à combattre l’ancien mais à se concentrer sur « la construction d’un nouveau M. Stephens. Vous, et les hommes comme vous, êtes notre avenir et nous vous souhaitons la bienvenue. »
Le dîner a commencé par des toasts au Roi et à l’Artisanat (portés par Larry Smith) et aux visiteurs de la Loge Dorique (portés par Keith Varey), suivis de Grace de Bruce Gordon.
Après le dîner et les expressions de gratitude à l’Ordre de l’Étoile de l’Est (Chapitre 237 de Spanish River), la table d’honneur a été présentée par M. Gordon et un toast à la Grande Loge du Canada dans la province de l’Ontario a été prononcé par Roy Eaton, M. Atkinson a prononcé son discours rapporté ci-dessus.
La partie dinatoire de la soirée J14
La cérémonie s’est terminée par le chant de « Ô Canada ».
Interrogé sur le message qu’il pourrait transmettre à la communauté dans son ensemble, M. Atkinson a déclaré : « Beaucoup de gens apprennent ce qu’est un franc-maçon en observant et en écoutant les autres. Nous essayons dans la franc-maçonnerie de rendre les hommes meilleurs. Il ne s’agit pas de vous prendre ou de vous changer, vous devez changer de l’intérieur et être bienveillant et simplement essayer d’être un bon citoyen et de vivre de manière appropriée. »
Il a noté que les francs-maçons se rendent compte de plus en plus aujourd’hui, dans la société en rapide évolution, que la génération suivante, ou même celle qui se trouve deux générations plus tard – comme les petits-enfants – revient en arrière et dit : « Mon père ou mon grand-père était incroyable, il représentait ce qu’il représentait, c’était un homme de classe. Je veux en être un. Je veux apprendre. Je veux apprendre à être une meilleure personne. C’est donc ce que nous essayons de faire pour que les gens comprennent. »
Les portes de la Franc-Maçonnerie sont ouvertes à tous les hommes qui recherchent l’harmonie avec leurs semblables, ressentent le besoin de s’améliorer et souhaitent participer à faire de ce monde un endroit où il fait bon vivre. Pour être considéré comme membre, vous devez : avoir 21 ans ou plus; être de bon caractère et de bonne réputation; croire en l’existence d’un être suprême et avoir résidé en Ontario au cours des 12 derniers mois.
Il est à noter que lorsque les francs-maçons entrent dans une loge maçonnique, ils laissent leur vie professionnelle à la porte et rencontrent « sur un pied d’égalité » des hommes d’horizons divers pour pratiquer ces vertus, et non pour réseauter ou établir des relations d’affaires.
Suivant ces préceptes, les rangs des francs-maçons sont ouverts à tous, sans distinction de race, de croyance ou de couleur.
Selon nos informations Franz Kafka n’a jamais été initié en Franc-maçonnerie. Il n’existe aucune mention directe de la position de Kafka vis-à-vis de la franc-maçonnerie. Cependant, certains éléments permettent d’éclairer les affinités idéologiques de Kafka. Il avait des sympathies pour les mouvements anarchistes et socialistes libertaires.
Il participait à des réunions anarchistes à Prague et lisait des ouvrages d’auteurs anarchistes comme Kropotkine, Bakounine et Jean Grave. Il manifestait un intérêt pour les idées de liberté de pensée et de conscience, qui sont également des valeurs importantes en franc-maçonnerie. Il était sensible aux questions sociales et critiquait les injustices, comme le montre sa remarque sur les ouvriers qui venaient « solliciter » le Bureau des assurances sociales au lieu de « prendre la maison d’assaut ».
Bien que ces éléments ne permettent pas de conclure sur la position spécifique de Kafka envers la franc-maçonnerie, ils suggèrent qu’il aurait pu être réceptif à certaines de ses valeurs, tout en étant probablement plus attiré par des mouvements plus radicaux comme l’anarchisme. Dommage qu’il n’ait pas rencontré des Frères prosélites.
De notre confrère la Dépêche – Propos recueillis par Pierre Challier
La Région Occitanie, en collaboration avec la Fondation Jean-Jaurès, La Dépêche du Midi et les Amis de Jean Jaurès, organise ce vendredi à 18h une soirée dédiée à « Jaurès est vivant ! » à l’Hôtel de Région de Toulouse. Cette veillée a pour but de célébrer le centenaire du transfert des restes de Jean Jaurès au Panthéon. Nicolas Penin, historien et Grand maître du Grand Orient de France (GODF), explorera les idéaux de Jaurès, qui restent pertinents : la gauche républicaine, le progrès social, l’humanisme et la laïcité.
Que représente aujourd’hui pour vous Jean Jaurès, a fortiori dans un contexte de poussée mondiale des extrêmes droites nationales populistes ?
Si le Grand Orient de France s’inscrit aujourd’hui dans la célébration du transfert des cendres de Jean Jaurès au Panthéon, c’est bien pour dire qu’effectivement, Jaurès portait, lui, cet art de la nuance et de la synthèse, cet attachement à la démocratie et à la République, cet humanisme auxquels nous sommes fondamentalement attachés. Ses idéaux sont les nôtres et cet engagement réel, sincère, pacifique, il l’a assumé au prix de sa vie. Il n’était pas franc-maçon, ni au Grand-Orient-de-France ni ailleurs, mais par ses amis francs maçons engagés dans la cité, il savait que la maçonnerie était bien une société qui pouvait permettre, ou aider, à l’émancipation des hommes et des femmes. Certaines loges soutenaient concrètement son action, d’ailleurs. Franc-maçon assumé au sein de la SFIO, Marcel Sembat organise en 1906 avec les socialistes du Grand Orient une conférence pour aider L’Humanité, le journal de Jaurès. Son combat d’alors pour la laïcité et pour la paix, contre les idéologies de la haine qui fondent leur commerce sur les peurs et les crises sociales reste donc très contemporain, très actuel et il a d’autant plus de valeur pour nous que Jaurès assumait tout à fait que la maçonnerie est bien une association de progrès.
Face aux obscurantismes, » Progrès social » et » laïcité de l’enseignement » sont » deux formules indivisibles » écrivait Jaurès dans son discours » Pour la Laïque « , en 1910. C’est toujours une urgence ?
Le Grand Orient travaille de fait à la célébration des 120 ans de la loi de séparation des Églises et de l’État, en 1905, synonyme de 120 ans de liberté et de laïcité pour tous. Cela démontre là aussi notre attachement à l’émancipation, aux droits sociaux, à l’école publique et laïque. Ce cadre laïc garantit en effet que le citoyen est bien un homme ou une femme qui doit disposer de libertés, de droits sociaux, éducatifs, culturels lui permettant de tendre sa propre libération, sa propre élévation. Donc oui, nous sommes des militants et d’ardents partisans du progrès. Ce mot peut-être contesté, aujourd’hui, parce qu’on a l’impression d’avoir vécu des décennies de progrès ayant conduit vers le pire, avec ces lendemains qui peuvent nous faire peur au plan écologique, technologique, social, économique. Mais je crois qu’il faut assumer le progrès, le progrès de l’humanisme en prenant conscience que l’homme n’est peut-être pas au centre de ce monde qu’il pense contrôler, parce que la nature s’impose à lui et qu’il doit la prendre en considération. Cela rejoint l’esprit maçonnique de Jaurès pour qui le rapport à l’autre et à la nature consistait à construire des ponts et pas des murs.
Quel est, pour vous, le combat qui résume sa vie ?
À l’heure où nous sommes, c’est le combat pour l’école publique et laïque, c’est le combat de la Sociale. L’école publique et laïque est l’alpha et l’oméga de la réponse face à la crise démocratique, la crise de confiance. C’est elle qui donne la possibilité de refaire sens et de redonner à la communauté nationale une part de l’unité que l’on est en train de briser. Briser parce que les quartiers, les voisins, vivent les uns à côté des autres, parce que le sentiment d’appartenance à une communauté nationale s’affaiblit, manipulé par les communautarismes, les identitarismes, les sectarismes quels qu’ils soient. Cet engagement laïc et scolaire de Jaurès est pour nous le parangon de l’engagement maçonnique et social.
Le clivage des gauches demeure entre réformistes et révolutionnaires, comme autrefois entre Jean Jaurès et Jules Guesde. Peut-il être dépassé, aujourd’hui ?
Lorsque certains disent que les Gauches sont irréconciliables, je ne veux pas le croire en tant que maçon et homme libre que je suis. Parce que je pense qu’il y a derrière ces frontières des hommes et des femmes qui savent qu’il y a des enjeux plus importants que d’autres. Lorsque vous avez des fascismes qui vous menacent et une Europe qui retourne à la guerre dans un monde d’Incertitude, il faut revenir à la raison et se dire que ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous divise.
Jean Jaurès entre au Panthéon en 1924, cinq ans après l’acquittement de son assassin, le nationaliste Raoul Villain, la veuve de Jean Jaurès ayant été condamnée à payer les frais du procès. Que vous inspire ce retournement de l’histoire ?
Cela m’inspire que parfois, les hommes se sentent obligés de se racheter une conscience. Faire entrer Jaurès au Panthéon, c’est peut-être laver les infamies ou les injustices commises les années précédentes. Pour autant, il ne faut pas juger avec les yeux d’aujourd’hui les décisions du passé. On a évidemment un sentiment de révolte immédiat en apprenant que l’assassin de Jaurès a été acquitté mais moi, je préfère rester sur l’entrée des cendres de Jaurès au Panthéon que sur le crime, car c’est le symbole de l’irréductible optimisme et de » l’invincible espoir » que professait Jaurès lorsqu’il nous disait que l’histoire enseigne la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements.
De notre confrère ghanéen pulse.com.gh – Par DDorcas Agambila
« C’est dangereux » – Okyeame Kwame révèle que sa mère l’a empêché de rejoindre la franc-maçonnerie.
Le rappeur ghanéen Okyeame Kwame a révélé dans une conversation avec Blakk Rasta comment sa mère l’a persuadé à refuser le titre de Nkosuohene (chef du développement) et l’a découragé à rejoindre les francs-maçons, invoquant des dangers potentiels. Okyeame Kwame a souligné sa confiance en sa sagesse, qui l’a toujours guidé loin des chemins qui, selon elle, pourraient lui nuire.
Le rappeur ghanéen Okyeame Kwame a évoqué l’influence profonde que sa mère a eu sur ses décisions personnelles et professionnelles.
« Je lui dois tout », a-t-il confié avec un sourire pensif. « Elle a été mon guide, m’éloignant toujours des chemins qui, selon elle, pourraient me nuire », a-t-il déclaré lors d’une interview avec Blakk Rasta sur 3FM.
L’une des révélations les plus marquantes de leur discussion a été sa décision de refuser le titre prestigieux de Nkosuohene (chef du développement), qui lui a été offert par un ami proche qui occupe un poste de chefferie à Adum. Pour beaucoup, un tel honneur serait une occasion évidente de consolider son héritage, mais pour Okyeame, ce n’était pas une décision qu’il pouvait prendre seul.
« J’ai d’abord dû demander l’avis à ma mère », m’a-t-il expliqué. « Quand je lui en ai parlé, elle n’a pas hésité. Elle m’a dit : « Kwame, être chef est une responsabilité qui comporte des dangers que tu ne peux pas prévoir. Je ne veux pas que tu sois pris dans ce monde. » Ses paroles m’ont marqué et j’ai refusé.
La sagesse de sa mère allait au-delà des questions de chefferie. Okyeame Kwame a également révélé qu’elle était intervenue lorsqu’il envisageait de rejoindre les francs-maçons, une organisation fraternelle reconnue mondialement.
J’étais attiré par les principes qu’ils défendaient, a-t-il admis, mais lorsque j’en ai parlé à ma mère, elle a été catégorique. Elle m’a dit : « La franc-maçonnerie est dangereuse. Tu risques ta vie si tu t’y joins. » Cela a suffi à me faire changer d’avis.
La franc-maçonnerie, la plus ancienne confrérie du monde, trouve ses racines dans les guildes médiévales de tailleurs de pierre. Elle est connue pour mettre l’accent sur la fraternité, la charité et la croissance personnelle. Cependant, dans les sociétés africaines, elle est souvent considérée avec suspicion en raison de divers mythes et idées fausses.
Pour Okyeame Kwame, le point de vue de sa mère comptait finalement plus que sa curiosité.
De notre confrère polonais legaartis.pl – Par Daniel Glogowski
Le 16 novembre 2024, au Palais Działyński, sur la place du marché de Poznań, s’est tenue la XXVIIe Convention du Grand Orient de Pologne (WWP). L’événement de cette année était particulier car il coïncidait avec la célébration du 240e anniversaire de la fondation du Grand Orient de Pologne et de Lituanie et de l’adoption de sa Constitution de 1784. La réunion a réuni des délégués de nombreuses obédiences maçonniques de toute l’Europe, ainsi que des représentants des cercles maçonniques locaux et internationaux.
Reconnaissance internationale
Le palais Działyński a été construit entre 1773 et 1776. Le bâtiment présente un riche intérieur décoré de stucs de sa « salle rouge » et une façade décorée de sculptures. Le palais est aujourd’hui l’un des emplacements de la bibliothèque de Kórnik.
Lors des célébrations du WWP, il a reçu de nombreuses félicitations de la part des obédiences de divers pays. Certains d’entre eux ont envoyé leurs représentants participer aux célébrations à Poznań. Un jour plus tard, au siège de Poznań du Grand Orient de Pologne, s’est tenue une réunion de l’AACEE – l’Association des obédiences maçonniques adogmatiques d’Europe centrale et orientale -, qui souligne la dimension internationale de cette organisation.
Nouvelles loges à Szczecin et Wrocław
Les derniers mois ont été une période de développement de la franc-maçonnerie polonaise, comme en témoigne la création de deux nouvelles loges maçonniques, à Szczecin et Wrocław.
À Szczecin, le 12 octobre 2024, les lumières de la première loge maçonnique de l’histoire de la ville appelée Trzy Cyrkle ont été allumées. Cette loge opère selon le Rite Écossais Ancien et Reconnu sous l’égide du Grand Orient de Pologne.
Une semaine plus tard, le 19 octobre 2024, la loge Fosforos a été créée à Wrocław, travaillant également dans le rite écossais ancien et accepté. Cette loge est le fruit de l’activité missionnaire de l’atelier « Witelon », qui se concentre sur le développement de la franc-maçonnerie en Pologne, et ses membres participent au travail à la fois stationnaire et en ligne. La loge de Poznań Pod Sokołem i Sową a contribué à la création de la loge de Wrocław, qui met l’accent sur la coopération et le soutien mutuel entre les différents centres de la franc-maçonnerie en Pologne.
L’importance du Grand Orient de Pologne
Le Grand Orient de Pologne, fondé au XVIIIe siècle, reste l’une des obédiences maçonniques les plus importantes de Pologne, promouvant des valeurs fondées sur la liberté, l’égalité et la fraternité. La constitution adoptée en 1784 était l’une des premières du genre au monde, faisant de cette organisation une référence importante pour la franc-maçonnerie au niveau international.
La Franc-maçonnerie aujourd’hui
Muzeum Narodowe w Krakowie; www.zbiory.mnk.pl ;MNK IX-13;;fot. Pracownia Fotograficzna MNK
Les activités actuelles de la franc-maçonnerie en Pologne vont au-delà des réunions de loge traditionnelles. L’utilisation de la technologie permet une plus grande disponibilité et le développement de nouveaux ateliers dans diverses régions du pays. Grâce à cela, la franc-maçonnerie devient plus visible et active, attirant de nouveaux membres et élargissant son influence en Pologne et à l’étranger.
Résumé
La célébration du 240ème anniversaire du Grand Orient de Pologne à Poznań a été l’occasion non seulement d’honorer l’histoire de cette organisation, mais aussi de présenter ses réalisations contemporaines. La création de nouvelles loges à Szczecin et à Wrocław montre que la franc-maçonnerie en Pologne continue de se développer de manière dynamique, répondant aux besoins du monde moderne et attirant de nouvelles générations de francs-maçons.
Stanislas Grof, sans le savoir, a peut-être fait avancer la Franc-maçonnerie dans la compréhension de sa quête initiatique. C’est un pionnier de la psychologie transpersonnelle, il a marqué le monde de la psychothérapie par ses travaux innovants sur l’expérience humaine. Durant les années 60, une époque où les expérimentations étaient monnaie courante, il a exploré l’utilisation du LSD pour traiter la schizophrénie, ouvrant ainsi des perspectives inédites sur l’esprit humain.
Plus tard, cherchant des voies thérapeutiques moins dépendantes des substances chimiques, Grof a développé la respiration holotropique, une méthode permettant d’accéder à des états de conscience modifiés sans recours à des drogues. Sa partenaire de vie et de recherche, Cristina Grof, professeur de yoga, a joué un rôle crucial dans le développement de cette approche.
La Psyché au-delà du Freudisme
Grof postule que la psyché humaine possède des dimensions bien plus vastes que ce que la psychologie et la psychiatrie classiques décrivent. Il propose que pour véritablement comprendre la psyché, il faut intégrer deux niveaux additionnels au modèle classique freudien limité à l’inconscient individuel et à la biographie postnatale :
Le Domaine Transpersonnel : Ce niveau inclut des expériences où l’individu peut se sentir identifié à d’autres êtres, animaux ou même à des concepts comme le vide supracosmique.
Le Domaine Périnatal : Directement lié au traumatisme de la naissance, ce niveau est essentiel pour comprendre comment cet événement fondateur influence notre psychisme.
Les Matrices Périnatales Fondamentales (MPF)
La naissance, selon Grof, est un événement déterminant qui organise nos expériences futures. Voici une exploration détaillée des quatre matrices périnatales :
MPF I : L’Union Originelle avec la Mère
Contexte : Avant l’accouchement, dans l’environnement amniotique.
Émotions et Sensations : Sensation de vastitude sans limites, mais peut aussi évoquer un sentiment de menace sombre ou d’empoisonnement si l’environnement intra-utérin était hostile.
Symboles : Le cosmos, des océans, des animaux aquatiques, ou des visions de pollution et de toxicité en cas de perturbation.
MPF II : L’Engloutissement Cosmique, Sans Issue – L’Enfer
Contexte : Le moment où le processus de naissance commence, souvent perçu comme un piège.
Émotions et Sensations : Anxiété, sentiment d’être piégé, claustrophobie.
Identification : Images de prisonniers, de camps de concentration, ou d’animaux pris au piège.
MPF III : La Lutte Mort-Renaissance
Contexte : Le passage à travers le canal vaginal.
Émotions et Sensations : Suffocation, danger imminent, avec des images souvent violentes ou sataniques, mais aussi de lutte héroïque pour la survie.
Identification : Personnages mythologiques ou héroïques, divinités représentant la mort et la renaissance.
MPF IV : L’Expérience de Mort-Renaissance
Contexte : La naissance elle-même, la rupture du cordon ombilical.
Émotions et Sensations : Libération, explosion de lumière, un sentiment de renaissance.
Identification : Souvenirs concrets de la naissance, parfois accompagnés des sensations physiques ou des interventions médicales comme l’anesthésie.
Thérapie et Transformation
Grof suggère que la reconnaissance et l’expression de ces matrices permettent une purge des « vieux programmes » inconscients, libérant ainsi l’individu de leur influence oppressive. La respiration holotropique facilite cette réémersion des expériences périnatales, offrant une voie vers la guérison et la transformation.
En conclusion, l’œuvre de Stanislas Grof sur les matrices périnatales offre un cadre unique pour comprendre comment nos premières expériences de vie influencent profondément notre être. Son approche holotropique non seulement enrichit le champ de la psychothérapie mais invite également à repenser notre compréhension de la psyché humaine dans son ensemble.
Les Parallèles entre les Matrices Périnatales et le Travail Initiatique de la Franc-maçonnerie
Le travail de Stanislas Grof sur les matrices périnatales trouve des échos fascinants dans les pratiques initiatiques de la Franc-maçonnerie, une institution connue pour ses rituels symboliques et ses métaphores de la transformation personnelle. Voici comment ces deux domaines se connectent :
La Naissance et l’Initiation : Une Analogie Fondamentale
MPF I – L’Union avec la Mère : Dans la Franc-maçonnerie, le candidat à l’initiation est souvent décrit comme étant dans un état de « non-connaissance » ou d’obscurité, symbolisant l’état avant la naissance, un lieu de potentiel mais sans forme définie. Ce stade reflète la matrice de l’union avec la mère, où l’individu est enveloppé dans un monde sans commencement ni fin, un état de préconscience.
MPF II – L’Engloutissement Sans Issue : L’étape d’initiation où l’impétrant est placé dans l’obscurité ou dans des conditions symbolisant l’épreuve, la désorientation, et la peur de l’inconnu, se rapproche de cette matrice. C’est un moment de confrontation avec les propres ténèbres intérieures, un passage forcé vers la lumière, similaire à la lutte pour sortir de l’utérus.
La Transformation et la Renaissance
MPF III – La Lutte Mort-Renaissance : Cette phase est particulièrement riche en symbolisme maçonnique. L’initiation maçonnique implique souvent des épreuves qui symbolisent la mort de l’ancien soi et la renaissance à une nouvelle vie. Les rituels de passage, où le candidat subit des épreuves symboliques de mort (comme la mise en terre ou la traversée d’un pont au-dessus de l’abîme), reflètent cette lutte intense entre la vie et la mort, entre l’ancien et le nouveau.
MPF IV – L’Expérience de Mort-Renaissance : L’accueil du nouveau membre dans la lumière et la fraternité de la loge post-initiation est l’équivalent symbolique de la naissance. La lumière, souvent utilisée dans les cérémonies, symbolise la connaissance, la renaissance spirituelle, et l’entrée dans une nouvelle communauté de pensée et de pratique.
Le Voyage Intérieur et Symbolique
La Symbolique de la Lumière et de l’Obscurité : Dans les deux cas, il y a une progression de l’obscurité vers la lumière, symbolisant le passage de l’inconscience à la conscience, de l’ignorance à la connaissance.
Les Outils et les Symboles : La Franc-maçonnerie utilise des outils comme le compas et la règle, qui peuvent être vus comme des instruments pour mesurer et façonner l’âme humaine, similaires à la manière dont Grof utilise la respiration holotropique comme outil pour explorer et remodeler des expériences passées.
L’Alchimie Personnelle : Les deux approches cherchent à transformer l’individu, à passer du « plomb » de la nature humaine ordinaire à l' »or » de la sagesse et de l’éveil. La Franc-maçonnerie, à travers ses degrés et ses travaux, et Grof, à travers les matrices périnatales, offrent un voyage vers la maîtrise de soi.
L’Universalité des Expériences : Grof montre comment les expériences périnatales sont universelles, tout comme la Franc-maçonnerie prétend travailler sur des vérités universelles, accessibles à travers des symboles et des rituels.
Conclusion : Un Dialogue entre Psychologie et Spiritualité
Ainsi, bien que les matrices périnatales de Grof et le travail initiatique de la Franc-maçonnerie proviennent de domaines différents – la psychologie transpersonnelle et la spiritualité symbolique -, ils partagent un objectif commun : la transformation profonde de l’individu à travers l’initiation, la confrontation avec le soi profond, et finalement, la renaissance. Cette convergence souligne une vérité universelle : que la quête de connaissance et de croissance personnelle est souvent un processus de mort et de renaissance, symbolique ou réel, qui nous mène à une compréhension plus complète de notre être et de notre place dans l’univers.