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L’Homme entre Ciel et Terre

Le « médiateur »

Selon les doctrines traditionnelles, l’Homme est un être qui occupe une situation spéciale et même privilégiée dans notre Univers. Ce privilège vient du fait qu’il est situé entre le Ciel et la Terre, entre le Bien et le Mal, entre l’Esprit et la matière, entre l’Ange et la Bête. De fait, l’Homme se trouve au centre de plusieurs pôles opposés qu’il doit chercher à équilibrer et à unifier en lui-même. Le « rôle » et la « mission » de l’Homme sur Terre est de trouver (ou de tenter de trouver) un équilibre entre ces pôles et ces forces contraires.

Hermès, le « médiateur ».

Situé entre le Ciel et la Terre, l’être humain occupe une position centrale dans la création et il est le point de jonction de forces qui, à son niveau, paraissent antagoniques. Je dis bien « à son niveau », car dans l’absolu ces forces se résolvent dans l’unité. Trouver un équilibre entre le Ciel et la Terre, le Mal et le Bien, l’Esprit et la matière, cela revient aussi à dire que l’Homme doit trouver le moyen de faire descendre l’Esprit dans la matière et aussi de faire monter la matière vers l’Esprit. Son « travail » sur la Terre est de spiritualiser la Matière ou de matérialiser l’Esprit. De ce point de vue, l’Homme a un rôle tout à fait particulier à jouer dans la Création. Il est l’intermédiaire ou le « médiateur », entre le Ciel et le Terre, entre l’Esprit et la matière. Vu sous cet angle, l’Homme est très proche du dieu grec Hermès, le messager des dieux et le guide des âmes après la mort. Hermès porteur du caducée est lui aussi situé entre le Ciel et la Terre. Il occupe donc une position centrale et médiane. Hermès est un principe de transition entre deux mondes.

Ci-dessus : A gauche, Mercure (Hermès) créant le caducée par le sculpteur Henri Chapu (musée d’Orsay à Paris). Le caducée est un bâton (ou une baguette) autour duquel s’enroulent deux serpents. C’est l’un des attributs d’Hermès, Fils de Zeus et de la nymphe Maia. Hermès serait né en Arcadie. Un jour, Hermès voulut séparer deux serpents en lutte (symbole du chaos et de l’indifférencié), mais ceux-ci s’enroulèrent autour de la baguette en or et formèrent le caducée (symbole de l’harmonie et de la maîtrise). A droite, une gravure de Stolcius von Stolzenberg tirée de son traité alchimique, « Viridarium chymicum » (Francfort, 1624). Nous voyons Hermès Trismégiste (« le trois fois grand ») tenant une sphère armillaire dans la main droite et montrant du doigt le Soleil et la Lune (symboles alchimiques de la polarité) environnés de flammes.

Hermès est un dieu civilisateur qui enseigne aux humains les bases des sciences et des arts. Il aide les trois Parques à composer l’alphabet. Il invente l’échelle musicale, la lyre à sept cordes, la musique et la danse. Il fonde aussi l’astronomie, les poids et les mesures. Il est le maître de la rapidité et de la précision du geste, et en raison de cette faculté, il est considéré comme le maître de l’artisanat. Il trace les routes et les chemins, et il invente les tas de pierres qui balisent les voies de communications (l’herma est un tas de cailloux disposé à intervalles réguliers et assurant la fonction d’indicateur des routes et des frontières).

Hermès est un dieu à caractères multiples. Il est le dieu protecteur des bergers, et c’est la raison pour laquelle il est fréquemment présenté en criophore (« porteur de bélier »), c’est-à-dire portant un agneau sur ses épaules. Plus tard, l’Hermès criophore sera assimilé au Christ, le Bon Berger, celui qui rassemble le « troupeau », qui guide, qui recherche les hommes égarés, et qui donne sa vie pour les autres. Hermès est le dieu protecteur des voyageurs, des navigateurs, des commerçants. Il est celui des échanges et du contrat, mais il est aussi le dieu des voleurs, de la ruse et de la tromperie. Il est un brouilleur de piste et un brigand. Il est donc à la fois organisateur et désorganisateur de la structure sociale. Hermès est le conducteur des âmes aux Enfers (Hadès) et le messager des dieux. Hermès est donc un dieu psychopompe, un « guide des âmes », et à ce titre il est le conducteur des âmes des morts vers l’au-delà (guide ou passeur).

Ces deux fonctions de messager des Dieux et de psychopompe pourraient, astrologiquement, être rapportées respectivement à un aspect diurne et à un aspect nocturne. On peut aussi y trouver la correspondance des deux courants descendant et ascendant que symbolisent les deux serpents du caducée. Ses fonctions de passeur et de messager font d’Hermès un médiateur, nous dirions aujourd’hui un « relais », entre le monde des hommes et celui des dieux. C’est Hermès qui donna le don de parole à Pandore (« tous les dons ») la première femme (L’Eve biblique). Situé dans le monde intermédiaire, Hermès assume la fonction de relier (unir, harmoniser) la Terre au Ciel, d’unifier la matière et l’Esprit. Son métal et sa planète sont Mercure. Unifiant les « trois mondes », la Terre, le Ciel, et les mondes intermédiaires, Hermès est aussi appelé le Trismégiste, ou « trois fois grand ». Hermès Trismégiste serait l’auteur de la fameuse Table d’Emeraude qui expose l’analogie entre le microcosme humain et le macrocosme cosmique, livrant ainsi le secret qui permet d’unir le Ciel et la Terre.

Ci-dessus : L’être humain est situé entre le Ciel (actif, masculin), symbolisé par un cercle (perfection, dynamisme, Esprit), et la Terre (passive, féminin) symbolisée par le carré (stabilité, fondation, matière). Dans la Franc-Maçonnerie, il est dit que le Maître Maçon est situé entre le compas qui sert à tracer le cercle (Ciel), et l’équerre, qui sert à tracer le carré (Terre). L’Homme est entre le Haut et le Bas, entre la matière et Esprit, entre le subtil et l’épais (Alchimie). Il participe des deux niveaux de réalité et il forme en lui-même un troisième niveau où s’opère la jonction des deux niveaux opposés (Ciel et Terre). La jonction est symbolisée par la croix (+). La croix est le symbole de l’Homme Universel, à l’intérieur duquel s’effectuent les deux mouvements de descente de l’Eprit vers la Terre, et de montée de la Terre vers l’Esprit (les deux flèches en pointillés). Le Christ en croix est le symbole de l’Homme Universel qui incarne ces deux mouvements. En ce sens l’Homme est bien le médiateur entre le Ciel et la Terre. Un rapprochement doit être fait avec le Sceau de Salomon (étoile à six branches) qui représente l’Homme Universel. En effet, dans cette figure qui montre deux triangles qui s’entrecroisent avec un point central, le triangle droit du haut symbolise le Ciel (pointe en haut), et le triangle inversé du bas symbolise la Terre (pointe en bas). Le symbole du Mercure (Mercure alchimique et Philosophique et non pas métallique) marque bien le sens à donner au Sceau de Salomon : l’« Homme Mercuriel » est le Principe qui unit le Ciel et la Terre (illustration Daniel Robin).

Transmuter nos puissantes énergies psychiques.

L’homme actuel est un être inachevé. C’est l’« homme ancien », et son dernier avatar est l’« homme moderne », qui est un être sans avenir si nous considérons ses conditions de vie et ses préoccupations qui sont d’ordre strictement matérielles. L’ « homme moderne » est un prédateur qui ne vit que grâce au pillage sans frein de notre planète. L’ « homme moderne » est « endormi ». Il est prisonnier d’un état de somnolence dont il n’est pas conscient. Il vit comme dans un « rêve » éveillé. Il ne vit pas dans la « vraie réalité » qui est celle de la pleine conscience. Des études récentes sur le cerveau et la conscience ont montré qu’environ 95% de nos activités journalières sont entièrement gérées et pilotées par notre inconscient. C’est comme si nous avions confié nos existences à une sorte de « pilote automatique » qui s’occuperait de tout et programmerait nos actions sans que nous ayons le pouvoir de vraiment changer cet état de fait. Notre vie ressemble à une « illusion », à une sorte de « mauvais film », dont nous ne voyons pas très bien comment nous pouvons en sortir. Nous évoluons dans un état intermédiaire qui est situé entre les contraintes du corps et les aspirations de l’Esprit. Nous oscillons sans point de repère fixe entre ces deux pôles. Nous sommes comme des feuilles portées par le « vent » de nos désirs, de nos frustrations, de nos émotions, et de nos réactions incontrôlées.

L’état intermédiaire qui caractérise les conditions d’existence de l’être humain est celui du monde psychique (l’âme, plan médian, Mercure) où les émotions jouent un rôle prépondérant. L’âme se déploie entre les exigences du corps et ses aspirations spirituelles. L’âme psychique (plan médian) est le domaine par excellence de la dualité. Constamment au prise avec des émotions contradictoires qu’il ne maîtrise pas, l’homme est un être tourmenté, ballotté par les courants sans cesse changeant des forces psychiques. Mais les émotions ne sont pas en elles-mêmes négatives, c’est simplement le fait que nous ne les maîtrisons pas qui est la source de beaucoup de nos problèmes. Les forces psychiques sont des énergies très puissantes. Chez un homme ordinaire, ces énergies sont gaspillées et dispersées en pure perte dans des conflits interminables avec ses semblables ou dans des fixations mentales qu’il alimente sans cesse et qui ne trouvent jamais de solution. C’est le lot de presque tous les hommes sur cette planète.

Le but du Grand Œuvre alchimique interne est de transmuter ces puissantes énergies psychiques en une force nouvelle pacifiée, débarrassée de ses mouvements contradictoire, et capable de nous régénérer complètement. Les énergies psychiques brutes ne sont ni bonnes, ni mauvaises. Elles sont comme la puissance de l’énergie atomique dans la nature. Avec cette énergie naturelle qui gît au cœur du noyau atomique, nous pouvons faire des bombes qui sont capables de détruire toute vie sur notre planète ou des instruments médicaux qui soignent le cancer. Avec les énergies psychiques c’est la même chose. Nous pouvons nous annihiler ou nous régénérer. Notre tâche est justement de trouver le moyen de dompter ses forces et de les utiliser pour accéder à un état d’existence supérieur. Comme l’enseigne le Vajrayana par exemple (« véhicule de diamant »), le « travail » se concentre sur l’utilisation du potentiel des émotions humaines. Dans cette pratique alchimique, les émotions sont des qualités de la Nature de Bouddha qu’il est possible de purifier et de transformer en sagesse par divers « moyens habiles ». C’est une Voie de réalisation spirituelle qui transforme les poisons (émotions négatives) en remèdes et catalyseurs (émotions positives). Il s’agit donc d’opérer un « retournement » au niveau de la réalité psychique subtile de l’être humain qui fait basculer cette réalité du pôle négatif au pôle positif. Le principe de cette Alchimie est de transmuter les perceptions impures en visions pures.

Bien qu’occupant une situation centrale, et toutes les traditions spirituelles reconnaissent que c’est une position privilégiée, l’Homme n’en est pas moins aussi dans une situation compliquée et même délicate à bien des égards. Je le reconnais volontiers, la vie humaine est une source presque intarissable de problèmes et de désagréments. Elle est semée de nombreuses épreuves et souffrances que nous avons cependant la capacité de résoudre en raison de notre statut particulier. Je peux même dire que si l’Homme n’avait pas ce statut et ce pouvoir de résolution, les difficultés inhérentes à sa condition ne lui auraient pas été imposées.

Nous possédons toutes les ressources intérieures nécessaires pour faire face aux difficultés qui se présentent à nous. Ce dont il faut bien prendre conscience c’est que toutes les difficultés propres à la condition humaine proviennent du fait que l’être humain occupe une situation intermédiaire et relative. Il est situé entre deux absolus : l’absolu du Ciel et l’absolu de la Terre. La Terre est un absolu matériel et le Ciel un absolu spirituel. En ce sens, la Terre est comme le reflet inversé du Ciel. La Terre est le reflet de l’absolu du Ciel. La Terre c’est la Terre, le Ciel c’est le Ciel, mais l’Homme est à la fois Terre et Ciel, matière et Esprit, épais et subtil. Il est donc facile de comprendre combien notre condition d’Homme exige de nous de grands efforts pour concilier et harmoniser deux pôles qui semblent opposés, mais qui dans le fond ne forment qu’un Tout. C’est notre tâche sur la terre que de trouver la Voie qui mène à la réconciliation et à la fusion de ces deux pôles.

« Lieu » où se déroulent des combats psychiques puissants et incessants, l’« espace humain » est aussi un « lieu » d’échanges et de circulations d’énergies entre des pôles contraires qui ne sont pas systématiquement en lutte. En lui, toutes les énergies de l’Univers sont en quelque sorte « convoquées ». En lui, ces forces peuvent certes s’y rencontrer, s’y confronter, s’y opposer, mais elles peuvent aussi s’y combiner, s’y compléter, et même s’y harmoniser. De ce point de vue, l’Homme est un véritable « creuset », une sorte de « four cosmique » (un athanor) dans lequel peut s’opérer de puissantes et magnifiques transmutations. C’est en nous que doit se réaliser le Grand Œuvre alchimique qui nous ouvrira la voie vers l’Homme Nouveau. Nous pouvons même dire que sans l’Homme, tout ce « travail » de transmutation des énergies ne pourrait pas se faire. Sans lui, la rencontre des pôles serait impossible sur notre planète. L’Homme est le « lieu » privilégié et la condition de cette rencontre des pôles, car il a un rôle essentiel de médiateur dans ce monde. Il doit assumer ce statut et en tirer toutes les conséquences. Grâce à lui, le Ciel est relié à la Terre et la Terre est reliée au Ciel. En lui, se réalise la « Grande Conjonction ». C’est pour cette raison que la condition humaine est à la fois douloureuse, mais aussi « héroïque ». Dans l’Homme doit en effet s’opérer la « Grande Réconciliation », l’union parfaite entre le Ciel et la Terre qui est la promesse de l’accession à une existence lumineuse et glorieuse. L’existence humaine est donc une condition privilégiée qui offre des possibilités extraordinaires pour ceux qui veulent suivrent la Voie de la réalisation spirituelle, la Voie de l’Alchimie interne.

« Petits Mystères » et « Grands Mystères ».

Dans le domaine initiatique, il faut distinguer deux types généraux d’initiation : l’initiation aux « Petits Mystères » ou « Initiation Royale » (alchimique et hermétique), et l’initiation aux « Grands Mystères » ou « Initiation Sacerdotale ». Ces deux types généraux ne sont pas des initiations différentes, mais les deux stades ou les deux degrés principaux d’un même processus initiatique global. Les « Petits Mystères » comprennent tout ce qui se rapporte au développement des possibilités de l’état humain envisagé dans son intégralité. Ils aboutissent à la perfection de l’état humain, c’est-à-dire à ce qui est désigné traditionnellement comme la restauration de l’Etat Primordial ou Edénique (Adam au Paradis). Les « Grands Mystères » concernent proprement la réalisation des états supra-humains. Prenant l’être au point où l’ont laissé les « Petits Mystères », et qui est le centre du domaine de l’individualité humaine, les « Grands Mystères » le conduisent au-delà de ce domaine, et à travers les états supra-individuels, mais encore conditionnés, jusqu’à l’état inconditionné qui est le seul et véritable but et qui est désigné comme la Délivrance finale ou comme l’ « Identité Suprême ». Si nous rapportons cette distinction à ce qui a été dit précédemment sur l’union du Ciel et de la Terre dans l’Homme, il apparaît que la réalisation de cette unité Ciel-Terre qui s’opère dans une individualité humaine correspond aux « Petits Mystères ». Après être parvenu au point central de l’état humain qui est l’unité dans l’Homme, le processus initiatique se poursuit en suivant l’axe vertical qui s’élève à partir de ce point vers des états supra-humains.

Nous pouvons alors mieux comprendre la profonde symbolique du caducée. Le caducée se rapporte directement à ce que j’appelle l’Alchimie humaine intérieure, celle qui prend pour matière première l’être humain et qui concerne les possibilités de l’état subtil (l’âme intermédiaire). Attribut d’Hermès, il symbolise le processus alchimique intérieur et la maîtrise des énergies descendantes et montantes. D’un certain point de vue, il représente cette tentative héroïque d’unir deux forces opposées représentées par les deux serpents autour d’un axe central directeur. Le caducée montre comment circulent les énergies à l’intérieur de l’« espace humain » (corps, âme, Esprit). Il est en quelque sorte le schéma simplifié de cette circulation qui s’effectuent dans les çakras et dans les trois principaux canaux subtils (les trois nadis : Sushumna, Pingala, Ida).

Le caducée est aussi le symbole de la réussite de cette « Grande Conjonction » et de cette « Grande Réconciliation » dans le creuset humain. Il montre que les énergies contraires sont enfin maîtrisées, harmonisées, et même utilisées dans le but d’accomplir une tâche plus élevée, digne de son statut. L’Homme/Hermès porteur du caducée a pour vocation de réaliser en lui cette symbiose parfaite entre toutes les énergies. Mais le problème est que cette « concorde » énergétique ne se fait pas d’emblée. Elle n’est pas réalisée dès que nous naissons. Pour la grande majorité des êtres humains, elle est le résultat d’un long et difficile travail sur soi (Alchimie humaine intérieure) qui peut durer toute une vie, et même le plus souvent s’étale sur plusieurs vies successives.

Ci-dessus : A gauche, les sept çakras avec la position des trois nadis : Sushumna au centre, Pingala et Ida. A droite, le caducée symbole alchimique d’Hermès, le Mercure des philosophes. La correspondance frappante entre la représentation des trois nadis et le caducée montre à l’évidence que l’Alchimie est spirituelle et qu’elle décrit une expérience intérieure.

L’homme est un « médium » et un « pont ».

Selon la Tradition, j’entends la Tradition Primordiale à partir de laquelle sont issues toutes les autres Traditions particulières qui ne sont que des adaptations ce celle-ci dans l’espace et dans le temps, l’Homme occupe une place intermédiaire entre le Ciel et la Terre. La jonction, la conjonction, et la réconciliation entre le Ciel et la Terre doit s’opérer en lui. J’ajoutons même que cette jonction ou conjonction de sa nature céleste et de sa nature terrestre ne peut se réaliser que dans l’incarnation humaine. C’est sur Terre et dans la condition humaine que doit s’effectuer la réconciliation du Ciel et de la Terre. C’est l’une des caractéristiques de la condition humaine et la raison finale de son incarnation.

Symboliquement, le Ciel est « circulaire » (sphérique) et représente l’Esprit (infini), la Terre est « carrée » (cubique) et représente la matière (le monde fini). De ce point de vue, nous pouvons dire que l’Homme est situé entre les forces d’en haut (célestes) et les forces d’en bas (terrestres). L’Homme doit s’efforcer d’opérer la jonction, en son centre, des forces célestes et des forces terrestres. Pour utiliser un terme d’informatique, il doit « connecter » le haut et le bas et ouvrir son centre/cœur. S’il y parvient, il réalisera l’état d’Homme Parfait, il sera véritablement Homme (Homme Primordial ou Adam Kadmon dans la Kabbale).

L’une des caractéristiques de l’état humain est la verticalité. En effet, l’Homme est un être qui est vertical, extérieurement et intérieurement. Il est vertical extérieurement dans son corps qui est dressé verticalement par la colonne vertébrale. Il l’est intérieurement parce qu’il est lié au Ciel vers le Haut et lié à la Terre vers le Bas. Cette verticalité essentielle implique que l’Homme est traversé par un axe. C’est sur cet axe que doit s’opérer la jonction du Ciel et de la Terre. La « connexion » entre le Haut et le Bas ne peut s’effectuer que lorsque est réalisé un « alignement » parfait entre le corps (la matière), l’âme (l’énergie), et l’Esprit (conscience, Lumière, Vie, information). Cet alignement est à rapproché de la « rectitude » (caractère de ce qui est droit) et de la « rectification » qui se présentent sur le chemin initiatique. Pour réussir l’ouverture complète du centre/cœur, il importe avant tout d’« aligner » l’Esprit, l’âme (ou énergies psychiques) et le corps, sur un même axe.

Ci-dessus : Le fameux « homme de Vitruve ». Ce dessin réalisé à la plume, encre et lavis, est une étude des proportions du corps humain selon Vitruve réalisé par l’initié Léonard de Vinci vers 1492. Cette œuvre remarquable illustre parfaitement notre propos : l’homme est placé au centre, entre le carré (Terre) et le cercle (Ciel). Bras écarté et pieds presque joints, formant une croix, l’homme s’inscrit dans le carré terrestre. Bras élevés et jambes écartés, l’homme s’inscrit dans le cercle céleste. Le nombril correspond au centre de la figure siège de l’hara, centre spirituel de l’être humain. Entre le Ciel et la Terre, l’Homme est une Etoile à cinq branches (un pentagramme), et au centre de cette Etoile se trouve le mystérieux point « G » ou « l’œil qui voit tout ».

Ci-dessus : A gauche, l’Homme inscrit dans un pentagramme (une étoile à cinq branches), illustration de Henri Corneille Agrippa, tiré de son traité « De occulta philosophia ». A droite, l’Etoile Flamboyante à cinq branches des Francs-Maçons avec la lettre « G » au centre dont la signification reste à bien des égards mystérieuse. D’un point de vue général cette figure signifie que la réalité humaine est inscrite dans l’Etoile Flamboyante à cinq branches. Le chiffre 5 est comme le « sceau » qui marque le niveau humain. C’est une représentation symbolique de l’état humain. Dans certaine représentation de l’étoile flamboyante, la lettre « G » est remplacée par « l’œil qui voit tout ». La lettre « G » et « l’œil qui voit tout » spécifient en quelque sorte le centre de l’état humain, c’est-à-dire le « lieu » où s’effectue le passage vers les états supérieurs. Entre le Ciel et la Terre, entre le compas et l’équerre, l’Etoile Flamboyante figure l’Homme, assemblage d’un peu de « boue » (Terre) dans lequel a été insufflée une parcelle du souffle divin (Ciel). L’étoile permet le passage du carré au cercle, de l’équerre au compas. A noter aussi que le caractère flamboyant et rayonnant de l’étoile suggère un rapport étroit avec l’énergie, la chaleur et la lumière. La lumière est bien évidemment la Lumière spirituelle.

En tant qu’être intermédiaire, l’être humain doit unir le Ciel et la Terre, l’Esprit et la matière. L’homme est une sorte de « médium ». C’est lorsqu’il s’est imprégné de son statut particulier, et qu’il a bien intégré la raison pour laquelle il est incarné sur la Terre, que la « connexion » peut s’établir entre le Haut et le Bas. Dans un sens, l’Homme est un « Pont » entre l’Esprit et la matière, entre les énergies d’en Haut et celles d’en Bas, entre les potentialités inférieures de son être et ses possibilités supérieures. L’Homme n’existe que pour remplir et exercer cette fonction de « Pont ». L’homme est fondamentalement (dans son essence) un être religieux parce qu’il a la capacité de relier le Ciel et la Terre. Le mot religion vient d’ailleurs de « religare » qui signifie « relier ». La vraie religion de l’homme religieux est celle qui a pour tâche de relier le Ciel et la Terre. Lorsque l’Homme réalise sa double nature, c’est-à-dire lorsqu’il est pleinement conscient de cette double nature, qui est Matière et Esprit, la liaison peut alors se faire entre le Ciel et la Terre. L’Homme est à la fois un être matériel et un être spirituel. C’est sa condition sur Terre et il ne peut pas y échapper.

Nous sommes dans le monde manifesté et nous avons une forme corporelle. Cette forme corporelle n’est pas un obstacle ni une entrave. Elle est au contraire un outil formidable, un « levier », ou un véhicule très perfectionné dont les possibilités sont immenses et qui doit être utilisé au maximum de ses capacités. Nous devons assumer jusqu’au bout, jusqu’à la mort, cet état corporel et cette position relative dans le monde manifesté. Cette position relative peut certes paraître très inconfortable à première vue, mais elle représente en réalité une chance et un privilège immense, puisque nous avons une mission à remplir ici-bas qui est de la plus haute importance. La matière et notre condition corporelle ne doivent pas être considérées comme étant des obstacles à notre réalisation spirituelle, mais au contraire nous devons les voir comme des opportunités et des moyens pour nous élever et grandir.

Référence biblographique : Cliquez ici

Le Rite Écossais Rectifié au féminin s’exporte… et se porte bien !

Le 22 février dernier, au sein de la Grande Loge Féminine du Cameroun a été consacrée une seconde Loge travaillant au Rite Ecossais Rectifié : VIA LUCIS à l’Orient de Yaoundé. La première, ADHUC STAT à l’Orient de Douala avait vu le jour en 2020.

Huit Sœurs de la Grande Loge Féminine de France, travaillant à ce rite et appartenant à des Loges bordelaise, lyonnaise, marseillaise et parisienne avaient fait le voyage pour accompagner les Sœurs Camerounaises, ainsi qu’elles le font depuis 6 années déjà.

Les 8 Sœurs voyageuses…

Au cours de ce voyage, plusieurs réceptions au 4ème et dernier grade symbolique de ce rite ont été faites et le Grand Prieur, accompagné de 7 membres du Grand Prieuré Féminin de France, a transmis la Lumière à la première Loge du 4ème Grade à Douala : LA FORCE.

Le Grand Prieuré Féminin de France, est une juridiction indépendante née en 2008 dont les membres sont en très grande majorité des Sœurs de la Grande Loge Féminine de France. Elle comprend l’Ordre Intérieur et gère le 4ème grade du Régime Ecossais Rectifié, permettant ainsi aux Sœurs qui pratiquent ce Rite d’accéder à l’entièreté du parcours rectifié.

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Dans leur volonté de transmettre aux Sœurs intéressées par le Rite Ecossais Rectifié, en mai 2023, les Sœurs de la G.L.F.F. s’étaient rendues en nombre à l’incorporation, de la loge Sao Joao da Rosa, travaillant au Rite Ecossais Rectifié à l’Orient de Lisbonne au sein de la Grande Loge du Portugal. Dès lors, les Sœurs portugaises viennent régulièrement en France travailler à Bordeaux dans la Loge Rectifiée de la G.L.F.F.

D’autres Obédiences féminines, européennes ou non, sont maintenant sur le même chemin et les Sœurs de la G.L.F.F. également membres u Grand Prieuré Féminin de France, travaillent régulièrement avec les Sœurs de ces pays.

La chaleur de l’accueil des Sœurs camerounaises et portugaises et la qualité des travaux partagés pendant les diverses cérémonies rendent témoignage de la vivacité de ce rite souvent peu ou mal connu ainsi que de la qualité de la flamme qui anime les Sœurs de ce rite au-delà des frontières et des océans.

Tentative de suicide d’Alain Bauer : Nicolas Penin informe les anciens Grands Maîtres du GODF

Nicolas Penin Grand Maître du GODF

Dramatique rebondissement de l’affaire que nous évoquions hier. Peu de temps après l’annonce de la condamnation d’Alain Bauer par le tribunal correctionnel de Paris, Nicolas Penin, Grand Maître du Grand Orient de France, prenait connaissance des « adieux » formulés par son lointain prédécesseur sur le réseau LinkedIn. On a appris, depuis, que ce dernier aurait effectivement tenté de mettre fin à ses jours et serait actuellement hospitalisé. Aussitôt, Nicolas Penin a adressé à tous les anciens Grands Maîtres du GODF un message les informant de la tentative de suicide par voie médicamenteuse, commise par Alain Bauer.

A l’heure de notre bouclage, nous ne disposons d’aucune précision complémentaire. Cette nouvelle nous attriste profondément car une telle tentative de suicide est un acte incomparablement plus grave que la cause qui a pu l’y conduire. Nous souhaitons évidemment qu’Alain Bauer se rétablisse au plus vite et qu’il retrouve toutes ses forces non seulement pour affronter un procès en appel mais, surtout, pour continuer les nombreuses activités où il n’a cessé de briller, ces dernières années.

Le célèbre criminologue Alain Bauer a été condamné à 12 mois avec sursis et 375 000 € d’amende. Quelques heures après le verdict, il a publié une lettre perçue comme un message d’adieu, avant de la supprimer…

Le criminologue Alain Bauer, figure bien connue des médias et des plateaux télévisés, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une affaire judiciaire qui a pris une tournure dramatique. Condamné à 12 mois de prison avec sursis, assortis d’une amende de 375 000 euros et d’une interdiction de soumission aux marchés publics pendant trois ans, l’expert en sécurité est sanctionné pour son rôle dans des contrats jugés litigieux avec la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) entre 2008 et 2012, pour un montant de 925 000 euros hors taxes.

Une lettre de détresse publiée sur les réseaux sociaux

À la suite du verdict, Alain Bauer a partagé une lettre troublante sur les réseaux sociaux. Ce message, perçu par beaucoup comme une lettre d’adieu, a rapidement alerté son entourage et ses proches.

Dans ce texte, le célèbre professeur et consultant exprime son incompréhension face à la justice, affirmant être victime d’une décision arbitraire. Il revient notamment sur son rôle dans la révélation de la fraude à la taxe carbone impliquant la filiale BluNext, et évoque un profond sentiment d’injustice. Il prend également congé de ses proches, amis et étudiants, avant de conclure par un « Adieu » lourd de sens.

Voici la lettre publiée par Alain Bauer :

« À CELLES ET CEUX QUE J’AIME

Je viens d’apprendre que la direction de la Caisse des dépôts, des dirigeants, moi même et un collègue, avions été finalement victimes d’u. Parquet Mediapart et d’une justice véritablement aveugle.

Après avoir été à l’origine du dévoilement de la fraude à la taxe carbone qui a touché sa filiale BluNext, avoir évité des pertes considérables sur des dossiers dangereux pour le denier public, nous sommes, le DG de l’époque, le patron de CDCI, mon collègue et moi même les boucs émissaires de la direction juridique de l’epoque, qui avait imposé le mode de relations avec sa maison.

À mes filleules et filleuls, veuillez me pardonner de vous abandonner si tôt. Mais je serais toujours là, quelque part, avec vous.

À mes amies et amis, ne m’en veuillez pas trop.

À mes collègues, merci de votre accueil, appui, soutien.

À mes étudiante et étudiants, soyez forts. Le droit n’est pas toujours injuste.

Je pars innocent, triste de l’injustice, persuadé de rester dans vos mémoires pour le meilleur.

Je vous aime.

Adieu »

À noter que la lettre a été RAPIDEMENT RETIRée… et QU’un message rassurant L’A REMPLACéE.

Le Média en 4-4-2 RELATE AINSI L’EVENEMENT :

Une publication rapidement supprimée

Après avoir provoqué une vague d’émotion et d’inquiétude, la publication a été supprimée, sans qu’aucune explication officielle ne soit donnée. Cette disparition n’a fait qu’alimenter les spéculations quant à l’état d’esprit de l’expert en criminologie.

Une chose est sûre : cette condamnation ne laisse personne indifférent

Autres articles sur Alain Bauer :

Théorie du complot : « Le logo des Oscars 2025 est maintenant issu des Francs-maçons »

De notre confrère américain news.meaww.com – par Shreeja Das

Los Angeles, 5 mars 2025 – Dimanche soir 2 mars, le Dolby Theatre à Hollywood a vibré au rythme de la 97e cérémonie des Oscars, un événement censé célébrer le cinéma sous le thème pompeux d’une « célébration de la connexion ». Des statuettes dorées, des robes à couper le souffle (ou à couper l’appétit, selon les goûts), et des discours larmoyants : tout était réuni pour une soirée classique de glamour autocongratulatoire. Mais voilà, les projecteurs n’ont pas seulement éclairé les lauréats comme Anora ou Adrien Brody, sacré meilleur acteur pour The Brutalist.

Non, ils ont aussi mis en lumière une polémique aussi absurde qu’hilarante :

Une théorie du complot voyant dans le décor de la scène une copie conforme du logo des francs-maçons.

Oui, vous avez bien lu. Bienvenue dans le monde merveilleux où les Oscars deviennent un terrain de jeu pour apprenants sorciers du conspirationnisme.

Tout commence avec un certain Shadow of Ezra, un influenceur sur X au nom évoquant un méchant de série B ou un pseudo oublié sur un forum des années 2000. Dans un élan de créativité douteuse, il poste une image du décor des Oscars 2025 – une structure pyramidale ornée de lignes géométriques – à côté d’un symbole maçonnique bien connu, l’équerre et le compas. Sa légende ? Un laconique : « Le décor des Oscars ressemble-t-il au logo des francs-maçons ? » Et là, c’est le drame. Ou plutôt, la comédie. Car en quelques heures, la machine à délires s’emballe sur les réseaux sociaux, transformant une soirée de cinéma en un épisode de X-Files version low cost.

Les internautes, jamais en reste quand il s’agit de voir des signes là où il n’y a que du plâtre et des spots lumineux, s’en donnent à cœur joie. « Retourne-le, on dirait un visage maléfique », lance un certain

@CPTMORGAN, probablement après avoir passé trop de temps à scruter son écran dans le noir. « Symbolisme en pleine lumière, leur chute viendra de là », renchérit

@CrystalC_85, avec une assurance qui ferait pâlir Nostradamus. Et puis il y a

@Aerofine36, qui se contente d’un « Coïncidence ?!!! Nah », comme si trois points d’exclamation suffisaient à prouver une conspiration mondiale. On imagine presque ces détectives autoproclamés réunis autour d’une table, armés de ficelles rouges et de lunettes loupes, à chercher le sens caché d’un rideau mal ajusté.

Mais soyons justes : à première vue, le parallèle n’est pas totalement tiré par les cheveux – si on a bu assez de café et qu’on plisse les yeux très fort. Le décor des Oscars, avec ses formes pyramidales et ses lignes droites, pourrait vaguement rappeler les symboles maçonniques popularisés par des siècles de fantasmes et de mauvais romans. L’équerre et le compas, emblèmes classiques de la franc-maçonnerie, évoquent l’ordre, la géométrie, et une aura de mystère que Hollywood adore exploiter dans ses blockbusters. Ajoutez à cela une pyramide, et vous avez de quoi faire saliver les amateurs de théories sur les Illuminati. Mais de là à crier au complot ? Allons, un peu de sérieux – ou plutôt, un peu moins, vu le niveau de la discussion.

Car, soyons clairs, aucune preuve sérieuse ne vient étayer cette lubie. Comme le souligne l’article de MEAWW News, « il n’existe aucune source vérifiable confirmant un lien direct entre le décor des Oscars 2025 et la franc-maçonnerie ». Nada. Zéro. Que dalle. Juste une coïncidence visuelle, amplifiée par l’éternelle manie humaine de vouloir trouver des motifs secrets dans tout ce qui brille un peu trop fort. Le décor, conçu pour impressionner et refléter le thème de la « connexion » (un concept assez vague pour justifier n’importe quoi), n’est probablement qu’une création d’un designer un peu trop inspiré par son manuel de géométrie de lycée. Mais pourquoi laisser la réalité gâcher une bonne histoire, hein ?

Ce qui rend cette affaire encore plus savoureuse, c’est le contexte. Les Oscars, cette grand-messe du cinéma où l’élite mondiale se congratule sous des lustres à plusieurs millions, ont toujours été un aimant à théories farfelues. Entre les accusations de favoritisme, les rumeurs de deals en coulisses et les analyses capillotractées des tenues des stars, l’événement est un buffet à volonté pour les complotistes. Alors, un décor vaguement maçonnique ? C’est presque trop parfait. On imagine déjà les titres des blogs obscurs : « Hollywood avoue enfin son allégeance aux Illuminati » ou « Les Oscars 2025, la preuve que tout était prévu depuis 1776 ». Ajoutez un montage flou sur YouTube avec une musique anxiogène, et le tour est joué.

Avec une pointe de cynisme, on pourrait presque applaudir l’audace de ces détectives du dimanche. Après tout, il faut un certain talent pour transformer une soirée célébrant des films comme The Wild Robot (snobé au profit de Flow, soit dit en passant) en une chasse au trésor ésotérique. Mais surtout, quelle bêtise délicieuse ! Pendant que le monde réel croule sous des problèmes bien tangibles – guerres, crises climatiques, ou simplement le prix exorbitant du pop-corn au cinéma –, ces esprits brillants préfèrent disséquer un décor de scène comme s’il renfermait le secret de l’univers. On leur décernerait bien un Oscar de la créativité, catégorie « Meilleur scénario improbable ».

Alors, que retenir de tout ça ? Pas grand-chose, si ce n’est que les Oscars 2025 auront réussi un exploit rare : faire parler d’eux pour autre chose que les gagnants ou les robes ratées. Quant aux francs-maçons, s’ils regardent ça de leur loge secrète (ou de leur club de bridge du mercredi, soyons réalistes), ils doivent bien rigoler. Ou peut-être pas. Peut-être sont-ils trop occupés à comploter la prochaine cérémonie des Golden Globes. Restez vigilants, braves internautes, et n’oubliez pas de vérifier sous votre lit ce soir – on ne sait jamais, un compas pourrait s’y cacher.

Le Tivoli Lodge de Weston fait un don de 1 580 £ à l’association caritative Brainwave

De notre confrère anglais thewestonmercury.co.uk – Par Matt Evans

L’association caritative pour enfants Brainwave, basée à Bridgwater, a reçu un don de 1 580 £ du Tivoli Lodge à Weston-super-Mare, écrit Matt Evans. L’association aide les enfants handicapés et ayant des besoins supplémentaires à acquérir une plus grande indépendance en améliorant leur mobilité, leurs capacités de communication et leur potentiel d’apprentissage grâce à une gamme de thérapies spécialisées.

Keith Sinclair, PDG de Brainwave, a déclaré : « Je tiens à exprimer notre gratitude aux francs-maçons de la Loge Tivoli pour leur généreux don. »

« Leur soutien est très apprécié et contribuera à aider davantage d’enfants à atteindre leur potentiel. »

Un franc-maçon de la Tivoli Lodge a déclaré : « Nous sommes tous très impressionnés par le travail qu’ils font à Brainwave et sommes ravis que notre don puisse les aider à continuer à soutenir les enfants à travers le Royaume-Uni. »

Brainwave ne reçoit aucun financement de l’État et dépend donc de la collecte de fonds et des dons des entreprises et des bénévoles.

Un message de « l’Esprit qui veille »

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Ce bref essai tente de répondre aux interrogations que l’être humain adresse à notre temps incertain et angoissant. Apres une préface de Marc Alpozzo, professeur de philosophie, écrivain et critique littéraire évoquant le contraste entre Dieu révélé des monothéistes et le Dieu des savants et des philosophes, les deux auteurs de cet essai rapprochent les dernières découvertes scientifiques des grands textes sacrés.

L’un des deux, Gilles Cosson, a été inspiré d’un message transcendant lui demandant de « regarder au-delà de sa maison ».L’ouvrage se termine par un duo sur la bipolarité du monde qu’incarnerait la confrontation entre ISLAM & CHRETIENTE, conforme à la complémentarité du Yin et du Yang que la sagesse taoïste juge nécessaire à l’équilibre de l’humanité.

Les AUTEURS

Antoine Bastien, polytechnicien, consultant en stratégie, a fait le choix d’une vie professionnelle et périodes de recherche spirituelle lors de séjours dans des cultures s’inspirant du Véda, de Bouddha, de la Bible et du Coran – Cf son blog : porteurs de la parole.fr

Gilles Cosson, polytechnicien, ancien dirigeant d’entreprises. Par-delà des réflexions spécifiques sur un monde économique qu’il a très bien connu, il a nourri son expérience spirituelle de grands voyages dans les solitudes Cf. Gilles Cosson Wikipedia – Site gillescosson.com

Livres :

  • La Russie de demain – Ed de Paris 2024
  • Lettre à un ami musulman – Ed de Paris -2005
  • Un combattant – Ed de Paris- 2007
  • Eclats de vie – Huitieme jour – 2009
  • Cynique et Cie – Ed de Paris – 2011
  • Dans l’ombre de la décadence – Ed de Paris -2012
  • L’Esprit qui veille – Ed Michalon – 2013
  • Sur la route du temps – Ed de Paris – 2015
  • Debout Citoyens – Ed Fauves 2015
  • Et Rome s’enfonça dans la nuit – Ed de Paris – 2017
  • Cinq femmes – Ed Pierre Guillaume de Roux – 2019
  • Entre deux mondes – Ed de paris – 2023

    L’héritage maçonnique, Le passage du Temple aux temples

    À la fois roman historique, traité symbolique et réflexion philosophique, cet essai romancé, L’héritage maçonnique, tisse un texte où science et spiritualité, traditions et modernité se rencontrent.

    Disponible dès le 6 mars 2025

    « L’héritage maçonnique » de Raphaël Massarelli et Solange Sudarskis mêle roman initiatique, essai historique et réflexion ésotérique. À travers une narration à plusieurs niveaux, l’ouvrage explore les racines philosophiques et spirituelles de la Franc-maçonnerie, tout en posant des questions sur la transmission du savoir, la lumière et le rôle du temple dans l’histoire humaine.  

    L’histoire commence avec Léopold Bloom, un personnage dont le nom, emprunté à Ulysse de James Joyce, annonce une quête initiatique. Ce Lyonnais solitaire et érudit partage son temps entre méditation zen, promenades dans le Vieux Lyon et recherche de livres anciens.

    C’est lors d’une de ses déambulations qu’il découvre un manuscrit mystérieux, sans titre ni auteur, dans une librairie au nom intrigant : Le Palmier de Déborah. La libraire lui laisse entendre que ce livre « l’attendait ».

    Intrigué, Bloom décide de traduire l’ouvrage, plongeant ainsi dans un récit vieux de plusieurs siècles, qui l’amène au cœur des débats fondateurs de la Franc-maçonnerie.

    Le récit s’imbrique alors dans un second niveau narratif : celui du contenu du manuscrit, qui nous transporte en Angleterre au XVIIIe siècle.  

    Le contenu du manuscrit transporte le lecteur à Londres en 1721, où se déroulent les échanges entre Jean Théophile Desaguliers et James Anderson, figures majeures de la Franc-maçonnerie spéculative. Leur discussion porte sur la nécessité d’établir des Constitutions pour leur Ordre et, plus fondamentalement, sur le symbolisme du temple maçonnique. L’un des débats majeurs concerne l’orientation du temple. Doit-il suivre le modèle du Temple de Salomon, où le Saint des Saints est situé à l’Occident, ou celui des cathédrales chrétiennes, orientées vers l’Est ? Ce questionnement architectural soulève une problématique plus vaste : la place de la Lumière, du divin et du chemin initiatique dans la construction du temple.

    Une autre question centrale concerne les colonnes Jakin et Boaz. Dans le Temple de Jérusalem, elles se situent à l’extérieur, marquant l’entrée. Or, dans les temples maçonniques, elles sont placées à l’intérieur. Ce déplacement modifie leur symbolisme : gardent-elles encore l’entrée, ou sont-elles désormais les piliers d’une quête intérieure?

    Masque mortuaire de Newton

    L’érudition du roman ne s’arrête pas là. L’intervention d’un personnage inattendu, Sir Isaac Newton, donne une nouvelle dimension au débat. Connu pour ses découvertes scientifiques, Newton est ici présenté comme un homme fasciné par l’ésotérisme et l’alchimie. Ses échanges avec Desaguliers et Anderson approfondissent la réflexion sur la nature de la lumière, du vide et de l’infini. Newton questionne : le monde est-il composé de matière ou d’énergie ? Sommes-nous tous des fils de la lumière ?

    Le récit prend une tournure encore plus fascinante lorsque le rabbin Hart entre en scène. Ce personnage énigmatique, porteur d’une sagesse teintée de mysticisme, apporte une vision kabbalistique aux réflexions des deux pasteurs.Il évoque notamment le Tsimtsoum, concept développé par Isaac Louria, selon lequel Dieu a contracté sa lumière pour laisser place à l’univers. Cette théorie renvoie directement à la notion de vide sacré et de création, un parallèle frappant avec la structure des temples. Pour Hart, la Franc-maçonnerie puise dans cet héritage spirituel, tout en le reformulant pour les initiés modernes.

    À travers ses interventions, le roman met en évidence la frontière poreuse entre science et spiritualité, une thématique récurrente dans l’histoire de la Franc-maçonnerie.

    Un autre moment clé du roman survient lorsque Desaguliers et Anderson reçoivent une visite inattendue, une femme mystérieuse, Dame Déborah qui introduit une nouvelle dimension au débat : la Kabbale juive et ses correspondances avec la pensée maçonnique. Elle les met en garde contre une vision trop rigide du temple et insiste sur le fait que le savoir initiatique ne peut être figé. Son discours oscille entre mysticisme juif, tradition chrétienne et pensée maçonnique, suggérant que la véritable transmission ne repose pas uniquement sur l’écrit, mais sur l’expérience et la recherche intérieure.

    Cette rencontre interroge Desaguliers et Anderson, qui comprennent que la Franc-maçonnerie ne peut se limiter à un simple débat historique ou architectural. La Franc-maçonnerie est un cheminement dans l’équilibre entre mémoire et innovation, entre structure et intuition.

    Le roman devient alors une fresque intellectuelle, où chaque personnage représente un pan de la connaissance

    Léopold Bloom, en traduisant ce manuscrit, ne se contente pas d’explorer un livre. Ses réflexions montrent que la lecture ne consiste pas à trouver des réponses, mais à apprendre à poser les bonnes questions.

    Ainsi, la Franc-maçonnerie y est décrite comme un espace où se croisent différentes traditions, un lieu de transmission du savoir, mais aussi de quête personnelle.

    Avec son écriture érudite et sa structure en récit enchâssé, « L’héritage maçonnique » est un ouvrage exigeant, mais passionnant pour les amateurs de symbolisme, de spiritualité  et d’histoire.

    Il propose un voyage intellectuel entre Lyon et Londres, entre passé et présent, entre science et mysticisme. Il s’adresse aux lecteurs curieux, prêts à suivre un chemin d’éveil cognitif à travers les âges, où chaque détail recèle une signification cachée.

    Joël Gregogna, le préfacier en dit : « On devine les recherches minutieuses que l’un et l’autre auteurs ont dû mener pour rendre à ce XVIIIe siècle toute sa richesse, sa force et sa tendresse ! C’est sans doute ce dernier terme, « tendresse », qui est le plus important, en ce qu’il suppose un équilibre délicat entre ce qui est histoire et ce qui est fiction. »

    Date de parution 06/03/2025 Éditeur Le Compas dans l’œil, Collection La Parole Circule Nombre de pages 308

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    Alain Bauer condamné à 12 mois de prison avec sursis et une amende de 375 000 euros

    Paris, 5 mars 2025 – Alain Bauer, criminologue médiatique et ancien Grand Maître du Grand Orient de France (GODF), a été condamné ce mercredi 5 mars 2025 par le tribunal correctionnel de Paris à 12 mois de prison avec sursis, une amende de 375 000 euros – le maximum prévu par la loi pour ce délit – et une exclusion des marchés publics pendant trois ans. Cette peine, prononcée pour recel de favoritisme, fait suite à une affaire de contrats jugés douteux, passés avec la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), au titre desquels deux anciens dirigeants, Augustin de Romanet et Jean-Pierre Jouyet, ont également été poursuivis et sanctionnés.

    Selon cette décision pénale de première instance, sont ainsi condamnés un système de réseaux et des jeux d’influences où régnerait un entre-soi empreint de complaisance, jetant une ombre trouble sur la carrière spectaculaire d’Alain Bauer et, par ricochet, sur une franc-maçonnerie dont il fut autrefois un haut dignitaire.

    Une affaire qui sent le guide gastronomique au prix fort

    L’histoire débute en novembre 2014, lorsque Mediapart publie une enquête explosive révélant des contrats suspects entre la CDC et les sociétés d’Alain Bauer, AB Conseil et AB Associates. Selon Franceinfo (5 mars 2025), ces contrats, conclus sans mise en concurrence ni publicité, s’élèvent à 925 000 euros hors taxes : 650 000 euros sous la direction d’Augustin de Romanet (2007-2012) et 275 000 euros sous celle de Jean-Pierre Jouyet (2012-2014). À cela s’ajoutent 333 596 euros facturés entre 2010 et 2011 pour des guides gastronomiques Champérard, commandés par Romanet (qui se trouve être accessoirement le beau-frère, en secondes noces, de Bruno Lemaire, alors ministre des Finances), pour les offrir aux agents de la CDC et à des élus. Détail savoureux ou cerise sur le gâteau : Bauer était actionnaire à 50 pour cent de la société les commercialisant.

    Source Google Actualités

    Le Parquet national financier (PNF), saisi après l’article de Mediapart, met au jour un schéma troublant. Les prestations de Bauer, décrites comme de « conseil et d’assistance en sûreté et en préparation de gestion de crise », se limitent souvent à des échanges oraux, sans traces écrites consistantes. La Cour des comptes, citée par Sud Ouest (5 mars 2025), qualifie ces services d’« incertains, à l’utilité contestable et onéreux ». Pour le tribunal, pas de doute : ces contrats relèvent d’un favoritisme flagrant, orchestré par Romanet et Jouyet, dont Bauer a été le bénéficiaire direct.

    Romanet, actuel PDG d’Aéroports de Paris (ADP), écope de 8 mois de prison avec sursis et 200 000 euros d’amende, tandis que Jouyet, ancien secrétaire général de l’Élysée sous la présidence de François Hollande, s’en tire avec une amende de 30 000 euros. Tous deux sont relaxés du chef de détournement de fonds publics, mais le mal est fait. « Plus de 300 000 euros pour des guides gastronomiques et des conseils qu’on ne peut même pas lire, c’est un peu cher payé pour une leçon de goût », raille un observateur relayé par BFMTV (5 mars 2025).

    Le Profil flamboyant d’Alain Bauer

    Alain Bauer

    Alain Bauer, né en 1962, est une figure publique bien connue dans le monde de la sécurité en France et à l’étranger. Il a servi en tant que Grand Maître du Grand Orient de France, la plus grande obédience maçonnique du pays, de 2000 à 2003. Son mandat a été marqué par une volonté de rendre la Franc-Maçonnerie plus visible et influente dans le débat public, cherchant à établir des ponts entre la fraternité et la société civile.

    Bauer a poursuivi une carrière académique et consultative, comme professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et comme conseiller auprès de nombreuses institutions publiques et privées sur des questions de sécurité et de criminologie.

    Du GODF aux plateaux télé, une ascension fulgurante…

    Rue Cadet à Paris siège du GODF
    Rue Cadet à Paris siège du GODF

    Alain Bauer est un homme aux multiples casquettes. Ce fils d’une famille juive ayant fuit les pogroms d’Europe de l’Est se fait connaître, dès les années 1980, comme un expert en sécurité, qu’il demeurera; Il deviendra même un éminent criminologue, alors même qu’il ne dispose à l’origine d’aucun diplôme dans cette spécialité, ce qui ne lui ôte aucun mérite et devrait même l’accroître sur la foi du talent qui lui est reconnu. Proche de Michel Rocard et du Parti socialiste, il conseille les gouvernements de gauche avant de se rapprocher de Nicolas Sarkozy dans les années 2000, devenant une figure familière des plateaux de LCI et de CNews. Mais son fait d’armes le plus notable reste son passage au sommet du GODF, la plus grande obédience maçonnique française, qu’il préside, de 2000 à 2003.

    À 38 ans, Bauer devient le plus jeune Grand Maître de l’histoire du GODF, une institution forte de 50 000 membres et d’une influence sociale et culturelle indéniable. Selon Le Figaro (27 mai 2024), il modernise l’obédience, ouvrant ses débats à des sujets comme la laïcité ou la sécurité, domaines où il excelle. « Réformateur ambitieux », écrit le quotidien, mais aussi controversé : certains frères lui reprochent un style trop médiatique et des liens trop étroits avec le pouvoir. Innovation.lileauxenfants.com (11 novembre 2024) le décrit comme un « conseiller des puissants », un homme dont les réseaux s’étendent des loges aux ministères.

    Après son mandat, Bauer capitalise sur cette aura. Il multiplie les contrats de conseil – avec la CDC, mais aussi ADP ou des collectivités publiques – et fait paraître de nombreux ouvrages, dont récemment La Conquête de l’Ouest (Fayard, 2025), salué par Le Figaro (22 janvier 2025) comme une analyse lucide des crises occidentales.

    La franc-maçonnerie dans l’œil du cyclone ?

    Alain Bauer

    L’affaire Bauer pose une question lancinante : en quoi et, le cas échéant, à quel degré le GODF serait-il susceptible d’être éclaboussé ? Historiquement, la franc-maçonnerie française et le GODF, en particulier, incarnent un idéal humaniste, forgé au XVIIIe siècle dans le mouvement des Lumières. Mais elle a aussi gagné, dans une partie de l’opinion, une réputation sulfureuse, certes alimentée par quelques scandales mais surtout par des siècles de fantasmes sur son influence occulte. Sudinfo.be (4 mars 2025) rapporte que les loges bruxelloises, proches du GODF, luttent encore contre une vague de fake news sur les réseaux sociaux, où elles sont accusées de tout et de n’importe quoi : du contrôle des banques aux embouteillages en ville… Jean-Philippe Schreiber, historien à l’ULB, y déplore « un écho particulier donné aux fantasmes » – un écho que l’affaire Bauer risque d’amplifier.

    Sur X, les réactions fusent :

    @fr_infox parle d’un « symbole de la dérive des élites », tandis que

    @LaCapitale_be ironise : « Le criminologue finit criminel ». Pourtant, le GODF se défend de tout lien direct. « Bauer n’agissait pas en tant que maçon, mais en tant que consultant privé », insiste un membre anonyme cité par Paris Normandie (18 mars 2024). Une distinction technique qui peinera à convaincre dans les sphères complotistes. Car voir un ancien Grand Maître condamné pour des faits aussi triviaux que des guides gastronomiques surfacturés a de quoi alimenter les clichés les plus éculés.

    Nicolas Penin, Grand Maître actuel du GODF depuis août 2024 (20 Minutes, 23 août 2024), reste silencieux pour l’instant. Son prédécesseur, Guillaume Trichard, avait plaidé pour une « démystification » de la franc-maçonnerie lors d’une conférence à Arcachon (Sud Ouest, 26 novembre 2024). Cette affaire ne facilitera pas sa tâche.

    Un procès sous tension et une défense bancale

    Le procès, qui s’est tenu entre mai et juin 2024 avant un renvoi au 25 novembre en raison de l’état de santé d’un avocat (Challenges, 11 décembre 2024), a révélé des défenses fragiles. Bauer, absent à l’audience comme ses co-accusés, a clamé son innocence. « J’ai fourni des analyses stratégiques, pas juste des guides », aurait-il argué, selon L’Humanité (20 mars 2024). Une ligne contredite par le PNF, qui pointe l’absence de preuves tangibles de ces prestations. Le président de la 32e chambre, cité par Le Figaro (5 mars 2025), a fustigé « la désinvolture » de Bauer, justifiant la sévérité de la peine par un « risque de récidive ».

    Jouyet Jean-Pierre

    Romanet et Jouyet, eux, ont minimisé leur responsabilité. Romanet, condamné en 2020 pour recel de violation du secret de l’instruction dans cette même affaire (Le Figaro, 28 septembre 2023), a plaidé l’intérêt de la CDC. Jouyet, fort de son passé à l’Autorité des marchés financiers et à l’Élysée, a invoqué un « positionnement plus sain », selon le PNF (Le Monde, 2 décembre 2024). Peine perdue : le tribunal a vu dans leurs décisions une entente illicite avec Bauer.

    Répercussions politiques et sociales

    L’affaire ne manque pas de sel politique. Bauer, d’abord proche des cercles socialistes, puis ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, lui aussi passablement malmené par la Justice ces temps-ci, Bauer incarne une passerelle entre gauche et droite qui dérange. Insolentiae.com (4 mars 2024) le qualifie de « manipulateur peu crédible », tandis que L’Humanité voit dans ce scandale une illustration des « dérives du capitalisme de connivence ». Sur la toile, les internautes s’en donnent à cœur joie :

    @BobMerle3 demande à Darius Rochebin (LCI) de cesser d’inviter « le délinquant Bauer », tandis que @LanceurI tonne : « #TousPourris ».

    Pour la CDC, institution censée incarner la rigueur financière de l’État, le coup est rude. Laurent Vigier, ex-PDG de CDC International, écope lui aussi de 6 mois avec sursis et 30 000 euros d’amende, élargissant le cercle des responsables. Les avocats de la défense, dont Me Jean-Marc Fédida pour Romanet, ont annoncé un appel, dénonçant une « justice spectacle » (Ouest-France, 5 mars 2025).

    Un aperçu des liens entre réseaux et pouvoir

    Micro BFM posé par terre
    Micro BFM posé par terre

    Au-delà des condamnations, cette affaire interroge sur les mécanismes du pouvoir en France. Bauer, avec ses réseaux maçonniques, politiques et médiatiques, symbolise une élite où la compétence s’allie parfois à la complaisance voire à la connivence. Les 925 000 euros de contrats et les 333 596 euros de guides Champérard ne se réduisent pas à une simple anecdote : ils révèlent un système où l’absence de transparence non seulement prospère mais assure à certains une belle prospérité. « C’est le réseau qui parle, pas la compétence », résume un magistrat anonyme sur BFMTV… ou, en tout cas, la compétence démontrée.

    Pour la Franc-maçonnerie, le défi n’est pas facile à relever : dissocier son idéal humaniste des éventuels errements d’une de ses figures les plus emblématiques et ce, dans un climat où abondent les fake news – comme à Bruxelles, où les loges luttent contre des rumeurs absurdes (Sudinfo.be). Pourquoi nous limitons-nous à n’évoquer que d’éventuels errements ? Tout bonnement parce que, tant qu’une décision de justice n’est pas définitive, tout justiciable doit être considéré comme innocent et… traité comme tel. Nous souhaitions le souligner, à rebours de tous les procès qui se déchaînent, non point tant dans les prétoires que dans l’opinion publique. Ce n’est pas seulement un danger pour chacun d’entre nous, mais plus globalement pour la République et ses mécanismes de régulation où la Justice doit continuer d’occuper une fonction centrale.

    Sources :

    • Le Monde, « Soupçons de favoritisme : un an requis contre Romanet », 2 décembre 2024.
    • Franceinfo, « Caisse des Dépôts : Jouyet, Romanet et Bauer condamnés », 5 mars 2025.
    • Sud Ouest, « Caisse des Dépôts : Jouyet et Romanet condamnés pour des contrats avec Bauer », 5 mars 2025.
    • BFMTV, « Favoritisme et recel : Bauer et deux ex-dirigeants condamnés », 5 mars 2025.
    • Le Figaro, « Bauer, Romanet et Jouyet condamnés », 5 mars 2025 ; « Si la chute de la natalité se poursuit… », 22 janvier 2025.
    • L’Humanité, « Ce qu’il faut savoir avant le procès de Bauer », 20 mars 2024.
    • Sudinfo.be, « La franc-maçonnerie bruxelloise menacée par les fake news », 4 mars 2025.

    Rebondissement dramatique de la même affaire :

    Autres articles sur Alain Bauer :

    « Inchiesta Artemisia » : une Loge secrète à Trapani sous le feu de la justice sicilienne

    De notre confrère sicilien trapani.gds.it

    Le 28 février 2025, le Giornale di Sicilia (édition Trapani) titre : « Massoneria, inchiesta ‘Artemisia’: chiesti 115 anni di carcere ». Cette annonce marque un tournant dans une affaire judiciaire qui secoue la province de Trapani depuis 2019 : l’opération Artemisia, menée par les carabiniers et la Procura de Trapani, a mis au jour une prétendue loggia maçonnique secrète à Castelvetrano, accusée d’avoir manipulé nominations, financements et décisions administratives.

    Lors de l’audience du 27 février 2025, la procureure Sara Morri a requis des peines cumulées de 115 ans contre les principaux imputés, dont l’ex-député régional Giovanni Lo Sciuto. Cette affaire pose une question cruciale : comment concilier l’idéal maçonnique de fraternité et de justice avec les dérives imputées à cette organisation ? Cet article explore les faits, leur contexte et leurs résonances au sein de notre Art Royal.

    Une enquête aux origines explosives

    L’opération Artemisia débute en mars 2019, quand les carabiniers de Trapani arrêtent 10 personnes et placent 17 autres aux domiciles surveillés, totalisant 27 suspects (TrapaniSì, 28 février 2025). L’enquête, coordonnée par la Procura de Trapani sous la direction de Sara Morri, vise à démanteler une structure qualifiée d’« association secrète à caractère maçonnique », opérant à Castelvetrano, ville natale du boss mafieux Matteo Messina Denaro, alors en cavale. Selon les procureurs, cette loggia aurait exercé une influence illicite sur la vie publique locale, notamment au sein de la commune de Castelvetrano et d’organismes régionaux.

    Les accusations sont graves : trafic d’influence, corruption, abus de pouvoir et violation de la loi Anselmi de 1982, qui interdit les associations secrètes en Italie. Le Giornale di Sicilia détaille que la loggia aurait « piloté des nominations, détourné des financements et intervenu dans les choix administratifs », créant un réseau de favoritisme au profit de ses membres – politiciens, professionnels et membres des forces de l’ordre. Lors de l’audience du 27 février 2025, la procureure a requis 14 ans pour Giovanni Lo Sciuto, figure centrale de l’affaire, 8 ans pour Paolo Genco, ex-président de l’ANFE (Association nationale des familles d’émigrés), et 6 ans pour Felice Errante, ancien maire de Castelvetrano (LiveSicilia, 1er mars 2025).

    Les protagonistes : un réseau sous la loupe

    Giovanni Lo Sciuto, ex-député régional de Forza Italia et élu à l’Assemblée régionale sicilienne (ARS) de 2008 à 2017, est désigné comme le cerveau de cette organisation. Issu d’une famille influente de Castelvetrano, il aurait utilisé son statut pour tisser un réseau d’alliés, s’appuyant sur une loggia autoproclamée maçonnique mais non reconnue par les obédiences officielles comme le Grand Orient d’Italie (GOI). Paolo Genco, à la tête de l’ANFE, un organisme de formation financé par des fonds publics, est accusé d’avoir détourné des ressources au profit du réseau. Felice Errante, maire de Castelvetrano de 2012 à 2017, complète ce trio, soupçonné d’avoir facilité des décisions administratives en échange de soutiens politiques.

    L’enquête s’appuie sur des écoutes téléphoniques, des perquisitions et des témoignages. Parmi les éléments probants, des conversations interceptées révèlent des tractations sur des postes dans l’administration publique et des financements détournés (Repubblica Palermo, 28 février 2025). Les procureurs affirment que cette loggia, loin des idéaux maçonniques, opérait comme une « mafia blanche », un terme repris par la presse pour souligner son caractère occulte et ses pratiques illégales.

    Un contexte sicilien : maçonnerie et pouvoir

    La Sicile, terre de paradoxes, a une longue histoire avec la Franc-Maçonnerie. Dès le XVIIIe siècle, les Loges y prospèrent, portées par des idéaux des Lumières et des figures comme Francesco Paolo Di Blasi, maçon et martyr de la liberté exécuté en 1795 (Storia della Massoneria in Italia, Franco Cardini, 2019). Au XIXe siècle, elles jouent un rôle dans l’unification italienne, attirant Garibaldi lui-même au GOI. Pourtant, cette tradition s’est parfois entachée de dérives, notamment dans un Sud marqué par la mafia et la corruption.

    Castelvetrano, fief de Matteo Messina Denaro, incarne ce mélange toxique. L’opération Artemisia n’est pas un cas isolé : en 1992, l’enquête « Loggia Scontrino » à Trapani avait déjà révélé des liens entre maçons dévoyés, politiciens et Cosa Nostra (La Repubblica, 15 mars 1992). Plus récemment, l’affaire Lo Sciuto s’inscrit dans un climat de suspicion envers les réseaux occultes, amplifié par des scandali comme celui de l’INPS de Trapani en 2020, où des médecins et fonctionnaires étaient accusés de faux certificats d’invalidité (Giornale di Sicilia, 9 août 2020).

    Une Loge hors des rails maçonniques

    Une précision s’impose : la Loge d’Artemisia n’a rien d’une obédience régulière. Le GOI, principale obédience italienne avec 23 000 membres en 2023 (GOI Annuario, 2023), exige transparence et respect des lois nationales, conditions non remplies ici. Cette structure, qualifiée de « maçonnique autoproclamée » par les enquêteurs, semble avoir détourné les symboles et rituels maçonniques pour des fins profanes, une pratique condamnée par les instances officielles. Le GOI a d’ailleurs pris ses distances dès 2019, déclarant ne pas reconnaître cette entité (Comunicato GOI, 20 mars 2019).

    Cette dérive rappelle des précédents historiques, comme la loge P2 de Licio Gelli, dissoute en 1981 après avoir infiltré politique et institutions italiennes (Commissione Anselmi, 1984). Elle interroge : comment des individus peuvent-ils détourner l’Art Royal pour servir des intérêts personnels, trahissant le serment de justice et de fraternité ?

    Les réquisitions : une justice implacable

    Lors de l’audience du 27 février 2025, Sara Morri a présenté une réquisition sévère, reflet de la gravité des charges. Les 115 ans demandés pour les principaux imputés (sur un total de 27 accusés) se répartissent ainsi : 14 ans pour Lo Sciuto, 8 pour Genco, 6 pour Errante, et des peines moindres pour les autres, incluant avocats, fonctionnaires et policiers (TrapaniSì, 28 février 2025). Ces chiffres, bien que cumulatifs, traduisent une volonté de frapper fort contre ce réseau, perçu comme une menace à la démocratie locale.

    Le procès, en cours devant le tribunal correctionnel de Trapani, repose sur un dossier étoffé : 162 chefs d’accusation, des écoutes révélant des échanges explicites, et des preuves de malversations financières (LiveSicilia, 1er mars 2025). Les avocats de la défense, dont les plaidoiries débuteront le 7 mars 2025, contestent la qualification d’« association secrète », arguant que les activités relevaient de relations personnelles rather than d’une structure organisée (Repubblica Palermo, 28 février 2025).

    Une résonance maçonnique : l’épreuve de la vérité

    Cette affaire est un miroir troublant. Notre serment – « secourir nos Frères et Sœurs dans le respect de la justice » – nous impose une vigilance face aux dérives. Si les accusations se confirment, elles trahissent les valeurs fondamentales de la maçonnerie : la quête de Lumière ne peut s’accommoder de l’ombre de la corruption. Le silence de l’apprenti, symbole d’écoute et de patience, contraste ici avec le mutisme complice d’une loggia hors la loi.

    L’affaire Artemisia invite aussi à une réflexion collective. En Sicile, où mafia et pouvoir s’entrelacent, les maçons réguliers doivent redoubler d’efforts pour incarner une alternative éthique. Le GOI et d’autres obédiences, comme la Grande Loge Régulière d’Italie, pourraient renforcer leur rôle éducatif, rappelant que la fraternité n’est pas un passe-droit, mais une responsabilité.

    Un précédent dans un climat tendu

    Ce scandale s’inscrit dans une série de coups portés aux réseaux occultes en Italie. En 2023, l’opération « Sistema Siracusa » avait révélé des collusions entre juges, avocats et politiciens (Il Fatto Quotidiano, 15 juin 2023). À Trapani, le spectre de Matteo Messina Denaro, capturé en janvier 2023 après 30 ans de fuite (ANSA, 16 janvier 2023), plane sur l’affaire, bien que les procureurs n’aient pas établi de lien direct avec la mafia dans Artemisia.

    Conclusion : un appel à la vigilance maçonnique

    L’inchiesta Artemisia, avec ses 115 ans de prison requis, met la Franc-maçonnerie sicilienne à l’épreuve. Si elle ne concerne pas les obédiences régulières, elle ternit l’image d’un ordre déjà malmené par les clichés. Pour les Frères et Sœurs, c’est un rappel : notre Temple se bâtit dans la transparence et l’intégrité. À l’approche du verdict, attendu dans les mois à venir, restons fidèles à notre serment, veillant à ce que la Lumière l’emporte sur les ombres profanes.


    Sources :

    • Comunicato GOI, 20 mars 2019.
    • Giornale di Sicilia, « Massoneria, inchiesta ‘Artemisia’: chiesti 115 anni di carcere », 28 février 2025.
    • LiveSicilia, « Logge segrete, Castelvetrano: pm chiede 115 anni », 1er mars 2025.
    • Repubblica Palermo, « Massoneria, inchiesta ‘Artemisia’: chiesti 155 ans », 28 février 2025.
    • TrapaniSì, « Processo ‘Artemisia’, chiesti 115 ans », 28 février 2025.
    • Cardini, F., Storia della Massoneria in Italia, 2019.

    Magie, science et vérité : une quête intemporelle face au mépris moderne

    De notre confrère universalfreemasonry.org – Par Henry Steel Olcott

    L’origine du spiritualisme occidental se trouve-t-elle dans la magie orientale ?

    Si un théurgiste de l’Antiquité – prêtre des mystères chaldéens ou adepte des sanctuaires égyptiens – pouvait fouler à nouveau la Terre au XIXe siècle, il rirait sans doute de notre incrédulité. Lui, familier des forces invisibles et des rituels sacrés, trouverait absurde qu’un esprit moderne ait besoin de courage pour affirmer l’existence des phénomènes magiques.

    Pourtant, en ce siècle de fer et de vapeur, déclarer que les mythes d’autrefois reposent sur des vérités profondes, que le monde caché peut s’ouvrir aux procédés scientifiques de la magie, ou qu’il est aussi peuplé que le nôtre – avec des races d’entités soumises à des lois cosmiques, sur lesquelles l’homme exerce une domination naturelle – revient à défier les certitudes établies. Soutenir que ces forces occupent une place essentielle dans l’évolution universelle, aussi réelle et nécessaire que l’humanité elle-même, c’est s’exposer au mépris des savants positivistes, aux foudres du clergé et aux sarcasmes des esprits étroits.

    J’accepte ce défi. Je choisis de braver le mépris, les anathèmes et la dérision, armé d’une parole simple et d’une quête sincère de la vérité. Car si les hommes publics osant confesser une foi en des philosophies jugées désuètes s’attirent les calomnies, je ne crains pas d’offrir aux adversaires de l’occultisme et du spiritualisme matière à réflexion. Il y a une douce ironie à savoir que, malgré les accusations de mysticisme ou de fraude, les tenants de ces savoirs oubliés peuvent affronter la controverse avec plus de force que leurs détracteurs. L’occultiste brandit une preuve irréfutable : chaque religion moderne, du christianisme aux cultes orientaux, est l’héritière directe des théogonies antiques, ces systèmes où les dieux incarnaient les forces de la nature. Le spiritualiste, lui, s’appuie sur des archives millénaires – des tablettes sumériennes aux papyrus égyptiens – pour montrer que ses phénomènes traversent l’histoire humaine. Que le clergé parade dans son autorité éphémère, que les systèmes philosophiques matérialistes s’épanouissent dans l’arrogance des « esprits forts » : ils s’évanouissent comme papillons d’été face aux monuments du Passé, qui murmurent la sagesse d’un âge d’or et nous confrontent au vide de nos prétentions modernes.

    Une illusion de progrès linéaire

    Nous nous illusionnons en exaltant notre supériorité sur l’Antiquité. Éduqués à comparer nos libertés et nos lumières au prétendu obscurantisme médiéval, nous imaginons l’évolution humaine comme une ascension continue, une ligne oblique des ténèbres vers la clarté. De l’âge de pierre à l’ère industrielle, on nous a enseigné que le progrès est constant, sans rupture ni recul. Cette métaphore – midi radieux de notre temps contre le crépuscule du passé, sombrant dans une nuit d’ignorance – a séduit poètes et orateurs. Les vestiges du Néolithique, les grottes du Kent, les tumulus celtiques ou les artéfacts des Ptolémées semblaient conforter cette théorie, flatteuse pour l’orgueil du siècle. Mais cette vision simpliste vacille sous le poids des découvertes.

    Les fouilles en Égypte, menées par Auguste Mariette ou Karl Lepsius au milieu du XIXe siècle, révèlent une réalité troublante : bien avant les dynasties pharaoniques, des civilisations maîtrisaient des arts et des sciences que nous peinons à égaler. Les temples de Karnak et de Louxor, décrits par Jean-François Champollion comme « sublimes et grandioses », écrasent nos fiertés architecturales – le Capitole de Washington, le Louvre ou Saint-Pierre de Rome. Champollion, dans ses Monuments de France et d’Égypte (1832), écrivait : « Aucun peuple, ancien ou moderne, n’a conçu l’architecture à une échelle aussi vaste. » À Karnak, la salle hypostyle aux 140 colonnes défie l’imagination, tandis que Notre-Dame tiendrait dans un coin de ces édifices titanesques. En Asie, les ruines de Mohenjo-Daro ou les textes védiques témoignent d’une connaissance astronomique et mathématique rivalisant avec nos calculs modernes.

    La vérité cyclique

    Face à ces évidences, la Vérité s’impose par une loi universelle, plus forte que les railleries. Les archéologues, bravant le scepticisme, ont creusé plus loin, exhumant des preuves que la géologie confirme : le progrès humain n’est pas linéaire, mais cyclique. Les travaux de Charles Lyell (Principles of Geology, 1830-1833) et les fouilles de Henry H. Abbott en Amérique démontrent que des civilisations avancées ont précédé des âges de déclin. Les papyrus découverts par Georg Ebers en 1872, traduisant des recettes chimiques d’une précision stupéfiante, ou les sculptures de Mariette Bey, comparées par John Taylor à l’école athénienne, révèlent un savoir perdu dans les brumes du temps. Nos tunnels et canaux modernes pâlissent devant le Labyrinthe crétois ou le lac Moéris, prouvant que l’Antiquité n’était pas un âge primitif, mais un sommet que nous redécouvrons.

    Une leçon maçonnique

    Pour les Frères et Sœurs de la Franc-Maçonnerie, cette réalité résonne comme une planche à tracer. Le cabinet de réflexion, avec son obscurité initiale, n’est-il pas un écho de ces cycles où l’humanité sombre avant de renaître ? La pierre brute, taillée par le ciseau et le maillet, symbolise notre travail pour retrouver une Lumière enfouie sous les décombres de l’oubli. Les Anciens, adeptes d’une magie qui était science et spiritualité, nous invitent à l’humilité : notre époque n’est pas un aboutissement, mais un maillon dans une chaîne infinie. Comme l’écrivait Éliphas Lévi, figure influente de l’occultisme maçonnique, dans Dogme et Rituel de la Haute Magie (1856) : « La magie est la science des causes cachées, et son étude révèle l’unité du divin et du naturel. »

    Que reste-t-il à faire ? Rejeter l’orgueil moderne et plonger dans le Passé, non pour le vénérer aveuglément, mais pour en tirer des leçons. Les temples effondrés de l’Égypte, les textes hermétiques des alchimistes, les rites des druides : autant de clés pour comprendre que la quête de la Lumière traverse les âges, défiant les cycles de l’ignorance. En Loge, nous savons que le silence précède la parole juste ; de même, l’étude des Anciens précède la maîtrise de notre propre devenir.


    Sources :

    • Lévi, É., Dogme et Rituel de la Haute Magie, Paris, 1856.
    • Champollion, J.-F., Monuments de France et d’Égypte, Paris, 1832.
    • Mariette, A., Description des fouilles d’Égypte, Le Caire, 1872.
    • Lepsius, K., Denkmäler aus Ägypten und Äthiopien, Berlin, 1849-1859.
    • Lyell, C., Principles of Geology, Londres, 1830-1833.
    • Ebers, G., Papyrus Ebers, Leipzig, 1875 (traduction des textes médicaux).
    • Taylor, J., The Great Pyramid, Londres, 1859.