Accueil Blog Page 214

L’énigme des Maîtres -1- Les portraits énigmatiques

(Lire le précédent épisode ici)

Les Portraits Énigmatiques

Paris, 8ème arrondissement

Alexander Van De Meïr est un homme qui a de la chance.

Les hasards destinaux l’ont fait naître dans une famille aimante. Sa mère, professeur honoraire de littérature comparée de la Sorbonne, est une femme douce et affectueuse qui lui a toujours manifesté de l’admiration, sans doute excessive mais pas pour l’amour maternel qu’elle lui porte.

Elle le félicite, l’encourage, le louange, l’applaudit dès qu’il est heureux. Il fut son adorable bébé, puis son délicieux enfant, son si créatif et dynamique adolescent et maintenant son « grand », si beau et intelligent. Combien de fois avait-il surpris sa mère qui parlait de lui au superlatif avec ses amies !

Elle continue de s’adresser à lui en ne lui donnant, en privé, que ces petits mots tendres si doux que l’on donne aux enfants. Ils sont un peu ridicules pour son âge, mais ils le remplissent tout de même d’attendrissement en les entendant.

Son père, Pieter, architecte de renom, est connu pour ses sévères exigences tant de ses collaborateurs que de lui-même. Cependant, il se montre toujours affectueux, attentif, compréhensif et bienveillant avec son fils.

Encore célibataire, Alexander est pourtant bel homme. La sensualité de ses traits montre sa générosité, son pas ferme et vif, sa virile détermination ; grande et svelte, sa silhouette atteste une vie saine dont les seuls excès ne pourraient être que ceux de la pensée.

Alexander, n’est pas qu’un séduisant quadragénaire, il est un homme de lettres réputé. Son obsession pour l’art, l’histoire et les mystères du passé l’ont même conduit à faire plusieurs conférences à Harvard sur  Les symboles cachés de l’histoire de l’art, des analyses de messages cachés et de significations d’œuvres  célèbres à travers les âges.

– Poussin chéri ! Alexander se tourna vers la voix câline de sa mère à qui il était venu rendre visite.

Ses parents habitaient non loin de chez lui et c’est toujours avec plaisir qu’il passait les voir, le plus souvent possible.

– J’ai reçu une invitation pour l’inauguration d’une nouvelle galerie de peinture dans le quartier, je n’ai pas le temps de m’y rendre ce soir, ne veux-tu pas en profiter mamour ?

Avec jubilation il accepta le carton d’invitation, curieux de cette nouveauté. Étonnamment, sa soirée n’était pas réservée par une de ses multiples activités.

Paris 20h.

Alexander arrive à pied au 33 rue de la Boétie. Après s’être faufilé parmi les nombreux curieux, il découvre une élégante galerie rococo qui a remplacé récemment un café de quartier.

Les murs sont revêtus de riches panneaux de bois clair, ornés de moulures blanches délicates qui ajoutent une touche classique à l’espace. Des lustres en cristal répandent une lumière douce pour une atmosphère feutrée et sophistiquée.

Les œuvres d’un seul artiste, accrochées avec précision, occupent tous les murs. Encadrées de dorure, elles captent l’attention des visiteurs dès leur entrée. Les œuvres sont dans un style hybride particulièrement novateur. Il s’agit d’un mix de techniques employant à la fois des images animées immersives en perpétuelle évolution issues d’une intelligence artificielle et de collages au sol. Les tableaux sont disposés de manière à créer une sorte de progression narrative mouvante ; le contenu des cadres, s’enchaînant avec subtilité pour former un seul tableau où les lignes de fuite des paysages fantasmagoriques, se continuent sur les voisines. Des animations hallucinantes en sortent, se répandant dans la galerie sur les collages, faisant de l’espace une succession de fascinantes scènes virtuelles de réalité augmentée.

Sur la première dominée par des tons de noir, de gris et de bleu nuit, un personnage solitaire en hologramme marche lentement le long d’un chemin sinueux parsemé d’obstacles. Son corps est partiellement dissimulé dans une obscurité tailladée de stries géométriques, ne laissant entrevoir que des contours indistincts. Autour de lui, on devine des sortes d’arbres dépourvus de feuillage, leurs branches suggérées s’agitent, deviennent des doigts griffus se saisissant des formes sur les collages puis redeviennent des branches.

C’est avec une évolution des couleurs que le personnage avance sur le même chemin qui se poursuit de tableau en tableau, jusqu’à ce que les tons sombres aient laissé place à une palette de fauves, plus loin de couleurs vives et chaudes, jusqu’à des teintes dorées et des nuances de rose et d’orange et de jaune sur le dernier tableau. Le personnage qui marchait dans l’ombre est désormais représenté au centre de la toile, émergeant de la lumière changeant d’irisation et inondant le plancher par des vagues immersives pour le spectateur selon sa position.

Une musique classique, presque imperceptible, joue en arrière-plan, contribuant au cadre feutré de la galerie.

Le sol en parquet ivoire émet un léger grincement à chaque pas, ajoutant une ambiance aussi délicate que surannée au lieu, en parfait contre-point avec l’œuvre présentée.

Le murmure des conversations des visiteurs, leurs chuchotements et le froissement discret des feuilles des guides d’exposition bruissent discrètement. Les uns, dans leur déambulation mondaine, accompagnent le personnage dans l’immensité ainsi produite, les autres, dans de confortables fauteuils aux formes arrondies, accoudoirs allongés, dossiers rembourrés, dispersés stratégiquement, se plongent dans la contemplation de l’œuvre panoramique ou, pour mieux dire, circulaire.

Au fond de la galerie, Alexander se retrouva près d’un lourd rideau pourpre qu’il écarta, cédant à la tentation. Il découvre une petite salle nue, à peine éclairée par les lumières de la ville pénétrant par une fenêtre grillagée, l’ancien entrepôt du café. Là, il aperçoit deux tableaux retournés contre le mur et, poussé par une curiosité instinctive, les pivote naturellement. Éclairé par la faible lumière, il observe. Dans un petit cadre carré, le plan serré d’une main cherchant à saisir le ciel dans le style de Van Gogh, l’autre tableau est le portrait d’une femme pensive dans un style Renaissance, dont les doigts fins sont posés sous sa gorge. La surprise de leur incongruité de style se lit sur son visage, un léger froncement de sourcils marque son intérêt. 

– Que font-ils ici ? C’est quoi cela ? se demande-t-il intérieurement. Ils sont manifestement une création artificielle récente, non comme des œuvres d’art mais plutôt comme un essai, comme une interrogation sur la posture des doigts particulièrement étrange.

Ce serait un détail pour un observateur distrait, mais l’œil aguerri de l’expert remarqua d’emblée le discret point commun de ces deux œuvres : le majeur et l’annulaire semblaient artificiellement accolés.

A peine sorti de la pénombre, et encore dans ses pensées à propos des mains étranges, Alexandre faillit bousculer le propriétaire de la galerie, Hircine Enhardir.

Le très riche amateur d’art, Hircine Enhardir, vêtu sobrement, un bleuet à la boutonnière, circulait parmi les visiteurs observant avec attention leurs réactions.    

– Cet homme me fait penser au portrait de Casanova qu’en faisait le Prince de Ligne, pensa Alexander : « ce serait un bien bel homme s’il n’était pas laid ; bâti en Hercule avec un teint africain, des yeux vifs lui donnant un peu l’air féroce, plus facile à mettre en colère qu’en gaieté ».

– M’a-t-il vu sortir de la pièce?

Alexander choisit de mimer une courtoisie distante et polie ; après tout l’infraction n’avait pas grande importance. 

– Félicitations Monsieur, c’est audacieux d’installer une galerie d’art à la place d’un café dans ce quartier ; je dirai que c’est une autre dégustation que nous offre ce premier accrochage et…

Laconique, avec un accent roulant les «r», la voix chaude d’Hircine Enhardir l’interrompt suavement.

– J’espère que ce que vous avez vu vous a séduit.  N’hésitez pas à signer le livre d’or de la galerie en sortant. 

– Trop pressé ce colosse pensa Alexander.

Troublé par cette sollicitation, ressemblant tout de même à une invitation à quitter les lieux, Alexander l’accepta cependant bien volontiers. 

Sur une petite table en bois d’acajou, aux pieds alliant un pêle-mêle luxuriant de fruits, fleurs et feuilles dans un style ostentatoire, prévue pour offrir du confort aux signataires, se trouvait, bien au milieu, le grand Livre d’Or couvert de cuir rouge griffé du nom de la galerie en lettres dorées, et un dossier comme posé à la hâte sur le coin de la table. Attiré par cet inattendu, Alexander décida de le feuilleter discrètement.

Défilent, imprimées sur des feuilles standards, plusieurs dizaines de photos de gravures et de tableaux de maîtres, une collection de portraits éclectiques, d’époques et de styles disparates. Pour certains, le lieu où ils sont exposés est manuscrite d’une belle écriture fine et régulière.  Érudit d’art, Alexander reconnaît très aisément les peintres de ces œuvres survenant dans les pages qu’il tourne avec perplexité.

– Mais que faisait ce recueil à côté du Livre d’or ? Avait-il un rapport avec les créations de l’IA. Quel lien peut-il y avoir entre tous ces tableaux d’époques différentes, de lieux différents, de style différent ?

Spécialiste des codes cachés dans l’histoire de l’art, Alexander remarqua qu’à l’évidence ces portraits, avaient de commun la mystérieuse posture des mains.

Comme s’il était pris en faute, Alexander referma le recueil, un peu honteux d’avoir entrouvert ces pages qui n’étaient probablement pas destinées aux visiteurs et, pour justifier sa présence devant la table, signa le Livre d’or avec des éloges convenus.

Hésitant à interroger le galeriste, ne voulant pas avouer qu’il aurait pu commettre une autre indiscrétion en ouvrant un album accidentellement oublié sur la table – Hircine Enhardir ayant peut-être été dérangé au moment où il allait le mettre ailleurs – Alexander jugea plus élégant de partir, prit rapidement congé de son hôte, juste avec des mots de polis remerciements pour son accueil.

À peine dans la rue de la Boétie, Alexander s’interrogeait.

– Avait-il manqué quelque chose en n’osant pas poser la question au galeriste comme Perceval ne la posa pas à Amfortas dans la pièce de Julien Gracq, le Roi Pêcheur? Cette pensée l’effleura se souvenant que le chevalier quitte à la fin du dernier acte le château de Montsalvage sans avoir posé la question qui lui aurait permis d’atteindre le graal arthurien par manque de simplicité, plus sûrement par désir de se singulariser en se faisant le meilleur des chevaliers, se soumettant aux recommandations de courtoisie et de respect envers les autres que Gauvain lui avait inculqué, même dans des situations énigmatiques ou intimidantes.  

Oubliant cette pensée furtive, Alexander, avec une hâte juvénile, accéléra ses pas. Il n’était que pressé de rentrer chez lui pour consigner ce que son hypermnésie avait enregistré, la liste des portraits de cette mystérieuse collection de photos qui l’intriguait comme un jeu.

Alexander, qui connaissait une méthode de mémorisation efficace, ne cessait de se répéter en litanie ce qu’il avait retenu du contenu du carnet replaçant chaque photo sur des parties différentes de son corps. Il souriait en pensant à Cicéron disant de l’Art de la Mémoire qu’il fut inventé dans l’Antiquité par un poète nommé Simonides de Céos. épargné lors d’un éboulement du plafond de la salle où il se trouvait juste avant, le poète aurait été capable d’identifier les corps sans vie des invités défigurés du banquet grâce au souvenir de leur emplacement autour de la table ; il permit ainsi aux familles d’emporter leurs morts. 

–  Moi aussi, je ferai de mon corps une salle de banquet pour faire l’inventaire des photos ! Et il imprégna le souvenir de chaque tableau sur des zones de son anatomie.

 Une fois chez lui, dans son grand appartement chic au 2ème étage d’un bel immeuble haussmannien de la rue du Colisée, tout concentré qu’il était pour ne rien oublier, Alexander se dirigea vers son bureau. Il se saisit de quelques feuilles disposées sur son imprimante et, dans une tempête voluptueuse qui a pour nom son corps de mémoire, il griffonna la liste des portraits entrevus, supputant pour certains le nom des personnages, pour d’autres le nom du peintre Une pensée fulgurante se mêla à son écriture.

– Comment les grosses mains d’Enhardir avaient-elles bien pu tracer les commentaires d’une écriture si fine ?

En rangeant son recensement dans une chemise cartonnée sur laquelle il n’écrit en titre qu’un point d’interrogation, il versa la nuit sur les pages qu’il avait annotées, se promettant d’y revenir le lendemain.

–  À chaque jour suffit sa peine, demain, j’y verrai plus clair.

C’était une façon pour lui de suspendre sa curiosité Débarrassé de ce temple mémoriel, il eut envie reprendre ses occupations habituelles jusqu’au sommeil.

Au matin, absorbé par ses affaires, Alexander, négligea de reprendre ce qui finalement n’avait été qu’un amusement vespéral.

(Lire le prochain épisode ici)

Francs-maçons, terre plate, QAnon : les théories du complot les plus connues et pourquoi on les croit

De notre confrère Russe ms.detector.media – Par Igor Najafov

Le monde est gouverné par une organisation secrète toute-puissante, l’Holocauste est une fiction de la communauté juive mondiale, les Américains n’ont jamais atterri sur la Lune, la Terre est plate et d’autres théories du complot existent.

La croyance en diverses théories du complot a accompagné l’humanité tout au long de l’histoire : elle a presque toujours été associée aux préjugés et aux stéréotypes, à la propagande et aux guerres. Par exemple, à l’époque de l’Empire romain, il existait une théorie du complot selon laquelle l’empereur Néron ne se serait pas suicidé, mais aurait organisé sa mort : il se serait caché et aurait attendu une opportunité de revenir au pouvoir. Plus tard, cette théorie s’est transformée en une histoire sur le retour du tyran du monde des morts. Les premiers chrétiens en avaient particulièrement peur, car de son vivant, Néron mena de brutales répressions antichrétiennes. 

Illuminé qui voit une pyramide en hollograme

La période moderne est l’apogée de la chasse aux sorcières. Au cours des XVe et XVIIIe siècles, des dizaines de milliers de femmes innocentes ont été victimes de superstitions et de superstitions fondées non seulement sur des croyances religieuses, mais aussi sur la théorie du complot de masse concernant l’existence d’accords avec le diable et le clan des sorcières, ainsi que sur la capacité des populations à influencer la propagation des épidémies et des mauvaises récoltes. Ensuite, ils ont même créé des instructions détaillées sur la manière de reconnaître les sorcières et sur la torture utilisée pour obtenir leurs aveux. A une époque, le livre « Le Marteau des Sorcières », écrit en 1486 par l’inquisiteur allemand Heinrich Kramer, devint un véritable best-seller.

Marionnette et main de marionnettiste

Et certains chercheurs américains, par exemple, estiment que l’existence des États-Unis est une conséquence directe de la croyance aux théories du complot – et cela est consigné dans la Déclaration d’Indépendance : les révolutionnaires de l’époque croyaient que la taxe sur le thé instituée par les États-Unis La couronne britannique était le premier pas vers l’asservissement définitif des colonies, et devait rapidement résister à l’usurpateur.

Aux XXe et XXIe siècles, remplis de révolutions, de guerres et de génocides, les théories du complot sont devenues partie intégrante de la culture populaire et ont commencé à influencer les gens du monde entier. Des livres ont été écrits sur eux , des films ont été réalisés et même des chansons ont été chantées à leur sujet , et la diversification des méthodes de propagande, le développement des technologies informatiques et l’émergence d’Internet ont encore plus influencé la popularité croissante de diverses théories du complot .

Nous parlons des théories du complot les plus célèbres liées à la politique et à la science, et expliquons également qui et pourquoi deviennent des révisionnistes de l’Holocauste, des platistes et des anti-vaccinationnistes.

La page de titre du livre « Le Marteau de la Sorcière » de Heinrich Kramer. Source

Politique

L’un des types de théories du complot les plus populaires est la croyance en la domination mondiale d’un certain groupe d’élites capables d’influencer les événements historiques et la politique internationale, et également de participer à la conception de l’avenir de l’humanité. Les théories du complot sur la domination mondiale sont une sorte de norme et d’archétype : la principale différence entre la plupart de ces idées réside uniquement dans le groupe de personnes qui bénéficie d’un pouvoir illimité.

Illuminati

L’une des plus anciennes est la théorie du complot selon laquelle l’Église catholique contrôle l’ensemble du monde chrétien. Son apparition n’est pas sans fondement, car historiquement, l’Église catholique et le pape ont été des acteurs très actifs dans la politique internationale : ils ont créé leur propre État théocratique au centre de l’Italie, couronné les empereurs du Saint Empire romain germanique, organisé les croisades et fondé l’Ordre des Jésuites. Cette théorie du complot est devenue populaire pendant la Réforme, lorsque les protestants cherchaient un moyen de résister à l’influence du catholicisme. Après le Moyen Âge, l’autorité de l’Église catholique et son rôle dans la politique internationale ont progressivement diminué, mais la théorie du complot anticatholique visant à exagérer l’influence de cette Église et sa toute-puissance a continué d’exister jusqu’à nos jours.

Une autre théorie du complot sur la domination mondiale était celle des mythes sur les francs-maçons et les Illuminati. Les premiers sont généralement les principaux « suspects » de telles conspirations : les francs-maçons ont des rituels caractéristiques, un entourage mystique et une aura de mystère — tout cela contribue au fait qu’ils sont souvent accusés d’être l’organisation secrète capable de créer des crises mondiales, organiser des révolutions et déclencher des guerres.

Les Kosinets et une boussole seraient des symboles de la franc-maçonnerie. Source

La croyance en la toute-puissance maçonnique est également alimentée par le fait que des personnages célèbres ont appartenu à diverses confréries maçonniques : Mozart, Franklin, Garibaldi, Henry Ford, Churchill, Walt Disney et bien d’autres. Parmi les Ukrainiens, les francs-maçons comprenaient un certain nombre de figures de la révolution ukrainienne : Simon Petlioura, Mykhailo Hrushevskyi, l’hetman Pavlo Skoropadskyi.

La situation avec les Illuminati est différente : si la franc-maçonnerie, selon diverses versions, est née quelque part entre le XIVe et le XVIIe siècle, et que des loges maçonniques existent encore, la société bavaroise des Illuminati n’a existé que dix ans (de 1776 au milieu des années 1780), après quoi, avec d’autres organisations secrètes, il a été interdit par les autorités de l’électorat bavarois du Saint-Empire romain germanique. Tout cela n’a pas empêché les théoriciens du complot d’accuser les Illuminati d’avoir organisé la Révolution française, puis la Révolution d’Octobre.

Dynasties monarchiques, milliardaires et même reptiliens – quiconque était appelé faisant partie du nouvel ordre mondial, ces dirigeants secrets de toute l’humanité. Au cours des deux derniers siècles, parmi les membres de cette toute-puissante organisation secrète figuraient la famille de financiers Rothschild et, au cours des dernières décennies, l’homme d’affaires hongro-américain George Soros. En 2018, le New York Times rapportait : « Les théories du complot à son sujet sont devenues courantes dans presque tous les recoins du Parti républicain américain. »

L’inclusion des Rothschild et de Soros dans la liste de ceux qui sont censés gouverner le monde n’est pas inhabituelle – en raison de leur origine ethnique, car les théories du complot sur la domination mondiale sont souvent combinées avec des récits antisémites. Par exemple, la théorie de la conspiration dite judéo-maçonnique est une sorte de frère jumeau de la théorie originale du complot maçonnique : la principale différence entre elle est que les francs-maçons sont d’origine différente, et la seconde est qu’elle est presque exclusivement Juif.

Un type de théorie du complot antisémite est originaire de Russie : à une certaine époque, un recueil de textes fabriqués de toutes pièces appelés « Protocoles des Sages de Sion » (1903) s’est répandu, qui, selon l’écrivain Serhiy Nilus, consistait en des rapports de participants à le premier congrès sioniste à Bâle (1897). En fait, ces « Protocoles » ont été créés par la police secrète russe : dans le cadre d’une campagne visant à discréditer les Juifs de l’Empire russe. Bien que certains chercheurs soulignent que de nombreux textes des « Protocoles » ont été plagiés à partir de textes antérieurs rédigés dans des langues européennes, c’est la version en langue russe qui s’est avérée être la plus célèbre – et toujours largement répandue.

Fragment de la page de titre des Protocoles des Sages de Sion (édition américaine, 1934). Source

Cependant, toutes les théories du complot antisémites n’ont pas quelque chose à voir avec la domination mondiale. Entre autres, il y en a un qui se démarque considérablement et qui n’a qu’un rapport indirect avec les organisations secrètes. Il s’agit de nier l’Holocauste.

Bien que ce génocide soit l’un des événements les plus documentés de l’histoire et que six millions de Juifs aient été victimes d’un crime véritablement massif, les soi-disant révisionnistes de l’Holocauste trouvent encore place à la création de mythes. Selon elle, l’Holocauste n’est pas du tout un génocide, car les nazis auraient seulement déporté les Juifs du Troisième Reich et ne se seraient pas livrés à leur extermination systématique ; Les camps de la mort étaient censés être peu nombreux, voire jamais existés, et le nombre de victimes serait beaucoup plus faible – environ dix fois, soit un demi-million, dont la plupart seraient morts de faim et de maladie.

L’écrivain Paul Rassinier, qui a lui-même participé au mouvement de résistance français et a passé plus d’un an à Buchenwald, après quoi il est devenu invalide, est un révisionniste qui a propagé les idées négationnistes de l’Holocauste. Cette expérience n’a pas empêché Rassinier d’écrire plusieurs ouvrages d’après-guerre sur « l’exagération » de la brutalité allemande, où il réduisait le nombre de victimes et écrivait que les Juifs mouraient non pas parce qu’ils avaient été tués, mais parce qu’ils ne pouvaient pas « s’adapter à la situation ». conditions de la guerre ».

Les partisans de cette théorie du complot considèrent toujours l’Holocauste comme la raison de la création de l’Israël moderne et estiment également que le nombre de victimes augmente en raison du « désir d’Israël de recevoir de plus grandes réparations de l’Allemagne ». Le révisionnisme de l’Holocauste est désormais un délit pénal dans un certain nombre de pays européens, au Canada et en Israël.

Biolaboratoires américains en Ukraine. Source

La négation de l’Holocauste n’est pas unique en son genre : les autorités turques modernes continuent de prétendre que le génocide arménien pendant la Première Guerre mondiale était une « déportation à grande échelle » pour des raisons militaires, et la Russie nie toujours l’Holodomor de 1932. 1933. Cette théorie du complot anti-ukrainien est la plus célèbre parmi tant d’autres que la propagande soviéto-russe tente de diffuser depuis des décennies non seulement dans le monde russophone, mais aussi dans le monde entier. Bien sûr, il existe également suffisamment de théories du complot sur la guerre russo-ukrainienne moderne : le génocide des « habitants du Donbass », les « laboratoires biologiques secrets américains » en Ukraine et même le déni total de l’invasion russe de l’Ukraine.

Il existe également diverses théories du complot directement liées aux États-Unis : la plupart d’entre elles ont leurs propres origines chez les Américains eux-mêmes. Bien qu’il existe des exceptions – la soi-disant «doctrine Dulles», la théorie du complot soviéto-russe, selon laquelle les Américains auraient eu un plan secret pour la décadence morale de la population de l’URSS.

QAnon est l’une des plus récentes théories du complot. Source

Mais les Américains eux-mêmes ne sont pas loin derrière – leur théorie du complot est en réalité colorée : la panique satanique des années 1980, lorsque des milliers de personnes croyaient à l’existence d’une secte de satanistes qui kidnappaient, torturaient et tuaient des enfants ; théories du complot sur les événements du 11 septembre 2001, selon lesquelles l’acte terroriste aurait été planifié à la demande du gouvernement américain, puis imputé à Al-Qaïda et justifié l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak. Et bien sûr, QAnon, dont les partisans croient très sérieusement que Donald Trump mène une lutte secrète contre un réseau international de pédophiles-satanistes, dans lequel seraient impliqués des membres du Parti démocrate américain. À propos, cette théorie a été la première dans l’histoire que le FBI a incluse dans la liste des menaces internes possibles pour la sécurité nationale des États-Unis.

Cette année a vu la sortie de Take Me to the Moon, la comédie de Greg Berlanti sur une conspiration lunaire. Source

Depuis un demi-siècle, il existe ce qu’on appelle la « conspiration lunaire » : la théorie selon laquelle les Américains n’ont jamais atterri sur la Lune de la Terre, et ce n’est qu’un faux fabriqué par le réalisateur Stanley Kubrick. Malgré le fait que le premier atterrissage sur la Lune (en 1969) a été observé en direct par un demi-milliard de personnes de tous les coins du monde et que les réflecteurs angulaires installés par les astronautes à la surface de la Lune sont toujours utilisés par les observatoires terrestres, malgré le fait que les sites d’atterrissage soient enregistrés par des sélénographes – tout cela n’est pas devenu un obstacle pour Bill Husing, qui a écrit en 1976 un livre « Nous ne sommes jamais allés sur la lune. » Il y parle du faible niveau d’expertise scientifique et technique de la NASA, des « anomalies optiques » et de l’absence d’étoiles sur les photographies, qui semblent indiquer qu’il n’y avait pas d’astronautes sur le satellite. Par la suite, les théoriciens du complot ont ajouté à cela le niveau prétendument énorme de rayonnement sur la Lune ; un drapeau américain qui flotte « du vent », qui ne peut pas être sur la lune, car il n’y a pas d’air là-bas. Cela a été interprété par les partisans de la théorie comme une preuve que le tournage a été réalisé sur Terre, mais en fait, le drapeau a vacillé pendant le processus d’installation et avait deux barres à déployer. Selon diverses données, 6 à 20 % des Américains, 16 à 25 % des Britanniques et, fait révélateur, 28 à 57 % des Russes croyaient ou continuent d’y croire.

Science

Les théories du complot sur la science et les phénomènes connexes sont également populaires parmi les théoriciens du complot. Parmi les plus célèbres figurent la croyance en une Terre plate, le déni des réalisations scientifiques de l’humanité et les explications alternatives sur l’origine de diverses maladies.

Jusqu’au XVIe siècle et au tour du monde de Magellan et Elcano, qui dura de 1519 à 1522, la sphéricité de la Terre n’était pas confirmée dans la pratique. Sous l’influence de l’Église catholique et de ses dogmes, la plupart des Européens croyaient en une Terre plate. Dans le même temps, les Européens instruits avaient accès au savoir et à la possibilité de se familiariser avec les œuvres des philosophes grecs (les mêmes qui ont commencé à écrire sur la Terre ronde), c’est pourquoi certains d’entre eux ne considéraient pas la Terre comme une planète. être plat. Il semblerait que les voyages autour du monde et la recherche scientifique (et plus tard, les tournages depuis des véhicules spatiaux) étaient censés réfuter toute affirmation pseudo-scientifique, mais ils n’ont pas fait obstacle aux théoriciens du complot du XIXe siècle.

Le fondateur des idées modernes sur la Terre plate était l’écrivain britannique Samuel Rowbotham, auteur du livre « Astronomie zéthétique : la Terre n’est pas une sphère », qu’il a publié en 1865. Après sa mort, la « World Zetetic Society » a été fondée et déjà au milieu du siècle suivant, un adepte de cette théorie du complot, le théoricien du complot Samuel Shenton, a créé la « Flat Earth Society », qui continue d’exister aujourd’hui. Le lancement du premier satellite artificiel en 1957, l’atterrissage déjà mentionné sur la Lune en 1969, et même une photo de la planète depuis l’espace appelée la « Boule bleue » – rien n’a pu faire abandonner les partisans de la théorie du complot de la Terre plate.

Photo « Balle jouet bleue » et sa reproduction à l’aide des technologies informatiques modernes. Source

Selon National Geographic, 2% des Américains croient encore en une Terre plate , et le britannique YouGov, spécialisé dans la réalisation d’enquêtes en ligne, a fourni des statistiques selon lesquelles près de 20% des personnes âgées de 18 à 34 ans en ont douté au cours de leur vie. la terre est en fait ronde.

Une autre classe de théories du complot est celle des théories du complot sur les maladies : vaccins nocifs, existence de médicaments anticancéreux, déni du VIH/SIDA, impact des réseaux mobiles 5G sur la pandémie de COVID-19, puçage des personnes sous prétexte de vaccination. De telles théories du complot se sont répandues dans le monde entier depuis l’époque du médecin britannique Edward Jenner, qui en 1798 a inventé et fut le premier à utiliser le vaccin contre la variole, grâce auquel il a été possible de sauver des millions de vies.

De nos jours, le héros des histoires sur les vaccins nocifs et les puces électroniques est un autre milliardaire et philanthrope, Bill Gates. Les premières théories du complot autour de sa personnalité sont apparues en 2010 : des théoriciens du complot accusaient le fondateur de la société Microsoft d’avoir stérilisé de force des enfants kenyans en les vaccinant contre le tétanos.

Bill Gates, le principal concurrent de George Soros dans la lutte pour le droit d’être qualifié de favori des théoriciens du complot. Source

Malgré toutes les réalisations scientifiques des XXe et XXIe siècles, des centaines de théories du complot sur la science continuent d’exister dans le monde. Cataclysmes contrôlés, déni du changement climatique et du réchauffement climatique, conspiration des OVNIS, Grand collisionneur de hadrons et son danger pour l’univers – ils ont tous encore leurs partisans prêts à défendre même des théories du complot apparemment invraisemblables.

Les chercheurs associent les théories du complot à la méfiance à l’égard du gouvernement et des institutions politiques et écrivent également qu’elles sont dues à la tendance des gens aux commérages, aux simplifications et aux croyances religieuses. En fait, les théories du complot sont généralement une question de foi et non quelque chose qui peut être prouvé ou réfuté. Et cela les rend attrayants pour les personnes qui, même en présence de réfutations adéquates, sont prêtes à succomber aux préjugés et aux convictions émotionnelles.

Les partisans des théories du complot sont des personnes plus radicales et moins tolérantes qui cherchent une base pour leurs propres croyances et opinions. Il n’est donc pas surprenant que les théoriciens du complot justifient parfois les pays totalitaires et les terroristes, nient les faits prouvés par les scientifiques et contredisent les principes moraux généralement acceptés. En outre, le public des théories du complot est souvent constitué des personnes les moins protégées dans les périodes difficiles de l’histoire. Révolutions, guerres, génocides, pandémies : tous ces événements de crise remettent en question les normes établies et stimulent la croyance dans les théories du complot ; ils poussent les personnes confuses et effrayées à comprendre ou à vivre la situation d’un point de vue différent, sous l’influence des émotions plutôt que de la raison, ce qui augmente la probabilité de croire en quelque chose d’inhabituel.

Les théories du complot constituent un obstacle aux soins de santé, contribuent à une diminution de la confiance dans les preuves scientifiques et influencent la radicalisation et l’idéologisation des sociétés. Jusqu’à récemment, la diffusion de telles théories était limitée à un public marginal et peu instruit, mais grâce aux médias, à Internet et aux réseaux sociaux, elles sont devenues un phénomène culturel du début du XXIe siècle. Et même si les histoires d’organisations secrètes toutes puissantes ou de Terre plate peuvent sembler drôles à certains, pour d’autres, tout cela pourrait bien constituer la base de leurs convictions politiques et de leur perception du monde qui les entoure.

Illustration principale : Pixabay.com

18/01/25 – Académie maçonnique Paris : « La complexité de la Franc-maçonnerie »

Conférence en ligne du
Pr. Lambros Couloubaritsis

Philosophe spécialisé dans l’analyse de la complexité et auteur de nombreux et savants ouvrages, Lambros Couloubaritsis applique sa méthode à l’univers maçonnique qu’il fréquente depuis 37 ans, dans son ouvrage : La complexité de la franc-maçonnerieApproche historique et philosophique (éd. Ousia, 2018, 579 p.), qui sert de support à la conférence qu’il prononcera lors du webinaire organisé par :

l’Académie maçonnique Paris, le 18 janvier 2024, à partir de 10h30, accessible aux Sœurs et aux Frères Maîtres sur inscription préalable gratuite.

Ses longues recherches lui ont permis d’établir qu’historiens et philosophes ont négligé dans leurs travaux la contribution de la franc-maçonnerie au développement de la modernité, en occultant le fait que, parmi les acteurs illustres de l’histoire politique et culturelle, maints furent membres actifs de la franc-maçonnerie.

Cette carence est également entretenue par les francs-maçons eux-mêmes qui ont voulu voir, dans la naissance de la franc-maçonnerie spéculative, la transformation de la maçonnerie opérative. Or cette approche linéaire fut profondément ébranlée dans les années 1960, notamment par la prise en compte du contexte politico-religieux des conflits en Europe.

L’auteur prolonge et approfondit cette perspective : en utilisant les critères et les thèmes de la théorie de la complexité qui fit l’objet de ses livres précédents[1], il montre que la naissance de la franc-maçonnerie spéculative ne date pas de 1717, ni même de 1688 qui marque l’exil de Jacques II en France après la Glorieuse Révolution qui, sans effusion de sang, le chassa du trône au profit de Guillaume d’Orange, mais qu’on peut la discerner dès 1603, lorsque Jacques Ier, initié maçon, est devenu roi d’Écosse et d’Angleterre dans un contexte de promotion de la littérature, des arts, de l’architecture et des sciences qui inaugurait les Lumières anglo-écossaises.

Dans un esprit de pacification, le roi prit conscience qu’il fallait dépasser les conflits en bousculant les habitudes anciennes au profit de nouvelles attitudes morales, animées par le rapprochement de personnes ayant des opinions et des croyances différentes. L’amorce de la franc-maçonnerie spéculative s’exprima par une méthode de travail, accompagnée de rites et de divertissements, à l’origine des rituels et des banquets maçonniques.

Inspirée par la figure de Salomon, symbole de justice, et par l’édification du Temple de l’humanité, incarnée par des métiers de construction, cette méthode, fondée sur l’initiation et le secret, s’écartait de la pratique des sacrements et de la liturgie ecclésiastiques. Elle eut des destinées variées au gré des vents de l’Histoire, c’est-à-dire en fonction des réalités géopolitiques et religieuses très troublées qu’elle rencontrait aussi bien en Europe qu’en Amérique – ce qui a, certes, favorisé son expansion en d’innombrables bifurcations, multipliant légendes, obédiences et rituels, mais ce qui a, dès 1738, parallèlement alimenté un antimaçonnisme virulent.

C’est cette complexité contextuelle que l’auteur-conférencier entreprend d’élucider sous des angles à la fois historique et philosophique, montrant, en référence aux Constitutions d’Anderson de1723, que l’idéal maçonnique, comme « Centre d’Union » pour résoudre les différends, se heurta et se heurte encore à la perpétuation des anciennes habitudes conflictuelles, en dépit de la contribution des francs-maçons à la liberté, à l’égalité, à la tolérance, aux valeurs de progrès et de philanthropie.

Cette conférence en ligne qu’enrichiront des échanges avec les auditeurs constitue une occasion particulière de s’interroger sur l’évolution et la place des mouvements maçonniques dans l’histoire moderne et contemporaine de nos sociétés.

Le conférencier, Lambros Couloubaritsis, professeur émérite à l’Université Libre de Bruxelles, où il a enseigné la philosophie ancienne, la philosophie médiévale et la métaphysique, est membre de l’Académie royale de Belgique, correspondant de l’Académie d’Athènes et docteur honoris causa de six universités. Comme franc-maçon, il est membre de la loge « Prométhée » du Grand Orient de Belgique depuis 37 ans et a donné, au fil du temps, une centaine de conférences (planches) sur des sujets variés intéressant la franc-maçonnerie.

Pour s’inscrire, cliquer ici


[1] Lambros Couloubaritsis, La philosophie face à la question de la complexité, le défi majeur du 21e siècle, Bruxelles, Ousia,  – Tome 1, Compléxités intuitive, archaïque et historique, 2014, 613 p., – Tome 2, Complexités scientifique et contemporaine, 2015, 685 p.

Devenir un être spirituel authentique

0

Si les questions essentielles et existentielles de notre époque pouvaient être : Qu’est-ce que le spirituel ? Avons-nous choisi d’expérimenter notre existence ? Pourquoi éveiller notre spiritualité est contre quels obstacles lutter pour nous réaliser ? Existe-t-il des clés qui nous permettent d’évoluer vers une manière plus harmonieuse de vie ? Que penser des fréquences vibratoires liées aux états modifiés de conscience et quels seraient les exercices pour s’améliorer, augmenter nos relations à l’Autre, et percevoir les êtres de lumières dont parlent toutes les traditions ?

Au fil des pages le lecteur reçoit des enseignements d’une grande profondeur, appuyés par de nombreux exercices et apprentissages de clés de discernement.Un ouvrage à parcourir comme un « fil d’Ariane » à suivre avec sa conscience et son ressenti ainsi qu’avec une réflexion rationnelle sur ce que pourrait devenir un futur de long terme moins sombre qu’il n’y parait.

L’Auteur

Serge Boutboul est une enseignant spirituel ayant inspiré des milliers de personnes de par es perceptions extrêmement fines des mondes subtil. Il a été l’ami et l’élève du célèbre clairvoyant français Raymond Réant.(1) On pourrait le qualifier d’éveilleur de conscience par sa transmission de techniques de développement psychique et spirituel au travers de ses cours, séminaires et conférences que l’on retrouve aisément sur Internet. Il est l’auteur de nombreux livres dont le Best-seller = DEVELOPPEZ VOS FACULTES PSYCHIQUES ET SPIRITUELLES paru aux éditions EXERGUE.

Raymond Réant, l’un des plus grands parapsychologues français, accepta de se prêter à de nombreux tests scientifiques destinés à vérifier l’authenticité de ses capacités psi, et à écarter toute tentative de mystification. Les résultats surprenants qui émaillèrent toute sa carrière permirent de faire progresser la recherche dans le domaine du paranormal en comprenant mieux les facultés métapsychiques. (Source Babelio)

Êtes-vous des performant(e)s ?

Fanny Nussbaum révèle la méthode permettant à chacun de devenir un champion dans son domaine. Cela inclut de se confier à son « système 1 » spécialement entraîné à ce effet.

Performants Kézako ? Dans un article précédent nous signalions Fanny Nussbaum et son équipe : (Relire ici)

Fanny et son équipe lyonnaise ont fait un travail scientifique levant le flou entourant les « surdoués » et autres « zèbres » . Il en est sorti les définitions, nouvelles, de Philo-cognitifs, dont les deux sous-ensembles les philo-complexes et surtout les philo-laminaires semblent bien représentés dans nos loges.

Mais il faut reconnaître que ces philo-laminaires n’ont pas forcément un taux de réussite de leurs entreprises meilleur que monsieur tout-le-monde. Ils montent sans doute plus haut que la moyenne dans les hiérarchies, mais ne brillent pas forcément dans tous les cas. Cela est probablement dû en partie à leur modestie inhérente, avec ego tenu en laisse. Et puis, le sous-titre du livre sur les philo-cognitifs c’est «  ils n’aiment que penser ». Fanny a donc cherché à définir une catégorie de « performants », se caractérisant cette fois par un taux de réussite élevé dans les résultats obtenus de leurs actions.

Beaucoup d’entre nous ont été marqués par les idées de Tversky et Kahneman (ce dernier fut nobélisé). Notre cerveau possède deux circuits de décision, désormais bien repérés par les neurosciences. Le système 1, nous le partageons avec tous les animaux supérieurs :  automatique, rapide, relié à nos expériences précédentes. Bref c’est le système intuitif et émotionnel. Le système 2, c’est la raison, dont le raisonnement analytique. Il tient beaucoup à la précision et à la vérité, aussi il se livre à plein de vérifications et se méfie de la première impression. Plus récemment ont été définis les biais cognitifs, qui grèvent assez fort l’exactitude de nos décisions. Seul le système 2 a une petite chance de repérer et bloquer les décisions erronées suggérées par nos biais. 

Nos rituels, basés sur une recherche permanente de la vérité, font la part belle à la raison.

C’est aussi la méthode maçonnique raisonnée qui permet de prendre du recul par rapport aux idées et son ego. Ainsi nous arrivons à vivre entre sœurs et frères avec bonheur même si nous avons des idées opposées.

Alors le scoop découvert par Fanny Nussbaum est le suivant : le performant se confie à son système 1 dans la phase d’action. Comme indiqué ci-dessus, il faut éviter de succomber aux faiblesses de jugement que nos biais induisent. Donc chez tous ces cas décrits dans le livre « le secret des performants », l’action est précédée d’une longue phase préparatoire. Un des objectifs de cette phase est de disposer d’une base de données d’expériences, dont des essais de méthodes permettant d’assurer le résultat. Il s’agit aussi d’entraîner le système 1 sur un domaine d’application restreint  mais de le connaître à fond. Cette notion de domaine, appelée « écosystème », signifie que l’optimisation obtenue est à revoir sitôt que le domaine  change. La performance ne réussira que si la préparation est progressive et parfaitement adaptée à l’écosystème.  Le but de toute cette phase est que la première solution qui vient à l’esprit soit (la) bonne. Bref on entraîne l’athlète système 1 à une course d’obstacles qu’il doit sauter sans coup férir. Lors de l’action réelle l’esprit reste tendu vers l’objectif défini. Il se produira alors une espèce de synchronisation entre le performant et son écosystème, qui fera tout sembler facile. C’est l’état de « flux », vécu en pilote automatique.

En passant, notons que rester tendu de manière efficace vers l’objectif suppose faire son deuil de l’image que l’on donne.

Peu de gens acceptent de projeter une image non pensée.

C’est analytiquement que l’on vérifie que tout le « territoire » du domaine est couvert. La phase préparatoire à l’action est donc placée sous l’autorité du système 2. Mais les performants adorent la phase d’exécution, placée sous le signe de la vitesse :  c’est la vitesse qui permettra la victoire. Un des témoignages raconte «  l’action évite à mon cerveau de partir dans tous les sens ». Voilà qui marque une césure nette avec les philo-cognitifs, eux amoureux des longs comparatifs entre grandes théories !

Une autre différence avec les francs-maçons philo-laminaires, c’est que ces derniers cultivent la modestie. Par contraste, les performants se disent ambitieux . On se prend à craindre qu’ils ne soient adeptes du « la fin justifie les moyens » ? Au premier rang de ces moyens on trouve les abus de pouvoir et la violence…Voici que la morale s’invite dans notre propos. C’est quasiment absent du livre, qui se veut purement scientifique. Mais nous sommes conditionnés à ne jamais perdre nos valeurs de vue. L’humain a survécu grâce à son esprit de collaboration. On peut penser que la concurrence peut stimuler les acteurs en vue du progrès, mais le respect reste nécessaire ! À ce propos, le livre affirme que la performance n’empêche pas de rester en accord avec ses valeurs. Elle ne transformerait pas en monstre, mais en une version « accentuée » de soi-même.  Qu’en pensez-vous ? Y a-t-il danger d’être emporté par son ambition ? Quels garde-fous voyez-vous ?  Mon garde-fou perso c’est le doute, qui appartient au système 2.

Conclusion : je ne suis donc pas candidat à l’appellation de « performant », tant pis !

EXCLUSIF : Est-il certain qu’au Grand Orient de France, le pilote ait tous ses certificats ?

11

Les dirigeants du Grand Orient de France semblent conduire leurs affaires avec quelque désinvolture. Qu’on nous entende bien, il ne saurait s’agir ici d’incriminer les 1 300 Loges ou encore les 50 000 Sœurs et Frères qui les composent. Bien au contraire car la vérité leur est due. En réalité, les membres de l’Obédience sont victimes, de la part de leurs dirigeants successifs, d’une coupable négligence confinant, à la longue, à de l’impéritie.

Les responsables sont faciles à identifier : c’est un petit groupe « d’incapables« , peut-on dire, de « profanes » en matière de gestion, qui, depuis quelques années, administrent, sans grand souci de prévision, cette noble institution, c’est-à-dire que, sans leur faire de procès d’intention, ils semblent gérer à la godille, un peu à la va-comme-je-te-pousse et, par suite, assez malencontreusement les activités d’une sorte d’hydre à laquelle repousseraient périodiquement des têtes inadaptées à un corps plus monstrueux que mythique ! Certes, l’ignorance sert souvent d’excuse à l’incurie mais est-ce bien le cas, en l’espèce ?

Nous ne prononçons pas de telles critiques à la légère. Dans cet article, nous nous attacherons à établir des faits, à soumettre le résultat de nos investigations à la sagacité de lecteurs de bonne foi, sachant que l’appétit de vérité n’était apparemment pas du goût de tous et que notre chemin fut semé d’embûches. Triste constat !

1°) Nous dénonçons chez les dirigeants du GODF une volonté d’entrave à la liberté de la presse

Nous commémorons actuellement le dixième et douloureux anniversaire de l’attaque contre la rédaction de Charlie Hebdo. Ce fut l’occasion pour le Grand Maître Nicolas Penin de rappeler, dans un communiqué officiel, l’attachement de sa maison maçonnique aux valeurs de liberté de la presse.

Voilà pour la théorie et les bonnes intentions. Malheureusement, la pratique s’écarte bien vite de ces principes que l’on prétend intangibles, dès lors qu’il s’agit de soi…

En effet, durant l’été dernier, notre rédaction a publié une série d’articles dénonçant des agissements peu conventionnels quant à la gestion de la Fondation du GODF.

Ou encore, dans un autre article, nous nous interrogions avec gravité quant à l’existence de certaines manœuvres politiques visant un ancien Grand Maître du GODF.

Comme chacun a pu le lire, ces articles étaient documentés, sourcés et n’ont jamais été contestés, pas plus qu’ils n’ont donné lieu à quelque demande de droit de réponse comme la loi le permet. Notre rédaction agissait strictement dans le cadre des missions incombant à tout organe de presse digne de ce nom et respectueux de la déontologie journalistique.

Nous savions que, par le passé, le GODF n’avait guère éprouvé de pudeurs de gazelle à mandater ses avocats. Si, en la circonstance, il demeura étonnamment silencieux envers nous, c’est qu’en coulisses, il ourdissait de basses manœuvres vengeresses.

a) La rédaction s’est procuré une copie du rapport intégral du Convent 2024 à Lille. On peut y lire un passage pour le moins surprenant :

Ainsi, le GODF permet, lors d’un convent, de statuer sur le bien-fondé d’un article de presse qui révèle des dysfonctionnements graves au sein de sa propre organisation… Avouons que, pour une maison qui se veut le défenseur ombrageux de la liberté de la presse autant que de la laïcité, force est de constater qu’elle a le cuir un peu chatouilleux.

2°) Passons maintenant à des faits autrement plus graves

Le directeur de Publication de 450.fm est membre d’une Obédience qui entretient avec le GODF des liens d’amitié par un traité qui la rend dépendante, en ceci qu’ils sont assortis de l’attribution de diverses Patentes de Rites maçonniques.

Pour ceux qui ne sont pas familiers de ce jargon, c’est la conséquence d’une sorte de croyance en la légitimité historique d’une Obédience se présentant comme détentrice d’un rite et qui peut ainsi en délivrer licence pour en autoriser la pratique par une autre puissance maçonnique. (Lire à ce sujet l’article concernant les traités d’amitié au GODF du 8/11/2023)

Comme cette Patente (licence) est reconnue et acceptée par une communauté généralement importante, elle finit par se charger de la valeur que leurs utilisateurs veulent bien y donner. Au passage, notons que ces « Patentes » vont généralement de pair avec la location de Temples, ce qui donne à la transaction une coloration discutable, l’Obédience qui refuserait la Patente risquant mécaniquement de se voir privée de Temple. Les principes initiatiques ou spirituels rencontrent alors immédiatement d’assez pesantes contraintes matérielles. Ce type de relations tapisse le tableau général de la Franc-maçonnerie.

Selon des témoignages reçus par la rédaction de 450.fm, le précédent Grand Maître du GODF, Guillaume Trichard, contactait en privé, de temps à autre, le Grand Maître de l’Obédience à laquelle appartient notre Directeur de Publication, afin de lui demander « aimablement » de radier Franck Fouqueray. Ne sont-ce point là des mœurs nauséabondes ?

Or la pression est encore montée d’un cran, lorsqu’à la rentrée 2024, un courrier à l’en-tête du Grand Maître du GODF fut envoyé, signé du successeur de Guillaume Trichard, Nicolas Penin, demandant implicitement à son homologue de prendre des mesures contre le Frère Fouqueray de son Obédience, on le devine, en raison de la responsabilité qu’il exerce dans ce Journal et des articles gênants que diffuse 450.fm, mais le motif invoqué n’en fait l’aveu qu’à demi, n’osant arguer du contenu des articles, mais du fait que les photos les illustrant seraient utilisées sans autorisation… Le motif qui se veut habilement chantourné manque quelque peu d’épaisseur, surtout quand, à chaque fois, on lit les textes entourant les photos !

Le Conseil de l’Ordre de l’Obédience du Frère Fouqueray a donc consacré une partie de sa séance du 8 novembre 2024 à envisager la manière de traiter cette demande embarrassante. Car, d’un côté, aucune raison sérieuse ne la soutenait et, d’un autre côté, froisser le grand frère non soviétique donnait à réfléchir… Le procès-verbal de ladite séance en porte témoignage.

Quelle portée le GODF entend-il donner, avant la moindre initiative, à l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui dispose que « Tout citoyen peut parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi » ?

L’affaire n’est toujours pas close et on peut très bien imaginer que les pressions contre ladite Obédience continuent de s’exercer jusqu’à ce que vengeance soit faite.

3°) qu’en est-il de la situation financière préoccupante du GODF ?

La Rédaction s’est procuré des informations internes sur la gestion du GODF.

Comptes sociaux du GODF :

Il apparaît objectivement que, sous le mandat de Georges Sérignac, les finances ont pour le moins dérapé. Dans le tableau ci-contre, on constate en 2021 une sérieuse sortie de route avec des déficits qui ne cessent de se creuser. On pourrait penser que, si les finances du GODF se dégradent, la gestion du capital immobilier constitué par la SOGOFIM (SAS au Capital social de 23 360 000,00 €), « filiale » du GODF abritant ses 114 bâtiments pour un total de 180 Temples, pourrait « compenser » commodément ces pertes. Or il n’en est rien, car la SOGOFIM, elle-même, subit une regrettable hémorragie, enregistrant des pertes à hauteur de 95 000 €, en 2022, et 474 000 €, l’année suivante, sans parler des années précédentes dont voici le tableau.

La Commission Conventuelle du Budget (COCOBU) qui est une instance interne au GODF chargée de contrôler la gestion de ses activités écrit elle-même :

  • Préoccupations et Manque de Transparence : La COCOBU a exprimé des inquiétudes significatives concernant la gestion de la SOGOFIM, notamment :
  • Absence de Prévisions Financières : Aucun prévisionnel pour le compte de résultat au 31 décembre 2024 n’a été fourni, malgré un déficit de 474 000 euros en 2023.
  • Gestion des Cotisants : Un suivi insuffisant des effectifs cotisants, surtout au sein des Juridictions, avec des retards dans l’envoi des facturations.
  • Entretien et Économie d’Énergie : Manque de planification pour les travaux de maintenance et d’économie d’énergie, avec seulement deux diagnostics énergétiques effectués sur les temples.
  • Absence de Planification Stratégique : Pas de plan de patrimoine ni de programmation financière pluriannuelle, éléments cruciaux pour une gestion immobilière durable.

Quant à la gestion de l’Obédience, elle note :

  • Budget 2024 : Le dernier Convent a voté un budget rectificatif prévoyant un déficit de 640 000 euros. Grâce à un plan d’économies rigoureux, ce déficit devrait être réduit à environ 500 000 euros, ce qui représente une économie de 140 000 euros. Cette réduction est due à une gestion stricte et à l’hypothèse que la subvention à la SOGOFIM reste stable.
  • Nombre de Cotisants : Au 31 octobre 2024, le nombre de cotisants s’établit à 50 316, indiquant une tendance positive pour atteindre l’objectif de 50 400 cotisants d’ici la fin de l’année.
  • Perspective pour 2025 : Avec la poursuite de la rigueur budgétaire et une augmentation de la capitation de 8,80 euros par cotisant, l’équilibre budgétaire semble envisageable pour l’année 2025. La COCOBU prévoit un point d’avancement au printemps prochain.

Pour autant, elle incite à la vigilance :

« La COCOBU continue de surveiller de près les finances de l’Obédience et de la SOGOFIM, insistant sur la nécessité d’une transparence accrue et d’une gestion plus rigoureuse des actifs et des budgets. Le rapport détaillé sera publié sur Netori, accessible à tous les membres de l’Obédience, afin de garantir une information complète et transparente sur l’état financier et les orientations futures.

Un suivi précis des comptes est prévu pour février 2025, où une analyse plus approfondie des résultats de l’année 2024 sera possible, permettant ainsi de mieux anticiper les défis financiers à venir. »

Dans un tel contexte, on peut certainement être préoccupé car la stagnation des effectifs au regard de l’accroissement des coûts de maintenance des bâtiments demeure un point de fragilité.

Au delà des entraves que les pilotes voudraient imposer à la liberté de la presse, demeure cette interrogation sur leur capacité à maintenir un plan de vol sécurisé, connu non seulement de l’équipage mais de tous les passagers…

PORTUGAL : La maçonnerie régulière lance un mouvement de soutien au candidat Gouveia e Melo pour la Présidence

De notre confrère portugais expresso.pt

La Grande Loge Régulière du Portugal a annoncé la création d’un mouvement de soutien pour encourager l’ancien chef de l’État-Major de la Marine, l’Amiral Henrique Gouveia e Melo, à se présenter comme candidat à la présidence de la République portugaise. Ce mouvement, dénommé MAAP (Movimento de Apoio Almirante à Presidência), a été mis en avant par des membres influents de la maçonnerie régulière, marquant ainsi une étape notable dans le paysage politique portugais.

Contexte et Déroulement

Gouveia e Melo, qui a récemment quitté ses fonctions militaires, est déjà vu par beaucoup comme un potentiel candidat à la présidence en 2026. Les sondages précédents montrent une préférence marquée pour lui parmi les électeurs, le plaçant en tête des intentions de vote, devant des figures politiques bien établies comme Pedro Passos Coelho et Luís Marques Mendes.

Le soutien de la maçonnerie régulière n’est pas une nouveauté dans la politique portugaise, mais la création d’un mouvement spécifique pour une personnalité comme Gouveia e Melo est significative. José Manuel Anes et Paulo Noguês, deux anciens dirigeants de la Grande Loja Legal, ont été les figures de proue de cette initiative. Ils ont souligné que, bien que Gouveia e Melo ne soit pas lui-même franc-maçon, le mouvement rassemble des personnes de divers horizons, y compris des membres de la maçonnerie, mais aussi des non-maçons et même des membres de l’Église et de l’Opus Dei, dans un effort de soutien patriotique.

Réactions et Perspectives

Cette annonce a suscité diverses réactions dans la sphère politique et médiatique. Certains voient cette mobilisation comme une reconnaissance de la stature et de l’intégrité de Gouveia e Melo, particulièrement salué pour son rôle dans la gestion de la pandémie de COVID-19 en tant que coordinateur de la Task Force de vaccination. D’autres expriment des réserves, craignant que l’implication de la maçonnerie soit perçue comme une influence indue dans la politique nationale.

Le mouvement MAAP a été comparé par certains à des initiatives passées, comme le MASP (Movimento de Apoio Soares à Presidência) qui avait soutenu la candidature de Mário Soares à la présidence en 1986. Cependant, Noguês a précisé que toute analogie avec des mouvements antérieurs était purement fortuite, insistant sur le caractère unique de ce soutien à Gouveia e Melo.

Implications Politiques

Il est clair que cette initiative stratégique pourrait avoir des répercussions significatives sur la campagne présidentielle à venir. D’une part, elle renforce la position de Gouveia e Melo comme un candidat potentiellement fort, bénéficiant d’un soutien organisé et structuré. D’autre part, cela pourrait aussi polariser l’électorat, avec des débats sur le rôle des organisations non-politiques dans les processus électoraux.

L’amiral a, jusqu’à présent, gardé une distance vis-à-vis de l’engagement politique direct, mais la pression publique et ce soutien organisé pourraient bien le pousser à reconsidérer sa position. La réaction officielle de Gouveia e Melo à ce mouvement reste attendue, surtout après que des membres influents ont admis une certaine précipitation dans l’annonce, notant que l’amiral préfère maintenir son propre rythme et n’aime pas être poussé dans une direction précise.

Conclusion

Le lancement du MAAP par la maçonnerie régulière pour soutenir Gouveia e Melo est un événement qui pourrait redéfinir les dynamiques de la course à la présidence de 2026 au Portugal. Ce soutien soulève des questions sur l’influence des sociétés secrètes dans la politique, tout en mettant en lumière la popularité croissante de Gouveia e Melo parmi un large spectre de la population portugaise. Les prochains mois seront cruciaux pour voir si cette initiative se traduira par une candidature officielle de l’amiral, et comment cela affectera les stratégies des autres candidats potentiels.

Sources :

Notícias ao Minuto

Expresso

Observador

PÚBLICO

L’Ordre de l’Étoile de l’Est d’Innisfail continue de servir

De notre confrère canadien thealbertan.com – Johnnie Bachusky

La section d’Innisfail, vieille de 104 ans, soutient les aînés, les jeunes et les personnes vulnérables avec des dons totaux de 7 700 $ en 2024. Le chapitre d’Innisfail de l’une des plus anciennes organisations fraternelles au monde dédiée à l’amélioration de la qualité de vie dans leurs communautés a terminé l’année 2024 avec une vague de dons bien mérités.

Kathy Harrington, membre de l’Ordre de l’Étoile de l’Est, chapitre 37 d’Innisfail, a déclaré qu’un don récent de 4 000 $ a été fait à l’auxiliaire de l’hôpital d’Innisfail pour l’achat de quatre fauteuils inclinables électriques chez Innisfail Furniture & Appliance Ltd. pour les résidents du centre Innisfail Rosefield.

« Les fauteuils inclinables offriront de nombreuses années de confort à bon nombre de nos résidents âgés qui ont élu domicile au Rosefield Centre »

a déclaré Harrington.

De plus, deux bourses de 1 250 $ ont été accordées en 2024 à deux étudiants de l’école secondaire Innisfail.

Le chapitre 37 de l’OES d’Innisfail, qui compte actuellement environ 30 membres, a également présenté une motion lors de sa réunion du 7 décembre pour faire un don de 200 $ chacun à la banque alimentaire d’Innisfail et du district et au bureau de Noël d’Innisfail.

« Soutenir notre communauté est important pour nous. Lorsque nous avons les fonds pour le faire, nous faisons des dons chaque année, et nous en faisons également d’autres, comme à la banque alimentaire et au Christmas Bureau chaque année »

a déclaré Harrington.

L’Ordre de l’Étoile de l’Est (OES) est une organisation fraternelle internationale composée de femmes et d’hommes affiliés à la franc-maçonnerie. Elle a été fondée en 1850 par l’avocat et éducateur Rob Morris, un franc-maçon réputé.

L’Ordre de l’Étoile de l’Est a été créé en Alberta il y a 112 ans, en 1912, et le premier chapitre a été créé à Olds la même année que le chapitre Mountainview n°1.

Le chapitre Innisfail #37 a été créé il y a 104 ans, en 1920.

Aujourd’hui, il y a un total de 22 chapitres en Alberta.

 Le total des dons du chapitre d’Innisfail pour l’année 2024 s’élève désormais à 7 700 $. Ils sont les suivants :

• 150 $ aux chiens-guides de l’Alberta et de la Colombie-Britannique;

• 150 $ à la Fondation des œuvres de bienfaisance de l’Ordre de l’Eastern Star;

• 2 500 $ pour des bourses d’études à deux étudiants diplômés de l’école secondaire d’Innisfail (1 250 $ chacun);

• 4 000 $ à l’Innisfail Hospital Auxiliary pour l’achat de quatre fauteuils inclinables électriques pour le Centre Rosefield;

• 500 $ à l’Église anglicane d’Innisfail, et

• 200 $ chacun à la banque alimentaire d’Innisfail et du district et au Innisfail Christmas Bureau.

Le mot du mois : « Lucidité »

0

Un sémantisme très ancien et prolifique, comme on pourrait s’y attendre. La lumière est évidemment vitale au coeur de toutes les cultures. Mais la relation qu’on entretient avec elle est ambivalente.

L’indo-européen *leuk- désigne l’idée de briller. *Luknos, la lampe en grec. *Leukos, blanc. Leucocyte, leucémie.

Étonnamment, dès l’Antiquité mycénienne, la peau blanche est considérée comme un manque de virilité. Alors que nombre de cultures la prônent comme signe de pureté « non métissée ».

La lumière, c’est la blancheur qui tranche sur l’obscurité. La luciole, la lueur, le ver luisant.
Elle est associée à la luminosité, à la clarté de l’œil. *Lugx, le lynx. Le héros Lyncée, compagnon de l’expédition des Argonautes vers la Toison d’Or, use de sa vue perçante qui lui permet de voir même à travers une planche de chêne. Il aurait été le premier mineur de fond, creusant le sol et suivant les filons avec une lampe, pour rapporter le minerai au jour.

La langue gauloise utilise le même sémantisme pour définir le blanc brillant, tel celui de la loche. En sont issus des toponymes, Lugdunum-Lyon, Leyden, Laon. Lutèce (Lucotetia).
Le dieu solaire des Celtes Lug est le « lumineux », dieu des arts et des artisans charpentiers, forgerons, de la médecine, de la poésie. On le fête le 1er août, Lugnasad.

Le latin *lux offre un champ lexical très riche, lucide, translucide, élucider, luire. *Lumen, lumineux, illuminer. On enlumine les manuscrits avec des lettrines à base de couleurs métallifères censées luire dans la pénombre, pour se répérer dans la lecture.
*Lucus désigne le bois sacré, clairière des druides dans les arbres, propice à des conciliabules secrets sur la guerre et la politique.

Dès l’Antiquité, l’allumette, en bois de peuplier ou de saule, sera enduite de phosphore à base d’os calcinés. En Chine, dès le VIe siècle, ce sont des bâtonnets de pin imprégnés de soufre, dont l’allumage s’avéra longtemps hasardeux et dangereux.

On « avait la berlue », la bellue médiévale, quand une lésion de la vue faisait voir des objets inexistants, telles des mouches, des toiles d’araignée. De quoi avoir une araignée dans le plafond !

La lumière prédispose à toutes sortes de cultes, toujours assortis d’ambiguïté, parce que ses divinités sont indissociables de l’obscurité.

Lucifer, c’est le porte-lumière, étoile du matin chez les Latins, Vénus, Artémis, équivalent du grec *phôsphoros phosphore. Les Pères de l’Église le confondront avec Satan, dans leur acharnement à combattre les paganismes divers qui prônent le dualisme essentiel des ténèbres et de la lumière.
*Luna, *leuk-sna, la lumineuse, avait son culte sur l’Aventin, mais son action était jugée si puissante et dangereuse qu’on évitait de la nommer directement. Fantasque, mystérieuse, bizarre, capricieuse, rêveuse. En contrepoint du Soleil. Le lundi, *lunae dies, suit le dimanche, jour du Soleil.

Dans ce trouble clair-obscur vit le lunatique, dont les humeurs varient avec les phases de la lune. Souvent assimilé à un fou, lunaire pas toujours bien luné. Souvent immergé dans ses élucubrations, qui le font travailler à la chiche lumière d’une lampe ou d’une lucarne, avec application mais sans brio. Pas comme l’illustre, esprit parfois éclairé, toujours brillant.

Lune mellifluente aux lèvres des déments, chante Guillaume Apollinaire dans le Clair de lune de ses Alcools.

La lucidité ne participe-t-elle pas de ces ambiguïtés ? Ne suppose-t-elle pas de naviguer, parfois à vue basse, dans les remous de ses certitudes, de ses présupposés ?
Comment identifier avec certitude la lumière intérieure qui guiderait le cheminement de la réflexion, d’une incontestable lucidité ? Serait-elle fiable, définitive et à quel prix ?
Faire toute la lumière même aveuglante sur la réalité, dans ce qu’elle est et non pas celle de ses désirs ?

La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil (René Char)

Annick DROGOU

Quel parcours de l’éblouissement à la lucidité ! Quand on sort de l’obscurité et qu’apparaît la lumière nouvelle, on vit d’abord un éblouissement qui n’est pas très éloigné de l’aveuglement qui lui précédait. Contraste saisissant qui ignore la nuance, trop plein de lumière, sentiment débordant d’émotion. Comment vivre dans cette lumière, comment avancer en pleine lumière ? En passant de l’éblouissement à la lucidité.

On dit d’une personne qu’elle est lucide quand elle a une vue claire et exacte des choses ; qui fait preuve de perspicacité. Envisager ces choses avec lucidité, c’est les prendre dans leur nudité, en peser les conséquences. Mais de quelle lucidité s’agit-il ? Raisonnante et arrogante, ou humble lucidité qui laisse passer la lumière. Contempler, ne pas lui faire obstacle à la lumière.

Lucide pour parler de notre rapport à la lumière. De notre relation à la beauté. Rien n’existe en dehors de cela. Lumière dont tout est origine. Lumière visible et invisible.
Contempler. Seulement reconnaître la lumière. S’inscrire dans la lumière, laisser passer la lumière. Se fondre dans la lumière. Et si notre seule mission était simplement de renvoyer la lumière, d’en être le miroir.

Reconnaître la grande lumière. Savoir l’ombre, en connaître la limite. Voir est insuffisant, vivre, se nourrir de la lumière, lire et se taire et porter témoignage de la lumière. Rien de réel, rien d’important en dehors de cela. Lucide, non de nos étroites certitudes, mais ouverts, toujours ouverts. Réception. Réflexion. Danse de lumière

Lucide à aimer les aurores, la grande lumière qui commence à apparaître. Éternel commencement. Communion de la lumière contre toutes les ténèbres, les absences à la vie. Et dans l’opacité de nos jours croire en la lumière. La lumière avant nous, après nous. En nous. Entrer dans la lumière. Passeurs de lumière

Entendre le son de la lumière et se mettre à l’écoute. Guidé. Seul guide. Entrer dans l’Infinie Beauté qui nous parle d’au-delà de cette lumière.

Jean DUMONTEIL

Les souffrances des Francs-maçons de Jersey resteront dans les esprits

De notre confrère bbc.com – Par Chris Craddock pour BBC News, Jersey

Il est prévu de commémorer la mémoire des francs-maçons qui ont été contraints de cacher leur communauté pendant l’occupation allemande de Jersey pendant la Seconde Guerre mondiale. Le nouveau chef du groupe communautaire de l’île souhaite travailler avec le musée de l’île pour mettre en lumière la manière dont ses membres ont été persécutés par les troupes allemandes.

Tim Dallas-Chapman a été officiellement reconnu comme le nouveau chef de la franc-maçonnerie de Jersey le mois dernier.

Il souhaite reconnaître le travail effectué par les francs-maçons pour préserver leur mode de vie dans le cadre du 80e anniversaire du Jour de la Libération, le 9 mai.

C'est un plan large de l'intérieur du temple franc-maçon. Le tapis est rouge foncé et il y a une section carrée noire et blanche au milieu. Il y a des supports en bois sur le bord du tapis. Il y a deux petits globes sur des supports en bois. Des drapeaux décorés marquant les loges des francs-maçons de Jersey sont disposés autour de la pièce. Les murs et le plafond sont peints en bleu clair.
Une grande partie de l’intérieur du temple a été détruite ou enlevée pendant l’occupation allemande

M. Dallas-Chapman souhaite également changer la façon dont les gens perçoivent le groupe et le rendre plus accueillant pour la communauté au sens large.

Il a déclaré que

« c’était un honneur fantastique »

d’assumer ce rôle, mais

« nous devons éliminer la mystique des francs-maçons »

pour que davantage de personnes les rejoignent.

Pendant l’occupation, les autorités allemandes ont fermé le temple au public, prolongeant ainsi l’interdiction de la franc-maçonnerie que le régime nazi avait décrétée en 1934.

M. Dallas-Chapman a déclaré qu’une

« liste de tous les francs-maçons actifs »

avait été établie et que le temple avait été utilisé « comme un magasin de bouteilles » et que de nombreuses peintures et objets avaient été « détruits ou enlevés ».

Voici une photo de l'extérieur du Temple. Huit colonnes soutiennent le toit en surplomb. Il est peint en bleu gris terne avec des sections blanches. Les sections supérieures sont peintes en rose. C'est un bâtiment d'aspect historique.
M. Dallas-Chapman souhaite que les francs-maçons deviennent plus accessibles à la communauté au sens large

M. Dallas-Chapman a déclaré que les francs-maçons de l’île ont été contraints de cacher leurs croyances et leurs pratiques, ce qui a ajouté au côté mystique selon lequel les francs-maçons sont une société secrète.

Il a déclaré que « les gens avaient l’impression que c’était une drôle de brigade de poignées de main » et « qu’ils ne pouvaient rien vous dire sur la franc-maçonnerie » mais « cela a changé et nous voulons parler de la franc-maçonnerie au monde ».

« Nous distribuons environ 100 000 £ par an et nous l’avons fait au cours des 10 dernières années ou plus à des organismes de bienfaisance locaux et nous devons continuer dans cette voie »

a ajouté M. Dallas-Chapman.

De nombreux tableaux et objets détruits ou enlevés par les soldats allemands ont été remplacés et d’autres collections historiques de cette époque devraient être exposées en mai.

Suivez BBC Jersey sur et Facebook . Envoyez vos idées d’articles à channel.islands@bbc.co.uk .