jeu 25 juillet 2024 - 18:07

Archives antimaçonniques : Histoire de la Franc-Maçonnerie

Enregistrement audio du cours donné par Bernard Faÿ (1893-1978) au Séminaire d’Écône.

Bernard Faÿ, né le 3 avril 1893 à Paris et mort le 31 décembre 1978 à Tours, est un historien et essayiste français. Professeur au Collège de France, il se rallie dès 1940 au maréchal Pétain et est administrateur général de la Bibliothèque nationale sous le régime de Vichy. Condamné en 1945 à l’emprisonnement à perpétuité et à l’indignité nationale pour collaboration avec l’occupant allemand, il est gracié en 1959 par le président René Coty.

En 1940 il est nommé par son ami le Maréchal Pétain Administrateur Général de la Bibliothèque Nationale, puis chef du Service des Sociétés Secrètes.
Bernard Faÿ est donc chargé sous l’occupation de recueillir, de classer et d’étudier l’ensemble des archives saisies dans les loges maçonniques et autres sociétés secrètes.

Il est arrêté en 1945, condamné aux travaux forcés à perpétuité, mais parvient à s’évader en 1951 pour se réfugier en Suisse, puis fût gracié en 1959. A son décès, la messe de requiem fut célébrée en l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet par Mgr Ducaud-Bourget, en présence de Mgr Lefebvre

[NDLR : Bernard Faÿ et la FM, une drôle de relation…

Bernard Faÿ est une figure historique dont le parcours et les actions ont laissé une empreinte durable, notamment au sein de la communauté maçonnique. Historien reconnu et essayiste prolifique, Bernard Faÿ a également joué un rôle majeur dans la persécution des francs-maçons sous le régime de Vichy, un aspect de sa vie qui reste particulièrement controversé et pertinent pour un lectorat maçonnique.

Avant de devenir une figure controversée, Bernard Faÿ s’est fait connaître pour ses travaux sur les relations franco-américaines et la franc-maçonnerie. Son livre La Franc-maçonnerie et la Révolution intellectuelle du XVIIIe siècle, publié en 1935 – l’illustration est celle de la réédition de 2022 dans la collection « Documents pour l’histoire » chez Deterna – , est un ouvrage de référence qui explore l’influence de la franc-maçonnerie sur les mouvements intellectuels et politiques du XVIIIe siècle. À travers ses recherches, Bernard Faÿ s’intéresse particulièrement aux réseaux maçonniques et à leur impact sur la société européenne et américaine.

L’année 1940 marque un tournant décisif dans la vie de Bernard Faÿ. Avec l’occupation de la France par les forces allemandes et l’instauration du régime de Vichy sous la direction du maréchal Pétain, Bernard Faÿ se rallie rapidement à ce nouveau pouvoir. Il est nommé administrateur général de la Bibliothèque nationale de France, une position qu’il utilise pour promouvoir les idéaux du régime et, surtout, pour mener une campagne active contre la franc-maçonnerie.

Portrait officiel de Philippe Pétain. 1941 photographie de propagande imprimerie Draeger

Sous Vichy, Bernard Faÿ devient l’un des principaux artisans de la politique antisémite et antimaçonnique du régime collaborationiste. Il dirige le Service des sociétés secrètes, une organisation créée spécifiquement pour traquer et persécuter les francs-maçons. Bernard Faÿ utilise ses connaissances approfondies de la franc-maçonnerie pour identifier, arrêter et faire interner de nombreux maçons. Les archives maçonniques sont saisies et utilisées pour justifier les persécutions, et plusieurs francs-maçons sont envoyés dans des camps de concentration.

Bernard Faÿ a également été impliqué dans la publication de pamphlets et d’articles destinés à discréditer la franc-maçonnerie, accusée de complots et de subversion contre l’État français. Son zèle et son efficacité dans la persécution des francs-maçons lui ont valu une réputation sinistre au sein de la communauté maçonnique.

Après la Libération en 1944, Bernard Faÿ est arrêté et jugé pour collaboration avec l’occupant allemand. En 1945, il est condamné à l’emprisonnement à perpétuité et à l’indignité nationale. Cependant, son histoire prend un tournant inattendu en 1959, lorsque le président René Coty lui accorde une grâce. Cette décision suscite des réactions mitigées, certains voyant en Bernard Faÿ un traître impardonnable, tandis que d’autres considèrent sa contribution intellectuelle.

Emblème officiel du maréchal Pétain en tant que chef de l’État.
Emblème officiel du maréchal Pétain en tant que chef de l’État.

Pour la communauté maçonnique, Bernard Faÿ reste une figure ambivalente. D’une part, ses travaux historiques sur la franc-maçonnerie continuent d’être étudiés pour leur rigueur et leur profondeur. D’autre part, ses actions sous le régime de Vichy rappellent une période sombre de l’histoire maçonnique, marquée par la persécution et la répression.

Le parcours de Bernard Faÿ invite à une réflexion sur la manière dont les intellectuels peuvent être utilisés par les pouvoirs politiques et sur les dangers de l’instrumentalisation des connaissances pour des fins idéologiques. Pour les francs-maçons, il est également un rappel de l’importance de la vigilance face à toute forme de persécution et de la nécessité de défendre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité ! D’actualité, non ?]

1 COMMENTAIRE

  1. Pour compléter cet excellent article, dans une chronique consacrée à “La responsabilité maçonnique” publiée en septembre 1969 dans “Aspects de la France” (journal de royaliste de l’Action Française), Bernard Faÿ mettait en parallèle la décrite par Jean Baylot (“La Voie substituée. Recherche sur la déviation de la Franc-Maçonnerie en France et en Europe”), qui avait entrainé “les Frères français à renier la notion divine, affirmée pourtant [à vrai dire sous une forme ambigüe] dans les règles les plus anciennes de l’Ordre” avec “le formidable effort de désacralisation qu’accomplissaient dans l’Église catholique [certains] prélats pour installer dans le catholicisme un dieu social à la place d’un dieu spirituel”.

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