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Jean-Marie Le Pen et la Franc-maçonnerie…

Le rapport entre Jean-Marie Le Pen et la Franc-maçonnerie : une histoire de conflit et de controverse

Jean-Marie Le Pen vient de nous quitter. Cette figure emblématique de l’extrême droite française et cofondateur du Front National (devenu Rassemblement National) a entretenu des relations tumultueuses avec la Franc-maçonnerie. Ces relations ont été marquées par des accusations, des critiques publiques, et des controverses qui reflètent les divergences idéologiques profondes entre les deux entités.

Les Accusations de Jean-Marie Le Pen

Tout au long de sa carrière, Jean-Marie Le Pen a souvent dénoncé la Franc-maçonnerie, la présentant comme une force occulte influençant la politique française à son désavantage. En 1995, lors d’un discours, il a accusé la « droite bourgeoise, ‘enmaçonnée‘ jusqu’au col » d’empêcher des accords entre le Front National et d’autres partis de droite, suggérant que les Francs-maçons seraient responsables de l’ostracisme politique dont souffrait son parti (). Ces propos sont symptomatiques de la vision de Le Pen, où la Franc-maçonnerie était perçue selon lui comme un réseau puissant et caché, manipulant les affaires politiques pour maintenir une certaine élite au pouvoir.

La Franc-maçonnerie face au Front National

De l’autre côté, la franc-maçonnerie, notamment les principales obédiences comme le Grand Orient de France, s’est montrée ouvertement hostile aux idées défendues par le Front National. En 2017 et à nouveau en 2024, plusieurs obédiences ont appelé à faire barrage au Front National devenu Rassemblement National, mettant en avant des valeurs de fraternité, d’égalité et de lutte contre le racisme, des principes diamétralement opposés aux thèses nationalistes et souvent xénophobes du parti de JM Le Pen.

Cas Particuliers et Ralliement

En dépit de cette opposition globale, il y a eu des cas isolés de francs-maçons ralliés au Front National ou à des personnalités proches de Le Pen. Par exemple, en 2012, Marine Le Pen, la fille de Jean-Marie, a réussi à recruter deux avocats francs-maçons pour son équipe de campagne, ce qui a été perçu comme une provocation dans le monde maçonnique. Cette action illustre le désir de certains membres de la franc-maçonnerie de transcender les lignes partisanes, bien que cela ait entraîné des réactions vives et des exclusions au sein des loges.

  • Gilbert Collard : Avocat et ancien député européen du Rassemblement National, il était membre de la Grande Loge nationale française. Il a créé le cercle Fraternité, un groupe de réflexion pour les francs-maçons proches du Front National.
  • Valéry Le Douguet : Avocat pénaliste, il a été initié au Grand Orient de France tout en participant à des colloques du club Idées & Nation de Louis Aliot, vice-président du FN. Son cas a suscité la controverse au sein du GODF, menant à sa suspension.

Jean-Marie Le Pen et le Complot

Le Pen a souvent employé le thème du complot pour expliquer ses échecs électoraux, et la Franc-maçonnerie a été une cible récurrente de ces théories. En 2002, après avoir atteint le second tour de l’élection présidentielle, il a suggéré que sa défaite était due à une conspiration impliquant les Francs-maçons, parmi d’autres. Ces accusations ont renforcé l’image de la Franc-maçonnerie comme un ennemi politique, bien que souvent sans preuves concrètes.

Pour conclure

Le rapport entre Jean-Marie Le Pen et la Franc-maçonnerie est marqué par une hostilité réciproque, illustrant une fracture idéologique profonde. D’un côté, les accusations de Le Pen d’une influence maçonnique sur la politique française pour marginaliser son parti ; de l’autre, une Franc-maçonnerie qui voit dans les idéologies du Front National une menace contre ses principes fondamentaux. Cette relation complexe montre comment deux visions de la société française, l’une réactionnaire et l’autre progressiste, s’affrontent dans le discours public, avec la Franc-maçonnerie souvent au centre des controverses.

Enquête : Les Francs-maçons sont-ils riches ou pauvres ?

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La perception publique selon laquelle la Franc-maçonnerie serait composée principalement de membres riches et influents est souvent démentie par la réalité de la composition des loges maçonniques. Voici quelques points éclairant cette situation :

Études et Recherches : Des études sociologiques montrent que la franc-maçonnerie n’est pas un bastion de l’élite économique ou sociale. La recherche académique sur la franc-maçonnerie reste rare, mais ce qui en ressort tend à confirmer que la diversité économique et sociale est bien plus large que ce que le public pourrait imaginer.

Origines et Évolution : La franc-maçonnerie a évolué depuis ses origines où elle était principalement constituée de guildes de tailleurs de pierre et autres artisans. Au fil du temps, l’adhésion s’est ouverte à des personnes de diverses origines sociales, incluant ceux sans grande richesse ou position sociale élevée. Aujourd’hui, les francs-maçons proviennent de toutes les couches sociales, y compris des professions modestes comme des employés, des enseignants ou des ouvriers.

Diversité Sociale : Les loges maçonniques françaises, par exemple, sont des lieux où se mélangent des individus de différentes professions et niveaux socio-économiques. Selon des sources contemporaines, les francs-maçons incluent des fonctionnaires, des petits patrons, des avocats, mais aussi des enseignants, des policiers et des militaires, montrant une grande diversité sociale.

But de la Franc-maçonnerie : La franc-maçonnerie se concentre sur le développement personnel, la recherche de la vérité et la pratique de la morale, plutôt que sur l’accumulation de richesses ou le pouvoir social. Les critères d’admission dans la franc-maçonnerie ne sont pas basés sur la richesse ou la position sociale, mais sur des qualités morales et la recherche de l’amélioration personnelle.

Mythes vs. Réalité : La croyance que les francs-maçons contrôlent ou influencent principalement les cercles de pouvoir et de finance est un mythe alimenté par les théories du complot. En réalité, beaucoup de francs-maçons sont des gens ordinaires qui cherchent un cadre pour le développement spirituel et intellectuel, et non pour des gains matériels ou sociaux.

L’Impact de l’Internet et des Médias : L’ère numérique a modifié la perception et la visibilité de la franc-maçonnerie. Les loges ont maintenant des sites web, des blogs, et même des présences sur les réseaux sociaux, ce qui a permis de démystifier leur fonctionnement, montrant que les membres sont des individus de tous les horizons. Cependant, cette ouverture n’a pas toujours suffi à contrer les stéréotypes bien ancrés dans l’esprit du public.

Éducation et Connaissance : La franc-maçonnerie encourage la recherche personnelle et collective, l’éducation continue et l’apprentissage. Cela signifie que des personnes de toutes conditions peuvent trouver un intérêt dans la franc-maçonnerie, non pas pour l’élévation sociale immédiate, mais pour le développement personnel et la quête de connaissances.

La Dimension Humaniste : La franc-maçonnerie se veut humaniste, axée sur l’amélioration de l’individu et de la société. Ce focus humaniste attire ceux qui cherchent à contribuer positivement à leur communauté, indépendamment de leur situation financière ou de leur rang social.

Sablier avec courbe qui symbolise l'argent

Le Rôle des Loges dans la Société : Les loges maçonniques s’engagent souvent dans des œuvres caritatives, des initiatives éducatives et culturelles, ou des projets communautaires. Ces activités montrent que l’appartenance à la franc-maçonnerie est souvent moins une question de statut que d’engagement civique et moral.

L’Effet de Réseau : Bien que la franc-maçonnerie puisse offrir des réseaux de contacts utiles, ce n’est pas toujours dans une optique de promotion sociale directe. Les membres peuvent se soutenir mutuellement dans des projets personnels ou professionnels, mais l’esprit de fraternité dépasse largement les considérations de carrière ou de position sociale.

Inclusion et Évolution : Les dernières décennies ont vu des efforts pour inclure des minorités ou des groupes moins représentés dans la franc-maçonnerie, comme les femmes ou les personnes issues de l’immigration. Ces mouvements vers une plus grande inclusivité montrent que la franc-maçonnerie évolue pour refléter la diversité de la société, contribuant ainsi à une base de membres plus variée sur le plan socio-économique.

Perceptions Générationnelles : Les perceptions de la franc-maçonnerie changent avec les générations. Les nouvelles générations peuvent être moins impressionnées par les connotations de pouvoir et de richesse et plus par les valeurs d’égalité, de fraternité, et d’engagement social que propose la franc-maçonnerie.

En conclusion, la franc-maçonnerie d’aujourd’hui est un microcosme de la société, où l’on trouve des membres de toutes conditions, unis par des idéaux communs de progrès personnel et social, plutôt que par des ambitions de statut ou de richesse. Les idées préconçues sur la franc-maçonnerie nécessitent donc une mise à jour pour refléter cette réalité plus complexe et diversifiée.

10 ans après les attentats du 7/01/15 : une presse toujours debout face aux fanatismes

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Il y a dix ans, le 7 janvier 2015, des assaillants armés prenaient d’assaut la rédaction de Charlie Hebdo, fauchant la vie de douze personnes, parmi lesquelles des figures emblématiques du journalisme satirique. Ces événements tragiques ont provoqué une onde de choc mondiale, réveillant une réflexion profonde sur la liberté d’expression et les principes universels de tolérance, de fraternité et de justice, valeurs chères aux francs-maçons.

Dans cette période de commémoration, il est crucial de réaffirmer ces idéaux et de défendre la liberté de la presse et le droit à l’irrévérence face à tous les fanatismes, qu’ils soient religieux, politiques ou idéologiques. À travers ce regard maçonnique, revenons sur les défis, les résistances et les leçons d’une décennie marquée par des luttes pour la préservation des lumières.

Dans les jours qui ont suivi les attentats, un élan de solidarité a uni la France et le monde autour du slogan « Je suis Charlie », un cri d’attachement aux valeurs fondamentales de liberté et d’humanisme. Mais pour les francs-maçons, ce moment de communion a aussi révélé l’urgence de combattre les forces d’obscurantisme qui s’opposent à ces principes.

Depuis 2015, les attaques contre la presse se sont multipliées. Dans de nombreux pays, journalistes et caricaturistes font face à des menaces croissantes, qu’elles émanent de régimes autoritaires ou de groupes extrémistes. En France, les rédactions ont dû adopter des mesures de sécurité draconiennes, parfois au prix d’une autocensure. Ces réalités posent une question essentielle : comment préserver la liberté dans un monde où la peur tente de museler la parole ?

La satire, longtemps perçue comme un simple exercice humoristique, est en réalité un outil de remise en question et d’éveil des consciences. Charlie Hebdo, cible des attentats du 7 janvier 2015, incarne cette mission : provoquer, questionner, et défier les certitudes. Dans une perspective maçonnique, ce rôle est central pour maintenir une société éclairée.

Cependant, la satire n’est pas exempte de controverses, y compris dans les démocraties. Les débats sur les limites de la liberté d’expression reflètent une tension entre la nécessité de préserver un espace critique et le respect des sensibilités. Mais l’idéal maçonnique nous rappelle que la vérité, même dérangeante, est un pilier de la construction de l’Homme et de la société.

La défense de la liberté de la presse dépasse les frontières nationales. Partout dans le monde, des journalistes sont emprisonnés ou assassinés pour avoir dénoncé des abus de pouvoir ou exposé des vérités dérangeantes. Selon Reporters sans frontières, ces attaques sont en constante augmentation, mettant en péril le rôle de contre-pouvoir des médias.

Face à cette réalité, des initiatives collectives émergent. Les francs-maçons, en tant que défenseurs de la lumière contre l’obscurantisme, soutiennent ces efforts. À travers des conférences, des publications et des actions humanitaires, ils participent activement à la préservation d’un espace de dialogue et d’échange d’idées.

Dix ans après le 7 janvier 2015, la mémoire des victimes appelle à une vigilance constante. La liberté de la presse n’est pas un acquis définitif, mais un idéal à protéger et à transmettre. Les loges maçonniques, en tant qu’ateliers de réflexion et d’action, ont un rôle clé à jouer dans cette lutte contre tous les fanatismes.

Au-delà des mots et des dessins, ce combat incarne l’esprit d’une humanité éclairée : une humanité capable d’accepter les divergences, de cultiver le doute constructif, et de résister à ceux qui cherchent à imposer le silence. Aujourd’hui, plus que jamais, l’idéal maçonnique selon lequel « la lumière triomphe des ténèbres » trouve une résonance particulière dans cette quête de vérité et de justice.

Sylvain Zeghni

Grand Maître National
Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain

Les Francs-maçons de Wrexham font un don de 10 000 £ pour « Family Friends »

De notre confrère brittanique leaderlive.co.uk – Par Joe Robinson

Un service UNIQUE basé à Wrexham qui soutient les familles dans le besoin a été renforcé par un don important du franc-maçon du nord du Pays de Galles. Family Friends offre un service unique en recrutant et en formant des bénévoles, généralement parents eux-mêmes, pour rendre visite à domicile aux familles ayant au moins un enfant jusqu’à 14 ans afin d’offrir un soutien informel, amical et confidentiel.

Basée à Wrexham, elle apporte depuis plus de 25 ans un soutien communautaire local aux familles en crise. En 2023, leurs bénévoles ont travaillé avec 180 familles en crise. En 2024, ils ont reçu plus de 200 demandes de soutien et travaillent actuellement avec 70 familles et ont une liste d’attente de 70 autres.

Ces chiffres ont considérablement augmenté depuis la crise du Covid-19, car de plus en plus de familles vulnérables souffrent des effets à long terme de l’isolement. Les dispositifs de soutien actuellement proposés comprennent :

  • Cours Steps – conçu pour inciter les familles à penser de manière plus positive et à surmonter les problèmes liés au manque de confiance en soi. Les participants précédents ont déclaré que ce cours avait changé leur vie et les avait aidés à surmonter les schémas de pensée négatifs qui les freinaient dans la vie quotidienne.
  • Éducation familiale – les bénévoles offrent une aide supplémentaire pour les devoirs, le remplissage de formulaires ou des conseils sur les endroits où aller pour les cours, travaillant en présentiel pour aider les familles dans un environnement détendu dans leur propre maison.
  • Service de conseil pour adultes et enfants, travaillant avec les survivants de la violence domestique par le biais de groupes de soutien et de cours ainsi que d’un soutien individuel à domicile.

Ces services de soutien sont principalement assurés par un réseau de bénévoles ainsi que par un petit nombre d’employés rémunérés. La durée d’engagement typique pour chaque famille est de 9 mois, les bénévoles travaillant avec une famille à la fois, en fonction de leurs besoins individuels.

Les Travaux d’Hercule pour un Franc-maçon

De son premier nom Alcide, Hercule était le fils du dieu Zeus et d’une mortelle, Alcmène ; il était l’un des héros les plus vénérés de la Grèce antique. La narration de ses exploits a de nombreuses variantes. Certains le représentent fidèle au mythe tel que raconté par Homère, parfois il sert à montrer le lien entre la mythologie et la religion chrétienne, d’autres ont voulu le montrer dans un des pires moments de sa vie, l’esclavage qu’il a vécu avec Omphale. 

J’ai eu envie de vous ramener la présentation qui en fut faite par Alice Ann Bailey dans son livre Les travaux d’Hercule[1]. L’histoire est longue mais exaltante et didactique pour éclairer le chemin d’un aspirant. J’ai abrégé, forcément, les 195 pages qu’elle y consacre, ne retenant, de-ci de-là, que le fond de la mythologie qu’elle rapporte. Particulièrement, j’ai apuré le texte de toutes les interprétations développées par l’auteur sur la symbolique des zodiaques qui accompagnent le parcours d’Hercule. 

Les différentes graphies et couleurs sont des indications pour présenter un tel travail (pourquoi pas en loge?) à plusieurs voix en les différenciant (le titre des travaux n’est pas à prononcer).

Hercule se tenait devant son Instructeur. Il comprenait confusément qu’une crise l’attendait qui conduirait à un changement de langage, d’attitude et de plan. L’Instructeur l’examina et fut satisfait. La première grande Porte était grande ouverte. Une voix se fit entendre :

  • L’instructeur – « Hercule, mon fils, avance. Passe la Porte et pénètre sur le Chemin. Accomplis ton travail et reviens pour m’en rendre compte. »

Avec des cris de triomphe, Hercule se précipita, courant entre les piliers de la Porte avec une confiance présomptueuse et sûr de son pouvoir. 

1. LA CAPTURE DES CAVALES MANGEUSES D’HOMMES

Ainsi commença le Travail et le premier grand acte de service. Diomède, fils de Mars, réputé fougueux, gouvernait le pays par-delà la Porte et il élevait les chevaux et les cavales pour la guerre sur les marais de ses terres. Ces chevaux étaient sauvages et les cavales féroces ; tous les hommes tremblaient à leur approche, car ils ravageaient le pays, causant de grands dégâts, tuant tous les fils des hommes qu’ils rencontraient sur leur chemin. Ils engendraient régulièrement des chevaux des plus sauvages et des plus méchants.

  • L’instructeur – « Capture ces cavales et fais cesser ces actes mauvais. Va et délivre ce lointain pays et ceux qui y vivent. »

« Viens, Abdéris, et aide-moi à remplir cette tâche » cria Hercule, appelant l’ami qu’il aimait beaucoup et qui le suivait toujours lorsqu’il allait d’un lieu à l’autre. Abdéris arriva et prit place à ses côtés ; ensemble, ils examinèrent la tâche à accomplir, dressant soigneusement leurs plans, Mais…Si grand était le plaisir de sa prouesse qu’il estima que le fait de tenir les cavales et de les conduire sur le Chemin vers Diomède était au-dessous de sa dignité.

Hercule accula finalement les cavales sauvages dans un champ d’où elles ne pouvaient plus aller nulle part et là il les captura et les attacha, demanda à Abdéris de les ramener, puis il tourna le dos, et alla de l’avant plein d’orgueil. Mais Abdéris était faible et redoutait la tâche. Il ne put retenir les cavales ni les atteler, ni les conduire sur la trace des pas de son ami. Elles se tournèrent contre lui, le déchirèrent, le piétinèrent et le tuèrent, puis elles s’échappèrent vers les terres les plus sauvages de Diomède. Accablé de douleur, assagi, humble et découragé, (coupe amère) Hercule recommença son travail. De nouveau il chercha les cavales de lieu en lieu, laissant sur le sol son ami moribond. De nouveau il attrapa les cavales et les conduisit lui-même par la Porte.

  • L’instructeur – « Le premier travail est terminé ; la tâche est faite, mais mal faite. Apprends d’elle la véritable leçon et passe ensuite au prochain service à rendre à ton prochain. 

Ce qui attire, dans cette histoire, est l’impulsivité d’Hercule et le fait qu’il n’a pas toujours réussi. Il échoua quelques fois et dut refaire le travail jusqu’à ce que le succès couronne ses efforts. 

Le cheval blanc symbolise le mental illuminé de l’homme spirituel. Le cheval noir représente le mental inférieur, avec ses idées fausses et ses concepts humains erronés. Les juments, comme celles que nous rencontrons dans le premier travail, indiquent l’aspect féminin du mental qui donne naissance aux idées, aux théories et aux concepts. Est ici symbolisée la tendance du mental à créer des formes-pensées qui incarnent les idées conçues, lesquelles sont lâchées dans le monde, destructrices lorsqu’elles émanent du mental inférieur, mais constructrices et salvatrices lorsqu’elles viennent de l’âme.

Tout Hercule en puissance peut facilement constater qu’il a en lui ces cavales dévastatrices si, pendant un jour entier, il fait minutieusement attention à ses pensées et à ses paroles, lesquelles sont toujours le résultat de la pensée. Il découvrira rapidement que l’égoïsme, la malveillance, les commérages et la critique constituent une grande partie du contenu de sa pensée et que les cavales de son mental sont constamment fertilisées par l’égoïsme et l’illusion. Au lieu de donner naissance à des idées et à des concepts ayant pour origine le royaume de l’âme et au lieu d’être fertilisées par le règne spirituel, ces cavales deviennent mères de l’erreur, de la fausseté et de la cruauté, lesquelles ont leur origine dans l’aspect inférieur de la nature humaine.

2- La CAPTURE DU TAUREAU DE CRÈTE

  • L’instructeur – Va dans la contrée gardée par la deuxième Porte, cherche et capture le Taureau sacré et conduis le dans le Lieu Saint. » Passe par la Porte, mets-toi en chemin. Accomplis ton travail et reviens me rendre compte de l’action. »

De lieu en lieu, Hercule chassa le taureau conduit par l’étoile qui brillait sur le front du taureau, lampe claire dans l’obscurité. Cette lumière se déplaçait avec le taureau, le conduisait ici et là. Seul, Hercule chercha le taureau ; seul, il le chassa jusqu’à son repaire ; seul, il le captura et monta sur son dos. Autour de lui se tenaient les Sept Sœurs qui l’encourageaient en chemin. Dans cette lumière, il chevaucha le taureau, le ramena, traversant les eaux miroitantes de l’île de Crète jusqu’au Lieu Saint où résidaient les hommes à l’œil unique, les trois Cyclopes.

L’ « Œil du Taureau », dans le Taureau, magnifique étoile fixe Aldébaran, est l’une des raisons pour lesquelles cette constellation est considérée comme conférant l’illumination. Dans les temps anciens, elle était appelée l’étoile conductrice des cieux et le Taureau a toujours été apparenté à la lumière, nomination vieillie du mot Nord. Du latin septentriones, (de septem, sept et triones, bœufs de labour), désignant les sept étoiles qui forment la constellation de la Grande Ourse ou plutôt de la Petite Ourse dont l’étoile du nord (l’étoile polaire) fait partie. Le septentrion est à la fois nord et sept, c’est-à-dire origine du Mystère et sa révélation. Dans la tradition occidentale, le soleil s’y trouve donc, symbolisant la lumière incréée, contenant toutes les potentialités que l’initié devra faire éclore Les rituels, pour marquer dans le langage la trace de la Tradition et la symbolique cosmique, utilisent très souvent ce mot. Les apprentis prennent place sur la colonne du septentrion. Repère céleste du voyageur, le septentrion oriente l’apprenti pour qu’il ne s’égare pas.

  • L’instructeur – « Le deuxième travail a été accompli et la tâche a été facile. Apprends d’elle la leçon des proportions. Force pour s’acquitter d’une tâche ardue, bonne volonté pour remplir celle qui ne met pas les pouvoirs à contribution, telles sont les deux leçons apprises. Lève-toi maintenant et cherche le pays gardé par la troisième Porte. Trouve les pommes d’or et apporte-les ici. »

3- LA CUEILLETTE DES POMMES D’OR DES HESPÉRIDES

En un lointain pays croissait l’arbre sacré, l’arbre de la sagesse portant les pommes d’or des Hespérides. La renommée de ces fruits délicieux s’était étendue jusqu’au loin et tous les fils des hommes, qui savaient être aussi des fils de Dieu, les désiraient. « Indique-moi le chemin, ô Instructeur de mon âme. Je cherche les pommes et j’en ai besoin pour mon usage personnel. Montre-moi le chemin le plus rapide et je partirai ! » 

  • L’instructeur – « Pas ainsi, mon fils ; la route est longue. Je te confierai seulement deux choses et ce sera ensuite à toi de prouver la vérité de ce que je te dis.

Vous aurez bien sûr entendu comme moi «Je ne sais ni lire ni écrire, donnez-moi la première lettre je vous donnerai la suivante.»

Hercule passa par la troisième Porte et se dirigea vers le nord. Malgré l’aide proposée par Nerée, un messager envoyé par l’instructeur pour l’aider, aveuglé par sa passion pour sa mission, il ne vit pas, et ne trouvant pas l’arbre sacré en direction du nord, Hercule se tourna vers le sud et continua sa recherche dans le lieu des ténèbres. Après avoir vaincu seulement au second round le serpent Antée, heureux et confiant, Hercule reprit sa recherche, sûr de lui et avec un courage renouvelé. Il se dirigea alors vers l’ouest. Là, il rencontra Busiris, le grand trompeur, fils des eaux et proche parent de Poséidon, dont le travail consiste à apporter l’illusion aux fils des hommes par des paroles d’apparente sagesse. Tombé sous le charme de Busiris, Hercule obéit, acceptait tout ce qu’il disait, mais chaque jour il devenait plus faible sur le chemin ne cherchant plus l’arbre sacré. Sa force était sapée. Son gourou aimé l’attacha alors sur un autel et le garda lié une année entière.

Soudainement un jour, alors qu’Hercule luttait pour se libérer et commençait à voir Busiris pour ce qu’il était, les paroles prononcées par Nérée le messager lui revinrent à la mémoire : « La Vérité réside à l’intérieur de toi-même. Il existe en toi un pouvoir, une force et une sagesse supérieurs. Tourne-toi vers l’intérieur et, là, évoque une force et un pouvoir qui sont l’héritage de tous les fils des hommes ». Alors avec la force qui est celle de tous les Fils de Dieu, il brisa ses liens, s’empara du faux instructeur – qui lui avait paru si sage – et le lia à sa place sur l’autel. Il ne dit pas un mot, mais le laissa là pour qu’il apprenne.

Soudain il s’arrêta, la surprise le figeant sur place. Un cri de profonde détresse frappa ses oreilles. Quelques vautours tournant autour d’un rocher attirèrent son attention. Le cri se fit de nouveau entendre. Devait-il poursuivre son chemin. Un autre cri retentit, aussi Hercule se dirigea rapidement au secours de son frère. Il trouva,… tout le monde l’a deviné, Prométhée enchaîné. Hercule chasse les oiseaux ce qui doit soulager Hitchcock, et soigne Prométhée.

Du nord au sud et de l’est à l’ouest l’arbre sacré fut cherché sans succès. Pourtant, un jour qu’il était rongé par l’inquiétude et fatigué de ses voyages, Hercule entendit dire par un pèlerin qui passait sur le chemin qu’on pouvait trouver l’arbre près d’une montagne lointaine. Ce fut la première véritable information. Il dirigea donc ses pas vers les hautes montagnes de l’est. Mais il fut de nouveau arrêté par une sensation de profonde angoisse. Atlas se trouvait devant lui, chancelant sous le fardeau du monde qu’il portait sur ses épaules ; son visage était marqué par la souffrance, ses membres fléchissaient par la fatigue, ses yeux se fermaient par la douleur. Il ne demandait pas d’aide mais se tenait courbé par le poids du monde, il portait aussi un gilet jaune. L’arbre sacré et les pommes d’or s’effacèrent de sa pensée. Il n’avait plus à cœur que d’aider le géant aussi vite que possible. Il se précipita en avant et s’empressa de déplacer le fardeau, le soulevant des épaules de son frère et le mettant sur les siennes, se chargeant ainsi lui-même du poids du monde. Il ferma les yeux, se tendant dans l’effort et voilà que le fardeau glissa. Il était libre et Atlas de même. Après le sacrifice, vient la récompense.

Devant lui se tenait le géant qui avait dans ses mains les pommes d’or et qui les lui offrait avec amour. La recherche était finie. On raconte autrement que ce sont 3 très belles femmes qui les lui remirent. Par cette narration, il faut comprendre qu’à la fin du même travail, il acquit une vision beaucoup plus large de son âme en la voyant sous trois aspects, chacun d’eux portant en lui la puissance des trois principes de la divinité. Aglaé symbolise la gloire de la vie et la splendeur du soleil couchant, la magnificence de la manifestation sur le plan physique. Elle offre une pomme à Hercule en lui disant : « Le chemin vers nous est toujours caractérisé par des actes d’amour. » Erythéia, qui garde la porte, l’âme, toujours ouverte par l’Amour-Sagesse, donne à Hercule une pomme sur laquelle est gravé le mot d’or : service. Hespéris, l’étoile du soir, l’étoile de l’initiation, représentant la Volonté, dit à Hercule : « Foule le Sentier. » Et alors,… ah le héros qui dit ! « Je vous rends les pommes pour ceux qui viendront après moi », et Hercule s’en retourna d’où il était venu.

Il se présenta ensuite devant l’Instructeur qui l’encouragea et lui dit en lui montrant la quatrième Porte:

  • L’instructeur – « Passe par cette Porte. Capture la biche et retourne, une fois encore, au Lieu Saint. »

Eurysthée lui imposa la tâche d’aller chercher les pommes d’or du Jardin des Hespérides.

 La pomme se retrouve depuis longtemps dans la mythologie et dans le symbolisme. C’est un mode symbolique de raconter l’histoire de l’apparition du mental et la manière dont il commença à fonctionner dans la créature primitive qui n’était ni animale, ni strictement humaine. Avec l’arrivée du mental vint la connaissance de la dualité, de l’attirance des opposés, de la nature de l’âme qui est le bien et de la nature de la forme qui est le mal si elle retient l’âme et entrave sa pleine expression. Cette fois, il n’était pas limité aux contrées sauvages ravagées par les cavales mangeuses d’hommes, ni à la petite île de Crète. Il fallait fouiller toute la planète.

Le Maître donnera une suggestion et n’en dira pas plus. C’est au disciple de donner suite à la suggestion de la façon qu’il croira la plus sage. « Ne perdons pas de vue que les plus hautes aspirations pour le bien-être de l’humanité se teintent d’égoïsme si, dans l’esprit du philanthrope, se cache l’ombre d’un désir de profit personnel… » Il se libéra d’abord sous l’influence du symbole de Prométhée – qui signifie Dieu incarné – le délivrant de la torture des vautours du passé. Le plexus solaire, l’estomac et le foie sont, si je peux l’exprimer ainsi, l’extériorisation de la nature du désir ; Hercule se libéra des vautours du désir qui l’avaient si longtemps torturé. Il renonça à l’égoïsme et à sa propre satisfaction.

6- La CAPTURE DE LA BICHE DE CÉRYNÉE

Devant la quatrième grande Porte, se tenait Hercule. Sur une colline toute proche, un petit faon. Hercule entendit une voix. Cette voix venait du cercle brillant de la lune, d’Artémis lui adressa des paroles d’avertissement :

  • Artémis – « La biche est mienne, aussi ne la touche pas. Pendant longtemps, je l’ai nourrie et je l’ai soignée quand elle était jeune. La biche est mienne et mienne elle doit rester. »

Alors surgit Diane, la chasseresse des cieux, fille du Soleil. Bondissant vers la biche, les pieds chaussés de sandales, elle en revendiqua la possession.

  • Diane – « Non, Artémis ma belle, la biche est à moi et doit rester mienne. Jusqu’ici, elle était trop jeune, mais maintenant elle peut être utile. La biche aux cornes d’or est mienne et mienne elle restera. » Une autre voix résonna à ses oreilles avec autorité : « La biche n’appartient à aucune des jeunes filles, ô Hercule, mais au Dieu dont tu vois le sanctuaire au loin, sur ce mont. Va la délivrer ; conduis-la dans le sanctuaire où elle sera en sécurité et laisse-la là ».

Ainsi, pendant toute une année il poursuivit la biche de colline en colline et de forêt en forêt, il la chassa jusqu’au jour où, près d’un étang, il la trouva étendue de tout son long sur l’herbe non foulée, endormie, fatiguée de sa fuite provoquée par les 2 déesses qui cherchaient à déjouer les efforts d’Hercule. L’ayant blessée d’une flèche au pied, il vint tout près d’elle et la serra dans ses bras, tout contre son cœur.

Comme Gollum qui voulait s’emparer de l’anneau , il pensa qu’elle était devenue sienne. Renâclant, il rapporte cependant l’animal au centre du Lieu Saint mais remarquant sa blessure il en réaffirme que la biche est doublement sienne se prévalant de son droit de recherche et de son adresse. 

La querelle des déesses luminaires reprend

  • Artémis – « Non, la biche est mienne et l’a toujours été. Je vis sa forme reflétée dans l’eau ; j’entendis ses pas sur les chemins de la terre ; je sais que la biche est mienne, car toute forme est mienne. »
  • Diane – « Si son esprit repose en toi, ô grand Apollon, noble fils de Dieu, sache alors que la biche est morte ; elle a été tuée par l’homme qui est un fils d’homme, bien qu’il soit fils de Dieu. Pourquoi peut-il entrer dans le sanctuaire tandis que nous attendons la biche au dehors ? »

Le dieu solaire mit fin à la querelle en disant : « Parce qu’il a porté la biche dans ses bras contre son cœur et, dans le Lieu Saint, la biche repose ainsi que l’homme. Tous les hommes sont miens. La biche est mienne aussi ; elle n’est ni à vous ni à l’homme. »

Hercule, revenant de l’épreuve, passa de nouveau par la Porte et trouva son chemin le ramenant vers l’Instructeur de sa vie.

  • L’instructeur – « Hercule, mon fils, va et regarde de nouveau entre les piliers de la Porte.

Sur une colline proche, se tenait un faible faon. Hercule s’étonna. « Ai-je accompli l’épreuve, ô sage Instructeur ? Le faon est de nouveau sur la colline où je l’avais vu au début de ma recherche. »

  • L’instructeur – « Le quatrième travail est terminé et la recherche doit être fréquente en raison de la nature du test et de la nature de la biche. Ne l’oublie pas, mais médite sur la leçon apprise. »

Nous avons vu que la biche qu’Hercule cherchait était consacrée à Artémis, la lune, mais qu’elle était aussi revendiquée par Diane, la chasseresse des cieux et par Apollon, le dieu solaire. Une chose souvent oubliée par les étudiants en psychologie et par ceux qui sondent le développement de la conscience de l’homme, c’est qu’il n’existe pas de séparation précise entre les divers aspects de sa nature, mais qu’ils sont tous les phases d’une unique réalité. Les mots instinct, intellect et intuition ne sont que des aspects différents de conscience et de réaction à l’environnement et au monde dans lequel l’homme se trouve. Il est un animal et il possède, comme lui, la qualité d’instinct et de réaction instinctive à son environnement. L’instinct est la conscience de la forme et de la vie de la cellule, le mode de connaissance de la forme ; c’est pourquoi Artémis, la lune, qui gouverne la forme, revendique la biche sacrée. L’instinct animal est aussi divin que les autres qualités que nous considérons comme plus spirituelles.

Mais l’homme est rationnel, il peut analyser et critiquer et il a ce quelque chose que nous appelons le mental et la faculté de perception et de réponse intellectuelles qui le différencie de l’animal, qui lui ouvre un nouveau domaine de conscience, mais qui n’est, néanmoins, qu’une extension de son appareil de réponse et la transformation de l’instinct en intellect. Par l’un, il devient conscient du monde des contacts physiques et des conditions émotionnelles. Par l’autre, il devient conscient du monde de la pensée et des idées ; il est ainsi un être humain. Lorsqu’il a atteint ce stade de perception intelligente et instinctive, Eurysthée lui indique qu’il y a un autre monde dont il peut aussi devenir conscient, mais qui a son propre mode de contact et son propre appareil de réponse.

Diane, la chasseresse, revendiquait la biche parce que, pour elle, la biche était l’intellect et l’homme, le grand chercheur, le grand chasseur devant l’Éternel. Mais la biche avait une autre forme, plus subtile, celle qu’Hercule, l’aspirant, cherchait. Il est dit qu’il la pourchassa pendant un cycle de vie, mais ce n’était pas la biche comme instinct qu’il s’efforçait de trouver, ni la biche comme intellect. C’était quelque chose d’autre et pour cela il chercha pendant un cycle de vie.

Nous lisons qu’Hercule captura finalement la biche et la conduisit dans le temple où elle fut réclamée par le dieu solaire qui reconnaissait en elle l’intuition spirituelle, cette expansion de conscience, ce sens de perception consciente hautement développé, qui donne au disciple la vision de nouveaux champs de contact et qui lui ouvre un nouveau monde d’existence. Il nous est dit que la bataille se poursuit encore entre Apollon, le dieu solaire, qui savait que la biche était l’intuition, Diane, la chasseresse des cieux, qui savait qu’elle était l’intellect et Artémis, la lune, qui savait qu’elle n’était qu’instinct. Les deux déesses revendicatrices avaient raison sur un point, et le problème de tous les disciples est d’utiliser correctement l’instinct à sa juste place et de juste manière. Ils doivent apprendre à utiliser l’intellect sous l’influence de Diane, chasseresse et fille du Soleil et, par lui, entrer en rapport avec le monde des idées et de la recherche humaine. Ils doivent apprendre à transporter cette capacité dans le temple du Seigneur et là, la voir transmuée en intuition. Grâce à l’intuition, ils doivent devenir conscients des choses de l’esprit et des réalités spirituelles que ni l’instinct ni l’intellect ne peuvent leur révéler.

5- LE MASSACRE DU LION DE NÉMÉE

Devant la cinquième grande Porte, se tenait Hercule, « Que fais-je ici ? Qu’elle est l’épreuve et pourquoi est-ce que je cherche à franchir cette Porte ? »

  • L’instructeur – « Hercule, un appel de profonde détresse a retenti. Tes oreilles extérieures n’y ont pas répondu et pourtant l’oreille intérieure connaît bien le besoin, car elle a entendu une voix t’informant du besoin et t’exhortant à te mettre en route. Les gens de Némée sollicitent ton aide. Ils sont dans une profonde angoisse. Le récit de tes prouesses est arrivé à eux. Ils demandent que tu tues le lion qui dévaste le pays prenant sa part d’hommes. Va, cherche le lion qui ravage le pays au-delà de la cinquième Porte.

Les habitants de cette contrée dévastée vivent silencieusement derrière les portes verrouillées. Ils ne se hasardent pas à sortir pour travailler ni pour cultiver leurs terres. Du nord au sud et de l’est à l’ouest, le lion rôde et, rôdant, s’empare de tout ce qu’il rencontre sur son chemin. Son horrible rugissement s’entend toute la nuit et tous tremblent derrière leurs portes closes. Que feras-tu, ô Hercule, que feras-tu ? Où sont tes armes et ta puissante protection ? » « Toutes ces armes ne font que me surcharger, me retarder et entraver mon départ sur le Chemin. Je n’ai besoin que de ma robuste massue,taillée de ma main d’un arbre jeune et vigoureux ; avec elle et mon cœur intrépide, je vais chercher le lion. »

Hercule alla d’un lieu à un autre à la recherche du lion. Il trouva les habitants de Némée cachés derrière leurs portes, sauf quelques-uns qui s’aventuraient au-dehors, par nécessité ou désespoir. « Où est le lion ? » demanda Hercule. « Le lion est ici. » lui fut-il répondu. « Non, là-bas. » dit une voix en proie à la peur. « Non pas, j’ai entendu son rugissement près de la montagne sauvage, cette semaine. » « Et moi de même, dans cette vallée où nous nous trouvons. » « J’ai vu ses traces sur un sentier que je suivais, Hercule, écoute-moi et traque-le jusqu’à son repaire. » Pendant des jours et des nuits, Hercule chercha le chemin, écoutant les rugissements du lion, tandis que les gens de Némée restaient tapis derrière des portes closes. Soudain, il vit le lion qui se tenait au bord d’un épais fourré de jeunes arbres. 

Alors le lion s’avança vers lui, fou de rage et sans peur, stupéfait de prouesses jusqu’alors inconnues. Car Hercule continuait d’avancer. Soudain, le lion se retourna et, devant Hercule, se précipita dans un fourré sur les pentes rocheuses d’un chemin de montagne escarpé. Ainsi tous deux continuèrent. Tout à coup, alors qu’il suivait le chemin, le lion disparut ; il ne fut plus vu ni entendu. Hercule s’arrêta sur le Chemin et se tint silencieux. Il chercha d’un côté et de l’autre, tenant sa fidèle massue, l’arme qu’il avait façonnée lui-même, le présent qu’il s’était donné à lui-même en des jours passés depuis longtemps et en qui il avait confiance. Il chercha de tous côtés, passa sur chaque chemin, allant d’un point à l’autre sur l’étroit sentier qui courait au flanc de la montagne. Soudain, il arriva à une caverne d’où lui parvint un fort rugissement – un grondement sauvage qui semblait lui ordonner de s’arrêter ou de perdre la vie. Hercule s’arrêta, criant aux habitants du pays : « Le lion est ici. Vous allez voir ce que je vais faire. » Hercule, fils de l’homme et cependant fils de Dieu, pénétra dans cette caverne, la traversa dans toute sa longueur et dans l’obscurité, ressortit dans la lumière du jour et ne trouva pas le lion, mais seulement une autre sortie. S’arrêtant, il entendit le lion derrière lui, mais non devant. « Que dois-je faire ? » se dit-il ; « cette caverne a deux ouvertures ; quand j’entre par l’une, le lion en sort et revient par celle que j’ai laissée derrière moi. Que vais-je faire ? Les armes sont inutiles. Comment tuer ce lion et sauver les gens de ses crocs ? Que faire ? » 

Comme il cherchait autour de lui ce qu’il pouvait faire et qu’il prêtait l’oreille aux rugissements du lion, il vit des tas de bois et de bûches à portée de sa main. Les tirant à lui, les traînant de toutes ses forces, il mit les bûches et les fagots dans l’ouverture la plus proche et obstrua ainsi le passage vers la lumière du jour aussi bien vers l’intérieur que vers l’extérieur, s’enfermant avec le lion féroce à l’intérieur de la caverne. Alors il affronta le lion. À deux mains, Hercule le saisit, le tenant étroitement serré l’étouffant. Sur son visage, il sentait le souffle du lion. Pourtant, il le tenait toujours à la gorge et serrait. Les rugissements de haine et de peur s’atténuèrent de plus en plus ; l’ennemi de l’homme devint toujours plus faible et s’affaissait. Hercule tenait bon. Ainsi, il tua le lion de ses deux mains, sans armes, grâce à sa force personnelle extraordinaire. Il tua le lion et le dépouilla de sa peau, la montrant aux gens qui se tenaient près de l’entrée de la caverne. « Le lion est mort ! » crièrent-ils. « Le lion est mort ! Et Henri Salvador précisa le lion est mort ce soir!

Hercule retourna triomphant vers Celui qui l’avait envoyé pour prouver sa force, servir et répondre au besoin de ceux qui étaient dans une extrême détresse. Il déposa la peau du lion aux pieds de Celui qui était l’Instructeur de sa vie et reçut la permission de porter cette peau à la place de celle qu’il mettait déjà.

  • L’instructeur – « O Hercule, tu as de nouveau tué un lion. Le lion et les serpents doivent être mis à mort encore et encore. C’est bien mon fils. Va te reposer en paix avec ceux que tu as libérés de la peur. Le cinquième travail est terminé.

Le lion de Némée symbolise donc la puissante personnalité qui menace la paix de la contrée. Quelle est la leçon à tirer du fait qu’Hercule traqua le lion dans une caverne à deux ouvertures ? Pourquoi obstrua-t-il l’une des ouvertures et pénétra-t-il par l’autre ? Quel est l’enseignement spirituel sous-jacent à la tradition selon laquelle il tua le lion de ses mains nues ?

Beaucoup de ces anciennes histoires ont gardé le secret de leur véritable signification pendant des milliers d’années. Ce n’est qu’aujourd’hui et dans cette génération que le sens ésotérique véritable apparaît. Ce qui est intéressant dans la période que nous vivons maintenant est qu’elle marque un développement absolument unique dans l’évolution de la race humaine. Il y a toujours eu des manifestations de dieux solaires et le travail d’Hercule fut vécu maintes et maintes fois par quelques individus. Chaque nation a produit ses aspirants évolués qui traquèrent le lion de la personnalité jusque dans la caverne et, là, le maîtrisèrent. Mais, relativement aux myriades d’êtres humains, ils ont constitué une très faible minorité. Nous sommes maintenant dans un monde qui voit beaucoup d’aspirants et, dans toutes les nations, la génération montante produira ses milliers de disciples ; déjà des milliers d’individus cherchent le Chemin. Le monde est plein de personnalités et le moment est venu où le lion de la tribu de Juda doit triompher du lion du soi personnel. Nous ne sommes pas seuls dans notre lutte, comme l’était Hercule, mais nous faisons partie d’un grand groupe de fils de Dieu qui se débattent dans les épreuves préparatoires à l’initiation ainsi que dans les problèmes qui feront éclore les pleins pouvoirs de l’âme.

Partout, la conscience des individus est en train de se déplacer sûrement hors de la nature émotionnelle donc hors du centre du plexus solaire, dans le corps mental et par conséquent, dans la tête. Il y a dans la tête une petite caverne, une petite structure osseuse qui protège l’une des glandes les plus importantes du corps, la glande pituitaire. Quand cette glande sera en pleine activité, nous aurons une personnalité parachevée et active, se gouvernant elle-même, douée d’activité mentale et d’endurance. Le corps pituitaire a une double configuration ; dans l’un de ses lobes, le frontal ou anté-pituitaire, se trouve le siège du mental qui raisonne, de l’intellectualité et, de l’autre, le post-pituitaire, siège de la nature émotionnelle imaginative. Il est dit aussi que cette glande coordonne les autres, dirige la croissance et est essentielle à la vie. Berman définit l’intellectualité comme la « capacité mentale de maîtriser son environnement par des concepts et des idées abstraites ». Quand cette glande est insuffisamment développée, il y a aussi bien une déficience affective qu’une déficience mentale. Beaucoup d’endocrinologues et de psychologues se sont exprimés de manière semblable. C’est dans cette caverne que le lion de la personnalité développée a son repaire et c’est là qu’Hercule, le dieu solaire, doit vaincre.

Pendant des siècles, les Égyptiens et spécialement les Hindous ont connu l’existence des chakras ou centres de force dans le corps éthérique. La découverte du système endocrinien montre l’existence de glandes physiques correspondant aux mêmes endroits. L’une d’elles, le corps pituitaire, avec ses deux lobes, symbolise la caverne aux deux ouvertures, dont l’une devait être fermée par Hercule avant qu’il ne puisse maîtriser la personnalité au moyen du mental supérieur. En effet, ce n’est qu’après avoir bloqué l’ouverture des émotions personnelles (post-pituitaire), lancé au loin sa fidèle massue et refusé symboliquement de mener plus longtemps une vie personnelle et égoïste, qu’il put, entrant par l’ouverture représentée par l’anté-pituitaire, vaincre le lion de la personnalité dans la caverne. Ces corrélations sont si exactes qu’elles présentent un imposant témoignage de la parfaite intégrité du Plan. « En haut comme en bas. » Une remarquable corrélation entre les vérités biologiques et les vérités spirituelles.

6- La PRISE DE LA CEINTURE D’HIPPOLYTE

  • L’instructeur – « Debout, ô Hercule, passe par la sixième grande Porte. »

Un autre mot retentit aussi, non pour Hercule, mais pour celles qui demeuraient sur les rives de la grande mer. Elles écoutaient et entendirent. Sur ces rives, vivait une grande reine qui régnait sur toutes les femmes du monde alors connu. Elles étaient ses vassales et ses guerrières intrépides.

Dans ce royaume, il n’y avait point d’hommes, mais seulement des femmes rassemblées autour de leur reine. Dans le Temple de la Lune, elles faisaient chaque jour leurs dévotions et là, elles offraient des sacrifices à Mars, le dieu de la guerre. elles attendaient le message d’Hippolyte, leur reine, qui se tenait sur les marches du grand autel, portant la ceinture que Vénus, la reine de l’amour, lui avait offerte. Cette ceinture était un symbole, symbole de l’unité réalisée par la lutte, le conflit, l’effort, symbole de la maternité et de l’Enfant sacré vers qui toute la vie humaine est réellement orientée.

  • Hyppolyte – « Le mot a résonné ; se met en route un guerrier dont le nom est Hercule. À lui, je dois céder ma ceinture. Obéirons-nous, ô Amazones, ou combattrons-nous la parole de Dieu ? »

Hercule fut annoncé à la porte du temple, Hippolyte, la reine guerrière, s’avança. Mais hercule se battit avec elle sans écouter les belles paroles qu’elle s’efforçait de lui adresser. Il lui arracha des mains la ceinture qu’elle lui offrait comme symbole d’unité et d’amour, de sacrifice et de foi. Saisissant la ceinture, il tua la reine, celle qui lui donnait ce qu’il demandait. Alors qu’il se tenait auprès de la reine mourante, consterné de ce qu’il avait fait, il entendit la voix de son Instructeur :

  • L’instructeur – « Mon fils, pourquoi tuer ce qui est nécessaire, celle qui t’est chère, la donatrice de dons splendides, la gardienne du possible ? Pourquoi tuer la mère de l’Enfant sacré ? De nouveau, nous inscrivons un échec. De nouveau, tu n’as pas compris. Rachète ce moment avant de chercher à me revoir. »

Hercule arriva de nouveau sur les rives de la grande mer. Près de la côte rocheuse, il vit un monstre marin tenant entre ses mâchoires une jeune fille, Hésione. Ses cris perçants et ses gémissements montaient jusqu’au ciel et frappèrent les oreilles d’Hercule, rongé de regrets et qui ne connaissait pas le sentier qu’il suivait. Il s’élança promptement à son aide, mais il était trop tard. Hésione disparut dans la gorge caverneuse du monstre marin qui avait mauvaise renommée. S’oubliant lui-même, ce fils d’homme qui était fils de Dieu se lança dans les vagues et atteignit le monstre qui, se retournant vers lui en une rapide attaque et en rugissant, ouvrit la gueule. Hercule se jeta dans le tunnel rouge de sa gorge à la recherche d’Hésione qu’il trouva au plus profond du ventre du monstre. De son bras gauche il la saisit et la serra contre lui, tandis qu’avec sa fidèle épée, il se fraya une sortie hors du ventre du monstre jusque dans la lumière du jour. C’est ainsi qu’il la sauva, équilibrant de cette manière son précédent geste meurtrier. Car telle est la vie, un acte de mort, un acte de vie et ainsi les fils des hommes qui sont les fils de Dieu apprennent la sagesse, l’équilibre et le mode d’aller à Dieu.

  • L’instructeur – « Le sixième travail est terminé. Tu as tué qui te chérissait et qui, de manière inconnue et méconnue, t’apportait l’amour et le pouvoir nécessaires. Tu as sauvé qui avait besoin de toi et ainsi, une fois encore les deux sont un. Réfléchis de nouveau aux voies de la vie, réfléchis aux voies de la mort. Va te reposer, mon fils. »

Ainsi, l’origine de la guerre entre les sexes est ancienne ; elle est inhérente à la dualité de l’humanité et du système solaire. Les divorces en sont un véritable témoignage et la compétition surgit aussi bien dans les affaires qu’au foyer. Il y a, dans cette histoire, des points à ne pas négliger, car ils sont importants. Quelle fut la contribution d’Hippolyte à l’erreur ?

Peut-être avoir offert à Hercule la ceinture de l’unité que Vénus lui avait donnée parce que Celui qui préside l’avait ordonné et non parce qu’elle ressentait l’unité. Ne le fit-elle pas par contrainte et non par amour ? Ainsi elle mourut. Il nous est dit que le mal doit arriver, mais malheur à ceux par qui il vient ; ainsi, Hercule ne réussit pas à comprendre sa mission bien qu’il atteignît son objectif. Il faut aussi noter que le travail ne fut pas décrit à Hercule comme dans les autres cas. Le mot fut transmis seulement au pays où la reine des Amazones gouvernait son univers de femmes, tous les hommes en étant exclus. C’est à Hercule que fut laissé le soin de comprendre la nature du travail et il n’en fut pas capable.

7- La CAPTURE DU SANGLIER D’ÉRYMANTHE

L’instructeur pensait

  • L’instructeur – « Il faut qu’il exécute encore un autre travail. Il a besoin d’équilibre, de jugement sain et de préparation pour un test majeur et pour le service futur envers la race des hommes. Pour cela, qu’il se prépare avec soin. »

L’Instructeur vint à Hercule :

  • L’instructeur – « Va mon fils, et capture le sanglier sauvage ; sauve un pays ravagé, mais prends cependant le temps de manger. »

Pholos invita Hercule à entamer une barrique de vin qui ne lui appartenait pas encore. Elle appartenait au groupe des centaures et les dieux qui la leur avaient donnée avaient estimé que cette barrique ne devait pas être entamée sauf quand les centaures, tous présents, se réuniraient. Elle appartenait au groupe. Mais Hercule et Pholos la percèrent en l’absence de leurs frères et appelèrent Chiron, un autre sage centaure à venir partager leurs réjouissances. Ce qu’il fit. Tous trois burent ensemble, festoyèrent et firent beaucoup de bruit. Les autres centaures les entendirent de très loin. Ils arrivèrent en colère et une furieuse bataille s’engagea. En dépit de ses sages résolutions, le fils de l’homme qui était fils de Dieu devint une fois encore le messager de la mort. Il tua ses amis, les deux centaures avec qui il venait de boire ; tandis que les autres centaures se lamentaient bruyamment, Hercule s’enfuit sur les hautes montagnes et reprit sa recherche. Il posa un piège adroitement caché et attendit la venue du sanglier dans l’obscurité. Les heures s’écoulèrent les unes après les autres, et il attendit jusqu’à l’aube. De son repaire, le sanglier apparut à la recherche de nourriture, poussé par une faim longtemps inassouvie. Dans l’obscurité, près du piège, le fils de l’homme veillait. Le sanglier tomba dans le piège et, le moment venu, Hercule délivra l’animal sauvage devenu prisonnier de son habileté. Il lutta contre lui et le maîtrisa, lui faisant faire ce qu’il disait et suivre le chemin qu’il désirait.

  • L’instructeur – « Le septième travail est terminé, la septième Porte est franchie. Médite sur les leçons du passé ; réfléchis sur les tests, mon fils. Deux fois tu as tué ce que tu devais aimer. Apprends pourquoi. »

Hercule resta à l’intérieur des portes de la cité, et là se prépara à ce qui arriverait plus tard, au test suprême.

8- LA DESTRUCTION DE L’HYDRE DE LERNE

  • L’instructeur – « Près de la rivière, se trouve le marais empoisonné de Lerne. Dans ce marécage infect, vit l’hydre monstrueuse, vraie calamité pour toute la région. Cette horrible créature possède neuf têtes et l’une d’elles est immortelle. Prépare-toi à te battre contre cette bête répugnante. Ne pense pas pouvoir te servir de moyens ordinaires, car, pour une tête détruite, deux autres repoussent immédiatement. »

À maintes reprises, Hercule attaqua le monstre déchaîné qui, au lieu de s’affaiblir, devenait plus fort à chaque assaut. Alors Hercule se souvint des paroles de son Instructeur : « Nous nous élevons en nous agenouillant. » Rejetant sa massue, il s’agenouilla, saisit l’hydre de ses mains nues et l’éleva en l’air. Tenue dans les airs, sa force diminua. À genoux, il maintint l’hydre bien au-dessus de lui, afin que l’air et la lumière purifiants puissent avoir l’effet voulu. Le monstre, puissant dans l’obscurité et dans la vase, perdit bientôt de son pouvoir quand les rayons du soleil et l’effleurement du vent l’atteignirent. Mais ce n’est que lorsqu’elles furent sans vie qu’Hercule vit la tête mystique qui était immortelle. Alors il coupa l’unique tête immortelle qui sifflait encore furieusement et l’enterra sous un rocher. 

Hercule retourna auprès de son Instructeur. 

  • L’instructeur – « La victoire est complète », dit celui-ci. « La lumière qui brille à la huitième Porte est maintenant fondue avec la tienne. »

Tant qu’Hercule lutta dans le marécage, dans la boue et les sables mouvants, il fut incapable de vaincre l’hydre. Il dut soulever le monstre dans les airs, c’est-àdire transférer son problème dans une autre dimension afin de le résoudre. En toute humilité, agenouillé dans la vase, il dut examiner son dilemme à la lumière de la sagesse et dans l’atmosphère élevée de la pensée investigatrice. Nous pouvons déduire, de ces considérations, que les réponses à beaucoup de nos problèmes ne nous parviennent que lorsqu’un nouveau foyer d’attention est atteint, qu’une nouvelle perspective est établie.

La tâche assignée à Hercule avait neuf aspects. Chaque tête de l’hydre représente un des problèmes qui assaillent la personne courageuse qui cherche à atteindre à la maîtrise d’elle-même. Trois de ces têtes symbolisent les appétits associés au sexe, au bien-être physique et à l’argent. Les trois suivantes concernent la peur, la haine et la soif du pouvoir. Les trois dernières têtes représentent les vices du mental non illuminé: orgueil, séparativité et cruauté.

9- L’EXTERMINATION DES OISEAUX DE STYMPHALE

L’Instructeur, qui se tenait au centre du lieu de paix, dit à Hercule : 

  • L’instructeur – « O fils de Dieu qui es aussi fils de l’homme, le moment est venu de fouler un autre chemin. Tu es devant la neuvième Porte ; franchis la et trouve le marais de Stymphale où sont les oiseaux qui causent des ravages. Découvre alors le moyen de les chasser de la demeure où ils sont depuis longtemps en sécurité. »

Hercule se tenait devant le marécage et réfléchissait à la manière d’accomplir la tâche assignée et de débarrasser la région de ces oiseaux de proie. Athéna lui avait donné des cymbales qu’il entrechoqua si fortement que les oiseaux sortirent des marais et s’enfuirent pour ne plus jamais revenir. 

Les oiseaux qui faisaient le plus de mal étaient au nombre de trois. Ils sont parfois nommés : le commérage cruel, l’égoïsme par la parole et le jet des perles aux pourceaux. Il est dit que le commérage est un « meurtre spirituel ». Inutile d’en discuter et de dire combien de vies furent ruinées par lui. Il existe une loi inflexible : si vous vous adonnez au commérage, d’autres feront de même en ce qui vous concerne. Nous recevons ce que nous donnons.

10 – La DESTRUCTION DE CERBÈRE, GARDIEN DE L’HADÈS

  • L’instructeur – « Tu as bravé mille dangers, ô Hercule, et beaucoup de choses ont été accomplies. Tu possèdes la sagesse et la force. Veux-tu les employer à secourir un être en proie à une incessante souffrance ? » « L’être enchaîné est Prométhée » dit l’Instructeur. « Il y a très longtemps qu’il souffre ainsi et, cependant, il ne peut mourir, étant immortel. Il déroba le feu du ciel, c’est pourquoi il est puni. Le lieu de sa demeure est connu sous le nom d’Enfer, le domaine d’Hadès. Il t’est demandé, ô Hercule, d’être un sauveur. Descends dans les profondeurs et là, sur les plans extérieurs, délivre-le de ses souffrances. »

La descente continua longtemps. Seul et cependant pas tout à fait seul, Hercule allait toujours. Quand il cherchait en lui-même, il entendait la voix argentine de la déesse de la sagesse, Athéna, et les paroles encourageantes d’Hermès. À la fin, il arriva à une sombre rivière empoisonnée, le Styx, rivière que doivent traverser les âmes décédées. Il fallait verser une obole à Charon, le passeur, pour être conduit de l’autre côté. Le sombre visiteur venant de la terre effraya Charon qui oubliant la rétribution, le fit traverser. Hercule avait enfin pénétré dans l’Hadès, région obscure et brumeuse où les ombres – plus exactement les enveloppes des défunts – flottaient.

Quand Hercule aperçut Méduse avec sa chevelure entrelacée de serpents qui sifflaient, il saisit son épée et lui porta un coup, mais il ne frappa rien d’autre que le vide. Par des sentiers labyrinthiques, il arriva à la cour du roi qui gouvernait les régions infernales, Hadès. Sinistre et sévère, la mine menaçante, le roi était assis avec raideur sur son trône, noir comme le jais, alors qu’Hercule approchait. « Qu’est-ce que vous, mortel, cherchez dans mon domaine ? » demanda Hadès. « Je cherche à libérer Prométhée », répondit Hercule. « Le sentier (dit Hadès) est gardé par le monstre Cerbère, un chien à trois grosses têtes ; autour de chacune d’elles, est enroulé un serpent. Si vous pouvez le vaincre les mains nues, exploit que personne encore n’a accompli, vous pourrez délivrer Prométhée. » 

Satisfait de cette réponse, Hercule se mit en route. Il vit bientôt le chien à trois têtes et entendit ses aboiements furieux. Montrant les dents, la bête se précipita sur lui. Saisissant Cerbère à la gorge centrale, Hercule la tint serrée comme dans un étau. Le monstre se débattit comme un forcené, puis sa force faiblit et Hercule le maîtrisa.

Ceci fait, il continua son chemin et trouva Prométhée gisant sur une dalle dans de terribles souffrances. Rapidement il rompit les chaînes et libéra Prométhée. Rebroussant chemin, il s’en revint comme il était venu et, lorsqu’il atteignit le monde des vivants, il y trouva son Instructeur.

  • L’instructeur – « La lumière brille maintenant dans le monde des ténèbres ». « Le travail est accompli. Repose-toi, mon fils. »

Comme ce fut déjà le cas dans les mythes antérieurs, Hercule dut s’arrêter et accomplir un acte de service avant d’aller vers Cerbère. Il vit un être enchaîné attaqué par un vautour et il dut le délivrer avant de pouvoir s’occuper de son propre problème. Car, pour l’initié, le service vient toujours en premier, le service qui consiste à apporter de l’aide où c’est nécessaire. Telle est l’histoire de l’initié, car elle est toujours basée sur la conscience de groupe.

11 – LE NETTOYAGE DES ÉCURIES D’AUGIAS

  • L’instructeur – « La roue a tourné onze fois ; tu es maintenant devant une autre Porte. Tu as longtemps poursuivi la lumière qui vacillait tout d’abord, puis grandit jusqu’à devenir un phare sûr et qui maintenant brille pour toi comme un soleil resplendissant. Tourne le dos à son éclat ; reviens sur tes pas ; retourne vers ceux pour qui la lumière n’est qu’un point et aide-les à l’intensifier. Dirige tes pas vers Augias dont le royaume doit être nettoyé d’un mal très ancien. J’ai dit. »

Hercule apprit que, depuis des années, le roi Augias n’avait jamais fait enlever le fumier accumulé par son bétail dans les écuries royales ; les pâturages euxmêmes étaient tellement recouverts du fumier que rien n’y pouvait pousser. Par conséquent, une pestilence mortelle s’étendait à tout le pays, causant des ravages en vies humaines. Hercule alla au palais et se mit en quête d’Augias. Celui-ci, informé de l’intention d’Hercule de nettoyer les écuries malodorantes, se montra méfiant et incrédule.

  • Le roi Augias – « Vous dites que vous voulez accomplir cette tâche énorme sans récompense ». Je n’ai pas confiance en ceux qui se vantent ainsi. Vous avez combiné quelque plan astucieux pour m’enlever mon trône, ô Hercule. Je n’ai Jamais entendu parler d’hommes qui cherchent à servir le monde sans récompense. Au point où j’en suis, j’accueillerais n’importe quel fou qui chercherait à m’aider. Mais il faut conclure un marché, afin qu’on ne se moque pas de moi comme d’un roi fou. Si en un seul jour vous accomplissez ce que vous avez promis, un dixième de mon grand troupeau de bœufs sera à vous mais si vous échouez, votre vie et votre destin seront entre mes mains. Je ne pense pas que vous puissiez réaliser ce dont vous vous vantez, mais vous pouvez essayer. »

Hercule travailla avec force et décision. Par ses efforts, il réussit à détourner ces deux rivières du cours qu’elles suivaient depuis des décennies. Elles furent contraintes à déverser leurs eaux à travers les écuries pleines de fumier. Leurs flots impétueux entraînèrent les immondices si longtemps accumulées. Le royaume fut purgé de toute cette atmosphère fétide. En un seul jour, l’impossible tâche fut accomplie, mais le roi trahit sa promesse en s’écriant avec fureur.

  • Le roi Augias – « Vous avez réussi par un stratagème. Ce sont les rivières qui ont fait le travail et non pas vous. C’est une ruse pour me prendre mon troupeau, un complot contre mon trône. Vous n’aurez pas de récompense. Sortez, allez-vous-en avant que je ne vous raccourcisse d’une tête. »

Hercule retrouva l’instructeur.

  • L’instructeur – « Tu es devenu un serviteur du monde » « Tu as avancé en reculant. Tu as atteint la Maison de Lumière par un autre chemin encore ; tu as donné la lumière pour que celle des autres puisse briller. Le joyau accordé par le onzième travail est à toi à jamais. »

L’objectif de l’épreuve peut être résumé comme suit. Hercule devait aider au nettoyage du monde donnant une juste direction, à travers lui, aux forces de vie.

12 – LA CAPTURE DES BŒUFS DE GERYON

  • L’instructeur – « Tu es maintenant devant la dernière Porte. Un travail reste encore à accomplir avant que le cercle ne soit complet et que la libération ne soit atteinte. Rends-toi au lieu ténébreux appelé Érythrée où règne la Grande Illusion, où Géryon, le monstre à trois têtes, trois corps et six mains est seigneur et roi. Il détient illégalement un troupeau de bœufs roux que tu dois conduire à notre Cité Sacrée. Méfie-toi d’Eurytion, le berger, et de son chien à deux têtes, Orthros. » Il fit une pause. « Je puis te donner un avertissement : Invoque l’aide d’Hélios. »

Dans un temple, Hercule fit des offrandes à Hélios, dieu du feu solaire. Il médita pendant sept jours et une faveur lui fut alors accordée. Un calice d’or tomba sur le sol à ses pieds. Il fit voile vers l’île dans la coupe d’or et, lorsqu’il arriva, il grimpa jusqu’au sommet d’une montagne et passa la nuit en prière. Puis il tua le chien à deux têtes Orthros, mais il épargna le berger Eurytion. Il tua aussi Géryon le propriétaire des bœufs roux. Ici vient la partie merveilleuse de l’histoire : Il mit tous les bœufs dans la coupe d’or dans laquelle il était venu vers l’île, les emmena vers la Cité Sacrée et les offrit en sacrifice à Athéna, déesse de la Sagesse. L

  • L’instructeur – « Sois le bienvenu, ô fils de Dieu qui es aussi fils d’homme. Le joyau de l’immortalité est tien. Par ces douze travaux, tu as vaincu ce qui est humain et endossé le divin. Tu es revenu à la demeure pour ne plus la quitter. Sur le firmament étoilé, ton nom sera inscrit, symbole de la destinée immortelle des fils des hommes qui luttent. Les travaux humains sont terminés, tes tâches cosmiques commencent. »

Le symbole des bœufs roux est celui des désirs inférieurs, le désir étant encore une caractéristique éminente de l’humanité. Ces désirs sont gardés par un berger, le mental, le chien à deux têtes représentant l’aspect matière et la nature psychique. Vous voyez pourquoi Hercule épargna le berger. Le mental peut encore être le berger des bœufs.

Dans l’histoire d’Hercule, sont dépeintes les expériences du Sentier du Disciple et les premiers stades du Sentier de l’Initiation. Hercule apprend les leçons d’équilibre, de désintéressement et de victoire sur la nature du désir. Lentement et péniblement, il apprend que la compétition et l’emprise égoïste doivent disparaître et que saisir quelque chose pour le soi inférieur séparé ne fait pas partie de la mission de l’aspirant. Les caractéristiques de l’homme immergé dans la vie de la forme et sous l’emprise de la matière sont : la peur, la compétition et la cupidité. Elles doivent être remplacées par la confiance, la coopération, la conscience de groupe et l’abnégation. Telles sont les leçons que nous donne Hercule.

Mais avant toute chose, les travaux convertissent Hercule en symbole de la libération individuelle et de la quête de l’immortalité. C’est dans la douleur et grâce à son « effort héroïque » qu’Hercule parvient à vaincre, à exterminer ou à dominer tous les monstres (symboles de fléaux, de vices ou de forces du mal) qui croisent son chemin. Suivant les ordres d’Eurysthée, Héraclès enchaîne les épreuves les unes après les autres et il ne peut pas commencer un nouveau travail sans avoir accompli le précédent ; ainsi, selon les mots de Paul Diel, « le héros progresse à l’intérieur d’un processus ordonné de lutte progressive en évolution. C’est un travail lent qui présente de grandes difficultés et souvent accompli dans l’ignorance des forces libérées et des résultats acquis. » Pas à pas, l’aspirant est conduit le long du sentier de la connaissance de soi. Son caractère et sa nature sont mis à l’épreuve jusqu’à ce que les qualités qui caractérisent la forme soient transmuées en celles qui révèlent l’âme. 

Les illustrations sont de Gustave Doré qui les dessina à 15 ans. pour consulter l’album des gravures ici


[1] D’après Alice Ann Bailey à partir de la page 8474 :

L’Art Royal 1 : Voie Mystique de la Transmutation

L’Art Royal, chemin sacré et initiatique, nous guide dans une quête de transmutation de l’âme, où l’esprit humain, enfermé dans la matière, s’élève pour rejoindre la Lumière éternelle. Comme l’alchimiste cherche à purifier le Soufre par l’union avec le Mercure, le voyageur de l’Art Royal poursuit l’unification de ses polarités intérieures, par la conscience et la Présence, jusqu’à atteindre le Corps de Gloire. Ce processus, éminemment spirituel, est le Grand Œuvre, une danse infinie entre le Céleste et le Terrestre.


L’Alchimie de l’Être – Du Chaos à l’Unité

L’Art Royal enseigne que la transmutation est le processus central de toute quête spirituelle : séparer pour recomposer, mourir pour renaître, quitter la forme pour s’élever vers un autre plan. Ce travail intérieur est une alchimie subtile où l’Homme réorganise les éléments de son être – Terre, Eau, Air et Feu – pour atteindre la Quintessence Spirituelle, l’essence universelle de la Conscience.

La Transmutation : Alchimie de l’Être

Ce processus est tout sauf linéaire. Il suit un mouvement circulatoire, revenant sans cesse sur les mêmes fondements pour les épurer davantage, chaque cycle s’élève vers un niveau supérieur d’harmonie. Dans cette quête, l’Homme découvre la pluralité de l’Unité Primordiale, où la séparation et l’union des polarités deviennent les étapes indispensables pour élever son Être vers un Nouvel Ordre Supérieur.

La Conscience comme Tissu de la Réalité

Cette maxime hermétique révèle que la Conscience est le tissu même de la réalité. Elle s’étend à travers tous les plans de l’existence, dépendant de l’intérieur à l’extérieur, le haut au bas. Comprendre ce principe universel permet à l’Homme de transcender l’illusion de la dualité et de percevoir sa véritable nature : un microcosme reflétant le macrocosme, un univers en lui-même.

En embrassant cette vérité, l’Homme devient le pont entre les dimensions matérielles et spirituelles, découvrant que chaque acte extérieur est une résonance d’un état intérieur. Cette prise de conscience est une étape clé dans son cheminement vers l’Unité.

L’Homme Moderne et la Perte de l’Esprit

Dans son désir de maîtriser le monde, l’Homme moderne, enfermé dans son mental rationnel, s’est éloigné de l’Esprit. Il a troqué la Connaissance vivante pour un savoir statique, souvent dénué de sagesse et coupé de la substance divine de la création.

Pourtant, l’Esprit est accessible à travers la simplicité, la non-action et l’innocence, comme celle de l’enfant. Revenir à cet état intérieur est essentiel pour répondre à l’appel de l’adoration en « Esprit et en Vérité », où le pur est séparé de l’impur, éveillant ainsi l’élément immortel en soi : le Kâ Divin, l’Esprit ou Âme universelle.

Ce retour à l’innocence ne signifie pas ignorer le monde, mais transcender ses illusions, reconnaître en soi un reflet du divin, et s’ouvrir à la sagesse intemporelle.


L’Union des Polarités : L’Harmonie Divine

Cette citation, empreinte de mysticisme chrétien, incarne une vérité universelle présente dans l’Art Royal : la dualité de l’existence et son potentiel de fusion dans l’Unité. Elle illustre un équilibre sacré entre les différentes dimensions de l’être : le corps (la matière), l’âme (l’animation, le monde intermédiaire) et l’Esprit (le divin). Cette triple séparation, suivie d’une réintégration dans l’harmonie cosmique, est une métaphore puissante de l’union des polarités.

Les Polarités comme Lois Universelles

L’Art Royal enseigne que tout dans l’Univers repose sur des polarités complémentaires. Ces forces ne sont pas en conflit, mais forment un équilibre dynamique. Masculin et féminin, actif et passif, haut et bas : ces dualités, présentes dans l’être humain et le cosmos, ne s’opposent pas, mais se complètent pour engendrer la vie et le mouvement.

La véritable maîtrise consiste non pas à dominer une polarité ou à en exclure une autre, mais à les unir dans une harmonie profonde. Cette union est le reflet de l’équilibre divin, où le chaos et l’ordre, la lumière et l’ombre, se fondent dans une symphonie d’équilibre.

La Rencontre des Volontés : Le Chemin de l’Unité

Cette harmonie se manifeste dans l’être humain par la fusion de deux volontés fondamentales :

La volonté personnelle, souvent mécanique et conditionnée, s’ancre dans le MOI physique, émotionnel et mental.

La volonté de Lumière, ou volonté de Maât, émanant du SOI, essence divine et conscience spirituelle.

La fusion de ces deux volontés donne naissance à la conscience du SOI, un point de bascule où l’être humain transcende ses conditionnements. Ce moment charnière marque l’intégration de son identité terrestre et de sa nature divine, créant un univers intérieur autonome et harmonieux.

Les Polarités Fondamentales de l’Être

L’être humain, microcosme de l’Univers, est traversé par des polarités essentielles :

Polarité du genre : Gauche et Droit, Est et Ouest, Réception et Émission, Passif et Actif.

Polarité créatrice : Bas et Haut, Nord et Sud, Organes sexuels et Cerveau.

Ces polarités ne sont pas des oppositions irréconciliables, mais des forces interactives qui résonnent pour établir un équilibre. Par exemple, l’énergie réceptive et passive (souvent associé au féminin) complète et enrichit l’énergie active et émissive (souvent associé au masculin). De même, les pôles créateurs – le cerveau et les organes sexuels – symbolisent la capacité à concevoir, tant spirituellement que physiquement.

Cette dualité inhérente à l’existence est une invitation pour l’être humain à intégrer ses différents aspects dans une dynamique d’unité. En équilibrant ces forces, l’Homme devient un pont vivant entre le ciel et la terre, un microcosme reflétant l’ordre cosmique.

Le Lien avec le Christ : Une Métaphore Universelle

La citation évoquant le corps du Christ dans le tombeau, son âme aux enfers, et son esprit entre les mains du Père est une image puissante de l’union des polarités et de la transformation intérieure. Elle illustre les trois dimensions fondamentales de l’Être et leur intégration dans le chemin initiatique.

Le corps, ancré dans la matière, représente le Moi, le domaine terrestre et les polarités physiques. Il est le support de l’existence et le lieu où l’Être s’incarne pour expérimenter et évoluer.

L’âme, voyageant dans les enfers, symbolise le lien entre les dimensions terrestres et spirituelles. Elle est le siège de la transformation et de la purification, un espace intermédiaire en mouvement où se confrontent les ombres et les lumières de l’Être.

L’Esprit, remis entre les mains du Père, incarne le Soi, la lumière divine et la transcendance ultime. Il est l’essence immuable qui reconnecte l’Homme à l’Unité universelle.

Ce chemin décrit le processus alchimique par lequel l’être humain, confronté à ses polarités et à ses limitations, les intègre et s’élève vers l’unité divine. Le Christ, figure archétypique, reflète ce processus de mort, de purification et de renaissance. De manière similaire, Horus dans la tradition égyptienne, incarne la victoire sur le chaos, la clairvoyance et l’équilibre entre les forces terrestres et célestes.

Corps, Âme et Esprit : Une Simplification Spirituelle

La réflexion sur ces trois dimensions fondamentales à travers les âges et les traditions spirituelles. Dans la discussion entre Origène et Héraclide, les dimensions du corps, de l’âme et de l’esprit ont été étudiées en profondeur pour comprendre leur rôle dans l’évolution humaine. Cependant, cette analyse a souvent été simplifiée en corps et âme, essentiellement l’Esprit à une fonction transcendante implicite.

Pourtant, l’Art Royal et les traditions initiatiques accordent l’importance de maintenir cette trinité. Le corps, l’âme et l’esprit ne sont pas des réalités séparées, mais des aspects complémentaires de l’Être. Chacune joue un rôle dans le processus d’intégration et de transcendance :

Le corps, en tant que véhicule, est le point d’ancrage dans la réalité matérielle.

L’âme, source d’animation et de vitalité, agit comme un pont vivant, le lieu où s’ouvre la transformation et l’évolution de l’Être.

L’esprit, en tant que lumière, est la finalité, le retour à l’Unité divine.

L’Enseignement Universel de la Trinité

Ainsi, cette triple division reflète les lois universelles qui régissent l’existence. La simplification en corps et âme souligne l’importance des deux polarités principales – matière et lumière – mais l’ajout de l’esprit enrichit cette vision en rétablissant la triade fondamentale qui permet l’harmonie et l’accomplissement.

Dans ce processus, le Christ et Horus, par leur exemple symbolique, invitent l’Homme à réintégrer ces trois dimensions en une unité parfaite. Leur message universel est celui de l’alchimie intérieure : unifier le corps, purifier l’âme, et illuminer l’esprit pour incarner pleinement la lumière divine.

L’Harmonie Divine : La Voie Cardiaque de l’Unité

L’union des polarités dans l’être humain est l’aboutissement de l’Art Royal. En intégrant les dimensions du corps, de l’âme et de l’esprit, l’Homme devient un microcosme parfait, un reflet harmonieux de l’Univers. Il dépasse la dualité pour incarner l’Amour universel et la Sagesse éternelle, manifestant l’équilibre dynamique qui est à la fois un état d’être et un chemin perpétuel.

Ce processus d’intégration s’accomplit à travers la Voie Cardiaque – ou Voie du Cœur – qui ouvre l’accès au royaume intérieur, gouverné par le Kâ divin, le roi spirituel. Cette voie n’est pas une simple quête intellectuelle ou émotionnelle, mais un chemin de réconciliation profonde. En alignant le Moi et le Soi, en harmonisant les polarités masculines et féminines, actives et passives, l’Homme découvre que l’Univers est Conscience, et que toute dualité n’est qu’un passage vers l’unité transcendante.

Dans cet état de Présence, l’Homme devient un canal conscient de l’Unité divine. Il vit en résonance avec les lois universelles, réconcilié avec lui-même, l’Univers, et le Divin. Ce retour à la Source n’est pas un point final, mais une célébration continue de l’Amour universel, une invitation à être un pont vivant entre le Ciel et la Terre. L’Homme ainsi transformé incarne la Lumière et la Paix, un phare d’harmonie pour le monde.


Les Deux Clés de l’Éveil : Les Portes du Chemin Initiatique


Dans l’Art Royal, deux clés symboliques permettent à l’Homme d’ouvrir les portes de sa transformation intérieure. Ces clés représentent deux dimensions fondamentales de l’Être : l’une, ancrée dans la maîtrise des aspects temporels et matériels, l’autre, orientée vers l’élévation spirituelle et l’union avec le Divin. Ensemble, elles ouvrent la voie ultime de l’Homme, sa pleine potentialité : l’état christique ou horien.

La Voie Osiriaque : La Clé d’Argent

La clé d’argent représente la Conscience du Moi, cette force qui permet à l’Homme de prendre la maîtrise des dimensions physiques, émotionnelles et mentales de son existence. Elle est associée à la Voie Osiriaque, un chemin d’éveil temporel qui invite à :

Explorer et comprendre ses mécanismes intérieurs, ses forces et ses faiblesses.

Dompter ses instincts et ses émotions pour en faire des alliés, et non des tyrans.

Affiner son mental, non pour accumuler des savoirs stériles, mais pour cultiver la lucidité et la clarté.

Osiris, figure symbolique de la renaissance dans la mythologie égyptienne, incarne cette quête de maîtrise : il est celui qui, confronté à la mort et à la fragmentation, renaît et se recompose pour régner dans l’équilibre.

Cette voie, bien qu’ancrée dans le monde matériel, n’est pas purement égotique. Elle enseigne que la maîtrise des aspects terrestres est une étape indispensable pour bâtir un temple intérieur solide, capable d’accueillir les révélations spirituelles.

La Voie du « Sur-Homme » : La Clé d’Or

La clé d’or symbolise la Conscience du Soi, ce niveau supérieur de conscience où l’Homme s’élève au-delà de ses limitations terrestres pour reconnecter son esprit au Divin. Elle est associée à la Voie du « Sur-Homme », un chemin initiatique qui :

Éveille l’âme à sa véritable nature, éternelle et immuable.

Transcende les attachements au monde matériel et au moi conditionné.

Guide l’Homme vers une union profonde avec le Principe universel, où il devient un reflet conscient de l’Unité.

Le « Sur-Homme » ne fait pas référence à une supériorité sur autrui, mais à un état d’élévation intérieure où l’Homme se réconcilie avec sa propre divinité. La clé d’or ouvre les portes de l’Intuition supérieure, de la Foi pure et de l’Amour inconditionnel.

L’Union des Clés : La Réalisation Christique ou Horienne

Lorsque les deux clés – la Conscience du Moi et la Conscience du Soi – s’unissent, une alchimie profonde s’ouvre. Ce mariage entre la maîtrise temporelle et l’élévation spirituelle ouvre les portes de la réalisation christique ou horienne :

La réalisation christique et horienne représente l’état d’être ultime où l’Homme incarne pleinement l’Amour universel, la Lumière et la Sagesse. Cet état reflète une union transcendante entre le matériel et le spirituel, où l’Être transmuté devient un « or alchimique », une entité lumineuse en harmonie avec les lois de l’Univers.

À l’image du Christ, porteur de l’Amour divin et symbole de la résurrection, l’Homme manifeste l’harmonie cosmique en rayonnant la compassion et l’unité. Simultanément, comme Horus, celui qui voit au-delà des illusions, il règne avec droiture et clairvoyance, unifiant les plans terrestres et célestes dans un équilibre parfait.

Dans cet état, l’Homme ne rejette ni le monde terrestre, ni le divin. Il devient un pont vivant, un intermédiaire conscient entre les deux, un microcosme reflétant harmonieusement le macrocosme. La réalisation christique et horienne fait de l’Homme une incarnation de l’Unité et de l’Harmonie universelle.

La Synthèse des Deux Clés : Une Voie d’Amour

L’union des deux clés se réalise dans le Cœur, centre de l’Être où se rencontrent le Moi et le Soi. La Voie Cardiaque devient alors la voie royale, la voie de l’harmonie et de l’équilibre.

La clé d’argent apprend à vivre en maîtrise sur Terre.

La clé d’or montre le chemin vers le Divin.

Ensemble, elles enseignent que le vrai pouvoir réside dans l’Amour, l’unité et transcende toutes les polarités.

Ainsi, les deux clés ouvrent non seulement les portes de l’éveil individuel, mais aussi celles d’un univers où l’Homme conscient joue pleinement son rôle dans l’ordre cosmique. Il devient l’architecte de sa propre destinée et le gardien de l’harmonie universelle.


La Voie Royale : Le Chemin Sacré de l’Harmonie


L’Art Royal est avant tout une quête de résonance et de paix profonde, un retour à l’essence, dépouillé des voiles de l’illusion, des jugements et des chaînes de l’ego. Ce chemin est celui de la simplicité véritable, une simplicité qui ne se donne pas sans effort : elle exige une écoute subtile et aimante du cœur, un retour à l’enfant intérieur, pur et émerveillé, et une élévation au-delà des croyances limitantes qui obscurcissent la lumière de l’âme.

Sur ce chemin, l’Homme devient un temple vivant, un sanctuaire sacré où chaque pierre, chaque pensée, chaque souffle reflète l’harmonie du cosmos. Il participe alors activement à l’édification d’un ordre universel d’Amour et de Lumière, incarnant en lui-même l’équilibre des lois divines.

Dans la Voie Royale, chaque pas devient un acte sacré de création, chaque épreuve un feu transmutateur, et chaque souffle une offrande au mystère de la Présence. Car c’est par le cœur que l’Homme se couronne Roi de son royaume intérieur, et par l’Esprit qu’il rejoint l’Unité infinie du Tout.

Cheminer vers la sérénité : construire la paix du cœur et de l’âme

« Celui qui vit en harmonie avec lui-même vit en harmonie avec l’univers. »

Marc Aurèle

La paix du cœur et de l’âme est un équilibre intérieur qu’exigent humilité, pardon et discernement. Souvent invoquée, cette paix se construit pas à pas, en acceptant nos fragilités et en cultivant la bienveillance. Ainsi grandit l’amour en soi, comme un socle stable pour mieux nourrir l’harmonie autour de nous.

émotions

La paix du cœur et la paix de l’âme sont des états d’équilibre intérieur qui exigent un travail constant sur soi-même. Fragiles, elles peuvent disparaître face aux aléas du quotidien, mais lorsqu’on parvient à les cultiver, elles deviennent sources de sérénité profonde et durable. Cette paix ne se limite pas à l’absence de conflits ; elle se construit dans la cohérence entre nos pensées, nos émotions et nos actes, ainsi que dans la relation que nous entretenons avec le monde.

Comprendre et apprivoiser nos émotions

« La paix vient de l’intérieur. Ne la cherchez pas à l’extérieur. »

Bouddha

Cette citation de Bouddha met en évidence une vérité fondamentale : la paix authentique est un état qui se cultive d’abord en soi, plutôt qu’elle ne dépend des circonstances extérieures. Même si des facteurs extérieurs peuvent affecter notre humeur ou notre quiétude, il nous revient d’apprendre à gérer et à canaliser nos émotions pour qu’elles ne nous submergent pas.

Souvent, ce qui trouble notre tranquillité provient de nos colères, de nos peurs ou de nos ressentiments enfouis. Ces émotions, lorsqu’elles ne sont pas reconnues, peuvent se transformer en angoisse durable ou exploser en conflit. Ainsi, la première étape consiste à mettre des mots sur ce que l’on ressent. Un journal personnel, un entretien avec un ami ou une introspection guidée peuvent aider à prendre conscience de ces émotions.

Lorsqu’une émotion forte survient, notre esprit a tendance à réagir de manière automatique pour se protéger : on se met en colère, on fuit, on se renferme ou on projette nos sentiments sur autrui. Comprendre ces mécanismes permet de déceler ce qui, dans notre vécu ou notre histoire personnelle, déclenche ces réactions. Il est important de ne pas se juger durement, mais de constater avec bienveillance ces habitudes émotionnelles pour mieux les transformer.

Burn out, Dépression, Emotion, Souffrance

Pour apprivoiser nos émotions, la douceur envers soi est essentielle. Se reprocher d’éprouver de la peur ou de la colère ne fait que renforcer le malaise. Au contraire, reconnaître qu’il est naturel de ressentir un large spectre d’émotions, et se pardonner ces moments de vulnérabilité, ouvre la porte au changement. En se traitant comme un ami, on crée un espace de confiance propice à la croissance intérieure.

Un travail quotidien de réflexion – qu’il s’agisse de méditation, de respiration consciente ou de simple pause réflexive – aide à observer ses émotions sans les juger. On peut alors repérer les signaux avant-coureurs, comme un serrement dans la poitrine ou une tension dans la nuque, et choisir consciemment la manière d’y répondre. De même, la respiration profonde et régulière favorise l’apaisement et ralentit la montée de l’agitation.

c'est le pied

Comprendre et apprivoiser nos émotions ne signifie pas les nier ni les étouffer. C’est plutôt en prendre la mesure et décider de la réponse la plus constructive. Ainsi, la colère peut devenir une force pour se défendre ou défendre autrui, mais canalisée pour ne pas blesser inutilement. La tristesse peut ouvrir à la compassion, à l’empathie envers soi-même et envers les autres, si l’on accepte de l’accueillir plutôt que de la subir.

Lorsque l’on accorde du temps et de l’attention à ce qui se passe en nous, on découvre qu’une forme de stabilité et de sérénité est possible, même au milieu des turbulences. La paix intérieure devient alors une ressource à laquelle se raccrocher dans les moments difficiles. On passe du stade de la réaction impulsive à une action plus libre et plus alignée sur nos valeurs.

Pratiques spirituelles ou religieuses

« La méditation n’est pas une évasion, mais une rencontre sereine avec la réalité. »

Thích Nhất Hạnh
Thich Nhat Hanh
Le Moine Thich Nhat Hanh

Dans notre quête de paix intérieure, les pratiques spirituelles ou religieuses apparaissent comme des chemins privilégiés pour apprivoiser nos émotions et apaiser l’esprit. Bien au-delà d’une simple routine ou d’un formalisme, elles permettent de créer un espace de calme intérieur, un lieu où l’on peut rencontrer sereinement ses pensées, ses doutes et ses aspirations.

Pour beaucoup, la prière représente un dialogue intime avec le divin ou une force supérieure. Elle offre l’occasion de se recentrer, de confier ses difficultés et ses espérances, et de se sentir soutenu. Dans ces moments, l’individu se rend disponible à la transcendance, trouvant ainsi un ancrage spirituel qui relativise les pressions quotidiennes.
« Quand je prie, je me mets à l’écoute de la volonté de Dieu » – témoignent certains croyants, révélant que la prière est aussi un acte de confiance qui libère du stress et de l’inquiétude.

Thich Nhat Hanh

Loin d’être une évasion, la méditation nous confronte à notre réalité intérieure. Assis en silence, nous laissons remonter en nous les pensées, les sentiments, sans chercher à les contrôler. Cette rencontre honnête avec notre monde intérieur permet de développer la connaissance de soi et de dissiper les illusions qui troublent notre tranquillité.
La citation de Thích Nhất Hạnh rappelle que la méditation nous invite à accepter la réalité plutôt que de la fuir. En évitant de refouler ou de nier les difficultés, nous pouvons progresser vers une paix stable et lucide.

Que ce soit dans un monastère, dans la nature ou simplement chez soi, réserver un moment de silence est un moyen puissant de prendre du recul. Contempler un paysage, écouter le chant des oiseaux, ou simplement laisser passer les nuages évoque l’humilité face à l’immensité du monde. Le silence devient un révélateur des choses essentielles et apaise notre agitation intérieure.

« Tout ce qui est grand se fait dans le silence »

pourrait-on dire : ce calme nourrit la réflexion et la profondeur, instaurant un climat propice à l’harmonie avec soi-même et les autres.

Que l’on soit croyant, pratiquant d’une philosophie laïque, ou intéressé par une tradition spirituelle particulière, il existe de multiples pratiques pour trouver la paix intérieure : récitation de mantras, chants sacrés, marches méditatives, etc. Toutes ont pour dénominateur commun de favoriser le recentrement, l’équilibre et la présence à l’instant.
« Dans la prière, c’est l’homme qui parle à Dieu ; dans la méditation, c’est Dieu qui parle à l’homme », disait un moine. Au-delà du dogme, on retrouve cette idée que toute pratique spirituelle mène à un échange profond, une rencontre qui régénère l’âme.

L’enjeu, ensuite, est d’inscrire ces pratiques dans la durée et de les traduire dans la vie quotidienne. Quelques minutes de silence, de prière ou de méditation, loin d’être du temps “perdu”, deviennent une source de sérénité qui colore les heures suivantes. On fait alors l’expérience qu’en changeant sa relation au monde, on libère son esprit des attachements inutiles et on renforce sa paix intérieure.

Le rôle du pardon et de la réconciliation

« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. »

Matthieu 5:9

Le pardon, qu’il s’agisse de pardonner à autrui ou à soi-même, est une clé fondamentale pour libérer l’âme du ressentiment et retrouver la sérénité. Lorsqu’une offense, une trahison ou un échec demeure ancré dans la mémoire, l’esprit reste comme enfermé dans une spirale de rancune, de culpabilité ou de regrets. Le pardon agit alors comme une démarche libératrice : il allège la charge émotionnelle, permet de tourner la page et de renouer avec la paix intérieure.

Dans la tradition chrétienne, cet acte est perçu comme sacré : rétablir la paix ou la restaurer est non seulement une vertu morale, mais une vocation spirituelle. Pardonner, c’est reconnaître la dignité de l’autre malgré ses faiblesses, tout en acceptant nos propres limites. C’est aussi faire place à une forme de compassion qui reflète l’amour enseigné par l’Évangile.

La réconciliation, qui en découle, va plus loin encore : elle vise à reconstruire la relation abîmée, à renouer le dialogue et à rétablir la confiance. Cela ne signifie pas nier l’offense ou minimiser la souffrance subie, mais franchir une étape de guérison commune, fondée sur une compréhension renouvelée de chacun. Ainsi, le pardon ne se réduit pas à un simple acte ponctuel ; il devient un chemin de transformation personnelle et de communion avec l’autre.

En somme, en nous délestant de la rancune et en favorisant la réconciliation, nous nous rapprochons de la paix intérieure et tissons à nouveau la fraternité nécessaire à l’harmonie collective. Nous devenons ces « artisans de paix » qui, par leur engagement, transforment non seulement leur propre cœur, mais contribuent aussi à l’apaisement du monde.

Trouver sa place dans le monde

« Nous ne pouvons pas obtenir la paix dans le monde si nous négligeons la paix intérieure. »

Dalaï-Lama

La paix de l’âme ne se réduit pas à la simple régulation de nos émotions ; elle touche à la vision globale que nous avons de notre rôle dans l’univers. Souvent, nous nous heurtons à un sentiment d’incomplétude ou de dispersion lorsque nous ne savons pas vraiment pour quelle raison nous agissons. Prendre conscience de notre interdépendance avec les autres, que ce soit sur le plan local ou à l’échelle mondiale, nous aide à comprendre que nos actions, si petites soient-elles, influent sur l’équilibre collectif.

Dalaï-Lama

Cette conscience va de pair avec la responsabilité : en reconnaissant la dignité de chaque être et l’impact de nos choix, nous ancrons nos décisions dans une éthique qui nourrit autant la paix intérieure que la paix sociale. La citation du Dalaï-Lama rappelle que tout engagement extérieur pour la justice ou la solidarité doit s’enraciner dans une transformation personnelle. Sans ce travail intérieur, notre quête de paix dans le monde risque de s’essouffler ou de se heurter à nos propres contradictions. Ainsi, trouver sa place, c’est avant tout cheminer vers une cohérence entre ce que l’on est, ce que l’on fait, et la contribution que l’on souhaite apporter à la communauté.

De la paix intérieure à la fraternité

« Il n’y a pas de chemin vers la paix, la paix est le chemin. »

Mahatma Gandhi

Lorsque l’on parvient à ancrer la paix dans son cœur et son âme, cette sérénité rejaillit naturellement sur nos relations avec autrui. Les tensions s’apaisent, la compréhension mutuelle grandit, et l’on est plus disposé à agir avec bienveillance. La solidarité ne se limite alors plus à un idéal distant, mais devient une suite logique d’attitudes et de gestes nourris par la quiétude intérieure.

La phrase de Gandhi met l’accent sur l’idée que la paix n’est pas un objectif lointain, mais un état d’esprit et une démarche quotidienne. Chaque mot, chaque action, chaque décision que nous prenons peut-être empreint de paix, contribuant ainsi à créer un environnement plus fraternel. Au lieu de percevoir la paix comme une destination à atteindre un jour, nous la vivons à chaque instant dans l’écoute, la patience et la compassion.

De cette façon, la paix intérieure devient le socle de la fraternité : en nous sentant plus sereins, nous sommes davantage enclins à accueillir l’autre, à reconnaître sa dignité et à partager une relation authentique et respectueuse. Le « chemin de la paix » est donc déjà la paix elle-même ; il se construit dans chacun de nos gestes, qu’il s’agisse d’un simple sourire, d’une main tendue, ou d’un engagement plus profond envers la collectivité.

Équilibre entre l’action et l’introspection

« Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux. »

Matthieu 7:12
Jean 1:1, Les Grandes Heures d’Anne de Bretagne, XVIe siècle.

La paix ne se réduit pas à l’inaction ni à un retrait du monde. Elle implique au contraire un engagement, une volonté d’agir pour le bien commun et de lutter contre l’injustice. Pourtant, cet engagement s’appuie nécessairement sur une force intérieure, faute de quoi la colère, la frustration ou la haine risquent de prendre le dessus, sapant la sérénité que l’on cherche à instaurer.

La « règle d’or » énoncée par l’Évangile offre un critère simple : se mettre à la place de l’autre avant d’agir. Ainsi, non seulement nous maintenons la paix en nous, mais nous contribuons à la diffuser par des actions altruistes et bienveillantes. On passe alors d’une réaction impulsive, parfois violente, à une action mesurée et éclairée par la compassion. Cet équilibre entre l’introspection (trouver en soi la paix et la lucidité) et l’action (se mobiliser pour la justice et la solidarité) nourrit la cohérence intérieure et renforce la fraternité dans le monde.

En conclusion

« La paix ne peut être maintenue par la force ; elle ne peut être atteinte que par la compréhension. »

Albert Einstein
Portrait d’Albert Einstein (Photo d’Oren Jack Turner, Princeton, N.J.) – Photo prise en 1947

Atteindre la paix du cœur et de l’âme n’est pas le fruit d’un instant, mais le résultat d’un cheminement personnel. Chaque chapitre évoqué – qu’il s’agisse de comprendre et d’apprivoiser nos émotions, de s’engager dans une pratique spirituelle, de pardonner et de se réconcilier, de trouver sa place dans le monde, de passer de la paix intérieure à la fraternité, ou encore de conjuguer action et introspection – illustre une facette essentielle de cette quête.

La paix ne se contente pas d’être une absence de conflits ; elle se nourrit d’une connaissance approfondie de soi, d’une lucidité bienveillante envers nos limites et nos aspirations, d’une ouverture aux autres et d’un désir sincère de faire le bien. Elle invite à travailler sur nos blessures, à calmer le tumulte intérieur et à bâtir, en conscience, une harmonie qui se reflète dans notre environnement.

En définitive, la paix du cœur et de l’âme exige une cohérence entre ce que nous ressentons, ce que nous croyons et ce que nous faisons. À mesure que nous cultivons nos ressources intérieures – maîtrise émotionnelle, pardon, prière ou méditation, engagement fraternel –, nous permettons à cette paix de rayonner au-delà de nous-mêmes, participant à la construction d’un monde plus humain et plus éclairé.

L’Université Nationale de Cordoue en Partenariat avec la GL d’Argentine : Un accord pour le progrès et la philanthropie

De notre confrère unc.edu.ar

L’UNC et les associations philanthropiques de la franc-maçonnerie argentine promouvront des actions éducatives conjointes

Un accord a été signé avec la « Grande Loge d’Argentine des Maçons libres et acceptés ». L’accord établit des cadres de coopération pour promouvoir les activités éducatives et scientifiques.

Dans un geste symbolique d’union entre éducation et philosophie, l’Université Nationale de Cordoue (UNC) a récemment signé un accord-cadre avec la Grande Loge d’Argentine des Maçons libres et acceptés, marquant une collaboration unique entre l’académie et la franc-maçonnerie argentine.

Un accord pour l’avenir

L’Université Nationale de Cordoue, l’une des institutions académiques les plus prestigieuses d’Amérique Latine, a annoncé la signature d’un accord-cadre avec la Grande Loge d’Argentine des Maçons libres et acceptés. Cet accord, formalisé récemment, vise à promouvoir des actions conjointes dans les domaines philosophiques, philanthropiques et progressistes, illustrant ainsi une vision commune de l’éducation et du développement social.

Le contenu de l’accord

Cet accord-cadre prévoit plusieurs axes de collaboration :

  • Éducation et Formation : L’UNC et la Grande Loge travailleront ensemble pour organiser des conférences, des séminaires et des ateliers sur des sujets comme la philosophie, l’éthique, et l’engagement civique, enrichissant ainsi le curriculum universitaire avec des perspectives initiatiques et humanistes.
  • Projets Philanthropiques : Les deux institutions s’engagent à développer des initiatives de service communautaire et de soutien social. Cela pourrait inclure des programmes d’aide pour les étudiants nécessiteux, des projets de recherche à impact social, et des campagnes de sensibilisation sur des thèmes chers à la franc-maçonnerie, comme la liberté, l’égalité et la fraternité.
  • Recherche et Innovation : Il est prévu de fomenter des recherches conjointes sur des thèmes qui touchent à la pensée progressiste et à l’évolution des sociétés, en explorant comment les valeurs maçonniques peuvent s’appliquer aux défis contemporains.
  • Culture et Patrimoine : L’accord inclut également la promotion et la préservation du patrimoine culturel en lien avec la franc-maçonnerie, reconnaissant son rôle historique dans le développement de la pensée libre et de la démocratie en Argentine.

Un partenariat philosophique et progressiste

La Grande Loge d’Argentine des Maçons libres et acceptés, fondée sur des principes de liberté, égalité et fraternité, représente une organisation qui a longtemps prôné une vision de l’humanité basée sur la justice sociale, la philanthropie, et la quête de la connaissance. Cette collaboration avec l’UNC n’est donc pas seulement un partenariat académique mais une alliance symbolique entre deux institutions dédiées à l’amélioration de la société par l’éducation et le service.

Impact potentiel

Ce partenariat entre l’UNC et la franc-maçonnerie argentine pourrait avoir des répercussions profondes :

  • Renforcement de l’Éducation Civique : En intégrant des principes maçonniques dans l’éducation, les étudiants pourraient développer une compréhension plus profonde des valeurs démocratiques et des droits humains.
  • Innovation Sociale : Les projets communs pourraient donner naissance à de nouvelles approches pour résoudre des problèmes sociaux, en combinant la recherche académique avec l’engagement communautaire et philanthropique.
  • Réflexion Philosophique : L’Université pourrait devenir un centre de pensée où les discussions philosophiques et éthiques sont enrichies par la perspective maçonnique, favorisant ainsi un environnement de dialogue interdisciplinaire.

Cet accord entre l’Université Nationale de Cordoue et la Grande Loge d’Argentine des Maçons libres et acceptés illustre une collaboration unique entre le savoir académique et la sagesse initiatique. Il représente un pas vers l’union des forces intellectuelles et spirituelles pour le bien commun, dans l’espoir de construire une société plus éclairée, inclusive et bienveillante. Cette alliance est un témoignage vivant de l’engagement de ces deux institutions à promouvoir des valeurs qui transcendent le temps et les frontières, visant un avenir où la connaissance et la philanthropie vont de pair.

L’ancien secrétaire du sanctuaire de Grand Rapids accusé de détournement de fonds de 1,39 M$

De notre confrère freemasonsfordummies.blogspot – Par Christopher Hodapp

Un ancien secrétaire des Saladin Shriners de Grand Rapids, dans le Michigan, vient d’être accusé d’avoir détourné 1,39 million de dollars du Fonds fiduciaire pour les enfants du temple de Saladin. Selon les rapports de police, il semblerait que Richard Ivan Williams ait détourné l’argent des Saladin Shriners depuis 2019 pour acheter des biens immobiliers, se remplir les poches et (ce qui est assez incroyable) faire don de 275 000 dollars à deux de ses fraternités universitaires. 

Parce que c’était apparemment bien plus important que de soutenir les hôpitaux pour enfants Shriners ou le transport d’enfants handicapés vers des établissements où ils peuvent être soignés. C’est peut-être un escroc, mais au moins il avait l’air généreux envers ses frères de fraternité, je suppose.

Oh. Et il a été avocat à une époque, donc peut-être qu’il n’était tout simplement pas au courant des lois… ou de la définition de « confiance ».

Selon un reportage vidéo diffusé sur le site Internet de WOOD-TV 8, la caution de Williams a été fixée à 10 000 dollars seulement, ce qui signifie qu’il n’aurait à payer personnellement que 1 000 dollars, malgré les preuves évidentes qu’il présente un risque potentiel de fuite et qu’il a accès à suffisamment d’argent pour quitter la ville. S’il est reconnu coupable des six chefs d’accusation, il risque peut-être 20 ans de prison.

Quant à la restitution, comme l’a écrit Emily Dickinson : « L’espoir est une chose qui a des plumes. »

Publié par Christopher Hodapp le jeudi 12 décembre 2024 

Le Dessin de François Morel : « La mixité en Franc-maçonnerie »

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Illustration de François Morel – Textes Erwan Le Bihan

Ah, la franc-maçonnerie, ce club séculaire où on se réunit entre « frères » pour discuter du sens de la vie, de l’univers, et de tout ce qui pose question pendant que le monde extérieur s’échine à comprendre ce qu’on fabrique là-dedans. Mais depuis quelque temps, il y a du nouveau sous le tablier : la mixité !

Oui, mes amis, la franc-maçonnerie a décidé que la fraternité, c’était bien, mais qu’un peu de sororité ne ferait pas de mal non plus. Imaginez la scène : un temple maçonnique où l’odeur de l’encaustique rivalise maintenant avec celle des parfums féminins. Les frères qui, autrefois, avaient l’habitude de se tapoter l’épaule en se disant des « mon frère« , doivent maintenant réviser leur vocabulaire. « Ma sœur » a pris une tout autre connotation, et on n’est plus sûr de savoir si on parle de la famille ou de la loge.

Mais attention, ce n’est pas sans ses défis. Par exemple, les discussions philosophiques qui durent des heures peuvent maintenant être interrompues par un simple « Il est quelle heure ? J’ai une réunion de parents d’élèves« . Et les pauses-café, autrefois des moments de silence contemplatif, sont devenues des échanges animés sur les meilleures recettes de gâteau pour la prochaine agape.

Et que dire du rituel de la chaîne d’union ? Avant, c’était simple, tout le monde se tenait la main sans se poser de questions. Maintenant, il faut faire attention aux ongles fraîchement manucurés et éviter de serrer trop fort pour ne pas abîmer les dernières nouveautés en matière de bijoux maçonniques.

Mais il y a du bon aussi. Les frères ont découvert que les sœurs apportent une perspective différente, et pas seulement sur la décoration du temple, mais aussi sur des sujets profonds comme la justice, l’égalité, et le choix du vin pour le repas. Et puis, il faut bien l’admettre, la mixité a fait des merveilles pour l’assiduité aux tenues – on ne sait jamais, l’amour pourrait bien frapper à la porte du temple !

En conclusion, la mixité en franc-maçonnerie, c’est un peu comme ajouter du sel dans une soupe : ça change la saveur, mais c’est surtout l’occasion de réaliser à quel point on avait besoin de ce petit supplément pour que le tout soit plus savoureux. Alors, frères et sœurs, continuons à bâtir notre temple, et qui sait, peut-être qu’un jour, on découvrira que le grand architecte de l’univers a toujours voulu une mixité céleste

Illustration de François Morel – Textes Erwan Le Bihan