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Le 4ème Pilier – « l’invisible soutien »

« Ici, tout est symbole », nous dit-on dès nos premiers pas en Loge. Depuis notre entrée dans le Temple, chaque objet, chaque représentation nous parle à travers le voile du symbolisme, révélant à la fois le visible et l’invisible, la présence et l’absence. Nos regards se posent sur des formes tangibles – les Colonnes, le Pavé Mosaïque, le Delta Lumineux – dont les significations profondes, souvent cachées, s’offrent à nous au fil de notre quête initiatique. Ce soir, je vous propose de réfléchir à un élément essentiel mais absent à nos yeux : le quatrième pilier.

Les trois piliers visibles : Sagesse, Force, Beauté

3 Piliers
3 Piliers – Sagesse Force et Beauté

Lorsque nous pénétrons dans le Temple, trois piliers se dressent devant nous, disposés en équerre au centre et aux angles du tapis de Loge : l’un à l’Orient septentrion, l’autre à l’Occident septentrion, le troisième à l’Occident midi. Ils soutiennent le Temple, incarnant les vertus cardinales de la Maçonnerie : Sagesse, Force et Beauté. Dans les premiers rituels du REAA, ces piliers portaient une symbolique trinitaire explicite : la Sagesse représentait le Père, la Force le Fils, et la Beauté le Saint-Esprit. Ainsi, ils évoquent une divine harmonie, un écho de la Trinité soutenant l’univers, une structure sacrée où l’humanité trouve son reflet.

Chaque pilier est aussi une synthèse des quatre éléments : la base ancrée dans la Terre rappelle le cabinet de réflexion ; la colonne s’élance dans l’Air, portée par l’élan spirituel ; le chapiteau évasé suggère l’Eau, fluide et nourricière ; et le Feu, couronnant l’ensemble, relie ces formes aux étoiles de la voûte céleste. Leur allumage lors de chaque Tenue réactualise la lumière primordiale, ce Fiat Lux qui ordonne le chaos. Mais une question surgit : un Temple, rectangle ou carré long, peut-il tenir debout sur trois piliers seuls ?

L’invisible quatrième pilier

La Kabbale dans la franc-maçonnerie en Russie avant et après 1800

Le Temple, image du cosmos, semble incomplet sans un quatrième pilier. Pourtant, il existe, invisible à nos yeux profanes, situé hors du plan matériel, dans une dimension qui transcende notre perception immédiate. Ce pilier, que certains nomment Binah dans la Kabbale – l’Intelligence Suprême dégagée de toute matérialité – est le lien entre le manifeste et l’immanifeste. Il n’est pas absent ; il est occulté, exigeant de nous un élargissement de la vision, un passage de l’analyse rationnelle à l’intuition spirituelle.

Les trois piliers visibles impliquent sa présence virtuelle. Nos déplacements en Loge, marquant quatre angles, tracent un carré symbolique, suggérant que ce quatrième soutien est là, implicite mais essentiel. Lors de la Chaîne d’Union, nous unissons les vivants et les disparus, reliant le visible à l’invisible dans une communion intemporelle. De même, dans une Tenue funèbre, la chaise vide du Maître passé à l’Orient Éternel, ornée de ses décors, témoigne de sa présence au-delà du voile. L’étoile flamboyante sur le plateau du V∴ M∴, lumière éternelle, nous le rappelle : l’invisible est plus dense de sens que le visible.

Une colonne fluidique et mystique

Hermès Trismégiste

Ce quatrième pilier n’est pas de pierre, mais d’esprit. Impalpable, fluidique, il échappe à nos sens pour habiter notre conscience. Il est l’axe mystique, une Kundalini maçonnique, une colonne vertébrale par laquelle circulent nos pensées, nos énergies créatrices, reliant le bas et le haut. Comme le dit Hermès Trismégiste : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. » Ce pilier invisible est le trait d’union entre la Terre et le Ciel, entre l’univers matériel et le divin.

Il s’élève sans chapiteau, libre de toute limite, car il n’est ni allumé ni éteint par nos mains. Nous n’avons pas de pouvoir sur lui ; il existe dans l’esprit de celui qui le conçoit, qui y pense – comme nous le faisons ce soir. Le penser, c’est le faire vivre, le rendre réel dans l’égrégore de la Loge, cette fusion d’énergies où se mêlent les inspirations des Maîtres anciens, du GADLU, et nos travaux actuels. Ce va-et-vient génère une harmonie palpable, un bien-être commun qui transcende les individus.

Le quatrième pilier : miroir de l’initié

Ne serions-nous pas, nous-mêmes, ce quatrième pilier ? Il incarne notre quête intérieure, notre aspiration à la perfection. Les trois piliers visibles – Sagesse, Force, Beauté – sont les étapes de notre progression : l’Apprenti polit sa pierre brute avec Force, le Compagnon la façonne avec Beauté, et le Maître la parfait avec Sagesse. Mais c’est le quatrième, invisible, qui couronne ce chemin : l’Intelligence suprême, synthèse de l’Unité, but ultime de l’initiation. Il relie notre Temple intérieur au cosmos, faisant de l’Homme le pont entre le chaos matériel et la perfection spirituelle.
Si ce pilier était matérialisé, la quête perdrait son sens. L’initiation n’impose rien ; elle invite à chercher au-delà des apparences, à pénétrer l’impalpable. « Ne te fie pas à tes yeux, tout ce qu’ils te montrent, ce sont des limites », nous enseigne un proverbe soufi. Regarder avec l’esprit, c’est découvrir que l’invisible :
– comme la foi, l’intuition, l’égrégore
– est le véritable soutien du Temple.

Conclusion : un appel à la quête

Le quatrième pilier est une énigme vivante. Il nous défie de dépasser le visible pour toucher l’essence de notre démarche. Il est le Shekinah, la demeure de l’Intelligence divine au cœur des adeptes, le feu secret qui anime Sagesse, Force et Beauté. Ce n’est pas parce qu’on ne le voit pas qu’il n’existe pas, tout comme l’absence de preuve n’annule pas la foi. Par nos réflexions, nous construisons ce pilier, colonne de lumière reliant la pierre brute à la voûte étoilée.

Ainsi, il nous guide vers l’envol, vers cet Orient Éternel où tout s’éclaire.

« L’homme qui voulait être heureux » de Laurent Gounelle : un récit maçonnique de la quête de soi

Laurent Gounelle, salon du livre de Paris, 2013 (Photo : Pierre-Yves Beaudouin)

Le roman « L’Homme qui voulait être heureux » de Laurent Gounelle, publié en 2008, offre une exploration de la quête de bonheur qui partage des similitudes frappantes avec les idéaux et les pratiques de la franc-maçonnerie.

Résumé et thèmes

Version 1.0.0

Le roman raconte l’histoire d’un homme en vacances à Bali qui, à la fin de son séjour, décide de consulter un guérisseur réputé sans raison particulière. Ce sage, après un diagnostic inhabituel, lui annonce qu’il est en bonne santé mais pas heureux. S’ensuit alors un voyage initiatique où le protagoniste est invité à se confronter à ses croyances limitantes, à ses peurs et à ses véritables désirs. À travers des dialogues philosophiques, des expériences de vie et des leçons sur la nature de la réalité, il apprend à se redécouvrir et à trouver la voie vers le bonheur.

Parallèles avec la Franc-maçonnerie

La franc-maçonnerie, avec sa quête de la lumière et du perfectionnement personnel, trouve dans ce récit plusieurs échos :

  • Le mentor comme guide initiatique : Le sage balinais joue le rôle de mentor, similaire à celui du maître dans la franc-maçonnerie, qui guide les initiés vers une compréhension supérieure de soi et du monde. Ce personnage aide le protagoniste à voir au-delà de ses illusions, un principe central dans l’éducation maçonnique.
  • La recherche de la vérité intérieure : Le roman met l’accent sur l’importance de la connaissance de soi, de l’écoute de son cœur et de la remise en question des croyances imposées par la société. La franc-maçonnerie enseigne également que le véritable apprentissage est intérieur, nécessitant une introspection profonde pour discerner la vérité de l’illusion.
  • Le symbolisme et les épreuves : Bien que le livre ne soit pas rempli de symboles maçonniques traditionnels, le voyage du protagoniste peut être perçu comme une série d’épreuves initiatiques. Chaque leçon apprise est une étape vers la lumière, comparable aux degrés maçonniques où chaque passage est une nouvelle révélation.
  • Le dépassement des peurs et croyances : La maçonnerie invite ses membres à se libérer des peurs et des préjugés qui les emprisonnent, tout comme le héros du roman doit dépasser ses propres limitations pour atteindre le bonheur. La quête est de transformer la « pierre brute » de ses peurs en une « pierre taillée » de sagesse et de sérénité.
  • L’importance de la liberté et de l’autonomie : Le livre de Gounelle prône une liberté de penser et d’être, des valeurs chères à la franc-maçonnerie où l’on encourage à forger son propre chemin vers la vérité et la sagesse, loin des dogmes extérieurs.

Le roman comme allégorie de l’initiation

« L’Homme qui voulait être heureux » peut être vu comme une allégorie de l’initiation maçonnique :

  • Le voyage introspectif : Le parcours du protagoniste est un voyage à l’intérieur de lui-même, une métaphore de la quête maçonnique où l’on explore son propre temple intérieur pour y découvrir des vérités cachées.
  • L’application des leçons apprises : Comme un franc-maçon doit appliquer les enseignements dans sa vie quotidienne, le héros du roman est invité à intégrer ce qu’il apprend pour transformer sa vie.
  • La transformation personnelle : Le but ultime est la transformation, non seulement pour soi mais aussi pour apporter du bien autour de soi, un concept qui résonne avec l’engagement maçonnique à l’amélioration de soi-même et de la société.

Approfondissement des thèmes et leçons

Puits D'initiation
Puits d’initiation

Pour aller plus loin dans l’exploration des liens entre « L’Homme qui voulait être heureux » et la franc-maçonnerie, considérons les aspects suivants :

  • L’importance de l’introspection : Gounelle met en avant l’introspection comme une clé pour comprendre ses propres motivations et désirs. En maçonnerie, la méditation et la réflexion sont des pratiques essentielles pour le travail sur soi, permettant d’atteindre une conscience plus élevée et de mieux comprendre les symboles et enseignements de l’ordre.
  • Le concept de la liberté intérieure : Le protagoniste du roman découvre que le vrai bonheur naît de la liberté d’être soi-même, une idée qui résonne avec l’idéal maçonnique de se libérer des contraintes extérieures pour vivre selon ses propres principes et valeurs.
  • L’acceptation et le lâcher-prise : Une des leçons majeures du livre est d’apprendre à accepter ce que l’on ne peut changer et à se détacher des attentes. La maçonnerie enseigne également le lâcher-prise, non seulement vis-à-vis du matériel mais aussi des illusions qui nous empêchent de voir la vérité.
  • La transformation par la connaissance : Le voyage à Bali est une métaphore de l’éducation par l’expérience, où chaque rencontre et chaque dialogue apporte une nouvelle couche de compréhension. En maçonnerie, le savoir ne se transmet pas seulement par les livres mais par le vécu, chaque initiation étant une étape vers une meilleure connaissance de soi et du monde.

L’impact philosophique et pratique

Alchimiste qui tient une fiole dans sa main
Alchimiste qui tient une fiole dans sa main

« L’Homme qui voulait être heureux » a un impact qui dépasse sa simple narration :

  • Invitation à l’action : Le livre n’est pas seulement une réflexion mais une invitation à agir, à changer concrètement sa vie pour y trouver plus de sens et de bonheur. La maçonnerie, avec ses rituels et enseignements, vise également à transformer l’individu non seulement dans la loge mais dans sa vie quotidienne.
  • Une philosophie accessible : Gounelle rend accessible des concepts philosophiques et spirituels complexes, similaires à la façon dont la franc-maçonnerie cherche à rendre la sagesse accessible à travers des symboles et des rituels compréhensibles à tous les niveaux.
  • La fraternité et le partage : La recherche du bonheur personnel dans le livre est souvent liée à la manière dont on interagit avec les autres, une idée qui trouve un parallèle dans la maçonnerie où l’engagement fraternel et le service envers l’autre sont des voies vers le perfectionnement personnel.

Le roman comme outil d’initiation

« L’Homme qui voulait être heureux » peut être utilisé comme une sorte de manuel d’initiation moderne où :

  • Chaque chapitre est une leçon : Chaque rencontre ou expérience du protagoniste sert de leçon, similaire aux différentes étapes d’une initiation maçonnique où chaque degré apporte une nouvelle lumière sur la compréhension de soi et de l’univers.
  • La croissance par l’expérience : Le livre illustre que la croissance personnelle vient souvent des expériences, une méthode éducative que l’on retrouve dans l’apprentissage maçonnique où les épreuves et les rituels sont des moyens de développement personnel.

En conclusion, « L’Homme qui voulait être heureux » de Laurent Gounelle offre une exploration narrative de la quête de soi qui résonne profondément avec les principes de la franc-maçonnerie. Ce roman, bien qu’il ne soit pas explicitement lié à la maçonnerie, illustre une démarche initiatique où la quête de bonheur et de vérité intérieure est au cœur du voyage. Il invite donc à une réflexion et à une action qui sont les fondements du cheminement maçonnique, où chaque individu est encouragé à trouver sa propre lumière, à se transformer pour mieux transformer le monde autour de lui.

Crâne et bougeoir sur une table en bois
Crâne et bougeoir sur une table en bois

Cet ouvrage n’est pas un texte maçonnique à proprement parler, mais il offre une méditation sur le bonheur et la quête de soi qui trouve un écho dans les idéaux de la franc-maçonnerie. Ce roman invite à une réflexion sur la manière dont on peut se libérer des chaînes de nos propres perceptions pour vivre une vie plus authentique et épanouie, des thèmes qui sont au cœur du travail initiatique maçonnique. Ainsi, cette œuvre peut être perçue comme un guide contemporain pour ceux qui, comme les francs-maçons, cherchent la lumière dans l’obscurité de l’ignorance et des peurs, pour atteindre non seulement le bonheur mais aussi une compréhension plus profonde de l’existence.

Le Dessin de Jissey : « Les gants sont sales… comme des chaussettes »

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Le problème du manque de propreté de certaines paires de gants en Loge a alerté le Frère Jissey cette semaine. Il reprend un thème déjà traité au lancement de notre journal il y a quatre ans, par Franck Fouqueray « Les gants sales comme des chaussettes ». Force est de constater que depuis ces dernières années, pas grand chose n’a changé.

Pour ceux qui n’auraient pas le temps de lire l’intégralité du billet de Fouqueray, voici un morceau choisi :

Je me demande si le problème ne vient pas tout simplement du lave-linge du Frère concerné ? Si tel est le cas, on craint bien évidement pour sa lingerie intime. Pourquoi son slip serait-il plus blanc que ses gants ?

Ou alors, il cache peut-être à son épouse son appartenance maçonnique, ce qui l’empêche de joindre ses gants à la tournée de linge hebdomadaire ?

Une autre hypothèse fait jour. Jusqu’au 18ème siècle, on disait qu’une jeune fille avait perdu son gant lorsque cette dernière avait offert  sa virginité à un homme. Alors je me pose une question : « Est-ce que le Frère au gant sale n’essaierait-il pas tout simplement de transmettre un message subliminal aux Sœurs en visite en les informant qu’il attend sa princesse depuis longtemps pour jeter sa gourme ? ».Ah tout cela est bien étrange car je crains de ne point en saisir le sens.

La Fontaine disait à ce propos :

« Mainte fille a perdu ses gants.
Et femme au retour s’est trouvée.
Qui ne sait la plupart du temps
Comme la chose est arrivée… »

Cela pourrait m’amener à poursuivre et à rajouter :

« Un Frère au gant noir sur sa colonne espérait.
Qu’une sœur vierge en visite le remarquerait
Tenue après Tenue les gants se salissaient
Faisant de la sorte que les Sœurs s’enfuyaient »

Car avouez quand même qu’on vient en Loge pour tailler sa Pierre, mais pas forcément pour tailler la bavette, surtout avec un cochon aux mains sales. Croyez-vous qu’une Obédience pourrait organiser une opération mains propres ou plutôt gants propres ? Ce serait une bonne idée ça. On pourrait aussi envisager de travailler en Loge avec des gants biodégradables. Après trois Tenues, les gants se dissolvent, forçant ainsi le malpropre à passer chez son marchand préféré pour renouveler son stock… (la suite)

Fédération LNF® : Un renouveau ancré dans la tradition

La Fédération Loge Nationale Française (LNF®) entame 2025 sous le signe d’un renouveau prometteur. Le 25 janvier dernier, l’Alliance des Loges Symboliques (ALS) a rejoint cette obédience historique, marquant un retour aux origines de la LNF®, fondée en 1968 par René Guilly. Ce rapprochement n’est pas anodin : plusieurs loges de l’ALS, jadis membres de la LNF®, retrouvent ainsi leur maison mère, reconstituant un noyau fidèle à la vision de son créateur.

Née d’une volonté de préserver une maçonnerie traditionnelle libre, la LNF® s’est forgée une identité unique après la crise de 2018, lorsque certains, démissionnaires des LNFU, ont protégé son nom et son esprit en créant la Fédération LNF®. Aujourd’hui, avec 25 loges – dont 4 dédiées à l’étude et à la recherche, écho au rigorisme de Guilly – elle offre un havre à ceux qui privilégient la quête initiatique à la course au pouvoir. Pas de grand maître ni de titres pompeux ici, mais une structure légère laissant chaque loge libre de travailler selon les rites traditionnels : Français Traditionnel, Écossais Rectifié, Anglais style Émulation, complétés par l’Écossais Ancien et Accepté.

Ce renouveau s’inscrit dans un contexte maçonnique dynamique. La LNF® mise sur l’humilité et l’érudition, valeurs célébrées lors de l’hommage à René Guilly le 23 mars 2024 à La Rochelle. Cet événement, animé par Évelyne Guilly, Pierre Mollier et Paul Paoloni, a rappelé l’héritage d’un maçon visionnaire, hostile aux surcharges administratives et passionné par l’histoire des rites.

Ouverte à tous les Frères et Sœurs aspirant à une maçonnerie profonde, la LNF® ne cherche pas le nombre mais la qualité. Son alliance avec l’ALS, dont la Règle en sept points s’aligne sur la Charte de la Maçonnerie Traditionnelle Libre de 1969, renforce cette ambition. En 2025, elle s’affirme comme un refuge pour les esprits libres, perpétuant l’œuvre de Guilly avec une vigueur nouvelle. Pour en savoir plus : flnf.org.

COMMUNIQUÉ

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Spagyrie et Franc-Maçonnerie : Une quête commune vers la Lumière

La quête de Lumière est au cœur de la Franc-Maçonnerie, tout comme elle l’est dans l’Art Royal de l’Alchimie. Depuis toujours, les maçons travaillent à perfectionner leur pierre intérieure, cherchant à transmuter leur être en un édifice plus harmonieux et lumineux. Cette démarche initiatique trouve un écho puissant dans la spagyrie, une médecine alchimique qui vise non seulement à soigner le corps, mais aussi à purifier l’âme et à éveiller l’esprit.

La spagyrie : Une médecine inspirée des lois hermétiques

La spagyrie, issue de la tradition alchimique et sublimée par les enseignements de Paracelse, est bien plus qu’une simple méthode de préparation de remèdes naturels : elle est une médecine philosophique, opérative et spirituelle qui repose sur la compréhension des lois de la nature et de l’Univers. À travers elle, l’alchimiste-herboriste ne se contente pas d’extraire les principes actifs d’une plante, il en révèle l’essence profonde et transmute la matière brute en un remède subtil et vibrant.

L’un des fondements de la spagyrie repose sur l’extraction et la réharmonisation des trois principes alchimiques essentiels qui constituent toute forme de vie, qu’il s’agisse d’un végétal, d’un minéral ou d’un être humain :


• Le Sel 🜔 : Il représente la structure, l’aspect matériel et tangible du vivant. C’est la partie fixe et stable, ce qui confère la solidité et la permanence à toute chose. Dans le cadre d’une plante, il se manifeste à travers ses minéraux et ses composants terrestres, extraits par calcination et lessivage des cendres.

• Le Soufre 🜍 : Il est l’âme, l’énergie vitale qui anime la matière. Il incarne la force qui donne une identité propre à chaque être vivant. Dans une plante, c’est son huile essentielle, sa résine ou encore ses principes aromatiques et volatils, obtenus par extraction dans l’alcool.

• Le Mercure ☿ : Il est le principe intermédiaire, le pont entre le visible et l’invisible, entre le fixe et le volatil. Il représente l’esprit, la capacité de liaison et d’adaptation. En spagyrie, le Mercure se retrouve dans l’alcool distillé issu de la plante elle-même, support de la circulation et de la transmission des informations subtiles.

Ces trois principes sont séparés au cours du processus alchimique, purifiés individuellement, puis réunifiés dans une ultime phase d’harmonisation. C’est cette réintégration qui confère au remède sa puissance vibratoire et son efficacité sur tous les plans de l’être : physique, émotionnel, mental et spirituel.

Contrairement aux préparations phytothérapeutiques classiques, qui ne prennent en compte que les principes biochimiques des plantes, la spagyrie œuvre à réintégrer l’harmonie entre le corps, l’âme et l’esprit. Le remède obtenu n’est pas simplement un extrait végétal, mais une Quintessence, un condensé de la force vitale de la plante, restaurée dans sa totalité et en pleine résonance avec les lois de la nature et du cosmos.

Cette approche permet d’agir sur plusieurs niveaux de guérison :

• Physique : Grâce aux propriétés biochimiques et thérapeutiques des plantes.

• Émotionnel : En harmonisant les énergies subtiles qui influencent notre bien-être psychologique.

• Spirituel : En favorisant l’élévation de la conscience et la reconnexion à notre nature profonde.

Ainsi, en travaillant avec la spagyrie, on ne se contente pas de traiter des symptômes ; on œuvre à rétablir une harmonie globale, en réinsufflant à la matière son essence première et en permettant à l’individu de retrouver son équilibre fondamental.


Loin d’être un simple procédé de fabrication d’élixirs, la spagyrie est une médecine initiatique qui permet d’expérimenter les lois de l’Univers et de se reconnecter aux forces qui régissent le vivant. C’est une voie de réconciliation entre la science et le sacré, entre la Nature et l’être humain, une invitation à contempler et à comprendre l’ordre subtil qui régit le monde.

Un processus en résonance avec le chemin initiatique

La spagyrie, comme la Franc-Maçonnerie, est un art de transmutation. L’une travaille sur la matière (principalement du règne végétale) pour en extraire la Quintessence, l’autre œuvre sur l’Homme pour en révéler la lumière intérieure. Ces deux voies suivent un même processus d’élévation à travers des étapes initiatiques, conduisant à une recomposition de l’être sous une forme plus pure et plus subtile.

Dans les rituels maçonniques, l’initié traverse plusieurs degrés, du chaos à l’ordre, de l’inconscience à la connaissance, de la division à l’unité. De même, dans le laboratoire spagyrique, la matière passe par une série d’opérations visant à séparer, purifier et réunir ses principes essentiels, selon la maxime alchimique Solve et Coagula – « Dissous et Recompose ».

Ainsi, le parallèle entre la quête du Franc-Maçon et l’Œuvre spagyrique se manifeste dans les trois grandes étapes du processus :

L’Apprenti, dans son initiation, est confronté à la nécessité de déconstruire ses certitudes et ses illusions. Il entre symboliquement dans un état de confusion, de mise à nu, où il doit abandonner son ego profane pour reconstruire son être intérieur sur de nouvelles bases.

De manière analogue, dans le laboratoire alchimique, la séparation est la première opération de l’Œuvre spagyrique. Elle consiste à dissocier les trois principes essentiels (Sel, Soufre et Mercure) en libérant les éléments grossiers de la plante pour ne conserver que son essence pure.

• Le Sel (corps, structure) est extrait par calcination. Il symbolise la mémoire et l’ancrage.

• Le Soufre (âme, principe actif) est obtenu par macération. Il représente l’énergie vitale et la signature unique de la plante.

• Le Mercure (esprit, principe volatil) est capturé par distillation. Il est le médium entre les plans matériels et subtils, liant l’invisible au visible.

Cette dissolution prépare la matière à la transformation, tout comme l’initiation du Maçon le pousse à remettre en question ses croyances et à entrer dans une quête de connaissance.

Le Compagnon est celui qui, par l’étude et l’expérience, affine ses connaissances et apprend à perfectionner son art. Il purifie ses intentions et affine ses outils pour œuvrer avec plus de justesse.

Dans le laboratoire, cette purification se fait par une série de procédés :

• Rectification : pour affiner le Mercure et l’élever à un état plus subtil.

• Extraction : pour débarrasser le Soufre des impuretés.

• Lavation : pour purifier le Sel en une substance blanche et lumineuse.

L’objectif de cette phase est de séparer le subtil du grossier, de sublimer ce qui est dense en quelque chose de plus élevé, exactement comme l’initié qui, en progressant, transmute ses faiblesses en force, affine son discernement et se rapproche de la Sagesse.

C’est aussi le moment de l’épreuve, de la confrontation aux obstacles, car toute purification demande un passage par le feu (Ignis Natura Renovatur Integra). L’âme humaine, comme la matière, doit être mise à l’épreuve pour révéler sa véritable nature.

Le Maître Maçon, ayant intégré les enseignements des degrés précédents, devient un être unifié, harmonisant la Sagesse, la Force et la Beauté en lui. Il est capable d’assembler ce qui était épars, de relier l’ombre et la lumière, le haut et le bas, le matériel et le spirituel.

C’est cette même réintégration qui a lieu dans l’Œuvre spagyrique, lorsque les trois principes purifiés sont réunis pour donner naissance à une Quintessence, un élixir vibratoire où la plante est réincarnée sous sa forme la plus pure et la plus puissante.

Cette dernière phase de coagulation est l’aboutissement du processus :

• Le Soufre, l’âme, est fixé dans le Sel, le corps, grâce au Mercure, l’esprit.

• La plante, désormais transmutée, est plus qu’un simple extrait : c’est un remède vivant, doté d’une signature énergétique élevée.

• Le cycle est accompli, la matière a été épurée, élevée et unifiée, tout comme l’initié qui atteint l’illumination et la maîtrise de son être intérieur.

Ainsi, la spagyrie et la Franc-Maçonnerie suivent une même quête : celle de la transmutation et de l’élévation. L’une agit sur la matière, l’autre sur l’Homme, mais toutes deux visent un même but : l’éveil d’une conscience plus haute, où l’être transfiguré devient un relais de lumière et d’harmonie.

    Découvrez « Spagyrie – Médecine Alchimique »

    Dans mon ouvrage, « Spagyrie – Médecine Alchimique », je partage le fruit de nombreuses années d’étude, de méditation et d’expérimentation autour de la spagyrie. Cet art ancestral, issu de la tradition alchimique, ne se limite pas à une simple méthode de préparation de remèdes naturels ; il est une véritable voie de transmutation qui touche à la fois le corps, l’âme et l’esprit.

    À travers cet enseignement, je vous invite à affiner votre sensibilité aux forces subtiles qui animent la nature, à développer un regard plus profond sur le vivant et à comprendre les liens invisibles qui unissent la matière et la vie. Ce cheminement permet d’accéder à une connaissance plus intime de la nature, des cycles cosmiques et des lois universelles qui régissent le monde.

    Que vous soyez Franc-Maçon, alchimiste en quête de savoir, ou simplement curieux des mystères de la nature et de l’Univers, cet ouvrage vous ouvre les portes d’un art thérapeutique ancestral, où chaque substance devient un miroir du cosmos et un messager du Grand Œuvre de la Nature.

    📖 Découvrir le livre : Bibliographie

    🔗 Approfondir la spagyrie et les enseignements hermétiques : lesamisdhermes.com

    Le latin donne du pouvoir (Par Laurent Ridel)

    Membres du clergé, vitrail, cathédrale de Coutances (Manche)Dans la société ordonnée du Moyen Âge, revenait au clergé la mission de prier. Les membres des autres ordres — noblesse et peuple — pouvaient prier aussi, mais ils reconnaissaient que les prières les plus efficaces provenaient des clercs. En effet, ils faisaient partie des rares personnes à maîtriser la langue de communication avec le Ciel : le latin. D’un certain point de vue, le corps clérical ressemblait un peu à nos avocats : ils défendaient leurs « clients » auprès de Dieu en s’appuyant sur un savoir abscons.Lors des messes, le latin participait à rendre le culte plus mystérieux ; aux yeux des fidèles, le prêtre disposait comme d’un pouvoir magique en prononçant des mots étrangers.En 1523, un humaniste Jacques Lefèvre d’Étaples jette un pavé dans la mare : il publie le Nouveau Testament entièrement traduit en français. 
    Bible de Jacques Lefèvre d’EtaplesJusque-là, seules des versions latines sortaient des presses. Cette traduction en langue « vulgaire » scandalise le clergé. Quel danger de mettre la Bible entre les mains d’incultes ! De nombreux fidèles ne risquent-ils pas de mal interpréter certains passages ? Derrière ces craintes, le clergé s’inquiète aussi de la remise en cause de son rôle médiateur entre le texte sacré et les fidèles. En 1525, le parlement de Paris est obligé d’intervenir et suit l’opinion des clercs : est interdite toute traduction de la Bible en français. Or, les fidèles en réclament, curieux d’entrer directement dans le texte. Alors naissant, le protestantisme répond à ce besoin. Dans les années 1550, Calvin publie la Bible française dite de Genève. Pour ne pas perdre davantage de coreligionnaires, l’Église catholique fléchit. En 1578, elle autorise sa propre version française : la Bible dite de Louvain. Un fait la rassurait peut-être : à cette époque, peu de gens savaient lire, même dans leur langue maternelle.La domination du latin ne s’effondre qu’à la suite du concile de Vatican II : les prêtres sont invités à prononcer leur messe en français. C’était il y a seulement une cinquantaine d’années. 
    Le chapiteau de la duperie
    Les sculptures dans une église peuvent nous paraître aussi du latin par leur sens obscur. Sur ce chapiteau, deux hommes se tiennent par les mains. Qui en déduirait que la scène est tirée de l’Ancien Testament et qu’elle représente une tromperie ? D’abord, faisons les présentations : – à gauche, le vieux Isaac, fils du patriarche Abraham ;– à droite son fils Jacob. C’est ce dernier qui est en train de duper son père en profitant de son handicap. Rebecca, sa mère, que l’on voit sur le côté du chapiteau, est à l’initiative. Pour comprendre cela, je dois remonter un peu le temps pour vous raconter l’une des histoires les plus incroyables de la Bible. 

    Étape 1 : préparation du stratagème. Rebecca a un faible pour son fils Jacob, par rapport à son aîné Ésaü. Un jour, elle entend Isaac demander à Ésaü de chasser du gibier et de lui préparer un plat savoureux afin qu’il puisse le bénir avant de mourir. Rebecca saisit l’opportunité.

    Étape 2 : le déguisement de Jacob. Rebecca prépare un plat similaire à celui qu’Isaac aime (elle le connaît bien). Ensuite, elle habille son préféré Jacob avec les vêtements d’Ésaü. En plus, elle couvre les mains et le cou de Jacob avec des peaux de chèvres pour imiter la forte pilosité d’Ésaü. Pendant ce temps-là, Ésaü est à la chasse. 

    Étape 3 : la tromperie d’Isaac.C’est la scène du chapiteau. Jacob se présente à Isaac en se faisant passer pour Ésaü. Isaac est en fait aveugle. Regardez attentivement ses yeux. Ce sont de simples fentes.
    Isaac ne voit donc pas la tromperie. Mais il entend encore bien : la voix ne ressemble pas à celle d’Ésaü. Méfiant, il lui demande d’approcher pour le toucher. Les peaux de chèvre le trompent. Isaac pense avoir le poilu Ésaü devant lui. 

    Étape 4 : la bénédiction d’IsaacConvaincu, Isaac bénit Jacob, lui conférant la prospérité et la domination sur ses frères, dont le pauvre Ésaü. Lorsque ce dernier revient de la chasse et découvre la supercherie, il est furieux et jure de tuer Jacob. Pour sa sécurité, Jacob doit fuir chez son oncle. Mais la bénédiction extorquée à Isaac lui assurera une descendance nombreuse et la possession du pays de Canaan.Ce chapiteau très original se trouve dans l’abbatiale de Vézelay (Yonne). Par la même occasion, vous venez de comprendre l’origine de la maxime : « Qui va à la chasse perd sa place ». Eh ! oui, elle vient de l’histoire des frères Ésaü et Jacob. 
    Portrait de famille
    Nous venons de voir qu’avec la complicité de sa mère, Jacob a trompé son père. À mon tour d’essayer de vous tromper (au moins je vous préviens). Qui représente ce groupe statuaire ? 
    Groupe statuaire dans l’église Notre-Dame-la-Grande à PoitiersOn croirait la Vierge portant son fils et entourée d’enfants.Vous y avez pensé ? Vous y êtes presque. Installé dans une église de Poitiers, ce groupe s’appelle une Sainte-Parenté. La femme adulte est en fait sainte Anne, la mère de Marie. Elle porte sa fille (couronnée)… qui porte elle-même un bébé emmailloté, Jésus. Le sculpteur rassemble donc 3 générations sans trop s’encombrer de vraisemblance : Marie, enfant, a déjà son bébé.
    Continuons notre travail généalogique. Au pied de ce groupe, deux femmes se distinguent. Selon la légende, ce sont les autres filles de sainte Anne, Marie Salomé et Marie Clopas. Que de Marie !
    Restent les enfants, qui sont les fils de Marie Salomé et Marie Clopas. Pour ne pas vous égarer, je me garde de vous en donner les prénoms. Retenez le plus connu, Jacques le Mineur. Cousin de Jésus, il sera un de ses apôtres. Ne le confondez avec Jacques le Majeur, autre apôtre, et patron des pèlerins. Au total, cette Sainte-Parenté, datée de 1500 environ, regroupe 10 personnages.Cet exercice d’identification vous a semblé facile ? Je vous propose de monter de quelques niveaux.
    Le défi du patrimoine
    Je vous soumets ce bas-relief. 
    Saurez-vous identifier cette figure chrétienne ? Paradoxalement, la réponse est simple, car elle ne nécessite pas une grande culture religieuse. J’attends vos réponses. www.decoder-eglises-chateaux.fr

    Musk, Trump, Mélenchon… bienfaiteurs inattendus du travail maçonnique

    Ce matin, mon téléphone sonne. Une amie et fidèle lectrice de notre lettre quotidienne m’interpelle, agacée par un article récent (Les pervers mystiques ont le vent en poupe !). Comme souvent dans ces cas-là, je lui explique que notre journal n’est pas le porte-voix d’une idéologie unique. Nous nous efforçons d’être un miroir reflétant toutes les pensées de la Franc-maçonnerie, toutes les expressions, pourvu que le débat reste fraternel et respectueux.

    C’est l’occasion de lui rappeler notre devise : « La Franc-Maçonnerie sous tous ses angles ». Nous offrons des éclairages variés, fidèles à la méthode maçonnique, laissant à chacun la liberté de forger son opinion. Notre rôle est de nourrir la réflexion, non de dicter une manière de penser.

    Une idée me traverse alors l’esprit. Que font les Maçons en Loge ? Un conférencier présente sa planche dans un silence absolu, sans interruption. Puis, les interventions des Frères et Sœurs viennent enrichir, éclairer ce travail. L’objectif n’est pas d’épuiser le sujet, mais de semer des graines à travers une méthode qui favorise la maîtrise des passions. Cela implique d’écouter des avis convergents ou divergents, et surtout de cultiver le recul nécessaire pour en extraire une sagesse, celle de la voie du milieu – un équilibre entre les extrêmes, fruit d’une écoute sincère et d’une introspection rigoureuse.

    Noam Chomsky

    Imaginons maintenant une Loge uniformément alignée sur une tendance politique, qu’elle soit de gauche ou de droite, ayant exclu toute voix discordante. Les Tenues y seraient d’une harmonie parfaite, tous pensant à l’unisson. Sans vouloir heurter quiconque, ne serait-ce pas une forme de dictature déguisée ? Une Loge sans opposition devient un écho stérile, un simulacre de fraternité. Noam Chomsky, dans ses analyses, décrit un mécanisme similaire : « En Russie, le pouvoir impose une ligne aux journalistes ; en France, pays de la Révolution et de la liberté, le contrôle est plus subtil. On n’impose rien, on choisit simplement des plumes déjà alignées sur la pensée dominante. Une dictature feutrée, mais tout aussi étouffante pour l’esprit. »

    Ce constat semblait juste jusqu’à récemment. Aujourd’hui, les choses évoluent, et pas forcément dans le bon sens. Dans le pays de Voltaire et Hugo, on ferme désormais les chaînes TV qui dérangent. Ne nous rapprochons-nous pas, doucement, du modèle russe que nous critiquions ?

    Revenons à la Loge. Quand une assemblée maçonnique réunit des avis divergents – capables de débattre d’Elon Musk et de ses excentricités, des choix politiques de Donald Trump ou des positions de Jean-Luc Mélenchon sans que la discorde ne dégénère –, alors on peut dire que ses membres sont des Sœurs et Frères accomplis.

    La diversité n’est pas un obstacle, mais une richesse : elle met à l’épreuve notre capacité à écouter, à comprendre, à grandir.

    Musk, Trump, Mélenchon, par leurs provocations ou leurs controverses, deviennent paradoxalement des bienfaiteurs involontaires du travail maçonnique, car ils nous obligent à confronter nos idées, à polir notre pierre brute.

    Michel Maffesoli

    Pourtant, une ombre plane. La tendance actuelle ne va pas dans le sens de ce travail fraternel. On exclut les Frères dont les vues s’écartent de la ligne officielle, on cherche à faire taire les journaux maçonniques jugés trop audacieux, et pire, on encourage l’autocensure en Loge. Quelle différence y a-t-il entre cette intolérance et celle de fanatiques qui cloîtrent les femmes pour les « protéger » des regards ?

    Nous n’en sommes pas à lapider les dissidents, bien sûr, mais une scène du film I… comme Icare me revient en mémoire. Face à Yves Montand, indigné par une expérience sur la soumission, le professeur Milgram rétorque : « Vous, Monsieur le Procureur, vous n’avez réagi qu’à 180 volts ! » Une piqûre de rappel : jusqu’où tolérons-nous l’inacceptable avant de nous réveiller ?

    Deux questions s’imposent à chaque Maçon :

    • Combien de fois ai-je trahi mes convictions pour me conformer à mon groupe maçonnique ?
    • Suis-je certain d’exploiter les désaccords en Loge pour évoluer, plutôt que de batailler pour imposer mon point de vue par la force des mots ?

    En ce mois de mars 2025, je doute que nous soyons nombreux à répondre avec assurance à ces interrogations. Chacun fera ses comptes avec sa conscience. Mais une chose est sûre :

    la Franc-Maçonnerie ne vit que par la tension créatrice des idées, par le choc des contraires qui fait jaillir la Lumière. Musk, Trump, Mélenchon, par leur simple existence, nous rappellent cette vérité essentielle. À nous de ne pas l’oublier.

    Nous l’avons cherché…

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    Combien de fois avons nous entendu cette phrase du style : « Et alors chez vous comment les frangins et les frangines voient les choses ? » En général ces personnes qui vous parlent en ces termes sont des connaissances, voire des proches qui détiennent sur vous une information par rapport à votre appartenance à la Franc-maçonnerie. Ce sont souvent des gens qui ne sont pas vraiment très proches de vous. En tout cas, des personnes avec qui nous n’avons pas vraiment su prendre le temps de parler de notre engagement, de nos connaissances, mais aussi à qui nous n’avons pas pris le temps de leurs faire découvrir.

    Jeune apprenti, je me souviens d’une période où quelques amis découvraient mon appartenance à la Franc-maçonnerie, moi-même j’entretenais un certain mystère envers eux, une sorte de fierté proche d’une revanche quelque part un peu intellectuelle.

    Je ne venais pas d’un milieu intellectuel mais ma pierre brute, elle, oui.

    Aujourd’hui toutes ces attitudes me semblent bien lointaines, je ne cherche plus à convaincre. Cependant je retrouve dans l’actualité du monde profane en rapport avec le monde maçonnique une certaine similitude, des moments que j’ai connus dans la période de mon engagement maçonnique. Je ressens toujours cette grande difficulté à communiquer avec ce monde, sujet que j’ai souvent traité dans ce journal. La différence aujourd’hui, vient des médias qui diffusent une multitude d’informations sur la Franc maçonnerie, qui arrivent dans tous les sens et pour lesquelles, nous ne pouvons pas garantir une analyse fiable avec des délais suffisamment rapides.

    La médiatisation nous plonge dans la politique du tout et du n’importe quoi. En regardant les thèmes d‘actualités sur la Franc maçonnerie, je m’y perds ou je ne m’y reconnais pas, au milieu parfois de tous ces pseudos analystes, eux mêmes peut-être manipulés.

    « Ils sont fous ces romains, on y perd son latin ! »

    En revanche, avec la mauvaise foi qui me caractérise, je sais que je peux m’appuyer sur le Grand René pour partir dans des démonstrations hasardeuses comme dans la vidéo ci-dessous :

    L’énigme des Maîtres -8- Des guides possibles

    Lire l’épisode précédent ici

    Il la retrouva. C’était une évidence, elle l’attendait comme s’il fut normal qu’il revienne si vite ; ce qui lui permit d’être direct.

    – Je sens battre en moi votre présence. Comment, si loin, arrivez-vous à faire tant de bruit? S’il vous plaît, fais-moi découvrir Prague.

    C’est avec une déconcertante simplicité qu’Amélie, comprenant qu’entre vouvoiement et tutoiement il y avait du Petit Prince, qu’elle lui répondit

    – Si vous n’avez pas peur de mes épines, rien ne me ferait plus plaisir.

    Pour donner une tournure plus neutre à ce qui commençait et laisser du temps à un minimum de convenances à cette rencontre, Amélie l’emmena au cœur du quartier de la vieille ville, dans l’ancien quartier juif de Josefov, avec ses synagogues et son célèbre cimetière aux tombes de guingois, ultimes témoins de ce qui était le cœur d’une des plus importantes communautés juives d’Europe. Dès le IXe siècle, il est possible qu’une première communauté venue de Byzance soit arrivée à Prague pour s’installer dans l’actuel quartier de Malá Strana.

    Près de la synagogue Staronová, s’arrêtant devant la statue du Golem tenant dans ses mains les Tables de la Loi, elle lui commenta comme un guide.

    – Cette statue commémore la légende du Golem associée à Rabbi Judah Loew ben Bezalel, également connu sous le nom de Maharal de Prague, un éminent rabbin du XVIe siècle.

    Dans la culture juive, un golem c’est une sorte d’automate à forme humaine que de saints rabbins avaient le pouvoir d’animer. Des initiés, au cours d’une réunion mystique, participaient à l’acte de création, prenaient un peu de terre vierge et en faisaient une idole. Puis ils tournaient autour d’elle en une sorte de danse en prononçant des lettres sacrées et le nom secret de Dieu, selon un ordre et des protocoles détaillés. Le golem prenait alors vie.  Quand les initiés inversaient le sens de leur danse ainsi que l’ordre des lettres sacrées, le golem s’écroulait et perdait la vie. Selon d’autres légendes, le mot Emet (aleph, mem tav), la Vérité ou le Sceau du Dieu unique, devait être écrit sur le front du golem ; quand la lettre aleph était effacée, ne demeurait plus que le mot met (la mort) et le golem s’anéantissait.

    La légende de golem la plus connue est certainement celle du Maharal, qui aurait créé un être d’argile (reproduisant le geste coroplaste de D.ieu avec la création d’Adam) avec des pratiques kabbalistiques, afin de défendre le ghetto juif de la ville contre les persécutions. Le Maharal dû lui effacer la lettre fatale quand la créature, oubliant de respecter le shabbat, devenue incontrôlable, s’en prit aux juifs eux-mêmes.

    – Un automate substitué à l’homme comme réponse et supprimer un signe pour changer un destin ! Je dois m’en souvenir pensa Alexander très discret sur la raison de son séjour à Prague. Mais quelle synchronicité ! Trop de peintres de la liste ont un rapport avec la kabbale pour que le signe du M en soit étranger. Nous étudierons cela plus tard avec mes amis.

    Comprenant qu’il fallait retrouver un peu de légèreté, Amélie, lui prenant le bras tendrement, l’emmena visiter le jardin royal de Prague dans le quartier Mala Strana.

    Le Jardin Wallenstein, est un magnifique jardin Renaissance en prolongement du château baroque du même nom, un oasis de verdure enchanteur qui leur offrit une évasion tranquille du tumulte de la ville. Les allées pavées serpentent à travers des parterres de fleurs colorées, des fontaines anciennes jaillissent de l’eau cristalline, ajoutant une symphonie apaisante au murmure des feuilles dansantes.

    Au centre du jardin se dresse un kiosque délicatement décoré, où des roses grimpantes forment une canopée parfumée.

    En déambulant, ils s’échangeaient des propos culturels, faisant joute d’érudition en guise de séduction.  Parfois se glissaient dans les propos d’Alexander des aveux suggérés de son attirance pour elle.

    – Il y a des gens qui nous regardent parce que je vous parle avec tellement de joie que je dois être indécent de plaisir.

    Ou encore en murmurant.

    – Il y a juste là sur le banc deux vieillards qui règnent sur leur silence, ne regardent rien, n’entendent rien, attendent le temps comme un invité qui ne viendra pas. Mais vous, vous êtes venue…Et suavement se reprit et dit : TU es venue…

    Faisait-il allusion au poème d’Éluard ? Oui. Elle le savait et lui savait qu’elle le savait puisqu’elle ajouta. 

    – Tu es venue… J’avais un guide sur la terre, je savais me diriger, je me savais démesurée.

    Elle aimait son adhésion à sa forme, ce passage par les mots pour la séduire. C’était un « ça » qui se veut un ça se découvre, un ça se comprend, un ça essaye de faire chanter la langue du plaisir et le plaisir du langage et même des silences, mais ça veut surtout se partager et se retrouver pour se trouver là où ça s’appelle sourire. C’était comme une rencontre au possible d’épanouir tout ce que l’on est soi-même, comme un creux à remplir de joie, d’exaltation, de se sentir plus complété, plus, supplémenté. Peu importe le nom donné aux plaisirs mais les moments devenaient précieux.

    Alexander avait une écoute qui invitait aux confidences, ce fut une confession qu’Amélie fit devant la statue en bronze de Vénus.

    – Je voudrais vous dire que que ce n’est pas le manque, le vide qui me pousse vers vous. Vous êtes de l’inattendu, non de l’espéré. Ce que je ressens vous ne le devez qu’à vous, pas à moi, pas à ma vacuité. Ce n’est pas un concours que vous auriez gagné en étant un peu plus attentif, un peu plus empressé, un peu plus  lyrique, un peu plus drôle ou tout cela en même temps. Cela m’aurait permis de vous trouver plus aimable seulement. Il y a chez vous une pureté d’être pour moi, une force subtile d’écoute, un don désintéressé de votre énergie, un calme extraordinaire pour m’accueillir, une disponibilité de votre être au mien. Il y a en vous de l’exclusivité pour moi.

    Ils se dévisageaient, pas tout à fait comme des étrangers, mais pas encore comme des amants, ouvrant une voie par cette complicité de l’intelligence vers l’intimité.

    Leur promenade, très vite, ne fut plus qu’une envie d’une intimité des corps où ils auraient tant de choses à se dire et à faire ensemble. Dans le premier hôtel qu’ils trouvèrent à proximité du Jardin, le Royal Palace, une chambre, décorée de blanc et de jaune, fut le lieu d’un jaillissement de lumière et de candeur, de coton et de douceur, de volupté chaude et d’abandons au plaisir de se nouer, à ne pouvoir se rassasier de leurs étreintes.

    Lui, il était un amant expert, attentionné, imaginatif. Il savait donner aux femmes l’envie de s’ouvrir à toutes les jouissances, de chercher au plus intime les délectations du corps, les délices de la chair, les ébats de l’âme, le contentement de la sensualité, découvrant son humidité soyeuse qu’il embrassait avec bonheur, sa langue cherchant la fraîcheur et trouvant son mystère. Elle, elle se faisait câline, lascive et ondoyante sur toute sa peau, de tout son corps aux courbes fines et flexibles, à sa bouche arrêtée, sa langue douce, passionnée, fervente, à ses aisselles dégustées, à son aine pourléchée, à son sein léché, à son sexe entouré dans une enveloppe douce, veloutée, liquoreuse, se clouant à califourchon sur son désir pour accueillir leur spasme simultané, ce cri enchanteur de tout leur corps.  Ce fut pour eux une pure délectation, savourant de tout leur être cet érotisme voluptueux, impudique, licencieux et si ludique qui se renouvela toute la nuit dans des rires joyeux à chaque fois que le désir qui les reprenait se manifestait.

    Au matin, prolongeant le plaisir d’être ensemble, ils prirent une collation sur la terrasse d’un café où étaient déjà attablés quelques clients, passant par cet entre-deux de l’intimité du couple au public.

    En se séparant, elle lui tendit la main, moment où une main prend si simplement une main, où un tendre geste, un battement de paupière, sont les plus construits des discours.

    Elle retourna à son lieu de séjour pragois pour se préparer au jour nouveau, lui pour retrouver ses amis à l’Hôtel Cube.

    – Alors ? lui dit Guido en le revoyant sans rien ajouter par une discrète pudeur.

    – Alors répondit Alexander, c’est la kabbale.

    Comme si rien n’était intervenu entre le moment où il les avait laissés et leurs retrouvailles il ajouta

    – Il faut analyser ce que la kabbale peut nous faire comprendre de M.

    – Nous y avons pensé aussi, cher Alexander, puisque nous sommes à Prague, dit le comte.  Nous, nous avons mis à profit la nuit pour faire une synthèse rapide de ce qu’il est possible d’en dire le plus simplement possible. Dans l’insistance du nous, il y avait un léger reproche d’Archibald, non pas de ce qu’Alexander avait pu faire de sa nuit, mais d’une intuition, d’une inquiétude qu’il avait eu au Musée et dont il n’avait pas pu lui parler.

    – Tiens, lis, dit Guido, lui remettant les pages sur lesquelles ils avaient consigné leur travail nocturne. Sache que Lord Archibald, grâce à son ancêtre s’est familiarisé avec la Kabbale. Dans la collection des 516 dessins de Byrom datant du début du XVIIe siècle, certains d’entre eux sont particulièrement intéressants puisque qu’ils font preuve d’un profond intérêt pour la cabale chrétienne. Je te résume, que dis-je, je n’effleure même pas ce qu’il y a à en dire, en attendant que tu te plonges dans l’inépuisable approche de cette voie de la Connaissance.

    La Kabbale est avant tout une tradition ésotérique juive dont il faut souligner son lien avec la philosophie et la théologie. C’est un courant de pensée révélant une sagesse reçue par Moïse, enrichie au fil des siècles, notamment par les mystiques juifs en Espagne et en France. Le mot « Kabbale » signifie « réception » et désigne la transmission orale des secrets de la Torah. Elle explore les relations entre les mots, les nombres et les concepts divins, en mettant l’accent sur l’alchimie du langage. Elle se distingue par sa recherche de sens à travers l’interrogation, plutôt que par des certitudes. Elle propose une vision holistique, reliant le spirituel et le matériel, et offre différentes approches, dont la Kabbale messianique et la Kabbale yoguique. L’importance de la parole, du nombre et des symboles, fait de la kabbale un mode de vie qui cherche l’harmonie entre forces opposées dans une quête inachevée du sens et une exploration de la réalité qui transcende les mots. En somme, par trois de ses aspects nous pouvons y voir les extases de la Bible théophane, le néo-platonisme d’Alexandrie et le soufisme des Arabes.

    – Je lirai, promis mais pas maintenant. Dis-moi Lhermitte, avez-vous trouvé un rapport avec les tableaux ?

    – Pour le moment ce que je puis te dire c’est que Selon Jean Pic de la Mirandole, philosophe et théologien (qui a étudié et synthétisé les principales doctrines philosophiques et religieuses connues à son époque, notamment le platonisme, l’aristotélisme, la scolastique), la révélation biblique et la philosophie grecque procéderaient d’une même origine dont la cabale serait le témoin le plus fidèle. Les 900 conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques, publiées en décembre 1486, provoquèrent un scandale retentissant en Italie. Toutefois, toujours selon Pic de la Mirandole, la cabale ne ferait que confirmer la doctrine chrétienne. Pour lui  «Aucune science ne peut mieux nous convaincre de la divinité de Jésus-Christ que la magie et la cabale». Il eut comme maître Marsile Ficin tout comme Gilles de Viterbe, membre du Grand Sénat pontifical à cette époque, tous connus pour penser que le mysticisme juif contenait le témoignage incontestable de la vérité de la religion chrétienne. 

    Jean Pic et Gilles vécurent à la même époque que Sandro Botticelli et Michel-Ange ; ils auraient pu se rencontrer ou appartenir à une société secrète de type M puisqu’ils ont peint le signe ou qu’on les voit le faisant : Pic sur un tableau du Palazzo Ducale de Mantou et Gilles sur une fresque de la Salle Regia du Palazzo dei Priori de Viterbe.

    – Je savais bien que la kabbale est le point commun que nous cherchons.

    La vanité d’Alexander fit rire Guido

    – Comprends Alex que cela n’est pas suffisant pour relier tous les portraits. Les peintres et leurs personnages ne furent pas tous des kabbalistes.  Et même, retenons que Baruch Spinoza, au chapitre 9 de son Traité Théologico-Politique, tenait les kabbalistes pour des gens qui disent des billevesées et se déclara confondu par leur démence en écrivant : «Je déclare que la folie de ces charlatans passe tout ce qu’on peut dire».

    Parmi les personnages des portraits, il y en avait qui étaient aussi alchimistes, philosophes, hommes de sciences ou simplement hommes politiques. Nous devons continuer nos investigations pour comprendre.

    Guido venait de remettre en question les conclusions hâtives d’Alexander

    – Nous avons promis à Amélie Delacroix de la retrouver aujourd’hui, rappela Archibald. Elle pourrait nous en dire davantage que ce qu’elle nous a dit.

    Évidemment, cette proposition enchanta surtout Alexander. Ils partirent à pied jusqu’à la place Wenceslas.

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    Jean-Marc Giner : Un Frère dont « l’objectif » est d’aider deux enfants

    Jean-Marc Giner, passionné par l’art de l’argentique, a su assembler une série de photographies qui évoquent la nostalgie et l’authenticité. En choisissant de dédier son travail à Aubin et Jules (Voir article des Widows Sons et affiche ci-dessous), il démontre comment l’art peut devenir un puissant vecteur de solidarité et de soutien. Ainsi, chaque achat du livre devient un acte de générosité, transformant l’appréciation de l’art en une aide concrète.

    https://www.ulule.com/letempsdunumerique

    Marc Ginet

    Jean-Marc Giner, un photographe français dont le travail est reconnu dans le domaine de la photographie de rue et humaniste. IL a vécu 40 ans à Marseille, il est profondément influencé par ses origines méditerranéennes, ce qui se reflète dans sa sensibilité aux contrastes de lumière et à la vie quotidienne. Il se spécialise dans des clichés en noir et blanc, capturant des instants du réel avec une approche à la fois poétique et sociale.

    Jean-Marc Giner est particulièrement apprécié pour sa capacité à transcender le banal – un geste, un regard, une scène ordinaire – en une image chargée d’émotion et de réflexion. Sa démarche artistique, qu’il décrit lui-même comme une exploration des « zones d’ombres » pour revelar des formes ou des histoires, s’inscrit dans la lignée des grands noms comme Henri Cartier-Bresson, dont il admire l’œuvre (il cite d’ailleurs une rencontre marquante avec lui à Arles comme un souvenir clé). Il ne cherche pas l’originalité pour elle-même, mais plutôt à poser des questions à travers ses photos, laissant le spectateur interpréter librement.

    Il a débuté la photographie en 1974 avec un Canon FTB offert par ses parents, et utilise aujourd’hui des appareils comme le Nikon F301 ou le Leica Q3-43. Son éthique, notamment pour les portraits de rue, repose sur le consentement des sujets, privilégiant une connexion humaine. Actuellement basé à Montreuil, il prépare une exposition dans cette commune, où il vit depuis peu. Son travail a été mis en avant par des plateformes comme Street Photography France, qui soulignent son regard unique et sa fidélité à une photographie qui interroge plus qu’elle ne répond.

    Le livre photo « Le temps de l’argentique » de Jean-Marc Giner est bien plus qu’une simple collection d’images. Ce projet artistique et humanitaire vise à capturer la beauté intemporelle de la photographie argentique tout en soutenant une noble cause. En effet, une grande partie des bénéfices de la vente (10 euros par livre) sera reversé au profit de Jules et Aubin, deux enfants confrontés à des handicaps lourds. Ces fonds contribueront à financer les aménagements couteux nécessaires dans leur domicile pour améliorer leur qualité de vie quotidienne.

    Contact avec Jean-Marc