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T comme Temple en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le temple est, en franc-maçonnerie, le lieu où se tiennent les travaux rituels de la loge. Inspiré du Temple de Salomon, il est orienté de l’Occident vers l’Orient et organisé selon une symbolique précise : colonnes à l’entrée, pavé mosaïque au centre, voûte étoilée, sièges des trois lumières. Il n’est pas un lieu de culte : il devient espace sacralisé par l’ouverture des travaux et redevient salle ordinaire à leur fermeture. Il est aussi une image : celle du monde ordonné, et celle de l’homme qui se construit, puisque chaque maçon est invité à bâtir son temple intérieur.

De la taverne au temple

Temple

Les premières loges du XVIIIe siècle se réunissent dans des tavernes ou des salons. On trace alors au sol, à la craie, un dessin figurant la loge, effacé à la fin de la réunion ; il deviendra le tableau de loge ou tapis de loge. Les bâtiments dédiés apparaissent dans la seconde moitié du siècle : le Freemasons’ Hall de Londres est inauguré en 1776. En France, les temples se multiplient au XIXe siècle. Aujourd’hui encore, un temple peut être improvisé en tout lieu grâce au tapis de loge.

L’orientation

Le temple est orienté symboliquement d’ouest en est, quelle que soit son orientation géographique réelle. On entre par l’Occident, entre les colonnes ; à l’Orient, d’où vient la lumière, siègent le Vénérable Maître, l’Orateur et le Secrétaire, ainsi que les visiteurs de marque. Le Midi et le Septentrion bordent les côtés, où siègent les membres sur les colonnes. Le parcours de l’initié va de l’ombre vers la lumière.

Les éléments du décor

  • Les colonnes J et B à l’entrée, rappel de Jakin et Boaz.
  • Le pavé mosaïque, carreaux noirs et blancs, au centre, image de la dualité.
  • La voûte étoilée, ciel peint au plafond, image de l’univers.
  • Le Delta lumineux à l’Orient, au-dessus du Vénérable.
  • Les trois grandes lumières, dans de nombreux rites : Livre de la Loi sacrée, équerre et compas.
  • Les trois piliers et leurs chandeliers : Sagesse, Force, Beauté.

Le détail varie selon les rites : disposition des colonnes, présence de la corde à nœuds, de la houppe dentelée, du soleil et de la lune de part et d’autre du Delta. Ces variations montrent que le temple est un langage, et non un plan figé.

Un microcosme

Temple

Le temple maçonnique se veut une image du monde. Ses dimensions symboliques sont souvent dites s’étendre d’Orient en Occident, du Midi au Septentrion, du nadir au zénith : la loge a la taille de l’univers. Le pavé mosaïque figure l’alternance du jour et de la nuit, du bien et du mal ; la voûte étoilée, l’infini. Entrer dans le temple, c’est quitter le temps profane pour un temps symbolique qui va de midi à minuit.

Un espace sacralisé, non sacré

Le temple n’est pas consacré comme une église. Il devient espace rituel par l’ouverture des travaux : allumage des lumières, ouverture du Livre, traçage ou déploiement du tableau de loge. À la fermeture, il redevient une salle. C’est l’usage, et non le lieu, qui sacralise. Cette conception permet à des maçons de convictions très diverses de partager le même espace.

Le temple intérieur

La construction du Temple de Salomon et la légende d’Hiram fournissent à la maçonnerie son grand récit. Mais le temple à construire est d’abord intérieur : chaque maçon est une pierre, et l’ensemble des maçons édifie un temple plus vaste, que la maçonnerie française a souvent appelé le Temple de l’Humanité. Le temple matériel n’est qu’un support pour cet ouvrage invisible.

Le saviez-vous ?

Temple

Les grandes obédiences françaises possèdent des temples remarquables. Le Grand Orient de France est installé rue Cadet, à Paris, depuis le milieu du XIXe siècle ; la Grande Loge de France occupe rue Puteaux une ancienne chapelle de franciscains. Beaucoup de temples s’ouvrent au public lors des Journées européennes du patrimoine.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948.
  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Orient, Occident, Pavé mosaïque, Voûte étoilée, Tableau de Loge (ou Tapis de Loge), Colonnes.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

T comme Tablier en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le tablier est le décor maçonnique par excellence, porté par tous les membres de la loge, du nouvel initié au Grand Maître. Pièce de peau ou de tissu nouée à la taille, il rappelle les tabliers de cuir des tailleurs de pierre et signifie que le maçon vient en loge pour travailler. Remis lors de l’initiation, il change de forme, de couleur et d’ornements selon les grades, les rites et les fonctions, au point d’offrir une véritable carte d’identité maçonnique. Il est aussi l’un des objets les plus étudiés par les collectionneurs et les musées.

Du cuir des carriers au décor de loge

Tablier

Les ouvriers de la pierre portaient de longs tabliers de cuir pour se protéger des éclats et des outils. Les loges spéculatives du XVIIIe siècle conservent l’objet en le transformant : le tablier devient plus court, en peau blanche, puis en soie ou en satin peint et brodé. Dès 1737, une divulgation française, la Réception d’un Frey-Maçon, mentionne la remise au nouvel initié d’un tablier de peau blanche.

Au XVIIIe siècle, les tabliers français sont souvent de véritables œuvres d’art, peints à la main de colonnes, d’outils, de soleils et d’allégories. Sous le Premier Empire, des brodeurs spécialisés diffusent des modèles par grade, dont certains recueils sont conservés.

Un décor qui change avec les grades

Dans les rites pratiqués en France, l’Apprenti porte un tablier blanc à bavette relevée, le Compagnon le porte bavette abaissée, et le Maître reçoit un tablier orné, bordé de la couleur du rite et souvent marqué de lettres ou de symboles. L’envers est fréquemment noir, parfois décoré d’une tête de mort ou de symboles funèbres rappelant la légende d’Hiram.

  • Apprenti : blanc, uni, bavette relevée.
  • Compagnon : blanc, bavette abaissée, parfois avec un coin relevé selon les usages.
  • Maître : bordure de couleur (bleu au Rite Français, rouge au REAA dans de nombreuses obédiences), insignes du grade.
  • Rite anglais de style Émulation : peau d’agneau blanche, rosettes bleu clair au Compagnon, bordure bleue et rosettes au Maître.
  • Hauts grades : tabliers spécifiques à chaque degré, souvent très richement brodés.

Les décors varient enfin selon les fonctions et les juridictions. Les Vénérables et anciens Vénérables portent parfois un tablier distinctif, et les grands officiers d’obédience disposent de décors propres, souvent brodés d’or. Dans les loges mixtes ou féminines, le tablier est identique pour les Sœurs et les Frères, ce qui souligne encore sa valeur d’égalité dans le travail commun.

La peau d’agneau, symbole d’innocence

Dans la tradition anglaise, le tablier d’Apprenti en peau d’agneau est présenté comme un emblème d’innocence et le signe distinctif du maçon. Le rituel Émulation souligne son ancienneté et sa dignité en le comparant aux plus prestigieuses distinctions de l’Antiquité et de la chevalerie. L’agneau, figure biblique de l’innocence, rejoint ici la blancheur du tablier.

Un symbole de travail et d’égalité

Tablier
Tablier maître RER

Revêtir le tablier, c’est se déclarer ouvrier : il signifie qu’en loge on travaille, sur soi-même et avec les autres. Il protège symboliquement le corps, et certains auteurs voient dans la bavette relevée de l’Apprenti la protection de la région du cœur, ou la séparation entre les fonctions supérieures et inférieures de l’être. Porté par tous, il efface les distinctions profanes et matérialise l’égalité des Frères et des Sœurs au travail.

Usages et protocole

Le tablier se porte par-dessus le vêtement, en tenue, et ne se revêt qu’au seuil du Temple. On ne pénètre pas dans une loge au travail sans tablier. Les officiers y ajoutent les sautoirs ou cordons portant leurs bijoux. Il est d’usage, dans plusieurs loges, que le maçon soit inhumé avec son tablier, ou que ce dernier soit déposé sur son cercueil lors d’une cérémonie funèbre.

Le saviez-vous ?

Tablier

Les musées maçonniques, dont le Musée de la Franc-maçonnerie à Paris, conservent des tabliers des XVIIIe et XIXe siècles qui comptent parmi les pièces les plus spectaculaires de leurs collections. Le tablier offert à George Washington, brodé en France, est l’un des plus célèbres de l’histoire maçonnique.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Oswald Wirth, Le Livre de l’Apprenti, 1894.
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948.
  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Décors, Initiation, Apprenti, Compagnon, Maître des cérémonies (MDC), Cordon, Bijou.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

T comme Tableau de Loge (ou Tapis de Loge) en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le tableau de loge, appelé aussi « tapis de loge » sur le continent et tracing board dans le monde anglophone, est la représentation figurée des principaux symboles d’un grade. Dessiné, peint ou brodé, il est déployé au centre du temple pendant les travaux et rangé à leur clôture. À la fois aide-mémoire, outil d’instruction et support de méditation, il résume en une image ce que le rituel enseigne par la parole. Comprendre son histoire, du tracé à la craie sur le plancher aux toiles peintes, c’est comprendre comment la franc-maçonnerie spéculative a fait de l’image un véritable langage initiatique.

Du tracé au sol au tableau peint

Tableau de Loge (ou Tapis de Loge)

Au XVIIIe siècle, en Angleterre comme en France, le tableau est d’abord tracé sur le plancher à la craie ou au charbon de bois, puis effacé à la fin de la tenue, souvent par le plus jeune apprenti. Ce geste rappelait que le temple symbolique n’existe que le temps des travaux. La divulgation anglaise Three Distinct Knocks (1760) décrit encore un plan dessiné sur le sol d’est en ouest.

La pratique évolue rapidement vers des supports durables : toiles posées au sol, puis panneaux peints. Une toile peinte est mentionnée en Angleterre dès 1736, et les procès-verbaux des loges anglaises entre 1738 et 1787 attestent l’usage du tableau. Le mot « tapis » garde la mémoire de cette étape où l’image se déroulait littéralement sous les pieds des frères.

Un nom, plusieurs traditions

En France, les deux termes coexistent : « tableau de loge » insiste sur l’image, « tapis » sur le support posé au centre du pavé mosaïque. Le mot « tableau » désigne aussi, dans un tout autre sens, la liste officielle des membres : on est « inscrit au tableau de la loge ». Dans les loges anglophones, le tracing board renvoie à la planche sur laquelle le maître d’œuvre traçait ses plans, ce qui souligne la filiation avec le chantier opératif.

Ce que l’on voit sur le tableau d’apprenti

Chaque grade possède son tableau. Pour le Rite français, le Régulateur du maçon (édition de 1801, établie d’après des travaux de la décennie 1780) décrit la composition du premier grade. On y retrouve des éléments qui restent familiers aujourd’hui :

  • les deux colonnes J et B, à l’entrée du temple ;
  • le pavé mosaïque, alternance de cases blanches et noires ;
  • le fronton du temple et ses marches ;
  • les outils : équerre, compas, niveau, perpendiculaire, maillet et ciseau ;
  • la pierre brute et la pierre cubique ;
  • le soleil et la lune, parfois entourés d’étoiles, et les fenêtres du temple.

Le tableau de compagnon ajoute des éléments liés au travail et à la connaissance, comme l’étoile flamboyante ; celui de maître introduit la thématique de la mort et du relèvement, avec le cercueil, la branche d’acacia et les larmes. Les détails varient selon les rites et les époques.

Fonction rituelle

Tableau de Loge (ou Tapis de Loge)

Dans de nombreuses loges, le tableau est disposé ou découvert au moment de l’ouverture des travaux et retiré à leur fermeture : il marque ainsi le passage du lieu ordinaire à l’espace consacré. Il délimite le centre de la loge, autour duquel s’organisent les déplacements, et l’on évite de le traverser. Lors des instructions, un officier ou un maître commente ses figures pour les nouveaux venus : le tableau devient alors un manuel en images, au service d’une pédagogie orale.

Variations selon les rites

Les tableaux sont l’élément symbolique central des rites dits « modernes », issus de la Première Grande Loge d’Angleterre, dont le Rite français. Le Rite Écossais Ancien et Accepté et le Rite Écossais Rectifié ont leurs propres tableaux, souvent plus chargés, et les hauts grades possèdent chacun le leur, comme le montre le tapis de Parfait Maçon Architecte. Dans les loges anglaises de rite Emulation, les trois tracing boards peints au XIXe siècle par l’artiste John Harris ont fixé un modèle très largement repris dans le monde anglophone.

Lire un tableau : une méthode

Le tableau n’est pas une illustration du rituel mais une carte symbolique. Ses éléments se répondent par paires (colonnes, luminaires, pierres) et s’ordonnent selon les points cardinaux de la loge. La tradition maçonnique invite à le parcourir lentement, comme on lit un texte : identifier les symboles, chercher leurs relations, puis formuler une interprétation personnelle, que la loge discute. Cette lecture n’est jamais close ; le même tableau, revu après des années, révèle d’autres correspondances.

Le saviez-vous ?

Tableau de Loge (ou Tapis de Loge)

Le soin d’effacer le tracé au sol revenait souvent au dernier initié, armé d’un seau et d’une serpillière. Ce petit rite d’humilité explique en partie pourquoi les loges ont adopté des toiles peintes : elles évitaient de redessiner l’ensemble à chaque tenue et permettaient de conserver un modèle fidèle.

À retenir

  • Tableau de loge, tapis de loge et tracing board désignent le même objet.
  • Il est d’abord tracé à la craie sur le sol, puis peint sur toile ou panneau dès le XVIIIe siècle.
  • Chaque grade possède son tableau, qui condense son enseignement.
  • Il sert à la fois de repère rituel, d’outil d’instruction et de support de méditation.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Pavé mosaïque, Colonnes, Pierre brute, Étoile flamboyante, Instruction, Temple.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

S comme Symbolisme en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le symbolisme désigne à la fois l’ensemble des symboles d’une tradition et la manière de les interpréter. En Franc-maçonnerie, il est devenu au fil des siècles un véritable champ d’étude, avec ses manuels, ses revues et ses écoles de pensée. Du XVIIIe siècle, qui hérite des emblèmes de la Renaissance, au XIXe, qui les rationalise, puis au renouveau symboliste initié par Oswald Wirth et prolongé par Jules Boucher ou René Guénon, la façon de lire les symboles a profondément changé. Comprendre cette histoire aide à situer les interprétations proposées aujourd’hui en loge.

Un système plutôt qu’une collection

Symbolisme

Si le symbole est l’unité, le symbolisme est le système : la manière dont les symboles s’articulent entre eux, se répondent d’un grade à l’autre et composent un parcours. Le pavé mosaïque, les colonnes, la pierre brute et l’étoile flamboyante prennent sens les uns par rapport aux autres, comme les mots d’une langue.

XVIIIe siècle : emblèmes et Lumières

Les premières loges spéculatives revendiquent l’héritage des bâtisseurs et réinterprètent la pierre et les outils comme des leçons morales. Elles puisent aussi dans les livres d’emblèmes de la Renaissance, dans l’Antiquité égyptienne fantasmée, dans les mystères antiques et, pour les hauts grades, dans l’imaginaire chevaleresque. Les penseurs des Lumières cherchent à donner une cohérence rationnelle à ce matériau hétéroclite.

XIXe siècle : tuileurs et laïcisation

Le XIXe siècle est l’âge d’or des tuileurs, aide-mémoire imprimés qui décrivent les grades et leurs symboles. Jean-Marie Ragon publie des cours interprétatifs et un Tuileur général (1861). Dans le même temps, la Franc-maçonnerie française, surtout sous la Troisième République, tend à dépouiller les symboles de leur contenu religieux et à les réduire à des signes de reconnaissance ou à des allégories morales.

Le renouveau symboliste

Symbolisme

À partir des années 1890, un mouvement réagit contre cet appauvrissement. Oswald Wirth publie Le Livre de l’Apprenti en 1894, premier manuel consacré à l’explication des symboles d’un grade, puis fonde en 1912 la revue Le Symbolisme. D’autres suivent : Amélie Gedalge, Édouard Plantagenet, Edmond Gloton. En 1948, Jules Boucher propose avec La Symbolique maçonnique une synthèse des trois grades en un volume.

René Guénon, qui voit dans les symboles l’expression d’une Tradition primordiale, exerce à partir de l’entre-deux-guerres une influence considérable sur une partie des maçons, notamment à la Grande Loge de France. Après 1945, l’intérêt pour les symboles est renouvelé par les travaux de philosophes et d’anthropologues comme Ernst Cassirer, Gaston Bachelard, Mircea Eliade ou Gilbert Durand.

Plusieurs écoles d’interprétation

  • Lecture morale : chaque symbole enseigne une vertu, comme l’équerre la droiture.
  • Lecture historique : on cherche l’origine documentée du symbole, du chantier au rituel.
  • Lecture ésotérique ou traditionnelle : le symbole renvoie à une sagesse universelle.
  • Lecture psychologique : le symbole parle de l’inconscient et des étapes de la transformation de soi.
  • Lecture philosophique : le symbole donne à penser et ouvre au questionnement.

Ces lectures ne s’excluent pas. Les loges les pratiquent souvent ensemble, et la liberté d’interprétation est revendiquée comme un principe par la plupart des obédiences.

Symbolisme et recherche historique

La création à Londres, en 1886, de la loge de recherche Quatuor Coronati, puis en France de loges d’études comme Villard de Honnecourt, a introduit une exigence critique : distinguer ce que disent réellement les sources de ce que les commentateurs ont projeté sur elles. Le symbolisme contemporain s’efforce de concilier rigueur historique et richesse de l’interprétation.

Le saviez-vous ?

Symbolisme

Les manuels de Wirth et de Boucher ont été réédités et refondus au fil du temps, certains de leurs développements occultistes étant retirés des éditions récentes : signe que le symbolisme maçonnique continue d’évoluer avec ses lecteurs.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Oswald Wirth, Le Livre de l’Apprenti, 1894 ; Le Livre du Compagnon, 1911 ; Le Livre du Maître, 1922.
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948.
  • Jean-Pierre Bayard, Le Symbolisme maçonnique traditionnel, 1972.
  • René Guénon, Symboles de la Science sacrée, Gallimard, 1962.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Symbole, Tuileur, Planche, Rituel, Tableau de Loge (ou Tapis de Loge), Loge de recherche.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

S comme Symbole en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le symbole est l’unité de base du langage maçonnique : un objet, une figure, un geste ou un mot qui renvoie à autre chose que lui-même. L’équerre, le compas, la pierre brute, les colonnes ou l’étoile flamboyante ne valent pas par leur usage matériel, mais par ce qu’ils donnent à penser. Pour la Franc-maçonnerie, qui se définit volontiers comme un système de morale enseigné sous le voile de l’allégorie et illustré par des symboles, le symbole n’est pas une illustration : il est la méthode même de transmission, parce qu’il oblige chacun à chercher le sens par lui-même.

Le symbolon : une étymologie parlante

Symbole

Le mot vient du grec symbolon, dérivé du verbe symballein, « jeter ensemble », « réunir ». Le symbolon était un objet, tesson ou anneau, brisé en deux : chacun des contractants en gardait une moitié, et leur ajustement permettait plus tard de se reconnaître. Le symbole est donc d’abord un signe de reconnaissance et d’alliance.

La Franc-maçonnerie a conservé ces deux fonctions. Ses mots et signes servent à se reconnaître entre membres, et ses symboles « réunissent » le visible et l’invisible, le geste et l’idée, l’individu et la communauté qui partage le même langage.

Symbole, signe, allégorie, emblème

Les auteurs distinguent souvent le signe, qui renvoie de manière conventionnelle et univoque à une chose, du symbole, qui ouvre une pluralité de sens. L’allégorie développe une idée sous forme de récit ou de personnage ; l’emblème associe une image et une devise. La Franc-maçonnerie utilise tous ces registres : la légende d’Hiram est une allégorie, les tableaux de loge relèvent de la tradition des livres d’emblèmes de la Renaissance, et les outils sont des symboles au sens fort.

Les grandes familles de symboles maçonniques

  • Les outils : maillet, ciseau, règle, équerre, compas, niveau, fil à plomb, truelle.
  • Les matériaux : pierre brute, pierre cubique, pierre cubique à pointe.
  • L’architecture du Temple : colonnes J et B, pavé mosaïque, voûte étoilée, houppe dentelée.
  • Les luminaires et astres : Soleil, Lune, étoile flamboyante, Delta lumineux.
  • Les nombres : trois, cinq, sept, et leurs résonances selon les grades.
  • Les gestes et attitudes : signes, pas, marches, chaîne d’union.
  • Les récits : légende d’Hiram, construction du Temple de Salomon.

Une méthode d’enseignement

Symbole

Le symbole maçonnique n’est pas expliqué une fois pour toutes. Il est présenté dans le rituel, commenté dans les instructions, puis travaillé par chacun dans ses planches. Cette pédagogie progressive laisse au maçon la liberté de l’interprétation tout en lui fournissant un cadre : les symboles ne disent pas n’importe quoi, et la tradition propose des lectures de référence, mais elle n’impose pas de dogme.

Le même symbole se relit d’ailleurs à chaque grade. L’équerre et le compas, par exemple, ne sont pas disposés de la même façon sur le Volume de la Loi sacrée pour l’Apprenti, le Compagnon et le Maître, et la lecture qui en est faite s’enrichit au fil du parcours.

Le symbole engage aussi une forme d’humilité. Aucun commentaire ne l’épuise, et le maçon qui croit avoir « compris » une fois pour toutes l’équerre ou la pierre brute se prive de ce qu’elles peuvent encore lui apprendre. C’est pourquoi les loges entendent volontiers, sur un même symbole, des planches très différentes : la pluralité des lectures n’est pas un défaut du système, elle en est le principe même.

Pourquoi des symboles ?

Plusieurs raisons sont avancées. Le symbole permet d’exprimer ce qui se dit mal en concepts, comme l’expérience intérieure de l’initiation. Il rassemble des personnes de convictions différentes autour d’un langage commun, sans les obliger à adhérer à une même doctrine. Il favorise enfin la méditation : le maçon revient sans cesse aux mêmes objets et y découvre de nouvelles significations.

Le saviez-vous ?

Symbole

Selon les historiens, les symboles maçonniques ne sont pas figés. Une partie d’entre eux provient des livres d’emblèmes de la Renaissance, comme les Emblemata d’Alciat, publiés en 1531, où l’on trouve déjà l’équerre, le compas et d’autres instruments chargés de sens moral. Leur interprétation a ensuite évolué au fil des siècles et des sociétés.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Oswald Wirth, Le Livre de l’Apprenti, 1894.
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948.
  • René Guénon, Symboles de la Science sacrée, Gallimard, 1962.
  • Jean-Pierre Bayard, Le Symbolisme maçonnique traditionnel, 1972.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Symbolisme, Tableau de Loge (ou Tapis de Loge), Pierre brute, Planche, Rituel.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

S comme Surveillants en Franc-maçonnerie

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Les Surveillants, Premier et Second, sont les deux principaux officiers de la loge après le Vénérable Maître. Ils dirigent chacun une colonne, transmettent la parole, veillent à l’ordre des travaux et à l’instruction des Compagnons et des Apprentis. Avec le Vénérable, ils forment les « trois lumières » de l’atelier, que la tradition rapproche des trois piliers Sagesse, Force et Beauté. Leurs bijoux, le niveau et la perpendiculaire, disent l’essentiel de leur fonction : maintenir l’égalité et la droiture. La charge de Surveillant prépare aussi, dans la plupart des loges, à celle de Vénérable.

Origine de la fonction

Surveillants

Le mot traduit l’anglais warden, gardien, que l’on trouve dès les statuts des corporations médiévales et dans les statuts écossais de William Schaw de 1598, où les wardens encadrent les maçons d’une loge. Les premières Constitutions de la Grande Loge de Londres, en 1723, prévoient qu’une loge est gouvernée par un Maître et ses deux Surveillants. Le Vénérable et les deux Surveillants constituent ainsi la structure ternaire la plus ancienne de la loge spéculative.

Leur place dans le temple

Les usages varient selon les rites. Dans la tradition anglaise, et notamment au rite Émulation, le Premier Surveillant siège à l’Occident, face au Maître, et le Second au Midi, là où le soleil atteint son zénith. Dans les rites français, Rite Français comme Rite Écossais Ancien et Accepté, les deux Surveillants siègent à l’Occident, près de l’entrée du temple, chacun à la tête d’une colonne : le Premier dirige la colonne du Midi, où se tiennent les Compagnons, le Second celle du Septentrion, où siègent les Apprentis.

Rôles respectifs

  • Le Premier Surveillant instruit les Compagnons, transmet la parole sur sa colonne et remplace le Vénérable en son absence dans de nombreux rites.
  • Le Second Surveillant forme les Apprentis, veille à leur assiduité et à leur silence, et transmet la parole sur sa colonne.
  • Tous deux répondent au Vénérable dans les dialogues d’ouverture et de fermeture des travaux.
  • Ils s’assurent que chacun est à l’ordre, contrôlent la qualité maçonnique des présents et règlent les déplacements.
  • Ils annoncent la fin du travail et, dans la tradition anglaise, le passage du travail à la récréation.

Niveau et perpendiculaire

Bijou du 1e Surveillant
Bijou du 1e Surveillant

Le bijou du Premier Surveillant est le niveau, qui vérifie l’horizontalité : il rappelle que tous les maçons sont égaux en loge, quelle que soit leur condition profane. Celui du Second Surveillant est la perpendiculaire, ou fil à plomb, qui vérifie la verticalité : il appelle à la droiture et à la rectitude intérieure. Avec l’équerre du Vénérable, ces trois outils de mesure forment le trio des bijoux mobiles, qui passent d’un officier à l’autre au fil des élections.

Les trois lumières de la loge

La tradition associe le Vénérable à la Sagesse, le Premier Surveillant à la Force et le Second à la Beauté, en écho aux trois piliers qui soutiennent symboliquement la loge. Sur le plateau de chacun, une petite colonne, ionique, dorique ou corinthienne selon les rites, rappelle cette correspondance. Au rite Émulation, les petites colonnes des Surveillants sont levées ou couchées selon que la loge est au travail ou en récréation. Les trois officiers ouvrent et ferment ensemble les travaux ; la loge ne peut fonctionner sans cet équilibre.

Une école de responsabilité

Bijou du 2e Surveillant
Bijou du 2e Surveillant

Les Surveillants sont choisis parmi les Maîtres expérimentés. La charge exige rigueur dans l’application du rituel, écoute des Frères et des Sœurs, discernement dans l’attribution de la parole. Le Second Surveillant joue un rôle pédagogique essentiel : il est le premier interlocuteur de l’Apprenti. Dans la plupart des loges, on passe de la charge de Second à celle de Premier Surveillant, puis à celle de Vénérable : la fonction est une préparation à la conduite de l’atelier.

Le saviez-vous ?

Dans la tradition anglaise, le Premier Surveillant est dit placé à l’Occident pour marquer le soleil couchant, clore la loge et payer les ouvriers ; le Second au Midi pour marquer le soleil à son méridien et appeler les ouvriers du travail à la récréation.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Sautoir de Vénérable Maître, Niveau, Perpendiculaire, Colonnes, Sagesse, Force, Beauté, Officiers, Apprentissage.

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Glossaire de la franc-maçonnerie

S comme Suprême Conseil en Franc-maçonnerie

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Un Suprême Conseil est l’autorité souveraine qui administre, dans un territoire donné, les degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté, du 4e au 33e. Composé de Souverains Grands Inspecteurs Généraux, titulaires du 33e degré, et présidé par un Souverain Grand Commandeur, il délivre les patentes, contrôle les ateliers de perfectionnement et confère les plus hauts degrés. Le premier fut fondé à Charleston, aux États-Unis, en 1801 ; le Suprême Conseil de France suivit en 1804. Leur histoire éclaire celle des hauts grades et des relations, souvent complexes, entre juridictions écossaises et obédiences symboliques.

Aux origines : Charleston, 1801

Suprême Conseil

Le premier Suprême Conseil du 33e degré est créé en 1801 à Charleston, en Caroline du Sud, sous l’impulsion notamment de John Mitchell et de Frederick Dalcho. Il deviendra le Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis, considéré comme le « Conseil mère » du rite. Il s’appuie sur les Grandes Constitutions de 1786, attribuées à Frédéric II de Prusse, attribution que les historiens jugent très contestable.

Le système de 33 degrés mis en place à Charleston réorganise des grades plus anciens, nés en grande partie en France au XVIIIe siècle, en particulier ceux du Rite de Perfection.

Le Suprême Conseil de France

Le comte Alexandre de Grasse-Tilly, après avoir constitué en 1802 un Suprême Conseil pour les îles françaises d’Amérique, fonde en 1804 à Paris le Suprême Conseil pour la France. De 1805 à 1814, un concordat avec le Grand Orient de France répartit les compétences : le Grand Orient gère les 18 premiers degrés, le Suprême Conseil les degrés 19 à 33. Après la rupture, le Suprême Conseil se réorganise en 1821 sous le nom de Suprême Conseil de France.

En 1894, il crée la Grande Loge de France pour administrer les loges symboliques au REAA ; celle-ci obtient son autonomie administrative complète en 1904. Le Grand Orient de France dispose de son côté d’une juridiction écossaise propre, le Suprême Conseil Grand Collège du Rite Écossais Ancien Accepté. En 1964, une scission conduit une partie des membres du Suprême Conseil de France vers la Grande Loge Nationale Française, auprès de laquelle se constitue un autre Suprême Conseil.

Organisation des degrés

En France, les degrés administrés par un Suprême Conseil sont répartis en plusieurs types d’ateliers :

  • Loges de perfection : du 4e au 14e degré.
  • Chapitres : du 15e au 18e degré, dont le Chevalier Rose-Croix.
  • Aréopages : du 19e au 30e degré, dont le Chevalier Kadosch.
  • Tribunaux : 31e degré.
  • Consistoires : 32e degré.
  • Suprême Conseil : 33e degré, Souverain Grand Inspecteur Général.

L’ancienne version de cette notice regroupait 31e et 32e degrés dans les consistoires : en France, le 31e relève des tribunaux. Dans d’autres pays, notamment aux États-Unis, l’organisation et les appellations diffèrent sensiblement.

Fonctionnement et souveraineté

Suprême Conseil
Bijou des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33e et dernier degré du Suprême Conseil Grand Collège du Rite écossais ancien et accepté du Grand Orient de France.

Un Suprême Conseil compte un nombre limité de membres actifs, titulaires du 33e degré, et un Souverain Grand Commandeur à sa tête, assisté d’un Lieutenant Grand Commandeur et de grands officiers. Il délivre les patentes de constitution des ateliers, veille à la régularité des rituels, décide des élévations aux degrés les plus élevés et entretient des relations avec les Suprêmes Conseils étrangers.

Chaque Suprême Conseil est en principe seul souverain sur son territoire, mais l’histoire a produit, en France comme ailleurs, plusieurs juridictions concurrentes, liées à des obédiences différentes, qui ne se reconnaissent pas toutes entre elles.

Le saviez-vous ?

En 1875, un convent réunissant plusieurs Suprêmes Conseils se tint à Lausanne pour réviser les constitutions du rite. Ses débats, notamment sur la formulation du principe créateur, contribuèrent aux divisions de la maçonnerie écossaise. Aux États-Unis, Albert Pike, Souverain Grand Commandeur de la Juridiction Sud, publia en 1871 Morals and Dogma, monumental commentaire des 32 premiers degrés.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Albert Pike, Morals and Dogma of the Ancient and Accepted Scottish Rite, Charleston, 1871.
  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987.
  • Jean-Pierre Bayard, Le Symbolisme maçonnique traditionnel, 1972.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Ouverture du premier Suprême Conseil du 33e degré à Charleston, 31 mai 1801 (date historique), Installation de Jean-Luc Fauque comme Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil pour la France, 18 juin 2010 (date historique), Rose-Croix, Ralliement de Marcel Cerbu et d’un millier de frères de la Grande Loge de France à la GLNF, 1965 (date historique).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

S comme Stalles en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Les stalles sont les sièges disposés le long des côtés du temple maçonnique, sur lesquels prennent place les membres de la loge pendant la tenue. Le mot, emprunté aux sièges de bois sculpté des chœurs d’églises, désigne en loge les places des colonnes du Septentrion et du Midi, par opposition aux plateaux des officiers. Plus qu’un mobilier, les stalles organisent l’espace : chacun y occupe une place qui dépend de son grade et de sa fonction, et toute la loge y forme un ensemble ordonné tourné vers le centre et vers l’Orient.

Un mot venu des églises

Stalles

Stalle vient du latin médiéval stallum, emprunté au francique, qui désignait une place ou un siège. Dans les cathédrales et les abbatiales, les stalles sont les sièges de bois alignés de part et d’autre du chœur, réservés au clergé, souvent ornés de sculptures et munis de miséricordes, petites consoles permettant de s’appuyer pendant les longs offices debout. Les stalles de la cathédrale Saint-Bertrand-de-Comminges, au XVIe siècle, en sont un exemple remarquable.

Leur disposition dans le temple

Le temple maçonnique est un rectangle orienté, avec l’Orient où siège le vénérable et l’Occident où se trouve la porte. Les membres prennent place sur les côtés, formant deux colonnes : celle du Septentrion, au nord, et celle du Midi, au sud. Dans la tradition française la plus répandue, les apprentis siègent au Septentrion et les compagnons au Midi ; les maîtres se placent librement ou selon les usages de la loge. Les officiers ont leurs propres sièges et plateaux, à l’Orient, à l’Occident ou sur les colonnes.

Pourquoi le Nord pour les apprentis ?

L’explication la plus courante tient à la course du soleil : dans l’hémisphère Nord, le côté septentrional d’un édifice orienté reste dans l’ombre. L’apprenti, qui vient de recevoir la lumière, est placé là où elle est la plus faible, pour s’y accoutumer ; le compagnon, plus avancé, siège au Midi, côté du plein jour. La disposition des stalles traduit ainsi dans l’espace la progression initiatique.

Ordre et égalité

Stalles

Les stalles disent deux choses à la fois. Elles marquent un ordre : chacun a sa place, selon son grade et sa fonction, et ne se déplace pas sans y être invité. Elles disent aussi une forme d’égalité : hors des offices, tous les membres sont assis côte à côte sur des sièges semblables, quelle que soit leur position dans la vie profane. Cette combinaison est caractéristique de la loge, qui organise la hiérarchie des fonctions sans hiérarchiser les personnes.

Usages en tenue

  • On ne quitte sa place qu’avec l’autorisation du vénérable ou du surveillant.
  • La parole se demande depuis sa stalle, en s’adressant au surveillant de sa colonne.
  • Le maître des cérémonies conduit visiteurs et récipiendaires à la place qui leur revient.
  • Les visiteurs de marque peuvent être invités à siéger à l’Orient.

Une image de l’édifice

Rangés le long des murs, les membres forment eux-mêmes les murs vivants du temple, comme les pierres d’un édifice. Le centre, où se trouve le tableau de loge, reste libre pour la circulation rituelle. Cette organisation rappelle que la loge n’est pas un auditoire face à une tribune, mais une assemblée en carré, où chacun voit les autres et contribue à l’ensemble.

Le saviez-vous ?

Les miséricordes des stalles médiévales, petites consoles cachées sous le siège rabattable, sont souvent sculptées de scènes populaires ou satiriques : métiers, animaux, proverbes. On y trouve parfois des tailleurs de pierre et des charpentiers, discrets hommages des artisans du bois à ceux de la pierre.

À retenir

  • Les stalles sont les sièges des membres le long des colonnes du temple.
  • Le mot vient des sièges du chœur des églises.
  • Apprentis au Septentrion, compagnons au Midi dans la tradition française la plus répandue.
  • Elles expriment à la fois l’ordre de la loge et l’égalité de ses membres.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Colonnes, Septentrion, Midi, Orient, Occident, Temple, Maître des cérémonies (MDC).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

S comme Sphères en Franc-maçonnerie

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Les sphères, ou globes, sont les deux boules qui surmontent les colonnes du Temple sur de nombreux tableaux de loge : l’une porte la carte de la terre, l’autre celle du ciel. Elles appartiennent surtout au grade de Compagnon, celui de l’étude des arts libéraux et de l’ouverture au monde. Leur présence résulte d’une lecture particulière du texte biblique décrivant les chapiteaux de Jakin et Boaz, et la tradition anglaise y voit le signe de l’universalité de la maçonnerie. D’autres lectures, plus géométriques, y reconnaissent l’aboutissement du travail du compas. Symbole de connaissance et de totalité, la sphère invite le Compagnon à mesurer le monde sans oublier le ciel.

Des chapiteaux bibliques aux globes maçonniques

Sphères

Le premier livre des Rois décrit les deux colonnes de bronze dressées par Hiram devant le Temple de Salomon, coiffées de chapiteaux ornés de grenades et de lis. Le texte parle de deux « bourrelets » ou renflements des chapiteaux, que certaines traductions anciennes rendaient par « bols » ou « globes ». Les maçons des XVIIIe et XIXe siècles ont transformé ces formes arrondies en sphères, terrestre et céleste, à l’image des globes que l’on trouvait alors dans les cabinets de curiosités et les bibliothèques savantes.

Dans les rituels et les tableaux de loge

Sur de nombreux tableaux de loge de Compagnon, la sphère terrestre surmonte une colonne et la sphère céleste l’autre. Dans la tradition anglaise, les instructions du deuxième degré expliquent que les colonnes étaient ornées de globes portant les cartes du ciel et de la terre, pour signifier que la maçonnerie est universelle. En France, certains rites placent aussi deux petites sphères sur le plateau du Vénérable ou dans le décor de la loge lors de la cérémonie d’augmentation de salaire. Les usages varient selon les rites et les obédiences, et tous les rituels ne les mentionnent pas.

La terre et le ciel

  • La sphère terrestre renvoie à la géographie, au monde matériel et à l’action de l’homme sur la matière ; certains la rapprochent de l’équerre.
  • La sphère céleste renvoie à l’astronomie, à l’ordre cosmique et à la pensée ; on la rapproche du compas.
  • Ensemble, elles expriment l’union du visible et de l’invisible, du particulier et de l’universel.
  • Elles rappellent que le champ de travail du Compagnon n’a pas de limite : tout l’univers est à étudier.

Le grade de Compagnon et les sciences

Sphères

Le deuxième degré est celui des voyages et de la connaissance. Le Compagnon découvre les sept arts libéraux, dont la géométrie et l’astronomie, et reçoit l’injonction de connaître le monde pour mieux se connaître. Les sphères illustrent ce programme : elles sont à la fois des instruments de savoir, au sens des globes savants de l’époque moderne, et des images de l’harmonie que la géométrie permet de saisir.

Une lecture par le compas

Certains auteurs jugent redondante l’interprétation universaliste, déjà portée par les dimensions symboliques de la loge, qui s’étend de l’Orient à l’Occident et de la terre au zénith. Ils proposent de voir dans les sphères l’expression de la maîtrise du compas : le compas trace le cercle, et la sphère en est le prolongement dans les trois dimensions. Elle signifierait alors l’achèvement d’un savoir-faire devenu savoir-être, la capacité d’étendre la mesure dans toutes les directions.

La sphère, figure de perfection

Depuis Platon et Parménide, la sphère est la figure parfaite : tous ses points sont à égale distance du centre. Les cosmologies antiques et médiévales, de Pythagore à Ptolémée, imaginaient le monde comme un emboîtement de sphères. La sphère armillaire, instrument d’astronomie fait d’anneaux, a servi de modèle à de nombreux décors maçonniques. Ce symbolisme rejoint celui du point au centre du cercle, autre figure chère aux maçons : un centre fixe et un rayon juste.

Le saviez-vous ?

Sur certains tableaux anglais du XIXe siècle, les sphères des colonnes sont parfois figurées comme de vrais globes sur pied, avec méridiens et parallèles, tandis que d’autres tableaux les représentent comme de simples boules ornées de grenades. Cette variété témoigne d’une tradition graphique libre plus que d’un canon fixé.

À retenir

  • Les sphères surmontent les colonnes J et B sur de nombreux tableaux de Compagnon.
  • Elles dérivent d’une lecture des chapiteaux décrits en 1 Rois 7.
  • La tradition anglaise y voit l’universalité de la maçonnerie.
  • D’autres lectures y voient le compas maîtrisé et la totalité de la connaissance.

Voir aussi dans le glossaire : Colonnes, Jakin, Boaz dans la Franc-maçonnerie, Compagnon, Compas, Tableau de Loge (ou Tapis de Loge).

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Glossaire de la franc-maçonnerie

S comme Spéculatif en Franc-maçonnerie

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Le mot spéculatif désigne la Franc-maçonnerie telle qu’elle existe depuis le XVIIIe siècle : une maçonnerie qui ne taille plus la pierre, mais utilise les outils et les légendes des bâtisseurs comme supports d’une réflexion morale, philosophique et symbolique. Il s’oppose à « opératif », qui qualifie les maçons de métier. Le passage de l’un à l’autre, longtemps raconté comme une simple transition, est aujourd’hui étudié de façon plus nuancée par les historiens. Le terme reste central pour comprendre ce que les maçons entendent par « travail ».

Étymologie

Spéculatif

Le mot vient du latin speculari, « observer, guetter », lui-même formé sur specula, le poste d’observation. Le speculum est le miroir. Spéculer, c’est donc d’abord regarder attentivement, puis réfléchir, au double sens du mot. La maçonnerie spéculative est une maçonnerie de la contemplation et de la réflexion, par opposition à la maçonnerie « opérative », du latin operari, travailler, qui bâtit réellement.

Des loges de métier aux loges spéculatives

Les plus anciennes loges documentées sont écossaises : les statuts Schaw de 1598-1599 organisent les loges de maçons de métier, et la loge de Mary’s Chapel à Édimbourg est attestée en 1599. Au XVIIe siècle, ces loges accueillent des membres qui ne sont pas du métier, gentilshommes, savants, notables : on les appelle maçons « acceptés ». En Angleterre, l’antiquaire Elias Ashmole note dans son journal avoir été fait franc-maçon à Warrington le 16 octobre 1646, ce qui en fait l’un des plus anciens cas documentés.

La « théorie de la transition », selon laquelle la maçonnerie spéculative serait née progressivement des loges opératives, est aujourd’hui discutée. Les historiens soulignent que les liens sont réels en Écosse mais plus ténus en Angleterre, et que la maçonnerie spéculative a pu se constituer en partie comme une création originale empruntant le vocabulaire du métier.

1717 et la naissance de l’obédience

En juin 1717, quatre loges londoniennes se réunissent à la taverne L’Oie et le Gril (Goose and Gridiron) et fondent la Grande Loge de Londres et de Westminster. En 1723 paraissent les Constitutions d’Anderson, rédigées par le pasteur James Anderson avec l’appui de Jean Théophile Désaguliers. La maçonnerie spéculative moderne est née : organisée en obédience, elle se diffuse en France à partir des années 1720 et dans toute l’Europe.

Les outils devenus symboles

Auberge Goose and Gridiron « L'Oie et le Grill »
Auberge Goose and Gridiron « L’Oie et le Grill »

Le cœur de la démarche spéculative est la transposition : chaque outil du chantier devient le support d’un enseignement moral.

  • La pierre brute : l’être humain à dégrossir.
  • Le maillet et le ciseau : la volonté et le discernement.
  • L’équerre : la rectitude dans l’action.
  • Le compas : la mesure et la maîtrise de soi.
  • Le niveau et la perpendiculaire : l’égalité et la droiture.
  • La planche à tracer : le plan, la réflexion préalable.

Les globes et les sciences

Dans la tradition anglaise, les deux colonnes du Temple sont surmontées de globes, l’un céleste, l’autre terrestre, qui évoquent l’universalité de la maçonnerie et l’étude du monde. Le grade de Compagnon, dans plusieurs rites, invite à l’étude des sept arts libéraux, grammaire, rhétorique, logique, arithmétique, géométrie, musique et astronomie : le maçon spéculatif est appelé à connaître le monde autant qu’à se connaître lui-même. La géométrie y occupe une place d’honneur, comme science du bâtisseur.

Une construction intérieure

La maçonnerie spéculative ne bâtit plus de cathédrales, mais un « temple intérieur » et, au-delà, un édifice collectif. Le travail porte sur soi, mais il se fait avec les autres : la pierre taillée n’a de sens que si elle s’ajuste à l’édifice. C’est pourquoi le maçon spéculatif reste un bâtisseur : il emprunte au métier non seulement ses images, mais son exigence de précision, de patience et de coopération.

Le saviez-vous ?

Spéculatif

Aujourd’hui encore, les compagnons du Devoir et les autres sociétés compagnonniques, héritiers d’une tradition de métier distincte, sont parfois confondus avec les francs-maçons. Les deux traditions partagent des symboles et des légendes de bâtisseurs, mais leurs histoires, leurs rites et leurs finalités sont différents.

À retenir

  • Spéculatif vient de speculari, observer, réfléchir.
  • Il s’oppose à opératif, la maçonnerie de métier.
  • Les maçons « acceptés » font le lien au XVIIe siècle.
  • 1717 et 1723 marquent la naissance de la maçonnerie spéculative organisée.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Opératif, Accepté : l’acte fondateur de la Franc-maçonnerie spéculative, Pierre brute, Outils, Art Royal dans la Franc-maçonnerie.

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