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Jean Mourgues (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né le 4 septembre 1919 à Salon-de-Provence et mort en 1990 à Menton, Jean Mourgues fut professeur de philosophie, puis chef d’établissement, et une figure intellectuelle du Grand Orient de France, dont il dirigea le Grand Collège des Rites. Penseur d’une maçonnerie à la fois initiatique et humaniste, il a laissé une œuvre dense où la démarche maçonnique est présentée comme une sagesse vécue au quotidien, à commencer par La Pensée maçonnique. Une sagesse pour l’Occident.

Un philosophe de Provence

Jean Mourgues – GODF rue Cadet Paris

Originaire de Salon-de-Provence, Jean Mourgues consacre sa vie professionnelle à l’enseignement : professeur de philosophie, il devient ensuite principal de collège. Cette double expérience de pédagogue et de responsable d’établissement imprègne son écriture, claire, argumentée, soucieuse de transmettre plutôt que d’impressionner.

C’est dans sa ville natale qu’il est reçu franc-maçon, à la fin des années 1930, au sein de la loge L’Unité, à l’orient de Salon-de-Provence, qui relève du Grand Orient de France.

Au cœur du Grand Collège des Rites

Vénérable de la loge Les Arts et l’Amitié de 1961 à 1964, puis de 1965 à 1968, Jean Mourgues s’engage aussi dans les hauts grades. Il dirige pendant de longues années le Grand Collège des Rites, instance du Grand Orient de France qui administre les degrés supérieurs, notamment ceux du Rite français et du Rite écossais ancien et accepté pratiqués dans l’obédience.

Cette responsabilité lui confère une place particulière : dans une obédience souvent associée à l’engagement social et laïque, il défend avec constance la dimension proprement initiatique et symbolique du travail en loge, sans la séparer de l’exigence de liberté de conscience.

Une sagesse pour l’Occident

Son livre majeur, La Pensée maçonnique. Une sagesse pour l’Occident, publié aux Presses universitaires de France à la fin des années 1980, propose une synthèse philosophique de la démarche maçonnique : la franc-maçonnerie y apparaît comme une école de perfectionnement de l’homme, fondée sur le symbole, la méthode et la fraternité, capable d’offrir à l’Occident une sagesse laïque.

Le Choix de l’homme. Une pensée maçonnique au quotidien (PUF, 1990) prolonge cette réflexion vers l’éthique personnelle. Plusieurs textes paraissent après sa mort : Franc-maçonnerie, individu, communauté (Detrad, 1993), De la franc-maçonnerie, ou le Discours de Nîmes (EDIMAF, 1996), puis, chez Dervy en 2002, La Franc-maçonnerie, société initiatique des temps modernes et Religion, révélation, initiation. Certitudes illusoires, où il oppose la voie initiatique aux certitudes dogmatiques.

Principaux ouvrages

  • La Pensée maçonnique. Une sagesse pour l’Occident, PUF, 1988
  • Le Choix de l’homme. Une pensée maçonnique au quotidien, PUF, 1990
  • Franc-maçonnerie, individu, communauté, Detrad aVs, 1993
  • De la franc-maçonnerie, ou le Discours de Nîmes, EDIMAF, 1996
  • La Franc-maçonnerie, société initiatique des temps modernes, Dervy, 2002
  • Religion, révélation, initiation. Certitudes illusoires, Dervy, 2002
  • Carnet de route d’un voyageur sans bagage
  • Les Hommes et les pouvoirs

Une voix initiatique au Grand Orient

Jean Mourgues compte parmi les auteurs qui ont montré que l’exigence initiatique et l’humanisme laïque n’étaient pas contradictoires au sein du Grand Orient de France. Ses livres, régulièrement réédités et encore lus dans les loges, offrent une porte d’entrée philosophique à la méthode maçonnique : un travail sur soi, mené en fraternité, qui refuse les dogmes sans renoncer à la quête de sens. Il reste à ce titre un classique de la littérature maçonnique française de la fin du XXe siècle.

À lire sur 450.fm : Sagesse, Force et Beauté, une triade philosophique et spirituelle, Sacré rituel, L’extravagance meurtrière de la Franc-maçonnerie et du christianisme.

Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Hauts Grades Supérieurs au troisième degré.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Gaston Martin (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né le 26 septembre 1886 à Saint-Aignan-Grandlieu (Loire-Inférieure) et mort le 16 janvier 1960 à Clairac (Lot-et-Garonne), Gaston Martin fut professeur d’histoire à l’université de Bordeaux, député radical-socialiste et franc-maçon du Grand Orient de France. Spécialiste de Nantes, de la traite négrière et de la Révolution, il a signé La Franc-maçonnerie française et la préparation de la Révolution (1925) et un Manuel d’histoire de la franc-maçonnerie française qui fit longtemps autorité. Il fut révoqué et interné sous Vichy.

De l’école normale à l’université

Gaston Martin, historien et député radical

Gaston Martin débute comme instituteur, devient professeur d’école normale puis inspecteur de l’enseignement primaire. Mobilisé dans l’infanterie pendant la Grande Guerre, il est blessé trois fois et décoré de la croix de guerre.

Agrégé et docteur ès lettres, il enseigne l’histoire et la géographie au lycée de Toulouse avant de devenir professeur d’histoire moderne et contemporaine à la faculté des lettres de Bordeaux. Sa thèse, Carrier et sa mission à Nantes (1924), inaugure une œuvre largement consacrée à l’histoire nantaise et révolutionnaire.

L’historien de la traite et de la Révolution

Gaston Martin est l’un des pionniers de l’histoire de la traite atlantique en France. L’Ère des négriers (1714-1774) (1931), Négriers et bois d’ébène (1934) puis l’Histoire de l’esclavage dans les colonies françaises (1948) éclairent le rôle de Nantes dans le commerce des esclaves. En 1932, l’Académie française lui décerne le prix Thérouanne pour ses travaux sur Nantes au XVIIIe siècle.

Il publie aussi sur Marat, les Jacobins, la Révolution de 1848 et Jacques Cartier, ainsi qu’une Doctrine coloniale de la France en 1789 (1935). Membre du Parti radical, il est élu député de Lot-et-Garonne en 1932 dans la circonscription d’Agen ; il siège notamment à la commission d’enquête sur l’affaire Stavisky, avant d’être battu en 1936.

Les loges à la veille de 1789

Membre du Grand Orient de France, Gaston Martin appartient successivement aux loges L’Encyclopédique à Toulouse, La Vraie Fraternité à Agen et Espérance et Fraternité à Clairac, dont il est vénérable en 1947-1948 ; avant la guerre, il exerce aussi des responsabilités au sein de l’obédience. Son livre La Franc-maçonnerie française et la préparation de la Révolution (1925, rééd. PUF 1926) soutient que les loges ont été un laboratoire des idées et des pratiques démocratiques qui allaient triompher en 1789.

Son Manuel d’histoire de la franc-maçonnerie française (PUF, 1929, plusieurs fois réédité) offre l’une des premières synthèses universitaires sur le sujet, tandis que son Essai d’une interprétation symbolique des grades intermédiaires (1932) montre son intérêt pour le symbolisme des hauts grades. Ses thèses sur le rôle révolutionnaire des loges ont été nuancées par l’historiographie ultérieure, mais elles ont durablement structuré le débat.

Révoqué et interné sous Vichy

Les responsabilités maçonniques de Gaston Martin le désignent aux persécutions du régime de Vichy. Révoqué de l’enseignement, il est placé en internement administratif à partir de 1943 au camp d’Évaux-les-Bains, dans la Creuse. Après la Libération, il reprend ses travaux et ses activités maçonniques à Clairac, où il meurt en 1960.

Principaux ouvrages

  • Carrier et sa mission à Nantes, PUF, 1924
  • La Franc-maçonnerie et la préparation de la Révolution de 1789 en France et spécialement en Bretagne, Charles Falandry, 1925 ; PUF, 1926
  • Manuel d’histoire de la franc-maçonnerie française, PUF, 1929 (rééd. 1932, 1934)
  • L’Ère des négriers (1714-1774), Alcan, 1931 ; Karthala, 1993
  • Essai d’une interprétation symbolique des grades intermédiaires, Charles Falandry, 1932
  • Négriers et bois d’ébène, Arthaud, 1934
  • La Doctrine coloniale de la France en 1789, Sirey, 1935
  • J.-P. Marat : l’œil et l’ami du peuple, Rieder, 1938
  • Les Jacobins, PUF, 1945
  • Histoire de l’esclavage dans les colonies françaises, PUF, 1948
  • La Révolution de 1848, PUF, 1948

Un historien engagé de la maçonnerie républicaine

Gaston Martin incarne la figure du maçon républicain de la IIIe République : universitaire, élu radical, défenseur de la laïcité et victime des lois antimaçonniques de Vichy. Ses ouvrages ont fait entrer l’histoire de la franc-maçonnerie à l’université et posé, avec une franche sympathie pour l’Ordre, la question toujours débattue de ses liens avec la Révolution. Ses travaux sur la traite négrière, pionniers, rappellent en outre que l’historien maçon savait regarder en face les zones d’ombre du siècle des Lumières.

À lire sur 450.fm : La Révolution française est-elle un complot franc-maçon ? …ou les théories du complot maçonnique.

Voir aussi dans le glossaire : Bicentenaire de la Révolution française (antimaçonnisme), Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Haine de la laïcité (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

William Kirk MacNulty (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né le 3 décembre 1932 à Long Beach (Californie) et mort le 8 novembre 2020 à Arlington (Virginie), William Kirk MacNulty fut officier des Marines, informaticien puis l’un des essayistes les plus estimés de la maçonnerie anglo-saxonne. Initié en 1961, membre de loges aux États-Unis et en Angleterre, il a proposé une lecture psychologique et kabbalistique du rituel. Son livre Freemasonry: Symbols, Secrets, Significance (2006), traduit en français, reste une référence illustrée du symbolisme maçonnique.

Du théâtre aux Marines

William Kirk MacNulty – VM 16145-003 - Engraving of a Masonic tracing board - 1850-1900

William Kirk MacNulty étudie l’art dramatique à l’université Stanford, dont il sort diplômé en 1955. Il s’engage la même année dans le corps des Marines des États-Unis, où il sert comme officier d’infanterie jusqu’en 1966.

Il se reconvertit ensuite dans l’informatique, comme programmeur, analyste puis responsable de traitement des données, et obtient un MBA à Nashville en 1974. Cette carrière l’amène à vivre successivement à Hawaï, dans le Tennessee, en Angleterre et en Virginie, autant d’étapes qui jalonnent aussi son parcours maçonnique.

Un maçon des deux rives de l’Atlantique

MacNulty est initié en 1961 à la Carson Valley Lodge n° 33, dans le Nevada. Installé en Angleterre, il rejoint en 1976 la Lodge of Living Stones de Leeds, loge réputée pour son intérêt pour le sens spirituel du rituel, qu’il dirige comme vénérable maître en 1979, 1980 et 1991.

Sa réputation de chercheur lui vaut des distinctions prisées : il entre chez les Blue Friars en 2005, est admis en 2008 à la loge de recherche Quatuor Coronati de Londres et reçoit en 2016 une reconnaissance de la Philalethes Society. Il collabore également à Heredom, la revue de la Scottish Rite Research Society.

Le rituel comme carte de l’âme

Formé à la Kabbale dans la tradition dite de Tolède, MacNulty voit dans la maçonnerie un système de développement psychologique et spirituel. Les trois degrés symboliques décrivent pour lui les niveaux de la conscience humaine, et les outils, colonnes et voyages de la loge en sont les images. Il rapproche ce schéma de la Kabbale hermétique et du néoplatonisme de la Renaissance, milieu intellectuel où il situe les sources philosophiques de l’Ordre.

Ses deux livres publiés chez Thames & Hudson ont joué un grand rôle dans la diffusion de cette approche : Freemasonry: A Journey Through Ritual and Symbol (1991) puis Freemasonry: Symbols, Secrets, Significance (2006), richement illustré et traduit en français et en espagnol. Plus tard, Contemplating Craft Freemasonry (2018) rassemble sa réflexion sur la pratique méditative du rituel.

Principaux ouvrages

  • Freemasonry: A Journey Through Ritual and Symbol, Thames & Hudson, 1991
  • The Way of the Craftsman
  • Freemasonry: Symbols, Secrets, Significance, Thames & Hudson, 2006 (traduit en français)
  • Contemplating Craft Freemasonry, Plumbstone, 2018
  • Articles dans Heredom et les publications de loges de recherche

Une voie intérieure pour la maçonnerie anglo-saxonne

Dans un monde maçonnique anglophone souvent tourné vers la sociabilité et la bienfaisance, William Kirk MacNulty a défendu sans relâche l’idée que le rituel est d’abord un outil de transformation intérieure. Classé parmi les auteurs ésotériques maçonniques les plus influents par une loge de recherche californienne, il a inspiré le mouvement des loges dites d’observance traditionnelle et offre au lecteur francophone une passerelle précieuse entre symbolisme maçonnique, Kabbale et psychologie.

Voir aussi dans le glossaire : Kabbale, Tableau de Loge (ou Tapis de Loge), Rituel.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Albert Mackey (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né le 12 mars 1807 à Charleston (Caroline du Sud) et mort le 20 juin 1881 à Fort Monroe (Virginie), Albert Gallatin Mackey est un médecin américain devenu l’un des grands codificateurs de la franc-maçonnerie du XIXe siècle. Grand secrétaire de la Grande Loge de Caroline du Sud et secrétaire général du Suprême Conseil du Rite écossais (Juridiction Sud), il est l’auteur de la monumentale Encyclopedia of Freemasonry et de la célèbre liste des vingt-cinq landmarks, encore discutée aujourd’hui.

Un médecin de Charleston

Albert Mackey, médecin et encyclopédiste maçonnique

Fils de John Mackey, médecin, journaliste et éducateur, Albert Mackey finance ses études en enseignant avant d’obtenir son diplôme du département médical du College of South Carolina en 1832. Installé à Charleston, il devient démonstrateur d’anatomie en 1838 au sein de la faculté de médecine.

En 1844, il prend une décision qui oriente toute sa vie : il abandonne la pratique médicale pour se consacrer à l’écriture et à l’étude de la franc-maçonnerie. Le praticien devient publiciste, éditeur et jurisconsulte de l’Ordre.

Une carrière au sommet de la maçonnerie américaine

Vénérable de la Solomon’s Lodge n° 1 de Charleston en 1843, Mackey est ensuite grand conférencier puis grand secrétaire de la Grande Loge de Caroline du Sud. Il exerce également les fonctions de secrétaire général du Suprême Conseil du Rite écossais ancien et accepté pour la Juridiction Sud des États-Unis, dont le siège historique est précisément à Charleston.

En 1849, il fonde The Southern and Western Masonic Miscellany, hebdomadaire maçonnique, signe de sa volonté de donner à la maçonnerie américaine une culture écrite et une doctrine commune. Il côtoie dans le Rite écossais Albert Pike, qui allait en devenir le Souverain Grand Commandeur.

Le législateur des landmarks

Mackey s’attache très tôt à définir ce qu’est la maçonnerie régulière. Dans ses travaux de droit maçonnique, notamment The Principles of Masonic Law (1856), il formule une liste de vingt-cinq landmarks, ces règles anciennes et immuables qu’aucune Grande Loge ne pourrait modifier : croyance en un Grand Architecte, légende du troisième degré, secret des modes de reconnaissance, présence du Volume de la Loi sacrée, exclusion des femmes, entre autres.

Cette liste a été adoptée telle quelle ou adaptée par de nombreuses juridictions américaines et reste une référence dans les débats sur la régularité. Elle est aussi abondamment critiquée : bien des historiens soulignent que plusieurs de ces landmarks n’ont rien d’immémorial et reflètent la maçonnerie américaine du milieu du XIXe siècle.

L’encyclopédiste et l’homme public

Son Lexicon of Freemasonry (1845, plusieurs fois révisé) annonce l’œuvre majeure : l’Encyclopedia of Freemasonry and its Kindred Sciences, publiée à partir de 1873, sa contribution la plus importante à la littérature maçonnique. Rééditée et révisée bien après sa mort, elle a servi de référence à des générations de maçons anglophones. The Symbolism of Freemasonry (1882) et une History of Freemasonry publiée à titre posthume complètent cet ensemble.

Unioniste dans un Sud sécessionniste, Mackey est nommé receveur du port de Charleston en 1865, puis préside en 1868 la convention constitutionnelle de Caroline du Sud ; il échoue de peu, la même année, à se faire élire au Sénat des États-Unis.

Principaux ouvrages

  • A Lexicon of Freemasonry, 1845 (rééd. révisées 1852, 1869)
  • The Mystic Tie
  • The Principles of Masonic Law, 1856
  • Encyclopedia of Freemasonry and its Kindred Sciences, 1873
  • The Symbolism of Freemasonry, 1882
  • The History of Freemasonry: Its Legends and Traditions, publication posthume

Une autorité toujours citée

Plus d’un siècle après sa mort, Albert Mackey demeure l’un des auteurs les plus cités de la maçonnerie anglo-saxonne. Ses landmarks continuent de structurer, explicitement ou non, la notion de régularité dans de nombreuses obédiences, et son encyclopédie reste un point de départ commode pour quiconque aborde le symbolisme et l’histoire de l’Ordre. Lu avec recul, il témoigne surtout de l’effort d’une époque pour doter la franc-maçonnerie d’un corpus juridique et doctrinal stable.

À lire sur 450.fm : La loi de Douglas : quand l’espace maçonnique se remplit de chaos, L’Est constitue le repère maçonnique… pourtant l’histoire de la cartographie ne l’entend pas ainsi, Témoignage de maçon anglais : « Je suis régulier ».

Voir aussi dans le glossaire : Landmarks, Régularité, Grande Loge, Symbolisme.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Robert Lomas (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né en 1947 en Grande-Bretagne, Robert Lomas est un ingénieur de formation, docteur en physique et longtemps enseignant à l’université de Bradford, devenu l’un des auteurs maçonniques les plus lus du monde anglophone. Avec Christopher Knight, il signe en 1996 The Hiram Key (La Clé d’Hiram), best-seller international qui fait remonter les rites maçonniques à l’Égypte ancienne et aux Templiers. Prolifique, souvent contesté par les historiens, il a contribué plus que quiconque à populariser la question des origines de l’Ordre.

D’un laboratoire de physique aux amphithéâtres de gestion

Robert Lomas, écrivain et universitaire britannique

Robert Lomas obtient à l’université de Salford un diplôme d’ingénieur en électronique avec mention très bien, puis un doctorat en physique du solide consacré aux structures cristallines. Sa carrière professionnelle le conduit d’abord vers l’industrie : il travaille sur des systèmes d’armes électroniques, puis sur des systèmes de commandement destinés aux services d’urgence.

Il rejoint ensuite l’école de management de l’université de Bradford, où il enseigne les systèmes d’information. Il en est aujourd’hui fellow retraité et participe régulièrement au festival international des sciences des Orcades. Cette double culture, scientifique et technique, nourrit un style d’enquête qui se veut rationnel, même lorsque ses conclusions s’aventurent loin des sentiers académiques.

La Clé d’Hiram, un phénomène éditorial

C’est en duo avec Christopher Knight que Lomas fait irruption dans la littérature maçonnique. Paru en 1996, The Hiram Key: Pharaohs, Freemasons and the Discovery of the Secret Scrolls of Jesus propose une généalogie spectaculaire : la légende d’Hiram et le rituel du troisième degré prolongeraient un rite de royauté égyptien, transmis par la communauté de Jérusalem puis redécouvert par les Templiers, avant de resurgir dans la maçonnerie écossaise.

Le livre devient un best-seller international et paraît en français chez Dervy sous le titre La Clé d’Hiram. Il ouvre une série de suites : The Second Messiah (1997), consacré aux Templiers et au suaire de Turin, Uriel’s Machine (1999), sur l’astronomie néolithique, puis The Book of Hiram (2004), qui relie franc-maçonnerie, Vénus et figure de Jésus.

Un franc-maçon qui explore son propre rituel

Seul, Lomas élargit son terrain. The Invisible College (2002) explore le rôle des francs-maçons dans la fondation de la Royal Society au XVIIe siècle, une piste qui intéresse vivement les historiens des sciences. Turning the Hiram Key (2005) adopte un ton plus personnel : l’auteur y décrit l’expérience intérieure du rituel et la manière dont les cérémonies agissent sur celui qui les vit.

Suivent The Secrets of Freemasonry (2006), Turning the Solomon Key (2006), consacré à George Washington et aux symboles de la capitale fédérale, Turning the Templar Key (2007) et, plus tard, The Templar Genesis of Freemasonry (2018). Hors du champ maçonnique, on lui doit une biographie de Nikola Tesla, The Man Who Invented the Twentieth Century (1999), ainsi que des traductions de l’écrivain gallois Daniel Owen.

Une œuvre populaire et discutée

Robert Lomas – The Hiram Key Live wgt11

Le succès de Lomas est inséparable des critiques qu’il suscite. Plusieurs historiens et chercheurs maçonniques reprochent à ses thèses, notamment à celles développées avec Knight, de manquer de fondement documentaire ; leur Masonic Testament a ainsi été qualifié d’invention d’auteurs à l’imagination fertile. Ses défenseurs y voient au contraire une porte d’entrée stimulante vers des questions que l’histoire officielle laissait de côté.

Certains francs-maçons ont même avancé que Lomas aurait pu inspirer le personnage du professeur Robert Langdon, héros du Da Vinci Code de Dan Brown, hypothèse jamais confirmée mais révélatrice de la place qu’occupent ses livres dans l’imaginaire contemporain.

Principaux ouvrages

  • The Hiram Key (avec Christopher Knight), Century, 1996 ; trad. fr. La Clé d’Hiram, Dervy, 1997
  • The Second Messiah (avec Christopher Knight), 1997
  • Uriel’s Machine (avec Christopher Knight), 1999
  • The Man Who Invented the Twentieth Century, 1999
  • The Invisible College, 2002
  • The Book of Hiram (avec Christopher Knight), 2004
  • Turning the Hiram Key, 2005
  • The Secrets of Freemasonry, 2006
  • Turning the Solomon Key, 2006
  • Turning the Templar Key, 2007
  • The Templar Genesis of Freemasonry, 2018

Un passeur plus qu’un historien

Robert Lomas occupe une place singulière dans la littérature maçonnique : celle d’un vulgarisateur à succès qui a fait sortir la question des origines de l’Ordre des cercles spécialisés. Ses hypothèses égyptiennes et templières restent rejetées par l’historiographie universitaire, mais ses livres ont amené des milliers de lecteurs, maçons ou profanes, à s’interroger sur la légende d’Hiram, le Temple de Salomon et le sens du rituel. On peut les lire comme un témoignage sur la quête de sens qui traverse la maçonnerie contemporaine, à condition de les confronter aux travaux des historiens.

À lire sur 450.fm : Le Troisième Œil et la Franc-Maçonnerie : une quête d’illumination intérieure, Et la parole fut perdue…, 24/02/24 :  »Un regard sur la Franc-maçonnerie en Bretagne » par la Grande Loge Traditionnelle de France, à Lorient (Morbihan).

Voir aussi dans le glossaire : Hiram, Templiers (antimaçonnisme), Troisième degré, Rituel.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Marius Lepage (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né à Château-Gontier en 1902 et mort à Laval en 1972, Marius Lepage est un écrivain et franc-maçon français. Fonctionnaire de la préfecture de la Mayenne, vénérable de la loge Volney du Grand Orient de France pendant dix-sept ans, il fut aussi rédacteur en chef puis directeur de la revue Le Symbolisme. Son livre L’Ordre et les Obédiences (1956) défend une maçonnerie universelle, distincte des structures administratives qui l’incarnent.

Un enfant de la Mayenne

Marius Lepage – Laval (Mayenne) - La Mayenne, le Pont-Vieux, le château (explore 10-02-24) - Fli

Né à Château-Gontier sous le nom de Marius Lucien Louis Joseph Lepage, abandonné à la naissance, il est élevé par un oncle postier à Laval. Boursier au lycée de la ville, il obtient le baccalauréat en 1921, accomplit trois années de service militaire, puis entre par concours en 1928 à la préfecture de la Mayenne, où il deviendra chef de division.

La même année, il adhère à la SFIO et devient secrétaire de la section socialiste de Laval jusqu’en 1932. Volontaire en 1939-1940, il est aussi un sportif engagé, capitaine de l’équipe de water-polo du Stade lavallois.

La loge Volney, une vie d’atelier

Marius Lepage est initié le 24 janvier 1926 dans la loge Volney, à l’Orient de Laval, du Grand Orient de France. Il la dirige sans interruption comme vénérable maître de 1946 à 1963, faisant de cet atelier provincial un lieu de travail symbolique et de réflexion reconnu bien au-delà de la Mayenne.

Avec André Bouton, il publie en 1951 une Histoire de la franc-maçonnerie dans la Mayenne (1756-1951), contribution à l’histoire locale des loges.

Le Symbolisme et le dialogue avec l’Église

Héritier de la revue fondée par Oswald Wirth, Lepage devient rédacteur en chef de la revue Le Symbolisme en 1945, puis son directeur de 1956 à 1971. Il y signe de nombreux articles, comme « Rose+Croix et Franc-Maçonnerie » (1951), dans un numéro qui rend aussi hommage à René Guénon, alors tout juste disparu.

En 1961, il invite à la loge Volney le jésuite Michel Riquet pour une conférence sur la position catholique face à l’athéisme. L’initiative, audacieuse dans le contexte du Grand Orient de l’époque, lui vaut des poursuites disciplinaires dont il sort acquitté en première instance comme en appel.

Du Grand Orient à la GLNF

En 1963, Marius Lepage quitte le Grand Orient de France pour la Grande Loge nationale française, où il fonde la loge Ambroise Paré. Ce choix traduit sa conception d’une maçonnerie attachée aux usages traditionnels et à la référence spirituelle.

L’Ordre et les Obédiences. Histoire et doctrine de la franc-maçonnerie, paru en 1956 à partir d’articles publiés dans Le Symbolisme, développe la distinction entre l’Ordre maçonnique universel et les obédiences qui l’administrent. Lecteur attentif de la littérature anglo-saxonne, il y traduit et discute notamment les textes sur les landmarks. Le livre a été réédité par Dervy en 1999.

Principaux ouvrages

  • Histoire de la franc-maçonnerie dans la Mayenne (1756-1951) (avec André Bouton), 1951
  • L’Ordre et les Obédiences. Histoire et doctrine de la franc-maçonnerie, 1956 ; rééd. Dervy, 1999
  • Nombreux articles dans Le Symbolisme, 1945-1971

Un pont entre les maçonneries

Marius Lepage reste l’une des figures les plus attachantes de la maçonnerie française du milieu du XXe siècle : un maçon de province, autodidacte et érudit, qui a fait de sa loge un laboratoire et de sa revue une tribune. Sa distinction entre l’Ordre et les obédiences, son ouverture au dialogue avec l’Église et son passage du Grand Orient à la GLNF en font un témoin des tensions qui ont traversé la maçonnerie française, entre engagement laïque et quête traditionnelle. L’Ordre et les Obédiences demeure une lecture utile pour qui s’interroge sur l’unité de la franc-maçonnerie au-delà de ses divisions.

À lire sur 450.fm : Quand le maillet s’éternise, la transmission s’inquiète, Saint-Claudius ou la mémoire retrouvée d’une Maçonnerie qui pense, La Franc-maçonnerie, qu’est-ce donc ?.

Voir aussi dans le glossaire : Obédience, Landmarks, Sautoir de Vénérable Maître.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Frédéric Lenoir (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né en 1962 à Tananarive, Frédéric Lenoir est un philosophe, sociologue des religions et écrivain français. Docteur de l’EHESS, ancien directeur du Monde des religions et producteur des Racines du ciel sur France Culture, il est l’un des auteurs les plus lus en France sur la spiritualité. Il a consacré à la franc-maçonnerie, avec la journaliste Marie-France Etchegoin, La Saga des francs-maçons (2009), synthèse grand public sur l’histoire, les rites et les légendes des loges.

De Fribourg à l’EHESS

Frédéric Lenoir, philosophe et historien des religions

Frédéric Lenoir étudie la philosophie à l’université de Fribourg, en Suisse, de 1980 à 1985. Il consacre ensuite à la rencontre du bouddhisme et de l’Occident une thèse de sociologie soutenue à l’École des hautes études en sciences sociales, qui nourrit ses ouvrages sur le bouddhisme en France.

De 1986 à 1991, il est directeur littéraire aux éditions Fayard, avant de collaborer à L’Express à partir de 1996.

Un passeur du fait religieux

De 2004 à 2013, il dirige le magazine Le Monde des religions et, de 2009 à 2016, il produit et anime Les Racines du ciel sur France Culture. Ses essais, comme Les Métamorphoses de Dieu (2003), Le Christ philosophe (2007) ou Petit traité d’histoire des religions (2008), rencontrent un large public.

Il s’essaie aussi au roman, avec La Promesse de l’ange (Albin Michel, 2004, avec Violette Cabesos) ou L’Oracle della Luna (Albin Michel, 2006), où l’histoire religieuse et l’ésotérisme nourrissent l’intrigue. En 2015, il cofonde la fondation SEVE (Savoir Être et Vivre Ensemble).

Décrypter les mythes

Avec la journaliste Marie-France Etchegoin, Frédéric Lenoir a fait du décryptage des grands succès de librairie un exercice à part entière. Code Da Vinci : l’enquête (Robert Laffont, 2004) confrontait déjà le roman de Dan Brown aux données de l’histoire.

Le duo renouvelle l’exercice en novembre 2009 avec La Saga des francs-maçons, publiée chez Robert Laffont au moment où Le Symbole perdu, du même Dan Brown, met la maçonnerie américaine sous les projecteurs.

La Saga des francs-maçons

Frédéric Lenoir – Frédéric Lenoir 03917 déc 2014

L’ouvrage se donne pour objectif de répondre à des questions simples : pourquoi et comment la franc-maçonnerie est-elle née ? Quels sont ses rites et ses enseignements, ses liens avec la religion, la nébuleuse ésotérique ou la politique ? Il parcourt guerres, révolutions et conspirations, en Europe et en Amérique, en s’efforçant de démasquer préjugés et légendes.

Rien n’indique que Frédéric Lenoir soit lui-même franc-maçon : il aborde le sujet en historien des religions et en vulgarisateur, avec la distance de l’observateur.

Principaux ouvrages

  • Les Métamorphoses de Dieu, Plon, 2003
  • Code Da Vinci : l’enquête (avec Marie-France Etchegoin), Robert Laffont, 2004
  • La Promesse de l’ange (avec Violette Cabesos), Albin Michel, 2004
  • L’Oracle della Luna, Albin Michel, 2006
  • Le Christ philosophe, Plon, 2007
  • Petit traité d’histoire des religions, Plon, 2008
  • Socrate, Jésus, Bouddha. Trois maîtres de vie, Fayard, 2009
  • La Saga des francs-maçons (avec Marie-France Etchegoin), Robert Laffont, 2009

Un vulgarisateur au seuil du Temple

Frédéric Lenoir n’est pas un spécialiste de la maçonnerie, et son apport tient en un livre. Mais La Saga des francs-maçons a joué un rôle réel de vulgarisation : publié au moment où le roman de Dan Brown relançait les fantasmes autour des loges, il a offert à un vaste public une synthèse lisible, distinguant faits historiques et légendes. Pour les maçons, l’ouvrage témoigne de l’intérêt que porte à leur tradition un historien des religions reconnu, qui la situe dans le grand paysage des spiritualités occidentales.

À lire sur 450.fm : Grenoble 2026 : les Rencontres Écossaises du SCPLF-REAA, RdV incontournable de la rentrée maçonnique, Laïcité, Spiritualité et Franc-maçonnerie, Robert Redeker et Heinz Wismann lauréats de la 4e édition du Prix littéraire des Rencontres Écossaises.

Voir aussi dans le glossaire : Légende noire (antimaçonnisme), Ésotérisme.

Glossaire de la franc-maçonnerie

René Le Forestier (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né en 1868 et mort en 1951, René Le Forestier est un historien français spécialiste des rapports entre franc-maçonnerie et occultisme, en France et en Allemagne. Sans jamais avoir été initié, il s’est imposé comme l’un des meilleurs connaisseurs des systèmes maçonniques du XVIIIe siècle. Sa thèse sur Les Illuminés de Bavière et la franc-maçonnerie allemande et sa somme posthume, La Franc-maçonnerie templière et occultiste aux XVIIIe et XIXe siècles, restent des références.

Un savant resté profane

René Le Forestier – Johann Adam Weishaupt

Les éléments biographiques sur René Le Forestier, né le 22 janvier 1868 et mort le 8 novembre 1951, sont peu nombreux. Ce que l’on retient de lui tient dans son œuvre : celle d’un érudit qui, sans avoir jamais adhéré à la franc-maçonnerie, est devenu de son vivant un connaisseur reconnu de la maçonnologie et de l’occultisme.

Cette position extérieure fait sa force : ni apologiste ni adversaire, il aborde les rites, les grades et les légendes en historien, à partir des archives et des imprimés.

Les Illuminés de Bavière

Sa thèse de doctorat, soutenue devant la Faculté des lettres de l’Université de Paris et publiée en 1914, est consacrée aux Illuminés de Bavière et la franc-maçonnerie allemande. Il y reconstitue l’histoire de l’ordre fondé en 1776 par Adam Weishaupt, ses ambitions, son recrutement dans les loges allemandes et sa dissolution.

Le livre fait un sort aux fantasmes complotistes qui entouraient les Illuminati depuis la Révolution française, tout en attirant l’attention des chercheurs sur la Stricte Observance templière, le système maçonnique chevaleresque qui domine alors l’Allemagne. Il a été plusieurs fois réédité.

Des Élus Coëns aux hauts grades écossais

En 1928, Le Forestier publie deux études importantes. La Franc-maçonnerie occultiste au XVIIIe siècle et l’Ordre des Élus Coëns est consacrée au système théurgique de Martinès de Pasqually, dont sont issus Louis-Claude de Saint-Martin et Jean-Baptiste Willermoz. L’Occultisme et la franc-maçonnerie écossaise (Perrin) explore les hauts grades et leurs emprunts à l’hermétisme.

Il s’intéresse aussi à la maçonnerie féminine et aux loges d’adoption, ainsi qu’aux grades dévoilés au XVIIIe siècle, comme dans sa réédition des Plus secrets mystères des hauts grades de la maçonnerie dévoilés.

Une somme posthume

René Le Forestier – Minerval insignia

Son grand œuvre paraît dix-neuf ans après sa mort : La Franc-maçonnerie templière et occultiste aux XVIIIe et XIXe siècles, publiée en 1970 chez Aubier-Montaigne et Nauwelaerts par Antoine Faivre, avec une introduction d’Alec Mellor. Plus de mille pages y retracent l’histoire de la Stricte Observance, du convent de Wilhelmsbad et du Régime rectifié.

Antoine Faivre a également édité L’Occultisme en France aux XIXe et XXe siècles. L’Église gnostique (Archè, 1990), autre inédit de l’historien.

Principaux ouvrages

  • Les Illuminés de Bavière et la franc-maçonnerie allemande, thèse, Paris, 1914
  • L’Occultisme et la franc-maçonnerie écossaise, Perrin, 1928
  • La Franc-maçonnerie occultiste au XVIIIe siècle et l’Ordre des Élus Coëns, 1928
  • La Franc-maçonnerie templière et occultiste aux XVIIIe et XIXe siècles, Aubier-Montaigne / Nauwelaerts, 1970 (posthume)
  • Maçonnerie féminine et loges académiques, Archè, 1979 (posthume)
  • L’Occultisme en France aux XIXe et XXe siècles. L’Église gnostique, Archè, 1990 (posthume)

Le fondateur de l’histoire savante des rites

René Le Forestier a posé les fondations d’une histoire rigoureuse des systèmes maçonniques du XVIIIe siècle. Avant lui, l’histoire des hauts grades, des Élus Coëns ou de la Stricte Observance oscillait entre légende et polémique ; avec lui, elle devient un objet de recherche documenté. Les historiens de l’ésotérisme occidental, Antoine Faivre en tête, se sont réclamés de son travail, et aucun chercheur s’intéressant au Rite écossais rectifié, au martinisme ou aux Illuminati ne peut faire l’économie de ses livres.

À lire sur 450.fm : La franc-maçonnerie et les Illuminati.

Voir aussi dans le glossaire : Hauts Grades Supérieurs au troisième degré.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Renaud Lecadre (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Journaliste à Libération, spécialisé dans les affaires économiques et financières, Renaud Lecadre est un enquêteur de la presse française. Son nom figure dans la bibliographie maçonnique pour Les Frères invisibles, enquête cosignée en 2001 avec Ghislaine Ottenheimer chez Albin Michel, qui revisite les affaires politico-financières des années 1980 et 1990 sous l’angle des réseaux maçonniques. Le livre, très lu, a aussi été vivement discuté et a donné lieu à une condamnation pour diffamation.

Un spécialiste des affaires à Libération

Renaud Lecadre – Hôtel du Grand Orient (de France), rue Cadet (9e arrondissement) - btv1b53146537

Renaud Lecadre fait carrière à Libération, où il couvre les dossiers économiques, financiers et judiciaires. Il suit les grands scandales qui ont marqué la vie publique française, des affaires bancaires aux conflits d’intérêts entre monde des affaires et politique.

En 2000, il cosigne avec Nathalie Raulin Vincent Bolloré. Enquête sur un capitaliste au-dessus de tout soupçon (Denoël), portrait d’un des grands patrons français.

Les Frères invisibles

En 2001, avec la journaliste Ghislaine Ottenheimer, il publie chez Albin Michel Les Frères invisibles. Enquête sur les dérives de la franc-maçonnerie. Selon Le Monde, le livre « revisite toutes les affaires politico-financières des quinze dernières années » à travers les solidarités maçonniques supposées ou avérées, notamment dans le sud-est de la France, un sujet qui occupe alors largement la presse.

L’ouvrage rencontre un large public et contribue au débat sur la transparence des appartenances maçonniques dans la magistrature, la police ou les collectivités locales.

Critiques et procès

Le livre suscite aussi des débats : plusieurs historiens de la franc-maçonnerie lui reprochent certaines approximations et un regard d’enquête parfois sévère sur les loges.

L’épisode illustre la difficulté d’enquêter sur des réseaux discrets, entre exigence d’information et respect des personnes.

D’autres enquêtes collectives

Renaud Lecadre participe ensuite à des ouvrages collectifs, comme Histoire secrète de la Ve République (La Découverte, 2006), dirigé par Roger Faligot et Jean Guisnel, et publie Les Super Bonus du foot (Presses de la Cité, 2010), consacré à l’argent du football professionnel.

Principaux ouvrages

  • Vincent Bolloré. Enquête sur un capitaliste au-dessus de tout soupçon (avec Nathalie Raulin), Denoël, 2000
  • Les Frères invisibles. Enquête sur les dérives de la franc-maçonnerie (avec Ghislaine Ottenheimer), Albin Michel, 2001
  • Histoire secrète de la Ve République (ouvrage collectif), La Découverte, 2006
  • Les Super Bonus du foot, Presses de la Cité, 2010

Un regard journalistique sur les réseaux

Renaud Lecadre n’est pas un historien de la franc-maçonnerie, mais Les Frères invisibles occupe une place à part dans la littérature consacrée aux loges : celle de l’enquête journalistique sur les affaires, au tournant des années 2000, quand la question des réseaux maçonniques agitait la presse et la justice. À lire de manière critique, en tenant compte des réserves des historiens et de la décision de justice, le livre reste un témoignage sur la perception publique de la maçonnerie à cette époque et sur les débats qui ont conduit les obédiences à renforcer leur vigilance.

À lire sur 450.fm : Le Dessin de François Morel : « Il est minuit Docteur Schweitzer » , 250 ans du Grand Orient : comment la franc-maçonnerie perd peu à peu en influence, 250 ans du Grand Orient : comment la franc-maçonnerie a peu à peu perdu en influence.

Voir aussi dans le glossaire : Obédience, Fraternité.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Albert Lantoine (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né à Arras le 31 janvier 1869 et mort à Paris le 20 avril 1949, Albert Lantoine est un poète, romancier et historien français de la franc-maçonnerie. Proche des milieux symbolistes, ami de Verlaine, il devient l’un des grands érudits de l’entre-deux-guerres et le bibliothécaire de la Grande Loge de France. Son Histoire de la franc-maçonnerie française et sa Lettre au Souverain Pontife (1937) en font une figure majeure de la maçonnologie de son temps.

Un poète de la Belle Époque

Albert Lantoine, poète et historien de la maçonnerie

Albert Lantoine publie ses premiers vers à dix-huit ans dans L’Écho des Rosati, à Arras. Monté à Paris, il fréquente les cercles littéraires de la fin du siècle et rencontre Paul Verlaine, auquel il consacrera plus tard Paul Verlaine et quelques-uns (1920). Il donne des recueils et des récits, de Pierre d’Iris (Lemerre, 1889) à Elisçuah (1896) et La Caserne (1899).

En 1895, il épouse Blanche Côté, aquarelliste ; après la disparition de celle-ci en 1915, il se remarie avec Marguerite Dessubré, libraire du « Bibliomane ».

Du Droit humain à la Grande Loge de France

Lantoine est initié au Droit humain, dans la loge n° 1, le même jour que son épouse. Il rejoint ensuite la Grande Loge symbolique écossaise, où il préside en 1903 la loge La Jérusalem écossaise, et participe en 1913 à la fondation de la Grande Loge mixte symbolique.

Son nom reste surtout attaché à la Grande Loge de France, dont il est le bibliothécaire jusqu’en 1939. Il y fonde et dirige la loge Le Portique et s’élève dans le Rite écossais ancien et accepté jusqu’au 33e degré.

L’historien de la maçonnerie française

À partir de 1925, Lantoine publie chez Émile Nourry une Histoire de la franc-maçonnerie française en plusieurs volumes, La Franc-Maçonnerie chez elle, La Franc-Maçonnerie dans l’État et Le Rite écossais ancien et accepté. Sans appareil universitaire, mais nourrie par sa connaissance des archives, l’œuvre est l’une des premières grandes synthèses françaises sur le sujet.

Il s’attaque aussi aux légendes : il tient la fameuse charte de Larmenius, censée relier les hauts grades aux Templiers, pour un document de circonstance. Il consacre un essai à John Toland, « précurseur de la franc-maçonnerie » (1927), et un recueil de méditations symboliques, Hiram couronné d’épines (1926).

La Lettre au pape et les années sombres

Albert Lantoine – FM1 (1)-FM1 (541).Archives centrales. France. Grand Orient de France. Grande Log

En 1937 paraît aux Éditions du Symbolisme, avec une préface d’Oswald Wirth, sa Lettre au Souverain Pontife, adressée au pape Pie XI et plaidant pour un apaisement entre l’Église et la franc-maçonnerie. Suivent Les Lézardes du Temple (1939) et Les Sociétés secrètes actuelles en Europe et en Amérique (PUF, 1940).

Sous l’Occupation, la Gestapo saisit sa bibliothèque et ses manuscrits. Après la Libération, ulcéré par les questions qu’on lui pose sur son attitude pendant la guerre, il cesse toute activité maçonnique. Finis Latomorum paraît à titre posthume en 1950.

Principaux ouvrages

  • Pierre d’Iris, Lemerre, 1889
  • Paul Verlaine et quelques-uns, Le Livre mensuel, 1920
  • Histoire de la franc-maçonnerie française, plusieurs volumes, Émile Nourry, à partir de 1925
  • Hiram couronné d’épines, Émile Nourry, 1926
  • Un précurseur de la franc-maçonnerie : John Toland (1670-1722), Émile Nourry, 1927
  • Lettre au Souverain Pontife, Éditions du Symbolisme, 1937
  • Les Lézardes du Temple, Éditions du Symbolisme, 1939
  • Les Sociétés secrètes actuelles en Europe et en Amérique, PUF, 1940
  • Finis Latomorum, Éditions de l’Hermite, 1950 (posthume)

Le lettré de la maçonnerie écossaise

Albert Lantoine incarne une figure de maçon lettré, venu de la poésie à l’histoire, qui a su donner à la Grande Loge de France une mémoire écrite et une bibliothèque. Ses synthèses historiques ont été dépassées par la recherche universitaire, mais elles ont ouvert la voie et restent appréciées pour leur style et leur esprit critique à l’égard des légendes. Sa Lettre au Souverain Pontife demeure un document marquant des relations entre la maçonnerie et l’Église dans l’entre-deux-guerres.

À lire sur 450.fm : Pourquoi des écrivains et des chroniqueurs Francs-maçons écrivent-ils sous pseudo ?, Rencontre au miroir du temps avec Oswald Wirth, Quand le maillet s’éternise, la transmission s’inquiète.

Voir aussi dans le glossaire : Templiers (antimaçonnisme), Hiram.

Glossaire de la franc-maçonnerie