Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
Vous avez un code promo ?

Le Bicentenaire de la Révolution française, célébré en 1989, fut un moment de mémoire nationale, mais aussi un révélateur de tensions profondes autour de l’héritage révolutionnaire.

Le ministère de la Culture rappelle que les cérémonies du 14 juillet 1989 furent organisées par le ministère et par la Mission du Bicentenaire, présidée par Jean-Noël Jeanneney, historien, universitaire, homme politique et grande figure de la mémoire publique, tandis que la grande parade des Champs-Élysées fut conçue par Jean-Paul Goude, graphiste, illustrateur, photographe, metteur en scène et réalisateur de films publicitaires, dont l’imaginaire visuel donna à la commémoration une dimension spectaculaire, populaire et symbolique.
La Révolution, foyer obsessionnel
Pour l’antimaçonnisme, la Révolution française demeure un foyer obsessionnel. Elle est l’événement où le soupçon croit voir la main cachée des loges, des philosophes, des sociétés secrètes et des ennemis de l’autel. En 1989, la commémoration ne se limitait donc pas à célébrer une date. Elle ranimait, chez certains adversaires de la modernité politique, la vieille inquiétude devant la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, devant la citoyenneté, devant la souveraineté nationale, devant la laïcisation progressive de l’espace public.
Le Bicentenaire fut ainsi un miroir. Les uns y voyaient la célébration d’un héritage universel, celui de la liberté, de l’égalité civique et de la rupture avec les privilèges. Les autres y voyaient la glorification d’une fracture, parfois interprétée comme le fruit d’une entreprise antichrétienne et maçonnique. Dans cette lecture hostile, la franc-maçonnerie redevenait l’ombre portée de 1789, la chambre secrète où l’histoire aurait été écrite avant d’être jouée.
Une lecture initiatique de l’héritage
La pensée initiatique n’a pas à transformer la Révolution en mythe pur. Elle peut en reconnaître la grandeur, les violences, les contradictions, les promesses, les gouffres. Mais elle doit refuser la réduction complotiste. La Révolution française ne fut pas une simple exécution de plan. Elle fut une tempête historique. L’antimaçonnisme veut y voir un atelier caché. L’histoire y révèle un peuple, des idées, des crises, des passions, des espérances et des tragédies.
Voir aussi : Révolution française, Droits de l’homme, République, Laïcité, Fabrique du soupçon.

Notice extraite de l’Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme de Yonnel Ghernaouti.
Pour aller plus loin

