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Philippe Langlet (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né à Lens en 1948, Philippe Langlet est un universitaire et franc-maçon français, initié à la Grande Loge de France en 1969. Angliciste de formation, docteur en sciences du langage, il s’est spécialisé dans l’étude des textes fondateurs et des premiers rituels de la franc-maçonnerie, qu’il traduit, édite et commente. De Des Rits maçonniques à son édition de la Constitution des Francs-Maçons de 1723, il a rendu accessibles des sources essentielles.

De l’anglais aux sciences du langage

Philippe Langlet – langlet-philippe

Philippe Langlet suit d’abord une formation universitaire en anglais, atout décisif pour qui s’intéresse aux origines britanniques de la maçonnerie spéculative. Il soutient beaucoup plus tard, en 2009, un doctorat en sciences du langage, discipline qui irrigue toute son approche des rituels : vocabulaire, formules, codes et structures des textes.

Initié en 1969 à la Grande Loge de France, il mène de front pratique maçonnique et travail de chercheur, publiant dans des revues maçonniques comme Ordo ab Chao ou les Cahiers Villard de Honnecourt, mais aussi dans des revues universitaires telles que Protée.

Revenir aux sources

Son entreprise centrale consiste à revenir aux documents. Les deux volumes de Des Rits maçonniques (Dervy, 1996 et 1998) comparent les usages rituels et leur évolution. Les Textes fondateurs de la franc-maçonnerie (Dervy, 2006) rassemble et traduit les manuscrits et documents anciens, des Old Charges aux premières divulgations.

Il consacre des éditions commentées au manuscrit Regius, le plus ancien des Old Charges, et à la Constitution des Francs-Maçons de 1723 de James Anderson (Honoré Champion, 2018), texte fondateur de la Grande Loge de Londres.

Symboles, mots et images

Linguiste, Philippe Langlet s’intéresse aux mots de passe, aux formules et aux systèmes d’écriture : Schibboleth (2009) ou Systèmes de cryptage maçonnique (2012) en témoignent. Il explore aussi les racines bibliques et chrétiennes de l’imaginaire maçonnique avec Les Sources chrétiennes de la légende d’Hiram (Dervy, 2009) et La Bible et la Loge (2010).

Lectures d’images de la Franc-Maçonnerie (Dervy, 2013) applique la même rigueur à l’iconographie, tableaux de loge et gravures anciennes.

Une lecture anthropologique

Philippe Langlet – Anderson'sConstitutions

Avec Rites de passage et Franc-Maçonnerie (Honoré Champion, 2015), il place l’initiation maçonnique dans la perspective anthropologique des rites de passage, dans la lignée d’Arnold Van Gennep. Plus récemment, Les Trois Coups espacés (Dervy, 2022) poursuit son exploration des gestes et usages rituels.

Principaux ouvrages

  • Des Rits maçonniques I, Dervy, 1996
  • Des Rits maçonniques II, Dervy, 1998
  • Les Plus Belles Prières des francs-maçons, Dervy, 2001
  • Les Textes fondateurs de la franc-maçonnerie, Dervy, 2006
  • Les Sources chrétiennes de la légende d’Hiram, Dervy, 2009
  • Schibboleth, La Hutte, 2009
  • La Bible et la Loge, La Hutte, 2010
  • Systèmes de cryptage maçonnique, La Hutte, 2012
  • Lectures d’images de la Franc-Maçonnerie, Dervy, 2013
  • Rites de passage et Franc-Maçonnerie, Honoré Champion, 2015
  • La Constitution des Francs-Maçons, 1723, Honoré Champion, 2018
  • Le MS. Regius, Cépaduès, 2021

Un passeur de textes

Philippe Langlet appartient à cette famille de chercheurs maçons qui préfèrent le document à la légende. En traduisant, éditant et commentant les textes fondateurs, du Regius aux Constitutions d’Anderson, il a mis entre les mains des lecteurs francophones les sources sans lesquelles l’histoire des rituels reste conjecturale. Son regard de linguiste et d’anthropologue apporte en outre une méthode : lire le rite comme un langage, avec ses mots, ses gestes et ses codes. Ses ouvrages sont devenus des outils de travail pour les ateliers comme pour les chercheurs.

À lire sur 450.fm : « Points de Vue Initiatiques » n°221 – « Au début… », l’initiation comme art de recommencer, La purification, une quête universelle de transformation, Franc-maçonnerie, Décryptage de sa théâtralité.

Voir aussi dans le glossaire : Anciens Devoirs (Old Charges), Rituel, Hiram.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Michel Jarrige (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Agrégé et docteur en histoire, diplômé en sciences religieuses, Michel Jarrige est un historien français spécialiste de l’antimaçonnerie sous la Troisième République. Ses travaux sur les ligues et publications hostiles aux loges à la Belle Époque, sur l’Action française ou sur l’attitude de l’Église, ont renouvelé la connaissance d’un pan longtemps négligé de l’histoire maçonnique. Il s’est aussi penché sur les courants ésotériques, de Memphis-Misraïm au martinisme.

Un universitaire aux confins de l’histoire religieuse

Michel Jarrige – Forces occultes

Michel Jarrige est agrégé et docteur en histoire, titulaire d’un diplôme en sciences religieuses et officier des Palmes académiques. Ce double ancrage, historien de formation et connaisseur des faits religieux, éclaire l’ensemble de son œuvre, qui interroge les rapports entre institutions religieuses, mouvements politiques et sociétés initiatiques.

Ses premières publications relèvent de la vulgarisation historique, comme L’Islam du VIIe au XVe siècle (Hachette Jeunesse, 1990), avant que ses recherches ne se concentrent sur la franc-maçonnerie et ses adversaires.

Radiographie de l’antimaçonnerie à la Belle Époque

Son ouvrage majeur, L’Antimaçonnerie en France à la Belle Époque, publié à Milan par Archè en 2006, étudie les personnalités, mentalités, structures et modes d’action des organisations antimaçonniques entre 1899 et 1914. Au lendemain de l’affaire des Fiches et en pleine bataille de la Séparation, l’hostilité aux loges se structure en ligues, revues et réseaux militants que l’auteur décrit avec précision.

Il a complété cette étude par Antimaçonnerie et Action française à la Belle Époque (BCM, 2005), consacré à l’usage de la question maçonnique par le mouvement de Charles Maurras, puis par Antimaçonnerie et Hauts Grades, 1884-1939 (SFERE, 2009).

L’Église face aux loges

Les rapports entre catholicisme et franc-maçonnerie constituent l’autre grand chantier de Michel Jarrige. L’Église et les francs-maçons dans la tourmente (Arguments, 1999), puis L’Église et la Franc-Maçonnerie (Jean-Cyrille Godefroy, 2010), retracent les condamnations pontificales, les polémiques et les tentatives de dialogue qui ont jalonné cette relation conflictuelle.

Il a également contribué au Dictionnaire de la franc-maçonnerie dirigé par Daniel Ligou (PUF, 2006), ouvrage de référence de la maçonnologie française.

Rites égyptiens et martinisme

Dans un registre plus ésotérique, Memphis-Misraïm, une voie d’éveil spirituel ? (2013) passe au crible le rite dit égyptien : filiations revendiquées, échelle de 99 degrés, Arcana Arcanorum, scissions à répétition. Selon les recensions, l’auteur s’y efforce de ne sacrifier ni à la légende ni à la critique facile. Martinisme initiatique et traditionnel (Edilivre, 2017) applique la même démarche aux ordres martinistes.

Principaux ouvrages

  • L’Islam du VIIe au XVe siècle, Hachette Jeunesse, 1990
  • L’Église et les francs-maçons dans la tourmente, Arguments, 1999
  • Antimaçonnerie et Action française à la Belle Époque, BCM, 2005
  • L’Antimaçonnerie en France à la Belle Époque, Archè, 2006
  • Antimaçonnerie et Hauts Grades, 1884-1939, SFERE, 2009
  • L’Église et la Franc-Maçonnerie, Jean-Cyrille Godefroy, 2010
  • Memphis-Misraïm, une voie d’éveil spirituel ?, Lulu, 2013
  • Martinisme initiatique et traditionnel, Edilivre, 2017

Comprendre la maçonnerie par ses adversaires

Michel Jarrige a choisi un angle original : éclairer l’histoire de la franc-maçonnerie à travers celle de ses ennemis. En reconstituant les réseaux antimaçonniques de la Troisième République, il montre combien l’image publique des loges s’est construite dans la polémique, entre fantasmes complotistes et luttes politiques bien réelles. Ses livres sur l’Église et sur les rites ésotériques complètent ce tableau et offrent aux lecteurs maçons comme aux historiens des outils pour comprendre des débats qui, sous d’autres formes, n’ont pas disparu.

À lire sur 450.fm : Exclusif : Le gang des repentis de la Franc-maçonnerie enfin identifié – Gros plan sur 7 membres !!!.

Voir aussi dans le glossaire : Hauts Grades Supérieurs au troisième degré.

Glossaire de la franc-maçonnerie

René Guénon (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né à Blois en 1886 et mort au Caire en 1951, René Guénon est l’un des penseurs les plus influents de l’ésotérisme du XXe siècle. Passé par les milieux occultistes parisiens, initié en loge à la Grande Loge de France, puis musulman soufi installé en Égypte sous le nom d’Abdel Wahed Yahia, il a élaboré une doctrine de la Tradition primordiale et de l’initiation qui a profondément marqué la franc-maçonnerie. Aperçus sur l’initiation et ses Études sur la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage restent des références.

Un jeune Blésois chez les occultistes

René Guénon, métaphysicien et penseur de la Tradition

René Guénon naît à Blois le 15 novembre 1886 dans une famille catholique d’origine angevine. Élève brillant en lettres comme en sciences, il gagne Paris pour préparer les grandes écoles, mais abandonne ses études supérieures vers 1905 pour fréquenter les cercles occultistes animés par Papus.

En quelques années, il est reçu dans l’Ordre martiniste, ordonné dans l’Église gnostique sous le nom de Palingenius et fonde en 1908 un éphémère Ordre du Temple rénové, avant de rompre avec les organisations papusiennes. De 1909 à 1912, ses articles dans la revue La Gnose révèlent déjà une maîtrise remarquable des doctrines orientales.

La loge Thébah et l’engagement maçonnique

Vers 1912, Guénon est initié dans la loge Thébah, de la Grande Loge de France, qui travaille au Rite écossais ancien et accepté. Paradoxe apparent, il collabore aussi en 1913-1914, sous le pseudonyme du « Sphinx », à La France antimaçonnique, où il s’en prend surtout aux dérives occultistes et à la maçonnerie qu’il juge sécularisée.

Sa position, qu’il affinera toute sa vie, est constante : malgré ses déviations modernes, la franc-maçonnerie demeure, avec le compagnonnage, l’une des rares organisations initiatiques authentiques subsistant en Occident, à condition qu’elle préserve la régularité de sa transmission et le sens de ses symboles.

Tradition primordiale et critique du monde moderne

Dans les années 1920, Guénon publie une série de livres qui fondent sa réputation : Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues (1921), Le Théosophisme (1921), L’Erreur spirite (1923), Orient et Occident (1924), Le Roi du Monde et La Crise du monde moderne (1927). Il y développe l’idée d’une Tradition primordiale, source commune des grandes traditions, et dresse un réquisitoire contre la modernité occidentale.

Il distingue soigneusement l’initiation, transmission effective d’une influence spirituelle par une organisation régulière, des pseudo-initiations occultistes, et forge la notion de « contre-initiation » pour désigner les forces qui s’emploieraient à subvertir les traditions.

Le Caire, Études traditionnelles et l’œuvre maçonnique

René Guénon – rene guenon et la Tradition occidentale4

Rattaché très tôt au soufisme, Guénon s’installe au Caire en 1930 et y vit en musulman sous le nom d’Abdel Wahed Yahia jusqu’à sa mort, le 7 janvier 1951. De là, il nourrit la revue Le Voile d’Isis, devenue Études traditionnelles, de très nombreux articles et comptes rendus.

Beaucoup portent sur la maçonnerie : symbolisme de la pierre angulaire, de la voûte, des outils, question des hauts grades, régularité. Ils seront rassemblés après sa mort dans les deux volumes des Études sur la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage, tandis que Aperçus sur l’initiation (1946) et Initiation et réalisation spirituelle exposent sa doctrine de l’initiation.

Après la guerre, un courant « guénonien » se structure au sein de la maçonnerie française. À la Grande Loge de France, la loge La Grande Triade, dont le nom reprend le titre d’un de ses livres, se veut fidèle à ses vues. Plusieurs auteurs maçons, comme Denys Roman avec René Guénon et les destins de la franc-maçonnerie, ont prolongé sa réflexion sur la vocation initiatique de l’Ordre.

Principaux ouvrages

  • Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues, Marcel Rivière, 1921
  • Le Théosophisme, histoire d’une pseudo-religion, Nouvelle Librairie nationale, 1921
  • L’Erreur spirite, Marcel Rivière, 1923
  • L’Ésotérisme de Dante, 1925
  • Le Roi du Monde, 1927
  • La Crise du monde moderne, Bossard, 1927
  • Le Symbolisme de la Croix, Véga, 1931
  • Le Règne de la quantité et les signes des temps, Gallimard, 1945
  • Aperçus sur l’initiation, Éditions traditionnelles, 1946
  • La Grande Triade, Gallimard, 1946
  • Symboles fondamentaux de la Science sacrée, Gallimard, 1962 (posthume)
  • Études sur la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage, 2 vol., Éditions traditionnelles, 1964-1965 (posthume)

Le maître à penser de la maçonnerie traditionnelle

René Guénon a donné à une partie de la franc-maçonnerie française un vocabulaire et une grille de lecture : initiation régulière, influence spirituelle, symbolisme opératif, distinction entre ésotérisme et occultisme. Son œuvre, exigeante et souvent polémique, a nourri des générations de maçons en quête d’une maçonnerie spiritualiste, attachée au sens des rites plutôt qu’à l’engagement sociétal. On peut contester ses thèses historiques ou son pessimisme à l’égard du monde moderne, mais il est impossible de comprendre le paysage symbolique et ésotérique des loges au XXe siècle sans passer par lui.

À lire sur 450.fm : « Le Chant des sables » de Yann Leray – Le désert, les pierres et le secret de l’Un, 24-25/09/26 – Journées Papus 2026 : de Barlet aux étoiles, de Papus à la mémoire vive, Le voyage initiatique d’Ulysse.

Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Tradition et contre-tradition (antimaçonnisme), Régularité, Symbolisme.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Michèle Goslar (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Née à Bruxelles le 26 février 1948, Michèle Goslar est une professeure, écrivaine et biographe belge. Fondatrice du Centre international de documentation Marguerite Yourcenar, elle s’est imposée comme l’une des meilleures connaisseuses de l’autrice des Mémoires d’Hadrien. Elle a ensuite consacré plus d’une décennie à l’architecte Victor Horta, dont elle a mis en lumière la dette envers la franc-maçonnerie bruxelloise, notamment la loge Les Amis philanthropes, dans une monographie majeure parue en 2012.

Une enseignante formée à l’ULB

Michèle Goslar, biographe et historienne de l’art belge

Michèle Goslar obtient en 1968 un diplôme de régente, puis poursuit des études à l’Université libre de Bruxelles, où elle devient licenciée en philosophie et lettres (philologie romane) et agrégée de l’enseignement secondaire supérieur en 1973. Son mémoire, consacré à la rhétorique, est dirigé par le linguiste Albert Henry.

Elle enseigne ensuite à tous les niveaux, du primaire à l’université, avant d’être nommée à titre définitif à l’Athénée royal de Molenbeek-Saint-Jean en 1984.

Au service de Marguerite Yourcenar

La mort de Marguerite Yourcenar, en 1987, oriente sa vie de chercheuse. Michèle Goslar se lance dans une enquête biographique au long cours et crée à Bruxelles le Centre international de documentation Marguerite Yourcenar (CIDMY), officiellement constitué en 1989, qu’elle anime bénévolement.

Il en sortira une série de livres, dont la biographie Yourcenar. « Qu’il eût été fade d’être heureux » (Racine et Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 1998), Le Visage secret de M. Yourcenar (2001) ou Marguerite Yourcenar. Regards sur la Belgique (2003). Elle signe aussi la notice consacrée à l’écrivaine dans la Nouvelle Biographie nationale de Belgique.

Horta et la loge des Amis philanthropes

À partir de 1998, elle se tourne vers Victor Horta, figure tutélaire de l’Art nouveau bruxellois. Après plusieurs études préparatoires, notamment sur l’hôtel Hallet ou l’hôpital Brugmann, elle publie en 2012 Victor Horta (1861-1947). L’homme. L’architecte. L’Art nouveau, fruit d’une douzaine d’années de recherches.

Son apport le plus neuf touche à la franc-maçonnerie. Interrogée par La Libre Belgique puis par la RTBF, elle défend une thèse sans ambiguïté : « sans la loge, on n’aurait pas les trois quarts de l’œuvre de Victor Horta ». Membre des Amis philanthropes, l’architecte y a trouvé une formation intellectuelle, un milieu progressiste et surtout une grande partie de ses commanditaires, des maisons Autrique et Tassel aux commandes de la famille Solvay, sans oublier la Maison du Peuple, dont elle déplore la démolition comme un « crime de lèse-patrimoine ».

Une biographe entre lettres et architecture

Michèle Goslar – Victor Horta

Le parcours de Michèle Goslar relie deux mondes rarement associés : la littérature, avec Yourcenar, et l’architecture, avec Horta. Dans les deux cas, la méthode est celle d’une biographe patiente, attentive aux archives, aux correspondances et aux réseaux de sociabilité. Elle a également publié un article dans la revue de libre pensée bruxelloise La Pensée et les Hommes (2007).

Principaux ouvrages

  • Les Voyages de Marguerite Yourcenar, CIDMY, 1996
  • Yourcenar. Biographie. « Qu’il eût été fade d’être heureux », Racine / ARLLFB, 1998
  • Le Visage secret de M. Yourcenar, La Renaissance du livre, 2001
  • Marguerite Yourcenar. Regards sur la Belgique, Racine, 2003
  • Antinoüs, de la pierre à l’écriture de Mémoires d’Hadrien, CIDMY, 2007
  • Marguerite Yourcenar. Le bris des routines, La Quinzaine littéraire-Louis Vuitton, 2009
  • Hôtel Hallet, signé Horta, Avant-Propos, 2011
  • Victor Horta (1861-1947). L’homme. L’architecte. L’Art nouveau, Fonds Mercator, 2012
  • Yourcenar en images, Racine, 2017

L’Art nouveau à l’ombre des colonnes

Michèle Goslar n’écrit pas sur la franc-maçonnerie en tant que telle, mais son travail sur Victor Horta en éclaire un aspect essentiel : le rôle des loges bruxelloises comme foyer de sociabilité, de mécénat et de modernité à la fin du XIXe siècle. En montrant comment les Amis philanthropes ont nourri la carrière de l’architecte et lui ont fourni ses principaux clients, elle fournit un cas d’école sur l’influence culturelle de la maçonnerie libérale belge. Son livre s’impose ainsi aux historiens de l’Art nouveau comme à ceux de la franc-maçonnerie.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Mère, Libre pensée (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

Éric Giacometti (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né en 1963, Éric Giacometti est un journaliste d’investigation devenu romancier et scénariste de bande dessinée. Ancien chef de service au Parisien, spécialiste des scandales sanitaires, il a créé en 2005 avec le franc-maçon Jacques Ravenne le commissaire Antoine Marcas, policier initié dont les enquêtes mêlent intrigue criminelle, histoire secrète et symbolisme des loges. Ouverte par Le Rituel de l’ombre, la série a fait découvrir la franc-maçonnerie à des centaines de milliers de lecteurs.

Un journaliste des scandales sanitaires

Éric Giacometti, romancier et scénariste de BD

Avant la fiction, il y a l’enquête. Éric Giacometti fait carrière au quotidien Le Parisien, où il dirige des services dans les rubriques société puis économie et finance, jusqu’en 2012. De 1997 à 2002, il se spécialise dans les affaires de santé publique : sang contaminé, hormone de croissance, Isoméride, risques liés à certains vaccins. Ses compétences lui valent d’être auditionné en 2011 par des commissions parlementaires lors du scandale du Mediator. Il enseigne également au Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ).

Son premier roman, Pannes de cœur (2004), est directement inspiré d’une enquête sur des stimulateurs cardiaques défaillants : la méthode du reporter, documentation serrée et goût du dossier, restera la marque de son écriture.

La rencontre avec Jacques Ravenne

À la fin des années 1990, Giacometti enquête sur les réseaux maçonniques de la Côte d’Azur, un sujet alors brûlant dans la presse. Cette immersion le met sur la route de Jacques Ravenne, écrivain et franc-maçon. Le duo repose sur une complémentarité assumée : au profane le regard extérieur, le sens du rythme et de l’intrigue ; à l’initié la connaissance des rituels, des grades et de l’histoire de l’Ordre.

Dans les entretiens qu’ils donnent, les deux auteurs expliquent travailler à partir d’un « secret » central autour duquel se construit l’intrigue. Giacometti y porte sur la maçonnerie un regard à la fois intéressé et critique, reconnaissant son apport humaniste tout en relevant que certains s’en sont servis plus qu’ils ne l’ont servie.

Antoine Marcas, le commissaire initié

Publié au Fleuve noir en 2005, Le Rituel de l’ombre lance le personnage d’Antoine Marcas, commissaire de police et franc-maçon. Suivent notamment Conjuration Casanova (2006), Le Frère de sang (2007), La Croix des assassins (2008), Lux Tenebrae (2010), Le Septième Templier (2011) ou Le Règne des Illuminati (2014). Chaque volume associe une enquête contemporaine à un épisode réel ou légendaire de l’histoire maçonnique et ésotérique : templiers, illuminés de Bavière, Révolution française, alchimie.

La série, poursuivie chez JC Lattès à partir de L’Empire du Graal (2016), dépasse selon Wikipédia les 2,5 millions d’exemplaires vendus en France et a été traduite dans dix-sept pays. Elle a été adaptée en bande dessinée chez Delcourt entre 2012 et 2016.

Du Soleil noir à Largo Winch

Éric Giacometti – Eric Giacometti - Salon du livre de Paris 2010

À partir de 2018, le tandem ouvre avec Le Triomphe des ténèbres la saga du Soleil noir, thriller historique situé pendant la Seconde Guerre mondiale, centré sur Tristan Marcas et sur la quête de reliques convoitées par les dignitaires nazis. Les volumes se succèdent, de La Nuit du mal (2019) à Le Livre des merveilles (2024).

En parallèle, Giacometti devient en 2017 le scénariste de Largo Winch, succédant à Jean Van Hamme chez Dupuis. Il cosigne aussi avec la pneumologue Irène Frachon la bande dessinée Mediator, un crime chimiquement pur (2023), retour à ses enquêtes de journaliste. Il a en outre participé à un documentaire consacré aux archives maçonniques spoliées pendant la guerre, diffusé en 2016 sur France 5 et la RTBF.

Principaux ouvrages

  • Le Rituel de l’ombre (avec Jacques Ravenne), Fleuve noir, 2005
  • Conjuration Casanova (avec Jacques Ravenne), Fleuve noir, 2006
  • Le Frère de sang (avec Jacques Ravenne), Fleuve noir, 2007
  • La Croix des assassins (avec Jacques Ravenne), Fleuve noir, 2008
  • Apocalypse (avec Jacques Ravenne), Fleuve noir, 2009
  • Lux Tenebrae (avec Jacques Ravenne), Fleuve noir, 2010
  • Le Septième Templier (avec Jacques Ravenne), Fleuve noir, 2011
  • Le Temple noir (avec Jacques Ravenne), Fleuve noir, 2012
  • Le Règne des Illuminati (avec Jacques Ravenne), Fleuve noir, 2014
  • L’Empire du Graal (avec Jacques Ravenne), JC Lattès, 2016
  • Le Triomphe des ténèbres (avec Jacques Ravenne), JC Lattès, 2018
  • La Clef et la Croix (avec Jacques Ravenne), JC Lattès, 2024
  • Les Enquêtes d’Antoine Marcas (avec Jacques Ravenne), série de romans, Fleuve noir puis Pocket, 2005-2024

Le thriller maçonnique grand public

Éric Giacometti n’est ni historien ni initié, mais il a contribué plus que beaucoup d’essayistes à installer la franc-maçonnerie dans l’imaginaire populaire français. Avec Jacques Ravenne, il a inventé un genre, le thriller maçonnique à la française, qui emprunte au roman d’aventures ses ressorts et aux loges leurs symboles, leurs rituels et leurs légendes. Si la fiction prend des libertés avec l’histoire, la série Marcas a servi de porte d’entrée à de nombreux lecteurs, curieux ensuite d’aller vérifier dans les livres d’histoire ce que recouvrent les templiers, les Illuminati ou le grade de Maître.

À lire sur 450.fm : La Revue de Presse FM France & Monde, « Lire Magazine » juillet-août 2026, l’été des livres et le focus Jacques Ravenne, quand la lecture devient passage, « Humanisme N°351 » – Le compas levé contre les identités closes.

Voir aussi dans le glossaire : Rituel, Templiers (antimaçonnisme), Profane, Initiation.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Johann Gottlieb Fichte (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né en 1762 à Rammenau, en Haute-Lusace saxonne, et mort à Berlin en 1814, Johann Gottlieb Fichte est l’une des grandes figures de l’idéalisme allemand, entre Kant et Hegel. Auteur de la Doctrine de la science et des Discours à la nation allemande, il fut aussi, brièvement, un franc-maçon actif à Berlin. Les leçons qu’il prononça devant des frères de la Royal York, publiées en 1802-1803, sont connues en français sous le titre Philosophie de la maçonnerie.

D’un village saxon à la pensée de Kant

Johann Gottlieb Fichte, philosophe de l’idéalisme allemand

Fils d’un modeste tisserand de Rammenau, Fichte doit ses études à un protecteur. Il fréquente l’école de Meissen puis la prestigieuse école de Pforta, avant d’étudier la théologie à Iéna et à Leipzig. Précepteur à Zurich de 1788 à 1792, il découvre en 1790 la philosophie de Kant, qui bouleverse sa pensée.

En 1792, il rend visite à Kant à Königsberg et publie l’Essai d’une critique de toute révélation, d’abord attribué à Kant lui-même : le livre le rend célèbre du jour au lendemain.

La Doctrine de la science et la querelle de l’athéisme

Professeur à Iéna de 1793 à 1799, Fichte y élabore sa Doctrine de la science (Wissenschaftslehre, 1794-1795), système qui fait du moi agissant le principe de toute connaissance – une « démonstration scientifique de la liberté », selon Émile Bréhier. Suivent les Leçons sur la destination du savant (1794), les Fondements du droit naturel (1796-1797) et le Système de l’éthique (1798).

En 1799, accusé d’athéisme (l’Atheismusstreit), il doit quitter Iéna et s’installe à Berlin. Il y publie L’État commercial fermé (1800), enseigne à Erlangen, puis prononce en 1807-1808 ses Discours à la nation allemande, appel à la régénération par l’éducation face à la domination napoléonienne. Premier recteur élu de la nouvelle université de Berlin en 1811, il meurt en 1814 du typhus.

Un frère de passage à Berlin

Johann Gottlieb Fichte – 20100731030DR Dresden-Plauen Johann Gottlieb Fichte Medaillon

Initié dans les années 1790, Fichte s’engage activement dans la vie maçonnique berlinoise à son arrivée dans la capitale prussienne. Il collabore avec Ignaz Aurelius Fessler, réformateur de la Grande Loge Royal York de l’Amitié, et prononce en 1800 devant des frères de cette obédience des leçons sur le sens et la finalité de la franc-maçonnerie.

Ces conférences paraissent en 1802-1803 sous forme de lettres, dans une revue maçonnique éditée par un frère. Fichte y présente la loge comme une institution destinée à compenser l’unilatéralité de la formation imposée par les métiers et les états de la société, afin de former l’homme dans sa totalité et de préparer une transformation de l’humanité. Déçu par les querelles internes et l’écart entre l’idéal et la pratique des loges, il s’éloigne cependant assez vite de l’Ordre.

Principaux ouvrages

  • Philosophie de la maçonnerie et autres textes, trad. Ives Radrizzani, Vrin
  • Essai d’une critique de toute révélation, 1792
  • Fondement de toute la doctrine de la science, 1794-1795
  • Leçons sur la destination du savant, 1794
  • Fondement du droit naturel, 1796-1797
  • Le Système de l’éthique, 1798
  • L’État commercial fermé, 1800
  • Discours à la nation allemande, 1807-1808
  • Entretiens sur la franc-maçonnerie, Paris, Éd. Trédaniel, janvier 1990

Le philosophe qui voulut penser la loge

Le passage de Fichte en maçonnerie fut bref, mais il a laissé l’une des rares réflexions philosophiques d’envergure sur la finalité de l’Ordre. En voyant dans la loge un lieu de formation intégrale de l’homme, complémentaire de l’État et de l’Église, il inscrit la franc-maçonnerie dans le grand projet des Lumières et de l’idéalisme : faire advenir une humanité libre. Ses leçons, rééditées et traduites, restent une lecture stimulante pour qui s’interroge sur le sens du travail en loge.

À lire sur 450.fm : « La Franc-maçonnerie n’est plus ce qu’elle était » selon Mauro Cerulli, Franc-maçonnerie et ésotérisme en Russie depuis le XVIIIe siècle (Partie 1), Société secrète : Skull and Bones.

Voir aussi dans le glossaire : Lumières (trois), Initiation, Loge Mère.

Glossaire de la franc-maçonnerie

José Antonio Ferrer Benimeli (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né à Huesca en 1934, José Antonio Ferrer Benimeli est un prêtre jésuite et historien espagnol, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Saragosse. Fondateur du Centre d’études historiques de la franc-maçonnerie espagnole (CEHME), il est le grand spécialiste de la maçonnerie ibérique et ibéro-américaine. Son œuvre maîtresse, Masonería, Iglesia e Ilustración (4 vol., 1977-1982), a renouvelé l’étude des condamnations pontificales de la franc-maçonnerie.

Un jésuite à l’université de Saragosse

José Antonio Ferrer Benimeli – Clement XII

José Antonio Ferrer Benimeli voit le jour à Huesca, en Aragon, le 24 mars 1934. Membre de la Compagnie de Jésus, il est licencié en philosophie, lettres et histoire et docteur en philosophie et lettres. Il fait carrière à l’université de Saragosse comme professeur d’histoire contemporaine et devient en 2002 membre correspondant de la Real Academia de la Historia.

Le CEHME et les symposiums d’histoire maçonnique

Ferrer Benimeli fonde et dirige le Centre d’études historiques de la franc-maçonnerie espagnole (CEHME), qui organise depuis des décennies des symposiums internationaux consacrés à la maçonnerie espagnole et ibéro-américaine. Ces rencontres, dont les actes forment une collection de référence, ont fait sortir l’histoire maçonnique espagnole du registre polémique hérité du franquisme pour l’inscrire dans la recherche universitaire.

Il a également été vice-président de la Société d’étude du XVIIIe siècle et le premier titulaire de la chaire Théodore Verhaegen de l’Université libre de Bruxelles, consacrée à l’étude de la franc-maçonnerie – un symbole fort, pour un jésuite, dans une université fondée par un grand maître maçonnique.

L’Église face aux loges

Sa thèse monumentale, Masonería, Iglesia e Ilustración (4 volumes, 1977-1982), examine les condamnations romaines de la franc-maçonnerie au XVIIIe siècle, à partir notamment des archives du Vatican. Il y montre la part des motifs politiques et juridiques dans les bulles pontificales, au-delà des seules raisons doctrinales. Son travail est souvent cité comme une contribution au rapprochement entre la franc-maçonnerie et l’Église catholique.

Il a aussi démonté, dans El contubernio judeo-masónico-comunista (1982), le mythe de propagande franquiste qui associait maçons, juifs et communistes dans un même complot.

Une œuvre foisonnante

Auteur de plusieurs dizaines de livres, il a publié une Historia de la masonería española (1989), une Bibliografía de la masonería (1977), La masonería en Aragón (1979), Voltaire, Servet y la tolerancia (1980) ou encore Jefes de gobierno masones : España, 1868-1936 (La Esfera de los Libros, 2007). En français, il a signé La franc-maçonnerie et la politique religieuse de la IIe République espagnole (Arkheia, 2009).

Principaux ouvrages

  • Masonería, Iglesia e Ilustración, 4 vol., 1977-1982
  • Bibliografía de la masonería, 1977
  • Masonería en Aragón, 1979
  • Voltaire, Servet y la tolerancia, 1980
  • El contubernio judeo-masónico-comunista, 1982
  • La masonería en la historia de España, 1985
  • Historia de la masonería española, 1989
  • La masonería española, Istmo, 1995
  • La masonería, Alianza Editorial, 2002
  • Jefes de gobierno masones : España, 1868-1936, La Esfera de los Libros, 2007
  • La franc-maçonnerie et la politique religieuse de la IIe République espagnole, Arkheia, 2009

Le refondateur de l’histoire maçonnique espagnole

Peu d’historiens ont autant fait pour l’étude scientifique de la franc-maçonnerie dans le monde hispanique que José Antonio Ferrer Benimeli. Jésuite et non initié, il a abordé les loges avec la rigueur de l’archiviste, sans hostilité ni complaisance, et formé autour du CEHME plusieurs générations de chercheurs. Ses travaux sur les condamnations pontificales restent incontournables pour comprendre la longue histoire des relations entre l’Église et la maçonnerie.

À lire sur 450.fm : Ils ne se cachent même plus !, Cadix est le centre de l’histoire de la franc-maçonnerie depuis ce vendredi, ESPAGNE : « Pour être admis dans la Franc-Maçonnerie il faut être un homme, libre, croyant et de bonnes mœurs ».

Voir aussi dans le glossaire : Accusation de secret (antimaçonnisme), Lumières (trois).

Glossaire de la franc-maçonnerie

Jean-André Faucher (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né à Clichy en 1921 et mort à Paris en 1999, Jean-André Faucher est un journaliste français au parcours politique mouvementé, de l’extrême droite des années 1930-1940 à l’entourage de François Mitterrand. Franc-maçon de la Grande Loge de France, dont il fut grand secrétaire en 1977, il est l’auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation sur l’Ordre, dont une Histoire de la franc-maçonnerie en France (1968, avec Achille Ricker) et un Dictionnaire historique des francs-maçons (1988).

Une jeunesse dans les remous de l’Occupation

Jean-André Faucher – 37.13 Tracing board

Engagé dès seize ans au Parti populaire français de Jacques Doriot, Jean-André Faucher devient en 1939 secrétaire à la Jeunesse du PPF à Paris. Sous Vichy, il rejoint la Légion française des combattants et les Chantiers de jeunesse, devient délégué à la propagande du maréchal Pétain et collabore à Je suis partout. À la Libération, il est condamné à mort par contumace et vit plusieurs années dans la clandestinité.

Sous le pseudonyme de « colonel Clark », il est mêlé au Plan bleu, complot visant la IVe République ; arrêté en 1950, il est condamné à vingt mois de prison.

Un journaliste aux mille plumes

Faucher mène ensuite une longue carrière de journaliste dans des titres très divers – Rivarol, Minute, Valeurs actuelles, Le Spectacle du monde – sous de multiples pseudonymes, dont Asmodée, Le Cousin Jean ou Eugène de Rastignac. Il publie plusieurs livres sur la guerre d’Algérie et la vie politique, d’L’Algérie rebelle (1957) à La Gauche française sous de Gaulle (1969).

À partir de 1965, il participe au rapprochement entre le Parti radical et François Mitterrand. Après 1981, il siège au Conseil économique et social, puis conseille le gouvernement sur l’outre-mer et la Nouvelle-Calédonie. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1986.

Grand secrétaire de la Grande Loge de France

Initié à la Grande Loge de France, Jean-André Faucher y exerce en 1977 la fonction de grand secrétaire. Il fonde plus tard sa propre structure, la Grande Loge d’Orient et d’Occident. Son itinéraire maçonnique, comme son parcours politique, témoigne d’un goût marqué pour les réseaux et les coulisses du pouvoir.

Le vulgarisateur de l’histoire maçonnique

Son œuvre maçonnique s’ouvre avec l’Histoire de la franc-maçonnerie en France, coécrite avec Achille Ricker (Nouvelles Éditions latines, 1968), suivie de La Franc-maçonnerie, vous connaissez ? (1977). Il publie ensuite une Histoire de la Grande Loge de France, 1738-1980 (Albatros, 1981), un Dictionnaire maçonnique (Jean Picollec, réédité chez Dervy), Les Francs-maçons et le pouvoir (Perrin, 1986) et un Dictionnaire historique des francs-maçons (Perrin, 1988). Ces livres, rédigés dans un style journalistique, visent un large public.

Principaux ouvrages

  • Histoire de la franc-maçonnerie en France (avec Achille Ricker), Nouvelles Éditions latines, 1968
  • La Franc-maçonnerie, vous connaissez ? (avec Achille Ricker), Nouvelles Éditions latines, 1977
  • Histoire de la Grande Loge de France, 1738-1980, Albatros, 1981
  • Dictionnaire maçonnique, Jean Picollec (rééd. Dervy)
  • Les Francs-maçons et le pouvoir, Perrin, 1986
  • Dictionnaire historique des francs-maçons, Perrin, 1988
  • L’Algérie rebelle, Éditions du Grand Damier, 1957
  • Le Quatrième pouvoir, EPP, 1968
  • La Gauche française sous de Gaulle, J. Didier, 1969
  • Histoire du nazisme (4 tomes), Éditions du Gerfaut, 1984

Un passeur controversé

Jean-André Faucher reste une figure atypique de l’édition maçonnique : un homme dont le passé de jeunesse contraste avec les valeurs proclamées par l’Ordre, mais qui a exercé de hautes responsabilités à la Grande Loge de France et largement contribué à faire connaître l’histoire maçonnique au grand public. Ses dictionnaires et ses synthèses, plus journalistiques qu’universitaires, ont longtemps servi de premiers outils de consultation et témoignent de la vulgarisation maçonnique de la seconde moitié du XXe siècle.

À lire sur 450.fm : Sous le bandeau de l’ombre – La franc-maçonnerie française à l’épreuve de 1939-1945.

Voir aussi dans le glossaire : Obédience.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Bruno Étienne (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né en 1937 à La Tronche (Isère) et mort en 2009 à Aix-en-Provence, Bruno Étienne est un anthropologue, sociologue et politologue français, grand spécialiste de l’Algérie et de l’islam, à qui l’on doit l’expression « islam de France ». Professeur à Sciences Po Aix et fondateur de l’Observatoire du religieux, il fut aussi un franc-maçon actif du Grand Orient de France pendant près de cinquante ans. Il a consacré à l’Ordre plusieurs essais, dont Une voie pour l’Occident (2000) et La Spiritualité maçonnique (2006).

Un savant de la Méditerranée

Bruno Étienne – bruno-etienne

Diplômé de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence et de l’université de Tunis, Bruno Étienne soutient un doctorat d’État en 1965 sous la direction de Maurice Flory, puis obtient en 1975 l’agrégation de science politique. Il enseigne à Sciences Po Aix, dirige de 1980 à 1985 le Centre de recherche et d’étude des sociétés méditerranéennes, devient directeur de recherches au CNRS et membre de l’Institut universitaire de France.

Il est l’un des premiers politologues à étudier l’islam comme fait politique, avec des livres devenus classiques : L’Islamisme radical (Hachette, 1987), La France et l’islam (1989) ou sa biographie d’Abdelkader (1994). Il fonde et dirige jusqu’en 2006 l’Observatoire du religieux.

Près d’un demi-siècle de loge

Bruno Étienne est initié le 12 janvier 1960 à la loge Le Phare de la Renaissance, à l’Orient de Marseille, au sein du Grand Orient de France. Il s’affilie en 1964 à la loge Les Arts et l’Amitié, à l’Orient d’Aix-en-Provence, dont il est l’orateur en 1968. À partir de 1995, il est hospitalier de la loge Règle et Liberté, à Aix, charge qu’il exerce jusqu’à sa mort.

Membre d’une obédience réputée pour son attachement à la laïcité, il y porte une sensibilité spirituelle singulière, nourrie par sa pratique du bouddhisme zen et des arts martiaux – il était 5e dan de karaté.

Une maçonnerie à venir

Avec Une voie pour l’Occident, la franc-maçonnerie à venir (Dervy, 2000), l’anthropologue interroge la place de la démarche initiatique dans des sociétés sécularisées. Il y voit une voie spirituelle propre à l’Occident, capable de concilier liberté de conscience et quête de sens, et invite les loges à renouer avec leur vocation initiatique.

La Spiritualité maçonnique (Dervy, 2006) prolonge cette réflexion. Bruno Étienne y défend l’idée que la franc-maçonnerie, y compris dans ses composantes adogmatiques, est porteuse d’une spiritualité laïque, fondée sur le symbole, le rituel et le travail sur soi. La même année paraît Pour retrouver la parole, autre méditation sur la transmission initiatique.

Un intellectuel engagé

Bruno Étienne – Aix-en-Provence Institut etudes politiques 20061227

Signataire de l’Appel des 75 contre la guerre du Golfe en 1990, puis de l’appel « Les Européens veulent la paix » en 1999, Bruno Étienne s’est aussi penché sur les nouveaux mouvements religieux avec La France face aux sectes (2002). En hommage, Sciences Po Aix a donné son nom à son grand amphithéâtre en 2009.

Principaux ouvrages

  • Une voie pour l’Occident, la franc-maçonnerie à venir, Dervy, 2000
  • La Spiritualité maçonnique, Dervy, 2006
  • Pour retrouver la parole, 2006
  • L’Algérie, cultures et révolution, Seuil, 1977
  • L’Islamisme radical, Hachette, 1987
  • Abdelkader, Hachette, 1994
  • Être bouddhiste en France aujourd’hui (avec Raphaël Liogier), Hachette, 1997
  • L’Islam en France, CNRS Éditions, 2000
  • La France face aux sectes, Hachette, 2002
  • Heureux comme Dieu en France ?, Bayard, 2005
  • Le Fait religieux comme fait politique, Éditions de l’Aube, 2009
  • Les Constitutions d’Anderson, Nouvelles éditions de l’Aube, mai 2013
  • Abd El-Kader et la franc-maçonnerie, suivi de Soufisme et franc-maçonnerie, Paris, Éd. Dervy, avril 2008

Le regard de l’anthropologue sur l’initiation

Bruno Étienne occupe une place à part dans la littérature maçonnique : celle d’un universitaire de premier plan, spécialiste des religions, qui a appliqué à sa propre obédience les outils de l’anthropologie sans renoncer à l’engagement du frère. En plaidant pour une spiritualité maçonnique compatible avec la laïcité, il a nourri un débat central au Grand Orient de France et au-delà, et ses essais restent des lectures de référence pour penser l’initiation au XXIe siècle.

À lire sur 450.fm : L’esprit fraternel (Par Michel Maffesoli), Les nœuds de la Franc-maçonnerie, Rigueur des gestes rituels en Franc-maçonnerie.

Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Haine de la laïcité (antimaçonnisme), Hospitalier (ou Elémosinaire).

Glossaire de la franc-maçonnerie

Marie-France Etchegoin (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Née en 1961, Marie-France Etchegoin est une journaliste française. Grand reporter puis rédactrice en chef des pages « Enquête » du Nouvel Observateur de 1987 à 2014, spécialiste des affaires criminelles et des grands sujets de société, elle a cosigné avec Frédéric Lenoir deux enquêtes à succès sur des mythes contemporains, Code Da Vinci : l’enquête (2004) et La Saga des francs-maçons (2009), qui ont fait connaître l’histoire de l’Ordre à un large public.

Une enquêtrice formée à l’école du reportage

Marie-France Etchegoin – GODF rue Cadet Paris

Titulaire d’une maîtrise de lettres de l’université Sorbonne-Nouvelle, Marie-France Etchegoin sort diplômée du Centre de formation des journalistes (CFJ) en 1986. Lauréate de la bourse Lauga, elle débute la même année à Europe 1.

En 1987, elle rejoint Le Nouvel Observateur, où elle fera l’essentiel de sa carrière : grand reporter, puis rédactrice en chef des pages « Enquête ». Elle s’y spécialise dans les affaires criminelles et les sujets de société marquants. Depuis 2014, elle collabore à Vanity Fair, à M, le magazine du Monde et aux éditions JC Lattès.

Démêler le vrai du faux : le Code Da Vinci

En 2004, au plus fort du succès du roman de Dan Brown, elle publie avec l’historien des religions Frédéric Lenoir Code Da Vinci : l’enquête (Robert Laffont). Le livre passe au crible les thèses du roman – Prieuré de Sion, Templiers, sociétés secrètes – et distingue les faits historiques des constructions fictionnelles, une démarche qui touche de près l’imaginaire souvent prêté à la franc-maçonnerie.

La Saga des francs-maçons

Le même duo signe en 2009 La Saga des francs-maçons (Robert Laffont, rééd. Points), présentée comme une enquête de fond sur l’Ordre. L’ouvrage retrace l’histoire de la maçonnerie, des loges britanniques du XVIIIe siècle aux obédiences françaises contemporaines, et interroge son influence réelle ou fantasmée dans la vie publique. Écrit pour le grand public, il a contribué à diffuser une connaissance documentée de la franc-maçonnerie au-delà du cercle des initiés.

Une enquêtrice des grandes affaires françaises

Son œuvre s’étend à d’autres terrains : Le Bûcher de Toulouse (avec Marie Aron, Grasset, 2005), sur l’affaire Alègre, Un milliard de secrets (Robert Laffont, 2011), Marseille, le roman vrai (Stock, 2016) ou Raoult. Une folie française (avec Ariane Chemin, Gallimard, 2021). En 2015, elle reçoit le prix Françoise-Giroud pour un article sur Alain Soral.

Principaux ouvrages

  • La Saga des francs-maçons (avec Frédéric Lenoir), Robert Laffont, 2009
  • Code Da Vinci : l’enquête (avec Frédéric Lenoir), Robert Laffont, 2004
  • Le Bûcher de Toulouse (avec Marie Aron), Grasset, 2005
  • Un milliard de secrets, Robert Laffont, 2011
  • Marseille, le roman vrai, Stock, 2016
  • J’apprends le français, JC Lattès, 2018
  • Raoult. Une folie française (avec Ariane Chemin), Gallimard, 2021

Le regard extérieur du journalisme d’enquête

Marie-France Etchegoin n’écrit pas de l’intérieur des loges : elle apporte à la littérature sur la franc-maçonnerie le regard extérieur et les méthodes de l’enquête journalistique. Avec La Saga des francs-maçons, elle a offert au grand public une synthèse accessible, attentive à séparer l’histoire avérée des fantasmes complotistes – une contribution utile à une époque où l’Ordre reste l’objet de nombreuses légendes.

À lire sur 450.fm : Société secrète… Prieuré de Sion, Le désir, une philosophie.

Voir aussi dans le glossaire : Obédience, Templiers (antimaçonnisme), Affaire Dreyfus (antimaçonnisme), Secret maçonnique (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie