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Jacques G. Ruelland (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né en 1948 à Spa, en Belgique, et installé au Québec depuis 1969, Jacques G. Ruelland est un historien, philosophe et professeur canadien. Docteur en histoire des sciences, longtemps professeur au collège Édouard-Montpetit et à l’université de Montréal, il est aussi franc-maçon et bibliothécaire de la Grande Loge du Québec. Son ouvrage La Pierre angulaire (2002) fait référence pour l’histoire de la franc-maçonnerie régulière au Québec.

De Liège à Montréal

Jacques G. Ruelland, historien et philosophe québécois

Issu d’une famille modeste, Jacques G. Ruelland se forme d’abord à la typographie à l’Institut Don Bosco de Liège, avant d’émigrer au Canada à 21 ans, en 1969. Au Québec, il entreprend un long parcours universitaire : baccalauréat et maîtrise en philosophie, puis maîtrises en histoire et en muséologie, et enfin un doctorat en histoire des sciences à l’université de Montréal.

Un philosophe sceptique et enseignant

De 1979 à 2010, il enseigne la philosophie au collège Édouard-Montpetit, et à partir de 1988, il est professeur associé d’histoire et de muséologie à l’université de Montréal. Spécialiste de George Orwell et de Karl Popper, il se signale par une approche sceptique et critique des pseudosciences. Il a présidé la Société de philosophie de Montréal de 1986 à 1988, dont il a ensuite écrit l’histoire.

Ses travaux d’historien des idées couvrent des terrains variés : la philosophie de l’histoire de Popper, la sociobiologie dans L’Empire des gènes (2004), ou encore l’imprimeur Fleury Mesplet, figure des Lumières québécoises, dans L’Imprimeur des libertés (2001). Il a signé une quarantaine d’ouvrages.

Un maçon au service de la mémoire

Franc-maçon, Jacques G. Ruelland est membre depuis 1994 de la loge Jean-T.-Désaguliers no 138, de la Grande Loge du Québec, dont il a été vénérable maître en 2001. Il est aussi membre fondateur de la loge de perfection Fleur de Lys du Rite écossais ancien et accepté. Pendant une quinzaine d’années, il a constitué une bibliothèque-musée à la Grande Loge du Québec à partir de fonds abandonnés, et a collaboré à des documentaires et expositions sur la franc-maçonnerie.

La Pierre angulaire et les ouvrages maçonniques

Jacques G. Ruelland – Masonic Memorial Temple Montreal 01

Paru en 2002 aux éditions Point de fuite, La Pierre angulaire. Histoire de la franc-maçonnerie régulière au Québec retrace l’implantation des loges depuis la Nouvelle-France et la Conquête britannique jusqu’à la formation de la Grande Loge du Québec. C’est l’ouvrage de référence sur le sujet.

Il a également publié Le Temple inachevé. La franc-maçonnerie en 66 questions et 9 documents (2018), ouvrage de vulgarisation à destination des profanes comme des jeunes maçons, et un recueil de travaux de loge, Sur la planche à tracer.

Principaux ouvrages

  • De l’épistémologie à la politique : la philosophie de l’histoire de Karl R. Popper, PUF, 1991
  • Philosopher à Montréal. Histoire de la Société de philosophie de Montréal, Humanitas, 1995
  • L’Imprimeur des libertés : Fleury Mesplet, 1734-1794, Point de fuite, 2001
  • La Pierre angulaire. Histoire de la franc-maçonnerie régulière au Québec, Point de fuite, 2002
  • L’Empire des gènes. Histoire de la sociobiologie, ENS Éditions, 2004
  • Le Temple inachevé. La franc-maçonnerie en 66 questions et 9 documents, 2018
  • Sur la planche à tracer. Planches et réflexions maçonniques

L’historien de la maçonnerie québécoise

Par la rigueur de l’historien des sciences et la patience du bibliothécaire, Jacques G. Ruelland a donné à la franc-maçonnerie québécoise ce qui lui manquait : une histoire documentée et une mémoire conservée. La Pierre angulaire reste un point de départ obligé pour comprendre la maçonnerie francophone d’Amérique du Nord.

Voir aussi dans le glossaire : Régularité, Grande Loge, Planche, Sautoir de Vénérable Maître.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Denys Roman (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Denys Roman, pseudonyme de Marcel Maugy, né à Saint-Symphorien-de-Lay, dans la Loire, et mort à Riom, est un auteur français de l’école traditionnelle, spécialiste de l’œuvre de René Guénon et de ses rapports avec la franc-maçonnerie. Membre de la loge La Grande Triade de la Grande Loge de France, collaborateur des Études traditionnelles, il a signé René Guénon et les destins de la franc-maçonnerie (1982), ouvrage de référence pour les maçons lecteurs de Guénon.

Marcel Maugy, un Forézien de l’école traditionnelle

Denys Roman – Annonce de la mort de René Guénon dans la revue Études Traditionnelles, 52e anné

Les éléments biographiques sur Marcel Maugy sont rares, l’homme ayant choisi de s’effacer derrière son pseudonyme. Né en 1901 à Saint-Symphorien-de-Lay et mort en 1986 à Riom, en Auvergne, il appartient à cette génération de lecteurs que l’œuvre de René Guénon a profondément marqués entre les deux guerres et après 1945.

Il entretient avec Guénon une correspondance, aujourd’hui objet de publications et de débats entre spécialistes, et s’inscrit dans le courant dit « traditionaliste » ou pérennialiste, qui voit dans les grandes traditions religieuses et initiatiques les expressions d’une même vérité primordiale.

La Grande Triade, une loge guénonienne

Denys Roman est franc-maçon, membre de la loge La Grande Triade de la Grande Loge de France, aux côtés notamment d’Ivan Cerf et de Jean Reyor. Fondée après la Seconde Guerre mondiale, cette loge entendait travailler selon les perspectives ouvertes par Guénon, qui voyait dans la maçonnerie l’une des rares organisations initiatiques encore vivantes en Occident.

Cette expérience de loge nourrit sa réflexion : comment une maçonnerie moderne, souvent tentée par la politique ou la philosophie profane, peut-elle redevenir pleinement initiatique ? C’est la question qui traverse toute son œuvre.

Aux Études traditionnelles

Collaborateur régulier des Études traditionnelles, la revue issue du Voile d’Isis et liée à l’œuvre guénonienne, Denys Roman y livre comptes rendus et articles consacrés à la maçonnerie et au symbolisme. Selon Jean Tourniac, il aurait même été le dernier successeur de Guénon dans l’orientation de la revue sur ces questions. Il a aussi écrit pour Renaissance traditionnelle et Vers la tradition, et participé en 1985 au Cahier de l’Herne consacré à René Guénon.

Guénon et l’avenir de la maçonnerie

Publié en 1982 aux Éditions de l’Œuvre, puis réédité en 1995 aux Éditions traditionnelles, René Guénon et les destins de la franc-maçonnerie rassemble l’essentiel de sa pensée. Denys Roman y expose et commente les positions de Guénon sur la franc-maçonnerie : sa régularité initiatique, la transmission, la valeur des rites et des symboles, mais aussi ses dégénérescences.

Dans Réflexions d’un chrétien sur la franc-maçonnerie. L’arche vivante des symboles (1995), il aborde la question des rapports entre foi chrétienne et initiation maçonnique, en défendant leur compatibilité sur le plan traditionnel.

Principaux ouvrages

  • René Guénon et les destins de la franc-maçonnerie, Éditions de l’Œuvre, 1982
  • René Guénon et les destins de la franc-maçonnerie, Éditions traditionnelles, 1995 (réédition)
  • Réflexions d’un chrétien sur la franc-maçonnerie. L’arche vivante des symboles, Éditions traditionnelles, 1995
  • Contribution à René Guénon, Cahier de l’Herne, 1985

Une voix majeure de la maçonnerie guénonienne

Discret, peu prolifique, Denys Roman a pourtant exercé une influence durable sur toute une famille de maçons spiritualistes. Son livre sur Guénon et les destins de la franc-maçonnerie est resté un classique, régulièrement cité dans les loges attachées à la dimension initiatique et symbolique de l’Ordre. Il incarne une maçonnerie de méditation et d’étude, soucieuse de fidélité à la Tradition.

À lire sur 450.fm : La marche de l’Apprenti : entre rituel et symbolisme.

Voir aussi dans le glossaire : Tradition et contre-tradition (antimaçonnisme), Initiation, Régularité, Symbolisme.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Jasper Ridley (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né le 25 mai 1920 à West Hoathly, dans le Sussex, et mort le 1er juillet 2004, Jasper Godwin Ridley est un biographe et historien britannique, avocat de formation. Auteur prolifique de biographies – Cranmer, Palmerston, Garibaldi, Henri VIII, Tito, Mussolini –, lauréat du James Tait Black Memorial Prize, il a publié en 1999 The Freemasons, une histoire générale de la franc-maçonnerie qui reste l’une des synthèses les plus diffusées dans le monde anglophone.

Un juriste devenu biographe

Jasper Ridley – Grand Temple, Freemasons' Hall, London 2017-09-17-4

Formé à la Felcourt School, au Magdalen College d’Oxford et à la Sorbonne, Jasper Ridley sert dans l’artillerie pendant la Seconde Guerre mondiale. Admis au barreau par l’Inner Temple au milieu des années 1940, il exerce comme avocat jusqu’en 1954 et publie un traité de droit des transports avant de se consacrer entièrement à l’écriture.

Engagé à gauche, il siège au conseil du borough de St Pancras de 1945 à 1949 et se présente sans succès sous l’étiquette travailliste à Winchester lors des élections générales de 1955.

Le biographe des grands hommes

Son œuvre est d’abord celle d’un biographe. Il s’attache aux figures de la Réforme anglaise – Thomas Cranmer (1962), John Knox (1968) – puis aux hommes d’État du XIXe siècle. Son Lord Palmerston lui vaut en 1970 le James Tait Black Memorial Prize, l’un des plus anciens prix littéraires britanniques.

Suivent un Garibaldi (1974), un Napoléon III et Eugénie (1979), des ouvrages sur Henri VIII, Élisabeth Ire et l’époque Tudor, puis des biographies de Tito (1994) et de Mussolini (1997). Ses livres, solidement documentés, s’adressent à un large public cultivé plus qu’aux seuls spécialistes.

The Freemasons, une histoire mondiale de l’Ordre

En 1999 paraît The Freemasons: A History of the World’s Most Powerful Secret Society. Ridley, qui n’est pas lui-même présenté comme franc-maçon, y retrace l’histoire de l’Ordre depuis les maçons opératifs médiévaux jusqu’au XXe siècle, en passant par la fondation de la Grande Loge de Londres, l’essor de la maçonnerie en Europe et en Amérique, et les persécutions dont elle a été l’objet.

Le livre s’attache particulièrement aux rapports entre la maçonnerie et la politique : révolutions américaine et française, Risorgimento italien – que Ridley connaissait bien par Garibaldi –, Amérique latine, régimes autoritaires du XXe siècle. Il aborde aussi le poids de l’antimaçonnisme. L’ouvrage a été réédité sous le titre A Brief History of the Freemasons.

Principaux ouvrages

  • Thomas Cranmer, 1962
  • John Knox, 1968
  • Lord Palmerston, 1970
  • Garibaldi, 1974
  • Napoleon III and Eugénie, 1979
  • Henry VIII, 1984
  • Maximilian and Juarez, 1992
  • Tito, 1994
  • Mussolini, 1997
  • The Freemasons: A History of the World’s Most Powerful Secret Society, 1999
  • Bloody Mary’s Martyrs, 2001

Un regard extérieur et politique

Jasper Ridley n’est pas un maçonnologue au sens strict, et son titre accrocheur sur la « société secrète la plus puissante du monde » relève du registre éditorial. Mais son The Freemasons a l’intérêt d’un regard extérieur, celui d’un biographe rompu à l’histoire politique, qui replace les loges dans les grands mouvements de l’histoire moderne. Pour le lecteur francophone, il offre un utile point de vue britannique sur l’histoire mondiale de la franc-maçonnerie.

À lire sur 450.fm : La Franc-maçonnerie et le chemin de fer clandestin pour libérer les esclaves.

Voir aussi dans le glossaire : Albert Pike (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

Jacques Ravenne (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Jacques Ravenne, de son vrai nom Jacques Ravaud, est un romancier, éditeur et scénariste français, venu de la recherche littéraire. Depuis le milieu des années 2000, il signe avec le journaliste Éric Giacometti la série des enquêtes du commissaire Antoine Marcas, policier et franc-maçon, inaugurée par Le Rituel de l’ombre. Traduite dans 17 pays, cette saga de thrillers ésotériques a fait découvrir à un très large public l’histoire, les symboles et les légendes de la franc-maçonnerie.

De la critique génétique au roman policier

Jacques Ravenne – Jacques Ravenne - Salon du livre de Paris 2010

Avant d’être romancier, Jacques Ravaud est un spécialiste de la critique génétique, discipline qui étudie les manuscrits et brouillons pour comprendre la fabrique des œuvres. Il a principalement travaillé sur les manuscrits de Paul Valéry, mais aussi sur ceux d’Yves Bonnefoy, de Nerval ou de Mallarmé. Il a dirigé des ouvrages universitaires, dont un volume consacré à Yves Bonnefoy (1998) et Poésie et politique (2002).

Il s’est également intéressé de près au marquis de Sade, à qui il consacre Les Sept Vies du marquis et dont il présente une édition de lettres. De 2008 à 2013, il a par ailleurs présidé la communauté de communes de la Vallée et du Causse.

Un franc-maçon en écriture

Jacques Ravenne n’a jamais caché son appartenance maçonnique : il est maître au Rite français, membre de la loge Montmorency-Luxembourg, et a collaboré à la revue Franc-maçonnerie magazine. Cette connaissance de l’intérieur nourrit la documentation de ses romans : rituels, décors de loge, histoire des obédiences et des grandes figures maçonniques y sont restitués avec précision, au service de l’intrigue.

Le duo Giacometti-Ravenne et la saga Marcas

Toute son œuvre romanesque est écrite en collaboration avec Éric Giacometti. Le premier titre, Le Rituel de l’ombre, paraît au Fleuve noir en 2005 et lance la série du commissaire Antoine Marcas, flic parisien et frère d’une loge, confronté à des crimes liés aux secrets de l’histoire : templiers, Casanova, illuminés de Bavière, Graal ou sociétés secrètes nazies. Suivent notamment Conjuration Casanova, Le Frère de sang, La Croix des assassins, Apocalypse, Lux Tenebrae, Le Septième Templier et Le Règne des Illuminati.

La série passe ensuite chez Jean-Claude Lattès, avec des titres comme L’Empire du Graal ou Le Royaume perdu. Un cycle se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale, ouvert par Le Triomphe des ténèbres, met en scène un ancêtre du commissaire, Tristan Marcas. La saga compte aujourd’hui une vingtaine de volumes et une préquelle, In nomine.

Expliquer les mythes maçonniques

Jacques Ravenne – Jacques-Ravenne

Au-delà de la fiction, le duo s’est attaché à démêler le vrai du faux dans l’imaginaire populaire. Dans Le Symbole retrouvé. Dan Brown et le mystère maçonnique (2009), Giacometti et Ravenne commentent le roman de Dan Brown consacré à la maçonnerie américaine et rappellent ce que sont réellement les loges, leurs rites et leur histoire.

Principaux ouvrages

  • Le Rituel de l’ombre (avec Éric Giacometti), Fleuve noir, 2005
  • Conjuration Casanova (avec Éric Giacometti), Fleuve noir
  • Le Frère de sang (avec Éric Giacometti), Fleuve noir
  • La Croix des assassins (avec Éric Giacometti), Fleuve noir
  • Le Septième Templier (avec Éric Giacometti), Fleuve noir
  • Le Règne des Illuminati (avec Éric Giacometti), Fleuve noir
  • Le Symbole retrouvé. Dan Brown et le mystère maçonnique (avec Éric Giacometti), Fleuve noir, 2009
  • L’Empire du Graal (avec Éric Giacometti), Jean-Claude Lattès
  • Le Triomphe des ténèbres (avec Éric Giacometti), Jean-Claude Lattès
  • Les Sept Vies du marquis, Fleuve noir
  • Les Enquêtes d’Antoine Marcas (avec Éric Giacometti), série de romans, Fleuve noir puis Pocket, 2005-2024

Un ambassadeur populaire de la maçonnerie

Jacques Ravenne n’écrit pas d’histoire savante, mais son rôle dans la perception publique de la franc-maçonnerie est considérable. Avec Éric Giacometti, il a créé un héros maçon positif, loin des clichés complotistes, et fait entrer les loges dans le thriller populaire francophone. Pour beaucoup de lecteurs, la saga Marcas a été une première porte d’entrée vers les symboles, les rites et l’histoire de l’Ordre.

À lire sur 450.fm : « Lire Magazine » juillet-août 2026, l’été des livres et le focus Jacques Ravenne, quand la lecture devient passage, Pourquoi des écrivains et des chroniqueurs Francs-maçons écrivent-ils sous pseudo ?, L’historien Laurent Joly ouvre le palmarès du Prix Laurent Kupferman.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Mère, Templiers (antimaçonnisme), Maître.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Andrew Michael Ramsay (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Écossais né en Fife et mort à Saint-Germain-en-Laye le 6 mai 1743, le chevalier Andrew Michael Ramsay fut disciple de Fénelon, secrétaire de Madame Guyon, précepteur dans de grandes familles et écrivain à succès. Initié à Londres en 1730, il prononce à Paris, en 1736, un discours devenu l’un des textes fondateurs de la franc-maçonnerie française : en rattachant l’Ordre aux chevaliers des croisades, le Discours de Ramsay a nourri l’essor des hauts grades tout au long du XVIIIe siècle.

D’Édimbourg à Cambrai, l’élève de Fénelon

Andrew Michael Ramsay, écrivain et orateur maçonnique

Né à Abbotshall, dans le comté de Fife – en 1686 selon certaines sources, en 1693 selon d’autres –, Andrew Michael Ramsay étudie à l’université d’Édimbourg, devient précepteur dans la famille du comte de Wemyss, puis gagne la Hollande. En août 1710, il arrive à Cambrai pour rencontrer Fénelon. La rencontre est décisive : le jeune presbytérien se convertit au catholicisme et devient l’un des disciples les plus fervents de l’archevêque.

À partir de 1714, il sert de secrétaire à Madame Guyon, figure du quiétisme, à Blois. Il publie ensuite une Histoire de la vie de Fénelon et contribue à faire connaître le Télémaque, qu’il fait précéder d’un Discours sur le poème épique.

Un jacobite dans la société des Lumières

Fidèle à la cause des Stuarts, Ramsay entre au service de grandes maisons françaises : celle du comte de Sassenage, puis, à partir de 1730, celle de La Tour d’Auvergne, ducs de Bouillon. Fait chevalier de l’ordre de Saint-Lazare – d’où son titre de « chevalier » –, il reçoit en 1735 un titre de baronnet du prétendant Jacques François Stuart.

Son roman philosophique Les Voyages de Cyrus (1727) connaît un succès européen. Élu en décembre 1729 à la Royal Society, en même temps que Montesquieu, il devient en 1730 docteur en droit de l’université d’Oxford, distinction rare pour un catholique depuis la Réforme. La même année, il est reçu franc-maçon à Londres, à la loge de la Horn Tavern de Westminster.

Le Discours de 1736, acte de naissance d’un imaginaire

Le discours qu’il prononce à Paris à la fin de 1736, devant une loge où il paraît porter le titre de grand orateur, constitue l’un des textes fondateurs de la franc-maçonnerie française. Il y définit d’abord le dessein de l’Ordre : réunir des hommes de toutes nations dans la philanthropie, la pureté des mœurs, le secret et le goût des sciences et des arts. Il y propose ensuite une généalogie qui fera date : la maçonnerie serait l’héritière des ordres de chevalerie nés au temps des croisades.

Une nouvelle version du texte est préparée au printemps 1737. Ramsay écrit alors au cardinal Fleury, le 20 mars, pour solliciter la bienveillance du pouvoir ; la réponse du ministre est au contraire une interdiction des assemblées maçonniques. Le Discours circule pourtant largement, en manuscrit puis imprimé, et devient une référence.

Les dernières années

Andrew Michael Ramsay – Gravure - Les Voyages de Cyrus, éd. Quillau, 1727, tome 1 p14

Marié en 1735 à Mary Nairne, fille d’un dignitaire jacobite, Ramsay publie la même année une Histoire du vicomte de Turenne. Éprouvé par l’asthme et par la perte de ses enfants, il meurt à Saint-Germain-en-Laye en 1743. Ses Principes philosophiques de la religion naturelle et révélée paraissent à titre posthume en 1749. Aucun portrait authentique de lui ne semble avoir été conservé.

Principaux ouvrages

  • Histoire de la vie et des ouvrages de Fénelon, La Haye, 1723
  • Les Voyages de Cyrus, avec un Discours sur la mythologie, Paris, 1727
  • The Travels of Cyrus, Londres, 1728
  • Poems, Édimbourg, 1728
  • Histoire du vicomte de Turenne, Paris, 1735
  • Discours prononcé en loge, Paris, 1736-1737
  • Principes philosophiques de la religion naturelle et révélée, 1749 (posthume)

Le père légendaire des hauts grades

Ramsay n’a jamais fondé de rite ni créé de grade. Mais en donnant à la maçonnerie une ascendance chevaleresque, il a ouvert la voie à l’extraordinaire floraison des hauts grades français entre 1740 et 1780, d’où sortiront notamment les grades templiers et le futur Rite écossais. Son Discours reste aussi l’une des plus belles définitions de l’idéal maçonnique des Lumières : une fraternité universelle, au-delà des nations et des confessions. Trois siècles plus tard, il demeure une lecture obligée pour qui veut comprendre la maçonnerie française.

À lire sur 450.fm : « Que la science vous éclaire ! » : le livre qui éclaire déjà le colloque du Grand Collège des Rites Écossais (GODF), Genèse maçonnique, fin des berceuses, Discours de Ramsay : 290 ans après, le GODF ouvre les commémorations au « 16 Cadet ».

Voir aussi dans le glossaire : Hauts Grades Supérieurs au troisième degré.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Jean-Marie Ragon (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né le 25 février 1781 à Bray-sur-Seine et mort en 1862, Jean-Marie Ragon de Bettignies est l’une des grandes plumes de la franc-maçonnerie française du XIXe siècle. Initié à Bruges sous l’Empire, fondateur à Paris de la loge Les Vrais Amis, devenue Les Trinosophes, éditeur de la première revue maçonnique française, Hermès, il a laissé une œuvre abondante – rituels, essais, histoire des rites – dont le Cours philosophique et interprétatif des initiations anciennes et modernes (1840) demeure le titre phare.

Un fonctionnaire de l’Empire initié à Bruges

Jean-Marie Ragon – Jean-Marie-Ragon

Fils d’un notaire de Bray-sur-Seine, en Seine-et-Marne, Jean-Marie Ragon fait d’abord carrière dans l’administration impériale. C’est comme caissier, en poste à Bruges, alors ville française, qu’il reçoit en 1804 l’initiation dans la loge Les Amis du Nord. L’homme est curieux de tout : il collabore au Journal grammatical, où il examine de manière critique les dictionnaires de son temps, et publie même une méthode de lecture.

Revenu à Paris, il rejoint la loge Le Phœnix, sous les auspices du Grand Orient de France, et s’intéresse de près aux systèmes maçonniques foisonnants de l’époque : il est affilié au Rite de Misraïm et fréquente l’Ordre du Temple restauré par Bernard-Raymond Fabré-Palaprat.

Les Trinosophes, une loge-laboratoire

Ragon fonde et préside à Paris la loge Les Vrais Amis, bientôt rebaptisée Les Trinosophes, dont il est vénérable maître à partir de 1817. L’atelier devient l’un des foyers les plus vivants de la maçonnerie parisienne de la Restauration, lieu de conférences et de réflexion sur le sens des symboles et des initiations. Ragon y développe un enseignement qui nourrira ses livres ultérieurs.

Il est aussi l’éditeur de la revue Hermès, présentée comme la première revue maçonnique française : une manière nouvelle de faire circuler, hors des seules loges, les débats et travaux des frères. Son départ pour l’Amérique, en 1820, semble marquer la fin de sa carrière maçonnique active, mais non celle de l’écrivain.

L’interprète des initiations anciennes et modernes

Publié en 1840, le Cours philosophique et interprétatif des initiations anciennes et modernes est l’ouvrage qui a fait sa réputation. Ragon y lit les grades maçonniques à la lumière des mystères antiques, de l’Égypte à la Grèce, et propose une interprétation philosophique et symbolique des rituels, dans l’esprit de son époque. Le livre a été très lu et très réédité, au point de devenir un classique des bibliothèques de loges.

Dans De la maçonnerie occulte et de l’initiation hermétique (1853), il prolonge cette veine en explorant les liens entre maçonnerie, alchimie et hermétisme, tandis que La Messe et ses mystères comparés aux mystères anciens (1844) applique sa méthode comparatiste à la liturgie catholique.

Un ritualiste soucieux d’histoire

Ragon ne se contente pas de spéculer. Dans Orthodoxie maçonnique (1853), il s’efforce de distinguer l’histoire réelle des sociétés maçonniques de la tradition légendaire qui l’entoure, en passant en revue les rites et systèmes de grades de son temps. Il rédige aussi une série de rituels commentés pour les trois grades symboliques – Rituel d’Apprenti, Rituel de Compagnon, Rituel du Maître (1859) – ainsi qu’un Rituel de la maçonnerie forestière (1860) et un rituel de pompe funèbre.

Ces rituels, souvent réédités jusqu’à aujourd’hui et traduits notamment en espagnol, témoignent de son souci pédagogique : expliquer au maçon ce qu’il vit en loge. L’attribution d’autres textes, comme Le Livre rouge (1842), reste en revanche incertaine.

Principaux ouvrages

  • Cours philosophique et interprétatif des initiations anciennes et modernes, 1840
  • La Messe et ses mystères comparés aux mystères anciens, 1844
  • Orthodoxie maçonnique, 1853
  • De la maçonnerie occulte et de l’initiation hermétique, 1853
  • Rituel d’Apprenti, 1859
  • Rituel de Compagnon, 1859
  • Rituel du Maître, 1859
  • Rituel de la maçonnerie forestière, 1860
  • Rituel d’une pompe funèbre maçonnique

Un passeur du symbolisme maçonnique

Jean-Marie Ragon appartient à la génération qui a fait entrer la franc-maçonnerie française dans l’âge de l’imprimé : revues, cours, rituels commentés. Ses interprétations, marquées par le goût romantique pour les mystères antiques, ont vieilli sur le plan historique, mais elles ont durablement façonné la manière dont des générations de maçons ont lu leurs symboles. Avec Les Trinosophes et le Cours philosophique, il reste une figure incontournable de l’histoire du symbolisme maçonnique au XIXe siècle.

À lire sur 450.fm : Le nombre 3 en Franc-maçonnerie, La Franc-maçonnerie, qu’est-ce donc ?, II – Le sacré, intégration du Franc-maçon.

Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Rituel, Symbolisme.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Albert Pike (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né le 29 décembre 1809 à Boston et mort le 2 avril 1891 à Washington, Albert Pike fut avocat, poète, journaliste, général confédéré et surtout Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil du Rite écossais pour la Juridiction Sud des États-Unis de 1859 à sa mort. Réformateur des rituels du Rite écossais ancien et accepté, il est l’auteur de Morals and Dogma (1871), somme sur les trente-deux premiers degrés, longtemps remise aux maçons américains. Il fut aussi la cible de faux célèbres, dont ceux de Léo Taxil.

De Boston à l’Arkansas

Albert Pike – Albert Pike - Brady-Handy

Albert Pike réussit en 1825 l’examen d’entrée de Harvard, mais renonce faute de moyens : il se forme en autodidacte et enseigne. Parti vers l’Ouest, il s’installe dans l’Arkansas, où il est journaliste, puis admis au barreau en 1837. Avocat redoutable, il plaide à tous les niveaux de juridiction, jusqu’à la Cour suprême des États-Unis après 1849, souvent pour des nations amérindiennes.

Poète, il publie dès 1834 Prose Sketches and Poems Written in the Western Country et se fait remarquer par ses Hymns to the Gods, composés jeune. Il combat lors de la guerre américano-mexicaine, à Buena Vista. Whig, puis proche du mouvement Know Nothing dans les années 1850, il rallie la Confédération pendant la guerre de Sécession.

Un général confédéré controversé

Nommé brigadier général confédéré en 1861, il commande des troupes recrutées dans le Territoire indien et participe en 1862 à la bataille de Pea Ridge. En conflit avec ses supérieurs, il démissionne la même année, puis siège à la Cour suprême de l’Arkansas en exil en 1864-1865. Il est gracié en 1866.

Les affirmations le présentant comme un dirigeant du Ku Klux Klan ne reposent, selon les archivistes, sur aucune preuve documentaire ; il n’est pas cité dans le rapport du Congrès de 1872 sur le Klan. Son passé confédéré a néanmoins pesé sur sa mémoire : sa statue de Washington, seul monument confédéré en plein air de la capitale, a été abattue par des manifestants en juin 2020, avant d’être réinstallée en 2025.

Le refondateur du Rite écossais

Initié en 1850, Pike reçoit le 33e degré en 1857 et devient en 1859 Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de la Juridiction Sud, fonction qu’il exerce pendant trente-deux ans. Il entreprend une refonte complète des rituels des degrés du Rite écossais ancien et accepté, alors disparates et souvent pauvres, pour en faire un parcours philosophique cohérent, nourri de Kabbale, d’hermétisme et des religions de l’Antiquité.

Morals and Dogma of the Ancient and Accepted Scottish Rite of Freemasonry (1871) commente les trente-deux premiers degrés. Ouvrage touffu, qui emprunte largement à d’autres auteurs, notamment à Éliphas Lévi, il est remis aux maçons américains de la Juridiction Sud jusqu’en 1974. Pike consacre ses dernières années à l’étude des religions indo-iraniennes ; il repose aujourd’hui à la House of the Temple, siège du Suprême Conseil à Washington.

Victime du canular de Léo Taxil

Albert Pike – Albert Pike statue, Washington (558221844)

À la fin du XIXe siècle, le mystificateur français Léo Taxil fait de Pike le prétendu chef d’une maçonnerie luciférienne, le « Palladisme ». Ces inventions, avouées par Taxil en 1897, continuent pourtant de circuler. Il en va de même de la lettre apocryphe adressée à Mazzini annonçant trois guerres mondiales : les historiens ont montré qu’elle dérive des fabrications de Taxil, et elle emploie des termes comme « fascistes » ou « nazisme », anachroniques en 1871.

Principaux ouvrages

  • Prose Sketches and Poems Written in the Western Country, 1834
  • Hymns to the Gods, poèmes
  • Morals and Dogma of the Ancient and Accepted Scottish Rite of Freemasonry, Suprême Conseil de la Juridiction Sud, 1871
  • Rituels révisés des degrés du Rite écossais ancien et accepté (Juridiction Sud)

Une figure majeure, entre héritage et légende noire

Albert Pike a façonné le Rite écossais ancien et accepté tel qu’il est pratiqué en Amérique du Nord et a donné à ses hauts grades une ambition philosophique qui inspire encore les maçons du monde entier. Morals and Dogma reste un monument, plus souvent cité que lu. Mais Pike est aussi devenu, malgré lui, la figure favorite de l’antimaçonnisme, de Taxil aux théories du complot contemporaines : distinguer l’homme réel, avec ses engagements contestables, de la légende forgée par ses adversaires est un exercice indispensable.

À lire sur 450.fm : Albert Pike : a-t-il réellement prédit la 3e guerre mondiale entre l’islam et le sionisme ?, Tour du monde des médias maçonniques du 22/09/26, Ici l’agent 008 demande sa liaison à la centrale pour causer d’athanor….

Voir aussi dans le glossaire : Albert Pike (antimaçonnisme), Suprême Conseil, Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Affaire Léo Taxil (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

David Ovason (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Essayiste de langue anglaise, spécialiste de l’astrologie, du symbolisme et de l’œuvre de Nostradamus, David Ovason s’est fait connaître dans le monde maçonnique par The Secret Zodiacs of Washington DC (1999), publié aux États-Unis sous le titre The Secret Architecture of Our Nation’s Capital. Il y soutient que la capitale fédérale, voulue par le franc-maçon George Washington, a été conçue et ornée selon une symbolique astrologique et maçonnique. Ses livres ont nourri l’imaginaire de la « Washington maçonnique ».

Un spécialiste de Nostradamus et des astres

David Ovason – Washington Masonic print

David Ovason consacre l’essentiel de son œuvre à l’astrologie, à l’histoire de l’occultisme et au symbolisme. Il est surtout reconnu comme un spécialiste de Nostradamus, auquel il consacre The Secrets of Nostradamus et Nostradamus: Prophecies for America, en s’attachant au langage codé des quatrains plutôt qu’à leur exploitation sensationnaliste.

Il publie également The Book of the Eclipse (1999), The Two Children (2001) et une History of the Horoscope (2005), et préface The Zelator de Mark Hedsel, récit initiatique qui a connu un certain succès dans les milieux ésotériques anglophones.

Washington, une ville écrite dans les étoiles

Son livre le plus commenté, The Secret Zodiacs of Washington DC, paraît en 1999. Ovason y recense les zodiaques et symboles astrologiques présents sur les bâtiments de la capitale fédérale et avance que leur disposition n’est pas fortuite : George Washington, franc-maçon, aurait souhaité que la ville soit construite selon des schémas géométriques et symboliques précis.

Il s’attache en particulier à la constellation de la Vierge, qu’il retrouve dans l’orientation de plusieurs monuments, et aux cérémonies maçonniques de pose de première pierre, comme celle du Capitole. L’édition américaine, The Secret Architecture of Our Nation’s Capital: The Masons and the Building of Washington, D.C., a largement diffusé cette lecture auprès du public.

Du dollar aux théories du complot

David Ovason – Great Seal of the United States (reverse monochrome)

Ovason poursuit cette enquête symbolique avec The Secret Symbols of the Dollar Bill (2004), consacré à l’iconographie du billet vert : pyramide inachevée, œil rayonnant, devises latines. Il y décrypte des emblèmes souvent associés, à tort ou à raison, à la franc-maçonnerie.

Ses ouvrages sont parfois rangés parmi ceux qui alimentent les théories du complot autour de l’Ordre, même si leur propos relève davantage de l’interprétation ésotérique que de la dénonciation. Les historiens soulignent, de leur côté, que la part de dessein symbolique dans le plan de Washington reste largement conjecturale.

Principaux ouvrages

  • The Secret Zodiacs of Washington DC, 1999 ; éd. américaine The Secret Architecture of Our Nation’s Capital
  • The Book of the Eclipse, 1999
  • Nostradamus: Prophecies for America, 2001
  • The Two Children, 2001
  • The Secrets of Nostradamus, 2002
  • The Secret Symbols of the Dollar Bill, 2004
  • The History of the Horoscope, 2005

Le symbolisme maçonnique dans la pierre américaine

David Ovason a contribué à faire de Washington un objet d’étude pour les amateurs de symbolisme maçonnique. Ses thèses, séduisantes mais difficiles à démontrer, doivent être lues avec prudence ; elles ont néanmoins attiré l’attention sur une réalité bien documentée, celle de la forte présence maçonnique dans la fondation des États-Unis et de ses traces dans l’architecture et l’iconographie officielles. Ses livres restent une porte d’entrée vers la culture visuelle de la jeune république américaine.

Glossaire de la franc-maçonnerie

Ghislaine Ottenheimer (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Journaliste politique française, diplômée de Sciences Po, Ghislaine Ottenheimer a travaillé pour Le Quotidien de Paris, France-Soir, L’Express et BFM avant de devenir rédactrice en chef de Challenges. Commentatrice familière de « C dans l’air » et de « On refait le monde », elle est l’autrice d’enquêtes sur les élites françaises. Avec Renaud Lecadre, elle a signé Les Frères invisibles (Albin Michel, 2001), enquête journalistique sur l’influence de la franc-maçonnerie dans la France contemporaine.

Une journaliste de la vie politique

Ghislaine Ottenheimer – Pupitre rituel franc maçon

Née à Paris, Ghislaine Ottenheimer est diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris en 1974 et titulaire d’une licence en droit. En 1983, elle bénéficie d’une bourse de la fondation Nieman à l’université Harvard, programme réputé destiné aux journalistes.

Son parcours la mène dans plusieurs grandes rédactions : grand reporter au Quotidien de Paris, rédactrice en chef de France-Soir, rédactrice en chef adjointe à L’Express, directrice de la rédaction de la radio BFM. Elle a aussi présenté le journal télévisé régional du 19/20.

Challenges et les plateaux

Depuis 2007, elle tient une chronique politique à Challenges, magazine économique dont elle devient rédactrice en chef au début des années 2010. Elle intervient régulièrement dans l’émission « On refait le monde » sur RTL et sur le plateau de « C dans l’air » sur France 5, où ses analyses de la vie politique et des institutions sont devenues familières au grand public.

Les Frères invisibles, enquête sur les réseaux maçonniques

En 2001, elle publie chez Albin Michel, avec Renaud Lecadre, Les Frères invisibles. L’ouvrage s’inscrit dans la tradition du journalisme d’investigation : il s’intéresse à la présence de francs-maçons dans la politique, la haute administration, les affaires et la justice, et interroge la frontière entre solidarité fraternelle et réseaux d’influence.

Paru à une période où plusieurs affaires judiciaires avaient mis en cause des réseaux maçonniques, notamment dans le sud de la France, le livre a contribué à alimenter le débat public sur la transparence des appartenances maçonniques. Il relève du regard extérieur du journaliste, non de l’étude historique ou symbolique, et a suscité des réactions contrastées au sein des obédiences.

Les élites françaises au scalpel

Le reste de son œuvre explore le fonctionnement du pouvoir : la campagne d’Édouard Balladur dans Les Deux Nicolas, la machine Balladur (1994), les grands corps de l’État dans Les Intouchables. Grandeur et décadence d’une caste : l’Inspection des Finances (2004), les blocages français dans Nos vaches sacrées (2006), l’élection de 2007 dans Le Sacre de Nicolas (2007) ou encore Poison présidentiel (2015).

Principaux ouvrages

  • Les Deux Nicolas, la machine Balladur, Plon, 1994
  • L’Impossible Victoire, Robert Laffont, 1995
  • Le Fiasco, Albin Michel, 1996
  • Deux femmes au royaume des hommes, Hachette Littératures, 1998
  • Les Frères invisibles (avec Renaud Lecadre), Albin Michel, 2001
  • Les Intouchables. Grandeur et décadence d’une caste : l’Inspection des Finances, Albin Michel, 2004
  • Nos vaches sacrées, Albin Michel, 2006
  • Le Sacre de Nicolas, Seuil, 2007
  • Poison présidentiel, Albin Michel, 2015

Un regard extérieur sur l’Ordre

Ghislaine Ottenheimer n’est pas une autrice maçonnique au sens strict, mais Les Frères invisibles occupe une place notable dans la bibliographie sur la franc-maçonnerie française du début du XXIe siècle. L’enquête témoigne de la manière dont la presse et l’opinion perçoivent l’Ordre, entre fascination et soupçon, et rappelle aux obédiences l’enjeu de leur image publique. À ce titre, elle se lit utilement en regard des travaux d’historiens et des écrits produits par les maçons eux-mêmes.

À lire sur 450.fm : Le Dessin de François Morel : « Il est minuit Docteur Schweitzer » , 250 ans du Grand Orient : comment la franc-maçonnerie perd peu à peu en influence, 250 ans du Grand Orient : comment la franc-maçonnerie a peu à peu perdu en influence.

Voir aussi dans le glossaire : Obédience, Fraternité, Secret maçonnique (antimaçonnisme), Affaire Dreyfus (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

Patrick Négrier (Auteur)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né en 1956 à Aubusson (Creuse) et mort en 2026, Patrick Négrier était un philosophe de l’ésotérisme, formé à la patristique, à l’hébreu et au grec, et l’un des auteurs français les plus prolifiques sur le symbolisme maçonnique. Membre de la Grande Loge de France, rédacteur en chef de la revue Points de vue initiatiques, il a consacré une large part de son œuvre aux sources anciennes de la maçonnerie, à commencer par ses Textes fondateurs de la Tradition maçonnique (1390-1760), parus chez Grasset en 1995.

Un philosophe formé aux langues anciennes

Patrick Négrier, philosophe de l’ésotérisme

Originaire d’Aubusson, Patrick Négrier se forme à la philosophie et acquiert une solide compétence en patristique, hébreu et grec. Cette culture des textes anciens explique la marque de son œuvre : remonter aux sources, les traduire et les commenter, plutôt que d’échafauder des hypothèses sans appui documentaire.

Membre de la Grande Loge de France, dont il fut vénérable de loge, il a été rédacteur en chef de Points de vue initiatiques, la revue de l’obédience, contribuant à en faire un lieu de réflexion sur la tradition et le symbolisme.

Retour aux textes fondateurs

Sa contribution la plus durable est d’avoir mis à la disposition du public francophone les documents primitifs de la maçonnerie. Textes fondateurs de la Tradition maçonnique (1390-1760) (Grasset, 1995) réunit Old Charges, catéchismes et divulgations ; La Franc-maçonnerie d’après ses textes classiques (Detrad, 1996) prolonge ce travail d’anthologie jusqu’au XXe siècle, tandis que L’Essence de la franc-maçonnerie à travers ses textes fondateurs 1356-1751 (Oxus, 2018) en propose une relecture d’ensemble.

Ces recueils lui permettent de retracer la filiation de la pensée maçonnique depuis le XIVe siècle, d’étudier les origines écossaises de la maçonnerie au XVIIe siècle et la religion naturelle des Constitutions d’Anderson. La Tulip (2005) retrace l’histoire du rite du Mot de maçon de 1637 à 1730, et Le Rite des Anciens Devoirs (2006) se penche sur les Old Charges.

Le Temple, la Bible et l’Égypte

Patrick Négrier – Temple de Salomon 09201

Le symbolisme du sanctuaire traverse toute son œuvre. Le Temple de Salomon et ses origines égyptiennes (1996), Le Temple et sa symbolique (Albin Michel, 1997) ou Temple de Salomon et diagrammes symboliques (2004) explorent l’architecture sacrée, des menhirs aux églises médiévales, et les racines égyptiennes et mésopotamiennes des images bibliques, thème que prolongent La Bible et l’Égypte (2002) et Les Ziggurats et la Bible (2011).

Dans la dernière partie de sa vie, il se tourne vers l’enseignement de Gurdjieff, qu’il relit à la lumière de la tradition biblique, du monachisme chrétien et de la philosophie occidentale. Il signe aussi un essai engagé contre l’homophobie à partir d’une lecture de la Bible, ainsi que des traductions, notamment de Parménide.

Principaux ouvrages

  • L’Initiation maçonnique, Télètes, 1991
  • Textes fondateurs de la Tradition maçonnique (1390-1760), Grasset, 1995
  • La Franc-maçonnerie d’après ses textes classiques. Anthologie (1599-1967), Detrad, 1996
  • Le Temple de Salomon et ses origines égyptiennes, Télètes, 1996
  • Le Temple et sa symbolique, Albin Michel, 1997
  • La Pensée maçonnique du XIVe au XXe siècle, Rocher, 1998
  • La Tradition initiatique, Ivoire-Clair, 2001
  • La Bible et l’Égypte, Ivoire-Clair, 2002
  • L’Éclectisme maçonnique, Ivoire-Clair, 2003
  • La Tulip. Histoire du rite du Mot de maçon de 1637 à 1730, Ivoire-Clair, 2005
  • Le Rite des Anciens Devoirs, Ivoire-Clair, 2006
  • L’Essence de la franc-maçonnerie à travers ses textes fondateurs 1356-1751, Oxus, 2018

Un passeur des sources maçonniques

Patrick Négrier laisse une œuvre abondante, parfois exigeante, dont l’apport principal est d’avoir rendu accessibles aux maçons francophones les textes anciens de leur tradition. En plaçant les Old Charges, les catéchismes du Mot de maçon et la symbolique du Temple au centre de la réflexion, il a encouragé une maçonnerie qui fonde sa spiritualité sur la connaissance de ses sources. Ses anthologies demeurent des outils de travail précieux pour les loges comme pour les chercheurs.

À lire sur 450.fm : La Franc-maçonnerie, qu’est-ce donc ?, I – Spiritualité versus Sécularité et Réalité, La cérémonie d’élévation maçonnique: quand le vif saisit le mort.

Voir aussi dans le glossaire : Anciens Devoirs (Old Charges), Mot de passe.

Glossaire de la franc-maçonnerie