Traité entre la Grande Loge suisse Alpina et le Suprême Conseil de Suisse, 1876 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En 1876, un an après le convent de Lausanne, la Grande Loge suisse Alpina et le Suprême Conseil de Suisse du Rite Écossais Ancien et Accepté concluent un traité qui organise durablement la maçonnerie helvétique. Alpina est reconnue comme seule autorité pour les trois premiers degrés ; le Suprême Conseil, comme seule puissance du rite pour les degrés du 4e au 33e, recrute exclusivement parmi les maîtres des loges d’Alpina. Ce partage, encore en vigueur, distingue nettement la maçonnerie symbolique des hauts grades.

Date : 1876
Lieu : Suisse

Une maçonnerie suisse longtemps morcelée

Traité entre la Grande Loge suisse Alpina et le Suprême Conseil de Suisse, 1876
Source : Wikimedia Commons – Unknown authorUnknown author – Public domain

Les premières loges apparaissent en Suisse dans les années 1730 ; une loge travaille à Lausanne dès 1739. Au début du XIXe siècle, plus de trente ateliers relèvent de systèmes différents. Une Grande Loge nationale suisse existe à partir de 1822, sans Zurich ni Bâle. Il faut attendre 1844, et une fête de la Saint-Jean tenue à Zurich du 22 au 24 juin, pour que soit constituée la Grande Loge Alpina, fondée notamment par des radicaux qui participent à la création de l’État fédéral ; Jonas Furrer en est le premier grand orateur.

Le Suprême Conseil de Suisse

Les hauts grades ont une histoire parallèle. Selon le message du Conseil fédéral de 1936, un directoire helvétique romand existait à Lausanne dès 1739 ; en 1873, il se transforme en Suprême Conseil du 33e degré, avec l’approbation du Suprême Conseil de France. Deux ans plus tard, ce jeune Suprême Conseil accueille à Lausanne le convent universel des Suprêmes Conseils du REAA, qui proclame le principe d’un seul Suprême Conseil par pays et refuse aux obédiences symboliques le droit de conférer les hauts grades.

Le contenu du traité de 1876

Le message du Conseil fédéral relatif à l’initiative Fonjallaz, publié dans la Feuille fédérale du 9 septembre 1936, en résume l’économie. Le Suprême Conseil reconnaît Alpina comme la seule société suisse dont les statuts sont conformes pour les trois premiers degrés. Alpina reconnaît le Suprême Conseil comme la seule société suisse de ce rite pour les degrés du 4e au 33e, et admet dans ses loges, avec le titre de maître, les membres des hauts grades. Seuls les membres des loges bleues d’Alpina possédant la maîtrise depuis au moins deux ans peuvent devenir membres actifs du Suprême Conseil.

Une architecture durable

Traité entre la Grande Loge suisse Alpina et le Suprême Conseil de Suisse, 1876
Source : Wikimedia Commons – FirstHarvest – CC0

Ce partage des compétences protège l’unité de la maçonnerie bleue tout en garantissant au Suprême Conseil un recrutement régulier. Il est devenu l’un des traits distinctifs de la maçonnerie suisse régulière. En 1936, le Conseil fédéral évalue le Suprême Conseil, établi à Lausanne, à environ 450 membres, et Alpina à quelque 5 000 maçons répartis en 41 loges. Aujourd’hui encore, les ateliers suisses du REAA exigent de leurs candidats l’appartenance à une loge bleue d’Alpina.

L’épreuve de 1937

L’alliance de 1876 traverse la crise la plus grave de la maçonnerie suisse : l’initiative populaire lancée par le colonel fasciste Arthur Fonjallaz pour interdire les sociétés secrètes. Soumise au peuple en 1937, elle est rejetée par environ 69 % des votants et par tous les cantons sauf Fribourg. La campagne, à laquelle Alpina consacre des fonds spéciaux, coûte néanmoins à la maçonnerie helvétique près de la moitié de ses effectifs dans les années suivantes.

Une maçonnerie trilingue

Le traité s’inscrit dans un effort plus large de structuration. Dès 1874, Alpina se dote d’une revue, l’Alpina, publiée à Lausanne en trois langues. Aujourd’hui encore, l’obédience réunit des loges francophones, germanophones, italophones et anglophones : en 2015, près de 4 000 membres répartis en 85 loges, qui pratiquent majoritairement le Rite Écossais Ancien et Accepté pour les degrés symboliques, mais aussi le Rite écossais rectifié, le rite Schröder ou le rite Émulation.

Repères chronologiques

  • 1739 : loge et directoire maçonnique attestés à Lausanne.
  • 22-24 juin 1844 : constitution de la Grande Loge Alpina à Zurich.
  • 1873 : naissance du Suprême Conseil de Suisse à Lausanne.
  • 6-22 septembre 1875 : convent universel des Suprêmes Conseils à Lausanne.
  • 1876 : traité entre Alpina et le Suprême Conseil de Suisse.
  • 1937 : rejet de l’initiative Fonjallaz contre les sociétés secrètes.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Grande Loge, Suprême Conseil, Loge Bleue ou Loge Symbolique., Hauts Grades Supérieurs au troisième degré.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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