Ouverture du convent des Suprêmes Conseils du REAA à Lausanne, 6 septembre 1875 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le 6 septembre 1875 s’ouvre à Lausanne le convent universel des Suprêmes Conseils du Rite Écossais Ancien et Accepté. Accueilli par le jeune Suprême Conseil de Suisse et voulu par celui de France, que dirige Adolphe Crémieux, il réunit une douzaine de délégations venues d’Europe et d’Amérique latine. Pendant plus de deux semaines, ces représentants révisent les Grandes Constitutions de 1786, tentent d’unifier l’organisation du rite et rédigent une déclaration de principes. C’est la première conférence internationale de l’histoire du REAA.

Date : 6 septembre 1875
Lieu : Lausanne, Suisse

Un rite sans gouvernement commun

Ouverture du convent des Suprêmes Conseils du REAA à Lausanne, 6 septembre 1875
Source : Wikimedia Commons – Patania, dessinateur – CC0

Né à Charleston en 1801 avec le premier Suprême Conseil, le Rite Écossais Ancien et Accepté s’est diffusé au XIXe siècle sans autorité centrale. Chaque pays dispose d’un ou de plusieurs Suprêmes Conseils, dont la légitimité est parfois contestée, et les rituels comme les intitulés des trente-trois degrés varient. Un traité d’union, d’alliance et de confédération signé à Paris en 1834 prévoyait déjà la réunion d’un convent universel ; il n’avait jamais été appliqué.

L’initiative française et l’hospitalité suisse

Le Suprême Conseil de France, alors en plein essor, propose la réunion. Le Suprême Conseil de Suisse, constitué à Lausanne en 1873 et dernier venu parmi les puissances du rite, se charge de l’organiser. Le choix d’une ville neutre, au cœur d’une Suisse fédérale et libérale, favorise la venue de délégations de cultures maçonniques très différentes.

Les délégations présentes

Selon l’historique publié par le Suprême Conseil pour la France, des représentants de France, d’Italie, de Belgique, d’Irlande, du Pérou, d’Angleterre, d’Écosse, de Colón (Cuba), du Portugal, de Hongrie, de Grèce et de Suisse prennent part aux travaux, certains délégués cumulant plusieurs mandats : L. Mackersy représente ainsi à la fois l’Écosse et la Grèce. Les Suprêmes Conseils des États-Unis ne figurent pas parmi eux. Le convent ne réunit donc pas « tous » les Suprêmes Conseils, contrairement à ce qu’on lit parfois.

Crémieux, l’absent présent

Avocat, ancien ministre de la Justice, auteur du décret de 1870 sur les Juifs d’Algérie, Adolphe Crémieux (1796-1880) est Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France depuis 1869. Il conduit la délégation française, aux côtés de Georges Guiffrey, Jules Le Batteux, François Delongray, Eugène Barré et Louis Jousserandot. Malade, il n’arrive toutefois à Lausanne que pour la dixième séance, le 21 septembre, et n’assiste qu’aux deux dernières. Son influence n’en est pas moins décisive : on lui attribue la rédaction de la déclaration de principes.

Le programme des travaux

Ouverture du convent des Suprêmes Conseils du REAA à Lausanne, 6 septembre 1875
Source : Wikimedia Commons – Bovy, Antoine (Genève, 14–12–1795 – Genève, 18–09–1877), graveur en médailles – – CC0

Les délégués s’attellent à plusieurs chantiers : réviser les Grandes Constitutions de 1786, fixer la liste et le nom des trente-trois degrés, affirmer le principe d’un seul Suprême Conseil par juridiction, refuser aux Grands Orients le droit de conférer les hauts grades, établir la liste des Suprêmes Conseils réguliers et prévoir des conférences tous les dix ans. Ils discutent aussi d’une définition du Grand Architecte de l’Univers compatible avec la liberté de conscience.

Une conférence fondatrice

Au-delà de ses résultats immédiats, l’ouverture du convent marque un tournant : pour la première fois, les puissances du rite se reconnaissent comme une communauté internationale dotée de règles communes. La pratique des conférences internationales des Suprêmes Conseils, encore vivante aujourd’hui, en découle directement. La Suisse accueillera de nouveau ces rencontres en 1922 et en 1995.

Repères chronologiques

  • 31 mai 1801 : fondation du premier Suprême Conseil à Charleston.
  • 1834 : traité de Paris prévoyant un convent universel du rite.
  • 1873 : constitution du Suprême Conseil de Suisse à Lausanne.
  • 6 septembre 1875 : ouverture du convent de Lausanne.
  • 22 septembre 1875 : adoption des Grandes Constitutions révisées et de la déclaration de principes.
  • 1877 : contre-déclaration d’Édimbourg.

Le saviez-vous ?

Lausanne avait déjà une longue mémoire maçonnique : une loge y travaillait dès 1739, et c’est d’un ancien Directoire helvétique romand que le Suprême Conseil de Suisse se réclame lorsqu’il se constitue en 1873, avec l’approbation du Suprême Conseil de France.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Suprême Conseil, Grandes Constitutions du Rite écossais ancien et accepté, 1er mai 1786 (date historique), Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Adolphe Crémieux (Personnalité).

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