Déclaration de principes du convent de Lausanne, 22 septembre 1875 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le 22 septembre 1875, à Lausanne, le convent universel des Suprêmes Conseils du Rite Écossais Ancien et Accepté clôt ses travaux en adoptant les Grandes Constitutions de 1786 révisées et un manifeste comportant une déclaration de principes. Rédigé sous l’influence d’Adolphe Crémieux, ce texte proclame l’existence d’un principe créateur, le Grand Architecte de l’Univers, tout en refusant toute limite à la recherche de la vérité. Salué par les uns, contesté par les autres, il reste l’un des textes de référence du REAA.

Date : 22 septembre 1875
Lieu : Lausanne, Suisse

Au terme de deux semaines de travaux

Déclaration de principes du convent de Lausanne, 22 septembre 1875
Source : Wikimedia Commons – painting: unknown; file: James Steakley – Public domain

Ouvert le 6 septembre 1875 à l’invitation du Suprême Conseil de Suisse, le convent a réuni une douzaine de délégations européennes et latino-américaines. Le 22 septembre, lors de sa dernière séance, il adopte les textes préparés pendant les travaux. Adolphe Crémieux, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, arrivé la veille malgré la maladie, assiste à cette séance finale.

Ce que dit la déclaration

Selon les présentations qu’en donnent les sites du Suprême Conseil pour la France et de la revue Jepense, la déclaration affirme d’abord, comme la maçonnerie le fait depuis ses origines, l’existence d’un principe créateur sous le nom de Grand Architecte de l’Univers. Elle n’impose aucune limite à la recherche de la vérité et exige la tolérance pour garantir cette liberté à tous. La maçonnerie y est déclarée ouverte aux hommes de toute nationalité, de toute race et de toute croyance.

Le texte interdit en loge les discussions politiques et religieuses et admet le profane quelles que soient ses opinions, pourvu qu’il soit libre et de bonnes mœurs. Il définit l’Ordre comme une école mutuelle qui combat l’ignorance, enseigne l’obéissance aux lois du pays, la justice, l’amour du prochain et le travail pour l’émancipation progressive et pacifique de l’humanité.

Les Grandes Constitutions révisées

Le convent adopte en même temps une révision des Grandes Constitutions de 1786, texte fondateur attribué à Frédéric II de Prusse. Il fixe les noms des trente-trois degrés, réaffirme le principe d’un seul Suprême Conseil par juridiction territoriale et dénie aux Grands Orients le droit de conférer les hauts grades. Il maintient la devise universelle Deus meumque jus, chaque Suprême Conseil pouvant y ajouter une devise nationale : la France choisit « Liberté, Égalité, Fraternité ». Un traité d’alliance et de confédération organise enfin des conférences régulières.

Une réception orageuse

Déclaration de principes du convent de Lausanne, 22 septembre 1875
Source : Wikimedia Commons – Patania, dessinateur – CC0

La formule du principe créateur, jugée trop vague, déplaît aux puissances anglo-saxonnes. La Juridiction Nord des États-Unis, l’Écosse et la Grèce refusent la définition lausannoise. Albert Pike, Souverain Grand Commandeur de la Juridiction Sud, proteste en outre contre la juridiction reconnue à la France sur les îles Sandwich (Hawaï) et suspend ses relations avec Paris jusqu’en 1887. En 1877, une conférence réunie à Édimbourg proclame sa foi en un « Dieu vivant ». En France, le Grand Orient, irrité par l’exclusivisme du rite en matière de hauts grades, suspend en août 1876 ses relations officielles avec le Suprême Conseil.

Portée et postérité

Le bilan immédiat est mitigé : en 1879, le Suprême Conseil de Suisse se rallie à la formulation anglaise sur Dieu et l’immortalité de l’âme, et la France suit. Mais la déclaration de Lausanne demeure un texte de référence, souvent republié et commenté, notamment par les obédiences qui se réclament d’une maçonnerie à la fois spiritualiste et libérale. Les Grandes Constitutions révisées en 1875 ont été rééditées jusqu’à nos jours.

Repères chronologiques

  • 1786 : date attribuée aux Grandes Constitutions du REAA.
  • 6 septembre 1875 : ouverture du convent de Lausanne.
  • 22 septembre 1875 : adoption des textes du convent.
  • 28 août 1876 : le Grand Orient de France suspend ses relations avec le Suprême Conseil.
  • 1877 : conférence d’Édimbourg et suppression de l’obligation de croire en Dieu au Grand Orient.
  • 1879 : la Suisse puis la France se rallient à la formulation anglaise.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Grand Architecte de l’Univers mal interprété (antimaçonnisme), Suprême Conseil, Grandes Constitutions du Rite écossais ancien et accepté, 1er mai 1786 (date historique), Hauts Grades Supérieurs au troisième degré, Adolphe Crémieux (Personnalité), Albert Pike (Auteur).

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