Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
Vous avez un code promo ?

La maçonnerie cryptique désigne un ensemble de hauts grades du Rite d’York, conférés dans des conseils de Maîtres royaux et choisis. Nés pour l’essentiel aux États-Unis à la fin du XVIIIe siècle, à New York et à Baltimore, ses grades ont été réunis en un seul système vers 1818. Elle compte trois degrés : Maître royal, Maître choisi et, selon les juridictions, Super excellent maître. Derniers grades à s’appuyer sur la légende d’Hiram et sur la crypte du Temple de Salomon, ils sont surtout pratiqués en Amérique du Nord et restent minoritaires en Europe.
Le Rite d’York américain s’articule en trois corps successifs : le chapitre de l’Arche royale, le conseil cryptique et la commanderie de chevaliers templiers. La maçonnerie cryptique en constitue la partie médiane. Ses grades sont les derniers à exploiter la légende d’Hiram et l’imaginaire des voûtes secrètes du Temple de Salomon, d’où le qualificatif « cryptique ». Ils ouvrent la voie aux thèmes de la restauration du Temple, développés ensuite par les degrés chevaleresques.
À l’origine, les grades de Maître royal et de Maître choisi forment deux systèmes distincts, conférés par des corps différents ; les sources divergent sur celui qui serait le plus ancien. Le grade de Maître royal se développe surtout à New York, sous l’autorité de Thomas Lownds. Celui de Maître choisi est promu à Baltimore par Philip Eckel, qui revendique la création d’un Grand Conseil des maîtres choisis en 1792. Un Grand Conseil des maîtres royaux est attesté à New York en 1810.
Vers 1818, Jeremy Ladd Cross réunit les deux grades en un seul système, modèle qui se diffuse à mesure que la maçonnerie gagne l’ouest des États-Unis. Le General Grand Council of Cryptic Masons International, fondé le 25 août 1880, fédère aujourd’hui une grande partie des grands conseils.
Les membres se réunissent dans un conseil, appelé selon les juridictions Council of Royal and Select Masters ou Council of Cryptic Masons. Il est organisé sur le modèle de la loge, avec des titres propres : l’Illustre maître y préside, le Recorder tient le rôle de secrétaire. Chaque État américain possède un grand conseil, d’autres pays des grands conseils nationaux.
- Maître royal (Royal Master)
- Maître choisi (Select Master)
- Super excellent maître (Super Excellent Master), facultatif selon les juridictions
Hors des États-Unis, certains grands conseils confèrent des grades supplémentaires, comme le Royal Ark Mariner au Canada ou l’Excellent Master en Écosse.
Traditionnellement, le grade de Maître royal était conféré aux maîtres maçons avant l’exaltation à l’Arche royale, et celui de Maître choisi après. Cette chronologie explique les hésitations sur la tutelle de ces grades : en Virginie et en Virginie-Occidentale, c’est encore le grand chapitre de l’Arche royale qui les contrôle. Le Super excellent maître pose une autre question : un grade de ce nom était conféré à la fin du XVIIIe siècle par le chapitre Saint Andrew de Boston, mais sa première mention certaine en lien avec le rite cryptique date du 22 décembre 1817, à New York. D’origine américaine et sans lien direct avec les deux autres grades, il est tantôt pratiqué régulièrement, tantôt honorifique, tantôt géré par des conseils séparés.
Les grades cryptiques complètent le récit de la maîtrise et de l’Arche royale : ils traitent de la préservation du savoir menacé de perte et de sa mise en sûreté dans les profondeurs du Temple. Le Super excellent maître, à part, évoque la destruction du premier Temple. L’ensemble éclaire, pour le maçon du Rite d’York, la continuité entre la quête de la parole perdue et sa redécouverte.
La maçonnerie cryptique est avant tout américaine et canadienne. En Angleterre, des traces documentaires suggèrent une pratique confidentielle dès la fin du XVIIIe siècle ; un grand conseil n’y est créé qu’en 1873, sur charte du Grand Conseil de New York, et les grades relèvent de l’Ordre des maîtres royaux et choisis, administré au Mark Masons’ Hall de Londres. En France, elle reste très confidentielle, pratiquée dans le cadre des structures du Rite d’York, notamment celles liées au Suprême Grand Chapitre de l’ancienne maçonnerie d’York rattaché au GODF.
- Cryptic Masonry: A Manual of the Council, Albert G. Mackey, rééd. Read Books
- Cryptic Masonry, Jackson H. Chase, Macoy Publishing
- Beyond the Craft, Keith B. Jackson, Lewis Masonic, 6e éd., 2012
- Freemasons’ Book of the Royal Arch, Bernard E. Jones, rév. Harry Carr, Harrap, 1966
Née de deux traditions américaines fusionnées vers 1818, la maçonnerie cryptique forme le chaînon central du Rite d’York. Sa singularité tient à son thème, la sauvegarde du secret dans la crypte du Temple, et à une histoire institutionnelle mouvante, partagée entre chapitres et conseils. Très vivante aux États-Unis, elle demeure en Europe une curiosité de collectionneurs de grades et de chercheurs.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.
Voir aussi dans le glossaire : Hauts Grades Supérieurs au troisième degré.



La maçonnerie cryptique désigne un ensemble de hauts grades du Rite d’York, conférés dans des conseils de Maîtres royaux et choisis. Nés pour l’essentiel aux États-Unis à la fin du XVIIIe siècle, à New York et à Baltimore, ses grades ont été réunis en un seul système vers 1818. Elle compte trois degrés : Maître royal, Maître choisi et, selon les juridictions, Super excellent maître. Derniers grades à s’appuyer sur la légende d’Hiram et sur la crypte du Temple de Salomon, ils sont surtout pratiqués en Amérique du Nord et restent minoritaires en Europe.
Le Rite d’York américain s’articule en trois corps successifs : le chapitre de l’Arche royale, le conseil cryptique et la commanderie de chevaliers templiers. La maçonnerie cryptique en constitue la partie médiane. Ses grades sont les derniers à exploiter la légende d’Hiram et l’imaginaire des voûtes secrètes du Temple de Salomon, d’où le qualificatif « cryptique ». Ils ouvrent la voie aux thèmes de la restauration du Temple, développés ensuite par les degrés chevaleresques.
À l’origine, les grades de Maître royal et de Maître choisi forment deux systèmes distincts, conférés par des corps différents ; les sources divergent sur celui qui serait le plus ancien. Le grade de Maître royal se développe surtout à New York, sous l’autorité de Thomas Lownds. Celui de Maître choisi est promu à Baltimore par Philip Eckel, qui revendique la création d’un Grand Conseil des maîtres choisis en 1792. Un Grand Conseil des maîtres royaux est attesté à New York en 1810.
Vers 1818, Jeremy Ladd Cross réunit les deux grades en un seul système, modèle qui se diffuse à mesure que la maçonnerie gagne l’ouest des États-Unis. Le General Grand Council of Cryptic Masons International, fondé le 25 août 1880, fédère aujourd’hui une grande partie des grands conseils.
Les membres se réunissent dans un conseil, appelé selon les juridictions Council of Royal and Select Masters ou Council of Cryptic Masons. Il est organisé sur le modèle de la loge, avec des titres propres : l’Illustre maître y préside, le Recorder tient le rôle de secrétaire. Chaque État américain possède un grand conseil, d’autres pays des grands conseils nationaux.
- Maître royal (Royal Master)
- Maître choisi (Select Master)
- Super excellent maître (Super Excellent Master), facultatif selon les juridictions
Hors des États-Unis, certains grands conseils confèrent des grades supplémentaires, comme le Royal Ark Mariner au Canada ou l’Excellent Master en Écosse.
Traditionnellement, le grade de Maître royal était conféré aux maîtres maçons avant l’exaltation à l’Arche royale, et celui de Maître choisi après. Cette chronologie explique les hésitations sur la tutelle de ces grades : en Virginie et en Virginie-Occidentale, c’est encore le grand chapitre de l’Arche royale qui les contrôle. Le Super excellent maître pose une autre question : un grade de ce nom était conféré à la fin du XVIIIe siècle par le chapitre Saint Andrew de Boston, mais sa première mention certaine en lien avec le rite cryptique date du 22 décembre 1817, à New York. D’origine américaine et sans lien direct avec les deux autres grades, il est tantôt pratiqué régulièrement, tantôt honorifique, tantôt géré par des conseils séparés.
Les grades cryptiques complètent le récit de la maîtrise et de l’Arche royale : ils traitent de la préservation du savoir menacé de perte et de sa mise en sûreté dans les profondeurs du Temple. Le Super excellent maître, à part, évoque la destruction du premier Temple. L’ensemble éclaire, pour le maçon du Rite d’York, la continuité entre la quête de la parole perdue et sa redécouverte.
La maçonnerie cryptique est avant tout américaine et canadienne. En Angleterre, des traces documentaires suggèrent une pratique confidentielle dès la fin du XVIIIe siècle ; un grand conseil n’y est créé qu’en 1873, sur charte du Grand Conseil de New York, et les grades relèvent de l’Ordre des maîtres royaux et choisis, administré au Mark Masons’ Hall de Londres. En France, elle reste très confidentielle, pratiquée dans le cadre des structures du Rite d’York, notamment celles liées au Suprême Grand Chapitre de l’ancienne maçonnerie d’York rattaché au GODF.
- Cryptic Masonry: A Manual of the Council, Albert G. Mackey, rééd. Read Books
- Cryptic Masonry, Jackson H. Chase, Macoy Publishing
- Beyond the Craft, Keith B. Jackson, Lewis Masonic, 6e éd., 2012
- Freemasons’ Book of the Royal Arch, Bernard E. Jones, rév. Harry Carr, Harrap, 1966
Née de deux traditions américaines fusionnées vers 1818, la maçonnerie cryptique forme le chaînon central du Rite d’York. Sa singularité tient à son thème, la sauvegarde du secret dans la crypte du Temple, et à une histoire institutionnelle mouvante, partagée entre chapitres et conseils. Très vivante aux États-Unis, elle demeure en Europe une curiosité de collectionneurs de grades et de chercheurs.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce rite.
Voir aussi dans le glossaire : Hauts Grades Supérieurs au troisième degré.

