C comme Cierge en Franc-maçonnerie

Recevez gratuitement la Lettre de 450.fm chaque soir. Je m’inscris →

Gardez cet article avec vous
Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
+ frais de traitement
Vous avez un code promo ?

Glossaire de la franc-maçonnerie

Le cierge, chandelle de cire allumée sur un chandelier, est en loge l’un des supports matériels de la Lumière, notion centrale de la franc-maçonnerie. Les flambeaux posés près des piliers Sagesse, Force et Beauté, les étoiles allumées à l’ouverture des travaux, les lumières de la Chambre du Milieu ou de la Chambre de réflexion donnent forme visible à ce que l’initié recherche : la connaissance, la clarté de l’esprit, la présence. Héritier d’usages religieux et des loges éclairées à la chandelle, le cierge relie le geste rituel au symbole.

Du luminaire à l’emblème

Au XVIIIe siècle, les loges se réunissaient le soir, dans des salles éclairées à la chandelle. Les divulgations et gravures de l’époque montrent souvent trois grands chandeliers disposés autour du tableau de loge. L’éclairage nécessaire est devenu symbole : les trois lumières placées en triangle ont été associées au Soleil, à la Lune et au Maître de la loge, ou aux trois vertus de Sagesse, Force et Beauté.

Les trois piliers et leurs flambeaux

Dans de nombreux rites, trois piliers ou colonnettes surmontés de flambeaux, nommés Sagesse, Force et Beauté, sont disposés autour du pavé mosaïque. Ils sont souvent placés près du Vénérable et des Surveillants, qui « incarnent » respectivement ces vertus. Leur allumage, à l’ouverture des travaux, et leur extinction, à la fermeture, scandent le passage du temps profane au temps sacré. Dans certaines loges, on parle d’« étoiles » pour désigner ces lumières.

Dans les rituels

  • Ouverture des travaux : allumage des lumières, souvent à partir de la flamme de l’Orient.
  • Chambre de réflexion : une chandelle éclaire le candidat face aux symboles de la mort et du renouveau.
  • Chambre du Milieu : au grade de Maître, la loge est éclairée faiblement, parfois par quelques lumières seulement, pour figurer le deuil.
  • Fermeture : extinction des lumières, dans un ordre fixé par le rituel.
  • Bougies électriques : de nombreux temples les utilisent aujourd’hui pour des raisons de sécurité, sans changer le symbole.

Le feu maîtrisé

Le cierge est un feu domestiqué : une flamme contenue, orientée, qui éclaire sans détruire. Il convient à une tradition qui travaille à canaliser les passions plutôt qu’à les nier. Il se consume pour éclairer : les commentateurs y voient l’image d’un engagement qui donne de soi. La flamme, fragile, doit être protégée et entretenue, comme l’ardeur de l’initié au fil des années.

La lumière transmise

Une flamme peut en allumer une autre sans rien perdre. Cette propriété fait du cierge un symbole de transmission. Dans plusieurs rituels d’ouverture, les lumières des Surveillants sont allumées à partir de celle du Vénérable, figurant la lumière qui part de l’Orient et se répand dans la loge. On retrouve la même idée dans le récit de l’initiation, où le nouvel initié « reçoit la lumière ».

Héritages religieux

Le cierge appartient aussi au vocabulaire des Églises : cierge pascal, cierge de baptême, lampe du sanctuaire. Les rituels maçonniques n’en reprennent pas le sens liturgique, mais partagent avec ces usages l’idée d’une lumière qui signale une présence et une vigilance. Les rites à forte dimension chrétienne, comme le Rite Écossais Rectifié, sont naturellement plus proches de cet héritage.

Le saviez-vous ?

Les catéchismes maçonniques anglais des années 1720 et 1730 évoquent déjà trois lumières de la loge, ce qui en fait l’un des plus anciens éléments du décor rituel. Leur forme et leur interprétation ont varié, mais la présence de lumières en triangle est restée presque universelle.

La lumière dans la Chambre de réflexion

Avant son initiation, le candidat est placé dans la Chambre de réflexion, petite pièce sombre où il rédige son testament philosophique. Une simple chandelle y éclaire les symboles disposés autour de lui : crâne, sablier, pain, eau, sel, soufre, inscriptions. Cette faible lumière prépare la grande : à la fin de la cérémonie, l’initié « reçoit la lumière », c’est-à-dire voit la loge illuminée. Le contraste entre la chandelle solitaire et la loge éclairée exprime tout le chemin de l’initiation.

Repères

  • Trois lumières : associées à Sagesse, Force et Beauté.
  • Étoiles : lumières allumées à l’ouverture des travaux dans certains rites.
  • Chambre de réflexion : une chandelle unique.
  • Sens : lumière, transmission, feu maîtrisé, vigilance.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Lumières (trois), Sagesse, Force, Beauté, Étoiles, Chambre du Milieu, Orient.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie
Cet article vous fait réagir ? Vous avez une information ou un témoignage à nous transmettre ?
Écrire à la rédaction
Cet article vous a plu ? 450.fm est libre et gratuit grâce à ses lecteurs. Un don, même modeste, nous aide à continuer. Soutenir 450.fm →
La Rédaction
La Rédaction
La rédaction de 450.fm publie chaque jour l’actualité des obédiences, une revue de presse internationale, des dossiers d’histoire, des chroniques et les fiches du Glossaire. Les articles signés La Rédaction sont préparés et vérifiés par l’équipe éditoriale, sous la direction de Franck Fouqueray.

Articles en relation avec ce sujet

Une info, un témoignage, une réaction ?

Écrivez à la rédaction de 450.fm, en toute confidentialité.

Contacter la rédaction

DERNIERS ARTICLES