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ANGLETERRE : Les Francs-maçons s’associent aux DofE Awards

De notre confrère www.cravenherald.co.uk

Les francs-maçons sont devenus un acteur incontournable du Prix du duc d’Édimbourg (DofE), finançant un nouveau programme national pour perfectionner l’équipe et les bénévoles avec une subvention de 300 000 £. Le programme aidera également à intégrer davantage d’écoles et de clubs, afin de s’assurer que tous les jeunes aient accès au DofE.

La Grande Loge Unie d’Angleterre (UGLE) et la Masonic Charitable Foundation (MCF), l’association caritative des francs-maçons anglais, se sont unies pour permettre à l’association d’atteindre le minimum de 30 000 jeunes à l’échelle nationale ayant des besoins éducatifs spéciaux et des handicaps (SEND) d’ici 2024. L’ambition est d’augmenter le nombre de centres proposant le DofE aux jeunes avec SEND et de préparer des centaines de responsables – des personnes formées soutenant des groupes de jeunes, tout au long de leur parcours DofE.

Le programme a été conçu pour rendre la participation au DdE possible pour les étudiants ayant certaines difficultés et handicaps. Il aidera les étudiants à acquérir des compétences de vie personnelles cruciales, à développer des compétences d’employabilité et à devenir plus indépendants, et vise à offrir aux étudiants les mêmes expériences que ceux ayant suivi en enseignement classique.

L’impact de l’obtention d’un prix DofE est un élément particulièrement important et changera la vie des jeunes ayant des difficultés physiques ou d’apprentissage, qui sont souvent exclus des activités culturelles, sportives etc… en raison d’un manque d’équipements, d’installations, de personnel de soutien formé et de financement accessibles.

Le duc d’Édimbourg, qui a fondé le DofE Awards en 1956, était lui-même franc-maçon.

RUSSIE : Les francs-maçons sont apparus à Tioumen (Russie – Ville de 621 918 habitants)

Ils prévoient d’organiser leur propre Temple ici.

(de notre confrère Russe 72.ru)

Des lodges sont déjà installées à Moscou, Saint-Pétersbourg, Kazan, Iekaterinbourg, Novossibirsk, Koursk et dans d’autres villes de Russie. Cette fois, c’est à Tioumen qu’une Loge s’est créée. À cette fin, une ouverture a été réalisée – l’installation s’est faite dans l’un des hôtels de la ville. Le Grand Maître de la Grande Loge de Russie Andrei Bogdanov était présent.

Il a suffit de 7 Maîtres, l’Obédience à ensuite donné son accord. Tous les plans sont prêts pour la construction d’un Temple d’ici deux à trois ans. C’est un bureau ou une pièce où les frères se réunissent et tiennent des tenues – a déclaré Bogdanov. Il a précisé que chaque représentant décide lui-même de divulguer publiquement son appartenance ou non. Personne ne peut faire ça à sa place. Souhaitons bon vent à cette Loge.

50 nuances d’égo, et moi et moi et moi, franc-maçon.

Les postes en vue se voient dans la société actuelle occupés de manière croissante par des narcissiques, et il en va de même dans nos loges. Passons les types en revue afin de mieux les repérer et d’agir en conséquence.

On nous l’a dit et redit :  chez nous les francs-maçons, nous aimons l’humilité, et parmi les métaux à laisser hors du temple figurent l’ambition et le goût du pouvoir. Mais, malgré cela, nous voyons un peu trop fréquemment des frères ou sœurs un peu trop remuants sur les colonnes, qui entraînent un groupe de suiveurs dans leur bruyant sillage et endommagent la sérénité des travaux et la cohésion de l’atelier. Narcissiques, ils ne cachent même pas que selon eux les règlements ça s’applique aux autres et que les passe-droits ont été inventés pour eux.

Les mesures en neurosciences ont récemment repéré dans le cerveau des narcissiques une activité plus faiblarde des zones de l’empathie que chez les personnes autres. Chez eux, l’empathie semble remplacée par une capacité à bien comprendre les sentiments de leurs interlocuteurs, ce qui leur permet d’être de parfaits manipulateurs.

Cette présence nette des narcissiques est en fait importée dans nos loges, à peine freinée par nos filtres au recrutement, depuis la société civile dans laquelle ils sévissent lourdement, et jusqu’aux dirigeants politiques : voyons Trump, Boris Johnson, Bolsonaro, etc.

A côté de ces « gagnants » il existe aussi des « vulnérables », ou « frustrés », qui étaient au départ, eux aussi, souvent des enfants-rois auxquels jamais un non n’était opposé, donc dans l’exigence du tout – tout de suite. Une partie d’entre eux s’est heurtée à quelques dures fins de non-recevoir ;  ces chocs tardifs créent une frustration permanente pour ces individus n’ayant pas intégré la notion de limite dans leur enfance. Les frustrés auront tendance à vivre leur toute-puissance par procuration, en adulant des populistes, qui voient ainsi grossir les rangs de leurs adeptes, d’où l’accession au pouvoir de plusieurs d’entre eux.    

Une variante des frustrés est celle des complotistes. La rivalité dans la recherche de la célébrité fait considérer toutes les autorités en place ( politique, entreprises, scientifiques…) comme des ennemis à abattre, et rien de tel que découvrir que ces ennemis cachent des intentions peu avouables derrière leurs discours trop politiquement corrects.

Complotistes ou pas, les vulnérables vont retrouver tous leurs ennemis sur les réseaux sociaux et en découdre : autre manière de vivre une toute-puissance de substitution.

Il existe encore une autre nuance de ces personnages aux égos boursouflés :  les personnalités clivantes. A la recherche de la lumière qui leur est due, certains narcissiques, pour montrer leur unicité, s’engagent sur des « chemins alternatifs ». Ils partagent avec les frustrés ce rejet du « système », qu’ils trouvent trop bien huilé, et dénoncent aisément les privilégiés qui en profitent honteusement.

Les tests psychosociologiques montrent que ceux qui adhèrent le plus aux théories du complot sont aussi ceux qui croient détenir des informations originales et rares. Le désir d’unicité se repaît de thèses décalées, qui peuvent augmenter la célébrité : on songe là à un célèbre professeur marseillais .

De tout ce petit monde bigarré, nous avons des échantillons dans nos loges,  comme l’a détaillé notre frère Pierre Audureau dans son «  une franc-maçonnerie dévoyée par l’égo ».   

Il est important de rappeler que plusieurs des comportements déviants cités ci-avant se déroulent de manière partiellement inconsciente : les zones du cerveau intervenant dans l’empathie sont moins actives que les autres.

Aussi c’est d’abord fraternellement que nous devons réagir si la personne est membre de nos ateliers. En enquête, par contre, il est utile de repérer ces individus et de bien se poser la question des dégâts qui pourraient suivre un recrutement.

Et vous, rappelez-moi en quoi vous êtes si unique ?

ESPAGNE : Les francs-maçons aident à nourrir les affamés

De notre confrère espagnol www.theleader.info

Dans la région de Benidorm – Altea – Calpe – Moraira, un groupe de bénévoles distribue des repas chauds à de nombreux sans-abris, dont certains vivent sous des ponts ou dans des maisons vides.

L’initiative est venue de deux sans-abri qui ont réussi à changer leur vie pour le mieux et qui veulent maintenant contribuer en servant la société. De par leur propre expérience, ils savent où trouver ces sans-abri, ils demandent à des volontaires de cuisiner pour soixante à quatre-vingts personnes nécessiteuses à la fois.
Al Campo Hypermarket, La Zenia Boulevard

Récemment, la nourriture a été cuisinée par nos amis francs-maçons de la loge hollandaise/belge de Leukopolis, qui ont fait des saucisses et de la purée avec des légumes et de la sauce ! Quatre-vingt-trois repas ont été préparés par les maçons, et tous avec un gâteau et une boisson bien sûr.

Les charmantes Tanya, Natasha et Jon Smith se sont occupées de la route Calpe – Benidorm, distribuant les repas indispensables et d’autres articles nécessaires.

Les frères locaux de Leukopolis Lodge No 85 se sont déjà portés volontaires pour cuisiner deux fois pour ces personnes. Ils rassemblent les Frères de la Loge en fournissant un service indispensable et en soutenant une œuvre caritative digne de ce nom, alors continuez à nous soutenir, en aimant et en partageant nos pages Facebook, en devenant membre de notre communauté en pleine croissance ou encore mieux, devenez bénévoles !!

L’organisation caritative peut être contactée via sa page facebook, project4all. Vous pouvez également envoyer un e-mail à sec@glpvalencia.com

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Demon’s Slayer, ou le vrai sens d’une victoire

Avec la réouverture des salles obscures, j’ai pu me livrer à mon vice : aller voir des films sur grand écran. Parmi ceux que j’ai vus dans mon orgie cinématographique, l’un d’entre eux m’a particulièrement intéressé. Je ne vais pas être original en évoquant le blockbuster d’animation japonaise Demon Slayer – Le train de l’infini.

Demon Slayer est un manga récent, commencé en 2016 et achevé récemment au bout de 23 tomes. Ce manga, appartenant au genre shonen-nekketsu, raconte l’histoire d’un jeune garçon de l’époque Taisho (ère pré-industrielle japonaise, précédent l’ère Meiji), Tanjiro, dont le but est de rendre son humanité à sa jeune sœur transformée en démon (créature dotée de pouvoirs magiques mais vulnérable à la lumière du jour) après un massacre. Au fil de son histoire, il rencontre ses compagnons d’armes, ses maîtres, ses rivaux et ses nemesis. Rien de bien original sous le Soleil levant, donc. On y retrouve tous les éléments classiques du genre.

Fort de son succès éditorial, la licence a été déclinée sous divers supports : série animée, romans et bien entendu, film. D’ailleurs, le film a été un succès colossal lors de sa sortie au Japon.

Le film raconte le voyage de Tanjiro et ses compagnons dans un train servant de terrain de jeux à un démon nommé Enmu. En tant que chasseurs de démons, ils doivent assister un maître de leur organisation (un pilier) durant cette opération, nommé Rengoku. Au bout d’une scène comique, Rengoku accepte d’entraîner Tanjiro. Puis déroulement classique de l’histoire, le démon Enmu tente de tuer les chasseurs par la ruse mais échoue. Les jeunes héros au prix de blessures terribles, de flashbacks et de retours sur leurs passés respectifs, et autres éléments classiques du genre finissent par vaincre leur démoniaque adversaire.
Arrive alors la scène finale du film, celle qui donne à ce film sa profondeur et en fait tout son intérêt. Un autre démon très puissant (une Lune, dans la version originale), Akaza, vient achever le travail du démon du train quand vient s’interposer le pilier. Comme dans tout bon duel de sabre japonais, les deux adversaires exposent leurs points de vue respectifs, se rendent compte de leur incompatibilité et s’affrontent. Rassurez-vous, je ne commenterai pas les (sublimes) scènes de combat, ni l’animation (splendide) et encore moins le character design (magnifique).

En fait, dans cette scène, on apprend que le démon lune était un être humain autrefois, qui a choisi d’embrasser la voie monstrueuse pour réaliser pleinement son potentiel. Et son rêve est de trouver un adversaire à sa hauteur. Chose qu’il a trouvée en la personne du Pilier Rengoku. Akaza lui explique combien il méprise les faibles et ne s’intéresse qu’aux forts, quand Rengoku lui rétorque que son devoir est justement, en tant que « fort » de veiller sur les « faibles ». Akaza tente de le séduire en lui offrant l’immortalité, l’infinité, le développement de son potentiel et la perspective de toute-puissance. Et tout au long du combat, alors qu’Akaza lui inflige des blessures toujours plus graves, Rengoku refuse son offre. Son argument tient au contraire de la sagesse stoïcienne : on n’est que de passage sur Terre, et la mort fait invariablement partie de la condition humaine. A la fin du combat, Rengoku n’a plus que la force d’asséner un ultime coup à Akaza, qui, grièvement blessé et effrayé par la lumière du Soleil, s’enfuit.

Avec ce duel, je me suis posé deux questions : que cachait ce combat et qui a réellement gagné ?

Au delà du combat entre chasseur et proie, il y avait en fait deux éthiques qui s’affrontaient. Une éthique dite « de première personne », autrement dit une éthique du « tout pour moi » représentée par le personnage d’Akaza. Akaza humain craignait la mort et était dévoré d’ambition, et pour ces raisons, il est devenu immortel en renonçant à son humanité.

Son but est le profit, représenté par la souffrance qu’il inflige aux humains (promis, je ne dirais pas que je vois une vision du capitaliste avide de profits), le développement de ses pouvoirs et la jouissance des effets de ses pouvoirs.

Rengoku, au contraire de son adversaire, a une éthique « de la troisième personne » : il combat pour protéger ses jeunes apprentis et les victimes des démons et de manière plus générale, l’humanité. Il est conscient de sa condition de mortel et ne cherche pas à tricher avec la vie. Il est également conscient de son devoir : en tant que guerrier d’élite, son éthique et son idéal consistent à protéger les plus faibles. Et Rengoku donnera sa vie pour ce devoir. Au final, ce sont bien deux éthiques qui se sont affrontées : égoïsme contre altruisme.

Mais qui a véritablement gagné, sachant que Rengoku n’a pas survécu à ses blessures et qu’Akaza s’est enfui ? En fin de compte, Akaza a échoué : Rengoku n’a pas renoncé à son humanité, bien au contraire. Ce dernier a même donné le meilleur de lui-même. Par sa conduite et son sacrifice, Rengoku a permis la transmission de son éthique à Tanjiro et ses compagnons. Tel Hiram, Rengoku est mort pour que son exemple vive. Sa mort permettra également aux autres apprentis de devenir aussi des maîtres, ou des piliers. En mourant, le puissant Rengoku permet à ses disciples d’un jour d’avoir la possibilité d’exister, de progresser et de l’égaler. Sa mort en humain fait de lui le vainqueur de cet affrontement.

A y bien regarder, le personnage de Rengoku était un grand initié : conscient de sa finitude, ayant accepté la mort et surtout prêt à accomplir son devoir jusqu’à la dernière goutte de son sang.

En fin de compte, n’est-ce pas là ce que nous apprend l’Initiation, que d’apprendre à mourir, mourir pour vivre, mourir pour laisser vivre et surtout mourir pour transmettre ? Etre conscient de sa place, l’accepter, agir en conséquence, n’est-ce pas là le devoir de l’Initié ? Mourir pour laisser les autres vivre et grandir, n’est-ce pas aussi le message des spiritualités, qu’il s’agisse de Franc-maçonnerie, de traditions ou d’arts martiaux ?

Je vous embrasse.

Une fraternité virile, ça vous pose un mec.

Le rôle des hormones dans le comportement des humains est de mieux en mieux décortiqué par les sciences, et en particulier la testostérone et ses effets sur l’empathie et l’esprit de compétition, démontrés par le fonctionnement des zones du cerveau. Cela interroge les métaux, la fraternité, la vigilance en maçonnerie.

Nous maçons avons un devoir de solidarité active envers nos sœurs et frères. Entre mecs s’accompagne de viriles tapes dans le dos ; cela apparaît dans la vidéo produite par nos frères ricains, qui ne fait pourtant qu’une minute ( c’est ici  ).  Jusque-là, tout va bien.

Mais cela peut se gâter quand l’esprit d’équipe devient esprit de meute, caractérisé par un leader charismatique avec goût du pouvoir et des suiveurs porte-flingue. Dans ce cas, celles et ceux qui ne sont pas de la bande peuvent avoir du souci à se faire en cas de désaccord avec le leader.

Les statistiques sont on ne peut plus précises :  une écrasante majorité des actes de violence est le fait d’hommes jeunes.

Steven Pinker, dans son «  la part d’ange en nous », détaille les efforts civilisationnels que la société a accomplis afin de progressivement canaliser ces énergies parfois trop bouillonnantes de la jeunesse :  le progrès, ça existe. Camus en déduisait laconiquement que «  Un homme, ça s’empêche. »

Mais le progrès, ce n’est pas linéaire, et de grandes régressions sont toujours possibles. Il existe encore une part considérable des régions de notre vieille planète où on glorifie l’honneur, le renom de l’homme chef de famille, et où on voit dans « crime passionnel » un adjectif valant circonstance atténuante.

 Pour tout cela, l’accusé est tout trouvé :  c’est la testostérone, cette hormone mâle qui a des niveaux élevés chez les hommes jeunes, et moindres chez les femmes et autres hommes.

Le sujet a été abondamment étudié, avec comme résultat que « c’est pas si simple que ça ».  

 Selon l’hypothèse privilégiée par les chercheurs, la testostérone  ne rend pas les hommes systématiquement plus agressifs, mais les prépare à un défi de dominance .

Chez les hommes, les taux de testostérone augmentent en présence d’une femme attirante ou dans la perspective d’une compétition les opposant à d’autres hommes, par exemple lors d’une rencontre sportive.

La testostérone pourrait donc être la molette qui transforme les hommes soit en pères, soit en mufles.

Nous maçons sommes censés laisser nos métaux à la porte du temple : nos métaux matériels comme nos objets de valeur (profane) et nos armes, mais aussi nos métaux immatériels que sont notre histoire personnelle, nos soucis, ambitions, casseroles,… et aussi amitiés et inimitiés. Le secours à nos sœurs et frères dans le besoin doit être inconditionnel. Heureusement, l’empathie est là, qui nous aide à comprendre le ressenti de l’autre, afin de mieux l’aider.

Les neurosciences ont repéré la « jonction temporopariétale » du cerveau comme zone commandant l’empathie.

Elle est connectée au striatum, encore appelé zone du plaisir et de la motivation :  aider les autres nous procure du bonheur.

Une étude suisse a montré que les femmes sont en moyenne plus partageuses que les hommes ; bon, les choses sont néanmoins fort fluctuantes et cela ne suffit pas à incriminer notre hormone testiculaire.

Et voilà que, patatras, la nouvelle vient de tomber (  l’étude, chinoise,  c’est  ici ) .

Des essais cliniques avec groupe témoin sous placebo ont montré qu’un ajout de testostérone par gel sur le bras de 70 hommes leur a fait nettement chuter la générosité ( partage d’une somme d’argent ) .

Et l’étude chinoise a montré que chez les participants ayant reçu les doses d’hormone, la jonction temporopariétale en question était endormie. En passant, cela explique l’effet de la testostérone sur les sportifs :  elle renforce la détermination du compétiteur, qui ne se demande plus si la défaite va affecter le petit cœur de son rival.

Autre observation faite par Jinxian Ou et son équipe : chez les participants recevant l’hormone, la liaison entre le striatum et la jonction temporopariétale était atténuée. Donc moins de sensation de bonheur en secourant notre prochain…

Faut-il en conclure que nous les mecs sommes définitivement handicapés de l’entr’aide ? Certainement pas à ce stade ;  les changements profonds de comportement, ça existe.  Une étude ne fait pas le printemps, et de plus nous avons encore si peu compris de la complexité de la machinerie humaine que la prudence reste de mise.

Retenons que les variations hormonales ont un impact sur les femmes et sur les hommes, que nous devons l’intégrer et en faire un argument de compréhension mutuelle plutôt qu’un outil de stigmatisation, et que c’est grâce à une meilleure compréhension de nos comportements qu’ensemble nous pourrons construire un avenir apaisé pour nos enfants. A court terme, que cela ne nous empêche pas de surveiller étroitement nos pulsions, en pensant à Camus.

Et vous, êtes-vous partant  pour une vigilance éclairée ?

Pourquoi une rubrique Franc-maçonnerie et culture populaire ?

je m’inscris dans le courant de la pop-philo, en m’inspirant ouvertement des travaux de la philosophe Marianne Chaillan, grande pédagogue de la philosophie via le cinéma et les séries ou encore des chroniques de l’humoriste et animateur radio des Blockbusters Frédéric Sigrist.

Il y a quelques années, j’ai eu une discussion houleuse avec mon Vénérable de l’époque, suite à un choix de colonne d’harmonie peu usuel. J’avais en effet choisi pour illustrer une planche sur la Voûte Etoilée un titre d’Alice Cooper, My Stars (issu de l’album School’s Out de 1973). https://youtu.be/x0DRD31c6Nk

Certains Frères ont grincé des dentiers et ont cru leur sonotone détraqué, et le Vénérable a estimé que j’étais allé un peu loin dans le choix de la musique. Il est ensuite parti sur un long discours évoquant les bienfaits de la grande littérature (Alexandre Dumas, Eugène Süe, Shakespeare ou Balzac) et de la grande musique (Liszt, Wagner ou Offenbach) et conspuant la littérature ou la musique jugée populaire. Nous avons continué cette conversation aux agapes, et il a eu cette expression très intéressante : « ne …. que ». Ce Frère, bien qu’ayant mon âge, n’écoute que de la « grande musique » et ne s’intéresse qu’à la grande littérature. Sauf que… parmi les grands auteurs classiques, certains feuilletonistes comme Dumas, Balzac ou Süe étaient les équivalents de nos JK Rowling ou Georges R Martin. De même, certains grands compositeurs comme Offenbach étaient les Johnny Hallyday voire les Maître Gim’s de l’époque…. Et Shakespeare, n’en parlons pas ! En fait, ne deviennent classiques que les créateurs et artistes dont l’oeuvre reste intemporelle et qui s’adresse directement aux passions qui nous animent.

Je suis prêt à parier que JK Rowing restera une autrice classique : son œuvre majeure, Harry Potter a marqué une génération, qui est en train de la transmettre à ses enfants. Or Harry Potter est une œuvre porteuse de valeurs et comportant un message initiatique. Ce sera l’occasion d’un futur billet. De la même manière, ma génération a connu Star Wars et la vague manga. Mes congénères et moi-même transmettons à nos enfants Dragon Ball, Saint Seiya – Les Chevaliers du Zodiaque, Sailor Moon, Bioman, bref, la culture japonaise des années 80. Et j’ai déjà entendu des planches sur Harry Potter. Il y a donc un sillon à creuser et de belles planches à élaborer. Ce qui est un peu l’objet de cette série de billets. Mais pas seulement.

En fait, j’aimerais contrer l’usage du « ne … que ». Mon maître d’aïkido avait expliqué une fois que mettre un « ne … que » dans sa vie, c’était restreindre sa pensée et se priver d’une expérience. Ainsi, ne pratiquer l’aïkido qu’avec des ceintures noires (ou blanches, d’ailleurs), c’est se priver d’une rencontre et d’une expérience et donc se restreindre. De la même manière, n’écouter que de la musique classique et mépriser le reste, outre passer pour un snob ou un pédant, c’est se priver d’expériences et d’émotions. J’ai trop souvent constaté que des Frères comme des Soeurs employaient ce « ne … que » et donc restreignaient leur expérience, soit par ignorance, soit par paresse, ou pour encore d’autres raisons. Et pour un Franc-maçon, il est impardonnable de se priver volontairement d’expériences nouvelles et de fermer son esprit. C’est devenir triste au sens de Spinoza: évoluer vers une moindre perfection.

C’est dans ce but que je vous propose une lecture maçonnique d’oeuvres issues de la culture populaire, comme je l’ai fait il y a quelques semaines avec Fight Club. Mon but est ici de chercher un sens dans les icônes de la culture populaire (non, n’insistez pas, je ne m’attaquerai pas à Tintin, ç’a déjà été fait) et d’en retirer un sel initiatique. En fait, je m’inscris dans le courant de la pop-philo, en m’inspirant ouvertement des travaux de la philosophe Marianne Chaillan, grande pédagogue de la philosophie via le cinéma et les séries ou encore des chroniques de l’humoriste et animateur radio des Blockbusters Frédéric Sigrist.

Si je peux apporter un éclairage initiatique sur une œuvre populaire, et si en plus, je peux vous apporter quelque chose de nouveau, j’en serai très heureux.

Sur ce, je retourne à ma lecture de mangas et de comics et à mes parties de jeux vidéo, j’ai des recherches à faire pour écrire.

Dialogue entre chien et loup

Lorsque le crépuscule tombe sur la ville, enveloppant toutes choses d’une ombre mystérieuse, deux individus mâles pénètrent avec une égale précipitation dans une ruelle pavée et mal éclairée, à l’écart d’une avenue passante. Qui sont- ils ? Que se confient-ils ? Qu’espèrent-ils ?

Curieusement les deux sujets sociaux s’immobilisent à proximité l’un de l’autre. Eux-mêmes paraissent impressionnés par la similarité de leur marche en ce quartier de Paris où à la lisière du jour et de la nuit, l’esprit devient plus réceptif à l’évanouissement  des formes ou à la fuite des corps. Ces deux là viennent de constater qu’ils manifestent la même intentionnalité, par ce regard qu’ils dirigent vers le haut des portes cochères pour évaluer les numéros de l’impasse : sont-ils sur la même piste ? Dans la même quête ? Pour une même maraude ?

Stoppés dans leur progression par la curiosité, voire la méfiance, chacun jauge l’autre en silence : quel est cet inconnu aux allures semblables à soi ?  Quid de son identité ? Pourquoi sa présence proche d’un couvent abritant de belles et spirituelles créatures ? Dangers ? Menaces ? Concurrences ? Instinctivement, l’un vers l’autre, ils s’approchent comme pour s’affronter, avec une commune radicalité « d’homme à homme ». L’urgence tient là : évacuer le doute qui les tenaille quant à leur identification respective : ami ou ennemi ? Bonne ou mauvaise rencontre ? Chien ou loup ?

Il est vrai que  loup et  chien se ressemblent beaucoup : tous deux  sont comme le coyote, le renard ou le dingo d’Australie, de la famille des canidés mais dans cette famille, le loup et le chien depuis la nuit des temps, tiennent à leur superbe, chacun convaincu de sa supériorité animale et instinctive !

Le premier à parler décline qu’il est chien ! Sans porter la voix, sans aboiement craintif ou surfait. Il tient des propos élitistes et assure qu’il n’est pas n’importe quel  chien, mais un chien au-delà de trois ans, aguerri à la lutte de valeurs essentielles par des années d’affrontement civique,  fidèle à des principes de courage et de vaillance comme le furent ses pères qui sont aux cieux. Usant alors d’un latin savant, « chacun peut les apercevoir », dit-il, « si bien sûr on est averti d’astronomie, dans les constellations du Grand Chien (« Canis Major ») qui abrite  Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel, celle du Petit Chien (« Canis Minor ») qui accueille Procyon, l’étoile se levant juste avant Sirius, et la constellation boréale des Chiens de Chasse (Canes Venatici) ». Alors qu’il allait faire suivre l’exposé sur sa famille céleste, par l’inventaire de ses qualités telles l’intelligence, la loyauté, la fidélité et insister sur la popularité de lui et des siens auprès de l’humanité toute entière, l’autre l’interrompt.  

Le dardant d’un regard glacial de ses deux yeux jaunes, il précise qu’il est loup !  Afin d’éviter tout malentendu il ajoute qu’il n’est ni un loup vulgaire ni le loup affamé des fables de La Fontaine ou des contes de Perrault, mais le loup grand commandeur des Carpates. Profitant de l’effet de surprise sur son vis-à-vis, il lui confie qu’il demeure (même s’il aime la solitude des grands espaces), à la recherche d’une nouvelle meute à protéger, à inspirer, en encourageant chaque membre à comprendre le Grand Mystère et la Vie. Son seul but sur terre, quel qu’en soit le coût, est l’Harmonie Universelle et non pas la résolution de problématiques domestiques ou la recherche d’un bancal modus vivendi !

A la fin de cet envoi d’un grand lyrisme, la lune qui se dévoilait de quelques nuages, est venue accorder avantage au loup sur le chien, en renforçant à point nommé, la charge prestigieuse du surnaturel et de l’énigme. Eclipsées alors la fierté du chien quant à ses ascendants, sa popularité auprès des humains, son immuable servitude à ses maîtres ! L’apparition de l’astre lunaire resituait en argument majeur cette alliance mémorielle passée avec le loup, une alliance qui lui dispense depuis toute éternité de l’énergie psychique et accorde à son inconscient du savoir et de la sagesse ! (En clair : être avec le loup intensifie de beaucoup la métaphysique et la spiritualité !)

Au travers d’un dialogue serré, alors que l’obscurité s’étendait, ils se sentirent devenir compères car les deux se reconnaissaient inspirés par un certain idéal d’unité et de rassemblement.  Ils convenaient que chacun puisse ici bas avoir son rôle à jouer car le pragmatisme, l’ardeur et le rêve pouvaient y cohabiter. Leur but se révélait identique : protéger les faibles, les affamés, les opprimés quelque soient leur genre ou leur sexe ! A minuit bien passé, ils avaient même pu déterminer comment tracer de nouvelles règles et consolider un esprit de concorde qu’ils allaient étendre d’ici jusqu’au désert du Golan en passant par le cercle polaire, sans oublier les trottoirs de Manille et le massif des Ardennes ! Lorsque les étoiles ont pâli et que l’horizon blanchissait, ils se sont quittés frères et amis, persuadés qu’ils pouvaient désormais aller chacun de leur côté dans le monde pour faire advenir la vérité et un bien meilleur temps pour la planète !

Codicille : si entre ces deux représentants du Vivant, le dialogue ne manqua pas de chien, l’échange fit toutefois grand honneur au loup qui avait pu attester toute la nuit de son alliance avec la lune ! L’histoire du pacte entre chien et loup se transmit assez vite dans la famille des canidés même si Goupil, le renard, a tenu à en rabattre un peu : « Ne faites pas un fromage de toute cette histoire ! » disait il, lorsqu’il la rapportait à  ses petits compagnons et compagnonnes lors de veillées tenues au fond des bois. Et il conseillait : « Restez dans la vigilance et la persévérance et préférer la Grande Lumière au Grand Soir ! »

Embrasser

1.BOULOMIE : LA FRANC-MACONNERIE, DEMAIN

Réussir vraiment à embrasser, dès les parvis

La Sœur Zélande, arrive sur les parvis. Une dizaine de maçons bavardent. Et Zélande, tout sourire, agite la main et clame à tout vent : « Bonsoir tout le monde ! ». Puis elle se dirige vers Marie-Désiré qu’elle aime bien. Et les bévues continuent ! Elle lui claque, dans le vide, trois baisers secs. Ce n’est pas tout ! Car elle est affectueuse, Zélande !

Voici Aïcha qui se retourne tout sourire vers elle. Cela mérite bien une accolade furtive, un bras autour des épaules, surtout sans trop appuyer; de petites tapes de ci de là; résultat : Zélande se sent bien accueillie. La tenue peut commencer. Et bien pas du tout, ma Sœur. Tu « embrasses » comme la majorité le faisait en 2025. La si triste accolade ! Il faut revoir tout ça car le corps parle très fort et tu l’as oublié. Ce faisant tu n’es pas bien prête pour la tenue. Car, justement, elle commence sur les parvis !

Embrasser, c’est toucher

Toucher physiquement l’autre pour le toucher dans son cœur. Mais pas n’importe où et n’importe comment. Observons maintenant cette promesse d’affection échangée grâce à des gestes soigneux. Voici Maldoror et Isidore. D’abord, ils serrent leur corps l’un contre l’autre. Ça, ce n’est pas venu tout seul pour Isidore, gêné par le contact des bas-ventre. Mais ça y est, il a pigé. Puis, ils s’enlacent avec un bras sur l’épaule de l’autre. Ils soulignent bien la pression. C’est essentiel pour ressentir la protection affectueuse. Enfin ils s’embrassent les joues trois fois chacun. Pour de vrai. Pas de petits frôlement en fantômes de lèvres sur les pommettes figées. Par leur étreinte fraternelle Maldoror et Isidore sont dès lors plus proches. Oh ce n’est pas par les mots; ils le ressentent physiquement sans s’en douter !

L’enfant naît par la peau touchée.

Toute initiation, sous la mise en scène de son époque – les symboles, les mythes, les rites – bégaie depuis la nuit des temps, l’aventure initiale : le ventre et sa sortie. La revivre est le point d’éclosion quantique de la vie. Et cela commence par le corps tiré aujourd’hui de sa couveuse électronique. Avant c’était l’expulsion brutale; aujourd’hui c’est l’accueil par le toucher des mains du naisseur. Mais, dans les deux cas le toucher qui diffuse le bien-être au petit corps.

Les embrassades sur les parvis sont les conditions indispensables pour tous. Ils, elles entrent en état inconscient et bien réel d’affection fraternelle partagée.

Zélande, ma Sœur, tu arrives sur les parvis : ta renaissance commence : embrasse., embrasse, embrasse; tu te sentiras confusément  nouvelle, Zélande !

Au nom de la Rose : quel amour me tient?

Sans doute parce qu’elle est la plus cultivée au monde et qu’elle séduit par sa beauté et sa senteur, la rose est la reine des fleurs sur toute la planète. Son symbolisme inépuisable est parfois  difficile à cerner. Elle et son rosier ouvrent un univers qui émerveille et laisse entrevoir combien  l’esprit humain peut être touché par le « non dit »  …

Vous êtes amoureux ? Sans hésitation, offrez une rose à longue tige et elle communiquera d’elle-même vos sentiments intimes… Quelques conseils peuvent vous être utiles dans cette démarche où le nombre comme la couleur de la fleur crédibilisent la teneur de vos pensées pour l’Autre !

Exemples : vous présentez une seule rose ?  Le cadeau touchera car la rose quelque soit sa variété, est belle, raffinée, somptueuse même. Par ailleurs une seule rose n’écornera pas vos économies si vous la prenez dans la jarre bien garnie du fleuriste de votre quartier ou si vous l’avez cueillie sur votre balcon pour l’offrir tout simplement la main tendue. La fragilité d’une seule fleur fait un présent romantique, un symbole de vie attentionné et délicat. Si vous optez pour une douzaine de roses, l’élue de votre cœur saisira votre souhait de passer au bureau des mariages. Préalablement une précaution aura été assurée : après  une cour appuyée avec des chuchotements doux glissés dans le creux de son oreille mais aussi la récitation de poèmes d’amour courtois suivis de déclarations enflammées, vous lui aurez opportunément fait déposer à son adresse : trente six roses pour annoncer conjointement amour et fiançailles !

Si vous êtes déterminé à ne rien cacher de la passion dévorante qui tourmente vos sens, faites livrer 101 roses et pas une de moins car c’est bien avec 100 jours accomplis que se comptent la grâce et l’extase !  Un petit plus et un geste de fantaisie achèveront la conquête de l’aimée : faites l’acquisition d’un drone intelligent et chargez le des 101 roses rassemblées en bouquet, puis avec dextérité dans le maniement du pilotage aérien, par la fenêtre ouverte de sa chambrette, guidez l’engin volant. Et là, d’une poussette décisive sur le clavier, décrochez toutes les roses sur la couche de la belle ou au mieux sur le tapis au pied de son lit ! Votre déesse érudite (ou pourquoi pas votre héros cultivé ? ) se rappellera que la première nuit d’amour entre Cléopâtre et Marc Antoine s’était déroulée sur un lit de pétales de roses de quarante-cinq centimètres d’épaisseur (même si leur histoire d’amour comme toutes les histoires d’amour entre deux forts caractères se terminent mal en général !)

Veillez au choix de la couleur de vos roses car dans le langage des fleurs chacune parle secrètement de vous-même. Avec des pétales d’un rose un peu pâle, la rose évoque votre affection présente et un instant précieux. Par contre, de nature blanche elle suggère un amour qui soupire ou une sagesse profonde. Venue de Chine, la rose est plus particulière, plus complexe car on peut être amené à penser que votre âme se tient à la lisière de la sympathie et qu’il subsiste quelque incertitude pour l’avenir de votre rapprochement. (D’ailleurs la Rose de Chine ne tient elle pas plutôt de l’hibiscus ?).

Jaune la rose, même en bouton, peut gâter les débuts d’une entente qui pouvait être prometteuse. Cette couleur est chargée d’histoire : si le jaune rappelle la couleur des étoiles et du soleil, une fois tombé de la voûte céleste, son innocence chez les hommes a été perdue ; Judas avait une robe jaune quand pour quelques deniers d’un or grisâtre, qui furent le prix de sa trahison, Jésus Christ a été arrêté par la garde romaine. Si le jaune suggère la trahison, elle quémande aussi de celui qui choisit d’offrir une rose jaune, un pardon précisément après une tromperie déjà accomplie ! Le pardon est réellement la clef de nos relations avec Dieu et les hommes. L’esprit de pardon opère des miracles, brise les cœurs les plus durs, rétablit des foyers désunis et change les situations les plus désespérées. A la vue de la rose qui certifie la supplique, l’Etre aimé est confronté à une situation difficile à gérer qui force son estime et sa confiance comme issue à un temps de désarroi apocalyptique !

Par contre tendre au poing une rose d’un rouge profond témoigne de son impétuosité amoureuse voire de son idéalisme : le geste ne peut  laisser l’Autre insensible surtout quand il  brûle aussi d’un désir de  transport partagé et de lendemains qui chantent ! A ne pas négliger l’éventualité de proposer une rose de couleur pastel ou nuancée telle la  « rose thé » : elle laissera deviner quel doux plaisir est le vôtre à la vue de l’aimé(e) ; quant à la rose trémière elle affiche une simplicité de bon aloi et, au-delà du rustique, elle transmet un message sincère !

Bleue ? Vous dites vouloir sur le revers de votre veste, tel un blason, «  une rose bleue » ? Soyez rassuré : cela existe ! La rose d’un bleu-lilas exprime un certain sens des réalités quotidiennes mais elle préserve tout de même un peu de mystère. Au mieux, son présent atteste de ce pari fou que cultive la jeunesse qui envisage avec enthousiasme des amours éternels jusqu’au…. printemps prochain !

Bleu, blanc, jaune, rouge, rose, orange, violette…, l’étendue de la palette de couleurs des roses dévoile l’attente de métamorphoses bienvenues dans nos parcours de vie, mais évitons celles liées au roses noires : elles sont symboles de deuil et de chagrin !

A la rose et à son rosier – car on ne peut les dissocier l’un de l’autre – s’attache une spiritualité profonde. Représentée sans épines, la rose fait référence à l’Immaculée Conception et à l’absence de péchés. Dans ce cas, elle est d’une blancheur laiteuse, pour évoquer la pureté et la virginité. Dans les litanies de Lorette, Marie elle-même est surnommée la « rose mystique » et les grains du rosaire sont souvent gravées de roses. Christique, est la rose rouge qui incarne la coupe qui recueille le sang du Christ. Si d’ailleurs, dans l’Antiquité, sont nées les premières roses rouges au sein de la mare de sang déversé d’Adonis, l’amant massacré d’ Aphrodite, plus tard, sur les lieux même de la mort du Christ, au début des temps chrétiens, en une nuit, un rosier pourpre s’est dressé, tout droit vers le ciel céleste, exhalant un parfum enivrant…

Les Rose Croix, ordre hermétiste et chrétien, ont pour emblème une rose flamboyante à cinq pétales. Figurée au centre de la croix, cette rose évoque la tension vers la perfection de l’adepte intronisé Chevalier de la Rose et pèlerin de la paix en nos vertes vallées. Quant à l’origine de la Rose, certaines légendes la prétendent écossaise, sans pour autant qu’elle ait la couleur des kilts mais plutôt une sorte d’intensité envoûtante qui séduit le passant qui se penche vers son calice…

Qui m’a confiée tout cela ? Mon amie la Rose ce matin au jardin ! En m’éraflant légèrement la peau de la main, lorsque j’ai coupé sa tige, elle m’a soufflée de me souvenir que « l’on n’est bien peu de choses » et qu’au fond de nos âmes nues, se cache toujours une petite part de bonheur à trouver.