mer 23 juin 2021 - 23:06

Pourquoi une rubrique Franc-maçonnerie et culture populaire ?

je m’inscris dans le courant de la pop-philo, en m’inspirant ouvertement des travaux de la philosophe Marianne Chaillan, grande pédagogue de la philosophie via le cinéma et les séries ou encore des chroniques de l’humoriste et animateur radio des Blockbusters Frédéric Sigrist.

Il y a quelques années, j’ai eu une discussion houleuse avec mon Vénérable de l’époque, suite à un choix de colonne d’harmonie peu usuel. J’avais en effet choisi pour illustrer une planche sur la Voûte Etoilée un titre d’Alice Cooper, My Stars (issu de l’album School’s Out de 1973). https://youtu.be/x0DRD31c6Nk

Certains Frères ont grincé des dentiers et ont cru leur sonotone détraqué, et le Vénérable a estimé que j’étais allé un peu loin dans le choix de la musique. Il est ensuite parti sur un long discours évoquant les bienfaits de la grande littérature (Alexandre Dumas, Eugène Süe, Shakespeare ou Balzac) et de la grande musique (Liszt, Wagner ou Offenbach) et conspuant la littérature ou la musique jugée populaire. Nous avons continué cette conversation aux agapes, et il a eu cette expression très intéressante : « ne …. que ». Ce Frère, bien qu’ayant mon âge, n’écoute que de la « grande musique » et ne s’intéresse qu’à la grande littérature. Sauf que… parmi les grands auteurs classiques, certains feuilletonistes comme Dumas, Balzac ou Süe étaient les équivalents de nos JK Rowling ou Georges R Martin. De même, certains grands compositeurs comme Offenbach étaient les Johnny Hallyday voire les Maître Gim’s de l’époque…. Et Shakespeare, n’en parlons pas ! En fait, ne deviennent classiques que les créateurs et artistes dont l’oeuvre reste intemporelle et qui s’adresse directement aux passions qui nous animent.

Je suis prêt à parier que JK Rowing restera une autrice classique : son œuvre majeure, Harry Potter a marqué une génération, qui est en train de la transmettre à ses enfants. Or Harry Potter est une œuvre porteuse de valeurs et comportant un message initiatique. Ce sera l’occasion d’un futur billet. De la même manière, ma génération a connu Star Wars et la vague manga. Mes congénères et moi-même transmettons à nos enfants Dragon Ball, Saint Seiya – Les Chevaliers du Zodiaque, Sailor Moon, Bioman, bref, la culture japonaise des années 80. Et j’ai déjà entendu des planches sur Harry Potter. Il y a donc un sillon à creuser et de belles planches à élaborer. Ce qui est un peu l’objet de cette série de billets. Mais pas seulement.

En fait, j’aimerais contrer l’usage du « ne … que ». Mon maître d’aïkido avait expliqué une fois que mettre un « ne … que » dans sa vie, c’était restreindre sa pensée et se priver d’une expérience. Ainsi, ne pratiquer l’aïkido qu’avec des ceintures noires (ou blanches, d’ailleurs), c’est se priver d’une rencontre et d’une expérience et donc se restreindre. De la même manière, n’écouter que de la musique classique et mépriser le reste, outre passer pour un snob ou un pédant, c’est se priver d’expériences et d’émotions. J’ai trop souvent constaté que des Frères comme des Soeurs employaient ce « ne … que » et donc restreignaient leur expérience, soit par ignorance, soit par paresse, ou pour encore d’autres raisons. Et pour un Franc-maçon, il est impardonnable de se priver volontairement d’expériences nouvelles et de fermer son esprit. C’est devenir triste au sens de Spinoza: évoluer vers une moindre perfection.

C’est dans ce but que je vous propose une lecture maçonnique d’oeuvres issues de la culture populaire, comme je l’ai fait il y a quelques semaines avec Fight Club. Mon but est ici de chercher un sens dans les icônes de la culture populaire (non, n’insistez pas, je ne m’attaquerai pas à Tintin, ç’a déjà été fait) et d’en retirer un sel initiatique. En fait, je m’inscris dans le courant de la pop-philo, en m’inspirant ouvertement des travaux de la philosophe Marianne Chaillan, grande pédagogue de la philosophie via le cinéma et les séries ou encore des chroniques de l’humoriste et animateur radio des Blockbusters Frédéric Sigrist.

Si je peux apporter un éclairage initiatique sur une œuvre populaire, et si en plus, je peux vous apporter quelque chose de nouveau, j’en serai très heureux.

Sur ce, je retourne à ma lecture de mangas et de comics et à mes parties de jeux vidéo, j’ai des recherches à faire pour écrire.

Josselin Morand
Josselin Morand est ingénieur de formation et titulaire d’un diplôme de 3e cycle en sciences physiques, disciplines auxquelles il a contribué par des publications académiques. Il est également pratiquant avancé d’arts martiaux. Après une reprise d’études en 2016-2017, il obtient le diplôme d’éthique d’une université parisienne. Dans la vie profane, il occupe une place de fonctionnaire dans une collectivité territoriale. Très impliqué dans les initiatives à vocations culturelle et sociale, il a participé à différentes actions (think tank, universités populaires) et contribué à différents médias maçonniques (Critica Masonica, Franc-maçonnerie Magazine). Enfin, il est l’auteur d’un essai : L’éthique en Franc-maçonnerie (Numérilivre-Editions des Bords de Seine).

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