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Fête de la Laïcité 2025 : « La Laïcité à travers les Arts et la Culture » au GODF

Le Grand Orient de France (GODF) organise, le samedi 13 décembre 2025, une journée dédiée à la célébration de la laïcité sous le thème « La Laïcité à travers les arts et la culture ». Cet événement, qui se tiendra au siège du GODF au 16 rue Cadet à Paris (IXe arrondissement), met en lumière les valeurs républicaines à travers un programme varié incluant projections, spectacles, rencontres et expositions.

Intervenants et participants : des artistes et historiens engagés

Cette fête rassemble une pléiade d’intervenants issus du monde du cinéma, du théâtre, de la musique et des arts plastiques, tous unis pour explorer la laïcité comme fondement de la liberté de conscience. Parmi les figures centrales :

Bruno Fuligni, historien et écrivain français né en 1968, est au cœur de plusieurs événements.

Auteur de plus de vingt ouvrages sur l’histoire parlementaire et les complots, il a scénarisé le film La Séparation et co-écrit le spectacle théâtral inspiré de son livre Dieu au parlement. Fuligni, connu pour ses apparitions dans des documentaires comme Napoléon, Albine, Betsy et les autres (2024), apporte une expertise historique rigoureuse, enrichie de son expérience en tant qu’historien des assemblées. Rappelons que Bruno Fuligni est le président du jury, composé de 11 journalistes, du premier prix des Hussards noirs d’Unité Laïque qui sera délivré le 8 décembre prochain.

Robert Bensimon, coauteur et interprète du spectacle « Laïcité – Liberté de conscience – Engagement », collabore étroitement avec Bruno Fuligni. Il est rejoint sur scène par une troupe talentueuse : la soprano Lisa Lévy, la comédienne Corine Thézier, Pierre Carteret, Alexandre Messina, le pianiste Brice Martin et la jeune violoniste Xiaorao Li. Ce spectacle met en valeur des textes emblématiques de penseurs comme Robespierre, Victor Hugo ou Louise Michel, fusionnant théâtre, musique et réflexion philosophique.

Françoise Schein, artiste-plasticienne belge née en 1953, présente son œuvre à 18h00.Formée en architecture à La Cambre (Bruxelles) et en urbanisme à Columbia University (New York), Schein explore les droits humains et la citoyenneté à travers des installations publiques monumentales.

Son travail le plus célèbre est la céramique couvrant la voûte de la station de métro Concorde à Paris, reproduisant la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Lors de la rencontre, elle dévoilera la vidéo « Human Rights for Schools », un projet éducatif sur les droits fondamentaux, soulignant son engagement pour une humanité civique sur « Gaia, notre Terre ».

Julie Le Toquin, artiste pluridisciplinaire née en 1992 à Quimper, expose ses œuvres tout au long de la journée. Elle interroge la mémoire collective et individuelle à travers des créations comme « Les oiseaux de la laïcité ». Guide-conférencière spécialisée dans les publics en situation de handicap, professeure et conteuse, Julie Le Toquin intègre également des éléments culinaires (alumni de Le Cordon Bleu Paris) dans son art.

En fin de journée, une « mise à feu » symbolique de son œuvre explorera « Les mots et les maux de la laïcité », invitant à une réflexion poétique sur les défis actuels de la laïcité.

Le Collectif Fractales, avec la soprano Coline Infante, clôture la soirée par un concert de musique classique à 20h00, interprétant des œuvres de Haendel, Bach, Fauré, Dvorak, Borodine et Verdi, reliant la laïcité à l’universalité de l’art musical.

Les équipes des films – réalisateurs comme François Hanss, Dominique Dattola et Yannick Séguier, ainsi que le narrateur Bruno Solo – seront présentes pour des échanges avec le public, enrichissant les projections d’anecdotes et de contexte historique.

Blason GODF

Les films : des œuvres engagées sur l’histoire de la laïcité

Les projections constituent le pilier cinématographique de la journée, offrant des regards documentés et fictionnels sur l’évolution de la laïcité en France.

À 14h30, La Séparation (2005), téléfilm documentaire réalisé par François Hanss sur un scénario de Bruno Fuligni.

Ce docu-fiction recrée les débats parlementaires de 1905 menant à la loi de séparation des Églises et de l’État, promulguée le 9 décembre 1905 – un centenaire célébré en 2005.

Avec un casting prestigieux – Pierre Arditi en Aristide Briand, Jean-Claude Drouot en Jean Jaurès, Claude Rich, Michael Lonsdale et d’autres – le film illustre les tensions entre cléricaux et anticléricaux, expliquant le contexte historique et les enjeux républicains.

L’équipe du film sera présente pour discuter de cette œuvre qui, malgré des critiques mitigées dues à des controverses, reste une référence éducative.

À 17h00, Les 3 Vies du Chevalier (2014), docu-fiction réalisée par Dominique Dattola.

Ce film retrace l’histoire de la liberté de penser de l’Ancien Régime à aujourd’hui (1765-2005), centrée sur le procès du Chevalier de la Barre, exécuté pour blasphème à 19 ans, et les luttes pour sa réhabilitation par des figures comme Voltaire. Dominique Dattola, réalisateur habitué des rouages judiciaires (il a travaillé à la Cour Pénale Internationale), mélange archives, reconstitutions et interviews pour souligner le combat continu des libres-penseurs.

Avec des acteurs comme Félicien Delon et Emmanuel Ball, c’est une méditation sur la tolérance et la justice.

À 20h00, Laïcité Liberté Égalité Fraternité (2025), documentaire-fiction de Yannick Séguier, narré par Bruno Solo.

Sorti le 9 décembre 2025 pour le 120e anniversaire de la loi de 1905, ce film retrace 2000 ans de construction de la laïcité en France, de l’Antiquité aux débats contemporains. Yannick Séguier, originaire de Narbonne, explore comment la laïcité facilite la liberté, l’égalité et la fraternité, à travers une narration passionnée par Solo, comédien féru d’histoire. L’équipe sera présente, offrant un regard frais sur cette « longue marche » historique.

Le musée de la franc-maçonnerie : un trésor historique ouvert gratuitement

Musée de la franc-maçonnerie
Musée de la franc-maçonnerie

À l’occasion de cette fête, le musée de la franc-maçonnerie, labellisé musée de France depuis 2004, sera accessible librement et gratuitement de 10h00 à 20h00.

Créé en 1889 au sein du GODF, ce musée victime des vicissitudes historiques (comme les spoliations nazies) abrite un patrimoine riche reflétant les mutations sociétales vers la modernité.

Ses collections incluent des objets maçonniques – tabliers, bijoux, documents – illustrant l’histoire de la franc-maçonnerie française depuis le XVIIIe siècle, avec un accent sur son rôle dans la promotion des idéaux républicains et laïcs.

Situé au 16 rue Cadet, il participe régulièrement à des événements comme les Journées européennes du patrimoine.

Cette ouverture gratuite vise à démocratiser l’accès à ce lieu emblématique, invitant le public à explorer les liens entre franc-maçonnerie, laïcité et humanisme. Pour plus d’informations, visitez www.museefm.org.

GODF – Hall Léon Bourgeois

Cette Fête de la Laïcité n’est pas seulement un événement culturel, mais un espace de réflexion sur les valeurs qui fondent notre République. Réservez vite pour une journée unique, mémorable et exceptionnelle !

Le Grand Orient de France, première obédience maçonnique en France, directement issu du siècle des Lumières, travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité. Sa devise est Liberté, Égalité, Fraternité.

GODF - Grand Temple Arthur Groussier, fresque
GODF – Grand Temple Arthur Groussier, fresque

Le Grand Orient de France est un lieu de réflexion et de transmission de la connaissance. Il organise régulièrement des conférences et des évènements culturels ouverts à tous.

La distance en Franc-maçonnerie

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« Favorise t’elle le développement d’une loge ? »

Aujourd’hui nous parlons de communication, nous utilisons de nombreux outils regroupés sous les termes « techniques de productivité » mais nous restons confrontés aux notions de distances. Une loge est avant tout un lieu de rencontre où un nombre de frères et de soeurs vont travailler ensemble pour une duré déterminée.

« Une définition simple, un moment de convivialité, un moment d’échange pour construire, bâtir et plus. »

Dans des rapports de distances simplistes, il semble plus évident avec notre loge de créer une routine qui va nous lier voire nous relier car nous avons intégré par rapport à nos tenues la notion de distance afin de travailler, dirons nous, plus dans le confort.

Nous sommes encore dans la dépendance des déplacements, nous qui proposons d’aller visiter d’autres loges afin de s’ouvrir à d’autres courants de pensées et de découvrir nos consoeurs et confrères.

Nos espérances ne sont pas toujours panifiables pour se rendre à ces tenues et aller visiter des loges éloignées du fait de l’exigence des moyens de transports et de la distance à notre domicile. 

C’est un problème concret auquel nous sommes confrontés et les solutions techniques comme la visioconférence ou l’I.A. n’ont pas trouvé de solutions satisfaisantes pour ces cas de figures relatifs à la réalisation et à l’organisation de ces tenues.

« La proximité serait donc un lien essentiel au développement de nos réunions »

un facteur difficile à contourner pour amener à former et créer une chaîne d’union qui va nous unir, prospérer et se prolonger dans la vie profane, même si nous passons dans cette vie des années sans se connaitre ou se reconnaitre.

Se revoir plus facilement, plus régulièrement, certes c’est prolonger ses rapports, c’est créer une continuité plus facilement en alimentant sur un mode de fraternité continue un « foyer » pour le futur. 

Dans ce sens la distance simplifiée apparaît pour ainsi dire plus évidente car non perturbée par ces notions de déplacements.

Qu’en penses-tu mon Frère Le Grand René dans ta video ci-dessous ? :

Toi qui es souvent en déplacement…

La carte postale du 30 novembre : Des pierres brutes comme s’il en pleuvait

Frères, Sœurs, Compagnons de la voie initiatique,

Une leçon maçonnique au cœur de l’Aveyron ?

Au détour d’un sentier forestier de l’Aveyron, dans la vallée sinueuse du Lot, se dresse un sanctuaire naturel qui semble avoir été sculpté par la main invisible du Grand Architecte de l’Univers Lui-même. Je vous écris depuis le « Clapas de Thubiès », ce clapier géant niché sur la commune de Lassouts, au sud-est d’Espalion, à la lisière méridionale du massif de l’Aubrac. Perché entre 500 et 800 mètres d’altitude, exposé au nord, cet ensemble de larges blocs anguleux s’étend comme un fleuve pétrifié, un torrent de pierres brutes avançant inexorablement à travers la forêt de hêtres, de chênes et de châtaigniers.

Improprement baptisé « coulée de lave de Roquelaure », ce n’est point une rivière de magma figée, mais un éboulis basaltique, un chaos rocheux où les pierres, issues du démantèlement d’orgues basaltiques, paraissent tomber du ciel en une pluie infinie.

Comme s’il en pleuvait, dirions-nous avec un sourire complice, mais avec la profondeur symbolique qui anime notre Art Royal

Pour nous, Francs-Maçons, la pierre brute – ce symbole cardinal de notre initiation – représente l’homme profane, rugueux, imparfait, chargé des scories de l’ignorance et des passions. Elle attend le maillet et le ciseau pour être taillée, polie, et finalement intégrée à l’édifice harmonieux de la société humaine.

Ici, au Clapas de Thubiès, la nature offre une allégorie vivante de cette pierre brute multipliée à l’infini. Ces blocs, aux formes régulières de prismes à cinq ou six faces – vestiges d’une coulée volcanique ancienne du Puech de Roquelaure –, gisent en un désordre apparent, accumulés sur des dizaines de mètres de profondeur dans des vallons creusés par des sources souterraines. L’érosion, ce grand tailleur cosmique, a inversé le relief : la lave basaltique, jadis au fond d’une vallée préfigurant le Lot actuel, trône désormais au-dessus d’un socle calcaire perméable.

Les ruisseaux invisibles, coulant en souterrain, emportent les débris fins et végétaux, empêchant toute végétation autre que mousses et lichens de s’enraciner. N’est-ce pas là l’image même de l’âme non initiée, stérile aux semences de la vertu tant que les eaux purificatrices de la connaissance n’ont pas lavé ses impuretés ?

Remontons aux origines géologiques pour approfondir la symbolique

Cet éboulis est un héritage périglaciaire de l’époque würmienne, forgé durant les glaciations quaternaires par la macrogélivation – ce gel intense qui fend la roche comme le doute fissure l’esprit. Le volcan de Roquelaure, éteint depuis plus de 7 millions d’années, a vu sa coulée se désagréger sous l’assaut des éléments, formant ce « chirat » comparable à ceux du massif du Pilat dans la Loire, mais ici de roches basaltiques plutôt que cristallines.

Durant l’Holocène – époque géologique s’étendant sur les 12 000 dernières années, toujours en cours –, avec le réchauffement climatique marquant la fin des dynamiques périglaciaires, l’illuviation des particules fines a structuré l’éboulis, créant un lacunaire où la vie peine à s’implanter.

Observez ces bourrelets transversaux à l’ouest : ils pourraient témoigner d’une ancienne présence de glace, un permafrost ayant transformé l’ensemble en glacier rocheux ou en éboulis fluant. Une hypothèse qui appelle à plus d’observations, tout comme notre Travail maçonnique exige une quête incessante de la Vérité.

Dans ce paysage, le chaos n’est qu’illusion. Comme dans nos Temples, où le pavé mosaïque alterne ombre et lumière, ordre et désordre, le « Clapas de Thubiès » révèle une harmonie sous-jacente. Les pierres, anguleuses et brutes, évoquent les Apprentis entrant en Loge, dispersés par les vents de la vie profane. Mais imaginez-les taillées par le temps

Saint-Côme-d’Olt

géologique : un jour, polies par l’érosion patiente, elles pourraient former les fondations d’un nouveau monde. N’est-ce pas le parcours de l’initié ? De la pierre brute à la pierre cubique, du profane au Maçon éclairé, du fleuve tumultueux à l’édifice stable. Et cette exposition nord, face aux vents froids, symbolise les épreuves que nous surmontons pour atteindre la Lumière de l’Orient.

La coquille, symbole général du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle

Le site, accessible 800 mètres avant le château de Roquelaure – cette forteresse médiévale dominant Saint-Côme-d’Olt –, offre un point de vue imprenable sur la vallée. Un panneau pédagogique, tel un Volume de la Loi Sacrée ouvert aux profanes, détaille la formation : du démantèlement de la corniche basaltique aux flux souterrains qui maintiennent le site en perpétuel mouvement subtil.

Saint-Côme-d’Olt-Hôtel-de-ville

En occitan, « lo Clapas de Thubiès » – un tas de cailloux près du hameau de Thubiès, à la frontière d’Espalion et Lassouts – résonne comme un mantra ancien, rappelant nos racines ésotériques ancrées dans les traditions populaires et les mystères de la terre.

Frères et Sœurs, si vos pas vous mènent en Aveyron – terre des Templiers et Hospitaliers avec ces 5 villages fortifiés que sont La Couvertoirade, Sainte-Eulalie-de-Cernon, Saint-Jean d’Alcas, La Cavalerie et la Tour du Viala du Pas de Jaux – contemplez ce clapas.

C’est une carte postale du Grand Œuvre : des pierres brutes en profusion, comme s’il en pleuvait du ciel, attendant le Maçon pour être élevées.

Elles nous enseignent l’humilité face à la nature, la persévérance dans le Travail, et la transformation du chaos en Ordre – Ordo ab chao, devise du Rite Écossais Ancien et Accepté qui est, en vérité, une règle de vie. Que cette vision nourrisse vos méditations en Loge, et que la pierre brute en vous soit taillée avec sagesse.

En lumière, force et union fraternelle.

Puisse cette méditation t’accompagner en ce jour. Bon dimanche, et bons baisers de l’Aveyron, éternelle terre de lumière !

Partout où vous vivez, partout où vous voyagez, vous avez l’œil : un fronton, une grille, un heurtoir, un vitrail, un symbole perdu dans la pierre ou dans le métal… Vous repérez ces clins d’œil maçonniques que beaucoup ne voient pas. À 450.fm, nous savons que nos lectrices et nos lecteurs sont de véritables chasseurs de symboles, des photographes inspirés, des conteurs nés. Alors plutôt que de laisser vos trouvailles finir noyées dans des compilations anonymes ailleurs, envoyez-nous vos photos accompagnées de quelques lignes d’explication. Vos « cartes postales maçonniques » seront ici présentées, signées, mises en valeur et partagées comme elles le méritent : avec respect pour votre regard et reconnaissance pour votre talent.

Illustrations : Wikimedia Commons ; Photos © Yonnel Ghernaouti, YG

La route des Templiers au Portugal : un chemin mystique vers l’histoire

De notre confrère theportugalnews.com

Imaginez un sentier sinueux qui serpente à travers des collines verdoyantes, des châteaux perchés sur des îles fluviales et des couvents enveloppés de légendes ésotériques. Au Portugal, la Route des Templiers n’est pas qu’un itinéraire géographique : c’est une invitation à plonger dans l’âme d’un ordre chevaleresque qui a façonné l’Europe médiévale. Fondée sur un héritage de croisades, de mysticisme et d’innovation architecturale, cette route relie seize municipalités du pays, transformant des vestiges oubliés en joyaux touristiques durables.

En novembre 2025, alors que Tomar, la « capitale templière » du Portugal, accueille un sommet dédié à ce patrimoine, explorons ensemble ce trésor caché qui allie histoire, culture et économie locale. Préparez votre passeport templier : l’aventure commence.

Les racines chevaleresques : une histoire forgée dans le feu des croisades

L’Ordre des Templiers, né au XIIe siècle pour protéger les pèlerins en Terre Sainte, trouva au Portugal un terreau fertile pour s’épanouir. Fondé en 1160 par Gualdim Pais, maître portugais de l’Ordre, le château de Tomar devint le bastion emblématique de cette présence. Inspiré des fortifications des Croisades, ce site stratégique défendait les frontières chrétiennes contre les invasions mauresques, tout en servant de centre spirituel et économique. Contrairement à l’Europe continentale, où les Templiers furent dissous en 1312 par le pape Clément V sous l’influence du roi Philippe IV de France, le Portugal préserva leur legs en transférant leurs biens à l’Ordre du Christ.

Ce dernier propulsa l’Âge des Découvertes : les caravelles portugaises, financées par cet ordre, explorèrent le monde, infusant l’architecture manuéline – un style exotique mêlant gothique et influences maritimes – dans des monuments comme la fameuse fenêtre du Couvent du Christ à Tomar. Cette transition unique explique pourquoi le Portugal abrite les traces les plus intactes de l’héritage templier. Des forteresses comme Almourol, émergeant comme un mirage au milieu du Tage, aux tours de guet pentagonales de Dornes, ces sites racontent une saga de chevaliers, de trésors légendaires et de mysticisme.

Selon les historiens, les Templiers géraient ici non seulement des routes commerciales, mais aussi des savoirs ésotériques : symboles alchimiques gravés dans la pierre, croix pattées et références au Temple de Salomon. À Tomar, la Charola – rotonde octogonale inspirée du Saint-Sépulcre de Jérusalem – reste la plus grande et la mieux conservée d’Europe, un témoignage architectural qui conjugue roman, gothique et manuelin. Ce passé n’est pas figé : il pulse encore dans les légendes locales, comme celle de Celinda à Sertã, où une jeune Templière défia les Hospitaliers pour l’amour d’un chevalier.

Les joyaux éparpillés : un itinéraire de sites inoubliables

La Route des Templiers s’étend du Nord au Sud, reliant des territoires ruraux et urbains dans un réseau de seize municipalités : Abrantes, Arronches, Castelo Branco, Ferreira do Zêzere, Idanha-a-Nova, Mogadouro, Ourém, Pombal, Reguengos de Monsaraz, Sabugal, Sertã, Soure, Tomar, Torres Novas, Vila Nova da Barquinha et Vila Velha de Ródão.

theportugalnews.com Lancée en 2023 via un protocole entre ces communes, le Turismo de Portugal et des entités régionales comme le CIM Médio Tejo, cette voie propose des itinéraires thématiques pour une exploration immersive.

Jour 1 : Tomar, le Cœur Battant
Commencez par Tomar, classée UNESCO depuis 1983. Le Couvent du Christ, avec ses 18 000 m² de labyrinthes architecturaux, domine la ville : escaliers hélicoïdaux, chapelles cachées et un aqueduc de 6 km, les Pegões, qui irriguait les terres templières.

Visitez l’église Santa Maria do Olival, panthéon gothique des maîtres templiers, ou la synagogue du XVe siècle, l’une des plus anciennes d’Europe. Ne manquez pas la roue du Nabão, un moulin à eau géant du XVIe siècle, symbole de l’ingéniosité hydraulique de l’Ordre. Pour une touche mystique, errez dans la Mata dos Sete Montes, où se niche la « Charolinha », un temple miniature dédié à la Charola.

Jour 2 : Le Mystère Fluvial et les Forteresses Oubliées
Dirigez-vous vers Vila Nova da Barquinha pour le Château d’Almourol, forteresse isolée sur une île du Tage, accessible par bateau. Construit en 1171, il évoque les châteaux légendaires des croisades, avec ses murailles crénelées et ses vues panoramiques.

À proximité, le Centre d’Interprétation Templier d’Almourol (CITA) offre des expositions interactives sur la vie des chevaliers. Poursuivez à Dornes (Ferreira do Zêzere), où une tour pentagonale du XIIIe siècle veille sur la lagune de Castelo de Bode – un spot idéal pour une croisière au coucher du soleil. À Abrantes, la forteresse du XIIe siècle défendait la ligne du Tage, tandis qu’à Ourém, le château médiéval et ses ruelles pavées invitent à déguster une ginjinha, liqueur locale aux cerises.

Jour 3 : Patrimoine Rural et Symboles Cachés
Explorez Sertã et son château templier éphémère (1165-1174), lié à la légende de Celinda, ou Torres Novas avec ses grottes de Lapas, possibles refuges médiévaux. À Soure, le premier château templier portugais (près de Coimbra) marque le début d’une extension nordique. Le passeport de la Route, un carnet à tamponner, guide ces découvertes : collectez des preuves de visites pour un « diplôme » final, encourageant une exploration ludique.

Ces sites, souvent nichés dans des zones rurales, offrent une alternative au tourisme de masse : randonnées douces, vélo le long du Tage et dégustations de produits locaux comme les vins de Reguengos de Monsaraz.

Initiatives touristiques : de la réunion de Tomar à l’innovation numérique

Le 25-26 novembre 2025, Tomar a accueilli le premier « Encontro da Rota dos Templários de Portugal », un sommet thématique sur « Expérience touristique et patrimoine templier ». Organisé par la mairie de Tomar avec Turismo de Portugal et des partenaires régionaux, il a réuni experts, universitaires et maires pour forger une stratégie nationale.

Des panels ont exploré la médiation patrimoniale, l’innovation (tourisme 4.0 avec réalité augmentée) et les réseaux communautaires. Le maire Tiago Carrão a déclaré :

« Tomar est, par essence, la capitale templière au niveau national et une référence internationale. Nous devons tirer parti de ce capital pour attirer plus de visiteurs et renforcer le lien entre histoire, tourisme et économie. »

Au-delà de cet événement, des initiatives structurantes émergent : centres d’interprétation comme celui de Levada à Tomar ou le CITA d’Almourol, applications mobiles pour circuits personnalisés, et événements immersifs – reconstitutions historiques, gastronomie thématique (viandes rôties des chevaliers) et expositions temporaires.

La Fédération Européenne de la Route des Templiers (TREF) intègre le Portugal dans un réseau transnational, reliant Tomar à des sites en Espagne ou en France. Des tours guidés, comme ceux de Celina Tours ou The Cooltours, proposent des excursions d’une journée à Almourol et Tomar, avec options de croisière.

Impacts économiques et perspectives durables : un héritage vivant

Cette route n’est pas qu’un reliquat du passé : elle dynamise l’économie locale. En 2025, le Couvent du Christ attire plus de 500 000 visiteurs annuels, générant des revenus pour les artisans, hébergements ruraux et produits du terroir.

Les initiatives favorisent l’allongement des séjours hors saison, la création d’emplois dans le tourisme culturel et une consommation locale – vins, fromages et artisanat – tout en promouvant la durabilité : mobilités douces et implication communautaire.

À l’avenir, le Portugal vise une reconnaissance européenne par le Conseil de l’Europe, transformant la route en un « laboratoire du tourisme culturel » avec IA pour visites virtuelles et événements paneuropéens.

Des extensions vers l’Alentejo (Reguengos) ou le Nord (Mogadouro) enrichiront l’offre, attirant un public en quête d’authenticité.

Empruntez le chemin, réveillez les chevaliers

La Route des Templiers au Portugal est bien plus qu’un circuit : c’est un pont entre époques, où le murmure des croix pattées rencontre l’innovation touristique. De Tomar l’illuminée aux îles mystiques d’Almourol, elle invite à une lenteur contemplative, à des découvertes qui nourrissent l’âme et l’économie. Comme l’affirmait Tiago Carrão, c’est un « moteur culturel et économique » pour des territoires vivants.

Prenez la route – avec un passeport en main et un esprit curieux. Les Templiers vous attendent, gardiens éternels d’un Portugal enchanté.

Sources consultées incluent Turismo de Portugal, The Portugal News et le passeport officiel de la Route. Pour plus d’infos, visitez visitportugal.com ou cm-tomar.pt.

La liberté de conscience, cœur battant du REAA et des valeurs républicaines : de Lausanne à la loi de 1905

Il est des dates qui se répondent comme deux pierres d’angle dans la même architecture. Septembre 1875, Convent de Lausanne. Décembre 1905, vote de la loi concernant la séparation des Églises et de l’État. Entre ces deux moments, un même fil secret : la liberté de conscience. D’un côté, les Suprêmes Conseils du Rite Écossais Ancien et Accepté redéfinissent le sens du Grand Architecte de l’Univers et l’universalisme du Rite ; de l’autre, la République française affirme qu’elle « garantit le libre exercice des cultes » tout en reconnaissant à chaque citoyen la pleine souveraineté de sa conscience.

Le Convent de Lausanne
Le Convent de Lausanne

Deux lieux, deux langages, deux temporalités, mais un même enjeu : délivrer l’être humain de toute tutelle spirituelle imposée et lui permettre de se tenir debout, comme maçon et comme citoyen.

À l’approche du 9 décembre 2025, 120ᵉ anniversaire de la loi de 1905, ce dialogue silencieux entre le Temple et la cité vient rejoindre l’ici et maintenant, comme un appel à revisiter ce que nous mettons vraiment derrière les mots liberté, laïcité, République. Trop souvent, ces termes se figent en slogans, se réduisent à des positions de camp, se laissent confisquer par les polémiques. Pourtant, derrière la devise affichée sur les frontons des mairies et les façades des écoles, il y a une exigence concrète : organiser la vie commune de manière à ce que personne ne soit forcé de croire, empêché de croire ou humilié pour ce qu’il croit.

Le Rite Écossais Ancien et Accepté naît comme un grand récit initiatique qui, du 1ᵉʳ au 33ᵉ degré, conduit le franc-maçon à interroger la justice, la mort, la transmission, la responsabilité, loin des dogmes rigides, sclérosés, voire enfermants.

Ce n’est pas un système de croyances à ajouter à d’autres, mais un chemin de décapage de la conscience. À Lausanne, les délégués affirment que le Grand Architecte de l’Univers n’est pas l’étendard d’une confession imposée, mais le symbole d’un principe créateur, d’une Source qui dépasse les représentations particulières. La question n’est plus : « En quel Dieu crois-tu ? », mais : « Acceptes-tu qu’il existe un principe d’ordre et de sens devant lequel ton ego s’efface ? »

Dès lors, la liberté de conscience n’est pas un vague droit individuel de plus, empilé sur d’autres droits ; elle devient une exigence spirituelle : chacune et chacun est appelé à nommer ce Principe selon sa culture, sa tradition, sa philosophie, à condition de reconnaître au frère ou à la sœur le même droit inaliénable de nommer, de chercher, de se taire.

L'aigle bicéphale dessiné pour le Convent de Lausanne
L’aigle bicéphale dessiné pour le Convent de Lausanne

Entre Lausanne et 1905, l’Europe bruisse de conflits religieux, de crispations identitaires, de tentatives d’emprise des Églises sur l’État et de résistances laïques parfois agressives. La loi de séparation n’arrive pas dans un ciel serein, elle vient mettre de l’ordre là où se confondent pouvoir spirituel et pouvoir temporel. Ce que la maçonnerie écossaise a commencé à expérimenter dans ses temples, la République l’écrit dans le marbre de la loi : l’État n’a pas vocation à dicter le contenu des croyances, mais à en garantir la libre expression dans le respect de l’ordre public. La laïcité devient le cadre juridique qui permet à la liberté de conscience de se déployer sans que l’une ou l’autre croyance s’arroge le monopole du vrai.

Et c’est là que la perspective devient résolument citoyenne. La liberté de conscience n’est pas seulement protégée à l’intérieur des temples ou dans l’intimité des cœurs ; elle s’éprouve dans la vie quotidienne : à l’école, où l’élève ne doit ni être stigmatisé pour sa foi, ni transformé en objet de prosélytisme ; dans les services publics, où chacun doit pouvoir être accueilli comme usager, non comme membre d’une communauté religieuse déterminée ; dans les entreprises, où les convictions personnelles ne doivent ni devenir un motif de discrimination, ni un prétexte à imposer une norme spirituelle aux autres. La République ne demande pas aux citoyens de renoncer à ce qui les habite, mais de renoncer à imposer ce qui les habite.

Dans ce cadre, la laïcité ne signifie pas la mise à l’écart du spirituel

Elle signifie la neutralité de la puissance publique et la protection de la pluralité des chemins intérieurs. La République n’exige pas que les consciences se vident de toute référence transcendante ; elle affirme que nul ne peut être contraint ni empêché de chercher, de douter, de croire ou de ne pas croire. Elle institue un espace commun où la foi du croyant, la méditation du philosophe, le silence de l’agnostique et la conviction du libre penseur peuvent se côtoyer sans se nier. Cette cohabitation est exigeante : elle suppose que chacun accepte de faire un pas de côté, de ne pas transformer ses convictions en norme pour l’autre, de supporter que la vérité de sa vie ne soit pas universellement reconnue.

Dans cette perspective, la liberté de conscience devient le socle concret des valeurs républicaines

Elle commande la liberté d’expression et de culte, elle nourrit l’égalité des droits indépendamment des croyances, elle rend possible une fraternité qui ne soit pas seulement l’amitié entre semblables mais la solidarité entre différents. Quand un hôpital public accueille indifféremment croyants de toutes religions et non-croyants, quand un maire marie deux personnes sans se demander de quelle famille spirituelle elles proviennent, quand un professeur tient sa classe en respectant les convictions de chacun tout en transmettant les savoirs communs, c’est la liberté de conscience, devenue pratique citoyenne, qui se donne à voir.

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pierre brute avec maillet et ciseau

Vue depuis la loge, cette exigence ressemble à un travail sur la pierre brute : dégager la conscience des scories de la peur et de la domination pour qu’elle puisse entrer en dialogue sans se renier. Sous la voûte étoilée du Rite, la laïcité prend une forme symbolique. Le Temple n’est ni une chapelle, ni un parlement : il devient un laboratoire de l’humain, où se rencontrent croyants, agnostiques, libres penseurs, héritiers de traditions religieuses diverses. Tous travaillent côte à côte, à la même pierre, sous l’invocation du Grand Architecte de l’Univers, sans que jamais leur appartenance confessionnelle ou leur absence de religion ne leur confère privilège ou handicap. Nul n’a à se justifier de ce qu’il croit ou ne croit pas : seule compte la loyauté à la méthode, à l’écoute, au travail sur soi.

Panneau liberté égalité fraternité de la République Française
Panneau liberté égalité fraternité de la République Française

Cette égalité de statut devant le Mystère fait écho à l’égalité des citoyens devant la loi ; tous sont libres et responsables, nul n’est assigné à résidence spirituelle ou identitaire. Dans cet espace, les valeurs de la République – Liberté, Égalité, Fraternité – cessent d’être des mots gravés sur le fronton des mairies pour devenir une discipline intérieure. La devise de la République est aussi celle de la Grande Loge de France et figurait déjà, en 1795, dans les Livres d’Architecture. Aujourd’hui encore, le triptyque républicain est inscrit au « Chapitre II – Souveraineté de la Grande Loge – Autonomie des Loges, Article 1 » de la Constitution et règlements généraux, 6024, et s’affiche dès la première page : « À la Gloire du Grand Architecte de l’Univers – Grande Loge de France – franc-maçonnerie de Rite Écossais Ancien et Accepté – Ordo Ab Chao – Liberté, Égalité, Fraternité – fondée en 5728, reconstituée le 7 novembre 5894 – Constitution et règlements généraux ».

La liberté s’y vit comme liberté de pensée, de conscience, de parole, mais aussi comme capacité à entendre celle de l’autre sans l’écraser. L’égalité se traduit par le refus des hiérarchies d’origine, de fortune, de croyance : le plus humble des Apprentis partage la même dignité que le dignitaire le plus élevé. La fraternité, enfin, ne se réduit pas à une bienveillance tiède ; elle est cette décision obstinée de reconnaître l’autre comme un sujet, y compris lorsqu’il ne pense pas, ne croit pas comme nous. Transposées dans l’espace citoyen, ces exigences invitent à une vigilance quotidienne : dans la manière de débattre, de légiférer, de commenter l’actualité, de parler des « autres » – migrants, minorités religieuses, athées, croyants – sans les réduire à leurs appartenances.

Le Convent de Lausanne, relu à la lumière de 1905, apparaît comme une préfiguration maçonnique de la laïcité républicaine : un cadre commun, non dogmatique, au sein duquel peuvent coexister des convictions différentes, voire opposées, pourvu qu’elles renoncent à la violence et à la prétention hégémonique. Le REAA montre que cette cohabitation n’est pas seulement possible, elle est féconde. Les degrés invitent à méditer des mythes bibliques, chevaleresques, hermétiques ; ils convoquent Salomon et Hiram, Jean l’Évangéliste et les bâtisseurs anonymes, sans exiger que ces figures soient « crues » au sens catéchétique. Elles sont proposées comme des miroirs, des paraboles, des outils pour dégager la conscience de ses habitudes et lui permettre de se tenir dans un espace où plusieurs interprétations peuvent coexister.

Transposée à la cité, cette logique symbolique nous rappelle que l’espace public n’a pas à effacer les différences, mais à les rendre compatibles. La loi de 1905 n’est pas un catéchisme de plus, elle est un mode d’emploi pour vivre ensemble : elle trace une frontière nette entre ce qui relève de la puissance publique – les règles communes, les droits, les devoirs – et ce qui relève du for intérieur – les croyances, les refus, les doutes. Quand la laïcité est comprise ainsi, elle cesse d’être un prétexte à exclure tel ou tel signe de l’espace social au nom d’une prétendue pureté culturelle ; elle devient une méthode de pacification, un art de la distance juste entre la conviction personnelle et la loi commune.

Dans le langage des valeurs républicaines, la liberté de conscience est volontiers présentée comme le cœur de la laïcité. Dans le langage du REAA, elle apparaît comme l’autel intérieur où chacun dépose ses certitudes pour les éprouver à la lumière du symbole. Entre ces deux registres, civique et initiatique, il n’y a pas opposition, mais circulation. Le citoyen qui apprend à respecter la conviction d’autrui, y compris lorsqu’elle le bouscule, fait un pas vers l’attitude maçonnique. Le maçon qui, en loge, s’exerce à écouter des paroles venues d’horizons spirituels divers, s’initie à une citoyenneté capable d’affronter les tensions de la société sans céder aux réflexes d’exclusion.

Temple maçonnique de Rochefort (Crédit rochefort-ocean)

Lorsqu’il s’agit d’accompagner des agents publics confrontés à une provocation identitaire, à un prosélytisme agressif, à une revendication religieuse dans un service, se retrouve, sous une autre forme, la même exigence que dans le Temple : faire passer la personne avant l’étiquette, la dignité avant l’appartenance, la recherche de la paix avant le goût de la polémique. Il ne s’agit pas de céder à toutes les demandes, mais de les examiner à la lumière d’un principe simple : ce qui protège la liberté de conscience de tous mérite d’être défendu ; ce qui prétend imposer une vérité à tous doit être limité.

Dans un monde travaillé par les crispations identitaires, les replis communautaires et les simplifications haineuses, la maçonnerie écossaise rappelle que la liberté de conscience n’est pas une concession fragile, mais la condition même de ce qu’il est possible de nommer non pas seulement le vivre-ensemble, mais la concorde universelle. La laïcité, loin d’être une arme dirigée contre les religions, se révèle alors comme une méthode de pacification : chacun laisse son dieu, ses certitudes, ses refus, sur le seuil des institutions publiques ; tous se retrouvent comme citoyens, à égalité de droits et de devoirs. Dans le Temple, le geste est analogue : chacune et chacun est invité à déposer ses appartenances profanes pour ne garder que l’essentiel, cette part de lui-même qui consent à travailler pour davantage de justice, de lucidité et de fraternité. Ce dépouillement n’abolit pas les identités, il les désarme.

Relire Lausanne à l’heure de la République laïque, c’est accepter une double interpellation Pour les maçons du REAA, il s’agit de ne pas transformer le Grand Architecte de l’Univers en frontière implicite, en test d’orthodoxie déguisé, mais de rester fidèles à l’esprit d’ouverture voulu en 1875. La référence au Principe ne doit pas devenir une arme contre celles et ceux qui le nomment autrement ou qui choisissent de ne pas le nommer. Pour les citoyens de 1905 comme de 2025, il s’agit de se souvenir que la laïcité n’est ni une religion d’État, ni un athéisme obligé, mais un cadre de liberté et de responsabilité. Elle n’a de sens que si la liberté de conscience reste vivante, instruite, éclairée, si nous acceptons de la défendre pour ceux dont nous ne partageons pas les convictions.

Entre la salle des pas perdus d’un palais de justice, la cour d’une école, la salle du conseil municipal et le pavé mosaïque d’un Temple écossais, la même exigence circule : permettre à l’être humain de se tenir debout, sans maître spirituel imposé, mais jamais livré à la seule tyrannie de son ego. C’est peut-être là le vrai legs de Lausanne et de 1905, à l’heure de leur dialogue renouvelé : avoir fait de la liberté de conscience non une abstraction juridique ou un thème de colloque, mais une voie de croissance pour chacun, une condition de la paix civile et une manière d’approcher le Mystère, en citoyens et en maçons, sous le regard discret du Grand Architecte de l’Univers, à l’ombre vigilante des valeurs de la République et à la lumière apaisante de la laïcité.

Aimer, Prières pour soi et les autres – Love, Prayers for oneself and others 

Aimer, Prières pour soi et les autres se présente comme un long rosaire de paroles adressées, un collier de textes qui ne cherchent pas à expliquer l’amour mais à le faire respirer. Dès les premières pages, nous entendons la voix d’Alexandre Rosada qui ne s’abrite pas derrière un concept abstrait, mais s’avance avec sa propre histoire, ses blessures, ses reconnaissances, ses fidélités. L’amour n’est pas ici un sentiment vague, encore moins un slogan. Il devient ce choix de présence dont parle la quatrième de couverture, une manière de se tenir debout face au monde, dans le souci de soi, dans l’acceptation de l’autre, dans la responsabilité envers la cité.

Chaque méditation est façonnée comme une prière intime, mais jamais confinée à une chapelle privée. Le texte français dialogue avec sa version anglaise – traduction de Saddam Hussein Abdul Kadir –, phrase après phrase, comme deux colonnes entre lesquelles circule un même souffle. Cette alternance n’est pas un simple dispositif éditorial. Elle travaille le lecteur, elle l’oblige à entendre la même pensée dans deux musiques différentes, à travers deux rythmes, deux mémoires, deux imaginaires. Nous sentons alors combien la langue elle-même devient un outil initiatique, comparable à ces instruments symboliques qui, dans la tradition maçonnique, servent à dégrossir la pierre brute. Passer d’un idiome à l’autre, c’est déjà élargir la loge intérieure, ouvrir l’amour à d’autres horizons, reconnaître que la fraternité n’a pas de langue officielle.

Alexandre Rosada aborde l’amour par cercles concentriques. Il commence par cette réalité presque inconcevable qu’est « Aimer l’Amour », cette source inépuisable qui irrigue ensuite toutes les autres formes de relation. Il décrit l’amour comme une émotion fondatrice, puissance de cohésion dans un monde fracturé, mais aussi comme une musique secrète, proche des murmures des forêts ou des fleurs nocturnes, qui révèle la beauté cachée des choses. À travers cette première méditation, nous percevons déjà une tonalité très proche de la démarche hermétique. L’amour est présenté comme un principe alchimique, capable de transmuter la division en unité, la peur en ouverture, l’égoïsme en générosité. Nous sommes renvoyés à ce travail intérieur dont parlent les rituels, ce lent passage du plomb des passions au métal plus pur d’une joie désappropriée.

Sainte Famille

Puis viennent les amours les plus proches, ceux qui sculptent la mémoire de chacun et fondent l’architecture du sujet. Aimer ses Frères et ses sœurs, aimer son Père, aimer sa Mère. Ces textes, nourris d’expériences très personnelles, touchent à la fois à la psychologie et au symbole. Dans l’évocation de la fratrie, nous retrouvons la première école de la différence, là où se négocient les jalousies, les rivalités, mais aussi les connivences et l’épaule offerte dans les moments sombres. Alexandre Rosada montre comment cette fraternité, parfois malmenée, parfois presque perdue, reste un lien indestructible, un fil rouge qui traverse les années. Nous pensons à la chaîne d’union maçonnique, à ces mains qui se tendent malgré les malentendus, parce qu’un même serment secret circule dans les profondeurs.

Le texte consacré au père se déploie comme une lente tentative de réconciliation avec une absence. L’auteur évoque la blessure silencieuse d’un père lointain, la quête jamais achevée d’un visage qui se dérobe, le sentiment d’un manque qui ne se comble pas, quelles que soient les substitutions affectives. Il ne s’agit pas d’un règlement de comptes, mais d’un travail de lucidité. Reconnaître le manque, l’accepter, discerner ce qu’il a façonné en nous, voilà déjà un acte d’amour. Le geste d’Alexandre Rosada rejoint ici une démarche initiatique profonde. Aimer son père, même lorsqu’il a été défaillant, revient à reconnaître l’axe vertical de notre généalogie, cette colonne qui, même fissurée, structure la maison intérieure. La maçonnerie ne dit pas autre chose lorsqu’elle invite à honorer la mémoire des anciens, non comme des figures idéales, mais comme des êtres faillibles à travers lesquels nous recevons une transmission.

Hans Memling – Mater Dolorosa

À la mère, l’auteur adresse des paroles de gratitude presque liturgiques. La mère devient demeure, veilleuse, présence inlassable. Le texte laisse affleurer une image mariale, discrète mais sensible. Nous entendons résonner la figure de la Mater Dolorosa, mais aussi celle de toutes les femmes silencieuses qui ont porté les générations. Aimer sa mère, ici, c’est reconnaître l’énergie matricielle qui traverse le monde, cette matrice où se mêlent soin, douceur et force. Dans une perspective maçonnique, cette figure rappelle la dimension féminine de la sagesse, cette Sophia que des courants hermétiques ont célébrée comme l’âme du monde.

Peu à peu, les méditations quittent le cercle familial pour s’ouvrir vers d’autres visages. « Aimer l’Autre », celui qui ne nous ressemble pas, celui qui nous dérange ou nous décale, apparaît comme une étape décisive. Alexandre Rosada insiste sur l’abandon de soi, non comme humiliation mais comme dépassement de la crispation identitaire. Aimer l’Autre, c’est reconnaître en chaque personne une valeur irréductible, au-delà des appartenances, des croyances et des préjugés. Les lignes consacrées à ce thème prennent une dimension quasi politique. Elles dénoncent les sociétés clivées, les régimes qui se nourrissent de la stigmatisation, et elles exaltent les communautés inclusives où chaque être humain peut trouver sa place dans le respect de ses droits et de ses devoirs. La fraternité, ici, quitte le domaine du sentiment pour devenir un projet de société. Nous ne sommes pas loin de l’idéal maçonnique d’une humanité rassemblée, où la diversité n’est plus vécue comme menace mais comme richesse partagée.

Ce qui frappe tout au long du livre, c’est la volonté de ne laisser aucune figure aux marges de l’amour. Alexandre Rosada se tourne vers les personnes handicapées, vers les malades, vers les mourants et ceux qui les accompagnent, vers les prisonniers, vers les pauvres autant que vers ceux qui vivent dans l’abondance, vers les personnes homosexuelles ou transgenres, vers ceux qui exercent le pouvoir politique, vers celles et ceux qui enseignent, soignent, jugent, transmettent le savoir scientifique. Chaque méditation prend le temps d’explorer la manière dont l’amour peut habiter ces situations, parfois marquées par l’exclusion, la honte, la domination ou la peur. Il ne s’agit pas de paroles morales qui surplombent, mais d’une tentative de se tenir au plus près de l’expérience.

Ainsi, aimer les prisonniers, c’est reconnaître la part d’ombre de la société, ce lieu où se concentrent les échecs, les violences, les ruptures de destin. Le texte invite à dépasser le seul registre de la faute pour accueillir la possibilité de la rédemption. Nous retrouvons ici un écho profond avec la symbolique de la Pierre d’achoppement, qui peut devenir pierre d’angle, si elle est remise à sa juste place. Aimer les personnes homosexuelles ou transgenres, c’est accueillir des existences qui, souvent, ont dû traverser le rejet, l’incompréhension, voire la persécution. Cette ouverture rejoint la quête maçonnique d’une fraternité sans exclusion, où chaque être est reconnu dans la singularité de son parcours.

L’amour ne se limite pas aux relations humaines. Plusieurs méditations célèbrent la nature, l’univers, la beauté du monde sensible. La forêt, les étoiles, les saisons, deviennent autant de modes de présence du divin, ou du moins d’une dimension sacrée de l’existence. Nous sommes proches d’une sensibilité cosmique très ancienne, que l’hermétisme, le symbolisme chrétien ou le bouddhisme ont, chacun à leur manière, honorée. Dans cette perspective, aimer la nature n’est pas une option écologique parmi d’autres. C’est reconnaître que nous ne sommes pas propriétaires de la création, mais participants d’un immense organisme vivant. Là encore, la lecture maçonnique affleure, avec l’idée que l’univers tout entier forme un Temple, dont chaque être constitue une pierre, un pilier, une ligne de force.

Une originalité majeure du livre réside dans la manière dont Alexandre Rosada traite la dimension religieuse. L’amour embrasse ici la foi, le bouddhisme, la figure de Dieu, mais aussi l’athéisme. La prière ne se réduit pas aux croyants. Aimer la foi, c’est reconnaître la puissance d’espérance et de consolation qu’elle porte, sans fermer les yeux sur ses dérives possibles. Aimer le bouddhisme, c’est honorer une sagesse de la vacuité et de la compassion. « Aimer Dieu… », c’est consentir à un Mystère qui dépasse nos définitions, qu’elles soient dogmatiques ou rationalistes. Mais aimer l’athéisme, c’est tout autant accueillir la quête sincère de ceux qui ne peuvent adhérer à une figure divine, et qui cherchent la vérité dans l’honnêteté de leur refus. Cette coexistence de regards traduit une spiritualité vraiment transversale, qui ne sacrifie ni l’intériorité ni l’esprit critique. Nous sommes loin d’un relativisme mou. Il s’agit plutôt d’une fraternité de chercheurs, telle que la franc-maçonnerie aime à la favoriser, où la diversité des convictions est tenue comme une richesse et non comme un motif de rupture.

André Comte-Sponville en 2014

Les méditations consacrées à la vie en communauté, à la famille, au célibat, à la jeunesse, à la vieillesse, composent une véritable anthropologie spirituelle. Alexandre Rosada n’idéalise ni l’enfance ni la maturité. Il montre comment chaque âge de la vie comporte sa grâce et ses déchirures, et comment l’amour, lorsqu’il est travaillé comme une voie intérieure, permet de traverser les étapes, d’accepter les transformations, de renoncer à la domination pour entrer dans le service. Nous pourrions lire ces pages comme autant d’échos aux différents degrés d’un parcours initiatique. À mesure que l’existence se complexifie, l’amour devient moins émotion brève que décision répétée, fidélité à la présence de l’autre, patience obstinée face aux contradictions du monde.

Une dimension plus discrète, mais essentielle, concerne la relation au temps, à l’histoire, au secret, au mystère. « Aimer le Temps », c’est refuser de faire de l’instant un tyran. C’est reconnaître que l’histoire de chacun, comme l’histoire collective, se construit dans la durée, que le passé porte encore des ressources de sens, que l’avenir peut être accueilli comme un champ de promesses plutôt que comme une menace. Aimer le secret, c’est accepter qu’il existe des zones de silence nécessaires à la profondeur de la relation. Là se glisse une tonalité très maçonnique. Le secret n’est pas dissimulation, il est espace de maturation. Le mystère, lui, n’est pas un vide, mais une surabondance de sens qui déborde nos mots. L’amour, tel que l’écrit Alexandre Rosada, n’épuise jamais ce mystère. Il en est le chemin privilégié.

Saint Jean l’Évangeliste

À la fin du parcours, trois méditations retiennent particulièrement l’attention, consacrées à Philia, Storgê et Agapè. En convoquant ces distinctions grecques, l’auteur rappelle que l’amour n’est pas monolithique. Philia, c’est l’amitié, l’affection réciproque entre égaux. Storgê renvoie à l’attachement familial, à la tendresse discrète qui lie les générations. Agapè désigne l’amour gratuit, sans retour, qui se donne sans calcul. Cette triade forme comme un triangle sacré. Elle n’est pas sans rappeler l’articulation entre les trois grandes vertus maçonniques, souvent associées à l’Équerre, au Compas et au Volume de la Loi sacrée. Alexandre Rosada invite à ne pas opposer ces formes d’amour, mais à les laisser se féconder mutuellement, afin que nos existences deviennent des lieux de passage pour une générosité plus vaste que nos seuls désirs.

Spinoza

Tout au long du livre, des citations jalonnent le chemin. André Comte-Sponville, Baruch Spinoza, Jean l’Évangéliste, Saint-Paul, Alain, Maurice Chapelan et quelques autres sont convoqués, non pour faire érudition, mais pour former une sorte de loge invisible de penseurs et de témoins. Chacun apporte une pierre à la compréhension de ce mystère qu’est l’amour. Cette polyphonie situe l’ouvrage dans une tradition de sagesse. L’auteur n’écrit pas isolé, il se tient dans une lignée de voix, comme un frère parmi d’autres, qui prend la parole à son tour dans le grand chantier de la conscience humaine.

Saint Paul écrivant ses épîtres par Valentin de Boulogne (1618-1620), Musée des beaux-arts de Houston

La tonalité maçonnique de l’ensemble ne tient pas à des allusions explicites aux rituels ou aux symboles de Loge. Elle se manifeste plutôt dans le regard porté sur l’humain, dans cette conviction qu’aucune existence n’est indigne d’être travaillée, relevée, transmutée. Chaque méditation ressemble à une planche intérieure, rédigée à la lumière des expériences vécues, des rencontres, des blessures et des joies. Le bilinguisme agit comme une double colonne. Les figures multiples de l’amour forment autant de pierres disposées sur le tracé d’un temple en chantier, temple qui n’est autre que la communauté humaine appelée à plus de justice et de paix.

Alexandre Rosada apparaît ainsi comme un passeur singulier. Journaliste durant près de quarante ans, il a traversé les secousses de l’histoire contemporaine dans la presse écrite et à la télévision, en gardant la rigueur de l’enquêteur. Mais derrière l’homme de médias se tient un homme d’âme. Écrivain du seuil, selon la belle expression utilisée pour le présenter, il relie spiritualité, traditions orientales, mémoire coloniale, science du symbolisme. Il est aussi poète, auteur de sonnets, amoureux de philosophie et de mythologie. Ce livre vient se situer à la croisée de ces héritages. Il porte la marque d’une plume sobre mais habitée, qui n’a pas peur de conjuguer la fragilité des confidences personnelles avec l’ampleur des interrogations métaphysiques.

Alexandre Rosada

Aimer, Prières pour soi et les autres est ainsi bien plus qu’un recueil de textes pieux. C’est un itinéraire de conscience qui invite chacun de nous à interroger sa manière d’aimer, à reconnaître les zones désertes où la peur a pris la place de l’ouverture, à accueillir les visages oubliés que la société relègue en périphérie. En refermant ces pages, nous sentons que l’amour, loin d’être un supplément d’âme, devient un travail quotidien, une ascèse, presque un art royal. Un art de vivre où chaque relation, qu’elle soit intime, sociale, politique ou spirituelle, peut devenir l’occasion d’ériger un peu plus de lumière dans ce monde troublé.

Aimer, Prières pour soi et les autres – Love, Prayers for oneself and others-Essai

Alexandre RosadaNouvelles Éditions Noir au Blanc, 2025, 240 pages, 22 €

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Sport & Laïcité : une journée à vivre ensemble en Charente

Aujourd’hui, samedi 29 novembre 2025, le Grand Orient de France donne rendez-vous au lycée de l’Oisellerie, à La Couronne (Charente), pour une grande journée publique « Sport & Laïcité – Enjeux et perspectives » de 10 h à 18 h. Une journée à vivre ensemble, ouverte à toutes et à tous, où se croisent le monde sportif, la réflexion citoyenne et l’engagement laïque.

Organisée par les loges du GODF de Charente, cette rencontre s’articule autour de plusieurs conférences-débats, d’une exposition consacrée à « La Laïcité et la Franc-Maçonnerie » et de témoignages de grandes figures du sport français. Mais pour mesurer la portée de l’événement, il suffit de regarder le parcours des intervenants qui ont répondu présent.

Au premier rang d’entre eux, Jean-Michel Quillardet, avocat au barreau de Paris, docteur en droit et licencié ès lettres, figure bien connue des francs-maçons et du monde laïque. Ancien Grand Maître du Grand Orient de France (2005-2008), il a marqué son mandat par un engagement constant en faveur de la laïcité, du débat public et de l’ouverture de l’Obédience sur la Cité. Initié au GODF dans les années 1980, il est également à l’origine de l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires et l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l’humanisme républicain et à la Franc-Maçonnerie.

À ses côtés, Médéric Chapitaux apporte l’expertise d’un homme de terrain et de recherche. Docteur en sociologie du sport, ancien gendarme, il est spécialiste des questions de radicalisation et de laïcité dans le champ sportif. Chef d’entreprise dans le secteur de la formation professionnelle, il est membre du Conseil des sages de la laïcité, organe consultatif rattaché au ministère de l’Éducation nationale, et intervient régulièrement auprès des collectivités et des acteurs du sport sur les enjeux de citoyenneté, de neutralité et de prévention des dérives.

Le regard plus philosophique est porté par Xavier Bryon, professeur de philosophie. Il travaille notamment sur les questions d’éthique, de responsabilité et de fair-play, en lien avec les pratiques sportives. Son intervention « Fair-play dans le sport » ouvre un espace de réflexion sur ce que signifie, concrètement, « jouer le jeu » dans une société traversée par les tensions identitaires, économiques et culturelles.

Autre universitaire invité, Joris Vincent, maître de conférences et historien du sport, spécialiste du rugby et de ses transformations. Ses travaux portent sur l’évolution des techniques de jeu, l’histoire sociale du rugby français et les liens entre professionnalisation, territoires et modèles éducatifs. Il apporte un éclairage précieux sur la façon dont un sport collectif peut devenir à la fois un outil d’intégration, un laboratoire social… ou un terrain de crispations.

La journée prend aussi une dimension très concrète avec la présence de trois grandes figures du sport de haut niveau

Lénaïg Corson, ancienne joueuse internationale de rugby à XV et à 7, passée par les plus grands clubs français et anglais, est de ces sportives qui ont incarné l’essor du rugby féminin. Médaillée de bronze à la Coupe du monde 2017, plusieurs fois vice-championne d’Europe, elle s’est reconvertie comme entrepreneure à impact, conférencière et militante engagée pour le sport féminin et la protection de l’environnement. Son témoignage fait résonner, de manière très concrète, la question de l’égalité, du respect et de la responsabilité à travers le sport.

Mayar (Mahyar) Monshipour, ancien champion du monde de boxe (WBA super-coqs), incarne quant à lui une trajectoire de vie emblématique. Né à Téhéran, arrivé en France adolescent, il devient champion de France, puis champion du monde au début des années 2000. Sa carrière, faite de combats, de travail acharné et de résilience, et son engagement ultérieur en faveur de la jeunesse et de l’intégration en font une voix forte pour parler de ce que le sport peut offrir à celles et ceux qui cherchent une place dans la société.

Enfin, Abdelatif Benazzi, ancien capitaine du XV de France, complète ce plateau d’exception. Né à Oujda au Maroc, international marocain puis français, joueur emblématique d’Agen et de l’équipe de France, il a été l’une des grandes figures du rugby mondial dans les années 1990. Aujourd’hui très impliqué dans la gouvernance du rugby, il occupe notamment des responsabilités à la Fédération française de rugby et au niveau international. Sa parole, forte et apaisée, porte sur la fraternité du vestiaire, la diversité dans les équipes nationales et la capacité du sport à faire tomber les frontières.

Tout au long de la journée, l’exposition « La Laïcité et la Franc-Maçonnerie » rappellera le lien ancien qui unit les ateliers maçonniques à la défense de la liberté de conscience, de la neutralité de l’État et du respect de chaque personne, quelles que soient ses convictions.

Une façon de montrer que, du Temple aux stades, du débat en loge aux terrains de jeux, c’est bien le même idéal qui est à l’œuvre : faire de la République un espace d’émancipation, de dignité et de fraternité.

Blason GODF

Si tu es en Charente ou à proximité, cette rencontre est clairement à ne pas manquer aujourd’hui : un moment rare où des chercheur(es), des militants(es) de la laïcité et des champions et championnes de haut niveau se retrouvent pour parler, ensemble, d’un même enjeu essentiel : comment faire du sport un véritable terrain de liberté, de respect et de fraternité partagée.

Les places étant limitées, l’inscription est obligatoire par courriel à l’adresse indiquée sur l’affiche. Si tu es en Charente ou à proximité, c’est LA rencontre à ne pas manquer aujourd’hui !

Infos pratiques

Lycée de l’Oisellerie – La Couronne
40 Allée de L’Oisellerie
16400 La Couronne
05 45 67 10 04
legta.angouleme@educagri.fr

Thanksgiving, mythe fondateur américain et miroir des valeurs maçonniques ?

Cette année, Thanksgiving est tombé le jeudi 27 novembre. Ce jour-là, des dizaines de millions d’Américains – ou presque – se sont retrouvés en famille ou entre amis, autour d’une dinde rôtie, de purée de patates douces et de tartes à la citrouille, pour dire « merci ». Merci pour l’année écoulée, pour la vie qui continue, pour le simple fait d’être réunis. Fête nationale, mythe fondateur, rite civil… et, si l’on regarde de plus près, miroir assez troublant de bien des thématiques chères à la franc-maçonnerie.

De la récolte au mythe fondateur

Les manuels scolaires aiment fixer la scène en 1621 : un repas partagé à Plymouth, en Nouvelle-Angleterre, entre colons anglais – les fameux « Pilgrims » – et Wampanoags, peuple autochtone sans lequel la petite colonie n’aurait probablement pas survécu à ses premières années. Ce banquet de récolte, l’un parmi d’autres, n’est pas encore « Thanksgiving », mais il deviendra, deux siècles plus tard, le récit officiel du « premier Thanksgiving ».

En réalité, les colons de Nouvelle-Angleterre, d’inspiration calviniste, observaient déjà des « jours d’action de grâce » ou de jeûne, proclamés ponctuellement pour remercier la Providence après une victoire, la fin d’une épidémie ou une bonne récolte. Ce n’est qu’au XIXᵉ siècle, après des décennies de lobbying d’une éditrice, Sarah Josepha Hale, qu’Abraham Lincoln décrète en 1863 une journée nationale de Thanksgiving, en novembre, au cœur même de la guerre de Sécession, pour tenter de rassembler une nation déchirée.

Plus tard, en 1941, Franklin D. Roosevelt – initié à New York le 11 octobre 1911 – fixe définitivement la date au quatrième jeudi de novembre, ce qui explique que Thanksgiving tombe en 2025 le jeudi 27 novembre. Autrement dit, nous avons affaire à une fête à la fois très ancienne dans son inspiration – les repas de récolte existent dans toutes les cultures – et très moderne dans sa forme nationale, forgée par les besoins politiques et symboliques des États-Unis.

Une fête maçonnique ? Pas vraiment… mais les frères ne sont jamais loin

Thanksgiving ne naît pas dans une loge, ni comme une célébration rituelle maçonnique. Elle est d’abord enracinée dans la culture religieuse des colons protestants, puis dans la construction d’un récit national américain. Mais lorsqu’on regarde qui façonne ce récit au XVIIIᵉ siècle, les visages de plusieurs Francs-maçons apparaissent très vite.

Ainsi, en 1789, George Washington, qui a reçu la lumière le 4 novembre 1752, que George Washington, âgé de vingt ans, au sein de la Loge de Fredericks (actuellement Loge n° 4 de la Grande Loge de Virginie) et élevé à la maîtrise le 4 août 1753, et premier Président des États-Unis d’Amérique, proclame par décret une journée de « thanksgiving » et de prière, pour remercier la Providence du nouveau gouvernement et de la jeune Constitution. Ce texte, souvent relu dans les cercles maçonniques, ressemble à bien des égards à une planche de loge : reconnaissance d’un Dieu de raison et de Providence, insistance sur la gratitude, appel à l’unité nationale.

De nombreux auteurs maçonniques contemporains se sont d’ailleurs amusés à retracer les liens discrets entre Thanksgiving et la culture maçonnique : influence des Pères fondateurs membres de la fraternité, style quasi « rituel » de certaines proclamations, rôle des loges dans les cérémonies publiques, jusqu’aux monuments commémoratifs dont les premières pierres furent posées par des Grandes Loges, comme à Plymouth pour le monument aux Pères pèlerins.

Il serait abusif de dire que « la Franc-maçonnerie a inventé Thanksgiving ». En revanche, il est difficile de nier que la sensibilité maçonnique – religiosité non dogmatique, valorisation de la vertu civique, importance de la gratitude et de la fraternité – a largement irrigué l’univers symbolique dans lequel cette fête s’est déployée.

Gratitude, agapes et « blé, vin et huile »

Du point de vue maçonnique, Thanksgiving ressemble presque à une immense tenue de table profane à l’échelle d’un continent. On y retrouve plusieurs motifs familiers :

  • Le repas partagé : au-delà de la dinde et des traditions familiales, Thanksgiving affirme un principe simple : s’asseoir ensemble, quelles que soient nos opinions, pour reconnaître ce que nous avons reçu. C’est tout le sens des agapes maçonniques, qui prolongent le travail au Temple dans un moment de convivialité, de parole libre et de fraternité.
  • Les fruits de la Terre : la table de Thanksgiving, dressée à la fin de l’automne, exhibe les produits de la récolte : maïs, courges, céréales… Les auteurs maçons n’ont pas manqué d’y voir un écho au triple symbole du « blé, du vin et de l’huile » des rituels maçonniques de consécration et de pose de première pierre, qui représentent la prospérité, la joie et la paix.
  • La parole de gratitude : dans de nombreuses familles américaines, on fait un tour de table pour dire à voix haute ce pour quoi l’on est reconnaissant. Plusieurs Grandes Loges ont fait le parallèle avec la notion maçonnique d’« action de grâces » : un moment où le frère ou la sœur, au-delà des demandes, reconnaît ce qui lui a été donné par le Grand Architecte, par la vie, par ses proches.

Pour un œil maçonnique, Thanksgiving devient ainsi un « rituel civil » qui met en scène, dans la maison familiale, ce que la loge cherche à cultiver dans le Temple : la conscience des dons reçus, le partage, la modération, la mémoire des épreuves traversées.

Une fête entre lumière… et ombre

Toute fête nationale est aussi un récit, donc un tri. Depuis plusieurs décennies, des voix, notamment amérindiennes, rappellent que le mythe de l’harmonie entre colons et peuples autochtones masque la violence de la conquête, les spoliations de terres, les épidémies et les massacres qui suivront. Des institutions culturelles américaines invitent aujourd’hui à « repenser Thanksgiving » à partir du point de vue des peuples autochtones, en déconstruisant le roman rose du « premier repas partagé ».

Pour un franc-maçon, cette tension n’est pas un accident, mais presque une clé de lecture. Toute lumière projette une ombre. Une fête de gratitude qui ne prendrait pas en charge la mémoire des victimes, des exclus, des voix étouffées, se transformerait en simple anesthésie collective. Au contraire, une Thanksgiving lucide peut devenir un moment d’examen de conscience : de quoi vivons-nous, et à quel prix ?

On peut alors imaginer des loges américaines profitant de la semaine de Thanksgiving pour rappeler que la vraie fraternité ne se limite pas à ceux qui sont déjà assis à table, mais s’étend aux absents, aux marginalisés, aux peuples dont l’histoire a été effacée du récit dominant.

Pourquoi cette fête parle aussi aux Francs-maçons… jusqu’en France

Vue depuis l’Hexagone, Thanksgiving est souvent réduite à un cliché de séries télé : grosse dinde, football américain et promotions du « Black Friday » le lendemain.

Mais si l’on dépasse la caricature, cette fête interroge des questions qui nous sont familières en loge :

  • Comment une société construit-elle un mythe fondateur, et que fait-elle des parts d’ombre de ce mythe ?
  • Comment un peuple articule-t-il sa gratitude – religieuse, spirituelle ou simplement humaine – sans sombrer dans le prosélytisme ni la consommation ?
  • Comment un rituel civil peut-il, à son insu, mettre en scène des valeurs maçonniques : fraternité, fidélité à la parole donnée, mémoire des origines, aspiration à l’unité au-delà des clivages ?

Le jeudi 27 novembre 2025, lorsque les foyers américains ont allumé leurs fours et ont dressé leur table, nous pourrons, de ce côté-ci de l’Atlantique, regarder cette fête avec un œil un peu différent. Non comme une curiosité exotique, mais comme un miroir : celui d’une humanité qui cherche, tant bien que mal, à remercier pour la vie qui lui est donnée, tout en apprenant, pas à pas, à regarder son propre passé avec plus de vérité.

Et si nous profitions nous aussi de cette occasion pour faire – il n’est jamais trop tard –, en silence ou à voix haute, notre propre « action de grâce » maçonnique – pour les rencontres, les épreuves, les travaux de l’année –

alors Thanksgiving, sans être une fête maçonnique, aura trouvé une résonance très particulière dans nos cœurs d’initiés.

« Tire la chevillette, la bobinette cherra » : une invitation symbolique à frapper à la porte du Temple

Dans l’univers enchanté des contes de Charles Perrault, une phrase anodine en apparence résonne comme un écho initiatique : « Tire la chevillette, la bobinette cherra. » Tirée du Petit Chaperon rouge, cette formule, prononcée par la grand-mère – ou plutôt par le loup déguisé – invite l’enfant à actionner le mécanisme qui ouvre la porte de la chaumière. Mais au-delà du récit enfantin, cette expression porte en elle les germes d’une symbolique profonde, particulièrement résonnante dans le monde maçonnique.

Charles-Perrault,-portrait–par-Charles-Le-Brun


Elle fait écho aux invitations répétées au sein du paysage maçonnique, qui encourage les profanes à frapper à la porte du Temple. Comme si, en tirant sur cette chevillette imaginaire, on libérait non seulement un loquet, mais les chaînes de l’ignorance pour accéder à la lumière intérieure. Ce paysage multiplie les initiatives telles que des expositions, des conférences à Paris, dans toute la France et même à l’étranger, pour recruter de nouveaux membres, reflétant un désir partagé d’ouverture à ceux en quête de sens.
 
 
Le conte de Perrault : un voyage initiatique dissimulé

Charles Perrault, maître des contes moraux du XVIIe siècle, n’était pas franc-maçon – la Franc-Maçonnerie moderne naîtra quelques années après sa mort en 1703. Pourtant, ses récits regorgent de motifs symboliques qui prêtent à une lecture ésotérique. Dans Le Petit Chaperon rouge, la jeune fille, coiffée de son chaperon écarlate symbolisant l’innocence et le sang des épreuves, s’aventure dans la forêt obscure – métaphore du chaos primordial et des épreuves de l’initiation. Le loup, figure du trompeur, incarne les illusions et les faux guides qui guettent le profane sur le chemin de la connaissance.

Arrivée à la porte de la grand-mère, l’héroïne entend la voix altérée : « Tire la chevillette, la bobinette cherra. » Ce mot de passe, simple en surface, est un test d’obéissance et de confiance. En actionnant le mécanisme, le Chaperon ouvre la porte… et entre dans le ventre de la bête. Dans une approche maçonnique du conte, cette ingestion symbolise l’absorption par le mystère, une mort symbolique suivie d’une renaissance – à l’image des rites d’initiation où le candidat est « avalé » par le Temple pour renaître en apprenti. La chevillette devient ainsi le fil conducteur vers l’intérieur, rappelant le fil à plomb maçonnique qui descend du ciel pour sonder les profondeurs de l’âme.
Cette interprétation n’est pas nouvelle : des analyses maçonniques du conte soulignent comment le loup représente les dangers de la naïveté face à l’autorité déguisée, invitant à un discernement essentiel en Maçonnerie. « Tire la chevillette » n’est pas qu’un ordre ; c’est une invitation à agir, à transformer le plomb de la peur en or de la sagesse, selon la devise alchimique V.I.T.R.I.O.L. – « Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem » – souvent évoquée dans les cercles maçonniques.

L’écho contemporain : l’appel collectif aux profanes

Aujourd’hui, le paysage maçonnique français manifeste une claire volonté de recruter en invitant les profanes à frapper à la porte du Temple.
 
Cette ouverture se traduit par une multiplication d’initiatives : expositions thématiques, conférences publiques à Paris ou dans d’autres villes de France, et même des événements à l’étranger, ainsi que des formulaires en ligne pour faciliter les candidatures spontanées. Pour ce paysage, frapper à la porte n’est pas un acte physique isolé, mais une métamorphose intime, reliant l’exploration de soi à une quête spirituelle.
Mais attention : comme dans le conte, l’invitation n’est pas sans garde-fou. La Maçonnerie, quel que soit le rite pratiqué, exige respect, liberté de conscience et un doute fécond. Tirer la chevillette, c’est oser, mais avec discernement – éviter le loup des illusions pour embrasser la grand-mère de la sagesse. Le paysage maçonnique insiste sur cette fraternité universelle : il n’impose rien, il propose un chemin symbolique pour transformer le cœur. Des initiatives comme des conférences communes ou des engagements pour l’égalité et l’ouverture internationale illustrent cette volonté de recruter largement tout en préservant les valeurs essentielles.

Et maintenant ? Une chevillette pour l’avenir

En ces temps pressés, où le monde extérieur hurle comme un loup affamé, la Franc-Maçonnerie offre un refuge pour l’âme en quête. « Tire la chevillette, la bobinette cherra », nous murmure Perrault à travers les siècles, et le paysage maçonnique le reprend en écho : frappez à la porte ! Que ce soit lors d’une conférence publique ou en frappant à la porte d’une Loge, l’acte est le même – un pas vers la lumière, une transmutation alchimique.
Toutefois, cette multiplication d’initiatives soulève une question : cela relève-t-il de l’initiatique ou du besoin d’accroître son chiffre d’affaires afin de faire face aux charges fixes en perpétuelles augmentations ?
Chers lecteurs de 450.fm, si vous entendez cet appel, n’hésitez pas. La bobinette cherra, et avec elle, les voiles de l’ignorance. Comme le soulignent ces efforts collectifs, la Maçonnerie est une chevalerie spirituelle : tirez, frappez, et découvrez l’occultum lapidem en vous.

B’nai B’rith : Une fraternité juive au service de l’humanité depuis 1843

B’nai B’rith est une organisation juive internationale de type fraternel et humanitaire, fondée à New York en 1843 par douze immigrés juifs allemands. Son objectif initial était de soutenir les nouveaux arrivants confrontés à des conditions de vie difficiles dans une Amérique en pleine expansion.

Calqué à l’origine sur le modèle des sociétés de loges maçonniques – avec des rituels, des grades et un esprit de solidarité mutuelle –, l’“Ordre indépendant du B’nai B’rith” (qui signifie « Fils de l’Alliance » en hébreu) s’est transformé au fil des décennies en une ONG présente dans de nombreux pays.

Aujourd’hui, elle se consacre à la solidarité communautaire, à la défense des communautés juives face à l’antisémitisme, et à la promotion des valeurs humanistes du judaïsme, en écho aux principes universels de fraternité et d’entraide chers à la Franc-maçonnerie.

En cette année 2025, B’nai B’rith met en lumière son réseau dédié aux jeunes professionnels : B’nai B’rith Connect

Cette initiative se présente comme un véritable incubateur de leadership juif engagé, articulant défense d’Israël, mémoire de la Shoah, action sociale et diplomatie publique. À travers sa dernière newsletter (ou one-pager) pour 2025, intitulée « Global Opportunities for Young Professionals », l’organisation invite une nouvelle génération à s’impliquer dans des actions concrètes, alliant engagement local et impact global.

Un réseau mondial de jeunes leaders

La newsletter 2025 de B’nai B’rith Connect met en avant une génération de jeunes adultes juifs déterminés à répondre à la montée de l’antisémitisme en ligne, à la délégitimation d’Israël et au négationnisme. Héritier de 181 ans d’engagement de B’nai B’rith International, ce réseau offre une voie structurée vers les responsabilités communautaires et la philanthropie pour des professionnels en début ou milieu de carrière. Les membres participent à des événements exclusifs, comme des rencontres dans des consulats et ambassades, ou des discussions stratégiques avec des leaders mondiaux, contribuant ainsi à avancer les priorités politiques de l’organisation sur la scène internationale.

Mémoire de la Shoah et responsabilité historique

Crypte du Memorial de la Shoah Paris

Au cœur de cette publication figure le programme « Unto Every Person There Is A Name », soit « À chaque personne est donné un nom », en partenariat avec Yad Vashem. Ce rituel consiste à réciter les noms des victimes de la Shoah lors d’une cérémonie émouvante, rappelant que derrière chaque statistique se cache une histoire humaine unique. B’nai B’rith Connect agit comme le relais nord-américain de cette initiative, chargeant les jeunes générations de la mission de transmettre, d’éduquer et de combattre l’oubli. La newsletter relate également des témoignages poignants, comme celui d’Eden Gafner, survivante des attaques du Hamas du 7 octobre 2023, qui incarne la résilience et appelle à l’action collective.Plaidoyer pour Israël et diplomatie citoyenne

Le soutien à Israël est central dans les activités de Connect

Taxis jaunes à NYC - Time Square
Taxis jaunes à NYC – Time Square

La newsletter évoque des participations à des marches comme l’Israel Day on 5th Parade à New York, ou des visites dans des ambassades étrangères. Les « Diplomatic Encounters » offrent un accès privilégié à des diplomates du monde entier pour discuter d’enjeux cruciaux : Israël, la lutte contre le mouvement BDS (Boycott, Divestment and Sanctions), et la combat contre l’antisémitisme. Ces expériences transforment les membres en activistes informés, engagés dans une diplomatie citoyenne qui prolonge l’esprit fraternel de B’nai B’rith.

Éducation, mentorat et service communautaire

Un volet innovant mis en lumière est le partenariat avec le programme « Chat Away in Israel » de l’organisation ESRA (English Speaking Residents Association). Des bénévoles de Connect aident des collégiens et lycéens israéliens à perfectionner leur anglais conversationnel via des appels hebdomadaires sur Zoom. S’ajoutent à cela des actions locales, comme la préparation de kits d’urgence pour seniors à la résidence B’nai B’rith dans le Bronx, ou des projets de mentorat. Ces initiatives incarnent la devise « people helping people » – des gens aidant des gens –, adaptée aux aspirations des jeunes générations, et rappellent les valeurs humanitaires partagées avec les traditions maçonniques.

Le pont Japon–États-Unis–Israël : le projet Kakehashi

B'nai B'rith

La newsletter revient sur la participation de leaders de Connect au Kakehashi Project, un programme de diplomatie culturelle financé par le ministère japonais des Affaires étrangères et géré par le Japan International Cooperation Center (JICE). Depuis 2016, B’nai B’rith y prend part, favorisant des échanges trilatéraux entre les États-Unis, le Japon et Israël. Un témoignage de Gabby Glubochansky décrit une visite émouvante au musée-mémorial du tremblement de terre de Kobe, soulignant la résilience collective et l’importance de la solidarité – des thèmes qui résonnent avec l’histoire juive et les principes de fraternité universelle.Pour en savoir plus sur les événements à venir, les modalités d’adhésion ou de don, la newsletter renvoie au site dédié de B’nai B’rith Connect (https://www.bnaibrith.org/connect/) et aux coordonnées de la program manager, Liz Krebs (BBIConnect@bnaibrith.org).

Elle invite explicitement les jeunes professionnels – y compris ceux issus de milieux maçonniques ou fraternels – à rejoindre ce réseau où fierté juive rime avec engagement concret et humanitaire.

B’nai B’rith, avec son héritage fraternel inspiré des loges, continue de tisser des liens de solidarité dans un monde en quête de valeurs partagées. Pour 450.fm, cette organisation illustre comment les principes d’entraide et de défense des opprimés transcendent les frontières, en écho à l’universalisme maçonnique.

450.fm avait déjà consacré deux articles au B’nai B’rith

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