Accueil Blog Page 754

Le secret maçonnique à l’honneur sur France Inter

La société discrète des francs-maçons, née au début du XVIIIe siècle, a suscité autant de fantasmes que de suspicions depuis sa création. Comment les Lumières ont-elles façonné la franc-maçonnerie ? Qui ont été les principaux détracteurs de cette confrérie répartie en différentes loges ?

avec :

Emmanuel Kreis (historien, spécialiste de l’antijudéo-maçonnisme et du conspirationnisme), Cécile Révauger (historienne, professeure émérite à l’Université Bordeaux Montaigne, spécialisée dans l’historiographie de la franc-maçonnerie).

En savoir plus

En 1906 paraît un ouvrage au titre sans mystère : Les Sociétés secrètes, leurs crimes, depuis les initiés d’Isis jusqu’aux francs-maçons modernes. Il est signé André Baron, journaliste nationaliste, sans surprise antidreyfusard, antisémite, antiparlementaire et proche de l’Action française. En exergue du livre se trouve un extrait de l’Encyclique Humanum Genus, contre la franc-maçonnerie, du pape Léon XIII, en 1884. L’auteur explique que « l’histoire des Sociétés Secrètes emplit d’énormes et nombreux livres en toute langue. Et malgré cela, les Sociétés Secrètes savent exercer une suggestion si habile sur les meilleurs esprits, qu’elles sont parvenues à faire complètement négliger, par presque tous les historiens, leur influence dans le monde, ainsi que leurs scélératesses de toute nature ».

Face à tant de scélératesse, laissons la parole aux historiens et aux historiennes.

La franc-maçonnerie, fruit des Lumières

Au début du XVIIIe sièclela première loge maçonnique voit le jour en Angleterre. Souvent itinérants, les maçons avaient pris l’habitude de se regrouper en guildes et de se retrouver pour échanger, affiner leurs techniques, se rencontrer. Ce sont ces premiers foyers de sociabilité qui seraient petit à petit devenus les loges.

La naissance de la franc-maçonnerie au XVIIIe siècle n’est pas qu’une progressive transformation des guildes professionnelles. Cette société est bel et bien le fruit de son siècle, un phénomène des Lumières qui voit le jour dans le sillage politique et culturel de la Glorieuse Révolution et du Bill of Rights de 1689. Les maçons se réunissent autour de valeurs communes : la tolérance, la liberté d’expression et de pensée, l’art de la conversation et du débat d’idées. Ces nobles, artisans, dissidents religieux, intellectuels et protestants whigs se regroupent d’abord dans des auberges puis, à partir de la fin du XVIIIe siècle, dans des loges.

La franc-maçonnerie ne tarde pas à traverser la Manche. Les premières loges voient le jour en France à partir de la fin des années 1730. Au siècle suivant, après le coup d’arrêt porté par la Révolution aux loges de l’Hexagone, la maçonnerie française s’émancipe de l’obligation de croire en Dieu et une scission se crée avec la maçonnerie anglo-saxonne.

« Dans l’esprit des Lumières, on rejetait les dogmes. L’important était cette tolérance religieuse telle que promue par John Locke et son essai sur la tolérance. Il fallait avoir une croyance, mais c’est tout. James Anderson le dit bien, l’important, c’est de croire, peu importe en quoi, ce qui est excessivement tolérant pour l’époque », explique l’historienne Cécile Révauger« Les Lumières anglaises ne voient pas de contradiction entre religion et raison, contrairement à ce qui se passait en France avec Voltaire qui disait qu’il faut écraser l’infâme ».

Le développement d’un antimaçonnisme

Le XIXe siècle est également le siècle où se développe l’antimaçonnisme et l’idée d’un complot judéo-maçonnique. Les loges sont accusées par les milieux catholiques intégristes et de droite radicale de s’adonner à des pratiques païennes voire sataniques, mais aussi d’ourdir des complots de domination du monde.

« Il existe un antimaçonnisme dès le XVIIe siècle. Les premières traces apparaissent en 1698 en Angleterre. Certes l’Église joue un rôle dans cet antimaçonnisme, mais les premières condamnations proviennent des pouvoirs civils dans les Provinces-Unies dès 1734. S’ensuivent une vague de condamnations de la part de différents pouvoirs laïcs à travers l’Europe qui s’inquiètent pour la sécurité de leurs États, de réunions qui sont discrètes », précise l’historien Emmanuel Kreis.

Diffusées par le biais de revues et de conférences, les idées antimaçonniques ne tarissent pas au début du XXe siècle et les principaux antimaçons se regroupent au sein de la Revue internationale des sociétés secrètes, où ils laissent libre cours aux discours antimodernes. Plusieurs des membres de cette revue fournissent, à la fin des années 1930, une partie des cadres du régime de Vichy et participent à la répression des francs-maçons au sein du Service des Sociétés secrètes. Le souvenir de ces persécutions explique en partie l’attitude des francs-maçons d’aujourd’hui qui, s’ils nient appartenir à une société “secrète”, reconnaissent sans peine qu’elle est discrète.

Pourquoi la franc-maçonnerie a-t-elle suscité tant de haine, de fantasmes, de suspicions ? Autour de quelles valeurs, de quels symboles et de quelles idées les francs-maçons se réunissent-ils ?

À lire aussi : Où sont les franc-maçonnes ?

Pour en parler

Cécile Révauger est historienne, professeure émérite à l’Université Bordeaux Montaigne, spécialisée dans l’historiographie de la franc-maçonnerie et des Lumières.

Elle a notamment publié :

Emmanuel Kreis est historien, spécialiste de l’antijudéo-maçonnisme et du conspirationnisme.

Il a notamment publié :

Sons diffusés dans l’émission

  • Extrait d’un micro-trottoir sur les francs-maçons de l’émission « Les francs-maçons à visage découvert », dans Les Dossiers de l’écran en 1975 et extrait de la même émission sur les rites maçonniques
  • Lecture par Olivier Martinaud d’un extrait des Constitutions d’Anderson, texte fondateur de la franc-maçonnerie publié en 1723
  • Archive d’une messe intégriste dite par Monseigneur Lefebvre à Lille sur Antenne 2 le 29 août 1976
  • Lecture par Olivier Martinaud d’un extrait de l’ouvrage Les Juifs, nos maîtres d’Emmanuel Chabauty, chapitre X, 1882
  • Archive de propagande à propos d’une exposition maçonnique au Petit Palais dans les Actualités françaises du 30 octobre 1940
  • Montage mêlant Le Chant du départ de Marie-Joseph Chénier (1794), LInternationale d’Eugène Pottier (1871), La Marseillaise de Rouget de Lisle (1795), Le Chant des partisans sur des paroles de Joseph Kessel (1943) et Le Temps des cerises de Jean-Baptiste Clément (1868)

Générique de l’émission : Origami de Rone

Ouvriers d’Hiram Abiff. La Tradition Initiatique (IV)

De notre confrère elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz PGM

Dans la Tradition Initiatique, nous avons un symbole très important, bien que religieux, il nous apporte un message très profond, qui n’a même pas encore été bien interprété, mais j’ose dire qu’il a été compris par les grands Maîtres Spirituels, et à ce le jour d’aujourd’hui est présent dans notre être : l’Arche d’Alliance. Dans un écrit de Michael Berg, expliquant un passage du Zohar, j’ai extrait la réflexion suivante «Dans la construction du Tabernacle (MishKán) qui a été érigé quand ils sont restés un certain temps au même endroit; lorsqu’ils sont partis , ils ont été démantelés pour continuer la marche à travers le désert. Les chefs des 12 tribus d’Israël n’ont donc pas participé et pour compenser ce manque, ils ont décidé d’apporter un cadeau à Moshe (Moïse) : six charrettes et douze taureaux, qui servir à transporter le Tabernacle démonté». 

Moshé n’a pas voulu les recevoir parce qu’il ne l’avait pas demandé, mais Dieu lui a donné une révélation où il lui a été dit de l’accepter, sous condition. Il y a trois groupes de Lévites, la lignée vient de : Gershon – Merari et Kohát, et ils étaient destinés à transporter les parties du Tabernacle à travers le désert. Moshé reçut les présents et les répartit entre les Lévites de la manière suivante : Les Guershonites reçurent deux chariots et quatre taureaux, pour porter une partie du Tabernacle. 

Les descendants de Merari ont reçu quatre charrettes et huit taureaux. Le groupe de Kohát, celui qui devait charger l’Arche de l’Alliance, qui contient les Tables de la Loi, la table et les parties internes du Tabernacle, n’a reçu ni charrettes ni taureaux. Un travail solide. Moshé leur a dit : « Parce que l’œuvre divine est sur eux, ils doivent la porter sur leurs épaules. » Signification des chariots selon les kabbalistes : ils représentent un type spécifique de Lumière, de Bénédictions et de Miracles qui se produit dans le domaine de la nature limitée. On sait que physiquement les taureaux ont du mal à déplacer la charge, mais s’ils la déplacent et la portent, c’est un miracle divin. Cela se produit sur ce plan physique dans notre voyage vers la fin de notre cycle de vie, lié aux croyances religieuses et spirituelles, où nous demandons au Créateur de nous protéger. Rappelons-nous qu’il s’agit d’un plan de contrition. 

Tous ces miracles et bénédictions que nous vivons, ils existent dans les limites de la nature, là où la plupart d’entre nous vivons. Si nous comprenons la Lumière du Créateur, si nous comprenons l’importance du travail spirituel, c’est le secret de la Conscience des Chariots. Quelle serait la seconde Conscience ? L’Arche d’Alliance représente le plus haut niveau de Conscience. Le poids de l’Arche, de la Table, du Chandelier, qui sont les aspects du Tabernacle qui représentent la connexion la plus directe avec la Lumière du Créateur, était impossible à déplacer par la force physique humaine, mais comme il est écrit dans le Zohar , et dans les écrits des kabbalistes, ils l’ont soulevé et l’ont placé sur leurs épaules, et tout à coup ils sont devenus plus légers. Si vous les regardiez, il ne semblait pas qu’ils portaient l’Arche, mais plutôt l’Arche les portait, comme s’ils étaient soulevés du sol. Ils ont flotté à travers le désert avec l’Arche. C’est la Conscience de l’Arche. Il représente la Conscience des Miracles hors des limites du Naturel. Cela représente aussi notre travail sur le chemin initiatique, mais avec compréhension et détachement, non avec connaissance, qui ne nous sert que de support, la Conscience de l’Arche est pure connaissance. Seulement compris dans la méditation. Il faut être au-delà des miracles, car les phénoménaux n’opèrent pas sur la voie initiatique, mais plutôt sur la connaissance pure, uniquement comprise dans la Méditation.

J’explique cela avec une pyramide : Sur un bord avec un crayon, marquez trente-trois lignes, qui sont les mêmes marches qu’il faut franchir pour atteindre le sommet. La base est la connaissance acquise dans ce plan depuis notre naissance, et au fur et à mesure que vous montez les marches ou les lignes, observez que la base devient plus petite. Quand on arrive à trente ans, la base est petite. 

Toutes les connaissances que vous avez acquises, qui vous ont soutenus, ont été réduites ici. Quand vous arrivez à trente-trois, le pinacle, il n’y a pas de fond. Vous devez abandonner toutes les connaissances acquises, pas l’attachement, afin de réaliser la connaissance pure. Le silence. C’est la Conscience de l’Arche d’Alliance. C’est celui que nous n’avons pas, si nous l’avions, nous volerions. Nous serions libres : sans dogmes, sans fanatisme, sans hypocrisie, sans attaches. 

L’attachement est le voile que la conscience porte sur ce plan. Ce que nous devons comprendre, c’est que le véritable but de notre vie sur ce plan est d’atteindre ce niveau de conscience de l’Arche. Le Talmud dit que dans l’utérus, avant de naître, nous avons toute la Sagesse de l’état primitif, mais nous recevons une touche sur les lèvres qui nous fait tout oublier. Nous naissons totalement voilés. Il est difficile sur ce plan d’atteindre la conscience de l’Arche. Mais pas impossible.

Jazzmen Francs-maçons – épisode 4

De gauche à droite les frères Milt Hinton (contrebasse), inconnu, Cab Calloway et Keg Johnson (trombone)

Cab Calloway 25/12/1907 – 18/11/1994 – Le Fernandel de Harlem

C’est ainsi que les critiques français nommèrent Cab lors de sa tournée en Europe en 1934. Heureusement pour nous, le public n’en tint pas compte et le « Hi-De-Ho Man » ira de succès en succès jusqu’à l’orée des années 40. Il était membre de la Pioneer Lodge N°1 Prince Hall.

Comme de nombreux musiciens, Cabell Calloway III, aura une enfance et une jeunesse marquées sous le sceau de l’école buissonnière et du refus de se conformer aux désirs de leurs parents. Pour Cab, ces derniers voulaient en faire un avocat. Mais, bien que né à Rochester (état de New-York) c’est à Baltimore que la famille déménage et que Cab devient vendeur de journaux, promeneur de chevaux (il en garda une passion pour les courses), basketteur, cireur de chaussures etc. Mais sa mère l’ayant pincé un jour à jouer aux dés sur les marches de l’église, l’envoya dans une école agricole qui était dirigée par un de ses oncles.

En 1922 il prend des cours privés de chant et étudie la musique en dehors de l’école. Malgré l’opposition de ses professeurs, de sa famille, son amour du jazz se traduit rapidement par des prestations dans des clubs de Baltimore sous la bienveillance du batteur Chick Webb (également franc-maçon à Prince Hall, et premier employeur d’Ella Fitzgerald) et du pianiste Johnny Jones. A la fin de ses études il commence également une carrière de basketteur professionnel dans une équipe noire, les Baltimore Athenians. Finalement il obtient son diplôme de l’école Frederick Douglass en 1925.

De 1927 à 1929 Cab va rejoindre sa sœur Blanche, qui était une cheffe d’orchestre réputée, pour la tournée d’une revue noire, Plantation Days. A la fin de la tournée, sa mère ayant toujours en tête d’en faire un avocat comme l’était son père, l’inscrit de force au Crane College de Chicago. Petite anecdote, c’est dans ce collège qu’il refusa de jouer au basket avec les Harlem Globetrotters pour continuer sa carrière de chanteur.

Mais comme les cours ne lui plaisaient pas, on le vit plus souvent dans les clubs chicagoens comme batteur, chanteur et MC (maître des Cérémonies). C’est pendant cette période qu’il rencontre la chanteuse Adélaïde Hall et Louis Armstrong qui lui apprend à chanter en scat. Il quitte alors le collège et devient chanteur de l’orchestre les Alabamians. C’est avec ce groupe qu’il part pour la « Grosse Pomme » (New-York) et fait l’ouverture du célèbre club la Savoy Ballroom le 20 septembre 1929. Lorsque l’orchestre se dissout, car pas assez professionnel en ayant perdu des batailles musicales, c’est Louis Armstrong qui le recommande comme chanteur pour la comédie musicale Connie’s Hot Chocolate. Enfin parallèlement l’orchestre les Missourians, qui avait battu les Alabamians, demande à Cab de devenir leur chanteur, reconnaissant déjà son talent indéniable.

De 1930 à 1955, le succès sera au rendez-vous

Une chance va arriver très vite car le fameux Cotton Club de Harlem va demander à l’orchestre de Cab, rebaptisé dès 1930 Cab Calloway And His Orchestra, de faire l’alternance avec Duke Ellington. En fait c’est sous l’insistance « amicale » mais ferme de la maffia, que Cab acceptera. Cela dit, ce ne sera pas la première, ni la dernière fois,  que Cosa Nostra aura rendu service au jazz. Remplacer le Duke déjà célèbre également, lorsqu’il s’absente en tournée, va consolider sa popularité. Comme pour le Duke, la radio va également jouer un rôle considérable dans ce pays d’entre les deux guerres. Il se produira deux fois par semaine sur la chaîne NBC dans les programmes de Walter Winchell et Bing Crosby. Il sera le premier africain-américain à avoir une audience nationale à la radio. Pendant la grande dépression il gagnera à l’âge de 23 ans, 50 000 dollars par an.

Minnie The Moocher

Cette chanson est enregistrée en 1931 et sera un de ses plus grands succès, y compris pendant sa période de retour à la scène jusqu’à sa mort en 1994. Ce succès est important car dans ce pays ségrégué, vendre des millions de disques, représente pour un noir états-unien, une victoire sans commune mesure pour asseoir sa légitimité. Sa popularité est si grande à cette période qu’il prêtera sa voix dans le fameux personnage de dessin animé Betty Boop, ainsi que St James Infirmary Blues et The Old Man Of The Moutain en 1932, 1933.

La légende veut qu’un soir ayant perdu les paroles d’une chanson alors qu’il chantait à la radio, il improvisa le fameux Hi-De-Ho et l’orchestre eut le génial réflexe de lui donner la réponse. Là, c’est la gloire immédiate et tout le monde veut entendre cette chanson et son système de Call & Response (appel/réponse). Cab et le public créent une complicité inégalée avec ce thème, y compris (et peut-être surtout) par les sous-entendus salaces qu’elle contient.

Il faut également préciser que dans tous ces clubs de Harlem à cette époque, seul le public blanc avait le droit d’entrer. Avec ses décors en carton-pâte évoquant le Sud, ce public venait s’encanailler en admirant aussi les Chorus Girls quasiment nues.

Toujours au milieu des années 30, on verra Cab, ainsi que Duke, dans de nombreux films, et on pourra remarquer à quel point un certain Michael Jackson se sera inspiré de Cab pour son MoonWalk.

Cab fera également sa première apparition dans un film hollywoodien avec le TCF :. Al Jolson (Asa Yoelson de son vrai nom et fervent militant antiraciste), The Singing Kid en 1936. Ce film aura une importance considérable dans le fait « d’effacer les différences entre blancs et noirs », vœux pieu s’il en est à cette époque.

Autre élément d’importance sera la signature tout au long de ces années, de contrats avec les maisons de disques célèbres du moment, comme la firme Brunswick, ARC, Variety, Okeh, et surtout RCA Victor.

Cab publiera également en 1938 le premier dictionnaire afro-américain intitulé : the Cab Calloway’s Cat-ologue qui est en fait un dictionnaire du « jive », c’est-à-dire l’argot des jazzmen de l’époque.

Durant cette période Cab très précurseur va engager des « pointures » tels que le TCF :. Ben Webster (sax ténor qui jouera aussi, chez Duke, Count et tant d’autres), Illinois Jacquet (sax ténor lui aussi chez Count), le TCF :. Milt Hinton (contrebasse), Danny Barker (guitare), Doc Cheatam (trompette) le TCF :. Cozy Cole (batterie) et Dizzy Gillespie (qui avait fait sa demande pour entrer en FM, mais a été refusé pour cause de « mensonge » sur sa vie maritale !!!). A noter que l’orchestre se constituera également en équipe de basket pendant les tournées et jouèrent souvent contre des équipes semi-professionnelles lors des étapes, ou pour des matchs de charité. Cab et son orchestre firent également les premières parties d’ouverture du film « Strike Up The Band » dont les vedettes étaient Judy Garland et Mickey Rooney.

Avec Dizzy les choses ne se passèrent pas très bien à partir des années 40. Dizzy était jeune et écoutait le Be-Bop naissant. Cab lui reprochait sans-cesse de faire sa musique « chinoise », à tel point qu’il ne pouvait plus jouer en solo, Cab reprenant tous ses arrangements pour ne plus lui donner la parole. Mais la goutte d’eau qui fit déborder le vase, fut quand Diz lui lança une boulette dans le cou pendant une chanson romantique. Cab furieux le vira sur le champ après une bagarre au cours de laquelle Diz planta un petit coup de couteau dans la jambe de son chef. Ce qui fit dire plus tard, lors de sa collaboration avec Charlie Parker, que c’était la meilleure chose qui ait pu lui arriver.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Cab fit de nombreux concerts pour les soldats en partance pour le front et enregistra également des discours de propagande antinazie.

En 1943 il apparaît dans un film important pour la communauté noire, « Stormy Weather », dont Hollywood avait « osé » recruter des acteurs uniquement noirs. Il y avait également dans ce film des célébrités comme le TCF :. danseur de claquettes Bill « Bojangles » Robinson, l’actrice et chanteuse Lena Horne, les géniaux Nicholas Brothers, véritables hommes élastiques, et le pianiste Fats Waller (mentor du TCF :. Count Basie).

En 1953 il accepte enfin de jouer le rôle du personnage Sportin’ Life dans l’opéra du TCF :. G. Gershwin « Porgy & Bess », qu’il avait pourtant refusé en 1935. On dit même que c’est Cab qui aurait inspiré Gershwin pour créer le personnage de Sportin’ Life.

Les années 60

Cab va enregistrer avec sa fille Lael des chansons, et Clarence Robinson producteur des revues du Cotton Club et de l’Appolo, va lui proposer de devenir l’attraction principale d’un projet d’un Cotton Club à Miami avec une troupe de 48 personnes, incluant déjà des chanteuses comme Abbey Lincoln (qui épousera le batteur de Be-Bop Max Roach), Sallie Blair et George Kirby, ainsi que la troupe de danse de Norma Miller. Pour la seconde saison les futurs célèbres et géniaux danseurs de claquettes Maurice et Gregory Hines firent partie du show.

En 1958 enregistrera un album intitulé Cotton Club Revue Of 1958 dans lequel figure le TCF :. Nat King Cole et Eartha Kitt.

Cette revue tournera jusqu’en 1960 en Amérique du Sud et en Europe.

Les dernières années

Les grands orchestres n’ayant plus la cote, le jazz ne faisant plus danser le public, Cab disparut peu à peu des radars médiatiques, apparaissant de temps en temps dans quelques films, des séries TV, quelques émissions mais c’est en 1980, grâce au film « The Blues Brothers », que sa popularité refait surface. Il va rejouer et chanter lors de tournées aux USA, mais également lors de celle d’un mois en Europe en 1992 (dont le concert de Paris où j’ai eu la chance de le voir avec mon père, qui lui-même me l’avait fait découvrir quand j’étais enfant !).

Héritage et autres anecdotes

Comme beaucoup (trop !) d’autres, Cab et son ami Felix H. Payne furent battus par la police et emprisonnés à Kansas City, alors qu’ils allaient simplement rendre visite au TCF :. Lionel Hampton lors d’un concert. Ils furent accusés de toxicomanie, de résistance à la force publique et envoyés à l’hôpital pour blessures. Lionel Hampton en apprenant cette nouvelle interrompit son concert et refusa de jouer. Finalement la NAACP (National Assosiation For The Advancement Of Colored People) et cinq autres organisations pour les droits civiques demandèrent la révocation de l’officier Todd qui les avait arrêtés. Les charges furent abandonnées, mais Todd ayant pris sa retraite ne fut pas inquiété.

Cab est devenu une légende et influença bon nombre de choses et de musiciens. Les Zazous français pendant l’Occupation se sont inspirés de ses costumes, de sa gestuelle, et de son art visuel. James Brown et Michael Jackson s’en inspireront très largement. Surtout M. Jackson avec son « Moon Walk » (marche lunaire). Il fut un pionnier en matière de musique et contribua énormément pour faire reconnaître la légitimité de l’art afro-américain dans une Amérique raciste.

En 1998, son petit fils prit la direction de l’orchestre et en 2012 son héritage musical fut célébré dans un épisode de PBS’s American Masters intitulé « Cab Calloway : Sketches ».

En 2020, la maison de son enfance de Baltimore fut démolie et remplacée par un parc nommé « Cab Calloway Legends Park » en son honneur.

Sa fille fut la première professeure noire à enseigner dans une école blanche en Virginie.

Récompenses

1985 Cab Calloway Day à Greenburgh, New York

1990 Beacons in Jazz Award from The New School in New York City. Le Maire de NYC proclame Cab Calloway Day.

1992 La Cab Calloway School Of Art est créée à Wilmington Delaware.

1994 Camay Calloway Murphy, sa fille, fonde le musée Cab Calloway au Coppin State College à Baltimore, Maryland

1967: Best Performance, Outer Critics Circle Awards (Hello, Dolly)

1987: Inducted into Big Band and Jazz Hall of Fame[82]

1990: Beacons in Jazz Award, The New School[80]

1993: National Medal of Arts[83][5]

1993: Honorary Doctorate of Fine Arts, University of Rochester

1993: Cab Calloway School of the Arts dedicated in his name in Wilmington, Delaware[84]

1995: Inducted into International Jazz Hall of Fame[85]

1999: Grammy Hall of Fame Award for « Minnie the Moocher« 

2008: Grammy Lifetime Achievement Award[86]

2019: « Minnie the Moocher » added to the Library of Congress National Recording Registry[87]

Cab a une discographie assez faible curieusement, malgré sa longévité et le nombre de concerts donnés tout au long de sa vie. A peine une trentaine sans compter les quelques compilations. Il apparaît dans une quinzaine de films ainsi que dans une dizaine de courts métrages.

« Il aimait les fringues, les voitures, les chevaux et les femmes. Il aura tout eu et il appelait ça : vivre ! »

Un regret personnel concerne sa sœur Blanche, qui était une musicienne renommée. Les orchestres féminins eurent beaucoup de succès aux Etats-Unis jusqu’aux années quarante où le jazz faisait encore danser le public. Mais avec la guerre, l’économie en berne et l’arrivée du Be-Bop, musique savante avec des orchestres réduits en quartet, quintet ou sextet, les grands orchestres ne purent résister. Même Duke et Count durent réduire leur voilure et l’Histoire oubliera totalement ces orchestres féminins. Le conservatisme états-unien est très oublieux et il serait temps de rendre justice à ce pan également occulté de cette musique.

Yves Rodde-Migdal

A lire

Le Jazz Et Les Gangsters par Ronald L. Morris et traduit par Jacques B. Hess

Dans l’excellente série « BD Jazz 2 CD + une BD », par le regretté Cabu : Cab Calloway

« Jazz et Franc-Maçonnerie une histoire occultée » par Yves Rodde-Migdal.

« Playing The Changes » par Milt Hinton

« Of Minnie The Moocher & Me » par C. Calloway & Bryant Rollins « The Hi-De-Ho Man : The Life Of Cab Calloway » par Alyn Shipton

Sur la toile

www.thehidehoblog.com blogue français

https://www.youtube.com/watch?v=DSdLsAUFL8s&ab_channel=OldFilmsandStuff

Allumage des feux d’une loge d’étude et de recherche orientée vers le handicap en franc-maçonnerie au GODF

Héphaïstos 3 H (Héphaïstos, Humanisme, Handicap)

Une loge de recherche ouverte à tous : Héphaïstos 3H (Héphaïstos, handicap, humanisme) a allumé ses feux en janvier 2021 au grand orient de France. Elle est constituée de membres valides et handicapés permettant de réfléchir aux problématiques globales que sont : l’ accessibilité des lieux maçonniques, l’accessibilité et l’adaptation des rituels, et comment faire une production maçonnique sur le handicap permettant de faire bouger les lignes.

En raison des problèmes sanitaires récents, de l’accessibilité des temples et des disponibilités de ses membres, la loge 3H Héphaïstos se réunit actuellement en visio conférence.

Au grand orient de France, bien qu’un réel effort ait été fait, une quantité infime de temples est réellement ENTIEREMENT accessible à tous francs-maçons en situation de handicap (plateaux de Vénérable Maître, Secrétaire, Orateur et Surveillants qui comportent tous des marches y compris au Temple Groussier).

Pour le moment, il n’y a pas d’informations officielles et définitives concernant les temples des régions des DOM TOM et à l’international.

Un travail a été fait par la SOGOFIM (société immobilière du Grand Orient de France) qui gère les travaux de mise en conformité. Le parc est très vaste et il faudra plusieurs années pour que tout soit aux normes. Le problème reste entier pour les loges propriétaires des temples, car le coût d’aménagement est important et ne peut décemment pas être répercuté en totalité sur les capitations. Malgré tout, il faut rappeler que tous les temples maçonnique de France sont soumis à la réglementation des lieux acceptants du public sous peine de fermeture administrative.

Pour ce qui concerne la communication générale sur « Franc-maçonnerie et handicap », Il n’y a actuellement aucune mention sur les sites publics des obédiences concernant l’accessibilité, ou du moins, un lien vers un membre de l’obédience pouvant informer le/la profane en candidature spontanée vers la loge la mieux adaptée. Il en est de même sur les intranets, ce qui ne permet malheureusement pas aux sœurs et aux frères de voyager en toute sérénité, sécurité et indépendance.

Espérons que l’association NDH de la GLMF et la loge de recherche 3H du GODF fassent des émulent et que, grâce à elles, les lignes pluri obédientielles nationales et internationales bougeront favorablement vers des prises de conscience réelles, efficaces, que le bandeau tombera et fera découvrir une réalité à prendre en compte rapidement.

La monarchie britannique et la franc-maçonnerie

De notre confrère espagnol rebelionenlagranja.com – Par Mauricette du site Dreuz.Info 

Il y a un détail de la vie des Windsor qui reste peu connu de l’autre côté de la Manche.

Depuis plus d’un siècle, la famille royale est ouvertement liée à l’existence de la franc-maçonnerie. En France, cette société presque secrète est souvent méconnue. Cependant, en Angleterre et dans de nombreux autres pays européens, elle est louée pour ses actions sociales positives. Au Royaume-Uni, il a été élevé au plus haut niveau de considération en se rapprochant du souverain. Et à juste titre, elle est souvent considérée comme l’un des piliers du régime avec la reine, l’Église et le Parlement.

Actuellement, la Grande Loge Unie d’Angleterre est présidée par un cousin direct d’Elizabeth II : le duc de Kent. Il détient le titre de Grand Maître de l’organisation depuis 47 ans. Jamais auparavant un homme n’avait détenu le titre aussi longtemps. Bien que le titulaire actuel ne soit qu’un cousin de la reine, par le passé, ses prédécesseurs ont été encore plus proches de la souveraine.

Edward VII a également été le Grand Maître de la maçonnerie anglaise pendant de nombreuses années. Mais il décide de l’abandonner à son arrivée en 1901 pour devenir protecteur de l’Ordre. Quelques années plus tard, le futur Edouard VIII et le futur George VI rejoignent également la fraternité.

La famille royale restreinte s’est déléguée cette tâche. Mais à la mort du duc de Kent, qui prendra la relève ? La rumeur dit qu’il sera le duc de Sussex, un jeune homme très en vue qui apportera une bouffée d’air frais à la franc-maçonnerie.

Le mot du mois : RIRE

0

Rire ? L’idée paraît tellement simple, évidente, spontanée.

Et pourtant… Rien de moins clair.

Une fois encore, l’étymologie entrouvre des pistes de songerie, dans la mesure où nos deux familières langues anciennes ne marchent pas de concert pour une fois.

L’indo-européen *gel- exprime l’idée de ce qui brille. Clean, en anglais. Je ris, dit le grec *gelaô, sans doute parce que le rire éclaire le visage, fait briller la pupille de l’oeil, *glénè. Idée de brillance que l’on retrouve dans le nom de la chouette, *glaukos, aux yeux lumineux dans l’obscurité, telle la déesse de l’intelligence Athéna glaukopis, « aux yeux brillants ». Cependant, c’est ce même sémantisme, auquel est associé le rire, qui fournira le glaucome, qui obscurcit la vision, et l’adjectif glauque…

Le latin confirme cette ambiguïté. Sémantisme strictement latin, *ridere se traduit en français dansles ris et les rires, la risée pour le rieur, la risette au poupon. Affecté de préfixes variés, le mot se colore de péjoration. On fait rire, *de-ridere, aux dépens de quelqu’un, on tourne en dérision ce qui est risible ou dérisoire. *ridiculus désigne le bouffon. Ridicule, ridiculiser…

Par ailleurs, le sourire n’échappe pas à l’ambiguïté. *sub-ridere, rire par en-dessous. Rire sous cape. La franchise y est mise à mal, entachée d’une potentielle hypocrisie. Même les peintres s’en sont méfiés, très peu de tableaux représentent des personnages souriants. Douze années ont été nécessaires à Léonard de Vinci pour peindre celui de Mona Lisa… Et les rieurs, en peinture, non seulement dévoilent une dentition sujette à caution, mais participent souvent de la malignité du diable. En riant à gorge déployée, donc dans l’indécence d’un tel laisser-aller.

Rire carnassier. Sardonique comme celui du penseur grec Diogène (IVe siècle av.JC), cynique comme le nom même du chien dont il se réclame, le rire flirte avec la méchanceté et la mort.

En Grèce antique, le héros reste impassible, montrer ses dents prouve la douleur : ainsi, sur ses poteries à figures rouges, Euphronios (VIe siècle av.JC) peint-il le rictus du géant Antée à l’agonie, privé par la poigne victorieuse d’Héraclès du contact régénérant avec sa mère Terre.

Le devin antique Calchas, pour ne pas avoir écouté la prophétie d’Apollon, s’étouffe dans une explosion de son rire.

Exploser, éclater de rire, les expressions sont explicites. Même dans un groupe qui y trouve à se détendre, à se déplier, se décrisper, on décèle la méchanceté du rire collectif. Celle des dieux homériques qui se gaussent devant les mésaventures des humains, qui les dérident ainsi de leur insondable ennui d’immortalité. Celle de la cruauté des spectateurs devant la peau de banane qui présuppose la chute du passant à venir. Celle du public qui a payé pour assister à la mise à mort théâtralisée par l’amuseur patenté. Celle de la caricature. On y rit d’autant plus fort qu’on se sent hors de sa portée, parce qu’on sait aussi combien elle peut nuire, jusqu’à tuer parfois…

L’explosion est toutefois salutaire, en ce qu’elle libère les tensions accumulées. Crécelle exaspérante, spasmes de la peur en excès. La complicité ainsi suscitée, même artificielle, même frelatée, s’avère nécessaire pour qu’un groupe malmené retrouve momentanément les chemins de la cohabitation.

Même les animaux savent rire, telles les hyènes sarcastiques devant leur festin de chair.

Oui, le rire dérange, son insolence désamorce le dogmatisme, la vérité décrétée.

Or, quiconque ne sait pas rire, observer soi-même et le monde alentour avec autodérision est un individu ennuyeux et surtout dangereux, menacé de sérieux pontifiant.

Comment imaginer de passer sa vie, surtout maçonnique, avec un autrui qui ne nous ferait pas sourire, rire, et surtout qui ne nous donnerait pas envie de le faire rire, sourire ?

La chaleur des sourires bat en brèche la violence des épées brandies à la face du néophyte désaveuglé. Ils feraient peut-être croire à la gentillesse immaculée d’un groupe épargné par le ridicule des jeux de pouvoir …

Sourire de connivence au-delà des mots superflus, sourire de l’oeil qui cligne, de la bouche qui a frémi d’un plissement discrètement évocateur, rire qui irradie le corps et redonne la beauté aux choses. Qui exorcise les démons.

Parce que la sincérité des lèvres a rejoint celle des yeux, les a illuminés de l’intérieur.

Annick DROGOU

As-tu jamais entendu et vu le rire d’un bébé ? C’est un rire de plénitude, de satiété, rire de joie pure. Premiers éclats de rire. Éclats, comme sous le ciseau du sculpteur la vie jaillit, comme une éclosion. On voudrait retrouver et perpétuer ce rire innocent, de rire de joie pure. Un rire sans malice, et d’ailleurs sans aucun mot, qualificatif ou complément, pour l’accompagner et le déformer. Rire doit rester un verbe intransitif, loin du rire moqueur qui a toujours besoin d’un tiers aux dépens de qui rire.

Le ricanement voltairien n’a rien de joyeux, pas plus que le premier rire biblique, le rire de Sarah et d’Abraham, rire d’angoisse : « Abraham tomba face contre terre. Il se mit à rire car il se disait : Un homme de cent ans va-t-il avoir un fils, et Sara va-t-elle enfanter à quatre-vingt-dix ans ? » (Gn 17,17), le rire comme expérience spirituelle du doute. Qohèleth nous rappellera plus tard qu’il y a « un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour gémir, et un temps pour danser » (Qo 3, 4). Le rire est comme la danse, une libération.

Que la joie soit dans les cœurs !

Rire ou sourire ? Dans l’Histoire des émotions[1], ouvrage dirigé par Georges Vigarello, l’historien anglais Colin Jones observe qu’« alors que les Grecs de l’Antiquité distinguaient le sourire du rire, cela ne fut pas le cas parmi les Romains. Le latin classique se contenta du verbe ridere (rire). Sur le tard, le latin adopta tout de même un mot pour nommer l’action de sourire. » Colin Jones remarque qu’il faut attendre le XIIIe siècle, « près d’un millénaire après la chute de l’Empire romain, le sourire refit surface sur tout le continent dans le vocabulaire de la culture européenne ». Cette preuve linguistique conforte l’hypothèse de Jacques Le Goff, citant l’énigmatique et doux sourire de la cathédrale de Reims (sculpté entre 1236 et 1246), selon laquelle l’ “invention“ du sourire fut une réalisation du XIIIe siècle[2]. »

Et ce sourire nous restera infiniment mystérieux comme le sourire énigmatique de Mona Lisa. Comme si le rire parlait fort dans l’instant quand le sourire s’exprime silencieusement dans l’éternité. Tous les sourires… Celui de l’ange de Reims, de Mona Lisa, ou le tien.

Jean DUMONTEIL

1. Georges Vigarello (sous la direction de), Histoire des émotions. 1. De l’antiquité aux Lumières, Éditions du Seuil, 2016.

2. Jacques Le Goff, Un autre Moyen Âge, Gallimard 1999, p. 1352


[1]     Georges Vigarello (sous la direction de), Histoire des émotions. 1. De l’antiquité aux Lumières, Éditions du Seuil, 2016.

[2]     Jacques Le Goff, Un autre Moyen Âge, Gallimard 1999, p. 1352

Les fleurs d’acacia

De notre confrère expartibus.it – De Rosmunda Cristiano

Le long des rues
du mois de mai éphémère,
les fleurs d’acacia
ornent les arbres
comme des boules de neige.

Quelques jours seulement
pour nous rappeler que le temps
est comme le vent qui passe
de feuille en feuille,
de fleur en fleur…

Et ce parfum subtil,
sur les pentes raides,
ne reste qu’à quelques-uns,
comme un rappel éphémère,
de la saison à venir.
Stefano Tini – Les fleurs d’acacia

La feuille d’acacia, que l’on voit fréquemment en insigne sur le col de la robe des francs-maçons exposée, forgée dans une matière précieuse, savamment émaillée, est parmi les nombreux symboles maçonniques celle qui a sa particularité et qui, plus que la autres , suscite l’intérêt et la curiosité des Frères. Moi, personnellement, je l’aime.

Depuis l’Antiquité, l’acacia, grâce à la consistance extrêmement dure de son bois, était considéré comme représentatif de la pérennité, donc métaphoriquement ramené à la vie éternelle ; pour confirmer cette croyance était aussi sa couleur verte, idéalement associée à la vie.

Dans la culture égyptienne, il avait une valeur divine, initiatique, de renaissance à une vie nouvelle, comme en témoigne le culte d’Osiris. La légende ancienne raconte qu’Osiris a été tué et mis en pièces par son frère Seth. Sa femme – soeur, Isis, désespérée, se mit à la recherche du corps de l’aimé et, trouvant les membres manquants, pour le faire revivre, il les remit ensemble dans un cercueil en bois d’acacia.

Il existe d’autres références anciennes de l’importance sacrée de cet arbre. Selon la légende, le buisson ardent à travers lequel Dieu se présenta à Moïse était un acacia. Dans le livre de l’Exode, dans l’Ancien Testament, il est dit que Beselcel a construit l’Arche en utilisant du bois d’acacia recouvert d’or pur.

De plus, tous les feux sacrés étaient faits en brûlant du bois d’acacia et, toujours avec le même bois, des bûchers étaient créés sur lesquels les corps des rois et des prêtres étaient incinérés.

Pour les Juifs c’était, et c’est encore aujourd’hui, l’arbre qui fournissait le bois sacré Shittim, qui, de par ses caractéristiques, est incorruptible, donc le seul digne de contenir les Tables de la Loi, le pacte entre Dieu et l’homme. .

Mais revenons à la franc-maçonnerie dans laquelle elle représentait et représente le symbole de la résurrection, la mort idéale qui conduit à la renaissance de la pensée.

Il existe une légende selon laquelle trois branches auraient pris vie au tronc d’un acacia : l’une de figuier, qui fait référence à la franc-maçonnerie égyptienne ; un en chêne, franc-maçonnerie suédoise ; celui d’acacia lui-même, celui de la franc-maçonnerie écossaise. Ce dernier, selon la tradition, aurait été celui qui, de manière plus directe, aurait transmis le vrai message d’initiation.

Le mythique architecte du Temple de Salomon, Hiram Abif, assassiné par les trois compagnons maléfiques qui voulaient indûment obtenir la parole du Passo di Maestro, a été enterré la nuit par ses assaillants, qui ont planté une branche d’acacia sur le tertre, indice qui aidera à retrouver les restes. Il est curieux que les tueurs, qui auraient dû vouloir cacher leur crime, aient rapporté l’enterrement de cette manière.

L’acacia acquiert ainsi une double valeur, comme ces outils de construction, l’équerre, la règle et le maillet utilisés par les assassins pour tuer, donc pour détruire. De la même manière, cette branche d’acacia, plantée dans le sol comme indice de reconnaissance du corps, devient le signe du Maître, l’incarnation d’Hiram. Les devoirs représentés par l’Acacia sont : l’innocence, l’incorruptibilité, la chaleur et la lumière du soleil, vertus qui rendent immortels ceux qui les acquièrent. En effet, dans la symbologie de la maçonnerie, le Triangle intervient pour réconcilier les contraires.

Quelle signification la présence de cette branche a-t-elle pour les francs-maçons ? Son caractère imputrescible, le fait qu’il soit toujours vert, fait évidemment référence à l’immortalité, en accord avec la légende d’Hiram.

Si la connaissance est à l’ombre de l’acacia, doit-on en déduire que la connaissance est immortelle ? Puisqu’elle se « repose », cela signifie-t-il qu’elle doit être réveillée ? Mais où peut-il se reposer sinon en nous-mêmes ?

Il ne peut s’éveiller que lorsque la chair quitte les os, lorsque l’homme prend conscience de ce qu’est la matière et de ce qu’est l’esprit, ce qui est symbolisé par le compas placé sur le carré.

La loge, moi collectif des francs-maçons, aide à retrouver leur unité, élevant le Maître à travers les cinq points parfaits de maîtrise.

Les caractéristiques de l’acacia sont propres à symboliser la pensée et l’œuvre des Frères : sa vitalité, sa vigueur, la solidité de son bois, la profondeur de ses racines, la douceur de son feuillage, le parfum délicat de ses fleurs. !

Sa symbologie n’est donc pas la représentation abstraite de concepts philosophiques mais un message qui parle à notre âme, qui stimule profondément une empathie indéfinissable.

C’est pourquoi j’aime l’acacia, ses belles feuilles, simples, humbles, sincères. J’aime sa vitalité et sa vigueur, l’espoir éternel qu’il émane, sa continuation de vie toujours, espérant des succès toujours plus heureux dans notre long voyage vers la Lumière.

15/06/22 : Bartholdi vous invite « Au théâtre ce soir » !

« Les trois coups au théâtre », tel est le thème de la 8e conférence publique et gratuite de la Respectable Bartholdi N° 500, Loge Provinciale de Recherche, Cercle Villard de Honnecourt Provincial en Provence.

Mercredi 15 juin 2022 à 19h, au Temple de La Garde, ladite Loge vous prie d’assister à une formidable représentation.

Au théâtre, comme si vous y étiez… La sonnerie retentit, vous êtes installés confortablement, les trois coups résonnent et le rideau s’ouvre…

Le brigadier

Le conférencier d’un soir est Philippe Vidal, artiste reconnu aux talents et pratiques artistiques multiples. Comédien, puis auteur de pièces, scénariste, metteur en scène, directeur artistique sur de prestigieuses scènes régionales et nationales, il vous contera le pourquoi du comment des trois coups au théâtre, de sa symbolique, de ses superstitions et sa démarche initiatique !

« Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle. » William Shakespeare (1564-1616), « The Merchant of Venice ».

Illustration : Le portrait Chandos est l’un des rares portraits de Shakespeare considéré comme authentique.

Infos pratiques : Mercredi 15 juin 2022, à 19 heures

Grande Loge Nationale Française – Grande Loge Provinciale de Provence/Temple de La Garde,64 rue Cugnot 83130 LA GARDE

Conférence publique gratuite et ouverte à toutes et à tous/Ticket repas en vente sur place : 20 €

Pour tous renseignements : Henri Couilliot : henri.couilliot@orange.fr

Dominique Didier : didier.dominique@icloud.com

23/06/22 : Conférence sur « Sir John Throckmorton » au Freemason’s Hall de Londres

Nous vous invitons à prendre connaissance de l’annonce des « June Lectures » faite par Ric Berman* ce lundi 6 juin 2022 aux Quatuor Coronati Circle (membres correspondants de Quatuor Coronati).

« Juste un petit rappel que notre prochaine réunion est le jeudi 23 juin, à 16h00 au FMH** à Londres, où David Peck présentera sa communication : « Sir John Throckmorton : Un franc-maçon catholique dans l’Angleterre du XVIIIe siècle. »

Nous espérons que vous pourrez vous joindre à nous. L’article de David peut être lu en ligne avant la réunion et si vous avez des questions ou des commentaires pour la publication dans AQC, veuillez les envoyer à editor@quatuorcoronati.com.

Paul Calderwood prendra la parole quelques jours plus tard, le 28 juin, à la Berkshire Lodge of Enlightenment à Sindlesham, près de Reading : « As we were seen – La presse et la franc-maçonnerie ». Tous les membres du CQOC sont invités à y assister. Cliquez sur les liens pour la convocation et le formulaire d’inscription.

Les conférences données par d’autres membres de la QC Lodge au Royaume-Uni et à l’étranger sont listées ici, et le programme actuel de la QC Lodge pour 2022 est ici.

Nous sommes impatients de vous voir.

Avec nos chaleureuses salutations fraternelles et nos meilleurs vœux. »

En savoir + : www.quatuorcoronati.com

Quatuor Coronati Lodge N° 2076

Plus ancienne des Loges de recherche [NDRLR : la seconde fut celle de la GLNIR la RL « Saint Claudius » N° 21], Quatuor Coronati Lodge a été constituée à la demande de neuf francs-maçons, dont l’historien Robert Freke Gould. La Grande Loge Unie d’Angleterre lui accorde sa patente constitutive le 28 novembre 1884, avec le numéro 2076, mais elle ne tient sa première réunion que le 12 janvier 1886, son premier président, colonel de l’armée anglaise, ayant été envoyé en mission en Afrique. Son nom évoque celui des quatre Saints couronnés, patrons des maçons, mentionnés en 1390 dans le manuscrit « Regius ».

Pour mémoire, les quatre couronnés furent Sévère, Séverin, Carpophore et Victorin qui, par l’ordre de Dioclétien, furent fouettés à coups d’escourgées de plomb – fouet fait de plusieurs lanières de cuir – jusqu’à ce qu’ils en moururent…

*Nous devons notamment à Ric Berman « The Foundations of Modern Freemasonry – The Grand Architects – Political Change and the Scientific Enlightenment, 1714–1740 » (Eastbourne: Sussex Academic Press, 2012).

**Le Freemasons’ Hall (FMH) de Londres est un bâtiment situé sur Great Queen Street – au 60 – entre Holborn et Covent Garden. Il est le siège de la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) et du Suprême Grand Chapitre des Maçons de l’Arche Royale en Angleterre.

20/06/22 : GLMN-GLIFF s’unissent dans le Var pour une Tenue commune exceptionnelle

Aleph de la Grande Loge Initiatique Féminine Francophone, Lumière & Bienveillance, Fraternité et Étoile du Matin de la Grande loge Mixte Nationale s’associent le 20 juin 2022 pour une tenue commune exceptionnelle au 1er degré à l’occasion de la Saint-Jean d’été.

Les travaux sont ouverts au 1er degré.

La Grande Loge Initiatique Féminine Francophone et la Grande Loge Mixte Nationale ont signé un traité d’amitié et de double appartenance, il y a 5 ans. Depuis, les intervisites sont régulières. C’est la première fois qu’une Tenue commune est organisée entre les deux Obédiences.

Présentation des Obédiences

La Grande Loge Mixte Nationale est une obédience mixte sous forme de Fédération de Loges qui permet de faire un choix entre loges masculines, féminines ou mixtes. En octobre 2021, elle recense 112 loges rassemblant 1500 membres. Ces ateliers pratiquent des rites différents, tel le Rte Écossais Ancien et Accepté (REAA), le Rite Écossais Rectifié mixte ou non (RER), le Rite Opératif de Salomon (ROS), le Rite Français, le Rite d’York, le Rite Émulation, et différents Rites Égyptiens (RAPMM, RM, RPMM). La Grande Loge Mixte Nationale détient les patentes de tous les rites pratiqués dans ses loges.

La Grande Loge Initiatique Féminine Francophone, Fortes de leur parcours initiatique au sein de la Grande Loge Féminine de France, un certain nombre de sœurs ont décidé de fonder une nouvelle obédience plus spécifiquement vouée à la recherche spirituelle s’appuyant sur les traditions initiatiques qui constituent le fondement de leur pratique maçonnique. 

Porteuses de la tradition reçue et conscientes de leur devoir de transmission, elles accueillent de plus en plus de sœurs ou de profanes désireuses de retrouver ou de trouver un cadre de recherche serein et bienveillant, dépourvu de contraintes fonctionnelles et entièrement voué à l’initiatique.

Parce​ que la démarche initiatique repose sur une intimité partagée, selon elles, les franc-maçonnes de la Grande Loge Initiatique Féminine Francophone, considèrent que la gouvernance de la loge doit être assurée par d’autres femmes, pour une meilleure imprégnation de la méthode maçonnique.  

Pour autant, leurs travaux sont partagés sans réserve avec les frères et les sœurs des autres obédiences.  C’était il y a 5 ans déjà.