Arnaud de l’Estoile – Préface Michel Gaudart de Soulages
Éditions Télètes, 2022, 142 pages, 20 €
Un compte rendu que nous devons à notre Frère Yann Gontard*
Arnaud de l’Estoile, diplômé de la Sorbonne et du Conservatoire national des arts et métiers, est un spécialiste de l’ésotérisme et des sciences occultes. Auteur de plusieurs ouvrages, il nous livre, ici et maintenant, la première biographie de Robert Ambelain (1907-1997), personnage emblématique du milieu ésotérique français au XXe siècle. Ce dont le préfacier, Michel Gaudart de Soulages, XIIe Grand Hiérophante, se félicite.
À partir de 1936, Robert Ambelain publie de nombreux livres et articles qui ont trait à l’astrologie, au gnosticisme, à la cartomancie, à la kabbale, à l’alchimie, au symbolisme, à l’hermétisme, à l’occultisme, à l’illuminisme, à l’ésotérisme et à la Franc-Maçonnerie. Son livre le plus abouti semble êtreDans l’ombre des cathédrales(Éd. Adyar, 1939) préfigurant sa démarche initiatique. Il est aussi considéré comme un historien contestataire remettant en perspective certains faits historiques, notamment autour de Jésus-Christ, Philippe IV dit « le Bel », Louis XVII, Bonaparte ou Hitler.
Mais il contribue surtout à maintenir puis à développer la Franc-Maçonnerie dans ses différents courants pendant et après la Seconde Guerre mondiale. En étant élevé aux plus hauts grades de Memphis-Misraïm, du Rite Écossais Ancien et Accepté, du Rite Écossais Rectifié, de la Stricte Observance Templière ou du Rite Priméval Suédois, il portera haut les fonctions de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, Grand Profès, Réau-Croix mais aussi de Rose-Croix d’Orient. Il réveille, en 1942, l’Ordre des Élus Coëns et devient Grand Maître mondial de l’Ordre Martiniste Initiatique (OMI) en 1968. Il réveille également l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix et fonde notamment, en 1953, le cercle ésotérique de l’Église Gnostique Apostolique.
Robert Ambelain était un homme controversé, au caractère bien trempé, charismatique, ne redoutant pas le conflit, souvent salué, mais également décrié, auteur d’une œuvre abondante et assumant ses convictions. Il se considérait comme occultiste, martiniste, Maçon, templier, kabbaliste et gnostique. Une belle personnalité à découvrir à une époque où il était compliqué d’assumer de telles responsabilités ou idées. L’annexe nous offre repères chronologiques, liste des publications de Robert Ambelain et bibliographie.
*Âgé de 57 ans, Yann Gontard est membre de la Grande Loge Nationale Française. Après entre autres, un Executive MBA HEC Paris, Yann GONTARD, qui a toujours travaillé dans l’immobilier à des fonctions financières, fonde ensuite le Groupe Gontard comprenant plusieurs structures spécialisées et opérationnelles. Nous lui devons un « Journal d’un aventurier des temps modernes – Tome 3, Le Sud-Est asiatique. Et moi, et moi, et moi » (La Compagnie Littéraire, 2021).
Retrouvez sur 450.fm la dernière interview de Robert Ambelain https://bit.ly/3FWsuV9 ainsi que l’interview d’Arnaud de l’Estoile, historien et auteur, spécialisé dans l’étude de l’ésotérisme et des sciences occultes (Magie, Alchimie, Kabbale, etc.) https://bit.ly/39wfbyz
Un communiqué de la commission Droits de l’Homme et Laïcité du DROIT HUMAIN
Contestation du droit à l’avortement, remise en cause du droit à la contraception, injonction à couvrir le corps des femmes, différenciation des droits des femmes selon leur « culture d’appartenance », nous assistons à une remise en cause du processus d’émancipation des femmes partout dans le monde. Ce retour du conservatisme s’appuie sur les traditions les plus obscures des religions mais aussi sur le « féminismewoke » et la complaisance d’élus à l’égard de groupes de pressions.
Le contrôle du corps des femmes est aussi ancien que la domination masculine elle-même, tout entière tournée vers un objectif central, le contrôle de la maternité. Ce contrôle s’exerce selon des modalités particulières dans les différentes civilisations mais a toujours pour but de maîtriser la sexualité féminine. Les pratiques coutumières des sociétés les plus diversifiées se sont attachées à codifier les modalités du contrôle. Quant aux religions, en particulier les trois religions monothéistes mais pas seulement, elles ont servi à sacraliser les processus de domination à travers lesquels s’exerce le contrôle patriarcal. Religions et coutumes étroitement mêlées, l’une renforçant les autres, ont ainsi édifié des appareils normatifs de domination. Les trois monothéismes ont tiré de la différence biologique une naturalisation et une hiérarchisation de la différence sociale.
Contester une tradition rétrograde, ce n’est pas renier ses racines, mais distinguer les registres d’existence en évitant de confondre la fidélité à une culture et l’asservissement à un pouvoir.
La Fédération Française du DROIT HUMAIN, de par son histoire et ses fondements, ne peut accepter toute remise en cause de l’émancipation des femmes. L’idéal universaliste qui nous anime ne saurait s’accommoder de revendications identitaires visant à soumettre le corps des femmes.
Comme le soulignait Maria Deraismes il y a plus d’un siècle :
« L’infériorité des femmes n’est pas un fait de nature, c’est une invention humaine, une fiction sociale ».
De notre confrère argentin lanacion.com.ar – Par Mariano Chaluleu
La franc-maçonnerie argentine a été fondée le 11 décembre 1857. Depuis cette date jusqu’à aujourd’hui, elle a réussi à capter l’attention et la curiosité de nombreuses personnes. Il y a toujours eu des raisons de vouloir en savoir plus sur eux et sur le déroulement de leurs réunions et de leurs rites d’initiation secrets, mais il y a eu des obstacles : une grande partie de ces informations a toujours été réservée aux membres. Même si certaines choses ont changé.
Ce secret a été équilibré ces derniers temps. Certaines de leurs activités ont été externalisées. De plus, les francs-maçons sont aujourd’hui engagés dans une ouverture énergique avec des politiques visant à incorporer autant de membres que possible. Maintenant, tout d’abord, pour rafraîchir quelques concepts : que sont les maçons ? Que font-ils? Y a-t-il de nombreuses exigences pour faire partie de votre institution?
Il existe une manière brève – mais simple – de répondre à ces questions :
Il s’agit d’une fraternité internationale pour hommes (bien que certaines loges autorisent désormais les femmes) ouverte à toutes les races et religions.
Ses membres se réunissent deux fois par semaine pour discuter de divers sujets, tels que la philosophie, la société, la politique et la science (c’est ce qu’on appelle «travailler»).
Il y a trois conditions pour être franc-maçon : croire en l’existence d’un « grand architecte de l’univers », avoir 18 ans ou plus (varie selon les pays) et ne pas avoir de casier judiciaire.
Son espace a toujours ouvert les portes aux personnes curieuses, éduquées et proactives. Mais il y a une opinion collective qui les assimile aux obscurs, voire aux sectes. Par conséquent, beaucoup pensent que le revenu est presque impossible. En fait, ce n’est pas le cas. Au moins en Argentine, son équipe de communication reçoit environ un millier de messages de demande par mois. Et répondre à tout le monde. «Beaucoup de gens nous écrivent juste pour voir ce qui se passe. Peut-être qu’ils ont peur quand nous répondons ; mais nous avons répondu », raconte un membre franc-maçon de LA NACION.
Dans notre pays, la direction actuelle expérimente tous les éléments nécessaires du XXIe siècle, tels que la technologie, la présence sur les réseaux sociaux et l’offre d’un rôle de premier plan aux plus jeunes. En fait, à huis clos, ils ne s’attendaient pas à ce que, à la suite de l’entrée des nouveaux groupes d’âge, l’âge moyen de cette société en Argentine ait été réduit de près de moitié.
La Grande Loge d’Argentine des Maçons Libres et Acceptés est située au 1242, rue Perón. Historiquement, très peu d’Argentins ont pu visiter son intérieur, mais, récemment, son adresse a rejoint des événements tels que « La Nuit des Musées ». Aujourd’hui, les portes de la franc-maçonnerie sont plus ouvertes que jamais.Claudio Larréa
Démographie stupéfiante
Dans notre pays, il y a environ 400 loges, et la Grande Loge d’Argentine des Maçons Libres et Acceptés, située à quelques mètres du Théâtre Colón, est la fédération de toutes celles qui se trouvent sur tout le territoire national. Sa référence maximale, Pablo Lázaro, le ramène sur terre avec une analogie avec le football : « Chaque loge a ses autorités. Si chacun d’eux était un club de football, ceci (la Grande Loge) est l’AFA ».
Lázaro, qui est un ingénieur système spécialisé dans la cybercriminalité, a été élu Grand Maître en 2020. Le poste, un rêve pour de nombreux affiliés, dure depuis 3 ans et a été présidé par des hommes importants tels que Bartolomé Mitre et Domingo F. Sarmiento. La liste des maçons illustres en Argentine et dans le monde est surprenante : Franklin D. Roosevelt, Neil Armstrong, Leandro Alem, José de San Martín…
Chaque loge est différente. Dans certaines,ses membres ont un profil orienté vers les sciences politiques ; dans d’autres, vers la technologie ; il y en a avec des personnes spécialisées dans des sujets éclectiques et certaines peuvent même avoir des francs-maçons qui se consacrent exclusivement à débattre de la musique classique ou de questions philanthropiques. L’éventail des sujets abordés lors des réunions (qu’ils appellent « tenues ») est infini et surtout varié. C’est pourquoi, lorsqu’on est accepté, ils reçoivent la recommandation d’aller dans telle ou telle loge : celle qui convient à chaque profil.
Pablo Lázaro est le plus jeune Grand Maître de l’histoire de la franc-maçonnerie argentine. Le jour, il travaille comme ingénieur système. La nuit, il consacre toute son énergie à ses tâches maçonniques. Son fauteuil a déjà été occupé par des hommes comme Bartolomé Mitre et Domingo Faustino Sarmiento.
L’âge minimum pour participer est de 18 ans. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Lázaro explique qu’en 2008, un processus de réformes et de nombreux changements ont commencé. L’une d’elles était d’égaliser l’âge minimum d’entrée avec l’âge minimum établi par la loi argentine pour l’émancipation. L’effet a été inattendu : « Il y a eu une baisse substantielle de l’âge moyen. En 2008, la moyenne était de 50 ans. Aujourd’hui nous avons des garçons de 22, 23 ans qui occupent des postes de présidents de loges. C’est-à-dire qu’ils entrent à partir de 18, 19 ans ».
Que Lázaro lui-même ait moins de 50 ans et soit déjà la plus haute autorité est le reflet de ce qu’il raconte. Mais ce n’était pas le seul effet des nouvelles politiques : il est intéressant de voir ce qu’il est advenu du poste des nouveaux arrivants. Historiquement, beaucoup de ceux qui se sont joints l’ont fait sur la recommandation d’un franc-maçon connu. « Il y a des jeunes qui viennent connaître leurs parents ou leurs grands-parents. Mais ils ne sont pas majoritaires. Récemment, il y a eu une grande approche de la politique des réseaux sociaux et du changement d’âge. Des personnes de différentes classes sociales et de différentes carrières universitaires s’y joignent.
« Nous donnons des conférences une fois par mois sur divers sujets, tels que la loi sur l’avortement, la loi sur l’euthanasie et d’autres questions d’actualité. Beaucoup sont attirés par la méthode du débat maçonnique et veulent en savoir plus »
Que faut-il faire pour être maçon ?
En entrant dans la Grande Loge, on peut aller dans différentes directions. Si vous choisissez de monter les escaliers, la vue sera la même que sur cette image. L’espace circulaire est une salle à mi-chemin de l’auditorium principal. L’étoile, qui est au plafond et reproduite au sol, représente « l’homme primordial ». Ses cinq pointes font allusion à la symbolique du 5, le chiffre du « microcosme ». Il convient de préciser qu’en franc-maçonnerie, les symboles ont plus d’une signification.Claudio Larréa.
-Grand Maître, sur le site de la Grande Loge on peut envoyer une candidature. Comment fonctionne le processus et quelles conditions doivent être remplies pour entrer?
-On assiste d’abord à trois entretiens. Ce processus est appelé « l’équilibre ». Vous avez un premier rendez-vous, une conversation autour d’un café avec un premier intervieweur. Au total il y en a trois, où ces trois personnes ne savent pas que les deux autres vont vous interviewer. L’objectif est que chacun fasse un rapport indépendant. Chacun émet son rapport et c’est là qu’il procède au vote : un scrutin est effectué sur la base de l’avis des enquêteurs et vous êtes recommandé à cette loge. Après le temps, votre date de début est communiquée.
-Combien de candidatures recevez-vous par mois au niveau national ?
-Entre 1000 et 1500 candidatures. Ensuite, nous admettons environ 150, 200 par mois. Beaucoup écrivent peut-être uniquement par intérêt. D’autres nous contactent pour voir si nous leur prêtons attention, et oui, nous leur prêtons attention.
Faut-il être religieux pour être franc-maçon ? Doit-on croire en un « Être Supérieur » ?
-Croire en un être supérieur, c’est relatif, c’est d’une autre époque. Nous avons défini depuis de nombreuses années que l’exigence est de croire en un « grand architecte de l’univers » ; c’est-à-dire quelque chose qui est considéré comme supérieur à un. Cela peut être une religion que nous connaissons. Ou aussi quelque chose d’autre que vous considérez comme supérieur, comme la « raison humaine », par exemple.
Le compas et l’équerre sont une sorte d’isotype de la franc-maçonnerie car c’est le symbole le plus répandu. Beaucoup le voient et savent ce qu’il représente, bien qu’ils ignorent sa signification. Le carré représente la rectitude, tant dans la manière d’être que dans les affaires intérieures, intimes de chacun. La boussole représente la bonne distance entre les choses : les gens, les idées. Le symbole est une métaphore éthique.Claudio Larréa.
– Le nombre de francs-maçons a-t-il augmenté en Argentine ?
-Nous avons quintuplé le nombre de membres. En 2008, il y avait 2 200 francs-maçons actifs dans le pays. Aujourd’hui, nous en avons plus de 10 000. De plus, il y avait 14 provinces sans franc-maçonnerie, mais aujourd’hui nous sommes présents dans toutes les capitales provinciales et dans de nombreuses autres villes.
– Est-ce cohérent avec ce qui se passe dans le monde ? Les adhésions augmentent-elles partout ?
-Ça dépend… Il y a des endroits où ça a beaucoup remonté. Par exemple, dans une grande partie de l’Europe… La franc-maçonnerie en Espagne, sous le régime de Franco, a été décimée. C’est pourquoi il est relativement nouveau maintenant. Cependant, dans d’autres pays, il reste avec beaucoup de croissance. Comme au Brésil, où c’est fou : il y a des centaines de milliers de membres là-bas. L’Uruguay en compte également beaucoup. Au Paraguay, le nombre a augmenté. Mais cette augmentation n’est pas une tendance partout : au Pérou, le montant a été fortement réduit.
Voyage dans le passé
Pour le Grand Maître Lázaro « l’histoire argentine serait mieux expliquée avec la composante franc-maçonnerie ». De cela, il est sûr. Et il l’argumente avec un détail sur la bataille de Pavón.
Revenons en arrière : le 17 septembre 1861, les forces de la capitale, dirigées par Bartolomé Mitre, affrontent les forces de la Confédération argentine, commandées par le général Justo José de Urquiza. A un certain moment, Urquiza retira ses troupes. Plusieurs historiens ont eu du mal à comprendre pourquoi il l’a fait : Urquiza avait la supériorité numérique et était sur le point de vaincre Mitre. Cela s’appelait le « Mystère de Pavón ».
Lázaro dit qu ‘ »en réalité, il n’y avait pas de mystère », puisque les deux (Urquiza et Mitre) étaient des maçons, et ont été forcés par le Grand Maître de l’époque, José Roque Pérez, de cesser la bataille et d’utiliser des méthodes maçonniques de débat. , qui interdisent la violence : « Cela explique pourquoi Urquiza s’est retournée et est partie. »
Des divergences avec l’Église
-Sandro Magister, expert de l’actualité religieuse pour le magazine italien L’Espresso, a assuré que la franc-maçonnerie est la « bête noire » du pape François. Quelle est votre relation avec l’Église?
-Nous n’avons pas de mauvaises relations avec Francisco, et nous n’en avons pas eu pendant qu’il était ici. La franc-maçonnerie tout au long de son histoire n’a pas été antireligieuse, comme beaucoup le disent, mais à certains moments de son histoire, elle a été anticléricale, c’est-à-dire qu’elle s’est opposée au corps politique de l’Église catholique. Et nous sommes une institution qui défend la laïcité. Par conséquent, lorsqu’une religion essaie d’avancer de la foi dans une question publique, nous exprimons notre voix.
Le tableau, dont l’auteur est inconnu, est un « pot-pourri », selon un membre de la Grande Loge. A gauche se trouvent la « lumière », la connaissance et la justice. À droite, le chaos, représenté par une mer déchaînée et des navires qui coulent. Le tableau est situé au-dessus de la porte d’entrée, c’est-à-dire le point le plus éloigné de la scène principale. C’est pourquoi la lune est levée. « Représente l’obscurité et la distance avec la lumière et la sagesse. » Au fur et à mesure que l’on se dirige vers la scène principale, où siège le Grand Maître, la couleur du plafond prend plus de lumière, au point d’avoir un soleil radieux.Claudio Larréa
-Un exemple contemporain?
-Dans le décret de laïcisation des cimetières , dans la loi sur le divorce, dans la loi sur l’avortement [bien que, lors de leurs entretiens privés, tous les membres de la Grande Loge n’étaient pas favorables à la loi sanctionnée en janvier 2021, une large majorité souhaitait la faire passer].
-Sont-ils en désaccord avec l’Église?
– Je ne dirais pas que nous sommes en conflit avec l’Église ; en fait, il y avait des papes maçonniques, comme Jean XXIII. Mais on ne peut pas non plus cacher qu’il y a un problème, car nous sommes excommuniés de l’Église catholique. Je vous dirais que le problème est entre l’Église et la franc-maçonnerie, et non l’inverse.
Le Grand Maître Lázaro est assis sur sa chaise avec son tablier. Le tablier est un élément clé pour le travail. Et les Maçons viennent « du travail » : en effet, le mot « maçon » vient du français « maçon » (ouvrier).Ignace Sanchez.
-Y a-t-il des Francs-maçons dans la politique argentine aujourd’hui ?
-Oui, bien sûr, en politique aujourd’hui et dans le passé. Mais cela ne veut pas dire que la franc-maçonnerie appelle un président et lui dit « Che, donne-moi un ministre ». Non, ça n’arrive pas. Mais il y a des frères qui, en raison de leurs propres mérites ou à cause des partis politiques auxquels ils appartiennent, occupent des espaces.
-Y a-t-il des francs-maçons dans l’actuel Cabinet de la Nation ?
-Actuellement non, mais le ministre Mario Meoni l’était. [Il a été ministre des Transports dans le gouvernement d’Alberto Fernández. Il est né le 22 janvier 1965 et décédé le 23 avril 2021 dans un accident de voiture].
Ce cercueil est utilisé pour les « vêtements funéraires ». Il correspond à une cérémonie qui a lieu chaque année et est ouverte au public. Il est organisé en hommage à tous les francs-maçons décédés cette année-là et leur famille et leurs amis sont invités.Claudio Larréa
Le « jour » des maçons se fait la nuit , lorsqu’ils développent leurs idées . « Beaucoup de gens se demandent pourquoi il est fermé lorsqu’ils y passent pendant la journée. C’est parce que nous travaillons », dit Lázaro. Les réunions durent généralement trois heures et comprennent souvent un dîner. Là, celui qui veut exprimer ses idées doit arriver avec un travail préalablement écrit et avec une idée claire. Une fois à l’intérieur de l’auditorium, les règles sont simples : il faut se lever et parler.
L’auditorium principal, où des réunions importantes ou des événements spécifiques sont organisés. Les réunions hebdomadaires ont généralement lieu dans des auditoriums équivalents à celui-ci, bien qu’un peu plus petits.Claudio Larréa
Il n’y a qu’un élément à retenir : vous ne pouvez participer que si vous allez vous exprimer en faveur du mémoire présenté par la première personne à s’exprimer. En cas de désaccord, un document complet doit être préparé et l’autre vision présentée lors d’une autre session. « L’un des objectifs de ces débats est que ceux qui y participent puissent atteindre ‘la lumière’, c’est-à-dire le plus haut niveau de connaissance », explique Lázaro.
Y a-t-il des affaires entre les maçons ? « Bien sûr », répond-il. « Mais ce sont des choses qui arrivent avec le temps… Ce n’est pas parce que vous êtes franc-maçon que la fin est de faire des affaires. Vous pouvez en profiter dans le bon sens.
-Tu peux parler de tout ou y a-t-il des sujets interdits ?
-Tout est permis. La limite est toujours la loi, bien sûr. Nous essayons d’éviter la politique partisane. Je reviens à l’allégorie du foot : on peut parler de la longueur du terrain, si le double jaune est rouge, si deux mi-temps de 45′ c’est bien… Ce qu’on ne peut pas faire c’est porter un jugement de valeur sur Racing, River ou Boca . Vous pouvez parler de politique, tant qu’il n’y a pas de passions qui ne s’additionnent pas.
Concernant ce dernier, Lázaro ajoute que de nombreuses personnes politiquement actives profitent des réunions pour discuter d’éventuels projets de loi. Il conclut, avant de se précipiter en urgence à une réunion : « La franc-maçonnerie est un grand simulacre. »
Vendredi 27 mai 2022 à 19 heures, Pierre-Marie ADAM, Grand Maître de la GLDF donne une conférence publique sur le thème « Franc-maçon à la Grande Loge de France au 21e siècle »
Le Grand Maître de la Grande Loge de France poursuit son cycle de conférences publiques dans toute la France afin de faire connaitre la Franc-Maçonnerie, ses buts, ses moyens, ses attentes et les spécificités de la Grande Loge de France https://www.gldf.org/
À cette occasion, le public souvent interrogatif au sujet de la Franc-maçonnerie trouvera une opportunité rare de mieux connaître les actions et les enjeux de cette Obédience dont le cœur de projet est l’Humain dans le déploiement de toutes ses facultés.
La Halle aux sucres, Lille
Renseignements pratiques :
Vendredi 27 mai 2022 à 19 heures/Entrée libre et gratuite/Salle Polyvalente de la Halle aux Sucres – 1, rue de l’Entrepôt – 59000 LILLE (entrée rue de l’Entrepôt)
Implantation et développement de l’Ordre Maçonnique Mixte Le Droit Humain dans la région Est – Tome I 1904-1990
François Mercier, Jacques Heidenreich, Michel Meley, Martine Mercier – Conform édition, 2022, 456 pages, 39 € (en avant-première et quantité limitée + frais de port Colissimo 15 €)
Présentation de l’éditeur :
Remarque : Un beau-livre en expédition uniquement France métropolitaine
Le cadre : les régions Grand Est, Bourgogne et Franche Comté.
L’Histoire : de 1910 à nos jours, l’implantation et le développement dans ces régions des loges de l’Ordre Maçonnique Mixte International, LE DROIT HUMAIN, première obédience maçonnique mixte créée en1893. Il y a un siècle et plus !
Des premières implantations à Auxerre et à Nancy au printemps 1910 à la vie des 100 ateliers de la région Est de la Fédération Française en 2022, les auteurs nous font vivre de l’intérieur la genèse, la création, les premières années de vie de ces ateliers en replaçant l’ensemble de leur histoire dans le contexte national maçonnique, mais aussi politique, économique, culturel et social des années traversées.
Malgré les ravages de deux guerres mondiales et les drames humains dûs aux différentes crises économiques du 20ème siècle, les Francs-Maçons du Droit Humain alsaciens, bourguignons, champenois, francs-comtois et lorrains, à l’image du Phénix, ont toujours su se relever, ramasser les outils tombés à terre et reprendre le chemin de la construction de l’Œuvre.
Ce premier volume couvre la période 1904-1990, des premiers signes de vie du DROIT HUMAIN dans la région Est à 1990.
Il sera suivi d’un deuxième volume décrivant la vie des cent Frères et Sœurs, connus, méconnus ou inconnus qui ont été les acteurs majeurs de cette histoire. Le troisième reprendra l’histoire des ateliers de 1990 à nos jours
Les auteurs, François Mercier, Michel Meley, Jacques Heidenreich et Martine Mercier sont membres de la Fédération Française du DROIT HUMAIN depuis plusieurs décennies. Ils y ont exercé et y exercent encore des responsabilités régionales, nationales voire internationales.
[NDLR : Ce très bel ouvrage au format A4 et pesant pas moins de 2 kilos s’ouvre avec deux préfaces : l’une du Très Puissant Grand Commandeur de la Fédération Française l’Ordre Maçonnique Mixte Le Droit Humain, la Très Illustre Sœur Claudine Fadet, l’autre Grand Maître National de la Fédération Française, la Très Respectable Sœur Amande Pichegru soulignant l’importance de savoir d’où les Sœurs et les Frères viennent depuis la création de l’Ordre Maçonnique Mixte International fondé en 1893.
Dans l’introduction, les auteurs précisent qu’ils sont tous membres du Droit Humain depuis plus de 25 ans et engagés dans les Ateliers de l’Est de la France. Leur « Grand Est » regroupant bien plus que l’entité administrative éponyme puisque regroupant l’Alsace, la Lorraine, la Champagne-Ardenne, la Bourgogne ainsi que la Franche-Comté. Une répartition géographique dite région 2 dans la terminologie fonctionnelle de la Fédération Française. Deux cartes venant étayer leurs écrits, celle de la région Est avant 1969 et celle actuelle. Nous constatant d’ailleurs que le livre est abondamment illustré.
L’histoire scientifique, fondée sur des sources documentaires soumises à une étude critique, confrontées entre elles et exploitées selon des règles rigoureuses a permis à ses huit mains de nous offrir un premier tome de l’histoire, en région, d’une grande Obédience dont la spécificité est le travail en mixité, hommes et femmes fraternellement unis, sans distinction d’ordre social, ethnique, philosophique ou religieux.
Puisant aux meilleurs sources – archives de l’Ordre –, la science historique peut difficilement se soustraire à l’emploi de la chronologie, à l’élaboration d’une périodisation. C’est le plan choisi pour aborder comment Le Droit Humain s’est implanté et propose, encore et toujours, aux Sœurs et Frères, de travailler ensemble à leur propre perfectionnement et au progrès de l’humanité, aujourd’hui pour demain.
C’est donc à partir des années 1900 que sont étudiée les débuts du Droit Humain dans une période de fortes tensions internationales et dans le contexte national. Le paysage maçonnique de l’est de la France y est dressé en 1910, prenant en compte tout le contexte maçonnique de l’époque. Les auteurs passent en revue le contexte général de l’après-guerre, de ces déséquilibres et tension et analysent aussi comment l’Ordre se structure et s’affirme, prenant en compte les relations avec les autres Obédiences. Un chapitre intéressant révèle comment créer une loge en 1920… Les autres chapitres citent et recensent et détaillent les différentes Loges dans les différents Orients – Auxerre, Strasbourg, Besançon, Lons-le-Saunier, Chaumont, Reims, Saint-Dié, Épinal, Dijon, Sens, Bar-le-Duc, Colmar, Mulhouse. La période de consolidation allant de 1970 à 1981 ainsi que les métamorphoses des années quatre-vingt puis l’essor ensuite permettent de mieux comprendre la belle expansion du Droit Humain.
Avant la conclusion, illustrée par une enluminure représentant un Phénix renaissant de ses cendres, posant aussi comme un rappel toutes les valeurs fondamentales du Droit Humain, le dernier chapitre s’interroge sur comment faire vivre la Maçonnerie.
Nous apprécions particulièrement la table des cartes qui permet de dresser un tableau dans la région Est du Droit Humain, de l’origine à 1990. Car lire une carte, c’est déjà imaginer la physionomie et le caractère d’une région et ainsi mesurer l’expansion de ladite Obédience en marche vers l’avenir.
L’ouvrage s’achève avec une bibliographie sommaire, des remerciements, un glossaire des termes maçonniques, une liste alphabétique des abréviations, un index comprenant des noms propres et des noms de lieux ainsi que celui des Ateliers.
Des quatre auteurs que sont François Mercier, Jacques Heidenreich, Michel Meley et Martine Mercier, Michel Meley est le plus connu.
En effet, il a été initié il y a plus de 30 ans, à Metz, par la Loge « L’Arche d’Alliance » de l’Ordre Maçonnique Mixte et International Le Droit Humain et a, depuis, présidé différents Ateliers ainsi que le Conseil National de la Fédération Française de l’Ordre. Par ailleurs, il est l’auteur de La franc-maçonnerie-Ce qu’il faut en savoir (L’Harmattan, 2016), un ouvrage clair et didactique s’adressant au grand public en recherche d’une connaissance de la Franc-maçonnerie en général et du Droit Humain de France en particulier, hors des idées reçues, des préjugés et stéréotypes. Y trouvant déjà une histoire succincte de la Franc-maçonnerie, ses rapports avec le compagnonnage, la naissance de la mixité, les principes maçonniques, la démarche initiatique, le travail en loge… De quoi œuvrer, chacun à sa mesure, au progrès de l’Humanité.]
Tel était le thème de la réflexion et des échanges organisés par le CENORABG le 13 mai au Havre. Dans le cadre de ses journées d’information, le CENORABG ou le Cercle Normand des Amis de Bernard Guillemain invitait à nouer un dialogue et des échanges sans a priori ni dogmatisme, sur la problématique suivante: « Tradition et Transmission en Franc –Maçonnerie ».
Une quarantaine de participants ont répondu avec zèle, à cette invitation dont la thématique implique tous les Franc-maçons et les Franc-maçonnes. Quels que soient leurs âges et qualités, chacun se sent concerné par le maintien de la voie initiatique que lui offre son obédience et sa juridiction.
Après l’écoute d’une conférence extrêmement instructive et documentée par Dominique Jardin, agrégé d’histoire, sur la démarche de construction des tableaux de loge, sur la portée évolutive des rituels, sur la place des images dans le patrimoine informationnel de la Maçonnerie, l’auditoire s’est ensuite partagé en quatre groupes de travail pour se confronter à la question de l’avenir de la Franc-Maçonnerie à moyen et à long terme.
Pour ce faire, le CENORABG avait retenu d’interpeller son assistance de la manière suivante: quid « des messages et valeurs de la Tradition Maçonnique » ? Est ce que la Franc- Maçonnerie peut être « un fer de lance de la modernité » ? Où en est-on du « Secret et de la transmission spirituelle » ? « De l’Initiation et la Tradition » ?
Eu égard aux nombreuses démissions enregistrées par toutes les institutions maçonniques après ces deux années de pandémie mondiale et une pratique inhabituelle voire controversée, dans le Temple, lieu du Sacré, l’avenir de la Franc-maçonnerie interroge… de fait!
Durant cette période critique, le travail en loges « en présentiel » s’est avéré difficile à maintenir. Si certaines loges ont testé positivement « la visioconférence » pour garder le lien – voire même si elles ont eu le bonheur de retrouver le contact avec des membres inscrits sur le tableau de loge (notamment « des membres que l’on ne voyait plus en loge à cause de l’âge, de l’éloignement ou de la maladie »), la tenue traditionnelle engageant le corps, l’écoute et le langage demeure à l’unanimité le mode de travail à privilégier pour l’élévation de l’esprit et l’expérience d’un collectif éducatif et fraternel.
La technologie numérique reste diversement appréciée et déconcerte encore car elle est bel et bien entrée dans le Temple. Néanmoins pour tous les présents à cette demi journée-bilan, c’est « autour du tapis de loge », que peut se construire et s’épanouir une spiritualité soucieuse de soi et de l’autre dans le cadre d’une Franc-Maçonnerie universelle.
Si à ce jour, avec l’éloignement de la contagion virale de la Covid-19, le travail en loges « repart » et ce, avec beaucoup de contentement, la problématique quant à l’avenir demeure !
Ainsi, au niveau de l’opinion publique, les institutions maçonniques ont la perception que leur image est floue ou controversée. Elles y justifient la difficulté du recrutement actuel de profanes….
En fin de la journée, les rapporteurs des quatre groupes de travail ont validé qu’il existait bel et bien un sentiment de perplexité quant au devenir de la FM, (oui, hélas : bien souvent « mal aimée » à l’extérieur voire « souterrainement » contestée par ses membres quand elle se fragilise elle-même par des manipulations de rituels et des jeux de pouvoir).
Cette perception du réel qu’exprimaient les groupes esquissait quelques pistes pour reprendre le travail sur le chantier, en insistant sur la nécessité présente d’opérer « une conversion du regard »…
Dans la plupart des grandes obédiences, en France, les moyennes d’âge sont plutôt vieillissantes et les seniors s’inquiètent de ne plus trouver à parrainer des membres plus jeunes de leur entourage ou voisinage… Or pour beaucoup un parrainage ou un œil tutélaire bienveillant est « essentiel à la transmissioninitiatique ». Faut-il alors repenser le passage des expériences et des savoirs maçonniques des « Anciens » au service des obédiences pour leur permettre de capitaliser sur une « offre ressources » disponible afin de transmettre, former, guider les entrants sur le rite, à tous les grades ? Des solutions expérimentales à dégager et à suivre au niveau local ?
Face aux turbulences actuelles que traverse le mouvement maçonnique et qui affecte son image sur le champ social, donner également plus d’arguments à toutes les obédiences (déjà à la sienne !) pour se renouveler ou du moins, pour participer à faire connaître à la société une maçonnerie qui se montrerait plus ouverte, foisonnante d’idées de paix et de conciliation. Ainsi l’existence d’une communauté d’esprit pourrait inciter les Frères et les Sœurs à aller avec confiance à la rencontre des représentants du monde profane, philosophes, sociologues, scientifiques ou religieux afin de se situer au-delà des divergences de posture institutionnelle. Un moyen parmi d’autres pour mettre en lumière ce qui en est « de la sagesse philosophique et éthiquede la Franc-Maçonnerie », en général ? Avec quelles conséquences sur le plan du travail en loges ?
Dans le report de ces consultations des participants, des paroles furent récurrentes : celles d’un attachement à la question de l’Être et à son devenir existentiel, (ce qui motive toujours à titre individuel son engagement et sa présence en FM.) Même s’il se doit d’accepter de sortir de ses zones de confort, de revoir ses certitudes ou de faire réviser des dogmes intérieurs au sein de son institution, l’Initié pressent comme un devoir, celui de participer à l’actualisation d’une culture générale en adéquation avec les transformations profondes du monde.
Cette pensée émergente au sein même du milieu maçonnique, aussi intéressante et motivante soit-elle, n’en exigera pas moins de mener en profondeur de plus amples investissements pour que la FM dans toutes ses composantes, attire, rassemble et en même temps puisse présenter à l’humanité « en devenir » le projet d’une spiritualité revivifiée et en harmonie avec l’Être et la Nature.
[SÉRIE] La série qui debunke les idées reçues sur la Franc-maçonnerie de la GLDF est de retour ! Pour son 3e épisode, De Facto s’intéresse à l’une des théories complotistes trop répandues « Les Francs-maçons gouvernent la France… et même le monde ».
Sans rougir Pierre-Marie Adam avoue à 2:50 qu’il contrôle le monde. Enfin, un maçon qui assume. Cela devrait faire jazzer dans les milieux complotistes.
Fort de plus de 1000 publications, avec un logo choisi dans un ouvrage de symbolique égyptienne, la voie semblait toute tracée pour que Dervy s’engage dans le domaine de l’ésotérisme, du symbolisme et de la spiritualité.
Dirigé désormais par Jean-Cyrille Godefroy, Dervy, une marque du groupe Guy Trédaniel, est reconnu par toutes les Obédiences maçonniques comme étant l’éditeur de la Franc-Maçonnerie française, avec des auteurs tels que Oswald Wirth, Jean Tourniac, Paul Naudon, Irène Mainguy, Pierre Mollier, Roger Dachez, ou Jean Hani ou encore René Guénon (1886-1951).
Dervy a souhaité rééditer, à prix abordable, tous les ouvrages du métaphysicien français faisant autorité dans les domaines de l’ésotérisme, du symbolisme et de l’étude comparée des religions.
Édité pour la première fois à Paris chez Bossard en 1927, La Crise du monde moderne a été remaniée – que nous pourrions qualifier d’édition définitive – en 1946 aux Éditions Gallimard et maintes fois réédité notamment chez Nrf, Collection Tradition, toujours chez Gallimard.
René, Jean-Marie, Joseph Guénon (Blois, 1886-Le Caire, 1951) est un auteur incontournable pour qui s’intéresse à l’hermétisme et à la Tradition. Le rayonnement de sa pensée et son influence sur nos contemporains ne laisse personne indifférent.
Pour lui, le but de tout homme est de parvenir à la réalisation spirituelle. Etudiant en mathématique puis en philosophie, il fréquente d’abord les cercles occultistes, spirites, et autres écoles pseudo- initiatique dont il combattra les théories. C’est auprès des maîtres des grandes religions traditionnelles – hindouisme, taoïsme et pour finir l’islam à travers le soufisme, qu’il trouvera en 1912 la source de l’initiation véritable qu’il cherchait.
Au travers ses nombreux travaux consacrés aux spiritualités hindoue, chrétienne et musulmane, il s’efforça toute sa vie de revivifier un héritage oublié et d’éveiller les consciences à l’existence d’une tradition au sens vrai menant à une redécouverte d’un fond commun unissant l’Orient et l’Occident.
Nous lui devons le projet de restauration de la « Tradition », source de la connaissance au sens vrai, qui naît avec le XXe siècle.
Dès 1930, René Guénon se rendit au Caire pour faire des recherches. Il y séjourna jusqu’à son décès, laissant une œuvre dense et profonde composée de 26 ouvrages et de quelques 350 articles. Il choisit la voie du soufisme et adopta le nom de Sheikh ’Abd al-Wâhid Yahyâ (Serviteur de l’Unique) menant une vie simple consacrée à l’étude et au recueillement.
Comme toute pensée traditionnelle et véritable à visée métaphysique, théosophique ou poétique, elle a conduit son auteur à une utilisation très spécifique de chaque mot.
La crise du monde moderne est la suite d’Orient et Occident dont la parution, en 1924, eut un retentissement considérable dans les milieux intellectuels.
Pour René Guénon, qui écrit en 1927 l’un de ses plus célèbres ouvrages, la crise du monde moderne est devenue évidente. Si l’homme moderne est hanté par l’idée de fin du monde, c’est parce qu’il pressent la fin de son monde.
Il nous explique quelle acception il faut donner au mot crise, en fait à prendre et comprendre dans son sens le plus ordinaire, mais avec « l’indice d’une possibilité de redressement de la mentalité contemporaine ». Le monde en question, lui, est donc à « faire remonter l’époque moderne près de deux siècles plutôt qu’on ne le fait d’ordinaire ». C’est-à-dire au « commencement de la désagrégation de la « Chrétienté ». L’auteur constate ainsi que « la Renaissance et la Réforme sont surtout les résultantes, et qu’elles n’ont été rendues possible que par la décadence préalable. » Pour lui, « l’« humanisme », c’était déjà une première forme de ce qui est devenu le « laïcisme » contemporain ».
L’avant-propos pose la problématique et donne ensuite toute latitude à l’auteur de développer, en neuf chapitres, sa thèse. De la crise de la pensée, il donne à penser la crise.
Il montre combien cette civilisation est déviante et s’oppose à la quasi-totalité des civilisations qui l’ont précédée.
Il prend pour point de départ la doctrine hindoue et le Manvantara, qui est une période à l’intérieur de la temporalité cosmique. Il se divise en quatre âges dont le quatrième, l’âge sombre, fait l’objet du premier chapitre. René Guénon n’hésite pas à poser la question : « ne sommes-nous pas arrivés à cette époque redoutable annoncée par les Livres sacrés de l’Inde, « où les castes seront mêlées, où la famille même n’existera plus ? ». Cette phase finale du Kali-Yuga est bien cette période d’obscuration, si ténébreuse où règne la confusion.
Puis de relever une scission entre Orient et Occident. Cette réalité est incontestable. Pour l’Occident, il n’existe qu’une seule civilisation, Europe et Amérique. Quant à l’Orient, la situation est plus complexe car il en existe plusieurs. Ce qui importe, c’est le côté traditionnel de toutes civilisations. Car cette « opposition de l’Orient et de l’Occident n’avait aucune raison d’être lorsqu’il y avait aussi en Occident des civilisations traditionnelles ». Et de nous donner quelques « idées de restauration d’une tradition occidentale ».
En partant d’une tradition atlantéenne, en passant par l’hyperboréenne puis par celle du celtisme, qui sera assimilé par le « Christianisme ». La quête du Graal y occupe une place capitale. Pour Guénon, le Graal est tout à la fois un vase (grasale) et un livre (gradale ou graduale), manière indirecte de nous faire comprendre que la possession du Graal nécessite une réintégration dans l’état édénique, dans le Pardès ou « Centre du Monde ».
Ensuite pour l’auteur, « un des principaux aspects de l’opposition qui existe actuellement entre l’esprit oriental et l’esprit occidental […] celle de l’esprit traditionnel et anti traditionnel […] cette opposition apparaît comme celle de la contemplation et de l’action ». Pour Guénon, contemplation appartient à un groupe dans lequel on retrouve : secret, temple, qui exprime la coupure, le retranchement. Mais l’action est complémentaire de la contemplation. Même si l’action n’a de conséquences que dans son propre domaine, c’est-à-dire que son efficacité s’arrête où cesse son influence. L’Orient conserve une dimension contemplative importante. C’est pourquoi il possède une supériorité à l’égard de notre civilisation de l’agir.
En matière de science, deux conceptions s’opposent aussi « radicalement différentes et même incompatibles », celle de la « conception traditionnelle et de la conception moderne. L’auteur nous livre quelques exemples, comme des illustrations.
René Guénon s’attaque ensuite à l’individualisme qui est « la négation de tout principe supérieur à l’individualité », qui « implique la négation de l’intuition intellectuelle ». Il nous expose donc les effets de l’individualisme dans le domaine de la philosophie, de la religion.
L’aspect social ne l’intéresse que modestement même un chapitre est consacré au « chaos social », permettant ainsi de définir et d’analyser les notions d’égalité, de progrès, et de démocratie.
Le propos de Guénon était d’éviter ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui le « choc des civilisations », en présentant, un Occident en déshérence oublieux de son propre patrimoine spirituel, les richesses d’un Orient largement ignoré, ou défiguré. Comme on l’a dit très justement, ce métaphysicien fut un passeur entre les mondes, un artisan de paix entre des peuples qui se haïssaient faute de se connaître.
À travers son analyse, nous retrouvons toutes nos préoccupations actuelles, en particulier sa critique de la civilisation matérielle de l’Occident. René Guénon, penseur de la Tradition, s’est éteint il y a plus de soixante-dix ans. Ce grand esprit laisse derrière lui une œuvre très riche qui mérite d’être (re)découverte.
Alain-Noël DUBART, Ancien Grand Maître de la GLDF (2009 – 2012)
interviendra sur le thème :
« Devenir Franc-maçon… Pourquoi ? Comment ? »
Alain-Noël DUBART, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France poursuit son cycle de Conférences Publiques dans toute la France afin de faire connaitre la Franc-Maçonnerie de la Grande Loge de France, ses buts, ses moyens, ses attentes et ses spécificités. Il va à la rencontre du public qui s’intéresse et s’interroge sur les opportunités à s’engager en Franc-Maçonnerie.
Information pratiques : Hôtel C Suites – 152, rue Claude Nicolas Ledoux – Parc Hôtelier Ville active