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Lieu symbolique : Notre-Dame du Temple à Pléboulle (Côtes d’Armor)

Sur la route reliant Montbran à Matignon, dans département des Côtes d’Armor (22), à environ 25 km à l’ouest de Dinard, commune de Pléboulle, se trouve le village du temple, où est érigée la superbe chapelle Notre-Dame.

Ce chef-d’œuvre architectural daterait, selon certaines sources, de l’époque des templiers, au XIIe siècle. Haut-lieu de l’histoire religieuse et patrimoniale de la commune, la chapelle Notre-Dame-du-Temple est majestueuse. Les Templiers possédaient aussi une maladrerie à côté de la chapelle, dont il ne reste malheureusement rien.

La chapelle Notre-Dame du Temple, ou encore chapelle de Sainte-Croix, de Pléboulle est l’un des trois vestiges templiers situé à l’entrée de la presqu’île du cap Fréhel, avec la Tour de Montbran et l’église de Plurien qui auraient été fondés par les Templiers de la grande commanderie de Lannouée près d’Yvignac. On ne connait pas la date de la création de la maison de Lannouée. Elle apparait cependant pour la première fois dans une charte datée de 1182 dans laquelle les Templiers se voient confirmer la perception d’une aumône à « Lanhoë ».

Toutefois peu d’éléments objectifs entérinent officiellement la thèse de l’édification templière quant à la chapelle… Notre-Dame du Temple.

En revanche, il est avéré que la chapelle originelle fut considérablement agrandie et rénovée au milieu du XIVe, une expertise du conseil du patrimoine religieux confirmant les gros travaux. L’édifice appartenait alors aux seigneurs de Plancoët et la restauration fut l’œuvre de la famille du Guesclin. Le porche d’entrée est de style ogival et élégamment sculpté. Il est constitué d’une triple voussure terminée de pieds droits, ornés chacun de quatre colonnettes à chapiteau mouluré. Bertrand du Guesclin fit alors graver les armoiries familiales au-dessus du portail d’entrée.

L’écu des Du Guesclin

Deux symboles l’attestent : une targe (bouclier en usage au Moyen Âge) surmontée d’un heaume portant l’aigle à deux têtes de l’écu des du Guesclin*. Le second symbole est le sceau de l’ordre : deux cavaliers sur la même monture. Les vitraux, aux tons chauds et lumineux, sont l’œuvre du maître-verrier de Quintin (Côtes-d’Armor) Hubert de Sainte-Marie (1923-1991), petit-neveu du maréchal Lyautey (1854-1934), premier résident général du protectorat français au Maroc en 1912, ministre de la Guerre lors de la Première Guerre mondiale, puis maréchal de France en 1921, académicien et président d’honneur des trois fédérations des Scouts de France.

Remise de l’épée de connétable à Bertrand du Guesclin. Miniature des Grandes Chroniques de France attribuée à Jean Fouquet, vers 1455-1460, BnF, Fr.6465.

Ce site très prisé des estivants par sa beauté et sa connotation historique possède sur son mur nord un Christ en bois très expressif provenant du calvaire de Rocheaulan. Une statuette en bois peint appelée « Notre-Dame-du-Temple » représente la légende de la bataille de Saint-Cast. Elle est située dans une niche protégée. Ce chef-d’œuvre architectural religieux, remarquable d’authenticité, fait la fierté des Pléboullais.

Gisant de Bertrand du Guesclin à la basilique Saint-Denis

Une association culturelle fait revivre chaque été le site en y dispensant des concerts (musique baroque, celtique, etc.). Les acoustiques y sont remarquables. C’est un magnifique lieu de mémoire collective. Ce pan de l’histoire de la cité perdure grâce à l’engagement désintéressé de bénévoles.

Sources : ouest-france.fr ; www.templiers.org – Le site du Projet Beaucéant/Images © Yonnel Ghernaouti ; montage vidéo Jean-Luc Bergonzi/Musique © Freddy Petit ; CD en vente sur https://bit.ly/3fXmnat

*Blason de Bertrand du Guesclin (v. 1320 – 13 juillet 1380), connétable de France et de Castille. Blasonnement : d’argent à l’aigle bicéphale éployée de sable becquée et membrée de gueules, à la cotice du même brochant sur le tout. 

Grande Loge de France, l’actu de novembre

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Pourquoi Devenir Franc-maçon ?

Comment devient-on franc-maçon ? Qu’apporte la démarche maçonnique en Grande Loge de France ? Nous aide-t-elle à mieux comprendre le monde qui nous entoure ?

Théo, 25 ans, & Jean-François, 92 ans, nous livrent  leur regard et leur expérience sur la Franc-maçonnerie en Grande Loge de France. Une interview intergénérationnelle à découvrir absolument !

Conférence Publique du Cercle Condorcet Brossolette

Approche de l’initiation en Grande Loge de France
Avec ? Jean-Christophe Cabotte, ancien Vénérable Maître de la Loge Papus
Quand ? Samedi 19 novembre 2022 à 14h30
Où ? Hôtel de la Grande Loge de France – Grand Temple Pierre Brossolette – 8, rue Puteaux – 75017 Paris
Inscriptions obligatoires :  

Conférence Publiques en Province

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Franc-maçonnerie
Avec ? Robert de Rosa, ancien directeur de la rédaction de Points de Vue Initiatiques 
Quand ? Samedi 19 novembre 2022 à 14h30
Où ? Maison du temps libre – 60, bd de Nomazy – 03000 Moulins

La grotte Cosquer révélée

La cavité engloutie des Calanques de Marseille, de la découverte à la réplique
À l’initiative de la Loge Saint Jean d’Écosse 
Avec ? Pedro Lima, journaliste scientifique et auteur spécialiste de la préhistoire
Au programme ? Conférence, exposition de panneaux explicatifs richement illustrés et séance de dédicaces de l’ouvrage La Grotte Cosquer révéléeLes secrets du sanctuaire préhistorique englouti (Synops, 2021)
Quand ? Samedi 12 novembre 2022 à 17 heures
Où ? Château Saint-Antoine – 10, bd Jules Sebastianelli – 13011 Marseille

Sur les Ondes : Divers Aspects de la pensée contemporaine

Retenez la date ! Dimanche 20 novembre 2022, Thierry Zaveroni, nouveau Grand Maître de la Grande Loge de France, sera l’invité de l’émission « Divers aspects de la pensée contemporaine »​ sur France Culture, présentée par  Perry Wiley, Grand Maître honoris causa de notre Obédience.
Quand ? De 9h42 à 10 heures
Sujet ? Actions et projets pour la Grande Loge de France
Replay ? (Re)écouter la dernière émission sur la communication de la Grande Loge de France avec Frédéric Pesquier, Grand Officier à la communication :

FRATERNITE EN ACTION

La Grande Loge de France vous propose une soirée Sidaction exceptionnelle le jeudi 1er décembre 2022. Inscrivez vous dès à présent !
Avec : Florence Thune, directrice de l’association Sidaction – Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France – Philippe Mondon, président du Congrès Ile-de-France – Félicien Brut et Bruno Maman, artistes animateurs de la soirée
En vidéo : Professeur Jean-Philippe Spano et Enrico Macias
Quand ? Jeudi 1er décembre 2022 à 20 heures
Où ? Hôtel de la Grande Loge de France – 8, rue Puteaux – 75017 Paris

POINTS DE VUE INITIATIQUES

Ne manquez pas le dernier numéro de la revue de la Grande Loge de France,
Un collector sur le thème de l’universalisme

La Maçonnerie se définit universelle, comme le rappelle le premier chapitre de la Constitution de la Grande Loge de France. Sommes-nous confortables avec cette identité ? Savons-nous dire ce qu’elle est ?

Ce numéro 205 de Points de Vue Initiatiques, qui complète le précédent sur l’humanisme, en explore quelques contours pour tenter d’y répondre.

Vous pouvez encore le recevoir si vous vous abonnez maintenant. Comment ? En flashant le QR code ci-dessus.

La présentation, ici-même, de ce numéro, en date du 17 octobre dernier https://450.fm/2022/10/17/points-de-vue-initiatiques-pour-un-universalisme-du-xxie-siecle/

Retrouvez nous sur les réseaux sociaux de PVI :

La France en héritage-Ce que la France a apporté au monde

André Larané – Éd. du Toucan – L’Artilleur/Hérodote.net, 2022, 416 pages, 22 €

Dans un premier temps, intéressons-nous à l’ingénieur et journaliste André Larané qui, passionné par l’Histoire depuis l’enfance, est connu pour être le fondateur du fameux site Herodote.net (du nom de l’historien grec Hérodote), site Web consacré à l’Histoire universelle.

Il a suivi une maîtrise à Toulouse-Le Mirail en parallèle avec des études d’ingénieur à l’École centrale de Lyon (1976) et a pour devise une formule que l’on prête à Guillaume le Taciturne, fondateur des Pays-Bas indépendants : « Il n’est point besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. » Connaissant sa position quant à Internet, déclarant « Par sa souplesse et sa convivialité, Internet est un outil de communication extraordinaire. À la différence de l’imprimé, il se prête à des corrections et des enrichissements sans fin. Mais c’est aussi un excellent outil de sensibilisation à l’écrit. Il permet à des néophytes de s’initier à un sujet avant de l’approfondir à travers un livre », pas étonnant qu’ André Larané utilise ce médias pour transmettre sa passion. Rappelons que le site s’est doté d’une lettre hebdomadaire Les Chroniques d’Herodote.net.

Dans la série ‘’ce que la France doit…’’, comment ne pas penser à Ce que la France doit aux Francs-Maçons-Et ce qu’elle ne leur doit pas (First, 2012) de Laurent Kupferman, consultant en communication, et Emmanuel Pierrat, avocat au barreau de Paris, et à Ce que la République doit aux francs-maçons (First, 2021) – deux ouvrages préfacés par Pierre Mollier, directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France et conservateur du musée de la franc-maçonnerie, ou encore au seul texte de Laurent Kupferman Ce que la république doit aux francs-maçons sur le site de la Bibliothèque nationale de France à l’occasion de la grande exposition de 2016 sur la franc-maçonnerie https://bit.ly/3hDdPG0

André Larané

L’ouvrage d’André Larané est préfacé par l’universitaire et historien Jean Tulard, ancien professeur à la Sorbonne et à Sciences Po et membre de l’Institut, et considéré comme l’un des meilleurs spécialistes de Napoléon Ier et de l’époque napoléonienne (Directoire, Consulat et Premier Empire).

Il faut dire, et c’est la phrase introductive de la quatrième de couverture, que « Le monde d’aujourd’hui ne serait pas le même sans la France ». Et dans tous les domaines : sciences, sciences de l’économie, sciences sociales et morales, culture, mœurs, droit, politique, commerce, puissance militaire, etc.

Jean Tulard, membre de l’Institut

La « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » du 26 août 1789 vaut à la France d’être considérée comme la patrie des droits de l’homme. Mais aussi, pour combattre l’obscurantisme et les superstitions des siècles passés, les philosophes des Lumières ont voulu, à la mort de Louis XIV, renouveler le savoir par l’utilisation de la raison. La France est donc aussi le pays des Lumières !

Tout d’abord, rendons grâce aux éditeurs d’utiliser une police de caractère permettant aux personnes âges de mieux pourvoir accéder à une lecture aisée de l’ouvrage – à ce jour, chez les plus de 60 ans, plus de 60 % d’entre eux sont déficientes visuelles.

L’auteur voyage dans le temps, des origines – Un artiste nommé Cro-Magnon – à « L’unification du monde » – septième et dernière partie.

En reproduisant un schéma de lecture du style frise chronologique, André Larané restitue un excellent et utile outil accessible à tous. Nous visualisons ainsi les étapes les plus importantes de notre Histoire. Avec des jalons précis.

Nous aimons tout particulièrement le choix du nom des titres comme « Les Gaulois entre dans la mondialisation », « Les Gallo-Romains préfèrent le pantalon », « Paysans et seigneurs solidaires envers et contre tout », « L’amour courtois libère la femme » – précurseur de l’émancipation des femmes ? – , « Les évêques et les abbés se convertissent au style gothique », « Les savants font leur Révolution », « Séparation des Églises et de l’État, une première mondiale ! » et son corollaire la laïcité, « En France, on a des idées ! »…

Plutôt qu’un enseignement de l’Histoire, l’ouvrage offre à l’l’histoire, la nôtre qui plus est, un enseignement. Tout ce que notre pays a apporté à tous les continents.

Paraphrasant Liberté de Paul Éluard, nous proclamons, haut et fort, France j’écris ton nom !

Soyons fier de notre histoire. Soyons fier de ce nous avons fait au cours des vingt siècles précédents – même s’il nous faut compter parfois des périodes troubles, sombres et non reluisantes que nous devons assumer et regarder en face.

Sans doute est-il désormais bien loin, dans le contexte actuel, le temps où l’Europe parlait français. Comme au XVIIIe siècle, où la langue de Voltaire était la langue de la communication internationale à la place du latin. Sans doute, nous faut-il œuvrer afin que notre belle langue ne devienne pas langue morte pour le reste du monde

Découvrir les bonnes feuilles du livre https://bit.ly/3huCpJ7

Source : André Larané, fondateur de Herodote.net, d’après une interview de Francopholistes

Martín Fierro, José Hernández et la franc-maçonnerie argentine

De notre confrère argentin eltribuno.com

« Frères soyez unis, car c’est la première loi, ayez une véritable union, à tout moment, car s’ils se battent entre eux, ils seront dévorés par des étrangers. » Lorsque, enfants, l’enseignante nous faisait mémoriser ces versets, peut-être même qu’elle n’était pas consciente de la quantité de lecture symbolique qui s’y cachait.

« C’est un quatrain qui, dans la franc-maçonnerie argentine, est utilisé tel qu’écrit pour eux par leur distingué frère », écrit le journaliste Marcelo O’Connor dans un article de SymbolNet (n° 56, novembre 2006), l’organe électronique officiel de la Grande Loge. de l’Argentine.

Et il ajoute: « Les proverbes soi-disant gauchos de Martín Fierro, selon les analystes littéraires, sont tirés de l’Ancien Testament, des Évangiles, du Coran, de Confucius et de l’épithète. Hernández était, comme il se doit, un homme de culture universelle ».

José Hernández (1834/1886), neveu de Juan Martín de Pueyrredón (remarquable Maître Maçon initié à Cadix, Espagne et déjà membre de la première Loge Lautaro à Buenos Aires), son affiliation maçonnique est très peu connue, sans laquelle, très probablement , Martín Fierro aurait été écrit d’une autre manière ou, peut-être, n’aurait jamais vu le jour.

Hernández a subi le rituel d’initiation, indispensable pour entrer dans la franc-maçonnerie, le 3 mars 1865 dans la Loge Asilo del Litoral n ° 18 (à Paraná, Entre Ríos) où après un an il était déjà secrétaire. Le fragment d’un discours offert par le poète dans cette loge est resté de ces jours.

« …prêchant l’égalité, l’harmonie et la concorde ; apprenant aux hommes à défendre la justice, la morale et les intérêts de la société ; enseignant l’humanité dans la prospérité, la résignation dans le malheur et la persévérance dans les affaires que la prudence a commencées, dirigeant sagement toutes les passions humaines, en un mot , encourageant les hommes à remplir tous les devoirs qu’ils ont envers Dieu, envers leurs semblables et envers eux-mêmes. C’est la Maçonnerie révélée par ses faits ».

Au milieu de 1867, Hernández participe à la réorganisation de la Loge Constante Unión Nº 23, qui travaillait dans la ville de Corrientes, étant élu au poste de Président (dans une loge maçonnique, on l’appelle ainsi non à ceux qui sont qualifiés pour offrir les meilleurs discours), mais au Frère qui interprète et administre les lois) qu’il occupe pendant plusieurs années pour finalement être élu Vénérable Maître (c’est-à-dire qui préside la loge) pour la période 1868/69.

Hernandez a également travaillé maçonniquement dans la ville de Buenos Aires. Le 30 décembre 1879, il est affilié à la Loge d’obéissance à la loi n° 13, à laquelle il continuera à participer jusqu’à sa mort.

José Hernández dans sa carrière maçonnique a atteint le 32ème Degré Rappelons que le point culminant de ce parcours initiatique (appelé par certains « l’Université de la Franc-Maçonnerie ») est le 33ème Degré.

En outre, il a occupé des postes au sein du gouvernement de la Grande Loge de la franc-maçonnerie argentine, le plus important étant celui de la période 1880/81 au cours de laquelle il a été élu Grand Premier Surveillant (ce qui doit être compris comme Second Vice-Président.)

Peut-être que l’affiliation maçonnique de l’auteur de Martín Fierro peut être surprenante tout en sachant qu’il a consacré beaucoup de temps et d’efforts à travailler dans cet Ordre.

De plus, nous devons souligner qu’il n’était pas le seul.

Des écrivains, des intellectuels, des poètes et des personnalités culturelles qui étaient également francs-maçons étaient, entre autres, Hilario Ascasubi, Estanislao del Campo, Eduardo Wilde, Olegario V. Andrade, José Mármol, José María Ramos Mejía, Eugenio Cambaceres, Joaquín V. González, Agustín Alvarez, Leopoldo Lugones, Alejandro Korn, José Ingenieros, Esteban Echeverría, Miguel Cané et Juan J. García Velloso.

(*) Antonio Las Heras est docteur en psychologie sociale. Son livre « Sociétés secrètes » a remporté le prix national de la ceinture d’honneur dans le genre de l’essai décerné par la Société argentine des écrivains (Sade).

La symbolique du vin, en ce 3e jeudi de novembre…

Jeudi, jour béni pour certains vignerons ! Évoquons le vin et sa symbolique dans les sociétés initiatiques.

C’est grâce à notre très cher Frère Jean-François Blondel que nous évoquons cette journée où le monde entier désormais fête l’arrivée du Beaujolais. Qu’il soit, ici et maintenant, remercié.

Ce jour, il s’agit d’un rendez-vous international et incontournable du mois de novembre ! Chaque année, le 3e jeudi de novembre est attendu ! Pour le Beaujolais Nouveau certes, mais aussi et surtout pour l’élan de fête qu’il suscite !

Tout commence en 1951 quand un nouvel arrêté interdit aux vignerons de commercialiser leurs vins avant le 15 décembre de l’année de vendange. Suite à cet arrêté, les vignerons du Beaujolais s’indignent, car ils ont l’habitude de commercialiser leurs vins avant cette date. Vous connaissez la suite…

Nous vous invitons aussi à (re)lire notre chronique, ici-même le 6 mai 2021 https://bit.ly/3Er4N8a, de l’ouvrage de Jean-François Blondel La vigne et le vin, sacrés symboles (Oxus, 2020, 224 p., 18 €).

Avant tout, rappelons que la saint patron des vignerons est saint Vincent, diacre de Saragosse, martyr à Valence (+ 304). Il est très souvent représenté en Bourgogne, patron de l’église-cathédrale de Mâcon et de celle de Chalon-sur-Saône (siège d’un évêché jusqu’en 1801) et aussi patron de l’église de Chevagny les Chevrières près de Mâcon. Il est honoré tous les 22 janvier.

Le vin dans l’Antiquité L’Egypte

Le vin dans les religions, mythes et légendes.

Il est un mystère de l’Histoire qui demeure entier : celui de savoir quand l’humanité commença-t-elle à boire du vin pour la première fois ? En revanche, on peut constater que la vigne et son produit le vin, ont existé depuis des temps immémoriaux, qu’ils apparaissent dans toutes les civilisations et toutes les cultures, transmettant au monde un message de nature spirituel.

Le vin dans l’Antiquité La Grèce

Mais ce qui est important d’admettre, c’est qu’au-delà de leur nature de produit de consommation,  la vigne et le raisin ont imprégné toutes les formes de pensée de la société, et cela à toutes les époques. La vigne et le vin étaient porteurs d’un message symbolique qui transcendait l’espace et le temps.

Jean-Robert Pitte, membre de l’Institut, n’a-t-il pas écrit : « Notre Méditerranée et notre Europe sont héritières d’une civilisation plusieurs fois millénaire : celle du ferment du Dyonisos de la Vie sans cesse renaissante, du ferment du Dieu unique des Hébreux et des Chrétiens. Il fut offert à maintes reprises au peuple élu : après le Déluge, après la destruction de Sodome et Gomorrhe, après l’esclavage en Égypte et l’arrivée au pays de Canaan où murissent les généreuses grappes d’Eshkol, à Cana, lors du premier miracle du Messi ».

Le vin dans le monde grec

Une première constatation s’impose : le berceau de la vigne et du vin, là où ils ont été le ferment et le moteur d’une culture et d’une forme originale de civilisation, c’est bien tout le pourtour de la Méditerranée.

Les raisins de la vallée d’Eshkol dans le pays de Canaan

Dans le judaïsme, les raisins de la vallée d’Eshkol furent le symbole de la Terre promise ; le Paradis retrouvé, en souvenir de cette fameuse grappe rapportée à Moïse par ceux qu’il avait envoyés dans le pays de Canaan. Tandis que dans le christianisme, la couleur rouge du vin l’a fait ressembler au sang du Christ, lui attribuant un caractère eucharistique.

Dans les Évangiles, le Christ deviendra à son tour comparable à une vigne, son sang étant le « Vin de la Nouvelle Alliance » ; sous la figure allégorique du « Pressoir Mystique » où son sang ressemble au vin issu du raisin de la vigne, comme on peut le voir si bien représenté sur les verrières de certaines églises, comme à Saint-Etienne-du-Mont, en haut de la montagne Sainte-Geneviève, à Paris. Le christianisme fera souvent allusion au vin, comme, par exemple, lors des noces de Cana, préfigurant le repas de la Cène. Le vin deviendra alors la « boisson d’immortalité » et l’élixir de longue vie. L’art funéraire qui représente sur les tombes des motifs de vigne, de vendanges ou du vin, en est un exemple. Le vin est aussi le symbole de la connaissance et de l’initiation, en raison de l’ivresse qu’il provoque et de son action sur l’imaginaire, ce qui en fera la boisson préférée des poètes.

Omar khayyam poète persan et le vin

L’islam rejette le vin. Pourtant, le Prophète ne l’avait-t-il pas considéré au début de sa mission comme une boisson aux multiples vertus ? « Vers le IXe siècle, la vigne pris un sens profond : celui du symbole eucharistique ; on accompagna alors les grappes de raisin d’épis de blé et, dans les églises d’orient, de pains marqués d’une croix ou, parfois, du monogramme du Christ ».

Nous pouvons également faire la constatation suivante : le vin a souvent été associé à la pratique d’une religion et à l’exercice d’un culte. Nous pouvons le constater en particulier pour le Judaïsme et le Christianisme. C’est ainsi que l’on rapporte à saint Thomas d’Aquin (1225-1274), cette formule édifiante : « Il faut goûter le vin avec modération, mais sans cesse, parce qu’on atteint grâce à lui l’ivresse du sacré. L’ordre religieux du monde repose sur le vin ». Le docteur de l’Église nous livre ici cette surprenante formule sous forme de postulat, qui ne semble admettre aucune contradiction, jouant en plus sur l’ambiguïté du mot ivresse et les différents moyens qui permettent d’arriver à cet état. Celle produite par le vin n’excluant pas un de ces moyens employés par certains mystiques pour aller vers l’extase. Fénelon (1651-1715) écrira bien plus tard : « Boire du vin, c’est honorer Dieu ».

Tirage du vin au tonneau, vitrail de Chartres

Une (trop) brève histoire des confréries bacchiques

Comme tous les métiers du Moyen Âge, les vignerons se sont regroupés en confréries à caractère charitable et religieux. Ces confréries portent toujours le nom d’un saint patron protecteur. Aussi, l’activité religieuse demeurait la seule fonction de la confrérie, partout ou une corporation des vignerons permettait la défense des activités du métier. Nous pouvons citer cet exemple au XVIIe siècle, d’une confrérie de Saint-Vernier à Arbois, qui exerçait des actions caritatives envers les vignerons pour des entraides, ou l’obtention de prêts. La plupart de ces confréries bacchiques ont disparu avec l’Ancien Régime. Certaines se sont reconstituées après la Révolution, d’autres se sont reconstituées plus récemment après la dernière guerre mondiale.

Saint Vincent, patron des vignerons

Le vin et la tradition du « banquet » dans les sociétés traditionnelles de métier 

Les membres des confréries de métier, ghildes dans les pays germaniques ou jurandes, que l’on regroupe souvent aujourd’hui sous le vocable de corporation (mot récent qui vient de l’anglais incorporation) aimaient à se retrouver dans des banquets qui ponctuaient périodiquement les grands événements que vivaient ces fraternités (fête patronale, réception de nouveaux membres, visite par les maîtres des chefs-d’œuvre des compagnons, accession à la maîtrise de ceux-ci, etc.). Dans ces banquets le vin accompagnait les libations effectuées par les confrères et était le ciment de la communion indéfectible des membres de la confrérie. Au cours de ce temps fort et privilégié qu’était l’agape (mot qui vient du grecque agape : le repas pris en commun par les premiers chrétiens rappelant le repas de la Cène que le Christ fit avec ses disciples à la Pâque de l’an 33), le vin était assimilé au sang de la vigne et du Christ, qui s’était assimilée au cep, tandis que les sarments représentaient l’ensemble des chrétiens.

Verre de compagnon, Musée du Vin – Paris

Aussi, pourra-t-on dire que « lié analogiquement à la vie et au sang, le vin est un lien sensible entre les membres d’un même groupe ». Les santés portées lors des agapes au sein des banquets des fraternités initiatiques de métier, existent depuis un temps immémorial. Elles sont le souvenir des libations que l’on portait aux dieux de l’Olympe dans l’Antiquité grecque. « Elles permettaient de boire ensemble, et donc de s’acheminer d’un même pas vers l’ivresse ». L’absorption de vin était ritualisée pour que chacun puisse boire en même temps et que chacun arrive au même stade de l’enivrement. L’ivresse, que l’on peut assimiler dans ce cas précis à une sorte d’extase mystique, qui petit à petit envahit la psyché de chacun des participants et les conduit vers un égrégore les emmenant hors de l’espace et hors du temps.

Confrerie bachique

Dans le Compagnonnage le vin est le ciment de la fraternité

Dans le Compagnonnage on a conservé le nom d’agape au banquet annuel organisé lors de la fête patronale. L’usage des réceptions en ce jour si particulier, est encore en usage aujourd’hui. Quels étaient les usages séculaires du banquet ? Il y avait tout d’abord le vin ainsi que les santés que l’on portait dans certaines circonstances.  Les santés de table ont de tout temps été pratiquées par les compagnons, simples lors d’agapes fraternelles, plus élaborées lors de banquets officiels.  Il s’agit d’un rite ancien et répandu depuis l’Antiquité, apparenté aux libations portées aux dieux lors des banquets. Mais, au-delà de son aspect religieux, cette coutume permet de boire ensemble et donc de s’acheminer d’un même pas vers l’ivresse. Dans toutes les sociétés et depuis la plus haute antiquité, le partage de la boisson, et du vin pour la culture occidentale, est un des rites fondamentaux de la fraternité. Au Moyen Âge , on faisait encore passer la coupe unique où chacun devait boire, en souvenir de la célébration de la Pâque de l’An 33, où Jésus tendit la coupe remplie de vin à ses disciples. L’acte de boire prend alors un caractère sacré : c’est le rite d’assimilation auquel il est interdit de se dérober.

Commanderie des Nobles Vins du Jura et du Comté

En dehors du banquet, quels étaient les autres usages rituels de boire du vin ?

« Boire en règle », chez les compagnons, se rattache à des usages rituels du passé (qui existent peut-être encore aujourd’hui ?) qui consistent à boire (du vin) dans des circonstances et selon des règles bien précises. Par exemple, dans les rites de « bienvenue  » où un jeune sur le Tour de France se présentait chez la « mère » pour demander du travail, il se devait de payer à boire à tous les membres de la « cayenne » pour sa « bienvenue », c’était une marque de fraternité.

Les « Conduites » représentent le départ d’un Compagnon d’une ville pour en rejoindre une autre durant le voyage formateur qu’est le Tour de France

Les conduites : On appelle conduite la cérémonie de départ d’un compagnon, qui quitte la cayenne où il a séjourné un certain temps, après avoir levé son acquis (c’est-à-dire régler ses dettes à la Mère) pour aller  vers une autre ville sur le Tour. On dit qu’il est alors un « battant aux champs ». Il a alors droit à une conduite en règle, puisqu’il a réglé toutes ses dettes. Les autres compagnons devaient alors accompagner le partant durant un certain trajet, jusqu’à un endroit bien précis où ils se faisaient adieu. L’ensemble constituait une cérémonie assez complexe qui variait d’une société à une autre ou d’un métier à un autre, et que l’on appelait une conduite, que nous allons essayer d’expliciter, car le vin y avait une grande part !

D’autres expressions 

« Boire l’âme » d’un compagnon défunt ou d’un « remerciant » : C’est l’usage qui existait chez les compagnons d’antan et qui s’appelait : « boire l’âme » d’un compagnon. De quoi s’agissait-il ? Lorsqu’un compagnon venait à disparaître, on brûlait son « carré »  (ou parchemin du compagnon décédé), les cendres étaient délayées dans une grande coupe remplie de vin. Le premier compagnon buvait et passait la coupe à tous les compagnons ; c’était en quelque sorte, une communion : « boire l’âme » du compagnon disparu. Chacun prenait possession d’une petite partie de l’âme du compagnon disparu. Celle-ci ne disparaissait pas complètement puisque chacun s’en était approprié une parcelle. Cette curieuse coutume teintée d’animisme n’existe probablement plus, elle a été relatée par Raoul Vergez dans l’un de ses romans « Très lentement », disait-il, « le parchemin se détruisait et les cendres se mêlaient au vin. Et les compagnons buvaient ce vin épaissi de cendre jusqu’à la dernière goutte. De temps à autre, à travers le vin, on voyait furtivement luire un cachet de censure éphémère, témoin des jours anciens … ».

Lorsqu’un compagnon ayant fait son Tour de France, et ayant atteint sa limite d’âge (25 ans)

il peut décider de se retirer du Tour, selon une cérémonie où il « remercie » l’ensemble des membres de la cayenne qui l’avait accueilli. Son carré est brûlé et les cendres mises dans un pot de vin. Il doit boire ce vin mélangé aux cendres, ainsi que les autres membres. C’est un gage d’amitié et de fraternité adressé au « remerciant ».

Boire « rubis sur l’ongle » : Une autre pratique curieuse des compagnons d’antan, était celle dite de boire « rubis sur l’ongle ». Elle consistait, une foi le vin bu jusqu’à la lie, après une santé, par exemple, de retourner le verre sur l’ongle. Chaque goutte de vin qui en tombait était susceptible d’amende. C’était un moyen comme un autre d’alimenter le tronc ou caisse d’entre aide ! C’était aussi le moyen de montrer que l’on avait bu tout le contenu de son verre.

Le sens de cette expression, qui est de remplir complètement cette obligation de vider complètement son verre, se retrouve dans une expression très similaire et qui a le même sens : qui est de «payer rubis sur l’ongle » dans le sens de s’acquitter complètement de sa dette.

En Franc-maçonnerie : le souvenir des loges militaires…

Le vin de la Saint-Jean : En souvenir de leur lointain passé opératif, les Francs-maçons dès les prémices de leur existence au début du XVIIIe siècle, pratiquaient l’usage du banquet à l’occasion de la fête des deux Saint-Jean, dont les loges portaient le nom, et dont ils étaient les saints patrons, comme nous allons le voir dans l’exemple ci-dessous :

Tous les ans, à l’approche de la Saint-Jean d’hiver (Saint Jean l’Evangéliste), ou de la Saint- Jean d’été (Saint-Jean Baptiste), suivant les rites pratiqués, les loges maçonniques font traditionnellement leur banquet d’Ordre rituel. Cet usage du banquet lié à la fête patronale est fort ancien, puisqu’il était déjà pratiqué par les maçons de métier d’antan, dont la Maçonnerie spéculative a repris à son compte tant d’usages, de symboles, de coutumes, qu’on a fini par oublier le rôle déterminant de ces illustres précurseurs, dans la genèse de nos traditions. L’historien anglais Robert Freke Gould[1], dans son Histoire Abrégée de la Franc Maçonnerie, nous le rappelle, lorsqu’il écrit : « Dans la grande majorité des loges, la fête de la Saint Jean l’Evangéliste était célébrée par des festins et des réjouissances ». Il ajoute : « A Melrose (1674), et dans d’autres centres maçonniques, c’était le jour de la Saint Jean qu’il était en usage de recevoir les apprentis entrés et les compagnons du métier ». Apprenti Entré et Compagnon du Métier étaient les deux degrés existants en cette époque lointaine.

Ce repas pris entre convives, unis par un même sentiment de fraternité et d’amour, que l’on appelle aussi agapes (de : agapè, amour), était le nom donné aux repas que faisaient entre eux les premiers chrétiens, commémorant ainsi la Cène. Ils se réunissaient autour d’une table et commémoraient le repas du Seigneur, au cours duquel ils rompaient le pain et se transmettaient la coupe remplie de vin, en souvenir de ce que fit Jésus à la Pâque de l’An 33. Ces banquets remontaient à des temps plus anciens encore et n’étaient pas une coutume spécifiquement chrétienne. On se rappelle celui que Platon rapporta. Dans les collèges d’artisans romains, un des rites principaux était le repas présidé par un maître et pris en commun.

Si le banquet annuel réunit les Maçons dans la gaîté de la fête et dans une douce fraternité, il convient de penser un instant à ceux qui les ont quittés pour rejoindre l’Orient éternel (nom donné à la mort par les Maçons). Mais cette séparation n’est pas définitive et contient un aspect encourageant, car la chaîne d’union qu’ils feront à la fin des agapes leur rappelle « qu’en elles seront toujours présents ceux qui la formaient hier, ils seront toujours présents en nos cœurs ».

Un vocabulaire militaire : Les francs-maçons utilisent au cours de leur banquet un vocabulaire militaire qui est un vieil héritage des loges napoléoniennes. La raison en est que les officiers de l’Empire constituaient une part importante des effectifs des loges du XIXe siècle. Un vocabulaire militaire s’est alors constitué par l’usage. C’est ainsi que les assiettes s’appellent des tuiles, les serviettes des drapeaux, les bouteilles des barriques, les verres des canons, verser du vin se dit charger les canons, le vin se dit poudre forte, le champagne poudre fulmineuse, etc.

L’usage veut que l’on porte des santés avant de commencer le repas. Les premières santés sont toujours portées à l’autorité spirituelle et à l’autorité politique du moment, on dit alors tirer une santé, puis viennent celles adressées aux officiers et membres de l‘assemblée.

L’usage de chanter au cours d’un banquet : La Franc Maçonnerie, depuis le début de son apparition au XVIIIe siècle, a également son répertoire. Cette pratique de chanter aux agapes est d’ailleurs recommandée par les textes fondateurs, qui précisent : « Après la Santé des FF. visiteur, si quelque frère a des cantiques à chanter, ou quelque morceau d’architecture à lire, il peut le faire en demandant la parole. Il est même à propos de chanter quelques un de ces cantiques moraux qui ont été fait sur le but de la Franc Maçonnerie, et qui, chantés en chœur, portent dans l’âme une douce émotion, en célébrant les agréments et les avantages de la vie maçonnique ». Sur le plan purement maçonnique les chants rapportés par divers manuscrits, ceux mentionnés par les Constitutions d’Anderson, sont autant de témoignages de l’ancienneté du banquet où l’on pouvait chanter et faire l’éloge du vin qui rassemblait dans la joie les convives. Ainsi, comme le pain et le vin, la chanson est un symbole de communion et de fraternité.

En conclusion

En premier lieu, le vin nous amène vers un état d’ivresse, un état second, qui exhibe en nous certaines facultés endormies ou non exploitées habituellement. Il suffit pour s’en convaincre, d’écouter certains proverbes ou certains dictons issus de la sagesse populaire. Sagesse dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Ainsi cette expression latine : « « In vino veritas », c’est-à-dire « Dans le vin est la vérité », signifiant par-là que la consommation de vin fait parler, et nous fait dire des choses que l’on garderait cachées en étant à jeun. Mais, que dire aussi de cet autre proverbe : « Le bon vin fait parler latin » ?  Il est intéressant, ici, de voir associé un vin de qualité et l’usage de la langue latine, qui était celle d’une élite sociale, celle des érudits au XIXe siècle encore. On peut interpréter aussi ce proverbe en remarquant que le vin exhibe en nous des qualités intellectuelles dont nous n’avons pas toujours conscience, souvent endormies au tréfonds de notre esprit. « Que ce vin symbole de l’intelligence, élève notre esprit », lit-on dans certains écrits. Ce qui est traduit dans ce proverbe par le fait de parler latin. Nous pourrions multiplier les exemples… Alors, nous avons écouté les conseils du poète qui nous dit : « Buvez ce vin jusqu’à l’ivresse ».

Extrait d’une conférence donnée par Jean-François Blondel, le dimanche 18 septembre 2022.

Si la destination Beaujolais vous intéresse vous pouvez visiter, par exemple, le Hameau Dubœuf, premier parc à thème sur la vigne et le vin en Europe, unique en son genre. Il vous dévoile de manière ludique, pédagogique et immersive tout ce que la vigne et le vin sont à notre patrimoine. Un parc qui ne peut manquer d’intéresser aussi bien les amateurs que les connaisseurs… https://www.duboeuf.com/fr/le-parc/

Le vin est le lait des vieillards!!!!

[NDLR : Santé publique France recommande de ne pas consommer plus de 100 g d’alcool pur par semaine (14 g par jour) et pas plus de 20 g d’alcool pur par jour, avec des jours sans consommation (20 oct. 2019).

Le 16 février 1984, une campagne du ministère de la santé va faire mouche. Fini les discours moralisateurs, le message se veut drôle et percutant : « Un verre ça va, trois verres, bonjour les dégâts ! » Le message a été inventé par un publicitaire Daniel Robert et illustré par Cabu !

Louis Pasteur (1822-1895) scientifique, chimiste et physicien de formation.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.]

 

 

 

Dominique Alain Freymond du  Groupe de Recherche Alpina (GRA) présente : Au-delà de la recherche traditionnelle

quatre thèmes pour réfléchir au futur.

Dominique Alain Freymond
GRA, directeur de publication
« Rechercher, partager et publier avec curiosité, ouverture et qualité »
Yverdon-les-Bains, 24 septembre 2022

Regard sur… la Théorie de l’attachement

La théorie de l’attachement est un champ de la psychologie qui traite d’un aspect spécifique des relations entre êtres humains. Son principe de base est qu’un jeune enfant a besoin, pour connaître un développement social et émotionnel normal, de développer une relation d’attachement avec au moins une personne qui prend soin de lui de façon cohérente et continue (« caregiver »). C’est dans ce sens qu’on peut dire que l’attachement est primordial pour l’évolution psychologique de l’enfant. Cette théorie a été formalisée par le psychiatre et psychanalyste John Bowlby après les travaux de Winnicott, Lorenz et Harlow.

Au sens de la théorie de l’attachement, le comportement infantile associé à l’attachement est essentiellement la recherche de proximité avec une figure d’attachement lors de la survenue de situations de stress. Les enfants en bas âge s’attachent aux adultes qui se montrent sensibles et attentionnés aux interactions sociales avec eux, et qui gardent leur statut de caregiver d’une façon stable au moins plusieurs mois durant la période qui va de l’âge de six mois environ jusqu’à deux ans. Vers la fin de cette période, les enfants commencent à utiliser les figures d’attachement (c’est-à-dire l’entourage familier) comme base de sécurité à partir de laquelle ils vont explorer le monde, et vers qui ils savent qu’ils peuvent retourner. Les réponses de l’entourage au comportement de l’enfant guident le développement de schèmes d’attachement (des modèles opérationnels de l’environnement et de l’organisme construits et élaborés par l’enfant) ; ceux-ci seront à leur tour la base de la mise en place des modèles internes opérants qui régiront les sentiments, pensées et attentes des individus par rapport à leurs relations, et ce dès l’enfance. L’angoisse de séparation ou la douleur qui suivent la perte d’une figure d’attachement est considérée, de la part d’un jeune enfant, comme une réponse normale et adaptative. D’un point de vue évolutionniste, cet ensemble de comportements est peut-être apparu du fait qu’il accroît la probabilité de survie d’un enfant.

Pour les nourrissons et les jeunes enfants, le comportement d’attachement permet de maintenir la proximité avec les figures d’attachement, habituellement les parents. Photo d’une famille inuit prise en 1917.

Les recherches de la psychologue du développement Mary Ainsworth au cours des années 1960 et 1970 ont donné un socle aux concepts de base, en introduisant la notion de base de sécurité et en développant la théorie de l’existence de schèmes d’attachement dans la petite enfance : attachement sécurisé, attachement anxieux et attachement évitant ; un quatrième schème, l’attachement désorganisé, a été identifié plus tard. Au cours des années 1980, la théorie est étendue aux relations d’attachement entre adultes. D’autres types d’interactions peuvent être interprétées comme des situations particulières du comportement d’attachement : ceci inclut les relations entre pairs quel que soit l’âge, l’attraction sentimentale et sexuelle et les relations de soins envers les jeunes enfants ou les personnes malades ou âgées.

Afin de formuler une théorie complète de la nature des premiers attachements, Bowlby a exploré un large ensemble de domaines incluant la théorie de l’évolution, les théories de la relation d’objet (un des principaux concepts de la psychanalyse), l’analyse systémique, l’éthologie et la psychologie cognitive. À la suite des articles préliminaires de 1958, Bowlby a exposé la théorie de l’attachement dans l’ouvrage en trois volumes Attachement et perte (1969-82 pour l’édition originale, 1978-84 pour l’édition française). Dans les premières années de diffusion de la théorie, Bowlby a été critiqué par les psychologues universitaires, et la communauté psychanalytique l’a marginalisé pour s’être écarté des principes de la psychanalyse ; la théorie de l’attachement est cependant devenue depuis « l’approche dominante pour la compréhension du développement social précoce, et a été à l’origine d’une importante vague de recherches expérimentales dans la mise en place des relations des enfants avec leurs proches ». Les critiques ultérieures de la théorie de l’attachement se rapportent à la complexité des relations sociales et aux limites d’une classification discrète des schèmes comportementaux. La théorie de l’attachement a été significativement modifiée à la suite de ces recherches expérimentales, mais les concepts sont désormais largement acceptés au début du xxie siècle.

Attachement

Bien que la figure d’attachement primaire est habituellement la mère, les bébés forment des liens d’attachement avec toute personne prenant soin d’eux et répondant à leur demande d’interactions sociales. Photo prise à Nampula au Mozambique en septembre 2005.

Au sens de la théorie de l’attachement, l’attachement est un lien affectif entre un individu et une figure d’attachement (en général un caregiver, une personne qui prend soin). Un tel lien peut être réciproque entre deux adultes, ou s’établir entre un enfant et la personne qui en prend soin ; dans ce dernier cas, le lien est basé sur les besoins de l’enfant en matière de sécurité, de protection et de soins, en particulier dans la petite enfance et l’enfance. La théorie propose que les enfants s’attachent instinctivement aux caregivers, favorisant ainsi leur survie ; ainsi, le résultat biologique est un accroissement des probabilités de survie de l’enfant, et le résultat psychologique, un sentiment de sécurité. La théorie de l’attachement n’est pas une description exhaustive des relations humaines, elle n’est pas non plus synonyme d’amour et d’affection, bien que ces sentiments peuvent indiquer l’existence de liens entre deux personnes. Dans les relations d’enfant à adulte, le lien de l’enfant est appelé « l’attachement » et l’équivalent réciproque du caregiver est appelé le « caregiving » (terme repris de l’anglais qui signifie « prendre soin », dans le cadre de la théorie de façon cohérente et continue).

Les jeunes enfants forment des attachements avec toute personne prenant soin d’eux de façon cohérente et répondant à leur demande d’interactions sociales. La qualité de cet engagement relationnel est plus importante que la quantité de temps passé. La mère biologique est habituellement la principale figure d’attachement, mais ce rôle peut être tenu par toute personne qui adopte un comportement « maternel » cohérent et constant sur une certaine période de temps. Dans la théorie de l’attachement, cela se traduit par un ensemble de comportements qui associent l’engagement dans une interaction sociale vivante avec l’enfant et une réponse volontaire à ses signaux et approches. Rien dans la théorie ne suggère que les pères ou de tierces personnes ne sont pas également susceptibles de devenir la principale figure d’attachement s’ils procurent la plus grande partie des soins et des interactions sociales de l’enfant.

Certains jeunes enfants dirigent le comportement d’attachement (la recherche de proximité) envers plus d’une figure d’attachement aussitôt qu’ils commencent à discriminer les différentes personnes qui prennent soin de lui ; la plupart cependant en deviennent capable au cours de leur deuxième année. Ces figures d’attachement sont hiérarchisées, avec la figure d’attachement principale en haut de la hiérarchie. L’effet du système comportemental d’attachement est de maintenir un lien avec une figure d’attachement disponible.

« Alarme » est le terme désignant l’activation du système comportemental d’attachement causé par la peur ou le danger, alors que l’« anxiété » est l’anticipation de la peur ou de la séparation d’avec la figure d’attachement ; si la figure d’attachement est indisponible ou ne répond plus, une détresse apparaît chez l’enfant. Chez les jeunes enfants, la séparation physique peut ainsi provoquer anxiété et colère, puis détresse et désespoir. Vers l’âge de trois ou quatre ans, la séparation physique n’est plus vécue comme une menace pour le lien de l’enfant avec la figure d’attachement. Les menaces pour la sécurité affective de l’enfant plus âgé et de l’adulte surviennent en cas d’absence prolongée, de rupture de communication, d’indisponibilité émotionnelle, ou de signe de rejet ou d’abandon.

Comportements

Des schèmes d’attachement insécurisés peuvent compromettre l’exploration de l’environnement et la mise en place de la confiance en soi. Un bébé sécurisé dans ses schèmes d’attachement est libre de se concentrer sur son environnement.

Le système comportemental d’attachement permet le maintien ou la mise en place d’une proximité étroite avec la figure d’attachement. Les comportements de pré-attachement surviennent dans les six premiers mois de vie. Durant la première phase (les huit premières semaines), les jeunes enfants sourient, babillent et pleurent pour attirer l’attention des caregivers. Bien qu’ils apprennent à cet âge à distinguer les différentes personnes qui prennent soin d’eux, leurs comportements sont dirigés envers toute personne de l’entourage.

Pendant la seconde phase (de deux à six mois), le jeune enfant distingue de mieux en mieux les adultes familiers des non familiers, devenant plus particulièrement attentifs à ceux qui prennent soin d’eux ; l’orientation visuelle et l’agrippement aux personnes sont ainsi ajoutés au rang des comportements.

Des attachements plus actifs se développent lors de la troisième phase, de six mois à deux ans environ ; le comportement de l’enfant envers les personnes qui prennent soin de lui commence à s’organiser en fonction d’objectifs basés sur les conditions qui le font se sentir sécure (c’est-à-dire en sécurité). Vers la fin de la première année, l’enfant est capable d’exprimer une gamme de comportements d’attachement destinés à maintenir la proximité. Ceci se manifeste par des protestations lors du départ du caregiver, par des signes de joie lors de son retour, des comportements de cramponnement lorsqu’il a froid, et de suivi dès qu’il en est capable. Avec le développement de la locomotion, l’enfant commence à utiliser le ou les caregivers comme base de sécurité à partir de laquelle il peut explorer son environnement. L’exploration par l’enfant est facilitée par la présence du caregiver car son système d’attachement ne lui procure alors aucun stress et il est donc libre d’explorer. Si le caregiver est inaccessible ou ne répond pas, le comportement d’attachement est plus fortement exprimé. Anxiété, peur, maladie et fatigue causeront également un renforcement des comportements d’attachement.

Après la seconde année, alors que l’enfant commence à percevoir le caregiver comme une personne indépendante, un partenariat plus complexe et basé sur des objectifs différents se met en place ; l’enfant commence à prendre en compte les objectifs et les sentiments des autres, et à agir en fonction de cela. Par exemple, tandis que les bébés pleurent parce qu’ils ont mal, les enfants de deux ans pleurent pour faire venir leur caregiver, et si cela ne fonctionne pas, pleurent plus fort, crient ou le suivent.

Principes

Les expériences précoces avec les caregivers font progressivement émerger un système de pensées, de souvenirs, de croyances, d’attentes, d’émotions et de comportements à propos de soi et des autres.

Les émotions et les comportements d’attachement humains courants s’inscrivent dans une perspective évolutive. L’évolution vers l’espèce humaine actuelle a inclus la sélection de comportements sociaux qui favorisent la survivance des individus et des groupes. Le comportement habituel d’attachement des jeunes enfants qui restent près des personnes qui leur sont familières a pu conférer des avantages en matière de sécurité au cours de l’évolution antérieure, et encore de nos jours. Être capable de percevoir la non-familiarité, l’isolement ou une approche rapide comme des situations potentiellement dangereuses est ainsi un avantage évolutif. Selon Bowlby, la recherche de proximité de la figure d’attachement en face d’une menace est l’intérêt du système comportemental d’attachement du point de vue de l’évolution.

Le système d’attachement est très robuste et les jeunes humains forment facilement des attachements, même dans des conditions non idéales. En dépit de cette robustesse, une séparation significative d’un caregiver familier, ou de fréquents changements de caregiver qui empêchent le développement de l’attachement, peuvent être la source de psychopathologies à un moment ultérieur de la vie. Les enfants dans leurs premiers mois n’ont pas de préférence pour leurs parents biologiques par rapport aux étrangers. Des préférences pour certaines personnes, ainsi que des comportements qui sollicitent leur attention et leurs soins, se développent sur une grande période de temps. Lorsqu’un jeune enfant est bouleversé par la séparation d’avec son caregiver, ceci indique que le lien ne dépend plus de la présence du caregiver, mais est de nature pérenne11. C’est à un âge plus avancé (3 ou 4 ans au minimum) que l’enfant pourra supporter une séparation sans éprouver de détresse.

Un jeune père allongé sur le dos sur un édredon sur le sol. Il tient sa fille bébé au-dessus de lui avec ses bras tendus et ses mains autour de sa cage thoracique. Le bébé a ses bras et ses jambes tendus et arque son dos, il sourit à l’appareil photo.

Le premier modèle formulé par Bowlby de la période critique qui se déroule entre six mois et deux à trois ans a évolué vers une approche moins rigide. Il existe une période sensible au cours de laquelle il est hautement désirable que des attachements privilégiés se développent, mais cette période est plus large et les effets moins intangibles et irréversibles que proposé initialement.

Au cours des recherches ultérieures, les auteurs discutant de la théorie de l’attachement en sont venus à estimer que le développement social est également affecté par les relations plus tardives, en plus des relations précoces. Les premières étapes de l’attachement se mettent en place plus facilement si l’enfant a un caregiver, ou reçoit des soins occasionnels d’un petit nombre d’autres personnes. Selon Bowlby, presque dès le départ la plupart des enfants possèdent plus d’une figure envers laquelle ils dirigent leur comportement d’attachement. Ces figures ne sont pas toutes traitées de la même façon ; un enfant donné exprime une forte tendance à diriger son comportement d’attachement principalement envers une personne en particulier. Bowlby a utilisé le terme « monotropie » pour décrire cette tendance. Les chercheurs et les théoriciens ont abandonné ce concept dans la mesure où il pourrait être pris dans le sens où la relation avec la principale figure d’attachement diffère qualitativement de celle avec les autres figures. L’état actuel de la réflexion, en 2010, avance plutôt l’idée d’une hiérarchie définie de relations.

Les expériences précoces avec les caregivers permettent l’émergence progressive d’un système de pensées, de souvenirs, de croyances, d’attentes, d’émotions et de comportements à propos du moi et des autres, en particulier de formes types (schèmes) de relation. Ce système, appelé le « modèle opérant interne des relations sociales », continue à se développer avec le temps et l’expérience. Les modèles opérants internes régulent, interprètent et prédisent le comportement lié à l’attachement chez le moi et chez les figures d’attachement. Au fur et à mesure qu’ils se développent parallèlement aux changements environnementaux et développementaux, ils incorporent la capacité à réfléchir et communiquer au sujet des relations d’attachement passées et futures. Ils permettent à l’enfant de maîtriser de nouveaux types d’interactions sociales ; par exemple, quand un bébé est traité différemment d’un autre enfant ou que les interactions avec les professeurs et les parents partagent certaines caractéristiques. Ces modèles opérants internes continuent à se développer à l’âge adulte, aidant à faire face aux relations amicales, de couple et parentales, toutes développant différents comportements et sentiments.

Le développement de l’attachement est ainsi un processus transactionnel : les comportements spécifiques d’attachement prennent leur source dans des comportements de la petite enfance prédictibles et apparemment innés ; ils se modifient avec l’âge d’une façon qui est déterminée en partie par l’expérience et en partie par l’environnement au sein duquel ils prennent place. L’évolution des comportements d’attachement avec l’âge est façonnée par les différentes relations qu’expérimente l’individu. Le comportement d’un enfant lorsqu’il se retrouve avec un caregiver n’est pas seulement déterminé par la façon dont le caregiver a traité l’enfant dans le passé, mais aussi par l’histoire des influences que l’enfant a eu sur le caregiver.

Attachement sexuel

Les différents styles d’attachements sont normalement associés à différents comportements et/ou aptitudes sexuels.

Les individus ayant un style d’attachement sécurisant sont moins portés à avoir des relations sexuelles en-dehors d’une relation amoureuse stable et ont habituellement peu de partenaires sexuels. Ils sont donc rarement portés vers les relations sexuelles d’un soir, non-exclusif ou avec un inconnu.

Par ailleurs, ceux ayant un style d’attachement non sécurisant sont davantage portés à vivre des insécurités sexuelles avec leur partenaire, une plus grande fréquence de relations sexuelles ainsi qu’un niveau inférieur de plaisirs provenant de ces relations.

Les femmes ayant un attachement anxieux auraient leur première relation sexuelle à un âge plus précoce, tandis que les hommes ayant un style d’attachement préoccupé auraient leur première relation à un âge plus avancé, en plus d’avoir moins de partenaires sexuels.

Les individus avec un style d’attachement évitant auraient moins tendance à avoir des relations sexuelles comparées à ceux ayant un style sécurisant ou préoccupé. Toutefois, ceux ayant le style évitant et ayant eu des relations sexuelles auraient tendance à avoir des relations sexuelles impliquant peu d’engagement ou de proximité émotionnelle que ceux possédant un style sécurisant ou préoccupé. De plus, les jeunes qui ont eu leur première relation sexuelle avant 16 ans correspondent davantage au style évitant plutôt qu’aux autres.

Le style d’attachement développer lors de l’enfance aura ainsi un impact sur les pratiques sexuelles futures de l’adulte.

Modifications de l’attachement durant l’enfance et l’adolescence

Les pairs prennent de l’importance au milieu de l’enfance (de 7 à 11 ans) et ont une influence distincte de celle des parents.

L’âge, la croissance des facultés cognitives et une expérience sociale continue font évoluer le modèle interne opérant en le transformant et en le complexifiant. Les comportements liés à l’attachement perdent certaines caractéristiques typiques des jeunes enfants et adoptent d’autres caractères propres à un âge plus élevé. Ainsi, les enfants de quatre ans ne sont plus stressés par la séparation s’ils ont déjà négocié avec leur caregiver des modalités partagées de séparation et de retrouvailles. Exemple de nouvelle compétence, la période préscolaire permet la mise en place de la négociation et du marchandage.

Trois enfants âgés d’environ six ans sont groupés assis sur le sol, un garçon et une fille agenouillés, l’autre garçon assis en tailleur. Les deux enfants agenouillés tiennent des billes ; il y a d’autres billes dans un sac sur le sol. Les trois enfants les regardent.

Idéalement, ces compétences sociales sont incorporées au sein du modèle interne opérant afin d’être utilisées auprès des autres enfants et plus tard auprès des pairs adultes. Au début de l’âge scolaire, vers six ans, la plupart des enfants adaptent les objectifs de la relation avec leurs parents, dans laquelle chaque partenaire va montrer sa volonté de compromis afin de maintenir une relation gratifiante. Vers le milieu de l’enfance, l’objectif du système comportemental d’attachement a évolué de la proximité à la figure d’attachement vers sa disponibilité. En général, un enfant tolère des séparations plus longues pourvu qu’un contact, ou si besoin la possibilité de se retrouver physiquement, soit disponible. Les comportements d’attachement tels que le cramponnement et le suivi de la figure d’attachement se font plus rares, et la confiance en soi augmente. À partir du milieu de l’enfance (de 7 à 11 ans) peut se produire un changement dans la corégulation mutuelle du contact avec la base de sécurité, dans lequel le caregiver et l’enfant négocient des méthodes qui permettent de maintenir la communication et la surveillance alors même que l’enfant devient plus indépendant.

Tôt dans l’enfance, les figures parentales restent le centre du monde social d’un enfant, même si une autre figure prend soin d’eux durant une période de temps conséquente. Ceci devient moins vrai plus tard, particulièrement à partir de l’entrée de l’enfant dans le cadre scolaire. Les modèles d’attachement des jeunes enfants sont normalement évalués en lien avec les figures parentales, qui peuvent être les parents ou d’autres caregivers. Il semble exister chez les jeunes enfants des limitations mentales qui restreignent leur capacité à intégrer les expériences relationnelles au sein d’un unique modèle général ; ce n’est en général qu’à l’adolescence que les enfants commencent à développer un tel modèle général unique des relations d’attachement, bien que cela puisse se produire dès le milieu de l’enfance.

Les relations entre pairs ont sur l’enfant une influence distincte de celle des relations parent-enfant, bien que celles-ci puissent influer sur la forme des relations entre pairs que les enfants développent. Si les pairs deviennent importants au milieu de l’enfance, il semble qu’ils ne prennent pas le rôle de figures d’attachement ; les enfants peuvent cependant diriger les comportements d’attachement vers leurs pairs si les figures parentales sont indisponibles. Les attachements aux pairs tendent à émerger à l’adolescence, les parents restant à cette période des figures d’attachement. Le rôle des figures parentales envers les adolescents est d’être disponibles si besoin est, tandis que l’adolescent fait des excursions dans le monde extérieur.

Schèmes d’attachement

Une grande part de la théorie de l’attachement fut enrichie par la méthodologie innovante et les campagnes d’observation sur le terrain de Mary Ainsworth, particulièrement celles menées en Écosse et en Ouganda. Le travail d’Ainsworth élargit les concepts de la théorie et permit la vérification empirique de ses principes. Utilisant les premières formulations de Bowlby, elle mena une campagne d’observation sur les paires enfant-parent (ou dyades) durant la première année de vie, combinant des visites approfondies à domicile et l’observation des comportements dans certaines situations particulières. Cette première recherche fut publiée en 1967 dans le livre Infancy in Uganda.

Ainsworth identifia trois types d’attachements, ou schèmes, qu’un enfant peut adopter envers une figure d’attachement : sécure, anxieux-évitant (insécure), et anxieux-ambivalent ou résistant (insécure). Elle définit un protocole expérimental de laboratoire connu sous le nom de Situation Étrange (en) qui permet d’évaluer les comportements de séparation et de retrouvailles. Il s’agit d’un outil de recherche standardisé utilisé pour mettre en évidence les schèmes d’attachement chez les nourrissons et les jeunes enfants. En provoquant un stress conçu pour activer le comportement d’attachement, le protocole montre de quelle façon les très jeunes enfants utilisent leurs caregiver comme source de sécurité. Le caregiver et l’enfant sont placés dans une salle de jeu inconnue tandis que le chercheur enregistre les comportements spécifiques qu’il observe à travers une glace sans tain. En huit étapes différents, l’enfant expérimente la séparation et les retrouvailles avec le caregiver, et la présence en ce lieu d’un étranger inconnu à certaines étapes.

Le travail d’Ainsworth aux États-Unis attira de nombreux universitaires dans ce domaine, inspirant les recherches et remettant en question la domination du béhaviorisme. Des recherches ultérieures menées par Mary Main et ses collègues à l’Université de Californie à Berkeley ont permis d’identifier un quatrième schème d’attachement, appelé attachement désorganisé/désorienté. Ce terme reflète le défaut, pour certains enfants, d’une stratégie cohérente de réponse aux situations stressantes (coping).

Table des 4 schèmes reconnus

Le type d’attachement développé par les jeunes enfants dépend de la qualité des soins qu’ils ont reçus. Chaque schème d’attachement est associé avec certains schèmes de comportement caractéristiques, décrits dans le tableau suivant :

Ce sont là les quatre schèmes d’attachement actuellement reconnus par la recherche. Certains auteurs traduisent les termes de manière légèrement différente. On parle d’attachement sécurisant et d’attachement insécurisant de type évitant, insécurisant de type ambivalent, et insécurisant de type désorganisé et désorienté, dans la traduction du manuel de psychologie du développement de Diane Papalia et collaboratrices.

Attachement chez l’adulte

Les styles d’attachements dans les relations sentimentales adultes correspondent aux styles d’attachement dans l’enfance, mais les adultes peuvent présenter plusieurs modèles opérants internes en fonction des différentes relations.

La théorie de l’attachement fut étendue aux relations sentimentales adultes à la fin des années 1980 par Cindy Hazan et Philip Shaver. Quatre styles d’attachement sont couramment décrits chez l’adulte : sécure, anxieux-soucieux, distant-évitant, craintif-évitant. Ils correspondent plus ou moins aux types d’attachement de l’enfance : sécure, insécure-ambivalent, insécure-évitant et désorganisé/désorienté.

Les adultes sécures tendent à adopter une vision positive d’eux-mêmes, de leurs partenaires et des relations qu’ils nouent. Ils se sentent à l’aise dans l’intimité comme dans l’indépendance, équilibrant les deux.

Les adultes anxieux-soucieux recherchent un haut niveau d’intimité, d’approbation et de réponse à leurs initiatives (responsiveness) de la part de leurs partenaires, se montrant excessivement dépendants. Ils ont tendance à être moins confiants, à adopter une vision moins positive d’eux-mêmes et de leurs partenaires, et sont aussi susceptibles de montrer au sein de leurs relations un haut degré d’expression de leurs sentiments, de souci et d’impulsivité.

Les adultes distants-évitants recherchent un haut niveau d’indépendance, et semblent souvent éviter totalement l’attachement. Ils se perçoivent eux-mêmes comme auto-suffisants, non susceptibles de subir les sentiments d’attachement et n’ayant pas besoin de relations proches. Ils tendent à faire taire leurs sentiments, gérant le risque de rejet en gardant eux-mêmes à distance leurs partenaires, dont ils ont bien souvent une assez pauvre opinion.

Les adultes craintifs-évitants éprouvent des sentiments partagés au sujet des relations proches, désirant et à la fois se sentant mal à l’aise avec la proximité émotionnelle. Ils ont tendance à se méfier de leurs partenaires et se considèrent eux-mêmes indignes d’affection (unworthy). De la même façon que les adultes distants-évitants, les adultes craintifs-évitants tendent à fuir l’intimité, réprimant leurs sentiments8,,,.

Un jeune couple se repose sous un arbre. L’homme est allongé sur le dos et regarde la femme. La femme, qui porte de longs cheveux blonds et des lunettes de soleil, est assise près de la tête de l’homme, le regardant et posant sa main sur ses cheveux. Les deux sont en train de rire.

Deux aspects de l’attachement chez l’adulte ont été principalement étudiés. L’organisation et la stabilité des modèles opérants internes qui sous-tendent les styles d’attachement sont explorés par les psychologues sociaux qui étudient l’attachement au sein du couple,. Les psychologues du développement intéressés par les différences individuelles d’état d’esprit au regard de l’attachement explorent généralement de quelle façon l’attachement fonctionne dans une dynamique relationnelle, et comment il influe sur l’issue des relations. L’organisation des modèles opérants internes est relativement stable par rapport aux variations de l’état d’esprit d’un individu vis-à-vis de l’attachement.

Certains auteurs ont suggéré qu’un adulte n’entretient pas un seul type de modèles opérants internes. Il posséderait plutôt à un premier niveau un ensemble de règles et d’hypothèses au sujet des relations d’attachement en général, et à un autre niveau des informations concernant les relations ou les évènements relationnels spécifiques. Les informations des différents niveaux n’ont pas besoin d’être cohérentes entre elles ; les individus peuvent donc entretenir différents modèles opérants internes pour différentes relations,.

Il existe différentes façons de mesurer l’attachement chez l’adulte, le plus commun étant les questionnaires et les entretiens basés sur l’Adult Attachment Interview. Les différents outils de mesure ont été d’abord développés dans un but de recherche dans différents domaines tels que les relations sentimentales, parentales ou entre pairs. Certains classifient l’état d’esprit d’un adulte par rapport à l’attachement et aux schèmes d’attachement en référence aux expériences infantiles, tandis que d’autres évaluent les comportements relationnels et la sécurité relationnelle concernant les parents et les pairs.

Bis repetita… Une tenue de la GLNF sur TikTok !

Samedi 12 novembre 2022, nous vous alertions contre les agissements, voire les intentions malveillantes – cf. les commentaires –, dans une vidéo TikTok intitulée « espionner des francs-maçons -maçons ».

À nouveau, nous retrouvons malheureusement, cette obédience sur cette application mobile de partage de vidéo et de réseautage social lancée en septembre 2016 – développée par l’entreprise chinoise ByteDance – TikTok. À son insu, vraisemblablement. Comme la précédente, elle est, elle aussi, devenue virale. Certains posent la question : à savoir si TikTok, premier moteur de recherche préféré des jeunes internautes, serait nocif pour eux ?

Cette fois-ci, il s’agit d’une tenue au siège de la Grande Loge Nationale Française, dont le code APE (activité principale exercée) ou code NAF (nomenclature d’activité française), c’est la même chose, est 94.91Z, soit celui des « Activités des organisations religieuses » ! Pour une structure administrative qui se déclare, encore et toujours régulière et ne faisant pas de politique et de religions, c’est fort de café !

Le titre de cette vidéo TikTok est, cette fois, « Ils ont pu filmer un rituel de la franc-maçonnerie ».

Un extrait d’un documentaire, filmé reconnaissons-le par des professionnels, toutefois largement diffusé en son temps…

@daniel.b7777 #fypシ #foryoupage #tiktok #pourtoi #africa #viral #découverte #verité🥺 ♬ Get You The Moon – Kina

Mais Surprise sur prise – paraphrasant la célèbre émission de télévision en caméra cachée , une tenue peut en masquer une autre…

Il en est aussi de même concernant cette application mobile multiplateforme – système de messagerie instantanée chiffrée de bout en bout aussi bien via les réseaux de téléphonie mobiles que par Internet – WhatsApp ! Hélas, des sœurs et des frères n’ont pas toujours conscience du danger de cette application et font circuler, à tort, convocations, photos ou, pire, des tenues filmées…

Francs-maçons du Père Lachaise

Martine BayardLes Éditions du Panthéon, 2022, 216 pages, 19,90 € – Format Kindle 12,99 €

Mettant à profit le temps de la Toussaint – même si sa célébration est une spécificité catholique apparue en Occident au VIIIe siècle – nous parcourons cet ouvrage comme si nous flânions dans les allées si pittoresques du Père-Lachaise, appelé aussi « cimetière de l’Est »…

Passionnée d’histoire, particulièrement du siècle des Lumières et profondément attachée à la liberté de penser et à l’universalisme, Martine Bayard, titulaire d’une maîtrise de sciences économiques et sociales de l’Université de Panthéon-Sorbonne, nous offre un véritable guide touristique, d’ordre pratique – format 14 x 22,5 cm – autant que culturel et historique.

Si, selon la tradition, les francs-maçons se reconnaissent par des « signes, mots et attouchements », les « signs, words and grips » des anglais, notons que certaines sépultures n’hésitent pas à reproduire cette partie du rituel maçonnique. Avec une première de couverture – reproduisant un détail de la

tombe la famille Laurençot, probablement inspirée de la maçonnerie –, nous découvrons ce symbole d’éternité du serpent qui se mord la queue, l’ouroboros, ainsi que la célèbre et fantasmatique poignée de main – secrète ? – maçonnique… De quoi mettre en appétit le lecteur !

Portrait de Vivant Denon (1768)

Dans son propos introductif, l’auteure explore ce riche passé de Maçons, nos illustres ancêtres,  reposants au Père-Lachaise contribuant ainsi à renforcer la chaîne qui les relie jusqu‘aux Maçons d’aujourd’hui, c’est-à-dire à nous-mêmes. Ils ont œuvré pour nous léguer un monde meilleur – la Franc-Maçonnerie ne travaille-t-elle pas à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité ? À nous de le transmettre tel que nous l’avons reçu, voir si possible de l’améliorer, en l’offrant à nos enfants et petits-enfants.

Si le sujet de l’ouvrage est bien une très belle balade parmi les défunts, Martine Bayard nous la fait découvrir de deux façons différentes : l’une thématique, l’autre chronologique.

Une thématique bien maçonnique puisqu’elle traite du symbolisme, cherchant à comprendre les motivations qui poussent un Maçon « à inscrire sur sa pierre tombale des symboles que l’on réserve en principe au travail en loge ». L’art, l’architecture – « Les maçons se veulent architecte de la connaissance, ce qui signifie la liberté de penser le droit à la recherche sans entrave de la vérité » –, la sculpture, sœur de l’architecture, qui, comme elle, est fille de la géométrie. Elle-même élément du quadrivium, se rapportant au « pouvoir des nombres ».

Pour traiter ensuite de peinture, musique, littérature – la tombe, inspiré par le taureau androcéphale assyrien de l’époque classique, du romancier, dramaturge et poète d’Oscar Wilde (1854-1900) attirant nombre de visiteurs en est un exemple –, sans oublier le cinéma et la photographie, ainsi que le cirque, avec, au columbarium se développant sur quatre faces autour du crématorium, la plaque contenant l’urne funéraire du clown de génie Alfonso Zavatta, dit Achille (1915-1993).

Armes du Ier Empire

Chronologiquement, l’auteure nous fait partager son savoir sur « la maçonnerie entre Lumières et Révolution » et évoquant le graveur, écrivain et diplomate Vivant Denon (1747-1815),  le romancier Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos (1741-1803) ou encore le philosophe François-Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778), reçut au sein de la célèbre loge des Neufs Sœurs un peu moins de deux mois avant sa mort. Avant de s’attacher à la Maçonnerie au service de l’Empire français, appelé a posteriori le Premier Empire – période allant de 1804 à 1815 – avec Cambacérès, Foy, Mortier, par exemple. Non sans étudier les progrès dans la médecine, la chirurgie – avec le médecin et chirurgien Larrey entre autres – et la science. Comment ne pas évoquer les tombes de Maçons célèbres liés à la Commune, et le mur des fédérés où 147 combattants furent fusillés les Versaillais à la fin de la Semaine sanglante, en mai 1871, et jetés à la fosse commune. Depuis lors, il symbolise toujours la lutte pour la liberté, la nation et les idéaux des communards. Sans faire l’impasse sur cette IIIe République, âge d’or de la Franc-Maçonnerie. Martine Bayard s’intéresse aussi à la politique puis à la résistance avec Pierre Brossolette (1903-1944), panthéonisé depuis, et consacre, bien évidemment, un important chapitre aux femmes.

Marie Béquet de Vienne

La féministe, militante sociale, républicaine laïque et Franc-Maçonne Marie Béquet de Vienne (1844-1913), créatrice de la société pour l’allaitement maternel et des refuges-ouvroirs destinés aux femmes enceintes en détresse, faisant partie en 1893 des fondatrices de la première obédience maçonnique mixte internationale LE DROIT HUMAIN, est en bonne place.

Div. 51– Sépulture de Marie Béquet de Vienne

L’ouvrage, illustré de photographies et d’un plan des sépultures, s’achève avec une liste de Maçons cités et inhumés au Père-Lachaise, avec le lieu de l’implantation des sépultures, mais aussi de ceux cités mais non inhumés. Armé de ce guide, une visite s’impose !

La 4e de couverture

Les Éditions du Panthéon sont une maison d’édition française créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Elles sont actuellement un des principaux acteurs de la publication à compte d’auteur en France. Elles proposent, au-delà de 15 % de son catalogue en format numérique, des mémoires et témoignages, des romans, des poèmes, du théâtre, des essais, des contes et des nouvelles.

10 Histoires fantastiques par Radio France

À propos de la série

En 1975, la professeure de littérature Hélène Auffret, spécialiste de littérature fantastique, proposait avec Arlette Dave dix lectures de nouvelles emblématiques de ce courant né au XIXe siècle en Europe du Nord. Dix récits marqués par le surgissement du surnaturel dans la réalité.

Né à la suite du roman gothique anglais au XVIIIe siècle et de la fascination pour l’occultisme, propagé par Ernst T.A. Hoffmann, Théophile Gautier, Prosper Mérimée, Edgar Poe, Mary Shelley, le récit fantastique met en scène l’irruption de l’invraisemblable dans un quotidien sans surprise. Défiant le bon sens, il amène à faire douter de ses propres perceptions, et conduit à une perplexité qui va jusqu’à la perte de contrôle. S’ouvre un abîme d’inconnu où s’engouffrent la peur et l’épouvante. Différent du merveilleux des contes de fées, ou des anticipations de la science-fiction, le genre fantastique évolue au XXe siècle dans les replis les plus cachés de la conscience et de la psyché individuelle, générateurs d’angoisse.

En 1975, Hélène Auffret, professeure de littérature générale et comparée et Arlette Dave, réalisatrice, proposent une série de 10 lectures de  classiques de la littérature fantastique. Sous la forme didactique du commentaire, se dessine une analyse fine de ces récits aux frontières de l’invisible et de l’inexplicable.

Épisodes

Axolotl (Ambystoma Mexicanum)

Épisode 1/10 : Histoires fantastiques : « Axolotl » de Julio Cortazar

En 1956, Julio Cortazar publie sa nouvelle « Axolotl », classique du récit fantastique. Le narrateur en visite au Jardin des plantes s’y trouve magnétisé par un axolotl, petite salamandre mexicaine, à moins que ce ne soit l’axolotl qui éprouve une attraction pour cet humain… Une archive de 1975.

mardi 25 octobre 2022ÉCOUTER

32 min

Lever du jour sur des saules, Grand Rapids, Michigan, USA

Épisode 2/10 : Histoires fantastiques : « Les Saules » d’Algernon Blackwood

Deux amis, un Anglais et un Suédois, descendent le Danube en canoë. Ils s’arrêtent pour la nuit sur une île. La nature se métamorphose et les arbres se rapprochent… Une nouvelle écrite en 1907 par Algernon Blackwood « maître absolu et indiscuté de l’atmosphère fantastique » selon H.P. Lovecraft.

mercredi 26 octobre 2022ÉCOUTER

31 min

La foule entourant une automobile renversée 1915-1923

Épisode 3/10 : Histoires fantastiques : « La Foule » de Ray Bradbury

Ayant perdu le contrôle de son véhicule, Mr Spallner est victime d’une sortie de route. Aussitôt la foule s’ agglutine autour de lui. Bien plus que l’accident lui même, c’est le contact avec cette masse « mauvaise, erronée, et injuste » qui le traumatise…Par l’auteur des « Chroniques Martiennes ».

jeudi 27 octobre 2022ÉCOUTER

31 min

L' Araignée  par Odilon Redon 1881

Épisode 4/10 : Histoires fantastiques : « L’Araignée » de Hanns Heinz Ewers

Dans une chambre d’un petit hôtel parisien, trois personnes se suicident en se pendant à la fenêtre, le vendredi, trois semaines de suite. Un commissaire de police mène l’enquête et remarque qu’une grosse araignée noire se trouve chaque fois non loin du corps des suicidés…

vendredi 28 octobre 2022ÉCOUTER

29 min

L'actrice Kim  Novak sur le tournage de "The Eddy Duchin story" de George Sidney en 1956

Épisode 5/10 : Histoires fantastiques : « La Sève de l’arbre » de Mildred Clingerman

Une honnête mère de famille américaine choisit un sapin de Noël. L’effleurement de son avant-bras par le patron de la boutique lui procure un étrange sentiment de « déjà vu »… Une nouvelle sur la possession physique et la dépossession de soi.

samedi 29 octobre 2022ÉCOUTER

30 min

Le Tricheur à l'as de carreau par Georges de La Tour 1632

Épisode 6/10 : Histoires fantastiques : « Les Amis des amis » d’Henry James

Un drame de la jalousie qui se noue autour d’apparitions fantomatiques. Ce texte d’Henry James salué par les plus grands (Virginia Woolf, Jorge Luis Borges) est un classique de la littérature fantastique.

mardi 1 novembre 2022ÉCOUTER

31 min

Buick de 1934  8 96c

Épisode 7/10 : Histoires fantastiques : « La Limousine bleue » d’Ann Bridge

Mrs Balby, terne épouse de diplomate muté à Pékin, traîne une vie insipide dans sa limousine bleue, de parties de polo en réceptions mondaines. Jusqu’à ce que dans l’ habitacle feutré de sa Buick, elle entende soudain une voix féminine susurrer « Jacques, mon très cher… »

mercredi 2 novembre 2022ÉCOUTER

32 min

Gauchos de la pampa argentine 4 novembre 1989

Épisode 8/10 : Histoires fantastiques : « Le Sud » de Jorge Luis Borges

De Buenos Aires au sud de la pampa, passé et présent se répondent et se confondent. Le narrateur échappe à la mort mais semble répondre à son appel dans un autre ordre de réalité… Un classique du récit fantastique signé du maître argentin Jorge Luis Borges.

jeudi 3 novembre 2022ÉCOUTER

25 min

Centre historique d'Hambourg, Allemagne, 1936

Épisode 9/10 : Histoires fantastiques : « La Ruelle ténébreuse » de Jean Ray

Des manuscrits relatant des événements étranges, retrouvés dans le port de Hambourg… Une ruelle qui semble n’avoir d’existence que pour le narrateur… Des crimes et une atmosphère macabre… Avec « La ruelle ténébreuse » l’écrivain belge Jean Ray livre un condensé du récit d’épouvante.

vendredi 4 novembre 2022ÉCOUTER

32 min

Personne derrière la vitre

Épisode 10/10 : Histoires fantastiques : « Escamotage » de Richard Matheson

Un écrivain raté, aux abois, voit progressivement son rapport au réel se brouiller. Ses relations avec son épouse, sa maîtresse, ses amis, et jusqu’à la réalité de sa propre existence semblent se dissoudre dans un grand sentiment de malaise…

samedi 5 novembre 2022ÉCOUTER