Georges SÉRIGNAC, Grand Maître du Grand Orient de France, et les membres du Conseil de l’Ordrevous invitent dans le cadre des célébrations de l’appellation Grand Orient de France à une conférence publique intitulée « La Franc-maçonnerie d’hier à demain, entre tradition et modernité »,
le samedi 4 mars 2023 à 16h00 au Nouveau Siècle 17 Place Pierre Mendès France – 59800 Lille.
Georges Sérignac
Les intervenants sont Georges SÉRIGNAC, Grand Maître du Grand Orient de France et Pierre MOLLIER, historien et conservateur du musée de la franc-maçonnerie.
Pierre Mollier
Pour des raisons de sécurité et d’accueil, l’inscription pour assister à la conférence est obligatoire sur https://reservation.godf.org
Une série d’événements est organisée dans plusieurs villes en France et à l’île Maurice : conférences publiques et expositions. Voici les lieux et le dates connues à ce jour : Lyon : Vendredi 17 & samedi 18 mars 2023/Nantes : Samedi 25 mars 2023
Le programme pour les prochaines villes (Toulouse, Nancy, Marseille, Tours, Paris) et l’île Maurice sera disponible progressivement. Pour tous renseignements
Reçu avec joie, plaisir et honneur par le journaliste Alexis Lacroix et Frédéric Louis pour essentiellement deux ouvrages : L’exil à domicile (Gallimard, 2022) et la reparution, en livre de poche Folio, D’un siècle l’autre, initialement publié dans la collection « Blanche », chez Gallimard, en 2020.
Un franc succès, au regard de l’affluence. Un Grand Temple comble… et nous l’imaginons bien volontiers, des organisateurs comblés !
La Fédération française du DROIT HUMAIN, fondée en 1901, première et plus ancienne fédération de l’Ordre maçonnique mixte international LE DROIT HUMAIN première obédience mixte fondée en 1893…
Un belle façon de rendre hommage à Marie Adélaïde Deraismes, dite Maria Deraismes (1828-1894), féministe, oratrice et femme de lettres, première femme initiée à la Franc-Maçonnerie en France, à la fin du XIXe siècle, et à l’origine de la création de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN.
Maria Deraismes, première femme initiée à la Franc-Maçonnerie en France.
L’année maçonnique 2023 marquera donc le 130e anniversaire – et quel anniversaire ! – de la création, le 4 avril 1893, par LE DROIT HUMAIN de la première loge mixte de l’histoire de la Franc-Maçonnerie universelle, en pleine égalité entre femmes et hommes.
Un frère introduit les « travaux » du jour
Une série de conférences/débats ponctuent ainsi cette année. De beaux événements en perspective , donnant ainsi à notre très chère Sœur Amande Pichegru, Grand Maître National de la Fédération française du DROIT HUMAIN, l’occasion de présenter au grand public la modernité originelle du DROIT HUMAIN à l’aune de nouveaux enjeux du vingt et unième siècle.
Le Grand Temple de la Maison Maria Deraismes
Nous notons que la prochaine conférence publique se tiendra à Saintes le 10 mars prochain, à l’initiative de la loge saintaise « Lumière de Saintonge » (entrée libre et ouverte à toutes et à tous).
Nous retenons qu’en France 16 000 Sœurs et Frères sont membres du DH qui maçonnent dans plus de 740 Loges de métropole et d’outre-mer – en Île-de-France près de 2000 sont répartis en une cinquantaine de Loges. La Fédération internationale compte, elle, 33 000 répandus sur toute la surface de la Terre.
Et surtout de nos expliquer pourquoi le terme « MIXITÉS » s’entend au pluriel. Une formule en deux temps – conférence de 45 minutes suivie d’un débat de même durée – s’ouvrant par de remerciements adressés aux Loges organisatrices, au conférencier mais aussi et surtout au public présent en ce samedi après-midi au sein de la Maison Maria Deraismes, du nom de la cofondatrice du DH. Pour traiter de toutes les mixités : d’hier, d’aujourd’hui et de demain.
Amande Pichegru
Amande Pichegru présente l’une des grandes Obédiences maçonniques françaises en parlant de géographie, diversité, symbolisme, histoire et plus… Dans le contexte actuel, la conférencière précise que nous avons tous besoin d’espérance, et d’utopie. Rappelant la célèbre phrase de Victor Hugo (1802-1885) « L’utopie est la vérité de demain ».
Comme à l’accoutumée, la parole circula. Elle fut riche et dense. De nombreux profanes purent étancher leur soif de savoir et nous ne doutons pas qu’ils (elles) repartirent contents !
Déclaration de principes de la Loge écossaise « Les Libres Penseurs » du Pecq et le Testament philosophique de Maria Deraismes.
Nous retenons que les Maçons sont des ouvriers qui viennent « travailler avec une caisse à outils symboliques afin de construire au fil de leur parcours initiatique ce que nous appelons le temple intérieur, un édifice personnel très intime, aux fondations solides ».
À l’issue de ladite conférence et du débat, un temps d’échange plus particulier était accordé à celles et ceux qui désiraient aller plus loin. Chacun pouvant aussi prendre connaissance des travaux des nombreuses commissions du DH : Europe, droits de l’homme et laïcité, perspectives sociétales, bioéthique, etc. Le DH met en avant, dan son dossier de présentation l’égalité de la femme et de l’homme, lafraternité & la justice sociale, le perfectionnement de l’humanité et le principe de laïcité.
Réécoutez, si tel est votre désir, sur France culture, « Le Droit Humain – Interview d’Amande Pichegru, Grand Maître National au Droit Humain – France » du dimanche 30 octobre 2022.
La Franc-maçonnerie « spéculative », cette société initiatique née au 18e siècle, est aujourd’hui traversée en France par divers courants d’une spiritualité aussi bien confessionnelle que laïque. Elle pérennise néanmoins la tradition fervente des bâtisseurs de cathédrales.
À ce titre, elle centre sa réflexion symbolique sur les premiers mots de l’Evangile de Jean : « Au commencement était le Verbe ». Dès lors y sont activés sept vocables qui en découlent et lui dictent une véritable ligne de conduite : Apprendre, recevoir, œuvrer, croire, croître, fraterniser, transmettre. C’est autour de ces injonctions productives – librement acceptées et pratiquées par les francs-maçons et franc-maçonnes contemporains de divers horizons – que Gilbert Garibal, membre de la confrérie depuis plus de quarante ans – a structuré cet ouvrage.
Il nous présente ainsi « l’Art Royal » avec une écriture alerte, limpide et précise. Devenir franc-maçon. Être initié. Intégrer une loge. Y faire quoi. Le secret maçonnique. La rencontre. Le message de cette organisation discrète. Autant de situations, autant d’interrogations : l’auteur y répond ici clairement, avec sa sensibilité très personnelle.
Que votre souhait soit d’entrer en franc-maçonnerie ou de vous informer sur ce modèle de communication, vous découvrirez dans ce livre, « vivant » et complet, le fonctionnement d’une institution séculaire, de sa naissance à nos jours. Au moment même où elle sait faire rimer humanité avec modernité.
Gilbert Garibal
Biographie de l’auteur
Gilbert Garibal, docteur en philosophie, psychosociologue et ancien psychanalyste en milieu hospitalier, est spécialisé dans l’écriture d’ouvrages pratiques sur le développement personnel, l’épanouissement individuel, les faits de société et la franc-maçonnerie parus, entre autres, chez Marabout, Hachette, De Vecchi, Dangles, Dervy, Grancher, Numérilivre, Cosmogone. Au total, près d’une cinquantaine.
Franc-maçon depuis plus de quarante ans et titulaire du 33e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté, il est membre de la Grande Loge de France et du Suprême Conseil de Méditerranée.
[NDLR : Vous le savez, Gilbert Garibal est un chroniqueur régulier de 450.fm à qui nous devons la rubrique « Humain/psycho socio ». Un rubrique enrichie par pas moins de 90 articles à ce jour.
Préfacé par José Barthomeuf, 33e et membre de la GLDF, celui-ci a réalisé quelques papiers pour Points de Vue Initiatiques(PVI), revue trimestrielle de la Grande Loge de France qui a pour but d’accompagner la démarche initiatique des Frères, les aider dans leur réflexion et les éclairer dans leurs travaux.
D’emblée, dans sa préface, José Barthomeuf nous précise que Gilbert Garibal aime la vie, ne cessant même de vouloir la rendre plus belle autour de lui. Comment ? En proposant des méthodes de développement personnel, que sa formation de psychosociologue et sa carrière de communicant lui ont permis d’approfondir et d’appliquer. Cela s’appelle, en Franc-Maçonnerie de tradition la transmission !
Nous le savons, Gilbert Garibal aime l’autre, son prochain, son Frère. Joseph Barthomeuf décrit l’ouvrage comme une lumière et un phare reposant sur des bases saines, solides, historiques et profondes de plusieurs millénaires. Prenant racine dans les plus anciennes traditions et symboles des bâtisseurs. De ces vestiges monumentaux que nous ont légués les Égyptiens de l’Antiquité, les pyramides jusqu’à ces édifices gothiques, au cœur des villes, que sont les cathédrales. Il s’agit pour lui d’un livre construit tel un véritable guide permettant de tout savoir, ou presque, sur la Franc-Maçonnerie. Sauf, bien évidemment, ce que l’on ne peut pas dire, sans doute attaché à ce que l’on entend par le trop fameux ou fumeux secret maçonnique…
Vitraux à motifs maçonniques, GLDF, photo Gilbert Garibal
Dans son chapitre intitulé Ouverture, Gilbert Garibal fait un constat sur l’état de la Franc-Maçonnerie à l’aune de ce nouveau siècle. Une société qui est toujours dite fermée, voire secrète et des Francs-Maçons plus ou moins jugés comme hermétique. Un réflexe hérité du passé dont cette société secrète intrigue et fascine toujours et le grand public lui prête quelques mystères. L’auteur relate pourquoi et comment les authentiques Francs-Maçons et Franc-Maçonnes travaillent discrètement à l’abri des regards. Il nous entretient, en 7 chapitres, de sa vision de cette « école de vie à découvrir ». Terminologie du titre qui annonce déjà ce que nous pourrions entendre et comprendre de et par l’Art Royal : identité, éducation, mission, vocation, apprentissage, etc.
La colonne vertébrale de l’ouvrage se décline ainsi :
Premièrement, APPRENDRE : la franc maçonnerie est historiquement une école de pensée ;
Deuxièmement, RECEVOIR : en les accueillant, elle ouvre au demandeur une voie initiatique ;
Troisièmement, ŒUVRER : elle leur propose des outils et des matériaux symboliques de formation ;
Quatrièmement, CROIRE : croyant, agnostiques et athées peuvent choisir leur obédience ;
Cinquièmement, CROÎTRE : la maçonnerie permet un épanouissement personnel en commun ;
Sixièmement, FRATERNISER : elle diffuse un message permanent d’amour universel ;
Septièmement, TRANSMETTRE : elle invite à répandre à l’extérieur les connaissances acquises.
Gilbert Garibal redonne les principes de la Maçonnerie, qui sont comme autant de nobles buts, bien loin de toutes combines ou complots, situant, en toute logique, le Maçon comme un être aux antipodes de l’obscurantisme.
Une façon de (re)découvrir une certaine histoire de la construction, opérative dans un premier temps comprenant aussi celle de l’édification du Temple de Jérusalem, jusqu’à la période spéculative, notamment avec le discours de Ramsay.
L’auteur nous propose d’ « Entrer en Maçonnerie » en dressant un tableau, non exhaustif des différentes Obédiences présentes sur notre territoire – avec toutefois quelques erreurs quant aux nombre de membres et de Loges.
Dans sa conclusion, Gilbert Garibal rappelle que le marathon maçonnique est bien porteur des symboles des valeurs de la République avec « Liberté de l’espace, Égalité dans l’épreuve, Fraternité dans l’effort ». Une façon pour l’initié d’aller plus loin…
L’article 450FM de Guillaume Schumacher du 1er février nous a éclairé sur les courants historiques et légendaires de la ROSE+CROIX et en particulier sur L’ordre kabbalistique fondé par Stanislas Guaita et Joséphin Péladan, Ordre qui enseignait l’OCCULTISME… de quoi stimuler la créativité de notre facétieux JISSEY qui a sauté sur ses pinceaux numériques…
A vrai dire, ce n’est pas tout à fait vrai, car chacun sait que les obédiences et les Loges disposent d’un fonds de secours qui peut permettre de venir en aide aux Sœurs et aux Frères qui ne peuvent pas assumer les frais de l’appartenance maçonnique.
En 2021, pour le GODF, avec un effectif de près de 50 000 membres, cette aide a concerné une trentaine d’exonération de capitation sur un total d’environ 250 dossiers ayant bénéficié d’une aide, pour un total de prêts de 900 000 €.
Cette remarque étant faite, il n’en demeure pas moins que, les exigences financières d’une activité maçonnique pouvant être estimées à près de 500 € par an, les personnes en difficultés ne peuvent pas se permettre de postuler.
Mais d’abord, qu’est-ce que la pauvreté ?
La Banque Mondiale décrit la pauvreté comme suit :
« La pauvreté, c’est avoir faim. La pauvreté, c’est être sans abri. La pauvreté, c’est être malade et ne pas pouvoir voir un médecin. La pauvreté, c’est ne pas pouvoir aller à l’école et ne pas savoir lire. La pauvreté, c’est ne pas avoir de travail, s’inquiéter de l’avenir et vivre au jour le jour. »
« La pauvreté a de nombreux visages. Elle change de lieu en lieu et avec le temps. Elle a été décrite de maintes manières. Le plus souvent, la pauvreté est une situation à laquelle les gens veulent échapper. La pauvreté est donc un appel à l’action – pour les pauvres comme pour les riches – un appel à l’action pour changer le monde pour que beaucoup plus de gens aient assez à manger, un logement décent, accès à l’instruction, à des soins de santé et à la protection contre la violence, ainsi qu’un mot à dire par rapport à ce qui se passe dans leur collectivité. »
On définit le seuil de pauvreté à partir du chiffre correspondant à 60% du niveau de vie médian.
En 2019, en France métropolitaine, le niveau de vie médian de la population s’élève à 22 040 euros annuels. Il correspond à un revenu disponible de 1 837 euros par mois pour une personne seule et de 3 857 euros par mois pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans.
Le seuil de pauvreté officiel de l’INSEE avec un seuil à 60%* : 1102 € (+ 39 € vs 2021) correspondant à plus de 9,3 millions de pauvres en France.
Le seuil international de pauvreté est fixé à 1,90 dollar par personne et par jour, (soit près de 52€/mois) sur la base des taux de conversion 2011 en parité de pouvoir d’achat (PPA). En 2015, et selon les dernières données disponibles, la part de la population mondiale vivant dans la pauvreté a baissé pour s’établir à 10 %, ce qui représente environ 736 millions de personnes. (Source Banque Mondiale).
Concrètement la pauvreté c’est la privation d’un certain nombre d’activités
On considère qu’une personne est pauvre lorsqu’elle ne peut pas se permettre de …
payer un loyer ou des factures de services publics,
garder la maison suffisamment au chaud,
faire face à des dépenses imprévues,
manger de la viande, du poisson ou un équivalent protéique tous les deux jours,
s’offrir une semaine de vacances loin de la maison,
avoir accès à une voiture/fourgonnette pour usage personnel,
remplacer les meubles usés;
remplacer les vêtements usés par de nouveaux vêtements;
avoir deux paires de chaussures correctement ajustées;
dépenser une petite somme d’argent chaque semaine pour lui-même («argent de poche»);
avoir des activités de loisirs régulières;
se réunir avec des amis/la famille pour un verre/repas au moins une fois par mois;
disposer d’une connexion Internet.
Selon les sources, on quantifie parfois en précisant qu’il s’agit d’au moins un nombre de privations (7 par exemple) sur 13.
La contrainte financière de l’adhésion à la Franc-maçonnerie
Fréquenter une loge entraîne plusieurs types de dépenses :
La capitation annuelle due à l’obédience : 170 € pour le GODF
La cotisation annuelle due à la loge : environ 100 €
Les frais d’agapes : sur la base de 2 réunions par mois sur 10 mois et 10 € par repas cela fait 200 € par an
Les frais de déplacement : selon le nombre de réunions et les distances parcourues on peut estimer à environ 100 € par an
Les oboles : sur la base de 20 réunions par an, environ 50 € par an
Les dépenses diverses (décors, ouvrages, abonnements) : environ 100 € par an
Soit un total approximatif de 720 € par an.
Cette estimation mérite d’être adaptée à des contextes locaux ; le total obtenu peut être inférieur ou supérieur. Quoiqu’il en soit, il est clair que pour une activité associative, cette dépense ne peut être assumée que par des personnes disposant d’un revenu important.
Par ailleurs, l’activité maçonnique, si elle est pratiquée avec un certain sérieux, est très prenante et chronophage : deux réunions par mois au minimum mais souvent plus si on ajoute les réunions de commissions, les visites, les salons et autres conférences et les activités obédientielles sans parler des réunions amicales. Tout cela suppose du temps libre et un coût supplémentaire !
On comprend que dans ces conditions, pour postuler à l’entrée dans une loge maçonnique le niveau de revenus est un critère d’élimination !
La Franc-Maçonnerie, une activité réservée aux riches ?
Lorsqu’on fréquente une loge, on s’aperçoit bien que tous les membres ne sont pas des richards et qu’il y a aussi sur les colonnes des sœurs et des frères aux revenus modestes qui font des sacrifices pour pouvoir honorer leur engagement !
Ce qui est sûr c’est que la majorité d’entre nous fait partie de la classe moyenne ou supérieure ; dans la grande majorité des loges, on note une quasi absence de membres de la classe ouvrière ou de chômeurs.
Doit-on accepter que la démarche maçonnique soit de facto interdite aux pauvres ?
Intellectuellement, affirmer que la démarche maçonnique doit être réservée à des personnes aisées est révoltant ! Alors que nous prétendons philosopher et être le centre de l’union, nous accepterions sans rien dire de ne pas accueillir des profanes qui pourraient avoir une place parmi nous !
Chacun sait que la richesse n’est pas un critère de moralité, qu’avoir un bon salaire n’est pas forcément corrélé avec la bienveillance ou la spiritualité !
On est capable de dépenser des centaines de milliers d’euros pour un convent de 3 jours, et on refuse d’examiner la candidature d’une personne qui ne peut contribuer à un droit « de passage » ?
Par ailleurs, toutes les études sociologiques montrent que la pauvreté correspond souvent à un passage, une tranche de vie, un moment transitoire et que la personne peut en sortir.
Les pauvres ont d’autant plus leurs places dans les loges que notre conception de la dignité humaine nous enjoint de les respecter en tant que personne humaine !
Il y a aussi le problème des francs-maçons qui deviennent pauvres et qui sont bien souvent contraints de démissionner car par pudeur, ils ne veulent pas que l’on sache leur situation !
Cela peut concerner un ou une franc-maçon-ne mais aussi un couple de francs-maçons.
Quelles solutions ?
Dans le cas de francs-maçons basculant dans la pauvreté, plusieurs mesures pourraient être prises très rapidement :
Ne pas tenir compte du niveau de revenus dans les enquêtes.
Prévoir une cotisation selon les revenus avec une option, cotisation nulle en cas de pauvreté avérée !
Agapes gratuites
Décors prêtés
Documentation prêtée.
Dans le cas de profanes en état de pauvreté , il faut changer notre façon de faire :
Tout d’abord, informer les candidats que la situation financière n’est pas un critère d’admission, l’important étant la motivation et la moralité du candidat ou de la candidate !
Instituer le montant de la capitation en fonction des revenus en prévoyant qu’au-dessous du seuil de pauvreté toutes les dépenses afférentes à l’activité maçonnique seront prises en charge par la loge et l’obédience !
Mobiliser le frère ou la sœur élémosinaire pour qu’un soutien particulier soit apporté au frère ou à la sœur pauvre admis sur les colonnes.
Prendre en compte la pauvreté et faire en sorte que cela n’empêche pas le parcours maçonnique serait une belle preuve que nous sommes capables de mettre en œuvre les valeurs qui sont les nôtres : Liberté, Egalité, Fraternité !
Pour aller plus loin
« LES PAUVRES : INTERDITS DE SPIRITUALITÉ ? » par Gwennola RIMBAUT paru en 2009 , classé dans : Essais
• Les personnes vivant dans des ménages à très faible intensité de travail sont celles âgées de 0 à 64 ans vivant dans des ménages où les adultes (âgés de 18 à 64 ans) travaillent 20 % ou moins de leur potentiel de travail total au cours de l’année écoulée.
Le gouverneur général Félix Éboué a passé toute sa carrière dans l’Empire colonial français, entre les Antilles et l’Afrique subsaharienne. Administrateur de proximité, allant au-devant de ses administrés, les respectant, essayant toujours de les comprendre, médiateur et républicain au plus profond de lui-même, il a souvent été écarté par des intrigues de bas étage.
Il a payé son indépendance d’esprit, mais aussi son engagement dans les rangs du socialisme et dans la franc-maçonnerie qu’il ne cachait pas.
Nommé gouverneur du Tchad début 1939, une voie de garage à ses yeux, il entre vivant dans l’Histoire en août 1940 : refusant la soumission, il se rallie au général de Gaulle et devient un homme-clé de la France libre dans l’Empire colonial, organisateur sans faille qui sait mobiliser les énergies.
Félix Éboué, Gouverneur général de l’Afrique-Équatoriale française du 11 août 1941 au 15 février 1944.
Il décède épuisé au Caire le 17 mai 1944, quelques semaines après la célèbre conférence de Brazzaville, sans avoir connu la libération de la France. En 1949, la République honore ce descendant d’esclave en le faisant entrer au Panthéon en même temps que Victor Schoelcher, l’homme de l’abolition de l’esclavage en 1848.
Cette biographie ne néglige aucun aspect des engagements et de la vie personnelle d’un homme hors du commun.
La biographie de l’auteur
Denis Lefebvre (photo personnelle), en 2014.
Secrétaire général de l’OURS (Office universitaire de recherche socialiste), chroniqueur régulier à Historia et à Franc-maçonnerie magazine, ancien journaliste, Denis Lefebvre a publié une vingtaine de biographies et d’essais historiques depuis son premier livre, Guy Mollet le mal aimé (Plon, 1992), dont Marcel Sembat. Franc-maçonnerie, art et socialisme à la Belle Époque, Dervy, 2017.
[NDLR : Souvenons-nous ! Lundi 26 août 1940, par la voix du gouverneur Félix Éboué (1884-1944), le Tchad devient la première colonie à rejoindre la France libre. Rejoint, quelques jours plus tard, par le Cameroun et le Congo français.
Blason des Gouverneurs généraux
Patriote résolu, l’homme politique était administrateur colonial et un résistant de la première heure durant la Seconde Guerre mondiale, répondant, dès août 40, à l’appel du 18 juin lancé par le général de Gaulle depuis Londres, au micro de la BBC. Il est aussi l’artisan du ralliement de l’Afrique-Équatoriale française (A-ÉF) à la France libre.
Depuis le 20 mai 1949, les cendres de Félix Éboué repose au Panthéon. Il reste un exemple d’engagement pour tous. Fils d’un orpailleur descendant d’esclaves affranchis, doté de hautes valeurs morales, il est un véritable humaniste.
Félix Éboué a été initié au sein de la Loge « La France équinoxiale » de la Grand Loge de France, à l’Orient de Cayenne, le 13 juillet 1922. Passé Compagnon le 1er février 1927 puis, le 26 mars 1927, élevé Maître Maçon, il s’affilie par la suite la Loge martiniquaise de la GLDF « Les disciples de Pythagore ».
Eugénie TELL-ÉBOUÉ, députée de la Guadeloupe puis sénatrice (1946-1952) – photo Le Maitron
Il semble aussi – sa femme Eugénie Tell, initiée au DROIT HUMAIN, s’engage dans les Forces françaises libres féminines et ayant servi comme infirmière à l’hôpital militaire de Brazzaville – que Félix Éboué ait fréquenté la Loge « Maria Deraismes », à l’Orient de Paris, de la Fédération française du DROIT HUMAIN.
C’est en quatre chapitres que Denis Lefebvre, bibliographe bien connu, nous conduit avec bienveillance à la découverte, essentielle et exemplaire, de cet homme remarquable. Il retrace tout son parcours tant profane que maçonnique, nous dépeignant Félix Éboué comme un homme d’une grande simplicité.
Le Maçon retiendra aussi, dans la dernière partie, les lignes consacrées aux « Hommages maçonniques ». Mais c’est sans doute aussi le titre du premier chapitre qui peut être repris comme une maxime maçonnique : « Écoutez beaucoup, parlez peu, comprendre. » Une belle « devise » que chacun pourrait faire sienne.
Nous soumettons à votre méditation la phrase de Jean Jaurès (1859-1914) : « Le devoir de mémoire n’est pas de conserver les cendres mais d’entretenir la flamme. » Puissions-nous, tous ensemble, faire vivre, longtemps encore, l’humanisme de ce grand homme parti trop tôt…
Le Passeur Éditeur n’est pas une création ex nihilo. Il est le fruit de la rencontre de plusieurs parcours professionnels dans les métiers du livre depuis vingt ou trente ans.
Le Passeur Éditeur est né de la certitude de ses fondateurs qu’unis ils arriveraient à mieux promouvoir leurs auteurs, faire vivre leurs livres, défendre leurs idées, en mettant en commun leurs réseaux, leur savoir-faire et leur expérience professionnelle. En savoir +]
Notre époque est confrontée à de nombreux défis et impératifs à court, moyen et long terme auxquels se superposent trois types d’intérêts – les nôtres, ceux de nos proches et ceux de tous les êtres. Une manière de répondre à ces défis pourrait être de créer une société plus coopérante et altruiste qui prennent en compte l’interdépendance de toutes choses et le fait que l’ensemble du collectif est plus que la somme des parties.
L’émerveillement, comme prise de conscience de la part sauvage du monde, en serait un des piliers. Cultiver ce rapport d’humilité avec le vivant, d’en prendre conscience, favorise notre disposition à s’y intéresser et par conséquent à s’y dévouer. Le désir de prendre soin de ce qui nous émerveille permettrait de contribuer au changement nécessaire de nos modes de vie et de prendre en considération le sort de toutes les espèces.
Depuis plus d’un demi-siècle, l’humain exploite et consomme excessivement les ressources de la planète1 et a généré une bascule dans une nouvelle ère géologique : de l’Holocène à l’Anthropocène2. Comme le rappelle l’explorateur et médecin Jean-Louis Étienne, là où les changements d’époque géologique résultaient auparavant des phénomènes naturels, l’homme en est à présent l’acteur principal3. La puissance d’impact de ses activités sur l’ensemble du système qui maintient la vie sur Terre épuise le stock de « capital naturel » (énergies fossiles, forêts, réserves marines, eau douce…) sans lui laisser le temps nécessaire à sa régénération4 , entraînant actuellement la sixième extinction de masse des espèces.
Lors du Global Positive Forum de 2019, Aurélien Barrau, professeur en astrophysique engagé pour le climat, rappelait qu’avec “un bulldozer qui fonctionne à l’énergie solaire, l’humain peut raser la forêt amazonienne”5. Ce sont nos propres pratiques qui engendrent ces multiples bouleversements, dont le réchauffement climatique résultant des activités humaines est un aspect qui a des répercussions sur l’ensembles des autres composantes. Il est donc possible de changer !
Face au manque de volonté et d’engagement de la part du monde politique, il nous faut nous garder de tomber dans une apathie généralisée, un cynisme résigné où nous aurions tendance à penser que « tout compte fait, l’on verra bien quand ça arrivera ». Comme l’écrit très justement Herbert George Wells : « L’histoire est une course entre l’éducation et la catastrophe.[7] »
Les solutions existent. Il nous reste encore quelques années pour prendre des mesures décisives. Transformer nos activités individuelles et collectives qui affectent l’ensemble de la planète en prenant la pleine mesure des alertes lancées par les scientifiques est indispensable. De même que de suivre les courants d’idées qui promeuvent l’altruisme et le bien-être véritable en tant qu’authentiques guides dans nos prises de décisions.
Renouer avec le vivant en faisant naître en nous le sentiment d’émerveillement est un changement de mentalité important et déterminant au court, moyen et long termes. Il favorise les actions nécessaires à l’émergence d’une nouvelle économie et de nouveaux modes de vie et de consommation, à la fois plus solidaires et plus responsables vis-à-vis de notre planète et des êtres qui y cohabitent.
L’émerveillement devant la nature sauvage à lui seul ne suffira pas à régler la crise écologique, mais il est une prise de conscience nécessaire à l’action efficace. Cultiver cet état d’esprit de reconnaissance et d’humilité est un antidote au consumérisme superflu et mortifère – un espoir de restaurer la confiance dans la nature humaine et de préserver la part sauvage du monde.
En pratique, si chacun d’entre nous cultivait davantage l’aspiration à prendre soin, en ayant par exemple plus de considération pour les espèces animales, nous serions amenés à repenser la manière dont nous les traitons. Au lieu de les réduire à des êtres insensibles et instrumentalisés, nous reconnaîtrions leur conscience et état d’êtres vivants. Concevoir ce souhait de prendre soin permet de mieux prendre en considération notre interdépendance. Le sentiment d’émerveillement mène nécessairement au désir de protéger et donc à agir en ce sens. Cultiver collectivement cette considération du sort d’autrui et du vivant, éviterait le sacrifice aveugle du monde à nos intérêts éphémères, ne laissant à ceux qui viendront après nous qu’une planète polluée et appauvrie.
L’émerveillement en aspiration et en action, est un concept qui permet d’œuvrer ensemble à un monde meilleur en prenant sérieusement en considération le sort des générations à venir et des huit millions d’autres espèces qui sont nos concitoyennes en ce monde.
Johan Rockström, éminent chercheur sur les changements climatiques et environnementaux, me disait récemment : « Nous formons une seule communauté et gagnons à être bienveillants les uns envers les autres. Nous dépendons tous de notre capacité collective à rester en deçà des limites planétaires qui nous permettraient de préserver un espace de sécurité au sein duquel l’humanité pourrait continuer de prospérer. En menaçant la stabilité de la planète, nous menaçons toutes les générations futures. Garder une planète stable est l’expression ultime non seulement de la bienveillance, mais aussi de la justice intergénérationnelle. Nous devons parler du droit de naître sur une planète offrant de bonnes conditions de vie. La bienveillance exige de remettre à nos enfants une planète en bon état. Ce serait la meilleure de nos réussites. »
L’émerveillement mène au respect, le respect mène au désir de prendre soin, prendre soin mène à l’action – étendons collectivement notre engagement personnel au sein d’une responsabilité universelle.
Pourrions-nous nous émerveiller dans notre monde franc-maçonnique ? Nous émerveiller d’une Tenue qui nous a permis de « lâcher un peu prise » sur des problèmes récurrents, lâcher prise sur nos peurs ? Les planches nous y aident bien entendu, mais de façon plus « sensitive » plus « émotionnelle » le rituel et les outils peuvent aussi nous permettre de nous émerveiller. L’émerveillement, comme le dit si bien Matthieu Ricard, nous mène au respect et au désir de prendre soin. C’est ce qu’il nous arrive de faire dans nos Loges, puissions-nous accentuer ce prendre soin, de nous et des autres.
Ida
Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.
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1 Donella Meadows, Dennis Meadows, Jørgen Randers, William W. Behrens, The Limits to Growth, Universe Books, 1972.
2En 2009, le Suédois Johan Rockström et vingt-sept autres scientifiques de renommée internationale introduisaient le concept de « limites planétaires » en neufs grands changements environnementaux. À partir de 1950, Paul Crutzen, prix Nobel de chimie, désigne par « anthropocène » la prédominance de l’influence de l’activité humaine sur le système terrestre. On assiste à ce que les scientifiques appellent « la grande accélération ». Tout augmente : la population, l’utilisation d’engrais et d’eau pour l’agriculture, la surpêche et la pollution des mers, le nombre de véhicules, le méthane qui vient de l’élevage industriel, la diminution de l’ozone. En appauvrissant constamment les sources mêmes qui, depuis les origines, ont constitué la vie, les activités humaines détruisent la nature dans sa structure matérielle. L’ère de l’anthropocène marque le dépassement des « limites planétaires ». La violation des droits des êtres vivants par les activités humaines compromet irrémédiablement la pérennité et la survie des espèces et des générations futures.
3 Jean-Louis Etienne, Inventer sa vie, Points Aventure, 2016.
La Franc-maçonnerie se fonde sur le travail sur soi en vue de s’améliorer. Pourtant il existe en ce 21e siècle des Grandes Loges racistes. Ce paradoxe demande explication.
Une fois n’est pas coutume, j’inclurai un peu de grognement défoulant dans ce billet, même s’il reste dans ma lignée obstinée « je veux comprendre ».
Nous avons tous un ami que l’on peut ranger dans la catégorie « complotiste». Bien sûr, il n’y en pas deux pareils, mais les sociologues ont débusqué quelques invariants. Bien souvent, on trouve au départ une personnalité qui souhaite de la reconnaissance en se démarquant des courants de pensée « mainstream », et recherchant l’information alternative que les élites veulent garder cachée. Dans notre monde actuel toutefois, on est devant une mosaïque de théories du complot interconnectées, qui se modifient sans cesse au gré des focalisations du moment.
Et notre complotiste en herbe se retrouve vite à soutenir non plus une mais un bouquet de théories du complot. A sa décharge, il faut rappeler que Goebbels déjà nous disait qu’un mensonge sans cesse martelé devient une vérité. Nous sommes donc tous influencés par nos lectures, et comme certaines nous plaisent plus que d’autres, nous voilà dans une boucle de renforcement, avant même que les algorithmes et les bulles cognitives qu’ils créent ne continuent cette œuvre de communautarisation clivante.
Mais le côté éminemment changeant du paysage proposé par internet diminue peut-être la virulence du phénomène ; cela reste à investiguer par les sociologues. En contraste, la lecture des livres, essais ou même fictions, doit logiquement créer des effets plus durables, en bien comme en mal…
Ceci m’amène à une lecture récente d’échanges sur une page maçonnique américaine sur un réseau social. Un frangin anglais découvrait effaré qu’aux USA il y a toujours 5 états, soit 10%, où la Grande Loge et la Grande Loge Prince Hall (= noirs et latinos) ne se reconnaissent pas et ne se visitent pas. Cela se passe dans les états dits de la « Bible Belt».
A la question qui naît inévitablement (comment est-ce possible en 2023 ? Comment ne pas nommer cela du racisme ?), le modérateur indiquait qu’il est souhaitable que cela évolue, et qu’il faut prier pour qu’un jour tout s’arrange.
J’en déduis que ces frangins sous-traitent au GADLU des choses qui sont à leur main. Cela rappelle les pantoufles qui finalement sont responsables d’au moins autant de maux que les bottes, non ?
Comment se peut il qu’un ordre dont le premier objectif est le travail d’amélioration de soi en soit là ? Faut il voir dans cette mentalité rétrograde une des raisons pour lesquelles le nombre de francs-maçons aux USA, supérieur à 4 millions dans les sixties, est désormais sous le million ?
Quid si nous zoomons un peu sur les pratiques ? D’abord, les rites pratiqués là-bas imposent le par-cœur. Jusque-là on voit mal pourquoi cela freinerait le travail sur soi. Il faut tout de même ajouter qu’il n’y a pas non plus de « planches ». Or, les planches incluent chez nous une incitation à expliciter les réflexions qu’on fait sur soi-même. Cette verbalisation aide puissamment à se comprendre et à agir en conséquence.
Le travail à la gloire du GADLU, je n’y vois pas de contradiction de principe avec l’idée de travail amélioratif sur soi, et idem pour l’obligation de proclamer que l’on croit en dieu et/ou en la survivance de l’âme après la mort. Croire qu’un juge pèsera nos actes ou se dire que l’humanité vaut qu’on l’aime et qu’on travaille à l’apaiser, cela vise le même but.
Mais ensuite nous avons le Volume de la loi sacrée. Ici je commence à être un peu inquiet. Lorsqu’on ne fait pas de planches, ou si tout sujet sociétal ou religieux est rigoureusement interdit, il ne reste à l’adepte que la lecture et l’exégèse (sans critique du fond !) de la Bible et/ou du nouveau testament.
Je voyais sur un autre réseau social un « BibleBot Automatic Daily Verses », déversant en continu les plus belles citations des écritures. Je soupçonne que les passages effrayants, le Bot les glisse sous le tapis. Juste un exemple : « je suis le Seigneur notre Dieu, le Dieu fort et jaloux, qui venge l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la 3ème et jusqu’à la 4ème génération.. » Exode 20,5. Oui aujourd’hui on appelle cela génocide.
« Aime ton prochain » est interprété comme une subtile autorisation à détester ce qui est lointain ou différent : bonjour racisme, sexisme, clivages communautaristes et autres suprémacismes.
La personne qui baigne dans ces textes qui datent de plusieurs millénaires ne peut qu’être influencée par l’état d’esprit de l’époque d’écriture : domination des uns sur les autres (femmes, esclaves, autres « races » ou religions, etc.) , châtiments sanguinaires, justifications par renvoi à la volonté de l’être suprême, pensée magique… Notons à ce propos que les traductions ont un peu adouci la pilule : par exemple, le mot esclave a été remplacé par servante. Seuls les lecteurs ayant du recul pigeront la ‘manip’.
Nos frangins qui baignent dans ce jus ne peuvent qu’arriver à la conclusion que l’humain est une espèce figée telle que le créateur l’a pondue, avec ses différences qui induisent autant de hiérarchies et d’autorisations de mauvais traitements. Puisque l’espèce est figée, il est peu urgent d’y travailler pour l’améliorer, d’autant que nous n’avons pas à nous prendre pour dieu en corrigeant l’épure : un p’tit coup de rabot hygiénique sur sa propre personne, et basta. Bref, c’est cela l’anti-Lumières.
Est-ce comme cela qu’il faut voir la franc-maçonnerie ? A moi les tradis, montrez nous votre volonté.
De notre confrère Low-Tech Journal – lowtechjournal.fr – Par Jacques Tiberi
Préférer le chemin à la destination : voilà un principe sur lequel tous les rituels maçonniques s’accordent. Appliqué à notre vie profane, il transforme notre approche du voyage, l’éloigne du tourisme consumériste et le rapproche d’une de l’écologie.
Le paradoxe du voyageur contemporain, c’est qu’il tue l’objet de son plaisir. À chaque fois que le touriste foule le sol d’une merveille du monde, il contribue à la détruire, impitoyablement. Le tourisme est un luxe. Celui d’une minorité qui, forte de son pouvoir d’achat, s’amuse à traverser un lieu étranger, dont il exploite les ressources, sans aucun égard pour l’empreinte qu’il y laissera. Une forme de blitz colonisation.
À l’opposé, prenez la famille Poussin. Elle n’a probablement rien d’écolo. Et pourtant, elle pratique un éco-tourisme innovant et à vélo, en associant le tandem de papa-maman à la carriole de Léane (8 ans) qui tracte la remorque de Chouky, un bichon-maltais. Un moyen de transport étonnant, mais surtout pratique, bien plus écolo qu’une voiture, et simple puisqu’ils l’ont fabriqué eux-mêmes.
Mais ce “carvélo” n’est pas qu’une simple alternative à la voiture. Car cela va bien plus loin : c’est une véritable transformation du concept même de “voyage en famille” que proposent les Poussin.
Le tourisme moderne n’a rien d’un voyage !
En maçonnerie, le voyage est toujours une quête de soi, une rencontre avec soi-même. Une façon d’aller voir là-bas si on y est. Cette philosophie a donné naissance au Grand Tour (d’Europe) qui formait la jeunesse aristocratique du XVIIIè siècle au début du XXè.
Mais point d’initiation dans le tourisme “de masse” moderne. On se rue vers une destination où l’on croit trouver autre chose que son quotidien… et où l’on ne retrouve que sa zone de confort. Les seuls obstacles que l’on rencontre sont la douane, la lutte pour choper un taxi ou le combat contre la tourista.
Alors qu’un voyage maçonnique se compose d’une préparation, d’une épreuve qui symbolise la mort et d’une renaissance, le voyage touristique contemporain se borne à acheter d’un billet hors de prix, pour se livrer sur place à une orgie dépensière, puis un revenir au bercail et retourner au boulot. Ce n’est pas un cycle, c’est un cercle vicieux !
Voyager écolo ?
Au contraire, la démarche du voyage écologique est bien plus proche de la philosophie maçonnique. Mais d’abord, que veut dire “voyage écologique” ?
Tout commence par un recentrage sur l’essentiel, aussi bien en matière d’hygiène, d’alimentation, de confort thermique, de mobilité, de numérique, etc… “Ai-je vraiment besoin de prendre une douche tous les jours, d’un smartphone, de manger des animaux morts, de racheter un nouveau jean dès qu’il se déchire… ?” Un recentrage et un questionnement qui permettent de dépasser ces diktats consuméristes, pour reléguer le superflu au rang de “luxe” et de vanité.
Le but, c’est le chemin
Cette définition devrait conduire un(e) passionné(e) de voyages à tirer un trait sur les destinations lointaines accessibles en avion, pour se concentrer sur des lieux accessibles à pied, en vélo, en auto-stop, en train, en bateau à voile ou les cinq à la fois. Ça laisse quand même de la marge pour partir à la découverte de l’autre.
Alors, c’est vrai : ça oblige à réapprendre à voyager. Et même à redéfinir le sens du voyage. Où est l’essentiel : dans la destination, ou dans l’expérience, le “tour”, la promenade, le sentier de grande randonnée, l’euro-véloroute, la colline tout là-bas, l’effort, le plaisir, le couchsurfing, le gîte, le bivouac… et les rencontres. L’aventure humaine quoi ! Prendre un billet d’avion et acheter un guide de voyage… C’est un truc inventé par les vendeurs de pneus ! Au passage, saviez-vous que le guide Michelin a été inventé par la fameuse marque au bibendum pour forcer les Français à user leurs pneus en roulant, non plus sur les routes nationales bien goudronnées, mais sur de petites routes de campagne en quête d’une bonne table perdue au fin fond d’on-ne-sait-où ?
Se creuser la tête pour imaginer une aventure bas carbone, accessible à toutes et tous, ludique et pimentée : le voyage écolo est initiatique !
J’entends déjà s’élever les voix… Vade retro modèle Amish ! V.I.T.R.I.O.L* oui, New-âge, non !
Pourtant, il ne s’agit pas de rejeter l’idée de tourisme, mais de la remettre au service de l’humain et du vivant. On peut donc être écolo et prendre un co-voiturage, un train de nuit, un équipement de qualité. Mais, de grâce, halte aux “semaines sans prise de tête à deux heures de charter”, aux parcs à thème et les complexes hôteliers désertés neuf mois sur douze, aux hotspots artificialisés, surfréquentés et pollués !
L’esprit du voyage écolo, c’est juste d’avoir assez de répondre à son envie d’ailleurs, sans que cela provoque une trop grande nuisance écologique ou sociale.
En un mot : il s’agit de discernement. Une volonté de réintroduire des limites à nos déplacements, parce qu’ils consomment toujours plus d’énergie – et souvent “d’énergie grise”, c’est-à-dire non comptabilisée et invisible dans les statistiques officielles. “Euh frangin, c’est obligatoire de faire une visio ? On est que deux pour cette réunion. On ne peut pas juste se passer un coup de fil ?”
Révolution douce en cours
Vous l’avez compris : on entre dans une recherche systématique de frugalité, dans tous les domaines.
En matière de voyage, on préfèrera donc une visite “classique” de l’Italie à une action écolo-humanitaire pour installer des panneaux solaires en Ouganda (pour aider les ONG locales, faites des dons et laissez les équipes locales faire le reste).
Effectuer un voyage écolo, c’est partager sa démarche maçonnique avec sa famille. C’est se retrouver tous ensemble à planifier un road trip collectif à vélo ou à pied accompagné d’un âne, une remontée de la Seine en Canoë, une semaine à caboter sur un voilier monocoque, une traversée de la France en Rosalie… et pour les plus téméraires et fans du PSG, pourquoi pas un aller-retour Nantes-Paris en char à voile !
Les embarquer dans la préparation de ce voyage, chercher comment faire avec moins de pétrole et d’électricité, c’est déjà une initiation en soi.
Chercher à réduire la place de l’argent dans sa vie, en la remplaçant par l’amitié et la fraternité, en rejoignant une asso, une communauté, avec qui partager son périple, échanger des moyens de transport, un hébergement, des services et des outils… C’est déjà une façon de transformer sa vie.
www.lowtechjournal.fr
Vivre ensemble une aventure authentique, pas toujours confortable, avec ses bourrasques et ses coups de chaud, ses ensauvagements, ses drôles de rencontres et ses coups de pompe, renouer avec l’émerveillement de l’enfance… c’est là le sel du voyage, la source du réenchantement. Bref, voyageons pour nous sentir vivants !
Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée.
Jacques Tiberi est journaliste, rédacteur en chef du Low-Tech Journal, magazine dédié technologies douces, qui a récemment publié un hors-série intitulé “Voyages sans pétrole ni électricité” (www.lowtechjournal.fr)
De nombreuses Loges s’interrogent sur le bien-fondé de faire intervenir un conférencier extérieur. Est-ce bénéfique pour l’Atelier ? Est-ce autorisé par l’Obédience ? Quels sont les bénéfices ? … nous avons interrogé un spécialiste de cette question en la personne de notre chroniqueur Jacques Carletto qui pratique en Loge partout en France et ailleurs depuis des années.
Quel est votre avis sur cette question Jacques Carletto ?
Proposer un conférencier extérieur est une façon d’ouvrir les regards d’un atelier sur d’autres visions, qu’elles soient profanes ou maçonniques. Dans le dernier cas, ce peut être une façon de « voyager » tant pour les Maîtres et Compagnons que pour les Apprentis qui découvrent que le chemin maçonnique est parfois semé d’imperfections…Dans le cas d’invités profanes, l’intervention d’un conférencier extérieur ayant publié plus de 10 ouvrages maçonniques et étant lui-même Directeur de collection maçonnique (DERVY) est un gage de notoriété pour le contenu de la conférence.
Est-il utile ou nécessaire que l’Obédience donne son autorisation ?
Après plus de 40 conférences dans 8 Obédiences différentes, l’expérience prouve que cette autorisation semble parfois obligatoire et semble parfois laissée à l’appréciation du Vénérable et de son collège d’Officiers. Que chacun fasse au mieux. Ne sommes nous pas des maçons libres dans une organisation démocratique ?
Quel est le secret d’une bonne intervention en Loge ?
Une intervention brève : suivie de questions/réponses permet une durée de 40 mn largement suffisante compte tenu d’un Ordre du jour classique et de la durée habituelle du Rituel d’une Tenue.
Quel sont vos thèmes d’interventions et l’utilité pour les travaux de la Loge ?
• Sur la forme = j’utilise une conférence orale illustrée de video projection de dessins d’humour. NB/Je fournis Ordi et vidéoprojecteur. L’Atelier prévoit un grand écran « (minimum 140 cm de large) placé entre les colonnes ou sur porte d’entrée • Sur le fond= Le Ton très sérieux de mon discours est pris à contrepied par mes dessins d’humour qui sont un clin d’œil malicieux aux imperfections du cheminement maçonnique.
En ce qui concerne « l’utilité » je constate, par la multiplicité des questions qui suivent, que la conférence éveille des centres d’intérêts tant sociétaux que philosophiques ou ésotériques. Ceci me semble un éveil positif aux autres comme une introspection salutaire pour soi. Quand il s’agit d’une TBO les Ateliers me confirment la mise en route de nouvelles candidatures dans la semaine qui suit. Mais j’en remets le mérite essentiel aux organisateurs qui ont su inviter les candidats ad hoc.- Mon intervention confirme simplement qu’une Organisation qui peut faire de l’humour sur ses imperfections relève rarement d’une SECTE…
Vous êtes rodé à l’exercice, expliquez-nous les recettes d’une bonne conférence en Loge (durée, rythme…)
Mon intervention : Discours et projection concomitante= durent 16 mn Les questions/réponses qui suivent durent en général 30 mn et c’est le Vénérable Maître qui les gère. Quand il s’agit d’une TBO, seuls les Officiers sont décorés. Les membres de l’atelier peuvent ainsi répondre par témoignages « anonymes » de ce qu’ils connaissent ou dont ils ont pu prendre connaissance par personnes interposées.
Est-ce que cela coûte cher de faire intervenir un conférencier extérieur ?
J’interviens gracieusement en Ile de France Si déplacement province = compter un billet SNCF tarif Senior. Pour éviter des frais d’hôtellerie je suis régulièrement invité chez un Frère ou une Sœur après tenue et je reprends le train le jour suivant. Lorsque les participants à la conférence veulent en savoir plus sur les activités de l’orateur => des dédicaces d’ouvrages peuvent avoir lieu lors des agapes qui suivent, en général.
Selon votre expérience, préconisez-vous une Tenue classique, une TBO ou une conférence ?
Mes conférences se déroulent lors de Tenues classiques OU TBO Deux de mes conférences sont réservées aux initiés et initiées : • L’humour maçonnique est-il une thérapie ? • Y a-t-il une méthode maçonnique ? Une de mes conférences peut être utilisée en TBO : • Le Franc-Maçon est-il un original ? NB/ Original est sémantiquement ambivalent. Un euphémisme pour signifier que le FM pourrait être quelqu’un de « décalé »… ce qui est à la fois vrai et faux, et que l’humour souligne avec poésie.