jeu 01 décembre 2022 - 21:12

Lieu symbolique : Notre-Dame du Temple à Pléboulle (Côtes d’Armor)

Sur la route reliant Montbran à Matignon, dans département des Côtes d’Armor (22), à environ 25 km à l’ouest de Dinard, commune de Pléboulle, se trouve le village du temple, où est érigée la superbe chapelle Notre-Dame.

Ce chef-d’œuvre architectural daterait, selon certaines sources, de l’époque des templiers, au XIIe siècle. Haut-lieu de l’histoire religieuse et patrimoniale de la commune, la chapelle Notre-Dame-du-Temple est majestueuse. Les Templiers possédaient aussi une maladrerie à côté de la chapelle, dont il ne reste malheureusement rien.

La chapelle Notre-Dame du Temple, ou encore chapelle de Sainte-Croix, de Pléboulle est l’un des trois vestiges templiers situé à l’entrée de la presqu’île du cap Fréhel, avec la Tour de Montbran et l’église de Plurien qui auraient été fondés par les Templiers de la grande commanderie de Lannouée près d’Yvignac. On ne connait pas la date de la création de la maison de Lannouée. Elle apparait cependant pour la première fois dans une charte datée de 1182 dans laquelle les Templiers se voient confirmer la perception d’une aumône à « Lanhoë ».

Toutefois peu d’éléments objectifs entérinent officiellement la thèse de l’édification templière quant à la chapelle… Notre-Dame du Temple.

En revanche, il est avéré que la chapelle originelle fut considérablement agrandie et rénovée au milieu du XIVe, une expertise du conseil du patrimoine religieux confirmant les gros travaux. L’édifice appartenait alors aux seigneurs de Plancoët et la restauration fut l’œuvre de la famille du Guesclin. Le porche d’entrée est de style ogival et élégamment sculpté. Il est constitué d’une triple voussure terminée de pieds droits, ornés chacun de quatre colonnettes à chapiteau mouluré. Bertrand du Guesclin fit alors graver les armoiries familiales au-dessus du portail d’entrée.

L’écu des Du Guesclin

Deux symboles l’attestent : une targe (bouclier en usage au Moyen Âge) surmontée d’un heaume portant l’aigle à deux têtes de l’écu des du Guesclin*. Le second symbole est le sceau de l’ordre : deux cavaliers sur la même monture. Les vitraux, aux tons chauds et lumineux, sont l’œuvre du maître-verrier de Quintin (Côtes-d’Armor) Hubert de Sainte-Marie (1923-1991), petit-neveu du maréchal Lyautey (1854-1934), premier résident général du protectorat français au Maroc en 1912, ministre de la Guerre lors de la Première Guerre mondiale, puis maréchal de France en 1921, académicien et président d’honneur des trois fédérations des Scouts de France.

Remise de l’épée de connétable à Bertrand du Guesclin. Miniature des Grandes Chroniques de France attribuée à Jean Fouquet, vers 1455-1460, BnF, Fr.6465.

Ce site très prisé des estivants par sa beauté et sa connotation historique possède sur son mur nord un Christ en bois très expressif provenant du calvaire de Rocheaulan. Une statuette en bois peint appelée « Notre-Dame-du-Temple » représente la légende de la bataille de Saint-Cast. Elle est située dans une niche protégée. Ce chef-d’œuvre architectural religieux, remarquable d’authenticité, fait la fierté des Pléboullais.

Gisant de Bertrand du Guesclin à la basilique Saint-Denis

Une association culturelle fait revivre chaque été le site en y dispensant des concerts (musique baroque, celtique, etc.). Les acoustiques y sont remarquables. C’est un magnifique lieu de mémoire collective. Ce pan de l’histoire de la cité perdure grâce à l’engagement désintéressé de bénévoles.

Sources : ouest-france.fr ; www.templiers.org – Le site du Projet Beaucéant/Images © Yonnel Ghernaouti ; montage vidéo Jean-Luc Bergonzi/Musique © Freddy Petit ; CD en vente sur https://bit.ly/3fXmnat

*Blason de Bertrand du Guesclin (v. 1320 – 13 juillet 1380), connétable de France et de Castille. Blasonnement : d’argent à l’aigle bicéphale éployée de sable becquée et membrée de gueules, à la cotice du même brochant sur le tout. 

Yonnel Ghernaouti
Retraité, Yonnel Ghernaouti a fait l’essentiel de sa carrière dans une grande banque ancrée dans nos territoires. Petit-fils du compagnon de l’Union Compagnonnique des Devoirs Unis Pierre Reynal, dit « Corrézien la Fraternité », il s’est engagé depuis fort longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et des sociétés initiatiques. Chroniqueur littéraire et membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France, il collabore à de nombreux ouvrages liés à l’Art Royal et rédige des notes de lecture pour « La Chaîne d’Union », revue trimestrielle d'études maçonniques, philosophiques et symboliques du Grand Orient de France. Initiateur des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, il en est le Commissaire général.

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