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Lieu symbolique : Le Temple du DROIT HUMAIN international à Paris

L’Ordre Maçonnique Mixte international LE DROIT HUMAIN ou LE DROIT HUMAIN international est une obédience maçonnique mixte fondée en 1901, évolution structurelle à vocation internationale de la première obédience mixte fondée en 1893 par Georges Martin* et Maria Deraismes** sous le nom de « Grande Loge Symbolique Écossaise de France : LE DROIT HUMAIN ».

Créée pour affirmer l’égalité de l’homme et de la femme devant l’initiation maçonnique, et permettre l’accession des femmes en franc-maçonnerie sans restriction, l’obédience est présente dans plus de 60 pays dans le monde, et sur les cinq continents. Elle est forte de plus de 30 0000 membres dont 15 200 au sein de la Fédération française.

Photo Wikipédia.

La rue Jules-Breton

C’est une voie ouverte en 1911 par la ville de Paris sur l’emplacement de l’ancien marché aux chevaux qui fut en service de 1877 à 1908 et située dans le quartier de la Salpêtrière du 13e arrondissement de Paris qui doit son nom au peintre et poète Jules Breton (1827-1906), l’un des premiers artistes du monde paysan.

Son n° 5, classé aux monuments historiques

Au Journal officiel du 8 mai 2014 : « Paris 13e arr. – Le siège du Droit humain international sis 5, rue Jules-Breton, en totalité (cad. AR. 36, cf. plan annexé à l’arrêté) : inscription par arrêté du 1er juin 2013. » Cet immeuble était la demeure de Georges Martin, le cofondateur de l’Ordre (legs).

Ce bâtiment construit entre 1912 et 1914 est l’œuvre de Charles Nizet (1841-1925), architecte honoraire de la ville de Paris. L’Égypte était à la mode à cette époque comme en témoigne le Palais de l’Égypte qui a été érigé à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1900 – bâti aussi par Nizet – et qui a peut-être inspiré l’architecte. La façade soutenue par des colonnes palmiformes, est ornée de triangles ailés qui symbolisent Horus.

Plusieurs inscriptions ornent la façade : « LE DROIT HVMAIN ».

Au-dessus de la porte d’entrée la devise de l’Ordre : « ORDO AB CHAO ».

« DANS L’HVMANITÉ LA FEMME A LES MÊMES DEVOIRS QVE L’HOMME ELLE DOIT AVOIR LES MÊMES DROITS DANS LA FAMILLE ET DANS LA SOCIÉTÉ »

Cette devise avant-gardiste figure sur la façade néo-égyptienne du Temple du DROIT HUMAIN au 5 de la rue Jules Breton. Ce bâtiment est le siège de l‘Ordre Maçonnique Mixte international LE DROIT HUMAIN. La façade du Temple est assez surprenante : colonnes en forme de lotus, ondulations rappelant Uraeus (cobra femelle protégeant le pharaon) et sa porte faisant écho aux entrées des Mastabas (constructions funéraires des pharaons) couronnée par une autre devise Ordo ab chao, que nous pourrions traduire par l‘Ordre naît du Désordre ou l’ordre surgit du chaos.

Ce bâtiment est légué par le Dr Georges Martin. Le Grand Temple est achevé en 1914 mais, en raison de la guerre, il ne sera inauguré qu’en septembre 1916.

Vous connaissez sans doute l’extérieur du bâtiment. 450.fm vous amène en son cœur ! À l’intérieur. Lors des Journées européennes du patrimoine 2023, deux des trois temples étaient visibles.

*Georges Martin (1844-1916) est un homme politique, médecin et franc-maçon. Très engagé dans la promotion des valeurs républicaines et laïques, il est l’un des grands acteurs des progrès sociétaux de la fin du XIXe siècle en France, tels l’émancipation des femmes, l’assistance aux enfants et la réouverture des bureaux de bienfaisance de Paris. Il joue également un rôle notoire dans l’histoire de la maçonnerie française en tant que membre fondateur, en 1880, de la Grande Loge Symbolique Écossaise (GLSE) et, avec Maria Deraismes, le précurseur du DROIT HUMAIN international, première obédience mixte au monde.

**Marie Adélaïde Deraismes (1828-1894), dite Maria Deraismes, est une féministe, oratrice et femme de lettres. Elle est la première femme initiée à la franc-maçonnerie en France, le 14 janvier 1882 au sein de la loge « Les Libres-Penseurs » à l’Orient du Pecq (Yvelines, région Île-de-France.) – initiation provoque un profond séisme dans la franc-maçonnerie française. Onze ans après, Maria Deraismes réunit chez elle, les 1er juin 1892 et 4 mars 1893, seize femmes de la bourgeoisie républicaine à qui elle va donner la « Lumière maçonnique ».

Musée de la franc-maçonnerie.

Assistée de Georges Martin, elle leur confère le premier grade symbolique d’« apprenti-maçon » le 14 mars 1893 ; celui de compagnon le 24 mars et celui de maître le 1er avril. En tant que « vénérable maître fondatrice », elle fait procéder le 4 avril à l’élection des officiers et à la lecture des articles de la constitution déposée au ministère de l’Intérieur et à la Préfecture de Police, articles qui furent adoptés par vote. La Grande Loge Symbolique Écossaise Mixte Le DROIT HUMAIN qui deviendra l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN, deuxième obédience maçonnique française (après le Grand Orient de France en 1773).

Nou ne pouvons passer sous silence ce remarquable numéro d’Histoire & Histoires… du 13e (Éd. Depeyrot, n° 8, automne 2011), intitulé « Le Droit Humain ; la franc-maçonnerie et le 13e », où l’auteur et éditeur, Thierry Depeyrot, ne consacre pas moins de 15 pages au DROIT HUMAIN.

Sources : Wikipédia, site Brèves d’Histoire, LE DROIT HUMAIN, Rodolphe Trouilleux Paris secret et insolite (Parigramme, 2012).

Photos © Yonnel Ghernaouti, YG.

Le temple du rez-de-chaussée.
Mosaïque d’époque.
L’Occident , vue de l’Orient – temple du rez-de-chaussée.
1er étage, Grand Temple.
Docteur Georges Martin.
Maria Deraismes.
Symboles au dessus de la porte du Midi.
Grand temple, colonne J.
Grand Temple, 1er étage.
Autel du vénérable maître, détail.
Porte du Midi, une des 3 portes avec celle d’Occident et d’Orient.
Le pavé mosaïque…
Étolie, tapis de loge temple du rez-de-chaussée, détail.
Compas, tapis de loge temple du rez-de-chaussée, détail.
Équerre, tapis de loge temple du rez-de-chaussée, détail.
Règle non graduée, symbole de l’infini, tapis de loge temple du rez-de-chaussée, détail.
Grand Temple, plaque commémorative en l’honneur des SS et FF tombés durant la Seconde Guerre mondiale
Grand Temple, la mezzanine.

Empoisonnement de la Franc-maçonnerie ? : « Comment gérer les 4 nourritures maçonniques ? »

La Franc-maçonnerie s’autocongratule, se répète, elle se cherche et se raconte pour se convaincre que son avenir se trouve dans la transmission de la tradition.

Mais voilà… cela ne marche plus et les déçus se ramassent à la pelle.

Ils ne sont pas nombreux ceux qui osent s’exprimer sur ce sujet. On a l’impression que la peur réduit au silence les Sœurs et les Frères déçus. Cette remise en question de la Franc-maçonnerie par certains maçons ressemble à une trahison, un crime de lèse majesté. Pourtant, le malaise est bien réel et il convient de s’inquiéter de son avenir, avant que l’Art Royal ne devienne un vieux folklore pour retraités en mal d’occupation, tel que l’affirme l’auteur maçonnique Franck Fouqueray.

Les clés d’une nouvelle Franc-maçonnerie par le corps, Éditions Numérilivre

Le Frère Fouqueray signe là son deuxième ouvrage de l’année 2023 sur ce thème et le onzième de sa création. Cet opuscule est en effet, la suite de son ouvrage « Les Clés d’une nouvelle Franc-maçonnerie par le corps » (Éditions Numérilivre). Dans le premier ouvrage ci-contre, il y développait un constat d’absence totale du corps dans nos Rituels. Dans cette suite, avec ce second ouvrage, confié aux Éditions Dervy : « Comment gérer les 4 nourritures maçonniques ? », il s’agit de constater que les 2 nourritures solides des Agapes sont ingurgitées sans modération ni aspect initiatique. Pour ce qui est des deux autres nourritures, que sont celles absorbées dans la Loge durant les travaux avec la nourriture gazeuse (air de la respiration) et l’immatérielle (la pensée), elles sont totalement occultées.

Pourtant, il est urgent de remettre de l’initiatique dans nos rituels et de nous engager dans un enrichissement de ceux-ci avec l’intégration de ces 4 nourritures. Selon l’auteur, plus de la moitié des loges consacre ses travaux à des sujets de réflexion qui s’apparentent plus à du loisir et de la distraction intellectuelle qu’à un réel travail initiatique. Il est donc naturel qu’autant de maçons repartent déçus et si peu trouvent l’aliment qui les nourrit.

Ces deux ouvrages de 2023 pourraient bien constituer une sérieuse base de réflexion sur l’avenir de notre Art et sur les pistes de développement. Comme le souligne justement l’auteur, tout art qui n’évolue pas, ne se nourrit pas, finit par décliner et mourir. Il n’existe aucune voie d’évolution humaine qui échappe à cette règle. Est-ce que les maçons entendront les message, c’est moins certain.

Selon Fouqueray, une chose est sure, c’est qu’il ne faut absolument pas compter sur les Obédiences pour faire avancer les choses. Tel qu’il l’explique dans la seconde partie de son ouvrage, elles sont engluées dans des querelles fraternelles internes de survie économique, immobilières… politiques pour certaines et idéologiques pour presque toutes. Elles sont devenues des syndicats d’intérêt et ne sont plus en mesure d’assurer la transmission initiatique. Le constat est en effet sévère, mais il est vrai que quelques chose au pays de la Fraternité et de l’Universalisme ne tourne plus très rond.

Écoutons l’interview de Franck Fouqueray, faite par Jacques Carletto à propos de l’ouvrage.

Loges et Temples Maçonniques à Madagascar

Une Loge à Foulpointe (actuellement Mahavelona), sur la côte milieu est de Madagascar, a eu une existence fugace en 1798. Elle a été créée conjointement par des Frères de France, de l’île de la Réunion (anciennement appelée Bourbon) et de l’île Maurice (anciennement île de France). Précisons que ces Frères pratiquaient la traite d’esclaves, la culture et l’exportation du riz ainsi que l’élevage et la commercialisation des bœufs.

Une autre Loge à Tananarive (actuellement Antananarivo) qui existe encore jusqu’à aujourd’hui, c’est la loge symbolique « Imerina » qui a vu le jour le 8 septembre 1890. Imerina connait des éclipses de 1891 à 1898 : inactive car interdite par la monarchie de Madagascar au moment de la guerre franco-malgache. Elle ne reprend des activités régulières que fin 1898, après la conquête Française de Madagascar.

Que peut-on dire des Temples ?

De 1904 à 1907, les travaux sont organisés dans des locaux provisoires, puis lors de sa tenue solennelle (21 juillet 1906), la R∴L∴ France Australe (Grand Orient) a décidé de se construire un temple et de constituer à cet effet un capital de 15000 francs par lancements d’actions de 100 francs. Finalement, la Société anonyme immobilière, dénommée « la sécurité » propriétaire et gestionnaire a eu son capital fixé à 12000 francs en 240 actions de 50 francs et son siège social était fixé rue Gallieni, adresse officielle du Temple.

 C’est LE PREMIER TEMPLE DE LA RUE GALLIENI

L’édification de ce Temple à Tananarive avait constitué une réelle avancée de la franc-maçonnerie à Madagascar.

La liste des actionnaires nous est connue ; elle a été publiée dans son édition du 9 août 1908 par le journal « Le Signal de Madagascar ». Ils sont trente actionnaires, parmi lesquels on distingue : – 7 membres de l’enseignement (Autret, Devaux, Gatault, Landeroin, Lefèvre, Méheust et Riou), dont 5 ont moins de trente ans, indicateur de la jeunesse des instituteurs recrutés pour la colonie ; – 6 autres actionnaires sont fonctionnaires des Travaux Publics (Dorland, Fouchard, Girod, Hugues, Jaquet et Pireaud).

Ceci nous donne déjà des premiers éléments quant à la sociologie de la loge à ses débuts, jeune et composée majoritairement de fonctionnaires.

 La Ligue des Droits de l’Homme Dans « Le Signal de Madagascar » de Tamatave (actuellement Toamasina) 01/08/1908, représentée par Henri de Busschère journaliste très anti-maçon et très anti-Victor Augagneur (gouverneur de Madagascar et ancien Vénérable Maître de la R∴ L∴ Les Amis de la Vérité à Lyon), interpelle l’opinion publique au sujet des administrateurs de la société « La Sécurité » : tous les six sont évidemment francs-maçons et, pour trois d’entre eux, fonctionnaires des Travaux Publics (Alfred Jaquet, Rémy Hugues, Eugène Pireaud).

Déjà à cette époque, Il dénonce un possible conflit d’intérêt.

Henri de Busschère dit alors : « M. Jaquet est, si je ne me trompe pas, adjoint au directeur des travaux publics. Cette qualité seule aurait dû l’éloigner d’un conseil d’administration ».

 Ce procès est relayé par La Ligue des Droits de l’Homme, alors dirigée à Paris par des protestants (Francis de Pressensé et Mathias Morhardt) qui saisissent l’occasion pour mettre également en cause Victor Augagneur et sa politique de laïcisation de l’école à Madagascar.

 Quoi qu’il en soit, le bornage provisoire de l’emplacement du Futur Temple eut lieu le 12 mai 1908. Quant à sa construction, elle fut achevée en quelques mois. Mais à cause de son emplacement centralisé dans la ville d’Antananarivo et quelques problèmes de sécurités liés à la curiosité des gens, il a été décidé de construire un autre Temple à la périphérie de la capitale. La construction de celui-ci fut prise en charge par la famille Gay propriétaire d’un grand hôtel à Tananarive à cette époque.

La grande particularité à cette époque fut la convivialité maçonnique des banquets Fraternels. La loge Imerina était souvent associée aux agapes du Grand Orient, et inversement.

Le menu du banquet solsticial du 27 janvier 1906 de la RL France Australe était même imprimé (Cfigure)

Ces fêtes qui ont lieu dans les Loges de la capitale de Madagascar se prolongent jusqu’à minuit plein…et passé.

Une quête a été faite, après le banquet au profit de l’Orphelinat Maçonnique.

Actuellement avec l’augmentation des Obédiences et des Loges, les Temples ont essaimé non seulement dans la capitale mais également dans toutes les régions.

Que penser de l’existence des Francs-Maçons à Madagascar ?

On peut dire que la Franc-Maçonnerie a encouragé l’action culturelle en faveur du développement des particularités de Madagascar.

On peut d’ailleurs citer dans ce sens :

  • La création du « prix de Madagascar et de la réunion » 1913
  • La création d’une école des Beaux-Arts, ouverte aux filles et aux garçons.
  • « L’exposition artistique » de la Foire de Tananarive 1923

De façon générale, la Franc-Maçonnerie est assez bien acceptée à Madagascar, ce qui n’est pas comparable à ce qui s’est passé au Sénégal lors du REHAFRAM 2018 (Rencontres Humanistes et Fraternelles d’Afrique et de Madagascar).

Le problème de la Franc-Maçonnerie, c’est qu’elle est très européocentrique : racines bibliques, kabbale, romaine, grecque … essentiellement. Et comme tout le pourtour de la méditerranée pense être le nombril du monde tout comme la Chine se nomme elle-même « l’Empire du milieu ». On ne peut s’empêcher de penser que tout cela cache des visées impérialistes sous-tendues par une pensée monomaniaque. Et, il est presque normal que ceux qui ne s’accrochent qu’à cela, sont incapables de transcender vers l’universalité de la condition humaine.

 Ref : « de la France Australe à l’Etoile Australe (1903 – 2023)

Histoire générale de la Franc-Maçonnerie à Madagascar (édition à paraitre) – Jean Luc LE BRAS 7 mai 2023

Contribution de notre F∴ Francis Rabenjamina

« Sacrés rois ! David et Salomon à travers les âges » à la bnu de Strasbourg

La bnu ? Comprenez la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg. Strasbourg, préfecture du Bas-Rhin et de la région Grand Est mais aussi capitale de la région historique d’Alsace.

Les Armes de la ville de Strasbourg.

Mais aussi, un des centres de l’humanisme rhénan. D’ailleurs, la franc-maçonnerie y est d’implantation ancienne et attestée, à Strasbourg, à partir de 1743…

Cette exposition se propose de présenter au grand public, à travers une sélection d’épisodes bibliques, comment deux figures royales emblématiques, David et Salomon, ont profondément marqué la sphère religieuse comme le monde profane et continuent d’imprégner la pensée et la culture dans le temps et dans l’espace.

Rois d’Israël au Xe siècle avant notre ère, père et fils apparaissent à travers les âges comme des modèles de souverains dont la légende s’est répandue sous les traits de « valeureux guerriers et conquérants, d’amants légendaires, de poètes visionnaires, de bâtisseurs pionniers et de modèles d’autorité politique ».

Au-delà des réceptions dont David et Salomon ont fait l’objet dans les trois monothéismes et ailleurs, on découvre combien ils sont présents au sein de la société. C’est ainsi qu’ils ont servi de figures de légitimation du pouvoir, que des épisodes de leur vie sont devenus proverbiaux et qu’ils sont présents dans les arts et la culture populaire. Les deux rois sont aussi à l’œuvre dans l’univers de la poésie, de l’amour, de la magie, et on retrouve leur empreinte dans la cathédrale de Strasbourg et jusqu’en lointaine Éthiopie.

Peinture, sculpture, musique, cinéma, ouvrages manuscrits ou imprimés, artefacts divers illustrent le parcours.

Des chemins de traverse (famille, Alsace, histoire de l’art) permettent de visiter l’exposition sous d’autres formats et points de vue.

Pour accéder au programme, c’est ICI.

Afin d’en savoir +, infos pratiques, horaires, visites… accéder à la page de l’exposition, c’est ICI.

Une partie de l’expo est consacrée aux francs-maçons !

Venez découvrir comment l’art royal a été influencée par ces deux rois emblématiques. médailles, tablier et ouvrages relatent cela !

Le roi David par Le Guerchin.

Le roi David (en hébreu : דָּוד, qui signifie « Bien-aimé ») est une figure importante de la Bible en tant que troisième roi de la Monarchie unifiée d’Israël et Juda à la suite de Saül et d’Ish-boshet. Avec Salomon, son fils et successeur, il est l’un des fondateurs majeurs de l’État israélite. Il est aussi le principal auteur des psaumes. Le personnage biblique de David est également présent dans le Coran. Il y figure sous le nom de Daoud, le prophète-roi.

Lettrine historiée d’une bible médiévale (France, 1170-1180), illustrant la Sagesse du roi qui étudie la voûte céleste à l’aide d’un astrolabe.

Salomon est un roi de l’ancien royaume d’Israël, réputé pour sa richesse et sa sagesse, selon la Bible. Il succède à son père, le roi David, le fondateur de la lignée des rois de Juda. Sa mère est Bethsabée. Conventionnellement, son règne s’étend de 970 à 931 av. J.-C. Sa naissance est mentionnée dans le deuxième livre de Samuel, au chapitre 12, on y découvre qu’il a été confié au soin du prophète Nathan et qu’il nomma Salomon Jedidjah (Yedidyah יְדִידְיָהּ qui veut dire « aimé de Yahvé ») à cause de l’Éternel. Son règne est décrit dans le premier livre des Rois. Salomon bâtit la première Maison de Dieu, le Temple de Jérusalem (ou de Salomon), sur la fondation posée par le roi David. Entamée lors de la 4e année du règne de Salomon, la construction du Temple durera sept ans.

Plusieurs livres intégrés au canon biblique lui sont attribués (Proverbes, Cantique des cantiques, Ecclésiaste). On lui attribue aussi d’autres ouvrages apocryphes. Il est également l’objet de nombreuses légendes, dont un certain nombre le dépeignent comme un magicien.

Le personnage biblique de Salomon figure dans le Coran en tant que prophète et roi sous le nom de Salomon ou Sulayman.

La Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (BNU)

Elle est une bibliothèque ayant le statut d’Établissement public à caractère administratif. La BNU est, depuis 1918, la seconde de France par le nombre des ouvrages conservés (plus de trois millions de documents comprenant monographies et périodiques imprimés, manuscrits précieux, objets patrimoniaux) et l’un des plus beaux fonds patrimoniaux de France.

Elle est située place de la République, au cœur de la Neustadt, dans un bâtiment réalisé par les architectes August Hartel et Skjold Neckelmann.

L’édifice fait l’objet d’une inscription et d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 10 novembre 2004.

Production : Bibliothèque nationale universitaire en partenariat avec la Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg.

Boostée par les JEP 2023, cette trÉs instructive expo a déjà connu une fréquentation hors norme. Elle vous attend !

Infos pratiques

« Sacrés rois ! David et Salomon à travers les âges »

Exposition du 14/09 au 13/12/2023 – Salle d’exposition (1er étage)

Entré libre : Du lundi au samedi 10h-19h/Dimanche 14h-19h – Bnu, 6 Pl. de la République, 67000 Strasbourg – Tél. 03 88 25 28 00

21-22/10/23 : Lille accueille le congrès de L’Alliance, 5e obédience maçonnique

Capitale des Hauts-de-France, Lille et Lille Grand Palais, complexe situé au cœur de la Métropole Lilloise, en son très bel écrin qu’est son Palais des Congrès, accueillent le congrès de L’Alliance qui aura lieu les 21 et 22 octobre prochains.

Un congrès très important car il verra l’élection des instances dirigeantes pour la mandature 2024/2026 ainsi que celle des 36 membres du Conseil de Surveillance, garant de l’application des statuts civils de l’association (Loi de 1901 – Autres organisations fonctionnant par adhésion volontaire ; Code NAF : 94.99Z).

Mais aussi et surtout son Grand Maître.

Des élections des plus démocratiques ! Puisque quatre candidats se présentent à cette plus haute fonction.

La Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, couramment dénommée L’Alliance. Elle s’inscrit dans la fidélité à la grande Tradition initiatique occidentale et propose à ses membres un chemin de perfectionnement moral et spirituel dans le respect de la foi personnelle de chacun, au-delà des conditionnements sociaux.

Son enseignement est fondé sur le message symbolique de la construction du temple intérieur à laquelle tous les Hommes sont appelés et qui s’exprime par une expérience rituelle symbolique, progressive et partagée.

L’Alliance promeut la pratique active de la fraternité entre ses membres et envers tous les Humains.

Les Frères fondateurs ont eu la volonté de créer une puissance maçonnique respectueuse de l’authenticité de son message, renouant avec les principes fondamentaux de la Tradition initiatique (source site de L’Alliance).

Née en 2012 d’une scission d’avec la Grande Loge Nationale Française (Loi de 1901 – Activités des organisations religieuses ; Code NAF : 94.91Z), L’Alliance est désormais, en un peu plus de 10 ans, la cinquième obédience dans le paysage maçonnique français (PMF). Un enjeux initiatique relevé… et gagné. Quel beau chemin parcouru !

À la fin du premier semestre 2023, L’Alliance était forte de 14 851 frères et comprenait 686 loges. Ce qui en fait la 5e obédience française.

L’Alliance compte sept rites : Rite Émulation, Rite Écossais Ancien et Accepté, Rite Écossais Rectifié, Rite Français, Rite Memphis Misraïm et Rite York.
Chacun d’eux est soutenu par une Maison de Rite qui réunit l’ensemble des Loges qui suivent la même pratique. Cette organisation par Maisons vient en appui des Loges et travaille à la pureté de la transmission rituelle initiatique.

Leur répartition des rites est, par ordre alphabétique, la suivante : Émulation (8 %) Écossais Ancien et Accepté (72 %) Écossais Rectifié (4 %) Français (13 %) Memphis Misraïm (1 %) Standard d’Ecosse (2 %) York (1 %)

Les sept Assistants Grand Maître (responsables des Maisons de Rite) seront aussi élus le 21 octobre par les loges des rites concernés. Il n’y a qu’un candidat par Maison.

Quant au Grand Maitre, ce dernier sera élu le 22 au matin. Quatre candidats postulent donc à cette haute charge. Le vote se fait par suffrage direct des loges. Chacune d’entre elles a deux 2 délégués.

L’exclusivité de 450.fm : les quatre postulants

Né en 1948, Gérard Bossu est avocat honoraire à la Cour d’Appel de Paris. Initié en 1989, il a exercé les fonctions suivantes au sein des instances de L’Alliance : vice-président de la Chambre de justice (2015- 2017), président du Conseil des sages (2018-2020), Député Grand Maître (2021-2023). Il maçonne au Rite Français.

Né en 1956, Patrick Deshayes est cadre commercial en retraite, issu du secteur de l’industrie pharmaceutique. Initié en 2004, il a été notamment délégué aux Solidarités auprès du Conseil National en 2017 et Assistant Grand Maître de la Maison du Rite Français depuis 2021.

Né en 1952, Rosaire di Gregorio est ingénieur en retraite ayant exercé dans le secteur du service public de l’eau et de l’assainissement. Il a été initié en 2006. De 2015 à 2017, il a été secrétaire de la Maison du Rite York, puis Assistant Grand Maître de 2018 à 2020. Il maçonne au Rite York.

Né en 1959, Pierre Lucet est chef de projets en retraite ayant exercé dans le secteur des systèmes d’informations. Il a été initié en 1989 et bénéficie d’une très longue expérience – depuis plus de dix ans déjà – au sein de la Maison du Rite Français, ayant exercé les fonctions suivantes : Grand Inspecteur, Premier Expert, Député Assistant Grand Maître puis Assistant Grand Maître. Pour L’Alliance, il est en charge des salons maçonniques, une belle façon de rayonner à travers la France entière. Depuis 2017, il est membre du Conseil de la Grande Loge.

450.fm reste à la disposition de tous les candidats qui souhaiteraient éventuellement intervenir sur nos colonnes.

Lille Grand Palais.
Lille Grand Palais – Amphithéâtre Vauban.

Ma future planche ? Que des idées creuses, plates et banales ! Alors ? La glossolalie !

Le plus souvent quand je me mets à bosser sur une planche qui m’a été commandée, je me retrouve dans la position habituelle que je crois ordinaire pour la plupart d’entre nous : je recherche des idées-clefs, des parties, des liaisons, mon point de vue… bref je mène un travail où l’intelligence, le raisonnement et la mémoire sont requis. Et c’est ainsi que je me retrouve, dans une bonne partie de ma future intervention, à des idées que je trouve souvent intelligentes, mais qui ne reflètent que mes points de vue rationnels.

Ce faisant, c’est ainsi que j’ai appris en 25 ans d’initiation : idées claires en charpente d’un raisonnement solide. C’est ainsi, pense-ton, que nous progressons : l’élargissement de nos positions et avis intellectuels. Et ça marche bien : les colonnes se mettent à intervenir, sans le genre : « De mon côté, je pense que… » ou « Le raisonnement est solide mais, pour moi… », « Voici comment j’aurais articulé… » ou bien encore : « Ça me fait penser à ce que disait le Chevalier de Ramsay… ».

            Mais les temps ont changé depuis quelques décennies ; ils modèlent désormais nos pratiques d’interventions. Si tu admets que, selon ma devise, la Franc-maçonnerie est « Une spiritualité pour agir » alors les méthodes anciennes sont beaucoup trop intellectuelles. Les bonnes planches sont bien sûr assises sur l’intellect mais point trop n’en faut. Et en voici la raison. Depuis les années 1960, les chercheurs ont largement établi que le nombre et la qualité des pensées exprimées en soi ou devant d’autres, était le fruit très clair de la variété et de la richesse des émotions. En deux mots,, plus tes émotions sont nombreuses, plus tes idées le seront ! Les experts le démontrent depuis des lustres : le QI, quotient intellectuel est déterminé par le QE, quotient émotionnel ; en quantité, en qualité, en originalité et en authenticité.

            Or, si nous, Maçons, voulons cheminer vers « la spiritualité pour agir », il va de soi que nos anciennes méthodes de préparation de planches sont désuètes et réclament une révision : faire la part belle aux émotions comme bases de notre préparation. Nos idées, viendront au fur et à mesure, pour aboutir à une planche ouverte, sincère, en appel aux émotions des autres, sous la capuche des inévitables raisonnements, démonstrations et autres connaissances.

            La méthode que je pratique souvent quand je suis sec, s’appelle « la glossolalie ». C’est est trouble mental : La glossolalie[1] est le fait de parler ou de prier à haute voix dans une langue … Le Robert y voit aussi : « Langage personnel inventé par certains malades mentaux ou dans un but ludique ». Moi sans honte d’emprunter une trouvaille qui relève d’un traitement, je me suis adonné à mettre au point l’autre visée de la glossolalie : « la joie ludique et féconde de parler spontanément un langage émotionnel qui, bien entendu ramasse une grande variété et qualités desdites émotions ». Entendue ainsi, la glossolalie va t’aider à être beaucoup plus toi-même pour ton bénéfice de celui des autres. Puisque, rappelle-toi la richesse du QI dépend de celle du QE ! La force de ta planche résidera alors dans la transmission de ce que tu as, non point appris au cours des tenues et de tes lectures. La transmission, celle avec laquelle tu vas toucher les colonnes, a d’autant plus de force que les Sœurs et les Frères ressentent à l’écoute de tes propos, non point un exposé mais surtout ton ressenti. Et c’est alors que la communication, la vraie, celle de la mise en relation des êtres, peut s’établir. Car sous les raisonnements que tu articules, chacun(e) éveille ses propres émotions. Le phénomène est clair, le QI sollicite le QE. De multiples expériences le démontrent mais, certainement, ta propre introspection l’avait deviné. Voici un des chemins, en tenue, lors d’une planche, de notre fraternité : les alliances, ou/et rejets que tu délivres des émotions croisées, qui gisent sous les mots sérieux, posés et intelligents, que tu enchaînes

Voici donc la présentation de la méthode, avec quelques exemples, nécessairement en nombre limité ; et évidemment, sujets à caution. Cet exemple s’appuie sur la chronologie de la méthode, sans commentaires trop intellectuels, bien sûr !

            Imagine que le sujet de la planche qui m’est demandé soit : « Le plateau de Secrétaire, forces et faiblesses » Les exemples que je vais te proposer peuvent te plaire ou te fâcher. Ce ne sont que les miens et je te demande, en l’occurrence, de ne prêter attention qu’à la forme de l’exemple et non à son contenu.

            Je te propose de dérouler cinq moments chronologiques, assortis du bref exemple, de « Le plateau de Secrétaire, forces et faiblesses ».

  • Premier temps – La détente : tu t’allonges sur un lit, un canapé On sait, et la démonstration en a été faite, que la fluidité mentale est beaucoup plus élevée et échevelée dans la position allongée. Songe aux rêves vêtus d’imaginaire.
  • Deuxième temps – Le spectacle. Dis et redis trois quatre fois, le thème de la planche, si possible en visualisant. Ainsi imagine le(la) Secrétaire, silencieux(se) ou lecteur(trice) du compte-rendu.
  • Troisième temps – Le laisser-aller. Fais défiler, sans aucune censure, tout ce qui te vient à l’esprit : idées, petits raisonnements et, surtout émotions. Moi, je songerais, par exemple à « droit comme un I… Parle pas assez fort… Ne nous regarde pas et ça me gêne, comme si je ne comptais pas, mais seul le Véné… Et elle ne sourit jamais et je trouve que c’est moins vivant… Mais ce qu’il fait sérieux et ça me plaît… » 

                        Ce faisant, soyons de notre époque, prends ton portable réglé pour enregistrer ce qui défile ainsi dans ta tête. Et sans censure, laisse-toi aller. Et ton téléphone va donc fixer ce qui te vient spontanément. Il arrive parfois qu’une idée, une émotion, une sensation, lors de cette opération en attire une autre. Continue ainsi, loin, autant que possible, de l’université et des connaissances pétries d’érudition. Et tu vas t’en rendre compte, c’est touffu certes, mais authentique : c’est le-la Secrétaire ressenti(e) par toi. Ce sera la base de ta transmission muette et puissante

  • Quatrième temps – L’alchimie. Écoute ce que tu as enregistré. A chaque mot, chaque phrase, lourde ou claire, écris-la. Les phrases seront celles de ta planche. Elles seront plus ou moins repolies à ta lecture de ta vérification finale. Tiens par exemple : « La position droite, à l’Orient force l’attention… Si les colonnes ne sont pas regardées, cela risque d’engendrer de l’ennui… Le plateau en impose, avec, en face l’Orateur… ». Et en faisant cela, mets les unes à côté des autres les phrases qui se ressemblent à quelque titre que ce soit. Souvent une phrase de liaison, de synthèse te saute à l’esprit. Je reprends mon petit exemple : je rapproche sur mon écran « La position droite… » et « le plateau en impose ». Gagné, voici les phrases qui sortent du rapprochement des deux : « Le(la) Secrétaire occupe une position éminente à l’Orient et cela pose quelques questions : A quel titre ? Tradition greffière ou symbolisme. Cette position du plateau n’est-elle pas la vénération du passé?…». Tu continues ainsi : rapproche les idées qui semblent jointes d’une manière ou d’une autre. Rapproche-les. Tu es en train d’écrire tes paragraphes, fournis d’expressions qui laissent luire les émotions issues de la vivacité de ton esprit.
  • Cinquième temps – La mise en forme. La tâche est évidente : la clarté des formulations, les liaisons, le choix des mots… Et la logique aussi, celle qui découle de ton inventaire et ton classement[2]. Avec l’exemple, cela pourrait donner quatre moments de ta planche : 1- Le(la) secrétaire a un curieux droit à la parole sous le prétexte de fixer la mémoire de la tenue précédente. 2 – Il(elle) siège à l’Orient. Quel est le sens de cette place, dans le rituel et pour nous ? 3 – Quels sont les rôles réciproques et mêlés de l’affectif et du rationnel ? Quelle est ma sensation ? 4 – Si j’avais à changer les choses qui touchent le(la) Secrétaire, quelles seraient mes propositions et quelles sensations procureraient-elles ? Et pour finir ton exposé, fais part des trois, quatre mots que tu éprouves et ressens.

            Grace à la glossolalie, ou ce que tu en retiens, les propos de ta planche toucheront beaucoup plus les Sœurs et Frères que les interminables raisonnements, démonstrations, éruditions qui pavent encore trop souvent le sol de notre fraternité. Je le dis sans ambages : le Frère, la Sœur qui planche passe, nécessairement, non par ses neurones mais par son cœur. Et c’est ainsi, entre autres, que notre fraternité s’ancre dans nos affections réciproques. La glossolalie est une méthode nouvelle pour la plupart ; mais elle nous ouvre sur la réalité tangible d’une de nos valeurs fondamentales : la fraternité !


[1] Du grec ancien γλῶσσα / glỗssa, « langue » et λαλέω / laléô, « bavarder »

[2] Pas celui de l’école, par exemple le style rabâché : Intro, développement, conclusion !

Mixité et diversité : vitamines de nos loges

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La science creuse la dynamique des groupes et montre comment et pourquoi la mixité et la diversité peuvent booster nos loges.

Afin de rafraîchir quelque peu nos neurones en ces temps de canicule, la Rédaction de 450.fm nous pondait l’autre jour un édito psycho-socio au titre fracassant :  https://450.fm/2023/08/11/loges-mixtes-plus-intelligentes-la-science-repond/

Impossible d’échapper à une accroche aussi imparable :  en plein dans un sujet type «  l’éternel retour », qui a fait couler tant d’encre :  peut-on dire que les loges mixtes font de la vraie franc-maçonnerie ( malgré ce que les pasteurs Anderson et Desaguliers ont écrit dans les constitutions il y a 300 ans ) ?  On se doute qu’ici encore  il y a eu très peu de changements d’avis :  les discussions, même par les meilleurs tribuns, ne réussissent pas à vaincre les préjugés. Seule une pratique de terrain peut obtenir quelque résultat sur les mentalités . Serions-nous devant le pendant maçonnique des marronniers d’été de la presse grand public ? Ben non, parce que dans l’article et ses liens il y a de vrais morceaux de science ! Grattons un peu.

La Mecque des ingénieurs, le MIT de Boston, a travaillé sur l’intelligence des groupes, y associant un test QI à la manière des tests pour individus.

L’université de Carnegie Mellon, avec Emile Servan-Schreiber, apporte également sa contribution. La question est passionnante : on nous vante depuis un bon moment l’intelligence collective, il est donc temps de normer les définitions, de se doter d’outils de mesure et de creuser plus avant.  

Un premier effet du travail en groupe, comparé au travail individuel, est l’effet que je nommerais paille-poutre. Chaque personne a plusieurs biais cognitifs ; le plus célèbre est le biais de confirmation, filtre qui privilégie – inconsciemment ! – ce qui correspond à ses attentes . C’est pourquoi on ne voit pas la poutre dans notre œil, alors que la moindre paille dans l’œil de l’interlocuteur nous apparaît instantanément . Ce premier effet est déjà suffisant pour nous faire dire que le groupe est plus fort que la somme des individus. Mais des éléments récents se rajoutent.

Depuis 2010, les équipes cherchent des corrélations entre les intelligences individuelles et celles du groupe. Chou blanc pendant un bon moment :  rien de probant entre les moyennes des individus et celles du groupe, rien non plus entre le groupe et les maxis individuels…Mais une corrélation existe entre la taille du groupe et le QI du groupe : la diversité joue positivement. On s’en doutait un peu : il est connu qu’un patron égotique, qui consulte peu ses équipes, prend de gros risques d’erreurs . On raconte que la taille de l’égo d’un patron est corrélée à la surface de sa signature. Du coup vous savez quoi vérifier avant d’acheter des actions d’entreprise, pigé ?

La plus belle corrélation positive apparaît avec le nombre de femmes dans le groupe.

Damned, d’où cela provient il ? Bon, nous maçons on va se mettre en retrait, ce qui nous intéresse c’est l’égrégore, que diable on n’est pas dans le monde entrepreneurial, non ? Eh ben si, on va être concernés : explications .

Nos chercheurs ont pisté les raisons qui expliquent les corrélations trouvées. Premier constat : la diversité ne prend son plein effet que si chacun et chacune dans le collectif d’opinions différentes dispose de la liberté et du temps nécessaires pour dérouler sa pensée. Il est courant de constater qu’au fil du temps un déséquilibre de temps de parole s’installe inexorablement…souvent au profit d’un sous-groupe d’hommes. On ne va pas ici refaire le procès du virilisme, mais si vous avez le temps, regardez la vidéo Le Vortex S6Ep8 ( https://www.youtube.com/watch?v=xqqzMjfFa10 ). Elle montre une expérience dans laquelle une femme dispose de toutes les bonnes réponses, mais un bavardage masculin empêche le groupe de le détecter.

Comment font les femmes pour booster ainsi la performance du groupe ? Petit retour sur nos croyances traditionnelles. Héritée de nos chères Lumières mais désormais bien accrochée : l’idée de séparation du cœur/sentiments et de la raison/intelligence. Notre méthode inclut un passage quasiment obligé par la dualité, qui  favorise l’ancrage de ce clivage dans notre réflexion. Cet ancrage reste très vivace : voir « Système 1, système 2 » qui a valu le Nobel à Kahneman en 2002. On a depuis lors compris que les deux systèmes sont interdépendants, avec même une subordination de la raison à la sphère des émotions et désirs.  Les valeurs traditionnelles transmises par l’éducation aux garçons incluent souvent un certain bridage des émotions. Il s’ensuit que les femmes ont la plupart du temps une intelligence émotionnelle plus développée que celle des hommes  . Comprendre mieux les états émotionnels internes de ses interlocuteurs, afin par exemple, de préventivement éviter à la relation de se dégrader, augmente et pérennise le « rendement » du travail de groupe. En loge cela stabilise le climat et favorise l’égrégore !

Le psychologue Simon Baron Cohen a développé un test de lecture dans les yeux .

Il s’agit de détecter l’état émotionnel d’un interlocuteur rien qu’en regardant une photo de ses yeux. En moyenne le score des femmes est meilleur que celui des hommes. De plus, le QI du groupe est corrélé positivement avec la moyenne des résultats des membres au test de lecture dans les yeux.

Retenons de tout cela que la dynamique de groupe est un domaine en plein bouillonnement. Parmi les pistes d’amélioration du fonctionnement d’un groupe : la réduction des 3 gisements de pertes que sont :

– les biais cognitifs des individus composant le groupe, 

– les effets délétères du déséquilibre de temps de parole, ou

– la non-détection des compétences disponibles.

Conclusion : oui la caisse à outils du VM et de son collège d’officiers peut encore s’améliorer ! Mixité et diversité seront les « mamelles » de nos égrégores !

Entrevue avec Hervé H. Lecoq | Sous le Bandeau | Épisode #71

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🎙️ Épisode #71 : Entrevue avec Hervé H. Lecoq 🎙️

Bienvenue à cet épisode très spécial où nous avons le privilège de discuter avec Hervé HOINT-LECOQ @HerveHLecoq une figure emblématique dans le monde de la franc-maçonnerie.

📌 Au programme : -Le parcours de Hervé H. Lecoq -L’impact de la vente en ligne sur les sociétés fraternelles -La franc-maçonnerie à l’ère numérique -La Guilde des Blogueurs maçonniques -Et bien plus encore !

👤 À propos de l’invité : Hervé HOINT-LECOQ (P.M., M.M.M., C.A.R.) est né en 1982 et travaille comme responsable dans le domaine de la vente en ligne. Passionné d’Histoire et membre de plusieurs organisations prestigieuses comme l’Académie de Vaucluse et la Société Française d’Histoire des Sociétés Fraternelles (SFHSF), il est également le Président de la Masonic Historical Society. Depuis 2010, il a contribué à différents sites internet institutionnels liés à la franc-maçonnerie et est le fondateur de la chaîne Youtube : French Freemason.

📚 Publications et Contributions : Hervé est auteur de nombreux articles en langue française et anglaise publiés dans diverses revues, magazines et sites d’information. Il a également joué un rôle clé dans la création de la Guilde des Blogueurs maçonniques, une communauté qui regroupe le plus grand nombre de blogueurs maçonniques en langue française sur le web. 🔗 Liens Utiles : Chaîne Youtube de Hervé H. Lecoq : @HerveHLecoq

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30/09/23 : « FM – Apports des philosophies et des religions » par l’Académie Maçonnique de Lyon

Dans le cadre du Cycle Annuel de Conférences, réservé aux maîtres maçons, l’Académie Maçonnique de Lyon vous propose une journée d’étude ayant pour thème sur

« Franc-Maçonnerie – Apports des philosophies et des religions »

Le programme

9h00 Accueil

Marie-Thérèse Besson.

9h15 Introduction par Marie-Thérèse BESSON, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France de 2015 à 2017

9h30 à 10h30 Le Prologue de Jean : héritage hébraïque, grec et proto-chrétien dans le Rite Écossais par Jean-Louis COPPÉRÉ, Agrégé d’histoire, proviseur honoraire

Sophie Mondoré.

10h30 à 11h30 Leçons du Pythagorisme et de l’Orphisme par Sophie MONDORÉ

11h30 à 12h30 Philosophie contemporaine et démarche initiatique par Olivier BALAINE, directeur de la rédaction de Points de Vue Initiatiques (PVI), la revue trimestrielle de la Grande Loge de France

Olivier Balaine.

12h30 Conclusions

Infos pratiques : Samedi 30 septembre 2023 à 9 h

Cycle annuel de conférences réservé aux réservé aux maîtres maçons

Temple de la Croix Rousse, 19 rue Dumont D’Urville 69004 Lyon.

Tarif inscription annuelle : 35 € pour deux séries de conférences/Tarif d’une seule journée d’étude : 25 €/Inscriptions incluant le présentiel ou la visio pour les Académies de Lyon, Lille, Marseille et le présentiel pour Toulouse.

Pour les inscriptions annuelles les textes seront remis en présentiel en 2024 (10 € pour une seule journée). Renseignements complémentaires et inscriptions : academiemaconniquelyon@gmail.com

Académie Maçonnique
Académie Maçonnique

En 1307, l’arrestation des Templiers par Philippe le Bel

De notre confrère arte.tv

Alors qu’un incroyable document du procès des templiers va être révélé au public par les Archives nationales, Xavier Mauduit nous parle de cet ordre très puissant de moines-soldats du XIIe siècle.

De notre confrère Radio France

Un parchemin de plus de 20 mètres expose les « confessions » sous la torture des Templiers

Par Pierre Ropert

Publié le dimanche 17 septembre 2023 à 01h21

Rouleau d’interrogatoire des templiers à Paris. Archives nationales, J//413/A, n° 18.
Rouleau d’interrogatoire des templiers à Paris. Archives nationales, J//413/A, n° 18. – Archives nationales de France

Un parchemin daté de l’an 1307, long d’une vingtaine de mètres, est exposé depuis le 13 septembre aux Archives nationales, à Paris. Les aveux de 138 Templiers, obtenus sous la torture, y sont consignés. Ils avaient marqué la fin de l’ordre du Temple et de leur grand maître, Jacques de Molay.

Pape Clément ! Chevalier Guillaume ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à comparaître devant le tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment. Maudits ! Maudits ! Soyez tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races !” Le 19 mars 1314, Jacques de Molay, dernier grand maître de l’ordre du Temple, invective ses bourreaux depuis son bûcher. C’est en tout cas de cette façon que le romancier Maurice Druon imagine la scène, dans sa célèbre saga, Les Rois maudits.

La condamnation de Jacques de Molay fait suite à ses aveux, très probablement obtenus sous la torture, en l’an 1307. Consignées sur un long rouleau, avec celles de 137 autres Templiers, ces “confessions” sont aujourd’hui présentées au musée des Archives nationales, à Paris, à l’occasion de l’exposition Le procès des Templiers. 1307 – Le rouleau d’interrogatoire. Exposition lancée ce 13 septembre 2023 et qui se terminera le 15 janvier prochain.

« C’est un document qui est écrit dans un style indirect et qui nous rapporte précisément les réponses que livrent les Templiers aux questions des inquisiteurs », témoigne Jean-François Moufflet, responsable du fonds des archives de la royauté au département du Moyen Âge et de l’Ancien Régime des Archives nationales 

Jean-François Moufflet : « Le lecteur a presque l’impression de se retrouver dans la salle d’interrogatoire »

La fin des Templiers

Ce rouleau de parchemin s’inscrit au cœur de la chute de l’ordre du Temple, véritable ordre religieux et militaire. Ce document est un témoignage exceptionnel de la façon dont la machination politique orchestrée par le roi de France, Philippe le Bel, a marqué la fin de l’ordre du Temple. La fin des Templiers se pose dans le cadre, plus large, “du conflit qui oppose Philippe le Bel à la papauté depuis le début du XIVe siècle”, rappelle Alain Demurger, historien médiéviste et spécialiste des ordres religieux militaires au Moyen Âge. “C’est une question de pouvoir, de pouvoir théocratique d’un côté et de pouvoir monarchique de l’autre”.

En 1303, le roi de France, Philippe le Bel, a tenté de faire arrêter, à Anagni, en Italie, le pape Boniface VIII, dans l’espoir de le faire accuser d’hérésie par un conseil œcuménique. La manœuvre, intitulée l’attentat d’Anagni, échoue. “Dans ce conflit, quelques années plus tard, l’affaire des Templiers va tomber comme une occasion de faire pression sur le pape, poursuit Alain Demurger. Philippe Le Bel veut obtenir du nouveau pape, Clément V, qui est pape depuis 1305, qu’il ouvre un procès de condamnation de la mémoire de Boniface VIII”. Le roi de France souhaite ainsi obtenir l’effacement des sanctions prononcées contre son ministre, Guillaume de Nogaret, qui a orchestré l’attentat d’Anagni. Afin d’accentuer la pression sur la papauté, Philippe Le Bel va donc s’appuyer sur des rumeurs à propos des membres de l’ordre du Temple, dont il se murmure qu’ils ont des pratiques obscènes et auraient renié le Christ.

Des aveux obtenus par la torture

Neuvième membrane du rouleau d’interrogatoire des templiers à Paris, où figurent les aveux de Jacques de Molay. Archives nationales, J//413/A, n°18.
Neuvième membrane du rouleau d’interrogatoire des templiers à Paris, où figurent les aveux de Jacques de Molay. Archives nationales, J//413/A, n°18. – Archives nationales de France

C’est dans ce contexte que, en 1307, les Templiers sont arrêtés dans toute la France. Amenés à Paris, ils sont interrogés, et soumis à la torture, pour confesser leurs pêchés. Les aveux forcés des Templiers sont consignés dans le long rouleau aujourd’hui exposé aux Archives nationales. « Ce n’est ni plus ni moins qu’un procès verbal d’interrogatoire, mené par l’inquisiteur du royaume de France, Guillaume de Paris, qui est le confesseur de Philippe le Bel », complète Jean-François Moufflet.

“L’interrogatoire des 138 Templiers est la conséquence directe de l’initiative du Roi », retrace l’historien médiéviste Alain Demurger. « Il a décidé cette opération seul, sans en référer au Pape, alors même que l’ordre du Temple, un ordre religieux, dépend entièrement de la papauté et de l’ÉglisePhilippe le Bel, pour pouvoir justifier son initiative auprès du Pape, doit démontrer l’hérésie des Templiers, pour pouvoir dire ‘j’ai davantage fait que vous pour la défense de la foi et la défense de l’Église’. Tout l’enjeu, à partir de là, va être de démontrer que les Templiers sont hérétiques et que, par conséquent, ils doivent être condamnés”.

Les rumeurs sont fausses. Mais les aveux vont être extirpés de force, et consignés sur le rouleau de 22 mètres de long : sur les 138 Templiers interrogés, seuls quatre d’entre eux n’avouent rien. Les autres, face aux inquisiteurs, confessent les péchés d’injure au Christ (123 avouent avoir craché sur l’effigie, et 105 l’avoir renié) et s’être adonnés à des pratiques homosexuelles (102 Templiers).

Jacques de Molay lui-même se voit extorquer des aveux : “Celui qui le recevait fit apporter en sa présence une croix en bronze sur laquelle était représenté le crucifix, et il lui dit et lui ordonna de renier le Christ dont il y avait la représentation. Ce que, bien malgré lui, il fit ; et alors celui qui le recevait lui ordonna de cracher sur la Croix, et il cracha à terre. Interrogé sur le nombre de fois qu’il le fit, il dit sous serment qu’il ne cracha qu’une seule fois, et qu’il s’en rappelle bien.” Le grand maître de l’ordre du Temple aura beau se dédire, par la suite, il finit néanmoins sur le bûcher, comme de nombreux autres Templiers.

22 mètres de peaux de chèvres

Seuls trois mètres de ce document sont exposés, pour la première fois depuis plus de douze ans, aux Archives nationales, faute d’une vitrine assez grande pour pouvoir dérouler les 22 mètres de parchemin. Le document surprend en effet par sa taille : « L’usage du rouleau n’est pas quelque chose de si extraordinaire dans le cas d’une procédure judiciaire ou dans le cadre d’une enquête », rappelle Jean-François Moufflet, avant de concéder que, traditionnellement, les rouleaux qui prédominaient étaient bien plus petits. « Ici, il y aussi un parallèle symbolique entre l’ampleur physique du rouleau et la quantité d’informations qu’il contient. 22 mètres d’aveux, c’est considéré comme des preuves irréfutables, tangibles… »

En 2010, Eric Laforest, chef de travaux d’art et restaurateur de document, avait été chargé de la restauration de ce parchemin étonnamment long, réalisé à l’aide de peaux de chèvres : « À partir du moment où on emploie le terme de parchemin, on exclut toute fibre papetière. D’un côté, vous avez un matelas fibreux composé de cellulose, le papier, et de l’autre vous avez une peau issue d’une dépouille animale qui a été traitée à l’aide de différentes opérations, c’est ce qu’on appelle le parcheminage. »

Le rouleau des Templiers a ainsi été réalisé à l’aide de 44 membranes de parchemin, provenant de 22 peaux de chèvres coupées en deux. « C’est un petit troupeau de 22 chèvres qui a été nécessaire à la confection de ce grand rouleau », commente Eric Laforest. « Les différentes membranes du rouleau sont cousues les unes aux autres, avec du fil coloré, et chaque membrane correspond à une journée d’interrogatoire. À l’intersection des membranes, il y a un motif à l’encre, il s’agit des seings des quatre notaires, qui permettent d’authentifier le document », et donc de prévenir toute falsification.

Seings de quatre notaires apposés à cheval sur les membres dix et zone du rouleau d’interrogatoire. Archives nationales, J//413/A, n° 18.
Seings de quatre notaires apposés à cheval sur les membres dix et zone du rouleau d’interrogatoire. Archives nationales, J//413/A, n° 18. – Archives nationales de France

Ce rouleau permet néanmoins de se faire une idée précise de ce à quoi ressemblait la société des Templiers. « Si on analyse les interrogatoires, on peut identifier ces 138 Templiers : on a des jeunes de 16 ans et des vieillards âgés de plus de 80 ans », assure Jean-François Moufflet. « De nombreuses générations de Templiers sont représentées, on connaît leurs fonctions au sein de l’ordre du Temple, des frères chevaliers aux préposés aux animaux, sans oublier, dans les commanderies, les prêtres, les chapelains… C’est une véritable photographie sociale de l’ordre du Temple. » Le parchemin, malgré sa dimension tragique, reste un trésor archéologique. Un véritable trésor, en quelque sorte, des Templiers.