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Francs-maçons célèbres… : Pierre Dac

André Isaac, dit Pierre Dac, officiellement André Pierre-Dac à partir de 1950, né le 15 août 1893 à Châlons-sur-Marne et mort le 9 février 1975 dans le 17e arrondissement de Paris, est un humoriste et comédien français. Il a également été, pendant la Seconde Guerre mondiale, une figure de la Résistance contre l’occupation de la France par l’Allemagne nazie grâce à ses interventions sur Radio Londres.

Créateur dans les années 1930 du journal humoristique L’Os à moelle, Pierre Dac est notamment l’inventeur du Schmilblick, un objet « rigoureusement intégral, qui ne sert absolument à rien et peut donc servir à tout ». Il popularise également l’expression « loufoque », formée à la façon du louchébem. Il est également inventeur du biglotron et de la célébrissime recette de la confiture de nouilles.

Après la guerre, il constitue un fameux duo humoristique avec Francis Blanche, et conçoit et anime les populaires séries radiophoniques Malheur aux barbus, puis Signé Furax et enfin, Bons baisers de partout.

A lire pour en savoir plus : « Pierre Dac. Le Parti d’en rire », un Franc-Maçon exposé au mahJ

Il est reçu apprenti à la loge « Les Compagnons ardents » de la Grande Loge de France le 18 mars 1946 puis élevé au grade de compagnon le 3 mars 1947. Il quitte sa loge le 26 septembre 1955 et rédigera une parodie de rite maçonnique devenue célèbre dans la franc-maçonnerie française, Grande Loge des Voyous, Rituel du Premier Degré Symbolique.

Biographie

Pierre Dac est issu d’une modeste famille juive d’Alsace, originaire de Niederbronn-les-Bains et installée après la défaite de 1870 à Châlons-sur-Marne, où le père Salomon Isaac est boucher et la mère, Berthe Kahn, femme au foyer. Il naît dans cette ville au 70, rue de la Marne. Le jeune André a trois ans lorsque la famille s’installe à Paris, où elle ouvre une boucherie dans le quartier de la Villette (la profession de son père aura une grande influence sur lui, car tout au long de sa carrière d’humoriste Pierre Dac s’inspirera du louchébem, l’argot des bouchers). André, bon élève et doué pour les farces, affiche des dons artistiques et ses parents l’inscrivent à des cours de violon tandis que son frère aîné, Marcel, se destine à reprendre la boucherie familiale. Le goût d’André pour les farces lui vaut d’être renvoyé du lycée en mai 1908 après qu’il a accroché un hareng saur à la queue de l’habit de son professeur de maths, ce qui marque en même temps la fin de ses études.

Selon Jacques Pessis, Pierre Dac serait un héros de la Première Guerre mondiale mobilisé au lendemain de ses vingt ans, au régiment d’infanterie de Toul,. Il revient du front quatre ans plus tard avec deux blessures, la première lui ôtant la possibilité de devenir violoniste puisque, le 10 mai 1915, un éclat d’obus lui raccourcit le bras gauche de douze centimètres. Tout juste remis, apprenant la mort de son frère, il décide de repartir au combat et, en 1916, il se retrouve nettoyeur de tranchées. Près de Verdun, un nouvel obus lui brise la cuisse. Cette fois, il entame une convalescence qui va se poursuivre jusqu’au lendemain de l’Armistice. Il est alors décoré et cité quatre fois à l’ordre de la nation.

Toutefois, Jacques Pessis lui-même produit aussi des documents qui vont à l’encontre de cette version : une carte écrite par le frère de Pierre Dac le 23 juin 1914 et transmise à l’hôpital militaire de Toul, une autre du 18 juillet 1914 adressée par son frère à l’hôpital militaire de Cosne (Nièvre), certificats de visite et de contre-visite le 25 août 1914 et certificat de convalescence d’un mois le 26 août avec prolongation jusqu’au 16 octobre (hospice mixte de Cosne). Les documents médicaux mentionnent une blessure par balle de fusil Lebel, arme française. Toutes les pièces produites sont tout à fait conformes à ce qui est écrit sur la fiche matricule de Pierre Dac qui liste une longue suite d’hospitalisations et de périodes de convalescence pendant presque toute la guerre, le point de départ étant un accident pendant un exercice de tir le 23 juin 1914 qui a été relaté dans la presse de l’époque. La partie réservée à cet effet sur sa fiche matricule n’indique aucune blessure de guerre, aucune citation ni aucune décoration.

Selon Pierre Dac, son frère Marcel aurait été tué à l’âge de 28 ans, le 8 octobre 1915, pendant la bataille de Champagne, fauché par un obus allemand. Toutefois, selon les documents officiels, Marcel Isaac n’a pas été tué par un obus, mais est mort d’une embolie, « maladie aggravée au service », et déposé à l’hôpital de Bussy-le-Château, et n’est donc pas considéré comme « mort pour la France », bien qu’il soit mort alors qu’il était toujours enregistré en tant que militaire en activité. Cependant, après vérification, l’inscription « Mort pour la France » est bien gravée sur la tombe et celle-ci, attestée par une photographie, était encore lisible en 2010.

Après la Première Guerre mondiale, Pierre Dac vit de petits métiers à Paris, coursier, chauffeur de taxi, homme-sandwich. Dans les années 1920, il est chansonnier dans divers cabarets, notamment La Muse rouge et La Vache enragée dès 1922. Il rencontre en 1923 le chansonnier Roger Toziny qui le force à auditionner pour vaincre sa timidité et lui trouve son pseudonyme « Dac » en référence à ses dons de chansonnier d’actualités tout en rappelant la terminaison de son nom Isaac.

En 1925, il se produit à La grande fête inaugurale de la Chanson des Insurgés, à la salle de l’Utilité publique, boulevard Blanqui à Paris. Cette fête est organisée par le journal L’Insurgé de l’anarchiste André Colomer.

Le 8 janvier 1929, il épouse Marie-Thérèse Lopez, mariage qui se révèle être une erreur. Pierre Dac se produit dans les années 1930 au Théâtre du Coucou, au Théâtre de 10 Francs, au Casino de Paris, aux Noctambules et à La Lune rousse de Montmartre, où il rencontre en 1934 la comédienne Dinah Gervyl (1909-1987) (de son vrai nom Raymonde Faure), sa future seconde épouse. René Sarvil lui écrit de nombreux textes qu’il débite d’une voix volontairement monocorde. En 1935, il crée une émission humoristique de radio, La Course au Trésor, et en anime une autre, La Société des Loufoques, qui remportent un grand succès.

L’Os à moelle

Avec son ami Francis Blanche, il va former un duo comique très populaire

Le 13 mai 1938, il fonde L’Os à moelle, organe officiel des loufoques, une publication humoristique hebdomadaire au nom inspiré par François Rabelais et par son père boucher (le mot loufoque vient de l’argot des bouchers, le louchébem, et signifie fou). Elle a pour collaborateurs le chansonnier Robert Rocca, les dessinateurs Jean Effel, Roland Moisan, etc. Dès son premier numéro, le journal annonce la constitution d’un « Ministère loufoque », dont les portefeuilles sont distribués « au Poker Dice ». Ses petites annonces — dont la plupart sont rédigées par Francis Blanche, qui débute — vendent de la pâte à noircir les tunnels, des porte-monnaie étanches pour argent liquide, des trous pour planter des arbres, etc. En raison de l’avancée allemande, l’hebdomadaire — dès l’origine très anti-hitlérien — cesse de paraître après 109 numéros, le 7 juin 194030. L’équipe du journal est contrainte de quitter Paris alors sur le point d’être occupé. Il reparaîtra épisodiquement en 1945-1946, puis vers 1965, avec de nouveaux talents, comme René Goscinny (Les aventures du facteur Rhésus) et Jean Yanne (Les romanciers savent plus causer français en écrivant).

Après-guerre

À la Libération, il rentre à Paris où il se réinstalle avec Dinah Gervyl (épousée le 6 octobre 1944) au 49 avenue Junot (à deux pas de son domicile, sera baptisée la rue Pierre-Dac en 1995). Il devient membre du comité d’épuration des artistes. Fidèle à ses engagements patriotiques il se produit, le 22 mars 1946 au Palais de Chaillot à la fois comme artiste et évadé, à la « Nuit des Évadés de France », gala de bienfaisance organisé par l’Union des évadés de France sous la présidence effective du Général de Lattre.

Pierre Dac prend officiellement le nom d’André Pierre-Dac à partir de 1950.

Annonce pour La Nuit des Evadés de France. Pierre E. Lamaison

Il est reçu apprenti à la loge « Les Compagnons ardents » de la Grande Loge de France le 18 mars 1946 puis élevé au grade de compagnon le 3 mars 1947. Il quitte sa loge le 26 septembre 1955 et rédigera une parodie de rite maçonnique devenue célèbre dans la franc-maçonnerie française, Grande Loge des Voyous, Rituel du Premier Degré Symbolique. Il réalisera des entretiens radiophoniques d’anthologie en Autriche, notamment avec la cinéaste Leni Riefenstahl pour la RDF. En 1948, il revient au cabaret et surtout au Théâtre des Trois Baudets où Jacques Canetti le produit dans le spectacle Ça va – Ça va pas. Ce spectacle fait place à la revue 39,5° entièrement écrite par Pierre Dac, qui se joue à guichets fermés pendant 440 représentations. À l’équipe de Pierre Dac, s’ajoute un jeune humoriste inconnu, Robert Lamoureux, dont les spectaculaires débuts provoquent l’enthousiasme du public. Le soir où l’on fête la 400ème de 39,5° aux 3 Baudets, Francis Blanche alors comédien dans la troupe des Branquignols rencontre Pierre Dac. Ce coup de foudre amical et professionnel marque leurs débuts à la scène et à la radio. Le 21 avril 1950 débute le spectacle Sans Issue qu’ils joueront un an et demi devant des salles combles. Ils se produiront ensuite à l’ABC, à l’Olympia, à l’Alhambra, au Théâtre de Paris, au Théâtre Édouard VII, etc.

Il forme avec Francis Blanche un duo mythique auquel on doit de nombreux sketches dont le fameux Le Sâr Rabindranath Duval (1957) qui sera créé au Théâtre des Trois Baudets, et un feuilleton radiophonique en 213 épisodes, Malheur aux barbus, diffusé de 1951 à 1952 sur Paris Inter, et publié en librairie cette même année ; personnages et aventures sont repris de 1956 à 1960 sur Europe 1, sous le titre Signé Furax (soit 1 034 épisodes). Ces émissions sont suivies par de nombreux auditeurs. Plus tard, entre 1965 et 1974, en compagnie de Louis Rognoni, Pierre Dac crée la série Bons baisers de partout, une parodie en 740 épisodes des séries d’espionnage des années 1960, diffusée sur France Inter.

Surnommé par certains le « Roi des Loufoques », pour son aptitude à traquer et créer l’absurde à partir du réel, orateur pince-sans-rire et persifleur hiératique, il manie aussi bien les calembours que les aphorismes.

Publicité de l’École universelle parue dans L’Os à moelle du 2 juillet 1964.

Son texte Le Biglotron est souvent cité par les amateurs de dépédantisation. Il est l’inventeur du Schmilblick, qui « ne sert absolument à rien et peut donc servir à tout. Il est rigoureusement intégral ! » Le mot « Schmilblick » sera repris par Guy Lux pour un jeu télévisé (hérité de La Chose de Pierre Bellemare sur Radio-Luxembourg), puis par Coluche pour une parodie de ce jeu restée célèbre.

Dépressif, il tente à quatre reprises de se suicider aux barbituriques ou en s’ouvrant les veines entre 1958 et 1960 ; en janvier 1960, sa femme le retrouve inanimé dans sa baignoire : il s’était ouvert les veines aux poignets. Après son hospitalisation, sa femme explique que depuis son retour en France à la Libération, son mari souffre de ne pas retrouver toutes les amitiés sur lesquelles il comptait et qu’il n’a connu sur ce plan que des déceptions, à l’exception de son ami Francis Blanche.

Candidature présidentielle

Entre 1964 et 1966 il fait reparaître L’Os à moelle. Le 11 février 1965, Pierre Dac se déclare candidat à la présidentielle avec le MOU (Mouvement ondulatoire unifié) lors d’une conférence à l’Élysée-Matignon. Le Tout-Paris est là et applaudit le canular. Les flashs crépitent et Pierre Dac fait son entrée avec ses catcheurs et gardes du corps : il désigne Jacques Martin Premier ministre, et deux de ses futurs ministres, Jean Yanne et René Goscinny.

Après cette journée, il fait paraître régulièrement des discours grandiloquents du Mouvement ondulatoire unifié dans L’Os à moelle, avec le slogan « Les temps sont durs, votez MOU ! ».

Au début de l’été, sa popularité toujours montante inquiète les autres candidats et à l’Élysée, on trouve que « la plaisanterie a assez duré ». Un conseiller du général de Gaulle, en septembre, par téléphone, lui demande de se retirer. Par fidélité pour celui qui fut le chef de la France libre, l’ancien résistant accepte sans attendre. Pierre Dac justifie son retrait par la formule : « Je viens de constater que Jean-Louis Tixier-Vignancour briguait lui aussi, mais au nom de l’extrême droite, la magistrature suprême. Il y a donc désormais, dans cette bataille, plus loufoque que moi. Je n’ai aucune chance et je préfère renoncer. »

Fin de vie et mort

Rue Pierre-Dac, dans le 18e arrondissement de Paris. – Mbzt — Travail personnel

En 1972, un square et une statue sont inaugurés en son honneur, à Meulan. Devant les photographes, Pierre Dac et Francis Blanche posent à leur manière, c’est-à-dire en satisfaisant un besoin naturel sur le monument.

Malgré le succès, Pierre Dac est resté un homme modeste, presque effacé. Fumant depuis l’âge de 18 ans, il meurt en 1975 d’un cancer du poumon dans la plus grande discrétion. « La mort est un manque de savoir-vivre », avait-il repris d’Alphonse Allais.

Il est incinéré et ses cendres déposées au columbarium du cimetière du Père-Lachaise.

Jacques Pessis est le « neveu adoptif », biographe et légataire universel de Pierre Dac.

Des artistes en faveur de l’Ukraine, « L’Art en guerre », l’expo au DROIT HUMAIN

Cette exposition temporaire est réalisée avec le soutien de la Fondation Artists Support Ukraine (ASU – Les Artistes Soutiennent l’Ukraine) et l’Union européenne.

La Fondation Artists Support Ukraine appelle l’ensemble de la Communauté culturelle mondiale à s’exprimer en faveur de l’Ukraine, en devenant des ambassadeurs de la paix et de la justice.

Nous vous invitons à visionner cette exposition.

En savoir plus sur LE DROIT HUMAIN – Le site

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Instagram le_droit_humain

J’adresse tous mes plus fraternels remerciements au Grand Maître National Sylvain Zeghni ainsi qu’à toutes ses équipes qui m’ont accueilli avec beaucoup de bienveillance.

Photos © Yonnel Ghernaouti, YG – Montage diaporama Alcibiade

Infos pratiques

Exposition temporaire jusqu’au 30 septembre 2023

Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN, Fédération française

Maison Maria Deraismes 9, rue Pinel – Paris XIIIe

Renseignements : 01 44 08 62 62

Le service BAM du GODF lance son service PATRIMOINE NUMÉRIQUE

En ce mois de septembre, ce nouveau service PATRIMOINE NUMÉRIQUE est lancé par le service Bibliothèque Archives Musée (BAM) du Grand Orient de France.

Le BAM a pour mission de collecter, d’enrichir et de conserver le patrimoine maçonnique. Il en assure l’accès au plus grand nombre via le musée de la Franc-maçonnerie (Musée de France*), les expositions temporaires, les expositions itinérantes et le Centre de documentation du GODF.

Cette bibliothèque numérique du Grand Orient de France permet de découvrir :

  • Des ouvrages et imprimés rares, insolites et anciens ;
  • Des documents d’archives retraçant l’histoire d’éloges ;
  • Les plus beaux objets du musée en 3D.

Elle permet, en trois langues – français, anglais, espagnol –, également de visiter les expositions virtuelles thématiques en lien avec l’actualité du musée de la franc-maçonnerie. Le site, c’est ICI.

Un exemple de visite virtuelle, les Rites Égyptiens :

Les relations des Rites Égyptiens avec le Grand Orient de France sont une longue histoire. Dès 1785, au Convent des Philalèthes, les dignitaires de l’obédience réunis autour de Charles-Pierre-Paul, marquis de Savalette de Langes (1745-1797), son Grand Orateur, témoignent d’un véritable intérêt pour la Haute Maçonnerie Égyptienne de Cagliostro. Pour visiter, c’est ICI.

Une heureuse et très belle initiative pour qui s’intéresse à la culture en général et à la culture maçonnique en particulier. Mais aussi pour celles et ceux, chercheurs et cherchants, ou simplement curieux de nature souhaitant y trouver matière à approfondir leurs travaux et/ou recherches.

Toutes les obédiences ne disposent pas de bibliothèque, salle de lecture ou encore ne numérisent pas les ouvrages ou objets en leur possession. Un très utile nouveau service pour notre bien commun maçonnique.

*Musée de France est une appellation délivrée par le ministère de la Culture aux musées français appartenant à l’État, à une personne morale de droit public, ou à une personne morale de droit privé à but non lucratif, sous conditions de conservation et de présentation au public de leurs collections dans le cadre d’un intérêt public.

Sa création découle de la loi du 4 janvier 2002, dite « loi musée », désormais codifiée au code du patrimoine.

Le service Bibliothèque Archives Musée (BAM) du Grand Orient de France.
Le service Bibliothèque Archives Musée (BAM) du Grand Orient de France.

Enquête paranormale dans une loge maçonnique « hantée » de Perth

De notre confère australien thecourier.co.uk – Par Kieran Webster

Une enquête paranormale dans une loge maçonnique « hantée » à Perth doit avoir lieu cet Halloween. Le médium John Spratt, basé à Angus, entreprendra l’enquête à l’intérieur du bâtiment prétendument hanté d’Atholl Crescent, nommé Freemason’s Lodge Scoon and Perth No. 3.

L’événement public vise à collecter des fonds pour les premiers intervenants de Perth, basés a LA loge.

Une loge maçonnique « susceptible d’être hantée »

Le président de l’association caritative Perth First Responders, Richard Stibbles, a déclaré au Courrier : « Grâce aux expériences personnelles des gens concernant les événements paranormaux et aux enquêtes précédentes, je suis sûr que la soirée sera intéressante.

« Comme il s’agit d’un bâtiment si ancien, je suis sûr qu’il a une histoire ou deux à raconter et qu’il est probablement hanté.

« Et avec les expériences et l’aide du médium, nous pourrons peut-être découvrir ce que sont certains d’entre eux. »

Dans le cadre de l’événement, les participants auront un accès complet à la loge pour chasser des activités paranormales.

À l'intérieur du temple maçonnique
À l’intérieur du temple maçonnique. Image : Loge Scoon & Perth

La loge a été construite entre 1797 et 1803. Depuis 1933, elle est utilisée par les francs-maçons.

Richard a ajouté : « Beaucoup de personnes participant à la tournée n’ont probablement jamais vu de loge maçonnique auparavant et elles auront la possibilité de visiter tout cela.

« Les gens recevront un aperçu de toutes les expériences survenues lors d’enquêtes précédentes dans le bâtiment. »

« Le médium de la nuit est John Spratt et sa famille qui forment tous l’équipe d’enquête. »

Une précédente enquête dans la Loge maçonnique
Une enquête antérieure à l’intérieur du bâtiment. Image : Premiers intervenants de Perth.

« Pendant ce temps, les gens pourraient recevoir un mesureur de champ électromagnétique pour rechercher toute preuve scientifique d’activité. »

« Cela pourrait aider à démystifier ou à prouver tout rapport d’activité pendant la nuit.

« Le médium fournira également un aperçu de ce qu’il récupère dans le bâtiment ou tout au long de la nuit pour aider les enquêteurs. »

Les événements de collecte de fonds sont cruciaux pour les premiers intervenants de Perth

John affirme que de tels événements caritatifs sont cruciaux pour maintenir les premiers intervenants en activité.

Il a ajouté : « Nous ne pouvons pas envoyer les premiers intervenants sur place lors d’incidents ou sauver des vies sans que ces collectes de fonds aient lieu. »

« Ces fonds nous permettent de faire le plein et d’entretenir notre véhicule d’intervention ainsi que certains équipements que nous utilisons. »

« Si nous n’avons pas l’argent nécessaire pour mettre le véhicule en circulation, Perth et ses environs se retrouveront malheureusement sans service de premiers secours. »

Les billets pour l’événement, qui aura lieu le 29 octobre, peuvent être achetés en ligne.

Cagliostro, l’étrange prophète qui trompa la moitié de l’Europe et prophétisa la Révolution française

De notre confrère nouvelles-du-monde.com

Au début de 1776, un noble d’origine italienne qui se faisait appeler Alexandre et se prétendait comte de Cagliostro arriva à Londres. Les rumeurs prétendaient qu’il s’agissait d’un officier supérieur des services secrets allemands. Il loua une splendide maison sur Whitcomb Street avec sa jeune et belle épouse, la comtesse Serafina. Dans les écuries, il créa un laboratoire d’alchimie, car il cultivait cette science et possédait une bibliothèque très riche. “Son secrétaire affirmait que même le Vatican n’avait pas vu autant de livres rares et précieux”, a déclaré “Noir et Blanc” en 1972.

Qui était cet étrange personnage qui, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, acquit une grande notoriété en Europe sans que sa véritable identité ne soit jamais révélée ? “Magicien ou aventurier, faiseur de miracles ou imposteur, Cagliostro était plus puissant que les rois et plus sans défense qu’un vagabond”, note en sous-titre le même article. Ce nom, cependant, n’était que le dernier et le plus connu des nombreux noms donnés. Giuseppe Balsamo adopté tout au long de sa vie. Même son origine n’était pas certaine, car il a toujours affirmé être né dans une famille chrétienne de naissance noble et avoir été abandonné peu de temps après sa naissance sur l’île de Malte.

Il n’était dans la capitale britannique que depuis quelques mois lorsqu’il décida d’interrompre ses expériences d’alchimie, pour une brève période, pour effectuer une série de « calculs indéchiffrables en consultant un manuscrit égyptien ancien ». Son propre secrétaire a déclaré plus tard que, pendant plusieurs jours, le comte lui avait donné des numéros pour jouer à la loterie et que lui et le reste des ouvriers de son manoir avaient gagné plus de 1 500 £. Il n’a manqué aucun tirage, jusqu’à ce qu’il se lasse des attentes qu’il suscitait chez ses voisins. ” Je ne peux pas supporter cette persécution ! ” s’est-il exclamé.

« Certaines rumeurs avaient mystérieusement circulé au sujet de ses extraordinaires prédictions. Autour du palais se produisit un mouvement inhabituel et embarrassant : les gens regardaient avec étonnement la cheminée qui dégageait une fumée aux couleurs les plus étranges. On disait que le comte italien exerçait la magie, qu’il avait libéré des esprits une abbesse diabolisée, qu’il transformait la poussière de mercure en or et que, les nuits de pleine lune, il enterrait des diamants et des pierres précieuses qui, en peu de temps, « prodigieusement augmenté en volume”, pouvait-on lire dans le magazine.

Le pélerinage

Avec une notoriété inhabituelle sur tout le continent pour quelqu’un d’aussi mystérieux, sa figure a suscité ces dernières années un intérêt, allant même jusqu’à publier une biographie.

Il est clair que Balsamo est en réalité né au cœur d'une humble famille de Palerme, en 1743. Son enfance dans les rues de la ville italienne n'a jamais permis de coexister avec la fleur et la naissance de la noblesse européenne, comme je l'ai dit plus tard.

Sa mère, veuve très jeune, l’envoya au séminaire de Palerme et au couvent de Misericordia, à Caltagirone, pour lui offrir un avenir digne.

Cependant, il s’échappe du premier et est expulsé du second, malgré le talent dont il a fait preuve. Avant de partir, cependant, il a montré ce que serait sa vie, en volant les secrets de son livre de médecine au pharmacien et en vendant à un bijoutier la prétendue carte d’un trésor qui n’a jamais été retrouvé. C’est à partir de ce moment qu’il commença son pèlerinage à travers le monde sous différentes identités, en passant par Rhodes, Le Caire et Alexandrie, jusqu’à ce qu’en 1765 il entre dans l’ordre des Chevaliers de Saint-Jean de Malte.

D’après les documents de l’époque, on sait qu’il y était déjà considéré comme un grand médecin, en grande partie grâce aux remèdes qu’il avait volés. Un an plus tard, il s’installe à Rome, où il épouse la jeune Lorenza Feliciani, qui adopte le nom de Serafina. Tous deux, unis dans un saint mariage, commencèrent à escroquer les nombreux pèlerins qui venaient dans la ville, à qui ils vendaient des amulettes et des philtres d’amour apportés, comme ils le disaient eux-mêmes, d’Egypte.

Cagliostro, le maçonnique

Cagliostro et sa femme ne sont pas restés longtemps dans la capitale italienne, car deux ans plus tard, ils ont dû à nouveau fuir. Balsamo a été baptisé de noms aussi divers que Tischio, Harat, Fenix ​​​​ou Pellegrini. On pourrait dire qu’il était encore un petit voyou, même s’il se faisait déjà passer pour un officier prussien et se consacrait à escroquer d’autres innocents dans des villes comme Venise et Paris, jusqu’à ce qu’il s’installe à Londres. C’est dans la capitale britannique qu’il crée enfin le personnage qui le rendra célèbre : le comte de Cagliostro, un guérisseur aristocratique venu d’Égypte.

Il a gagné le respect des plus puissants de Londres grâce à une autre de ses astuces, en réussissant à entrer dans une humble loge maçonnique du Soho à Londres connue sous le nom de Hope, fidèle adepte du Rite de Stricte Observance. Il se présente comme un émissaire du Grand Copte, un « supérieur inconnu » qui, selon son récit douteux, lui aurait ordonné d’implanter le culte de la franc-maçonnerie égyptienne en Europe. Cagliostro fascinait tout le monde avec ses tours de magie et ses onguents curatifs. L’un d’eux était un « élixir de jeunesse éternelle » qu’il vendait aux plus riches et qui lui procurait une grosse somme d’argent pour vivre confortablement.

À la fin de 1777, Cagliostro décide de faire le saut vers le continent, où le Rite de la Stricte Observance est en pleine expansion. Deux ans plus tard, alors qu’il passait par le duché de Courlande – l’actuelle Lettonie – il trompa une nouvelle fois les responsables francs-maçons de la région, qui envisageaient la possibilité de le proposer comme gouverneur de la région à Catherine de Russie. Cagliostro rejeta habilement la proposition, gagnant le respect du peuple pour sa prétendue humilité, mais il n’hésita pas à profiter de la publicité pour s’adresser à la cour de Saint-Pétersbourg.

Strasbourg

Là, il tenta de captiver la tsarine elle-même, mais lorsque la sagace Catherine remarqua que le mysticisme égyptien de Cagliostro commençait à hypnotiser le duc Paul, son faible fils aîné et héritier, elle accrédita la rumeur selon laquelle elle le considérait comme un espion du roi Frédéric de Prusse et a décrété son expulsion immédiate. Cagliostro s’enfuit à nouveau et s’installe à Strasbourg, où il guérit et nourrit gratuitement de nombreux pauvres. Cela a aidé à redorer sa réputation, mais il a également servi quelques personnes riches, ce qui lui a sans aucun doute fourni un prêt bancaire important pour survivre.

L’évêque de la ville, le cardinal Louis René Éduard de Rohan, a participé à certaines des expériences d’alchimie miraculeuse avec lesquelles ce magicien égyptien avait commencé à guérir les plus nécessiteux et à accroître sa renommée. Et cela le convainquit, car pendant trois ans il bénéficia de ce membre de la curie religieuse… jusqu’au 16 août 1784, éclata le scandale qui mit définitivement fin à ses aventures.

Ce jour-là, un groupe de bijoutiers de la ville découvrit que l’évêque avait utilisé le nom de la reine Marie-Antoinette pour acquérir, sans payer, un précieux collier de diamants. Rohan a été enfermé à la Bastille, et avec lui, notre protagoniste, accusé de collaboration avec le cardinal. Tous deux furent jugés par le Parlement de Paris et, au cours d’un procès long et très médiatisé, on apprit que le puissant religieux avait acquis le collier, convaincu de l’avoir fait par amour et sur ordre de la reine elle-même.

Retour en Angleterre

L’évêque avait en sa possession une pile de lettres qu’il avait falsifiées de Marie-Antoinette, persuadé qu’il avait couché avec elle, alors qu’en réalité il avait été trompé avec une simple prostituée. Ce gâchis n’a jamais été complètement éclairci, car les diamants n’étaient pas apparus et, en outre, Cagliostro et Rohan ont été acquittés par un Parlement déterminé à discréditer la monarchie. «Le processus a fini par rendre justice. Le procureur lui-même a demandé que le comte de Cagliostro soit acquitté et totalement innocenté. Les 49 juges du tribunal ont approuvé à l’unanimité la sentence”, rapporte ‘Blanco y Negro’.

“Un jour, ces murs s’effondreront”, assurait le comte dès sa libération en juin 1786, tandis que le peuple l’accompagnait en procession comme s’il s’agissait d’un roi. La renommée du comte avait atteint des limites insoupçonnées pour quelqu’un qui n’avait jamais appartenu à la noblesse, ni à la monarchie, ni exercé aucune fonction politique. La preuve en est que ceux qui avaient fomenté ce complot contre lui furent « fouettés, déshabillés publiquement, marqués au fer chaud et condamnés à la prison à vie ».

Cagliostro en profite pour exiger une indemnisation exorbitante de la monarchie française pour les dommages subis. Il publie également une « Lettre au peuple français », dans laquelle il décrit le traitement humiliant qu’il a subi à la Bastille et dans laquelle il exhorte le Parlement « à convoquer les États généraux et à œuvrer à la Révolution ». La lettre le tourna cependant contre les monarchies de France et d’Angleterre, qui financèrent une campagne visant à discréditer le prophète.

Inquisition

En conséquence, des publicistes comme Casanova ont mis en lumière sa véritable identité et les arnaques sans fin qu’il avait perpétrées dans toute l’Europe au cours des années précédentes. Balsamo nia tout, mais, déshonoré et appauvri, il dut s’exiler d’abord en Suisse, puis à Rome, où il arriva le 27 mai 1789. Entre-temps, ses prétentions furent exaucées, car ce même été éclata la Révolution française et la Bastille est tombée. Cagliostro reprit de l’importance et certains francs-maçons le recontactèrent.

Le Vatican a alors ordonné à l’Inquisition de l’arrêter immédiatement. Il a été reconnu coupable d’hérésie et condamné à « ne parler à personne, ne voir personne et être vu de personne ». Le 20 avril 1791, Balsamo fut transféré au château de San Leo, où il mourra quatre ans plus tard. Bien qu’il soit retenu captif, le comte réussit à répandre depuis sa cellule des présages inquiétants contre la papauté. Alors que la révolution dévastait tout et changeait l’histoire à jamais, les prophéties de Cagliostro prirent des connotations apocalyptiques et magnifièrent encore plus sa figure énigmatique.

Ruche, abeilles et miel en Franc-maçonnerie

L’anthropomorphisation de la ruche, métaphore d’un corps social, en l’occurrence ecclésiastique apparaît au XVIe siècle. Le clergé de l’Église répandant son évangile, pollinisant les cœurs et les esprits des masses, transformant leur spiritualité, est considéré comme une ruche.

Les calvinistes n’ont pas manqué de reprendre cette allégorie pour moquer et dénoncer le pouvoir papal. Comme on le voit sur le frontispice du pamphlet dû à Philippe de Marnix La Ruche romaine. La ruche a évidemment la forme de la tiare trirègne du pape comme l’attestent les clés de Saint-Pierre, mais elle surmontée ici d’un croissant très musulman… Elle symbolise le pouvoir du roi des abeilles-pontife, son palais romain vers lequel convergent des abeilles-clercs.

Dès le XVIIe siècle, le symbole de la ruche est employé dans un sens relatif à l’architecture et au labeur.

Puisant dans le corpus maçonnique, les artisans et les brodeurs ont utilisé des éléments historiques, sociaux ou symboliques, différents selon les époques et les pays. En France, la fin du XVIIIe siècle voit le recours à la symbolique du Temple, le Directoire à celle de la vogue de l’égyptomanie (sphinx, pyramides,…), l‘Empire à celle des abeilles ou de la ruche.

Le symbole de la ruche qui ornait la couleur de la Fédération Compagnonnique de tous les Devoirs Réunis – qui représentait tout à la fois le travail des Compagnons et leur lieu de réunion, autour de la Mère – était connu des compagnons par le biais des associations de secours mutuels depuis les années 1830-1840.

Reliée à l’ordre et à l’autorité dans l’organisation et la structure des choses, la ruche renvoie à des notions de hiérarchie légitime, de commandement, de distribution des rôles, de règlements relatifs à une collectivité, d’esprit de collaboration. Chaque membre d’une communauté doit exercer son activité spécifique et jouer son rôle particulier conformément à sa compréhension et à ses  moyens réels, à sa mission et à son rythme évolutif.  En effet, le bien de l’ensemble dépend du respect des individus entre eux et du but commun, fondé sur la fraternité et la solidarité. Les francs-maçons sont des abeilles dans la ruche qu’ils ont choisie. Les rites/rituels et cérémonies mobilisent, canalisent et orientent l’énergie collective, pour transférer sur le plan conscient, les bases sur lesquelles s’édifient, se structurent et s’harmonisent les communautés. «On pourrait voir dans la loge un lieu de pollinisation mutuelle, chaque parole qui s’y échange contribue à une mellification commune que favorise le silence, et chacun en tirera le profit qui lui est singulier.» (Dictionnaire buissonnier de la Franc-maçonnerie, Annick Drogou, Jean-Marc Petillot, Numérilivre).

Au XIXème siècle, presque toutes les grandes loges d’Amérique ont officiellement approuvé les tapis de Loge de John Sherer et recommandé à chaque loge subordonnée d’en acheter un comme aides pédagogiques pour le Vénérable Maître afin d’instruire les impétrants. Sur celui de Maître, Sherer y illustre l’Église (ruche) soutenue par les quatre piliers du Nouveau Testament : Matthieu, Marc, Luc et Jean sur The Master’s Carpet. « La fleur sous la ruche est un dianthus, nommée ainsi par le botaniste grec Théophraste, signifiant «fleur de Dieu». À gauche, la ruche est entourée de céréales et de marguerites symbolisant St. Jean l’évangéliste. À droite, le millepertuis représentant St. Jean-Baptiste, accompagné de deux roses et d’un bouton de rose pour Marie-Madeleine, la Vierge Marie et un enfant. »

L’Abeille est un symbole solaire. Elle représente la sagesse, l’immortalité et la richesse. Elle est le lien social, le dévouement, le courage jusqu’à la mort, le labeur personnifié.

Au Moyen Âge, on parle du « chant » de l’abeille, chant véritablement sacré puisque que l’abeille porte en elle une parcelle de l’Intelligence divine. Rassemblées en essaim ou dans une ruche, ces milliers de parcelles se trouvent reliées entre elles pour ne former qu’un seul corps — le corps mystique du Christ — dont la tête est le roi (la reine). L’ensemble est une allégorie de l’Église qui, selon l’enseignement de Saint Paul, possède à sa tête le Christ-Roi. La communauté des abeilles est donc un symbole de retour à l’unité et de réunification.

En hébreu, le mot pour dire abeille dvora ou Débora  (ד ב ו ר ה) possède la même racine que dabar (דבר), la «parole», raison pour laquelle les kabbalistes rapprochent l’abeille et le bourdonnement de la ruche du Verbe créateur. On notera qu’en hébreu le mot désert s’écrit « midbar », avec comme racines les mêmes lettres daleth beth et reich. Avec ces mêmes racines, l’hébreu écrit, entre autres, les mots : dabar qui signifie certes la parole, mais aussi la peste ; dvora, l’abeille et doberot, les radeaux sur lequel furent amenés les bois de cèdre depuis le Liban pour construire le Temple de Salomon. Leur point commun ? C’est le mouvement, le passage d’un point à un autre, le fait de transmettre.

Chaque âme vivante est une abeille qui voyage à travers la vie et recueille le pollen de la sagesse des environnements et des expériences de la vie. « Un ancien philosophe a dit un jour que l’abeille extrait le miel du pollen de la fleur, tandis que de la même source l’araignée extrait le poison. Le problème auquel nous sommes alors confrontés est : sommes-nous des abeilles ou des araignées ? Transformons-nous les expériences de la vie en miel, ou les changeons-nous en poison ? Beaucoup de gens deviennent aigris par l’expérience, mais le sage prend le miel et le construit dans la ruche de sa propre nature spirituelle ».

Selon Champollion, l’abeille était le symbole de la royauté et celui de l’inspiration sacrée ; le miel représentait l’initiation et les discours sages.

Le miel est donc un symbole de connaissance, du savoir et de  la sagesse. Il est l’aliment réservé à l’initié.

Le miel est utilisé pour illustrer les enseignements moraux. Un homme est exhorté à manger du miel et du rayon de miel (Proverbes ; 24,13), mais mis en garde contre l’excès (Proverbes ; 25, 16 et 27). C’était une comparaison pour la douceur morale (Ezé ; 3,3), et pour l’excellence de la loi (Ps ; 19,10), des paroles agréables (Proverbes ; 16,24), et des lèvres (Cantique des cantiques ; 4,11), et comme une figure d’amour (Cantique des cantiques ; 5,1).

Ce rapprochement entre le miel et la parole juste et bienveillante est bien illustré dans le rituel d’adoption du louveton/louveteau (d’au moins 7 ans) rapporté par Jean Marie Ragon dans Liturgie maçonnique. Rituel d’adoption de jeunes louvetons de 1860 : « Il leur met du miel sur les lèvres : que votre bouche ne profère que des paroles amies, douces comme le miel ! Que la colère et la calomnie ne viennent jamais la salir de propos inconvenants et injurieux ! Que votre langue ne serve jamais à proférer contre vos semblables des cris de domination ni des accents de vengeance et de mépris ! Abhorrez le mensonge.» (p13). On remarquera, que c’est avec du vin que sont touchées les lèvres du louveton de moins de 3 ans lors du rituel de baptême maçonnique avec de semblables exhortations : Le Vénérable allume le flambeau du troisième candélabre, fait apporter le verre déposé sur l’autel et qui contient du vin, le remet au parrain, y trempe l’index qu’il porte ensuite sur les lèvres du louveteau et dit: « Que ta bouche ne soit jamais souillée par le mensonge, mais que tes lèvres s’ouvrent pour proclamer hautement la vérité ; que ta voix retentisse hardiment pour la défense du malheur et de l’innocence contre l’oppression, qu’elle porte la consolation et la paix dans le cœur de tes semblables et la terreur dans l’âme du méchant » (p.40 d’un article de Mangeant dans la revue Le soleil mystique: journal de la maçonnerie universelle de 1853).

Lorsqu’il est dit dans le Cantique des cantiques (4.11) : Le miel et le lait sont sous la langue, cela peut vouloir dire que le langage dissimule puis révèle l’infinie douceur et l’infinie valeur nutritive de la pensée spirituelle. Le miel et le lait étant des métaphores de la Thora écrite et de la Thora orale. Cette pensée est pleinement humaine mais aussi pleine de D. lorsqu’elle en respecte la Discrétion et fait de sa Loi une nourriture ; le lait est appelé h’eleb parce qu’il vient du leb (cœur) ; il est mêlé au miel, né des allées et venues, du suc de fleurs mélangé au suc d’autres fleurs, par un tisserand de douceur, l’abeille qu’on appelle en hébreu débora, celle qui tisse le dabar, la parole qui irrigue la pensée vers les cieux des cieux. «D’une fleur à l’autre, elle est, entre Ciel et Terre, passeuse de vérités. À travers les résines et pollens, elle collecte les histoires, les richesses, les souffrances, les parfums de la Terre dont le végétal porte la trace», transformant ainsi la ruche en une bibliothèque de la nature qu’elle alchimise en miel (Pierre-Olivier Bannwarth)

Le miel était le sucre de l’Antiquité gréco-romaine. La tradition grecque veut que Pythagore s’en soit nourri sa vie durant. Le miel est une nourriture céleste qui a le pouvoir de nier la mortalité, une ambroisie digne des poètes et des saints.

Peu après la naissance de Platon, ses parents prirent le bébé et le déposèrent sur les pentes du mont Hymette, l’abandonnant momentanément pendant qu’ils sacrifiaient pour lui aux dieux de l’endroit. S’approchant de l’enfant qui reposait, des abeilles emplirent sa bouche de rayons de miel  afin que l’on puisse dire de lui à juste titre: « de sa langue coulait une parole plus douce que le miel. » en référence à Nestor à l’harmonieux langage, Nestor, éloquent orateur de Pylos, qui laissait couler de ses livres des paroles aussi douces que le miel..» (Homère, Iliade chant I, vers 249, décrivant la sagesse du vieux Nestor qui incita Agamemnon à la paix).

On attribue au miel des pouvoirs conservateurs ; ce rôle trouve son expression la plus forte dans une technique d’embaumement consistant à envelopper le cadavre de miel et de cire. L’hydromel des Celtes et des dieux grecs, à base de miel, n’était-il pas le breuvage d’immortalité ?

Le miel ne pose-t-il pas la question « mi El ?», « qui est Dieu ? » par glissement phonétique vers l’hébreu ( מי אל ) ? La réponse est peut-être, en hébreu, dans la valeur numérique du mot « miel », devach ( ד ב ש) qui est identique (306) à celle du mot « feu », haesh (האש) et au mot femme: icha (אִשָּׁה)!

Ruche, c’est le nom donné à la loge qui se scinde pour permettre la création d’une nouvelle loge dans la même obédience: on parle d’essaimage.

Patrimoine : Le Suprême Conseil pour la France du REAA expose ses pépites

Pour les Journées européennes du patrimoine, Le Suprême Conseil pour la France du Rite Écossais Ancien et Accepté (SCPLF) a ouvert les portes de son siège du boulevard Bineau à Neuilly-sur-Seine, samedi 16 septembre. Une première pour cette organisation très discrète qui réunit essentiellement les Frères de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF), dite L’Alliance, travaillant dans les hauts grades écossais.

C’était l’occasion de visiter les temples du siège historique de “Bineau“. Rappelons que ces locaux ont été le premier lieu d’implantation de la GLNF. Le bâtiment moderne a été construit et inauguré en 1963 à l’initiative de la GLNF qui y avait établi son siège, avant de le céder au SCPLF en 2005.

Lors des Journées européennes du patrimoine, le SCPLF, dont Jack Chopin-Ferrier est le Très Puissant Souverain Grand Commandeur, a présenté ses pépites historiques, notamment des manuscrits originaux de rituels du XVIIIe siècle, des planches de tracés de loges à divers grades et d’autres documents précieux datant de cette époque de constitution et formalisation du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA).

Tous ces documents rares ont par ailleurs été numérisés et sont accessibles à tous les frères du SCPLF dans le cadre de la vaste bibliothèque numérique du Suprême Conseil pour la France.

Dans le cadre de cette journée, les auteurs modernes étaient aussi à l’honneur, puisqu’une séance de dédicaces était organisée autour d’écrivains maçonniques, membres du SCPLF, Jacques Trescases, Jacques Branchut, Alain Breuillin, Gaël de Kerret et Jean Dumonteil. Avec, en invitée, Irène Mainguy qui a dédicacé ses derniers ouvrages sur la symbolique des différents grades maçonniques.

Un cortège de 150 personnes pour la retraite aux flambeaux des Templiers

De notre confrère liberation-champagne.fr

Pour l’édition 2023 de la fête templière de la commanderie d’Avalleur, les organisateurs ont eu l’idée de faire venir les Templiers au cœur de la ville. Images : Valérie Billaudot / Réalisation : Mattéo Clochard.

Que viennent-ils chercher en Loge ?

Du Cahier Bleu n° 40 de la GLIF

Dans un rituel, mais cela vaut pour tous les rites au moins continentaux, nous trouvons dès le début la question et la réponse suivantes :

« Que venons-nous faire en Loge ? »

« Vaincre nos passions, soumettre nos volontés et faire de nouveaux progrès en Maçonnerie. »

Nous notons que la question et la réponse ne comportent que des valeurs morales à construire, mettre à l’épreuve et à partager, sans référence aucune à la spiritualité et encore moins à la religion.

Implications de cette question-réponse.

Nous pouvons en déduire cinq leçons :

1. La présence du mot « nous » indique que la loge est un lieu de travail collectif, un chantier symbolique, et non une salle de « coaching » de développement personnel ou d’exposés d’érudition personnelle.

2. On vient en loge pour « faire », c’est-à-dire pour « produire un résultat », plus exactement pour contribuer à produire un résultat collectif. Sur un chantier, opératif ou symbolique, nous sommes tous interdépendants les uns avec les autres, chacun à son niveau et par sa nature de compétences indispensables à la production collective.

3. On vient en loge pour détruire tous les affects négatifs (les passions qu’il nous est enjoint de vaincre) qui nous éloignent les uns des autres, voire qui nous montent les uns contre les autres, le but étant la « production » de la fraternité franche, sincère et désintéressée.

4. La loge, nous l’avons dit, est un chantier collectif ; il n’est pas réductible ni peut être asservi à nos propres volontés, par exemple volonté de plaire, de se plaire, de s’écouter soi-même, « d’aller à la pêche aux compliments », de faire passer les honneurs avant l’honneur, etc. La loge est un chantier placé, par le choix des Frères, sous l’autorité du Vénérable-Maître en tant que chef de chantier (maîtrise d’œuvre) et non sous sa propriété (maîtrise d’ouvrage). Selon les convictions spirituelles des Frères, le Maître d’ouvrage est le Grand Architecte de l’Univers[1] ou la raison d’être de l’Ordre.

5. L’avancement dans les grades exige de travailler non seulement sur soi, mais aussi sur les textes fondateurs ou doctrinaux de la Franc-maçonnerie, sur les instructions particulières au rite suivi.Contrairement à une idée répandue dans la Maçonnerie continentale, la loge n’est pas un ersatz compensateur d’insuffisances culturelles ou intellectuelles, elle n’est pas un cours de rattrapage de savoirs ratés ou non acquis à l’école. Les progrès à faire en Maçonnerie, sont exclusivement ceux dans « la science maçonnique », c’est-à-dire des acquis par voie de séances d’instruction sur le rituel et à partir de textes que chaque rite propose. Hors de ces travaux, point de progrès en Maçonnerie, car les instructions sont le seul guide qui permet de ne pas nous égarer hors des sentiers maçonniques !

Oui mais « faire » n’est pas « chercher ».

Voilà pour ce que nous venons « faire » en loge. Mais le sujet à aborder est autre ; c’est « que venons-nous chercher en loge « ? C’est évidemment une autre question …

Autre façon de poser le sujet : La Franc-maçonnerie de nos jours : quelle offre ? quelle demande ?

Car si l’on a vu supra ce que la Franc-maçonnerie se propose d’offrir à ses membres de faire comme programme de perfectionnement (vaincre ses passions, soumettre ses volontés et faire de nouveaux progrès en Franc-maçonnerie), la question de ce que ses membres viennent chercher en loge est restée totalement ouverte. S’il n’y a pas une rencontre entre « l’offre » et « la demande », il peut en résulter des aigreurs, des déceptions, des rejets, pour ne pas parler de tensions voire de conflits entre Frères. Ces dernières situations révèlent que le « club de copains » s’est muté en « marigot d’égos », où les copains d’hier s’affrontent en adversaires d’aujourd’hui et cherchent à exister aux dépens des autres. Dans tous les cas ces tristes réalités traduisent clairement que l’initiation n’a pas pénétré et que les querelleurs ont quitté, peut-être depuis longtemps déjà, les rives de la Maçonnerie voire n’y ont jamais posé le pied.

C’est alors que la question nouvelle doit se poser : « La loge a-t-elle répondu aux besoins que ses membres sont venus chercher ? »

Tous Vénérables-Maîtres chefs de chantier ?

Combien de Vénérables-Maîtres se sont-ils sentis « chefs de chantier » ? Et à ce titre, chargés de la construction du Temple universel, se sont-ils intéressés au travail à donner à chacune de leurs ouailles pour qu’elle contribue avec zèle, ferveur et liberté à la construction du chantier, avancent dans la victoire sur leurs passions, dans la soumission de leurs désirs individuels au profit du bien commun de la loge, et aient travaillé pour faire des progrès en Franc-maçonnerie par des séances régulières d’instruction ?

On peut même en venir à soupçonner que, si cette conscience littéralement professionnelle ne s’est pas exercée dans ce sens, c’est peut-être par ignorance du rôle bien compris de chef de chantier, remplacé hélas par celui d’animateur de réunion mensuelle ; ou pire encore, par la volonté du Vénérable-Maître de « s’en laver les mains » pendant son mandat vécu comme une charge administrative, ou par la volonté quelque peu perverse d’Anciens, parfois « gourous », de garder les Frères sous leur emprise, en cultivant leur ignorance, en les privant de bonnes et utiles séances d’instruction pour éviter qu’ils s’aventurent à poser des questions parfois gênantes pour eux ; ou encore en les distrayant et donc les égarant par des sujets de travail sans rapport avec l’esprit du Rite …

Une réelle difficulté pour répondre aux attentes de chacun et créer un collectif.

Il est vrai que la réponse adéquate aux besoins de chacun est difficile ; elle exige une qualité que le monde profane nous retire chaque jour davantage : l’écoute dans l’intérêt pour autrui. Mais hors de cet effort salutaire, la loge ne peut faire son travail de chantier collectif ; elle devient collection d’individualités sans lien entre elles.

L’expérience conduit à identifier trois grands types d’attente de la part des Frères, en ce qui concerne ce qu’ils viennent chercher en loge. Schématiquement :

– Le Maçon en besoin de simple convivialité venu pour passer un bon moment entre Frères ;

– Le Maçon venu pour entendre de beaux exposés et s’instruire ;

– Le Maçon ritualiste venu pour voir, participer ou réaliser une belle cérémonie bien réussie, et ainsi s’extraire hors de l’espace-temps profane.

Encore ne citons-nous que les raisons « légitimes » de venir en Loge à l’exclusion des vues de réseautage, de zapping, de curiosité voire de séances de thérapie ou de mal psychologique …

Ces trois types sont peu conciliables. Ils existent en proportions différentes, dans chaque loge. Cela est non seulement normal mais aussi recherché pour former une loge diverse, conformément à la raison d’être de la Franc-maçonnerie d’origine : être un centre d‘union fait pour réunir des hommes différents qui, sans elle, seraient restés sans se connaître et à perpétuelle distance. Et c’est bien cela qui fait la difficulté de créer un ensemble solide d’ouvriers unis et motivés vers le même but : la construction du Temple Intérieur personnel et de la fraternité universelle. La loge n’est pas un « melting-pot », où les personnalités individuelles sont niées et fusionnées pour s’unifier ; la loge se doit de respecter la personnalité de chacun.

Ces trois grands types distincts doivent pouvoir trouver en Maçonnerie ce qu’ils sont venus chercher ; et donc être heureux de venir en loge, de participer aux Tenues et de repartir contents et satisfaits en attendant la joie de revenir en loge la fois suivante. En loge-chantier, chacun à sa place, sous réserve que l’on sache ce que chacun est venu y chercher et que le chef du chantier lui donne un travail qui correspond à chaque place. Il est clair que l’on ne peut pas compter seulement sur le lien commun que constitue le rituel. Cela est bien insuffisant, vu la diversité des attentes et l’approximation fréquente du rendu des rituels.

Ajoutons une difficulté supplémentaire mais nécessaire : le niveau de compétence de chacun du fait de leur niveau respectif de maturité professionnelle entre apprentis, compagnons, maîtres, contremaîtres, surveillants, experts, etc. Nous voyons sans peine que nous sommes loin du Vénérable-Maître qui assume tranquillement son mandat annuel sans se poser ces questions, fondamentales cependant pour la loge-chantier et le bien de ses membres.

De ce fait, les loges ressemblent parfois à des réunions où les uns s’activent, et les autres, regardent écoutent plus ou moins attentivement ou … s’assoupissent dans l’attente de la fin de la « planche » interminable ou absconse, ou … pire, (avachis), ils consultent plus ou moins discrètement leur smartphone, tous ceux-là dans l’attente enfin du moment de « détente » de l’agape…

Passer de du travail en loge « à la profane » à l’amour du chantier « en Francs-maçons initiés ».

Mais attention, rappelons l’anecdote : « moi je sue à casser des cailloux du matin au soir ; moi, je m’efforce d’apprendre et de travailler aussi bien que possible car j’ai besoin de progresser pour nourrir ma famille ; moi, je bâtis une cathédrale ». Et tous trois sont sur le même chantier ! Il est facile d’imaginer que probablement le chef de chantier opératif, pour que la construction avance, a dû bien réfléchir aux postes à confier à chacun, afin qu’il n’y ait pas de confusions, d’aigreur, de déceptions, des rejets, de tensions ou de conflits entre les ouvriers.

Le Vénérable-Maître ne devrait-il pas s’investir mentalement et pleinement dans le rôle du chef de chantier éclairé pour créer les conditions humaines et matérielles, afin que chaque ouvrier symbolique trouve dans la loge ce qu’il est venu chercher et que l’initiation, et son effet bénéfique pénètre les corps, les âmes et les esprits pour son propre perfectionnement ?

ITER, 08/2023.

[1] Selon les rites : « Dirige Toi-même les travaux de l’Ordre et les nôtres en particulier. » ou « À la Gloire » — ou « au Nom » — du Grand Architecte de l’Univers, j’ouvre les Travaux. » (Différentes formules).

Les Franc-Maçonnes de la Grande Loge Féminine de France vous invitent à découvrir leurs travaux

Le 23 septembre prochain, dans leurs temples de la Cité du Couvent à Paris, les franc-maçonnes de la Grande Loge Féminine de France vous invitent à venir découvrir leurs travaux et leur méthode de travail.

Les planches qui sont proposées sont des planches qui ont été présentées lors de tenues. Elles sont suivies d’un temps d’échange, illustrant ainsi la méthode de travail en loge.
Cette manifestation est ouverte à tous publics sur inscription.

Temple  Ouvert

Samedi 23 Septembre 2023

à 14 H 30

Dans leur « Temple Ouvert » à tous publics,

pour découvrir ou mieux connaître la Franc-Maçonnerie Féminine,

les Franc-maçonnes de la Grande Loge Féminine de France

 vous présentent leurs travaux selon leur méthode de travail

Après chaque conférence, temps d’échange avec le public

 Inscription obligatoire

(jauge sanitaire éventuelle et nombre de places strictement limité)

temple.ouvert.75@gmail.com

(préciser le numéro de Temple choisi)

Contrôle de sécurité à l’entrée (Mesures VIGIPIRATE)

Merci de vous munir de cette invitation et d’une pièce d’identité.