Venus de toute la France, de Suisse et même du Canada, 570 Compagnons du devoir sont réunis en congrès à Vannes (Morbihan), samedi 27 et dimanche 28 mai 2023. Âgés de 16 à 82 ans, ils ont l’habitude, de par leur formation, de voyager.
Établis, plans, outils et copeaux de bois trônent dans le hall du Palais des arts, à Vannes (Morbihan). 570 Compagnons du devoir, menuisiers et ébénistes, de 16 à 82 ans, s’y sont donné rendez-vous pour leur congrès annuel, ces samedi 27 et dimanche 28 mai 2023.
« Après plusieurs annulations et une édition en visio, en 2022, c’est un rendez-vous important pour notre corporation , témoigne Dominique Hamon, ensuivant de Rennes, qui a participé à l’organisation de ce congrès réunissant des participants de toute la France, mais aussi de Suisse, du Canada et de la Réunion. »
570 écharpes bleues ont débarqué à Vannes ! Pour le concours de Mister Bretagne ?! Non, pour le congrès des compagnons du devoir, ébénistes et menuisiers
10 % des itinérants sont des femmes
Les Compagnons du devoir forment et accueillent des jeunes de 16 à 22 ans. « Essentiellement des jeunes hommes, même si nos effectifs se féminisent un peu : 10 % des itinérants, actuellement, sont des jeunes femmes. »
Leur filière d’apprentissage, très sélective, a pour particularité un Tour de France, qui peut durer plusieurs années, au cours duquel le jeune compagnon va acquérir technique et savoir-faire auprès de ses pairs.
C’est dans cet esprit que pour ce congrès, un défi a été lancé : Au moins un compagnon en apprentissage et un ancien devaient fabriquer, ensemble, un cadre. Si leur format était calibré, les ouvrages en bois sont tous singuliers, en forme de bateau, de carte de France ou de lyre. Eux aussi témoignent, à l’entrée du Palais des arts, d’un savoir-faire dont leurs artisans sont fiers.
La plus récente exposition spéciale du Newberry Museum concerne l’histoire de la franc-maçonnerie dans le comté de Newberry et en Caroline du Sud. C’est peut-être l’exposition la plus compliquée que le musée ait entreprise, mais elle s’est avérée être une réussite et une exposition dont les habitants du comté de Newberry peuvent profiter et apprendre.
Lors de la constitution d’une exposition, un musée doit tenir compte de plusieurs variables. Premièrement, où peut-on obtenir des artefacts et des histoires. Deuxièmement, comment le musée peut-il présenter au mieux ces artefacts et ces histoires aux visiteurs qui ne les ont peut-être jamais rencontrés auparavant. Enfin, on essaie de tout caser dans l’espace alloué à l’exposition. Toutes ces variables sont entrées en jeu lorsque le personnel et les bénévoles du Newberry Museum ont organisé une exposition sur la franc-maçonnerie du comté de Newberry.
Lorsqu’il a été décidé que la prochaine exposition spéciale du musée porterait sur les loges maçonniques et les organisations rattachées du comté de Newberry, la première étape a été de localiser et de contacter toutes les loges du comté. À certains égards, c’était facile. La communauté maçonnique du comté de Newberry est très active et le musée a pu obtenir de nombreux pavillons et maçons individuels pour aider à rassembler l’histoire et les artefacts. À d’autres égards, cela s’est avéré difficile. Certaines loges n’ont pas de présence en ligne et, en raison de la nature indépendante des loges maçonniques, elles peuvent ne pas être facilement trouvées. Cependant, le musée a persévéré et a pu impliquer la majeure partie de la communauté maçonnique du comté de Newberry. Pendant plusieurs mois, le personnel du musée a travaillé avec des loges maçonniques locales, de Whitmire à Peak, et a rassemblé de nombreux artefacts et histoires uniques à exposer au musée.
Puis vinrent les deuxième et troisième parties de l’assemblage de cette exposition. Il est rapidement devenu évident que le simple fait de raconter l’histoire des loges locales n’était pas suffisant pour raconter l’histoire de la franc-maçonnerie du comté de Newberry. Afin de faire une exposition sur la franc-maçonnerie du comté de Newberry, l’histoire de la franc-maçonnerie de Caroline du Sud et de la franc-maçonnerie en général était nécessaire. Cela signifiait plus de recherches et un jeu de jambes sophistiqué de la part du personnel du musée pour comprendre comment intégrer plus de 300 ans d’histoire maçonnique générale aux plus de 200 ans d’histoire maçonnique locale. Grâce à un travail acharné et à l’aide de bénévoles dévoués, le musée a pu monter une exposition qui emmène les visiteurs dans un voyage à travers l’histoire et le symbolisme maçonniques.
L’exposition présente l’histoire de la franc-maçonnerie, à la fois internationale et locale, et progresse à travers les symboles, les pratiques et les aspects locaux uniques de la tradition maçonnique, ainsi que les organisations annexes attachées à la communauté maçonnique. Une grande partie de l’exposition présente l’Ordre de l’Étoile de l’Est et le Rite York; deux organisations qui ont une longue tradition dans le comté de Newberry. En outre, l’exposition met en valeur des artefacts de tout le comté. Sont exposés des insignes des chapitres de York Rite à Newberry, des tapis de maître ornés prêtés par Roseboro Lodge à Whitmire et les bijoux originaux des officiers, datant de 1866, de Prosperity Lodge. Il y a aussi des artefacts d’Andrew Noah Sease de Pomaria Lodge, qui est maintenant situé à Peak, et des artefacts d’organisations similaires telles que les Odd Fellows et les Knights of Honor.
Cette exposition est maintenant ouverte au Newberry Museum et se poursuivra jusqu’en septembre. Des visites guidées sont disponibles en appelant le musée au (803) 597-5215. Le Newberry Museum tient à remercier tous ceux qui ont contribué à faire de cette exposition une réalité et invite les habitants du comté de Newberry et les visiteurs du comté à venir découvrir cet aperçu du monde maçonnique.
Depuis cinq ans, ils travaillent à transformer leur rêve en réalité : vous raconter l’épopée des bâtisseurs de cathédrales, grandeur nature.
Construire, sous les yeux des visiteurs, des édifices inspirés du Moyen Age, en utilisant les techniques des bâtisseurs de l’époque. Tenter de comprendre, dans une démarche d’archéologie expérimentale, comment ont été bâtis les joyaux de notre patrimoine architectural que sont les cathédrales.
Pour cela, ils vont bâtir un ensemble architectural allant du roman au gothique et illustrer 400 ans d’Histoire au fil d’un chantier qui durera plus de 40 ans !
Retrouver les gestes et outils de cette époque… ceux qui ont permis la réalisation de voûtes sur croisées d’ogives, d’arcs-boutants mais aussi de sculptures monumentales et de vitraux baignés de lumière.
Renouer avec la beauté, reprendre le temps.
Une aventure humaine hors du commun
La transmission des savoirs sera mise à l’honneur sous toutes ses formes :
les visiteurs du Chantier suivront la construction en direct, pourront échanger avec les ouvriers et participer à des ateliers de découverte des métiers.
les scolaires bénéficieront de contenus adaptés au programme de leur année, à travailler en classe avec leurs enseignants (de Pythagore en mathématiques à l’Histoire de France en passant par la technologie ou les arts plastiques) en amont de leur visite du Chantier.
les universitaires, historiens et scientifiques, pourront utiliser le site à des fins de « laboratoire » historique. Comprendre le fonctionnement d’un chantier de construction de cathédrale au moyen-âge, la logistique et la gestion des effectifs.
les professionnels de la restauration du patrimoine seront accueillis en formation d’apprentissage ou de perfectionnement pour les ouvriers qualifiés.
les bénévoles avec l’initiation au geste et à la découverte des matériaux.
les chômeurs de longue durée du territoire pourront bénéficier de notre programme d’insertion.
Où ça ?
Le Chantier est situé à La Lande-de-Fronsac, à 20 minutes au nord de Bordeaux. Il prend place au milieu des vignes, entre la citadelle de Blaye et la juridiction de Saint Emilion
L’Association Chantier Médiéval de Guyenne tient à remercier chaleureusement :
les membres de La Fabrique de Guyenne qui accompagnent l’élaboration du projet depuis cinq ans, ainsi que les membres du Comité scientifique pour leurs précieux éclairages,
La commune de La Lande de Fronsac, la communauté de communes du Fronsadais, la Région Nouvelle-Aquitaine, la DREETS Nouvelle-Aquitaine et la DRAC Nouvelle Aquitaine pour leur accueil sur le territoire et leur indispensable support,
La Société des Amis du Vieux Cordes, Camera Plume Prod pour leur participation à la production de notre vidéo, réalisée par Habari Films,
Denis Boullanger, architecte du patrimoine à Bordeaux, pour sa participation active au projet et la réalisation de l’aquarelle du chantier, brillamment animée par Nicolas Turini.
ce site bien connu pour ses prises de positions antimaçonniques habille la Franc-maçonnerie.
Ce 19 juin, la principale loge maçonnique a publié un tweet qui n’a pas manqué de faire réagir. « Après une conférence riche en échange avec le public, le Grand Orient de France organisait son banquet républicain dans les locaux du CESE. Plus de 180 personnes présentes, un moment de convivialité partagé avec des élus de la République. » La loge a ensuite déroulé sur le réseau social une série de clichés sur lesquels apparaissent quelques responsables politiques,dont la présidente de la région Île-de-France Valérie Précresse, le député de Vendée Pierre Henriet et le sénateur du Loiret Jean-Paul Sueur.
Factuellement:
Le GO s'engage pr l'euthanasie. Ses gds maîtres signent ès qualités des tribunes en ce sens. Le pdt du CESE et son prédécesseur en st membres. Le Cese a publié 1 avis pro-euthanasie. Il a organisé et hébergé la Convention sur la fin de vie.
Ce qui a évidemment choqué les internautes, c’est la tenue de ce banquet au sein des locaux du Conseil économique, social et environnemental. L’organe de consultation de la République a donc ouvert ses portes à une association particulièrement militante. Avec un calendrier public, comme l’a fait remarquer l’avocat Erwan Le Morhedec : « Factuellement, le Grand Orient s’engage pour l’euthanasie […] Le CESE a publié un avis pro-euthanasie. Il a organisé et hébergé la Convention sur la fin de vie. » Une proximité curieuse pour le CESE qui ne manque pas de revendiquer une totale neutralité sur les sujets débattus en son sein.
Faut-il s’en étonner… Dans un article datant du 1er décembre 2015, L’Obs notait la nomination, au CESE, de Daniel Keller et Philippe Guglielmi, deux anciens grands maîtres du Grand Orient. D’ailleurs, selon l’auteur de Franc-Maçonnerie et politique, Serge Abad-Gallardo, lui-même ancien initié, « environ 320 parlementaires, sénateurs et députés, au moins, sont franc-maçons ». De quoi spéculer sur l’allégeance des 156 députés cosignataires de la tribune de Jean-François Touraine parue dans Le Monde en 2018 réclamant l’euthanasie. « Il est quasiment certain que (ces élus) sont tous, ou presque, des initiés », poursuit Serge Abad-Gallardo.
Séparation des pouvoirs ?
Cette initiative pose-t-elle question en matière de séparation des pouvoirs ? « Libération a bien célébré ses cinquante ans au prestigieux amphi Richelieu de la Sorbonne », souligne l’avocat Pierre Gentillet, qui fait mine de s’interroger sur « la possibilité d’une association comme L’Iliade (présidée par Jean-Yves Le Gallou) d’y tenir le même événement ». En réalité, cette publication assumée traduit surtout une infusion de l’idéologie maçonne au sein de la République. Ces « liaisons dangereuses » que dénonce Abad-Gallardo. Au fond, on est davantage sur un énième deux poids deux mesures. Car si la franc-maçonnerie a son rond de serviette au CESE, on peine à imaginer qu’Alliance VITA ou la fondation Jérome-Lejeune (associations engagées contre l’euthanasie) obtiennent l’autorisation de tenir banquet dans cette même institution.
Mais finalement, ce tweet est-il réellement une mauvaise nouvelle pour les partisans d’une certaine ligne de conduite bioéthique ? « On a l’impression de voir deux institutions déclinantes », tance Gentillet, qui insiste sur le « pouvoir dépouillé et consultatif du CESE » et d’une franc-maçonnerie « en perte d’influence ». En effet, la ligne « centre gauche » traditionnellement défendue par le Grand Orient est aujourd’hui menacée. « Elle est d’une gauche universaliste et non indigéniste, socialiste et non islamo-gauchiste », résume Gentillet, qui y voit davantage « l’expression d’une gauche Cazeneuve, isolée et inaudible ». Comme le lent affaiblissement d’une franc-maçonnerie passée des salons dorés du duc d’Orléans à la salle des fêtes du CESE. Et ce n’est pas la moyenne d’âge visible des participants qui plaide pour le potentiel d’avenir de la maison.
Entre 1980 et 1990, en Italie, le nom de Licio Gelli commence à apparaître dans plusieurs scandales financiers. Le maître de la loge maçonnique P2 (ou “Propaganda Due”), une organisation d’extrême droite, est finalement mort en 2015 en emportant ses secrets dans sa tombe. Celui que l’on appelait “le marionnettiste” a toujours eu plus d’un tour dans son sac pour éviter les questions de la justice… Enquête sur cette figure mystérieuse du crime en col blanc dans le podcast “Dangereux Millions”.
PODCAST
Licio Gelli est un entrepreneur italien aux lunettes carrées qui prétend avoir fait fortune dans le textile… Mais dans les années 1980 et 1990, son nom ne cesse de revenir dans des dossiers financiers. A la tête de la loge maçonnique P2, il est notamment soupçonné d’être impliqué dans une affaire des plus graves : la chute de la banque Ambrosiano, la plus grande faillite de l’histoire de l’Italie. Les autorités le suspectent d’avoir détourné une bonne partie des 300 millions de dollars au total qui se sont comme volatilisés. A ce moment-là, celui qu’on surnomme “le marionnettiste” finit “par s’emmêler dans ses propres fils”, racontent les journalistes d’investigation Marie Maurisse et François Pilet dans le podcast “Dangereux Millions”. Mais Licio Gelli a plus d’un tour dans son sac…
En septembre 1982, on retrouve la trace de Licio Gelli devant les guichets de la banque UBS, à Genève, en Suisse. “Il est sans doute là pour récupérer une partie des fonds volés à la banque Ambrosiano”, explique Marie Maurisse. Problème : la police suisse a été informée de la venue d’un certain “M. Ricci” aux alentours de 15h. Et en effet, Licio Gelli se présente comme prévu au guichet avec un faux passeport. Pris au piège, il finit par avouer sa véritable identité et est arrêté. Son implication dans le scandale du krach de la “Banco Ambrosiano” est confirmée : les inspecteurs découvrent 1 million de francs en lingots d’or en sa possession. “L’arrestation de Licio Gelli déclenche un scandale international : le vénérable maître est tombé de son piédestal”, affirme François Pilet. “La justice italienne l’accuse de 1000 crimes. Gelli doit répondre de conspiration contre l’état d’espionnage, de détournement de trafic d’influence.”
Près de Genève, dans la prison de Champ-Dollon où il est enfermé, le marionnettiste fait d’abord profil bas. François Pilet raconte : “Il craint les autres détenus, surtout les Italiens. Gelli se fait tout petit, à tel point que le directeur de la prison l’appelle ‘Le minus’”. Mais le 10 août 1983, à l’heure du déjeuner, les gardiens comptent comme à leur habitude les détenus. Et là, la panique monte : le compte n’y est pas. Licio Gelli s’est évadé. Et il avait pensé à tout pour retarder les recherches. Dans son lit, le marionnettiste avait placé un mannequin en papier de sa confection, et aux quatre coins de sa chambre, une seringue, du coton et de l’éther, afin de camoufler son évasion en enlèvement. Pendant ce temps, il quitte Champ-Dollon dans le coffre d’une voiture, par la grande porte.
Dans le podcast “Dangereux Millions”, la journaliste Marie Maurisse explique encore : “Il a en fait soudoyé un gardien qui l’a fait sortir et l’a amené dans sa camionnette durant la nuit, direction Annecy. Une fois arrivé côté français, c’est carrément un hélicoptère qui attend le maître. Il décolle pour Monaco et c’est là qu’on perd sa trace.” La Suisse a donc perdu le détenu le plus recherché d’Italie !
Mais il y a pire. On découvre rapidement que les autorités italiennes avaient averti la Suisse que Gelli préparait une évasion… Après ça, pendant des années, les recherches ne donnent rien. Puis un jour, en septembre 1987, Licio Gelli refait surface. Il donne rendez-vous à son avocat Marc Bonnant dans un restaurant en plein cœur de Rome. Dans le podcast “Dangereux Millions”, Me Bonnant raconte lui-même la scène : “Un jour, un avocat italien me dit : ‘Marc, prenez un bagage léger, je ne peux pas dire où vous irez, mais venez à Rome’. Je suis ses directives. J’entre. Et là, je vois Licio Gelli à table, à peine grimé. Il avait une légère moustache. Et tout le monde passait devant lui.” Licio Gelli est alors censé être “l’ennemi public numéro un”. “Je sors de là et je le vois vraiment sur toutes les affiches. Alors que je venais de le voir au bistrot, où tout le monde le saluait avec une grande déférence”, confie Marc Bonnant dans un demi-sourire.
Licio Gelli
L’avocat doit alors l’embarquer dans sa propre voiture pour le conduire jusqu’à Genève où l’attend un procès. “Mais c’est très compliqué de revenir en Suisse, car il est sous mandat d’arrêt international. Donc on ne peut pas passer les frontières. Mon problème, c’est de faire entrer clandestinement Licio Gelli en Suisse. J’ai brûlé tous les feux rouges, j’ai traversé toutes les frontières”, se souvient Marc Bonnant. Sur le territoire helvétique, Licio Gelli est seulement jugé pour avoir corrompu le gardien de la prison.
Pour découvrir la fin de l’histoire de Licio Gelli et écouter d’autres enquêtes sur la corruption en Suisse, retrouvez le podcast “Dangereux Millions” sur votre plateforme préférée.
CREDITS :
Réalisation et composition des musiques originales : Julien Tharaud Direction SWI swissinfo.ch : Jo Fahy Direction Europe 1 Studio : Fannie Rascle Conseil éditorial : Susanne Reber Relecture : Virginie Mangin Archives SWI swissinfo.ch : Caroline Honegger Archives Europe 1 : Laetitia Casanova, Benoît Muckensturm et Sylvaine Denis Illustration : Kai Reusser Promotion SWI swissinfo.ch : Xin Zhang et Carlo Pisani Promotion et Diffusion Europe 1 Studio : Kelly Decroix et Eloïse Bertil
De notre confrère sudouest.fr – Par Philippe Brégowy
Les francs-maçons du Grand Orient de France célèbrent cette année leur 250e anniversaire. La loge « L’Union fraternelle » de Surgères y participe activement
Si elles sont présentes dans de nombreuses communes, les loges maçonniques demeurent bien discrètes. Le bâtiment qui abrite celle de Surgères se singularise par des symboles bien visibles. Si les compas sont bien repérables, ils ne signalent pas pour autant que des francs-maçons y siègent. Il s’agit en effet de signes ostentatoires des compagnons du Tour de France des devoirs unis. Celui qui est à l’origine de cette loge, l’industriel Abel Poyaud (1884-1950), était compagnon du Devoir et franc-maçon.
Ce modeste immeuble accueille à la fois une « Cayenne » (nom employé pour définir sur local) pour les compagnons et « l’Union fraternelle » pour les francs-maçons. Pour la Vénérable maître de l’Union fraternelle, Béatrice Laot, « c’est unique en France ». La cohabitation se passe bien entre personnes partageant des valeurs humanistes. Cette loge, qui recense une trentaine de membres, ne se démarque pas uniquement par ces locaux mis en commun. Abel Poyaud, dès 1931, avait émis le vœu d’accueillir le plus vite possible des femmes. Ce que le Grand Orient de France, dont le combat essentiel est la défense de la laïcité, a officiellement confirmé en 2010.
De notre confrère allemand marktspiegel.de – Par Arthur Kreklau de Fürth
Au printemps, la Fondation FreimaurerLoge Fürth a décidé de soutenir le travail social du centre de bénévolat Fürth (FZF), notamment dans le domaine de l’engagement envers les seniors, avec un don de 2 000 euros.
La solitude est répandue dans notre société et particulièrement douloureuse pour les personnes âgées. Le FZF aborde ce sujet depuis plus de 10 ans et a regroupé de nombreuses activités pour lutter contre la solitude des personnes âgées dans le projet « MitMenschen – Engagement par et avec les seniors ». Par exemple, un service de visite pour les personnes âgées, le Friedhofs-Café à Fürth ou des activités de groupe comme le groupe de jeu Rummykub le dimanche dans le bureau du district de Südstadt ou un groupe de tricot hebdomadaire. « L’argent est destiné à soutenir un travail précieux pour la génération plus âgée. En raison de la pandémie de corona et des restrictions de contact associées, la solitude a augmenté, en particulier chez les personnes âgées », déclare Frank Emmerich, président du conseil d’administration de la Fondation. « Nous voulons contrecarrer cela avec ce financement. » Dans le cadre de la remise des dons dans les locaux de la maison loge de Fürth le 26 mai 2023, l’administrateur de la fondation Markus Algner a déclaré que l’engagement de la FZF correspond exactement aux idéaux de la franc-maçonnerie, attachée aux valeurs de l’humanité, tolérance et fraternité. Ulrike Wießmann-Adler et Karin Reißer (FZF Fundraising) ont été ravies de recevoir le chèque symbolique. « Ce n’est que par des dons que le large éventail d’activités proposées par l’initiative MitMenschen peut être assuré à long terme. Nous sommes très heureux de ce magnifique signal de solidarité dans notre ville », a souligné Wießmann-Adler. Elke Rosenow-Schreiner (aide aux réfugiés FZF) a également pu profiter de l’occasion pour recevoir les fournitures de peinture offertes par la société Staedler. Ils vont aux enfants qui ont fui l’Ukraine via le FZF.
La Fondation FreimaurerLoge Fürth, fondée en 2018, est une institution relativement jeune qui perpétue une longue tradition de fondation de la Fürth Freemason Lodge. L’objectif de la fondation est large et comprend les domaines de l’art et de la culture, de la protection et de la préservation des monuments, de l’éducation et de la formation, des soins à domicile et de l’histoire locale, de la compréhension internationale et des objectifs caritatifs généraux.
Le Fürth Volunteer Center est le point de contact pour l’engagement civique à Fürth. Le parrain gestionnaire est l’Institut pour le travail social et culturel en coopération avec le bien-être des travailleurs, l’association Caritas et la Diakonisches Werk.
Un incendie dévastateur a détruit la salle maçonnique de Leesburg, en Floride, mercredi soir, à la suite d’une effraction. Leesburg Lodge 58 a tout perdu dans l’incendie qui a commencé vers 22h30, et les enquêteurs de l’incendie criminel pensent que l’incendie a été délibérément allumé.
Le Temple de Leesburg abritait également The Villages Lodge 394 , qui se préparait à célébrer son 25e anniversaire avec une cérémonie de reconsécration vendredi soir. Cet événement a été reporté sine die.
Le Grand Maître Glen E. Bishop de la Grande Loge de Floride a publié une déclaration aujourd’hui et a déclaré que plusieurs loges de la région avaient déjà offert des espaces de Tenues et d’autres formes d’assistance.
Michel Dumesnil de Gramont, né Michel Marie André Dumesnil le 11 mai 1888 et mort le 4 février 1953 à Paris, est un homme politique et résistant français, socialiste et franc-maçon. Député à l’Assemblée consultative provisoire à Alger et plusieurs fois grand maître de la Grande Loge de France.
Michel Dumesnil de Gramont nait le 11 mai 1888 à Paris, il est le fils de Charles Louis Dumesnil, industriel et de Suzanne Marie de Grammont. Ces parents divorcent en 1893, six ans après leur mariage, il a quatre ans à leur séparation. Il se marie le 23 octobre 1909, avec Alexandra Dolgopoulof née en Russie en octobre 1887, fille d’une fonctionnaire de l’Empire russe. Ils vivent à Paris dans le 6e arrondissement alors qu’il fait état de la profession d’avocat à la cour.
Michel Dumesnil de Gramont (Crédit Photo JL Turbet)
Il est durant 15 années avant la Seconde Guerre mondiale, fonctionnaire au ministère de l’Éducation nationale et directeur adjoint des services de l’Office des recherches scientifique. A la transformation de ce dernier en Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en octobre 1939, il est désigné comme directeur des services du nouvel organisme4. A la suite de sa carrière de fonctionnaire, il travaille dans le privé après la Libération en tant que président directeur général de la compagnie d’assurance « L’Urbain-Capitalisation ».
Homme de lettres, c’est en tant que spécialiste de la langue russe et des traditions slaves, qu’il traduit en français plusieurs ouvrages de grands auteurs russes, notamment ceux de Maxime Gorki, d’Alexis Konstantinovitch Tolstoï et Ivan Bounine. Il publie en tant qu’écrivain des ouvrages sur l’histoire de la littérature allemande, de la littérature russe et un essai sur Karl Marx et le marxisme, le Prophète rouge. Il rédige également des ouvrages sur Léonard de Vinci ou encore la pensée ésotérique. En collaboration avec Antonio Coen il publie un livre, La Franc-maçonnerie écossaise, à destination du grand public.
Michel Dumesnil de Gramont meurt le mercredi 4 février 1953 à son domicile 11 rue de La Trémoille dans le 8e arrondissement de Paris. Il est enterré le samedi 7 février 1953 au cimetière parisien de Bagneux. Fait notable, la levée de corps à lieu à la rue Puteaux au siège de la Grande Loge de France ou un hommage est rendu par les instances de l’obédience. Sa tombe est reprise par les autorités en 1993, le lieu du transfert de ses restes n’est pas connu en 2017. À sa mort le général de Gaulle lui rend hommage autour de l’estime et la confiance qu’il lui accordait. Son épouse a fait don d’une partie de ses archives sur la période d’Alger à La contemporaine (BDIC).
Franc-maçonnerie
Michel Dumesnil de Gramont est initié en franc-maçonnerie le 16 février 1919 à l’age de 31 ans au sein de la loge « Cosmos » appartenant à la Grande Loge de France (GLDF) par Lucien Le Foyer. Il est reçu au grade de compagnon le 19 septembre 1920 et maître le 18 janvier 1921. Très actif dans l’obédience, il fait partie des membres qui réactivent en 1921 la loge, alors en sommeil « Le Portique », loge crée en 1910 par Albert Lantoine, il en est le vénérable maître. Il est membre fondateur de plusieurs autres loges, « Le Sagittaire », « La Grande Triade » et « La France ». Il rentre au conseil fédéral de l’obédience en 1923 et devient grand secrétaire adjoint puis grand orateur adjoint en 1923 et 1931. Il poursuit son parcours en devenant grand maître adjoint en 1933, puis grand maître de la GLDF à quatre reprises en 1934-1935, 1938-1940, 1944-1948, et 1950-1952. Il est fait grand maître d’honneur de l’obédience en 1948. Coopté dans les hauts grades, il est porteur du 33e degré du Rite écossais ancien et accepté et grand orateur du Suprême Conseil de France ou il fait son entrée 1931.
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, à l’occasion de la première tenue plénière de la GLDF qui se tient en avril 1945, il désapprouve les propositions de fusion avec le Grand Orient de France établit avant la fin du conflit et met un terme à l’hypothèse d’une obédience unique6. Partisan de l’ancrage de l’obédience dans la mouvance anglo-saxonne, il tente de rapprocher celle-ci de la Grande Loge unie d’Angleterre4. Après la guerre, il travaille au réveil de la GLDF en siégeant tout d’abord au comité d’épuration puis en reprenant l’office de grand maître de 1945 à 1948, puis de 1950 à 1952. Il est l’un des fondateurs du groupe Condorcet-Brossolette, dont il inaugure les conférences à la Sorbonne. Le 12 février 1957, une loge portant son nom et sous le numéro 757, appartenant à la GLDF est consacrée à Paris.
Engagement et résistance
Michel Dumesnil de Gramont milite comme socialiste en tant membre de la Ve section SFIO de la Seine, il est directeur du cabinet du ministre de la justice Albert Sérol, il fait partie des cabinets d’Édouard Daladier et de Paul Reynaud en mars 1940. Il est relevé de ses fonctions à l’issue de la défaite de la France par le régime de Vichy en juin 1941 et mis en retraite d’office. Il quitte Paris pour Villefranche-de-Rouergue et à Saint-Céré en zone libre ou il dirige une entreprise forestière jusqu’en 1943, date de son départ pour Alger.
Pendant cette période, en tant qu’ancien grand maître d’une obédience maçonnique, il est perquisitionné plusieurs fois. Il détruit une partie des archives de la Grande Loge de France pour éviter leurs saisies et s’engage dans la résistance intérieure française. Il fait partie du réseau de résistance à dominante maçonnique Patriam Recuperare et est actif dans le mouvement Liberation-Sud en zone non occupée. Il est désigné comme délégué par Emmanuel d’Astier de La Vigerie pour siéger à l’assemblée consultative provisoire d’Alger, il rejoint cette ville en octobre 1943 après une visite à Londres en septembre. Il sensibilise Jacques Soustelle et Georges Gorse aux textes anti-maçonniques de l’État de Vichy qui abroge la franc-maçonnerie. Yvon Morandat intervient devant l’assemblée sur ce sujet, qui obtient pour réponse du général de Gaulle, que « la France Libre n’a jamais reconnu les lois d’exception de Vichy » et considère donc que la franc-maçonnerie n’a jamais cessé d’exister en France. Le général de Gaulle, signe l’ordonnance du Comité français de libération nationale le 15 décembre 1943, qui abolit la législation de Vichy en spécifiant que ces associations sont réputées n’avoir jamais cessé d’exister. Scellant ainsi, les droits à la récupération des dommages qu’elles ont eus à subir.
Retour sur un livre sur l’initiation, qui décrypte les significations potentielles du rituel d’initiation au 1er degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté, caractérisé par une forte composante symbolique et spirituelle.
Il n’y aurait pas d’autres secrets en Franc Maçonnerie que l’initiation. Cependant les auteurs du livre, Alain Graesel et Michel Guerhart, tous deux Ancien Grand Maitre de la Grande Loge de France, expliquent pourquoi leur essai ne dévoile rien et ne brise aucun tabou. L’initiation est une expérience intime qui se vit pleinement et donc difficilement communicable.
C’est bien sûr un début, une cérémonie de rupture qui fait entrer dans un monde nouveau. C’est aussi un processus de transformation, d’évolution progressive de l’être profond, c’est pourquoi, ils reprennent volontiers la définition de l’anthropologue Mircéa Eliade : « l’initiation équivaut à une mutation ontologique du régime existentiel ». Le nouvel initié entre dans une nouvelle communauté humaine et aussi dans un monde nouveau de valeurs humanistes et spirituelles. Evidement dans une totale liberté de conscience.
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Chacun est libre de croire ou de ne pas croire, la Grande Loge de France est non dogmatique. Quand elle évoque le Grand Architecte de l’Univers, c’est à la fois un principe créateur, un symbole librement interprétable et un postulat de recherche, pour laquelle on ne se donne aucune limite.
Les auteurs détaillent la notion de tolérances et de fraternité. La tolérance dans une Loge ou hors des temples, ne saurait accepter…l’inacceptable. Ainsi le pouvoir juridique interne à l’Obédience après écoute, peut exclure tous ceux qui sont condamnés au pénal, par la Justice de la République.
La fraternité qui va au-delà du plaisir de travailler ensemble. Conscients des droits et devoirs, c’est une « pédagogie de la rencontre », un projet commun, mettre de l’Autre dans son propre regard.
L’Obédience est aujourd’hui, loin des actions politique et du pouvoir. L’initié travaille « sans relâche au bonheur de l’humanité », donc l’évolution de la société le concerne. Aussi en loge peuvent être abordés des sujets qui touchent à l’éthique et à la dignité de la personne humaine, comme par exemple, le délicat problème de la fin de vie. Par ailleurs, hors de sa loge, chacun est libre à titre personnel de s’investir dans les partis, associations pour défendre ses points de vue.
En conclusion, les invités rappellent que la Tradition évoquée en Grande Loge de France est loin d’être un concept « ringard », mais bien vivante. Elle s’appuie sur les philosophes d’Athènes, la spiritualité de Jérusalem, ainsi que les opératifs constructeurs des cathédrales, les valeurs chevaleresques et l’hermétisme. « La quête de la Tradition serait donc une quête du sens de l’être et de l’existant ».