mer 17 juillet 2024 - 21:07

Les laïques repoussent l’obscurantisme depuis 20 ans

Du site agoravox.fr – Par Jean-François Chalot

En illustration à cet article, vous trouverez la couverture d’un livre collectif écrit fin 2020 par des acteurs laïques ayant participé aux débats et aux actions menées en 2023 pour la défense de la laïcité et contre l’offensive intégriste qui visait à balayer la laïcité

Il y a 20 ans, s’est déroulé un débat vif sur la question de l’interdiction des signes religieux dans l’enceinte des écoles.

Militant laïque d’éducation populaire j’ai participé activement à la campagne aux côtés de militantes comme Caroline Fourest et Fiammetta Venner. Nous avons multiplié les initiatives et les réunions et je me rappelle des tensions et des difficultés de débattre sereinement.

J’ai en souvenir plusieurs accrochages musclés que Caroline Fourest a eus avec les « Indigènes de la République » et leurs alliés barbus à l’Institut du Monde arabe et l’obligation qu’a eu Caroline d’interrompre la réunion.

Je me rappelle d’une conférence que j’ai animée à la faculté d’Aix en Provence, il y avait 80 personnes et une nette majorité d’opposants à toute interdiction du port de signes religieux à l’école et notamment du voile islamique.

Je suis resté jusqu’au bout, il est vrai que j’ai toujours bien aimé les polémiques et je les préfère aux duels à fleuret moucheté.

Il ne s’agissait pas d’une opposition frontale entre la gauche et la droite, une partie de la gauche « révolutionnaire » s’est enflammée en défense de la liberté (?) n’hésitant pas à conclure des alliances contre nature avec certains islamistes comme Tariq Ramadan.

Formateur aux Francas, j’avais beaucoup écouté les jeunes stagiaires d’Orly, de Vitry, de Champigny et d’ailleurs qui, elles, avaient compris les enjeux du débat.

Elles m’ont interpellé plusieurs fois : «  Il ne faut pas reculer, Jean François, si demain, le voile est autorisé dans les écoles, nous serons obligées par les religieux, voire nos frères de le porter »

La liberté leur serait alors confisquée.

Certaines rencontres ont été difficiles, comme celle inattendue que j’ai eue avec Pierre Tévanian, adepte de la « liberté ».

Je l’ai retrouvé au local de l’EDMP, à Paris au moment de la constitution de l’équipe responsable de l’Emancipation, tendance révolutionnaire de l’enseignement. Enseignant radicalisé, il avait adhéré à cette tendance.

Des militants « unitaires » ont proposé que l’on soit tous les deux à l’équipe responsable….

Ce ne fut évidemment pas possible et peu de temps après Mr Tévanian a démissionné de l’Emancipation, ce qui a réjoui beaucoup de laïques.

Je n’ai jamais eu de difficultés avec les personnes de culture musulmane, j’en ai côtoyé beaucoup et j’ai aidé beaucoup de femmes y compris voilées à trouver un logement.

Pour moi la laïcité constitue un ensemble de principes qui sont applicables dans des lieux précis, dans l’école publique et dans les services publics : aucun fonctionnaire ou détenant une délégation de service publique ne peut porter un signe religieux ou politique visible.

En dehors de ce cadre, aucune interdiction ne doit exister dans la rue ou dans l’espace civil.

Les islamistes qui ont été obligés de reculer quand la loi du 15 mars 2004 a été adopté relèvent aujourd’hui la tête et dans certains établissement réapparaissent des tenues religieuses, toujours d’enfermement des femmes.

Cette loi du 15 mars 2004 doit être appliquée sans faiblesse :

L’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

  • Article 1 Il est inséré, dans le code de l’éducation, après l’article L. 141-5, un article L. 141-5-1 ainsi rédigé :
    « Art. L. 141-5-1. – Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit.
    Le règlement intérieur rappelle que la mise en oeuvre d’une procédure disciplinaire est précédée d’un dialogue avec l’élève. »

Oui la laïcité est libératrice.

Elle assure l’égalité des droits, c’est à dire empêche toute infériorisation de la femme vis à vis de l’homme.

Elle garantit à chaque citoyen une éducation libératrice et un cadre commun d’instruction.

Toute faiblesse ne peut que conduire à un renforcement de la mainmise que cherche à s’assurer l’islamisme politique et rigoriste sur la population que celui-ci considère être sa propriété.

La République garantit l’égalité des droits et la liberté de conscience.

Si elle faiblit, elle renforce deux dangers symétriques : la xénophobie et le communautarisme qui constituent deux rejets des principes républicains.

Jean-François Chalot

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