Accueil Blog Page 494

Giacomo Matteotti et la Franc-maçonnerie

De notre confrère italien nuovogiornalenazionale.com par Aldo A. Mola 

Les « grands événements » de 1923 n’ont pas suscité l’enthousiasme de ceux de 1921, lorsque, par exemple, le centenaire de la fondation du Parti communiste d’Italie a été célébré à grand renfort de livres et d’émissions de radio et de télévision. Il n’a pas ressuscité. La succession de Staline à Lénine, la reconstitution de l’Internationale socialiste au congrès de Hambourg et les nombreux votes du Parlement italien en faveur du gouvernement Mussolini installé le 31 octobre 1922 sont passés inaperçus.2024 sera, entre autres, le centenaire du décès de Giacomo Matteotti. Elle offrira matière à une réflexion générale sur sa vie. Parmi ses moments les moins mémorables, il y a sa participation au XIVe Congrès du Parti socialiste italien à la fin du mois d’avril 1914. Cela mérite réflexion car, à cette époque, le maximalisme l’emportait sur le réformisme.

   En avril 1914, l’Europe était au bord de la conflagration générale. Comme amplement documenté à l’occasion du centenaire de la Grande Guerre, les chefs d’État, les chancelleries, les dirigeants militaires, politiques et économiques de divers grades ont fait preuve de tranquillité. Ils étaient les « Somnambules » décrits par Christopher Clark. Pas seulement. Les « pacifistes » célébraient des congrès bondés, agrémentés de banquets, sûrs de la solution pacte des tensions héritées des conflits anciens. La crise la plus aiguë concernait l’Alsace-Lorraine, qui changea plusieurs fois de mains entre la France et « l’Allemagne ». C’était un rien alors que les frontières entre l’Inde et la Chine étaient définies et que les États-Unis d’Amérique, en bombardant le Mexique, réaffirmaient la « Doctrine Monroe » : « L’Amérique aux Américains », c’est-à-dire sous le contrôle de Washington.

   L’Italie aussi avait une épine saignante : la revendication des « terres non rachetées », Trente, Trieste et une « Adriatique » indéterminée, pour faire coïncider les frontières politiques avec les frontières géographiques. Les nationalistes, aux programmes asymétriques, le réclamaient. D’une part, ils visaient à rompre avec Vienne et à endiguer la germanisation du lac de Garde. De l’autre, ils admiraient le modèle étatique allemand, fondé sur l’idée d’un empire militaire.

   Dans la première moitié de 1914, il y a des signes d’inquiétude : l’avancée de la droite revancharde en France aux élections d’avril, le déclenchement d’une grève générale en Grande-Bretagne par la « triple union » et la montée du maximalisme dans les rangs des socialistes fêtes, surtout en Italie. Leur domination accéléra la « finis Europae » jusqu’au moment où se contenta de la paix inquiète racontée par Florian Illies en « 1913. L’année avant la tempête » (éd. Marsilio).

Le crépuscule de l’ère libérale

Le 26 avril 1914, le XIVe congrès du Parti socialiste italien s’ouvre à Ancône. Il faut se rappeler que les députés socialistes n’étaient liés ni au parti ni à la Confédération générale italienne des travailleurs. Les « gauches » n’étaient en aucun cas unies ou univoques. Comme pour l’afficher, certains parlementaires éminents, comme Filippo Turati, ne se sont pas présentés. Deux ans plus tôt, au congrès de Reggio Emilia, à l’instigation du trentenaire Benito Mussolini, les maximalistes avaient expulsé Leonida Bissolati, Ivanoe Bonomi et Angiolo Cabrini, immédiatement fondateurs du parti socialiste réformiste. Réalisateur de « Avanti! » (50 000 exemplaires, égal au nombre de membres du parti, en croissance continue), Mussolini avait fondé en novembre 1913 le bimensuel « L’Utopia » pour prêcher ses « visions » sans contraintes : exaltation des minorités volontaristes par opposition aux « masses amorphes » et appels à la révolution. Il déclamait, il n’avait aucun sens des institutions ni celui de la solitude qui fait la différence entre les contestataires (yeux grands ouverts, cris menaçants…) et les hommes d’Etat. Il a rassemblé un large public parmi les jeunes militants, convergeant avec l’extrême droite nationaliste et avec des « démocrates », comme Gaetano Salvemini, dans la guerre bruyante contre les réformateurs libéraux menés par Giovanni Giolitti.

   Un mois avant le Congrès socialiste d’Ancône, Giolitti a démissionné de son poste de Premier ministre. C’était la quatrième fois. Le « grand ministère » prend fin, marqué entre autres par la guerre contre l’empire turc pour la souveraineté de l’Italie sur la « Libye » (octobre 1911) et par les premières élections au suffrage masculin quasi universel (octobre 1913). Les avertissements remontaient au débat qui, le 11 décembre 1913, avait ouvert la nouvelle législature. Le syndicaliste Arturo Labriola (« va-t’en, honorable Giolitti… »), le nationaliste Luigi Federzoni et le jeune Orazio Raimondo, socialiste, franc-maçon, maire de Sanremo, assez impétueux pour mériter les compliments ironiques de l’homme d’État, soucieux de son oncle, Giuseppe Biancheri.

   Le 21 mars 1914, le ministère présidé par Antonio Salandra, leader de la droite conservatrice sudiste, entre en fonction, soutenu par les partisans de Sidney Sonnino, deux fois Premier ministre pendant la soi-disant « ère Giolitti ». Comme une dizaine de gouvernements s’étaient succédé depuis le début du siècle, personne ne pariait sur la durée du nouveau gouvernement, d’autant plus que le sicilien Antonino Paternò Castello, marquis de San Giuliano, est resté aux Affaires étrangères, précisément sous la pression de Giolitti. Selon la tradition, Salandra se réservait l’intérieur, mais la politique intérieure était une variante de la politique étrangère et, par conséquent, de la politique militaire. Le nouveau gouvernement à Rome était très loin d’imaginer le bouleversement qui allait bientôt submerger l’Europe.

Socialistes et franc-maçonnerie ? Mussolini : nettoyer

C’est dans cette atmosphère de suspension qu’ont eu lieu les travaux du XIVe congrès du PSI. Selon Luigi Cortesi (« Le socialisme italien entre réforme et révolution. Débats du Congrès, 1892-1921 », Laterza, 1969) c’était « aussi calme que jamais ». Le récit sténographique des œuvres dit tout le contraire. Ceci est attesté par le « Document LXXVI » (« Quarterly Archive », 1985). Le reportage du réalisateur de « Avanti! » il a été précédé d’une « manifestation enthousiaste criant vive Mussolini ». Spontané? Organisé? Une voix s’éleva de la salle : « Il a remis la fête sur les rails. Mussolini se vantait de son « opposition tenace à la guerre en Libye », de sa déploration des « guerres de brigandage et de conquête menées par les monarchies criminelles dans les Balkans » et des « massacres » de prolétaires, une « spécialité italienne », comme l’avait s’est passé à Roccagorga. Il a appelé à des grèves générales. Enfin, il revendiquait la lutte implacable contre l’ambiguïté de la démocratie qui, aux élections de 1913, avait installé à la Chambre des socialistes « pas tous dignes de porter le drapeau du parti ». Il avait besoin d’être nettoyé. Mais par où commencer ? C’était prévu par le 8e point à l’ordre du jour du Congrès : « Socialistes et franc-maçonnerie ».

   L’affaire traînait depuis une décennie. Le VIII Congrès (Bologne, 1904) avait déjà mis en cause « Le PSI et la franc-maçonnerie », immédiatement après « le PSI et la lutte contre l’alcoolisme » et « l’agitation antimilitariste ». Il était revenu au X Congrès (Florence, 1908) sous le nom de « socialisme et anticléricalisme ». C’est l’année de la défaite de la « motion Bissolati » pour l’exclusion de l’enseignement de la religion catholique dans l’enseignement obligatoire, approuvée par 65 des 508 députés en exercice : une défaite fracassante du Grand Orient d’Italie, qui porte à procès à l’intérieur des députés francs-maçons non alignés sur les directives du grand maître Ettore Ferrari, un républicain sans si ni mais. Resurgi sous la formule « action et législation anticléricales » (immédiatement avant « Les socialistes et le duel »), la question revint massivement à Ancône. Giovanni Zibordi s’est prononcé en faveur de l’incompatibilité entre les sections du parti et les loges. Alfredo Poggi, un franc-maçon, est intervenu en sa faveur. Si jusque-là les débats s’étaient déroulés dans une certaine tranquillité, Bocconi, président de la séance qui s’ouvrait à 14 h 35 le 27 avril, s’est senti obligé de recommander « le maximum de calme et le maximum de silence, afin que la discussion se déroule réellement avec le maximum régularité ». Que le climat se réchauffait était prévenu par les « escarmouches » de la veille. Ciarlantini a tenté de poser la question en termes nouveaux : composer moins avec la franc-maçonnerie qu’avec le « franc-maçon », une sorte de « catégorie de l’esprit » qui a imprégné la vie publique, dominée par les « serpents verts ». Les tentatives de divers délégués d’inverser l’ordre du jour et de discuter des tactiques du parti avant que l’épineux différend sur la relation entre la franc-maçonnerie et le socialisme ne se heurtent aux chœurs du non. La même chose s’est produite pour la proposition de le faire régler par un congrès de l’Internationale socialiste parce qu’il ne pouvait pas être limité à l’intérieur des frontières nationales. En effet, si le socialisme ne pouvait être réalisé dans un seul pays (comme Staline et ses successeurs à la tête de l’Union soviétique l’ont affirmé plus tard), la franc-maçonnerie était universelle. C’est ce qu’a déclaré Giuseppe Garibaldi, « le premier franc-maçon d’Italie », lorsqu’en 1871 il s’est éloigné des communards français et a déclaré qu’il appartenait à l’Internationale (bleue) depuis son initiation à la loge, en 1844.

   Les tentatives de report et d’adoucissement du ton se sont heurtées à la volonté de Mussolini d’arriver à la confrontation finale et à un prononcé clair. Giovanni Lerda a fièrement déclaré : « Je suis franc-maçon ! », a déploré l’isolement au sein du parti dû aux préjugés anti-maçonniques désormais répandus et a demandé que le congrès affronte le gant et se prononce. Zibordi résume : soit la fête, soit la loge. Se détachant de la croyance religieuse, il n’eut aucun mal à rejeter le Grand Architecte de l’Univers « pour une continuité logique de pensée ». La lutte des classes a pris le pas sur les complots des organisations occultes. Le moment était venu de demander aux « camarades » maçons « de se mettre à l’écart », « de nous laisser frapper par la franc-maçonnerie telle que nous la voyons et la vivons ! ».

   Poggi, un franc-maçon ouvertement, a commencé « déterminé à une condamnation à mort certaine ». Il revendiquait l’affinité philosophique et idéologique de la franc-maçonnerie et du socialisme. Tous deux visaient l’éducation de l’homme. Il a nié que la franc-maçonnerie était une association de favoritisme mutuel et un creuset de « blocs populaires » formés par des libéraux, des radicaux et des socialistes réformistes. Selon la loi, il était non partisan.

   Le débat a failli devenir incontrôlable. Puisqu’il y avait désormais une vingtaine de participants inscrits, et tous « lourds » (Ciccotti, Bordiga, Vella, Raimondo, Angelica Balabanoff, Modigliani…), Bocconi a proposé d’aller au vote. La proposition a été acceptée après un ouragan d’interventions. Parmi les nombreux se distingue Orazio Raimondo, qui se proclame franc-maçon et prône avec passion la compatibilité, mais dans un climat de plus en plus exaspéré. Interrompu par un sifflement, Raimondo éclata : « Qui est l’imbécile qui siffle ? S’il y a quelqu’un qui a quelque chose à dire sur moi, il me trouvera ici et hors d’ici… ». Il a mis en garde contre ceux qui cacheraient l’initiation pour rester dans les rangs du parti.

Mussolini a immédiatement précisé que les socialistes ne combattaient pas les prêtres en tant que « représentants d’une entité existante ou non », c’est-à-dire Dieu, mais en tant qu' »instrument des propriétaires terriens et des industriels ». « Organisation de soldats, de guerriers, pas de philosophes et d’idéologues », après une décennie de discussions, le parti devait se libérer une fois pour toutes de l’infection franc-maçonnique. Après d’autres discours, de plus en plus enthousiastes (Lerda, Zibordi, Poggi, Bacci et encore Mussolini), Bocconi demande vérification des pouvoirs et ouvre le vote sur les quatre « ordres du jour du jour ».

Matteotti a-t-il gâché le jeu de Mussolini ?

Giacomo Matteotti est alors intervenu pour soutenir son programme. Déjà favorable à la proposition de Zibordi, il rejette l’expulsion des francs-maçons des loges imposée par Mussolini en plus de l’incompatibilité entre les deux « militants ». « Sinon on en arrive à ceci – observe-t-il – que dans chaque section s’ouvre un procès inquisitoire et des individus peuvent être expulsés, pour simple suspicion de franc-maçonnerie (grands cris). Nous reviendrons donc à la liste noire. » Après lui (réduit au silence par des cris « Assez, votez !) et deux discours en faveur de la liberté d’appartenir à toute institution non en conflit avec le programme du parti, Bocconi a mis aux voix les agendas de Poggi (en faveur de la compatibilité),

   Ce dernier mérite d’être relu : « Le Congrès, réaffirmant le désaccord profond qui sépare la conception socialiste de la conception maçonnique sur la manière de mettre en œuvre les principes de progrès, de liberté et de justice et sur l’essence même de ces principes ; considérant que l’action anticléricale fait partie du programme socialiste avec un caractère particulier et une méthode différente et contraire à celle de la franc-maçonnerie ; considérant que l’action défensive du droit individuel contre la réaction, que la franc-maçonnerie prétend utiliser, elle est aujourd’hui confiée aux organisations de classe et au mouvement professionnel ; voyant dans la franc-maçonnerie un incubateur de mélanges politiques et de mariages nuisibles à la physionomie claire de notre parti et contraires à ses intérêts suprêmes à l’heure actuelle ; et jugeant l’adhésion à la franc-maçonnerie particulièrement nuisible à l’intransigeance morale des jeunes ; invite les camarades doyens à cesser toutes leurs relations avec l’institution et déclare l’entrée dans la franc-maçonnerie incompatible pour les socialistes ».

   Les représentants des sections ont voté par ordre alphabétique à partir de 20h40. Le 28 avril à 9 h 40, le troisième jour de travail, le résultat a été communiqué. Sur 34 152 électeurs, 1 819 ont voté pour la compatibilité ; la seule incompatibilité, proposée par Matteotti, a été soutenue par 2 296 voix ; L’agenda de Montanari en comptait 2 845. Celui de Zibordi et de Mussolini a obtenu 27 378 consentements. Il y avait 174 abstentionnistes.

   La motion de Matteotti a été ignorée par les délégués de la plupart des provinces. Il obtint une certaine suite à Alessandria (Alessandria, fraction Cristo, Acqui, Fubine, Ricaldone, Spinetta Marengo…), à Florence, à Ravenne (où cependant Mussolini dépeupla) et à Rovigo (y compris la section de « ses » Fratta Polesine). Il en obtint un couple dans la province de Cuneo, qui n’en enregistra aucun en faveur de Poggi et compta l’abstention des sections peuplées de francs-maçons.

   Beaucoup, et pas seulement à cette époque, se demandaient si Matteotti était intervenu au Congrès sur l’épineuse question de la compatibilité entre loges et parti parce qu’il était secrètement affilié ou sous l’impulsion d’un « serpent vert ». La province de Rovigo avait une solide tradition de libéraux, de démocrates, d’anciens garibaldiens et, pourquoi pas ?, de socialistes. Avec une bonne culture juridique et à l’époque utilisé dans des tons farouchement « révolutionnaires », comme le rappelle son biographe le plus autorisé, Gianpaolo Romanato, dans « Un italien différent » (éd. Longanesi), avec son agenda Matteotti visant à mélanger les cartes . Sans préjudice de l’incompatibilité entre loges et sections du parti pour lui aussi, il tendit la main aux « vieux maçons ». Dans bien des cas, leur initiation remonte à on ne sait quand et n’impliquait aucun lien mortifiant. La franc-maçonnerie comptait parmi ses affiliés Giosuè Carducci et nombre de ses disciples, Andrea Costa, pionnier du socialisme intégral (c’est-à-dire ouvert à toutes les tendances), Giovanni Pascoli, Nicola Badaloni, dans l’enseignement duquel Matteotti s’est reconnu, et une longue liste de « socialistes ». sans carte de membre ». Il suffisait de baisser le volet pour séparer ce passé des urgences d’un présent de plus en plus alarmant. Mussolini en a pris note. Matteotti s’est avéré être un adversaire pour ceux qui, comme lui, voulaient « tout et tout de suite », sans toutefois préciser quoi. À Ancône, fin avril 1914, le « fils du forgeron » convainc Dovizioso Matteotti. Elle redevient ainsi en 1922 et, à nouveau, en 1924, juste après l’enlèvement et la mort de Matteotti : un « accord » qui aurait mis en péril la permanence du « duc » à la tête du gouvernement si l’opposition ne s’était pas perchée à l’extérieur de la Chambre au lieu d’offrir à Vittorio Emanuele III le pied statutaire dont le roi avait besoin pour intervenir en cas de crise. Contrairement à Giolitti et Gramsci, restés à la Chambre pour faire entendre l’opposition, les « Aventiniens » se sont révélés dépourvus du sens de l’État et des institutions. Et cette erreur a coûté cher. Pas seulement pour eux.

Aldo A. Mola

BOÎTE

Matteotti était -il franc-maçon ?

Avant 1914, ou après, Matteotti a-t-il jamais franchi le seuil du Masonic Times ? Pour l’exclure, il ne suffit pas de constater que son nom ne figure pas dans le matricule du Grand Orient d’Italie (Domizio Torrigiani, qui en fut aussi le grand maître), ni dans celui de la Grande Loge d’Italie ne figure pas là non plus. Ce qui est certain, c’est qu’il a eu des contacts avec des francs-maçons anglais, qui ne s’occupent officiellement ni de politique ni de religion, mais qui ne font qu’un avec la Couronne et avec les fortunes de la Grande-Bretagne et qui, au cours des siècles, ont dispensé « l’attention » aux « capables et méritants ». » et peut-être aussi à d’autres, s’ils correspondent à leurs desseins.

   Dans la Circulaire du 16 juin 1924 sur « La pensée et la parole de l’Ordre pour l’assassinat du député G. Matteotti », Torrigiani élève « ce martyr italien » au rang d’emblème de la lutte pour la justice et la liberté. Trois ans plus tard, il est condamné à la garde à vue avec un seul chef d’inculpation : « franc-maçon », il y a lieu de s’en souvenir en vue du centenaire de la mort tragique de Giacomo Matteotti.

   C’est comme ça que ça s’est terminé. En 1924-1925, à l’instigation de Benito Mussolini, massonophage en tant que fasciste comme il l’avait été en tant que maximaliste social, les loges furent attaquées et détruites. L’Italie est tombée dans le régime liberticide.

Aldo A. Mola

LÉGENDE : Une loggia à Florence attaquée et détruite par les escadrilles de Mussolini.

le temps des apocalypses

En mémoire du Très Illustre Frère Alexandre Adler de la Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité (GLCS), nous vous offrons la note de lecture faite, en son temps, de son remarquable ouvrage le temps des apocalypses (Grasset, 2018).

À l’occasion de son passage à l’Orient Éternel, 450.fm lui avait, tout naturellement, consacré un article ce 19 juillet courant. La GLCS perd un éminent maçon, comme il est rare d’en rencontrer. J’avais eu la chance de croiser le chemin de cette très belle personne, mon frère Alexandre, journaliste spécialiste des relations internationales. À cette heure, mes pensées vont vers son épouse Blandine Kriegel.

Notre recension de 2018 :

Apocalypse : écrit du judaïsme ou du christianisme ancien contenant, généralement sous forme de visions, des révélations notamment sur la fin des temps. Est donc venu, avec Alexandre Adler, le temps des apocalypses…

Si celle de saint Jean l’Évangéliste, exilé dans l’île de Patmos, est étrange et déconcertante, c’est pourtant un livre d’Espérance. Pour le commun des mortels, apocalypse, est synonyme de catastrophe, épouvante ou encore cataclysme. En fait, sa transcription d’un terme grec signifie aussi dévoilement.

Auteur de plusieurs livres consacrés à la géopolitique contemporaine – nous donnant ici et maintenant définition et historique – dont J’ai vu finir le monde ancien (Grasset, 2002), qui lui valut le Prix du Livre politique, Alexandre Adler, agrégé d’histoire et journaliste, spécialiste des relations internationales, nous offre sa vision forte éclairante sur l’avenir de notre monde. Il met donc à nu cette science qui étudie les rapports entre la géographie des états et leur politique, nous révèle ce qui était caché, dissimulé.

Et ce, malgré un environnement des plus troubles, l’auteur pose la question du devenir de nos civilisations, avec, en point d’orgue, changement climatique, extinction massive, répartition géographique mondiale, biodiversité en forte chute, mais aussi terrorisme, résurgence des conflits et, sans doute, à l’horizon, menace d’une nouvelle guerre mondiale.

Dans une abondante introduction, Alexandre Adler, dont le maître est Louis Althusser (1918-1990), revient sur les attentats de 2001 avec aujourd’hui encore une sorte

d’« éternel retour ». Il dresse un portrait sans complaisance, mais tellement juste et parfait, d’une géopolitique internationale à la main des États-Unis, qualifiant d’ailleurs le  XXe siècle de « siècle américain », analysant tant les tentatives d’une laïcisation des pays du Machrek que les problèmes de suprématie maritime, ou encore des champs de force qui apparaissent soit de pays de la « vieille Europe », dont la France et l’Allemagne sont les piliers, que des pays comme la Chine, le Japon,  l’Asie du sud-Est, le Brésil ou des émergences d’états africains, sans oublier Turquie, Iran ou Irak.

Composé de cinq grands chapitres qui nous permettent de découvrir des notions du passé -historiques, économiques, sociales, mais aussi du présent et futur, l’auteur trace comme une ligne du temps. Avec une grande pédagogie, l’auteur nous conduit de pays en continents : l’Europe dans tous ses États, France et Russie pour un retour de la « bonne alliance », Empire du milieu, Amérique en crise, nouvelles centralités en gestation du Moyen Orient. D’une lecture facile, l’ouvrage est donc pour tout public.

1re de couv., détail. Squelette tombant d’un cheval ou La Mort sur un cheval pâle (?), J.M.W Turner (1775-1851), RA, entre 1825 et 1830. Huile sur toile, 59,7 x 75,6 cm. Londres, The Tate Gallery.

Des pays qui agissent et réagissent entre eux, comme des principaux acteurs de la tectonique des plaques, à la fois à origine, moteur, avec ou sans convergences. Si le visage de notre planète Terre n’a cessé de changer depuis sa formation, force est de constater que, d’un point de vue géopolitique, tout va plus vite et s’accélère, dont la résultante pourrait être une collision. Malgré une immense réconciliation abordée en conclusion entre Israël et l’Arabie Saoudite, avec la notion de « Lieux saints ».

Alexandre Adler, avec le trait de plume que nous lui connaissons, sublime l’histoire en distinguant causes et finalités. Il nous fait vivre aussi les influences et décisions de grands hommes tels que Churchill, de Gaulle, Mandela, Gorbatchev, Trump, Luther King, etc. Et nous livrer ses clés d’analyse et de compréhension des enjeux stratégiques contemporains, dans notre société en perpétuelle mutation.

Qui dit révélation dit secret. L’auteur, messager des révélations, est un visionnaire à sa façon qui a vu « le ciel ouvert ». Avec fidélité et vérité, Alexandre Adler, a le mérite de nous ouvrir les yeux !

le temps des apocalypses

Alexandre Adler – Grasset, 2018, 688 pages, 26 €

Comment le fondateur Illuminati a tiré parti de la franc-maçonnerie pour démarrer sa société secrète

De notre confrère grunge.com – Par Richard Milner

Ce qui est amusant avec les sociétés secrètes, c’est que tout le monde les connaît. À une extrémité du spectre conspirateur, nous avons des rassemblements discrets comme Bohemian Grove, un déjeuner de réseautage prolongé pour les riches du monde entier qui implique un cosplay de mauvaise qualité devant une grande statue de hibou dans les bois. À l’autre extrémité, nous avons les francs-maçons, un ordre largement médiatisé de porteurs de bagues fantaisie qui ne font que traiter les allées et donner de l’argent à des œuvres caritatives. Et au milieu, nous avons les Illuminati , un nom dont tout le monde a entendu parler et qui s’associe aux orgies sexuelles de style « Eyes Wide Shut », des cinglés masqués, des célébrités faisant ce geste de la main en triangle à l’envers devant la caméra, et cet œil -pyramide au verso du billet d’un dollar américain.

Eh bien, aussi amusant que toutes ces choses soient sur lesquelles spéculer, la réalité est beaucoup plus banale. Non seulement les Illuminati ne se rassemblent pas dans des repaires souterrains profonds autour de tables rondes tout en caressant des chats blancs derrière les oreilles et en parlant à voix basse et macabre de la domination du monde, mais ils ont également eu des problèmes de recrutement à l’époque. Comme l’explique le Wondrium Daily , le fondateur des Illuminati,  Adam Weishaupt , voulait vraiment des recrues de haute qualité pour son terriblement nommé Order of Perfectibilists à la fin des années 1700. Malheureusement, il n’a pas pu contacter ses relations au deuxième degré sur LinkedIn et a dû recourir à l’infiltration et à l’espionnage de la société secrète. Comme Quotidien du patrimoinenous dit, Weishaupt a rejoint les francs-maçons en 1777 et a utilisé leur loge maçonnique comme base à travers laquelle rassembler des initiés dans sa propre société secrète.  

LA VAGUE DES LUMIÈRES

Symbole des illuminati - Crédit image : Illuminavissem - CC BY-SA 3.0
Symbole des illuminati – Crédit image : Illuminavissem – CC BY-SA 3.0

Avant d’aller plus loin : Oui, les Illuminati ont réellement existé. Ils ne sont pas un produit de fiction. Mais toute la collusion sombre et secrète que les gens envisagent généralement lorsqu’ils entendent leur nom ? C’est très certainement de la fiction. Comme les aperçus de la British Library , les Illuminati n’étaient que l’un des groupes de réflexion similaires de clubs de gentlemen et de haute société qui ont surgi pendant l’Europe de l’ère des Lumières de la fin du 17e siècle au début du 19e siècle, comme les francs-maçons. Ces groupes ont surfé sur la vague culturelle de l’époque qui a jeté les bases de toutes les facettes de la société occidentale moderne : le droit de l’individu à être autonome et à rechercher son bonheur personnel, la séparation de l’Église et de l’État, l’empirisme et la révolution scientifique, le pouvoir de la raison d’élever l’humanité, etc. Les pères fondateurs des États-Unis étaient des penseurs des Lumières, et la constitution de 1787 du pays était un condensé de l’époque. 

Comme le cite National Geographic, le fondateur d’Illuminati, Adam Weishaupt, voulait un monde libre « de tous les préjugés religieux » qui « cultive les vertus sociales et les anime par une perspective grande, réalisable et rapide de bonheur universel ». Il voulait contribuer à créer « un état de liberté et d’égalité morale, libéré des obstacles que la subordination, le rang et la richesse jettent continuellement sur notre chemin ». Weishaupt, né en 1748, était professeur de droit à l’Université d’Ingolstadt en Bavière, dans l’Allemagne d’aujourd’hui. Et en 1776, il a commencé à recruter les meilleurs et les plus brillants de ses étudiants.

ILLUMINANT L’ÂME

Illuminati
Homme fou avec lumière sur la tête jouant avec un triangle. Illuminati, complot

Adam Weishaupt a fondé l’Ordre des Perfectibilistes en 1776. Il a dû reconnaître le choix du nom malheureux dès le début, car il a renommé sa tenue l’Ordre des Illuminati deux ans plus tard en 1778. Le nom « Illuminati » vient du mot « illuminer », comme Weishaupt a cherché à illuminer l’âme humaine et à créer le paradis sur Terre. En termes théologiques, il voulait « immanentiser l’eschaton », ou créer une utopie terrestre. Le National Catholic Register explique comment de tels objectifs s’opposent à la théologie traditionnelle parce que les chrétiens, par définition, croient que la perfection appartient à Dieu et non à quelque chose de réalisable par les gens. Et nous avons donc tout le débat passé « science contre religion » qui a surgi pendant les Lumières.

Mais quand nous disons que Weishaupt a « fondé » les Illuminati, il ne s’est pas assis dans une banque pour signer des documents LLC et obtenir une carte d’identité fiscale. Comme le décrit National Geographic, il a pris la voie théâtrale et a appelé ses quatre étudiants à une cérémonie dans les bois à l’extérieur d’Ingolstadt où ils se sont tenus « baignés de torches » et ont juré fidélité au groupe. Presto : conspirations instantanées pour les 250 prochaines années. Et juste pour mémoire, le Rite écossais explique que le célèbre symbole de l’œil dans la pyramide est l’Œil de la Providence. Il symbolise le « Grand Architecte » — comme disent les francs-maçons — veillant sur l’humanité. Puis, en 1777, Weishaupt a fait ce que ferait tout fondateur de société secrète qui se respecte : se faire piéger par les gros joueurs de la ville. Il a rejoint les francs-maçons et les a utilisés comme plateforme de recrutement.

UN TRAVAIL DE COPIER-COLLER MAÇONNIQUE

Au départ, National Geographic dit qu’Adam Weishaupt a formé les Iluminati en partie parce qu’il était « désillusionné » par des groupes fraternels comme les francs-maçons et voulait une alternative. Comme l’explique Heritage Daily, il a formé sa société secrète au sein des francs-maçons juste pour établir des liens. Une fois à l’intérieur maçonnique, il a présenté les Illuminati à d’autres maçons comme une sorte de « pure maçonnerie » pour recruter les personnes instruites et nobles d’esprit. Cela a fonctionné et, en 1784, il avait rassemblé jusqu’à 2 500 convertis, dont beaucoup avaient « duc » et « comte » devant leurs noms.  

Mais Weishaupt n’a pas recruté tout seul. L’un de ses plus grands membres qui a changé la donne était le diplomate allemand, le baron Adolph Franz Friedrich Ludwig Freiherr von Knigge (oui, tout cela). Comme le dit la BBC , von Knigge a aidé les Illuminati non seulement à s’étendre dans les loges maçonniques à travers la France, l’Italie, la Hongrie, la Pologne et ailleurs, mais aussi à les prendre en charge. Puis, ironiquement, von Knigge a révisé les Illuminati pour adopter une voie d’ascendance de type franc-maçon à 13 niveaux et à 3 classes. Les niveaux avaient des noms adaptés aux jeux de rôle fantastiques modernes, comme Initiate, Minerval, Illuminatus Major, Priest et Magus.

La montée au pouvoir de Von Knigge avec les Illuminati a aidé le groupe à grandir, oui, mais a également provoqué la fracture du groupe, alors que lui et Weishaupt ont verrouillé les cornes sur la direction des Illuminati. Au même moment, le gouvernement bavarois s’est méfié des sociétés secrètes et, 10 ans après sa création, les Illuminati n’étaient plus.

LA RIVALITÉ ROSICRUCIENNE

En fin de compte, l’utilisation de la franc-maçonnerie par les Illuminati a sonné le glas. Alors que les Illuminati se développaient, Heritage Daily dit que le fondateur Adam Weishaupt a tenté d’éloigner le groupe des Rose-Croix, une autre société secrète de l’ère des Lumières. Les rosicruciens, qui existent à ce jour, adoptent une position plus mystique et magique sur toute la question de la société secrète, comme le décrit le site Web de l’ordre rosicrucien . Une fois que les membres Illuminati ont réussi à tirer parti de la franc-maçonnerie pour infiltrer la couche supérieure de la société, les rosicruciens les ont qualifiés de radicaux politiques dangereux et pire : d’athées. 

Le clou dans le cercueil de la vie éphémère des Illuminati est venu après que le baron von Knigge – l’homme qui a aidé les Illuminati à se développer – a été éjecté du groupe après avoir perdu sa lutte de pouvoir avec Weishaupt. Peu de temps après, un autre ex-Illuminati, Joseph Utzschneider, a écrit à la Grande-Duchesse de Bavière avec des affirmations anti-Illuminati qui reflétaient les allégations des Rose-Croix. En 1784, l’église bavaroise a forcé le duc Karl Theodor à interdire tout groupe fraternel non autorisé dans le pays. Les Illuminati n’ont pas cédé et Theodor a émis d’autres interdictions plus strictes en 1785, 1787 et 1790. 

La police bavaroise a trouvé des documents Illuminati en 1785 défendant des choses hérétiques comme l’avortement et les femmes du clergé. En 1787, ceux-ci ont été utilisés comme motif pour imposer la peine de mort contre les membres Illuminati. Adam Weishaupt a perdu son emploi à l’Université d’Ingolstadt, a été exilé et a trouvé du travail à l’Université de Göttingen en Saxe.

LE COMPLOT PERDURE

Marionnette et main de marionnettiste
Marionnette et main de marionnettiste

Lorsque nous disons que les Illuminati ont disparu en 1787 quand le gouvernement bavarois les a interdits, les amateurs de tout ce qui est complotiste pourraient répondre : « C’est exactement ce qu’ils veulent que vous pensiez ». Après tout, peut-être que les membres Illuminati des loges maçonniques à travers l’Europe sont restés et ont mieux réussi à respecter la partie « secrète » de la société secrète. Quoi qu’il en soit, l’existence enregistrée des Illuminati, longue d’une décennie, est un parfait avertissement sur les dangers d’aller trop loin. Plutôt que de laisser le groupe grandir naturellement au fil du temps et de rassembler des personnes partageant les mêmes idées de manière organique, Adam Weishaupt et ses membres ont manipulé et inveiglé. Ils ont progressé trop haut, trop vite et en ont payé le prix alors que des groupes comme les francs-maçons et les rosicruciens n’ont rien souffert.

Pendant son exil en Saxe, Weishaupt a eu le dernier mot – beaucoup de mots, en fait. Il a publié de nombreux livres sur sa société autrefois secrète, puis interdite : « Histoire complète des persécutions des Illuminati en Bavière » (1785), « A Picture of Illuminism » (1786), « An Apology for the Illuminati » (1786 ) et « Un système amélioré d’illuminisme (1787) ». Il mourut en 1830. Auparavant, en 1797 et 1798, le prêtre jésuite Augustin Barruel et le professeur britannique John Robison avaient lancé les réflexions conspiratrices en affirmant que les membres Illuminati étaient la main secrète derrière la Révolution française , de toutes choses. De là, les murmures ont fait boule de neige jusqu’au présent.

Le journaliste du Courrier des stratèges, Éric Verhaeghe fait son « coming out » maçonnique

0

Du site lecourrierdesstrateges.fr

« Pourquoi je suis devenu franc-maçon »

J’ai toujours été partisan de la transparence de la caste sur son patrimoine, qu’il soit financier ou “social”. En particulier, et on le sait, l’appartenance aux réseaux, en France, compte dans le parcours de chacun, sans qu’il soit parfois possible de mesurer les influences dont chacun bénéficie pour contourner les règles de la méritocratie républicaine.

Souvent interrogé par des lecteurs sur cette question, je fais le choix d’expliquer les raisons “intimes” de mon parcours maçonnique. De mon point de vue, il s’agit d’un engagement citoyen, auxquels tous ceux qui appartiennent à d’autres réseaux : catholiques (ah ! l’Opus Dei !), Juifs, homosexuels, politiques, et tant d’autres… devraient également se soumettre. Les règles du jeu seraient ainsi plus claires pour tout le monde, et permettraient de renouer la confiance dans le fonctionnement de notre société.

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe, né le 9 décembre 1968 à Liège, est un haut fonctionnaire, essayiste, journaliste économique belge naturalisé français. Eric Verhaeghe est né dans un quartier populaire de Liège (Sainte-Walburge). Ses grands-parents étaient paysans, son père maçon et sa mère sans emploi. Il suit des humanités classiques à l’Athénée royal Charles Rogier. Il suit ensuite une hypokhâgne et une khâgne au lycée Henri-IV.

Après une formation classique, notamment à l’université Paris-I, où il obtient une maîtrise en philosophie et un diplôme d’études approfondies (DEA) en histoire, Éric Verhaeghe entame un parcours dans le service public, notamment à la ville de Paris et au ministère de l’Éducation nationale.

Après cinq ans à la Ville de Paris, il devient élève de l’ENA (promotion Copernic) en 2000-2002, dont il sort 67e sur 106e. Durant ses études à l’ENA, il fut élu représentant des élèves au conseil d’administration, avec 75 % des voix. Il y présenta un mémorandum pour la démocratisation de l’école.

Activités professionnelles

Éric Verhaeghe (capture d’écran FranceSoir, 18 janvier 2021).

Il dirige pendant trois ans le Service interacadémique des examens et concours (Siec).

En 2007, il rejoint la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) où il dirige les affaires sociales.

En 2009, il devient président de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC), élu pour deux ans, au nom du MEDEF. Sous son mandat, l’APEC met fin au magazine Courrier des Cadres pour des raisons financières.

En 2009, il donne des cours de culture générale à Paris-II.

Il démissionne en janvier 2011 de la présidence de l’APEC et de tous ses autres mandats au MEDEF : à l’Agirc, l’ACOSS, l’Unedic, la CNAV et Pôle emploi. Il déclare être « en désaccord avec les orientations générales du Medef concernant l’Apec et au-delà ». D’après Le Monde, Éric Verhaeghe soutenait notamment l’idée d’un « développement maîtrisé des activités commerciales de l’APEC », tandis que le MEDEF avait défendu au contraire un recentrage de l’APEC sur ses missions de service public, un projet rejeté par les syndicats en décembre 2010. Selon le journal, Éric Verhaeghe a également taxé le MEDEF d’« immobilisme brejnévien » et a froissé le patronat français en critiquant dans son livre Jusqu’ici tout va bien « l’égoïsme et l’avidité d’une certaine élite économique ». Selon Libération, Éric Verhaeghe a également adopté une position hétérodoxe, critiquant notamment l’idée que le coût du travail serait trop élevé « alors qu’au contraire les salariés ont dû s’endetter depuis des années, contribuant ainsi à l’instabilité financière ».

À la suite de son départ de l’APEC et de l’abandon de ses mandats patronaux, la FFSA lui retire la direction des affaires sociales, qui lui reproche de l’avoir mise « devant le fait accompli ». La FFSA considère qu’il « met à mal la position [du] secteur, en termes d’image et de relations avec les partenaires sociaux ».

En novembre 2011, il fonde le cabinet d’innovation sociale Parménide, spécialisé dans l’élaboration de réseaux sociaux.

En décembre 2012, il est élu à l’unanimité président de l’association Réavie.

En décembre 2014, il fonde Tripalio, société de presse qui publie de l’information sociale.

Il a contribué à la création de la Gazette de l’Assurance, un site de publication dédié aux assureurs, ainsi qu’à Courtage Network, le premier réseau social créé pour les courtiers spécialistes de la protection sociale, et Expert Network, le premier réseau social créé pour les experts-comptables.

Il est créateur de Cosmico, en août 2018, une société de « médecine non conventionnelle ».

Activités journalistiques et militantes

Éric Verhaeghe publie dans les journaux Atlantico, Contrepoints, FigaroVox et Décider & Entreprendre, et intervient parfois à Radio Courtoisie.

En 2012, dans son essai Faut-il quitter la France, il énonce la notion de « démocratie liquide », une forme supérieure de démocratie, qui utiliserait internet pour ouvrir la décision publique à l’ensemble des citoyens.

Questions à l’étude des Loges-Synthèses année 2021-2022

Tous les ans, l’assemblée générale du Grand Orient de France propose à toutes les loges de l’obédience – 1 391 loges dont 1 229 en France hexagonale, 57 dans les départements et collectivités d’outre-mer, 59 en Europe et 46 dans le monde (chiffres au 31 décembre 2022 – GODF-Dossier presse 2023) –, cinq questions touchant soit aux enjeux politiques et sociaux, soit des problématiques philosophiques, soit traduisant un certain nombre d’interrogations touchant à la pratique maçonnique.

Vous vous invitons à lire un extrait de la préface du grand maître, Georges Sérignac :

« Les « Questions à l’Étude des Loges » sont une des expressions des travaux des Loges du Grand Orient de France.

Proposées par les Loges elles-mêmes, présentées au Convent, lequel en sélectionne six parmi plusieurs centaines, elles permettent chaque année à l’ensemble des Ateliers du Grand Orient de France de travailler sur des sujets communs. 

Georges Sérignac, grand maître.

La synthèse présentée dans ce recueil démontre le travail effectué cette année par les Ateliers sur les différents thèmes philosophiques, sociétaux autant que maçonniques ainsi que sur celui de la Laïcité. 

Appartenant à un Ordre initiatique s’attachant à rester ancré dans le réel, les Loges du Grand Orient de France, au-delà des questions sur la pratique maçonnique, ont la volonté de travailler sur celles qui concerne le futur de la République, dans toutes ses dimensions, indivisible, laïque, démocratique et sociale… »

Et de terminer son préambule par :

« … C’est bien la spécificité de notre franc-maçonnerie spéculative virgule, fille des Lumières, de pratiquer l’usage permanent du doute critique comme de revendiquer celui de la liberté d’expression.

Puisse cette synthèse annuelle concourir, humblement, mais avec toute la détermination que nous procure notre idéal, à forger une pensée nouvelle participant, à terme mais sur le temps long à l’amélioration de l’être humain et de la société.

Sommaire

Préface : Georges Sérignan

Question A dite d’intérêt général et de prospective
En quoi la législation de l’euthanasie active en France serait-elle une avancée humaniste ?

Question c Laïcité
Peut-on parler de laïcité sans parler de religion ?

Question D dite sur la paix et les droits de l’homme
Peut-on combattre les inégalités sans questionner le rapport entre capital et travail ?

Question E dite des Loges hors métropole
Pour un franc-maçon, ce qui se passe au bout du monde est-il aussi important que ce qui se passe au bout de la rue ?

Question F dite sur l’Europe
« Europe, levier ou maillet pour la liberté de conscience ?

Nous notons cependant que cet ouvrage ne reprend pas la question B d’intérêt maçonnique ou symbolique qui était « En quoi la pratique maçonnique peut-elle permettre de dépasser l’émotion et de retrouver la raison ? » Une question à laquelle, traditionnellement, tous les frères dès le grade d’apprenti collaborent.

Nous pouvons aussi nous poser la question de connaître devenir des réflexions et travaux des loges.

Devant travailler sur au moins 3 ou 4 questions, les loges adressent ensuite un rapport d’une page et demie – grand maximum – , revêtue du sceau de la loge. Ensuite, les convents régionaux en font une synthèse, cette dernière étant transmise au Conseil de l’Ordre. Certaines questions pouvant être aussi étudier en commission. Connues du monde profane, le fruit de ces travaux permet, netre autres de faire mieux connaître encore la franc-maçonnerie – ses valeurs et principes – et ainsi de porter ces idées afin de « Faire avancer concrètement la société ». Après tout, le maçon n’est-il pas en pointe du progrès social ?

Questions à l’étude des LogesSynthèses année 2021-2022

Grand Orient de France- Horizons maçonniques

Les presses Maçonniques-Conform édition, N° 9, 2023, 336 pages, 14 € – port compris 18 €

Acheter Questions à l’étude des Loges (QEL) sur le site de Conform édition

Photo 3D – Conform édition.

Les archives révèlent la véritable histoire de la franc-maçonnerie de Léon

De notre confrère espagnol ileon.eldiario.es – Par Javier Fernández-Llamazares

Les francs-maçons léonais étaient «quatre chats» sans grande influence ni pouvoir, ils n’avaient ni cornes ni queues, et encore moins étaient-ils persécutés pour leur militantisme maçonnique. Telle est la réalité de la documentation conservée autour de ce mouvement depuis le XIXe siècle.

Si l’on part de la prémisse acceptée que l’Histoire peut être définie comme la recherche et l’acceptation de la connaissance du passé à travers des documents écrits conservés, sur la franc-maçonnerie à León, les documents écrits sont conservés. Tout le reste n’est pas histoire, mais pur mythe et spéculation intéressée basée sur des théories indémontrables, anachroniques et sectaires. Les francs-maçons léonais étaient «quatre chats» sans grande influence ni pouvoir, ils n’avaient ni cornes ni queues, et encore moins étaient-ils persécutés pour leur militantisme maçonnique. C’est la réalité.

Les premières spéculations sur la franc-maçonnerie remontent à 1760, lorsque le comte d’Aranda aurait (soi-disant) fondé la Grande Loge qui deviendrait connue à partir de 1780 sous le nom de Grand Orient d’Espagne, fortement influencée par la franc-maçonnerie française (comme le reste des francs-maçonneries) du monde). En 1800 elle compterait 400 loges et serait sous la direction du comte de Montijo , qui avait succédé à Aranda. Sa simple existence est cependant très discutable, et le résultat, selon Ferrer Benimeli , d’une époque où une histoire manipulée de la franc-maçonnerie a été fabriquée afin de la doter d’antiquité et de prestige. Oui en préparationd’un comte d’Aranda, fondateur de la franc-maçonnerie espagnole, a joué son rôle dans l’expulsion des jésuites , la succession du comte de Montijo est un non-sens historique, puisqu’en 1789 le titre correspondait à María Francisca de Sales Portocarrero et au comte consort, Felipe de Palafox ne put être Grand Maître en 1800, étant mort en 1790. C’est son fils, Eugenio Eulalio Palafox Portocarrero , né en 1773 et Comte de Montijo depuis 1808, qui appartient à la loge des Amis Réunis de la Vertu, fondée en Madrid en 1820 et intégrée exclusivement par les Espagnols, qui demandèrent sa régularisation au Grand Orient de France car il n’y avait pas de Grand Orient espagnol. Le 1er mai 1871, le premier numéro duBulletin du Grand Orient d’Espagne et dans le numéro 2 publié quinze jours plus tard La franc-maçonnerie était définie comme suit : 

« La franc-maçonnerie est le rassemblement d’hommes libres et honnêtes qui, véritables apôtres de la vérité, de la science et de la vertu, marchent toujours à la pointe du progrès ; ils instruisent sans cesse par l’enseignement et la pratique ce qui est bien et ce qui est beau, et s’efforcent de faire de l’humanité une seule famille de frères, unie par le travail, l’amour et la pensée ».

De belles paroles qui pourraient être attribuées à l’Église catholique, à la Société royale des amis du pays ou à toute autre mentalité de toute institution philanthropique de l’époque ou du présent le plus immédiat.

Liste de la Loge Legionense d’Apio Herdonio. Centre documentaire de la mémoire historique de Salamanque

Il n’y avait rien de secret dans les composantes de la franc-maçonnerie léonaise, puisqu’elles publiaient leurs noms, prénoms, adresses, profession, état civil… et imprimaient même les données dans des bulletins officiels. De plus, les problèmes économiques des organisations maçonniques étaient une constante. La documentation conservée (telle que celle ci-dessus) montre qu’il y avait fréquemment un grand nombre de victimes dues au non-paiement des quotas établis.

La Real Sociedad Económica de Amigos del País de León et ses partenaires ont été le véritable germe du progrès dans notre province, bien qu’il y ait eu plus de tentatives, comme celle des francs-maçons. En fait, il y avait la même mission et une relation directe avec le but fondateur de la franc-maçonnerie de Léon, qui n’était autre que d’aider les plus nécessiteux : c’était aussi simple que cela. Bien sûr, au fond, c’était la même idée que le clergé appliquait : aider ceux qui en avaient besoin. Une autre chose était la manière dont le financement a été obtenu pour une entreprise aussi compliquée. Car, à quoi les francs-maçons léonais ont-ils utilisé l’argent ? Que faisaient les francs-maçons léonais ?

Document de la Loge ‘Legionense del Herdonio’. Centre documentaire de la mémoire historique de Salamanque

En 1888, la franc-maçonnerie de Leon, dirigée par le mécanicien français Alberto Laurin Pagny, accompagné de Juan Gómez Salas et de Ramón Quijano González (en tant que secrétaire) écrivait, comme on peut le voir sur l’image ci-dessus, que « la situation pénible dans laquelle le dernier les tempêtes de neige et leur fonte peuvent être trouvées dans une multitude de villes situées dans les montagnes de cette province, elle est connue dans toute l’Espagne et n’a pas besoin d’éloges. Cette loge ne doit pas rester immobile en présence de tant de malheurs, et dans la séance extraordinaire tenue le 18, elle a convenu de s’adresser à ce respectable atelier en demande de ressources pour aider ces malheureux montagnards sans abri et sans nourriture [ . .. ] ».

Alberto Laurin Pagny, avec la première voiture immatriculée à León.

Car dans la franc-maçonnerie léonaise de la fin du XIXe siècle, tout était parfaitement typé et réglementé : les règlements des loges maçonniques étaient publiés et quiconque avait la moindre inquiétude à ce sujet pouvait y avoir accès (comme aujourd’hui). Rien n’est plus éloigné des légendes puériles obscurantistes : les francs-maçons avaient tout parfaitement réglé, et ils publiaient ainsi sans vergogne son fonctionnement interne. Contrairement à la Société royale des amis du pays, qui comptait de nombreux hommes et femmes influents et économiquement puissants, à quelques exceptions près qui n’ont aucune comparaison avec les hommes illustres de la Société royale d’économie (Laurín, Duport, Malagón…) cela n’est jamais arrivé avec les francs-maçons léonais. Les francs-maçons léonais n’avaient aucune pertinence sociale.

Couverture du règlement de la Loge ‘Luz de León’. Centre documentaire de la mémoire historique de Salamanque

Au XIXe siècle, il y avait une grande influence française et par conséquent maçonnique dans la configuration commerciale et urbaine de León, et comment pourrait-il en être autrement, des familles françaises comme Laurín ou Duport ont apporté quelques membres à la franc-maçonnerie provinciale. Les Duport ont acquis plusieurs terrains dans la région d’Ordoño II et aux environs de Guzmán, appartenant et finançant des activités maçonniques.

Bien sûr, il y avait aussi des femmes propriétaires d’origine française, comme Isabel Bouchet et Albert, ainsi que de grands acheteurs de biens ecclésiastiques, comme Juan Dantín, également d’origine française. Les pharmacies étaient en grande partie tenues par des familles d’origine française, comme Chalanzón ou Barthe. Des noms de famille d’origine française tels que Lescún, Lubén, Echever, Eguiagaray ou Durruti, se sont liés et se sont consacrés à l’industrie florissante de la tannerie.

Le mensonge anticlérical

Une autre absurdité a été de vouloir présenter ces francs-maçons comme des hommes agressifs et belliqueux de convictions républicaines et anticléricales. Rien n’est plus éloigné de la réalité. Par exemple, le professeur Benito Blanco était un franc-maçon renommé qui a publié de nombreux articles et poèmes dans la presse de l’époque. Il est conseillé à quiconque s’intéresse le moins du monde à ces questions de compiler les écrits de Benito Blanco, pour voir s’il reconnaît un soupçon d’anticléricalisme ou, plus précisément, « d’anti-jésuitisme » – pour plus d’aide, vous pouvez consulter le livre de José Eguiagaray Pallarés intitulé De ayer a hoy , à la page 90 et suivantes, pour voir s’il y a un soupçon d’« anticléricalisme » ou « d’antipatriotisme » – selon les mots de Benito Blanco : eh bien non, c’est tout le contraire .

Le président des francs-maçons, le tailleur Antonio Malagón, envoyait des lettres maçonniques avec l’en-tête de sa maison de commerce (année 1889). Centre documentaire de la mémoire historique de Salamanque

Une telle absurdité sectaire anachronique et insultante est de vouloir placer tous les francs-maçons comme de fervents adeptes des doctrines républicaines du XIXe siècle, en les associant à Gumersindo de Azcárate, Miguel Morán, Felipe Fernández-Llamazares ou d’autres, en les qualifiant d’anti-monarchistes. Que beaucoup de choses les unissent n’en font en aucun cas des « anti-rien ». Benoît White a écrit :

« Le roi entra dans un landau ouvert, suivi de la voiture dans laquelle voyageait le maire, du gouverneur civil D. Enrique Ureña [Barthe] et de D. Félix Argüello, vice-président de la commission provinciale. Arrivé au palais de la Diputación, le gouverneur civil se tenait à pied à droite du carrosse royal et suivait ainsi toute la rue Ancha, chose difficile au milieu d’une foule cordialement enflammée désireuse de se rapprocher du monarque. Lorsqu’ils furent arrivés à la cathédrale et qu’il fut reçu dans l’atrium par l’hon. M. Bishop, de mémoire inoubliable pour les habitants de Leon, D. Francisco Gómez Salazar, cet évêque instruit parmi les instruits qui était professeur de droit canonique à l’Université centrale et pour qui c’était toujours quand D. Gumersindo de Gumersindo visitait Leon pour la première fois, sucrez […] »

Mais quelle manie ont certains historiens de transformer les plus illustres gens de Léon en anticléricaux !

Lettre d’Emilio Menéndez Pallarés à José Pallarés Berjón. Archives Banque Fernández Llamazares

Le célèbre franc-maçon Emilio Menéndez Pallarés a envoyé des lettres de Madrid à son cousin de sang José Pallarés Berjón avec la normalité la plus absolue, comme le montre ce fragment de la lettre ci-dessus où il offre sa collaboration, et celle des francs-maçons portugais, afin qu’il puisse faire des affaires. à Lisbonne, car une partie des articles vendus à León provenaient de fournisseurs portugais. 

Et c’est qu’au sein de la franc-maçonnerie léonaise il y avait de tout. Ni Miguel Morán ni Gumersindo de Azcárate, ni un seul document sur un seul membre de la famille Fernández-Llamazares n’incitent à penser qu’ils appartenaient à la franc-maçonnerie (qu’ils aient sympathisé avec elle ou non). Les listes des maçons léonais conservés le précisent. Et il y a des mécaniciens, des militaires, des professeurs, des tailleurs, des commerçants, des employés, des entrepreneurs, des industriels, des avocats, des médecins et même deux femmes « femmes au foyer ».

Et qu’est-il arrivé aux francs-maçons et aux « mystérieux documents maçonniques » de 1936 à León ? Ce sera le sujet d’un prochain article, car, malheureusement, les historiens d’aujourd’hui continuent de nourrir trop de bobards

Pacte entre Obédiences : l’Italie reconnaît Israël et vice versa 

De notre confrère italien affaritaliani.it

Le 8 mars, les accords avec la Grande Loge Unie d’Angleterre, interrompus depuis trente ans, sont également repris. 

Franc-maçonnerie, le retour du droit : accords entre États et nouvelles alliances

Stefano Bisi Grande Maitre du Grand Orient d’Italie

La franc-maçonnerie revient au pouvoir. Le signal vient de la Grande Loge de l’Etat dIsraël* qui a demandé au Grand Orient d’Italie de rétablir la reconnaissance mutuelle. 

Sceau du Grand Orient d’Italie.

« Un fait important pour le GOI car – lit une note du Grand Maître rapportée sur grandeoriente.it – ​​​​il témoigne de l’affection et de l’amitié qui existent aujourd’hui dans le monde envers notre Communion« , a commenté le Grand Maître Stefano Bisi, rappelant la reprise le 8 mars des relations officielles avec la Grande Loge Unie d’Angleterre interrompues il y a trente ans alors que le Goi vivait le moment difficile marqué de l’enquête Cordova.

Drapeau d’Israël.

* Dès 1951, les Grandes Loges d’Angleterre et d’Irlande acceptent la création d’une Grande Loge de l’État d’Israël à Jérusalem, sous l’égide de la Grande Loge d’Écosse.

C’est le 20 octobre 1953 qu’est fondée la Grande Loge de l’État d’Israël, résultat d’un long et patient travail dû au dévouement d’un petit groupe de frères. Cet événement scelle aussi la fusion de tous les francs-maçons d’Israël sous sa souveraineté et 35 Loges en activité la rejoignent ce même jour.

Sceau de la GL de l’État d’Israël.

En 1996, 78 loges sont enregistrées à la Grande Loge de l’État d’Israël et 68 sont en activité. Elles se répartissent en 6 confessions différentes (juive, arabe, chrétienne, druze, orthodoxe grecque et copte) qui travaillent en 8 langues (hébreu, anglais, arabe, français, roumain, allemand, espagnol et turc). Les loges qui travaillent en hébreu utilisent un rituel unifié approuvé par la Grande Loge qui est traduit pour les loges travaillant en arabe, turc et français. Les loges en langue allemande travaillent au Rite de Schroeder et celles travaillant en anglais, espagnol et roumain utilisent le rituel de ces pays respectifs.

Aujourd’hui, la Grande Loge de l’État d’Israël, dite régulière car reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre, compte plus de 80 Loges pour un effectif d’un peu plus de 2000 frères. Elle s’appuie sur les trois religions monothéistes et chaque loge possède l’Ancien et le Nouveau Testament, ainsi que le Coran (source Wikipédia).

Retrouvez notre article La franc-maçonnerie en Israël, entretien avec Claudio Moses du 21 novembre 2022.

Lieu symbolique : La commanderie hospitalière d’origine templière d’Avalleur (Aube)

Avalleur est une commanderie hospitalière d’origine templière située dans le département de l’Aube,

en région Champagne-Ardenne, à environ 25 km au sud de Troyes sur la commune de Bar-sur-Seine.

La commanderie d’Avalleur : neuf siècles d’histoire

La commanderie est fondée au profit de l’Ordre du Temple vers 1167, par les dons effectués par le comte Manassès de Bar-sur-Seine. Elle s’étend alors sur un domaine forestier de 200 arpents. Il est fait référence à la commanderie d’Avalleur à la date de 1172, d’après les cartulaires.

À partir de cette date, on trouve des traces de donations qui deviennent de plus en plus nombreuses: en 1173, dons de Milon d’Avalleur, en 1174, don de l’usage du moulin de Besaces, par Étienne de Besaces, en 1204, dons des seigneurs locaux concernant des terres à Essoyes.

D’autres dons sont faits en 1205, 1207, 1213 par Haymon aux frères de la commanderie, et 1219 par le seigneur de Rochefort et par Milon d’Autricourt. Le dernier templier de cette commanderie fut Chrestien de Bissey.

Lors de la dissolution de l’ordre du Temple en 1312, la commanderie revient à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Le domaine reste géré de la même façon. Le 8 février 1520 Avalleur s’agrandit par association avec la commanderie de Thors au nord-est. Devenue bien national à la Révolution, la commanderie passe aux mains d’exploitants agricoles. Dans le corps de logis, deux tours et la bergerie sont détruites et les bâtiments de la ferme sont remaniés au cours du XIXe siècle.

Aussi orthographié Valleur, elle reprend le nom de la terre qui était aussi une seigneurie. Valleur était issu du gaulois Aballos qui était le nom de pommier mais aussi porté comme nom de personne.

Après la suppression de l’ordre du Temple, les terres d’Avalleur reviennent aux Hospitaliers. La commanderie est alors l’une des plus riches de l’Ordre ; ses possessions s’étendent jusqu’aux portes de Troyes.

La chapelle miraculeusement intacte, avec ses décors peints et sa belle charpente, est un exemple type des nefs templières de l’Est de la France. Quant au corps de logis, l’examen de ses murs a révélé qu’ils datent, pour l’essentiel, de son origine, ce qui fait de la commanderie d’’Avalleur l’un des rares témoignages de l’époque templière conservés en France.

Festivités estivales 2023…

Chaque été, revivez l’épopée de la commanderie templière d’Avalleur, à Bar-sur-Seine. Le département de l’Aube, soutenu par une équipe de médiateurs et de bénévoles, y organise des visites, des événements culturels et des animations (exposition, Escape Game, ateliers artistiques, fête médiévale, etc.), pour faire revivre l’histoire de la commanderie.

La saison 2023, du 16 mai au 1er octobre prochain, permet de revivre l’épopée templière – entrée libre du mardi au dimanche de 10h à 18h.

La commanderie d’Avalleur est l’un des rares ensembles français conservés d’époque templière. Cette saison 2023 vous plonge dans l’histoire de la naissance de templiers et dans leur vie courante…

Le programme.

Sur la trace des Templiers
La vie des Templiers à la commanderie d’Avalleur. JT Canal32 16.09.19
Le marché médiéval de la commanderie templière d’Avalleur

Le CLIPSAS perd son Vice-Président Trésorier : Stéphane Bañuls

Les intrigues et coups bas sont monnaie courante au sein de la gouvernance de certaines instances maçonniques. L’affaire qui éclate actuellement au CLIPSAS est le résultat d’un effet collatéral, comme il est coutume de le nommer aujourd’hui. Nous avons essayé de comprendre…

Le Centre de liaison et d’information des puissances maçonniques signataires de l’appel de Strasbourg (CLIPSAS) est une organisation internationale d’obédiences maçonniques libérales fondée le 22 janvier 1961. Il compte actuellement une centaine d’Obédiences membres du monde entier. La gouvernance du Clipsas est actuellement assurée par le colombien Ivan Herrera Michel (Federacion Colombiana de Logias Masónicas).

Depuis deux ans, le Français Stéphane Bañuls, passé Grand Maître de la Grande Loge Indépendante et Souveraine des Rites Unis (GLISRU) assurait le poste de Vice-Président Trésorier après avoir été élu avec 92 % des voix.

Mais voilà, pour occuper un poste de représentant officiel au sein du CLIPSAS, il faut être membre d’une Obédience adhérente au CLIPSAS, sinon… on perd de facto son mandat. C’est précisément ce qui arrive à Stéphane Bañuls.

Jean-Louis Cottigny Grand Maître de la GLISRU

Nous avons contacté l’intéressé afin de mieux comprendre. Nous n’entrerons pas ici dans des affaires internes de la GLISRU. Il convient juste de retenir qu’un désaccord est né entre l’intéressé et les instances gouvernantes actuelles de son Obédience. Stéphane Bañuls a donc décidé de démissionner de la GLISRU pour rejoindre une autre Obédience. Nous avons pris contact avec l’actuel Grand Maître de la GLISRU Jean-Louis Cottigny qui de son côté regrette toute cette affaire et souhaite apaiser la situation au plus vite. Il déclare prendre tous les dispositions nécessaires pour déléguer quelqu’un d’autre afin de représenter son Obédience au CLIPSAS.

Pour statuer sur le remplacement de Stéphane Bañuls dans sa fonction de Vice-Président Trésorier, le bureau du CLIPSAS a prévu de se réunir en Visio ce week-end. Affaire à suivre…

Autres articles sur le CLIPSAS

A propos du pacte avec le diable et de la légende d’un squelette emmuré

De notre confrère ksta.de

Il y a aussi des ésotéristes et des théories du complot dans les environs de la cathédrale de Cologne. Saviez-vous que la cathédrale est secrètement un centre du culte de Mithra ? Que les gens étaient emmurés lors de la construction de la cathédrale ? Que les francs-maçons s’approprient la cathédrale ? Va là-bas ! Regarde! Vous trouverez de nombreuses preuves.

Commençons par les francs-maçons. Les mystères égyptiens et les symboles égyptiens jouent un rôle majeur dans cette organisation légendaire. Et voilà, avant même d’entrer dans la cathédrale, il y a de petites stèles en lave basaltique en forme d’obélisques avec une pointe pyramidale aux coins du portail principal. Un signal clair pour la présence spirituelle des francs-maçons !

Ce que les stèles de basalte devant la cathédrale ont à voir avec les francs-maçons

Tu doutes? À juste titre! J’ai inventé librement cette histoire de cathédrale – à une exception près : les stèles de basalte existent. Je les ai fait installer moi-même sur les petits rebords de la cathédrale. Il s’agit de l’extrémité supérieure de l’ancien socle de la cathédrale, d’une hauteur d’environ 1,20 mètre, qui a presque complètement disparu dans le sol lors de la construction de la plate-forme de la cathédrale dans les années 1960. Les vestiges restants étaient les pierres d’achoppement les plus pures pour les visiteurs hâtifs et imprudents lorsqu’ils se tournaient vers les portails ouest. Les accidents continuaient de se produire. Pour éviter cela, nous avons d’abord essayé des bornes standard. Mais ils avaient l’air un peu stupides. C’est donc d’ici que viennent les stèles massives de basalte qui se fondent discrètement dans l’environnement.

Bornes devant la cathédrale de Cologne

Pour certains, les stèles de basalte sont plus que de simples bollards. Ils y voient un signe de la pérennité du culte mithriaque dans la cathédrale.

Droits d’auteur : Peter Rakoczy

Je peux donc nier de première main que les francs-maçons aient quelque chose à voir avec cela. Mais aussi absurde que cette affirmation puisse paraître, elle est typique du tissu des histoires ésotériques et des théories du complot. Et il y en a maintenant aussi dans les environs de la cathédrale. 

Presque indestructible et présentée avec une prétention apparemment scientifique, la thèse soutient que sur la colline de la cathédrale, c’est-à-dire à l’emplacement de la cathédrale actuelle, il y avait un temple de Mithra dans les temps anciens, qui a été expulsé par le Dieu des chrétiens ou par l’église.

La cathédrale comme lieu du mystérieux culte mithriaque ?

Qu’en pensez-vous? Eh bien, le culte de Mithra a connu son apogée au cours des trois premiers siècles de notre ère. On peut certainement dire aussi que la montée du christianisme était en concurrence avec le culte de Mithra, notamment parce qu’elles étaient toutes deux des religions monothéistes avec une croyance en un seul Dieu. Il existe même des similitudes frappantes entre la figure de Mithra et la figure de Jésus-Christ, ainsi que des parallèles dans le symbolisme religieux et la pratique rituelle.

Archéologiquement, il y avait au moins deux, voire trois, temples de Mithra dans la Cologne romaine. L’une d’elles, découverte en 1968, se trouvait du côté sud de la cathédrale, pour faire simple : sur la Roncalliplatz. Remarque : à côté, pas sous la cathédrale. Cela signifie que la thèse du déplacement voire de la superposition par les premiers bâtiments prédécesseurs est désormais invalide.

Et lorsque la cathédrale carolingienne Hildebold a été construite au IXe siècle, personne ne s’est plus préoccupé de Mithra, dont le discipulat a été soumis à une pression croissante avec la montée du christianisme en religion d’État à partir de la fin du IVe siècle et du milieu du VIe siècle. est déscendu.

Le fait que le culte, enveloppé de mystère, continue maintenant d’exister dans la cathédrale sous une forme encore plus secrète et qu’il soit reconnaissable par les connaisseurs à toutes sortes de caractéristiques de conception est littéralement une chimère : une autre rotation de l’histoire fil basé sur la pure fantaisie. On dit alors, par exemple, que les mêmes éléments décoratifs apparaissent dans la cathédrale que dans les sanctuaires mithriaques : les étoiles de la voûte du chœur, par exemple, ou les représentations des quatre saisons.

Théorisation du complot à la Dan Brown

C’est maintenant comme « preuve » de l’existence continue du culte mithriaque dans la cathédrale de la même qualité que si l’on affirmait que le 1. FC Köln et le Bayern Munich sont en fait un seul et même club car les deux équipes jouent en maillot rouge. Donc : absurde et tiré par les cheveux. Le directeur du Musée romano-germanique, Marcus Trier, dit la même chose en termes sérieux : il n’y a pas de culte successeur à Mithraeum dans la cathédrale chrétienne. Et il n’y a certainement pas de survivance secrète du culte mithriaque.

Mais bien sûr, vous pouvez toujours chuchoter à ce sujet enceinte de sens. Il y a toujours des auditeurs volontaires qui croient que l’église est capable de toutes sortes d’outrages de toute façon. Comme on le sait, l’auteur Dan Brown a atteint une maîtrise très lucrative avec la variante anticléricale de la théorie du complot. Les lacunes de l’historiographie sont habilement comblées par des bêtises parfois outrancières.

Cathédrale secrète de Cologne – à la série

Tout le monde connaît la cathédrale. Mais dans quelle mesure les habitants de Cologne connaissent-ils bien « leur » cathédrale ? L’ancien maître d’œuvre Barbara Schock-Werner raconte les histoires les plus spectaculaires et les plus passionnantes.