Accueil Blog Page 275

12/09/24 : Réélection du Grand Maître National Sylvain Zeghni

Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN

Ce jeudi 12 septembre 2024, Sylvain Zeghni a été réélu Grand Maître National de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique mixte international LE DROIT HUMAIN. « C’est un témoignage de confiance des membres du Conseil National, signe d’une adhésion forte au projet que nous avons porté » a déclaré Sylvain Zeghni. En effet, l’année 2023 – 2024 a vu aboutir une réforme en profondeur de l’organisation de notre Fédération.

Les projets sont nombreux pour cette nouvelle mandature, avec un esprit de renouveau et de modernité :

  • soutenir une dynamique régionale adaptée aux spécificités des bassins en facilitant les initiatives locales,
  • développer le travail, les réflexions et les actions inter-obédientielles,
  • retrouver et valoriser l’essence de notre mixité originelle, en l’ouvrant aux mixités en général pour construire une pensée commune sans nier l’autre,
  • faire vivre davantage l’aspect international de notre Ordre,
  • proposer de nouveaux outils (vidéo, podcasts, webinaires…) permettant à la fois aux Frères et Sœurs d’enrichir leur expérience et leur réflexion,
  • permettre aux profanes de mieux connaître notre travail et l’esprit propre à notre Fédération et à notre Ordre avec des cycles de conférences.
Sylvain ZEGHNI

« Nous pouvons pour tout cela nous appuyer sur la force de notre Fédération, liée à son identité propre, à une organisation désormais plus appropriée et à l’implication de ses membres. Il nous faut toujours veiller à développer un esprit de nuance, essentiel pour être des acteurs de la réconciliation et rétablir la concorde qu’il faut faire rayonner dans la société ».

Est-ce vraiment en Franc-maçonnerie que règnent la Concorde et la Fraternité ?

Selon le Larousse (c’est toujours bien de démarrer par un morceau de définition), la concorde vient du latin « concordia ». C’est l’union des cœurs et des volontés. Elle produit la paix, l’entente et elle appelle discernement comme bienveillance… Fraternité.

Et oui, en franc-maçonnerie, nous prônons la fraternité universelle. Entre parenthèses, comment expliquer que certaines obédiences masculines qui les visitent refusent encore l’inverse pour les femmes ? Trêve de sarcasme facile (oui, c’était facile), la fraternité universelle c’est aussi user d’un ton juste et avoir une posture bienveillante. Chassons les mauvaises pensées !

La franc-maçonnerie nous apprendrait la tolérance, la concorde et la fraternité : il ne devrait donc pas s’installer de débat en loge, ni de désaccord ! La concorde ne se parerait-elle alors pas, quelquefois, d’un manteau de bienveillants sourires… Factices ? D’aucuns disent qu’enveloppante et trop affective, elle infantilise plus que ce qu’elle n’élève…Quant au concept de tolérance… Est-elle une pierre angulaire qui ne se fende jamais, même sous le poids des situations les plus contestables ou des blagues les plus lourdes ?

La tolérance ? C’est comme un plat de lentilles, on sait que c’est bon pour la santé mais ça pourrait avoir meilleur goût ! La Concorde ? Comme le sel ! Bien dosée ça rehausse le plat, trop, le tensiomètre explose !

L’engagement se concevant dans le temple et hors du temple, délestés de ses métaux, cela va de soi, il est tellement plus sage d’osciller la tête, souriant, à la façon du Dalaï Lama…

Alors n’oublions pas une recette du bonheur : un peu de concorde assaisonnée de fraternité et d’un zeste de tolérance avec beaucoup (mais alors beaucoup) de chocolat ! La vie sera douce, même si parfois, c’est bien qu’elle soit un peu, beaucoup, à la folie, passionnément… Salée !

Le NETFLIX maçonnique débarque avec du lourd

La Vidéothèque de La Voûte Etoilée est une plateforme vidéo réservée exclusivement aux Frères et Sœurs abonnés. Elle propose des dizaines de vidéos d’instructions maçonniques, des Mini-séries thématiques, un édito hebdomadaire, les replays des conférences Zoom… et bien d’autres services pour répondre aux besoins du groupe. L’apport permanent, quasi quotidien de nouvelles vidéos « maison » pourrait transformer ce portail communautaire des Francs-maçons en source incontournable d’information audiovisuelle et d’instruction maçonnique. Une sorte de NETFLIX pour les Francs-maçons.

www.lavouteetoilee.net/videotheque

Les vidéos d’instructions maçonniques : Des vidéos à la fois ludiques sérieuses et profondes dont la durée a été étudiée pour celles et ceux qui ont peu de temps libre. Chaque vidéo met en scène un Frère ou une Sœur qui se prête au jeu du grade selon le niveau d’instruction (Apprenti / Compagnon / Maître) et qui livre un travail personnel de 10 à 15 min sur sa compréhension et son ressenti d’un symbole.

Cette présentation est suivie d’un échange avec le Frère Instructeur Franck Fouqueray. Vous assistez ainsi à des débats riches et profonds. Il ne s’agit pas de formation, mais bien de partages, d’échanges dans le cadre d’une instruction. L’objectif est de faire un pas de plus sur le chemin initiatique.

Des dizaines de vidéos d’instruction aux 3 premiers degrés

Les vidéos d’Instruction maçonnique au Premier Degré. Un complément de réflexion très utile pour les Frères et Sœurs apprentis, mais aussi un support pour les Seconds Surveillants. Elles sont un enrichissement pour celles et ceux qui souhaitent approfondir la symbolique du Premier Degré

Les vidéos au Deuxième Degré sont, elles aussi, indispensables aux Frères et Sœurs Compagnons. Elles constituent une source de réflexion et une base de travail pour les Premiers Surveillants où pour ceux qui souhaitent se replonger dans la symbolique de ce degré. Ce degré mal considéré mérite une étude toute particulière. C’est l’objet des 10 vidéos du degré à la disposition des abonnés.

Les vidéos au Troisième Degré. Trop souvent ce degré est négligé en Loge. En effet, de nombreux Maîtres se plaignent du peu d’instruction à ce degré. Les vidéos du Troisième Degré permettent ainsi de travailler une symbolique rarement pratiquée. Cela constitue indéniablement une inspiration pour les Maîtres maçons.

Cette source documentaire constitue un apport indéniable pour les apprenants des Loges bleues. Il n’existe actuellement aucun autre endroit où 24h/24 on peut s’instruire par des séries de vidéos.

La Rédaction de 450.fm les a étudiées et nous pouvons vous confirmer que le niveau qualitatif est tout à fait respectable.

Des mini-séries thématiques par dizaines

Les mini-séries thématiques proposent aux abonnés des vidéos sur des sujets chers aux francs-maçons. Des thématiques symboliques, ésotériques ou de société que les Sœurs et les Frères travaillent en loge.

L’idée des mini-séries est de présenter des courtes vidéos qui permettent à celles et ceux qui ont peu de temps de pouvoir profiter de ces sources de connaissances. Des vidéos de 3 à 5 min, pour l’exemple, les lames du tarot initiatique. D’autres de 10 à 15 min telles que celles sur la thématique « apprivoiser la mort » du Frère Éric Remy ou encore « des mots pour penser en Franc-maçonnerie » de la Sœur Solange Sudarskis que les lecteurs de 450.fm connaissent bien.

Bon voyage dans l’univers de l’astrologie symbolique, du tarot initiatique, de la physique moderne, de la spiritualité . 

Le site est assez convivial et très abordable dans sa navigation. L’accueil de la vidéothèque présente les dernières vidéos publiées, ainsi que les avant-premières des nouvelles Mini-séries thématiques. Selon Christophe Dangien, le fondateur et animateur du Réseau la Voûte Étoilée, de nombreuses mini-séries sont en préparation. Il rajoute :

« Les Frères et Sœurs qui participent à la réalisation des Mini-Séries thématiques sont des passionnés, des experts et souvent des écrivains qui partagent avec nous les fruits de leurs recherches et de leurs connaissances. »

Une originalité de la vidéothèque de la voûte Étoilée : l’édito du Frère Eddy Caekelbergks que les Frères belges connaissent bien.

Chaque semaine quelques minutes pour partager l’actualité du monde ou l’actualité maçonnique. Un sujet traité, un coup de gueule parfois, mais toujours le regard et l’analyse d’un journaliste professionnel de la radio-télévision belge et d’un passé grand maître adjoint du Grand Orient de Belgique.

REPLAY

La Voûte Etoilée propose aussi chaque mois des conférences, des débats en direct sur zoom. Des sujets passionnants et des conférenciers captivants généralement reconnus. La vidéothèque propose l’accès au replay des conférences. Actuellement, plus de 150 vidéos sont à votre disposition.

La voûte étoilée propose un contenu riche et diversifié. Elle réalise et publie de nombreuses vidéos mises à jour quotidiennement. Elle présente une bibliothèque ésotérique et symbolique. Les Sœurs et les Frères peuvent également intégrer des groupes de discussion, l’organisation de voyages et d’événements, tels que celui du solstice d’été ou du prochain dîner spectacle : « une vie avec Mozart » qui couronne l’offre de la Voûte Étoilée.

Pour profiter de ces services, la Voûte Étoilée propose un abonnement d’accès préférentiel pour la première année. Une année pour visionner les vidéos complètes et se faire une idée sur la diversité, la pertinence et la qualité de la vidéothèque.

Parlons du prix :

L’abonnement mensuel est proposé à 8€/mois, payable à l’année. Toute chose étant relative, on peut considérer que ce prix est très raisonnable, compte tenu de la quantité et la qualité des informations obtenues. Cet investissement a semblé très pertinent à la rédaction qui vote pour.

S’abonner : www.lavouteetoilee.net/videotheque

Avec « Points de Vue Initiatiques », partez à la quête de la Beauté, horizon d’idéal et de transcendance

Le dernier numéro de Points de Vue Initiatiques (#213), intitulé « La beauté, un idéal ? »,  publié en septembre 2024 par la Grande Loge de France, s’articule autour d’une réflexion profonde et universelle sur la beauté, en tant qu’idéal et en tant que quête spirituelle, humaine et philosophique. S’engageant pleinement dans une exploration complète de ce que représente la beauté, son essence et sa transcendance.

L’éditorial ouvre cette réflexion avec des interrogations fascinantes. Olivier Balaine nous plonge dans une analyse complexe de la beauté, qu’il décrit comme un « universel », une quête commune qui transcende les cultures et les formes.

Dès le début, Olivier Balaine insiste sur la multiplicité des expériences de la beauté, mettant l’accent sur le fait qu’elle est souvent ressentie avant d’être conceptualisée. Dans son texte, il évoque également cette capacité de la beauté à éclairer l’expérience humaine, en la comparant à la lumière qui renaît constamment. Il y a dans ses propos une métaphore importante : la beauté comme un éclair de vérité qui transcende le temps et nous lie à l’essence même de l’humanité. Cette fulgurance de la beauté semble être au cœur du propos du magazine, un élément qui nous touche au plus profond de notre âme.

Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF
Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF

Thierry Zaveroni, dans son mot en tant que Grand Maître de la Grande Loge de France, approfondit cette réflexion en introduisant une dimension philosophique plus accentuée. Il fait écho aux idées de Platon et Socrate, pour qui le beau et le bien sont inséparables, suggérant que l’ascension vers le beau est également une ascension morale. Thierry Zaveroni convoque également des figures littéraires et philosophiques, telles que Victor Hugo, pour développer l’idée que la beauté touche à quelque chose de transcendant et d’inexplicable, qu’elle nous dépasse, nous émeut et nous élève au-delà de nous-mêmes. Le texte met également en exergue la manière dont la beauté s’inscrit dans une harmonie universelle, reliant toutes les parties du monde et créant une cohérence qui, bien que parfois mystérieuse, semble évidente à ceux qui la contemplent. Cette harmonie n’est pas purement esthétique mais engage une dimension morale et éthique, essentielle dans le parcours initiatique maçonnique.

Beauté : Lumière de l’âme, éclat du monde

Le sommaire de l’ouvrage nous dévoile une exploration multidimensionnelle de la beauté. Plusieurs articles, entretiens et réflexions philosophiques sont organisés autour de cette thématique centrale, abordant la beauté sous des angles variés. On trouve ainsi des analyses sur l’harmonie comme expression de l’ordre du monde, la relation entre l’homme déchiré et la beauté, et même des réflexions sur la beauté des rites et des formes architecturales. Chaque contributeur semble apporter une couche supplémentaire à cette quête de compréhension.

Albert Valren, par exemple, dans « L’harmonie, expression de l’ordre du monde », suggère que la beauté émerge du chaos pour créer une forme d’équilibre. Ce propos est d’une résonance particulière, car il associe la beauté à la construction du monde et à son agencement harmonieux, presque comme un acte créateur. La beauté, dans cette vision, devient une force organisatrice, reliant les humains à une dimension supérieure.

François Bénétin, dans « L’homme déchiré et la beauté », propose une réflexion plus douloureuse, où la beauté coexiste avec l’horreur. Il interroge cette dualité, cherchant à comprendre comment le beau et l’abject peuvent cohabiter dans la même réalité humaine. Cette exploration de la beauté à travers la souffrance semble rappeler l’idée de la beauté tragique, une forme esthétique qui révèle des vérités profondes sur l’existence humaine.

D’autres articles, comme celui de Christophe Picot, « La beauté sauvera-t-elle le monde ? », s’interrogent sur le rôle de la beauté dans la rédemption et la transformation du monde. Picot semble questionner le lien entre la beauté et une forme de salut universel, évoquant peut-être une transcendance spirituelle qui pourrait guider les hommes vers une compréhension supérieure de leur existence.

Professeur Jean-Paul Deremble

L’ouvrage ne se limite pas à une simple réflexion théorique. Il fait appel à l’histoire, à l’art et à l’architecture pour enrichir son propos. L’entretien avec Jean-Paul Deremble, par exemple, explore comment la beauté, la spiritualité et l’humanisme se rencontrent dans la lumière traversant le vitrail, un symbole puissant de la manière dont l’art peut canaliser la beauté vers des idéaux plus élevés. De même, Stéphane Bousquet, dans son article sur « L’art du trait », analyse la beauté géométrique et scripturale, depuis les pétroglyphes jusqu’aux formes plus modernes, révélant une continuité esthétique à travers l’histoire humaine.

L’ouvrage prend ainsi la forme d’une réflexion profondément maçonnique, où la beauté est non seulement une recherche esthétique, mais aussi un moyen de transmission et d’élévation spirituelle. La beauté, telle qu’elle est décrite dans les divers textes, est à la fois individuelle et collective, relevant de l’expérience intime tout en étant une quête partagée par toute l’humanité. Elle est un lien entre le matériel et le spirituel, entre l’éphémère et le divin, entre la contemplation et l’action.

Nuage de mots

Sans oublier les chapitres « Histoire » et « Portrait d’initié » qui, sous la plume érudite de Jean-Pierre Thomas » sont consacrés à « L’Atelier de Gustave Courbet » et à « Isidore Taylor ou la découverte de la beauté des monuments historiques ».

Gustave Courbet par Nadar

En plongeant dans l’analyse de l’œuvre de Gustave Courbet, nous sommes invités à dépasser l’iconographie superficielle pour découvrir un monde de figures symboliques et de sous-entendus philosophiques. La représentation de personnages, dont certains sont des allégories manifestes de la société et de la politique de l’époque, est un jeu entre l’apparence et la profondeur.

« L’Atelier du peintre »

Gustave Courbet ne se contente pas de peindre une scène réaliste ; il propose une véritable radiographie de la société, déployant une vision presque prophétique de ce qui allait advenir politiquement et culturellement. Son tableau « L’Atelier du peintre » ne se contente pas d’être une simple peinture : il devient une métaphore vivante, un manifeste de ce qu’est l’artiste dans le monde moderne – un créateur, un observateur, mais aussi un provocateur capable de dévoiler les contradictions sociales.

Quant à Isidore Taylor, franc-maçon influent qui a joué un rôle majeur dans la découverte et la sauvegarde du patrimoine monumental en France, Jean-Pierre Thomas nous dresse un portrait initiatique. Celui d’un homme animé par une passion pour la beauté historique et artistique, et dont la quête a permis de préserver des trésors aujourd’hui considérés comme indispensables à notre compréhension du passé. La démarche de Taylor ne s’inscrivant pas uniquement dans une logique de protection des pierres, mais aussi dans une véritable quête de sens.

Focus sur l’entretien avec Jean-Paul Deremble

Dans le cadre de Points de Vue Initiatiques, cet entretien se présente comme une exploration subtile et érudite de la beauté à travers la lumière et la spiritualité, spécifiquement autour du rôle des vitraux. Cet échange, recueilli par Olivier Balaine, offre une réflexion profonde sur l’iconographie médiévale, la théologie et l’interprétation des images sacrées, avec une attention particulière portée à la lumière qui traverse le vitrail comme un symbole transcendantal.

Jean-Paul Deremble, théologien et historien d’art, spécialiste de l’iconographie chrétienne et des vitraux, engage une réflexion qui ne se contente pas de la surface esthétique de l’objet étudié. Il inscrit le vitrail dans un cadre conceptuel complexe, où la beauté devient une médiation entre le texte et l’image, entre le sacré et l’humain. La lumière, dans cette vision, n’est pas seulement un phénomène physique, mais aussi une manifestation spirituelle, capable de dévoiler le divin dans l’immanent.

La première partie de l’entretien met en lumière le parcours intellectuel de Jean-Paul Deremble, caractérisé par une formation pluridisciplinaire en théologie, philosophie et sociologie. Il fait preuve d’une vision claire et structurée de sa démarche intellectuelle, tout en expliquant le rôle fondamental de la théologie dans l’articulation d’une pensée sur la transcendance et la beauté. Il propose une réflexion sur la verticalité de l’âme humaine, et sur l’importance de la tradition chrétienne dans la construction de cette pensée. Cette tradition, dans laquelle le vitrail joue un rôle central, est profondément liée à la manière dont la beauté et le sacré se manifestent dans le monde.

Un des moments clé de cet entretien se trouve dans la réflexion sur le structuralisme, cette approche théorique qui, bien que puissante, est perçue par Jean-Paul Deremble comme parfois trop figée. Il remet en question une lecture trop rigide des textes et des images, prônant une interprétation plus vivante et fluide, capable d’inclure plusieurs niveaux de lecture. C’est ici que sa vision du vitrail comme « texte visuel » prend tout son sens : chaque image de vitrail, chaque détail, est à la fois instantané et éternel, et s’offre à une interprétation multiple, comme une lecture continue des éléments du sacré. Le vitrail, selon Jean-Paul Deremble, est une forme d’art qui dépasse la simple esthétique pour entrer dans le domaine de l’émotion pure, du sensible, tout en restant ancré dans une structure théologique et philosophique rigoureuse.

Une autre réflexion fascinante se trouve dans l’opposition entre le texte et l’image. Jean-Paul Deremble explique que si un texte peut être déchiffré, interprété et ressenti à travers la lecture, l’image, quant à elle, propose une expérience plus immédiate. Il s’agit d’une séduction instantanée, qui transcende les mots et touche directement à la sensibilité humaine. Cette opposition entre le visuel et le textuel est cependant nuancée, car l’image – et plus spécifiquement le vitrail – est capable de parler d’une manière profonde à l’âme humaine, tout en nécessitant une préparation spirituelle et intellectuelle pour être pleinement comprise. Cette complémentarité des deux médiums invite le lecteur à reconsidérer la manière dont nous percevons l’art et la beauté dans un cadre spirituel.

Le contrôle des images dans l’histoire religieuse est également abordé, avec un éclairage particulier sur la manière dont les vitraux échappaient parfois à la censure, du fait de leur caractère officiel et institutionnel. Jean-Paul Deremble met en lumière la complexité du rapport de l’Église à l’image, où les vitraux jouaient un rôle à part, devenant un support de transmission non seulement théologique mais aussi émotionnelle. L’image vitrée, contrairement à d’autres formes artistiques, détenait un pouvoir d’influence tout particulier du fait de sa place dans les églises, où elle était contemplée dans un contexte liturgique et sacré.

L’analyse se prolonge ensuite sur le rôle du vitrail dans l’édifice chrétien. Jean-Paul Deremble explique que le vitrail est un médium qui sublime la lumière naturelle pour en faire un vecteur de transcendance. La lumière devient alors une métaphore du divin, filtrée à travers la matière pour révéler des vérités spirituelles profondes. Le vitrail, par cette mise en lumière sacrée, devient une porte ouverte sur l’invisible, une manière de rendre palpable le mystère du divin dans un monde matériel. Cette réflexion rejoint une vision quasi platonicienne de l’art sacré, où la beauté sensible révèle une beauté supérieure, intelligible.

L’entretien touche également à la question de la destruction des images au Moyen Âge et des multiples vagues iconoclastes. Jean-Paul Deremble rappelle que si certaines images ont été détruites, les vitraux de Chartres, eux, ont échappé à cette fureur destructrice. Il y a ici une forme de préservation miraculeuse de ces œuvres, qui traversent les siècles et continuent de transmettre leur message spirituel, témoignant de l’importance capitale que la beauté et la lumière revêtent dans la culture chrétienne.

En conclusion, cet entretien avec Jean-Paul Deremble propose une réflexion riche et nuancée sur le rôle du vitrail dans la spiritualité chrétienne. À travers une analyse érudite et subtile, Jean-Paul Deremble nous invite à voir le vitrail comme un pont entre le visible et l’invisible, un médium où la lumière, la couleur et la forme se combinent pour dévoiler une beauté transcendante. L’image vitrée, plus qu’une simple œuvre d’art, devient dans cette vision un vecteur de sens, une porte d’accès vers la contemplation du sacré.

En somme, ce dernier numéro de la revue de la GLDF propose une exploration riche et nuancée de la beauté, abordée sous toutes ses formes – artistique, philosophique, spirituelle et architecturale. Il nous invite à repenser la place du beau dans nos vies, à le reconnaître non seulement comme un idéal esthétique, mais aussi comme un chemin vers la sagesse et la plénitude. Dans ce sens, la beauté devient un idéal non pas inatteignable, mais à rechercher inlassablement, un éclat de lumière qui illumine notre quête de sens et d’élévation.

Facebook, page PVI

Points de Vue Initiatiques

Depuis sa création en 1965, Points de Vue Initiatiques (PVI) s’est affirmée comme un véritable outil de travail, destiné autant aux francs-maçons qu’aux profanes. Rédigée principalement par des auteurs francs-maçons, la revue présente également des contributions de personnalités extérieures, toujours avec l’objectif de favoriser la réflexion spirituelle et intellectuelle. Chaque numéro s’articule toujours autour d’un grand thème.

La revue propose une approche à la fois accessible et profonde, rendant ces sujets complexes à la portée d’un public élargi, tout en restant fidèle aux valeurs et aux traditions de la Grande Loge de France.

Pour vous abonner, acheter un numéro ou consulter les anciennes éditions, rendez-vous sur la boutique en ligne de la Grande Loge de France ou sur la page Facebook dédiée à Points de Vue Initiatiques.

Facebook, page PVI

Points de Vue Initiatiques #213-« La beauté, un idéal ? »

Revue de la Grande Loge de France – Vivre la tradition

Collectif – GLDF, Septembre 2024, 120 pages, 8 €

30/09/24 : Conférence publique de Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France, à Barcelone (Catalogne, Espagne)

« Être Franc-maçon en GLDF aujourd’hui entre tradition et modernité », tel le thème de la conférence publique et gratuite organisée par la Grande Loge de France (GLDF) et présentée par son Grand Maître , le très respectable frère Thierry Zaveroni.

[NDLR : Thierry Zaveroni est le Grand Maître actuel de la Grande Loge de France (GLDF), une des principales obédiences maçonniques françaises. Centrée sur des valeurs humanistes et spirituelles, la GLDF pratique le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA).

En tant que Grand Maître, Thierry Zaveroni occupe la plus haute fonction dans cette obédience, assurant la direction et la représentation de la Grande Loge, tant au niveau national qu’international. Il est engagé dans la diffusion des idées maçonniques au-delà des frontières françaises, cherchant à développer une compréhension internationale de la franc-maçonnerie telle qu’elle est pratiquée à la GLDF. La conférence, intitulée « Être Franc-maçon en GLDF Aujourd’hui : Entre Tradition et Modernité », reflète son engagement à équilibrer les enseignements historiques avec les besoins d’une société moderne, technologique et en évolution rapide.

Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF
Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF

La présence de la Grande Loge de France (GLDF) à Barcelone avec une conférence publique témoigne d’un lien historique et culturel fort entre la franc-maçonnerie française et catalane en général et écossaise en particulier. Barcelone, en tant que ville cosmopolite et ouverte sur le monde, accueille régulièrement des événements internationaux, et la GLDF y trouve un terrain favorable pour promouvoir ses valeurs.

Pour mémoire, la Grande Loge de France est une obédience maçonnique historique française et la plus ancienne et la plus importante dans la pratique de la Franc-maçonnerie traditionnelle, initiatique et spiritualiste. Elle est la continuatrice des premières Loges parisiennes de 1728, et de la première Grande Loge constituée à Paris en 1738.]

Infos pratiques

Conférence publique, gratuite et ouverte à tous

Lundi 30 septembre 2024 à 19h00

Institut Français de Barcelone 

Calle Moià 8, Barcelone – Espagne

Le site de la GLDF/Inscription obligatoire

« Indochine : Voyage initiatique et fraternité universelle à travers « Nos célébrations » et « Le Chant des cygnes »

Chers et fidèles lecteurs(trices), cette fois-ci, je vous propose une analyse – la mienne – maçonnique des chansons « Nos célébrations » et « Le Chant des cygnes » d’Indochine.

Bob Morane – Source nostalgie.be

Indochine, formé en 1981 par Nicola Sirkis et Dominique Nicolas, est l’un des groupes de rock français les plus emblématiques et durables. Le groupe connaît un succès rapide avec des titres comme « L’Aventurier » (1982), inspiré de Bob Morane, qui devient un hymne générationnel. Leur style mêle rock, new wave, et poésie, avec des thèmes souvent sombres, romantiques et engagés.

Dans les années 1980, Indochine enchaîne les succès avec des albums comme « Le Péril Jaune » (1983) et « » (1985), incluant des tubes comme « Trois nuits par semaine » et « Canary Bay ». Cependant, la popularité du groupe décline dans les années 1990.

Le renouveau survient dans les années 2000 avec l’album « Paradize » (2002), marqué par le méga-hit « J’ai demandé à la Lune », relançant leur carrière. Indochine enchaîne avec des albums à succès comme « Alice & June » (2005) et « La République des Météors » (2009), confirmant leur retour au sommet.

Dans les années 2010, albums comme « Black City Parade » (2013) et « 13 » (2017) renforcent leur statut d’icône du rock français, avec des concerts toujours plus spectaculaires et fédérateurs.

En 2020, avec leur compilation « Singles Collection (2001-2021) » et des morceaux comme « Nos célébrations », Indochine célèbre 40 ans de carrière, tout en restant un groupe incontournable et intergénérationnel.

Nous devons examiner ces œuvres à travers des symboles, des concepts philosophiques, et des valeurs qui sont souvent associés à la franc-maçonnerie.

Je vous livre donc quelques pistes de réflexion, en lien avec les thèmes principaux de la franc-maçonnerie, comme la quête de la lumière, le travail sur soi, et la fraternité humaine.

1. Indochine et l’esprit maçonnique

Indochine, à travers ses compositions et son imagerie, a souvent fait écho à des idéaux de liberté, de fraternité et de recherche spirituelle, qui sont aussi centraux dans la franc-maçonnerie. Le groupe s’est toujours distingué par des textes souvent poétiques, ouverts à l’interprétation, abordant des thématiques existentielles, humanistes et souvent critiques du pouvoir, tout en restant ancrés dans une vision optimiste du progrès humain.

Nos célébrations

Indochine - Source France-Rocks
Indochine – Source France-Rocks

Cette chanson, sortie en 2020, met en avant une notion de célébration collective à travers le temps, un concept qui peut être relié à la notion de « mémoire » et de « transmission » dans la franc-maçonnerie. La « célébration » dans ce contexte pourrait être interprétée comme une sorte de rituel initiatique, où le passé, le présent et l’avenir s’entrelacent pour renforcer la continuité d’un chemin spirituel ou moral.

Le voyage en train : dans le clip de « Nos célébrations », le voyage en train peut être vu comme une métaphore du voyage initiatique, une idée récurrente dans la symbolique maçonnique. Le train traverse différents paysages et événements historiques, suggérant un parcours personnel et collectif. Ce voyage représente la quête de la connaissance, un aspect fondamental dans la démarche maçonnique où l’individu cherche à comprendre le monde tout en se perfectionnant intérieurement.

Les événements marquants : le fait de revisiter des événements politiques et des références à l’histoire du groupe peut s’apparenter à la méthode maçonnique de « construire » sur les expériences passées pour mieux appréhender l’avenir. La franc-maçonnerie incite ses membres à examiner leur propre parcours, à en tirer des leçons pour atteindre une meilleure compréhension de soi et du monde.

Fraternité et célébration : le terme « célébration » renvoie ici à une notion de communauté. En franc-maçonnerie, la fraternité est un principe fondamental, et cette chanson semble exalter cette union fraternelle, non seulement entre les membres d’Indochine, mais aussi avec leurs fans. La franc-maçonnerie valorise le lien entre les êtres humains au-delà des divisions superficielles, ce que reflète le ton optimiste et fédérateur de la chanson.

Indochine – Nos célébrations (Clip officiel)

Le Chant des cygnes

Sortie en 2024, cette chanson traite également de thèmes qui peuvent être vus sous un prisme maçonnique.

The White Swan, GLDF, Londres

Le chant du cygne : en franc-maçonnerie, le cygne est souvent associé à la pureté, à la mort symbolique et à la renaissance. Dans la chanson, le « chant des cygnes » peut représenter une transition, un passage vers une nouvelle étape de vie, symbolisant une sorte de mort initiatique. Cette idée de transformation et de renouvellement est très présente dans les rites maçonniques, où chaque passage de degré est marqué par une symbolique de mort et de renaissance spirituelle. D’ailleurs, rappelons-nous que « The White Swan » est une loge de la Grande Loge de France à l’orient de Londres.

Le rôle des chœurs familiaux : les passages chantés par des membres de la famille de Nicola Sirkis, dont ses enfants, peuvent être interprétés comme une transmission intergénérationnelle, un autre concept fondamental en franc-maçonnerie. Le fait d’inclure ses proches dans l’œuvre fait écho à l’idée de perpétuer une tradition, un savoir ou une sagesse, valeurs très présentes dans les loges.

Adolescents et jeunes dans le clip : le fait de mettre en scène des jeunes chantant dans le clip vidéo renforce la notion de passage du savoir et d’héritage aux nouvelles générations. En maçonnerie, l’idée de préparer la jeunesse à devenir les constructeurs d’un monde meilleur est un thème récurrent, et cette mise en scène pourrait symboliser cette transmission d’un idéal ou d’une conscience collective.

Utilisation pour l’Euro 2024 : l’utilisation de cette chanson pour l’Euro 2024 reflète l’idée d’unification autour d’un événement commun, ce qui pourrait également rappeler les idéaux maçonniques de fraternité universelle. Le sport, tout comme la musique, est un moyen de fédérer les individus au-delà des différences culturelles et sociales.

Indochine – Le chant des cygnes (Clip officiel)

2. Les symboles de lumière et d’initiation dans les deux chansons :

La quête de lumière, un thème central en franc-maçonnerie, peut être perçue dans l’œuvre d’Indochine de manière générale. Dans ces deux chansons, il y a une idée sous-jacente de progression, de célébration du parcours accompli tout en préparant une étape suivante, symbolisant un chemin vers une meilleure compréhension de soi et du monde.

Dans « Nos célébrations », cette lumière pourrait être symbolisée par les moments de rétrospection et de réflexion sur le passé du groupe, tout en tournant leur regard vers l’avenir.

Dans « Le Chant des cygnes », cette lumière peut être celle de la jeunesse qui prend la relève, celle de la transmission d’idées et de valeurs à une nouvelle génération.

Et ma conclusion…

À travers « Nos célébrations » et « Le Chant des cygnes », Indochine semble refléter plusieurs concepts proches de la franc-maçonnerie : le voyage initiatique, la fraternité, la quête de lumière et de transformation. Les deux chansons montrent une progression symbolique, que ce soit à travers un voyage collectif ou un chant de transmission, et peuvent être interprétées comme une métaphore de la croissance spirituelle et morale, des valeurs chères à la franc-maçonnerie. Le groupe invite ainsi ses auditeurs à réfléchir sur leur propre parcours, tout en restant unis dans une fraternité universelle.

Indochine, le site.

Lieu symbolique : Le Pont Valentré de Cahors (Lot)

Le Pont Valentré de Cahors est un monument emblématique de l’architecture médiévale française.

Situé à Cahors, dans le département du Lot (région Occitanie), ville réputée pour son riche patrimoine historique, son cadre pittoresque, ses vins (notamment le fameux vin de Cahors), et ses monuments emblématiques – Cathédrale Saint-Étienne, Tour du Pape Jean XXII, Arènes de Divona notamment –, il est considéré comme l’un des plus beaux ponts fortifiés d’Europe. Son histoire est étroitement liée à la ville et à son rôle stratégique au Moyen Âge, tandis qu’une légende particulière y ajoute une touche mystérieuse.

Histoire du Pont Valentré

1. La construction

   – La construction du pont débute en 1308, sous l’impulsion des consuls de Cahors, qui souhaitaient renforcer les défenses de la ville et faciliter le commerce. Le pont permettait de traverser le Lot, une rivière stratégique pour le transport et le commerce. Il était également destiné à protéger la ville contre d’éventuelles invasions.

   – Le pont fut achevé après plus de 70 ans de travaux, en 1378. Ce long délai de construction est dû à plusieurs facteurs, notamment les difficultés techniques et les tensions politiques de l’époque, comme la Guerre de Cent Ans.

   – Le pont est constitué de trois tours fortifiées et de six arches, avec des systèmes de défense perfectionnés comme des mâchicoulis et des meurtrières. Il s’inscrit dans le style gothique, très présent dans l’architecture médiévale de la région.

2. la fonction stratégique :

   – Le Pont Valentré jouait un rôle crucial dans la défense de Cahors, car il constituait l’un des principaux accès à la ville, située sur une presqu’île. Il servait également de péage pour les marchands et les voyageurs.

   – Il n’a jamais été réellement assiégé, mais il a permis à la ville de se protéger efficacement pendant plusieurs siècles, notamment durant les troubles de la Guerre de Cent Ans et les conflits régionaux.

La légende du diable

Sous l’ombre imposante des arches du Pont Valentré, une histoire se chuchote depuis des siècles, teintée de mystère et d’une présence diabolique. Ce pont, édifié au cœur du Quercy, a toujours fasciné par sa majesté, mais derrière ses pierres grises se cache un récit aussi sombre que captivant : la légende du pacte entre un maître d’œuvre et le diable lui-même.

Nous sommes au début du XIVe siècle, et la ville de Cahors souhaite ériger un pont fortifié pour protéger ses habitants et affirmer son influence commerciale. Mais le projet se révèle fastidieux. Les travaux n’en finissent pas, les ouvriers s’épuisent, et la progression est lente, si lente que le maître d’œuvre, accablé par le fardeau de la tâche et la pression de ses commanditaires, sombre dans le désespoir. À la lueur d’une nuit sans étoiles, alors que l’angoisse envahit son âme, il fait un appel qui résonne dans les profondeurs de l’enfer.

C’est alors que le diable apparaît, dans toute sa sombre magnificence, offrant une solution aussi rapide que redoutable. Il propose de mettre à disposition ses légions infernales pour achever la construction du pont. Les ouvriers mortels, impuissants face aux délais et aux difficultés techniques, seront remplacés par des serviteurs démoniaques, capables de dresser les tours et de poser les arches à une vitesse surnaturelle. Mais, comme toujours avec les pactes diaboliques, il y a un prix à payer : le maître d’œuvre devra céder son âme à Satan une fois le pont achevé.

Dévoré par l’ambition, le maître d’œuvre accepte. Dès lors, les pierres volent, les murs s’élèvent, et ce qui semblait autrefois impossible devient réalité. Le pont prend forme, majestueux, surplombant les eaux du Lot, tandis que les murmures du diable s’élèvent dans le vent nocturne. La ville admire l’avancée fulgurante de l’ouvrage, ignorant les forces sombres qui œuvrent à sa construction.

Mais au fur et à mesure que la fin approche, l’homme comprend l’horreur de son pacte. Son âme, précieuse et immortelle, est promise aux ténèbres. Désespéré, il cherche une ruse pour échapper à son sort. Il doit trouver un moyen de tromper le Diable, cet être rusé et perfide. Et c’est là que, dans un éclair de génie, il imagine une tâche impossible à accomplir.

À l’aube du dernier jour, alors que le pont n’attend plus que la pose de la pierre finale, le maître d’œuvre convoque le Diable et lui lance un défi. « Si tu veux mon âme », lui dit-il, « apporte-moi de l’eau de la rivière, non pas dans tes mains, mais dans ce tamis. » Le Diable, trop sûr de lui, accepte sans réfléchir, pensant que cette épreuve n’est qu’une formalité. Mais bien vite, il se rend compte de l’impossible : un tamis ne peut retenir l’eau, qui s’échappe entre ses mailles à chaque tentative.

Diablotin descellant une pierre

Fou de rage, Satan comprend qu’il a été berné. Trompé par l’esprit humain, il ne pourra jamais réclamer l’âme qu’il convoitait tant. Mais il n’en reste pas moins le Diable, et sa vengeance est implacable. Chaque nuit, dans un élan de colère, il revient sur le pont et arrache la dernière pierre de la tour centrale, empêchant ainsi la construction de se terminer totalement.

Le pont reste debout, mais jamais tout à fait complet. Les habitants de Cahors commencent à raconter que l’ouvrage est hanté, qu’une force obscure empêche son achèvement. Et même après des siècles, lorsque l’architecte Paul Gout restaure le pont en 1879, il n’oublie pas de marquer l’emplacement de cette dernière pierre manquante avec une sculpture malicieuse : celle d’un diable tenant une pierre, témoin éternel de ce pacte rompu.

Ainsi, la légende du Pont Valentré s’inscrit dans la mémoire collective de la ville, comme une allégorie du combat entre l’homme et le Malin, un récit où l’ingéniosité humaine triomphe des forces obscures, mais où le Diable, bien qu’ayant perdu la bataille, veille toujours, prêt à rappeler à chacun que le prix d’un pacte avec lui n’est jamais anodin.

Borne au pied du Pont Valentré

Le Pont aujourd’hui

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, le Pont Valentré est aujourd’hui un site touristique incontournable. Il symbolise à la fois l’ingéniosité médiévale et le poids des légendes dans l’imaginaire collectif.

Le pont, avec ses trois majestueuses tours et son cadre pittoresque, continue d’inspirer fascination et admiration, attirant des visiteurs du monde entier, curieux d’en apprendre davantage sur son histoire et ses mystères.

Photos © Yonnel Ghernaouti YG

Le symbolisme du vendredi treize

Quel est le point commun entre le naufrage du Costa Concordia, les attentats de novembre 2015 et la mort de Jacques de Molay ? Oui, c’est bien cela, tous ces évènements eurent lieu un vendredi 13. Est-ce à dire pour autant que ce vendredi 13 est maudit ? C’est précisément ce que nous allons vérifier. Jetez le gros sel, rangez l’échelle et accrochez votre ceinture.

Un vendredi treize (ou vendredi 13) est un vendredi qui tombe le treizième jour du mois. Ce jour a pour particularité d’être associé à une superstition, présente dans certaines cultures, qui en fait un jour de malheur pour certains (paraskevidékatriaphobie) ou de chance pour d’autres. Dans d’autres cultures, ce jour reste anodin.

Il existe différentes raisons de la particularité du vendredi treize.

Vendredi 13 la Cène avec le Christ
Vendredi 13 la Cène avec le Christ – Crédit photo Pixabay

La plus connue est liée au christianisme dans la Bible, Jésus est exécuté un vendredi. La veille du soir, pour son dernier repas, la Cène, Jésus convie ses douze apôtres, ce qui fait treize participants. Judas est désigné comme le treizième, celui qui est en trop, le traître.

C’est aussi dans la mythologie nordique que l’on croise de nouveau ce nombre : au banquet d’Odin, à la mort de la divinité Balder. D’autres encore accentuent l’influence de la mythologie gréco-romaine, où le 13 vient rompre l’harmonie du nombre 12, symbole de perfection (12 signes du zodiaque, 12 dieux de l’Olympe…). On raconte que la peur du 13 trouve son origine durant l’Antiquité. Autrefois, le système duodécimal était en vigueur : 12 tribus d’Israël, 12 lunes dans l’année, 12 heures de jour, 12 heures de nuit, 12 travaux d’Hercule… le 13 pouvait donc porter malheur puisqu’il suivait ce 12 parfait et rompait ainsi l’harmonie.

Statistiques

Il existe au minimum un vendredi treize dans l’année, vu le fonctionnement du calendrier courant dit grégorien. Un et deux vendredi(s) treize dans l’année sont les fréquences d’occurrence les plus courantes. Cependant, trois vendredis 13 peuvent être dénombrés par an, si et seulement si le premier jour de l’année est un jeudi, pour une année non bissextile ou si le premier jour de l’année est un dimanche, pour une année bissextile.

De manière générale, dans le calendrier actuel, le 13 du mois tombe légèrement plus souvent un vendredi. En effet, un cycle grégorien dure 400 ans, et 400 ans = 146 097 jours (400 ans x 365 j/an = 146 000 jours, plus 97 jours correspondant aux 29 février des années bissextiles). En 400 ans, on a un nombre de semaines entières : 146 097 / 7 = 20 871 semaines, d’où la fin d’un cycle grégorien. Cependant, en 400 ans, on a 4 800 mois, et 4 800 n’étant pas divisible par 7, certains jours de la semaine tomberont plus souvent le 13 que les autres ; il s’avère que le vendredi est le plus concerné.

Voici la répartition exacte du treizième quantième du mois, sur les 7 jours de la semaine, pour un cycle grégorien complet (400 ans) :

Occurrence des différentes combinaisons entre jour de la semaine et 13e quantième
(sur un cycle grégorien de 400 ans)

Si le nombre de jours dans un cycle de 400 ans n’avait pas été un multiple de 7 jours, chaque cycle commencerait avec un jour de la semaine différent et le 13 apparaîtrait, sur un cycle de 2 800 ans (7×400 ans), aussi souvent pour chacun des jours de la semaine. Le nombre exact de jours d’un cycle étant basé uniquement sur des faits astronomiques, que 146 097 soit divisible par 7 est donc une pure coïncidence. En théorie, il serait tout de même possible que l’on eût profité de cette coïncidence pour favoriser les vendredis, mais il semble plus probable que personne en 1582 ne s’en soit soucié.

Occurrence des différentes combinaisons
entre jour de la semaine et quantième du mois
(sur un cycle grégorien de 400 ans)

Plus généralement, le tableau ci-dessous compare les nombres d’occurrences des différentes conjonctions entre les jours de la semaine et les quantièmes, pour un cycle grégorien complet (400 ans).

Ce cycle grégorien est invariable et se reproduira ainsi indéfiniment tant qu’il ne sera pas réformé, il a été déjà parcouru une fois, nous sommes au début de son 2e cycle. Ce cycle a été fixé (de lui-même) à son instauration, le 15 octobre 1582.

Il est possible que cette relation avec la fréquence inégale des jours de la semaine sur les jours du mois n’ait même pas été prise en compte, la réforme ayant eu d’autres impératifs. Il est à préciser que le calendrier grégorien actuel est lui-même une réforme de l’ancien calendrier julien, dans lequel le cycle était de 28 ans (7×4) et les jours équiprobables.

Phobie et superstition

La phobie du vendredi treize s’appelle la paraskevidékatriaphobie. Plus largement, la superstition liée au nombre 13 est la triskaïdékaphobie.

Toutefois, la crainte des triskaïdékaphobes envers le chiffre 13 est généralement aggravée lorsque le nombre s’associe au Vendredi, et fait preuve d’un surcroît d’attention envers le chiffre tabou ce jour-là. Ainsi, le superstitieux fera plus difficilement abstraction de sa peur lorsqu’il se retrouve à une tablée de treize personnes un vendredi plutôt que n’importe quel autre jour de la semaine.

Une superstition fait de cette date, dans certaines cultures, un jour de malheur ou au contraire un jour de chance.

Cette superstition est notamment exploitée par les sociétés de jeux d’argent telles que la Française des jeux, dont les jeux de type loterie proposent des gains (« cagnottes ») plus élevés lors de chaque vendredi 13.

Événements notables coïncidant avec la superstition

  • Dans le récit biblique de la création du monde, le vendredi, veille de chabbat, est le sixième jour, et donc aussi le treizième. Bien qu’il n’y ait pas d’indications de durées, il est coutume de dire que c’est au treizième jour qu’Adam et Ève croquèrent dans le fruit interdit et furent bannis du paradis (Genèse 1:26-31 rapproché de Genèse 3:1-8).
  • Dans la religion chrétienne, la Cène (le dernier repas du Christ) se déroule le soir du Jeudi saint, de sorte que Jésus semble avoir été arrêté dans la nuit du Vendredi, en compagnie de ses douze disciples (soit 13 personnes), dont Judas qui le trahit à cet instant.
  • C’est un vendredi 13 nissan, précédant le dimanche de la Résurrection, que selon l’évangile attribué à Jean et les sources hébraïques, a été crucifié Jésus de Nazareth. Toutefois, pour les évangiles synoptiques, Jésus est crucifié un vendredi 14 nissan, premier jour de la fête de Pessa’h (la Pâque juive).
  • Le vendredi 13 octobre 1307 (calendrier julien), le roi Philippe le Bel fait arrêter les membres de l’ordre du Temple (Templiers) dont Jacques de Molay leur grand maitre et les fait torturer afin qu’ils avouent des crimes qu’ils assurent ne pas avoir commis ; ceux qui reviennent sur leurs affirmations sont condamnés au bûcher. L’ordre du Temple est ainsi dissous, laissant tout le pouvoir au roi. Certains font démarrer la superstition de ce jour funeste qui vit chuter à jamais les plus grands financiers d’Europe, jour célébré dans les structures néo-templières tout comme le 18 mars 1314 (mort de Jacques de Molay). L’association du vendredi 13 à cet événement serait en fait une invention moderne, popularisée par la suite romanesque Les Rois maudits de Maurice Druon et reprise entre autres dans le roman Da Vinci Code de Dan Brown.
  • Le vendredi 13 décembre 1968 est rédigée l’Ato Institucional Número Cinco qui se substitue à la Constitution du 24 janvier 1967 et renforce la dictature militaire au Brésil.
  • Le vendredi 13 octobre 1972, le vol 571 Fuerza Aérea Uruguaya s’est écrasé dans les Andes. Les survivants n’ont été retrouvés que deux mois plus tard, après que deux d’entre eux ont donné l’alerte après dix jours de marche dans les conditions extrêmes de la haute montagne, sauvant ainsi le reste du groupe resté dans l’épave. Les opérations de recherche avaient été arrêtées huit jours après sa disparition.
  • Le vendredi 13 décembre 1985, la prestation catastrophique de Chantal Goya lors de l’émission Le Jeu de la vérité en direct de Lyon brise sa carrière.
  • Le vendredi 13 septembre 1996, le rappeur Tupac Amaru Shakur (ou 2pac, Makaveli) meurt assassiné dans les rues de Las Vegas.
  • Le vendredi 13 janvier 2012, vers 20 h, le navire de croisière Costa Concordia fait naufrage à l’entrée du port de l’île de Giglio, au large de la Toscane. Sur les 4 229 personnes à son bord ce soir-là, 32 morts sont à déplorer selon un bilan officiel.
  • Le vendredi 13 novembre 2015, une série d’attentats meurtriers se déroulent à Paris dans les 11e et 10e arrondissements, et à côté du Stade de France ; le bilan s’élève à 130 morts et 413 blessés, dont 99 dans un état d’extrême urgence. II s’agit de l’attentat le plus meurtrier en France depuis la Seconde Guerre mondiale, ainsi que du premier attentat suicide sur le territoire français.
  • Le vendredi 13 octobre 2023, un attentat au lycée Gambetta d’Arras fait un mort, le professeur de français Dominique Bernard, et deux blessés.

Naissances notables

Source Wikipedia

Déclinaison sur la Sagesse

Du Blog de la Glif – Gérard Lefèvre

La justice de l’intelligence est la sagesse. Le sage n’est pas celui qui sait beaucoup de choses, mais celui qui voit leur juste mesure. Heureux qui a trouvé la sagesse qui s’est procuré la raison !

Ancien testament, Proverbe 3.13 (Bible)
Bien sûr ! La sagesse peut être abordée de différentes manières, et il est essentiel de comprendre les nuances. Voici quelques perspectives sur la sagesse :

La sagesse divine :

Selon le monde, la sagesse est souvent associée à la raison humaine, à la tradition et à un savoir raisonné. En d’autres termes, elle est classique et prudente.

Cependant, la Bible nous dit que la sagesse du monde est en réalité une folie devant Dieu. Ce que le monde considère sage peut être tout à fait différent de ce que Dieu considère comme sage.

La sagesse divine s’appuie sur la Parole de Dieu, qui transcende la raison humaine. Elle peut sembler folle aux yeux du monde, mais elle est précieuse pour Dieu.

 Le G.A.D.L.U., la source et l’émanation du ciel et la plus humaine, terrestre, qui tend à réintégrer sa source, sachant que ce qui est en haut est ce qui est en bas.

 La dualité de la sagesse:

Lune et Soleil
Lune et Soleil

Parfois, nous cherchons à transcender la dualité en matière de sagesse. Cela signifie naviguer au-delà des extrêmes sans tomber dans l’ego ou prétendre être au-dessus de tout.

Trouver une sagesse intégrée implique d’accepter la Parole de Dieu avec un cœur d’enfant, sans trop nous appuyer sur la raison humaine.

En fin de compte, quiconque se dit « chrétien » doit comprendre que cette affirmation peut sembler folle aux yeux du monde, mais elle est essentielle pour notre marche spirituelle.

Sagesses orientales :

Derviche Tourneur
Derviche Tourneur

Est un concept riche et profond, forgé depuis des siècles par des hommes et des femmes illustres qui ont marqué leur temps. Ces héros de la sagesse, tels que Bouddha, Socrate, Confucius, Lao-Tseu et bien d’autres, ont incarné et vécu la sagesse. Ils ont traversé et surmonté les doutes, désespoirs, erreurs et pièges du corps et de l’âme. Dans toutes les cultures, de manière évidemment diverse, on a célébré leurs exploits, chanté leur gloire et repris leurs gestes et paroles.

Chez les philosophes grecs et dans la tradition orientale, la sagesse est l’idéal de la vie humaine. Elle se définit comme un état de réalisation qui s’appuie sur une connaissance de soi et du monde, s’accompagne d’un bonheur suprême et correspond à l’état de perfection le plus élevé que puisse atteindre l’humain et son esprit. Aristote a affirmé que « la sagesse ne peut être ni une science ni une technique », mais plutôt un savoir-vivre. 

Les sagesses orientales incluent des enseignements tels que le Taoïsme, le Bouddhisme, le Shintoïsme, le Zen, ainsi que les sagesses des grands sages comme Bouddha, Siddhârta, Gautama, Confucius, Lao Tseu, et bien d’autres.

En somme, la sagesse orientale est un trésor de connaissances et de pratiques qui inspirent et guident les individus vers une vie épanouissante et éclairée. 

Sagesse ancienne :

Buste de Platon. Marbre, copie romaine d’un original grec du dernier quart du IVe siècle av. J.-C.

La sagesse ancienne est un concept qui englobe à la fois la philosophie ésotérique, la mystique méditative et l’occultisme pratique. D’origine orientale, elle évoque une époque où les Maîtres instruisaient directement l’humanité, et où la relation entre Maître et disciple était sacrée. C’est aussi une tradition d’Israël dont l’origine remonte à Salomon (Proverbes) s’appuyant sur une observation concrète et binaire du bien et du mal entre sages et insensés.

Sagesse contestataire :

Le concept de sagesse contestataire se retrouve dans certains textes anciens, notamment dans les livres de sagesse.

Voici quelques éléments concernant ce sujet.:

1.    Livre de la Sagesse (ou Sagesse de Salomon en grec) : Ce livre fait partie de l’Ancien Testament dans l’Église catholique et certaines Églises orthodoxes. Il a été rédigé en grec et ne figure pas dans les bibles protestantes ni dans le canon des écritures hébraïques. Le Livre de la Sagesse aborde des thèmes tels que la sagesse, la vertu et la révélation divine. Il est lu comme un texte crypté traitant de la résurrection de la chair et de la création nouvelle.

2.    Livre de Job : Le plus célèbre des Livres de sagesse, il est unique dans la Bible par sa forme littéraire. Job, un homme juste, souffre et remet en question la doctrine traditionnelle sur la rétribution immédiate. Ses dialogues avec ses amis Eliphaz, Bildad et Sophar mettent en lumière la contestation de cette doctrine. Le livre ne propose pas de solution définitive, mais il a profondément influencé la réflexion sur la souffrance et la justice. En Franc-Maçonnerie on dit que du sein de la souffrance et de la mort naît le salut, le rôle de la souffrance est formateur et mène à la compassion.

Job réprimandé par ses amis. William Blake, 1805.

Sagesse mystique :

La sagesse mystique évoque un mélange d’inspiration spirituelle et de mystère. Elle nous invite à explorer des dimensions au-delà de notre compréhension rationnelle, à écouter notre intuition et à nous connecter à des forces supérieures.

Sagesse que l’homme peut atteindre parce que communiqué par dieu, par cette idée l’homme ne peut atteindre la sagesse seul sans son aide.

Voici quelques interprétations possibles :

Bouddha méditant
Bouddha en méditation

Figures spirituelles et philosophie : De Bouddha à Thérèse d’Avila, de Sénèque à Gandhi, des sages égyptiens aux lamas tibétains contemporains, les maîtres spirituels ont exploré des questions profondes telles que la souffrance, le bonheur, la méditation, l’amour et la liberté.

Philosophie et désir de sagesse : La philosophie elle-même est souvent considérée comme un désir de sagesse, une quête pour comprendre le monde et notre place en lui.

En somme, la sagesse mystique nous invite à transcender les limites de la raison et à explorer des vérités profondes qui vont au-delà de ce que nous pouvons percevoir avec nos sens ordinaires.

Sagesse aux origines du christianisme :

Prêtre dans son église
Prêtre dans son église son missel à la main

Avant même l’apparition du peuple d’Israël, des sages existaient dans l’ancien Orient, notamment en Égypte et en Babylonie. La Bible elle-même fait référence à ces sages. (Dans la Bible, les sages sont des figures importantes associées à la sagesse et à l’intelligence). Voici quelques références bibliques sur la sagesse :

Salomon : Le roi Salomon est réputé pour sa grande sagesse. Le livre des Proverbes lui est attribué, et il est dit que sa sagesse surpassait celle de tous les fils de l’Orient et des Égyptiens.

Les sages-femmes : Dans l’Exode, Chifra et Poua, les sages-femmes hébraïques, ont respecté Dieu en sauvant les bébés garçons malgré l’ordre du roi d’Égypte de les faire mourir.

Deux sages-femmes.

Les hommes sages de l’Est : Dans le récit de la naissance de Jésus, les mages venus d’Orient (parfois appelés les rois mages) étaient des hommes sages qui ont suivi l’étoile pour trouver l’Enfant Jésus.

Cependant, c’est dans le contexte du judaïsme hellénistique, en particulier à Alexandrie, que la sagesse mystique a joué un rôle crucial dans les origines du christianisme.

Quelques points sont à considérer :

Discrimination entre les ouvrages de sagesse mystique : Le rabbinisme et le christianisme ont adopté des approches différentes vis-à-vis des écrits exprimant la sagesse mystique. Les rabbins ont accepté certains livres (comme les Proverbes et Job) mais rejeté d’autres (comme Ben Sira et la Sagesse de Salomon). Cette distinction montre que pour les rabbins, la sagesse mystique conduisait directement au christianisme, qui est essentiellement une religion de salut par la connaissance.

Liens géographiques et doctrinaux : 

Les origines chrétiennes sont étroitement liées à la sagesse mystique, mais il ne faut pas réduire cela uniquement à l’hellénisme alexandrin. La diffusion du judaïsme hellénistique à travers le monde hellénisé a joué un rôle majeur. Les liens entre Alexandrie, Antioche et l’Asie Mineure étaient étroits, en particulier pour les juifs et les chrétiens.

Apocalypses et sagesse : 

Les apocalypses, souvent associées au christianisme primitif, sont en réalité une forme de littérature de sagesse. Elles révèlent des connaissances cachées, notamment sur l’avenir eschatologique (qui concerne l’étude des fins dernières de l’homme et du monde) et l’au-delà. Cependant, les Livres de sagesse restent exotériques, tandis que les apocalypses deviennent ésotériques et réservées à une élite.

En somme, l’aspect « sapiental (relatif à l’antique sagesse)» du christianisme s’est renforcé au fil du temps. Les Évangiles et les Épîtres sont plus proches des Livres de sagesse que des apocalypses, et cette dimension de la sagesse humaine a toujours été un enjeu dans l’histoire chrétienne.

Une fois acquise la sagesse présidera à la construction de notre édifice, avec la force comme soutien et pour résultat la beauté.

Ce ternaire génère l’équilibre, de l’homme, du Maçon qui s’est accompli sur cette terre en sachant que tout se fera ailleurs.

En Franc-Maçonnerie, les mots “Sage” et “Sagesse” sont fréquemment utilisés. La Sagesse est l’un des trois piliers, aux côtés de la Force et de la Beauté. Dans le rituel maçonnique, la Sagesse est associée au Volume de la loi sacrée, l’une des grandes lumières. Elle représente une valeur spirituelle, tandis que la Force est une vertu quasi opérative et la Beauté un idéal philosophique. Ensemble, ces trois piliers allient philosophie, spiritualité et action, formant une complémentarité parfaite. La Sagesse n’est pas seulement une vertu extérieure, mais aussi un savoir-vivre intérieur, discret et universellement admis. Bien qu’elle ne soit pas transmissible, elle se forge par l’expérience personnelle et réconcilie les individus autant que les peuples, dans un esprit de réciprocité

« Etes-vous franc Maçon ?

— Mes frères me reconnaissent comme tel. »

Etes-vous un sage ?

Je m’adapte à moi-même et à l’univers, on me dit que je suis dans cet état.

 

Pour parachever ce texte :

L’apôtre Paul écrit dans Corinthiens 1:18 que la folie apparente de Dieu est plus sage que la sagesse des hommes. En d’autres termes, ce que le monde considère comme sage peut être une folie aux yeux de Dieu, et vice versa. Si vous suivez la parole de Dieu plutôt que la sagesse humaine, vous êtes sages aux yeux de Dieu, même si le monde vous trouve fou.

Léon Bloy : Le révélateur des hypocrisies bourgeoises

Léon Bloy, écrivain et pamphlétaire français, a toujours fasciné par son style incisif, provocateur et sans compromis. Dans Exégèse des lieux communs, il dévoile un pamphlet où il s’attaque avec une rare virulence aux travers de la bourgeoisie, dénonçant sans relâche leur hypocrisie, leur esprit étriqué et leur conformité. Cet ouvrage, d’une densité et d’une audace intellectuelle rares, est une entreprise de démolition de ce que Léon Bloy appelle le « lieu commun », cette pensée banale, préfabriquée, creuse, qui façonne l’esprit de l’homme bourgeois, incapable selon lui de penser par lui-même.

Le titre Exégèse des lieux communs annonce d’emblée l’intention de l’auteur : disséquer ces expressions et idées préconçues, ces banalités, pour en révéler la vacuité. Exégèse fait ici référence à l’interprétation approfondie, souvent associée au domaine religieux ou philosophique, appliquée ironiquement par Léon Bloy à ce qu’il considère comme une matière pauvre : les lieux communs. Ainsi, l’auteur déploie son style caustique pour démontrer comment ces formules stéréotypées, répétées mécaniquement, forment l’essence même de la pensée bourgeoise.

Le texte de Léon Bloy est caractérisé par une verve particulièrement acérée. Il utilise une rhétorique intransigeante, mêlant sarcasme et prophétie apocalyptique, pour ébranler les certitudes de ses contemporains. Par exemple, il ne cesse de qualifier le bourgeois de figure pathétique, enfermée dans une prison de banalités et de superficialités. Pour lui, cette figure est une créature avide de sécurité et de confort, prête à tout pour maintenir l’illusion de sa respectabilité. L’auteur ne se contente pas d’une critique sociale de surface ; il plonge au cœur de la psychologie de cette classe, exposant ses peurs, ses hypocrisies et son manque d’âme.

Léon Bloy n’épargne personne : pour lui, toute la société est gangrenée par ces lieux communs, de la politique aux arts, en passant par la religion. Il attaque de façon féroce tout ce qui représente l’ordre établi, le statu quo, la tiédeur intellectuelle. Cette virulence, loin d’être gratuite, est animée par une vision mystique du monde. Bloy ne critique pas uniquement par désir de destruction, mais dans l’espoir d’une révélation, d’un bouleversement salvateur.

Au centre de ce réquisitoire, la figure du bourgeois est omniprésente. Ce dernier, pour Léon Bloy, est l’incarnation même de la médiocrité et de l’hypocrisie. Il rêve d’une société où cette classe, qu’il méprise tant, serait enfin réduite au silence, voire anéantie. Mais l’auteur reconnaît également la difficulté de cette tâche. L’extrait visible sur la couverture exprime ce rêve irréalisable d’un mutisme bourgeois : « Obtenir enfin le mutisme du Bourgeois, quel rêve ! »

Cette phrase résume à elle seule l’obsession de Léon Bloy pour cette figure de bourgeois : un être incapable de véritablement penser, de sortir des formules toutes faites, des lieux communs qui rythment sa vie. Pour l’auteur, l’incapacité de cette classe à saisir la profondeur des vérités spirituelles et existentielles en fait une cible idéale pour son écriture radicale et incendiaire. Le bourgeois, par sa nature même, est condamné à ne jamais comprendre Bloy, à rester enfermé dans la superficialité.

Cependant, Exégèse des lieux communs ne se limite pas à une simple critique sociale. Comme dans beaucoup des œuvres de Léon Bloy, on retrouve un sous-texte profondément religieux et mystique. Léon Bloy, fervent catholique et mystique, voit dans le bourgeoisisme une sorte de péché originel moderne, une trahison des idéaux chrétiens au profit du confort matériel et de la sécurité. Son œuvre s’apparente alors à une tentative de rédemption, d’éveil des consciences face à l’aveuglement spirituel de son époque.

Il utilise une rhétorique apocalyptique pour souligner cette dimension spirituelle. Le bourgeois n’est pas seulement coupable d’hypocrisie, il est coupable de trahir l’essence même de l’humanité, en refusant de voir au-delà de ses intérêts immédiats et de ses certitudes faciles. La critique du lieu commun devient ainsi une critique de l’âme humaine, de sa capacité à se détourner des vérités ultimes pour embrasser la médiocrité.

Léon Bloy, la bio

Léon Bloy, né en 1846 à Périgueux, plonge dès sa naissance dans un univers contrasté, pris entre l’influence d’un père franc-maçon et celle d’une mère fervente catholique. Cette dualité trouve une résolution en 1869, lorsqu’il est touché par la grâce de la conversion sous l’égide de Barbey d’Aurevilly, qui deviendra son mentor spirituel. Dès lors, Léon Bloy se lance sur un chemin littéraire semé d’embûches, avec la parution en 1884 de son premier ouvrage, Propos d’un entrepreneur de démolitions, qui annonce d’emblée son style mordant et incendiaire.

Léon Bloy à 19 ans (autoportrait au crayon)

Jusqu’à son dernier souffle, en 1917 à Bourg-la-Reine, Léon Bloy mène une existence rude, marquée par une pauvreté chronique, qu’il partage avec d’autres grands noms des lettres, eux-mêmes souvent aussi démunis que lui : Barbey d’Aurevilly, Villiers de l’Isle-Adam, Verlaine, ou encore Huysmans. En dépit de ces amitiés célèbres, Léon Bloy s’attache tout autant à se brouiller qu’à fraterniser, se plaisant à éreinter ceux qu’il appelait ses amis, à l’image de sa propre appellation de « mendiant ingrat », qu’il portait avec fierté.

Sa vie amoureuse est à l’image de son caractère, tumultueuse et marquée par des tragédies. Sa liaison avec Anne-Marie Roulé, une prostituée sombrant dans la folie, l’inspirera pour créer le personnage de Véronique dans Le Désespéré. Sa deuxième compagne, Berthe Dumont, décède subitement, avant que Léon Bloy n’épouse Jeanne Malbech, fille d’un poète danois, à qui il impose une vie de privations extrêmes.

Plaque commémorative de Léon Bloy, rue Séguier, Périgueux (Dordogne)

Malgré cette existence misérable, la plume de Léon Bloy ne cesse de séduire. Il s’entoure de fidèles admirateurs, comme Jacques et Raïssa Maritain, le peintre Georges Rouault, ou encore le compositeur Georges Auric, formant un cercle de fervents disciples prêts à défendre son œuvre à tout prix, allant jusqu’à couvrir d’insultes quiconque oserait s’en prendre à leur prophète littéraire.

Sépulture_Léon_Bloy, Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine)

Léon Bloy laisse derrière lui une œuvre prolifique, oscillant entre roman, pamphlet et journal intime. Parmi ses textes les plus marquants, on trouve Le Désespéré (1886), Un brelan d’excommuniés (1889), Le Salut par les Juifs (1892), La Femme pauvre (1897), et Belluaires et porchers (1905). À partir de 1892, il entame aussi la publication de ses journaux intimes, livrant ses réflexions et ses tourments dans des recueils tels que Le Mendiant ingrat et Le pèlerin de l’absolu. À travers ces œuvres, Léon Bloy continue de hanter la littérature française, à la fois mystique visionnaire et polémiste virulent, traçant le sillon d’une pensée en quête d’absolu, refusant la tiédeur et l’indifférence.

Franz Kafka, en 1923

Il est important de noter que Léon Bloy s’éleva également contre l’antisémitisme, un engagement qui fut salué par Franz Kafka (1883-1924), écrivain austro-hongrois. Celui-ci, reconnu comme l’une des figures littéraires majeures du XXᵉ siècle, exprima son admiration pour cette prise de position courageuse.

Payot & Rivages, l’éditeur

Payot & Rivages est un éditeur prestigieux en France, né de la fusion des éditions Payot (fondées en 1912) et Rivages (créées en 1984). La maison est reconnue pour son engagement dans la publication de textes littéraires exigeants, ainsi que d’essais marquants sur la société et la psychologie. Avec des collections phares comme « Rivages/Noir » et « Petite Bibliothèque Rivages », l’éditeur met en avant des œuvres classiques et contemporaines, offrant ainsi un espace pour des auteurs iconoclastes tels que Léon Bloy. La collection Petite Bibliothèque Rivages, dirigée par Lidia Breda, se distingue par ses rééditions de textes majeurs de la littérature et des sciences humaines, souvent dans des formats accessibles à un large public.

En publiant Exégèse des lieux communs, Payot & Rivages poursuit cette démarche de faire redécouvrir au public contemporain des textes intemporels, empreints d’une force intellectuelle et d’une dimension critique toujours actuelle.

Exégèse des lieux communs est un livre profondément subversif. À travers cette œuvre, Léon Bloy met à nu la vacuité de la pensée bourgeoise, en la confrontant à une exigence spirituelle et intellectuelle rare. Il ne se contente pas de dénoncer la médiocrité ; il appelle à une transformation radicale, un réveil des consciences. Son écriture, radicale et sans concession, continue de fasciner, déranger, et interpeller le lecteur moderne. Dans une époque où le confort intellectuel semble prévaloir, la lecture de cet ouvrage nous rappelle la nécessité de remettre en question nos certitudes, de combattre les lieux communs pour retrouver une forme d’authenticité, tant sur le plan de la pensée que de la foi.

Exégèse des lieux communs  

Léon Bloy Rivages poche, Coll. Petit Bibliothèque, Tome 501, 2024, 416 pages, 10,50 €