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Durant une Tenue, un Vénérable du GODF déconseille aux Sœurs et Frères la lecture de 450.fm !!!

« Ne lisez surtout pas 450.fm car ce journal est contrôlé par l’Extrême Droite française »

C’est par ces propos que Mic∴ V∴ le Vénérable Maître élu de la Loge du Grand Orient de France (GODF) « La Pomme Sabolienne N° 4766 » qui se réunit dans la région de Sablé sur Sarthe (72) a mis en garde les participants à ses travaux, durant la Tenue du vendredi 13 septembre dernier.

Nicolas Penin Grand Maître du GODF

Cette Loge est connue pour avoir des sympathies plutôt à gauche. Cependant, on ne sait pas ce qui est passé par la tête du VM pour qu’il s’autorise à diffamer de la sorte. Aussitôt informée, la rédaction de 450.fm a pris contact avec Fabrice Millon, chargé de la communication du GODF, afin d’en savoir plus. Malgré quelques SMS et autre appel téléphonique, ce dernier a disparu des radars. Nous avons donc contacté le nouveau Grand Maître Nicolas Penin sur sa ligne personnelle ; même absence de réponse. À croire que la prise de fonction de la nouvelle équipe dirigeante s’effectue dans les sous-sols de la rue Cadet, coupée de toute connexion. À moins que la direction de l’institution ne cautionne ces propos ? Nous attendrons donc la réponse des élus pour les jours prochains et nous ne manquerons pas de vous en informer.

En attendant, la rédaction a ensuite contacté le Vénérable Frère Mic∴ V∴ afin qu’il s’explique sur ses intentions et surtout sur ses sources, quant à cette mise en garde pour le moins surprenante.

Ce dernier n’a pas souhaité parler à notre journaliste. En revanche, par SMS, il a échangé pour se justifier et voici sa réponse :

« Je n’ai fait que rapporter ce qui a été dit lors du convent. Mon intention au sein de la loge était sous le sceau du secret maçonnique et doit le rester. Merci de ne pas me citer sous aucun prétexte. »

Mic∴ V∴ Vénérable Maître de La Pomme Sabolienne N° 4766

Ainsi, à l’instar du philosophe Francis Bacon, on peut penser que notre Vénérable bien zélé a fait sienne cette pensée « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ». Il reste maintenant à savoir si le secrétaire de Loge a pris acte de la mise en garde du Vénérable Maître contre 450.fm dans le Procès Verbal de la Tenue en question ?

Nous savions que lors des diverses élections, certains membres de la plus ancienne Obédience française avaient besoin d’orientation pour ne pas se tromper une fois enfermés dans l’isoloir pour la sélection du bon candidat. Désormais, il s’agit de les guider vers les bonnes informations écrites, afin que ces derniers ne s’égarent pas dans une littérature boulangiste*. Ce qui est assez surprenant, c’est d’observer que les censures culturelles en matière de choix de lecture proviennent parfois d’organisations qui se présentent comme démocratiques. Une chose est certaine, pour donner des conseils de boycott, les candidats sont plus nombreux que pour venir se justifier auprès de nos journalistes. La suite au prochain épisode…

*Le boulangisme est un mouvement politique populiste et attrape-tout français de la fin du XIXe siècle (1885-1891) qui constitua une menace pour la Troisième République.

Cette commune de Loire-Atlantique a été la capitale mondiale des francs-maçons

De notre confrère ouest-france.fr

Jeudi 5 septembre 2024 à La Chapelle-sur-Erdre, s’est tenue la réunion d’ouverture de l’année maçonnique de la juridiction du Rite écossais.

Le jeudi 5 septembre s’est tenue la réunion d’ouverture de l’année maçonnique de la juridiction du Rite écossais. Du fait des Jeux olympiques qui se déroulaient à Paris,  pour des raisons de sécurité, d’unicité de temps et de lieu , le Rite écossais de la plus grande obédience historique de la franc-maçonnerie a tenu son assemblée générale au Westotel à La Chapelle-sur-Erdre.

Quatre cents délégués français et internationaux

L’organisation en a été confiée à Jean-Louis Le Guen, grand trésorier du suprême conseil.  Quatre cents délégués français et internationaux se sont réunis dans la plus grande discrétion : Belges, Turcs, Canadiens, Italiens Espagnols, Africains… et Ultramarins (Guyane, Martinique et Guadeloupe), la liste n’est pas exhaustive , indique l’organisation. Nicolas Penin, grand maître du Grand Orient de France et président du conseil de l’ordre, était présent ainsi que Christian Confortini grand commandeur du grand collège des Rites écossais. Le Rite écossais, apolitique et adogmatique, créé en 1764, est la plus grande juridiction au monde. Le Grand Orient de France comptabilise 57 000 membres dans 1395 loges, dont 13 à Nantes. La franc-maçonnerie  donne un espace de réflexion et d’actions aux hommes qui souhaitent construire un sens à leur vie, sans jamais se contredire par ailleurs dans leur cadre familial, professionnel ou relationnel. Elle apporte son conseil dans les grands sujets de vie comme la laïcité, la mort, la bioéthique , rappelle l’ordre.

Conférence : Les quatre lumières du rite de Memphis-Misraïm – Papus, Bricaud, Chevillon, Ambelain

La Respectable Loge L’Étoile d’Isis organise une conférence sur le thème

Conférence du samedi 5 octobre 2024  

Parmi des grandes figures connues du rite de Memphis-Misraïm, les Compagnons d’Alexandrie comme les nomme Serge Caillet, Gérard Encausse-Papus (1865-1916), Jean Bricaud (1881-1934), Constant Chevillon 1880-1944) et Robert Ambelain (1907-1997) en ont illustré l’histoire en portant témoignage, chacun à sa façon, d’une quête initiatique exceptionnelle. Serge Caillet nous propose d’aller à la rencontre de ces quatre « lumières » du rite de Memphis-Misraïm, dans ce qu’elles ont de plus humain et, par conséquent, de plus vrai.

Historien spécialiste de l’occultisme et des sociétés initiatiques du XVIIIe au XXe siècles, Serge Caillet est l’auteur de nombreux ouvrages. Il a consacré l’essentiel de ses travaux aux rites occultistes ou illuministes de la franc-maçonnerie, à la franc-maçonnerie swedenborgienne, à l’Ordre des chevaliers maçons élus coëns de l’Univers, aux sociétés qui se réclament de la Rose-Croix, et au martinisme de la Belle Epoque jusqu’aujourd’hui. On lui doit aussi une étude des mouvements néo-templiers, notamment de l’Ordre rénové du Temple.

Serge Caillet

Serge Caillet s’intéresse à la maçonnerie égyptienne depuis plus de trente ans. Il a publié sur le rite de Memphis-Misraïm trois ouvrages de référence : La Franc-maçonnerie égyptienne de Memphis-Misraïm (2003), Arcanes et rituels de la maçonnerie égyptienne (2017), Les Compagnons d’Alexandrie (2020).

Réservation obligatoire :

https://my.weezevent.com/conference-s-caillet-quatre-grandes-figures-du-rite-de-memphis-misraim

Les mythes révolutionnaires : Quand l’Histoire façonne l’imaginaire national !

Emmanuel de Waresquiel, un nom reconnu parmi les historiens spécialisés dans la Révolution et l’Empire, nous invite une fois de plus à revisiter un moment fondateur de l’Histoire de France. Il nous fallait des mythes ! Ce livre publié en 2024 chez Tallandier sous la direction de Denis Maraval, diplômé en histoire et histoire de l’art, ancien élève de la Sorbonne et de l’École du Louvre, revient sur les imaginaires collectifs forgés autour de la Révolution de 1789, et plus précisément, sur la manière dont ces événements ont façonné la mémoire nationale jusqu’à nos jours.


Emmanuel de Waresquiel interroge ces moments historiques en montrant que la perception que nous avons des événements révolutionnaires a souvent été largement déformée, réécrite, voire réinventée au fil des siècles. Ce processus de réécriture ne s’est pas fait au hasard, mais en réponse aux besoins et aspirations des différents régimes qui se sont succédé depuis 1789. La Révolution, loin de n’être qu’un fait historique, a servi à bâtir des mythes indispensables pour légitimer le pouvoir républicain. Ces mythes sont les piliers d’une société qui, bien souvent, cherche à trouver un équilibre entre l’idéal révolutionnaire et la réalité de son temps.
L’une des idées centrales de cet ouvrage est le lien intrinsèque entre le mythe et la légitimité politique. Emmanuel de Waresquiel montre comment la République, dès sa naissance, a eu besoin de « terre promise » pour justifier ses actions, sa rupture avec l’Ancien Régime et ses nouvelles valeurs. Le serment du Jeu de Paume, la prise de la Bastille, la bataille de Valmy – autant d’événements symboliques qui, dans leur réalité historique, n’ont pas l’éclat que leur ont donné les récits post révolutionnaires. Et pourtant, ils sont devenus des emblèmes incontournables d’une France en quête d’une continuité politique et idéologique.
L’auteur analyse également la façon dont la guillotine, ce symbole ambivalent, a été tour à tour glorifiée comme instrument de justice populaire puis diabolisée comme machine de mort barbare. Emmanuel de Waresquiel ne se contente pas d’un simple récit des événements révolutionnaires, il décortique leur portée symbolique, leur dimension mythologique et les questions d’identité nationale qui s’y rattachent. Chaque événement, chaque symbole est déconstruit pour montrer comment il a été utilisé dans le cadre d’une stratégie politique plus large.
Le style de l’auteur, toujours érudit et nuancé, amène le lecteur à repenser la Révolution en tant que processus dynamique, non figé dans le temps. En se concentrant sur des moments-clés comme la chute de la monarchie ou le règne de la Terreur, il montre que ces événements, loin d’être simplement des faits historiques, sont devenus des points de référence à la fois pour les républicains qui cherchaient à se légitimer et pour les monarchistes qui tentaient de discréditer le régime en place.
Emmanuel de Waresquiel n’hésite pas non plus à aborder les aspects plus sombres de la Révolution : l’exécution du roi, la violence politique, la peur omniprésente qui a conduit à la création de certains des mythes les plus puissants de l’époque. Loin d’une vision romantique ou idéalisée, il présente la Révolution comme un moment complexe, où l’aspiration à la liberté se conjugue souvent à la terreur et à la mort.
Dans cet ouvrage, la mythologie révolutionnaire est au cœur de l’analyse. Emmanuel de Waresquiel met en évidence un processus fascinant de réappropriation et de transformation des mythes révolutionnaires à travers les différents régimes qui se sont succédé. Chaque gouvernement, qu’il soit monarchique, impérial ou républicain, a puisé dans l’imaginaire révolutionnaire pour façonner sa propre légitimité et sa propre identité politique. La IIIe République, en particulier, s’est illustrée dans la sanctification de la Révolution, notamment en faisant de la prise de la Bastille un symbole de la liberté conquise par le peuple, bien que cet événement, dans la réalité des faits, n’ait pas eu la portée militaire que le mythe lui a conférée.
 
L’auteur montre que la Révolution française, loin de s’être figée dans les années 1790, continue de vivre à travers les commémorations, les récits historiques, mais aussi les controverses qu’elle suscite encore aujourd’hui. Il insiste sur les décalages entre les perceptions contemporaines et les réalités vécues par les acteurs de l’époque. Ainsi, le serment du Jeu de Paume, souvent présenté comme un acte héroïque de résistance, a en réalité été prononcé dans un contexte de peur et d’incertitude. De même, la bataille de Valmy, célébrée comme une grande victoire populaire, fut en réalité un affrontement militaire modeste, bien loin des récits épiques qui en ont été tirés.
 
Ces mythes, réécrits et embellis au fil du temps, ont permis de légitimer les transformations politiques successives et d’ancrer dans la conscience collective l’idée d’une révolution idéalisée. Emmanuel de Waresquiel montre qu’au-delà des faits historiques, la Révolution est un véritable creuset de l’imaginaire national, une sorte de matrice fondatrice où s’entrechoquent les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, souvent invoquées mais rarement appliquées dans leur totalité.
 
Un autre aspect essentiel de l’analyse d’Emmanuel de Waresquiel réside dans son approche des lieux et objets de la Révolution, qu’il traite comme des catalyseurs symboliques. La Bastille, par exemple, devient un totem politique, une figure de la libération du joug monarchique, alors que, dans les faits, sa chute n’avait guère d’importance militaire ou stratégique. Le serment du Jeu de Paume devient l’un des récits fondateurs de la République, alors qu’il n’a pas eu l’impact immédiat que l’on pourrait croire sur le cours des événements.
 
De la même manière, la guillotine, emblème terrifiant de la Terreur, se charge d’une dimension presque sacrée dans l’histoire révolutionnaire : elle symbolise à la fois la justice expéditive du peuple et la brutalité d’un régime politique en proie à ses propres contradictions. Waresquiel n’hésite pas à rappeler que la violence est indissociable de l’histoire révolutionnaire, une violence souvent occultée ou minimisée dans les récits officiels, mais qui reste au cœur de la dynamique politique de l’époque.
 
Emmanuel de Waresquiel explore aussi l’idée que les mythes révolutionnaires n’ont pas seulement servi à glorifier la République, mais ont aussi été employés pour structurer une mémoire collective, pour maintenir vivante une certaine idée de la Révolution dans l’esprit des générations suivantes. La mémoire de la Révolution est vivante, elle est nourrie par des commémorations récurrentes, des cérémonies et des monuments érigés pour rappeler au peuple français ses origines révolutionnaires. La Révolution devient une sorte de roman national, une narration qui, malgré ses nombreuses relectures, conserve un pouvoir mobilisateur exceptionnel.
 
L’auteur démontre avec brio que ce mythe fondateur s’est également enrichi des regards portés par les écrivains, les artistes et les intellectuels au fil du temps. Des figures comme Victor Hugo, qui ont célébré la Révolution tout en critiquant ses excès, participent à la construction d’une légende républicaine où se mêlent à la fois l’idéal révolutionnaire et la condamnation des violences de la Terreur. C’est une Révolution à deux visages, à la fois idéalisée et crainte, qu’Emmanuel Waresquiel nous invite à redécouvrir.
 
Il nous fallait des mythes ! C’est une œuvre magistrale qui invite à repenser la Révolution française sous l’angle de la construction de la mémoire nationale. Emmanuel de Waresquiel démontre avec une grande clarté que cette période, loin d’être figée dans le passé, continue de hanter l’imaginaire collectif. Les mythes forgés autour des événements de 1789 et de la Terreur sont omniprésents dans la culture politique française, et leur réinterprétation permanente témoigne de l’importance de ces récits pour la société contemporaine.
 
Cet ouvrage propose une lecture critique et nuancée de la manière dont la Révolution a été racontée, mythifiée et parfois instrumentalisée. L’auteur montre qu’en cherchant à légitimer leur pouvoir, les régimes successifs ont créé des récits fondateurs qui, bien souvent, ne correspondent guère à la réalité historique, mais qui ont profondément marqué l’identité nationale.
 
Emmanuel de Waresquiel, la bio
Emmanuel de Waresquiel est un historien reconnu pour ses travaux sur la Révolution, l’Empire et le XIXe siècle. Il est l’auteur de nombreuses œuvres marquantes, dont des biographies de Talleyrand et de Fouché, ainsi que des essais sur des figures historiques telles que Louis-Philippe et Napoléon. Emmanuel de Waresquiel est également célèbre pour sa capacité à rendre accessibles au grand public des sujets complexes tout en maintenant une rigueur académique. Ses ouvrages, souvent couronnés de prix littéraires, sont autant d’invitations à revisiter l’histoire de France avec un œil critique et informé.
Avec *Il nous fallait des mythes !*, Emmanuel de Waresquiel poursuit sa réflexion sur la manière dont l’histoire s’écrit et se réécrit, et sur la place centrale que la Révolution occupe dans l’imaginaire collectif français.
 
Cet ouvrage s’inscrit dans la continuité des travaux d’Emmanuel de Waresquiel. Il offre une réflexion profonde sur l’héritage révolutionnaire, tout en interrogeant la validité des mythes qui entourent cet événement fondateur. Pour quiconque s’intéresse à l’histoire de France, ce livre est une lecture incontournable, à la fois riche et éclairante.
 
Il nous fallait des mythes !
La Révolution et ses imaginaires de 1789 à nos jours
Emmanuel de Waresquiel
Tallandier, 2024, 448 pages, 24,60 €
Tallandier, le site.

Qui sait mieux que quiconque les voiles mystérieux de la tradition ?

Il se tient un peu comme un chêne centenaire, droit à son plateau, gardien des règles et de la loi, avec, peut-être pour certains un peu moins de souplesse ou encore, pour d’autres, un peu plus de rigidité… Ce qui revient au même. Il n’en demeure pas moins qu’au moment de conclure une tenue, il apparaît comme un prestidigitateur du verbe !

Au risque d’un endormissement certain, a fortiori si la parole circulant sur les colonnes s’est faite extensible, l’orateur doit pouvoir, tout en synthèse et clarté, trouver sa voix, un rythme, un style, un ton… Esprit indomptable, sachant mais empli d’humilité, on ne peut l’imaginer ouvrir la bouche pour asséner des vérités absolues dans un discours outrecuidant qui oscillerait alors entre grandiose et absurde…

Improvisation ? Maîtrisée ! Préparée ? En improvisant avec soin, nul doute que chaque mot résonnera comme une note « parfaite » si tant est que le discours ne soit pas… Trop long….

INCROYABLE : Un Grand Maître membre du CLIPSAS mis en cause dans un trafic de drogue de 2,2 Millions de $ US

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CLIPSAS :
vers une dérive autoritaire ?
Retour sur une assemblée générale sous tension

À la suite de notre article publié en mai dernier sur 450.fm (voir: Les dirigeants du CLIPSAS ne reconnaissent plus la liberté de la presse), où nous avions dénoncé l’entrave à la liberté de la presse par les dirigeants du CLIPSAS, de nouveaux éléments viennent renforcer l’idée que cette organisation fraternelle pourrait bien être en pleine dérive.

L’Assemblée Générale de 2024, qui s’est déroulée en Albanie, a laissé place à un climat de confusion et de mécontentement. Des décisions cruciales, prises dans des conditions discutables, sont aujourd’hui au cœur d’une controverse qui pourrait entacher la légitimité même du CLIPSAS. L’absence de budget formel, l’absence d’un vote sur le lieu de la prochaine AG, et la gestion pour le moins opaque de ces événements soulèvent des interrogations majeures. Pire encore, c’est l’intégrité du Grand Maître de la South Carolina Grand Lodge of Ancient Free & Accepted Masons, Rashad Muhammad, qui est remise en cause, ajoutant à la tempête que traverse le CLIPSAS.

Le contexte : une assemblée sous tension et une motion de confiance

Le point de départ de cette controverse réside dans la manière dont l’Assemblée Générale de 2024 s’est achevée. En effet, malgré une réunion formellement conclue, aucun lieu ni budget pour l’Assemblée Générale de 2025 n’avait été validé. Ce sont des points essentiels, selon l’article 8 du Règlement Général du CLIPSAS, qui exige qu’un budget prévisionnel détaillé soit présenté et voté avant d’engager toute organisation future. Or, seule une candidature de la South Carolina Grand Lodge of Ancient Free & Accepted Masons a été soumise, sans qu’aucun document budgétaire ne l’accompagne. Face à cette situation, le Bureau a choisi de soumettre une motion de confiance afin de pouvoir décider seul du lieu de la prochaine Assemblée, un acte qui contourne de fait les votes de l’ensemble des membres.

Cette décision, bien que soutenue par une majorité relative des Obédiences présentes, semble marquer une rupture avec les principes démocratiques du CLIPSAS. En effet, le Règlement Général ne permet pas une telle concentration de pouvoir entre les mains du Bureau. La motion de confiance, votée à la majorité, ne peut en aucun cas remplacer le processus collégial qui exige la validation formelle de toutes les décisions par les membres lors de l’Assemblée.

La candidature controversée de la Caroline du sud

Rashad Muhammad – Grand Maître de la South Carolina Grand Lodge of Ancient Free & Accepted Masons – Membre du CLIPSAS

L’autre point névralgique de cette situation réside dans la candidature de la South Carolina Grand Lodge of Ancient Free & Accepted Masons, dirigée par le controversé Rashad Muhammad. En 2011, celui-ci a été mis en cause dans une affaire judiciaire retentissante, accusé de trafic de cannabis d’une valeur de 2,2 millions de dollars【Source: Article 1 – Live5News.com et Article 2 – Live5news.com. Bien que le procès ait été suspendu suite à un mistrial (annulation du procès), il est essentiel d’expliquer ce que signifie réellement ce terme sur le plan juridique pour mieux comprendre les implications de cette situation pour le CLIPSAS. Avant d’aller plus loin, soulignons que le système américain reconnaît la présomption d’innocence, d’autant que la charge de la preuve repose toujours sur l’accusation.

Le « mistrial » : explication juridique

Un mistrial survient lorsqu’un procès ne peut être mené à terme en raison d’une erreur procédurale ou de circonstances exceptionnelles qui empêchent le jury d’arriver à une décision unanime. Cela peut se produire pour plusieurs raisons, comme des irrégularités dans la présentation des preuves, une mauvaise conduite de la part des jurés, ou l’impossibilité pour ces derniers de parvenir à un consensus. Contrairement à un acquittement, qui signifie que l’accusé est reconnu non coupable, un mistrial laisse la porte ouverte à la possibilité d’un nouveau procès. En d’autres termes, l’accusé n’est ni innocenté ni condamné, et l’affaire reste juridiquement non résolue【source: Cornell Law School】.

Dans le cas de Rashad Muhammad, son procès pour trafic de drogue a été annulé pour cause de mistrial, mais cela ne nous dit rien concernant les accusations portées contre lui. De plus, il n’y a eu aucune autre tentative de le juger à nouveau, laissant ainsi en suspens cette affaire judiciaire. Pour le CLIPSAS, une organisation qui s’enorgueillit de défendre des valeurs morales et éthiques élevées, le choix de confier l’organisation de la prochaine Assemblée Générale à une Obédience dirigée par une personnalité au passé judiciaire aussi trouble pose de sérieux problèmes d’image.

Une violation des procédures du Clipsas

En plus des questions soulevées par le passé de Rashad Muhammad, il est crucial de revenir sur les aspects procéduraux qui ont été ignorés lors de l’Assemblée Générale de 2024. En effet, la candidature de la South Carolina Grand Lodge of Ancient Free & Accepted Masons ne respectait pas les critères établis par le Règlement Général. Non seulement elle n’était pas accompagnée d’un budget, mais elle n’a pas non plus fait l’objet d’un vote en bonne et due forme. Or, l’article 8 du Règlement est clair : toute proposition pour organiser une Assemblée Générale doit inclure un budget prévisionnel, et ce dernier doit être soumis à l’approbation de tous les membres lors de l’Assemblée.

Le recours à une motion de confiance pour autoriser le Bureau à décider seul du lieu de la prochaine Assemblée constitue donc une entorse manifeste à ces règlements. Il convient dès lors de se demander si les décisions prises lors de cette Assemblée sont légales et valides.

Peut-on considérer que le Bureau du CLIPSAS a outrepassé ses prérogatives ?

L’ECOSOC ET LES IMPLICATIONS INTERNATIONALS

Une autre dimension importante à prendre en compte est la relation du CLIPSAS avec l’ECOSOC (Conseil économique et social des Nations Unies). Le CLIPSAS jouit d’une reconnaissance auprès de cette instance, qui impose des standards rigoureux en matière de transparence et d’intégrité.

Comment l’ECOSOC réagirait-il face à la nomination de Rashad Muhammad, un homme dont le passé judiciaire est empreint de soupçons, à la tête de l’organisation d’un événement aussi crucial ?

Cela pourrait nuire à la crédibilité internationale du CLIPSAS et remettre en question sa place au sein des organisations affiliées à l’ONU.

Questions juridiques et morales en suspens

En conclusion, les décisions prises lors de l’Assemblée Générale de 2024 ouvrent la voie à de nombreuses interrogations. Le Bureau du CLIPSAS s’est-il engagé dans une voie autoritaire, en s’octroyant des pouvoirs que seul l’ensemble des membres aurait dû valider ? Peut-on légitimement confier l’organisation d’une Assemblée à une Obédience dirigée par un Grand Maître dont l’affaire judiciaire reste en suspens ? Ces questions, tant juridiques que morales, méritent une réponse claire.

Dans notre article précédent, nous avions soulevé une question cruciale : « Quelle suite juridique ou fraternelle sera donnée à cette affaire ? ». Il semble aujourd’hui que la réponse soit sur le point d’éclater. Selon nos sources, plusieurs Obédiences envisagent de prendre des mesures légales contre le CLIPSAS pour contester la légitimité de l’Assemblée Générale qui s’est tenue en Albanie cette année. Une annonce officielle serait imminente, ce qui pourrait marquer un tournant décisif dans cette crise.

Le CLIPSAS, en tant qu’organisation fraternelle de premier plan, doit impérativement rétablir la transparence dans ses processus décisionnels. Il en va non seulement de la confiance de ses membres, mais aussi de sa crédibilité internationale.

Un point important à noter est de se demander comment le CLIPSAS a pu laisser cette obédience être admise au sein de cette institution, sachant les antécédents de certains de ses membres. Il est d’autant plus surprenant qu’en 2015, le président du CLIPSAS était déjà Louis DALY, aujourd’hui toujours en poste. Louis DALY, un ancien policier à la retraite, était un homme de loi. Comment, sous sa présidence, a-t-il pu ignorer qu’en 2011, soit quatre ans avant l’admission de l’obédience, Rashad Muhammad avait déjà été mis en cause dans une affaire de cette ampleur ?

La rédaction A contactÉ la direction du CLIPSAS ainsi que Rashad Muhammad en personne, afin d’obtenir plus d’information. À cette heure, nous n’avons reçu aucune réponse de leur part… Affaire à suivre.

Pour une maîtrise maçonnique réussie, le guide essentiel et symbolique du Second Surveillant  

Publié en 2024 dans la collection « À sa place et à son office » – une citation extraite du rituel du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) au 1er degré –, l’ouvrage Le Second Surveillant de Philippe Benhamou, dont l’auteur dirige également la collection, s’impose comme une référence pour les francs-maçons investis dans cette fonction symbolique et cruciale. Ce guide allie pragmatisme et inspiration, tout en étant fermement enraciné dans la tradition maçonnique, offrant ainsi une approche à la fois contemporaine et accessible.

Loin de se limiter à un simple manuel technique, cet ouvrage se présente comme un véritable outil de réflexion, permettant aux nouveaux élus d’embrasser non seulement les aspects pratiques, mais aussi les dimensions symboliques, spirituelles et fraternelles de leur fonction. Philippe Benhamou met en avant la diversité des rites au sein de la Franc-Maçonnerie, rendant ainsi son ouvrage universel, adapté à différentes obédiences. Il s’appuie principalement sur les grands rites francophones tels que le Rite Écossais Ancien et Accepté, le Rite Écossais Rectifié, le Rite Français et le Rite Émulation.

Le livre, structuré de manière flexible, invite le lecteur à explorer son contenu soit de manière linéaire, soit en fonction des besoins spécifiques liés aux responsabilités du Second Surveillant en loge. Cette approche, que l’auteur compare à un « buffet », permet une lecture interactive, guidée par des symboles qui signalent les pièges à éviter, les points essentiels à retenir et les concepts clés à approfondir.

Pour Philippe Benhamou, le rôle de Second Surveillant dépasse largement les simples tâches administratives. Il s’agit de veiller à la régularité des travaux, mais surtout de garantir une instruction de qualité pour les apprentis. Le Second Surveillant doit non seulement organiser et superviser les comités d’apprentis, mais aussi endosser le rôle de guide et de mentor, aidant les jeunes maçons à progresser et à comprendre les profondeurs symboliques des rituels maçonniques.

Philippe Benhamou met en garde contre les pièges inhérents à cette charge : gestion des apprentis, relations avec les autres membres de la loge, ou encore les risques de surinvestissement personnel. Il fait preuve d’une grande humilité en reconnaissant que l’ouvrage, malgré sa richesse, n’est pas exhaustif et laisse la porte ouverte à d’autres contributions pour compléter l’édifice de la connaissance maçonnique.

L’une des qualités majeures de cet ouvrage réside dans son accessibilité. Philippe Benhamou parvient à rendre simple et intelligible un rôle qui pourrait intimider les nouveaux élus. L’écriture est fluide, limpide, et dédramatise la prise de fonction, assurant aux lecteurs qu’ils disposent du temps et des ressources nécessaires pour se préparer efficacement. Les conseils pratiques sont nombreux, accompagnés d’exemples concrets et d’une réflexion symbolique toujours présente.

Philippe Benhamou aborde avec finesse la question de la mixité et de l’inclusivité. Bien que l’ouvrage soit rédigé au masculin pour des raisons de lisibilité, l’auteur reconnaît pleinement l’importance des sœurs dans la franc-maçonnerie et leur rôle dans cette fraternité partagée. Cet équilibre entre tradition et modernité est au cœur de l’approche de Philippe Benhamou, qui montre un profond respect pour la diversité des pratiques tout en maintenant une ligne directrice symbolique forte.

À travers une table des matières bien structurée, l’ouvrage offre une approche détaillée et analytique des différentes facettes de la fonction de Second Surveillant.

Philippe Benhamou précise d’emblée que cet ouvrage n’est pas un simple mémento, mais un guide de réflexion, enrichi par l’expérience de nombreux frères et sœurs ayant exercé cette fonction avant les nouveaux élus. Il souligne l’importance de ne pas voir cet ouvrage comme une vérité absolue, mais comme une contribution à la diversité des pratiques maçonniques.

L’introduction s’adresse aux nouveaux élus de manière rassurante et complice. Philippe Benhamou insiste sur le fait que le rôle de Second Surveillant, bien qu’essentiel, est abordable et que le lecteur dispose de temps pour se préparer à assumer ses responsabilités. Cette approche dédramatise la prise de fonction et offre un cadre propice à la réflexion.

Le chapitre « Le Second Surveillant à sa place et à son office » explore en détail les tâches et les responsabilités du Second Surveillant en loge. Il est celui qui veille au bon déroulement des travaux et à la régularité des présences. Mais plus encore, il assure la discipline et l’instruction des Apprentis, garantissant que les rituels se déroulent conformément aux règles du rite suivi par la loge.

Les qualités humaines et spirituelles que doit incarner le Second Surveillant sont mises en lumière dans le chapitre suivant intitulé « Nomination et qualification ». Des vertus telles que la bienveillance, l’humilité, la rigueur et la disponibilité sont nécessaires pour accomplir cette charge avec dignité. Philippe Benhamou met également en garde contre les excès de pouvoir, en particulier les risques de « devenir gourou » ou « devenir psy », qui sont des écueils à éviter dans la gestion des apprentis.

Le rôle symbolique du Second Surveillant est examiné en profondeur. Par sa position sur le plateau, il incarne la rigueur et la discipline tout en étant le guide des apprentis sur le chemin initiatique. L’auteur examine comment chaque rite interprète cette fonction, tout en conservant une base symbolique commune.

« Que fait le Second Surveillant en loge ? » offre une vision détaillée des tâches pratiques du Second Surveillant. Celui-ci veille à la régularité des présences, à l’ouverture correcte de la loge, et à ce que chaque cérémonie soit orchestrée avec précision. Il joue également un rôle important dans l’harmonie de la loge, en étant à l’écoute des Apprentis.

Mais avec « Le Second Surveillant en dehors de la loge », l’auteur rappelle ici que la fonction de Second Surveillant ne s’arrête pas aux portes du temple. En dehors des tenues, il continue à encadrer les Apprentis, organisant les comités et les accompagnant dans leur progression symbolique. Les comités d’Apprentis, souvent sources de tensions, sont des espaces où le Second Surveillant doit faire preuve de diplomatie et de rigueur.

« L’instruction des Apprentis » est le chapitre constituant le cœur symbolique du livre. Philippe Benhamou y explique le rôle du Second Surveillant en tant que pédagogue. Il s’agit non seulement d’enseigner des notions théoriques, mais surtout de guider les Apprentis sur le chemin de la transformation intérieure. Patience, empathie et fermeté sont les maîtres-mots de cette mission.

Nous apprécions particulièrement l’utilisation des pictogrammes dans cet ouvrage, car ils apportent une clarté immédiate et intuitive à la lecture. Ces symboles visuels permettent de capter rapidement l’attention du lecteur sur les points essentiels, les pièges à éviter et les concepts fondamentaux à retenir. Ils facilitent non seulement la compréhension, mais renforcent aussi la fluidité du texte en offrant une navigation visuelle agréable. Cela transforme l’ouvrage en un véritable guide pratique, adapté à une lecture à la fois approfondie et sélective.

De plus, les encadrés, notamment ceux intitulés « L’essentiel en quelques lignes », viennent renforcer l’aspect pédagogique de l’ouvrage. Ils synthétisent de manière concise les idées clés, ce qui permet de retenir rapidement les points les plus importants. Ce type de mise en forme, à la fois moderne et efficace, fait de cet ouvrage un outil de référence aussi bien pour les nouveaux élus que pour les francs-maçons plus expérimentés.

Le Second Surveillant est un ouvrage riche, alliant rigueur symbolique et souplesse pratique. Il offre des conseils avisés, sans jamais prétendre à une vérité absolue. L’auteur montre avec une grande clarté que cette fonction est une véritable école de vie, tant pour celui qui l’exerce que pour les Apprentis qu’il a sous sa responsabilité.

Philippe Benhamou, grâce à son style didactique, rend cet ouvrage accessible à tous les maçons, qu’ils soient novices ou expérimentés. Chaque chapitre est soigneusement construit pour répondre aux besoins des nouveaux élus tout en offrant une réflexion plus large sur le sens profond de la franc-maçonnerie.

Philippe Benhamou, la bio

Il est une figure éminente dans le domaine de l’écriture maçonnique. Avec un doctorat en intelligence artificielle, il combine l’approche analytique de la science avec une profonde sensibilité pour la tradition maçonnique. Membre de la Grande Loge de France depuis 1991, il est à l’origine de nombreux ouvrages qui tentent de rendre accessible à un large public les mystères et les subtilités de la franc-maçonnerie.

Ses publications, souvent coécrites avec d’autres spécialistes ou enrichies par ses talents d’animateur radio, témoignent de son désir de diffuser les valeurs et les connaissances maçonniques. Parmi ses œuvres notables, on retrouve des essais sur les symboles maçonniques, des récits humoristiques ainsi que des manuels pour les néophytes. Son implication dans des revues spécialisées et son intérêt pour la vulgarisation scientifique se reflètent dans un style pédagogique et accessible, toujours empreint de respect pour la tradition.

Le Second Surveillant

Philippe Benhamou Éditions Numérilivre, Coll. À sa place et à son office, 2024, 160 pages, 20 €

Éditions Numérilivre, le site.

Terres de Mission – L’agriculture biodynamique : méthode bio ou pratique occulte ?

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Du site lesalonbeige.fr (lire présentation en bas d’article)

Terres de Mission reçoit l’abbé Jean-Christophe Thibaut, prêtre du diocèse de Metz et spécialiste de l’ésotérisme et de l’occultisme, à propos de son dernier ouvrage : “Un regard chrétien sur l’agriculture biodynamique” (Artège). L’auteur rappelle en effet que l’agriculture biodynamique a été inventée par Rudolf Steiner, ancien théosophe et fondateur de la Société d’anthroposophie – et, si la plupart des utilisateurs de cette méthode ignorent tout de l’occultisme et s’intéressent à l’agriculture biodynamique pour d’excellentes raisons, il n’en reste pas moins que celle-ci demeure étroitement liée à ces origines douteuses.

Puis, Guillaume de Thieulloy propose quelques pistes de lecture : “La rose blanche” d’Henri Peter (Via Romana), “Les compagnons de Jéhu” d’Alexandre Dumas (La Ravinière), “Pour la sanctification du monde” de Georges Weigel (Artège) et “Face aux miracles” de Jacques Laurentie (Téqui).

Selon le site Conspiracy Watch :

Le Salon Beige (lesalonbeige.fr) est un site d’extrême droite à tendance catholique conservatrice, qui relaie fréquemment des contenus à caractère conspirationniste. Dans les années 2020, il fait partie des sites liés à la complosphère les plus fréquentés.

Apparu en 2004 et géré depuis 2010 par Guillaume de Thieulloy, le site se présente comme un « blog quotidien d’actualité » tenu par « des laïcs catholiques » qui entendent « travailler au Bien commun de la société en informant (leurs) lecteurs sur l’actualité, vue au regard de la doctrine sociale de l’Eglise ».

Ancien assistant de Jean-Claude Gaudin, Guillaume de Thieulloy dirige les éditions Muller, à l’origine de la publication des Mémoires de Jean-Marie Le Pen. Il est également responsable du journal Les 4 Vérités et de divers sites dont l’Observatoire de la Christianophobie et Nouvelles de France (ndf.fr).

Assassinat de Louis XVI : prémédité par la Franc-Maçonnerie en 1785

Du site france-pittoresque.com

Quel a été, en 1789, en 1792 et en 1793, le rôle exact de la Franc-Maçonnerie dans la Révolution française ? S’interroge en 1904 l’historien et essayiste Maurice Talmeyr. Rapportant que la Franc-Maçonnerie consiste, dans un premier en temps et en apparence, surtout en bals, en banquets et en démonstrations de bienfaisance, il explique qu’il s’agit d’une simple façade, les philosophes des Lumières, et en tête Voltaire, s’appliquant méthodiquement à « maçonniser » les hautes classes de la société afin de préparer la Révolution et le renversement du régime monarchique, tandis qu’en 1785, un congrès de la Franc-Maçonnerie prémédite l’assassinat du roi Louis XVI…

Les documents authentiques, émanant de la Maçonnerie elle-même, ne peuvent pas, on le comprend, ne pas être rares sur le rôle exact de la Franc-Maçonnerie dans la Révolution française, écrit Maurice Talmeyr. Une société secrète ne serait pas une société secrète, si elle ne prenait pas le plus grand soin de cacher tout ce qui peut renseigner sur elle, et les témoignages positifs, là où par principe on les supprime, ne peuvent nécessairement pas abonder.

Néanmoins, si le véritable témoignage nous fait souvent ainsi défaut, il n’en est pas de même de certains faits, singulièrement saisissants, et qui en arrivent, rapprochés les uns des autres, à produire une lumière presque aussi probante que la lumière même des documents. Or ces faits-là sont innombrables, et la démonstration qui en résulte, c’est qu’il n’est peut-être pas une seule des grandes journées de la Révolution qui n’ait pas été, plus ou moins longtemps à l’avance, machinée et répétée dans les Loges, comme on répète et comme on machine une pièce dans un théâtre…

Suivez donc avec un peu d’attention les faits qui vont vous être exposés, et vous verrez, comme de vos yeux, tout un grand pays violemment transformé, par la plus évidente des conspirations, en une immense et véritable Loge. Vous le verrez jeté par force dans toute une succession d’épreuves maçonniques graduées, dont les premières dissimulaient soigneusement le secret final, mais dont la dernière, dès le début, avait toujours dû être le meurtre du roi, pour aboutir au but suprême et caché, c’est-à-dire à la destruction de la nationalité elle-même !

Avant d’en arriver aux faits particuliers, nous constaterons d’abord un grand fait général, c’est que l’histoire de la Révolution a toujours joui, jusqu’ici, du privilège singulier d’être acceptée comme histoire, sans que personne, au fond, l’ait jamais expliquée. D’après les documents les moins niables, et contrairement à une légende audacieusement fabriquée, la nation française, comme masse populaire, en dehors d’une certaine noblesse, d’un certain clergé et d’une certaine bourgeoisie, était alors profondément catholique et royaliste.

Au moment même où on massacrait les prêtres, où l’on détruisait avec le plus de rage tout ce qui était de la Religion traditionnelle, on avait dû renoncer à interdire les processions dans Paris, où le peuple, comme l’établissent aujourd’hui les témoignages les plus précis, obligeait, en pleine Terreur, les patrouilles de sectionnaires à rendre dans la rue les honneurs au saint Sacrement.

Taine, dans La conquête jacobine, explique qu’alors, si un prêtre portant le viatique passe dans la rue, on voit la multitude « accourir de toutes parts pour se jeter à genoux, tous, hommes, femmes, jeunes et vieux, se précipitant en adoration ». Le jour où la châsse de Saint-Leu est portée en procession rue Saint-Martin, « tout le monde se prosterne : je n’ai pas vu, dit un spectateur attentif, un seul homme qui n’ait ôté son chapeau. Au corps de garde de la section Mauconseil, toute la force armée s’est mise sous les armes. » En même temps, « les citoyennes des Halles se concertaient pour savoir s’il n’y aurait pas moyen de tapisser. Dans la semaine qui suit, elles obligent le comité révolutionnaire de Saint-Eustache à autoriser une autre procession, et, cette fois encore, chacun s’agenouille ».

Quant au culte envers le prince, poursuit Talmeyr, il se prouve par les manifestations mêmes dirigées contre sa personne. Pendant deux ans, la Révolution se fait au cri de Vive le Roi ! Ensuite, la plupart même des hommes et des femmes d’émeute, soldés pour outrager le souverain, sont tout à coup ressaisis, en face de lui, de l’insurmontable amour de leur race, pour le descendant de ses monarques. Toute leur exaltation, en sa présence, tourne, comme en octobre 1789, en respect et en tendresse.

Que voit-on, au retour de Varennes, pendant que la famille royale prend son repas ? On voit le député révolutionnaire Barnave se tenant respectueusement debout derrière le roi, et le servant comme un valet de chambre ! Et ce sentiment catholique et royaliste, presque général à cette époque, se confirme, de façon certaine, par les chiffres mêmes des élections. Dès 1790, les ennemis de la Religion et de la Monarchie ne sont plus élus partout que par le dixième, puis par le quinzième, puis par le vingtième des électeurs. Taine constate, à Paris, aux assemblées primaires de 1791, un an déjà avant le 10 août, plus de soixante-quatorze mille abstenants sur quatre-vingt-un mille deux cents inscrits !

N’est-il pas rigoureusement vrai, en conséquence, que la Révolution, considérée comme mouvement national, ne peut pas s’expliquer ? On comprend une nation comme l’Amérique, chez qui la domination anglaise est impopulaire, et qui s’en débarrasse. On ne comprend pas une nation qui a la Religion et la Monarchie dans le sang, qui les veut, qui ne veut qu’elles, et qui les renverse avec fureur. Et cette Révolution-là est tellement inexplicable que tous les historiens, quels qu’ils soient, renoncent, en réalité, à l’expliquer, car les explications par la « fatalité », la « Providence », la « force des choses », le châtiment divin, ou l’ « anarchie spontanée », les seules qu’on nous ait encore données, ne sont pas des explications.

Plus loin, notre essayiste s’interroge : où en était, au dix-huitième siècle, la Franc-Maçonnerie en France ? Elle y daterait, exactement, d’après ses propres annuaires, de soixante-quatre ans avant la Révolution, de 1725, et ses deux premiers grands maîtres auraient été deux Anglais, lord Derwentwater, et lord Harnouester. Elle est ensuite présidée par un grand seigneur français, le duc d’Antin, puis par un prince du sang, Louis de Bourbon, comte de Clermont, puis, de 1771 à 1793, par le duc de Chartres, plus tard duc d’Orléans, et, plus tard encore, Philippe-Égalité (père de Louis-Philippe, roi des Français de 1830 à 1848).

Louis XVI. Peinture de Jean-Marie Ribou (1744-1817)

Comme en témoigne la liste de ses grands maîtres, la Franc-Maçonnerie, dans la période immédiatement antérieure à la Révolution, ne cesse pas de suivre, malgré ses crises, une marche ascendante rapide. Elle devient à la mode, finit par faire fureur et le Grand Orient en arrive à créer ces fameuses Loges d’adoption où les femmes étaient admises. Les récipiendaires femmes, nous apprend M. d’Alméras, auteur d’une histoire de Cagliostro, et qui ne semble l’ennemi ni de Cagliostro, ni des Loges, sont des « actrices, des danseuses, des bourgeoises ou des grandes dames sans préjugés ».

Alors, en résumé, la Franc-Maçonnerie, au moins en apparence, consiste surtout en bals, en banquets, en démonstrations de bienfaisance. En 1775, la duchesse de Bourbon recevait le titre de grande maîtresse de toutes les Loges d’adoption de France, le duc de Chartres l’installait lui-même dans ce pontificat féminin, au milieu de fêtes magnifiques, et on faisait une quête, à la fin du banquet, en faveur « des pères et mères retenus en prison pour n’avoir pas payé les mois de nourrice de leurs enfants ».

Telle est, pendant toute cette période, la façade de la Franc-Maçonnerie. Elle est à la fois somptueuse et amusante, avec la promesse d’un mystère, probablement inoffensif, et peut-être même agréable, à l’intérieur de la maison. Sous prétexte de philanthropie, on s’y divertit énormément. On s’y mêle entre gens de la bonne société et de la moins bonne, dans l’illusion d’une égalité sociale qui ne manque pas toujours de piment. On se donne la sensation d’une vie en double où l’on s’appelle de noms de guerre, en échangeant des mots de passe. On se procure le petit frisson d’attendre quelque chose de secret qui sera peut-être défendu.

On joue en grand, en un mot, à ces jeux innocents qui ne le sont pas toujours, et un prodigieux enjouement jette toute la société dans ce jeu-là. Les plus honnêtes gens s’en mettent, et Marie-Antoinette écrit, à cette époque, à Mme de Lamballe : « J’ai lu avec grand intérêt ce qui s’est fait dans les loges franc-maçonniques que vous avez présidées, et dont vous m’avez tant amusée. Je vois qu’on n’y fait pas que de jolies chansons, et qu’on y fait aussi du bien. »

N’existait-il donc, cependant, aucun motif de se méfier ? Si, et certains Etats, dès le milieu du dix-huitième siècle, chassaient assez rudement ces francs-maçons qui s’attachaient en France, avec une si extraordinaire activité, à amuser les Français, à les faire danser, à chatouiller leur frivolité. Le pape Clément XII, en outre, avait lancé contre eux une bulle assez suggestive, dans laquelle il les comparait « aux voleurs qui percent la maison ». On pouvait donc, dès ce moment-là, ne pas déjà voir dans les Loges de simples lieux d’amusements, comme la malheureuse Marie-Antoinette.

Une société « maçonnisée », c’est donc bien celle qui précède immédiatement la Révolution. Elle s’est « maçonnisée » pour s’amuser, mais elle s’est « maçonnisée ». C’est l’atmosphère en dehors de laquelle il ne faut pas même essayer de voir cette époque, sous peine de n’en rien voir de vrai. Et Talmeyr d’expliquer que le « maçonnisme », dès trente ou quarante ans avant 1789, est si bien déjà devenu l’ambiance générale, que les philosophes, en réalité, ne répandent pas simplement leur philosophie par leurs écrits, mais se conjurent maçonniquement pour la répandre, et dans le sens rigoureux du mot…

Ecoutez Voltaire dans sa correspondance : « Il faut, écrit-il, agir en conjurés, et non pas en zélés… Que les philosophes véritables fassent une confrérie comme les Francs-Maçons… Que les mystères de Mithra ne soient pas divulgués… Frappez, et cachez votre main… »

En 1789, entre les atrocités de la prise de la Bastille et celles des massacres d’octobre, un certain Leroy, lieutenant des chasses royales, s’écriait avec des sanglots, lors d’un dîner qui avait lieu chez d’Angevilliers, intendant des Bâtiments du Roi : « J’étais le secrétaire du Comité à qui vous devez cette Révolution et j’en mourrai de douleur et de remords !… Ce Comité se tenait chez le baron d’Holbach… Nos principaux membres étaient d’Alembert, Turgot, Condorcet, Diderot, La Harpe, et ce Lamoignon qui s’est tué dans son parc !… La plupart de ces livres que vous avez vus paraître depuis longtemps contre la religion, les mœurs et le gouvernement étaient notre ouvrage, et nous les envoyions à des colporteurs qui les recevaient pour rien, ou presque rien, et les vendaient aux plus bas prix… Voilà ce qui a changé ce peuple, et l’a conduit au point où vous le voyez aujourd’hui… Oui, j’en mourrai de douleur et de remords… »

Les lettres de Voltaire en date de mars 1763 confirment ces faits : « Pourquoi les adorateurs de la raison, écrivait-il alors à Helvetius, restent-ils dans le silence et dans la crainte ? Qui les empêcherait d’avoir chez eux une petite imprimerie et de donner des ouvrages utiles et courts dont leurs amis seraient les seuls dépositaires ? C’est ainsi qu’en ont usé ceux qui ont imprimé les dernières volontés de ce bon et honnête curé Meslier… » Et il ajoute : « On oppose ainsi, au Pédagogue chrétien et au Pensez-y bien, de petits livres philosophiques qu’on a soin de répandre partout adroitement. On ne les vend point, on les donne à des personnes affidées qui les distribuent à des jeunes gens et à des femmes… »

En réalité, poursuit Maurice Talmeyr, la conjuration philosophique n’avait que très peu perverti le peuple, et par une excellente raison, c’est que le peuple ne savait pas lire. Elle avait surtout empoisonné les hautes classes. Mais cette philosophie qui est une conjuration, et qui machine, dans le mystère, avec des masques et des trahisons, l’application de ses préceptes, n’est-elle pas, pour une époque, toute une caractéristique ?

Notre essayiste rapporte la tenue à Wilhelmsbad (Allemagne), en 1781, d’un grand congrès de la Franc-Maçonnerie universelle, où les délégations arrivaient en masse, de France, de Belgique, de Suède, d’Italie, d’Angleterre, d’Espagne, d’Amérique, de tous les points du globe ! Est-il exact, comme on l’a dit, qu’on ait arrêté, dix ans d’avance, dans cette tenue de Wilhemsbad, la mise à mort de Louis XVI et presque toute la Terreur ? On peut affirmer, dans tous les cas, que, trois ans plus tard, la mort du roi de Suède et celle de Louis XVI étaient décidées dans une tenue de Francfort, en 1785, comme l’atteste une lettre du cardinal Mathieu, archevêque de Besançon :

« Il y a dans mon pays, écrit le cardinal Mathieu, un détail que je puis vous donner comme certain. Il y eut à Francfort, en 1785, une assemblée de Francs-Maçons où furent convoqués deux hommes considérables de Besançon, qui faisaient partie de la Société, M. de Reymond, inspecteur des postes, et M. Maire de Bouligney, président du Parlement. Dans cette réunion le meurtre du roi de Suède et celui de Louis XVI furent résolus. MM. de Reymond et de Bouligney revinrent consternés, en se promettant de ne jamais remettre les pieds dans une Loge, et de se garder le secret. Le dernier survivant l’a dit à M. Bourgon… Vous avez pu en entendre parler ici, car il a laissé une grande réputation de probité, de droiture et de fermeté parmi nous. Je l’ai beaucoup connu, et pendant bien longtemps, car je suis à Besançon depuis quarante-deux ans. »

Ce qu’on sait aussi, et avec certitude, c’est que la réunion de Wilhemsbad avait un épilogue dans le genre des révélations désespérées du malheureux M. Leroy. Le comte de Virieu, sur qui les Illuministes avaient cru pouvoir compter, et qui avait fait partie de la délégation française, revenait terrifié du Congrès, déclarait quitter la secte, et disait au baron de Gilliers : « Je ne vous révélerai pas ce qui s’est passé ; ce que je puis seulement vous dire, c’est que tout ceci est autrement sérieux que vous ne pensez. La conspiration qui se trame est si bien ourdie qu’il sera pour ainsi dire impossible à la Monarchie et à l’Église d’y échapper. »

Enfin, c’est également encore à cette époque que l’écrivain Cazotte, qui avait appartenu aux Illuministes français (alliés à la Franc-Maçonnerie), faisait un soir, dans un dîner, cette soi-disant prophétie dont la réalisation devait, évidemment, comporter une part de coïncidence, mais qui était aussi, avant tout, comme celles de Cagliostro, et sans aucun doute possible, de l’information anticipée. Il disait aux convives qui s’en amusaient beaucoup, trois ou quatre ans avant 1789 :

« Vous, Monsieur Bailly, et vous, Monsieur de Malesherbes, vous mourrez sur l’échafaud… Vous, Madame, on vous conduira en charrette, les mains liées derrière le dos, à la place des exécutions. — Mais, Monsieur le prophète, lui répondait en riant la duchesse de Grammont, ne me laisserez-vous pas au moins un confesseur ? — Non, Madame, non, lui répondait Cazotte énigmatique, non, vous n’en aurez pas, et le dernier supplicié qui en aura un, ce sera le roi !… », rapporte Louis Blanc dans son Histoire de la Révolution française.

Lieu symbolique : Le Tchier de Borée (Ardèche)

Le Tchier de Borée est un site situé dans le village de Borée, dans le département de l’Ardèche, au cœur des montagnes du Massif central, en France.

Borée, Le Béage, Les Estables et la Chartreuse de Bonnefoy, carte de Cassini.

Ce lieu est particulièrement symbolique et énigmatique, mêlant art, histoire, et légende. Le Tchier de Borée est constitué d’un ensemble de pierres dressées, formant un site mégalithique moderne, bien qu’il ne soit pas aussi ancien que les sites préhistoriques tels que ceux de Carnac en Bretagne.

En premier lieu, le village de Borée

C’est un charmant petit village situé dans le département de l’Ardèche, en région Auvergne-Rhône-Alpes, au cœur des montagnes du Massif central. Niché à environ 1 100 mètres d’altitude, au pied du mont Mézenc, il se trouve dans une région naturelle et préservée appelée le plateau ardéchois, célèbre pour ses paysages sauvages et sa nature intacte. Borée est un village typique des montagnes ardéchoises, marqué par une riche histoire locale, des traditions rurales, et une géographie unique.

L’origine du nom

Le nom du village, « Borée », est parfois associé à une origine latine. Certains le relient au mot Borea, qui signifie « vent du nord » en latin, en référence aux vents froids qui balayent souvent cette région montagneuse. Il est également possible que le nom soit lié à l’ancien gaulois ou au patois local, reflétant ainsi l’ancienneté et la richesse historique du lieu.

Son histoire

L’histoire de Borée est profondément enracinée dans la vie paysanne et pastorale, comme beaucoup de villages de montagne. Au cours des siècles, la communauté vivait principalement de l’agriculture et de l’élevage, notamment de l’élevage de moutons et de vaches, ainsi que de la culture de la pomme de terre et du seigle, adaptés aux conditions climatiques rudes. Comme de nombreux villages de cette région, Borée a connu un exode rural au cours du XIXᵉ et du XXᵉ siècle, entraînant une baisse démographique importante.

Son patrimoine

Le village est riche en patrimoine bâti traditionnel, typique des villages ardéchois. Vous y trouverez des maisons de pierre aux toits en lauzes, une architecture qui témoigne du climat montagnard, où les habitations devaient être robustes pour résister aux hivers froids et neigeux.

L’église de Borée, construite au XVIIIᵉ siècle, est l’un des monuments les plus emblématiques du village. De style roman, elle est dédiée à Saint-Pierre et Saint-Paul. Son clocher peigne et ses pierres apparentes ajoutent au charme de ce bâtiment historique.

Un autre site d’intérêt est le « Rocher de Borée« , une formation naturelle spectaculaire située à proximité du village, qui attire les amateurs de randonnée et les curieux des paysages naturels singuliers.

Les traditions et la culture locale

Le village de Borée a su conserver ses traditions et son patrimoine culturel malgré les transformations du monde rural. On y célèbre encore les fêtes agricoles et pastorales traditionnelles, comme la fête de la transhumance, qui marque le départ des troupeaux vers les pâturages d’été, un événement clé dans la vie montagnarde.

Sans oublier l’environnement naturel et les activités…

Entouré de montagnes et de paysages volcaniques, Borée est une destination prisée des amoureux de la nature. Les randonneurs y trouvent de nombreux sentiers qui offrent des panoramas sur le mont Mézenc, le plus haut sommet du Massif central, et les volcans environnants.

Mont Mézenc, la table d’orientation

Le mont Mézenc (1753 mètres) domine les alentours et est un lieu de prédilection pour les activités en plein air, telles que la randonnée, le ski de fond en hiver, et l’observation de la faune et de la flore. La région est également connue pour ses rivières et ses forêts, offrant un cadre idéal pour les promenades tranquilles et l’écotourisme.

… et ses légendes et mystères

Comme beaucoup de lieux en Ardèche, Borée est entouré de légendes locales. Les paysages mystérieux et les formations rocheuses, comme celles du Rocher de Borée, ont inspiré des récits où se mêlent histoire et imaginaire. Le village et ses environs sont parfois décrits comme des lieux empreints de mysticisme, renforcés par la présence du Tchier de Borée.

Borée est un petit village à la fois historique et dynamique, avec une nature sauvage et des traditions vivantes. Son environnement montagneux, son patrimoine culturel, et ses sites emblématiques en font un lieu unique à découvrir pour ceux qui cherchent à s’immerger dans l’histoire et la beauté des montagnes ardéchoises.

Le Tchier de Borée

Le Tchier de Borée est également l’une des principales attractions contemporaines du village. Cet ensemble de 70 pierres dressées est devenu un lieu symbolique et mystique pour les visiteurs, alliant art moderne et spiritualité en connexion avec la nature environnante.

L’origine et la création

Le Tchier de Borée a été créé en 1994 par deux artistes, Serge Boyer et Alain de Châtellus. Il ne s’agit pas d’un site mégalithique historique, mais plutôt d’une œuvre artistique contemporaine inspirée des anciennes traditions de pierres levées (ou menhirs). Le mot « Tchier » vient du patois local et signifie « tas de pierres » ou « cairn« , un type de monticule de pierres souvent érigé pour des raisons symboliques, comme des marqueurs de territoire ou des monuments funéraires.

La description du site

Le site est composé de 70 pierres dressées, chacune gravée de symboles ou de motifs variés qui évoquent différentes thématiques : l’univers, les cycles de la vie, les astres, et les éléments naturels. Ces pierres forment un cercle et sont alignées de manière à créer des correspondances avec des événements cosmiques, tels que les solstices et les équinoxes, un peu à la manière des cercles de pierre anciens.

Certaines pierres portent des inscriptions qui reprennent des symboles alchimiques, des signes zodiacaux, ou des représentations d’anciennes mythologies. Les gravures invitent les visiteurs à une contemplation philosophique ou spirituelle.

Les légendes et mystères… toujours vivants !

Même s’il s’agit d’un site relativement récent, le Tchier de Borée est empreint d’un certain mystère en raison des symboles gravés sur les pierres et de la résonance de ces motifs avec des thèmes mythologiques et ésotériques. Certaines légendes locales parlent de forces spirituelles présentes sur le site ou de l’influence des étoiles sur les pierres.

Les habitants et visiteurs évoquent parfois des phénomènes étranges liés à la disposition des pierres, comme des sensations énergétiques inhabituelles ou des alignements astrologiques précis. Le site serait aussi un lieu propice à la méditation et à la contemplation, attirant les curieux et les amateurs de mystères. Certains considèrent le Tchier comme un lieu de « pèlerinage » pour les personnes en quête d’énergie cosmique ou de bien-être spirituel.

Quid du symbolisme

Les pierres et leurs gravures ont un lien fort avec les éléments naturels, et beaucoup voient dans le Tchier de Borée une tentative de renouer avec les anciennes traditions païennes et les cultes de la Terre. Le site semble inviter les visiteurs à se reconnecter à la nature et aux forces cosmiques. Le Tchier représente un calendrier symbolique des saisons, des équinoxes et des solstices, jouant sur des alignements astronomiques similaires aux mégalithes anciens.

L’Ardèche, cette terre mystérieuse

L’Ardèche est souvent considérée comme une terre mystérieuse, imprégnée de légendes, de mythes et d’un patrimoine naturel et culturel riche. Située dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, l’Ardèche offre des paysages variés, allant des montagnes du Massif central aux vallées profondes, en passant par des gorges spectaculaires, des grottes anciennes, et des villages perchés. Ce territoire a de tout temps nourri l’imaginaire collectif, et voici pourquoi il est si souvent décrit comme une terre mystérieuse.

L’Ardèche est une terre de contes et légendes qui ont traversé les âges. Ces sites mégalithiques, qui parsèment le paysage ardéchois, sont souvent enveloppés d’histoires anciennes, parfois considérés comme des portes vers d’autres mondes ou des lieux où se concentrent des énergies particulières.

Situé au pied du mont Mézenc, dans une région sauvage et préservée, le Tchier de Borée offre aussi une vue imprenable sur les paysages environnants. Le cadre naturel amplifie le caractère mystique du lieu, renforçant le sentiment de connexion entre l’homme, la terre, et le ciel.

Le Tchier de Borée est un lieu qui mêle art, nature, symbolisme et spiritualité, offrant une expérience unique aux visiteurs. Sa nature contemporaine, combinée à l’influence des traditions mégalithiques anciennes, en fait un site à la fois moderne et ancré dans une quête intemporelle de sens et de mystère.

Photos : https://webzine.voyage/france/auvergne-rhone-alpes/ardeche/ere-tchier-de-boree-ardeche-mezenc/