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Les structures du Tarot

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Une recherche puissante et une analyse inédite des problématiques fondamentales du TAROT. Des processus de la divination, de la spécificité du Tarot par rapport à d’autres oracles comme des origines des éléments le composant, ancêtres des jeux de carte et des oracles modernes. Il s’agit d’un ouvrage de fond concernant la psychologie, l’introspection et la vie mystique.

L’Auteur

Charles Imbert est écrivain et conférencier, spécialisé dans l’ésotérisme, l’occultisme et la tradition. Ses travaux de recherche inédits s’intéressent aux lois et à l’histoire du monde invisible, aux problématiques des mythes, archétypes, des destins, de l’éveil, du salut.

Autres publications :

* Sources du Tarot dans l‘Art occidental et l’Art sacré
* Histoire du Tarot
* Sociétés secrètes
* Initiation et éveil
* Les 7 degrés de l’Initiation
* Les sources souveraines de la Franc-Maçonnerie

Il a participé à de nombreuse émissions radio et TvDepuis 2018 il est Rédacteur en Chef de la revue française d’études spirituelles : UN TEMPS

L’Homosexualité dans les Loges maçonniques : Une histoire de tolérance et de secret

Dans le monde mystérieux et hermétique de la franc-maçonnerie, l’homosexualité a souvent été un sujet caché derrière des portes closes, au moins pour ceux qui n’étaient pas initiés à ses mystères. On pourrait dire que si la franc-maçonnerie est une grande loge, l’homosexualité y a toujours eu une chambre secrète, non pas pour l’exclure, mais pour la protéger des regards indiscrets d’une société parfois moins tolérante.

Historiquement, les loges maçonniques ont été des espaces où l’égalité et la fraternité étaient prônées, mais pas toujours pleinement appliquées, surtout quand il s’agissait de l’orientation sexuelle. En France, des figures comme Jean-Jacques Régis de Cambacérès, connu pour ses contributions au Code Napoléon, ont été ouvertement homosexuelles sans que cela n’entache leur appartenance maçonnique. Cependant, l’acceptation n’était pas uniforme. Les loges masculines traditionnelles, avec leur interdiction des femmes, ont parfois aussi reflété des attitudes plus conservatrices envers l’homosexualité.

Les loges mixtes, comme « Le Droit Humain« , ont offert un terrain plus fertile pour l’acceptation. Fondées par des pionniers comme Maria Deraismes et Georges Martin, ces loges ont mis en avant l’égalité des sexes et, par extension, une tolérance accrue envers toutes les orientations sexuelles. Ici, l’homosexualité était moins un sujet de débat qu’une simple expression de l’amour et de la fraternité, les valeurs cardinales de la maçonnerie.

Olivia Chaumont

Pour les femmes, l’histoire a été encore plus complexe. La Grande Loge Féminine de France, créée en 1952, a apporté une nouvelle dimension à la question. Si les femmes maçonnes ont lutté pour leur place dans un monde dominé par les hommes, l’homosexualité parmi elles était souvent traitée avec encore plus de discrétion. Pourtant, des figures comme Olivia Chaumont, architecte et l’une des premières femmes transsexuelles à être initiée au Grand Orient de France, ont prouvé que la diversité était bel et bien présente.

Aujourd’hui, l’ère moderne semble apporter un vent de changement. Des Fraternelles maçonniques comme « Les Enfants de Cambacérès » au GODF se sont formées pour offrir un espace de discussion et de soutien aux maçons et maçonnes gais et lesbiennes. Ces loges mettent en avant non seulement la tolérance mais aussi l’engagement envers l’égalité des droits, y compris le mariage pour tous, une cause qui a divisé et unifié les francs-maçons à travers le monde.

Malgré tout, la franc-maçonnerie reste un reflet de la société, avec ses préjugés et ses progrès. Il y a encore des loges où l’homosexualité est traitée avec une certaine réserve, mais la tendance globale est à l’ouverture, à l’acceptation, et à l’inclusion. Après tout, dans un ordre où l’on cherche à améliorer l’humanité, comment pourrait-on exclure une part si importante de son propre cœur humain?

Dans les loges maçonniques, l’homosexualité n’est ni un sujet tabou ni un secret honteux, mais plutôt une part de la grande mosaïque de l’humanité, cherchant, comme tous, à comprendre l’univers et à améliorer le monde, un frère ou une sœur à la fois.

L’évolution de l’acceptation de l’homosexualité dans la franc-maçonnerie reflète un voyage fascinant de la discrétion à une forme d’émancipation. Si les loges ont historiquement été des lieux de refuge pour les idées et les individus marginalisés par la société, la réalité était souvent plus nuancée. Les membres homosexuels, hommes ou femmes, ont dû naviguer dans un labyrinthe de tolérance implicite et de silence stratégique.

Dans plusieurs pays, notamment dans le monde anglo-saxon, la franc-maçonnerie a parfois servi de couverture pour des réseaux d’hommes gays, offrant un espace où l’expression de l’amour pouvait se faire sous le couvert de la fraternité maçonnique. Les rituels, les symboles et le secret inhérent à la maçonnerie ont été des boucliers contre la persécution extérieure. Cependant, cela ne voulait pas dire que l’acceptation était universelle; dans certaines loges, la « prudence » était de mise, et les membres homosexuels pouvaient se retrouver à devoir cacher une partie de leur identité pour s’intégrer.

L’arrivée du XXIe siècle a marqué un tournant. La visibilité et l’acceptation croissantes de l’homosexualité dans la société ont commencé à se refléter dans les loges. Des maçons ouvertement gays et lesbiennes se sont fait connaître, non seulement pour leur orientation sexuelle mais pour leur contribution au travail maçonnique. Des loges spécifiquement consacrées à la défense des droits des personnes LGBTQ+ ont vu le jour, comme « Les Enfants de Cambacérès » en France, qui prend son nom de l’illustre juriste et franc-maçon homosexuel.

De plus, des personnalités maçonniques de premier plan ont commencé à militer pour l’égalité des droits, démontrant que la philosophie maçonnique de liberté, égalité et fraternité devait s’appliquer à tous sans distinction. Des débats ont émergé sur la place de l’homosexualité dans l’initiation, les rituels et la cohésion des loges, souvent menant à des discussions enrichissantes sur la tolérance et l’amour universel.

Pour les femmes maçonnes, cette évolution a été parallèle, bien que parfois plus discrète. Les loges féminines et mixtes ont progressivement ouvert des espaces de dialogue sur l’identité et l’orientation sexuelle, souvent avec une approche plus holistique de l’humain, reconnaissant que la diversité sexuelle enrichit la fraternité maçonnique.

Aujourd’hui, même si des poches de résistance persistent, la tendance générale est à l’ouverture. Les loges maçonniques modernes cherchent non seulement à être des lieux de réflexion et de croissance personnelle mais aussi des espaces où chaque membre, quel que soit son orientation sexuelle, peut trouver une place égale et respectée. La franc-maçonnerie, en tant que microcosme de la société, continue de se transformer, affirmant que la véritable fraternité ne connaît pas de barrières, ni de genre, ni d’orientation sexuelle.

Ainsi, l’homosexualité dans les loges maçonniques est devenue un symbole de cette quête éternelle de vérité, d’égalité et de fraternité universelle, un voyage qui, comme tous les voyages maçonniques, est aussi bien intérieur qu’extérieur, vers une compréhension plus profonde de l’humanité dans toute sa diversité.

La 1ere ligne télégraphique Minsk-Bobruisk espionnait les Francs-maçons

De notre confrère Russe bobruisk.ru – Galina CHIRUK. Photos de l’auteur et des archives éditoriales

Comment les premiers opérateurs télégraphiques travaillaient et se battaient pour leurs droits à Bobruisk : dédié à l’anniversaire du télégraphe. Il y a 165 ans, le 27 novembre 1859, les premières stations télégraphiques reliant Minsk et Bobruisk commençaient leurs travaux. La Gazette provinciale de Minsk l’a rapporté en première page. Rappelons-nous : où se trouvait le premier télégraphe à Bobruisk, qui y travaillait, comment tout s’est passé.

2020. L'année de construction de la Bérézina et de l'Hôtel Européen est conservée sur le fronton.
2020. L’année de construction de la Bérézina et de l’Hôtel Européen est conservée sur le fronton.

Avant la révolution, ce bâtiment abritait l’hôtel Bérézina et Européen, alors à la mode. Le bureau des postes et télégraphes était situé au rez-de-chaussée (entrée par la rue Olkhovskaya). Il était une fois le propriétaire du bâtiment, le propriétaire foncier Karol Nezabytovsky (futur sénateur et ministre de Pologne), qui a eu l’idée d’aménager un jardin d’hiver intérieur avec des plantes uniques dans son hôtel. Maintenant, il y a des mauvaises herbes et des arbres germés ici. Et la porte de l’ancien bureau des postes et télégraphes est fermée par des maçonneries…

Le premier télégraphe a-t-il été publié dans la rue Pochtovaya ?

L’exploitation commerciale du télégraphe électrique a commencé à Londres en 1837. Moins de 22 ans plus tard, dans l’un des numéros du journal « Minskie Gubernskie Vedomosti », une chronique parut sous le titre « Ordres des autorités », signée par le vice-gouverneur Luchinsky. « On annonce partout que dans la province de Minsk des stations télégraphiques ont été établies dans les villes de Minsk et de Bobruisk, qui ont ouvert leurs opérations le 27 novembre 1859. »…

1906 Bureau des postes et télégraphes de la rue Olkhovskaya.
1906 Bureau des postes et télégraphes de la rue Olkhovskaya.

Le bureau des postes et télégraphes de Minsk était situé dans la maison du citoyen Koriozovich, au 34, rue Gubernatorskaya (aujourd’hui Lénine). Le même bâtiment abritait le service postal, la distribution de l’imprimerie, la salle des équipements télégraphiques et les standards du service téléphonique.

Mais on ne sait pas exactement où se trouvaient le premier bureau postal et télégraphique et la première station télégraphique de Bobruisk.

Les historiens locaux de Bobruisk supposent qu’au XIXe siècle, le bureau et la station télégraphiques étaient situés dans la rue Pochtovaya (à la fin des années 1920, elle fut rebaptisée Zavodskaya). Ce n’est pas loin de l’actuelle rue Lénine, autrefois – Lukskaya. C’est le long de Lukskaya que passait auparavant la route principale vers Minsk. Cette rue menait à la forteresse de Bobruisk par la porte principale de Minsk. A l’appui de cette version, on peut se référer aux données de la carte topographique militaire de l’Empire russe de 1846-1863 de Schubert et Tuchkov.

Lorsque la construction de la forteresse de Bobruisk a commencé, tous les lieux publics (institutions gouvernementales), y compris le bureau de poste du comté, ont été déplacés de son territoire vers les banlieues (établissements situés en dehors de la ville ou de la forteresse). Une maison en bois fut construite spécialement pour elle en 1818. Très probablement, c’est la poste qui a donné le nom à la rue Pochtovaya. Et à l’aube de son développement, le télégraphe faisait partie du département des postes et télégraphes.

Interdiction de la franc-maçonnerie et de se marier uniquement avec les siens

Avant même l’avènement du télégraphe, en 1812, le Département des Postes fut intégré au ministère de l’Intérieur. Tous les fonctionnaires entrant dans le service (d’abord uniquement des postes, puis des postes et télégraphes) ont prêté serment et deux souscriptions : « Sur la non-appartenance aux loges maçonniques et autres sociétés secrètes » et « Sur la non-participation aux grèves ». Tous les employés devaient détenir un certificat de fiabilité politique. Ils étaient sous surveillance pour empêcher la pénétration de la propagande révolutionnaire.

Les opérateurs des postes et télégraphes ont été tenus de signaler à la police le contenu de toute correspondance suspecte. Toute la correspondance personnelle et officielle a été examinée, les lettres individuelles ont été copiées et les télégrammes éveillant des soupçons ont été confisqués. Toutes les opérations impliquant la réception et l’émission de fonds étaient soumises à une surveillance particulière.

2020 Balcon de l'Hôtel Bérézina et Européen.
2020 Balcon de l’Hôtel Bérézina et Européen.

Lors de l’embauche, il y avait des restrictions de nationalité et de religion. Leurs mentions se retrouvent à plusieurs reprises dans les mémoires des employés. On peut supposer qu’ils parlaient des Juifs. La politique de l’Empire russe était ouvertement antisémite. Et à la fin du XIXe siècle, la population de Bobruisk était à 70 % juive et il y avait environ 40 synagogues dans la ville.

Les femmes n’étaient autorisées à travailler dans le service des postes et télégraphes qu’en 1864, mais uniquement aux postes les plus bas. Fondamentalement, ils embauchaient les épouses de leurs propres employés. Par exemple, la télégraphiste Anna Ivanovna Golyevskaya, l’épouse du directeur de la gare, travaillait à la gare de Minsk. Sur Bobruiskaya – Leontina Kazimirovna Ern, également l’épouse du patron. Dans le même temps, ils devaient avoir un diplôme d’études très élevé pour l’époque – enseignement secondaire et connaissance d’au moins deux langues étrangères.

Et pendant longtemps, les jeunes télégraphistes célibataires n’ont pas pu trouver de mari en dehors du service des postes et télégraphes. Ce n’est qu’à partir de 1908 qu’elles furent officiellement autorisées à épouser d’autres hommes, mais « après avoir demandé l’autorisation du supérieur compétent à cet égard ».

Qui travaillait au télégraphe : tous les luthériens

Le «Livre mémorable de la province de Minsk», publié en 1870, indique que la station télégraphique de Minsk, trois ans plus tôt, était dirigée par l’évaluateur collégial Nikolai Karlovich Golyevsky, qui a reçu une médaille en mémoire de la guerre de Crimée (1853-1856). De religion, il était luthérien. Le principal opérateur télégraphique était Mikhaïl Boguslavovitch Reibnitz, également luthérien. Et le troisième employé de la station était l’épouse du patron – l’opératrice télégraphique susmentionnée Anna Golyevskaya.

Pourquoi y avait-il si peu d’employés ? Je suppose que pendant un certain temps, les tâches des opérateurs télégraphistes ont été réparties entre les travailleurs qui avaient auparavant servi dans le service postal. Plus tard, une réorganisation a eu lieu et davantage d’opérateurs télégraphistes sont apparus dans le personnel.

Début des années 1900. Le marché de Bobruisk vu du ciel. Au fond à droite se trouvent la Bérézina et l'Hôtel Européen.
Début des années 1900. Le marché de Bobruisk vu du ciel. Au fond à droite se trouvent la Bérézina et l’Hôtel Européen.

Cette version est également soutenue par le nombre d’employés de la station télégraphique de Bobruisk. En 1870, 14 personnes y travaillaient (chef de gare, chef télégraphiste, mécanicien senior, télégraphistes senior et junior). Ensuite, la station était dirigée par le conseiller titulaire Eduard Wernerovich Ern. Participant à la guerre de Crimée, il a également participé à la répression du soulèvement de Kalinovsky. Il est intéressant de noter que toute l’équipe était principalement composée de luthériens (à l’exception de deux catholiques et d’un orthodoxe).

En 1878, 20 personnes travaillaient déjà à la gare. Cela n’est pas surprenant puisque le télégraphe devenait un moyen de communication de plus en plus important. Par exemple, en 1909, à la station télégraphique de Bobruisk, il y avait sept appareils Morse qui communiquaient avec Minsk, Gomel, Parichi, Glusk, Osipovichi, Starye Dorogi et Urechye (aujourd’hui un village urbain du district de Lyubansky). Depuis 1910, Minsk échange des télégrammes avec Saint-Pétersbourg, Moscou, Kiev, Varsovie et Tchernigov.

Signaleurs peu fiables

Il semblerait que les opérateurs télégraphiques occupaient un métier d’élite. Mais en réalité, tout n’était pas si simple.

Leur salaire à cette époque était faible – 24 à 36 roubles. A titre de comparaison : en 1901, un ingénieur d’une des usines de Minsk recevait 70 roubles, son assistant – 50 roubles, un pompier – de 17 à 30 roubles, un gardien – 12 roubles. Mais la majeure partie de cette somme a été consacrée au logement et à la nourriture.

Les signaleurs avaient des journées de travail irrégulières de 12 à 14 heures. Les travailleurs des postes et télégraphes n’avaient pas droit à des congés. Seulement dans des cas extrêmes, sur ordre du chef du bureau, des absences allant jusqu’à 7 jours, parfois plus, étaient autorisées. On croyait qu’en échange de vacances, les employés pouvaient se reposer pendant les jours fériés chômés.

La situation des étudiants des postes et télégraphes était également peu enviable. Pour entrer au service d’un fonctionnaire dans un établissement des postes et télégraphes, il fallait avoir suivi un cours dans une école municipale, quatre classes d’un gymnase ou une autre formation équivalente. Pendant leurs études, qui ont duré six mois, ils n’ont rien reçu.

Malgré des exigences et des réglementations strictes, tous les employés ne se distinguaient pas par leur fiabilité. Les chefs des bureaux rapportaient régulièrement au district des postes et télégraphes de Minsk que des signaleurs avaient été aperçus en train de distribuer des tracts et de la littérature révolutionnaire. De tels rapports provenaient de Bobruisk, Rechitsa, Orsha, Shchedrin (un village de la région de Zhlobin) et de Logoisk.

Démarche des grévistes

Parmi les participants au premier Congrès panrusse des employés des postes et télégraphes, tenu en novembre 1905, se trouvaient également des délégués de Biélorussie. Le congrès a adressé des demandes au gouvernement pour améliorer « la situation financière et juridique des employés des postes et télégraphes » et pour que tous ceux qui ont été licenciés reprennent leur emploi. La grève des signaleurs débute le 15 novembre 1905. A 18 heures, le signal de grève est transmis par télégraphe : « AGIPTCH ». Les premiers à l’avoir lancé furent les facteurs et les opérateurs télégraphiques de Nesvizh ; ils furent soutenus par les ouvriers du chemin de fer Libavo-Romny, ce qui fut également rapporté par télégramme. Le bureau des postes et télégraphes de Bobruisk n’est pas non plus resté à l’écart. Les grévistes réclamaient de meilleures conditions de travail et une augmentation des salaires, ainsi que le retour au travail des collègues précédemment licenciés.

Mais leur démarche s’est largement soldée par un échec. La grève a été réprimée et de nombreux employés de Bobruisk ont ​​été licenciés ou rétrogradés. Certes, ils ont ensuite été réembauchés et leurs anciens rangs ont été rétablis. Mais les collègues pour lesquels ils se sont battus n’ont jamais été rendus.

années 1980 Voilà à quoi ressemblait la machine Morse.
années 1980 Voilà à quoi ressemblait la machine Morse.

Comment les nazis ont volé le drapeau rouge des signaleurs

À propos, les opérateurs télégraphiques de Bobruisk ont ​​une histoire amusante liée à la révolution. En 1923, le comité de travail du bureau de communication du district de Bobruisk a reçu le drapeau rouge de velours écarlate pour ses mérites professionnels. Et en 1941, les nazis… l’emmenèrent en Allemagne. Malgré le fait que la bannière disait : « Voyageurs de tous les pays, soyez méchants ! » Pour le reste de la journée, nous tricoterons ensemble la pensée adneyu kamunistychny. Rabachkom Babruisk Acre. Cantors suvyazi » (orthographe et ponctuation préservées). Personne n’a probablement pris la peine de traduire le texte à leur place. Après la guerre, en 1946, la bannière fut restituée à Bobruisk.

Comment se termine l’histoire du télégraphe ? En 2008, un projet d’intégration du réseau télégraphique et du réseau de transmission de données a été mis en œuvre en Biélorussie. Désormais, les télégrammes ne sont régulièrement utilisés que par les forces de l’ordre, les sauveteurs et les météorologues. Et la phrase, si familière à l’ancienne génération : « Un télégramme pour vous ! » allé dans le passé.

Salle pleine pour la présentation du livre de Stefano Bisi/Gazzetta di Siena

Du site officiel grandeoriente.it – Par Susanna Guarino

« Les dictatures ferment les cœurs », Stefano Bisi présente son livre devant une salle comble : « Je l’ai écrit avec passion »

« Le meilleur compliment qu’ils puissent me faire est que j’ai écrit ce livre avec passion »

c’est avec ces mots que Stefano Bisi conclut la présentation de son livre devant une salle comble.

Le dernier ouvrage de  Stefano Bisi , journaliste siennois et grand maître du Goi, raconte l’assassinat de  Giovanni Becciolini  et la fureur fasciste dans la nuit de la Saint-Barthélemy. Les commentateurs étaient Roberto Barzanti et Stefano Maggi, qui ont retracé les personnages et les épisodes.

Becciolini était républicain, franc-maçon et antifasciste et fut assassiné à Florence lors de la « Nuit de San Bartolomeo », le 3 octobre 1925. 2025 est l’année du centenaire de cette nuit de l’Apocalypse, comme la définissait Vasco Pratolini. Outre Becciolini, l’avocat Gustavo Console, l’entrepreneur Gaetano Pilati et quatre ouvriers dont les noms ne sont même pas connus ont également été abattus. 

« Dans le livre – explique Bisi – il y a de nombreuses parties qui concernent Sienne. L’un des protagonistes vivait à Poggibonsi, dans une famille paysanne qui l’a accueilli après son abandon. Le médecin qui l’a soigné était Gaetano Pieraccini, également originaire du Val d’Elsa. Dans ce livre, je parle de personnes et de faits, mais je voulais surtout parler d’émotions, car j’ai vécu certaines choses directement. »

« Les dictatures ferment les cœurs » sera présenté au Colle di Val d’Elsa le 4 décembre 2024 à 17h30 dans le foyer du Teatro del Popolo, Piazza Unità dei Popoli, 2.

La Franc-maçonnerie et la doctrine de la réincarnation

De notre confrère universalfreemasonry.org

La doctrine de la réincarnation, qui nous vient aujourd’hui de l’Orient mystique, est une philosophie pérenne des écoles de mystères. On la retrouve dans les systèmes de pensée mystique de tous les temps. Quel lien pouvons-nous discerner avec la franc-maçonnerie ?

Or, ce que je dis, frères, c’est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu, et que la corruption n’hérite pas l’incorruptibilité. Voici, je vous dis un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous en un instant nous serons transformés… Car il faut que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l’immortalité… Alors s’accomplira la parole qui est écrite : La mort a été engloutie dans la victoire. – 1 Corinthiens, XV, 50-4.

Il est quelque peu attristant de constater que, malgré les millions d’années de vie humaine sur cette planète, il n’existe pas de croyance générale quant à notre origine et notre destination, ni même quant aux raisons de notre venue et de notre départ. Le sens et le but de la vie échappent encore à la science physique ; ce sont au mieux des questions de foi et souvent de désespoir. La souffrance du monde, la cruauté transparente de la nature, les inégalités étonnantes de l’existence humaine, les graves injustices qui semblent régner dans la vie de la majorité, sont, pour notre raison, des énigmes aussi grandes aujourd’hui au XXe siècle qu’elles l’ont toujours été depuis que nous avons des traces de l’histoire humaine. Dans un tel état de choses, nous ne pouvons pas nous permettre de rejeter sans entendre aucune théorie qui tente sérieusement de jeter la lumière sur ces ténèbres.

L’hypothèse générale de la préexistence (sous laquelle tombe la doctrine spéciale de la réincarnation) ne résout pas, il est vrai, les problèmes fondamentaux, mais elle repousse certaines des difficultés initiales. Elle fournit au développement de l’individu un terrain plus vaste que le cadre confiné et clos d’une courte vie terrestre, et, en fournissant une scène ou une série de scènes pour les actes et les scènes du drame séculaire de l’âme humaine avant l’existence présente, nous permet d’envisager l’idée d’une loi de causalité morale qui conditionne notre relation actuelle aux circonstances d’une manière qui n’entre pas en conflit avec notre sens inné de la justice.

En tant que fait susceptible d’être démontré scientifiquement, la réincarnation ne peut être ni prouvée ni réfutée. Les preuves qui existent ne sont que circonstancielles et tendent à la probabilité. Cependant, si nous voulons accepter – ce qu’il serait imprudent d’ignorer – l’autorité du passé, nous trouvons les Ecritures et les traditions des races orientales qui ont un grand patrimoine spirituel et philosophique et qui ont inculqué avec force cette doctrine. Il en va de même pour les systèmes pythagoricien et platonicien. En dehors des écoles philosophiques et mystiques grecques, l’esprit européen n’a pas été familiarisé avec le dogme, mais rien ne dépend de l’ignorance de ce dogme par les peuples d’un continent dont la civilisation est de développement tout récent et dont la population était barbare longtemps après que l’Egypte et l’Extrême-Orient eurent décliné de leur position élevée en tant que centres de sagesse religieuse et philosophique. L’histoire de l’Europe civilisée est pratiquement synchronisée avec celle de l’Église chrétienne, qui a détenu (ou retenu) les clés de l’information sur les questions obscures, et comme cette Église est restée muette sur la réincarnation, il n’existait aucun moyen de propager cette idée en Occident jusqu’à ce qu’elle soit introduite par le mouvement « théosophique » vers la fin du XIXe siècle. Son acceptation fut alors facilitée par deux causes : d’abord, par la traduction et la vulgarisation parmi nous de la littérature sacrée et philosophique de l’Orient, où la doctrine est universelle ; et ensuite, par la reconnaissance par la science occidentale d’un processus évolutif à l’œuvre dans la nature, un processus suggérant que toute vie progresse par gradations et par une succession de changements morphologiques ascendants. L’esprit ne peut guère être que satisfait d’observer un processus de perfectionnement graduel impliquant une séquence de naissances et de morts, et de contempler la vie endormie dans le minéral, rêvant dans la plante, s’éveillant dans l’animal, atteignant la conscience de soi et la liberté d’action chez l’homme, avec en plus la perspective d’une spiritualisation et d’un progrès ultérieurs au fil du temps.

Ce que l’esprit mystique de l’Orient a intuitivement discerné et toujours tenu pour vrai, l’intellect pratique de l’Occident l’a enfin découvert par des recherches scientifiques inductives, dont les résultats suggèrent que toute vie progresse vers une conscience de plus en plus parfaite, par une lente et patiente gradation et par d’innombrables modes et formes. L’un des arguments les plus puissants en faveur de la préexistence et de la réincarnation est fourni par notre conception générale du pouvoir créateur divin et par l’analogie entre l’évolution psychologique et l’évolution biologique. Si les types biologiques supérieurs sont apparus successivement et non simultanément avec les espèces inférieures – si Dieu, s’abstenant d’intervention surnaturelle, fait dériver les espèces les unes des autres dans une succession naturelle – alors il semble également probable que les types psychologiques supérieurs au sein de la même espèce biologique ne soient pas créés soudainement, mais produits comme résultat d’un développement naturel de types inférieurs. La véritable conception du pouvoir créateur divin, telle que nous la connaissons par la biologie, conduit à la conclusion que ce qui nous frappe comme génie ou sainteté doit avoir été préparé par des efforts conscients d’une libre volonté humaine, et non créé soudainement par Dieu sans aucun lien avec l’évolution générale de la vie spirituelle. En effet, la création soudaine de types supérieurs qui n’ont rien fait pour mériter ce niveau supérieur serait injuste envers ceux qui s’élèvent lentement vers des niveaux plus élevés par des efforts conscients. Pourquoi les autres devraient-ils nous surpasser immédiatement dès le début sans avoir rien fait pour atteindre le but de nos propres aspirations ? Bien que tout esprit qui s’efforce connaisse l’action merveilleuse de la grâce divine en lui, même cette expérience nous montre que Dieu agit sur une âme vivante, élevant cette âme déjà existante à des niveaux supérieurs, et non pas comme introduisant soudainement dans la vie humaine la perfection angélique sans effort spontané ou expérience préalable.

Nous savons que cette action du Créateur en nous s’ajoute à quelque chose qui dépend de notre libre arbitre, et c’est au moins un sens de l’Évangile : « A celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ». Dieu agit selon ses lois générales, que l’homme est capable de découvrir et d’appliquer. Ces lois ne limitent pas la toute-puissance divine ; elles ne sont qu’un reflet de cette toute-puissance dans l’esprit humain. Percevoir une loi divine, c’est simplement donner une expression humaine (selon les capacités de l’intelligence humaine) à une réalité divine qui en Dieu n’a pas la forme d’une formule humaine. Avec cette restriction, nous pouvons considérer des formules clairement conçues comme des lois de l’existence et de la vie, et comme il existe une loi de la gravité qui explique la chute d’une pierre, et une loi du mouvement qui explique le vol d’un oiseau, de même nous tirons de l’expérience une loi tout aussi universelle de l’esprit, selon laquelle, dans notre expérience terrestre, des stades plus élevés de puissance intellectuelle ou morale sont atteints par l’effort, l’entraînement, le renoncement et la mortification volontaire. L’existence même d’un stade supérieur implique donc des efforts antérieurs, et si dans notre vie actuelle il n’y a pas eu de place pour eux, nous sommes en droit d’admettre que les efforts nécessaires ont été faits dans le passé oublié de chaque esprit supérieur, et, dans le cas des esprits humains, ils n’ont pu être faits que dans des incarnations humaines passées, impliquant, comme ils le font, une connaissance et une expérience des conditions humaines qui ne pouvaient être acquises que de cette manière. Les efforts de chaque esprit individuel sont soutenus par la grâce divine, mais seuls ceux qui ont atteint quelque chose par eux-mêmes peuvent espérer l’aide divine pour accomplir plus que ce qu’ils méritent. L’analogie entre l’évolution des organismes et la croissance d’une âme montre la nécessité de nombreuses incarnations humaines pour chaque esprit individuel, de sorte que la grandeur manifestée dans une brève vie peut être considérée comme s’étant développée au cours de nombreuses vies précédentes.

Aujourd’hui, l’évolution, bien que l’on admette aujourd’hui librement qu’elle est un processus universel de la nature, est encore généralement considérée comme une découverte moderne. Cette opinion est cependant incorrecte, car la Sagesse antique, qui constitue le fondement philosophique de notre Franc-Maçonnerie moderne, la connaissait et l’appliquait bien avant que les scientifiques n’acceptent cette théorie au XIXe siècle. L’enseignement de la Sagesse antique reconnaissait que dans tout l’Univers, il n’y a qu’une seule Vie, divisée et différenciée en d’innombrables formes, et évoluant à travers ces formes depuis des degrés de perfection moindres vers des degrés de perfection plus élevés. Dans la métaphore maçonnique, la Nature était considérée comme la vaste carrière et la forêt dans lesquelles les vies individuelles ont été taillées comme autant de pierres et de bois qui, une fois dûment perfectionnés, sont destinés à s’assembler et à former une synthèse nouvelle et supérieure, un Temple majestueux digne de la présence divine, et dont le Temple de Salomon était un type.

L’Ancienne Sagesse affirmait que toute vie est issue de l' »Orient » (le Grand Monde de l’Esprit infini) et a voyagé vers l' »Occident » (le Petit Monde de la forme et de l’incarnation finies), d’où, une fois finalement perfectionnée par l’expérience dans des conditions restreintes, elle est destinée à retourner à l' »Orient ». La vie était alors vue comme étant divisée et distribuée en d’innombrables vies ou âmes individualisées, et passant d’une forme corporelle à une autre dans une progression perpétuelle. Ces âmes individualisées étaient appelées « pierres », et tout au long du cours de l’histoire on retrouve cette similitude de l’âme humaine avec une pierre, ainsi que des instructions pour la travailler d’un état brut à un état parfait. Exprimées dans le langage de la Franc-Maçonnerie moderne, descendante directe de l’Ancienne Sagesse, ces « pierres » sont appelées « pierres de taille brutes » ou « pierres de taille parfaites », selon qu’elles existent à l’état brut ou qu’elles ont été équarries, travaillées et polies. La forme corporelle dont l’âme est revêtue en entrant dans ce monde était considérée comme transitoire, variable, périssable et de peu d’importance comparée à la vie ou à l’âme qui l’animait. Pourtant, elle a été considérée comme étant de la plus grande importance à un autre égard, car elle constituait un point d’appui ou de résistance pour l’éducation et le développement de l’âme. C’est pourquoi on l’appelait, et nous l’appelons encore ainsi en Franc-Maçonnerie, « le tombeau de la transgression », le « tombeau » dans lequel l’âme est descendue pour travailler à son propre salut, pour se transformer et s’améliorer, et d’où elle ressort plus forte et plus sage grâce à cette expérience. Pour nous permettre de saisir clairement l’enseignement de la Sagesse Antique, il est essentiel de garder à l’esprit la distinction qui est faite entre l’individualité et la personnalité, entre la vie et la forme, l’esprit et le corps. La Doctrine Secrète présuppose que l’homme est un Etre spirituel ou Ego, doté des triples pouvoirs de VOLONTÉ, de SAGESSE et d’INTELLIGENCE CRÉATRICE, et qu’il entre en relation avec la matière afin de se façonner une succession de corps qui constituent ses personnalités successives, et au moyen desquels il acquiert les expériences essentielles à la croissance mentale, morale et spirituelle, jusqu’à ce que progressivement sa nature réelle brille dans toute sa Sagesse, sa Force et sa Beauté. En conséquence, la personnalité est censée inclure l’âme (au sens où on l’entend dans notre terminologie moderne) aussi bien que le corps, ou, en d’autres termes, la personnalité embrasse l’expression aussi bien que la forme. L’âme, étant donc le reflet de la triple nature de l’Esprit, a nécessairement aussi trois attributs (modes d’expression), et ce sont les pensées, les sentiments et les actions familiers de la conscience personnelle humaine. Par conséquent, l’âme a besoin, pour la pleine expression de sa triple nature, de trois corps ou véhicules :

1..CORPS MENTAL – véhicule de la pensée. 2..CORPS ÉMOTIONNEL – véhicule de la sensation et de l’émotion. 3..CORPS PHYSIQUE – véhicule de l’action.

Enfin, l’Ancienne Sagesse proclame que le « centre » de l’Être est l’Intelligence Spirituelle, qui est le Soi Supérieur ou réel de l’homme, et la doctrine enseigne que si l’homme veut trouver ce Soi, il doit apprendre à se retirer vers l’intérieur au-delà de la conscience de l’âme.

Une partie importante du programme des Mystères Anciens était l’enseignement de la Cosmologie, ou science de l’Univers, et l’intention de cet enseignement était de révéler aux Candidats la constitution physique et métaphysique du monde, ainsi que la place et la destinée de l’homme en son sein. Par ce moyen, les Candidats apprirent le flux continuel de la matière, le caractère transitoire des formes corporelles et la permanence immuable de l’Essence Unique ou Esprit qui est descendu et s’est incarné dans la matière. On leur démontra aussi la double méthode cosmique de l’Involution et de l’Evolution, par laquelle la Force de Vie universellement diffusée s’enferme et se circonscrit dans les limitations matérielles et les conditions physiques, et de là évolue et surgit à partir de celles-ci, enrichie par l’expérience. On leur donna en outre des instructions concernant les différents niveaux et graduations de l’Univers, certains matériels et d’autres éthérés, les plans et sous-plans sur lesquels le grand projet est exécuté ; dont les niveaux et les plans, tous progressivement liés entre eux, constituent une vaste échelle de plusieurs tours, portées ou échelons, une véritable « Échelle de Vie ».

Les candidats comprirent ainsi que l’Univers est constitué de consciences incarnées et que ces consciences incarnées existent dans une gradation pratiquement infinie de degrés de perfection variés – une véritable « Echelle de Vie » ou « Escalier de Vie » s’étendant sans fin dans les deux directions, car notre imagination ne peut concevoir d’autres limites qu’une limite hiérarchique ; et une telle limitation hiérarchique n’est que spatiale et non réelle, qualitative et formelle. On leur montra que l' »Echelle de Vie » est marquée à certains intervalles par des points d’atterrissage, pour ainsi dire, que les Mystères appelaient « plans de l’être » (différentes sphères de conscience, pour exprimer l’idée en termes alternatifs). Les candidats des anciens systèmes recevaient des instructions sur ces questions avant d’être admis. L’initiation et les connaissances acquises servaient à leur expliquer leur propre nature et leur constitution, ainsi que leur place dans le système mondial. Aujourd’hui, la Franc-Maçonnerie, perpétuant l’ancien enseignement, montre aux Frères une simple échelle, un symbole qui, lorsqu’il est correctement interprété, est de nature à ouvrir largement les yeux de leur imagination. Il est vrai que l’échelle représentée sur le TB du Premier Degré a une signification morale dans le cours d’instruction, mais, comme les étudiants en mysticisme hébreu le savent bien, « l’échelle de Jacob » est aussi un symbole de l’Univers avec sa succession de plans en forme d’escaliers allant des hauteurs aux profondeurs. En effet, nous apprenons du V. du SL que la Maison du Père possède de nombreuses demeures, de nombreux niveaux et lieux de repos pour Ses créatures dans leurs différentes conditions et degrés de progrès ; et ce sont ces niveaux, ces plans et sous-plans, qui sont représentés par les barreaux et les barres de l’échelle symbolique. Parmi ces plans, il y en a, pour nous, dans notre état actuel de développement évolutif, trois principaux :

1 .. PLAN PHYSIQUE 2 .. PLAN DU DÉSIR ET DE L’ÉMOTION 3 .. PLAN MENTAL.

Ces trois niveaux du monde se reproduisent chez l’homme : le premier (plan physique) correspond à son physique matériel, à son corps sensoriel ; le deuxième (plan du désir et de l’émotion) à son désir et à sa nature émotionnelle ; et le troisième (plan mental) à sa mentalité, qui forme le lien entre sa nature physique et son être spirituel. L’Univers et l’homme lui-même sont donc construits en échelles, et l’échelle avec ses trois portées principales peut être vue partout dans la Nature. Elle apparaît dans l’échelle septénaire du son musical avec ses trois dominantes ; dans l’échelle prismatique de la lumière avec ses trois couleurs primaires ; dans les changements physiologiques septénaires de notre organisme corporel, et dans les périodicités similaires connues de la physique et de toutes les branches de la science. La Sagesse Ancienne enseigne que la substance universelle unique qui compose les parties différenciées de l’Univers « descend » d’un état d’éthérialité extrême, par des étapes successives de densification croissante, jusqu’à ce que la matérialisation grossière soit atteinte, et de là, « monte » par une gradation de plans ordonnée de façon similaire jusqu’à sa place originelle, mais enrichie par l’expérience acquise par ses activités au cours de ce processus. De la même manière, nous sommes tous descendus dans ce monde (le nadir de la matérialité), et nous devons tous en remonter par les mêmes marches de « l’échelle de Jacob », « qui atteint les cieux » (le zénith – « une demeure éthérée voilée aux yeux des mortels par le firmament étoilé »). Dans certains diagrammes maçonniques et planches à tracer, une petite croix est exposée sur l’échelle, dans une position instable et inclinée, comme si elle la gravissait ; cette croix représente tous ceux qui sont engagés dans l’ascension de l’échelle vers les hauteurs, et qui, selon les mots du poème :

« S’élever par des tremplins De leur moi mort vers des choses plus élevées ».

En effet, chacun de nous porte sa propre croix (corps cruciforme) en s’élevant, le vêtement matériel dont les tendances sont toujours en contradiction avec le désir de son esprit et militent contre l’ascension. Néanmoins, ainsi chargé, chacun doit grimper, et grimper seul ; mais en tendant (comme l’enseigne la tradition secrète et comme le signifient les bras de la croix inclinée) une main vers des aides invisibles au-dessus, et l’autre pour aider à l’ascension des frères plus faibles en dessous, car comme les côtés et les barreaux séparés de l’échelle constituent une unité, ainsi toute vie et toutes les vies sont fondamentalement une, et personne ne vit pour lui seul. Les étudiants maçonniques qui reconnaissent que chaque référence dans la Franc-Maçonnerie Spéculative est figurative et porte une signification symbolique derrière le sens littéral des mots, écarteront de leur esprit toute suggestion selon laquelle l’allusion à l’épisode biblique familier dans la Quatrième Section de la Première Leçon (voir Genèse, Chapitre 28), était destinée par les compilateurs de notre système à indiquer un sujet susceptible seulement d’une interprétation morale. Nous pouvons être assurés que les fondateurs de notre Ordre avaient en vue un but bien plus profond que celui de nous rappeler simplement la triade paulinienne des vertus théologales (Foi, Espérance et Charité), aussi excellentes soient-elles. Certes, l’interprétation morale est à la fois justifiée et salutaire, mais elle est néanmoins loin d’être exhaustive, car elle occulte plutôt qu’elle ne révèle le sens de la référence scripturale et ce que le symbole de l’Echelle est censé transmettre aux esprits perspicaces. Or, si nous voulons interpréter correctement le récit scriptural de « l’Echelle de Jacob » tel qu’il est donné dans l’Instruction-conférence, nous devons nécessairement avoir recours à une ancienne doctrine mystique hébraïque à laquelle la Franc-Maçonnerie est étroitement liée – la KABBALE. La Kabbale accorde une place de choix à ce que l’on appelle les sept rois d’EDOM, et l’étudiant découvrira que ces rois sont représentés dans le Livre de la Genèse comme sept anciennes royautés précédant l’établissement du Royaume d’Israël ; Mais la Kabbale explique en outre qu’il s’agit d’images descriptives de sept mondes créés avant celui habité par l’homme, mondes qui sont incapables d’endurance permanente car l’Image Divine n’est pas assumée en eux. L’humanité qui assume l’Image Divine (c’est-à-dire l’homme parfait) est appelée Israël, et les sept rois ou royaumes d’Edom sont présentés comme sept stations ou mondes planétaires par lesquels l’âme doit passer pour atteindre la perfection. Un tel état de perfection n’est atteint que lorsque, par la restauration et l’exaltation complètes de l’âme à l’unité avec l’Esprit, les principes masculin et féminin sont en parfait équilibre l’un avec l’autre. Ces principes (masculin et féminin) sont appelés le Roi et la Reine, et sont respectivement l’Idée Archétypique (Adam Kadmon), qui subsiste avant la création, et cette Idée réalisée dans la création. Et, comme le déclare le « Livre des Occultations » kabbalistique :

« Jusqu’à ce que l’équilibre soit établi, et tant que le Roi et la Reine ne se regardent pas face à face, les sept mondes d’Edom n’auront pas de continuité. Mais lorsque la Reine apparaîtra sur son trône, alors tous les sept royaumes d’Edom seront repris en Israël et renaîtront sous d’autres noms, car tout ce qui n’est pas, tout ce qui est et ce qui sera, sont portés par l’équilibre du Roi et de la Reine qui se regardent face à face. »

Une lecture attentive de ce passage du « Livre des Occultations » révèle que la condition signifiée est précisément celle décrite également par saint Paul dans son Épître aux Corinthiens, lorsqu’il dit : « Mais quand ce qui est parfait sera venu, alors ce qui est partiel disparaîtra ; car aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face » (1 Corinthiens 13, 10-12). Il est donc évident que les rois d’Edom (c’est-à-dire Adam ou la terre) sont une figure occulte des sept domaines progressifs, sphères, planètes ou étapes, par lesquels l’âme passe sur le chemin de la royauté céleste à l’intérieur et au-delà du plan terrestre, où l’homme perfectionné devient « un prince et un dirigeant en Israël ». D’où l’évanescence des sept royaumes d’Edom ; ils représentent des étapes rudimentaires et embryonnaires dans la « fabrication » (le perfectionnement) de l’homme. De là aussi la déclaration apocalyptique : « Le septième ange sonna de la trompette. Et il y eut dans le ciel de fortes voix qui disaient : Le royaume du monde est remis à notre Seigneur et à son Christ ; il régnera aux siècles des siècles » (Apocalypse 11, 15). De plus, il est important, pour permettre à l’étudiant de comprendre le sens de la référence cryptique à Esaü dans l’Instruction-lecture, de garder à l’esprit que le V. de la LS nous informe que « Essaü est Edom et le père de ses rois » (Genèse, chapitre 36). Or, Esaü est le frère de Jacob, et comme c’est la dynastie de Jacob qui succède à celle d’Edom, il s’ensuit qu’Esaü est une figure de nature corporelle, tandis que Jacob est une figure de vie spirituelle. Voici le lien avec notre symbole de « l’échelle de Jacob », car nous pouvons discerner que les sept barres de l’échelle sont aussi les sept royaumes temporaires d’Esaü, dont Jacob est destiné, en franchissant l’échelle, à supplanter et à remplacer la domination ; ce faisant, et en atteignant le sommet (la place du Seigneur), Jacob devient ISRAEL, ou « Prince avec Dieu ». L’attention est particulièrement attirée sur Genèse, 28, verset 12 : « Et il songea, et voici une échelle dressée sur la terre, et son sommet atteignait le ciel ; et voici les anges de Dieu qui montaient et descendaient par elle. » Interprétant ce passage, la Kabbale explique que les anges sur l’échelle désignent les âmes qui descendent en incarnation, au degré le plus bas de l’Univers (la matière à son point le plus bas), et qui montent à nouveau au Ciel. Au pied de l’Echelle, en hauteur, Jacob (l’âme du pèlerin) dort, ayant pour oreiller une pierre, et comme le monde matériel est le lieu de la plus grande obscurité et de la plus grande séparation d’avec Dieu, le lieu de la vision est appelé Luz (ou Luza), signifiant « séparation ». Néanmoins, l’âme sait que le point le plus bas est aussi le point tournant du pèlerinage, et que désormais le voyage se fait vers le haut et « vers l’est ».C’est le stade où l’âme perçoit que même dans l’abîme le plus profond de la matière, il n’y a pas de séparation réelle de la présence et de la vie divines ; et que dans la Vallée même de l’Ombre de la Mort, la « Bâton et la Verge » (c’est-à-dire les Arbres de Vie et de Connaissance – symbolisés dans l’Art par le Carré, une variante de la Croix) la réconfortent – voir Psaume 23, verset 4, « Oui, quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne craindrai aucun mal : car tu es avec moi ; ta houlette et ton bâton me rassurent ». D’où l’exclamation de Jacob au réveil : « Certainement, l’Éternel est en ce lieu, et je ne le sais pas » (Genèse 28, 16), et le changement de nom du lieu qui en résulte, BETH-EL (c’est-à-dire Maison de Dieu) – verset 18. La version kabbalistique du rêve de Jacob est l’expression hébraïque de la Doctrine Secrète sur laquelle, depuis le début, toutes les grandes religions d’Orient et d’Occident ont été construites, à savoir la doctrine du « Guilgal Neschamoth », ou la transmigration et la progression des âmes.

Dans de nombreux systèmes de mystères antiques, une échelle à sept marches ou portes était utilisée pour démontrer les sept étapes du progrès de l’âme dans le monde de la matérialité. Les mystères grecs, par exemple, représentaient l’existence par le fleuve Styx, la « fille » d’Océanus (l’eau de l’éternité) et que certains appelaient la « mère » de Perséphone (l’âme), comme le véhicule par lequel elle est entraînée dans le monde souterrain et transportée de maison en maison des demeures obscures. Le Styx fait sept circuits, dont chacun comprend et forme un monde ou une station. Au cours de ces cycles d’évolution planétaire, le Styx devient la mère de quatre enfants, qui désignent respectivement les quatre divisions de la nature humaine : émotionnelle, volontaire, intellectuelle et psychique. Ces enfants ont pour père le géant Pallas (force élémentaire), pour sa victoire sur laquelle la déesse Athéna fut appelée Pallas (c’est-à-dire Pallas Athone). Le mot Styx signifie littéralement « haïssable » et signifie la nature imparfaite de l’existence par rapport à l’être pur ; ce « fleuve d’existence » est aussi appelé de diverses manières le « fluide astral », le « serpent » et « Lucifer ». Les sept étapes de l’existence constituent ce que l’on appelle une chaîne planétaire, le terme « planétaire » désignant « l’errance » (c’est-à-dire le pèlerinage), et elles sont classées comme suit :

1.. ÉTHÉRÉ. 2.. ÉLÉMENTAIRE. 3.. GAZEUX. 4.. MINÉRAL. 5.. VÉGÉTAL. 6.. ANIMAL. 7.. HUMAIN

Il faut se rappeler que ces stades ne sont pas des lieux, mais des conditions, et que dans le passage de l’âme, aucun n’est laissé en arrière, tous sont absorbés dans l’homme, l’un après l’autre étant revêtu (pour ainsi dire) et l’être tout entier compris dans l’individu parfait. Chacun des sept stades a une part dans l’évolution de la conscience, qui, il faut le noter, est unique jusqu’à ce que le stade le plus bas (le minéral) soit atteint ; le stade minéral est le point le plus bas et se trouve au pied de l' »Echelle de Vie ». C’est là que se produit le « sommeil profond » d’Adam (comme aussi de Jacob), la conscience étant unique et n’impliquant pas la conscience de soi, ayant en cela le mode le plus grossier de la matière atteint son minimum. A partir de ce point commence le processus de redoublement, ou de réflexion de la conscience, au moyen duquel l’âme passe graduellement à la conscience du Soi et de Dieu. La conscience étant unique jusqu’à ce que le quatrième ou le plus bas stade de l’existence soit atteint (le monde de la nature minérale), le commencement de la réduplication a lieu dans la cinquième station (le monde de la nature végétale), et c’est à ce stade que l’âme se rassemble et se formule en une individualité lointaine. Dans la sixième station, la capacité de « pécher » naît par l’éveil d’une conscience sympathique ; à ce stade, le « péché » devient possible pour la première fois, car tant que l’individu n’a que la simple conscience de la nature rudimentaire, il ne connaît d’autre volonté que la Volonté Divine exprimée dans la loi naturelle, et il n’y a pour lui ni meilleur ni pire – tout est « bon ». En d’autres termes : Adam, tant qu’il est encore seul, ne peut être tenté, ne peut pécher, car le simple mental ne peut pécher ; seule l’âme peut vaincre. C’est par l’avènement ou la manifestation d’« ÈVE » (l’âme, « la femme ») que vient la « connaissance du bien et du mal » ; et c’est à elle, et non à Adam, que le tentateur, lorsqu’il fait enfin son apparition, adresse ses séductions. Le « péché » d’Eve ne consiste pas à manger elle-même « le fruit de l’arbre », mais à le donner à Adam (cf. Genèse 3, 12), car cela constitue une régression sur le chemin de l’évolution, en ce sens qu’il renvoie le point polaire (c’est-à-dire la Vie Unique qui est centrée dans l’âme) en arrière et en bas, vers la raison inférieure ; car le « péché » consiste en une régression volontaire du supérieur vers l’inférieur. Le « serpent » qui tente de « pécher » est le moi astral ou magnétique, qui, ne reconnaissant que la matière, prend l’illusoire pour le substantiel. Cédant au « tentateur », l’âme tombe sous le pouvoir de la nature inférieure (« Adam »), voir Genèse 4, 16 – « et ton désir se portera vers ton mari, et il dominera sur toi » ; comme la femme de Lot, elle (Eve ; l’âme) a regardé en arrière et devient aussitôt une « colonne de sel », le synonyme alchimique de la matière.C’est dans cette soumission de la « femme » à l' »homme » et dans les conséquences funestes qui en découlent que réside la « Chute », et le fait qu’elle entraîne ces conséquences démontre qu’une telle soumission n’est pas conforme à l’ordre divin, mais qu’elle en est l’inversion. L’âme doit toujours chercher vers le haut, vers la Volonté Divine (de l’Esprit) ; et au lieu de chercher vers le bas, vers le mental, elle doit attirer le mental vers le haut avec elle. Ainsi, dans la sixième station (le monde de la nature animale), qui correspond au sixième « jour » créateur de la Genèse, l’homme est encore en train de se faire, et pour atteindre la « mesure de stature du Christ », et de l’homme potentiel à l’homme actuel et parfait, il doit entrer dans le septième et dernier monde de l’évolution kabbalistique, le dernier tour de l’Echelle de Jacob, qui est le seuil du Divin. La septième station (le monde de la nature humaine) est le monde des demi-dieux et des héros du mythe grec, des saints de la chrétienté et des Bouddhas d’Orient. Ici l’homme n’est plus simplement un animal supérieur, car la nature de la bête est expurgée et des sens nouveaux et plus subtils remplacent les anciens ; l’illumination divine et la connaissance transcendante ont fermé les avenues de la passion et du péché – c’est le premier Nirvana, ou Résurrection. Mais un pas de plus et le second Nirvana est atteint, et « Regina et Rex se regardent face à face » (l’Idée et la Réalisation sont face à face) ; car le plan de la terre et du temps est entièrement transcendé, l’indissoluble, une individualité et une vie éternelle sont gagnées – l’humanité est prise en Dieu. Ainsi est célébré le mariage mystique de la Vierge Immaculée (l’Ame) avec son époux le Saint-Esprit ; le joug de l’esclavage d’Adam est brisé, et pour toujours la malédiction est renversée par l’Ave Maria de la Régénération.et des sens nouveaux et plus subtils remplacent les anciens ; l’illumination divine et la connaissance transcendante ont fermé les avenues de la passion et du péché – c’est le premier Nirvana, ou Résurrection. Mais un pas de plus, et le second Nirvana est atteint, et « Regina et Rex se regardent face à face » (l’Idée et la Réalisation sont face à face) ; car le plan de la terre et du temps est entièrement transcendé, l’indissoluble, une individualité et une vie éternelle sont gagnés – l’humanité est prise en Dieu. Ainsi est célébré le mariage mystique de la Vierge Immaculée (l’Ame) avec son époux le Saint-Esprit ; le joug de l’esclavage d’Adam est brisé, et pour toujours la malédiction est renversée par l’Ave Maria de la Régénération.et des sens nouveaux et plus subtils remplacent les anciens ; l’illumination divine et la connaissance transcendante ont fermé les avenues de la passion et du péché – c’est le premier Nirvana, ou Résurrection. Mais un pas de plus, et le second Nirvana est atteint, et « Regina et Rex se regardent face à face » (l’Idée et la Réalisation sont face à face) ; car le plan de la terre et du temps est entièrement transcendé, l’indissoluble, une individualité et une vie éternelle sont gagnés – l’humanité est prise en Dieu. Ainsi est célébré le mariage mystique de la Vierge Immaculée (l’Ame) avec son époux le Saint-Esprit ; le joug de l’esclavage d’Adam est brisé, et pour toujours la malédiction est renversée par l’Ave Maria de la Régénération.

Les Mystères grecs ne traitaient que de deux sujets : le premier était le drame du « viol » et de la restauration de Perséphone, le second celui de l’incarnation, du martyre et de la résurrection de Dionysos ; par Perséphone on entendait l’âme, et par Dionysos l’esprit. Le mythe de Déméter et de sa fille Perséphone racontait comment la jeune fille s’était éloignée de l’Arcadie (le ciel) et de sa mère pour cueillir des fleurs dans les prés d’Enna, et comment le sol s’était ouvert et l’avait fait tomber dans le monde obscur de l’Hadès, gouverné par Pluton. Le désespoir de sa mère à la suite de cette perte atteignit Zeus, le chef des dieux, avec pour résultat qu’il soulagea sa situation en ordonnant que, si la jeune fille n’avait pas mangé du fruit de l’Hadès, elle serait immédiatement rendue à sa mère pour toujours, mais que si elle en avait mangé, elle devrait rester un tiers de chaque année avec Pluton et retourner auprès de Déméter pour les deux autres tiers. Cela prouva que Perséphone avait malheureusement mangé une grenade dans le monde inférieur, de sorte que sa restitution à sa mère ne pouvait pas être permanente, mais seulement périodique.

Ce mythe et l’importance qu’on lui a attachée ne peuvent être appréciés qu’en comprenant son interprétation. C’est l’histoire de l’âme et elle est de la même nature que le mythe mosaïque d’Adam et Eve ; Perséphone est l’âme humaine et son éloignement de sa demeure céleste et de sa mère céleste à la recherche de fleurs (symbole d’expériences nouvelles) dans les champs d’Enna (signifiant l’obscurité et l’amertume), correspond aux mêmes impulsions de désir qui ont conduit à la désobéissance d’Adam en Éden et à sa chute dans ce monde extérieur. Le fait de manger le fruit de l’Hadès fait allusion à la dégradation ultérieure de l’âme par la convoitise des plaisirs inférieurs de ce plan inférieur qui, comme le symbolise la grenade, est rempli de graines d’illusion et de vanité. C’est pourquoi, tant que ces tendances fausses ne seront pas éradiquées et que les désirs du cœur ne seront pas complètement sevrés des plaisirs extérieurs, il est décrété qu’il ne peut y avoir de restauration permanente de l’âme à sa source, mais seulement un répit et un rafraîchissement périodiques (« du travail au rafraîchissement ») que la mort apporte lorsqu’elle retire l’âme du royaume de Pluton vers le monde céleste ; suivis encore et encore par des descentes périodiques dans les limitations matérielles et des remontées dans des conditions désincarnées, jusqu’à ce que l’âme soit finalement purgée et parfaite. Au moyen de ce grand mythe, des instructions ont été données concernant l’histoire de l’âme, sa destinée et ses perspectives, et la doctrine de la réincarnation a également été mise en avant.

Le grand drame des mystères grecs énonce, en même temps qu’il voile, deux vérités cardinales : la Chute et la Rédemption de cette Chute. Ainsi, de l’état triste et lamentable dans lequel tombe Persophone, elle est finalement sauvée et ramenée aux demeures célestes ; mais pas avant la venue du Sauveur, représenté dans la parabole hermétique sous le nom d’Osiris (« le ressuscité du tombeau ») – l’Homme régénéré. Ce Rédempteur, lui-même d’origine divine, est représenté dans d’autres allégories sous d’autres noms, mais l’idée est toujours définie et l’intention évidente. En effet, Osiris est le Jésus de notre doctrine chrétienne, l’Initié suprême ou le « Capitaine du Salut » ; il est le reflet et la contrepartie dans l’Homme du Seigneur suprême de l’Univers (en grec – Dionysos, en hébreu – Adonaï), le type idéal de l’humanité. Il est représenté comme étant en toutes choses « instruit » et dirigé par Hermès ; célèbre comme le conducteur céleste des âmes des « demeures obscures » ; le Dieu sage et omniprésent dans lequel l’étudiant reconnaît le Génie de l’Entendement, ou Raison Divine, le « nous » de la doctrine platonicienne – et le mystique « Esprit du Christ ». Comme la compréhension des choses saintes et la faculté de leur interprétation sont le don d’Hermès, le nom de ce Dieu est donné à toute science et révélation de nature occulte et divine. Hermès était donc considéré comme le Messager ou l’Ange des Dieux, descendant aussi bien dans les profondeurs du monde hadéen pour en faire remonter les âmes, que s’élevant au-delà de tous les cieux pour pouvoir remplir tous les Lactance (apologiste chrétien du début du IVe siècle) dit dans ses Institutions divines : « Hermès affirme que ceux qui connaissent Dieu sont à l’abri des attaques du démon et qu’ils ne sont même pas soumis au Destin. » Or, les pouvoirs du Destin résident dans les étoiles, c’est-à-dire dans la sphère « astrale », qu’elle soit cosmique ou microcosmique, et le pouvoir astral était, dans la fable grecque, symbolisé par Argos (le génie aux cent yeux de la zone étoilée), « Panoptes », le géant omniscient, qu’Hermès eut la gloire d’avoir déjoué et tué. Le sens de cette allégorie est que ceux qui possèdent le secret hermétique ne sont pas soumis au Destin, mais ont dépassé l’esclavage de la métempsychose et se sont libérés du « tourbillon incessant sur la roue » du Destin. Les sphères d’illusion, dominées par les sept pouvoirs astraux, se trouvent entre l’âme et Dieu ; Au-delà de ces sphères se trouvent les « Neuf Demeures » célestes dans lesquelles, disent les Mystères, Déméter chercha en vain la Perséphone perdue. Car de ces demeures, Perséphone était tombée dans un état terrestre et matériel, et était ainsi tombée sous le pouvoir des dirigeants planétaires, c’est-à-dire du Destin, personnifié par Hécate. Le dixième jour, le Drame Divin montre Déméter rencontrant la Déesse du Destin et de la Rétribution,la terrible Hécate Triforme (personnification du « Karma ») qui lui raconte l’enlèvement et la détention de Perséphone dans le monde Hadéen ; par la suite Hécate devient la servante constante de Perséphone. Tout ceci est, bien sûr, chargé de la plus profonde signification ; jusqu’à ce que l’Ame tombe dans la Matière, elle n’a ni Destin ni Karma, car le Destin est l’apanage et le résultat du Temps et de la Manifestation. Dans les sept sphères astrales, la Lune représente le Destin et présente deux aspects, le bien et le mal. Sous l’aspect bienveillant, la Lune est Artémis, reflétant à l’âme la lumière divine de Phébus ; sous l’aspect malin, elle est Hécate la Vengeuse, au visage sombre et à trois têtes, rapide comme un cheval, sûre comme un chien et aussi implacable qu’un lion. L’Arbre du Bien et du Mal, dit la Kabbale, a ses racines dans Malkuth – la Lune. On affirme parfois que la doctrine du Karma est particulière à la théologie hindoue, mais au contraire, elle est clairement exposée dans les mystères hébreux, helléniques et chrétiens ; les Grecs l’appelaient Destin, et les chrétiens le connaissent sous le nom de Péché Originel.

La Franc-Maçonnerie moderne, dans la lignée des Mystères antiques, suit la méthode traditionnelle de transmission de l’instruction au moyen de mythes, et son canon d’enseignement dans les degrés de l’Art contient deux mythes : l’un, la construction du Temple du Roi Salomon ; l’autre, la mort et l’enterrement d’Hiram Abiff. L’histoire de la construction du Temple est un mythe qui renferme des vérités philosophiques, revêtues d’une forme quasi historique, et qui se rapporte à la structure de l’âme humaine, le Temple de l’âme collective de l’Humanité. Cette « magnifique structure » a maintenant été détruite et renversée de son éminence et de sa grandeur primitives ; l’Humanité, au lieu d’être un tout organique collectif uni, s’est brisée en d’innombrables parties fragmentaires, pas une pierre sur l’autre de son édifice en ruine. Elle a perdu la conscience des véritables secrets de sa propre origine et de sa nature, et doit maintenant se contenter de la fausse connaissance substituée qu’elle recueille à partir d’impressions sensorielles dans ce monde extérieur. (Voir l’article « La quête mystique en franc-maçonnerie »). Le mythe maçonnique du martyre d’Hiram Abiff nous offre l’un des mystères les plus profonds qui soient ouverts à la contemplation. Les étudiants des mystères discerneront que le véritable but de la légende centrale de notre Art n’est pas de raconter l’événement temporel de l’agonie d’un Maître assassiné, mais de raconter la parabole d’une perte cosmique et universelle. Nous ne traitons pas ici d’une tragédie survenue lors de la construction d’un bâtiment dans une ville orientale, mais d’un désastre moral pour l’humanité universelle. Hiram Abiff est tué. La lumière et la sagesse élevées destinées à guider et éclairer l’humanité nous manquent, et le manque de plans et de projets pour régler les désordres de la vie individuelle et sociale nous indique à tous qu’une lourde calamité nous est arrivée en tant que race. En fait, l’absence de principes clairs et directeurs dans la vie du monde nous rappelle avec force la confusion totale dans laquelle nous a tous jetés la perte de cette Sagesse suprême, personnifiée par Hiram ; et fait que tout esprit réfléchi attribue à quelque catastrophe fatale sa mystérieuse disparition. Nous aspirons tous à cette lumière et à cette sagesse que nous avons perdues. Comme les artisans à la recherche du corps, nous suivons des chemins différents à la recherche de ce qui est perdu, et beaucoup d’entre nous ne font aucune découverte importante au cours de nos jours. Nous la cherchons dans le plaisir, dans le travail, dans toutes les occupations et les divertissements variés de notre vie ; nous la cherchons dans les activités intellectuelles, dans la Franc-Maçonnerie, et ceux qui cherchent le plus loin et le plus profondément sont ceux qui deviennent le plus conscients de la perte et qui sont obligés de confesser, selon les mots des Écritures chrétiennes : « Ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l’ont mis. » Où est enterré Hiram ? On nous apprend que la Sagesse du Très-Haut – personnifiée par le roi Salomon – a ordonné qu’il soit enterré dans un sépulcre approprié en dehors de la Ville Sainte.Il est enterré « hors de la Cité Sainte », dans le même sens que la postérité d’Adam a été toute placée hors des murs du Paradis, car « rien d’impur ne peut entrer dans le lieu saint » qui ailleurs dans l’Écriture est appelé le Royaume des Cieux.

Notre rituel, en termes cryptiques, indique que la tombe d’Hiram, c’est nous-mêmes ; chacun de nous est le sépulcre dans lequel est enterré le Muster frappé. Au centre de nous-mêmes se trouve enterré le « principe vital et immortel » qui nous affilié au Centre Divin de toute vie, et qui ne s’éteint jamais, aussi imparfaite que soit notre vie. En d’autres termes, Hiram Abiff représente le principe Christ immanent dans chaque âme ; crucifié, mort et enterré en tous ceux qui ne sont pas conscients de sa présence, mais résidant en tous comme une force salvatrice ; pour citer saint Paul – « Christ en vous, l’espérance de la gloire ». Ainsi, le temple de l’âme humaine, constitué primordialement des trois principes SAGESSE, FORCE et BEAUTÉ, en juste équilibre et proportion, et divinement déclaré « très bon », a dévié de cet état. Des trois piliers qui devraient la soutenir, la SAGESSE (la Gnose) est tombée et a été remplacée par un support flexible et changeant d’opinion spéculative ; La force (énergie dynamique divine) a remplacé la fragilité de la chair périssable ; et la beauté, cette forme rayonnante semblable à Dieu qui devrait orner l’homme et le rapprocher de son divin Créateur, a été remplacée par toute la laideur de l’imperfection. L’homme, alors séparé de toute relation consciente avec son principe vital et immortel, est maintenant prisonnier de lui-même et de sa nature temporelle inférieure. Il lui reste à revenir sur ses pas et à reconstruire son temple ; à ne plus rester esclave de ses illusions et des attraits des « possessions terrestres », mais à devenir un homme libre et un maçon, engagé à se façonner en une pierre vivante, pour le temple cosmique d’une humanité régénérée. Par conséquent, être installé sur la chaire du roi Salomon signifie, dans son vrai sens, retrouver une Sagesse que nous avons perdue et faire renaître en nous-mêmes l’Essence de Vie Divine qui est la base de notre être. En retrouvant cette sagesse, on retrouvera aussi tout ce qui est compris dans les termes Force et Beauté, car les trois piliers sont en association et en équilibre éternels. D’un autre côté, ne pas la retrouver, ne pas raviver l’Essence de Vie Divine, pendant notre séjour dans ce monde, c’est manquer l’occasion que nous offre la vie dans des conditions physiques, car l’état après la mort, comme l’enseignaient les Mystères Anciens, n’est pas un état de travail à ce travail, mais de rafraîchissement et de repos, où aucun progrès réel n’est possible. Le travail, entendu dans le sens défini ici, et le rafraîchissement qui s’ensuit, constituent un rythme d’activité et de passivité : un rythme semblable à celui que nous expérimentons quotidiennement en ce qui concerne la veille et le sommeil, le travail et le repos. Cependant, parler de rafraîchissement, dans le sens plus profond impliqué par la Franc-Maçonnerie, est encore plus difficile que de parler du Travail philosophique ; car il s’agit d’un sujet auquel peu de gens consacrent une réflexion profonde – le côté subjectif de la vie de l’âme par opposition au côté objectif qui, pour la plupart des hommes,C’est la seule qu’ils connaissent actuellement. Mais pour le sage, l’étude de la moitié subjective de la vie est aussi importante que celle de la moitié objective, et sans elle il ne peut pas compléter le cercle de sa connaissance de soi.

Même l’étudiant maçonnique observateur est conscient, par la formule utilisée lors de la fermeture de la Loge, que par un grand Gardien de la vie et de la mort, chaque âme est appelée dans ce monde objectif pour travailler sur elle-même, et est en temps voulu sommée de se reposer de ses travaux et d’entrer dans un rafraîchissement céleste subjectif, jusqu’à ce qu’elle soit de nouveau rappelée au travail. Pour chacun, le « jour », l’occasion de travailler à son perfectionnement, est dûment donnée ; pour chacun, la « nuit » vient où aucun homme ne peut travailler à cette tâche ; le matin et le soir ne constituent qu’un seul jour créateur de la vie de l’âme, chaque partie de ce jour étant un complément nécessaire à l’autre. L’homme parfait doit unifier ces opposés en lui-même ; de sorte que pour lui, comme pour son Créateur, l’obscurité et la lumière deviennent toutes deux identiques. L’enseignement secret et universel sur ce sujet, commun à tout l’Orient, à l’Egypte, aux Pythagoriciens et aux Platoniciens, à tous les Collèges des Mystères, se trouve résumé aussi clairement qu’on pourrait le souhaiter dans le « Phédon » de Platon, auquel l’étudiant est renvoyé comme l’un des traités les plus instructifs sur le côté le plus profond de la science. Il témoigne du grand rythme de la vie et de la mort dont nous avons parlé plus haut et démontre comment l’âme, au cours de sa carrière, tisse et use de nombreux corps et migre continuellement entre les conditions objectives et subjectives, passant du travail au rafraîchissement et vice-versa à maintes reprises dans sa grande tâche d’accomplissement personnel. Et si Platon était, comme on l’a dit à juste titre, Moïse parlant le grec attique, nous ne serions pas surpris de trouver le même enseignement d’initié révélé dans les paroles de Moïse lui-même. Le psaume bien connu de Moïse ne déclare-t-il pas que l’homme est continuellement « conduit à la destruction », qu’ensuite une voix se fait entendre disant « Revenez, enfants des hommes ! » et que le monde spirituel subjectif est son refuge d’une manifestation objective à une autre ? Qu’est-ce qu’une paraphrase de cette grande parole de réconfort que la déclaration maçonnique selon laquelle, au cours de sa tâche de perfectionnement, l’âme est périodiquement appelée à des périodes alternantes de travail et de rafraîchissement ? Elle doit travailler, et elle doit se reposer de ses labeurs ; ses œuvres la suivront, et dans le monde subjectif, l’âme de chaque Frère recevra ce qui lui est dû pour son travail dans le monde objectif, jusqu’au moment où son travail sera achevé et qu’elle sera devenue « un pilier dans la Maison de Dieu et ne sortira plus » comme un ouvrier-constructeur dans cet atelier sublunaire.

« Priez pour la paix de Jérusalem ! Ceux qui l’aiment prospéreront. La paix est dans ses murs et l’abondance dans ses palais. Pour l’amour de mes frères et de mes compagnons, je dirai : Que la paix soit en toi. »
(Psaume CXXII)

Les 7 pas-sages de l’initié : « Un voyage spirituel vers la maîtrise »

Qu’est-ce qu’un initié ?

Dans les traditions spirituelles et ésotériques, l’initié est bien plus qu’un simple participant ou un membre d’un groupe ; il représente une personne engagée sur un chemin profond de découverte intérieure et de transformation personnelle. Cette démarche, particulièrement évidente dans des voies initiatiques comme la Franc-maçonnerie, vise à transcender le quotidien et le profane pour accéder à des états de conscience plus élevés et plus subtils.

L’initié, dans ce contexte, n’est pas quelqu’un qui cherche à se distinguer par une supériorité apparente ou un pouvoir sur les autres. Au contraire, il s’engage dans un processus d’auto-évolution où le but principal est la maîtrise de soi. Cette maîtrise de soi est essentielle car elle permet à l’individu de libérer son potentiel le plus pur et le plus lumineux. Cette partie de l’être, libérée de ses peurs, des entrailles de l’ego et des illusions matérielles, peut alors s’épanouir pour son bien et celui de la communauté et dans un service désintéressé envers autrui.

Cependant, devenir un initié n’implique pas seulement une transformation individuelle. Il s’agit aussi d’une réorientation vers le collectif, une reconnaissance que chaque progression personnelle contribue à l’élévation collective. L’initié apprend ainsi à agir avec sagesse et compassion, cherchant à révéler non seulement sa propre lumière mais aussi à éclairer les chemins pour les autres, créant ainsi un réseau de soutien spirituel et de croissance mutuelle.

Dans la Franc-maçonnerie, le chemin de l’initiation est jonché de symboles et de rituels qui enseignent progressivement les vérités cachées de l’existence. Ces rituels servent de points de repère dans le voyage de l’initié, l’aide à naviguer à travers ses propres ombres et lumières, et à déchiffrer les messages profonds encodés dans les expériences quotidiennes de la vie.

Le chemin de l’initié à travers les sept voiles

Le chemin de l’initié à travers les sept voiles constitue un parcours profondément symbolique de transformation, ancré dans les enseignements de la Tradition Hermétique et du concept de Tikoun, qui signifie « réparation » ou « correction » en hébreu. Chaque voile que l’initié traverse représente une étape spécifique de purification et d’élévation spirituelle, où il doit affronter et surmonter divers défis.

Ces voiles sont métaphoriquement tissés avec les fils des émotions humaines, des pensées limitantes, et des comportements qui entravent l’épanouissement spirituel. En les franchissant, l’initié se libère progressivement des illusions et des attachements matériels pour accéder à une compréhension plus profonde de la vérité universelle. Chaque voile correspond à une planète et à un principe alchimique, de la Lune, symbole de l’éveil intérieur, à Saturne, représentant la sagesse ultime et la réalisation mystique.

Le voyage à travers ces voiles n’est pas linéaire mais plutôt cyclique et répétitif, permettant à l’initié de revisiter et de redécouvrir des leçons à des niveaux de plus en plus profonds à mesure qu’il avance sur son chemin spirituel, telle une spirale. Ce périple initiatique est essentiel pour atteindre la maîtrise de soi et pour révéler la lumière intérieure, mettant finalement cette sagesse au service de l’humanité.

Le voile de la Lune : voie de l’Éveil

Le voile de la Lune dans le chemin de l’initié symbolise la voie de l’Éveil, marquant le début de sa transformation spirituelle. Cette étape cruciale requiert de l’initié qu’il affronte et dépasse ses peurs, souvent enracinées dans les aspects les plus profonds de son être. En apprenant à comprendre l’origine et la nature de ses peurs, il peut les transcender, libérant ainsi un potentiel jusque-là inhibé par ses barrières liées à ses peurs.

Parallèlement, cette traversée initiatique encourage un développement significatif de l’ouverture d’esprit et de la spiritualité de l’initié. En élargissant sa perspective sur le monde et sur lui-même, il commence à percevoir et à apprécier l’interconnexion de toutes choses, un principe fondamental dans de nombreuses traditions spirituelles. Cette prise de conscience renouvelée inspire un sentiment de solidarité universelle et de responsabilité partagée, posant les fondements pour les prochaines étapes de son voyage spirituel.

Le voile de Mercure : voie de la Communication

Le voile de Mercure, représentant la voie de la Communication, confronte l’initié à l’importance de transcender son écoute égocentrée pour engager un dialogue authentique avec le monde et les différentes facettes de son propre être. C’est une invitation à pratiquer une communication véritable, qui ne se limite pas à parler mais qui intègre profondément l’écoute active et empathique notamment au travers du silence. Cette capacité à écouter permet réellement à l’initié de comprendre les perspectives des autres, facilitant ainsi la transmission de connaissances et le partage d’expériences.

En ouvrant des canaux de communication sincères, l’initié bâtit des ponts entre les individus, renforçant ainsi les liens communautaires et favorisant une compréhension mutuelle.

Le voile de Vénus : voie de l’Amour

Le voile de Vénus, représentant la voie de l’Amour, met l’accent sur la capacité de l’initié à développer une compréhension profonde de l’autre. Cette étape nécessite une introspection sincère pour reconnaître et se libérer des émotions disproportionnées et de la sensiblerie, qui peuvent souvent voiler la véritable essence des relations humaines. En apprenant à modérer ses réactions émotionnelles, l’initié cultive une empathie plus authentique et une compassion qui ne sont pas entravées par des sentiments excessifs ou des préjugés personnels.

Cette maturité émotionnelle lui permet d’équilibrer ses sentiments, favorisant une approche plus juste et respectueuse dans ses interactions.

Le voile du Soleil : voie de l’Ego

Le voile du Soleil incarne la voie de l’Ego, où l’initié est appelé à prendre conscience de son égoïsme et de sa vanité, deux entraves majeures sur son chemin spirituel. Cette prise de conscience est cruciale car elle initie un processus de transformation intérieure visant à transcender ces aspects limitatifs de la personnalité. L’initié apprend ainsi à reconnaître sa place dans un ensemble plus vaste, ce qui ouvre la voie à un engagement plus profond envers le bien commun.

En travaillant à développer le don de soi et l’altruisme, l’initié met en pratique la véritable essence du service désintéressé. Cette transformation n’est pas seulement personnelle mais s’étend à son impact sur la communauté et l’environnement, reflétant un changement authentique dans la manière dont il interagit avec le monde.

Le voile de Mars : voie de la Force

Le voile de Mars, désignant la voie de la Force, invite l’initié à affronter et à transcender la colère et la violence, deux manifestations puissantes mais souvent destructrices de l’énergie humaine. Cette étape critique du chemin spirituel exige de l’initié qu’il redirige cette énergie vers des actions constructives et positives, transformant ainsi un potentiel destructeur en force créatrice.

Ce processus de transformation est essentiel pour que l’initié puisse utiliser sa force intérieure non pour dominer ou détruire, mais pour construire et soutenir les autres.

Le voile de Jupiter : voie du Pouvoir

Le voile de Jupiter, symbolisant la voie du Pouvoir, confronte l’initié à un défi majeur : recevoir la puissance tout en résistant à la tentation du désir de pouvoir. Cette étape essentielle du parcours spirituel nécessite de cultiver une profonde introspection pour reconnaître et maîtriser les impulsions égocentriques qui peuvent corrompre le véritable sens du pouvoir.

L’initié doit développer la capacité de trouver la force intérieure et de pardonner, ce qui implique souvent de surmonter des chagrins personnels et de voir au-delà des fautes d’autrui. En pratiquant le pardon, l’initié libère non seulement les autres de leur dette émotionnelle, mais se libère également des chaînes de rancœur qui entravent sa propre croissance spirituelle.

Le voile de Saturne : voie Mystique

Le voile de Saturne, marquant la voie Mystique, représente l’aboutissement du voyage spirituel de l’initié. C’est une phase où l’accent est mis sur la cessation des divisions et des fragmentations, tant internes qu’externes. L’initié est appelé à rassembler ce qui est épars, à réconcilier les contradictions et les dualités apparentes de l’existence pour embrasser une vision plus holistique et unifiée de la réalité.

Cette dernière étape est cruciale, car elle symbolise le retour à l’essence originelle, un état où les séparations créées par l’esprit et les perceptions limitées s’effacent. Dans cette réalisation, l’initié découvre une interconnexion profonde avec tout ce qui existe, reconnaissant que chaque élément de l’univers partage une origine commune et un destin lié.

La quête

Au seuil de la porte basse, chaque pas sur le chemin des sept voiles s’inscrit dans une quête éternelle, où l’initié, tel un pèlerin, poursuit avec foi et espérance la découverte de sa vérité intérieure. Cette odyssée spirituelle, pavée de réflexions profondes et d’épreuves transformatrices, n’est pas seulement une marche vers la lumière mais une danse avec l’étoile de la connaissance.

À vous, marcheurs du sentier initiatique, gardez à l’esprit que chaque éveil, chaque parole échangée, chaque amour partagé, chaque ego surmonté, chaque force maîtrisée, chaque pouvoir tempéré, et chaque unité réalisée ne sont que des reflets de la lumière divine en vous. Embrassez chaque voile non comme une fin, mais comme un portail vers une compréhension plus vaste, où l’essence même de l’existence se dévoile dans sa splendeur intemporelle.

Poursuivez cette quête non pas comme une charge, mais comme un chant d’amour éternel, guidé par la lumière de la sagesse et la chaleur de l’altruisme. Que votre voyage soit un témoignage vivant de la transformation possible quand l’âme aspire à la transcendance et à la plénitude. En avant, avec courage et amour, car chaque pas est un pas vers le retour à l’unité sacrée de tout ce qui est.

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Philippe Benhamou : L’Auteur qui Décrypte les Mystères de la Franc-Maçonnerie – INTERVIEW

Dans le monde feutré et symbolique de la Franc-maçonnerie, un nom émerge avec une plume à la fois érudite et humoristique : Philippe Benhamou. Né en 1957, cet essayiste français est devenu une figure incontournable pour ceux qui cherchent à comprendre ou à approfondir leur connaissance sur une des sociétés secrètes les plus discutées au monde.

Un Chercheur dans l’Âme

Docteur en intelligence artificielle, Philippe Benhamou a bifurqué vers un domaine où l’intelligence se mesure aussi à la capacité de décrypter les symboles et les rites. Membre de la Grande Loge de France depuis 1991, il apporte un éclairage moderne et accessible sur des traditions séculaires, ce qui en fait un pont idéal entre les initiés et les profanes.

Des Œuvres pour les Nuls… et les Initiés

Son œuvre la plus célèbre, « La Franc-Maçonnerie pour les Nuls », co-écrite avec l’auteur américain Christopher Hodapp, a été publiée en 2006 et a rapidement conquis un large public. Ce livre, qui se veut être une introduction ludique et dépoussiérée à la Franc-Maçonnerie, a permis à Benhamou de toucher une audience qui ne se serait peut-être jamais penchée sur le sujet sans ce titre accrocheur de la collection « Pour les Nuls ».

Mais Philippe Benhamou ne se contente pas de vulgariser la Franc-Maçonnerie. Il écrit également des romans et des nouvelles qui plongent le lecteur dans le quotidien ou le symbolisme maçonnique. Son roman « Madame Hiramabbi » a même été récompensé par le Prix Cadet Roussel en 2014, illustrant sa capacité à marier fiction et ésotérisme avec une touche d’humour.

Un Auteur Multifacettes

Au-delà des livres, Benhamou est actif sur la scène médiatique. Co-créateur de la webradio RadioDelta, il anime l’émission « 123 Soleil », où il partage avec passion et esprit ses réflexions sur la Franc-Maçonnerie et d’autres sujets connexes. Il contribue également à divers magazines, comme Franc-maçonnerie magazine, où il continue d’éclairer les lecteurs sur les mystères et les réalités de la loge.

L’Homme derrière les Mots

Philippe Benhamou est un homme qui allie tradition et modernité dans ses écrits. Ses travaux ne se limitent pas à la Franc-Maçonnerie ; il a également exploré d’autres sujets comme l’histoire de l’aviation, montrant ainsi une curiosité intellectuelle et une capacité d’analyse qui ne s’arrêtent pas aux portes de la loge.

Pour résumer, Philippe Benhamou est plus qu’un simple auteur spécialisé dans la Franc-Maçonnerie. C’est un érudit qui, avec humour et précision, ouvre les portes des mystères maçonniques à quiconque désire y jeter un œil, ou plutôt, une plume. Il continue d’écrire, d’enseigner et de partager sa passion, rendant ainsi la Franc-Maçonnerie accessible, compréhensible, et surtout, toujours fascinante.

Philippe Benhamou, en bref, est le guide qui, avec un sourire et une érudition certaine, vous accompagne dans les méandres du temps et des rituels maçonniques.

Interview

Pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas encore (ils sont rares) ?

Pour reprendre les mots de nos rituels, je me décrirais comme « un humble postulant perdu dans les ténèbres ». Plus concrètement, je suis toujours en quête de sens, cherchant à comprendre si ma vie a une signification. Mais c’est précisément cette recherche qui donne du sens à mon existence. C’est une quête qui ne peut être menée seule, car ma vie est intrinsèquement liée à celle des autres, et plus largement à la Vie avec un grand V.

Votre parcours est intimement lié à la franc-maçonnerie. Qu’est-ce qui vous a initialement attiré dans cet univers et comment cela a-t-il influencé votre travail d’écriture ?

Comme je l’ai mentionné, la quête de connaissance personnelle et universelle m’a attiré vers la franc-maçonnerie. J’ai été initié dans une loge de la Grande Loge de France en 1991. En 2005, j’ai coécrit « La Franc-maçonnerie pour les Nuls », publié chez First Éditions. Ce livre n’était pas mon premier, mais il a été déterminant dans ma carrière d’écrivain, particulièrement dans le domaine maçonnique avant de m’étendre à d’autres sujets. Avec ma formation scientifique et ma carrière dans un centre de recherche, jamais je n’aurais imaginé que l’écriture puisse occuper une place aussi importante dans ma vie. Un frère m’a dit un jour de moi que j’étais un saltimbanque au pays des géomètres. Comme il y a des gauchers contrariés, je me considère comme un littéraire contrarié.

Avec une carrière prolifique en tant qu’auteur maçonnique, comment décririez-vous l’évolution de la perception de la franc-maçonnerie dans la société contemporaine ?

L’image de la franc-maçonnerie oscille comme un pendule. Grâce à nos efforts de communication, notamment par des ouvrages comme « La Franc-maçonnerie pour les Nuls », le journal 450.fm et Radio Delta, nous avons réussi à démystifier, plutôt que vulgariser, de nombreux aspects de notre pratique. La perception est moins chargée de clichés, bien que nous devions encore affronter les théories du complot et les actes de vandalisme contre nos temples.

Votre dernier ouvrage vient de paraître. Pouvez-vous nous en dire plus sur son contenu et ce qui vous a inspiré à l’écrire ?

Mon dernier projet, longtemps mûri, vient de paraître chez Numérilivre. Il s’agit d’une collection intitulée « À sa place et à son Office », destinée à guider les jeunes maîtres et jeunes maîtresses dans leur rôle au sein de la loge. Les trois premiers tomes sur le Vénérable Maître, le Premier et le Second Surveillant sont disponibles, et d’autres suivront. Ce guide pratique et accessible vise à fournir des repères clairs et des conseils pratiques pour éviter les écueils courants de ces fonctions essentielles.

Quels nouveaux éclairages ou perspectives espérez-vous offrir aux lecteurs avec ce livre ?

Avec cette collection, je souhaite offrir aux futurs officiers des outils concrets pour naviguer avec assurance dans leurs rôles respectifs. L’objectif est de leur fournir une compréhension claire de leurs responsabilités et des meilleures pratiques pour contribuer efficacement à la vie de leur loge. Cela est particulièrement vrai pour les surveillants dont le rôle est fondamental pour la pérennité de la loge : ils contribuent à édifier et consolider un groupe qui prendra la direction de la loge dans quelques années.

Comment abordez-vous le défi de rendre accessibles des concepts parfois complexes ou symboliques au grand public ?

Bien que nous puissions expliquer les rituels et symboles, et même décrire les mythes, rien ne remplace l’expérience directe de ces éléments en action lors des réunions maçonniques. C’est pourquoi, dans mes écrits, j’ai toujours cherché à équilibrer la clarté explicative avec le respect du mystère inhérent à notre pratique, invitant les lecteurs à découvrir par eux-mêmes les profondeurs de la Franc-maçonnerie. Ainsi, dans la Franc-maçonnerie pour les Nuls, j’ai cité le début du rituel d’ouverture de la Loge au 1er degré du Rite écossais ancien et accepté pour montrer au lecteur que s’il pense avoir tout compris, il lui reste encore des éléments mystérieux.

Quelle place accordez-vous à l’humour et à la pédagogie dans vos écrits, notamment dans le cadre maçonnique ?

L’humour est essentiel. Il permet de prendre du recul et de mettre en lumière les petits travers de nos pratiques, tout en posant des questions là où nous pensons avoir toutes les réponses. Dans mes écrits, j’utilise l’humour pour rendre les concepts accessibles et pour montrer que, malgré notre sérieux, nous sommes tous humains et imparfaits.
Et l’humour permet souvent de gratter là où ça fait mal et de poser des questions là où l’on pense avoir tout compris.

Selon vous, quelles sont les plus grandes idées reçues sur la franc-maçonnerie aujourd’hui, et comment vos ouvrages contribuent-ils à les déconstruire ?

Les idées reçues abondent : influence politique, contrôle financier, opposition aux religions. Mes livres s’efforcent de démystifier ces clichés en offrant une vue équilibrée et documentée de ce que nous sommes réellement : des femmes et des hommes engagés dans une quête personnelle et collective pour une meilleure compréhension du monde et de nous-mêmes. Des femmes et des hommes qui vont changer le monde pour le rendre meilleur, chacun à la hauteur de ses capacités.

Face aux défis sociétaux actuels, quel rôle la franc-maçonnerie peut-elle jouer en tant qu’acteur de réflexion et de transmission de valeurs ?

La franc-maçonnerie offre un cadre pour élargir notre conscience et dépasser nos limites personnelles. Que ce soit par l’engagement social ou la quête spirituelle – les deux approches ne sont pas incompatibles, la franc-maçonnerie promeut un humanisme qui peut répondre aux défis modernes par la solidarité et l’amour du prochain, des valeurs plus nécessaires aujourd’hui que jamais.

Avez-vous d’autres projets littéraires ou éditoriaux en préparation ? Si oui, pouvez-vous nous en donner un aperçu ?

Je continue de développer la collection « À sa place et à son office » qui s’enrichira de nouveaux titres en 2025. Par ailleurs, après avoir abondamment écrit sur la franc-maçonnerie, je me tourne désormais vers la fiction, un domaine qui s’est imposé à moi comme une nouvelle passion nécessaire à mon expression créative. J’ai déjà publié deux romans et récemment un recueil de nouvelles. L’écriture est devenue pour moi une nécessité. C’est exigeant mais très enrichissant.

Quel message souhaiteriez-vous transmettre à vos lecteurs, qu’ils soient initiés ou simplement curieux de découvrir la franc-maçonnerie ?

Mon conseil serait de travailler sans relâche, de ne jamais céder à la paresse intellectuelle ou spirituelle, et de trouver du plaisir dans cet effort. Comme l’écrit Jean de La Fontaine dans la fable « Le Laboureur et ses Enfants » : « Travaillez, prenez de la peine : C’est le fonds qui manque le moins ». En franc-maçonnerie comme dans la vie, c’est par le travail que nous pouvons espérer trouver des réponses et peut-être même un trésor.

Vidéo Interview tournée durant le salon Masonica Tours

Comprendre « Dieu »… ou le GADLU si vous préférez

Dans l’immense tapisserie de l’existence, l’être humain semble souvent en quête d’une vérité plus profonde, une compréhension de son essence même. La Franc-Maçonnerie, avec son héritage d’enseignements et de symboles séculaires, se présente comme un guide pour cette exploration intérieure. Mais avant de se lancer dans cette odyssée de l’esprit, on doit affronter les spectres de croyances populaires, mythes et dogmes qui, comme des nuages opaques, obscurcissent la lumière de la raison.

La Franc-Maçonnerie ne demande pas à ses adeptes de « Croire« , mais plutôt de « Comprendre« . Cette distinction est cruciale. Croire peut être un acte de foi aveugle, tandis que Comprendre exige un effort de la raison, une dissection des illusions pour révéler la vérité. En effet, la compréhension est la clé qui déverrouille les chaînes de la manipulation par les accusations de conscience.

Le Grand Architecte de l’Univers (GADU), souvent personnifié dans les discussions humaines avec des qualités anthropomorphiques, est un concept qui transcende ces limitations. Il n’est pas un être avec un début et une fin, mais l’Être qui est simplement « Je Suis », une affirmation de l’éternité et de l’omniprésence. Cette notion est au cœur de la franc-maçonnerie, où l’étude de Dieu se fait sous le projecteur lumineux de la raison, non de l’aveuglement par la foi.

La Franc-Maçonnerie, en tant qu’institution, se consacre non seulement à la construction d’un édifice moral, mais aussi à l’édification de l’être humain vers sa perfection. Les maçons d’aujourd’hui, qualifiés de « spéculatifs », ne construisent plus des cathédrales de pierre, mais des temples dans le cœur de l’homme, où la tolérance, la science et la vertu sont les pierres angulaires.

La spiritualité dans la franc-maçonnerie n’est pas synonyme de religion, mais plutôt une exploration de la transcendance à travers la raison. Les questions fondamentales de l’existence – Qui suis-je ? Où vais-je ? – trouvent ici des réponses non dans des textes sacrés, mais dans l’introspection et la découverte personnelle.

L’usage du terme « Grand Architecte de l’Univers » dans la maçonnerie est une invitation à unir la raison et l’esprit, à chercher l’ordre dans le chaos apparent de l’existence. Ce n’est pas un dogme, mais un point de départ pour une recherche intérieure, une reconnaissance d’une énergie créatrice qui imprègne toutes choses.

Ainsi, la Franc-Maçonnerie, par son approche initiatique, offre un chemin où l’homme peut se transcender, où les dogmes cèdent la place à la compréhension, où la foi se transforme en connaissance. Elle est le pont entre l’immuable essence de l’univers et l’esprit humain en quête de son propre sens, une quête qui, bien que souvent voilée par les sens, promet une révélation de la Vérité ultime.

La Franc-Maçonnerie: Un Voyage Vers l’Illumination

Le voyage maçonnique n’est pas une simple promenade dans le jardin de la connaissance ; c’est une expédition dans les profondeurs de l’âme, où chaque pas est un acte de construction intérieure. Les francs-maçons, dans leur quête, embrassent une philosophie qui ne se contente pas de l’acceptation passive des vérités établies. Ils cherchent à tailler, à polir et à édifier leur propre perception de la réalité, utilisant la pierre brute de leur être comme matière première pour l’élévation spirituelle.

Ce chemin initiatique est jalonné de symboles, de rituels et de traditions qui servent non seulement à transmettre des enseignements mais aussi à éveiller le candidat à une conscience plus aiguë de lui-même et de l’Univers. Chaque symbole, chaque geste, chaque mot prononcé dans les loges maçonniques est une invitation à décrypter les mystères de l’existence, à passer de l’ombre de l’ignorance à la lumière de la sagesse.

Cependant, cette lumière n’est pas une destination finale, mais un phare continuant à briller sur un chemin sans fin. La Franc-Maçonnerie enseigne que la vérité est dynamique, en constante évolution, tout comme l’être humain qui la recherche. Cette recherche de la vérité n’est pas solitaire ; elle est collective, se nourrissant des expériences et des perspectives de chaque maçon, formant ainsi une mosaïque de compréhension où chaque pièce contribue à l’ensemble.

Dans ce voyage, la notion de « liberté » prend une dimension particulière. La liberté maçonnique est la liberté de penser, de questionner, et de s’élever au-delà des dogmes. C’est une liberté qui s’accompagne de la responsabilité de chercher la vérité par soi-même, de forger son propre chemin, même si ce chemin doit parfois s’écarter des routes bien battues par la société ou les croyances religieuses.

Le Grand Architecte de l’Univers, dans cette perspective, n’est pas un être à adorer aveuglément mais une source d’inspiration pour comprendre l’ordre, la beauté et la complexité de la création. Il représente l’idéal de perfection vers lequel chaque maçon tend, mais jamais avec l’illusion de l’atteindre pleinement, car la perfection, comme l’Univers, est infinie et sans cesse changeante.

En conclusion, la Franc-Maçonnerie invite chacun à devenir un « maçon spéculatif », c’est-à-dire un bâtisseur de sa propre vie spirituelle et morale. Elle offre des outils intellectuels et symboliques pour déconstruire les préjugés, reconstruire son être sur des fondations plus solides de la connaissance et de la vertu. Et si, par hasard, vous vous demandez comment reconnaître un maçon, souvenez-vous simplement que, comme le disait Douglas Adams, « Les gens qui pensent qu’ils savent tout sont particulièrement ennuyeux pour ceux qui le savent vraiment. »

Rappelons-nous que dans cette grande aventure de l’âme, la Franc-Maçonnerie nous apprend que le vrai pouvoir réside dans la compréhension, et que le plus grand architecte n’est autre que l’être humain qui, armé de sa raison, construit son chemin vers la lumière. Et si vous demandez pourquoi nous utilisons tant de métaphores architecturales? Eh bien, comme le dit Hitchhiker’s Guide, « L’Univers est un lieu sacrément grand. Si seulement nous avions quelque chose de plus intéressant à faire avec lui qu’essayer de comprendre comment il a été construit. »

Respect de la parole donnée : Réflexions sur la fidélité et les conséquences du manquement

« Ce que vous faites parle si fort que je n’entends pas ce que vous dites. » (Emerson)

Le respect de la parole donnée est une notion fondamentale dans la vie personnelle, sociale, et spirituelle. En franc-maçonnerie, il transcende les simples accords ou promesses, en incarnant des valeurs telles que l’honneur, la fidélité, la confiance, et la cohérence. Chaque serment prononcé au sein d’une Loge engage l’individu non seulement envers ses Frères et Sœurs, mais aussi envers les principes élevés qu’il a juré de suivre.

Comme l’affirme Lao-Tseu : « La parole sincère n’est pas élégante, et la parole élégante n’est pas sincère. » Cette citation nous rappelle que la valeur d’une parole ne réside pas dans sa beauté apparente, mais dans sa véracité et dans la volonté de la respecter. Dans le cadre maçonnique, le respect de la parole donnée reflète l’alignement intérieur de l’individu avec ses valeurs et son engagement sincère envers le collectif.

Avant d’aborder le fond de ce morceau d’architecture, posons-la ou les questions étymologiques de la « question d’honneur » !

L’expression « l’honneur de la parole donnée » puise ses racines dans le latin, notamment à travers les termes « honor » pour l’honneur et « parabola » pour la parole. Elle évoque l’idée que le respect et la dignité d’un individu sont intimement liés à sa capacité à tenir ses promesses, reflétant ainsi des valeurs morales et sociales fondamentales. Dans ce contexte, la parole devient un engagement sacré, essentiel à la confiance et à l’intégrité au sein des relations humaines.

Comment un Frère ou une Sœur à l’intérieur de l’obédience ou de sa loge peut-il ne pas respecter sa parole ?

Faiblesse humaine ou manque de vertu ?

Le Serment (Dionysos Tsokos, 1849) illustre une cérémonie d’initiation : le pope semble être Grigórios Phléssas, le combattant Theódoros Kolokotrónis.

Dans un contexte maçonnique, ne pas respecter sa parole peut découler de diverses raisons : faiblesse temporaire, manque de discernement, ou même égoïsme. Cependant, « celui qui manque à sa parole perd à la fois son honneur et son intégrité », comme le disait Pierre Corneille. La parole donnée, notamment lors des serments initiatiques, est l’acte fondateur d’une fidélité à soi-même et à la communauté. Manquer à cette parole revient à trahir ce qui fait l’essence même du cheminement maçonnique.

Hypocrisie et dissimulation

Le non-respect d’un engagement dévoile souvent une forme d’hypocrisie. Ce Frère ou cette Sœur projette une image d’intégrité au sein de la Loge, tout en agissant différemment dans la vie profane ou même dans ses interactions avec d’autres membres. Le poète français Alfred de Vigny résume bien cette situation en écrivant : « La parole a été donnée à l’homme pour déguiser sa pensée. » Pourtant, dans le cadre maçonnique, où la transparence et la sincérité sont au cœur du chemin initiatique, utiliser la parole pour masquer ses intentions est une rupture profonde avec l’éthique.

La quête du pouvoir ou de l’intérêt personnel

Lorsque la parole donnée est rompue par ambition ou intérêt personnel, il s’agit d’une déviance grave. Dans ces cas, l’individu sacrifie l’essence même de la fraternité pour des gains égoïstes. Le philosophe Friedrich Nietzsche a exprimé ce principe : « Ce n’est pas la vérité qui est supérieure, mais la fidélité. » La fidélité aux engagements pris, aux valeurs élevées de la Loge, prime sur tout désir de domination ou d’enrichissement personnel.

Qui est-il (elle) vraiment ?

Un miroir de ses faiblesses

Le Frère ou la Sœur qui ne respecte pas sa parole est en réalité un miroir de ses propres contradictions et luttes internes. La franc-maçonnerie est une école de perfectionnement où chacun doit polir sa « pierre brute ». Manquer à sa parole, c’est choisir de rester dans un état de chaos spirituel, incapable de progresser vers la perfection. « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient », dit-on, mais dans l’univers maçonnique, chaque parole est censée avoir une valeur sacrée.

Un Frère ou une Sœur en décalage avec l’idéal maçonnique

Ce manquement montre également que ce Frère ou cette Sœur est en décalage avec l’idéal maçonnique. Le chemin initiatique est une voie de transformation intérieure, où la cohérence entre paroles et actions est essentielle. Un individu qui trahit cet engagement manque à son devoir d’harmoniser son Moi avec les principes de vérité et de lumière que prône l’Ordre.

Peut-il (elle) encore se regarder devant son miroir ?

Confrontation avec soi-même

Se regarder dans un miroir implique une confrontation honnête avec soi-même. Pour celui qui a trahi sa parole, ce miroir peut devenir un symbole de culpabilité et de honte. Oscar Wilde disait : « Chacun de nous porte en lui le ciel et l’enfer. » Le Frère ou la Sœur qui manque à son engagement se trouve alors face à l’enfer de la trahison de soi-même. Peut-il encore se percevoir comme une personne intègre et honorable ?

L’importance du repentir

La franc-maçonnerie, comme la vie spirituelle en général, permet toutefois une voie de rédemption. Celui qui reconnaît ses manquements et cherche à les réparer peut encore regagner son honneur. La reconnaissance de ses erreurs, suivie d’un engagement sincère à les corriger, est la clé pour restaurer la paix intérieure et retrouver la fraternité. « Le pardon est l’un des plus grands pouvoirs que les hommes possèdent » écrivait Victor Hugo, et la réconciliation avec soi-même peut ouvrir la porte à une transformation plus profonde.
Peut-il (elle) être respecté (e) des autres Frères et Sœurs de son obédience ou de sa loge ?

Respect ébranlé

Pascal, penseur secouriste de l’esprit cartésien: je panse donc je suis…

Le respect entre Frères et Sœurs repose sur la confiance et la solidarité. Lorsque cette confiance est rompue par un manquement à la parole, il devient difficile pour les autres membres de maintenir un respect total. Comme l’a écrit Blaise Pascal : « La force de la parole repose sur la confiance qu’elle inspire. » Une parole non respectée détruit cette confiance, et avec elle, le lien fraternel se fragilise.

Conséquences au sein de la Loge

Si un tel manquement persiste sans être reconnu ou réparé, il peut affecter l’harmonie de la Loge. Certains membres peuvent nourrir de la méfiance, voire du ressentiment. La cohésion du groupe repose sur l’intégrité de chacun, et un Frère ou une Sœur qui trahit cette valeur met en péril l’unité et la paix au sein de l’Obédience.
Autres questions que nous devons nous poser face à cette personne « initiée »

Est-elle consciente de la gravité de son manquement ?

Avant toute chose, il est essentiel de savoir si le Frère ou la Sœur qui a manqué à sa parole comprend vraiment la gravité de son acte. A-t-il mesuré l’impact de sa trahison sur lui-même et sur la fraternité ? La première étape vers la réparation est la prise de conscience.

Est-elle prête à réparer ?

Statue de Cicéron
Statue de Cicéron devant le Palais de Justice, Rome, © Wikimedia Commons

Le pardon et la réintégration ne peuvent venir que d’une volonté sincère de réparer le mal fait. Cette personne est-elle prête à regagner la confiance perdue ? « Il n’est pas d’obligation plus importante que celle que nous avons envers notre parole », disait Cicéron. Si elle accepte ce principe, alors une rédemption est possible.

Quelle est notre responsabilité en tant que Frères et Sœurs ?

Il est également de notre devoir, en tant que Frères et Sœurs, de réfléchir à la manière dont nous pouvons accompagner cette personne. Comment l’aider à retrouver le chemin de la vérité et de l’honneur ? Notre rôle est aussi de tendre une main bienveillante, tout en maintenant les principes qui guident notre communauté.

Doit-elle être sanctionnée ou réintégrée ?

Dans certains cas, des sanctions peuvent être nécessaires pour rappeler à chacun l’importance du respect des engagements. Cependant, la possibilité de réintégration après une réflexion sincère et des actions réparatrices doit toujours être envisagée.
Sanctionner le non-respect de la parole : Faute morale ?

Le non-respect de la parole donnée au sein d’une obédience maçonnique peut être perçu comme une faute morale, car il compromet l’harmonie et la confiance au sein de la Loge. Selon Carl Gustav Jung, « ce qui est fait à l’extérieur reflète ce qui n’est pas résolu à l’intérieur. » Cette citation éclaire la dynamique du manquement à la parole : il ne s’agit pas seulement d’un acte de négligence extérieure, mais d’une manifestation de conflits internes non résolus. Ainsi, le non-respect de la parole donnée peut être vu comme un symptôme d’une faille morale ou spirituelle qui trouve ses racines dans des dissensions profondes entre le Moi conscient et l’inconscient, entre les aspirations spirituelles et les désirs profanes.

Jung soulignait l’importance de l’authenticité, de la cohérence entre l’esprit et l’action. Pour un Frère ou une Sœur qui ne respecte pas ses engagements, cela peut signifier que son parcours initiatique n’a pas encore atteint la pleine conscience de soi, et que des ombres cachées dans l’inconscient prennent le dessus, l’empêchant de vivre en accord avec les valeurs qu’il ou elle a embrassées lors de l’initiation.

Le manquement à la parole : une fracture morale ?

Le non-respect de la parole donnée n’est pas seulement une question de comportement ; il s’agit d’une rupture avec l’idéal moral et spirituel qui sous-tend la franc-maçonnerie. Cette fracture peut avoir des conséquences sur l’intégrité de la Loge elle-même, car la franc-maçonnerie repose sur des principes de loyauté et de vérité partagés par l’ensemble des membres.

Emmanuel Kant, dans son impératif catégorique, soulignait que « l’honnêteté doit être un principe universel. » Selon cette logique, ne pas tenir sa parole ne se limite pas à une faute individuelle, mais constitue une atteinte à l’éthique collective. Si chaque membre d’une obédience adoptait le manquement à la parole comme pratique, les fondements mêmes de la fraternité s’effondreraient.

De même, Jean-Jacques Rousseau affirmait : « La conscience est la voix de l’âme, les passions sont la voix du corps. » Ne pas respecter un engagement moral met en lumière cette lutte intérieure entre la conscience (le devoir moral) et les désirs individuels (pulsions ou intérêts personnels). Le manquement à la parole traduit souvent la victoire des passions sur la vertu.

Sanctions possibles et processus de rédemption

Dans le cadre maçonnique, la violation de la parole donnée peut être sanctionnée, car elle est perçue comme une atteinte à l’harmonie et à l’éthique de l’Obédience. Toutefois, il est essentiel de distinguer entre une sanction punitive et une sanction constructive. Le but de toute sanction en franc-maçonnerie n’est pas de punir de manière irrévocable, mais de permettre à l’individu fautif de reconnaître ses erreurs, de réparer le mal causé et de se réconcilier avec lui-même et avec la fraternité.

Les règlements d’une obédience ou d’une loge peuvent prévoir des mesures disciplinaires, allant de l’avertissement à l’exclusion temporaire ou définitive. Une telle mesure n’est pas prise à la légère, mais devient nécessaire lorsque le manquement à la parole met en péril l’intégrité du groupe. Comme le soulignait Platon : « La justice consiste à rendre à chacun ce qui lui est dû. » En ce sens, une sanction peut être considérée comme une restitution de l’équilibre moral et social rompu par l’individu.

La franc-maçonnerie étant également une école de rédemption, elle offre souvent la possibilité au Frère ou à la Sœur fautif(ve) de se racheter par un travail sur soi-même. La réparation consiste à reconnaître son manquement, à s’excuser sincèrement auprès de ceux qui ont été lésés, et à manifester une volonté de changement par des actions concrètes. « Le pardon ne change pas le passé, mais il élargit l’avenir », disait Paul Boese. Ainsi, la réintégration dans la fraternité est possible, à condition que l’individu démontre sa capacité à évoluer et à respecter pleinement les engagements pris.

Dans le cadre initiatique, la parole représente non seulement un engagement moral, mais aussi un symbole spirituel. La réintégration d’un Frère ou d’une Sœur après un manquement peut être perçue comme une restauration de cette parole, à la fois sur le plan personnel et symbolique. Cela rappelle que chaque individu est en constante évolution, et que la transformation spirituelle est un processus qui inclut des épreuves, des erreurs, mais aussi la possibilité de rédemption.

La gravité de la faute et son impact sur l’obédience ou sur la loge

Le manquement à la parole donnée compromet non seulement l’honneur personnel, mais également la dynamique collective de l’obédience ou de la loge. Comme le disait Aristote : « L’homme vertueux est celui qui fait ce qu’il doit faire, pas seulement ce qu’il veut. » En ne respectant pas sa parole, un Frère ou une Sœur choisit de suivre une voie qui s’écarte des vertus maçonniques, et ce choix a des répercussions sur la cohésion et la fraternité au sein de la Loge.

Si la faute n’est pas reconnue ou réparée, elle peut créer des tensions, des divisions et un climat de méfiance. C’est pourquoi le processus de réflexion, de sanction et de réintégration doit être mené avec soin, dans l’intérêt non seulement de l’individu fautif, mais aussi du groupe tout entier.

En définitif quels seraient les 5 points parfaits du Respect de la Parole donnée ?

Le respect de la parole donnée est un pilier essentiel de la vie maçonnique, enraciné dans une tradition spirituelle et morale qui vise à l’harmonie entre le dire et le faire, entre l’être intérieur et l’action extérieure. Pour conclure cette réflexion, nous pouvons identifier cinq points parfaits qui synthétisent l’importance et l’impact du respect de la parole donnée dans la franc-maçonnerie.

La Réparation et la Rédemption comme voie de perfectionnement

Le cinquième et dernier point parfait est celui de la réparation et de la rédemption. Même en cas de manquement à la parole donnée, la franc-maçonnerie propose toujours une voie de réparation. Le respect de la parole inclut la possibilité de reconnaître ses erreurs, de demander pardon, et de réparer les torts causés. En ce sens, la parole donnée reste toujours perfectible, car elle s’inscrit dans un cheminement spirituel où chacun est appelé à grandir à travers ses épreuves. Comme l’affirmait Carl Gustav Jung : « Celui qui regarde à l’extérieur rêve ; celui qui regarde à l’intérieur s’éveille. » La rédemption passe par cette introspection, par la reconnaissance de ses failles, et par le travail de réconciliation avec soi-même et les autres.

En synthèse

Ces cinq points parfaits – la vérité, l’honneur et la fidélité, la confiance, la responsabilité, et la réparation – forment un cadre éthique et spirituel qui guide les Francs-Maçons dans leur engagement. Le respect de la parole donnée ne se limite pas à une simple formalité ; il est une voie de transformation personnelle et collective. Il engage l’individu à élever son âme, à fortifier ses relations fraternelles, et à contribuer à l’harmonie de l’Obédience.
En fin de compte, respecter sa parole, c’est respecter la pierre brute que nous sommes tous appelés à polir au fil de notre parcours initiatique, jusqu’à devenir une pierre parfaite, apte à construire l’édifice spirituel auquel la franc-maçonnerie aspire.
Et comme l’affirme Carl Gustav Jung,
« Connaître ses ténèbres est la meilleure méthode pour affronter les ténèbres des autres. »

La Vérité comme fondement de la parole donnée

Livre tenu dans des mains
livre, lumiere, symbole,

Le premier point parfait du respect de la parole donnée est la vérité. Toute parole qui engage doit être alignée sur la vérité intérieure de celui qui la prononce. En franc-maçonnerie, la vérité est une quête fondamentale. Respecter sa parole, c’est s’assurer que celle-ci est authentique, enracinée dans une intention sincère. Comme l’affirmait Emmanuel Kant : « Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse être érigée en loi universelle. » La parole donnée doit être l’expression de cette loi morale universelle, où l’individu, fidèle à sa vérité intérieure, s’engage en toute transparence et honnêteté.

L’Honneur et la Fidélité à l’engagement

Le deuxième point parfait repose sur l’honneur et la fidélité. L’honneur personnel est indissociable du respect de la parole donnée. En tenant ses engagements, un Frère ou une Sœur démontre sa loyauté envers lui-même et envers la communauté. La parole donnée n’est pas une simple formalité ; c’est une promesse sacrée. Pierre Corneille l’a résumé ainsi : « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. » En d’autres termes, le respect de la parole, même face aux difficultés, est une marque de grandeur morale et d’honneur. Fidélité et persévérance sont donc au cœur de l’engagement maçonnique.

La Confiance comme ciment de la fraternité

Le troisième point parfait est la confiance. La franc-maçonnerie repose sur des relations de confiance entre Frères et Sœurs. Chaque promesse ou engagement respecté renforce cette confiance, permettant aux membres de se reposer les uns sur les autres en toute sécurité. Comme l’a écrit Blaise Pascal : « La confiance est la clé de toute parole. » Si la parole donnée est trahie, cette confiance se brise, et avec elle, l’harmonie de la Loge est menacée. En respectant sa parole, un Frère ou une Sœur contribue à solidifier les liens fraternels et à garantir la cohésion de l’Obédience.

La Responsabilité morale et spirituelle

Le quatrième point parfait est la responsabilité. En prononçant un engagement, un Frère ou une Sœur devient responsable non seulement envers les autres, mais aussi envers lui-même et envers les idéaux maçonniques. Le non-respect de cet engagement est une rupture de cette responsabilité. Comme l’a dit Jean-Paul Sartre : « Nous sommes condamnés à être libres. » En ce sens, nous sommes également responsables de nos actes, et chaque parole donnée est un acte de liberté qui crée une responsabilité morale et spirituelle. Manquer à cette responsabilité revient à trahir la voie initiatique et spirituelle que l’on a choisie de suivre.

Cheminement vers l’infini d’une matière spiritualisée avec le grand philosophe grec Anaximandre de Milet

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« Pour l’homme sage, le monde n’est pas secret, qu’a-t-il besoin de s’égarer dans l’éternité ? »

Albert Camus (Carnets, 1941)

Nous utilisons volontiers le concept d’ « infini », en Maçonnerie, comme si il était commun de prendre l’indéfinissable par excellence pour exprimer une pensée que nous voudrions rendre intelligible, donc finie ! Cela provient sans doute que nous oublions que les philosophes de l’Antiquité, présocratiques notamment, vivaient dans la conception d’un monde limité contre lequel ils durent déployer leurs connaissances et leur audace. Non seulement les socratiques puiseront largement dans leurs intuitions ; mais l’époque moderne s’y référera avec bonheur constatant « qu’ils avaient déjà tout compris », selon la formule consacrée ! Concernant l’infini, nous allons, bien entendu, nous référer à Anaximandre de Milet.

Anaximandre de Milet (dans la Turquie d’aujourd’hui) fait partie, incontestablement, de ceux que les Grecs nommaient les « Oï Archoï », « ceux qui étaient au-début de l’histoire », les pères fondateurs qui vont faire sortir la pensée grecque du monde du chaos et mettre à distance la religion, l’archaïsme et la magie, pour faire naître un monde de la logique, de la philosophie et de la science, allant pour cela jusqu’au sacrifice de leur propre existence. Peu à peu, le philosophe remplace le sorcier. Anaximandre s’inscrit dans cette révolution de pensée et Saint Hyppolyte de Rome (217-235), théologien chrétien de renom, mort en martyr avec le Pape Pontien en 235, durant les périodes de persécutions du christianisme par Maximin, ne relève pas la pensée d’Anaximandre pour en soulever la justesse, mais au contraire pour en pointer le danger, la mise en péril de la théologie chrétienne et de la « Philosophia Perennis » (1)

Ce qui peut nous frapper, avec Anaximandre, c’est le provincialisme des philosophes : de grandes écoles verront le jour à partir d’implantations locales, qui, de lieux excentrés avec les présocratiques se rentrerons par la suite autour d’Athènes avec les socratiques. Anaximandre succède à Thalès comme maître de l’école milésienne et aura pour élèves Pythagore et Anaximène. Le philosophe britannique Bertrand Russel pense que l’influence d’Anaximandre sera beaucoup plus importante que celle de son maître Thalès et il écrit (2) : « Anaximandre, le second philosophe de Milet est beaucoup plus intéressant que Thalès…Il affirmait que tout vient d’une seule substance primitive, mais qui n’était pas l’eau, comme Thalès le croyait, ni même aucune autre substance à nous connue. Elle est infinie, éternelle et sans âge, elle « enveloppe tous les mondes » ; il pensait que notre monde faisait partie d’un ensemble. C’est cette substance primitive qui, d’après lui, se transforme dans les différentes substances qui nous sont familières et celles-ci, à leur tour, se transforment réciproquement. A ce sujet, il fait le remarquable raisonnement suivant : « Et les choses retournent à ce dont elles sont sorties comme il est prescrit ; car elles se donnent réparation et satisfaction les unes aux autres de leur injustice, suivant le temps marqué » ». Il est également le premier grec connu pour tenter de décrire l’origine du cosmos en scientifique, c’est-à-dire en éloignant toute mythologie de ses études. Ce qui est une révolution.

Il était le fils de Praxiadès et naît à Milet. Son apogée se situera à l’époque de Polycrate, tyran de Samos (-538-522). Il sera, à l’origine, un élève de Thalès et Héraclite naîtra au moment de sa mort. Ceci pour nous mettre en lumière la période historique dans laquelle il se situe. Thémistos mentionne qu’Anaximandre aurait été le premier grec à publier un texte en prose sur la nature, ce qui est nouveau, et donne le nom de « monde » à l’univers. Une anecdote nous éclaire sur son humour et son humilité : Diogène Laërce dans les « Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres », nous raconte que des enfants se moquant de lui quand il chantait, aurait répondu qu’il lui faudrait apprendre à mieux chanter pour les enfants !

I-et l’ « apeiron » vit le jour !

L’oeuvre d’Anaximandre est considérable, tant sur le plan scientifique que sur le plan philosophique. C’est lui qui va utiliser le premier la fameuse formule « En Arké », à l’origine, au commencement de tout, qu’utiliseront avec constance les philosophes et théologiens qui le suivront, dont Philon d’Alexandrie (pour traduire le terme hébreu « Berechit »), et les chrétiens naturellement (« Au commencement était le verbe » !). Hyppolyte de Rome lui attribue aussi la paternité du mot « Apeiron » qui va révolutionner la science et la philosophie.

Pour Anaximandre, l’Apeiron serait une substance qui est origine, source et réceptacle du Tout, éternelle et indestructible. Elle est la cause complète de la génération et de la destruction de tout : tout ce qui devient a un commencement, une fin, des limites spatio-temporelles et donc, ce qui a un commencement et une fin ne peut être la cause éternelle de tous les êtres ; donc ce qui est illimité et indéterminé peut-être une cause universelle, indestructible et permanente. L’étymologie du mot Apeiron vient, en grec, du mot « Peraô », traverser, parcourir, mais qui précédé d’un « a » privatif veut dire « Ce que l’on ne peut parcourir », car trop vaste pour que l’on puisse en trouver une fin. Par exemple, chez Homère, l’océan est Apeiron. L’image pourrait aussi être celle de sphères ou de cercles que l’on peut parcourir, sans jamais en trouver le terme.

L’Apeiron est illimité, de manière qualitative ou quantitative et, l’espace et la matière sont conçus conjointement sans limites internes, de façon indéterminée. Il n’est pas engendré, il n’a ni commencement ni fin, existe de tout temps et est impermanent. Il est cause génératrice, cause permanente de toutes les choses de leur naissance et de leur destruction. Mais, deux questions se posent : l’Apeiron est-il immanent au devenir ou distinct de lui et comment engendre-t-il les choses ? Pour Aristote, l’Apeiron est un mélange des opposés et il est donc immanent au devenir, qu’il en est la matière. D’autres commentateurs pensent que l’Apeiron doit se distinguer intrinsèquement de ce qu’il produit : il n’est rien de matériel, ne contient pas, littéralement, ce qu’il produit, car n’étant pas qualitativement défini, il n’en est pas composé. Il n’est donc ni un mélange, ni un intermédiaire entre les éléments et il n’est pas plus un espace infini que la matière, de même qu’il n’existera pas dans le temps puisqu’il est à l’origine de toutes les choses. Une cause génératrice ne peut se confondre avec un quelconque substrat matériel. Cette définition pourrait d’ailleurs correspondre à la définition du Tao de Lao-Tseu.

Cette formidable et nouvelle théorie va influencer considérablement les penseurs de son époque, notamment Démocrite qui va y puiser son matérialisme et, par la suite, tous les panthéismes futurs y feront référence, par exemple Spinoza. Cette théorie va rencontrer de très fortes oppositions aussi, car la religion s’en trouve expulsée de la terre et des cieux ! Platon va rejeter cette théorie, surtout vers la fin de sa vie où il est devenu très croyant et politiquement réactionnaire, oubliant que le prétexte de la condamnation de Socrate fut le détournement de la jeunesse vers l’incroyance aux dieux ! Anaximandre eut la chance de ne point être condamné pour « Asébie » (3), sort dont sera victime Anaxagore (-500-428).

Le génie d’Anaximandre va s’exercer dans de nombreux autres domaines :

Schémas du modèle de l’univers d’Anaximandre : à gauche, le jour en été ; à droite, la nuit en hiver.
  • La cosmologie, où il avance que la terre est suspendue dans l’espace et se meut autour du centre du monde qui serait le soleil, se faisant fi des hypothèses mythologiques. Il explique comment se forment les quatre éléments de la physique ancienne (air, terre, eau, feu) et comment, sous leur interaction, naissent la terre et les éléments qui l’habitent. Dans une sorte de tourbillon (« Dinê » en grec), toute chose qui meurt retourne à l’élément dont elle est issue, l’Apeiron. Simplicius nous livre la définition que nous en donne Anaximandre, très similaire à celle d’Héraclite : « Ce d’où il y a génération des entités, en cela aussi se produit leur destruction, selon la nécessité, car elles se rendent les unes aux autres justice et réparation de leur injustice, selon l’assignation du temps. » C’est la loi constitutive du cosmos, la « Diké » (4). L’idée que la terre flotte dans l’espace et qu’elle dépend d’un modèle mécanique sera considéré par Karl Popper comme l’une des idées les plus prodigieuses de la pensée humaine et ouvre la voie à Aristarque, Copernic et Newton. Anaximandre va même jusqu’à avancer l’idée que la création verrait son origine dans une explosion, le « Big Bang » avant la lettre ! Il fut aussi le premier à expliquer les phases lunaires et à présenter un système où les astres tournoient à des distances différentes et où les saisons viennent des inclinaisons de la sphère céleste par rapport au plan terrestre.
  • Les sciences de la nature ne lui furent pas non plus étrangères : il fut le premier à avancer la théorie, bien avant Darwin, que toute vie vient de la mer et de la transformation des espèces à partir de ce berceau. Il défendra aussi que le tonnerre n’est pas un dieu, mais résulte du choc des nuages et participera à la naissance du « Gnomon » qui fut un cadran solaire servant à l’indication des solstices et des équinoxes. Il était connu également pour ses talents de cartographe.

Au-delà de cette connaissance remarquable, Anaximandre va se livrer à de fondamentales spéculations sur le langage.

Ii- au commencement était le verbe.

Epicure

Dans l’appréhension de l’infini en extension, Anaximandre définit que l’homme est, avant-tout, un être de langage et donc le produit d’une évolution à partir de la matière, mais en même temps, dans le processus de la permanence de l’évolution, un être avec un langage insuffisant pour traduire son affect réel. Ce « pas fini » continue à hanter les philosophes, les psychanalystes et les théologiens. Cette théorie du langage sera, plus tard, étudiée par Martin Heidegger (5) : le langage supposerait une constance de l’environnement où les objets pourraient être nommés et ainsi devenir une appropriation, telle l’acquisition de la « langue-mère », en référence à la présence identifié de l’objet aimé. Mais des pans entiers du cosmos échappent à la nomination, ce vide conceptuel est dès lors remplacé par le symbolique, la poésie, le chant. Il est intéressant d’ailleurs de se souvenir que Platon, obsessionnel de la « parole vraie », bannissait les poètes de la cité idéale et il faudra attendre Aristote et sa poétique pour assister à une restauration de ce qui servait de carence à la nomination langagière, balbutiante ou incomplète (« Je ne sais ni lire ni écrire, je ne sais qu’épeler » !).

Lucrece

Mais, dès l’Antiquité, sans doute sous son influence, de nombreux textes existaient sur la nature du langage. Nous nous contenterons de n’en citer qu’un, un fragment de la lettre à Hérodote par le disciple romain d’Epicure, Lucrèce (6) : « Ce n’est point tout d’abord délibérément qu’on donna des noms aux choses, mais les natures des hommes, selon leurs nationalités différentes, avaient des sentiments particuliers et recevaient des impressions particulières et ainsi chacune, à sa manière, émis des formes par chacun de ces sentiments et de ces impressions, conformément aux différences que faisaient dans les différentes nations les lieux et leur habitat. Et alors, plus tard, par consentement commun dans chaque nation, des noms spéciaux furent délibérément donnés pour rendre les désignations moins ambiguës et plus brèves. Et parfois des hommes introduisirent des choses jusque-là inconnues et des sons qui les désignaient tantôt naturellement contraints à les émettre, tantôt amenés à les choisir par raisonnement, conformément au mode dominant de formation des mots, et rendant ainsi les significations claires ». Lucrèce, après Anaximandre montre la difficulté de la désignation d’objets qui s’étendent à l’infini et donc qui rendent la communication infirme, bien que le langage marque la différence entre l’animal et l’homme. Il est symbolique par excellence, car l’homme n’est qu’un animal symbolique, dans la quête permanente d’une parole perdue qu’il faut décrypter à-travers le monde comme représentation, ce que pense Schopenhauer. Ce que nous rappelle aussi le philosophe Michel Onfray (7) : « Enfin puisque le monde n’est pas une substance, mais une représentation, un genre de projection de Dieu dans l’inconscient, il faut jouir de ce savoir venant de cette surâme qui est Dieu et savoir que la contemplation de la nature y conduit ». Mais, cette admiration du cosmos nous conduit à une forme de déification de la nature…

Iii- l’apeiron ou le cheminement vers une métaphysique de la matière.

René Descartes

Eloignant toute théologie et toute vision divine de sa réflexion, Anaximandre est à l’origine de la métaphysique au sens propre du terme : une recherche de sens d’un au-delà de la « Phusis », de la nature. Cette spéculation allant avec une immersion en elle, afin de comprendre l’inter-action avec le sujet. Ce que contestera Platon qui pense que c’est en s’isolant le plus possible que l’âme va parvenir à la connaissance de ce qui est. Cette orientation sera reprise par Descartes dans sa « Troisième Méditation » : « Je fermerai maintenant les yeux, je boucherai mes oreilles, je détournerai tous mes sens, j’effacerai même de ma mémoire toutes les images des choses corporelles, ou du moins, parce qu’à peine cela peut-il faire, je les réputerai comme vaines et comme fausses ; et ainsi m’entretenant seulement moi-même, et considérant mon intérieur, je tâcherai de me rendre peu à peu plus connu et plus familier à moi-même. Je suis une chose qui pense »…

Nous avons là le choix fondamental d’une métaphysique de la matière : ou nous étudions la nature par familiarité, étant de la même étoffe et trouvant la sagesse en cette fusion, comme le conseille Anaximandre, ou en conservant une distance, celle-ci étant différente de nous et nous servant simplement de réflexion pour l’édification de notre âme éternelle par rapport à la nature instable du réel, comme le pense Platon et le christianisme par la suite. Anaximandre initie la pensée que l’univers est l’Être lui-même et que, bien entendu, il existe de toute éternité et pour toute éternité, sans genèse, sans usure ni corruption, puisqu’il est l’Être et la divinité. L’Apeiron, pour Anaximandre.

Pour maintenir intelligible l’hypothèse de l’univers éternel, il faut le supposer en régime de création continue, la question étant de savoir si c’est la matière qui est infinie ou le Principe qui serait créateur de cette matière comme va le proposer le monothéisme juif. Pour la pensée grecque, la création ou l’Apocalypse sont proprement impensables. Dans sa lettre à Hérodote, Lucrèce écrit (8) : « L’univers se compose des corps et de l’espace. L’existence des corps nous est garantie par-dessus-tout par la sensation, car c’est sur elle que se règlent, comme je l’ai dit, toutes les conjonctures que le raisonnement dirige vers les choses cachées. Quant à l’espace, que nous appelons aussi le vide, l’étendue, l’essence intangible, s’il n’existait pas, les corps n’auraient ni siège où résider ni intervalle où se mouvoir, alors que nous voyons cependant avec évidence qu’ils se meuvent. Hors de ces deux choses, la pensée ne peut plus rien saisir d’existant soit par une intuition, soit immédiatement par analogie avec ce dont elle peut avoir intuition ; rien d’existant à titre d’êtres complets ou de substances, car il n’est pas question de ce que nous appelons les attributs accidentels ou essentiels des substances ». S’il est vrai que l’Être ne peut pas périr, pas plus qu’il n’a pu commencer, toute la question sera de savoir s’il est vrai que l’univers serait le seul Être pris absolument sans précision, sans restriction, sans explication ? Une seule certitude demeure : l’ Apeiron est l’infini. Mais Heidegger posera la question fondamentale de la métaphysique (9) : « Pourquoi y-a-t-il de l’être plutôt que rien ? ». Question que pose déjà Anaximandre et qui hantera les mystiques rhénans.

Iv- conclusion. « Like a Rolling stone »…

L’homme n’est qu’une étape dans l’évolution, constitué homo sapiens par le langage et prenant conscience du terrible infini dans lequel il baigne. Comment comprendre l’existence dans l’univers d’un être capable de penser cet univers ?

Pascal, penseur secouriste de l’esprit cartésien: je panse donc je suis…

Toute métaphysique, qu’elle soit religieuse ou athée, nous conduit à la question de l’interlocuteur « vrai » que je pressens au-delà du visage de l’autre : est-ce l’Apeiron, cette matière immortelle qui me noie dans son immortalité même de manière panthéiste, ou est-ce Dieu créateur impliqué, partie prenante dans le transformisme, ou comme le pensaient les écoles platoniciennes, chaque religion, chaque homme, ne serait qu’un éclat de verre du miroir d’Aphrodite ?

L’homme, confronté à ce vide qui l’angoisse, tente de le meubler par des « distractions pascaliennes » : matérialisme, pouvoir, sexualité, imaginaire religieux ou philosophiques. Le Franc-Maçon partage lui aussi cette interrogation anxieuse devant « le silence des espaces infinis » décrits par Blaise Pascal et de n’être qu’ « une pierre qui roule ». Mais il va tenter, comme le faisait Anaximandre il y a quelques siècles, de trouver un sens à cette éternité de l’infini.

Quelqu’un peut m’indiquer où est la sortie ? Merci d’avance !

NOTES

Rovelli Carlo : Anaximandre de Milet ou la naissance de la pensée scientifique. Paris. Ed. Dunod. 2009.

(1) Philosophia Perennis : Terme qui désigne la croyance qu’une certaine philosophie, originaire d’Egypte ou de Grèce formerait une tradition unique et permanente au-delà des oppositions. René Guénon s’en est largement inspiré pour son concept de « tradition primordiale ».

(2) Russel Bertrand : Histoire de la philosophie occidentale en relation avec les événements politiques et sociaux de l’Antiquité jusqu’à nos jours. Paris. Ed. Gallimard. 1952. (Page 40).

(3) Asébie : Son contraire est « Eusébie ». Le platonisme en donne cette définition : « Propension à se mettre de son plein gré au service des dieux, conception juste de l’honneur qu’il convient de rendre aux dieux, car Dieu est la vraie mesure de toute chose ». Naturellement, l’Asébie est synonyme d’athéisme et d’anarchie chez Platon. Et donc condamnable…

(4) Diké : La justice

(5) Heidegger Martin : Approche de Hölderlin. Paris. Ed. Gallimard. 1973. (Page 250).

(6) Nizan Paul : Les matérialistes de l’Antiquité. Paris. Ed. Maspéro. 1979 (Page 79).

(7) Onfray Michel : Vivre une vie philosophique- Thoreau le sauvage. Paris. Ed. Le Passeur. 2017. (Page 63).

(8) Nizan Paul : idem. (Page 61).

(9) Heidegger Martin : Einführung in die Metaphysik. Tubingen. 1953. (Page 1). Bibliographie

Aristote : La Poètique. Paris. Ed. Du Seuil. 1980.

Buttin Anne-Marie : La Grèce classique. Paris. Ed. Les Belles Lettres.
2000.

Dumont jean-Paul : Les Présocratiques. Paris. Ed. Gallimard. 1988.

Hertrich Charles : Qu’est-ce que la métaphysique ? Saint-Etienne. Ed. Des Flambeaux. 1943.

Jeannière Abel : Les présocratiques : l’aurore de la pensée grecque. Paris. Ed. Du Seuil. 1996.

Lahaye Robert : La philosophie ionienne. L’école de Milet. Paris. Ed. Du cèdre. 1966.

Legrand Gérard : Les présocratiques. Paris. Ed. Bordas. 1987.

Nietzche Friedrich : La philosophie à l’époque de la tragédie grecque. Paris. Ed. Gallimard. 1990.