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Les Francs-maçons envisagent un retour en Syrie

De notre confrère bignewsnetwork.com

La déclaration prétendument publiée annonce leur retour après une interdiction de cinq décennies sous le gouvernement Assad père et fils.

Bashar al-Assad l’ex Président Syrien en Mai 2024

La Franc-maçonnerie est de retour en Syrie après plus de 50 ans d’interdiction, selon un communiqué attribué à la présidence du Conseil suprême des Grandes Loges syriennes d’Orient, publié dans plusieurs médias ce week-end. Le groupe a déclaré que l’effondrement du régime de Bachar al-Assad avait créé une opportunité pour son rétablissement.

Assad a été renversé en décembre 2024 après que ses forces ont perdu le contrôle du pays face aux jihadistes de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) et à d’autres groupes d’opposition. Les nouvelles autorités, principalement des factions islamistes, ont promis des réformes de gouvernance, même si l’incertitude politique demeure.

« Depuis cinq décennies, les loges francs-maçonnes sont officiellement absentes de la scène syrienne en raison des conditions sécuritaires et politiques imposées par le régime autoritaire »

a indiqué le communiqué, accusant le précédent gouvernement de réprimer « toute organisation ou tendance intellectuelle ou culturelle susceptible de constituer une menace pour son contrôle sur la Syrie et son peuple ».

L’organisation a décrit son retour comme faisant partie de la reconstruction de la Syrie, affirmant que « le soleil de la liberté brille à nouveau sur notre patrie et nos forums, annonçant le début d’une nouvelle ère qui permet au peuple syrien de retrouver ses libertés civiles et intellectuelles ».

L’organisation a également pris ses distances avec la politique, soulignant : « Nous assurons au peuple syrien et aux dirigeants syriens que nous ne sommes pas une organisation politique et que nous ne cherchons pas à interférer dans les affaires politiques ni à participer au travail politique, syndical ou partisan. » Au contraire, elle a déclaré que son rôle était de promouvoir « les valeurs de tolérance, de fraternité, d’ouverture culturelle, d’éducation, de travail caritatif et de progrès de la société. »

Le général Amin al-Hafiz (Source SyrianHistory.com)

La Franc-maçonnerie, une société fraternelle aux traditions secrètes, a toujours été controversée. Ses détracteurs l’ont accusée d’élitisme et d’influence excessive dans les affaires politiques et économiques, tandis que certains groupes religieux ont affirmé que ses membres adoraient le diable. L’organisation a également été au centre de théories du complot, souvent liées à des agendas mondialistes ou à un contrôle politique secret.

Le parti Baas syrien a qualifié la franc-maçonnerie de « société secrète illégale » et l’a interdite en 1965 sous la présidence d’Amin al-Hafiz. Comme d’autres gouvernements du Moyen-Orient, la Syrie a associé l’organisation fraternelle à l’influence occidentale et au sionisme, ce qui a conduit à son interdiction.

Personnalités syriennes de la Franc-maçonnerie

Précédents articles sur ce thème

Les Francs-maçons sont-ils un club de réflexion comme les autres ? … selon l’Exposition de Perpignan

De notre confrère madeinperpignan.com – Par Maïté Torres

Les Francs-maçons du Grand Orient de France s’interrogent, comment penser le 21e siècle ? Conférences, débats, projections et exposition permettront de lever le voile sur cette confrérie vieille de plus 250 ans et qui compte selon les estimations entre 1 000 et 2 000 membres localement. L’exposition se tiendra du 27 janvier au 21 février 2025, à la maison de la catalanité de Perpignan.

Pour l’occasion, nous avons échangé avec Nicolas Penin, Grand Maître de l’obédience depuis octobre 2024, et questionné plusieurs Maçons des Pyrénées-Orientales : Pourquoi avoir intégré une loge ? Que signifie être Franc-maçon en 2025 ? Que peut apporter la Franc-maçonnerie aux maux de la société ? Et pourquoi, après plusieurs siècles de mystère, le Grand Orient de France a entamé une démarche de transparence ?

« Loin des idées reçues, cette exposition retrace l’histoire de la Franc-maçonnerie en s’intéressant tout particulièrement à sa plus ancienne obédience française : le Grand Orient de France », nous confie Steve Golliot-Villers, artiste et parmi les organisateurs de l’événement.

L’humanisme à tous les étages, mais qu’est-ce qui se cache derrière ce mot, parfois galvaudé ?

François, Jean-Bernard ou Steve sont unanimes, « le prérequis pour entrer en maçonnerie est l’humanisme ». Mais que signifie concrètement ce mot ? Comment se décline-t-il dans le quotidien des Francs-maçons ?  Pour Steve, c’est simple, « être humaniste, c’est se soucier de l’humain ». L’artiste cite l’exemple des États-Unis et la nouvelle galaxie trumpiste, où l’argent est au centre de tout.

Pour François, l’adhésion aux valeurs de l’humanisme est très large. Sur le plan politique, cela peut aller de la droite à la gauche, même si les membres se revendiquant d’extrême droite ne sont pas les bienvenus. Guillaume Trichard, prédécesseur de Nicolas Penin confiait lors d’une visite au Mémorial du camp de Rivesaltes : « Pas de place chez nous pour les xénophobes, les homophobes, les racistes, les antisémites ».

Questionné sur sa définition de l’humanisme, Nicolas Penin précise : « être humaniste aujourd’hui c’est défendre les droits imprescriptibles rattachés à l’humanité, la dignité, la santé, l’éducation ». Steve de relancer, « nous sommes pour la liberté de la presse, la liberté d’expression. On défend les droits de l’homme en général. Et nous essayons de faire en sorte que tout le monde mange à sa faim et soit éduqué. » François tente de résumer, « être humaniste c’est être en accord avec plusieurs notions telles que l’égalité, la tolérance, la fraternité, le respect ».

Pourquoi le Grand Orient souhaite sortir de l’ombre ?

Le Grand maître du Grand Orient de France revendique 54 400 membres, dont 6 500 sœurs, dans 1 395 loges, dont 58% sont mixtes. « Cette démarche de transparence date de plusieurs années », déclare Nicolas Penin. Alors que la règle des Francs-maçons est d’intégrer l’obédience après une invitation, le Grand Orient de France constate une hausse régulière des candidatures spontanées.

« En quatre ans, nous sommes passés de 3% à 13% de personnes qui intègrent le Grand Orient de France sans avoir été approchées par l’un des nôtres », se félicite le grand maître. Nicolas Penin rappelle aussi que chaque année, l’association gagne des membres. « L’objectif n’est pas simplement de gagner des adhérents, nous souhaitons être une association, une obédience maçonnique en résonance avec le monde qui nous entoure. Même si le chemin est personnel, cela reste un chemin qui se partage. »

N’y-a-t-il pas un risque de dévoiement des valeurs de la Franc-maçonnerie ? En clair, cette volonté d’ouverture des loges attire-t-elle des profils friands d’un cercle d’influence dont ils pourraient bénéficier ? Nicolas Penin se veut rassurant sur ce point. « Notre maison est sérieuse et elle l’est d’autant plus que le mode de recrutement est assez complexe. La démarche d’intégration s’étale dans le temps, plusieurs mois, voire plusieurs années. » Durant ce laps de temps, les membres du Grand Orient demandent à plusieurs reprises de justifier l’engagement et sa légitimité. « Cette mise à l’épreuve permet de déceler parfois des intentions malsaines », précise Nicolas Penin.

Pourquoi pousser la porte d’une loge ? 

François est l’un de ceux qui a poussé la porte du Grand Orient de France, sans y avoir été coopté. « C’était une démarche personnelle. Je me posais beaucoup de questions philosophiques. J’ai assisté à une conférence organisée par le Grand Orient de France. J’y ai vu un grand respect de la parole, et une bonne colonne vertébrale humaniste qui me convenait. Et j’ai voulu voir en interne si ces gens étaient aussi intéressants. Je suis rentré dans une loge qui a répondu à mes attentes à la fois en termes de réflexion et d’organisation intellectuelle. »

François rappelle cet objectif répété à chaque début de séance. « Nous sommes-là pour l’amélioration morale et matérielle de la société. Mais pas en tant que groupe, c’est chaque Franc-maçon qui, en s’améliorant, agira en tant que citoyen sur le monde. » En clair, la Maçonnerie serait là pour accompagner les adhérents vers une amélioration personnelle, et cette meilleure « version » de l’individu rendrait le monde meilleur.

Que se passe-t-il derrière la porte d’une loge maçonnique ? 

Derrière les portes de ces loges, les fantasmes sont légion, cercle de pouvoir, obscurantisme, rituels sataniques … Mais dans les faits, les loges seraient plutôt des cercles de réflexion, où l’objectif est d’échanger des idées autour de thématiques sociétaires, philosophiques, d’actualité. Dans la pratique, les Maçons d’une loge, entre vingt et quarante personnes, se réunissent toutes les deux semaines pour une durée d’environ deux heures. François a intégré le Grand Orient en 2012 et nous explique comment cela se passe.

Les sujets débattus lors des séances sont annoncés en début d’année. Au commencement de la réunion, un frère rend un travail. Durant une dizaine de minutes, il expose ou « planche » devant la loge. En clair, il décline le résultat de ses recherches sur le thème de la réunion. Ensuite, et sans jamais se couper la parole, les membres réagissent, commentent, débattent sur le travail de leur frère ou sœur. Mais toujours dans le respect, précise François.

Si à l’issue de la réunion, un texte est produit, il reste en interne, tout comme les échanges. François lance avec humour, « ce qui se passe à Las Vegas reste à Las Vegas ! Quand un membre prend la parole, il doit être en totale confiance, il a la certitude que rien ne sortira de ses propos. »

Les loges maçonniques, cercles de réflexion, mais aussi d’opposition

François insiste, la maçonnerie est un lieu de discussion et d’échange d’idées. « On essaye de se construire, on apprend des choses, et parfois on s’oppose aussi. C’est très variable, mais dans ma loge, on s’oppose beaucoup. Il y a des gens qui ne sont pas du tout d’accord entre eux. C’est très intéressant, cela permet d’opposer les idées dans un cadre rituel et dans un respect de la parole. On ne se coupe pas la parole, on écoute la personne jusqu’au bout en réfléchissant. ‘Dois-je réagir ou pas ?’ ‘Dois-je ajouter quelque chose pour aller dans un sens ou dans un autre ?’ Le fait de prendre son temps permet une construction intellectuelle. Moi, ça m’a beaucoup apporté sur l’organisation de ma pensée. »

Hormis les réunions en loge, le Grand Orient réunit régulièrement les membres pour des travaux en commissions. S’en suivent des propositions destinées à alimenter le débat public sur les grands sujets sociétaux. Dernière en date, la prise de position des Francs-maçons sur l’euthanasie.

Perpignan et les Pyrénées-Orientales, terreau fertile pour le Franc-maçonnerie ?

Selon Steve, il y aurait dans les Pyrénées-Orientales plus d’une cinquantaine de loges, tous ordres confondus ; avec une moyenne de 30 adeptes par loge, le nombre de Maçons dans le département oscillerait entre 1 500 et 2 000 membres. Questionné sur la vigueur de son organisation, le Grand maître rétorque : « Oui, il y a une Maçonnerie, et plus particulièrement au Grand Orient, liée à l’histoire des villes et des cités anciennes. Il y a aussi eu l’accueil des Républicains espagnols qui sont venus l’enrichir. »

Les jeux d’influence, de pouvoirs politiques de l’ombre, l’idée selon laquelle les Maçons auraient la main sur tout et tout le monde ne serait-elle qu’un préjugé ? « Oui, effectivement, les accusations de collusion ou de réseau nous collent à la peau. Bien sûr, ce n’est pas l’essence de la Maçonnerie, mais il est évident que si un des collègues qui partage vos engagements a une difficulté et que vous pouvez, dans le respect de la loi, lui donner un coup de main, vous lui donnez, c’est tout », justifie Nicolas Penin.

Steve d’illustrer ce propos, « la Franc-maçonnerie est une direction, mais il y a plein d’obédiences différentes, avec des rites différents. Tout comme il y a plein de clubs de pétanque, chacun avec ses propres règles. Nous avons tendance à nous croire dans le droit chemin de la Maçonnerie, parce que nous réfléchissons au monde. Mais on ne peut pas empêcher certains de croire qu’ils sont à la Bourse du commerce ! »

Jean-Bernard a quant à lui intégré une loge plus récemment. Questionné sur les jeux d’influences et la collusion, il ajoute, « on a l’exemple type de parents qui obtiennent des stages plus facilement pour leur enfant. Mais cela vaut dans tous les milieux, dans les clubs de tennis, dans le milieu du spectacle, bref dans toute micro-société. »

Le programme de « Franc-maçon, penser le 21e siècle » 

Au-delà de l’exposition, les organisateurs proposent un cycle de trois conférences publiques.

  • « Le pouvoir des médias », par Marc Endeweld, journaliste, le jeudi 30 janvier à 19h, à la Maison de la Catalanité.
  • « La haine de l’autre », par Nicolas Lebourg, historien, le jeudi 6 février, à 19h au cinéma Le Castillet. La conférence sera précédée de la projection du film « Les forces occultes ». L’historien s’interroge autour de « La haine de l’autre » : « Si la suite de la haine de l’autre est la destruction, ce sentiment est un moteur absolu de l’action. Il s’agit d’un moyen de mobilisation des masses très fort. »
  • « La laïcité en débat » par Clothilde Sauret, professeure agrégée de philosophie, le jeudi 13 février, à 19h, à la Maison de la Catalanité.

Pour Steve, Maçon depuis 2018, l’initiative est importante. « On entend parler de beaucoup de choses sur nous, et 95% du temps ce sont des contre-vérités. On a voulu montrer notre histoire. Si les conférences ont vocation à revenir sur les idées reçues et les mythes véhiculés autour de la Maçonnerie, l’exposition a un caractère pédagogique. »

Oswald Wirth : « Apprenez à penser et vous découvrirez tout ce que vous êtes capable de comprendre »

Avant de nous aventurer dans notre chemin entre magnétisme, hypnose et franc maçonnerie au 20e siècle nous nous arrêterons aujourd’hui sur un maçon célèbre par ses écrits et qui a été fortement influencé par le courant magnétique (sans jeu de mot) qui enjambe la fin du 19e et un partie du 20e siècle.

Cet homme c’est Oswald Wirth, né en 1860 à Brienz, Suisse et mort en 1943 en France.
Il a été le secrétaire de Stanislas de Guaita, et dessina même en collaboration avec lui un Tarot, réédité depuis sous le nom de Tarot de Wirth. Ce Tarot est expliqué et commenté dans son ouvrage Le Tarot des imagiers du Moyen Âge, devenu un classique.

OSWALD WIRTH et le magnétisme et l’hypnose

Franc-maçon, il « débute par la pratique du magnétisme curatif avant d’être initié en 1884 dans une loge à Châlons-sur-Marne ». Il quitta le Grand Orient de France pour rejoindre la Grande Loge de France après son installation à Paris.

Il rencontre en 1887 le « lorrain Stanislas de Guaïta (1861-1897) en relation directe avec le docteur Liébeault » et propose une « sorte d’initiation informelle, la pratique magnétique de trois degrés,calquée sur les grades dits « bleus » de la franc-maçonnerie »

Ainsi rencontre-t-il le courant imaginationniste, tels qu’avant lui l’abbé Jose Custodio da Faria, le médecin Alexandre Bertrand et François Joseph Noizet.

Le courant imaginationniste qui a émergé après la Restauration en France, apportant une nouvelle perspective sur les phénomènes liés à l’hypnose et au magnétisme animal.
En effet les imaginationnistes rejettent l’idée d’un fluide magnétique universel (Mesmer) et de l’influence directe de la volonté du magnétiseur.

Les imaginationnistes pensent donc que les effets observés sont dus aux puissances internes du sujet, en particulier à l’imagination et que l’imagination a le pouvoir de modifier de façon impressionnante la totalité psycho-organique d’une personne.

Les suggestions peuvent influencer le comportement, les perceptions et les émotions d’un individu ce qui sera repris par l’école de Nancy. Ils sont ainsi les précurseurs directs d’Émile Coué, célèbre pour sa méthode d’autosuggestion, qui a formulé un principe fondamental :
« Quand la volonté et l’imaginaire sont en lutte, c’est l’imaginaire qui gagne toujours »

Le courant imaginationniste a joué un rôle crucial dans l’évolution de l’hypnose vers sa forme moderne en apportant une compréhension plus rationnelle des phénomènes mentaux ce qui aboutira au développement de l’hypnothérapie et de la psychothérapie.
Pour ce qui concerne Wirth, il a été en contact avec ce courant imaginationniste par Stanislas de Guaïta et a contribué de manière significative à la littérature maçonnique en écrivant « Le symbolisme occulte de la franc-maçonnerie », combinant le symbolisme maçonnique traditionnel avec des éléments hermétiques.

Oswald Wirth

Son ouvrage « La franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes » a été lu par des milliers de francs-maçons depuis plus d’un siècle. Il n’est pas rare encore de rencontrer sa référence dans les planches de nos ateliers.

La connaissance des travaux de l’école de Nancy et du Dr Liebault par l’intermédiaire de Stanislas de Guaïta , lui permit d’écrire « La franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes ».

Dès 1778, un médecin autrichien (Mesmer) attira l’attention des savants français sur un agent thérapeutique qu’il croyait avoir découvert dans ce qu’il appelait le magnétisme animal. Repoussé d’abord avec mépris, il réussit à convaincre d’Eslon, le médecin du comte d’Artois. Ses théories magnétiques furent alors mises en lumière et justifiées par des cures surprenantes. D’Eslon et Mesmer, ses initiateurs étaient Maçons, et, afin de n’enseigner leurs secrets qu’à des hommes choisis, reconnus incapables d’en faire mauvais usage, ils instituèrent une Maçonnerie ad hoc, pratiquant le rite dit de l’Harmonie universelle.*

Il ajoute son dessein maçonnique :

« En vous initiant à ses mystères, la Franc-maçonnerie , vous convie à devenir des hommes d’élite, des sages ou des penseurs, élevés au-dessus de la masse des êtres qui ne pensent pas. Ne pas penser, c’est consentir à être dominé, conduit, dirigé et traité trop souvent en bête de somme. C’est par ses facultés intellectuelles que l’homme se distingue de la brute. La pensée le rend libre : elle lui donne l’empire du monde. — Penser, c’est régner. »

O. Wirth

Wirth a constamment œuvré pour le renouvellement et l’enrichissement symbolique des rituels, s’opposant à la tendance de la fin du XIXe siècle qui visait à les « épurer » en prétextant une base scientiste. De ce point de vue on peut affirmer que Groussier * plus tard a repris, en partie, les exigences de Wirth.

*La réforme du Rite français menée par Groussier visait à revitaliser les aspects symboliques et initiatiques du rituel, qui avaient été simplifiés au fil du temps notamment dans la version « Gérard » de 1922. Cette réforme, adoptée en 1938, marquait « un retour du symbolisme dans le rituel de référence du Grand Orient de France »

Wirth peut être considéré comme un des pères de la littérature maçonnique moderne et a fondé et animé une revue « Le Symbolisme » qui joua un rôle central dans les débats de l’Ordre au XXe siècle et servit de plateforme pour discuter et promouvoir ses idées sur le symbolisme maçonnique.

Son programme social et politique est résumé dans ce texte sur l’histoire de la maçonnerie spéculative de 1717 :

C’est à ce moment que fut prise une résolution d’une extrême importance. Elle eut pour effet de faire renoncer aux entreprises matérielles de l’ancienne maçonnerie professionnelle, désignée comme opérative, par opposition à une nouvelle Maçonnerie purement philosophique, dite spéculative. Ainsi prit naissance la Maçonnerie moderne, qui emprunte aux constructeurs du Moyen Age un ensemble de formes allégoriques et de symboles ingénieux, des règles de bonne discipline et des traditions de fraternelle solidarité, afin d’appliquer le tout à l’enseignement d’une architecture sociale.

Mais Wirth a joué aussi un rôle diplomatique important dans les relations internationales maçonniques, notamment entre la France et l’Allemagne. Sa maîtrise de l’allemand lui a permis de faciliter les discussions entre obédiences françaises et allemandes au début du XXe siècle.

On sait que l’ultime tentative de stopper la guerre de 14/18 par un rapprochement de la maçonnerie française et allemande fut malheureusement un échec.

Pour en revenir à notre sujet, l’influence du « magnétisme à distance » attribué à Guaïta se retrouve dans cet incroyable fait divers.

En 1893, Guaïta est attaqué par Huysmans, qui l’accuse d’envoûter à distance l’abbé défroqué lyonnais Joseph Boullan.

Des duels s’ensuivent : Huysmans et Jules Bois s’opposèrent ainsi à Papus et à Guaïta.
Mais il ne me serait pas agréable de quitter Wirth et Guaita sans évoquer un de mes maîtres en hypnose qui fut décisif dans leurs rencontres.

Ambroise-Auguste Liébeault naît en 1823 à Favières, de parents exploitants agricoles.
Dernier-né de la fratrie, il est voué à la prêtrise par ses parents, et entra au petit séminaire en 1838 à l’âge de 15 ans. Ce n’est qu’en 1844 qu’il s’inscrit à la faculté de médecine de Strasbourg.

Vers 1848, encore jeune interne en chirurgie, il commence à s’intéresser au magnétisme animal.

Photographie du portrait de James Braid. Avant 1860, artiste inconnu. D’après un portrait gravé en possession de la Manchester Medical School.

Il lit le Manuel pratique de magnétisme animal d’Alphonse Teste et prend connaissance du fameux rapport de Husson déposé en 1831qui remet en lumière le magnétisme.
Influencé par les magnétiseurs Charles Lafontaine* et Jules Dupotet de Sennevoy, il commence à « endormir « des jeunes femmes.

Pour l’histoire Charles Lafontaine a « initié » le Dr Braid en Angleterre qui créera le mot « hypnose ».

L’ intérêt du dr Liébeault pour le magnétisme animal a été ravivé par la lecture des travaux d’Eugène Azam et Alfred Velpeau (« la fameuse bande de velpeau ») médecins qui ont introduit les théories de James Braid en France.

Il apparaît comme un marginal à une époque où le magnétisme animal est complètement abandonné par l’académie lorsqu’il publie en 1866, dans l’indifférence générale, Du sommeil et des états analogues considérés surtout du point de vue de l’action du moral sur le physique.

Il y fait état de notions théoriques et pratiques largement proches de celles des magnétiseurs du courant imaginationniste, tels l’abbé Jose Custodio da Faria, le médecin Alexandre Bertrand et François Joseph Noizet, qui niaient l’existence d’un fluide magnétique.

Ce n’est qu’en 1882 alors qu’il a déjà 59 ans, que le professeur Hippolyte Bernheim reconnaît son action et qu’ils fonderont l’École de Nancy, avec le juriste Jules Liégeois et le physiologiste Henri Beaunis : c’est l’« âge d’or » de l’hypnose en France (1882–1892).
Le conflit entre l’école de la Salpêtrière parisienne avec l’immense Charcot et celle de Nancy restera célèbre dans les annales.

La renommée de l’École de Nancy se répandra partout en Europe et Bernheim et Liébeault recevront de nombreuses visites :

le pharmacien Émile Coué en 1885, le psychiatre suisse Auguste Forel en 1887, le mathématicien belge Joseph Delboeuf en 1888, Sigmund Freud en 1889, le docteur Nicolas Dahl, qui adaptera ses méthodes à Moscou.

et une petite pensée pour mon Maître Auguste Liébeault :

« le maître n’est pas celui qui enseigne mais celui qui éveille »

Une loge distribue des paniers alimentaires à plus de 1 500 familles à Manaus

De notre confrère brésilien amazonashoje.com.br

La Loge numéro 01 de Manaus a été FONDÉE le 6 octobre 1872 dans la rue Bernardo Ramos, centre de Manaus.

La loge maçonnique Esperança e Porvir, la plus ancienne Loge de Manaus avec 152 ans depuis sa fondation, a organisé en décembre dernier une autre édition du « Noël maçonnique de l’espérance », distribuant des paniers alimentaires de base à plus de 1 500 familles de la zone rurale de Manaus. L’action a touché environ 7 000 personnes provenant de cinq communautés riveraines.

L’initiative comptait une fois de plus sur la participation directe des membres de la loge maçonnique, sous le commandement du Vénérable Maître Márcio Almeida Ferreira, tant dans la collecte que dans la distribution de nourriture dans les régions touchées par l’extrême inondation qui a frappé l’État en 2024 : communautés de Barreirinha, Boa Esperança, Nova Esperança, Nova Canaã et São Sebastião.

Pour accéder aux emplacements, les frères de la loge Esperança e Porvir ont utilisé un bateau « récréatif ». Cependant, la marée basse empêchait le navire de s’approcher des communautés, nécessitant un « cordon humain » formé par les riverains et les frères de la maison maçonnique pour transporter les provisions jusqu’aux maisons.

En plus du transport fluvial de paniers alimentaires de base vers les communautés touchées par la sécheresse, les frères franc-maçons ont également distribué de la nourriture au siège de Casa Esperança e Porvir, rue Bernardo Ramos, au centre de Manaus.

Loge Esperança e Porvir

La Loja nº 01 de Manaus a été fondée le 6 octobre 1872 sur la Rua Bernardo Ramos, au centre de Manaus.

Depuis sa fondation, Casa Esperança e Porvir a mené des actions de solidarité dans la capitale et à l’intérieur de l’Amazonas, en distribuant des fournitures et des services à la population tels que des conseils juridiques, des soins physiothérapeutiques, des soins dentaires, des vaccinations, des électrocardiogrammes, des coupes de cheveux, de la médecine émotionnelle, entre autres prestations.

Pêche et Franc-maçonnerie

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Quand une une histoire de pêche peut prendre une allure maçonnique… Premier interlocuteur, un pêcheur heureux et pas n’importe quel pêcheur.

C’est un homme qui a la connaissance, il connaît son affaire, il échange avec ses confrères sur le milieu de la pêche, il a des concepts, des règles, des principes, tel que travailler avec force, vigueur et patience pour sortir le poisson et le ramener sur la rive ou sur son bateau, s’il se trouve en pleine mer.

Son but : réaliser « son chef d’œuvre » et il sait qu’il va lui falloir se remettre à l’ouvrage tant qu’il n’aura pas opéré une véritable osmose avec le poisson dont il finira par avoir la maitrise à force de labeur.

Travail si l’on peut dire de longue haleine qui nécessite un apprentissage constant et une grande adaptation face aux nombreux paramètres que le hasard lui envoie, dans ces moments d’attente comme des épreuves pour tester son endurance.

Toutes ses expériences préalables lui sont utiles et il est seul avec les poissons, il médite, l’œil rivé sur son fil qui va pénétrer dans la profondeur de l’eau pour se transformer en une sorte de fil a plomb avec qui, il lui faudra compter si l’hameçon remplit son rôle. Il s’installe alors petit à petit un climat de réflexion.

« Il y a comme une dimension maçonnique dans ces moments propices à la méditation obligée. »

Deuxième interlocuteur, un poisson

Heureux comme un poisson dans l’eau ! D’ailleurs comment savoir s’il est heureux le poisson ? On a l’impression qu’il l’est, car il se déplace en toute liberté dans ce milieu aqueux, « de poisson » évidemment.

Il mène sa vie de poisson avec son air incrédule, toujours prêt à réagir et inconscient qui va le conduire vers un dialogue voué au combat avec le pêcheur. Une lutte qui pourra prendre une dimension parfois métaphysique comme dans le roman « Le vieil homme et la mer » d’Ernest Hemingway. 

Pour mieux comprendre, Le Grand René s’est mis à la pêche dans la video ci-dessous:

L’énigme des Maîtres -3- Newton par ci, par là

(Lire le précédent épisode ici)

Newton par ci, par là

Par de savants détours, pour éviter les célèbres embouteillages de Londres, le chauffeur parvint rapidement à la destination.

– Je vous attendrai ici après votre visite, dit Lord Archibald.

Impatient de se trouver devant ce fameux tableau de Newton, Alexander ne remarqua pas que ce message lui était adressé.

Sur le perron de la National Portrait Gallery, le Conservateur qui les attendait les reçut avec le protocole de sa fonction qui, pour être strict, n’en était pas moins chaleureux. Il les invita à le suivre dans la salle où se trouvait l’œuvre qui donnait des inquiétudes sécuritaires.

– Nous y voilà ! se dit Alexander.

Quelle ne fut sa surprise de ne pas se trouver devant l’œuvre de James Thornhill qu’il avait identifiée mais devant celle du peintre allemand Godfrey Kneller. Newton y apparaît blondinet à 47 ans, une coupe de cheveux à la mode des sixties lui donnant cet air des jeunes de la contre-culture de ces années-là.

– Newton fait hippie et en plus il a un petit air féminin, se moqua-t-il, un peu déçu dans son attente.

Pendant que le conservateur et Guido s’affairaient à faire le point sur les systèmes de détection rapprochés, Alexander prit le soin d’analyser la pâte du célèbre portraitiste allemand. En s’approchant suffisamment il s’attarda sur la forme, la technique et les couleurs. Puis il prit un peu de recul pour saisir la composition et la mise en lumière de la scène. Et puis, il les vit, bien en évidence avec la main claire, au premier plan, posée en contraste sur l’habit noir drapé : le majeur et l’annulaire bizarrement accolés.

Alors qu’il veut immédiatement mentionner cette coïncidence particulière à Guido, celui-ci, comprenant son appel à sa main levée, lui fait un infime signe de tête lui intimant le silence d’un air inhabituellement sérieux.

Retranché dans ce silence, Alexander se souvint alors du portrait, également peint par Kneller, de l’amiral Georges Churchill en manteau de velours rouge prune foncé aux boutons et boutonnières brodés d’or, portant une perruque marron foncé. Sa main droite repose sur un bâton et sa gauche, sur sa hanche, a la pose du signe.

– Est-ce Newton ou le peintre qui avait choisi la pose ? pensa Alexander, les sourcils froncés. Faut-il voir la production de l’œuvre dans un double sens : ce qui s’élabore (ou se crée) d’une part et, d’autre part, ce qui se manifeste et prend sens à travers cette création par celui qui la regarde.

– Il faut absolument que je voie l’autre toile de Newton pour en avoir le cœur net, pensa-t-il et, se tournant vers l’aimable conservateur, il osa demander cette fois-ci, n’acceptant pas d’être venu ici sans trouver le tableau de la photo :

– La National Gallery ne possède-t-elle pas un autre portrait de Newton, celui peint par James Thornhill ?

– Cher Monsieur, cette œuvre plus tardive est au Trinity College, à Cambridge. Peut-être pourriez-vous vous y rendre pendant que je m’entretiens de sécurité confidentielle avec Monsieur Lhermitt ?

Guido, se rapproche d’Alexander et lui murmure que Lord Winston l’attendait justement pour l’y conduire.

–  On se retrouve ce soir Alex, nous avons plusieurs sujets à aborder ici.

Ne s’étonnant de rien, Alexander rejoignit le comte qui savait déjà, sans une parole échangée, où il devait l’amener.

Le silence de Lord Winston revêtait une forme de noble dignité, il n’était ni pesant, ni désobligeant. Alexander choisit de ne pas abîmer ce moment d’élégance par des bavardages mondains en se recueillant sur les nuages qui se délitaient comme des fibres de coton, laissant percer quelques délicieux rais de lumière. Le contraste de ces lignes dorées sur ce camaïeu de gris chaud, épousant les collines anglaises, était remarquable.

Chapelle du Trinity College

Archibald emmena Alexander jusque devant la porte de la chapelle du Trinity College.

– C’est là que vous trouverez ce que vous cherchez. Prenez votre temps, Je vous attends ici.

 Prêtant peu d’attention aux contreforts et aux flèches caractéristiques du style gothique de l’édifice, l’homme pressé y entre d’un pas vif. La lumière filtre à travers les magnifiques vitraux, créant un jeu de couleurs qui danse sur les murs en pierre. Là, il prend un moment pour apprécier l’ensemble, sachant que quelque part ici se trouve le portrait recherché.

Il ne s’attarde guère devant les tombeaux et les monuments commémoratifs, tout en demandant discrètement à d’autres visiteurs s’ils connaissent l’emplacement du portrait de Newton.

Finalement, Alexander remarque une petite plaque près d’une porte latérale qui indique une section spéciale dédiée aux œuvres d’art. Animé par l’excitation, il emprunte le passage indiqué, descendant quelques marches jusqu’à une salle adjacente à la chapelle. Cette salle, un espace plus intime, abrite une collection d’œuvres d’art.

Au pied de l’escalier, la première chose qu’il vit fut un portrait en pied de Newton mais peint par Thomas Murray. À l’évidence, sa main droite avec le signe, s’appuyant sur la hanche, attirait le regard par la clarté de la peinture tout autant que son visage qui se détachaient sur les tons sombres de son habit.

– Quoi, 75 ans et une allure aussi jeune ! Inutile d’avoir ce regard narquois Sir Newton. Je te cherche et te trouverai tel que Thornill t’a vu, sans ta perruque, à 67 ans, quoi qu’apparaissant plus âgé.

Alexander se détourna, boudant comme un gamin qui n’aurait pas reçu le cadeau qu’il attendait. Avant de remonter les escaliers trop déçu qu’il était de cette ironie, il jeta un regard alentour.

Il était là le portrait, un peu plus loin. L’artiste avait souligné d’une même lumière le front de Sir Isaac et sa main gauche aux médius et l’annulaire serrés, posée sur sa poitrine, ce qui en faisait une accroche indéniable du regard. Cette main aux doigts fins était le centre du tableau, son point focal.

– Nous voici donc avec un triangle mystérieux, trois peintres différents et un même sujet, et la même main. Et maintenant ?

Alexander attendait un signe de l’œuvre pour comprendre et s’adressa à lui.

– Allez Isaac, parle-moi.

Le commentaire d’une étiquette sur le côté du cadre attira son attention : James Thornill FRS, peintre de la Cour et membre de la Royal Society. Auteur de la fresque du dôme de la cathédrale Saint-Paul de Londres pour l’architecte Sir Christopher Wren FRS. Don de Richard Bentley.

Il semblait bien que les liens qui unissaient Isaac Newton, Christopher Wren, Godfrey Kneller et James Thornill ne se cantonnaient pas qu’à la Royal Society.

Newton, connu pour ses lois de la physique, dissimulait une toute autre dimension de sa pensée. Ses équations secrètes n’étaient pas simplement des formules mathématiques, mais des représentations codées de la nature fondamentale de la réalité.

Alexander pensa que Newton utilisait les doigts joints comme une métaphore pour l’unité des forces opposées de l’univers. Les équations transcendaient les lois de la physique classique pour décrire une réalité plus profonde, une interconnexion mystique entre la matière et l’énergie. Chaque équation était une pièce d’un puzzle métaphysique, reliant les principes de la nature à une compréhension supérieure.

– Il faut que je rejoigne Guido ! Lâcha-t-il à haute voix en s’adressant à Newton. Il y a peut-être plus d’un tableau mais une liste des cibles potentielles…

Sans plus s’attarder, il quitta la chapelle et retrouva Lord Winston à l’extérieur.

– Merci de m’avoir attendu. Nous devons absolument rejoindre Guido au plus vite.

Après quelques minutes, alors que la voiture avançait tranquillement dans le flot du trafic, Lord Archibald choisit de rompre le silence.

–  Guido m’avait informé de votre sagacité. Et je devine par votre enthousiasme et votre empressement que vous l’avez vu…

– C’est-à-dire ? Puis comprenant rapidement l’allusion, il reprend.

– Voulez-vous dire que vous le saviez déjà ? Vous saviez pour les doigts joints ?

–  Oui ce signe m’est connu. Comme vous avez la confiance de Guido, et sur son insistance dans la conversation que j’ai eue avec lui pendant votre voyage, je dois maintenant vous expliquer votre présence ici. Nous avons des projets pour vous.

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Napoléon, initié en Franc-maçonnerie ?

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Plongée dans l’Ésotérisme avec « Napoléon : Gloire et Chute de l’Empire » par Eric et Arnaud Delestoile.

Le monde littéraire se voit enrichi d’une nouvelle œuvre captivante avec la sortie du roman ésotérique « Napoléon: Gloire et Chute de l’Empire » par Eric et Arnaud Delestoile. Ce roman, publié récemment, propose une relecture fascinante de la vie de Napoléon Bonaparte, combinant histoire et ésotérisme pour offrir une perspective unique sur l’ascension et la chute de l’un des figures les plus emblématiques de l’histoire européenne.

Une Collaboration Fraternelle

Éric et Arnaud Delestoile, frères dans la vie et co-auteurs de ce projet ambitieux, ont chacun une solide expérience dans l’écriture. Arnaud, notamment, est connu pour ses contributions au genre ésotérique, comme le démontre son travail sur « Napoléon Gloire et Chute de l’Empire » avec Éric, qui lui aussi explore les mystères de l’histoire à travers ses écrits. Leur collaboration sur cet ouvrage est une fusion de leurs talents respectifs, offrant une narration riche et complexe.

Résumé de l’Oeuvre

« Napoléon: Gloire et Chute de l’Empire » n’est pas un simple récit historique. Il s’agit d’une plongée dans les coulisses de l’histoire secrète, où la vie de Napoléon sert de toile de fond à une lutte ésotérique entre deux figures emblématiques : le Comte de Saint-Germain, un mage Rose+Croix, et Adolf von Knigge, Grand-Maître de l’ordre des Illuminati. Ce duel occulte est le véritable moteur de l’intrigue, suggérant que les événements politiques et militaires de l’époque napoléonienne étaient influencés, voire orchestrés, par ces forces mystérieuses.

Thèmes et Symbolisme

Le roman explore des thèmes tels que le pouvoir, la destinée, et la quête de la connaissance secrète. Il emprunte à la tradition ésotérique pour tisser une toile de symboles et de rituels qui enrichissent la narration historique. La franc-maçonnerie, les sociétés secrètes, et les mystères de l’ésotérisme occidental sont au cœur de l’intrigue, offrant aux lecteurs une perspective sur comment ces éléments pourraient avoir influencé le cours de l’histoire.

Réception et Critiques

La sortie de ce roman a suscité un intérêt considérable parmi les amateurs de littérature ésotérique et historique. Sur les plateformes en ligne comme Babelio, où des milliers de livres ésotériques sont répertoriés, ce roman trouve sa place parmi les œuvres notables du genre, attirant des lecteurs avides de découvrir des interprétations alternatives de l’histoire. Sur Amazon.fr, le livre est décrit comme une « exceptionnelle plongée dans les coulisses de l’Histoire secrète », soulignant l’originalité de l’approche des auteurs et la richesse de leur recherche.

Conclusion

Avec « Napoléon: Gloire et Chute de l’Empire », Éric et Arnaud Delestoile nous offrent non seulement une histoire captivante mais aussi une réflexion sur les forces invisibles qui pourraient guider le destin des nations. Ce roman s’inscrit dans une tradition de récits ésotériques qui cherchent à révéler les mystères derrière les événements historiques connus, invitant les lecteurs à repenser leur compréhension de l’histoire à travers le prisme de l’ésotérisme. Pour ceux qui s’intéressent à l’intersection entre la réalité historique et les dimensions cachées de l’existence, ce livre est une lecture incontournable.

Auteurs

Eric de l’Estoile est un écrivain membre de la Société des Gens De Lettres, auteur de Thrillers, de romans policiers et historiques.

Arnaud de l’Estoile est un historien, spécialisé dans l’étude de l’ésotérisme et des sciences occultes, secrétaire de la Société des Gens De Lettres, auteur d’une dizaine d’ouvrages dont plusieurs publiés aux éditions j’ai lu

La sagesse du Roi et le Franc-maçon

Dans le Talmud de Babylone, parmi les dix questions faites par Alexandre le Grand aux anciens du Néguev, il en est une qui nous intéresse tout particulièrement, la quatrième question : « Quelle est la définition d’un sage demande Alexandre ? »

Les Anciens lui ont répondu : « le sage est celui qui prévoit ce qui advient ». La sagesse apparaît ici comme déductive, le sage d’un maintenant lit l’après, par une perception rationnelle ou révélée. Cependant, dans le Pirkhé Avoth (le traité des principes), l’homme sage n’est pas défini ainsi, comme sachant prévoir. Il y est appelé celui qui, en autrui, en tout homme, trouve à s’instruire.

Dans la première définition, le sage s’expose à un système de contingences historiques, celui de la deuxième sagesse résiste aux expériences du savoir pour se renouveler, ouvert à chaque rencontre. Le franc-maçon navigue sur ces sagesses, de l’une à l’autre.

Un roi décida un jour de construire une ville et fit le choix d’un site. Les astrologues approuvèrent l’endroit à condition qu’un enfant soit emmuré vivant et présenté volontairement par sa mère. Au bout de 3 ans, une vieille femme présenta un enfant d’environ 10 ans. Au moment d’être emmuré, l’enfant déclara au roi : « Laisse-moi poser 3 questions aux astrologues ; si leur réponse est correcte alors ils auront bien lu les signes, sinon, dans le cas contraire, ils t’auront leurré ». – Qu’est-ce qu’il y a de plus léger ? Qu’est-ce qu’il y a de plus doux ? Qu’est-ce qu’il y a de plus dur au monde ? Au bout de 3 jours, les astrologues donnèrent leur réponse : » Le plus léger c’est la plume, le plus lourd c’est la pierre et le plus doux c’est le miel ». 

L’enfant éclate de rire et ajoute : « Le plus léger c’est l’enfant parce que, dans les bras de sa mère, jamais il ne pèse, ce qu’il y a de plus doux, c’est le lait de sa mère et le plus dur c’est pour la mère d’apporter elle-même son enfant pour être enterré vivant ». Les astrologues furent confondus et durent reconnaître leur erreur. Ils avaient mal lu les étoiles. Aussi l’enfant fut-il épargné.

Cette histoire inspira sans doute l’historien persan Ibn Jarīr Tabari qui parle dans sa chronique d’un concours de 10 questions pour connaître celui qui, parmi les héritiers, serait habilité à s’asseoir sur le trône comme successeur du roi David ; à savoir : « Ce qui existe de plus petit ? Ce qui est le plus grand ? Le plus amer ? Le plus doux ? Le plus honteux ? Le meilleur ? Le plus proche ? Le plus éloigné ? Ce qui est cause de grand chagrin ? Et le plus agréable. La réponse était : « Ce qui est de plus petit dans le corps humain est l’âme, ce qui est le plus grand, c’est le doute ; ce qui est le plus amer c’est la pauvreté ; ce qui est le plus doux ce sont les richesses ; ce qui est le plus honteux parmi les enfants d’Adam c’est l’incrédulité ; ce qui est le plus mauvais parmi les enfants d’Adam c’est une femme méchante ; ce qui est le plus proche pour les enfants d’Adam c’est l’autre monde, et le plus éloigné c’est ce monde parce qu’il passe ; ce qui cause le plus grand chagrin aux enfants d’Adam c’est l’âme qui se sépare du corps, et ce qui est le plus agréable pour eux c’est l’âme qui est dans le corps.»

Au VIIIe siècle av. l’ère vulgaire, lorsqu’il fut installé sur le trône d’Israël, le roi Salomon, Shlomo Hamelech, se rendit à Guib’on où se trouvait le Mishbea’h Hagadol (l’Autel), avant la construction du Temple. Il y fit un rêve dans lequel le Tout Puissant s’adressa à lui : « Demande Moi ce que tu désires et Je te l’accorderai ». Salomon ne demanda ni la richesse qu’ont les autres rois, ni un long règne. Il décida : je vais demander une chose qui inclut tous les vœux possibles et en regard de laquelle rien d’autre n’a de valeur. Il demanda la sagesse et le pouvoir de distinguer le Bien du Mal pour permettre de juger avec équité. Ceci plut à El Shaddaï car par cette demande Salomon aspirait à ce que son cœur s’ouvrît à la compréhension du cœur de chaque homme. La sagesse lui fut accordée et son cortège de bienfaits.

À son réveil, Salomon s’aperçut qu’il comprenait le langage des oiseaux et qu’il pouvait leur parler. Ainsi couvert par la sagesse, il y a un accès à un sens qui se trouvait déjà là, sous la couche sédimentée de la différence des espèces. La sagesse permet de dévoiler de nouvelles tonalités qui échappent aux significations stéréotypées et affaiblies du quotidien (comprendre la langue des oiseaux signifie être initié).

L’enseignement talmudique de la sagesse de Salomon est évoquée par d’autres histoires racontées sous formes de contes didactiques et moralisants : les 2 femmes et l’enfant, mais aussi le serpent et le pot de lait, Salomon et le roi de Perse, l’histoire des 3 frères, celle des 3 hommes, celle du fils du riche et le serviteur, d’autres encore[1]. Il s’agit le plus souvent de la mise en scénario de la découverte de coupables, montrant que la sagesse ne s’exprime pas une fois pour toutes, mais par des actes de décision toujours renouvelés.

La Bible retient 3 livres qui auraient été écrits par Salomon : Misleî (les proverbes), Qohelet (l’ecclésiaste) et le Shir Hashirim (le Cantiques des cantiques).

1. Misleî, les proverbes, enseigne quelles sont les qualités qu’il faut développer, en particulier, l’amour de la sagesse et la recherche en toute circonstance du juste milieu. Le terme Misleî, traduit par proverbes, a un sens premier de « manière d’être », fait précis qui sert à confirmer. Mieux que proverbes, « exemples » bons ou mauvais, semblerait une meilleure traduction nous dit Chouraqui. Ce qui est essentiel sous la forme qui l’exprime (proverbe, dicton, discours inspiré, parabole, poème, sentence), ce qui est essentiel c’est l’exemple à imiter ou à fuir, le fait objectif que décrit le proverbe. S’adressant à son fils, Salomon prononce un plaidoyer pour démontrer la supériorité de la sagesse sur la démence. L’opposition est constante entre ces deux voies, celle des criminels et celle des justes.

Ces écrits ont un but pédagogique. Pour la pensée judaïque le monde est cassé en deux, et il n’est pas sans conséquence de se situer dans la lumière ou dans les ténèbres… Dans ce livre des proverbes, le discernement et la discipline sont des mots au centre du discours de Salomon. Pour Salomon, la discipline, être disciple, apprendre sont : l’écoute de la parole du père et le frémissement devant Adonaï. La sagesse est, pour lui, dans la proximité d’Adonaï, dans ce que l’on pourrait appeler la stricte observance de la loi. Ainsi peut-on lire : « Au cœur qui discerne repose la sagesse » ; « En tête de sagesse, acquiers la sagesse ; avec ton acquis, le discernement » ; « Adonaï fonde la terre sur la sagesse» ; « La face de qui discerne est sagesse» ; « En marche, l’humain qui trouve la sagesse, l’humain qui diffuse le discernement. Oui sa valeur est meilleure que valeur d’argent, que l’or fin de sa récolte. » ; « La sagesse est un arbre de vie pour ceux qui l’étreignent, ceux qui s’y appuient sont en marche».

2. Qohelet qui signifie « assembler » a été traduit en grec, puis en latin par ecclésiaste, mot qui dérive lui-même d’ecclesia, l’assemblée. Qohelet est rassembleur de sentences et prédicateur. Le ton et la signification profonde de l’ouvrage sont donnés par le deuxième verset qui sert de leitmotiv au livre tout entier. ! « Habel ha balim, hakol habel », dit Qohelet, vanité des vanités, tout n’est que vanité. La traduction de Habel par vanité implique un jugement de valeur (est vain ce qui est dépourvu de valeur). Or le mot Habel est essentiellement concret, il dresse un constat : tout est fumée, le bonheur, le travail, la sagesse, la vie, l’humanité, la famille, l’argent, le rire, l’avenir, la jeunesse, les jours de l’homme ; oui tout est fumée. La pensée de Salomon est davantage métaphysique que moralisante.

Il tente de décrire la condition humaine sous l’angle de ce qui se passe, sur l’état de fait indéniable, sur ce qui porte à conséquence pour la pensée et la conduite de l’homme. Le sage est celui qui règle ses désirs sur ce qui ne dépend que de lui, pourrait dire le stoïcien. Fumée des fumées dit Qohelet, fumée des fumées, tout n’est que fumées. Il termine le livre en disant : « Et, après avoir tout entendu, frémis d’Élohim, garde ses ordres, oui voilà tout l’humain.» On retrouve ainsi à la fin de l’ecclésiaste cette parole du père au fils qui recommande la stricte observance dans le frémissement du Mystère.

3 – Shir Ashirim, le Cantique des cantiques est rapporté à Salomon sans que l’on puisse savoir si le relatif du premier verset désigne le roi comme auteur ou comme destinataire du texte : Cantique des cantiques à Salomon.

La lecture des 117 versets qui composent ce poème révèle au moins deux plans de significations ; un plan humain où l’auteur met en scène un homme et une femme unis par l’Amour, et un plan cosmique relatif à la création toute entière. Il faut y voir aussi l’exaltation des rapports privilégiés entre l’assemblée d’Israël et d’Eter-El. Les quatre motifs qui forment la trame du poème se retrouvent en profondeur dans toute la Bible : la création, la chute, l’exil et la rédemption. Ce livre est considéré comme un chef-d’œuvre littéraire. Rabbi Aquiba en dira : « Le monde n’avait ni valeur, ni sens avant que le poème des poèmes ne fut donné à Israël». C’est au 109ème verset qu’il est écrit : « Oui, l’Amour est inexorable comme la mort», dans la traduction de Chouraqui ; « fort comme la mort» dans la traduction TOB ; « l’Amour est plus fort que la mort» disent les initiés.

La sagesse de Salomon est un sujet repris par le livre pseudépigraphe du 1er s. av. J.-C., introduit dans la Bible avec le titre La sagesse de Salomon. L’auteur, probablement un juif alexandrin, sage et fin lettré, se fonde sur l’héritage intellectuel de Platon, d’Aristote et des Stoïciens pour donner une consistance rationnelle à la pensée de Salomon. Il reprend ses thèmes pour exhorter le lecteur à vivre en sagesse. « Aimez la Justice, vous qui jugez la terre ! » ; « Pensez à Adonaï en Bien, cherchez Le dans l’intégrité du cœur » ; « Oui, la Justice est non-mort » ; « Élohim n’aime la parole que si elle est unie à la sagesse ».

Ainsi l’homme sage est celui qui discerne le Bien du Mal et qui consent à la Loi [sacrée].

Cette sagesse est-elle une sagesse pour tous ?

Salomon fut exaucé en demandant la sagesse. Elle lui fut donnée, donc ses jugements étaient inspirés. Il avait à savoir ce qu’était le Bien, le Mal. D’aucun pourrait penser que même sa demande, de sagesse et de distinguer le bien du mal, ferait partie d’un Plan divin.

Mais nous, hommes et femmes du quotidien, ne recevons pas l’illumination d’en haut ; nous recherchons la sagesse à travers des quêtes différentes et variées. Nous essayons d’aller vers plus de lumière, et nous ne pouvons que douter.

Pour comprendre l’autre, les sens sont illusions. L’intuition, le cœur nous permettent de nous approcher, de pénétrer une vérité multidimensionnelle, mais nous demeurons ancrés dans la nécessité de la réalité, la nôtre, qui sera toujours un obstacle à la compréhension objective du vrai de l’autre.

Discerner le Bien du Mal, être inspiré par un manichéisme où se condensent et s’alternent les contraires, où s’ouvre le passage d’une vision duale, ne risque-t-il pas de dévoiler une vérité virginale dure et froide ? Et pourtant c’est à son mariage avec l’âme de la révéler chaude et tendre. C’est-à-dire de faire de la justice une équité, de sous-tendre la rigueur par la miséricorde. « Il n’y a ni droite, ni gauche parce que ce n’est pas la main qui agit mais le cœur et il est Un », dit l’ange à Gita dans le livre Dialogue avec l’Ange de Gita Mallasz.

 Dans l’arbre de Vie Hesed, la miséricorde, est le vis-à-vis de Géburah, la rigueur.

La méthode d’enseignement par l’exemple, comme celle de Salomon, est-elle conforme à une démarche d’homme libre ?

Imiter ou fuir un modèle, répéter, singer, copier, être homothétique ou reflet inversé n’est pas, à mon sens, une démarche d’homme libre. Nous ne sommes pas des clones psychiques; chaque histoire est unique. L’homme libéré n’a pas de modèle préexistant, parce qu’il n’existe que par une actualisation sans cesse renouvelée de son devenir sans laquelle il n’y a pas de rédemption possible. Ni modèle ni guide « Ne demande pas ton chemin, tu risquerais de ne pouvoir te perdre» dit le kabbaliste. Celui qui, cherche sait qu’il doit parfois s’écarter de la voie mais pour n’explorer que ce qui est à sa mesure. C’est son identité qui fonde son parcours. Les épreuves de la vie enseignent à tout âge.

Toutes les recherches de sagesse initiatiques indiquent une direction d’évolution, à partir du moi vers le Soi. Il s’agit de trouver l’homme dans son être véridique en mouvement vers le meilleur de lui-même, pour atteindre un ordre éthique, qui instaurera, dans l’existence des hommes, dans leur vie privée et collective, une harmonie leur permettant de s’assembler pour partager la réalité. Non seulement parler aux oiseaux, mais accepter de vivre auprès d’eux et eux auprès de nous. Chaque être ne ressemble qu’à lui-même, et pour cela surtout pour cela, la Jérusalem céleste doit pouvoir s’ériger sur des consciences éveillées aux autres.

C’est dans ses épreuves du rapport à autrui que l’homme s’éprouve et se fait. Quelque chose me pousse à reconnaître l’autre comme mon frère. Autrui est le seul Bien qui puisse limiter mon égoïsme et ma persévérance dans le Mal. L’autre est celui qui limite en chacun de nous le « chacun-pour-soi ». Le véritable Amour n’est ni dans la contrainte, fut-elle morale, ni dans la direction d’autrui, mais dans la liberté qu’on lui reconnaît et j’appellerai cela le principe d’humilité et pour cela il n’est pas besoin d’une définition a priori du Bien. Je ne suis pas bon parce que je posséderais la vérité mais parce que je rencontre l’autre dans sa singularité. « Ne le fais pas avec la tête, ne le fais pas avec le cœur, fais-le avec humilité», dit l’ange à Lili.

Dans la perspective judaïque, comme dans une philosophie de la tolérance, l’humilité apparaît comme la condition même de la conscience morale. L’humilité est l’expérience de la gratuité, du don de soi. Pratiquer l’humilité, c’est concevoir la capacité de se mettre en retrait devant autrui, de suspendre l’expansion naturelle et égocentrique de son propre être, de se taire et d’attendre, afin de donner à l’autre la possibilité de se faire, et de se dire. L’humilité est l’expérience du silence et du suspens… L’humble n’est pas un éclopé de la réussite car cela suppose d’aller jusqu’au bout de ses forces pour reconnaître l’autre, non comme négation victimaire de soi, mais comme condition héroïque où l’homme comme Dieu fait place à l’homme ? Ecce Homo ! Ma liberté ne s’arrête pas là où commence celle de l’autre, elle commence et s’accomplit là où commence et s’accomplit celle d’autrui. Ainsi le Bien ne serait que dans la relation, dans la reconnaissance de l’altérité, dans son acceptation comme irréductible. Dans cette formulation excluant l’asservissement, ou l’extase annihilant, se montre la possibilité d’une obéissance qui n’aliène pas celui qui écoute… Et alors l’enseignement de Salomon peut devenir aussi une sagesse pour un être en marche. Elle n’est plus une maïeutique, mais une herméneutique. L’autre n’a pas pour rôle de me mettre en valeur comme dans le dialogue platonicien et socratique. Le dialogue socratique n’est pas un véritable dialogue, en ce sens qu’il s’inscrit tout entier dans le postulat de l’unité de la raison comme lieu de la vérité ; même si ce lieu est à découvrir, il préexiste, il est. Le dialogue n’est qu’une ruse du logos, une forme ornementée d’une dialectique immanente. Tout se passe à l’intérieur d’une conscience ayant l’air de s’interroger et de se répondre, mais où, finalement, tout se renoue. La pensée est monochromatique d’une vérité immanente : c’est une maïeutique.

Le fait même que l’autre soit une vérité et comme le formule Nietzsche « Il existe toutes sortes d’yeux, aussi il y a en conséquence toutes sortes de vérités et en conséquence il n’y a aucune vérité», ce fait ouvre la pensée sur l’interprétation, sur le questionnement, qui est aussi une remise en question. L’herméneutique, c’est-à-dire l’art d’interpréter et non pas l’art de répéter, implique la suspension du jugement. L’ouverture réside dans le caractère non fixé de la réponse. Dans l’Arbre des Séphiroth, la sagesse « Hochma » contient le ma, le «quoi ?», le questionnement. Adam, en hébreu composé de aleph, daleth, mem, a une valeur énergétique de 45 ; qui s’écrit mem, hé, et peut se lire ma c’est-à-dire le questionnement. L’homme est un questionnement. La sagesse est un questionnement. La langue hébraïque, en l’absence de voyelle, peut prétendre être une herméneutique.

Mais de manière générale l’homme souhaite un monde où le Bien et le Mal soient nettement discernables, car il y a en lui le désir inné et indomptable de juger avant de comprendre. Sur ce désir sont fondées les religions et les idéologies. Elles exigent que quelqu’un ait raison. À l’inverse, il existe un rapport au monde dans le respect; ce rapport nous l’appelons avec Emmanuel Lévinas la caresse et nous la proposons comme sagesse.

La caresse n’exige rien en matière de vérité ; car elle est fondée sur la capacité de supporter la relativité essentielle des choses humaines. La caresse incarne la sagesse de l’incertitude. La caresse est un anti-concept qu’Emmanuel Lévinas introduit en philosophie dès 1947 dans le Temps et l’Autre. Écoutons-le : « La caresse est un mode d’être du sujet », écrit-il, « où le sujet dans le contact d’un autre va au-delà de ce contact. Le contact en tant que sensation fait partie du monde de la lumière… La caresse ne sait ce qu’elle cherche. Ce ne-pas-savoir, ce désordonné fondamental en est l’essentiel. Elle est comme un jeu absolument sans plan, non pas avec ce qui peut devenir notre et nous, mais avec quelque chose d’autre, toujours autre, toujours inaccessible, toujours à venir. La caresse est l’attente de cet avenir. Elle est faite de cet accroissement de faim, de promesses toujours plus riches, ouvrant des perspectives nouvelles sur l’insaisissable». L’homme n’est pas, mais il devient, il existe dans son altération incessante.

La caresse n’est donc pas un savoir mais une expérience, une rencontre. La caresse découvre une intention, une modalité d’être qui ne se pense pas dans son rapport au monde comme saisir, posséder ou connaître. La caresse s’oppose à l’emprise de la griffe, du main-tenant, elle est abolition du temps. La caresse n’est pas la prise de l’être mais son respect. La vérité comme respect de l’être, voilà le sens de la vérité métaphysique écrit encore Lévinas.

Le nous qui n’est pas formé de je distincts est l’équivalent d’un déluge noyant l’être dans une parole indifférenciée. L’arc-en-ciel, qui apparaît à la fin du déluge comme signe d’alliance retrouvée, peut-être considéré de ce point de vue comme un paradigme (un exemple représentatif et explicatif) de cette essentielle différenciation. Les 7 couleurs de l’arc-en-ciel avec toute l’infinité de leurs nuances font obstacle à la seule lumière blanche des idéologies totalitaires. Et cette alliance nous propose une philosophie de l’éthique comme primordiale par rapport à la métaphysique.

Écoutons une fois encore Lévinas qui écrit dans Totalité et Infini : « Il faut faire œuvre de justice. La droiture du face-à-face, pour que se produise la trouée qui mène à Dieu, et la vision coïncident ici avec cette œuvre de justice». Dès lors, la métaphysique se joue là où se joue la relation sociale, dans nos rapports avec les hommes. Il ne peut y avoir, séparée de la relation avec les hommes, aucune connaissance de Dieu. Autrui est le lieu même de la vérité, métaphysique et il est indispensable à mon rapport à Dieu. Je pense donc tu es.

Dans un mouvement de tolérance, nous dirions d’humilité caressante, qui excède le malheur, entre le Droit qui existe comme Bien a priori, mais qui ne suffit pas et l’Amour qui suffirait, mais n’existe qu’à peine, le tsadik, l’Homme Juste, tente de construire un monde universel dans lequel l’humanité parviendrait à vivre par-delà le Bien et le Mal. L’aube de cette sagesse, que nous pouvons tenter de vivre, est la promesse d’un temps où voici que la lumière a épousé la nuit.

Au fait, qu’a pu devenir l’enfant de l’histoire babylonienne ?

Illustration de l’article : Le Jugement de Salomon, par Nicolas Poussin, 1649


[1] La Légende de Soliman et testament de Salomon d’après les chroniques de Tabari Ibn Djarir, Sabine Baring-Gould, Ahimaaz bin Tsadok, Louis Ginzberg, John D. Seymour :

Spinoza et Franc-maçonnerie

En un peu plus de 40 ans, j’ai eu la chance de découvrir progressivement les 33 degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Mais vingt ans avant d’être reçu Franc-Maçon, j’ai eu la chance d’avoir un professeur de philosophie qui m’a permis de découvrir Spinoza, dont il était un admirateur et un connaisseur remarquable. Je n’ai cessé de le lire et de le relire depuis.

C’est Spinoza, philosophe, penseur, que je vais évoquer ici, en m’efforçant de montrer à quel point sa pensée est en ligne avec les fondamentaux spirituels de l’Ordre maçonnique, avec le Rite Ecossais Ancien et Accepté, et à quel point sa conception est en phase avec ce qu’est pour nous, et en tous cas pour moi, le Grand Architecte de l’Univers.

Baruch Spinoza est né à Amsterdam, en 1632.  Sa famille portugaise, avait fui l’Inquisition ibérique pour vivre dans les Unies, jadis possession espagnole devenues indépendantes, et plus tolérantes. Son père, Miguel, est un marchand réputé dans l’import-export de fruits secs et d’huile d’olive, et un membre actif de la communauté juive, tandis que sa mère est morte alors qu’il n’a pas six ans.

Les Juifs portugais ou d’origine portugaise parlent néerlandais avec leurs concitoyens, utilisent le portugais comme langue quotidienne au sein de la communauté, et écrivent en espagnol.
En ce qui concerne la réflexion philosophique, c’est en latin appris auprès, d’un ancien jésuite, que Spinoza écrit, comme la quasi-totalité de ses collègues européens.

Baruch Spinoza lira aussi l’allemand, le français, l’italien ou le grec ancien, mais ses parents voulant en faire un rabbin, il accède à une connaissance approfondie de la loi écrite et accède aussi aux commentaires médiévaux de la Torah, ainsi qu’à la philosophie juive.

Le 27 juillet 1656, Spinoza a 23 ans et est frappé d’excommunication, pour cause d’hérésie, alors qu’aucun document ne fait état de sa pensée à ce moment précis puisqu’il a à peine  23 ans et n’a encore rien publié.

Mais on sait cependant qu’à cette époque, il fréquente l’école d’un philosophe républicain, où il découvre l’Antiquité, notamment Terence, et les grands penseurs des XVIe et XVII siècles comme Hobbes, Bacon, Machiavel, ou encore Descartes, dont la philosophie exerce sur lui une influence assez profonde.

Il professe, dès cette époque, qu’il n’y a de Dieu que « philosophiquement compris », que la loi juive n’est pas d’origine divine, et qu’il n’est pas interdit d’en chercher une meilleure…

Après son exclusion de la communauté juive portugaise en 1656, Spinoza étudie la philosophie « et gagne sa vie en taillant des optiques pour lunettes et microscopes et fait preuve de générosité malgré sa grande modestie.

Vers 1660, il reçoit la visite de Henry Oldenburg, secrétaire de la Royal Society, avec lequel il établit ensuite une longue et riche correspondance. Il n’est pas inutile de rappeler que Newton, membre puis président de la Royal Society, avait pour plus proche collaborateur Jean-Théophile Désaguliers, premier Grand -Maître de la première Grande Loge, créée à Londres en 1717.

S’écartant de plus en plus des conceptions des religions qu’il juge étroites, Spinoza est de plus en plus fréquemment attaqué comme athée. Dans ce contexte de tensions, il interrompt l’écriture de l’Éthique pour rédiger le Traité théologico-politique, dans lequel il défend « la liberté de philosopher » et conteste l’accusation d’athéisme. Sa pensée audacieuse lui vaut la visite d’admirateurs ou de personnalités comme Leibniz.

A la demande de ses amis, il entreprend la rédaction d’un Précis de grammaire de la langue hébraïque. Mais il est de santé fragile et malgré une vie frugale, il meurt à 44 ans le 21 février 1677 à La Haye. Ses derniers mots auraient été : « J’ai servi Dieu selon les lumières qu’il m’a données. Je l’aurais servi autrement s’il m’en avait donné d’autres.

Voilà ce que fût la vie de cet homme du 17ème siècle, dont la pensée demeure aujourd’hui source d’inspiration voire d’adhésion pour beaucoup.

Attardons-nous donc plus précisément sur cette pensée et le rapport que j’y vois avec ce que j’ai retenu de quatre décennies de franc-maçonnerie.

Dans le Traité de la réforme de l’entendement, Spinoza distingue plusieurs espèces de perception :

I. Il y a une connaissance par ouï-dire, c’est-à-dire : librement identifiée et qualifiée par chacun.

II. Il y a une perception dite « empirique », par laquelle, éprouvant une sensation ou un sentiment communément partagés par d’autres individus, nous le fixons comme « acquis ». Cette perception n’est pas élaborée par notre entendement, mais elle est néanmoins validée dans la mesure où aucun fait contradictoire ne lui paraît opposable.

Ces deux premiers modes de perception ont en commun d’être « irrationnels », quoiqu’ils soient utiles pour la conduite des affaires quotidiennes de la vie. Citons maintenant les deux autres espèces de perception :

III. Il y a une perception dite « déductive », qui consiste à conclure de manière cohérente et rationnelle qu’un fait observé s’est produit. Le raisonnement nous mène alors à clarifier un principe, mais pas l’origine de ce dernier.

IV. Enfin il y a une perception dite « essentielle » ou « élémentaire », en vertu de laquelle nous saisissons l’essence même de la chose perçue. Percevoir cette chose revient donc, ici, à en percevoir l’essence ou « principe premier. »

On voit que le troisième mode de perception est donc une façon de conserver et de transmettre la vérité d’un point de départ (principe), mais pas de la produire. Et le quatrième mode est celui de la connaissance intuitive.

Et à ceux qui ont condamné Spinoza pour athéisme, il faut répondre en citant Spinoza lui-même, qui écrit dans le Traité de la Réforme de l’Entendement « nous avons une idée vraie « . Cette idée vraie est celle de Dieu, qui est « ce qui est en soi ».

Spinoza va appuyer sa conception de la vérité par un recours aux mathématiques, science dans laquelle la vérité n’est pas subordonnée à l’existence de l’objet. La vérité n’est donc pas définie par rapport à l’objet, mais par rapport à l’entendement producteur de la connaissance.                                                                                 

Je n’ai pas besoin, naturellement, de rappeler ici à quel point nous Francs-Maçons recherchons inlassablement la vérité. « La vraie lumière, c‘est celle de la Raison, de la Vérité, de la « vraie philosophie » voire de la « saine Physique ». La Vérité existe, en soi et pour soi, intemporelle et absolue, et c’est en son nom que parle le philosophe.

Dans le livre premier de l’Éthique, intitulé « De Dieu », Spinoza va montrer iqu’il n’existe dans la nature qu’une seule substance et que c’est Dieu.

Et c’est là que Spinoza marque à jamais la pensée de l’homme en écrivant qu’il n’existe qu’une substance unique, absolument infinie et constituée d’une infinité d’attributs : Dieu c’est-à-dire la Nature, ce que Spinoza écrit sous la forme Deus sive natura.

Dieu est donc la Nature, la Substance unique et infinie. L’individu suprême est la Nature entière, qui ne change pas : son rapport de mouvement et de repos est donné par les lois de la physique, et ces lois ne changent jamais.

Le poète, théologien et philosophe allemand Herder, disciple de Kant, ami et mentor de Goethe, a écrit : « Que Spinoza ne soit pas un athée, cela se voit à chaque page ; l’idée de Dieu est pour lui la première de toutes et la dernière, on pourrait dire l’idée unique à laquelle il rattache la connaissance du monde et de la nature, la conscience de lui-même et de toute chose autour de lui. »

Hegel aussi réfutera la qualification du spinozisme comme athéisme, considérant que loin de nier l’existence de Dieu, car ce serait l’existence du monde que Spinoza nierait, Spinoza reconnait l’Absolu infini , y compris non manifesté, comme unique réalité, idée défendue par Parménide, mais  aussi par Kant,  Hegel et Schopenhauer.

Pour Spinoza donc, Dieu n’est pas extérieur au monde, mais immanent à la Nature, il n’est donc rien d’autre que la Nature.

Un point vaut d’être souligné : Spinoza refuse explicitement toute conception anthropomorphique de Dieu, c’est-à-dire qui le concevrait à l’image d’une « personne » humaine.  Il écrit « C’est improprement que Dieu est dit haïr ou aimer certaines choses. »

Spinoza s’interroge  sur l’homme et ses passions.et développe la notion de conatus, c’est-à-dire de l’effort, qui permet de caractériser l’homme par le désir qui devient volonté et source de joie quand, par la connaissance adéquate de ce qui nous détermine, il augmente notre puissance d’être.

Chez l’homme, le conatus s’exprime dans l’âme, mais tout aussi bien dans le corps. Le corps cherche spontanément l’utile et l’agréable ; l’âme, quant à elle, recherche spontanément la connaissance.

C’et aussi l’effort pour éprouver de la joie, augmenter la puissance d’agir, imaginer et trouver ce qui est cause de joie, ce qui entretient et favorise cette cause.

Spinoza écrit que c’est aussi l’effort pour écarter la tristesse, imaginer et trouver ce qui détruit la cause de tristesse, le conatus étant ainsi l’effort pour augmenter la puissance d’agir ou éprouver des passions joyeuses.

Quant à la gratification des efforts entrepris , Spinoza a écrit « La satisfaction intérieure est en vérité ce que nous pouvons espérer de plus grand. »  Quel la Joie soit dans les cœurs !

Pour Spinoza seul Dieu a des idées, et l’homme accède en fonction de ses limites consubstantielles à sa qualité d’humain à ses idées concernant les idées de Dieu.

En Franc-Maçonnerie, nous accédons degré après degré à une connaissance plus fine de nos propres potentialités, de nos propres limites, en même temps que de l’étendue, sans limite ni dans le temps ni dans l’espace, de l’œuvre, en perpétuelle évolution, du Grand Architecte de l’Univers.

Il n’est pas nécessaire de rappeler ici que dans sa quête de la vérité et de la justice, un Franc-maçon n’accepte aucune entrave et ne s’assigne aucune limite. Et comme ma propre vie est limitée, dans mes capacités à tout savoir et à tout comprendre, donc à accéder à la Vérité, et à toujours agir avec justice et équité si ce n’est avec justesse, j’espère que ceux qui viendront après moi complèteront l’œuvre avant d’être eux-mêmes remplacés et relayés.

Surtout, nous pensons qu’accéder à la vérité, c’est comprendre la cause de nos malheurs individuels et collectifs, donc progresser vers le bonheur et l’harmonie.

Le travail en loge, degré après degré, permet à l’initié de réfléchir aux grands archétypes de la psyché humaine : le devoir, la vengeance, la justice, l’amour, l’équité, le pouvoir, mais aussi le fait religieux.

Degré après degré, le maçon écossais devient le véritable sujet de sa vie. Cette confrontation au réel, répétée et étalée dans le temps, s’accompagne d’un objectif intellectuel et moral clairement délimité.

Dans son Traité théologico-politique, Spinoza précise que « La justice est une disposition constante de l’âme à attribuer à chacun ce qui lui revient »

Chacun de vous le sait bien, les Francs-Maçons refusent les préjugés, comme cela s’impose à quiconque entend inlassablement chercher la vérité, puisqu’il est évident que la quête de vérité est un périple au cœur de la Franc-maçonnerie, un chemin vers la sagesse et la vertu, invitant chaque chercheur à une introspection profonde, lui permettant de transcender sa quête personnelle.

Spinoza nous apparaît plus de trois siècles après sa mort comme une source d’inspiration encore très actuelle pour sa pensée radicale et son esprit critique envers les normes sociales et religieuses établies à son époque.

Il prônait l’idée que la raison devrait être notre guide principal dans la recherche de la vérité plutôt que les croyances aveugles imposées par les institutions.

Cette approche est profondément en accord avec les principes fondateurs de la franc-maçonnerie, qui encourage chacun de ses membres à chercher la connaissance par lui-même au lieu d’accepter simplement ce qui est dit sans véritable justification.

La franc-maçonnerie considère la liberté de pensée comme un droit fondamental de chaque individu. À travers ses rituels et symboles, notre démarche cherche à éveiller l’esprit critique de celles et ceux qui s’y engagent afin qu’ils puissent remettre en question les limites imposées par leur environnement social et culturel.

Il faut avoir le courage de remettre en question les lois injustes et à s’engager activement pour les droits de l’homme, la justice sociale et l’équité. Finalement, lorsque Spinoza nous dit « Réfléchir, c’est oser désobéir », il exprime l’essence de la franc-maçonnerie, qui nous encourage à remettre en question les dogmes établis, à cultiver notre esprit critique et à faire évoluer la société vers plus de justice, plus d’équité.
Chacune et chacun est encouragé à réfléchir par lui-même. Ce à quoi Spinoza nous invitait Il y a plus de trois siècles.

« Est-ce qu’on peut rire des corses ? Oui ! Mais faut pas le faire ! » (Eric Fraticelli)

Et, est-ce qu’on peut rire des Francs-maçons corses, alors ?

En Corse, au village et partout, les âmes sont aussi fières que les montagnes de l’île et les cœurs aussi clairs que la Méditerranée qui la ceinture. La fraternité est un art de vivre mais… A lingua corsa et les codes peuvent rester un mystère pour certains pinzuti, même en Loge…

La rigueur est la méthode… U rigore hè u metudu, cum’ è pè fa un bon brocciu ! Et a fratellanza, e storie cum’ è stori di figatelli, tutti finiscinu attornu a listessa tavola ! La fraternité, c’est comme la Filetta… Ça se partage, ça se savoure, ça ne s’oublie jamais sinon, in bocca al lupu ! Crépi !

A francmasoneria hè seria, ci vole perseveranza, impegnu, è soprattuttu travagliu duru… jusqu’à minuit … Surtout si on a des mèches lentes ! Donc, pas de peine à imaginer l’injonction du vénérable maître à l’ouverture des travaux :

Les travaux reprennent avec force et vigueur ! Et que ça saute ! 

Cunfidenza è pace !

Nb : Dans mon monde animalier, clin d’œil à mon ami le 🐗 du Cap qui a vérifié ma syntaxe… 🦞