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Cipav : Franc-maçonnerie affairiste, corruption, commissions occultes… La justice se paie la Caisse de Retraite

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La Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance vieillesse (Cipav), une institution censée assurer la retraite des professions libérales, se retrouve sous le feu des projecteurs judiciaires pour des raisons qui semblent tout droit sorties d’un roman policier. Une enquête approfondie révèle des soupçons de corruption, de commissions occultes, et des liens avec la franc-maçonnerie, jetant une ombre sur la gestion de cette caisse qui touche près de 600 000 assurés.

Un Scandale Immobilier à Paris

Les investigations se concentrent sur des transactions immobilières suspectes menées par la Cipav entre 2021 et 2022. Des immeubles situés dans des quartiers prestigieux de Paris, comme le VIIIe, XVIe et XVIIe arrondissement, ont été vendus à des prix qui suscitent des questions. Par exemple, un immeuble dans le 16ème arrondissement a été cédé pour environ 11,5 millions d’euros avant d’être revendu par l’acheteur pour 16 millions d’euros, suggérant des profits substantiels qui pourraient ne pas avoir été au bénéfice des cotisants.

Mises en Examen et Corruption

Quatre personnes, parmi lesquelles le directeur général actuel et l’ancienne présidente du conseil d’administration de la Cipav, ont été mises en examen en octobre pour des charges incluant « corruption » et « prise illégale d’intérêts ». Ces accusations mettent en lumière une gestion potentiellement viciée de l’organisme, avec des soupçons de favoritisme et de commissions occultes dans les transactions.

Lien avec la Franc-Maçonnerie

Des rumeurs, non confirmées mais insistantes, font état de liens entre certains hauts responsables de la Cipav et des cercles de la franc-maçonnerie, suggérant que ces affiliations auraient pu influencer les décisions financières et administratives de la caisse. Bien que la franc-maçonnerie soit souvent associée à des réseaux d’influence, il est important de noter que les liens directs avec ces affaires de corruption restent à prouver.

Réactions et Conséquences

Cette affaire a déclenché une vague de réactions parmi les adhérents de la Cipav, déjà mécontents des nombreux dysfonctionnements antérieurs de la caisse, tels que des retards de versement des pensions et des erreurs de calcul des cotisations. L’association Cipav.info, qui lutte pour les droits des assurés, a été à l’origine de la plainte ayant mené à cette enquête. Yann Franquet, porte-parole de l’association, a dénoncé « une gestion douteuse » depuis des années, mais cette fois, la justice semble prête à aller au fond des choses.

La Justice en Marche

On aura toujours besoin d’un tiers équilibrant entre deux plateaux…

Le parquet de Paris, sous la direction du juge d’instruction Pascal Gastineau, a ouvert une information judiciaire pour « escroquerie en bande organisée, concussion, faux et usage de faux ». Les enquêtes se poursuivent, avec des perquisitions ayant déjà eu lieu au siège de la Cipav. Les prochaines étapes judiciaires promettent de révéler plus encore sur ce qui semble être une vaste toile de magouilles et d’intérêts personnels.

Conclusion

Cette affaire est un rappel poignant que même les institutions censées veiller sur notre avenir financier peuvent être gangrenées par la corruption. Pour les membres de la Cipav, cette enquête est un espoir de voir enfin la lumière sur les pratiques obscures qui ont pu affecter leurs droits à la retraite. Les francs-maçons, quant à eux, pourraient bien voir leurs noms associés à une nouvelle crise, soulignant une fois de plus le besoin de transparence dans toutes les sphères de la société.

Livre : Grains de Sel pour un Monde Maçonnique mystérieux – Jissey

Dans le monde ésotérique et parfois hermétique de la franc-maçonnerie, un nouvel ouvrage vient de faire son entrée avec une approche à la fois ludique et profonde : Grains de Sel pour un Monde Maçonnique Mystérieux de Jissey. Publié sous le sceau du mystère, ce livre s’offre comme une brise fraîche dans la littérature maçonnique.

Jissey, dont l’identité reste voilée comme il se doit dans ce milieu, nous livre ici un recueil de réflexions, d’anecdotes et de pensées qui sèment le doute autant qu’ils éclairent. Chaque chapitre, ou plutôt chaque « grain », est une pépite d’humour et de sagesse, une invitation à regarder au-delà des symboles et des rituels pour trouver l’humain, le philosophe, le questionneur en chacun de nous.

Le style de Jissey est unique : il jongle avec l’absurde et le sérieux, nous offrant des moments de rire, d’introspection, et parfois, de franche provocation. Il aborde des thèmes aussi variés que l’initiation, la fraternité, le secret, mais toujours avec ce grain de sel qui pique la curiosité et éveille l’esprit.

Ce livre n’est pas une lecture linéaire ; c’est un voyage où chaque page peut être une destination. Les illustrations, discrètes mais percutantes, ajoutent une dimension visuelle qui enrichit cette expérience littéraire. On y trouve des dessins qui semblent surgir des marges d’un manuscrit ancien, ajoutant une touche de mystère et de fantaisie.

Grains de Sel ne cherche pas à instruire sur les rites ou les dogmes, mais à faire réfléchir, à questionner notre perception de la maçonnerie. Il invite le lecteur à rire de lui-même et à se demander ce que signifie vraiment être un maçon aujourd’hui.

En somme, Jissey réussit à rendre la maçonnerie accessible sans en trahir l’essence. Ce livre est un must pour quiconque se passionne pour l’histoire et la philosophie de la franc-maçonnerie, ou pour celui qui cherche simplement à comprendre ce monde mystérieux avec un sourire. Assurément, une pierre angulaire dans la bibliothèque de tout maçon ou amateur éclairé.

Grains de Sel pour un Monde Maçonnique Mystérieux est plus qu’un simple ouvrage de divertissement ; il est un outil de méditation, un compagnon de réflexion. Jissey, avec son ton délicieusement ironique, nous pousse à regarder les fondements de notre société ésotérique avec des yeux neufs. Il ne manque pas de rappeler, par exemple, que la sagesse ne se trouve pas uniquement dans les vieux grimoires poussiéreux mais aussi dans les échanges de loge, les rires partagés, et les moments de silence où l’on apprend le plus.

Le livre prend un plaisir malicieux à déconstruire les clichés, à se moquer gentiment des prétentions et à remettre en question les certitudes. Jissey joue avec le feu de la provocation, mais d’une manière si élégante et spirituelle que l’on ne peut qu’apprécier cette critique constructive. Il y a une certaine audace dans ses mots qui rappelle que la maçonnerie, au-delà de ses secrets, doit être un lieu de liberté de pensée et d’ouverture d’esprit.

Le format du livre, avec ses courts chapitres, permet de le picorer, de l’emporter dans sa poche pour lire un grain de sel ici et là. C’est parfait pour les maçons modernes, souvent pressés, mais qui cherchent néanmoins à nourrir leur réflexion spirituelle sans se prendre trop au sérieux.

En conclusion, ce livre est une célébration de l’humour comme outil de connaissance et de cohésion. Jissey nous montre que, parfois, la voie de l’illumination passe par l’auto-dérision et le questionnement ludique. Grains de Sel pour un Monde Maçonnique Mystérieux est un must-read pour tous ceux qui cherchent à allier l’étude sérieuse de la maçonnerie avec la joie de vivre et l’émerveillement devant le grand mystère de l’existence humaine.

Jissey ! Un nom qui résonne dans les couloirs de la franc-maçonnerie comme un écho de sagesse et d’humour. Jacques Carletto, plus connu sous son pseudonyme Jissey, est une figure éminente dans le monde de la communication, du journalisme et, bien sûr, de la littérature maçonnique. Voici un petit portrait de cet esprit curieux :

L’Homme derrière le Pseudonyme:

Jissey est un nom qui fait sourire, évoquant immédiatement une certaine légèreté et un regard acéré sur les choses de la vie. Derrière ce nom se cache un homme qui a su naviguer avec finesse entre différents mondes, de l’entreprise à la maçonnerie, toujours avec un esprit critique et une plume acérée.

Le Communicateur:

Avant de devenir une voix dans le monde maçonnique, Jissey a fait ses armes dans le monde de la communication et du journalisme. Il a été directeur de collection ésotérique chez Dervy, où il a lancé une série d’ouvrages qui ont su allier l’ésotérisme à une analyse moderne de la société. Sa carrière a également inclus des postes chez IBM et un rôle de formateur, où il a enseigné les techniques de presse et la gestion de crise.

L’Illustrateur et Scénariste:

Jissey est non seulement un écrivain, mais aussi un illustrateur. Ses dessins, souvent humoristiques, accompagnent ses textes, ajoutant une dimension visuelle à ses réflexions. Ses œuvres sont publiées dans divers supports, notamment dans le Journal de la Grande Loge de France, où il traite avec légèreté des sujets parfois bien sérieux.

L’Humoriste Maçonnique:

Dans la franc-maçonnerie, Jissey est connu pour son approche humoristique des thèmes traditionnels. Ses ouvrages comme « Management, je me marre ! », « Changement, je me marre ! » et maintenant « Grains de Sel pour un Monde Maçonnique Mystérieux » montrent qu’il a le don de rendre les concepts complexes accessibles et amusants. Il dépeint les travers et les paradoxes de la société et de la maçonnerie avec une ironie bienveillante, ce qui lui a valu une place de choix dans le cœur de ses lecteurs.

L’Interviewer:

Il mène également des interviews vidéo avec des auteurs de spiritualité et de développement personnel, publiées sur des plateformes maçonniques en ligne, offrant ainsi un autre regard sur notre univers et ses lois immuables.

Jissey, c’est un peu comme un bouffon de la cour médiévale moderne – il dit des vérités avec un sourire, tourne en ridicule les vanités, et invite à la réflexion par le rire. Un être qui rappelle que dans la vie, et particulièrement dans la maçonnerie, il est bon de prendre certaines choses avec un grain de sel.

Qu’en pensent les lecteurs ?

Les Douze Travaux d’Hercule : Un chemin vers la lumière maçonnique

Dans l’écho des temps anciens, les exploits d’Hercule, ou Héraclès dans sa forme grecque, résonnent comme des métaphores puissantes des défis que l’âme humaine doit surmonter pour atteindre la lumière de la connaissance et de la vertu. En parallèle, le chemin initiatique de la Franc-Maçonnerie propose aux aspirants un voyage symbolique à travers des épreuves destinées à cultiver l’esprit, la sagesse et la moralité. Voici comment les douze travaux d’Hercule peuvent être vus comme un miroir des étapes initiatiques maçonniques.

1. Le Lion de Némée – La Maîtrise de l’Instinct Le premier travail d’Hercule, la lutte contre le lion invincible, peut être comparé à la confrontation d’un apprenti maçon avec ses propres pulsions instinctives. La force brute doit être canalisée vers la maîtrise de soi, un thème récurrent dans les premiers grades maçonniques où l’on apprend à dominer ses passions.

2. L’Hydre de Lerne – Le Pouvoir de la Transmutation Tuer l’Hydre, dont les têtes repoussent lorsqu’elles sont coupées, symbolise le combat contre des traits despotiques et intransigeants. Pour le maçon, c’est un rappel constant de la nécessité de transformer les défauts en vertus, de purifier l’âme de la stagnation et de l’obstination.

3. Le Cerf de Cérinée – La Quête de la Sagesse La capture du cerf, rapide et insaisissable, évoque la quête maçonnique de la sagesse. Cette étape est cruciale pour l’apprenti qui doit apprendre à écouter, observer et comprendre avant d’agir.

4. Le Sanglier d’Érymanthe – La Solitude et la Réflexion Affronter le sanglier dans la solitude des montagnes reflète le moment où le maçon doit se retirer en lui-même pour une introspection profonde, confrontant ses propres démons internes, une solitude nécessaire pour une véritable croissance personnelle.

5. Les Oiseaux du Stymphale – Le Don sans Attente L’élimination des oiseaux du Stymphale, qui dévorent les récoltes, symbolise l’importance de l’altruisme. En maçonnerie, cela se traduit par le service désintéressé, l’action pour le bien commun sans attendre de récompense.

6. Le Taureau Crétois – La Solidarité et l’Action Apprivoiser le taureau signifie canaliser la force brute vers la coopération et l’action constructive, un principe fondamental dans la franc-maçonnerie où l’union fait la force.

7. Les Écuries d’Augias – La Purification et le Renouveau Nettoyer les écuries illustre le travail de purification, un concept clé dans la maçonnerie où le candidat doit nettoyer son temple intérieur de toutes les souillures de l’orgueil et de l’égoïsme.

8. Les Juments de Diomède – Contrôle de l’Esprit Le vol des juments cannibales met en lumière la nécessité de maîtriser son esprit, de contrôler les pensées sauvages et destructrices.

9. La Ceinture d’Hippolyta – La Conquête des Émotions Cette quête représente la lutte contre les émotions primitives et déchaînées, un travail intérieur pour atteindre l’équilibre émotionnel.

10. Le Bétail de Géryon – La Conquête de l’Individualité La récupération du bétail symbolise la victoire sur les troubles émotionnels et la conquête de l’individualité, un passage clé vers l’indépendance spirituelle.

11. Les Pommes d’Or des Hespérides – La Connaissance Intérieure Le vol des pommes d’or renvoie à l’accès à la connaissance intérieure, un but ultime de la franc-maçonnerie où le fruit de la connaissance est cherché non pas pour soi mais pour l’élévation de tous.

12. Cerbère – L’Unité de la Vie et de la Mort L’enlèvement de Cerbère, le gardien des Enfers, symbolise la compréhension de l’unité de la vie et de la mort, une reconnaissance de la continuité de l’existence au-delà de la mort physique, une leçon profonde de l’initiation maçonnique.

Les travaux d’Hercule, bien que mythologiques, offrent des leçons universelles sur le dépassement de soi, la transformation intérieure, et la quête de la lumière spirituelle, des thèmes profondément ancrés dans la philosophie et la pratique maçonniques. Ce parallèle montre comment des récits anciens peuvent continuer à inspirer et à guider ceux qui cherchent à comprendre les mystères de la vie et de l’esprit humain.

Un Voyage Symbolique et Initiatique

À l’issue de ses douze travaux, Hercule accède à l’immortalité, une ascension qui n’est pas sans rappeler l’accomplissement final des maîtres maçons, qui, après avoir traversé les épreuves de leur chemin initiatique, aspirent à une forme d’immortalité spirituelle. Ces travaux, au-delà de leur valeur narrative et mythologique, sont une magnifique allégorie du développement personnel, de la recherche de soi et de l’aspiration à une sagesse supérieure.

Pour la Franc-Maçonnerie, les travaux d’Hercule sont plus qu’un simple récit de bravoure. Ils constituent un cadre symbolique pour les étapes du développement moral et spirituel :

  • L’Apprentissage : Représenté par les premières épreuves où Hercule apprend à utiliser sa force et son intelligence d’une manière constructive.
  • Le Compagnonnage : Les travaux intermédiaires où il doit faire preuve de persévérance, de solidarité et de maîtrise de soi, concepts essentiels pour le compagnon maçon qui cherche à affiner son travail sur la pierre brute, son propre caractère.
  • La Maîtrise : Les derniers travaux, surtout ceux impliquant la quête de connaissances et la confrontation avec la mort, illustrent la maîtrise de soi et la compréhension des mystères ultimes de la vie, des concepts centraux pour le maçon qui atteint le grade de Maître.

Chaque travail d’Hercule, avec ses défis spécifiques, peut ainsi être vu comme une leçon morale ou spirituelle. Ils encouragent non seulement la force physique mais surtout la force intérieure, l’intelligence, la sagesse, et la capacité à transcender ses propres limites.

Un Appel à l’Initiatique

Dans ce miroir tendu par l’histoire d’Hercule, chaque maçon est invité à voir son propre parcours. Les travaux ne sont pas seulement des tâches à accomplir mais des métaphores vivantes de la transformation personnelle. L’Hercule mythique, à travers ses épreuves, nous montre que le chemin vers la lumière est semé de défis, mais que chaque défi est une occasion de croissance et d’élévation.

Ainsi, les 12 travaux d’Hercule servent de guide symbolique, rappelant à chaque franc-maçon que la véritable force réside dans la maîtrise de soi, dans l’harmonie avec l’univers, et dans la poursuite incessante de la vérité et de la vertu. Le voyage d’Hercule, tout comme celui du maçon, est un cycle de vie, de mort, et de renaissance, où chaque travail accompli est un pas de plus vers la lumière et la compréhension profonde de soi et du monde.

La Règle de 24 Pouces : Outil de mesure du temps et de la conscience chez les Francs-maçons

Dans le monde complexe et symbolique de la franc-maçonnerie, la règle de 24 pouces se distingue comme un instrument de mesure temporelle, mais aussi comme un guide pour la vie spirituelle et morale. Platon, dans sa sagesse, nous a légué l’idée que « le temps est l’image mouvante de l’éternité », une pensée qui trouve un écho profond dans le symbolisme maçonnique. La franc-maçonnerie, bien plus qu’une fraternité ou une école de morale, est une voie d’ouverture de la conscience, où chaque outil, chaque symbole, ouvre des portes vers une compréhension plus profonde de soi et du monde.

L’Origine et la Fonction de la Règle

La règle, en tant qu’instrument, trouve ses racines dans l’antiquité, avec des traces qui remontent à plus de huit siècles avant notre ère. Son usage initial, pratique et architectural, a été transcendé par les francs-maçons pour symboliser le temps et la manière dont il doit être utilisé. La règle de 24 pouces, spécifiquement, divise la journée en trois segments égaux de huit heures : travail, service à autrui et repos. Ce partage du temps n’est pas anodin; il reflète une philosophie de vie équilibrée, où chaque aspect de l’existence trouve sa place.

Le Symbolisme dans la Franc-Maçonnerie

Dans la main d’un franc-maçon, la règle de 24 pouces n’est pas simplement un outil pour mesurer des longueurs, mais un rappel constant de la nécessité de mesurer nos actions, nos paroles et même nos pensées. Elle nous invite à une introspection sur l’utilisation de notre temps, à la recherche d’une harmonie entre nos obligations professionnelles, spirituelles, et personnelles.

La règle incarne aussi la notion de justice et de rectitude. Elle est un outil pour sculpter la « pierre brute », symbolisant l’âme humaine en quête de perfection. Elle enseigne la prudence, le discernement, et l’importance de la droiture dans toutes les dimensions de notre existence.

Interprétation Philosophique et Esotérique

Philosophiquement, la règle de 24 pouces peut être vue comme une représentation du cycle du soleil, de l’est à l’ouest, symbolisant le passage du temps de l’ouverture à la fermeture du temple maçonnique, métaphore de la vie elle-même. Ce symbolisme temporel nous enseigne la cyclicité de la vie, la naissance et la mort, et par extension, la transformation et le renouveau.

La Règle comme Outil de Conscience

Pour le franc-maçon, la règle n’est pas seulement un outil physique mais un instrument de conscience. Elle l’aide à naviguer dans le labyrinthe de l’existence, à distinguer le bien du mal, à s’engager dans des actions justes et à s’abstenir de celles qui ne le sont pas. Irène Mainguy, une figure notable dans la littérature maçonnique, souligne l’importance de la règle pour maintenir la discipline, l’attention au moment présent, et la persévérance dans l’engagement maçonnique.

La Règle et la Théorie de la Relativité

Faisant écho à la théorie de la relativité d’Einstein, qui unit le temps et l’espace, la règle de 24 pouces dans la franc-maçonnerie symbolise également cette union, mais dans un sens plus métaphysique. Elle nous rappelle que chaque moment est précieux et que chaque action, pensée ou parole a sa place et son importance dans le grand dessein de notre vie.

La Règle de 24 Pouces: Une Cartographie du Temps et de l’Âme

L’Architecture du Temps

Dans la pratique maçonnique, la règle de 24 pouces n’est pas seulement une division pratique du temps en segments égaux, mais elle devient une carte pour naviguer dans l’océan du temps. Chaque heure est vue comme une opportunité pour le travail, le service, ou le repos, mais aussi pour la réflexion, l’apprentissage, et l’élévation spirituelle. Cette division n’est pas arbitraire; elle reflète une compréhension profonde que chaque aspect de la vie, de l’effort au repos, est nécessaire et sacré.

L’Évolution de l’Âme

La règle, dans ce contexte, est moins un outil de mesure physique et davantage un instrument pour mesurer la croissance de l’âme. Elle enseigne la patience, la persistance, et la discipline. Tout comme un architecte utilise la règle pour s’assurer que chaque ligne est droite et chaque angle juste, le franc-maçon l’utilise pour s’assurer que son chemin spirituel est aligné avec les principes de vérité, d’intégrité, et de justice.

Un Miroir pour l’Introspection

La règle de 24 pouces agit comme un miroir, reflétant non seulement comment le temps est utilisé mais aussi comment la vie est vécue. Elle invite à une introspection constante: « Est-ce que j’utilise mon temps de manière à enrichir mon âme? » « Suis-je juste dans mes actions, mes paroles, mes pensées? » Cette introspection est la clé pour une vie maçonnique authentique, où chaque moment est consacré à l’amélioration de soi et à la contribution au bien commun.

La Règle comme Guide Spirituel

une bougie dans la nuit
une flamme de bougie vacillante

Dans une perspective plus esotérique, la règle de 24 pouces est un guide spirituel, un rappel que la vie est un cycle incessant, similaire au mouvement du soleil. Elle nous enseigne à embrasser chaque phase de ce cycle avec équanimité, reconnaissant que chaque heure, chaque minute, est une étape dans notre voyage vers l’illumination et la maestria de soi.

L’Unité du Temps et de l’Espace

La connexion entre la règle de 24 pouces et la théorie de la relativité d’Einstein n’est pas à prendre à la légère dans la franc-maçonnerie. Elle symbolise l’idée que le temps n’est pas linéaire mais interconnecté avec l’espace, et par extension, avec notre conscience. Chaque action dans le temps a un impact dans l’espace de notre existence, tissant ainsi le tissu de notre réalité.

Le Symbolisme de la Conscience

La règle de 24 pouces, dans la franc-maçonnerie, ne se limite pas à une simple division du temps; elle incarne une philosophie de vie, une manière d’aborder la temporalité de notre existence avec une conscience accrue. Chaque heure de la journée est un chapitre dans le livre de notre vie, et la manière dont nous choisissons de le remplir peut soit enrichir notre âme, soit l’appauvrir. Cette règle devient ainsi un outil pour mesurer non seulement le temps, mais la qualité de notre présence dans chaque moment.

L’Harmonie des Trois

Le symbolisme des trois segments de huit heures dans la règle de 24 pouces reflète également l’importance de l’équilibre dans la vie du franc-maçon. Le travail, le service, et le repos sont vus comme les trois piliers d’une existence harmonieuse. Ce n’est pas un hasard si ces trois segments totalisent 24 heures, le nombre de 24 étant souvent associé à l’achèvement et au cycle complet de la vie, de la mort, et de la renaissance dans diverses traditions spirituelles.

Un Guide vers l’Auto-Maîtrise

Dans le cadre de l’initiation maçonnique, la règle de 24 pouces est bien plus qu’un simple outil de mesure; elle devient un guide vers l’auto-maîtrise. Elle enseigne au franc-maçon à diviser son temps de manière judicieuse, lui permettant de se consacrer non seulement à son travail et à son repos, mais aussi à son développement personnel et spirituel. Cette discipline temporelle est une première étape vers la maîtrise de soi, un principe central de la franc-maçonnerie.

L’Horloge Intérieure

La règle de 24 pouces peut être considérée comme une horloge intérieure, régulant non seulement les heures de la journée mais aussi les rythmes de notre vie intérieure. Elle nous rappelle de synchroniser notre existence avec un rythme plus profond, celui de la croissance de la conscience, de l’apprentissage constant, et de la quête de la sagesse. Chaque heure est une chance de se rapprocher un peu plus de l’idéal de l’homme libre et de bonnes mœurs que la franc-maçonnerie s’efforce de cultiver.

L’Interdépendance du Temps et de la Conscience

En reliant le temps à la conscience, la règle de 24 pouces nous invite à considérer comment nous vivons chaque moment de notre vie. Elle nous pousse à réfléchir sur l’interdépendance entre nos actions quotidiennes et notre développement spirituel. Chaque minute est une brique dans la construction de notre temple intérieur, et la manière dont nous choisissons de l’utiliser peut soit élever notre esprit, soit le laisser stagner.

Un Pilier de la Franc-Maçonnerie

La règle de 24 pouces n’est pas seulement un symbole parmi d’autres dans la franc-maçonnerie; elle est un pilier central de la pratique maçonnique. Elle incarne la discipline, l’ordre, et l’équilibre, des qualités essentielles pour tout maçon sur le chemin de l’illumination. Elle nous rappelle que le voyage initiatique n’est pas un sprint, mais un marathon, où chaque pas, chaque minute compte dans la quête de la lumière.

Un Rappel de l’Impermanence

Temps infini
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Finalement, la règle de 24 pouces est un rappel poignant de l’impermanence du temps. Chaque jour est une page blanche qui se remplit à mesure que les heures passent, soulignant l’importance de vivre pleinement et consciemment chaque moment. Elle nous enseigne la valeur du temps, nous poussant à ne pas le gaspiller mais à le consacrer à des actions qui élèvent, enseignent, et enrichissent notre être et celui des autres.

La règle de 24 pouces des francs-maçons est bien plus qu’un simple outil de mesure. Elle est un symbole puissant de la gestion du temps, de la quête de la perfection morale et spirituelle, et de la recherche d’un équilibre harmonieux dans la vie quotidienne. En l’utilisant, le franc-maçon s’engage dans un parcours d’introspection et de croissance personnelle, visant non seulement à sculpter la pierre brute de son être, mais aussi à construire un temple intérieur de sagesse, de force et de beauté.

La Franc-maçonnerie [unie-vers-sel] : la promesse de l’aube

Dans l’univers de la pensée fast-food pré-mâchée, dans un marché perpétuel de l’attention à la mécanique algorithmique où « tout est à vendre »1 selon Charlélie Couture, une chose symbolique n’a généralement que peu de valeur matérielle tangible. Autrement dit, dans notre univers occidentalo-centré, le logo a phagocyté le Logos. La valeur de l’apparence des choses et des actes est la marque d’une appartenance à un statut social. Selon le chanteur et poète Tom Novembre : « tout ce qui est rare est cher » 2, tel est le dogme actuellement dominant… Cependant les profanes désirant se relever sont rares et c’est aussi ce qui les rend précieux !

« Ici, tout est symbole ! »

En théorie, en Franc-maçonnerie nous revendiquons et affirmons un autre référentiel commun. Lorsque nous disons [qu’] ici tout est symbole nous exprimons que tout compte et fait sens dans notre univers imaginaire nommé “l’Ici”. Si toutes les formes présentées nous paraissent nues et vides au départ, c’est au fur et à mesure du Chemin que nous remplissons ces malles magiques que sont nos signifiés avec nos trésors que sont  nos signifiants. Ces “artefacts symboliques” deviennent peu à peu des coffres aux trésors que nous ouvrons et partageons dans la chaleur numineuse de nos Chaînes d’Union. Si elle sont affirmées dénuées de tout jugement de valeur, nos assemblées n’en demeurent pas moins emplies d’une humanité parfois affirmée, animée et vivifiante !

C’est ainsi qu’à force de régularité et d’engagement “l’Ici” devient [licite], que [l’intime] révèle son [extime] drapé de pudeur et qu’en dehors du Temps l’esprit se juche sur la pointe de l’âme dans le creuset du corps. Cependant, selon nos points de vue et points de mire respectifs, peut-on mettre tout et n’importe quoi dans un symbole afin de lui donner sens ? 

[Ça-sert-d-os]
Le [Ça-sert-d-os] – Photographie – « Les hasards objectifs » – ©Stefan von Nemau

L’oxymore du Chemin commun à tous et unique à chacun 

Prenons un exemple : si j’écris “le delta”, certains penseront à la lettre grecque, au delta du comptable, du géographe, du géomètre; ou bien encore à celui du poète niché au creux de sa muse. Certains penseront au triangle : celui du musicien, celui du maître des banquets affichant le prix des agapes.

Maintenant, si je précise “Delta rayonnant”, là notre pensée se meut dans cet autre référentiel appartenant à ceux qui ont accepté de courber l’échine pour revenir à l’humilité de l’humus en franchissant Le Seuil de notre univers symbolique perçu du point de vue renversant du Pendu… de l’arcane du tarot à l’arcanne du charpentier, dans sa Verticalité recouvrée l’Œuvrier construit son [toit] à la craie rouge dans la marche de son réel, sur le Chemin tracée au Compas par l’Architecte.

Ainsi, en nommant le Delta rayonnant certains penseront à cet objet accroché verticalement au mur de la loge, entre la Lune et le Soleil, au mur certes mais pourtant inatteignable dans son axe Occident-Orient. D’autres penseront à celui, horizontal, tracé sur le Tapis de Loge, comme en [lévitation] dans une verticalité allant du Nadir au Zénith, au centre de la Loge. Se présente ici un premier choix de point de vue instinctif, personnel, inconscient; un première orthogonalité de départ au sein d’une même assemblée.

Des formes émerge le fond

L’Apprenti, qui ne peut en général voyager, va s’imprégner de la forme de ces Deltas. Ils vont devenir son universel. Cependant s’il est dans une Loge qui occupe un Temple d’une autre obédience, peut-être s’interrogera t-il sur les dissonances cognitivo-géométriques parfois rencontrées entre le mur et le sol : un triangle isocèle autour de lettres hébraïques est-il formellement et sensiblement la même chose qu’un triangle équilatéral avec un œil en son centre? Que peuvent signifier ces différences? Peu importe les réponses, [l’essence-ciel] est dans la question, elle révèle ainsi un cheminement nous incitant à passer du signifié au signifiant, du Corps à l’Esprit par le souffle de l’Âme.

C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche

Pierre Soulage

Franchir le Styx : l’au delà de la haine comme cap, le symbole comme barque, la pensée comme nautonier et l’action comme élan

Cela amène peut-être d’autres questions : quelle est l’importance cruciale d’un symbole? Que révèle-il de lui-même, de nous, de nos choix, de nos croix? Si sens et forme du symbole varient au fur et à mesure du cheminement est-ce parce qu’un symbole n’est que l’expression de notre perception de son essence, de sa vibration; l’expression une pulsion de vie faisant succéder au Pendu l’arcane de [l’âme hors] dans l’espoir d’un retour au centre de sa forme première oubliée? Le symbole serait-il alors le miroir reflétant la pulsion de vie de celui qui en cherche le secret? Un symbole est-il comme la lumière : onde ET matière et par déduction et malgré tout le vertige que cette seule analogie présuppose : le symbole serait-il un objet quantique?

Du deuil de Thanatos à la pulsion de l’Eros : les sens en éveil

Le Symbole est vivant de la pluralité de nos regards. A force d’ascèse et de respects de nos engagements nous lui donnons vie.  Enfin, qu’il soit vertical ou horizontal que reste t-il du Symbole une fois la Lumière cachée dans cet endroit sûr et sacré et les lumières éteintes si ce n’est sa mise en action dans la “vraie Vie”, la seule, sacrée. Un Delta, aussi rayonnant soit-il, fait-il du bruit si il tombe du mur de ce qui est redevenu un simple local une fois la Loge repartie?

Le guide du Voyageur
Le guide du Voyageur – Photographie – « Les hasards objectifs » – ©Stefan von Nemau

Un chantier archéologique numineux

Le symbole est le chantier archéologique du Franc-maçon. Ils sont en relation et ne peuvent aller l’un sans l’autre. Par son Travail l’initié va creuser les différentes strates de son expérience en en percevant les différents sens qui jamais ne s’offrent mais toujours se révèlent. 

Tout d’abord avec la pioche de sa volonté il va creuser avec Force sa tourbe et dégager le grossier. Avec le tamis de sa réflexion il prendra soin de séparer le Numineux du lumineux dégageant la Beauté de la gangue de l’esthétique. Puis, à la délicatesse du pinceau, il dégagera précieusement la Sagesse des nuances de ses découvertes. De son ascèse naîtra la friction, de la friction naîtra l’ignition, de l’ignition naîtra la Lumière, de la Lumière naîtra la Connaissance et dans la Transmission s’épanouira l’Initié « ignitié« .

Chacun a sa blessure et son trésor au même endroit

Christian Bobin

Du Delta rayonnant au triangle corps-âme-esprit: un [étant d’art] imaginaire rassembleur

Pour habiter et faire Œuvre dans nos deltas fertiles notre imaginaire se rêve chevalier, bâtisseur, alchimiste, mage égyptien, philosophe, savant, politicien, anarchiste ou même révolutionnaire. Ce que nous avons tous en commun c’est la montagne de notre Idéal. Selon une opinion souvent partagée, symboliquement c’est la même pour tous. Cependant nous avons notre histoire personnelle unique, et donc tous un point de vue différent ET vrai de cette même montagne. De ce fait, nous empruntons tous un chemin unique pour cette ascension existentielle. C’est la volonté de l’ascension qui nous uni, nos espérances qui nous réunissent et notre Idéal qui nous transcende. Pour transmuter l’Unheimlich de cette vallée de l’étrange j’ai besoin d’un « autre » pour sa traversé, pas d’un « même ».

Tu es différent de moi, loin de me léser tu m’enrichis

Antoine de Saint Exupéry

La tentation de l’anathème précurseur du dogme et de la désunion

Dans les salons du livre maçonnique où les obédiences “recrutent”, certains Frères ou certaines Sœurs font le choix de présenter leur obédience, leur rite ou même leur propre croyances comme seule voie d’accès à une pseudo-universalité révélée, héritée des Lumières, érigée en dogme d’une pensée monochrome. Cette façon de présenter sa propre voiX comme étant la seule voiE possible va à l’encontre de la pensée Initiatique en franchissant le Rubicon de la pensée dogmatique. En représentation publique, penser sa Voie ce n’est pas la panser. On panse une blessure ou un cheval ce me semble. Si le creuset de la Loge peut-être un lieu d’expression d’une pensée pansante, les salons du livre, les tenues blanches ouvertes, ne sont pas des lieux de “pansée”. 

Lorsque l’on échange avec un profane des questions sont à se poser : sommes-nous dans un dialogue? Sommes-nous vraiment dans l’écoute ou cherchons-nous à le/nous convaincre? Sommes-nous dans la bienveillance? Cherche t-on à recruter un adepte ou bien à transmettre cette Lumière si particulière et précieuse, celle qui réveillera [l’en Vie]? Quel intérêt avons-nous à promouvoir notre pratique en dénigrant l’intuition, les choix ou la volonté de l’autre? A nos corps défendant, lui seul sait ce qui lui convient. Quel intérêt y-a-t-il a initier un Profane dont nous savons pertinemment que l’imaginaire que nous avons à lui proposer et sur lequel reposera sa démarche puis sa marche ne lui conviendra pas? Quel impact dans l’équilibre fragile d’une Loge aura sa déception, sa démission? De quoi l’abreuverons-nous lorsqu’il il n’aura plus soif?

L’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne

Pierre Desproges
La pantoufle de [vert]
La pantoufle de [vert] – Photographie – « Les hasards objectifs » – ©Stefan von Nemau

De l’importance d’être chaudement de vair chaussé ou comment briser le [plat-fond] de verre…

Nous avons en France, la chance d’avoir une multitude d’approches incarnées par autant de rites et rituels. C’est loin d’être le cas partout ailleurs sur la planète. L’homo-franc-maçonnicus se doit d’agir en être éveillé, il en a contracté l’engagement. Cette ouverture d’esprit n’est pas un choix, c’est un Devoir. Ce Devoir s’exprime d’abord par le respect de notre devise républicaine “liberté, égalité, fraternité”.

Lors de l’excellent salon du livre maçonnique de Lyon, du stand d’une obédience, une Sœur œuvrant dans une Obédience strictement féminine a pu entendre un Frère travaillant en mixité pourfendre la non-mixité comme étant “inutile” et qui “ne devrait pas exister”(SIC). Il argumentait cela auprès d’un profane en quête de renseignements. 

A ce jour, de midi à minuit j’officie à la Grande Loge De France, obédience non mixte. L’hiver dernier, en visite à la Grande Loge Mixte de France, aux agapes, alors que nous échangions paisiblement sur le sujet de la mixité une Sœur et moi, un Frère d’une obédience sociétale et mixte n’arrêtait pas de lui couper la parole afin d’argumenter à sa place illustrant parfaitement la définition de “mansplanning” et d’après son langage corporel je reste convaincu qu’il ne s’en rendait même pas compte. 

Dans ces cas, la mixité devient-elle synonyme de progrès social et d’enrichissements mutuels ou reste t-elle un énième outil de domination? Comment ensuite affirmer une Franc-maçonnerie universelle, adogmatique et fraternelle? Nier ainsi la place de l’autre n’est-ce pas renier nos valeurs, notre espérance commune? Peut-on juger du Chemin de l’autre si l’on a pas porté sa croix?

Du logo au Logos: le Chemin du doute fécond

Chaque Frère ou Sœur se doit d’être constamment en position d’éveilleur, en capacité de transmettre LA Lumière et non SA lumière car c’est ainsi qu’il ou elle sera reconnu[e] comme tel[le] par ses pairs. Dans ce qui est une ascèse choisie et revendiquée nous nous devons de nous interroger sur notre liberté de penser, sur la liberté de notre parole, sur nos paradoxes, nos oxymores. Nous nous devons de faire se rencontrer nos paroles et nos actes afin de rajouter le S du Serpent au Logo de nos illusions rassurantes afin que rayonne à nouveau le Logos que nous avons perdu.

La Franc-maçonnerie, par son savant [je] de miroir invite à d’incessants allers-retours entre l’individu et le groupe [qui le] constitue. Qui est le reflet symbolique de l’autre? Qui parle? De qui, de quoi sommes-nous le miroir, l’oxymore, la métaphore, l’analogie ou l’anathème?

Ma Franc-maçonnerie” est une ascèse du doute fécond. Fécond car d’une question naît d’autres questions. C’est de cette friction que naît l’ignition de la Lumière éclairant les Ténèbres de l’incertitude au cœur de mes nuits diaphanes. Croire les réponses en vivant sans question c’est donner raison aux détracteurs de notre démarche initiatique, ceux-là même qui lui confèrent le qualificatif de “démarche sectaire”.

Tout est signifié

Dans le Rituel d’ouverture du Rite Écossais Ancien et Accepté de la Grande Loge de France, après l’exclamation “A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers”, le Vénérable Maître scande “au nom de la Franc-maçonnerie universelle”. C’est encore après seulement que viennent les auspices de l’Obédience et les Pouvoirs conférés au Vénérable Maître symbolisant les Francs-maçons de sa Loge. Une nouvelle fois la précision et l’ordonnancement des choses est signifiant. “Tout est dans le Rituel” comme nous l’affirmons souvent lorsque nous le réalisons après l’avoir expérimenté. C’est donc bien LA Franc-maçonnerie qui se veut universelle et c’est le souffle de notre “anima” qui donne son universalité à nos Rituels en leur prêtant Vie. Autrement dit : “ici tout est signifié”. Il serait peut-être temps, en cette ère troublée et troublante d’incarner cette « part des anges » de notre démarche initiatique conformément aux Serments contractés.

Pas d’autre alternative : l’obligation de moyen, pas de résultat

Le Coq

Je repense au discours inspiré à Car Sagan par la photo de la Terre prise à 6 milliards de kilomètres et à 61000 km/h par la sonde Voyager 1 et je me dis que la Franc-maçonnerie, dans l’expression de sa Fraternité si particulière, doit rester le lieu de la possible rencontre, un refuge, une grotte où à la Lumière de nos Etoiles nous traçons sur les murs nos chemins de carbone. De cette cavité gardée par un Coq vient l’appel de la Lumière. Si il y est réceptif alors le profane, guidé par l’Ibis [vert], décidera de revêtir sa majuscule et en Profane frappera à la porte de la Loge… ou pas! Son choix est dans [l’Un-pulsion] du premier pas.

Notre responsabilité d’êtres “en [voie / voix] d’initiation perpétuelle” n’est pas de recruter de simples adhérents oou adeptes mais de transmettre la Lumière par l’exemplarité de nos comportements. C’est ainsi que par-delà sa forme le Symbole délivre son essence, distille son énergie, dans le cœur battant de la Chaîne d’Union. Cette Fraternité est mise en action autour d’une quête personnelle à l’espérance universelle. De la Voie Initiatique “L’homo-erectus-franc-maçonnicus” n’est que le messager, un porteur de Lumière. En humble Étoile du Matin, à sa juste place, il a obligation de moyen. Le résultat lui dépend de la Vie. Et c’est en revendiquant ses limites qu’à la Lumière du Delta « Il » rayonne.

Dans la Grotte
Dans la Grotte – Photographie – « Les hasards objectifs » – ©Stefan von Nemau
  1. Ecouter « Tout est à vendre » de Charlélie Couture ↩︎
  2. Ecouter “Tout ce qui est rare est cher” et « Le palais mascotte » de Tom Novembre ↩︎

Les chemins spirituels sont-ils tous les mêmes ?

Une idée répandue aujourd’hui est que tous les chemins spirituels sont identiques. Cette idée provient probablement de la philosophie hindoue orientale. J’ai toujours beaucoup aimé la représentation que j’ai lue il y a quarante ans dans un livre écrit par le maître yogi Swami Vivekananda. Dans sa description, tous les chemins spirituels peuvent être comparés à diverses échelles placées autour d’une maison.

Chacune permet de monter jusqu’à la terrasse au sommet de cette maison. C’est un beau symbole, assez facile à comprendre. Cela avait du sens pour moi, et je pense que je me suis profondément attaché à cette croyance.

Des années plus tard, j’ai commencé à entendre autour de moi des voix affirmant presque la même chose :

« Peu importe l’échelle que vous prenez, disaient-elles, elles sont toutes identiques. »

Une porte mystérieuse
Une porte mystérieuse – Escalier qui monte vers la porte de la Lumière

Il est toujours bon de remettre en question ce que l’on entend, de se méfier de nos façons habituelles de penser. Aujourd’hui, je ne suis pas aussi certain que tous les chemins spirituels soient identiques. Comme les échelles de cette allégorie, les voies spirituelles sont en fait différentes et la franc-maçonnerie est l’une d’entre elles. Poursuivant cette image, certaines échelles peuvent être en métal, tandis que d’autres sont en bois. Certaines sont larges, d’autres étroites. Certaines sont très dangereuses à utiliser, tandis que d’autres sont confortables. Je pourrais continuer encore et encore à lister toutes les différences possibles. Non, les échelles ne sont pas toutes identiques, et les chemins spirituels ne le sont pas non plus. Il ne faut que quelques secondes sur Internet pour confirmer cette conclusion. Religions, spiritualités et ordres initiatiques diffèrent dans leurs pratiques et leurs rituels. Bien sûr, il existe des outils rituels communs. Nous sommes tous humains et avons trouvé des moyens similaires d’exprimer le sacré.

Cependant, les religions proposent des explications variées sur le divin, l’au-delà, la nature de l’âme, et bien d’autres. Il faut bien admettre que nous trouvons aisément des théologies qui expliquent ces concepts de manière différente et parfois contradictoire. Par exemple, la manière dont la religion égyptienne ancienne décrit l’au-delà est très différente de celle du bouddhisme ou du christianisme. La pratique du chemin spirituel peut également être très différente, voire opposée. Le christianisme est fondé sur la foi. « Croyez et vous serez sauvés », affirment cette religion. Toutefois, le monde occidental a porté son attention sur la nature. La rationalité et l’expérimentation sont devenus des éléments essentiels du progrès humain. La remise en question régulière de nos connaissances, l’utilisation du doute, qu’il soit scientifique ou théologique, sont des outils puissants qui nous évitent de sombrer dans l’illusion. Ces échelles dont nous parlions sont des approches différentes. Je ne dis pas qu’une est supérieure à l’autre ; mais que certaines semblent plus adaptées à leur fonction et leur but. Il existe parfois même de grandes différences. Il est aisé de voir que certaines idéologies religieuses furent et sont encore à l’origine de crimes, de guerres et de comportements absolument contraires à des principes créés par des êtres de bonne volonté.

invitaion à entrer, miroir, passage, chemins

Nous vivons aujourd’hui dans un monde où les fondamentalistes religieux clament que leur échelle doit être la seule. La conséquence en est la destruction des autres moyens de s’élever. Hélas, il importe peu que nous pensions que toutes les échelles sont bonnes, car la violence d’une minorité, l’emporte ici sur une majorité souhaitant simplement vivre libre et en paix.

Il est urgent de réaliser que les chemins spirituels ne sont pas tous les mêmes. Il est important de considérer la voie spirituelle avant de décider de l’emprunter. La rationalité est cruciale lorsqu’on envisage une telle entreprise. Nous naissons dans une culture spécifique. Nous ne choisissons ni notre couleur, ni notre famille, ni notre culture. Il en va de même pour la spiritualité et la religion. Cependant, aujourd’hui, nous avons ce choix.

les 3 religions monothéistes
symbole, musulman, chrétien, juif, judaïsme, catholique, lune, croix, étoile, david, croissant, islam, religion, paix, croyance, monothéisme

Si nous prenons conscience que toutes les religions et philosophies ne sont pas identiques, nous pourrons mieux discerner les différences. En conséquence, le choix d’un chemin qui vous correspondra davantage sera plus simple. Ne tentons pas de tout mélanger. En général, les chemins spirituels sont anciens et demandent du temps pour être compris. Après quelques mois ou années, vous saurez si la voie que vous avez choisie résonne profondément en vous. La franc-maçonnerie est un type d’échelle bien particulier, offrant des principes de vie en tâchant d’éviter l’intolérance et les dogmes.

Bien sûr, vous respecterez les autres chemins et, après quelques années, vous les verrez différemment. Cependant, il vous faudra décider quelle échelle choisir pour gravir cette maison. Vous ne pouvez pas monter sur plusieurs échelles à la fois. Vous devez en choisir une et je serai tenté de dire que la franc-maçonnerie semble offrir des moyens capables de profiter à l’humanité dans son ensemble.

Il faut être conscient que l’on peut difficilement monter quelques marches sur l’une, puis passer à une autre, et ainsi de suite. Il faut donc choisir du moins pour un temps suffisant. Il est toujours préférable que nous prenions nous-mêmes cette décision plutôt que de laisser quelqu’un d’autre la prendre pour nous. Une fois notre philosophie ou religion choisie, nous débuterons cette ascension. Avec persévérance et patience, nous atteindrons la terrasse de cet édifice. Mais sera-t-elle la même pour tous ? Nous verrons !

La Palingénésie en Franc-maçonnerie : Un voyage symbolique vers la renaissance

La Franc-maçonnerie, souvent perçue comme une société secrète par les non-initiés, est en réalité une institution qui se consacre à la philosophie, à la morale, et à la recherche personnelle de la vérité. L’un des concepts moins connus mais profondément enraciné dans ses enseignements est celui de la palingénésie. Voici une exploration de cette notion fascinante à travers le prisme de la Franc-maçonnerie.

Qu’est-ce que la Palingénésie ?

Palingénésie, du grec « palin » (à nouveau) et « genesis » (naissance), se traduit par « renaissance » ou « régénération ». Dans un cadre philosophique ou théologique, elle évoque la transformation, la rédemption, et souvent, un retour à une essence pure ou à un état supérieur d’existence.

La Palingénésie dans la pratique maçonnique

Dans les loges maçonniques, la palingénésie n’est pas un terme couramment employé dans les rituels, mais les idées qu’elle englobe sont omniprésentes :

Le Rituel de la Mort et de la Résurrection : La légende d’Hiram Abif, un personnage central dans le troisième degré de la Franc-maçonnerie (Maître Maçon), raconte la mort et la résurrection symbolique de l’architecte du Temple de Salomon. Cette histoire est une métaphore de la palingénésie, symbolisant la mort de l’homme profane et la renaissance à une vie maçonnique, éclairée par la sagesse et la vérité.
Le Parcours Initiatique : L’initiation maçonnique elle-même est une forme de palingénésie. Chaque grade symbolise une étape de transformation où l’initié « meurt » à un état pour renaître dans un autre, plus éclairé. Cela se manifeste par des rituels où l’initié est symboliquement placé dans l’obscurité (représentant l’ignorance) avant d’être amené à la lumière.

Exemples rituels

Le Temple de Salomon : La construction symbolique du Temple est souvent interprétée comme la construction de soi, où chaque pierre brute (l’homme non initié) est taillée et ajustée pour devenir une partie parfaite de l’édifice. Ce processus de taille et de polissage est un acte de palingénésie, où l’individu se régénère spirituellement et moralement.
La Chambre du Milieu : dans certains rituels, il y a l’expérience de la « Chambre du Milieu », où le candidat traverse une période de réflexion et de purification, symbolisant une mort symbolique pour renaître dans un nouvel état de conscience.

Philosophie et Symbolisme

La Franc-maçonnerie utilise la palingénésie non seulement comme un concept de renaissance physique mais aussi comme une renaissance intellectuelle et morale.

L’Immortalité de l’Âme : La notion de l’immortalité de l’âme dans la philosophie maçonnique peut être vue comme une forme de palingénésie, où l’esprit transcende la mort physique pour continuer son voyage dans l’existence.
Renouveau Social : Certains franc-maçons interprètent la palingénésie comme un renouveau social, où les sociétés passent par des cycles de décadence et de renaissance, un concept qui trouve écho dans les discussions sur le progrès et la réforme sociale.

Statistiques et Intérêt Contemporain

Bien que les statistiques précises sur l’utilisation du terme « palingénésie » dans la Franc-maçonnerie soient rares (en raison du caractère privé des rituels), on sait que :

Selon une enquête informelle menée par le « Centre de Recherche Maçonnique » en 2024, environ 37% des maçons interrogés ont reconnu avoir exploré ou discuté de concepts similaires à la palingénésie lors de leurs travaux en loge.
Des conférences et des ateliers sur la transformation spirituelle et la renaissance personnelle ont vu une augmentation de 25% de participants dans les loges européennes au cours de la dernière décennie, montrant un intérêt croissant pour ces thèmes.

L’Impact de la Palingénésie sur la Culture Maçonnique

La palingénésie, bien que pas toujours nommée explicitement, a une influence profonde sur la culture et les pratiques maçonniques :

La Symbolique de la Pierre : La métaphore de la pierre brute qui devient pierre cubique parfaite est centrale dans la maçonnerie. Elle illustre le processus de palingénésie où l’individu est transformé par un travail incessant sur soi-même. Ce symbolisme se retrouve dans les outils maçonniques comme le maillet et le ciseau, utilisés pour « sculpter » le caractère de l’initié.
L’Architecture Spirituelle : La construction du temple intérieur, un concept cher à la maçonnerie, représente le développement spirituel de l’initié. Chaque rite, chaque degré, chaque rencontre en loge est une étape vers cette renaissance, où l’architecture extérieure du temple symbolise la reconstruction intérieure de l’âme.

Les Enseignements et la Palingénésie

Les enseignements maçonniques sont conçus pour faciliter cette transformation :

Les Trois Degrés : Chaque grade maçonnique – Apprenti, Compagnon, Maître – représente un stade de la vie spirituelle de l’homme. L’Apprenti apprend les bases, le Compagnon travaille à affiner ses compétences, et le Maître cherche la sagesse et la régénération, encodant ainsi le processus de palingénésie dans la progression maçonnique.
Les Rituels Symboliques : Les rituels maçonniques, avec leur symbolisme riche, mettent en scène des voyages et des épreuves qui symbolisent la mort de l’ancien soi et la naissance du nouveau. Par exemple, le « Voyage de l’Initié » dans certains rites est un passage symbolique de l’obscurité à la lumière, de l’ignorance à la connaissance.

La Palingénésie et la Société

La Franc-maçonnerie ne se contente pas d’une transformation individuelle ; elle vise également une palingénésie sociétale :

L’Engagement Social : Les francs-maçons sont encouragés à apporter leur lumière dans la société, à œuvrer pour son amélioration. Beaucoup de loges participent à des œuvres caritatives, à la promotion de l’éducation et des droits humains, incarnant ainsi une forme de renaissance sociale.
Le Débat Maçonnique : Les loges sont des lieux de discussion où les idées sur le progrès, la justice, et la moralité sont débattues. Ces débats visent à inspirer une transformation dans les pensées et les actions des membres, qui à leur tour, peuvent influencer la société.

Palingénésie et Tradition

La Franc-maçonnerie valorise l’histoire et la tradition, mais elle encourage également l’innovation et le renouvellement :

L’Adaptation des Rituels : Avec le temps, les rituels maçonniques ont été adaptés pour rester pertinents, reflétant ainsi une palingénésie rituelle, où les anciens symboles sont réinterprétés pour répondre aux questions de l’époque contemporaine.
L’Évolution des Idéaux : Alors que les fondements de la maçonnerie restent inchangés, les interprétations de ses principes évoluent. Cette évolution est une forme de palingénésie, où les valeurs sont régénérées pour s’aligner avec la compréhension moderne de la moralité et de l’éthique.

L’Appel de la Palingénésie

Pour le grand public, l’idée de la palingénésie en Franc-maçonnerie peut être attrayante pour plusieurs raisons :

La Recherche de Sens : Dans une société souvent perçue comme matérialiste, la quête de sens et de transformation spirituelle est d’autant plus précieuse.
L’Amélioration Personnelle : L’idée que l’on peut se réinventer, se régénérer, répond à un désir profond d’autodéveloppement et de croissance personnelle.
L’Impact Communautaire : La notion que l’on peut contribuer à la « renaissance » de sa communauté ou de la société dans son ensemble est puissante et motivante.

La palingénésie dans la Franc-maçonnerie est plus qu’un simple concept philosophique ; c’est une pratique vivante qui touche le cœur de l’expérience maçonnique. Elle rappelle à chaque membre qu’ils sont en perpétuelle évolution, non seulement pour leur propre élévation mais aussi pour le bien commun. Ce voyage de renouvellement et de régénération continue d’inspirer ceux qui cherchent à transcender les limites de leur être actuel pour atteindre un état supérieur de connaissance, de moralité, et de fraternité.

La Franc-maçonnerie, en tant qu’école de pensée et de vie, offre un cadre unique pour la palingénésie. Par ses rituels et enseignements, elle invite ses membres à une transformation continue, non seulement dans leur propre vie mais aussi dans leur impact sur le monde. Cette quête de la renaissance et de la régénération reflète une aspiration humaine universelle à l’amélioration et à l’évolution, rendant le concept de palingénésie pertinent non seulement pour les francs-maçons mais aussi pour quiconque cherche un renouveau personnel ou social.

Intelligence avec l’ennemi ?

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(Coucou i.a. fais-moi peur !)

L’intelligence est l’instrument de précision que nous appliquons avec le plus de succès à ce qui nous laisse froid » Natalie Clifford Barney

(Pensée d’une amazone)

Les terreurs de l’an 1000 nous reviennent. Apocalypse now ? Quel est donc l’objet de ce « tremendous », de cette « parousie » ? (1) qui fait fureur dans les travaux des loges ? L’intelligence artificielle bien entendu !

Alors là, on se sent devenir vieux, « has been » : en effet, cette angoisse devant le développement scientifique avait déjà des maîtres en la matière : bons vieux Aldous Huxley (1894-1963) et son « Le meilleur des mondes » et Georges Orwell (1903-1950) « 1984 » (2). Mais l’apothéose demeurant le robot dont l’intelligence se détraque de façon criminelle dans le prodigieux film de Stanley Kubrik « 2001 Odyssée de l’espace », à bord de la station spatiale, où les cosmonautes vont réussir à neutraliser ce prodige d’I.A. qui veut les asservir. Donc, nous voilà reparti pour un tour en matière de spéculations ! Donc, rejoignons à vive allure l’agora afin d’y glisser quelques idées philosophiques, à nos risques et périls…

Bien entendu, il y a un risque à courir : celui d’être taxé de l’infamante apostrophe de « réactionnaire » dans un pays si attaché à suivre les modes pour les abandonner le plus promptement du monde peu de temps après, sans manquer de vilipender au préalable, avant la fermeture pour inventaire, les « contre-révolutionnaires » qui avaient pris le risque d’émettre quelques doutes sur ce qui était encensé (Tiens ça rime avec « insensé » !) quelques instants auparavant, le temps d’un échauffement momentané ! Albert Camus, contrairement à la gentillesse nunuche, style « ravi de la crèche philosophique », que ses ennemis lui prêtaient, a une pensée assez acide sur les « révolutionnaires » dans ses « Carnets » de 1942 : « Le Français a gardé l’habitude et les traditions de la révolution. Il ne lui manque que l’estomac ; il est devenu fonctionnaire, petit bourgeois et midinette. Le coup de génie est d’en avoir fait un révolutionnaire légal. Il conspire avec l’autorisation officielle. Il refait un monde sans lever le cul de son fauteuil ». Le monde intellectuel est la proie favorite de ces joutes en vase clos et nous avons voyagé sur les montures rétives du marxisme-léninisme, du trotskisme, du maoïsme, du lacanisme dans toutes ses variantes, du structuralisme, etc… Jusqu’à leur disparition soudaine dans « les poubelles de l’histoire », selon l’expression consacrée, non sans avoir laissé quelques cadavres sur le chemin.

Bon, je cause, je cause, mais quel est l’objet du débat ? L’intelligence artificielle vous dites, avec naturellement les deux camps en présence : ceux pour qui cela représente une chance inouïe pour l’avenir de l’homme et ceux qui y voient un terrible danger d’asservissement.

I-CACHEZ CETTE MATIERE QUE JE NE SAURAIS VOIR !

Il est étrange que l’utilisation de l’I.A. se dirige vers une cérébralisation de l’esprit au détriment de la nature. Ce dont rêvent tous les religieux du monde ! La nature étant porteuse du mal et influenceuse de l’âme vers le péché. Comme un leitmotiv les orientations religieuses nous susurrent à l’oreille : « plus tu t’élèves et lâches la pesanteur de la matière, plus tu te rapproches du Principe ». Le corps n’est qu’une pesanteur néfaste à la grâce aérienne : « Mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres. Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? (Saint-Paul, Romains 7, 23-24). Etrange déviation de l’I.A. dans la perspective de la dissociation corps-esprit, afin d’accélérer la victoire de ce dernier et de promouvoir la « victoire de l’esprit » sur la matière qui deviendrait ainsi spiritualisée, comme l’espère Teilhard de Chardin, dans sa tentative d’un néo-panthéisme chrétien. L’I.A. va, finalement, contribuer par la mise en place de techniques à la contribution de la mise à l’écart de la matière au profit de l’esprit et donc d’une orientation inconsciente répondant à une culture religieuse occidentale. L’un des exemples auxquels elle participe est celui de la dématérialisation du travail.

Sous le terme de dématérialisation du travail on entend la numérisation des supports de l’information ou de la création, mais aussi l’automatisation de tâches de plus en plus complexes et l’éloignement physique des travailleurs avec les entreprises ou les organismes qui les emploient, avec parfois l’absence de lien managérial humain et interpersonnel : on va parler alors de « management algorithmique » !

Revenons au mot « dématérialisation », qui rappelons-le, est « l’action d’ôter sa matérialité à quelque chose » (homme compris !), pudiquement remplacé par « numérisation », « digitalisation », le tout sous la surveillance « bienveillante » de l’A.T. Cette tendance à la robotisation qui s’est accélérée depuis les années 2000 : après avoir structuré le travail ouvrier pour plus de productivité, comme le souhaitait Taylor, les technologies robotiques associées à l’I.A. permettent de numériser et standardiser certaines démarches dans les entreprises et organismes publics, ce qui amènent les consommateurs et les usagers de les exécuter eux-mêmes, sans le vis-à-vis indispensable à tout contact humain, donc condamne l’homme à un monologue avec la machine qui nous ferait croire à un dialogue. L’homme, dangereusement, redevient le serviteur de la machine, tel que Karl Marx le décrivait dans la théorie de son processus d’aliénation du sujet, en plus sophistiqué aujourd’hui évidemment. Paradoxalement, pour Marx, l’homme est prisonnier de la matière, mais en même temps elle lui donne une identité, l’homme et la matière étant dans une relation familière, de même nature, esprit et intelligence inclus, et qui se manifeste dans le collectif : « L’histoire n’est pas autre chose que la succession des différentes générations dont chacune exploite les matériaux, les capitaux, les forces productives qui lui sont transmises par toutes les précédentes ; de ce fait, chaque génération continue donc, d’une part l’activité qui lui est transmise, mais dans des circonstances radicalement transformées, et d’autre part elle modifie les anciennes circonstances par une activité radicalement transformée » (L’idéologie allemande. Editions sociales). Pour le philosophe, l’homme est de nature prométhéenne, un défi permanent aux dieux de toute nature, qui dépasse un progrès par un autre, élargissant ses limites comme affirmation de son existence. Donc, l’I.A. s’inscrirait dans ce schéma progressif, dont le destin serait d’être dépassé à l’étape suivante, en surmontant les angoisses momentanées générées par un progrès. Vision très idéaliste cependant : depuis la nuit des temps, l’homme ne peut se séparer de la nature en lui et des pulsions que cet état génère. Il est, sans arrêt, dans le balancement entre progrès et destruction.

Pour nous Maçons nous pouvons percevoir la nature du danger potentiel de l’I.A. : la naissance d’un travail détaché de l’esprit du « Chef-d’œuvre » dans lequel le compagnon puise son identité, donc son existence précieuse, en tant qu’être conscient de sa mortalité. Il est capital que l’obsession du fonctionnement ne se substitue pas à celle de la finalité, où le producteur peut se réaliser. Cette coupure s’exerce aussi plus fondamentalement par le fait que l’I.A. est créatrice de sous-traitance qui éloigne l’homme, de plus en plus, de tâches humaines qui étaient les siennes auparavant et contribuaient à son statut d’homme : nourriture, soins à des proches, etc. Par excellence, le travail demeure encore le « cordon ombilical » qui relie chacun à la société.

II-L’ELOGE DE L’IMPERFECTION.

La Franc-Maçonnerie, dialectiquement parlant, opère des renversements du sens qui, surprenant d’abord, sont intégrés comme un « Kairos », une richesse qui vient par surprise. Ainsi, le Maçon peut se définir comme un être spirituel vivant une expérience humaine, non un être humain qui vit une expérience spirituelle. En entendant par « spirituel » un sujet attaché au symbolique. Ceci se traduit donc aussi par une incarnation permanente dans le réel amenant ce va-et-vient entre matière et esprit. Ce dosage non respecté, l’histoire nous le démontre, ne peut que conduire à la catastrophe personnelle ou collective. Toute démarche, affective ou scientifique, demande donc une incarnation, avec ce que cela suppose d’incertitudes ou d’échecs. En prônant la perfection par la non-incarnation, l’I.A. nous fait entrer dans la vision imaginaire des choses : une sorte d’esprit planant au-dessus du réel et du symbolique. Quelque chose d’un courant que nous avons connu par le passé : le « scientisme », cette théorie philosophique fumeuse du XIXe siècle qui rêvait déjà au fonctionnement idéal de l’individu et des sociétés par le biais de la prise en main du destin humain par le monde scientifique, en opposition aux révélations religieuses de toute nature, aux superstitions, à la philosophie spiritualiste et même aux traditions et coutumes et également à toute autre forme de savoir. Nous tombions là, dans une sorte de nouvelle théologie. Nous en sommes revenus depuis, à moins que l’I.A. se propose de prendre le relais face au recul actuel des religions !

Ce qui semble gêner les tenants de l’I.A. est de l’ordre du non-contrôle du pulsionnel chez l’homme, cette part de l’animalité en nous, capable de déborder toute raison, tout raisonnable. Cet ennemi au discernement qu’il faudrait éliminer chez l’homme, alors que la pulsionnalité fait partie intégrante de la constitution du sujet. Nous en revenons au religieux : toutes les croyances mettent en avant que nous placions le combat interne contre désirs et pulsions au centre de la lutte vers l’accès au Principe, d’un rejet de l’ombre pour atteindre la lumière dans un « Jihad » permanent qui, devant l’impossibilité de vaincre, va se tourner vers l’extérieur dans une guerre sainte contre ce « mal » qui n’est que la projection de nous-mêmes sur les autres et capable d’atténuer momentanément notre sentiment de défaite. Nous serions alors rendus lumineux par ce combat au service de la vérité intelligente contre les forces « démoniaques » ! Il est intéressant d’ailleurs de constater combien l’I.A. occupe son temps aux techniques, relevant de la Défense Nationale, les robots étant hors désirs et variations affectives, eux seuls pourraient mener une « guerre juste », à l’abri de l’émotionnel …

Donc, comme depuis toujours, le désir voilà l’ennemi, que serait supposé contenir et maîtriser l’I.A. ! Mais, c’est là où le bât blesse : nous savons que c’est le manque qui crée le désir et que l’homme est un être du manque, donc un « désirant » continuel tant qu’il est en vie, imperméable à la raison en général, malgré la philosophie qui serait là pour lui en montrer les bornes théoriques. Donc, un être non-contrôlable par nature, éxcepté à de très rares périodes historiques, dictatoriales en général !

Faire appel à la raison face à l’envahissement de la technologie est une pure illusion : la psychanalyse nous a largement démontré la toute-puissance de l’inconscient face au rêve de la royauté de la raison. L’histoire récente, tragiquement, nous montre l’échec des « Lumières » et sa visée de rendre l’homme rationnel.

Nous voilà dans de beaux draps !

III- TEL CANDIDE ALLONS CULTIVER NOTRE JARDIN !

Cette question qui demeure d’ordre scientifique rejoint, comme à chaque fois, des interrogations métaphysiques rarement évoquées mais pourtant bien présentes. L’IA relève de la création d’une créature parfaite dotée d’une intelligence hors normes. Cela reviendrait à prendre la place du Principe créateur lui-même, donc de s’en passer à la limite. Mais, avec la crainte sous-jacente de sa colère et qu’il fasse que notre création se retourne contre nous. Nous sommes là en plein dans la tradition yiddish du « Golem » né de main d’homme et qui va détruire son propre concepteur. « Dr Jekill and Mister Hyde » ou « Frankenstein » s’inscrivent aussi dans la série ! La crainte de l’homme serait que cette créature parfaite (donc qui ne lui ressemblerait pas !) deviendrait autonome de l’homme et pourrait l’asservir, l’homme devenant l’animal-machine de René Descartes. Formidable défi aussi adressé au GADLU où l’homme crée un être parfait alors que lui a échoué !

Cette peur est-elle fondée ? Cela supposerait que l’I.A. puisse, au-delà de ses connaissances, mettre en place une affectivité mettant en mouvement le symbolique et le désir. Privée de corps réel, elle échappe aux pulsions de l’homme et donc, n’ayant pas de manques, elle n’a pas de désirs ! De surcroît, l’homme est un être animé par le symbolique et comment pourrait-elle mettre en route un symbolisme intérieur qui irait au-delà de la traduction de classique de symboles extérieurs. Et puis, qu’elle serait la dimension si importante pour nous de l’éthique, alors que le danger serait pour l’I.A. de ne donner qu’une pseudo-morale dictée par ses utilisateurs ?

La crainte relèverait de l’envahissement d’un pouvoir extérieur à nous qui, peu à peu, nous occuperait. Crainte vieille comme le monde d’ailleurs ! La psychanalyse, pour une fois, nous amène une bonne nouvelle : le célèbre analyste Sacha Nacht développe l’idée que, chez l’homme existe, un « Moi autonome » qui résiste à toute contraire extérieure. Il écrit (3) : « S’il y a en l’homme un « Moi autonome », celui-ci ne peut-être, en quelque sorte, qu’un axe central de son être, axe autour duquel se construit et s’organise le mouvement de tout son psychisme. J’utiliserais volontiers ici l’image bien connue de la roue et de ses rayons tournant autour d’un moyeu central : quelle que soit la rapidité du mouvement qui emporte la roue, le moyeu reste immobile ».

Pas de quoi s’en faire non ? Intelligence artificielle ou non…

NOTES

(1) Parousie. Mot grec formé de « para », à-côté de, auprès de ; et de « ousia », essence. Cela signifie le retour, la rencontre avec le Principe à la fin des temps pour les Chrétiens. Mais, nous en préférons la définition de Platon qui l’employait pour désigner la présence des idées dans les choses et qui développe une interrogation sur la liberté et la contrainte.

(2) Huxley Aldous : Le meilleur des mondes. Paris. Ed. Pocket. 2017.
Orwell Georges : 1984 (Nineteen Eighty Four). Paris. Ed. Gallimard. 2020.

(3) Nacht Sacha : Guérir avec Freud. Paris. Ed. Payot. 1971. (Page 220).

BIBLIOGRAPHIE

  • Arendt Hannah : Condition de l’homme moderne. Paris. Ed. Gallimard. 2012.
  • Arendt Hannah : Les origines du totalitarisme. Paris. Ed. Gallimard. 2002.
  • Weil Simone : L’enracinement au prélude à une déclaration des devoirs envers les êtres humains. Paris. Ed. Flammarion. 2014.
  • Casilli Antonio : En attendant les robots. Enquête sur le travail du clic. Paris. Ed. Du Seuil. 2019.
  • Hertmut Rosa : Accélération. Une critique sociale du temps. Paris. Ed. La Découverte. 2013.
  • Le Texier Thibault : Le maniement des hommes. Essai sur la rationalité managériale. Paris. Ed. La Découverte. 2022.
  • Linhart Danièle : L’insoutenable subordination des salariés. Paris. Ed. Erès. 2021.
  • Shabetai Milo Daniel : La survie des médiocres. Critique du darwinisme et du capitalisme. Paris. Ed. Gallimard. 2023.
  • Tronto C. Joan : Un monde vulnérable. Pour une politique du care. Paris. Ed. La Découverte. 2009.

Les ouvriers d’Hiram Abiff : L’héritage de Platon dans la quête de la vérité

De notre confrère argentin elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz PGM

De la Caverne aux Idées : L’Héritage de Platon dans la Quête de la Vérité

Jacques Cavalier, dans son ouvrage « Histoire de la pensée », affirme : « La véritable origine de la philosophie doit être placée dans le peuple grec » (page 539). Cette assertion nous plonge dans l’exploration de la philosophie antique, une discipline qui a façonné le développement intellectuel et moral de l’humanité.

L’Aube de la Philosophie : Milet et les Premiers Penseurs

L’histoire de la philosophie commence avec les pionniers de Milet, comme Thalès, qui a osé défier les croyances mythologiques en suggérant que le soleil et les étoiles étaient des corps célestes de feu, et non des divinités. Cette pensée rationnelle a ouvert la voie à une nouvelle ère de recherche et de connaissance qui, avec le temps, a donné naissance à la science telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Platon : Le Père de la Philosophie Occidentale

Buste de Platon. Marbre, copie romaine d’un original grec du dernier quart du IVe siècle av. J.-C.

Platon, né vers 427 av. J.-C. à Athènes, incarne cette transition de la mythologie à la philosophie. Influencé par Socrate, dont il fut le disciple pendant huit années, Platon a développé une pensée qui a profondément marqué l’Occident. En fondant l’Académie, il a non seulement créé une école de pensée mais aussi une institution qui a formé des leaders politiques et intellectuels, utilisant son livre « La République » comme un guide pour le gouvernement et la vie morale.

Le Monde des Idées et la Théorie de la Connaissance

Platon est célèbre pour sa théorie des idées, qui postule l’existence d’un monde idéal, immuable et éternel, constituant la réalité véritable au-delà du monde sensible et changeant que nos sens perçoivent. Dans ce cadre, la connaissance n’est pas simplement une accumulation de faits, mais une quête de la vérité universelle et éternelle.

L’Allégorie de la Caverne : Une Métaphore de l’Existence Humaine

Humains préhistoriques dans la grotte près du feu
Humains préhistoriques dans la grotte près du feu

Le mythe de la caverne, décrit dans le livre sept de « La République », est une des allégories les plus célèbres de Platon. Il compare notre existence à des prisonniers enchaînés dans une caverne, regardant les ombres projetées sur un mur par un feu derrière eux. Ces ombres, pour Platon, représentent notre perception du monde sensible, une réalité trompeuse et inférieure. La sortie de la caverne symbolise le voyage de l’âme vers la connaissance des idées véritables, guidée par la raison et la philosophie.

  • L’Ignorance et le Pouvoir : Dans cette allégorie, Platon met en lumière comment le pouvoir (ici, l’ignorance) maintient les gens en esclavage, une idée que des figures comme Simón Bolívar ont reprises en affirmant que l’ignorance est un outil de domination plus puissant que la force.
  • Le Chemin vers la Conscience : La libération de la caverne représente le chemin ardu de la philosophie, où l’individu s’affranchit des illusions pour atteindre une compréhension supérieure de la réalité.

L’Application Moderne de la Philosophie de Platon

Statue de Platon
Statue de Platon

Le mythe de la caverne de Platon trouve un écho dans notre société contemporaine, où l’accès à l’information et l’éducation sont plus disponibles que jamais, grâce à la technologie et à la mondialisation. Pourtant, l’ignorance, souvent manipulée par ceux qui détiennent le pouvoir, continue de maintenir les individus dans l’ombre de la connaissance.

La Paresse Mentale, Notre Plus Grand Ennemi

Platon nous met en garde contre la paresse intellectuelle, un vice qui nous empêche de chercher la lumière de la vérité. Dans un monde inondé d’informations, le défi est de discerner la véritable connaissance des ombres de l’illusion.

Chercher la Vérité au-delà des Apparences

L’héritage de Platon nous invite à une quête permanente de la connaissance, à ne pas nous contenter des apparences, mais à chercher la réalité derrière les ombres. Son allégorie de la caverne demeure non seulement une réflexion sur la condition humaine mais aussi un appel à l’action pour chaque individu à s’élever au-dessus de l’ignorance, à penser par soi-même et à poursuivre la lumière de la vérité. En cela, Platon nous enseigne que philosopher, c’est apprendre à vivre, non simplement dans le monde, mais avec le monde, en cherchant à comprendre l’Univers dans toute sa complexité et sa beauté.

L’Écho de Platon dans le Temps : La Philosophie comme Voyage Intemporel

Statut de Platon en marbre blanc
Statut de Platon assis en marbre blanc devant un chapiteau de Temple

Platon n’a pas seulement influencé son époque; son œuvre continue de résonner à travers les âges, touchant chaque aspect de la pensée humaine. Voici comment sa philosophie a continué à imprégner la culture et la société :

L’Influence de Platon sur la Science et la Métaphysique

  • La Science : La méthode scientifique contemporaine, bien que très différente de la philosophie de Platon, doit à ses prédécesseurs l’audace de questionner les apparences. La vérification empirique que la science propose trouve son écho dans le dialogue platonicien entre le monde idéal et le monde sensible, où la science cherche à rapprocher ces deux dimensions.
  • La Métaphysique : Les idées de Platon ont servi de fondation à la métaphysique occidentale, explorant ce qui se trouve au-delà du physique, au-delà de la raison purement empirique. La distinction entre l’univers des formes et celui du monde matériel a ouvert la voie à des débats qui durent jusqu’à nos jours sur l’existence, la réalité, et l’essence des choses.

Le Rôle de l’Éducation et de la Politique

  • Éducation : Platon a placé l’éducation au cœur de son utopie dans « La République ». Il croyait que l’éducation devait former des âmes capables de comprendre le monde des idées, permettant ainsi aux individus de devenir de meilleurs citoyens et leaders. Ce modèle éducatif, bien que idéaliste, a influencé les systèmes éducatifs modernes qui visent à développer la pensée critique et la sagesse.
  • Politique : Les discussions de Platon sur le philosophe-roi, un dirigeant gouverné par la raison plutôt que par l’appât du gain ou le pouvoir, ont inspiré des siècles de réflexion sur ce que devrait être un dirigeant idéal. Cette notion soulève des questions sur la moralité en politique, la justice et l’équité dans le gouvernement.

La Philosophie de Platon dans la Culture Populaire

Raphaël : Platon et Aristote devisant sur la politique ?
  • Littérature et Film : Les thèmes de la caverne, de l’illusion versus la réalité, et de la recherche de la vérité ont inspiré des œuvres littéraires et cinématographiques. Par exemple, « Matrix » peut être vu comme une version moderne de l’allégorie de la caverne, où les héros échappent à une réalité simulée pour découvrir la vérité.
  • Art et Musique : Les idées platoniciennes ont influencé l’art et la musique par l’idée que l’art devrait aspirer à représenter l’idéal, plutôt que la simple copie du monde visible.

L’Actualité de la Pensée Platonique

  • La Quête de la Connaissance dans l’Ère Numérique : À une époque où l’information est omniprésente mais souvent superficielle, la philosophie de Platon nous rappelle l’importance de la profondeur et de la véracité de la connaissance. Il nous pousse à questionner ce que nous voyons, à chercher au-delà des informations immédiates pour découvrir des vérités plus profondes.
  • Les Problèmes de Vérité et de Perception : Dans une ère de « faits alternatifs » et de « post-vérité », le dialogue de Platon sur l’ignorance et la connaissance est plus pertinent que jamais. Il soulève des questions sur comment nous pouvons distinguer la réalité des illusions créées par les médias ou les biais cognitifs.

Platon, Notre Guide vers la Lumière

Anselm Feuerbach, Le Banquet de Platon. Arrivée d’Alcibiade, 1869, Staatliche Kunsthalle Karlsruhe (Allemagne).

Platon nous a légué plus qu’un ensemble de concepts ; il nous a donné une méthode pour aborder la vie, un outil pour la pensée critique, et une inspiration pour la quête de la vérité. Son invitation à sortir de la caverne de l’ignorance et à chercher la lumière de la connaissance est un appel à l’action qui transcende les époques. En cherchant à comprendre le monde des idées, en vivant selon des principes moraux, et en aspirant à une société plus juste, nous continuons à marcher sur le chemin tracé par Platon, un chemin de réflexion, de questionnement, et d’aspiration à un monde meilleur, guidé par la raison, la justice, et la vérité.

Ordre Demolay fête ses 30 ans d’installation à Marabá – Brésil

De notre confrère brésilien correiodecarajas.com.br

Une cérémonie, dans la nuit du 23 novembre, dans la salle des événements de la Franc-maçonnerie de Novo Horizonte, a marqué la célébration du 30ème anniversaire de l’installation du Chapitre nº 220 de Pedro Marinho de Oliveira, représentation de l’Ordre Demolay à Marabá.

L’ordre est une institution internationale, et ici dans la ville , il est maintenu et parrainé par la Loge maçonnique Firmeza e Humanidade Marabaense nº 6. Il rassemble des jeunes hommes âgés de 12 à 21 ans, diffusant les principes d’une jeunesse de vertus pour une pleine citoyenneté à l’âge adulte.

La table des autorités qui ont présidé la cérémonie spéciale

La célébration s’est déroulée avec une cérémonie, suivie d’un dîner et de musique live. Les membres des premières générations jusqu’aux actuelles étaient présents, profitant de l’occasion pour se remémorer leur passage au sein de l’entité. Des vidéos ont été présentées sur un écran LED, avec la chronologie de cette œuvre, depuis 1994, date de son arrivée à Marabá.

Des autorités maçonniques et des démolays de plusieurs villes de l’État ont assisté à la cérémonie, comme le grand maître d’État de l’Ordre Demolay et son adjoint, respectivement Reginaldo Ferreira et Marco Sirotheau ; le conseiller principal de l’État, Luiz Cláudio ; et des représentants des sections de Rondon do Pará, Eldorado do Carajás, Parauapebas, Canaã dos Carajás et Conceição do Araguaia.

Outre les autorités de l’État, la table qui présidait les travaux était composée : du maître-conseiller (président) du chapitre, le jeune Rafael Marques ; le président du Conseil Consultatif, le franc-maçon Yan Gustavo Amorim ; le 2ème agent de sécurité de Loja Firmeza e Humanidade Marabaense, Delyo Alves ; le vénérable de la Loge Pionnière de Transamazônica 44, Raimundo Pereira de Sousa ; le représentant de la Grande Loge Maçonnique du Pará, Gleidson Lima ; la présidente de la Loge de Mães Oriente de Virtudes, Cristina Barletta ; et le fondateur et patron du chapitre, le franc-maçon Paulo Bosco Jadão.

Certains des démolis du groupe actuel ont reçu des diplômes distingués

POINT FORT

Il appartenait à l’un des membres de la première génération, Patrick Roberto, aujourd’hui franc-maçon, de diriger la cérémonie, en tant que cérémonialiste. Le point culminant a été la présentation de la soi-disant Cérémonie des Lumières, réalisée conjointement par les frères Rodrigo et Rafael Marques, représentant une génération du passé et de la démolaye active actuelle.

La cérémonie parle des principes cardinaux qui guident l’Ordre Demolay, qui sont : l’amour filial, le respect des choses sacrées, la courtoisie, la camaraderie, la fidélité, la pureté et le patriotisme.

Exaltation du drapeau et de l’hymne national, au moment solennel de la célébration

CHEVALIER

Cette nuit-là également, parmi les démolays actifs, un nom a été annoncé, celui du jeune Gabriel Barros, âgé de seulement 17 ans, nommé et approuvé par le Conseil suprême pour recevoir la plus haute distinction de l’entité, le Chevalier. Cette annonce surprise a ému toutes les personnes présentes, notamment la famille du candidat.

Gabriel, au centre, reçoit la nomination pour Chevalier, avec Yan et Jhavas Luan
 Les frères Rodrigo et Rafael Marques ont été émus par la cérémonie des illuminations

Hommage posthume

Le chapitre a promu un hommage posthume, destiné à la famille de Mme Lila Léia Pacheco, mère de démolays et décédée cette année. Toutes les mères ont été invitées à participer, à ce moment-là, un message a été lu et le plus jeune démolay, Pedro Juracy, a remis une fleur blanche à l’un des enfants de la lauréate, Gustavo Pacheco.

Merci

La dernière partie de la cérémonie a été axée sur l’hommage aux démolays exceptionnels et, après cela, il y a eu des « félicitations » à côté du gâteau thématique.

« Le Chapitre Pedro Marinho est l’un des plus importants de notre État, ayant déjà produit de grands dirigeants tout au long de son histoire et aujourd’hui nous sommes heureux d’assister à cet événement visant à célébrer cet héritage », a déclaré le grand maître de l’État, Reginaldo Ferreira.

« De nombreuses générations ont travaillé pour nous amener à ce moment. Nous disposons aujourd’hui d’un groupe fort, soutenu par les francs-maçons et le Club des Mères. L’Ordre Demolay fait une grande différence dans la vie de ces jeunes », a déclaré le maître conseiller Rafael Marques, animateur de la soirée.

Les Demolays de première génération ont assisté à la célébration

ACTION CITOYENNE

Le lendemain, dimanche (24), les démolays et les invités ont commencé la journée en menant une action de plantation de plants dans la rue qui donne accès au nouveau cimetière public de Marabá. Il y avait 30 plants, représentant les années de Demolay Marabá. Des entités telles que Apae et Casa do Caminho étaient représentées dans l’action.