mer 29 mai 2024 - 14:05

“Féminin et Spiritualité”: Succès du 3e colloque Hupériôn à Notre-Dame de Fontaine-Guérard (Eure)

Retour en quelques lignes sur un 1er mai pas comme les autres… À la campagne, c’est vrai mais aussi et surtout sur une thématique qui a attiré énormément de monde ! « Féminin et Spiritualité »,  : un succès ce 1er mai 2024 pour ce thème proposé par l’Association Hupériôn comme troisième colloque à l’Abbaye Notre- Dame de Fontaine-Guérard (Eure).

HUPERíÔN, le salon du livre sur "FÉMININ ET SPIRITUALITÉ"
HUPERíÔN, le salon du livre sur “FÉMININ ET SPIRITUALITÉ”

Aujourd’hui, la spiritualité se définit comme un ensemble d’attitudes, idées, et pratiques fondées sur la conviction que d’une part le monde visible fait partie d’un univers de l’Esprit dont il tire sa signification, d’autre part l’union et l’harmonie avec cet univers de l’Esprit sont une fin en soi à dégager pour mieux vivre avec le monde et les autres (ou plutôt un Autre, qui même s’il est différent physiologiquement , reste semblable dans sa quête de l’équilibre et de l’harmonie ).

Dans ce monde contemporain où la parole des femmes vient dénoncer un rapport séculaire d’un dominant masculin sur le féminin,   voire sort du silence les maltraitances et les violences qui leur sont faites, et que, dans bien des cultures, des institutions religieuses ont façonné des comportements oppressants,  autoritaires voire abusifs, comment envisager le féminin et la spiritualité ? Comment au-delà d’une légitime revendication politique et sociale, l’inscrire et la reconnaître comme une quête universelle de transformation d’un état négatif à un état positif ? 

Dès leur arrivée, les participants attirés par l’annonce de ce troisième Colloque de l’association Huperiôn, furent agréablement surpris par ce magnifique lieu qu’est l’Abbaye Notre-Dame de Fontaine-Guérand. C’est en effet un site religieux, du XIIᵉ siècle, un ancien lieu de retraite en Normandie d’une quarantaine de moniales de l’Ordre cistercien à l’époque médiévale qui fait l’objet actuellement d’une restauration patiente de ses jardins. Pour mémoire, l’Ordre cistercien est un ordre monastique de droit pontifical et est une branche réformée des bénédictins dont l’origine remonte à la fondation de l’abbaye de Cîteaux par Robert de Molesme en 1098. Un ordre qui a joué un rôle de premier plan dans l’histoire religieuse du XIIᵉ siècle.

Ensuite, chacun fut étonné, après avoir gravi un rude escalier de pierre, de découvrir au premier étage, l’ancien dortoir des anciennes habitantes : un dortoir sous une voûte restaurée en vieux bois de charpente, lieu maintenant transformé en une grande salle de rencontres culturelles.

Ce premier mai, l’endroit  était donc réservé à la mise en évidence d’un vaste champ d’investigation de la spiritualité : celui des icônes, témoins de la prière et du recueil, mais aussi celui des grandes figures  religieuses telles Myriam de Magdala, Marie, Lazare, amis de Jésus Christ,  de l’Apocalypse en images colorées et d’autres écrits de philosophes, théologiens ou prêtres, mais aussi le champ de la spiritualité  qui inspire la plume des romanciers sur l’histoire des Templiers ou des Cathares, sur des itineraires initiatiques voire maçonniques ou simplement des présentations de recueils poétiques d’ici et d’ailleurs, suggérant tous que la vie est sacrée et le Divin abordable !

Après un détour dans la  belle salle capitulaire du rez de chaussée, sous la direction d un homme de l’Église  orthodoxe,  ce fut l’occasion de faire ensemble une méditation d’une demi heure, dite « en pleine conscience » : chacun invité à être attentif à ce qui s’offre au présent comme le chant des oiseaux et le vent dans les feuilles. Et, l’exercice guidé par la voix et le gong parut bienfaisant à tous…

A l’abri de la pluie du printemps, les conférences « à couvert » ont été centrées sur différents thèmes retenus par les organisateurs ;  ainsi  celui des femmes dans l’Église catholique :  pourraient-elles être habilitées à donner des sacrements ou à lire aux fidèles des textes sacrés  à l’instar de celles qui ont cette pratique autorisée dans d’autres religions ?

Les avis furent  prudents  voire indécis pour déterminer si l’institution traditionnelle devait leur faire plus de place.

Par contre, les auditeurs furent, l’après midi, plus consensuels pour concevoir que la différence des sexes sur le plan de l’Esprit n’existe pas et que tout Être peut se considérer étant « enceint » d’une semence divine, semence que chacun et chacune se doit de développer pour s’épanouir dans une paix universelle …

Avec les explications de l’historienne Paule Amblard, le féminin méritait de sortir de son mystère ou plutôt du regrettable oubli de sa richesse qui reste pourtant  décelable dans bien des représentations de l’art sacré. Les tableaux du peintre Georges de la Tour (1593-1652) finirent par en convaincre,  celles notamment où la femme démontre une direction : celle de la Lumière à Job, son mari qui a tout perdu de ses biens et de sa superbe …

   

Pourquoi donc, tous, ne pas prendre le parti de dévoiler le féminin qui est en nous ?

   
Sylvie Monpoint

L’exemple d’Hildegarde de Tubigen présenté par Sylvie Monpoint fut également commenté.  Mystique militante et presque féministe, Hildegarde, visionnaire et poéte, également avisée sur les bienfaits des plantes, renvoyait du passé l’image encourageante et convaincante d’une femme animée par l’Esprit et la Beauté de la Création. Telle ci-dessous sa vision de Dieu, du Cosmos et de l’Humanité !

Leili Anvar

La journée s’est achevée par des morceaux choisis et lus par l’écrivaine et traductrice, spécialiste de la poésie et de la spiritualité persanes Leili Anvar, extraits de son spectacle musical «  Femmes mystiques d’Orient et d’Occident » et elle était accompagnée par Jean Jacques Lemêtre, musicien inventif, utilisant des instruments tous plus étonnants les uns que les autres pour produire des sons originaux et appropriés aux intonations de la voix de Leili Anvar. 

Enfin, après une toute  dernière lecture d’un poème de Daniel Berghezan, nous nous sommes quittés contents et satisfaits. Au creux de sa confidence,  nous avions compris que le poète nous encourageait autant les uns et les autres non seulement à savoir s’engager dans «une traversée en eaux profondes »  mais aussi de nous y purifier de nos idées vulgaires et sectaires. 

Photos Claude Laporte ; site abbayes-normandie

3 Commentaires

    • Merci NINI d avoir rectifié cette erreur qui a échappé à la correction.
      Hildegarde de Bingen bien sûr !

  1. Merci Claude pour ce beau reportage sur notre journée de partage et d’harmonie autour du féminin et de la spiritualité. Merci aussi pour les commentaires élogieux que tu as faits sur mon ouvrage.
    Accepterais-tu de me donner ton adresse mail pour que je t’informes sur d’éventuels évènements liés à nos activités ?
    Bien fraternellement
    Sylvie

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Claude Laporte
Claude Laporte
Cursus universitaire en Droit public, Organisation du travail, et Sociologie Politique. (Maîtrise en Droit Public (1972), à la Faculté de Bordeaux. Chargée de cours sur la « Sociologie Politique et des Institutions Internationales » aux élèves de 1ère Année de Droit (1972/1973). Puis, intégration professionnelle au sein de l’Assurance Maladie. Dernier poste occupé : Responsable de la Communication à la Direction des Systèmes d’Information à la CNAMTS. Autres diplômes : DESS Systèmes d’Information; DEA «Communication, Technologies et Pouvoir » (Université Paris-Sorbonne). Par ailleurs : des engagements dans le domaine associatif et culturel. Depuis mars 2020 une activité écriture/publications avec la création et l’animation du blog EMEREKA, journal d’opinions et d’humeurs ..

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