Nous sommes au XXIᵉ siècle, dans une époque où l’humanité se cherche entre héritages et innovations, entre rites anciens et libertés conquises. Et au cœur de cette mouvance, la franc-maçonnerie peine parfois à suivre le rythme, coincée entre ses colonnes historiques et les vents du changement.
Mais qu’on se le dise : il ne s’agit pas ici de renier la tradition, ni de jeter aux oubliettes les rituels forgés dans les siècles passés. Non. Il s’agit de regarder ces mêmes traditions avec lucidité, humour, et conscience, pour comprendrequ’exclure la femme aujourd’hui revient à nier une réalité omniprésente, celle d’un monde où elle bâtit, initie, guide et éclaire.
Notre époque n’appelle pas à la rupture, mais à la cohérence : comment parler d’universel si la moitié de l’univers reste à la porte du temple ? Comment invoquer la lumière si l’on refuse qu’elle brille sous d’autres formes, d’autres voix, d’autres visages ?
Ce traité, entre satire et réflexion, n’est donc pas une critique acerbe, mais une offrande joyeuse, une façon de montrer que la femme n’est pas un intrus maçonnique, mais bien une source initiatique en elle-même, déjà présente, déjà vivante, parfois silencieusement brillante entre les colonnes.
Chapitre I : « Vade Retro, Sœur Satanas »
Une loge ultra-traditionnaliste reçoit l’ordre, divin, administratif ou astrologique, d’initier une femme. Panique à l’Orient ! Le Vénérable Maître s’évanouit, le Frère Orateur parle en latin inversé, et le Maître des Cérémonies improvise un rituel en lisant le manuel du 3e degré à l’envers.
« Arrière, Sœur ! Ne viens pas troubler notre compas sacré avec ton rouge à lèvres profane ! »
Régularité en kit, compas en talons : bienvenue dans la loge du Délire éclairé. »
Chapitre II : « Platon, Pythagore et le Club des Garçons »
Les philosophes antiques sont convoqués pour justifier l’exclusion. Platon aurait dit : « La femme est une idée imparfaite, sauf si elle sait faire des planches. » Mais les Mystères d’Éleusis, dirigés par des prêtresses, sont soigneusement oubliés. On préfère les citations floues à la vérité historique.
Chapitre III : « La Bible selon Saint Misogyne »
« Tu enfanteras dans la douleur, et tu ne seras pas initiée. » Voilà ce qu’on croit parfois lire entre les lignes sacrées, quand on cherche à justifier l’exclusion des femmes par des versets mal digérés. On convoque la Genèse, on invoque Saint Pierre, et même Moïse, qui aurait refusé l’initiation de sa sœur Myriam faute de barbe. Mais la vérité biblique est tout autre.
Car le fameux « Vade retro Satanas », cette formule latine devenue incantation contre le mal, n’a jamais été adressée à une femme. Elle fut prononcée par Jésus lui-même,contre Pierre, son disciple, dans les Évangiles selon Marc (8:33)etMatthieu (16:23) :
« Arrière de moi, Satan ! Tu m’es un scandale ; car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Pierre, l’homme, le roc, le futur chef de l’Église, est ici le tentateur, celui qui veut détourner Jésus de sa mission. Et c’est à lui, un homme, que Jésus adresse cette réprimande spirituelle. Pas à une femme. Jamais.
Ce détail scripturaire, souvent ignoré, démolit les fondations théologiques de l’exclusion genrée. Il révèle que le mal n’a pas de sexe, et que la tentation peut venir du cœur le plus proche, même masculin, même initié.
Alors, quand certains brandissent le « Vade retro Satanas » comme un talisman contre l’initiation féminine, ils oublient que le Christ lui-même l’a utilisé pour corriger un homme qui refusait le chemin de la vérité.
Chapitre IV : La Cérémonie Fictive
La loge est contrainte d’initier une femme à cause :
d’une prophétie oubliée stipulant que « refuser trois âmes pures attire les chèvres de l’Apocalypse »,
d’un décret européen menaçant de retirer la régularité,
ou d’une erreur informatique : « Jean(e) » est enregistré comme homme.
La cérémonie devient un théâtre burlesque :
Le mot de passe est remplacé par « Vade Retro Satanas », crié trois fois en tournant autour d’un chandelier IKEA.
La candidate doit réciter l’alphabet hébraïque en dansant la polka.
Le Temple tremble, les tabliers se froissent, et les colonnes restent debout malgré tout.
Chapitre V : La Touche Sérieuse
L’exclusion des femmes n’est pas une fatalité. Des obédiences telles que le Grand Orient de France ou le Droit Humain, entre autres, démontrent que l’initiation n’a rien à voir avec le genre, mais avec la quête de sens, de lumière et de fraternité, ou plutôt, de sororité.
Bibliographie complémentaire
Ouvrages réels :
Simone de Beauvoir – Le Deuxième Sexe
Albert Camus – Le Mythe de Sisyphe
Friedrich Nietzsche – Ainsi parlait Zarathoustra
Jean-Jacques Rousseau – Du Contrat Social
Edgar Morin – La Voie
Pierre Rabhi – Vers la sobriété heureuse
Ouvrages fictifs :
Sœur Satanas – Le Compas en talons aiguilles
Vénérable Dac – La Loge en Folie
Frère IKEA – Symbolisme et Mobilier
Myriam de l’Orient – Pourquoi Moïse m’a snobée
Note de l’auteur
Cet travail est né d’une nécessité : celle de faire éclater un rire dans le silence sacré des temples, de bousculer les colonnes sans les renverser, et de rappeler que l’exclusion, même lorsqu’elle est vêtue d’oripeaux rituels, demeure une forme d’obscurité.
À travers l’humour, l’absurde et l’ironie, j’ai voulu bâtir une loge fictive où les contradictions du système se dévoilent d’elles-mêmes. Mais cette caricature n’est pas une moquerie : elle est un acte de résistance lucide, une quête symbolique pour réintégrer l’universel dans le cœur de la franc-maçonnerie.
Rire de ce qui exclut, c’est déjà poser les bases de ce qui unit.
Exergue final
“La femme est l’avenir du maçon, car elle est l’incandescence que l’on avait oubliée dans le feu.”
Postface initiatique
Cette planche n’a pas été écrite pour plaire à tous, mais pour parler à chacun. En tant que Vénérable Frère, je revendique le droit de penser librement, d’écrire avec lucidité, et de rire sans jamais renier le sacré. Car c’est dans l’intelligence de la dissidence joyeuse que naît, parfois, la plus sincère des fraternités.
Il est de ces Frères dont le parcours semble dessiné à la règle et au compas, entre rigueur de l’historien et ferveur de l’initié. Depuis le 1er juillet 2025, le musée de la franc-maçonnerie, musée de France depuis 2003, niché au cœur de l’Hôtel du Grand Orient de France, au 16 rue Cadet, à Paris dans le 9e arrondissement, accueille son nouveau conservateur : Laurent Segalini, qui succède avec humilité et enthousiasme à l’illustre Pierre Mollier.
Musée de la Franc-maçonnerie
Capture d’écran Facebook musée de la franc-maçonnerie
Sa légitimité repose avant tout sur un parcours singulier, mêlant rigueur savante et engagement initiatique.
Âgé de 47 ans, Laurent Segalini est membre depuis près de vingt ans du Grand Orient de France, plus ancienne et plus importante Obédience maçonnique d’Europe continentale. Son itinéraire intellectuel et spirituel s’inscrit dans la durée, comme une patiente gravure dans la pierre vive. Docteur en anthropologie historique, il a soutenu en 2008 une thèse consacrée à l’univers inca à l’Université Paris I-Panthéon Sorbonne. Historien des marges et des symboles, passionné par les rites opératifs, il explore aussi bien la préhistoire que les seuils du monde moderne, du XVIe au XVIIIe siècle. S’il poursuit sa formation pour acquérir le statut de conservateur du patrimoine, nous lui souhaitons bonne chance ! Ce qui, dans son cas, en raison de la richesse de son parcours, ne nous paraît nullement nécessaire…
DETRAD
Avant de veiller sur les colonnes du musée, il fut historien privé, traducteur de l’espagnol et du portugais brésilien, mais surtout employé chez DETRAD, en qualité de libraire depuis 2018. Il y œuvrait déjà au service de la diffusion d’une culture maçonnique exigeante et éclairée.
DETRAD, maison emblématique fondée en 1980, est bien plus qu’un simple éditeur ou fabricant de décors : c’est un atelier du Verbe et de la Forme, un creuset où s’élaborent livres, bijoux, tabliers et symboles destinés à accompagner les Frères et les Sœurs sur le chemin de l’initiation. C’est là que Laurent Segalini a poursuivi son compagnonnage intellectuel, dans la poussière des pages et la clarté des pensées.
Le maillon
Son engagement dans l’univers des idées se manifeste également dans son rôle de co-secrétaire de rédaction, aux côtés de Didier Ozil, Grand Maître Général de l’Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal (OITAR) de 2013 à 2015, de la revue Le maillon de la Chaîne maçonnique, publication interobédientielle fondée en 1983. Cette revue, nominée au Prix littéraire de l’Institut Maçonnique de France (IMF) en 2019 dans la catégorie « revue », incarne une Loge d’encre et de papier, intemporelle et universelle, où la parole circule librement entre anonymes et figures reconnues, entre apprentis et maîtres. À travers elle, Laurent Segalini contribue à faire résonner les multiples voix de notre paysage maçonnique contemporain.
Son itinéraire intérieur, quant à lui, s’ancre dans une jeunesse marquée par la lecture de Fulcanelli, à l’âge de 17 ans. Depuis, la quête alchimique et l’hermétisme nourrissent sa démarche, à la manière d’un feu secret qui éclaire le tracé de son existence. Il entre en Franc-Maçonnerie après une longue maturation, guidé par des rencontres lumineuses avec des Frères du Grand Orient de France. Sous le nom de plume « Jean Viride », pseudonyme qu’il dévoile lui-même, il publie des travaux érudits sur les traditions opératives et la symbolique hermétique, où la lettre devient chair, et le symbole, chemin de transmutation.
Chercheur associé au CNRS, dans l’unité « Archéologie des Amériques », il a rejoint le musée en qualité de chargé des collections, collaborant étroitement avec Pierre Mollier autour d’un tableau alchimique du XVIIIe siècle. C’est dans cette lignée, à la fois savante et sensible, qu’il entend inscrire son action.
Musée de la franc-maçonnerie
Le musée de la franc-maçonnerie n’est pas seulement un espace d’exposition ; il est un Temple ouvert aux profanes, une clef tendue vers l’intelligence Des rites, un lieu de pédagogie, de transmission et de rencontre. Laurent Segalini souhaite en faire un véritable outil éducatif au service du public, un espace de formation pour les Frères, et un centre de recherche vivifiant, à travers colloques, publications, partenariats scientifiques.
Son intérêt anthropologique pour les sources rituelles vivantes l’a déjà conduit à concevoir l’exposition Initiations forestières, exploration poétique et symbolique des rituels liés à la nature. C’est dans cette veine féconde qu’il entend poursuivre son œuvre, fidèle à l’esprit d’ouverture de son prédécesseur, et habité par une même exigence de vérité.
En lui, l’historien, l’hermétiste et le Maçon ne font qu’un. Il est un passeur, un veilleur du seuil, un serviteur discret mais éclairé d’un héritage qu’il convient de faire vivre, non de sanctuariser.
À travers son engagement, c’est tout un pan de la mémoire maçonnique qui continue de vibrer, entre archives et avenir, entre symbole et savoir.
analyse critique d’une tentation de corps intermédiaire
Le Grand Orient de France (GODF), première Obédience maçonnique française avec 49 912 membres cotisants et 1 399 loges, traverse une période de mutation marquée par une volonté affirmée de s’ériger en corps intermédiaire de l’État, comme en témoigne la remarque de Pierre Bertinotti, Grand Trésorier et probable futur Grand Maître, dans le procès-verbal du Conseil de l’Ordre du 24 janvier 2025: « Le Grand Orient de France doit être un corps intermédiaire reconnu. »
Cette ambition, qui ne figure ni dans la Constitution ni dans le Règlement Général du GODF, soulève des questions sur l’essence même de l’Obédience, son identité et ses relations avec des acteurs extérieurs partis politiques, syndicats et notamment l’UNSA.
Guillaume Trichard ex Grand Maître du Grand Orient
Ces liens, incarnés par des figures comme Nicolas Penin, Guillaume Trichard, Emmanuel Pierrat, Philippe Foussier, Catherine Picard et, selon certaines sources à vérifier, Cécile Révauger… révèlent une proximité problématique, oscillant entre collusion et instrumentalisation mutuelle.
Philippe Foussier ex Grand Maitre du Grand Orient.
Cet article explore ce rapport complexe, analyse les tensions entre la vocation initiatique première du GODF et son engagement sociétal. Il interroge la légitimité de cette posture de corps intermédiaire à la lumière de la crise démocratique contemporaine et des échecs récents du GODF à mobiliser l’opinion aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’obédience.
I. Contexte Général :
La crise démocratique et le rôle des corps intermédiaires
Nicolas Penin Grand Maître du GODF
La France traverse une crise démocratique profonde, caractérisée par une montée de l’abstention, le discrédit des partis traditionnels, et une fragmentation du lien civique, une syndicalisation en berne, comme l’ont analysé Frédéric Gilli et Pierre Rosanvallon. Dans ce contexte, les corps intermédiaires – syndicats, associations, organisations civiques – sont perçus comme des remparts contre le populisme, le « jupitérisme » présidentiel, ou l’individualisme passif (le « colibrisme »).
Ces entités, en théorie, facilitent le dialogue entre citoyens et État, renforçant la cohésion sociale. Le GODF, fort de son histoire républicaine et de son engagement pour la laïcité, pourrait être tenté de s’inscrire dans cette dynamique. Cependant, cette ambition marque une inflexion majeure par rapport à son identité traditionnelle d’obédience initiatique, vouée « à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité », comme stipulé dans ses statuts.
La proposition de Pierre Bertinotti, qui qualifie le GODF de «corps intermédiaire», n’a jamais été débattue dans les loges, révélant un décalage entre les aspirations de certains membres du Conseil de l’Ordre et la base des membres dans les Loges.
Cette absence de délibération interne soulève des questions sur la légitimité démocratique d’une telle révolution.
II. Un GODF en Mutation : De l’Obédience Initiatique au Corps Social ?
Le GODF, né en 1773 d’une transformation de la première Grande Loge de France, s’est historiquement distingué par son engagement humaniste et politique, notamment sous la Troisième République, où il a joué un rôle clé dans la promulgation de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. Cependant, des textes récents, comme le procès-verbal du Conseil de l’Ordre de janvier 2025 ci-dessus, mettent en lumière un glissement vers une posture de corps intermédiaire engagé, assumant un rôle quasi-syndical ou politique.
À ce sujet, il faut regretter que les PV des séances du Conseil de l’Ordre ne soient pas portés à la connaissance des Loges, depuis celui de février. Le PV de mars n’est paru que fin juin et n’a pas été débattu en Loge. Les PV d’avril, de mai et de juin n’ont pas été portés à la connaissance des Loges. Ainsi 4 PV non communiqués ne permettent pas de juger de l’action du Conseil de l’Ordre sur un tiers de son mandat.
Le GODF est une association loi 1901, fédération de loges autonomes, et non une institution reconnue dans le jeu démocratique comme un parti ou un syndicat. La notion de « corps intermédiaire » n’a pas de fondement juridique clair dans ses statuts, qui insistent sur son caractère philosophique, philanthropique et progressif au service d’un universalisme revendiqué. Cette ambition de devenir un acteur sociétal visible entre en contradiction avec ces principes, car elle suppose une extériorisation permanente – c’est-à-dire une prise de parole publique – qui n’est pas toujours compatible avec la réfléxion maçonnique.
Un paradoxe de visibilité
Le GODF cherche à être audible dans l’espace public, sans y parvenir, notamment sur la laïcité, mais sans assumer les contraintes légales des lobbies ou groupes de pression, telles que la transparence financière ou la responsabilité publique. C’est ainsi que l’exécutif du GODF s’est refusé à plusieurs reprises à assumer sa RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises)
Pierre Bertinotti déplore que le discours du GODF sur la laïcité ne soit pas audible par la jeunesse, mais ce constat s’étend aussi aux membres de l’obédience dont la moyenne d’âge est passé de 40 ans en 1985 à 65 ans en 2025.
Il est intéressant de noter que les Maîtres représentent : 80,26 % des effectifs (Compagnons : 8,82 % – Apprentis : 10,92 %), ce qui démontre un dangereux vieillissement qui fragilise le GODF par le manque d’attractivité auprès de la jeunesse.
La pétition lancée sur change.org pour constitutionnaliser les deux premiers articles de la loi de 1905, initiée lors du colloque de février 2025 au Sénat, n’a recueilli que 19 150 signatures à ce jour, loin des 200 000 visées par Nicolas Penin et des 54 680 membres revendiqués par le GODF. Cet échec, tout comme la manifestation organisée pour s’opposer à l’extrême droite par Guillaume Trichard en juin 2024, qui n’a réuni qu’environ 200 personnes, illustre l’incapacité de l’exécutif du GODF à mobiliser ses membres, révélant une déconnexion entre ses ambitions et sa capacité d’influence. Il y a un vrai divorce entre un exécutif hors sol et une base de plus en plus récalcitrante.
Une crise de leadership
La succession rapide des Grands Maîtres est un problème majeur : sept en dix ans et, si c’est Pierre Bertinotti qui est élu, il ne lui sera possible statutairement que d’exercer un mandat d’un an.
L’élection comme Grand Maître de Nicolas Penin, en août 2024, succédant à Guillaume Trichard, tous deux jouissant d’une décharge syndicale au bénéfice de l’UNSA posait le double problème du cumul de deux charges à plein temps, celle de grand maître et celle de responsable syndical rémunéré par le syndicat donc sur des fonds publics et de l’appartenance en situation de responsabilité à un syndicat défenseur par définition d’intérêts catégoriels et corporatistes.
Rue Cadet – GODF
De plus, l’élection annoncée de Pierre Bertinotti pour un mandat d’un an en 2025, ne vise t-elle pas à assurer une transition entre les mandats Penin (2024-2025) et Guillaume Trichard (2023-2024) et les futurs mandats des mêmes Guillaume Trichard (2026-2029) et Nicolas Pénin (2029-2032) ?
Cela suggère des maneuvres d’appareil pour assurer la continuité entre les figures liées à l’UNSA. Cette planification à long terme, ne semble t-elle pas contourner le débat démocratique dans les loges, ce qui renforce l’impression d’une mainmise d’une oligarchie syndicale sur les cercles restreints de l’obédience ?
III. La Question de l’UNSA : Collusion ou Instrumentalisation Mutuelle ?
Le lien entre le GODF et l’UNSA, un syndicat non représentatif au niveau interprofessionnel mais influent dans la fonction publique, constitue le point de crispation central. Cette proximité, incarnée par des figures clés, soulève des interrogations sur une possible collusion ou instrumentalisation mutuelle.
Une convergence idéologique
L’UNSA, avec une vision partisane de la laïcité, proche du mouvement « Printemps Républicain », ciblant particulièrement l’islamisme, trouve un écho dans une partie très minoritaire du GODF, malgré l’influence de Nicolas Penin et de Guillaume Trichard, tous deux toujours responsables syndicaux à l’UNSA. Dans leurs profils Linkdin, ils démontrent leur collusion objective entre leur fonction syndicale et leur fonction présente ou passée de Grand Maître. Pour Guillaume Trichard, il s’agit d’une violation de l’Article 23 du Règlement Général qui « interdit à tout membre du Grand Orient de France de faire état d’une fonction anciennement occupée ». Cette disposition vise à imposer une certaine humilité à d’anciens dignitaires.
Penin, Conseiller Principal d’Éducation et Grand Maître depuis août 2024, et Trichard, secrétaire général adjoint de l’UNSA et Grand Maître de 2023 à 2024, occupent des postes à temps plein au GODF, tout en bénéficiant de décharges syndicales à l’UNSA, fonctions visiblement associées dans leurs profils LinkedIn. Cette double casquette ne pose t-elle pas, en outre, la question d’un éventuel « emploi fictif » ?
Un risque que le Conseil de l’Ordre du GODF semble prêt à assumer, malgré les précédents judiciaires du Front National et du Rassemblement National au Parlement européen, qui ont mis une décennie à être dénoncés.
Des figures clés au carrefour
D’autres personnalités participent à cette interconnexion :
Source : Instagram d’Emmanuel Pierrat
Emmanuel Pierrat, avocat du GODF et de l’UNSA, a été temporairement écarté en raison de condamnations profanes, comme rapporté par 450.fm. Son retour en grâce sous Guillaume Trichard soulève des questions sur les critères de sélection éthique des collaborateurs du GODF. Surtout si on tient compte de sa récente garde à vue d’Avril dernier pour des faits similaires à sa précédente condamnation d’interdiction d’exercice de sa profession d’avocat.
Catherine Picard, élue récente de la région Ouest et ancienne présidente de l’UNADFI, incarne un lien plus complexe. Infirmant un jugement du tribunal d’Evreux, la cour d’appel de Rouen a condamné, mercredi 18 juillet 2007, la présidente de l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu (Unadfi), Catherine Picard, à verser 6750 € aux témoins de Jehovah pour diffamation (Source : Le Monde).
Philippe Foussier, ancien Grand Maître (2017-2018), dignitaire du Grand Chapitre Général de Rite Français est aujourd’hui journaliste à l’UNSA après sa retraite. Son implication dans l’affaire de la Fondation du GODF, qui a entraîné une perte de 300 000 euros liée à un immeuble rue Castérès, a été révélée par 450.fm en août 2024. Membre de la région 3 de Paris, comme Trichard, Foussier soutient activement ce dernier, renforçant l’idée d’un réseau d’influence aux bénéfices réciproques, plutôt que celle d’un idéal institutionnel.
Gérard Contremoulin, Ve Ordre du Grand Chapitre Général du Rite Français via son blog Sous la Voûte Étoilée, promeut une vision alignée sur les positions de l’UNSA et du GODF, renforçant leur visibilité mutuelle.
Cécile Révauger, initiée en 1982 au sein d’une loge maçonnique de la GLFF. Elle démissionne pour rejoindre le GODF en 2013. En 2020, elle devient la première sœur membre de la chambre d’administration du Grand Chapitre général du Rite français du GODF. Selon certaines sources, elle serait proche de l’UNSA.
Hypothèses d’instrumentalisation
Deux hypothèses expliquent cette proximité :
L’UNSA utilise le GODF pour gagner en visibilité idéologique. L’UNSA, souffrant d’un « complexe d’infériorité syndicale » dû à son statut de syndicat non représentatif, pourrait chercher à s’appuyer sur le prestige historique du GODF pour renforcer sa légitimité, notamment sur la laïcité et pour envisager la possibilité de devenir une centrale syndicale avec les dotations publiques en prime.
Le GODF instrumentalise l’UNSA pour accéder à un rôle politique. Faute de reconnaissance institutionnelle comme corps intermédiaire, le GODF pourrait s’appuyer sur l’UNSA, bien implantée dans la fonction publique, pour amplifier son influence dans le débat public.
Ces deux institutions sont manifestement en déficit de notoriété et d’influence. Leur relation contre-nature pose problème. Elle réduit la diversité d’expression au sein du GODF, elle abolit son indépendance, elle introduit des logiques d’alliances partisanes et compromet le caractère initiatique de l’obédience. « Les métaux syndicaux ne sont plus à la porte du Temple.»
De plus, l’UNSA tente d’investir les fraternelles maçonniques, où elle se heurte à des obédiences plus traditionnelles comme la GLDF, la GLNF, la GLAMF ou la GLTSO, qui privilégient une approche spirituelle plutôt que sociétale.
IV. Le Discours sur la Laïcité : Un Échec de Mobilisation
Le GODF a fait de la laïcité une pierre angulaire de son identité, comme en témoigne son engagement historique sous la Troisième République et sa pétition de 2025 pour constitutionnaliser les deux premiers articles de la loi de 1905. Cependant, cette démarche souffre d’un manque d’adhésion, tant externe qu’interne.
Une laïcité controversée
Le discours du GODF sur la laïcité, souvent perçu comme intégriste, est critiqué pour son incapacité à s’adapter aux réalités contemporaines. L’accent mis sur la lutte contre l’islamisme, partagé avec l’UNSA, risque de réduire la laïcité à une posture identitaire, éloignant le GODF de son idéal universaliste. Les accusations de néo-colonialisme de la part de frères africains, soulignent les limites de cette approche, qui peine à intégrer la diversité des contextes culturels et sociaux. Le Conseil de l’Ordre du GODF ne conduit pas une réflexion critique sur ses conduites
V. Une Tension Non Résolue : Entre Initiation et Militantisme
Le GODF semble tiraillé entre deux courants :
Un courant maçonnique initiatique, intemporel, centré sur le perfectionnement individuel et collectif, incarné par le Rite des Moderns (Anderson) et la devise « Liberté, Égalité, Fraternité », adoptée en 1848.
Un courant profane militant, tourné vers un engagement sociétal, où le GODF aspire à jouer un rôle de « sentinelle » de la République, comme l’a exprimé Guillaume Trichard dans Challenges.fr.
Cette tension n’est ni assumée ni débattue collectivement. Le glissement vers un rôle de corps intermédiaire, porté par des figures comme Bertinotti, Penin, et Trichard, s’opère dans des cercles restreints, sans consultation des loges. Cette absence de débat interne contredit le principe maçonnique de démocratie, basé sur le suffrage universel au sein de l’obédience. De plus, la proximité avec l’UNSA, marquée par des conflits d’intérêts potentiels (comme les décharges syndicales de Penin et de Trichard), compromet l’indépendance du GODF et expose l’obédience à des accusations d’emploi fictif, similaires à celles qui ont visé des partis politiques.
VI. Conclusion : Une Nécessité de Réflexion Collective
Catherine Picard (Crédit Wikipedia)
Le lien entre le GODF et l’UNSA, incarné par des figures comme Nicolas Penin, Guillaume Trichard, Emmanuel Pierrat, Philippe Foussier, Cécile Révauger, Catherine Picard, Pierre Bertinotti… révèle une tentative de positionner le GODF exclusivement comme un corps intermédiaire, en s’appuyant sur un syndicat influent dans la fonction publique. Cependant, cette stratégie, qui vise à amplifier l’influence du GODF sur la laïcité et les questions républicaines, se heurte à plusieurs obstacles :
Une légitimité contestée, due à l’absence de débat dans les loges et à l’échec des initiatives publiques, comme la pétition de 2025 ou la manifestation de 2024.
Une indépendance compromise, par des liens trop étroits avec l’UNSA, qui introduiront des logiques partisanes au sein de l’obédience.
Un décalage idéologique, entre la vocation initiatique du GODF et son ambition de devenir un acteur politique, au détriment de sa mission universaliste.
Temple Arthur Groussier, Grand Temple
Pour surmonter ces tensions, le GODF doit ouvrir un débat collectif sur son rôle dans la société. La Commission Maçonnisme et Juridictions, en posant la question « En quoi sommes-nous différents des autres institutions et organisations? », offre une opportunité de clarifier cette identité. Plutôt que de s’aligner sur des partenaires comme l’UNSA, le GODF devrait réaffirmer son rôle d’espace initiatique, capable de rassembler les différences dans un esprit de fraternité, fidèle à son objectif de « Centre de l’Union » fondé sur le principe de « rassembler ce qui est épars ». Sans cette réflexion, l’obédience risque de perdre son âme maçonnique au profit d’une politisation mal assumée, d’une syndicalisation inappropriée au détriment de sa Constitution et de son héritage républicain.
Transformant le GODF en corps intermédiaire, Le Conseil de l’Ordre aura ainsi vassalisé le GODF au service d’un communautarisme syndical
Sources :
450.fm, série spéciale sur l’affaire de la Fondation du GODF, août 2024.
450.fm, « Nicolas Penin : Un syndicaliste à la tête du GODF pour défendre l’école publique et la laïcité », 26 août 2024.
books.openedition.org, « La laïcité, une valeur d’aujourd’hui ? Le renouveau de l’intégrisme laïque : le cas du Grand Orient de France ».
godf.org, « Discours au Colloque ‘120 ans de Laïcité, 120 de Liberté’ par Nicolas Penin », 24 février 2025.
Challenges.fr, « Inquiet pour 2027, le nouveau patron du Grand Orient de France prône de ‘réparer la République’ », 2 septembre 2023.
Cairn.info, « Le Grand Orient de France et la politique », 1er février 2021.
450.fm, « Grand Orient de France : ‘Pas une voix à l’extrême droite !’ », 30 mai 2024.
Procès-verbal du Conseil de l’Ordre du GODF, février 2025.
Entretien avec Philippe « temple maçonnique ouvert »
Faut-il que la Franc-maçonnerie soit présente sur les réseaux sociaux et comment ? La question n’est pas nouvelle et le Frère Franck Fouqueray fut l’un des premiers à travailler cette question. Cet article ne se propose pas d’y mettre un point final, simplement apporter une pierre modeste à l’édifice de cette réflexion. Examinons déjà le pour et le contre…
Oui, la FM appartient à la société d’aujourd’hui et donc elle doit utiliser les médias mis à sa disposition et qui, de plus, sont ceux d’une certaine classe d’âge. Ne pas le faire serait risquer de se couper d’une génération qui, autant que les autres, mérite d’être informée sur la maçonnerie, d’en comprendre les principes et d’éventuellement envisager d’en faire partie.
Non, la FM est intemporelle, ce n’est pas à elle de communiquer, mais à celles et ceux qui veulent la connaître de faire l’effort d’aller vers elle, guidés éventuellement par un franc-maçon que le hasard mettra sur leur route. Les deux positions sont intéressantes à considérer, mais la seconde me semble ne pas tenir compte d’une réalité qui s’impose à nous : nous vivons désormais dans une société connectée, que nous le voulions ou pas, et ne pas communiquer c’est risquer de laisser naître fantasmes et fausses informations, qui déjà prolifèrent.
Pour avancer sur cette réflexion, je décide de rencontrer et d’interroger Philippe, franc-maçon depuis de nombreuses années et en double appartenance sur deux obédiences. Il a eu l’idée de créer un compte Instagram : @Temple_maçonnique_ouvert, pour communiquer sonenthousiasme sur la franc-maçonnerie à ses followers…
📰 “Temple Maçonnique Ouvert” : un pont entre les loges et les profanes
Rencontre avec Philippe, franc-maçon expérimenté, à l’origine du compte Instagram @temple_maconnique_ouvert, qui propose une vision accessible, interactive et symbolique de la franc-maçonnerie à l’ère des réseaux sociaux.
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📱 La franc-maçonnerie s’invite sur Instagram
Philippe, franc-maçon depuis 1979 et membre de deux obédiences, a décidé de créer un pont entre le monde profane et l’univers initiatique. Pour cela, il lance il y a plusieurs mois le compte Instagram @temple_maconnique_ouvert. Un espace original dans lequel il partage interviews, secrets, énigmes et réflexions symboliques à destination d’un large public.
« J’ai voulu parler de franc-maçonnerie simplement, avec un langage accessible, loin du jargon rituel que les profanes ne comprennent pas », explique-t-il.
« Mon but, c’est de leur donner envie, de leur permettre de poser des questions et, peut-être, de franchir la porte d’un temple. »
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🎙️ Des interviews pour briser les murs
Philippe a déjà interviewé plusieurs Grands Maîtres, issus de différentes obédiences, dont l’OITAR, la GLMF, la GLMS ou encore la GLFF. Il en prépare d’autres à la rentrée, notamment avec le Droit Humain ou la GLTSO.
Son approche ? Profane et directe : « Je pose des questions simples : combien coûte l’entrée en maçonnerie ? Est-ce qu’on peut en sortir facilement ? Quel est l’engagement réel ? » Ces entretiens, accessibles en vidéo sur Instagram et YouTube, permettent aux curieux d’explorer librement les spécificités des obédiences.
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🚪 Ouvrir symboliquement les portes du Temple
Le nom de son compte, “Temple Maçonnique Ouvert”, n’est pas un hasard. Il revendique cette volonté d’ouverture contrôlée : « On peut montrer un franc-maçon avec un sautoir, ce n’est pas trahir un secret. En revanche, je respecte strictement l’anonymat, sauf quand les intervenants – souvent des dignitaires – choisissent eux-mêmes d’apparaître. »
Il publie aussi un carrousel hebdomadaire d’événements maçonniques ouverts aux profanes, comme les cafés maçonniques, conférences ou tenues blanches ouvertes. Et les retours sont positifs : « Plusieurs profanes m’ont écrit pour me dire qu’ils avaient découvert un événement grâce au compte. C’est là que je vois que ça fonctionne. »
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🔍 Un engagement symbolique quotidien
Chaque matin à 8h, Philippe publie une énigme maçonnique ou un défi symbolique, que ses abonnés sont invités à résoudre ou commenter. Le format plaît : entre 7 000 et 10 000 vues par publication.
Exemple : « Je forme un angle droit sans jamais juger ; je trace la voie dans la droiture. Qui suis-je ? »
« C’est une manière douce de faire découvrir les symboles et la méthode de travail en loge », précise-t-il.
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🧭 Une communication adaptée à l’ère moderne
Sur les réseaux, Philippe a testé plusieurs plateformes, mais Instagram est selon lui le réseau le plus adapté à la franc-maçonnerie :
« C’est un espace bienveillant, où les échanges sont nombreux mais respectueux. Contrairement à Facebook, où les réactions sont parfois violentes, je n’ai jamais eu d’agression sur Instagram. »
Il évite TikTok, jugeant le format trop superficiel pour son propos, et réserve YouTube aux vidéos longues (5 minutes et plus). Il note aussi que son audience est plutôt masculine (80 %), âgée de 25 à 55 ans, et géographiquement répartie entre la France, le Canada, les États-Unis et l’Afrique francophone.
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🌱 Parler aux jeunes pour construire la maçonnerie de demain
Philippe est convaincu que les jeunes générations sont en recherche de sens. Mais il reste lucide : « Entrer en franc-maçonnerie demande du temps, de l’argent, un véritable engagement. C’est notre rôle d’adultes initiés de leur expliquer cela, sans idéaliser ni simplifier. »
Son ambition à long terme ? Offrir un panorama complet de la franc-maçonnerie française, en donnant la parole à toutes les obédiences – grandes comme petites. Et pourquoi pas, demain, interviewer de jeunes apprentis ou compagnons qui souhaiteraient témoigner.
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🎯 Une démarche personnelle… au service du collectif
« J’ai reçu énormément grâce à la franc-maçonnerie. Aujourd’hui, je rends ce que j’ai reçu à ma manière, en partageant avec honnêteté et respect ce que je peux montrer. »
Le succès est déjà au rendez-vous : plus de 5 500 abonnés suivent aujourd’hui ses publications quotidiennes. Et la dynamique est clairement lancée.
Les récents événements entourant la Grande Loge de Cuba ont suscité une controverse sur les réseaux sociaux, où des rumeurs ont circulé remettant en question les relations entre les institutions étatiques et la franc-maçonnerie. À ce sujet, le ministre de la Justice, Oscar Manuel Silvera Martínez, a clarifié la position du gouvernement lors d’un échange avec le journaliste Lázaro Manuel Alonso.
Silvera Martínez a rappelé que la loi 54 de 1985, dite loi des associations, attribue au ministère de la Justice (Minjus) un rôle de premier plan dans le processus de création, de constitution et de surveillance des formes associatives . Il a précisé qu’il existe actuellement 2 261 formes associatives dans le pays, dont 1 141 sont fraternelles et une bonne partie sont des loges maçonniques.
Concernant le lien avec la Franc-Maçonnerie, le ministre a déclaré : « Avec la Grande Loge de Cuba, et le reste des Loges, du Ministère de la Justice à nos structures provinciales, nous avons maintenu une relation étroite et respectueuse car ils ont une législation maçonnique étendue remontant à leurs propres normes fondatrices, connues sous le nom d’Instituts de 1875, qui régissent la Franc-Maçonnerie. »
Il a ajouté que l’institution dispose de mécanismes internes pour résoudre les conflits : « La Franc-Maçonnerie dispose d’une législation complète qui couvre tous les aspects de la vie de la fraternité, et elle dispose de mécanismes pour résoudre les différentes situations qui peuvent survenir dans la vie de la Franc-Maçonnerie. »
Concernant les tensions entourant l’élection du Grand Maître, Silvera Martínez les a décrites comme « une affaire interne, qu’ils doivent traiter et résoudre selon leurs propres règles ». Il a catégoriquement nié les accusations d’ingérence de l’État : « L’accusation d’ingérence, de favoritisme ou de privilèges prétendument exercés par des entités gouvernementales sur des membres de ces groupes est fausse. »
Il a expliqué que des « conversations, des réunions et des entretiens » ont eu lieu à la demande des deux groupes francs-maçons et du ministère de la Justice, toujours dans le but de « garantir une meilleure compréhension ». Il a réitéré l’engagement de respecter :
Au ministère de la Justice, nous avons toujours respecté scrupuleusement la franc-maçonnerie. Dans ce contexte et à l’avenir, nous la respecterons toujours scrupuleusement.
Le ministre de la Justice a qualifié toute allégation d’ingérence du gouvernement de « fausse, partiale et malveillante ».
« Nous respectons et admirons la merveilleuse histoire de la Franc-Maçonnerie. Nous avons toujours respecté, respectons et respecterons toujours cette merveilleuse histoire qui unit les peuples autour de valeurs », a-t-il conclu.
Dans la vidéo, l’intervention en espagnol du ministre sur les événements survenus à la Grande Loge de Cuba :
Un reportage vu par hasard, mêlant des images vibrantes d’Éthiopie, d’Haïlé Sélassié, du Kebra Negast, d’Israël, de l’Arche d’Alliance, du roi Salomon, de la reine de Saba et de la cathédrale Sainte-Marie de Sion, a éveillé ma curiosité. Comment ce pays, souvent associé dans mon esprit à la pauvreté et à la famine, pouvait-il être le creuset d’une culture si riche, au carrefour des fondements judéo-chrétiens et des traditions maçonniques ? Perplexe, j’ai entrepris des recherches modestes, mais passionnantes, pour explorer ce mystère.
Cet article retrace les grandes lignes du Kebra Negast, l’histoire de la reine de Saba et de Ménélik I, ainsi que leur résonance dans le symbolisme maçonnique, tout en offrant une plongée dans un héritage universel.
I. Le Kebra Negast : La Gloire des Rois d’Éthiopie
Le Kebra Negast, ou « Gloire des Rois », est bien plus qu’un simple texte : c’est une épopée sacrée, un récit national qui célèbre la dynastie salomonienne éthiopienne et ses liens avec le roi Salomon et la reine de Saba. Ce livre, considéré comme une compilation de traductions issues de sources arabes, coptes et syriaques, se distingue par son style linguistique varié, reflet de ses origines multiples. Il n’a été largement diffusé qu’à partir de 1270, lorsque la dynastie salomonienne a pris le pouvoir, éclipsant ses rivaux zagwés.Le texte s’ouvre sur un débat fictif entre 318 patriarches lors du concile de Nicée en 325, affirmant la doctrine de la Trinité et les fondements de la foi chrétienne. Les vingt premiers chapitres retracent l’histoire du monde depuis la Création jusqu’au règne de la reine de Saba, posant les bases d’une théologie éthiopienne.
L’originalité du Kebra Negast réside dans sa capacité à tisser une « histoire sainte » pour le peuple éthiopien, présenté comme élu de Dieu. Il superpose plusieurs cycles légendaires, où les fils de Salomon – Roboam à Jérusalem, Ménélik I en Éthiopie, et Adrami à Rome – se partagent symboliquement le monde, incarnant respectivement la perle, l’Arche d’Alliance et la Croix du Christ.Au cœur du récit se trouve la rencontre entre Salomon et la reine de Saba, dont l’union donne naissance à Ménélik I, fondateur de la dynastie éthiopienne. Cette filiation, codifiée dans la Constitution éthiopienne de 1955, stipule que l’empereur doit descendre directement de Ménélik I, fils de la reine de Saba et de Salomon. Haïlé Sélassié, couronné le 2 novembre 1930 sous le nom de « Puissance de la Trinité », fut le 225e descendant de cette lignée, jusqu’à sa déposition en 1974. Le Kebra Negast n’est donc pas seulement un texte religieux, mais un manifeste politique et spirituel, ancrant l’identité éthiopienne dans une généalogie divine.
II. La Reine de Saba, Ménélik I et l’Arche d’Alliance : Un Mythe Fondateur
1. La Reine de Saba : Sagesse et Beauté Légendaires
La reine de Saba, figure emblématique du Kebra Negast, est une souveraine d’une beauté légendaire et d’une sagesse proverbiale. Son royaume, situé au Yémen ou en Éthiopie selon les sources, prospère grâce à ses richesses. Intriguée par la réputation de Salomon, roi d’Israël et fils de David, elle entreprend un voyage à Jérusalem pour éprouver sa sagesse.
Conquise par son intelligence et sa ruse, elle succombe à son charme, tandis que Salomon est ébloui par sa beauté. De leur union naît Ménélik I, conçu lors du retour de la reine dans son royaume.Cette rencontre, narrée avec une dimension presque mythique, transcende l’histoire pour devenir un symbole d’union entre deux figures initiatiques. La reine de Saba incarne la sagesse intuitive et la beauté, tandis que Salomon représente la sagesse divine et la force. Leur histoire, au-delà du récit, illustre une complémentarité spirituelle et humaine.
2. Ménélik I : Le Fils de la Lumière
Selon le Kebra Negast, Ménélik I, une fois adulte, se rend à Jérusalem pour rencontrer son père. Salomon, en le voyant, déclare : « Maintenant, mon père David retrouve sa jeunesse, il est ressuscité des morts. » Après un séjour de plusieurs années, Salomon consacre Ménélik roi d’Éthiopie et le renvoie accompagné des fils des Lévites, dont Azarias, qui emporte secrètement l’Arche d’Alliance. Ce transfert, central au récit, légitime l’Éthiopie comme nouvelle gardienne de ce trésor sacré.
3. L’Arche d’Alliance : Symbole de la Présence Divine
L’Arche d’Alliance, décrite dans la Bible comme le coffre contenant les Tables de la Loi (les Dix Commandements), est le réceptacle de l’esprit de Dieu : « Ils me feront un sanctuaire, et je demeurerai au milieu d’eux » (Exode 25:8). Elle accompagne les Israélites durant l’Exode, guidée par une colonne de feu la nuit et une nuée le jour, avant d’être installée par Salomon dans le Saint des Saints du Temple de Jérusalem, un espace cubique symbolisant la perfection divine.
Dans le Kebra Negast, l’Arche est transférée à Aksoum, où elle aurait été conservée jusqu’en 2015 dans l’église Sainte-Marie-de-Sion, gardée par un moine et inaccessible au public. Ce récit confère à l’Éthiopie une aura sacrée, la positionnant comme l’héritière spirituelle d’Israël.
III. Le Symbolisme Maçonnique : Une Lecture Ésotérique
Le Kebra Negast n’est pas seulement un texte historique ou religieux : il porte une dimension ésotérique qui résonne profondément avec le symbolisme maçonnique. En loge, la rencontre entre Salomon et la reine de Saba est interprétée comme une allégorie de l’union des opposés, une quête de transcendance qui trouve un écho dans les rituels et les symboles de la franc-maçonnerie.
1. L’Union du Masculin et du FémininLa reine de Saba, souvent comparée à Isis, Marie ou la « reine alchimique », incarne la sagesse intuitive, la beauté et la pureté. Salomon, quant à lui, représente la sagesse divine et la force, héritier du Dieu unique. Leur union symbolise la rencontre du masculin et du féminin, du soleil et de la lune, de l’eau et du feu. Dans l’alchimie maçonnique, cette « hieros gamos » (mariage sacré) produit un « fils de la lumière », un être androgyne réunissant les trois composantes alchimiques : mercure, sel et soufre.
Ménélik I, fruit de cette union, incarne cette transmutation : il porte la sagesse de sa mère, la force de son père et la beauté de la jeunesse. En loge, ces qualités se retrouvent dans le ternaire maçonnique : Sagesse, Force, Beauté. Lors de l’ouverture des travaux au grade d’apprenti, le Maître de Cérémonies allume les colonnettes ionique (sagesse, pour le Vénérable Maître), dorique (force, pour le premier surveillant) et corinthienne (beauté, pour le second surveillant), déclarant : « Que la Sagesse préside à la construction de notre édifice ! Que la Force la soutienne ! Que la Beauté l’orne ! »
2. La Trinité et le Delta Lumineux
Le Kebra Negast met en avant la Trinité, un concept central en Éthiopie chrétienne, qui trouve un parallèle dans le symbolisme maçonnique. En loge, le ternaire est représenté par le Volume de la Loi Sacrée, l’équerre et le compas. L’équerre symbolise la droiture et l’équité, le compas la mesure et la comparaison, tandis que le Volume de la Loi Sacrée transcende ces outils en incarnant le Verbe, la lumière divine.
Le Delta Lumineux, entouré du soleil et de la lune à l’Orient de la loge, synthétise cette lumière parfaite. Le soleil (force masculine) et la lune (sagesse féminine) s’unissent pour former un « feu ardent », un symbole de l’initiation. Comme la reine de Saba voyageant vers Salomon, l’apprenti maçonnique quête la lumière, mais doit d’abord dompter ses peurs et accepter ses faiblesses pour l’accueillir progressivement.
3. Une Tradition Millénaire
Le Kebra Negast transmet un message de transcendance : l’union de Salomon et de la reine de Saba engendre une lignée qui perpétue la sagesse divine. En maçonnerie, cette idée se traduit par la transmission de la lumière à travers les âges. Les francs-maçons, héritiers d’une tradition millénaire, portent cette lumière, la font vivre et la transmettent. Comme le souligne l’Évangile de Luc (11:31), « La reine du Midi se lèvera au jour du jugement […] parce qu’elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon. »
IV. Une Réflexion Universelle
Le Kebra Negast n’est pas seulement l’histoire de l’Éthiopie : c’est un récit universel sur la quête de la lumière, la complémentarité des opposés et la transmission des savoirs. En Éthiopie, il a forgé une identité nationale, légitimant une dynastie qui s’est éteinte en 1974 avec Haïlé Sélassié, mais dont l’héritage spirituel perdure. En franc-maçonnerie, il offre une lecture ésotérique de l’initiation, où la rencontre de Salomon et de la reine de Saba devient une métaphore de l’union intérieure, de la transmutation alchimique et de l’élévation spirituelle.
Ce texte nous invite à méditer sur notre propre quête : comment, à l’image de la reine de Saba, pouvons-nous chercher la lumière ? Comment, comme Salomon, transmettre la sagesse ? Et comment, tel Ménélik I, incarner un avenir qui réunit passé et présent ? En loge, cette réflexion se vit à travers les rituels, les symboles et la fraternité, où chaque maçon, par son travail, accède à une beauté qui est aussi une forme de grâce.
Une Lumière Intemporelle
Le Kebra Negast est un pont entre l’histoire et le mythe, l’Éthiopie et le monde, la religion et l’ésotérisme. À travers l’union de Salomon et de la reine de Saba, il raconte la naissance d’une lignée sacrée, mais aussi la quête universelle de la lumière. En franc-maçonnerie, ce récit résonne comme une allégorie initiatique, où la sagesse, la force et la beauté s’unissent pour construire un édifice spirituel. Comme les maçons de la loge Futura à Bordeaux (Proclamation de Bordeaux, 31 mai 2025), qui appellent à « rassembler ce qui est épars », le Kebra Negast nous rappelle que la lumière, née de l’union des opposés, doit être portée, vécue et transmise pour éclairer l’humanité.
Sources :
Recherche personnelle et sources internet.
Kebra Negast – La gloire des Rois d’Éthiopie (Éditions J.-M. Bel – Reine de Saba).
Hiram et la Reine de Saba – un mythe maçonnique (Édition Maison de Vie).
Symbolisme Maçonnique Traditionnel.
Rituel du 1er degré maçonnique.
Proclamation de Bordeaux, 31 mai 2025 (pour le contexte maçonnique).
« Que celui qui frappe avec sincérité trouve la porte ouverte. »
C’est dans cet esprit, fidèle aux plus hautes traditions d’accueil et de transmission, que le musée de la franc-maçonnerie, installé au cœur de l’Hôtel du Grand Orient de France, participera cette année encore aux Journées européennes du patrimoine. Pendant deux journées entières, les 20 et 21 septembre 2025, le public est convié à pénétrer dans l’univers méconnu, souvent fantasmé, mais toujours profondément enraciné dans l’histoire des idées, des luttes et des espoirs humains : celui de la franc-maçonnerie.
Derrière les murs discrets de la rue Cadet, c’est tout un pan du patrimoine immatériel de la République et de la spiritualité, y compris laïque qui se déploie. Ordre initiatique, société de pensée, école de formation morale, humaniste et symbolique : la franc-maçonnerie se dévoile dans ses multiples dimensions, avec humilité et clarté, portée par celles et ceux qui en vivent l’engagement.
Visiter le Temple, entendre la voix, interroger le symbole
Accompagnés par des médiateurs culturels initiés, Frères et Sœurs en pleine lumière, les visiteurs auront accès non seulement au musée et à ses riches collections, mais aussi aux temples maçonniques eux-mêmes… Ces espaces sacrés habituellement fermés au regard profane, où la parole se cherche et se construit, où le silence est signe de respect, et où chaque élément architectural prend part à une dramaturgie spirituelle.
Photo collection particulière
Du cabinet de réflexion à l’étoile flamboyante, des outils du métier aux grades symboliques, de la pierre brute à la lumière du compas, chaque étape de la visite constitue une rencontre avec un langage pluriel, dont les clefs ne résident pas dans une révélation mystique, mais dans une lente conquête intérieure.
On découvrira aussi l’histoire de l’institution, depuis ses origines opératives jusqu’aux combats philosophiques, sociaux et politiques qu’elle a accompagnés : abolition de l’esclavage, école laïque, émancipation féminine, droits de l’homme. Les pièces présentées, les documents anciens, les décors de loges ou les objets rituels – au total plus de 700 –, témoignent d’une tradition vivante, en constant dialogue avec le monde contemporain.
Une initiation à la portée de tous, sans réservation ni préjugés
Tout au long des deux journées, les visites seront assurées sans interruption, sans réservation, avec un temps d’attente généralement inférieur à vingt minutes. Ce choix traduit une volonté d’ouverture réelle, sincère, fraternelle. À rebours du mythe d’un Ordre fermé, replié sur lui-même, ces Journées du Patrimoine témoignent au contraire de l’aspiration permanente à la rencontre, à la pédagogie, à la mise en lumière.
logo musée ouverture
Il ne s’agit pas de “dévoiler des secrets”, mais d’éclairer ce que les symboles expriment sans enfermer. Comme l’enseignait le sage, « le vrai mystère n’est pas ce que l’on cache, mais ce que l’on regarde sans savoir voir». Le musée ne promet pas une réponse unique, mais une invitation au questionnement, à la liberté de conscience, au compagnonnage de la pensée.
Derrière les clichés, une quête : celle de l’homme en devenir
Cette immersion est l’occasion idéale de dépasser les approximations, les malentendus ou les fantasmes parfois véhiculés autour de la franc-maçonnerie. Ici, pas de manipulation occulte, pas de société secrète ou de pouvoir invisible, mais une démarche exigeante, fondée sur l’éthique, la fraternité, et la recherche de la vérité intérieure.
Le musée de la Franc-Maçonnerie, musée de France depuis 2003, n’est pas un lieu immobile. Il se renouvelle sans cesse, incarnant la vitalité et la profondeur de l’histoire maçonnique.
Il est vivant comme une loge, ouvert comme un chantier, inspirant comme un Temple. Il est un pont tendu entre l’histoire et le symbole, entre l’individu et la communauté, entre le monde profane et l’univers initiatique.
Une mémoire partagée, une espérance universelle
Les Journées européennes du patrimoine sont, pour l’Ordre maçonnique en général et le musée, une occasion unique de réaffirmer son ancrage dans la société civile, dans la culture, dans la transmission de valeurs républicaines, spirituelles et humanistes. En accueillant chaque année plusieurs milliers de visiteurs, le musée de la franc-maçonnerie s’inscrit dans cette volonté d’ouverture lucide, de pédagogie patiente, d’écoute sincère.
Alors, que vous soyez curieux, sceptique, passionné d’histoire, amoureux des symboles ou simplement en quête de sens : franchissez la porte du « 16 Cadet » !
La lumière ne s’impose pas. Elle se reçoit, à hauteur d’âme.
Infos pratiques
16, rue Cadet – Paris 9e – Hôtel du Grand Orient de France Samedi 20 septembre (10h – 19h) et dimanche 21 septembre 2025 (10h – 18h)
Du 18 au 20 juillet 2025, le parc historique Ornavik, situé à Hérouville-Saint-Clair près de Caen (Calvados), vibrera au rythme de la 9e édition des Grandes Fêtes Vikings, un événement incontournable pour les passionnés d’histoire, les familles et les curieux en quête d’une expérience immersive. Pendant trois jours, ce rendez-vous annuel transporte les visiteurs au cœur du Xe siècle, à l’époque où les Vikings façonnaient l’histoire de la Normandie.
Avec des reconstituteurs venus de France, de Belgique et d’Angleterre, des démonstrations d’artisanat, des combats spectaculaires, des jeux historiques et des animations pour tous les âges, ces fêtes promettent une plongée mémorable dans l’univers scandinave. Voici un tour d’horizon complet de cet événement et une présentation détaillée du parc Ornavik, un joyau de l’archéologie expérimentale.
Les Grandes Fêtes Vikings : Une Célébration Authentique et Vivante
Les Grandes Fêtes Vikings constituent le temps fort annuel du parc Ornavik. Cet événement, qui se tiendra du 18 au 20 juillet 2025, de 10h30 à 18h30, est une véritable machine à remonter le temps. Organisée pour la neuvième année consécutive, cette manifestation réunit des bénévoles passionnés et des reconstituteurs venus de toute l’Europe pour recréer avec une fidélité remarquable la vie civile et militaire des Vikings au Xe siècle. Voici ce qui attend les visiteurs :Programme des Animations
Travail des produits de la ruche et techniques de construction navale. Ces ateliers, animés par des passionnés en costumes d’époque, permettent de comprendre le quotidien des Vikings, bien loin des clichés de guerriers barbares véhiculés par la culture populaire. Les reconstituteurs expliquent les techniques ancestrales avec pédagogie, offrant une expérience interactive et éducative.
Reconstitutions Historiques et Artisanat :
Les visiteurs auront l’opportunité de découvrir les savoir-faire scandinaves du Xe siècle à travers des démonstrations d’artisanat. Parmi les activités proposées :
Travail de la laine, du bois, de la poterie et du cuir.
Tannage, frappe de monnaie et confection de bijoux.
Filage du verre, tissage aux tablettes et fabrication de boucliers.
Démonstrations de Combats :
Les Grandes Fêtes Vikings ne seraient pas complètes sans les impressionnantes démonstrations de combats. Trois fois par jour, les reconstituteurs mettent en scène des affrontements en tenues d’époque, utilisant des armes telles que le scramasaxe (couteau de combat), des lances et des boucliers. Ces spectacles, à la fois spectaculaires et historiquement rigoureux, plongent le public dans l’ambiance des champs de bataille vikings.
Jeux d’Ornavik :
Fort du succès de l’édition précédente, les Jeux d’Ornavik reviennent en 2025. Cette compétition amicale oppose différentes associations de reconstituteurs à travers des épreuves inspirées des pratiques vikings :
Joute de poèmes skaldiques, une forme de poésie orale prisée par les Vikings. Ces épreuves, mêlant force, stratégie et créativité, captivent petits et grands et renforcent l’immersion dans l’esprit communautaire viking.
Glima : une lutte traditionnelle islandaise.
Knattleikr : un jeu de balle et de crosses où deux équipes s’affrontent pour marquer des points.
Tir à la corde et lever de bouclier.
Contes, Conférences et Thing :
Les visiteurs pourront assister à des contes participatifs qui raviront les enfants, ainsi qu’à des conférences sur la société scandinave et des événements historiques, comme le siège de Paris en 885. Un moment fort de l’événement est la reconstitution du Thing, une assemblée juridique où les hommes libres réglaient les différends de manière démocratique. Le public est même invité à participer au vote, offrant une expérience interactive unique.
Jeux et Activités pour les Familles :
Les enfants ne sont pas en reste avec des jeux de piste et des jeux de plateau comme la mérelle, un jeu de stratégie médiéval. Ces activités ludiques permettent aux plus jeunes d’apprendre tout en s’amusant, tandis que les parents explorent le campement viking ou participent aux ateliers.
Réservations en ligne recommandées sur le site de l’office de tourisme de Caen-la-Mer (reservation.caenlamer-tourisme.fr) pour un accès rapide.
Dates et Horaires : Du 18 au 20 juillet 2025, de 10h30 à 18h30 (dernière entrée à 16h30).
Lieu : Parc Ornavik, Domaine de Beauregard, 14200 Hérouville-Saint-Clair.
Tarifs :
Adulte : 18 €
Enfant (6-17 ans) : 12 €
Forfait famille (2 adultes + enfants) : 49 €
Gratuit pour les moins de 5 ans
Restauration : Une crêperie Viking propose des galettes et crêpes d’inspiration nordique, réalisées avec des produits locaux, ainsi que des jus de pomme. Une buvette est également disponible sur place.
Accessibilité : Le parc est accessible aux personnes à mobilité réduite lors des journées en immersion. Les chiens sont acceptés s’ils sont tenus en laisse.
Transport : Le parc est desservi par la ligne de bus n°10 depuis le centre-ville de Caen. Les visiteurs présentant un ticket de bus bénéficient d’une réduction bas-carbone sur leur billet d’entrée.
Pourquoi Participer ?
Les Grandes Fêtes Vikings offrent une occasion unique de s’immerger dans l’histoire de la Normandie, de découvrir les savoir-faire ancestraux et de vivre des moments de partage en famille ou entre amis. L’ambiance bienveillante, les costumes soignés et l’authenticité des reconstitutions font de cet événement un voyage dans le temps à la fois ludique et éducatif. Que vous soyez passionné d’histoire ou simplement curieux, Ornavik promet une expérience hors du commun.
Présentation du Parc Ornavik :
Un Chantier d’Archéologie ExpérimentaleSitué sur le Domaine de Beauregard à Hérouville-Saint-Clair, à quelques kilomètres de Caen, le Parc Ornavik est bien plus qu’un simple parc à thème : c’est un chantier d’archéologie expérimentale dédié à la naissance de la Normandie, des Vikings aux Normands (911-1066). Créé en 2009, ce site unique en son genre s’inspire des découvertes archéologiques normandes et scandinaves pour recréer des environnements historiques avec une rigueur scientifique. Voici une présentation détaillée de ce lieu exceptionnel.Une Plongée dans le Xe SiècleLe parc Ornavik se divise en trois espaces principaux, chacun illustrant une facette de l’histoire normande :
Le Village Carolingien : Ce secteur recrée la vie quotidienne des paysans francs du Xe siècle, avec des fermes, des jardins, des ateliers et une église en construction. Les visiteurs peuvent observer des techniques médiévales comme le plessage, la taille de pierre ou la préparation de ciment à la chaux.
Le Comptoir Viking : Dominé par une maison longue de 40 mètres (inspirée de celle du parc de Lejre au Danemark), cet espace met en scène la vie des explorateurs scandinaves. Les reconstituteurs y présentent des activités comme la construction navale, le commerce et l’artisanat, offrant un aperçu de la société viking, composée non seulement de guerriers, mais aussi de paysans, pêcheurs et commerçants.
L’Espace Ducal : Ce secteur, centré sur une impressionnante motte castrale avec un donjon de 12 mètres de haut et 40 tonnes en chêne, illustre l’organisation féodale de la Normandie sous des figures historiques comme Guillaume le Conquérant. Construit en 2024, cet espace met en lumière la transition entre l’ère viking et l’émergence du duché de Normandie.
Un Projet d’Archéologie Expérimentale
Ornavik se distingue par son approche d’archéologie expérimentale, où des passionnés, archéologues et artisans recréent les gestes et techniques du passé pour mieux comprendre l’histoire. Les constructions, réalisées avec des matériaux et des méthodes d’époque, évoluent constamment. En 2025, le parc prévoit l’ajout d’une maison viking de 40 mètres de long, renforçant encore son caractère immersif.
Animations Toute l’Année
En dehors des Grandes Fêtes Vikings, Ornavik est ouvert tous les week-ends du 5 avril au 1er novembre 2025 (sauf les 5 et 6 juillet) et propose des visites guidées, des immersions avec les bâtisseurs, des ateliers pour enfants (tir à l’arc, tissage, frappe de monnaie) et des événements thématiques comme le Festival des Bâtisseurs (8-10 mai 2025) ou les Fêtes du Duché de Normandie (7-9 août 2025). Des livrets-jeux et des activités pédagogiques rendent la visite accessible à tous, des plus jeunes aux passionnés d’histoire.
Engagement Écologique et Accessibilité
Ornavik s’inscrit dans une démarche durable en proposant un tarif bas-carbone pour les visiteurs arrivant en train, en bus ou à vélo. Le parc est accessible en bus depuis le centre-ville de Caen (ligne 10) et dispose d’un parking au château de Beauregard. Les personnes à mobilité réduite peuvent profiter des journées en immersion, et des options de restauration locale, comme la crêperie Viking, renforcent l’expérience.
Pourquoi Visiter Ornavik ?
Le Parc Ornavik offre une expérience unique en France, combinant histoire, pédagogie et immersion. Que ce soit pour découvrir les origines de la Normandie, participer à des ateliers pratiques ou simplement s’émerveiller devant des reconstitutions authentiques, Ornavik est une destination idéale pour les familles, les scolaires et les amateurs d’histoire. Son ambiance bienveillante et son cadre verdoyant, près du canal de Caen, en font un lieu parfait pour une escapade hors du temps.
Les Grandes Fêtes Vikings 2025 au Parc Ornavik promettent trois jours d’émerveillement, d’apprentissage et de divertissement. Du 18 au 20 juillet, venez vibrer au rythme des combats, des contes et des artisanats scandinaves, dans un cadre historique unique. Le Parc Ornavik, avec son approche rigoureuse et passionnée, est bien plus qu’un lieu de loisir : c’est une porte ouverte sur l’histoire de la Normandie, où chaque visiteur devient acteur du passé. Réservez vos billets, enfilez votre cape de voyageur temporel et plongez dans l’aventure viking à Hérouville-Saint-Clair !Renseignements et réservations :
Adresse : Domaine de Beauregard, 14200 Hérouville-Saint-Clair
Dans un monde dominé par la modernité, où le béton armé et les grues électriques façonnent les paysages urbains, un projet audacieux émerge en Gironde, près de Bordeaux : la construction d’une chapelle romane, d’un cloître et, à terme, d’un édifice gothique de type cathédrale, entièrement réalisé avec les techniques et les outils du Moyen Âge. Initié par l’association Actum Agere et porté par des passionnés d’histoire et d’architecture, ce chantier, situé à La Lande-de-Fronsac, ambitionne de recréer les conditions des bâtisseurs médiévaux sur une durée de quarante ans.
Annoncé par Ouest-France le 27 mai 2025, ce « pari fou » s’inscrit dans une démarche à la fois expérimentale, éducative et culturelle, tout en posant des questions sur notre rapport au patrimoine, à l’artisanat et à la durabilité. Cet article explore en profondeur l’origine du projet, ses méthodes, ses inspirations, ses défis, et ses résonances avec les traditions maçonniques et les enjeux contemporains de la construction. (site officiel)
I. Genèse et Ambitions du Projet : Un Retour aux Racines Médiévales
Le projet de La Lande-de-Fronsac, lancé il y a un an et demi, vise à construire une chapelle romane de 10 mètres de haut, un cloître, et, à plus long terme, un édifice gothique s’inspirant des cathédrales médiévales. Contrairement aux chantiers modernes, aucune machine électrique ni matériau contemporain, comme le béton, n’est utilisé. Les bénévoles, artisans et apprenants s’appuient exclusivement sur des outils manuels – marteaux, ciseaux, cordes, poulies – et des techniques documentées dans les manuscrits médiévaux, tels que les carnets de Villard de Honnecourt (XIIIe siècle), ou les traités d’architecture gothique.L’association Actum Agere, à l’origine du projet, s’inspire de l’archéologie expérimentale, une discipline qui cherche à tester les savoir-faire anciens pour mieux comprendre les pratiques historiques. Selon France 3 Nouvelle-Aquitaine (31 mai 2025), ce chantier est conçu comme un « laboratoire vivant », où chaque étape – de l’extraction des pierres à la taille des voûtes – est une occasion d’apprendre et de transmettre. L’objectif n’est pas seulement de construire un monument, mais de redécouvrir les gestes, les outils et l’organisation des chantiers médiévaux, souvent mal compris en raison de la rareté des sources écrites.
Frédéric Thibault
Avec une durée prévue de quarante ans, ce chantier s’inscrit dans une temporalité radicalement différente des projets modernes, où la rapidité prime. Cette lenteur assumée reflète la réalité des cathédrales médiévales, comme Notre-Dame de Paris (construite sur près de deux siècles, de 1163 à 1345) or Notre-Dame d’Amiens (1220-1270), dont les bâtisseurs savaient que leur œuvre dépasserait leur propre vie. Comme l’indique Ouest-France, le projet de La Lande-de-Fronsac débute par une chapelle romane, plus simple techniquement, avant de s’attaquer à un édifice gothique, caractérisé par ses voûtes ogivales et ses arcs-boutants. Cette progression reflète l’évolution architecturale du Moyen Âge, du style roman (XIe-XIIe siècles) au gothique (XIIe-XVe siècles).
Le chantier se veut également un espace de transmission. Des bénévoles, des artisans professionnels et des apprenants, souvent issus de filières comme la taille de pierre ou la charpenterie, collaborent pour maîtriser des techniques oubliées. Des ateliers pédagogiques, ouverts au public, permettent aux visiteurs de découvrir les métiers médiévaux, de la forge à la sculpture. Ce volet éducatif s’inspire d’initiatives similaires, comme le chantier de Guédelon en Bourgogne, où un château fort est construit depuis 1997 avec des méthodes du XIIIe siècle. Cependant, La Lande-de-Fronsac se distingue par son ambition religieuse, visant à recréer un espace sacré, et par son ampleur, avec un projet de cathédrale.
II. Les Techniques Médiévales : Une Plongée dans l’Artisanat des Bâtisseurs
Au cœur du projet se trouve la pierre, matériau emblématique des cathédrales médiévales. À La Lande-de-Fronsac, les pierres calcaires, typiques de la région bordelaise, sont extraites à la main dans une carrière locale, à l’aide de coins en bois et de masses. Cette méthode, décrite dans les sources médiévales, demande une précision extrême pour éviter de fissurer les blocs. Une fois extraites, les pierres sont taillées sur place avec des ciseaux et des marteaux, suivant des gabarits en bois, comme le faisaient les tailleurs de pierre médiévaux.
La taille de pierre, un métier exigeant, repose sur des principes géométriques. Les bâtisseurs médiévaux utilisaient des outils comme l’équerre et le compas pour tracer des arcs et des voûtes, des instruments qui rappellent les symboles maçonniques. Selon Histoire Odyssee sur X (2 juin 2025), le chantier respecte ces règles strictes, sans recours à des outils modernes, pour garantir l’authenticité du processus.
Pour ériger les murs et les voûtes, les artisans utilisent des échafaudages en bois, assemblés sans clous, et des systèmes de levage manuels, comme des treuils et des poulies. Ces techniques, bien documentées dans les gravures médiévales, permettaient de hisser des blocs pesant plusieurs tonnes. Par exemple, la construction des arcs romans, avec leurs voussoirs en forme de trapèze, nécessite un coffrage temporaire en bois, retiré une fois l’arc stabilisé par la clé de voûte. Pour les futures voûtes gothiques, le projet devra maîtriser les arcs ogives et les nervures, qui répartissent le poids sur des piliers élancés, une prouesse technique du XIIe siècle.
La charpenterie joue également un rôle crucial. Les charpentes des toitures, inspirées de celles de Notre-Dame de Paris avant son incendie de 2019, sont réalisées avec des outils manuels, comme la hache et la scie à main. Ce savoir-faire, redécouvert lors de la restauration de Notre-Dame (2019-2024), illustre la complexité des charpentes médiévales, surnommées « forêts » en raison de leur densité de poutres.Le chantier médiéval était un écosystème complexe, réunissant des tailleurs de pierre, des charpentiers, des forgerons, des verriers et des maçons. À La Lande-de-Fronsac, cette organisation est recréée, avec un maître d’œuvre supervisant les travaux et coordonnant les corps de métier. Les bénévoles, souvent novices, apprennent aux côtés d’artisans expérimentés, reproduisant la transmission orale des savoirs, typique du Moyen Âge. Cette dynamique évoque les loges maçonniques médiévales, où les artisans partageaient leurs connaissances dans un cadre initiatique.
III. Inspirations et Parallèles : De Guédelon à Notre-Dame
château de Guédelon
Le projet de La Lande-de-Fronsac s’inspire directement du chantier de Guédelon, un château fort construit en Bourgogne depuis 1997 avec des techniques du XIIIe siècle. Guédelon, qui attire 300 000 visiteurs par an, a prouvé la faisabilité de l’archéologie expérimentale appliquée à l’architecture. Comme à Guédelon, le chantier de La Lande-de-Fronsac utilise des matériaux locaux (pierre calcaire, bois de chêne) et des outils forgés sur place, recréant une économie circulaire médiévale. Cependant, La Lande-de-Fronsac se distingue par son ambition sacrée, visant à construire un lieu de culte, and par son ampleur, avec un projet de cathédrale.
Intérieur Notre Dame de Paris décembre 2024
La réouverture de Notre-Dame de Paris le 7 décembre 2024, après l’incendie du 15 avril 2019, a ravivé l’intérêt pour les techniques médiévales. La reconstruction de la flèche de Viollet-le-Duc et de la charpente, réalisée avec des outils traditionnels, a mobilisé des artisans spécialisés dans la taille de pierre et la charpenterie. Selon Le Monde (1er décembre 2024), ce chantier, financé à hauteur de 843 millions d’euros, a démontré la pertinence des savoir-faire anciens dans un contexte moderne. Le projet de La Lande-de-Fronsac s’inscrit dans cette mouvance, cherchant à préserver ces compétences face à l’industrialisation de la construction.
Cathédrale d’Amiens
Les cathédrales gothiques, comme Notre-Dame d’Amiens, la plus grande du monde (classée à l’Unesco), ou Notre-Dame de Paris, sont des modèles d’harmonie et d’équilibre, selon RFI (6 décembre 2024). Leurs voûtes élancées, soutenues par des arcs-boutants, et leurs vitraux monumentaux incarnent l’aspiration spirituelle du Moyen Âge. À La Lande-de-Fronsac, la future cathédrale s’inspirera de ces chefs-d’œuvre, tout en commençant par une chapelle romane, caractérisée par ses murs massifs et ses arcs en plein cintre, typiques des églises du XIe siècle.
IV. Les Liens avec la Franc-Maçonnerie : Une Tradition Initiatique
Les chantiers médiévaux, comme ceux des cathédrales, étaient organisés par des loges, des groupes d’artisans réunis pour partager leurs savoir-faire. Ces loges, souvent itinérantes, sont considérées comme les précurseurs des loges maçonniques modernes, fondées au XVIIIe siècle. À La Lande-de-Fronsac, l’organisation du chantier, avec ses maîtres et apprenants, évoque cette structure, où la transmission du savoir est une forme d’initiation.
Les proportions des cathédrales, basées sur le nombre d’or et des rapports harmoniques, reflètent cette quête de perfection, incarnée par le Grand Architecte de l’Univers (GADLU) dans la maçonnerie. Le projet de La Lande-de-Fronsac, en recréant ces proportions avec des outils manuels, s’inscrit dans cette tradition, où la construction est une métaphore du perfectionnement intérieur.
Les cathédrales médiévales étaient des « livres de pierre », où chaque élément – vitrail, sculpture, voî – portait un message spirituel. Le chantier de La Lande-de-Fronsac, en visant à recréer un espace sacré, partage cette ambition. La construction d’une chapelle romane, puis d’une gothique, symbolise une ascension spirituelle, du terrestre (roman, ancré dans le sol) au céleste (gothique, s’élançant vers le ciel). Ce motif, présent dans les rites maçonniques, évoque le principe de « rassembler ce qui est épars » – l’unification des opposés dans une quête d’harmonie.
V. Défis et Controverses
Reproduire les techniques médiévales pose des défis majeurs. La taille de pierre, par exemple, exige des mois d’apprentissage pour atteindre la précision nécessaire. Les voûtes gothiques, avec leurs forces complexes, nécessitent une expertise géométrique rare, comme le souligne France 3.
De plus, l’absence de machines modernes ralentit le chantier, obligeant les participants à adopter une patience inhabituelle dans un monde axé sur l’efficacité.Le financement du projet, non détaillé dans les sources, repose probablement sur des dons, des subventions et les revenus des visites. À l’image de Notre-Dame, qui a collecté 843 millions d’euros, le chantier de La Lande-de-Fronsac devra mobiliser des ressources importantes sur le long terme. La question se pose : ce projet, porté par une association, pourra-t-il rivaliser avec des initiatives plus institutionnalisées comme Guédelon ?
Certains pourraient critiquer l’utilité de construire une cathédrale en 2025, dans une société sécularisée où les lieux de culte attirent moins de fidèles. Cependant, le projet transcende la dimension religieuse, se positionnant comme un acte de préservation culturelle et un défi humain. Comme le note HistoireOdyssee, il s’agit de « poser les premières pierres d’une cathédrale du XXIe siècle », un symbole d’espoir et de persévérance dans un monde marqué par les crises climatiques et sociales.
VI. Implications et Perspectives
Le chantier de La Lande-de-Fronsac contribue à sauvegarder des métiers traditionnels menacés par l’industrialisation. En formant une nouvelle génération de tailleurs et de charpentiers, il répond à un besoin urgent de préserver ces compétences, comme l’a montré la reconstruction de Notre-Dame. Ce projet pourrait inspirer d’autres initiatives similaires, renforçant l’intérêt pour l’artisanat en France.
En utilisant des matériaux locaux et des techniques écologiques, le chantier interroge les pratiques modernes de construction, souvent polluantes. À une époque où juin 2025 a été le mois le plus chaud jamais enregistré en Europe occidentale (Ouest-France, 9 juillet 2025), ce modèle médiéval, basé sur l’économie circulaire, offre une alternative durable. Les pierres calcaires, par exemple, ont une empreinte carbone faible comparée au béton, et les charpentes en bois, si issues de forêts gérées, sont renouvelables.
La réouverture de Notre-Dame de Paris, décrite par Emmanuel Macron comme un « choc d’espérance » (Le Monde, 29 novembre 2024), montre le pouvoir des monuments à fédérer les sociétés. Le projet de La Lande-de-Fronsac, bien que plus modeste, partage cette ambition, cherchant à unir les générations autour d’un rêve commun. En recréant un espace sacré avec des outils d’un autre temps, il rappelle que l’humanité, à travers l’histoire, a toujours cherché à laisser une trace durable, guidée par l’idée de transcendance.
Un Chantier pour le Futur
Le projet de La Lande-de-Fronsac, annoncé par Ouest-France le 27 mai 2025, est bien plus qu’un exercice de reconstitution historique. En construisant une chapelle romane, puis une cathédrale gothique, avec les techniques du Moyen Âge, il incarne une quête d’authenticité, de transmission et d’harmonie dans un monde pressé par la modernité. Porté par l’association Actum Agere et des passionnés, ce chantier de quarante ans est un acte de foi en la capacité humaine à créer des œuvres qui défient le temps.
Inspiré par Guédelon et la restauration de Notre-Dame, ce projet s’inscrit dans une tradition prestigieuse, tout en posant des questions sur notre avenir : comment construire durablement ? Comment préserver nos savoir-faire ? Comment unifier une société fragmentée ? Comme les bâtisseurs médiévales, dont l’héritage résonne avec les idéaux maçonniques de perfection et de fraternité, les artisans de La Lande-de-Fronsac tracent un chemin vers la lumière, une pierre à la fois. À l’image du principe maçonnique de « rassembler ce qui est épars », ce pari fouillonne un jour devenir un symbole d’espoir, une cathédrale pour le XXIe siècle, où l’histoire et l’avenir se rencontrent dans un équilibre intemporel. (Site officiel)
Sources :
Documents historiques sur les chantiers médiéaux, notamment les carnets de Villard de Honnecourt.
Ouest-France, « Un pari fou : En France, ils veulent construire une ‘cathédrale’ avec les techniques du Moyen Âge », 27 mai 2025.
France 3 Nouvelle-Aquitaine, « Le pari fou de passionnés : Ils construisent une cathédrale avec les méthodes du Moyen Âge », 31 mai 2025.
HistoireOdyssee sur X, « Reconstruire une cathédrale avec les techniques d’époque », 2 juin 2025.
Le Monde, « Notre-Dame de Paris : Emmanuel Macron estime que la réouverture marquera un choc d’espérance », 29 novembre 2024.
Ouest-France, « Notre-Dame de Paris : Les temps forts des cérémonies de réouverture », 5 décembre 2024.
RFI, « Notre-Dame de Paris : Histoire d’une cathédrale hors norme », 6 décembre 2024.
Ouest-France, « Chef-d’œuvre classé à l’Unesco, Notre-Dame d’Amiens est la plus grande maison gothique du monde », 2 décembre 2024.
Ouest-France, « Juin 2025 a été le mois le plus chaud jamais enregistré en Europe de l’Ouest », 9 juillet 2025.
On connaissait le talent d’écrivain de Boris Nicaise, on découvre avec son dernier ouvrage « Via Crucis » son attirance pour l’histoire et sa capacité à découvrir chez un lointain tailleur de pierres un parcours de vie peu banal qu’il nous fait partager.
« Via Crucis », c’est d’abord l’histoire d’une vie réelle au début de la Renaissance dans cette partie de la Belgique qui était autrefois le comté du Hainaut. Cette vie que l’auteur nous fait découvrir c’est celle d’Anthoine Hanicq, Maître de carrières notable de Feluy et d’Arquennes, deux villages au sud de Bruxelles. C’est aussi un tailleur de pierres renommé sous le surnom de Crédo, et, dans son jardin secret, sculpteur sur bois talentueux.
Dans le contexte d’une rébellion à la mainmise espagnole qui restera dans l’histoire sous le nom de « la guerre de quatre-vingts ans » et de la répression anti réforme, Anthoine Hanicq se révèle comme une personnalité complexe. Le regard de Boris Nicaise a l’audace de faire un parallèle entre la vie d’Anthoine (Credo) et la mythologie du chemin de croix (Via crucis) christique. D’où les quatorze têtes de chapitres correspondant aux quatorze stations.
Avec une grande pudeur et beaucoup de sensibilité, le trajet de vie du Maître des carrières se dévoile non sans s’accompagner d’un certain suspense qui donne envie de connaître l’échéance qui ne sera pas banale !
Il y a aussi dans cette existence d’Anthoine, des rencontres avec des célébrités, en particulier Pieter Brueghel l’Ancien (1525-1569). En savoir plus sur Pieter Brueghel. Et aussi Christophe Plantin 1520-1589, le célèbre imprimeur français installé à Anvers de 1550 à 1589. (En savoir plus sur Christophe Plantin). L’auteur y apporte un développement personnel pertinent.
Dans cette période estivale où la lecture peut aussi être une occasion d’apprendre, « Via Crucis » associe le côté humain d’un trajet de vie riche en passions multiples, l’Histoire et aussi l’ésotérisme avec de multiples liens que chacun pourra découvrir.
J’ai sollicité l’auteur qui a accepté de répondre à quelques questions :
– Vous comparez la vie d’Anthoine Hanicq en 14 chapitres à un chemin de croix avec ses 14 stations ! Qu’est ce qui a motivé ce choix littéraire ?
– Boris Nicaise : Nous sommes dans une époque de conflits religieux majeurs (je parle du 16ème siècle, évidemment) et Anthoine Hanicq avait pour nom de tailleur de pierre « CREDO ». Il m’a dès lors semblé adapté, vu sa vie réelle, de me cadrer dans ce parcours de Passion, jusqu’au-delà même de son décès… comme dans les 14 stations, qui sont d’ailleurs telles que connues à cette époque-là puisqu’elles ont été légèrement renommées depuis. Et puis, cela me permettait un peu de paresse : les titres des chapitres n’étaient plus à trouver !
– Vous avez écrit un roman historique qui a dû vous demander de nombreuses recherches sur la vie en Belgique à la Renaissance ; qu’est-ce qui explique cette passion ?
Boris Nicaise : Les recherches en archives furent en effet lourdes et compliquées, à consulter des tonnes de papiers moisis et troués par divers nuisibles, mais oui, cela me passionne ! La passion de la Passion, en quelque sorte ! Il est tellement extraordinaire de pouvoir redonner vie à un personnage et tout son entourage après quasi cinq siècles, vous ne trouvez pas ? Car ce n’est pas un roman, en fait, c’est une biographie romancée. Tout y est vrai et je me suis juste permis le luxe de mettre des traits d’union entre les faits pour raconter une vie humaine, tellement humaine, où j’espère que le lecteur se posera l’éternelle question : « Et moi ? Qu’aurais-je fait ? ».
– Votre œuvre a une tonalité mystique christique évidente, est ce votre foi ?
Boris Nicaise : J’ai été élevé dans la foi chrétienne (mi-catholique et mi-protestante, comme dans VIA CRUCIS) et j’en ai sans doute gardé quelque chose, qui fut ensuite réintroduit dans l’athée que j’étais devenu au travers de mes parcours maçonniques. Mais la Foi, non, en pleine conscience ! Mais il était indispensable de parler comme au 16ème siècle, en tous propos, pour éviter les anachronismes et permettre ainsi de mieux faire les parallèles avec notre propre époque. La mise à distance permet les rapprochements.
– Vous faites allusion à des notions éthiques ; est ce que l’éthique a encore un sens pour vous ? et si oui pouvez vous développer ?
Boris Nicaise : Pourquoi « encore » ? Serions-nous des désespérés ? Ah non alors ! Je pense que la morale est relative grâce à l’éthique, celle-ci étant ce qui peut nous donner le goût au perfectionnement de nos valeurs, toujours à revoir et restaurer au cours des changements des sociétés. Le jour où nous ne ferons plus appel à l’éthique pour donner sens à nos vies, nous serons redevenus des pierres brutes et je ne suis même pas certain qu’elles intéresseront le maçon de passage.
Au total, un livre passionnant, bien écrit et ouvert sur d’autres mystères !
Pour une visite au musée de la pierre de Maffle – Ath
Pour mémoire
Via Crucis : chemin de croix : En commémorant la Passion du Christ par les évocations de quatorze moments particuliers de celle-ci (certains issus de la tradition et non rapportés dans les écrits bibliques), les fidèles souhaitent recevoir la grâce de communier intensément aux souffrances du Christ, sauveur des hommes. Sources : https://eglise.catholique.fr/